Les Frappés

Courir 300 km et 25 000 m de dénivelé autour du Mont Blanc avec Vincent Guichardot

Vincent Guichardot Season 2 Episode 79

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Vincent est un amoureux de montagne. Son histoire est fascinante.

Vincent nous explique comment la maladie de son fils l'a amené à prendre le départ de courses de plus en plus longues et engagées, pour oublier un quotidien difficile marqué par les examens médicaux et opérations nécessaires dangereuses.

Sa pratique s'est transformée et est passée d'exutoire nécessaire à véritable passion. Dans cet épisode, nous échangeons avec Vincent sur la course qui l'a le plus marqué, celle à laquelle il n'a pas arrêté de penser, chaque jour, des mois après avoir été arrêté en pleine épreuve pour complications médicales à 30 km l'arrivée. Ce jour-là, il s'est retrouvé avec une saturation en oxygène à 78 et a du être héliporté par les secours.

Cette course, c'est la PTL, la Petite Trotte à Léon, une course mythique organisée par l'UTMB. Imaginez un peu : 300 km de distance à travers 3 pays et 25 000 m de dénivelé (presque 3 ascensions de l'Everest depuis la mer !) à parcourir en 150 heures maximum en équipe de 2 ou 3.

Les conditions sont rustiques. Très rustiques, même pour des montagnards aguerris comme Vincent. Il n'y a pas de classement sur la PTL, simplement des participants et des finishers.

Cette course, j'en prends le départ à l'été 2022. C'était donc un privilège pour moi d'échanger avec Vincent sur ce qu'il a apprit de sa PTL 2021.

Encore merci Vincent pour tout ce que tu as partagé ! Au plaisir de se croiser en montagne.

[Vincent nous a quitté le 8 février 2023 après une chûte mortelle en montagne. Repose en paix.]

🔎 Retrouvez toutes les infos sur la PTL sur le site officiel de l'UTMB ici.

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J'ai fait 70% de mon entraînement avec mon fils dans la charrette. Donc en fait, il y avait une connexion entre nous. Moi, toutes les courses que je faisais, c'était des courses pour revenir un peu à la réalité et essayer d'avoir une bouffée d'oxygène dans le quotidien qui était un peu compliqué. Et souvent, la réussite de mes courses était liée à la réussite des examens qu'il avait ou des opérations qu'il avait. Donc j'avais fait une connexion avec ça parce que j'avais fait un lien entre sa vie et la réussite de ses courses.

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Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

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!

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Eh bien, écoute, bienvenue Vincent sur le podcast. Salut. Je suis super content que tu aies pu te libérer et qu'on arrive à faire cet enregistrement maintenant, puisqu'on va surtout, on va un peu parler de ton parcours, mais on va surtout parler d'un truc complètement fou que tu as fait il n'y a pas très longtemps, la PTL, puisque tu y as participé, c'était l'année dernière, c'est

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ça

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En 2021. Exact. Et c'est top qu'on puisse échanger maintenant, tu vois, parce qu'on revient d'un entraînement à Chamonix, donc c'est une course que je fait en août et on vient d'un entraînement à Chamonix avec Brice et Xavier et franchement c'était un peu la douche froide, le réveil, on s'est dit c'est à ça que ça va ressembler, donc j'ai plein de questions pour toi et je pense que ça va être hyper utile pour notre préparation, donc vraiment merci beaucoup de t'être libéré

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aussitôt. Merci à toi Luc, j'espère pouvoir y répondre après je vous parle une seule fois en tout cas de parler de la PTL c'est toujours un plaisir, c'est une course extraordinaire et c'est un plaisir

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Vincent, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, de nous expliquer un petit peu ce que tu

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fais. Je suis marié, j'ai deux enfants. Je suis enseignant actuellement dans un lycée de Poligny, dans le Jura. J'ai vécu dix ans en région parisienne, mais je suis jurassien de naissance. J'ai toujours été

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parisien. Top. Si on en tout de suite avec le vif du sujet cette cette fameuse ptl la petite trotte à léon déjà est ce que tu peux nous rappeler un petit peu le en quoi consiste la course ses caractéristiques et puis après tu nous dira comment est ce que comment est ce que tu l'as découvert qu'est ce qui fait que tu as tu t'es dit allez go je veux m'inscrire et prendre le départ de cette course complètement

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folle ouais bah en fait c'est la ptl c'est donc la petite trotte à léon je crois que c'est du nom du boulanger du créateur froid jean claude marmier qui était à jean Je crois que c'était un élite du peloton de gendarmerie. C'était quelqu'un de renommé qui est malheureusement décédé il y a quelques années. C'est lui qui était à l'origine de la course. C'est une des courses de l'UTMB avec un format un peu particulier puisque c'est un format en équipe, en collectif. En équipe de deux ou trois, ça dépend des années, mais en ce moment, c'est deux ou trois personnes. Les données, c'est 200... L'année où je l'ai fait, c'est 300 km et 25 000 m de dénivelé. Avec une orientation, pas de balisage, avec un déplacement au GPS en suivant une trace GPS et puis avec vraiment la particularité donc ça dure en général la semaine les meilleurs arrivent en fin le jeudi soir ou le vendredi matin ou le vendredi soir mais en général les autres on arrive plutôt le samedi ou le dimanche donc ça dure à peu près 6-7 jours et vraiment ce qui fait la particularité c'est que le type de sentier puisque c'est vraiment beaucoup plus engagé ou beaucoup plus technique avec il y a 30% environ de hors trace sur la course donc voilà c'est Évidemment, beaucoup moins roulant qu'une course, par exemple, comme l'UTMB, qui n'est vraiment pas le même profil. On va dire que c'est plutôt une course de montagneur. Si l'UTMB, c'est une course de trailer, la PTL, c'est plutôt typé pour la montagne. Avec un matériel en conséquence, avec des sacs un peu plus lourds. Je crois que les meilleurs, ils arrivent à avoir des sacs de 6 kg. D'ailleurs, on se pose la question de savoir comment ils font. Nous, en général, le milieu du peloton, on avait 8 kg, avec l'eau, 8,5 kg, 9 kg avec... ceux qui avaient l'abri de survie il y a du matériel obligatoire comme les autres courses de l'UTMB mais c'est vraiment une course à la marge d'ailleurs elle est moins connue que les autres courses de l'UTMB mais elle est un peu à la marge avec une organisation qui est aussi différente avec un fonctionnement différent il y a un PC course qui suit sur toute la semaine 24h sur 24 avec des bénévoles qui soit ont déjà vécu la course en coureur ou soit qui se sont pris de passion de cette course parce qu'elle est vraiment hors norme

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oui parce que chaque cours à une balise GPS sur le sac, c'est

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ça

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Oui, on a une balise GPS pour la sécurité et pour le suivi. Une balise qu'on peut utiliser en cas de gros problème. Elle nous suit toute la course. C'est surtout pour la sécurité, puisque le PC course nous suit 24 heures sur 24. Et si vraiment il y a un gros problème d'orientation ou on va dans une direction qui est dangereuse, il nous contacte sur le téléphone ou sur la balise pour nous remettre sur le droit chemin, par exemple. Et sur le sac, des fois, ça peut prendre un peu de temps. Des fois, on va jardiner déjà quelques heures avant d'être remis sur le gros chemin, ça peut arriver. Et puis après aussi, la balise, elle sert aussi pour les parcours de repli en cas de gros problèmes météo, de conditions dangereuses, vu qu'il y a des endroits qui sont quand même assez engagés. Là, sur la PTL 2021, on est passé, je crois, on les a comptés 8 fois plus de 3000 mètres. Donc, il y a 2-3 endroits où on n'a pas intérêt d'y être dans certaines conditions météo. Donc, là, il peut y avoir des parcours de repli. Là, il y en a un qui a été activé d'ailleurs D'ailleurs, sur nous, en 2021, sur la fin de course. Mais voilà, en fonction des années, il y a plus ou moins de parcours de repli. Mais en tout cas, sur le roadbook de départ, on a tous ces parcours. Et en fonction de la météo, il nous aiguille grâce à cette balise GPS et aussi au

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téléphone. OK. Et côté organisation, tu disais que c'était un format un peu spécial. Ça se passe comment, pour expliquer un peu à tout le monde, côté ravito, côté est-ce qu'on peut dormir la nuit quelque part au chaud sur la PTL

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Comment ça se passe

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Alors, oui. Bon, c'est une course où on dort très, très peu. Moi, les équipes qui m'avaient aidé à la préparer, ils avaient dormi entre 8 et 12 heures, je crois, sur toute la semaine. Et nous, je crois qu'on a dormi, moi, j'ai dormi 11 heures, je crois, puis mon collègue, 8 heures. Bref, on était trois, mais voilà. Je raconterai plus tard les différentes péripéties, peut-être. Donc, le temps de sommet est très court. C'est vraiment plutôt des petits moments. Il y a différentes gestions. Il y en a qui font le choix de faire plusieurs nuits blanche et de dormir une fois un peu plus longtemps mais bon il faut pas se leurrer sur la course c'est difficile de dormir plus de 20 heures en ayant un rythme vu le rythme qu'il faut tenir c'est difficile donc après pour les lieux il y a deux bases de vie sur la course là sur l'année 2021 qui était au 130ème kilomètre et au 230 je crois oui à peu près et donc sur ces bases de vie on peut dormir il y a une salle qui est aménagée pour ça donc là on peut dormir au chaud il n'y a pas de problème et sur tout le reste tous les pans on utilise les refuges donc soit des refuge partenaire de la PTL ou soit des refuges. On peut utiliser n'importe quel refuge qui est sur le parcours. Par contre, c'est à nos frais si ce n'est pas un refuge partenaire. Et pour les refuges partenaires, on a des tickets qu'on présente. Et puis, on a 4-5 tickets sur la course qui nous permettent d'accéder à ces refuges et d'avoir le repas qui va avec. Et tout le reste, après, on a une autonomie. Donc, ça veut dire que si à un moment, il y a une cabane abandonnée ou un refuge, on le fait tous. D'ailleurs, on se passe un peu dans la préparation de la course. Souvent, on se donne des petites indications, que certains par exemple ont vu des cabanes abandonnées en allant repérer le parcours c'est un bon point pour si à un moment on peut être à l'abri en cas d'une météo pluvieuse pour aller dormir un petit coup faire une petite sieste, on essaie de trouver chacun un peu nos petites solutions, il y en a qui choisissent vraiment d'attendre à chaque fois le refuge en fait on se rend compte sur la course c'est difficile de tenir et voilà des fois on arrive au refuge c'est pas le moment de dormir, on a pas spécialement envie, surtout qu'on est deux ou trois et donc des fois on fait le choix de faire une micro sieste avant parce que l'endroit est propice c'est un fonctionnement qui est vraiment très propre à chaque équipe et voilà mais c'est sûr que le temps de sommeil est très réduit et voilà on utilise donc les refuges plus les deux bases de vie qui sont vraiment là des lieux où là on a le repas plus un endroit pour bien dormir voilà bon après c'était relatif mais c'est eu il y en a eu à la base d'Arola en 2021 il y avait vraiment du monde donc il fallait attendre un petit peu c'était compliqué donc voilà des fois c'est pas toujours comme on veut mais en tout cas oui il faut pas c'est pas en tout cas pour avoir fait j'ai fait dans mon parcours j'ai fait j'ai fait de trois ultras un peu connus la diagonale et l'UTMB c'est pas le confort de la diagonale ou de l'UTMB il n'y a pas de la place partout il n'y a pas des gens qui nous accueillent des podologues, des kinés, des médecins on est vraiment en autonomie on est bien seul mais c'est l'objectif de la course on a les bénévoles qui s'occupent de nous qui s'occupent de nous sur les refuges mais après il faut être autonome c'est l'objectif et c'est aussi pour ça qu'on est à deux ou trois pour s'entraider

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Moi, c'est ce qui m'avait marqué quand j'ai découvert cette course. C'est vraiment le côté hyper rustique, en fait.

