Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
Vous voulez mettre en pratique la pédagogie Montessori, que ce soit à la maison, en structure, en cabinet ou à l'école ? Bienvenue ! Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ici, nous parlons de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille (école à la maison), de coschooling et de bien d'autres choses encore...
Montessori avec les Montessouricettes, pour les parents et les pros
347. De l'enfant-roi au retour de l'autorité : où en est la parentalité ? (partie 2)
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Ceci est la partie 2, vous pouvez retrouver la partie 1 ici.
Début 2020, j’écrivais deux articles sur l’éducation bienveillante, ses excès, et les différences avec la Discipline Positive. J’y prévoyais entre autres un retour de balancier vers plus d’autoritarisme. Presque 7 ans plus tard, il est temps de faire un bilan et de voir si mes prédictions se sont réalisées !
Après 15 ans de parentalité positive, où en sommes-nous ? Que reste-t-il de cette vague de livres, de blogs, de groupes Facebook qui défendaient la bienveillance à tout prix, luttaient contre les violences éducatives ordinaires et faisaient parfois terriblement culpabiliser les parents ?
À l’heure du bilan, et si on envisageait d’autres options que la permissivité ou l’autoritarisme ?
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Liens évoqués pendant l'épisode :
Article Education bienveillante, pourquoi je n'adhère pas ?
Article Discipline Positive et éducation bienveillante, est-ce la même chose ?
Article Le time-out de Caroline Goldman, une bonne idée ?
Podcast 225 : Pensée, émotion, action : le cycle adlérien
Podcast 333 : La tendance no-kids
Podcast 74 : Changer son rapport aux émotions
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Le site des Montessouricettes
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Accueil Et Point De Départ
SPEAKER_00Bienvenue sur le podcast des Montessori 7, Montessori à la maison. Je suis Anne-Laure Schneider, formatrice Montessori et maman de 5 enfants instruits en famille. Ma mission, c'est d'aider les parents, les assistantes maternelles, bref, tous ceux que dans notre communauté nous appelons des souris 7, à mettre en pratique la philosophie Montessori chez eux, avec leurs enfants ou les enfants qu'ils gardent. Dans ce podcast, nous parlerons donc de pédagogie Montessori, mais aussi de discipline positive, d'instruction en famille, ce que l'on appelle aussi l'école à la maison, de co-schooling et de bien d'autres choses. Bonjour, je vous avais parlé la semaine dernière de ce petit point que je voulais faire quasiment 7 ans après mes articles de 2020, de janvier 2020 sur l'éducation bienveillante et la discipline positive. Pourquoi je n'adhérais pas à l'éducation bienveillante
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SPEAKER_00Pourquoi je considérais que la discipline positive était différente
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et de faire le point quasiment 7 ans après sur l'état des lieux de la parentalité aujourd'hui en France. Je vous récapitule un petit peu ce dont j'ai parlé la semaine dernière évidemment, si vous n'avez pas écouté l'épisode, allez l'écouter en priorité, vous comprendrez d'autant mieux cette deuxième partie d'aujourd'hui.
UNKNOWN? ? ? ? ? ? ? ? !