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Oui, exactement ça. C'est ce que je décrivais. Moi, je sais que c'est ce qui me plaît vraiment dans la montagne ou dans les activités. J'aime bien le côté rustique. C'est vrai qu'on s'y retrouve, mais là, même moi qui m'y étais préparé, j'ai trouvé ça vraiment presque, voire difficile. Il y a deux, trois moments où, avec mes collègues, on se posait la question, alors qu'on en fait quand même régulièrement. J'ai déjà fait des Je suis déjà parti au Groenland en autosuffisance avec des amis. J'ai déjà fait un peu ce qu'ils appellent la baroud. J'ai des copains qui m'ont formé un peu là-dedans. J'aime bien ça, mais là, c'était vraiment très rustique et très engagé. C'était très spartiate, si je peux le dire comme ça. Sur le sommeil, même sur les repas, il y a des moments où on n'a pas toujours ce qu'on veut, on n'a pas toujours faim à ce moment-là. On n'a pas de suivi. C'est très difficile de nous suivre sur la course. Il y a des courses où, par exemple, ma femme me suit de temps en temps sur certaines courses, sur la Diagonale, l'UTMB, la TDS. Elle me suit, donc c'est sûr qu'on peut manger ce qu'on a envie à ce moment-là. C'est très confortable. Et là, sur cette course-là, on ne l'a pas parce que l'accès est très compliqué pour les suiveurs. On est souvent en haute montagne. Oui, c'est de la haute montagne. On est à plus de 3000 mètres. C'est toujours plus haut, mais c'est quand même très rustique et engagé. Donc, il faut aimer ça pour faire cette course. là mais c'est ce qui fait le charme de la course 1 c'est qu'après ben oui d'ailleurs dans la course n'est pas précisé tout à l'heure mais il n'y a pas de ya pas de classement alors finalement chacun connaît un peu son classement parce qu'il ya là il travaille qui nous suit mais c'est il n'y a pas de classement officiel à la fin et à la fin sur le podium en fait tout le monde monte tous ceux qui ont terminé la course monte sur le podium tous les pt liste qui ont terminé et donc c'est bien c'est pour ça aussi qu'elle est un peu à part il ya donc il ya beaucoup d'entrées on ressent pas trop le sentiment la compétition même si moi je trouve que sur les us ultra, je ne le ressens pas énormément non plus, parce que je viens du foot et du tennis où je trouve que c'est beaucoup plus prégnant. En tout cas, sur cette course-là, on ne le ressent pas du tout. Le but, ce n'est pas de doubler les autres. En tout cas, pour nous, ce n'est pas le cas. Après, les premiers, les frères Gabiou, les frères Trivel, qui sont les derniers... Pour moi, c'est des stars, mais après, c'est les derniers vainqueurs de ces dernières années. C'est sûr que le classement les intéresse un petit peu, mais même encore, quand on entend leurs interviews, ils ne le disent pas... c'est pas non plus l'objectif

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ultime mais aussi content d'être premier je pense punaise bon maintenant qu'on a une idée un peu plus précise de la folie de cette course moi je serais curieux de savoir qu'est-ce qui fait que à un moment donné tu t'es dit allez go j'y vais et puis tu le précisais c'est pas une course qui se fait en solo donc c'était quoi tes motivations à toi et tes motivations finalement de

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l'équipe ouais alors en fait moi j'ai commencé le travail un peu tard j'ai toujours fait beaucoup de sport je viens du foot et du tennis. Moi, je suis très polyvalent. Il n'y avait pas de sport où j'aurais pu devenir sportif de haut niveau dans un sport, donc j'étais très polyvalent. J'ai des diplômes d'encadrement dans le foot et le tennis, donc on va dire que c'est quand même mes deux activités de départ. Et je me suis mis au travail à peu près en 2015, un peu 2016. Et depuis que je me suis lancé, j'ai évolué un peu sur les différents formats. Je me suis rendu compte que les distances qui me plaisaient, c'était assez long. Et en fait, en discutant avec les gars du club, notamment mes oncles et mes cousins qui, eux, on avait déjà fait des ultras dans les années 2000-2010. Ils m'ont souvent parlé de cette course-là. Et quand ils me parlaient de cette course-là, en fait, c'était la course... En gros, j'avais l'impression que toutes les courses étaient faisables, mais celle-là, elle était un peu hors norme. Et d'ailleurs, un de mes cousins qui l'a fait, elle ne l'a pas terminée, par exemple. Et il nous racontait ses péripéties. Et on en parlait presque plus que les courses qu'il avait terminées. Et donc, c'était... Voilà. Et on a... il y a une personne, Roland Pauly, qui est un trailer de chez nous qui est connu parce qu'il a terminé un nombre de courses incalculables. C'est un peu une référence. Et lui, quand il nous parle de toutes les courses qu'il a faites, sachant que si je fais la liste, ça peut être très long parce qu'il a quasiment tout fait. Il n'a quasiment jamais été en échec. Il n'a jamais abandonné une fois sur 40 ultras, je pense. Et bien, la course qu'il rêve de refaire, c'était la PTL. Donc, c'est sûr qu'un discours comme ça d'un gars de… Roland, il doit avoir plus de 70 maintenant. Il fait encore des ultras. Il était encore ce week-end. Et un discours comme ça quand on entend quelqu'un qui nous parle d'une course comme ça ça nous fait rêver et en plus dans ma pratique je suis devenu de plus en plus montagne les dossards on va dire je continue de prendre des dossards parce que ça m'oblige à m'entraîner et à rester en forme sinon je suis un peu plus fainéant on va dire et là en fait cette course elle correspondait exactement à ce qui me plaisait le côté un peu baroudeur et puis le côté montagne tout en prenant son temps mais dans des endroits où on peut pas aller facilement tout correspondait quoi ça correspondait à la pratique que j'avais besoin à ce moment-là. Après, j'ai été un peu poussé, j'aurais souhaité la faire un peu plus tard, parce que pour moi, c'était une course qui nécessitait beaucoup d'expérience, et je ne me serais pas engagé en 2021, mais en fait, en 2019, quand j'ai terminé la diagonale avec mon cousin Louis, en fait, dans les deux jours qui ont suivi, on a un copain Thibaut, qui est le troisième, Thibaut Luciana, qui travaille au laboratoire Volodalen, d'ailleurs, spécialisé dans la course à pied et la prévention des blessures. Ensuite, Et il nous a appelés, en fait. Et il nous a dit que de nous avoir suivis à la Diagonale, ça… Enfin, voilà. Lui, il en avait fait un peu plus tôt. Il avait déjà fait l'échappée belle et des belles courses. Et puis, en fait, il nous a proposé de nous engager sur la PTL en 2020. Voilà. C'est parce qu'il voulait qu'on fasse une équipe ensemble et que ça lui avait donné envie de reprendre, quoi. Et de faire cette course qui nous faisait rêver. Voilà. C'est parti comme ça, quoi. Après, moi, j'ai attendu… J'ai mis quand même une… Je n'aurais pas donné ma réponse tout de suite parce que j'étais un peu… J'ai mis deux, trois jours. Ma réponse était déjà plus ou moins... Enfin, mon choix était déjà plus ou moins fait, mais j'avais l'impression qu'on était trop jeunes pour faire cette course-là, qu'on manquait vraiment d'expérience. Et puis, en fait, à un moment, j'ai réalisé que de trouver trois personnes qui s'entendent bien, parce que c'est le cas, trois copains, même avec mon cousin, qui souhaitent faire cette course-là, qui est spéciale quand même, qui demande un engagement financier quand même, c'est 1 300 euros la course. Le matériel, c'est du matériel un peu spécifique. Ça veut dire, nous, on a du matériel de montagne et du matériel de trail, mais là, c'est du matériel un peu intermédiaire, il y a des mini crampons, un sac qui est un peu entre les deux, donc en fait il y avait pas mal, le GPS qu'on n'avait pas, il y avait quand même un peu de matériel qu'on n'avait pas, donc on savait que c'était un investissement financier, un investissement en termes de temps, puisqu'il fallait qu'on s'entraîne, on nous avait vivement conseillé de nous entraîner collectivement et à plusieurs, donc on savait que ça allait nous engager, on a tous des familles, donc ça nous engageait à nous investir ensemble sur des week-ends, donc ça nous prenait du temps, et puis après aussi d'être à peu près au même niveau et en forme physique au même moment j'étais pas sûr de retrouver d'avoir une équipe une autre fois donc le choix il était quand même assez simple à faire après et on s'est engagé les trois pour l'année 2020 voilà avec le Covid c'était reporté en 2021 mais à la base c'était la PTL 2020 qu'on devait faire donc ouais c'est parti comme ça c'est parti comme ça et c'était une bonne chose c'était une bonne chose

SPEAKER_00

excellent ah la la punaise et ok donc reporté en 2021 déjà comment est-ce que vous l'avez géré est-ce que tu dirais avec le recul maintenant que vous étiez fin prêt dès 2020 ou finalement cette année supplémentaire comme tu disais que toi tu l'as envisagé peut-être plus tard cette PTL pour engranger l'expérience est-ce que finalement c'est bien tombé ce report

UNKNOWN

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Ouais bah en fait nous on a quand même une nature assez positive je pense les trois donc on n'a pas déjà le Covid on a compris qu'il y avait des choses plus graves qui se jouaient et que ça restait qu'une course et surtout elle a été annulée très très tôt en fait je crois que si je me rappelle bien c'était en mai donc en fait très très tôt on a su qu'il n'y aurait pas d'événement UTMB donc on a dit on n'était pas dans les starting blocks une semaine avant donc en fait on en a profité exactement comme tu dis Loïc moi je me suis dit ça nous permet d'avoir un an de plus de préparation et donc on en a profité pour faire de la montagne on a fait le Mont Blanc on a fait un peu d'alpinisme enfin alpinisme pour le Mont Blanc en tout cas mais surtout de la randonnée très engagée un peu ce qui ressemble à la PTL on a fait des très très belles sorties sur Chamonix en choisissant des buées mais pas par la voie normale on a fait vraiment beaucoup de sorties autour de Chamonix en préparation et c'est vrai que ça nous a permis d'avoir une année de plus de formation. Moi, je suis allé dans les Arabies, on y est allé avec lui. Ça a prolongé un peu notre préparation, notre entraînement. C'était un peu frustrant parce que c'est sûr que ça repousse d'un an et puis on a tous au niveau familial et tout, c'est de l'engagement quand même. Ce n'était pas rien, mais nos familles étaient évidemment d'accord. On a eu surtout peur par Par contre, j'avoue qu'on a eu peur quand même qu'en 2021, ce soit nouveau annulé. Parce que c'est vrai que par contre, pendant cette PTL, c'est vrai qu'on est assez multisport. On fait beaucoup de sports différents. On fait pas mal, les trois, on fait du ski l'hiver, du ski de fond, alpin, ski de rando. On fait pas mal d'autres sports différents. En fait, cette PTL, vu qu'elle demande une préparation un peu spécifique, et on va dire beaucoup de temps, pendant ce temps, on faisait pas les autres activités qu'on faisait d'habitude. Donc c'est vrai que c'était... Puis pareil, ça engage le fait qu'on soit trois. Moi, je joue encore un peu au foot à côté. Pareil, on n'a pas trop envie de se blesser. Donc à la fin... au foot parce que c'est quand même de l'engagement et un peu moins de temps on spécifie quand même le temps libre qu'on a pour la PTL donc c'est sûr qu'on avait pas trop envie que ça soit reporté à nouveau puis on a envie surtout de s'y coller ça fait deux ans qu'on en parle qu'on repère là on avait envie d'y aller c'était excitant d'y aller c'était un peu stressant mais c'était

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excitant top et du coup les émotions au moment où au 2021 vous êtes sur la ligne de départ Vous n'êtes pas parti de Chamonix, vous

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C'était la spécificité, je crois.

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D'ailleurs, je ne sais pas, peut-être que toi, tu sais peut-être pourquoi ils ont repris, je crois, le départ à Chamonix, ça, cette

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année

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En tout cas, sur le site de la PTL, ils parlent d'un départ à Chamonix,

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oui. D'accord. En fait, ils voulaient partir. Je sais pourquoi, par contre, ils voulaient partir d'Orcières. Ils voulaient partir d'Orcières un peu pour changer parce qu'en fait, en partant de Chamonix et en revenant sur Chamonix, les sentiers un peu spécifiques PTL, il y en a toujours, mais certains qui font plusieurs PTL les avaient déjà un peu vus les culs. Quand je regarde les parcours de 2018, 2017 et tout, c'est des sentiers qu'on commence à connaître, des parcours qu'on connaît. Donc là, ça permet peut-être de diversifier un petit peu et d'aller plus loin en Italie et en Suisse. Donc, le fait de partir d'Orsia. Nous, c'était top parce qu'en plus, on ne connaissait pas par là-bas. On a commencé par la pointe de Beauvers pour aller sur Arola, le col du Colombe, Praflory. C'était des lieux qu'on ne connaissait pas. C'était magnifique, donc c'était top. Après, c'est sûr que ça a rendu... Après, on suppose que c'est difficile de comparer nous on n'en a fait qu'une mais en comparant en échangeant avec d'autres personnes qui étaient sur la course ça a fait une PTL c'est vrai difficile vraiment très difficile on a fini le samedi avec une équipe de Marseille Tri Club je crois qu'ils s'appelaient très sympa et qui nous avait dit que l'année d'avant justement en 2000 la dernière PTL en 2019 ils avaient mis une journée de moins donc le parcours était un peu plus long plus long plus difficile je ne sais pas mais en tout cas ça semblait là ils sont arrivés dimanche après-midi et l'année d'avant ils étaient arrivés le samedi Donc, c'est sûr que ça a fait une pétale à s'engager en partant d'Orsières. Donc, c'était top. C'était nouveau pour nous. Il y avait un transfert qui était fait. Nous, on a été accompagnés par le papa de Thibaut, qui est un peu un passionné de montagne et de trail aussi. C'est des Jurassiens qui sont dedans depuis un moment, qui organisent des courses. Donc, il nous a accompagnés, même pour tout le monde. C'était un moment… En plus, on est les trois du même village. Donc, on a un tout petit village de 100 personnes. Les trois, on s'appelait Léger. Donc, Léger, c'est le nom des habitants du village. Ça vient de l'oiseau, en fait. que les gens chassaient à l'époque de notre village et donc on s'appelait Léger c'était le pour nous aussi ça a du sens parce que c'était d'être les trois du même village à faire cette course c'était un moment et emmené par un des gars du village c'était top et donc la veille c'était c'est sûr que la veille on a dormi au laboratoire de Thibault son laboratoire il est à le laboratoire Voladarine il est à côté il est à Aigle c'est pas très loin d'Orsières et c'était une ambiance ouais c'est une ambiance particulière un peu comme ce qu'on peut vivre sur les sur ces différents formats quoi un mélange de stress mais d'excitation parce qu'on a envie d'y aller mais par contre on sait ce qui va nous arriver on s'en doute un petit peu que ça va être difficile c'est un mélange des deux, c'est difficile à expliquer moi je sais que j'ai vraiment le sentiment que j'ai j'écris un peu quand je finis ces courses là et j'écris un peu j'écris juste après en fait pour garder le sentiment du moment parce qu'après souvent on le transforme un petit peu avec le temps et donc j'ai ri Je lisais il y a quelques semaines parce que j'y pense souvent à cette course. J'ai bien noté que je ne pensais pas trop à l'arrivée, contrairement à des courses où je pensais à l'arrivée. Là, j'avais vraiment envie de vivre une semaine en montagne. C'était la première fois depuis toujours, toute ma vie, que j'allais vivre une semaine en montagne complète, jour et nuit. Et ça, c'était vraiment excitant. Et je ne pensais pas du tout à l'arrivée. Après, je t'avoue qu'à partir du mardi-mercredi, l'arrivée commence à titiller un petit peu. C'est assez marrant le changement d'attitude, mais en En tout cas, au début d'un an, vraiment, je voulais vivre cette semaine. On savait que ça allait être long, mais par contre, on était trois copains. On a envie d'en découdre et de vivre ce que l'organisation nous propose.

SPEAKER_00

C'était top. Un des points qui est ressorti assez rapidement sur le week-end de préparation à Chamonix dont je te parlais, c'est les allures. C'est le fait que globalement, on est tous les trois sportifs. Il n'y a pas de problème pour évoluer en montagne, en tout cas sur site. jours on verra mais sur ce week-end d'entraînement ça allait par contre c'est vrai qu'on a des rythmes assez différents selon les terrains tu vois quand c'est très technique certains sont devant d'autres un peu moins et puis c'est l'inverse quand c'est sur du plat ou des côtes du coup je me posais la question est-ce que ça vous aviez une stratégie est-ce que vous l'aviez vous en aviez parlé avant ou est-ce qu'au final c'était pas vraiment un sujet parce que tous les trois vous aviez exactement le même rythme quel que soit le

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terrain non c'est un situation c'était un sujet récurrent justement, de voir un peu, déjà de respecter une certaine allure qu'on pouvait tenir sur la semaine, donc déjà juste ça, donc on a fait différents tests à l'entraînement, nous à l'entraînement, on a fait des week-ends un peu PTL, finalement qui avec le recul n'étaient peut-être pas assez engagés par rapport à ce qu'on aurait pu faire, on a fait beaucoup de courses d'arrêt avec du gaz, des trucs assez engagés au niveau plutôt proche de l'alpinisme, mais la PTL ressemblait moins à ça finalement, c'était plus beaucoup de pierriers, 2-3 endroits un peu engagés, mais pour nous c'était pas le C'était plutôt le côté vraiment difficile du sentier, le côté répétitif et le côté spartiate. Au niveau des allures, on avait fait différents tests. Après, eux, ils sont plus jeunes que moi, de 7-8 ans à peu près, un peu plus même d'ailleurs. Moi, j'ai 39 et eux, ils sont plus autour de la trentaine. On s'est rendu compte que c'est un peu moi le vieux qui respectait plus les allures au départ. On avait dit que la première journée, je me mettais devant. Franchement, on a à peu près les mêmes allures. Il y a vraiment Thibaut qui est plus fort. Clairement, c'est une machine. Il l'a prouvé sur la course. Il est hyper fort en montée. Il est très à l'aise en descente. C'est technique. Dans les parties techniques, il n'a pas de problème. Après, on avait des doutes sur le sommeil, mais franchement, il a hyper bien géré. Il était très à l'aise. Je pense qu'il avait deux pétales dans les jambes. Il était vraiment super bien. Mon cousin, qui est physiquement peut-être à peine en dessous, mais par rapport à moi, il n'y a pas beaucoup de différence. En tout cas, il y a de quoi faire une pétale ensemble parce qu'on fait quasiment toutes nos courses ensemble, les deux. Là, On prépare un swimrun au mois de juillet. On y va ensemble. On s'entraîne souvent ensemble. Sur les allures, on était très proches, les trois. Ça ne nous tracassait pas. Après, on savait que Louis, dans les parties techniques, il aime moins quand c'est engagé. Mais il avait beaucoup progressé. Donc, il avait un peu réduit la distance qu'il y avait entre nous. Et puis moi, j'étais un peu au milieu. C'est sûr qu'il y en a un qui est plus fort que les autres. Mais à la fin, on n'est pas si loin les uns des autres. Et puis après, on se disait que sur la course, sur la semaine, on sait qu'il y a des moments où on avait vu à l'entraînement. Il y a des moments où tu es un peu mieux donc là tu vas être un peu mieux que les autres puis juste après t'es moins bien toi l'entraînement moi un coup bah j'ai une hypo bah tac c'est moi qui me mets derrière puis ils m'attendent puis voilà bah en fait ça fait partie de la course quoi c'est donc voilà on avait pas trop trop d'inquiétude il y avait pas de grosses différences entre nous de toute façon on nous avait prévenu nous la l'équipe de chez nous là qui avait abandonné ce qui s'est passé c'est ça quoi c'est que ils sont arrivés à 3 avec des niveaux trop différents et ils ont fait qu'une journée quoi ils ont fait une journée enfin je crois une journée une nuit enfin ils ont fait le début de la course parce qu'à un moment bah ça peut pas suivre quoi soit ceux qui sont devant se frustrent parce que vraiment ils font que d'attendre et puis t'as froid t'es pas bien ou alors tu restes pas de toute façon il faut rester ensemble en général il faut rester je crois qu'il y a une règle de 50 mètres de distance mais ouais c'est voilà d'ailleurs les équipes respectent cette règle là il n'y a pas de problème mais voilà s'il y a trop de différence de niveau après c'est un peu compliqué mais il y a des parties comme en montagne il y a des parties où des fois on doit attendre les autres on ralentit on va au rythme du plus faible voilà c'est ce qu'on essaie de faire voilà après on avait quand même décidé on avait nos rythmes par exemple en montée en ascension on sait par exemple sur les ultras on fait du je sais pas si on avait regardé 600-700 mètres heure je crois comme ça sur l'UTMB la diagonale les courses qu'on avait fait quoi et donc là on avait décidé de partir à 500-600 mètres heure dans les premières montées on savait que ça allait aller un peu plus vite qu'on allait être un peu tiré vers le haut par les équipes qui étaient devant et on a réussi plus ou moins à bien tenir voilà bon malheureusement mon cousin a abandonné au bout de 24 heures donc peut-être qu'on s'est trompé sur les allures on n'arrive pas trop à à expliquer ce qui s'est passé, mais il y a un contexte, il y a plusieurs choses. Il a fait une petite chute, il s'est bien abîmé le tibia, donc ça l'a brassé un petit peu. Plus l'alimentation, plus la difficulté de la course. Les 24 heures jusqu'à Rola, les 50 premiers kilomètres. Toi, tu parlais des allures tout à l'heure. En plus, on était bien placés. Je crois 50 équipes au départ et on était surpris, mais on devait être dans les 20, mais je crois que quelqu'un nous a lancé 13e. Donc déjà nous, on était surpris, mais presque un peu embêtés parce qu'on ne voulait partir aussi

SPEAKER_03

vite

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et à roland on a mis je crois 21 heures ou 21 heures pour faire 50 km et nous quand tu toi c'est encore on avait justement n'était partie sur un rythme assez un peu plus important que ce qu'on devait donc si tu compares avec les toits soit là c'est incomparable avec les ultras et tout mais le terrain c'était il y avait cinq mille mètres de dénivelé mais c'était que des pires et que des pires et on a fait je crois sur 24 heures on a fait 21 heures de pyrrhée c'était c'est là où elle était ah ouais non mais c'était une journée épique après la Là, je dis 21 heures, c'est peut-être un peu plus ou un peu moins, mais c'est ce que j'ai noté dans les récits. Et quand on échange avec les gars, c'est comme ça qu'on l'a vécu. Donc, c'est vrai que les allures, comme tu disais, il y a une partie en fin de semaine, le jeudi au Mont-Valaisan où je crois que moi, je suis tombé malade pendant la course et je n'avançais plus du tout. Et on faisait du 1 km heure, 2 km heure sur une nuit. C'était fou. On n'avançait pas du tout. Et voilà, c'était épique. C'était épique. Donc, oui, c'est vraiment… c'est pas du tout les allures même d'une TDS qui est plus technique que l'UTMB c'est pas du tout ces allures là c'est sûr mais de toute façon d'ailleurs moi il y a plein d'anecdotes que j'ai déjà entendues et qu'on a là il y a eu je crois 30% d'abondance à Rola à peu près il y a eu beaucoup d'abondance sur la première base de vie mais de toute façon volontairement à priori ils ont tendance à mettre une barrière horaire un peu plus difficile en début de course pour sélectionner un petit peu que ceux qui il y a quand même un dossier au départ oui je l'ai pas précisé au départ on fait quand même un dossier on est pris sur deux en fait sur cette course là il y a un tirage au sort s'ils ont trop de dossiers mais il y a quand même un dossier qui montre quand même que t'as des aptitudes et que t'as déjà fait de la montagne et que t'aimes ça quoi et donc voilà on est quand même pris sur le dossier au départ mais bon ça sélectionne un petit peu quand même ça sélectionne un peu en début de course et puis moi j'ai entendu plein d'anecdotes de personnes par exemple qui avaient fait des gros trails qui avaient fini l'UTMB la Diagonale l'UTB enfin voilà tous les gros trails le GRP et en fait qui font une journée souvent sur la PTL et puis qui arrêtent quoi qui arrêtent mais pas en pas si déçu que ça c'est juste de dire en arrêtant en disant bah c'est pas pour moi c'est pas pour moi parce que je peux pas courir c'est pas une course pour moi et il y a beaucoup de trailers qui vont sur cette course là et qui ont ce sentiment là c'est assez c'est assez marrant c'est assez marrant

SPEAKER_00

ça tu nous en avais parlé ça m'avait vraiment surpris mais au final je comprends parce que maintenant qu'on a fait tu vois qu'on allait un peu tester le terrain au final tu cours pas quoi enfin tu cours très peu tu cours peut-être je sais pas nous on a dû courir 20% du temps 25 tu vois

SPEAKER_02

max oui oui c'est ça c'est un bon ratio Et encore, c'est que ça s'est bien passé. C'est sûr, c'est sûr. Les sentiers sont tellement techniques. Puis bon, c'est tellement long que de toute façon, il y a plein de moments où même ce n'est pas possible. Ni en descente, ni en montée, ce n'est pas possible. Après, il y a deux, trois zones de transition où tu peux à nouveau recourir. Alors après, au bout de cinq, six jours, à part les frères Gabiou et tout, eux, ils enchaînent. Ils avaient parti à Orsières. Vraiment, c'est un moment incroyable. On part sur la course. C'est C'est une route au départ, donc c'est un moment roulant. Et la première montée, il y a 2300 mètres de dénivelé jusqu'à la pointe de Beauvais. Voilà, si je ne dis pas de bêtises, à peu près, je crois qu'il y avait une longue, longue montée. Et donc, c'est assez important. Déjà, plus de 2000 mètres de dénivelé, en montée, déjà, il n'y a pas beaucoup de courses contre cet équivalent-là. Même le Maïdo, je crois, à la diagonale, ça fait 2000. Là, il y a encore plus, c'est 2004, depuis le bas. Et la première montée, je ne sais pas, il y a peut-être plus de 15%. C'est sûr, il y a plus de 15% de pente. Et eux, ils sont partis en courant. Ils sont partis en courant, les filles. même moi à l'entraînement je ne sais même pas si je serais parti en courant on a le sac dans le dos nous on est parti en marchant normal et on les a vu partir en courant comme ça dans la montée c'était génial à voir c'était trop beau c'était trop beau donc oui ils courent un peu plus que nous c'est sûr mais nous un peu moins après à la fin de la course malgré en étant malade et tout sur le samedi on descend par exemple la Croix du Bonhomme qui est un parcours de l'UTMB là on le fait dans l'autre sens on descend depuis le refuge en direction des Contamines et là bon le chantier ça descend ça court Là, on a recouru, mais on courait assez à l'heure. On regardait la montre, ça nous faisait rigoler. Est-ce qu'il n'y aurait pas un meilleur temps de marcher

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si c'est considéré comme de la course, on a couru un peu là. On court très peu, en effet.