Les Glissements De La Bienveillance
SPEAKER_00Il y a eu plusieurs déplacements, plusieurs transitions qui ont eu lieu pendant cette grande période de l'apogée de l'éducation bienveillante. Premièrement, on a découvert que l'enfant avait des droits et des besoins. Je le rappelle, c'est une excellente chose, mais derrière, on n'a pas du tout progressé sur les outils à donner aux parents. On les a laissés totalement démunis sur comment respecter les droits et les besoins des enfants sans pratiquer, par exemple, la fessée, la gifle, les cris, etc. Ensuite, on est passé du respect de l'enfant à l'absence totale de frustration pour l'enfant. Tout devait être fait pour ne pas frustrer l'enfant. Avec cette peur en particulier du cortisol qui viendrait détruire le cerveau. Troisièmement, même si on a appris à mieux connaître les émotions, petit à petit, on est devenu totalement esclave des émotions de l'enfant. Alors que, j'avais rappelé le cycle Adlerien, on peut venir transformer les pensées qui sont à l'origine des émotions pour venir changer ces émotions. Mais l'émotion ne doit pas être un verdict définitif sur une situation et ne doit pas totalement dicter nos comportements. Nous restons maîtres de nos émotions. quatrième transition ou déplacement qui a eu lieu, on est passé d'une idée de co-régulation, qui était effectivement importante avec les tout-petits, où il faut les aider à réguler leurs émotions en leur montrant l'exemple, à une délégation totale de la régulation de l'enfant sur le parent. Donc c'est aux parents... d'assumer la responsabilité totale de la régulation des émotions de l'enfant. On oublie que l'enfant, petit à petit, doit apprendre à s'auto-réguler et à prendre la responsabilité de ses propres émotions. Et enfin, on a fait preuve de beaucoup de bienveillance envers les enfants, mais parfois d'une grande violence envers les adultes. Je vous donnais l'exemple d'une blogueuse contre les violences éducatives ordinaires, d'une formatrice à Amy, etc. On a parfois des gens qui sont formidables avec les enfants, mais qui sont absolument odieux avec les adultes de leur entourage. Et ça, ce n'est pas tolérable, tout simplement. Donc, j'invitais un petit peu à remettre le parent, non pas au centre de de la discussion, mais à côté de l'enfant. Parce que là, on a mis l'enfant au centre de tout. Et ça ne fonctionne pas. Les parents sont démunis. Les parents continuent à donner des fessées et des gifles, comme je vous le rapportais. Un parent sur quatre avouait en 2024 avoir donné une fessée à son enfant dans les sept derniers jours. Donc, on ne s'en sort pas. Et il y a... un gros angle mort qu'on oublie souvent d'aborder et que je tiens absolument à mentionner dans l'épisode d'aujourd'hui.
Un Débat De Privilégiés
SPEAKER_00C'est que toutes ces conversations que l'on a là, Donc ces conversations autour de l'éducation bienveillante, l'éducation positive. Faut-il utiliser tel ou tel outil de parentalité plutôt que tel autre Il faut l'avouer, ce sont des conversations d'immenses privilégiés. Parce que très sincèrement, quand on se demande si on va avoir de quoi nourrir son enfant jusqu'à la fin du mois, on ne se préoccupe pas forcément de faire du yoga avec calme et attentif comme une grenouille. On n'en est pas là. Donc il faut bien se dire que cette conversation elle est celle de personnes qui ont le privilège de ne pas avoir spécialement d'inquiétudes financières. Et il faut bien se rendre compte que ça représente de plus en plus une minorité de gens. C'est très intéressant de lire le baromètre de l'UNAF en 2026 qui a interrogé 2583 parents. On n'est pas sur une toute petite étude. 53% des parents déclaraient ne pas avoir les moyens de préparer l'avenir de leur enfant. Il n'y en avait que 43% en 2024. On a augmenté de 10% en deux ans. Oui, l'inflation se fait sentir. Tout est vraiment plus difficile aujourd'hui que ça ne l'était en 2024 et encore plus en 2020. Je répète, 53% des parents déclarent ne pas avoir les moyens de préparer l'avenir de leur enfant. 33% des parents disent que leurs finances actuelles ne permettent pas de faire plaisir à leurs enfants. C'est énorme. Un parent sur trois, une famille sur trois, estiment que leurs finances ne leur permettent pas de faire plaisir à leurs enfants et 13% avouent ne pas pouvoir répondre aux besoins essentiels de leurs enfants donc là 13%, on est à un parent sur 7, un parent sur 8, qui avouent ne pas pouvoir répondre aux besoins essentiels de leurs enfants. On ne parle pas de partir en voyage sur la côte d'Azur. On parle de nourriture, de vêtements, de chauffage, de mobilier de base. Enfin, on parle vraiment de besoins essentiels. Donc, quand on entend ça, on se dit que... Tous ces débats sont importants, certes, mais un peu déconnectés du réel. Il faudrait quand même aussi s'attaquer à ces questions-là. Je pense que vous connaissez tous la fameuse pyramide de Maslow. À la base, il y a les besoins physiologiques. C'est-à-dire qu'on a besoin de pouvoir se nourrir correctement, on a besoin de pouvoir dormir correctement, on a besoin de boire, de respirer, etc. Ce sont les besoins physiologiques de notre corps. Si ces besoins ne sont pas respectés, ça ne sert à rien d'essayer d'aborder les étapes supérieure de la pyramide de Maslow. Dont, entre autres, l'auto-accomplissement, etc. Donc là, quand on essaie de développer le bien-être, la créativité, toutes sortes de choses chez nos enfants, on est déjà dans des étages supérieurs de cette pyramide. Il faut bien se rendre compte qu'il y a des tâches de base dont il faut évidemment s'occuper. Et que... Parfois, on a des parents qui sont pauvres et qui sont d'une très grande bienveillance. Ça n'est pas du tout ce que je sous-entends. En revanche, ce que je sous-entends, c'est que souvent, pour ces parents très pauvres, Il n'y a pas la disponibilité mentale, il n'y a pas les ressources en termes de temps, d'énergie et les ressources financières pour développer des stratégies éducatives plus bienveillantes. Et que souvent, on retrouve beaucoup de violences éducatives dans ce type de foyer où il y a de la pauvreté. Alors, je ne le justifie pas, je l'explique. Et le problème, c'est que ça ne sert à rien de dire à ces parents-là « il ne faut pas donner de fessées à votre enfant » quand vous êtes absolument désespérés que vous ne savez pas pas comment vous allez payer vos courses la semaine prochaine. Vous êtes à cran. Et c'est là que peuvent arriver des violences, des fessées, des gifles, des cris, etc. Donc ça, je tenais à en parler aujourd'hui. Tout ce qui concerne l'éducation bienveillante, mais aussi la discipline positive, quand on parle d'accompagner les émotions, d'observer ses déclencheurs, de faire un temps de pause avant de réagir, etc. Tout ça, ça impose que le parent dispose de temps, d'espace mental et de ressources pour pouvoir le pratiquer. Et ça, c'est très, très, très loin d'être universel dans notre société aujourd'hui.
Montessori N’Est Pas Un Label