SPEAKER_00

Tu l'expliquais. De ce que je retiens des retours d'expérience, tu nous en as parlé. On a fait une journée avec Sébastien Gérard qui, avec son coéquipier en 2018 t'es arrivé premier à la PTN je crois qu'ils sont arrivés le vendredi midi en 100 heures pile et en fait tous les retours de gens qui l'ont fait c'est à peu près la même chose c'est la violence du truc c'est à dire qu'une fois que tu t'es lancé même si t'as fait beaucoup d'entraînement même si t'as l'expérience parce que toi c'était le cas t'as fait des expé avant t'as fait beaucoup de montagne Sébastien Gérard bon bah pareil il a gagné l'échappée belle il a fait je sais pas combien de diagonales etc la pika pika mais même lui disait ouais c'est violent quoi et du coup je me demande le gérer en solo déjà c'est une chose parce que voilà arriver à trouver les toits ce qui motive te relancer rester positif quand ça commence à taper un peu mais le faire en équipe c'est quand même autre chose quoi donc vous savez ce que vous en aviez parlé avant est ce que vous aviez une stratégie est ce que vous étiez dit bah si on est vraiment dans le dur on s'impose un arrêt j'ai pas au bout de la 25e heure on mange on dort enfin comment est ce que vous avez préparé comme Comment est-ce que vous vous êtes préparé finalement au coup de massue derrière la

SPEAKER_02

tête

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Déjà, tu es gentil de me comparer avec Sébastien, mais on n'est pas dans la même cour, mais je prends le compliment. On a un petit peu d'expérience, mais surtout moins que ces gars-là, mais on avait quand même vécu de trois choses. Après, sur la préparation, pour répondre à ta question, il y a un capitaine d'équipe. Il y en a un qui est officiellement capitaine. Nous, officieusement aussi, parce que nous, c'était Thibaut, c'est lui qui nous a lancé et dans l'expérience et on avait décidé que c'est lui qui prenait les décisions et en fait c'est marrant parce qu'à l'entraînement on a eu 2-3 différents sur l'année d'avant par exemple sur des passages il y a un passage de Neve on en parle souvent entre nous on se charrie mais sur le moment c'était un peu tendu il y en a un qui dit il faut passer au-dessus l'autre il faut passer en bas puis on n'est pas d'accord personne ne prend la décision puis ça met dans une situation délicate en fait le fait d'avoir vécu ça à l'entraînement ça nous a un peu on s'est rendu compte un peu des faiblesses et des forces de chacun et que par exemple en communication on n'était quand même pas on n'était pas assez bon quoi et que dans on savait que dans la course et tout on nous avait prévenu qu'au bout de on sait qu'au bout de plusieurs jours avec la fatigue et tout on n'analyse pas les choses de la même manière on est moins lucide et on a vite fait de peut-être de se disputer de ne pas être d'accord de se mettre dans une spirale négative et donc ça c'est vrai qu'on a comme à l'entraînement on en a fait un petit peu et qu'on l'a vécu en fait on a anticipé un petit peu et par exemple le coup d'après de cette balade que je raconte sur le Neve c'était une balade simple que tu as fait en plus ce week-end quand vous êtes allé à Albert 1er nous c'était la même balade même chose. C'était en début d'année, donc il y avait beaucoup de nez vert passé. Et après cette journée-là, qui était une journée banale, on a vu que c'était un peu tendu. Pareil, il y en avait un qui avait oublié sa veste. On n'avait pas été si bons que ça, en fait, sur une journée qui était simple. Et donc après, ça nous a un peu obligés à nous concentrer un petit peu et à être plus rigoureux. Et par exemple, quand on a fait le Mont-Blanc trois semaines après, on a dit, écoute, Thibaut, t'es le capitaine, tu prends les décisions. Ça veut dire qu'on en discute ensemble, mais si à un moment, il y a une décision à prendre et qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord, c'est C'est toi qui prends la décision finale et on te suit. Et donc, si le Mont-Blanc s'est bien passé pour nous, on allait au sommet. Mais si à un moment, il y en a un qui ne va pas bien et que tu décides de faire demi-tour, on se tait et on fait demi-tour tous ensemble. Et donc ça, on l'avait quand même déterminé. Après, nous, on voulait quand même échanger. On voulait quand même échanger les trois. Et voilà, on pouvait en discuter. Mais qu'à la fin, c'était lui qui prenait la décision finale. Voilà, il était légitime. En plus, c'est lui qui avait le plus… Il avait un peu plus d'expérience en montagne. Et puis, il était plus fort aussi physiquement. Donc voilà, c'est lui qui gérait le GPS. C'était lui le meilleur en orientation aussi. Donc… c'est un peu lui qui nous guidait, donc il était légitime pour prendre ses décisions. Et après, je sais que moi, sur les ultras, par exemple, je dis souvent à ma femme et tout, à Mandine, je lui dis que, par exemple, je donne des règles, si à un moment, ça ne m'est jamais arrivé, sur les ultras en tout cas, avant cette PTL malheureusement, et donc je lui disais, par exemple, je lui donnais des protocoles si à un moment je voulais abandonner, par exemple, je lui dis, si on arrive à un ravitaillement, je te parle d'abandon, Tu me dis« Ok, tu vas abandonner, pas de problème. Tu fais une heure dans un sens, dans le sens de la course. Et si vraiment tu vas abandonner, tu reviens au ravitaillement. Et si là, tu as fait deux heures aller-retour et que tu reviens, bon voilà, là tu rends ton dossard.» Et donc en fait, on a mis des règles comme ça en place. Et donc on avait bien discuté avec les gars de la PTL. On avait dit« Déjà, on ne prend pas de décision active pour rendre son dossard. On réfléchit. On pousse les barrières horaires le plus loin possible. Et finalement, c'est ce qu'on a fait la première journée. Comme mon cousin, lui, n'allait pas bien au bout de la première nuit, au bout de 22 heures, on a attendu de voir s'il pouvait récupérer à Arola alors qu'à la base on avait prévu de repartir mais on a attendu 2-3 heures on a tenté de leur mettre sur pied pour qu'ils dorment un peu pour qu'ils puissent s'alimenter et ça c'est des règles qu'on avait mis en place avant on avait dit tant pis on veut juste terminer la course c'est notre objectif on n'a pas d'objectif de classement donc on pousse les horaires le plus loin possible pour se donner tous les moyens d'y arriver et puis à un moment s'il y a un différent c'est Thibaut qui prend les décisions c'est un peu ça notre fonctionnement et puis après moi je sais que j'ai plein de citations pourries j'aime bien sortir et tout mais par exemple j'avais entendu qu'il y avait des les américains ils disent souvent be smart je parle pas très bien anglais mais j'ai appris que ça voulait dire soit élégant soit et donc en gros plus t'es positif plus on te renvoie des choses positives donc faut être positif quand t'arrives sur les rabbitaux et moi je fonctionne un peu comme ça sur les déjà parce que je suis content d'être là parce que c'est quand même un loisir et qu'il y a des choses plus graves dans la vie donc même s'il y a des difficultés ben voilà on essaie d'être positif d'être heureux d'être là etc mais c'est vrai qu'il y a des moments sur la course c'est un peu plus quand j'ai commencé à tomber malade et que ça allait être compliqué t'es moins joyeux mais on est resté quand même positif on était content d'être là et puis on s'est rendu compte que toutes les équipes qui nous entouraient on a bien sympathisé avec des Kikurus c'est un site de course à pied qui est sympa et il y avait ils s'appelaient les abominables Kikurus d'ailleurs je leur passe le bonjour si un jour ils entendent le podcast et on a passé un bon moment avec eux eux ils ont terminé ils avaient ce profil là ils étaient 3 au départ après ils étaient que deux et les deux ils avaient un super état d'esprit tout était positif t'es dans la nuit il faisait moins enfin je sais pas il faisait grand froid sur plusieurs nuits donc on avait tout le matériel sur nous et on était sur une Via Ferrata à 3000 à Punta Valletta à 3002 bah il peut y arriver n'importe quoi les gars ils sont contents

SPEAKER_01

d'être là

SPEAKER_02

quoi et en fait c'est cette course là c'est ça qui est original c'est que tu dors pas tu manges bon bah quand tu peux ou quand t'as envie et puis à la fin quand même tout le monde est quand même plutôt content de y être quoi donc c'est assez grand malgré les difficultés je

SPEAKER_00

dirais que sur ce point tu vois du mental ou en tout cas la façon dont tu lis les choses tu dirais que c'est déterminant pour finir la course correctement enfin pour la finir et pour la finir correctement sans se blesser et en prenant du plaisir

SPEAKER_02

ouais je dirais qu'au delà des problèmes malheureusement gastriques tu vois c'est un peu tu sais moi j'avais entendu cette statistique statistique pardon tu sais des abandons tu sais qu'il y avait 30% d'abandons qui étaient liés à une blessure physique 30% à cause de la gastro enfin des problèmes gastriques en général Et puis 30% à cause des échauffements. J'avais vu des statistiques un peu comme ça. Et donc, au-delà d'un gros problème comme mon cousin a eu, à un moment, il ne peut plus s'alimenter. Il ne fait que de vomir. Il a tenu 6-7 heures comme ça sans manger, sans boire. Et donc, à un moment, il n'arrive pas à dormir, il n'arrive pas à manger. La course, c'était impossible de continuer. Donc, à un moment, il a arrêté. Donc, c'était le mardi matin. Et c'est dur pour lui. Ça fait deux ans qu'il s'entraîne pour ça. Et même pour nous, c'était vraiment un moment pas très agréable. On repart qu'à deux. On a le droit. La course nous permet de repartir que les deux. Et on n'a pas le droit de finir tout seul par contre. C'est un point de la course dont je n'ai pas parlé tout à l'heure. Donc là, on repart à deux et on laisse un cousin avec qui on s'est entraîné pendant deux ans. Ça ne nous fait pas plaisir. Mais là, ce n'était pas faisable de continuer. Mais au-delà de ces problèmes-là, le reste, pour moi, c'est un parti mental. Physiquement, autant je fais des préparations spécifiques. Comme moi, je n'ai pas un gros volume d'entraînement. Avec la famille, j'ai deux enfants, deux petits garçons en bas âge. C'est sûr que j'ai un métier qui me parle. J'ai quand même du temps pour m'entraîner. Je suis prof de PS, donc je peux courir entre midi et deux j'ai des moments quand même même avec les élèves j'ai un créneau de course je peux m'entraîner quand même mais j'ai pas un gros volume parce que je veux pas trop impacter ma famille donc je fais rarement des sorties samedi dimanche de 2-3 heures ça m'arrive vraiment rarement moi je cale plutôt des week-end shock de manière ponctuelle dans l'année 4-5 week-end voilà donc c'est sûr que sur enfin comme j'ai pas beaucoup de volume j'ai tendance à faire beaucoup d'entraînement très spécifique par rapport aux courses que je prépare dans les différents sports que je fais et des trucs très courts mais très intenses et bah là sur cette PTL j'en voyais Enfin, je n'en vois pas trop l'intérêt, quoi. Ce n'est pas du tout une course où... Enfin, le 30-30, le fractionné court et tout, il a peu d'intérêt. Il n'a aucun intérêt pour cette course-là. Cette course-là, il faut plutôt s'habituer à marcher longtemps et souvent. Peut-être, nous, ce qu'on n'a pas assez fait de s'habituer à enchaîner jour et nuit, voilà, pour vivre un peu les nuits un peu dehors, etc. Voilà, on n'avait peut-être pas assez fait. C'est peut-être un peu le... Si c'était à refaire, c'est peut-être ce qu'on améliorerait, quoi. Mais en tout cas, ouais, en temps d'entraînement, il y a... je vois moins d'intérêt à faire un entraînement spécifique, et c'est vraiment une course que tu prépares, donc vraiment, pour revenir à la question de départ, sur le mental, et puis, ben voilà, sur le fait d'enchaîner en montagne, de prendre du plaisir en montagne, voilà, c'est comme ça que je le prépare. Après, peut-être que les premiers, évidemment, c'est comme ça que nous, on a préparé, et peut-être que les premiers, évidemment, ils la préparent de manière plus spécifique, mais je suis même pas sûr, parce que quand on voit leurs interviews, et quand ils en parlent, ils disent bien qu'eux, ils passent du temps en montagne, et qu'eux, ils repèrent la course en anti avant, la pétale, ils la font deux fois,

SPEAKER_01

quoi.

SPEAKER_02

Tous les sentiers. Même Roland, qui l'avait terminé, il l'avait repéré en entier. Ça veut dire qu'ils avaient calé des week-ends et des moments où ils repéraient toute la course. Et ils l'ont terminé comme ça. Il y a beaucoup d'équipes qui connaissent toute la course avant de partir. Chinez. Donc, l'aspect mental, c'est vraiment prédominant. En tout cas, si tu n'as pas envie d'être là, de toute façon, tu ne vas faire qu'une journée. Si à un moment, tu n'étais pas à ta place, tu ferais une journée. Et puis, comme je sais pas si t'as déjà vu ça sur les ultras des fois tu croises des gars qui abandonnent j'ai ce souvenir là même à l'UTMB à la Diagonale ou à l'UTMB dans le Grand Golfe Ferret je croise des gars qui redescendent et qu'on les revient physiquement ils abandonnent et moi quand je les croise les 2-3 premiers que j'ai croisés je leur dis allez venez repars dans l'autre sens on part ensemble on va jusqu'à la foulée on marche tranquillement et puis on vient on discute ça va se relancer et en fait ils te regardent et ils te disent non mais moi c'est bon j'en ai assez moi ils sont convaincus d'abandonner ils ont aucun problème avec ça en fait ils sont pas en train de pleurer etc c'est terminé pour eux ils en peuvent plus quoi et psychologiquement tu vois c'est pas physique et bah sur cette course là ouais c'est sûr que si psychologiquement t'es pas prêt de toute façon tu fais pas longtemps tu peux pas de toute façon parce que les journées bah t'sais on en parlait tout à l'heure mais tu vois les journées c'est tellement fou que en fait quand tu finis ta première journée et que t'as fait nous à Arola par exemple t'as fait 5000 mètres de dénivelé t'as fait 50 kilomètres un peu plus et t'arrives et en fait tu te poses une heure et demie t'as de la chance bon à Arola c'est un peu le bazar la base de ville ce coup là en tout cas et donc on a eu du temps à avoir un lit on a dormi une heure et tu repars et en fait tu vois quand t'as fait ça normalement à la fin de ton ultra tu vas te coucher tu manges avec ta famille tu discutes tu bois des bières tu vois et bah là non en fait t'as fini ta première journée ta première nuit et en fait tu dors une heure et hop tu repars pour la même journée et puis le soir tu vas arriver au refuge ça va être la même chose pour la nuit tu vois et ça s'enchaîne comme ça toute la semaine donc c'est oui si mentalement t'as pas envie de le faire tu le fais pas je

SPEAKER_00

pense

SPEAKER_02

quoi

SPEAKER_00

ouais Et l'abandon d'un de vous trois, vous l'aviez envisagé dans la phase de préparation

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, on en avait discuté. On avait essayé d'anticiper un petit peu. On ne l'espérait évidemment pas. On en avait parlé. On avait même dit que s'il y en avait deux qui abandonnaient, c'est-à-dire que s'il y en avait un qui abandonnait et puis après il y en avait un deuxième, que le troisième, il ne fallait pas qu'il y ait de scrupules. Même si on est disqualifié, c'est terminé, on a l'objet de le dossard, on le rend, etc. Mais nous, on avait défini entre nous qu'on a le droit de finir off. C'est une anecdote qu'on m'avait raconté pour un des gars qui l'avait déjà fait il m'avait dit que par exemple il y avait des gars qui avaient rendu leur dossard en milieu de course et pour montrer que c'est vraiment une course de montagnard les gars ils avaient rendu leur dossard et ils étaient partis faire un sommet tu vois au bout de 2-3 jours de course où t'es cramé etc tout le monde veut rentrer chez soi tu veux remonter dans la voiture et rentrer et ben non les gars ils étaient partis à 3 ils ont dit ouais c'est pas grave ils rendent leur dossard et ils partent faire un sommet et donc on s'était dit ben ouais tant pis allez si y'en a un qui est tout seul moi je m'étais dit si je suis tout seul je leur avais J'avais prévenu Louis et Thibaut. J'aurais dit que j'essayerais de terminer quand même parce que ce n'est pas sûr qu'on se représente un coup sur cette course-là. Je voulais terminer cette semaine. Finalement, il s'avère que pour l'histoire, on a abandonné. C'est assez bizarre. Le dimanche matin à 4h du matin, on n'a pas abandonné. On s'est fait arrêter parce que j'étais trop malade et je suis parti en hélicoptère pour avoir des problèmes pulmonaires. Thibaut était tout seul. Au début, on a dit que je vais Il dit, termine. Là, il ne restait rien. Il restait 30 kilomètres au col du Tricot. Pour ceux qui connaissent, c'est l'autoroute. C'est terminé de chez terminé. Plus après le sentier du TMB qui longe le fleuve. C'est vraiment terminé. Psychologiquement, on a lâché. On a lâché les deux. C'était fou parce que ça faisait 270 kilomètres. On était bien. On est arrêté. On était en train de courir au moment on se fait arrêter bref pour une autre histoire peut-être qu'on racontera après et au moment où on s'arrête je me rappelle que mon sac il est à 4-5 mètres de moi et tu vois on courait juste d'aller chercher mon sac à 5 mètres quand on avait décidé d'arrêter c'était difficile les jambes elles s'arrêtent complètement de fonctionner tout s'arrête et là Thibaut à ce moment-là lui je lui dis termine fais les 30 kilomètres qui restent et on se voit à Chamonix et il n'a même pas voulu les faire il ne pouvait plus les faire donc ça tu vois on l'avait quand même anticipé le fait d'abandonner et de voir comment on gérait mais tu vois on a c'était difficile de suivre un peu ce qu'on avait déterminé sachant qu'après il y avait aussi le matériel il faut se répartir le matériel en début parce qu'on a du matériel commun par exemple on a l'abri de survie il y en a un qui le porte il y en a un qui porte la balise GPS il y en a un qui a le GPS il y a du matériel qui est commun il y a du matériel qui est commun aux trois donc en fait on avait quand même aussi anticipé en disant attention si on abandonne restons lucides toi t'as tel matériel dans ton sac donc faudra bien qu'on le récupère et ainsi de suite on avait discuté de ça aussi mais de toute façon c'est sûr qu'on voulait limiter l'abandon on n'avait pas de rythme de course donc on avait dit on pousse comme je disais tout à l'heure les barrières horaires on finit à 3 tout ce qu'on peut faire l'objectif c'est de finir à 3 mais on n'a pas réussi

SPEAKER_00

malheureusement c'est fou l'anecdote que tu racontes sur le fait que d'un coup au moment où tu prends conscience que c'est fini faire 5 mètres de plus c'est une épreuve alors que 2 minutes avant tu cavalais

SPEAKER_02

c'est fou c'est le psychologique c'est on en parle souvent dans le milieu de ces courses là mais là il a un effet sur le corps c'est fou quoi de le vivre c'est fou quoi après c'est valable sur les courses des fois t'as vu tu finis ta course t'arrives sur la ligne je sais pas la ligne d'arrivée je sais pas moi le premier try que j'ai fait c'était un peu un défi un peu idiot d'ailleurs j'avais fait l'éco try à Paris et je l'avais fait en mode j'avais jamais fait une si grande distance et puis je me dis 80

SPEAKER_00

kilos il

SPEAKER_02

y avait 80 km c'est très roulant à l'époque je jouais au foot et au tennis puis après j'avais une période un peu sans sport où j'entraînais un peu plus au foot donc j'avais moins le temps et puis je m'étais dit il faut que je me lance un défi pour reprendre un peu l'activité sportive correctement et j'avais fait cette course là sans préparation et donc j'ai fini à mon rythme tranquillement vraiment je voulais juste terminer donc j'ai trottiné tout le long et je termine la course tu passes la ligne d'arrivée et après il fallait aller chercher mon sac de repli à 300 mètres j'arrivais même pas à y aller c'est le truc aller me le chercher je pouvais pas y aller alors que deux minutes avant je courais quoi alors après franchement j'ai pas fait le fait néant j'avais envie d'aller chercher mon sac mais je pouvais plus aller le chercher c'était la même chose bah en plus avoir la pétale c'était un autre niveau parce qu'il y avait la déception et tout mais c'était on était au refuge de donc au refuge de la balme au refuge de balme non je dis une bêtise bah bref le refuge qui est en le refuge qui est en bas ah moi je retrouve plus le nom bah qui est sur le sentier de la croix du bonhomme entre les comptes Tamine et la croix du bonhomme et le gardien avait laissé une salle ouverte d'ailleurs c'était très sympa de sa part et nous les filles nous attendaient ici en fait parce qu'on revenait dans la partie française donc sur le suivi il y avait la femme de Thibaut et une copine Marine qui était là et en fait elle nous attendait ici et dans cette salle là vraiment quand on s'assoit à aucun moment tu penses ne pas pouvoir te relever pour aller chez ton sac je vois cette image là du sac qui est à côté où je crois c'est Mélissa la femme de Thibaut qui a dû aller me le chercher c'était vraiment comique comme ça c'était un peu triste le moment

SPEAKER_00

mais après ça reste

SPEAKER_02

que du sport

SPEAKER_00

c'est pas très grand j'allais te le demander parce que ça fait plusieurs fois que tu nous l'avais déjà raconté en off quand on avait fait cette petite soirée avec Brice et Xavier pour que tu nous partages un peu des tips donc ça fait plusieurs fois que je t'entends raconter la phase de l'abandon et globalement ta course et ce que je trouve impressionnant c'est ta capacité en fait à finalement prendre du recul mais bon c'était l'année dernière, donc peut-être que tu l'as digéré depuis, mais ta capacité à raconter tout ça de façon assez détachée, alors qu'on voit très bien que tu es passionné, que c'est une course qui t'a

SPEAKER_02

marqué. Oui, c'est vrai. Tu vois, par exemple, je te disais, je ne me sentais pas légitime à parler de cette course-là, parce que je ne l'ai fait qu'une fois, et je pense qu'il y a plein de personnes plus légitimes que moi. Mais ce qui me poussait à dire que ça m'intéressait quand même de t'en parler, c'est que de parler de cette course-là, de parler de cette course, ça me fait plaisir. En fait, pendant 3-4 mois alors c'est pas à cause de l'abandon mais vu que contrairement à d'autres courses par exemple à la Diagonale quand tu finis à la Diagonale moi mes collègues du boulot par exemple je n'en avais pas parlé tu vois je fais pas de la publicité sur mes courses je fais ça pour moi donc je médiatise quasiment pas enfin voilà même pas du tout souvent c'est les copains qui font une page Facebook je sais pas quoi mais moi j'en parle pas et à la fin de la Diagonale ou du TMB les gens sont au courant ils viennent t'en parler alors c'est passé comment etc on a vu que t'étais à la Réunion et la PTL en fait personne connait donc tout le monde s'en fiche. Tu n'en parles, tu ne fais pas ça pour la gloire. Les gens ne comprennent pas, en plus, ceux qui n'ont pas vécu les choses. Pour eux, ça n'a pas trop de sens. Si tu n'es pas dans ce milieu-là, tu ne vois pas ce que ça représente. Puis même, en fait, finalement, de 50 kilomètres en une semaine, ce n'est pas si bien que ça. Puisque l'UTMB, moi, je l'ai fait en 33 heures. Finalement, 300 kilomètres, c'est le double. Pourquoi tu as mis autant de temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Les gens ne se rendent pas toujours compte. Donc, c'est vrai que moi je trouve que c'est une course c'est une course qui est tellement hors norme que moi jusqu'à Noël alors abandon ou pas j'y pensais tous les jours tous les jours jusqu'à Noël je passais pas une journée sans y penser avoir des flashs de la course c'est la première fois que ça me fait ça c'était hors norme c'est peut-être lié à l'abandon aussi au contexte de la course de la manière dont on a été arrêté on a été arrêté dans le sprint final à 30 km de l'arrivée sur une partie qu'on connait très bien sur la partie la moins technique de la course donc c'est sûr que ça a dû créer un peu tout ça mais au début de toute façon j'avais pas de déception parce que quand j'ai été arrêté donc pour raconter un peu vite fait l'histoire c'est pas la course qui nous arrête c'est que la femme ça faisait 3 jours que j'étais malade que je toussais et que je cherchais des solutions pour me soigner mais y'a pas de médecin sur la course y'a pas de suivi donc je demandais des conseils sur les bases de vie franchement j'essayais pas de m'échapper parce que j'ai vu qu'il y avait un souci et voilà je voulais des conseils donc en Italie j'ai tombé sur une infirmière italienne sympa qui essayait de me conseiller mais elle est pas médecin elle m'a pas ausculté il y avait une médecin Anne Charlotte je crois ou Marie Charlotte très sympa sur la deuxième base de vie mais qui n'avait pas son matériel elle n'était pas là pour ça elle était là pour faire les tests Covid donc nous par respect pour la course je fais un test Covid parce que je toussais depuis donc je lui fais un test et je lui dis qu'est-ce que t'en penses je tousse comme ça depuis 2-3 jours on n'avance plus du tout à la fin on avançait à 2,50 mètres heure en dénivelé c'est au col du mince au au col du petit Saint-Bernard il y avait des randonneurs c'était le samedi donc c'était une journée de randonnée et puis là-bas c'est un site qui est prisé des randonneurs et il y avait des randonneurs débutants qui me doublaient dans la montée même si ça faisait une semaine c'était comique on rigolait la première montée elle est facile en plus il y a 500 mètres vraiment facile sur un petit sentier vraiment très roulant et j'ai dû faire une pause ça faisait quand même 3 jours que ça allait de moins en moins bien donc je l'ai fait un peu vite je me suis mis à tousser dès le mercredi puis j'arrivais pas à me soigner j'ai pas vraiment au début j'ai cru que c'était une petite bronchite ou je sais pas quoi Et puis, en fait, en arrivant, Mélissa, elle est médecin, en fait, la femme de Thibaut. Elle était inquiète pour nous. Nous, on demandait des... Voilà, j'ai appelé mon médecin de famille pour savoir ce qu'il en pensait. Mais lui, il me dit, qu'est-ce que tu veux