SPEAKER_00Alors, avec, après cette parenthèse close, si on reste sur la question du débat éducatif. On a eu, dans les années 2010, vraiment l'émergence de l'éducation bienveillante. Les livres, etc. existaient avant, mais je dirais que c'est vraiment dans cette décennie-là qu'on a vu l'éducation bienveillante comme un phénomène de société. Ça ne me concernait qu'une minorité de parents. Comme je vous le disais, quand on a des difficultés financières, quand on a des difficultés du quotidien, des difficultés matérielles, ça n'est pas forcément un sujet. Ça ne me concernait qu'une minorité de parents, mais pour tous les parents qui s'intéressaient à l'éducation, c'était très très très présent. Et puis, je l'annonçais en 2020, c'est arrivé, effectivement. On a vu apparaître sur les réseaux sociaux, beaucoup, la tendance ghettosaurie. Alors, ghettosori, qu'est-ce que c'est Si vous n'étiez pas sur les réseaux début 2025, vous n'avez peut-être pas vu émerger cette tendance. Ça date de décembre 2024 et puis ça a beaucoup émergé en février 2025 en France. Ça vient déjà d'un malentendu. Un malentendu qui voudrait que Montessori ait devenu synonyme d'éducation bienveillante. Et alors, attention, mais ça n'est pas du tout le cas. C'est-à-dire qu'évidemment qu'il y a de la bienveillance dans la pédagogie Montessori, mais la pédagogie Montessori insiste sur la notion de de liberté et de discipline en équilibre. Liberté et discipline, c'est ce que moi, j'identifie dans la discipline positive comme la fermeté et la bienveillance. La bienveillance permet la liberté, la fermeté, c'est la discipline. Et donc, il se trouve quand même qu'on a eu auparavant ces deux phénomènes un peu concomitants de l'émergence de l'éducation bienveillante en France et de la pédagogie Montessori. Mais ce sont deux choses totalement différentes en réalité. Montessori, ça n'est pas une manière d'être une bonne maman. C'est une pédagogie. Donc, une façon d'enseigner des contenus scolaires. Personnellement, je considère que le pendant éducatif au sens d'élever un enfant, le pendant éducatif de la pédagogie Montessori, c'est la discipline positive. Comme je vous le disais, il y a sûrement ce parallèle liberté et discipline d'un côté, fermeté et bienveillance de l'autre. Mais on a identifier, associer l'idée de Montessori et d'éducation bienveillante. Et donc on a caricaturé les mamans trop bienveillantes, les mamans laxistes en les qualifiant de mamans Montessori. Et en réaction à ça, il y a eu une créatrice de contenu qui a développé l'idée qu'elle était ghetto-sori. Un mélange de ghetto et Montessori avec des mèmes sur les réseaux sociaux du style « Je suis une maman ghettosaurie, bien sûr que mon fils regarde la télé deux heures par jour. Je suis une maman ghettosaurie, bien sûr que je lui donne du chocolat à volonté tant que ça peut le faire taire. » Et du coup, on a vu cette tendance qui, d'un côté, pouvait faire déculpabiliser les parents, qui disaient, bah oui, c'est ok, mon fils regarde la télé, ma fille mange n'importe quoi, il se couche à pas d'heure, etc. C'est pas très grave. Il y a eu cette espèce de déculpabilisation des parents, ce qui en soi n'est pas forcément une mauvaise chose, parce qu'on était allé très très loin dans la culpabilisation des parents. Ça allait vraiment avec l'absence de bienveillance envers les adultes dont je parlais à l'épisode précédent. Bienveillance envers les enfants mais pas de bienveillance envers les adultes donc cette déculpabilisation elle était bienvenue mais on a eu dans le même temps une tendance à relativiser les violences elles-mêmes C'est-à-dire qu'on a pu voir parmi ces contenus des choses comme « je suis une maman ghettosaurie », « bien sûr que je vais donner une claque à mon enfant s'il est insolent ». Et là, ça pose vraiment problème. Je vous rappelle quand même que là, on est dans l'illégalité. Encore une fois, c'est arrivé maintenant dans la loi depuis 2019 que l'éducation doit se faire sans violence physique ou psychologique. Et voilà, on a eu du coup cette tendance ghettosaurie un peu en réaction. à la tendance maman Montessori, maman parfaite, maman ultra bienveillante. Et je dis bien maman parce qu'effectivement, c'est clairement identifié comme un truc de maman, beaucoup moins de papa. En fait, le souci, c'est que c'est une réaction qui se comprend totalement parce qu'auparavant, on avait cette philosophie éducative de la pédagogie Montessori et de l'éducation bienveillante, ce sont deux choses différentes, mais qui sont devenues, l'une et l'autre, un marqueur social et identitaire. C'est pour ça qu'on appelle ça une maman Montessori. Ça définit ce qu'est cette maman. Et ça fait... ça montre l'appartenance de cette maman à une certaine catégorie sociale, déjà privilégiée, forcément, comme je le disais, et avec une identité très forte de maman, bienveillante, à l'écoute des émotions de son enfant, etc. Et dans le même temps, du coup, ces deux une façon de classer les parents entre les bons parents qui seraient bienveillants et les mauvais parents qui seraient Puisqu'ils ne sont pas bienveillants, malveillants. Et donc, on a clairement eu cette polarisation de la société entre des parents tenant de l'éducation bienveillante qui avaient tendance à beaucoup mépriser les autres parents. Et ces autres parents se sont révoltés, évidemment, et ont trouvé un peu leur incarnation dans cette tendance ghettosaurie en ridiculisant les parents parfaits, les parents ultra bienveillants, qui... qui derrière, n'aboutissent pas à des familles parfaites. Parce que justement, parfois, on a des familles où les enfants deviennent absolument imbuvables et impossibles. Parce qu'il n'y a eu aucune limite éducative qui a été posée. Et donc ça, on le voit, j'en parlais aussi dans mon épisode sur la tendance No Kids, auquel je vous renvoie dans les notes de cet épisode. Pourquoi on a vu l'émergence de cette tendance No Kids Parce qu'il y a eu des enfants qui ont été élevés dans une telle ultra-bienveillante et sans fermeté associée, qu'ils sont devenus absolument insupportables. Des enfants qu'on n'avait plus envie de voir dans l'espace public, dans les trains, dans les restaurants, dans les mariages. On n'avait plus envie de les croiser, de passer du temps avec eux. Et du coup, il y a eu cette haine d'un certain nombre d'adultes envers tous les enfants en général, qu'on ne veut pas voir, avec qui on ne veut avoir rien à faire. Donc, vous voyez qu'il y a beaucoup de choses qui se jouent là. De manière générale, la société est très polarisée depuis une vingtaine d'années. On a des polarisations dans tous les domaines, mais on l'a dans la parentalité. Et je dirais qu'en 2025, les parents ordinaires ont pris leur revanche sur les parents ultra bienveillants. Et c'est le fameux retour de balancier dont je parlais il y a déjà sept ans.
Le Retour Du Bâton Sur Les Réseaux
SPEAKER_00On a vu, dans le même temps, l'émergence de Caroline Goldman et de son fameux time-out. Je vous renvoie à l'épisode 333 de ce podcast et vers l'article que j'ai écrit sur son time-out, sur l'intervention aussi... des psychanalystes contre le référentiel pour la petite enfance. Bref, je vous renvoie vers tout ça. Mais pourquoi est-ce que Caroline Goldman rencontre autant de succès aujourd'hui C'est justement parce qu'on s'est aperçu qu'on est allé trop loin dans la bienveillance et qu'il était temps de revenir vers un peu plus de fermeté. Le problème, c'est qu'elle, elle est dans l'autoritarisme le plus total et que pour le coup, elle manque cruellement de bienveillance. C'est le cas de le dire. En tout cas, c'est pour ça qu'il y a un tel succès du time-out de Caroline Goldman et de toute cette pensée où il faut venir poser des limites aux enfants, mais sous quelle forme Des limites qui, en fait, se retrouvent exagérées, extrêmement violentes. Je rappelle que Caroline Goldman recommande le time-out pour des tout-petits, pour des bambins. Un enfant de 18 mois, elle va le mettre au coin pendant un quart d'heure. C'est absolument dément, en fait.