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je ne peux pas te sculpter. Je ne sais pas ce que tu as, quoi. Donc, on tente deux, trois trucs avec la pharmacie, mais ça ne marche pas trop. Et puis, voilà. Mais bon, on a vu qu'on allait terminer dans les temps. Donc, on se dit, on va terminer. Et puis, moi, je me disais, j'avance plus, mais ça va, quoi. Voilà, j'étais obligé de m'arrêter, quoi. Je faisais 25, 30 pas dans les grosses montées et je m'arrêtais. Je reprenais mon souff basculer dans le classement, basculer dans le classement, quoi. Mais ça, c'était pas très grave. Et on a vu qu'on allait arriver, en fait, au refuge, là où on recroise les filles, en fait, elles m'auscultent. Et puis là, en m'auscultant, elles se rendent compte qu'elles me disent« Non, mais là, t'as 78 de saturation, t'as sacripité tout, t'as sûrement une embolie, c'est terminé.» Après, les deux filles, elles ont beaucoup de caractère, elles nous ont pas trop laissé le choix, j'avoue. On s'est isolés avec Thibaut, on s'est mis dans la salle, on a dit« Écoutez, les filles, c'est pas votre décision, c'est la nôtre.» Et puis, en fait, quand elle m'a donné les risques possibles au col du tricot elle m'a dit tu peux ne rien t'arriver mais tu peux faire une crise cardiaque faire une embolie faire un machin elle m'a sorti 3-4 trucs que t'as pas trop envie d'avoir et puis comme j'ai 2 enfants je suis marié j'avoue qu'il y a quelques années j'étais un peu plus idiot je pense que j'aurais terminé et puis là ça a impacté Thibaut mais la décision elle a été facile à prendre d'ailleurs elle s'est prise sans j'ai discuté avec Thibaut lui Thibaut c'était pire que ça lui il était triste il s'est dit mais qu'est-ce qu'on fait depuis 3 jours lui il a vu que ça faisait 3 jours que j'étais comme ça il me dit mais en fait on aurait dû arrêter avant c'est moi qui aurais dû prendre la décision donc en fait même lui il voulait arrêter aussi et puis finalement je suis parti même en hélicoptère avec le PGHM parce qu'elle a même pas voulu que je reparte en marchant ce qui était marrant c'était qu'on courait 5 minutes avant et donc voilà c'était la péripétie donc on a arrêté vraiment ceux qui connaissent vraiment à la fin c'était le sprint final donc ouais j'aurais pu alors j'avoue qu'après là je suis pas déçu mais au début j'étais pas déçu du tout parce que c'était un aléa après moi j'aime bien comprendre et essayer de voir aussi pourquoi ça m'est arrivé et comme j'ai pas trop trouvé de réponse et puis avec le temps c'est marrant c'est à l'inverse les premiers mois j'étais pas je pensais avoir pris la bonne décision après j'ai quand même eu une période en novembre décembre où je me suis dit attends la PTL d'être à 30 km de l'arrivée de cette PTL là ça va peut-être jamais m'arriver à nouveau malgré le fait que j'espère bien la refaire mais je me dis est-ce que c'était vraiment la bonne décision j'ai douté quoi j'ai eu une période en novembre décembre je doutais finalement de ma décision. Je me suis dit, ah, c'est quand même idiot. On était vraiment prêts, le risque était quand même faible. En fait, ça faisait trois jours que j'avais les mêmes symptômes et qu'on a fait le taoublon à 3004. Je t'avoue que je ne suis pas passé par des moments où c'était épique. Je titubais, je n'avais rien à faire là-bas, clairement, au-dessus d'un moment. Mais vu que pour moi, c'était banal ce que j'avais. En fait, moi, je ne touche jamais. Donc là, pour moi, je me suis dit, tiens, ce qu'on débranchit, ça doit être ça. Je ne me suis pas dit que c'était grave. Si j'avais su que c'était grave, d'ailleurs, j'aurais arrêté avant parce que je ne suis Je ne suis pas jusqu'au boutiste là-dessus. Elle a pris la décision pour nous en arrivant. Souvent, je me dis que c'est dommage si la femme de Thibault, si elle était boulangère ou agricultrice ou à faire un autre métier, on serait arrivé au bout. Je me dis souvent que c'est une bêtise. D'ailleurs, on en a reparlé ensemble. On a fait un petit repas de fin de PTL. On a mis du temps à en rediscuter avec Thibault. On ne s'est appelé qu'en janvier pour débriefer la course. C'est marrant, mais pas aussi parce que tu as après, tu reprends ta vie, il y a le boulot, etc. Et puis, lui, il travaille en Suisse, donc on ne se voit pas si souvent que ça. Et toi, on a mis du temps. Par contre, on a passé deux heures au téléphone. C'était beau, c'était un bon moment. Puis avec mon cousin, on en parle souvent, mais mon cousin, c'est vrai qu'il a fait quand même une grosse journée, une nuit. On voit bien qu'il n'a pas vécu la semaine, on n'a pas les mêmes échanges. Après, pour revenir à ta question sur la passion et tout, malgré la difficulté, après, c'est peut-être aussi C'est pour ça que je pense qu'à cette course, c'est que j'ai envie d'y retourner rapidement.

SPEAKER_00

Tu parlais des flashs que tu as eus pendant un moment, des souvenirs qui revenaient de la course. C'est quoi peut-être les 2-3 moments très forts qui t'ont

SPEAKER_02

marqué

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Après, je suis peut-être un peu influencé par un message de Thibaut cette semaine, parce que cette semaine, il m'a envoyé une photo. On est passé au col de la Grande Cessière, je crois que ça se dit, juste avant de basculer de l'Italie… Il y a un petit passage, on revient en France avant de repartir en Italie. Et ce passage-là, en fait, c'était jeudi soir. Et en fait, je n'étais pas bien depuis le mercredi. J'ai commencé à être malade le mercredi dans la nuit et ça s'est dégradé. Et en fait, le jeudi après-midi, j'ai eu une période. Alors, j'ai tenté de prendre un antibiotique à ce moment-là, la moxicilline, parce qu'on m'avait conseillé, un médecin. Donc, j'ai tenté. Je n'en avais pas beaucoup. J'en avais trois, j'en ai pris un. Et ça allait mieux le jeudi après-midi. Donc, en fait, l'après-midi, c'est bien passé. Il faisait beau. Et au moment du coucher du soleil, on s'est retrouvés à Scola après qu'on passe sur le dernier glacier de la course je crois oui c'est le dernier glacier de la course parce qu'on en fait 4-5 dans la course c'est les glaciers avec les mini crampons et tout et donc voilà ils avaient posé une corde et on se retrouve au col là bon Thibaut il est plus vite que moi évidemment déjà il va plus vite que moi quand je suis pas malade donc là quand je suis malade je t'explique pas donc lui il m'attend il m'attend au-dessus comme ça je le vois assis au-dessus et on arrive au-dessus on a une vue magnifique en bas il y a le refuge du Ruitor c'était une vue magnifique à ce moment-là c'était un moment vraiment très très sympa et au bout de tu vois avec les galères et tout c'était un moment vraiment spécial et après c'est sûr qu'il y a un autre moment il y a eu deux nuits quand même la nuit du mercredi soir et du jeudi soir qui sont des nuits très très difficiles la nuit du mercredi soir on monte le Taou Blanc il faisait hyper froid ils ont aménagé ils ont mis une main courante il y a un guide même qui est dans la montée parce que le Taou Blanc il est à 3480 il devait faire au moins 10 et puis moi je faisais que de tousser que de tousser au dessus je titubais ça a duré au moins une heure franchement maintenant que je sais ce que j'avais finalement le diagnostic c'est que j'ai pas eu une embolie j'ai eu une pneumonie normale ils appellent ça une pneumonie banale et donc j'étais là-bas et je titubais et tout j'étais vraiment pas bien et quand j'y repense ça me met un peu des frissons mais sur le moment je l'ai pas mal vécu je me disais juste que bah ouais t'es cuit parce que la course elle est difficile c'est tout en fait à un moment j'ai pas eu l'impression c'est pour ça qu'en termes de lucidité Thibaut et moi on en a reparlé après on est pas lucide à un moment quand on voit que nos allures elles chutent ça divisé par deux que moi je dois faire trente pas m'arrêter trente pas m'arrêter c'est que et quand on y repense maintenant on dit mais vous étiez enfin les gens ils disent mais tu avais bien compris qu'il y avait un problème quand même je me disais que la course c'était dur et donc ouais ce moment là ça m'a marqué puis la deuxième nuit le jeudi soir c'est le mont valaisan ça s'appelle à peu près enfin non comme ça il y a plusieurs monts et donc là on ressort du refuge du ruythor où un moment très sympa le mec du refuge il ferme son refuge à 21h et on arrive à 20h30 au moment mange après il nous propose donc on a juste le temps de manger donc il ferme à peine plus tard et bien sympa et puis il nous dit allez j'ai une tente si vous voulez qui est dispo là mettez vous dedans tu parles enfin de PTL si t'as un abri et que tu dors pas dans l'herbe c'est génial quoi donc tu vois même d'ailleurs au plan du glacier aussi on nous a proposé un moment de dormir à l'intérieur c'est là où on voit la solidarité qui est en montagne tu vois lui d'habitude il l'éloue ses tentes et là il nous dit allez vous foutre 20 minutes dedans donc on dort un petit coup et on repart et franchement on avait vécu un des meilleurs moments de la PTL avec le coucher de soleil juste avant et là franchement la nuit elle a été d'ailleurs on voudrait y retourner parce que c'était ultra difficile périr toute la nuit avec même au niveau de l'orientation c'était compliqué et j'avançais plus du tout et Thibaut il faisait que de m'attendre même pour lui c'était une journée horrible une nuit horrible et en fait j'ai l'impression que la montagne peut-être dans mes écrits c'est ce que j'avais mis mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti j'ai l'impression que la montagne elle m'a avalé elle m'a recraché le lendemain matin c'est C'est-à-dire que j'ai fini mes lessivés au col du Petit Saint-Bernard. Il fallait monter. Pour aller manger, il fallait monter les escaliers. Je ne pouvais même pas aller monter d'une traite. Je faisais 20 marches, je m'arrêtais, 20 marches, je m'arrêtais. Cette nuit-là, elle était… Donc là, ces deux moments-là ont été des moments très, très difficiles. Mais après, par contre, il y a plein de bons moments parce que le moment où on a compris aussi qu'on était sûr de finir, c'était à la Croix du Bonhomme. J'avais fini la dernière montée avant le col du Tricot que je connais bien. Et on a vu qu'au niveau du timing, ça allait passer. Et on a eu un petit doute quand même au Petit Saint-Bernard j'ai eu un moment vraiment le seul moment où j'ai pleuré vraiment j'étais triste et je me suis mis à pleurer d'ailleurs c'est en repartant du petit Saint Bernard parce que j'ai vu que malgré la pause qu'on avait fait de 2-3 heures j'avais pas du tout récupéré j'avançais plus du tout et donc là ça m'a pesé je me dis putain je rêvais de cette course ça fait 4 jours que je galère et j'aurais voulu vivre un peu quelque chose de différent et le seul moment où j'ai été vraiment frustré et que ça m'a frustré c'est ce moment là parce que tout le reste du temps je me disais j'avance moins vite c'est pas grave et en fait là au dessus au col on a compris qu'on avait terminé la course on était sûr de la terminer quoi on a vu que même en marchant doucement on allait terminer avec nos allures et donc là c'était un autre moment quand même qui était très sympa quoi et puis ouais ça fait 5 trucs que je te dis et puis le premier aussi le départ et puis la première journée à 3 tu vois c'est le moment où on a pris plus de photos et de vidéos on en fait pas beaucoup mais on a une petite vidéo où on est les 3 tu vois on est tout content c'est le premier soir on a déjà fait une belle journée on est déjà monté à la pointe de Beauvaire et tout on est redescendu on a déjà fait 2-3 000 au col du Cologne puis là on est sur un petit Glacier c'est le nom du glacier c'est le glacier de grand désert je crois et tu vois là c'est un super moment on était les trois donc ouais c'est quand même des moments qui étaient super sympas c'est des moments épiques dans les flashs que j'ai c'est souvent ces moments là auxquels je pense

SPEAKER_00

c'est vrai franchement j'ai plein d'autres questions mais là je rebondis sur ce que tu viens de dire c'est vraiment impressionnant je trouve la capacité que tu as eu tu vois enfin je pense c'est difficile de l'imaginer mais être dans le dur pendant plusieurs jours et continuer à fournir un effort physique enfin même s'il n'est pas qui n'est pas super intense dans le sens c'est pas un sprint mais qui demande quand même énormément d'endurance et de lucidité je trouve ça quand même assez fou tu vois parce que tu avais accumulé la fatigue d'avant tu as la frustration qui arrive parce qu'il y a un abandon, vous n'allez pas au rythme que vous aviez imaginé, toi ça ne va pas, tu n'arrives pas à comprendre où ça vient, et malgré ça, tu dis que tu passes plusieurs jours encore sur l'épreuve, et franchement, je trouve ça dingue, parce que moi, ça m'est déjà arrivé d'avoir des moments un peu down, soit sur des courses, mais à la journée, même pas à la journée, c'était des courses de 4 heures, le marathon du Lardin, j'ai mis 4h30, et j'étais dans le dur pendant 2h, et c'était déjà horrible, donc là, d'entendre tu vois ton récit où t'as passé des journées entières des nuits entières en galère à tituber à 3004 et que malgré ça t'es à continuer enfin franchement c'est hallucinant

SPEAKER_02

je trouve ouais ouais mais c'est vrai que c'est étonnant quand on en reparlait avec Thibaut et tout on en tu vois c'était quand on échangeait c'est on avait à peu près le même sentiment mais c'est vrai qu'en fait l'espace-temps tu vois c'est pas le même tu vois souvent quand tu enfin le temps je veux dire le temps il est relatif parce que tu vois quand on fait des fois moi je fais des petits formats tu vois bah là samedi je vais faire une course de 12 kilomètres tu vois je vais des fois je fais des plus petits formats ou je trouve que des fois, mentalement, c'est bien aussi difficile. C'est difficile, c'est très court, mais tu es en difficulté tout le long. Tu es mal tout le long, tu es au rupteur tout le long, tu cherches la limite. En termes de plaisir, c'est très court, mais c'est très difficile. Je trouve que là, vu que le temps à la pétale est extrêmement long, tu ne vis pas les choses de la même manière. C'est plus lent, mais à la fin, tu arrives à supporter les choses plus longtemps, mais sur une petite course, ils n'auraient peut-être pas supporté de la même manière. C'est bizarre, je ne sais pas si tu m'exprimes bien, mais toi, tu ne vis pas les choses de la même manière. Et tu vois, moi, j'aime bien les récits d'aventuriers. Des fois, quand je lis, par exemple, les récits de Moitessier, Mike Horn, etc., des fois, tu vois, pendant 6-7 jours, il n'arrive pas à s'alimenter. Toi, tu dis, mais attends, 6-7 jours, tu imagines ce que ça fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est clair. Et lui, il raconte qu'il ne peut pas poser sa tente parce qu'il faisait trop froid, etc. Et tu dis, mais attends, mais en fait, il le décrive bien. C'est vrai qu'en fait, le temps, il est vraiment relatif. Et là, c'est tellement long que... ouais tu tout va plus lentement mais ouais c'est vrai que t'acceptes une situation qui est c'est vrai que quand on le dit comme ça on se dit ouais pourquoi ça pourquoi on a accepté ça aussi longtemps mais en fait pareil moi en fait j'avançais plus mais j'étais pas j'avais pas de souffrance toi peut-être que si j'avais eu des douleurs toi c'est par exemple si j'avais une une douleur je sais pas musculaire ou un truc vraiment qui m'embêtait mais j'avais pas ça c'est juste que j'avançais plus et j'étais très essoufflé quoi j'étais comme si comme si ouais quand t'es essoufflé mais en permanence quoi c'était un peu mais par contre j'avais pas de douleur particulière pareil sur la motricité c'est intéressant parce que moi des fois j'ai rarement des ampoules j'ai pas trop de problèmes de pied mais j'ai quelques ampoules sur les ultras sur les courses sur tous les formats qu'on peut faire en ski de fond j'ai 2-3 ampoules en ski de rando j'en ai souvent et j'ai des échauffements aussi souvent pas mal d'échauffements des petits soucis comme ça et là sur la pétale j'en ai eu aucun j'ai pas eu une ampoule j'ai fini si j'avais pas eu la pneumonie le lundi j'étais chez moi j'avais même pas une courbature j'avais rien du tout quoi c'est tellement différent, c'est vraiment une randonnée une randonnée très très longue alors après par contre je t'explique pas j'ai eu des problèmes qui arrivent après tu vois j'ai eu des fourmis dans un pied pendant 3 semaines moi je chope souvent des aftes j'ai souvent des aftes à la fin des grosses courses tu vois que le corps quand même c'est pas non plus hyper sain moi je suis prof de PS et je milite pour l'activité physique mais je suis persuadé que c'est pas non plus très très bon à la santé de faire ce genre de choses, c'est très bon pour mon psychologique en tout cas et C'est une chose qui me tient en éveil, qui me... qui me rend heureux de participer, de faire ce genre de choses. Par contre, en termes de bien-être, je ne sais pas. Un médecin en parlerait mieux que moi. J'ai eu quand même eu, après trois semaines, un mois, en plus des soins, parce que la pneumonie, j'ai dû retourner aux urgences une semaine après parce que j'avais des analyses qui n'étaient pas très bonnes. J'ai eu peur à un moment que j'ai des séquelles. C'était ma hantise. Je me dis, en plus d'avoir abandonné, ça se trouve que je vais avoir des séquelles au niveau pulmonaire. En fait, pas du tout. J'ai bien respecté la récupération. Finalement, j'ai vachement bien récupéré j'ai à peu près les mêmes temps qu'avant c'est pas brillant

SPEAKER_00

mais ça marche ça marche Sébastien Gérard qui me disait que lui il a mis un mois à retrouver un sommeil à peu près normal parce que pareil tu vois t'en as parlé on a balayé un petit peu rapidement mais moi c'est vraiment un des points qui me qui me terrorise c'est peut-être un peu fort mais où je me pose beaucoup de questions tu vois c'est la gestion du sommeil j'ai jamais fait 3 enfin 4 heures de sommeil en 4 jours tu vois je

SPEAKER_02

crois que personne n'a jamais fait ça avant de faire la course ou si si les méga stars qui font ça en permanence mais oui c'est vrai que c'est un aspect un peu nouveau c'est un vrai paramètre à gérer sur la course en tout cas c'est un vrai paramètre à gérer après voilà c'est sûr que moi comme j'étais malade je savais que j'ai pas eu de problème déjà je dors très bien en général je dors très facilement un peu partout je me suis déjà entraîné et puis déjà j'avais fait pas mal de nuits dehors comme je disais tout à l'heure je suis parti au Groenland en Islande un peu sous ces formats là avec des copains qui eux faisaient ça régulièrement et moi j'avais pas du tout cette habitude là je connaissais pas donc tu vois il y a quand même des choses sur la manière de gérer bah rien à voir mais sur la manière de faire son sac sur la manière de comment tu poses ton matelas à quel endroit tu le poses donc là où dormir à quel moment dormir tu vois et j'ai pris quelques compétences comme ça moi je suis pas non plus je dors pas tous les soirs dehors loin de là je suis pas une star sur ce point là mais en tout cas j'ai pas trop de problèmes de sommeil mais alors là je t'avoue qu'avec la maladie c'était presque risible j'ai dormi à des endroits donc ouais Thibaut en cumulé, j'ai dû dormir 12-13 heures et lui, il a dormi 8 heures. Ça veut dire que pendant 4-5 heures, il me regardait dormir. Je faisais des micro-siestes. À un moment, je devais dormir. En fait, je faisais plein de micro-siestes parce que de toute façon, je faisais 200-300 mètres de dénivelé et j'étais cramé. Donc, j'étais obligé de dormir. Donc, je faisais 10 minutes et il me réveillait. Et lui, pendant 10 minutes, il n'arrivait pas à s'endormir. Sauf que moi, j'étais capable de m'endormir. Au moment où je lui demandais de m'arrêter, c'est vraiment que je ne pouvais plus du tout. Physiquement, au niveau du sommeil, j'ai dormi sur un rocher, j'ai dormi sur un... Il y a une l'endroit, il a pris une photo où je dors sur un rocher. Si j'y retournais maintenant, je ne dormirais jamais dessus. C'était le jeudi soir dans la nuit. C'était une nuit que je racontais tout à l'heure horrible. Horrible et finalement assez épique. Maintenant, ça me donne le sourire d'y repenser. Je trouve ça marrant de vivre ça. Là, c'est sûr que je dormais un peu n'importe où. Après, il y a des équipes qui gèrent bien ça. Au début, on avait dit qu'on ne dort que dans les refuges. On avait fixé un programme surtout en début de semaine. Après, sur le reste de la semaine tu subis un peu de toute façon tu fais un peu au mieux en fonction de tes camarades mais en début on avait dit qu'est-ce qu'on fait est-ce qu'on fait une nuit blanche la première nuit et on attend la deuxième nuit au refuge suivant pour faire un peu comme sur les ultras sur les ultras moi sur deux jours je ne dors pas mais si j'avais fait une micro sieste et donc on avait dit bon bah allez on attend la deuxième nuit pour dormir et puis finalement on nous avait conseillé quand même que la course était longue et vu que nous nos allures étaient assez suffisantes pour ne pas être embêtés par les barrières de faire une petite sieste à la première base de vie à Rola le mardi matin. C'est ce qu'on a fait. En plus, le cousin n'allait pas bien. On l'a poussé un peu, cette sieste. On avait fait ce choix-là. Il y en a qui font un choix différent. Il y en a qui disent qu'on fait une nuit blanche et on dort après. Après, micro-sieste, mais il y en a qui gèrent bien. On les a vus. Souvent, on faisait des siestes quand on était fatigué, genre la nuit. Sauf que le défaut de ça, c'est que tu as froid, donc il faut t'habiller correctement. D'ailleurs, c'est peut-être pour ça que j'étais malade. On n'a pas... On n'a pas trop de réponses. Et en fait, il y en a qui dormaient la journée. Ils faisaient une sieste, par exemple, après leur repas du midi. Parce que nous, on respecte quand même les horaires des repas. Nous, on a essayé quand même de respecter, pour garder un rythme biologique logique, c'est de respecter à peu près les horaires des repas. Donc, on pourrait considérer que si le mardi midi, par exemple, tu fais un bon repas dans un refuge, après, il y a des gars qui se posaient dans l'herbe, au soleil, parce qu'on a eu une bonne météo sur la semaine. On a eu de la chance. On a eu de la chance d'avoir vraiment une météo qui était très honorable, à part qu'il faisait froid la nuit. ce qui est plutôt normal en montagne même en août et en fait il y en a qui dormaient dans les talus et tout je pense peut-être si c'était à refaire on ferait peut-être plus comme ça parce que nous on attendait d'être fatigué la nuit et là les nuits les siestes sont un peu plus inconfortables

SPEAKER_00

c'est ce qu'on a imaginé dormir plutôt en journée pour éviter les gros écarts de température et rester actif la nuit s'il fait frais mais ouais je t'avoue que le point des micro-siestes enfin on verra comment ça se passe mais moi ça me semble être un peu la clé, tu vois, au final. Et donc, je sais qu'on le disait, tu vois, personne n'est habitué à ça. Moi, je suis quand même allé poser des questions, comme sur le podcast, j'ai eu la chance d'avoir plusieurs commandos marines. Eux, ils sont vachement habitués à ce genre d'exercice, parce qu'en fait, quand ils partent en mission, ils ne savent pas combien de temps ça dure. Généralement, ils ne savent même pas trop où ils vont jusqu'au dernier moment. Ils ne savent pas s'ils pourront se reposer, s'ils pourront se relayer, etc. Donc, en fait, ils m'expliquaient qu'ils sont connus pour ça, les commandos. c'est à dire qu'ils ont 20 minutes de battement entre deux transferts les mecs ils s'endorment en 30 secondes à la demande et ils s'entraînent aussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais ouais en fait ils font des techniques tu vois de cohérence cardiaque de respiration de relâchement musculaire etc et ouais ils s'entraînent bon après la particularité de leur sélection c'est que le stage il dure 9 semaines bon là on fait une petite parenthèse mais tant pis le stage dure 9 semaines et ils dorment à peu près 4-5 heures par semaine De suite, ils sont mis dans le bain. Ils sont tout le temps mouillés. C'est tellement intense qu'en fait, biologiquement, ils s'endorment très rapidement. Il y en a un qui me disait qu'une fois qu'il s'est endormi, il avait une narine dans une flaque d'eau.