Conflits De Générations Et Styles Parentaux
SPEAKER_00Et puis, au milieu de tout ça, mais ça fera que je vous en reparle un jour parce que c'est un sujet à lui tout seul, on a un immense conflit de générations. On a un conflit de générations entre les boomers, la génération X... la génération Y, ou les millennials, et la génération Z. Disons que la génération Alpha, on démarre encore, ils ne sont pas encore parents, ou très très peu. Et du coup, il y a des hypothèses assez intéressantes à étudier, mais moi j'ai quand même le sentiment que la génération Y dont je fais partie les millenials ont grandi avec comme modèle de parentalité dominant une parentalité plutôt négligente Ce que j'entends par là, c'est que les personnes de ma génération ont beaucoup grandi. Et si vous n'en faites pas partie, ce n'est pas grave. Je parle de généralité. Mon mari n'a pas grandi comme ça, par exemple. Il y a des généralités. Beaucoup de personnes de ma génération ont grandi avec la télé tous les jours, avec le fameux jambon puré, avec les plats surgelés, avec « va jouer dans ta chambre », etc. Avec des parents qui, peut-être, n'ont jamais joué avec leurs enfants. avec des parents qui ne se souciaient pas spécialement des besoins nutritionnels de leurs enfants, avec des parents qui ne s'inquiétaient pas spécialement du temps d'écran de leurs enfants, etc. C'est ce que j'entends par une parentalité de type négligente. Alors, il faut savoir qu'il y a quand même quatre types de parentalité. On a, et je l'ai déjà abordé, la parentalité qu'on pourrait qualifier d'autoritariste, c'est-à-dire une parentalité où il y a des exigences très élevées et très peu de chaleur, très peu de soutien émotionnel. Il y a aussi le style de parentalité permissif ou laxiste, où là, on est un peu dans la caricature de l'éducation bienveillante, c'est-à-dire qu'il y a peu d'exigences et beaucoup de chaleur affective. Il y a le style démocratique, qui est un peu l'équilibre entre les deux, c'est-à-dire qu'il y a des exigences élevées et il y a aussi une forte chaleur humaine et une forte sensibilité. Et puis, il y a le style alors qu'on appelle aussi désengagé ou négligent, avec peu d'exigence et peu de chaleur humaine Et je dirais que beaucoup de gens dans la génération Y, donc les millennials, ont grandi avec ce style un peu désengagé. Et en réaction, cette génération, quand elle est devenue parent à son tour, s'est lancée dans une espèce de surinvestissement parental. C'est-à-dire que l'enfant devait être le centre de tout, et on allait passer beaucoup de temps avec l'enfant, et on allait beaucoup s'occuper de l'enfant, etc. Ce qui en soi n'est pas une mauvaise chose, mais on est peut-être allé un peu loin dans cet excès-là, sans tenir compte du justement, des besoins du parent. Et je me demande un petit peu comment évolue la génération Z qui, à mon avis, prend... Elle a été nourrie de ce surinvestissement parental avec peut-être, du coup, un peu de suffisance un peu d'égocentrisme Et comment cette génération va-t-elle exactement élever ses enfants Je pense qu'il y a des choses qui vont être intéressantes à observer. En tout cas, je reparlerai, je pense, prochainement des conflits qu'il y a entre générations au sujet de l'éducation. Parce qu'aujourd'hui, plus qu'avant, Il y a d'énormes conflits entre les grands-parents et les parents au sujet de l'éducation des enfants. Et je pense que ça peut être très intéressant à analyser. Mais si je l'abordais aujourd'hui, on en aurait encore pour une heure de podcast. Donc on va rester raisonnable.
Personne N’Est Au Centre
SPEAKER_00En tout cas, s'il y a une chose à retenir de cet épisode, c'est que l'enfant n'est pas à mettre au centre de tout. L'enfant n'est pas le seul « autre ». le seul qui soit dans l'altérité. Alors certes, dans l'ancienne éducation, l'éducation un peu autoritariste, l'adulte compte, seul, l'enfant s'adapte. Avec l'éducation bienveillante assez radicale qu'on a vu émerger dans les années 2010, l'enfant compte avant tout et l'adulte s'adapte. Moi, ce que je propose, ce que d'autres ont proposé avant moi, c'est pas une révolution, c'est que tout le monde compte. L'enfant compte, le parent compte, le voisin compte, la personne qu'on croise dans la rue compte, la fratrie compte aussi. Parce que ça, c'est un point aussi qu'on avait abordé avec notre ancienne garde d'enfants à domicile, c'est que, par exemple, elle Ça la gênait énormément, si c'était l'heure du bain pour ma fille qui était toute petite, de la prendre dans les bras pour la mettre dans la baignoire. Et elle considérait que si elle ne voulait pas prendre de bain, elle ne prendrait pas de bain et ce n'était pas grave. Moi, je l'avais expliqué de mon côté que certes, on ne donnait pas de bain tous les jours parce que ce n'est pas bon pour la peau, mais que raison de plus, le jour où il fallait donner un bain, il fallait le donner parce qu'on ne pouvait pas se permettre de passer une semaine sans donner un bain non plus. Et que derrière, si on attendait trois quarts d'heure qu'elle ait enfin envie de rentrer dans la baignoire, ce sont mes autres enfants qui allaient se retrouver à dîner trois quarts d'heure plus tard. Et qu'à un moment donné, ça n'est pas respectueux des autres d'écouter à outrance les besoins d'une personne. De Autant qu'en général, un tout petit, à moins qu'il n'ait vraiment pas envie de prendre son bain, mais si c'est juste qu'il n'en a pas extrêmement envie là tout de suite, une fois qu'il est dans le bain, on lui sort deux, trois jouets et tout se passe bien. Mais pour elle, le fait de prendre ma fille dans les bras pour la mettre dans la baignoire, c'était une violence éducative ordinaire. Pour moi, ne pas le faire, c'était un manque de respect envers le reste de la famille et c'était faire en sorte que tous les autres enfants en souffrent. L'idée, là, c'est de prendre compte l'équilibre entre tout le monde, y compris les frères et sœurs, y compris les deux parents, quand il y en a deux, y compris les grands-parents, y compris les enseignants, y compris les voisins, bref, la société dans son ensemble. Chacun compte et c'est important. Donc en fait, on ne peut pas demander aux enfants de disparaître complètement de la société pour que les adultes soient tranquilles. Ça, c'est la tendance de nos kids. Mais à l'inverse, on ne peut pas non plus demander que les adultes fassent disparaître tous leurs besoins pour que les enfants ne soient jamais frustrés et jamais contrariés. Ça, je pense que c'est un petit peu la ligne directrice à garder en tête. Et de garder en tête cet équilibre, tout simplement, entre les besoins des uns et des autres.
Ce Qu’On Garde Et Ce Qu’On Corrige
SPEAKER_00Alors au final, cette éducation bienveillante, elle nous a quand même appris beaucoup de choses. C'était une espèce de révolution dans l'éducation. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Il faut vraiment garder ce qu'elle nous a apporté de bon. Premièrement, les enfants ne sont pas des petits adultes à dresser. Je parle bien de dressage. Les violences ne sont jamais nécessaires. Elle nous a aussi appris qu'il pouvait y avoir des violences verbales et psychologiques, que les paroles peuvent blesser autant que les gestes. Elle nous a appris que les besoins des enfants comptent. que les émotions des enfants méritent d'être entendues, et que l'enfant est une personne à part entière. Une personne qui se construit, qui n'est pas encore un adulte, qui peut prendre ses décisions de façon autonome, mais qui est une personne à part entière. En revanche, l'éducation bienveillante a aussi parfois oublié que le parent aussi est une personne qu'une émotion ne doit pas dicter nos comportements, qu'un besoin, ça n'est pas nécessairement un droit, que respecter, ça ne veut pas dire céder à tout, qu'une limite, ça n'est pas une violence, que l'enfant n'est pas le centre du monde familial, il en est l'un des éléments sur un cercle, Il n'y a personne au centre. Et que l'éducation, elle vise aussi la responsabilité, la contribution et la vie collective. Et la contribution, c'est quelque chose auquel je tiens particulièrement, parce que Alfred Adler identifiait deux besoins fondamentaux de l'être humain, au-delà des besoins physiologiques, évidemment. Le besoin d'appartenir et le besoin de contribuer. Et s'il manque le besoin de contribuer, eh bien, l'être humain n'est pas épanoui. Il est assisté, mais il n'est pas épanoui. Alors, cette éducation bienveillante, elle a vraiment basculé dans les excès, entre autres avec la puissance des réseaux sociaux, les injonctions, la pression des pairs qu'on pouvait observer, des pairs P-A-I-R-S. pas des papas, la pression des pères qu'on pouvait observer sur des groupes Facebook et des choses comme ça, énormément de culpabilisation placée sur les parents et un isolement des parents qui souvent sont de plus en plus loin de leur famille, qui cherchent d'autres repères, qui ne se raccrochent plus forcément à leur histoire familiale parce qu'il peut y avoir des conflits de génération, le sentiment de vouloir élever leurs enfants différemment de la façon dont ils ont été élevés, etc.
Viser L’Équilibre Fermeté Bienveillance
SPEAKER_00Donc, c'est naturel, on a eu ce retour de balancier vers plus d'autorité. vers Caroline Goldman, vers le time-out, vers l'autoritarisme et beaucoup de critiques de l'éducation positive. Alors, ce retour de balancier, on passe évidemment dans l'excès inverse, c'est ce que je craignais et j'invitais déjà en 2020 à essayer d'éviter ces bascules de balancier et d'arriver directement à l'équilibre autant que possible. L'idée, c'est d'éviter de passer de l'enfant roi à l'enfant soumis qu'on dresse, On pourrait peut-être quitter cet effet de balancier et aller directement sur un équilibre entre la fermeté et la bienveillance. Encore une fois, moi, c'est ce que je propose à la discipline positive. Je ne suis pas la seule, heureusement, nous sommes des centaines. Nous sommes des centaines de facilitateurs, facilitatrices à proposer ce genre d'outils aux parents qui se sentent un peu démunis entre justement les injonctions de l'éducation bienveillante et les injonctions de l'autoritarisme façon Carol Gullman. Et si je pouvais conclure avec une idée importante à garder en tête, ce serait que, contrairement à ce que prétend l'éducation bienveillante, le but de l'éducation, ce n'est pas de fabriquer un enfant qui ne pleure jamais. Un enfant qui n'aurait pas besoin de sucer son pouce parce qu'il n'aurait jamais besoin de s'autoréguler. Ce n'est pas de fabriquer un enfant qui ne se frustre jamais et qui a une excellente estime de lui-même. En soi, ce sont des choses intéressantes, mais ce n'est pas le but de l'éducation. Le but de l'éducation, ce n'est pas non plus de fabriquer un enfant qui obéissent aux doigts et à l'œil. Le but de l'éducation, c'est quand même à la base d'accompagner un être humain vers plus d'autonomie, vers la capacité à prendre ses responsabilités, à vivre avec les autres dans le respect mutuel et à prendre sa place dans le monde en étant à la fois mûr et épanoui. Et pour ça, il faut des parents, il faut des adultes qui soient à la fois bienveillants, protecteurs, qui soit leur rocher dans la tempête, mais aussi des adultes qui soient des guides, des modèles, qui soient exigeants aussi avec l'enfant, qui l'invitent à se dépasser. Bref, des adultes qui jouent pleinement leur rôle de parents. Donc voilà, c'est 15 ans de transformation de la parentalité en France que j'ai essayé de vous résumer, d'analyser en
Retours Auditeurs Et Ressources
SPEAKER_00deux épisodes. J'espère que ça vous aura plu. Je serai très curieuse d'avoir vos retours sur ces épisodes. De plus en plus sur les plateformes de podcast, vous pouvez laisser des commentaires sur les podcasts. Donc n'hésitez pas à laisser des commentaires ou à en laisser sur les réseaux sociaux. Nous sommes présents sur Facebook, Instagram, TikTok. Voilà, pour... partager ce que vous aurez pensé de cet épisode. De ces deux épisodes, d'ailleurs. Et je vous renvoie aussi aux notes de ces deux épisodes où vous retrouverez tous les liens vers les autres épisodes que j'ai mentionnés, que ce soit sur la gestion des émotions, sur le time-out de Caroline Goldman, les deux articles que j'ai écrits en 2020 sur l'éducation bienveillante et la discipline positive, et un autre encore sur les cycles adlériens. Bref, plein d'autres épisodes très riches que vous pouvez écouter. Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis A mardi prochain, votre petite souris 7.
UNKNOWNAnne-Laure.