SPEAKER_01

C'est

SPEAKER_02

intéressant de s'inspirer de leur technique parce que c'est exactement ce qu'il faudrait arriver à faire à la PTF. C'est intéressant. Après, c'est vrai qu'il y en a qui ont plus de facilité que d'autres par rapport à ça voilà après nous malheureusement on était pas moi j'ai la chance de pas avoir trop de problèmes pour trouver le sommeil en général Thibaut était un peu plus inquiet mais tu vois Thibaut il s'est bien adapté il a dormi 8h franchement il était d'une sérénité il avait quasiment jamais sommeil alors que lui on était plus inquiet on pensait que ça allait être ça son problème parce qu'à l'entraînement s'il avait un talon d'Achille en tout cas c'était ça c'était qu'à l'entraînement il avait plus de mal dans la il se plaignait plus du sommeil de la fatigue etc aussi parce que bon il a beaucoup de boulot et puis voilà il on avait des inquiétudes par rapport à ça il a très très bien géré donc c'est vrai que c'est difficile à dire avant de vivre là lui en tout cas il n'y a pas eu de problème alors qu'on pensait plutôt que c'était moi qui allais avoir aucun problème et finalement c'est moi qui ai le

SPEAKER_00

plus dormi tu vois c'est peut-être que tout est bien écoute on verra mais ouais moi c'est peut-être un des points il y avait le point de l'accès à l'eau mais bon tu nous as rassuré là-dessus et c'est vrai que ce week-end enfin le week-end à Cham là on l'a vu franchement il y a de l'eau partout donc ça c'est cool mais bon j'ai quand même en permanence mes deux litres et quelques sur moi parce que je bois comme C'est un truc de fou. Mais l'autre point, c'est vraiment le sommeil. Donc,

SPEAKER_02

écoute. Après, pour l'eau, Loïc, de toute façon, je pense que vous avez vu aussi avec Sébastien, mais c'est vrai que l'avantage de ces montagnes-là, c'est qu'il y a de l'eau quasiment partout. Après, il faudra faire attention au mois d'août. S'il y a eu deux mois de sécheresse, il faut être vigilant quand même. Peut-être que vous allez devoir être plus vigilant que nous, on a été, parce que nous, il y avait de l'eau partout. En plus des refuges, on croise quand même beaucoup de refuges, de bases de vie. Donc, on n'a vraiment pas eu on n'a pas de problème de gestion de l'eau après nous on emmène toujours moi de toute façon j'ai toujours des pastilles je l'emmène toujours des pastilles au cas où tu vois des pastilles pour filtrer l'eau au cas où il y a des gourdes qui se font il y a des choses un peu différentes mais c'est vrai que non c'est pas un point assez difficile à gérer un peu comme la bouffe finalement parce que le sac de repli qui te suit sur les deux bases de vie tu peux recharger toute la bouffe que tu emmènes puis t'es quand même deux ou trois donc imagine si il y en a un des deux ou des trois qui n'a plus d'eau l'autre il en a. C'est ça l'avantage aussi d'être en collectif. Tu as moins de pression quand tu es tout seul. Quand tu fais des trucs tout seul, tu as intérêt à tout avoir sur toi. Là, comme tu es plusieurs, c'est quand même plus facile. Du moins, je trouve. Tu te retrouves rarement dans une position où plus personne n'a d'eau, plus personne n'a à manger. Mais bon, il faudra peut-être être vigilant par rapport à... Là, ils annoncent un été assez chaud. On va voir pour toi.

SPEAKER_00

Je vois qu'il fait déjà 38 degrés demain à Aix en plein mois de juin, mi-juin.

SPEAKER_02

Vous allez avoir une pété

SPEAKER_03

les piques Loïc il

SPEAKER_00

va pouvoir nous raconter des choses exceptionnelles ouais en parlant des piques tu vois sur ces 4 jours de week-end choc là on a eu je t'en parlais en off avant qu'on commence on a eu une journée au côté météo c'était un peu dantesque des vents à 135 km heure pluie grêle et on était dehors à ce moment là alors toi je sais que tu disais que vous n'avez pas eu de mauvais temps sur ton édition mais j'imagine que ça t'est déjà arrivé sur d'autres courses d'autres sorties d'autres événements expé comment est-ce que typiquement comment est-ce que vous auriez géré ou comment est-ce que toi tu gères ce genre enfin l'aléa climatique est-ce que tu anticipes vachement ou tu vois nous par exemple on s'est couvert on a mis les habits de pluie ils grêlaient déjà quoi donc on était déjà tous

SPEAKER_02

trempés trop tard quoi trop tard après moi c'est vraiment de toute façon quasiment tout ce que je fais maintenant c'est des gens qui me l'ont transmis donc c'est des conseils que les gars de chez moi qui sont plus anciens dans ces sports là m'ont conseillé de faire moi le premier ultra que j'ai fait j'avais fait le premier vrai ultra vraiment en montagne que j'ai fait c'est si on peut considérer c'est la TDS et le conseil que m'avait donné Bino qui est un gars de chez nous qui organise le trail de Bollodalen qui est un gars qui est vraiment très impliqué dans le trail et il m'avait dit en gros habille-toi avant d'avoir froid et déshabille-toi avant d'avoir chaud et soigne-toi avant d'avoir mal et moi c'est sûr que cette règle-là je l'ai toujours respectée si j'ai un échauffement par exemple à une ampoule et que le refuge il est dans 5 kilomètres tu vas me voir au milieu du sentier, je vais laisser 100 personnes passer devant moi, c'est ce qui s'est passé à l'UTMB, mais mon ampoule, je la sonne tout de suite. Je n'attends pas le refuge. S'il faut mettre la veste, s'arrêter et accepter qu'il y ait 30 personnes qui passent devant, je m'en fiche. Je le fais avant. C'est sûr que nous, par exemple, sur la Pétale, on a eu une heure à peu près d'un petit orage, une espèce de pluie assez importante avec de la grêle. Très rapidement, on s'est habillé avant. On a anticipé pour ne pas être mouillé. Dans nos sacs, on a protégé ce qu'il y avait dans nos sacs. Ça, je l'ai beaucoup appris en fait en baroud avec les copains dont je parlais tout à l'heure là au Groenland et en Islande sur la gestion des affaires importantes il y a des affaires que tu dois avoir absolument sec et c'est très très important bon les pieds c'est plus difficile mais moi j'ai pas trop de problèmes mais il y en a même pour qui les pieds c'est un voilà il faut que les pieds restent au sec pour pas avoir d'ampoule pour pas avoir de problème et donc voilà en baroud ils disent en gros tes journées soit tu les passes dans tes baskets soit tu les passes dans ton sac de couchage donc en gros il faut que ces deux choses là pour en prendre très très soin bon après nous on a pété les baskets c'est difficile de le faire ça s'il pleut de toute façon t'as pas le choix et puis le sac de couchage on en a pas mais en tout cas les affaires de rechange que t'as dans ton sac ils sont quand même bah voilà tu dois quand même les protéger donc bah je sais que tu le fais mais on met des sacs poubelle dans les sacs on a moi j'ai on a des grands ponchos qui prennent le sac plus le et donc là ouais sur la course on les a sortis assez tôt mais ça empêche pas tu vois de faire des petites bêtises sur il y a un décolle avant le taou blanc là où avec Thibaut il commence à faire froid on dit allez viens on se change ça va attends viens on se change au dessus de la montée on arrive au dessus sur la crête et on décide de changer sur la crête on aurait dit deux débutants on était en plein froid on se cache derrière un rocher ça ne marchait pas du tout tu mets du temps à te changer tu mets un collant en dessous c'est la première fois j'emmène toujours les affaires obligatoires il n'y a pas de choix sur les courses mais je n'ai jamais mis de collant je mets toujours un short je n'ai jamais mis de collant là sur la PTL entre 0 et moins 10 toute la nuit je peux te dire que j'ai mis toutes les couches que j'avais acheté jusqu'à maintenant il n'y avait plus rien dans le sac et pourtant je ne suis pas frileux on avait même les et tous les gants jamais d'habitude s'il fait pas moins de moins de moins de moins 5-10 même au ski de rando et tout c'est rare je mette des gants et là on avait tous les gants les bonnets les tout ce qu'on avait dans le sac on avait sur nous donc c'est sûr et là tu vois ce coup là on change au dessus au col les dons s'est regardé on a rigolé on est vraiment deux idiots c'est faut jamais changer sur une crête tout le monde c'est ça donc toi ça empêche pas de le faire même si on a un peu l'habitude par un peu je mets des guillemets et on attend on a quand même fait l'erreur mais oui en tout cas faut c'est C'est une gestion, sur la pluie et tout, c'est la météo. Moi, je sais que plusieurs fois sur la course, je me suis dit, toujours, jusqu'à maintenant, tout ce que j'ai fait, je me suis dit, c'est faisable. Il n'y a pas un moment sur, je ne sais pas, je vais prendre d'autres exemples de course, mais tu sais, j'ai fait l'endurance try des Templiers. Et sur la course, il n'y a aucun moment où je me dis, qu'est-ce que je fais là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je n'ai rien à faire là. Est-ce que c'est faisable

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si la météo n'est pas bonne, je me dis que je vais le finir, tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

À chaque fois, je suis confiant. Je me prépare pour ça et je me sens prêt à le faire. Je n'ai pas une grosse confiance en moi dans la vie de tous les jours, mais quand je fais des épreuves sportives, j'ai confiance en moi en général. Si je me présente, c'est que je me sens capable de le faire. Et là, la PTL, je me rappelle, le mardi, je me fais une réflexion. Je me dis, vu le parcours et les sentiers que c'était, je me disais, tiens, est-ce que c'est faisable de faire le même parcours s'il n'y avait plus tout le long

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je n'ai pas la réponse. Je ne suis pas sûr. Après, si c'est le cas, je pense qu'ils sortent les parcours de repli, mais je ne suis pas sûr d'être capable de faire cette PTL si on prend la pluie tout le long parce que c'est vraiment voilà après voilà comme je dis il y a les parcours de repli je pense en tout cas ça amène un autre engagement après j'avais traversé j'avais des questions notamment par rapport au début avant que quand je me suis lancé là-dedans sur les orages et choses comme ça donc évidemment les règles classiques d'éviter les crêtes de ne pas être sur les sommets au moment où il y a les orages et tout on avait quand même anticipé ça on en avait parlé avec les autres mais bon si c'est de la pluie normale de toute façon il n'y a pas le choix il faut avancer tu vois pas si c'est un orage ponctuel comme vous avez eu ce week-end par exemple un énorme truc bah là faut te protéger donc là on a l'abri de survie au cas où et puis moi je sais quand je monte quand je regarde mais ça c'est un peu l'habitude de la montagne l'hiver c'est que j'essaie de voir un peu tu sais quand il y a du brouillard et tout quand vraiment t'es dans une mauvaise posture même si t'as le GPS pour l'orientation j'anticipe en essayant de regarder un peu s'il y a des points dans la montagne où on peut se mettre à l'abri tu vois et donc sur la donc des fois je regarde et je sais que j'avais fait le GR20 il y a un peu tout seul il y a quelques uns en préparation et tout c'était un défi que je voulais faire l'année de l'UTME j'ai fait ça et en fait tu vois je regardais un peu à un moment j'ai pris des orages à un moment je regardais bah tiens à ce moment là où c'est que je peux me protéger s'il y a vraiment un gros problème etc et j'avais rencontré un guide là-bas je lui avais demandé bah tiens vous faites comment avec les orages et le guide corse qui était très sympa il m'avait dit tu fais rien t'avances j'avais trouvé ça marrant il m'a dit juste tu ranges tes bâtons bon donc j'appliquerai cette règle là mais en tout cas si l'orage est trop gros faut te protéger mais ouais il faut essayer de pas trop rester tu es sur les crêtes et en plus il y a une histoire il ne faut pas se déplacer le déplacement crée justement les phénomènes électriques donc ils disent qu'il faut marcher et si possible si vraiment c'est grave et que ça se rapproche il faut se mettre sur son sac mais si tu es dans cette posture-là c'est que tu as mal géré avant et finalement tu as la pétale quand même c'est rare que tu restes pas trop sur les crêtes souvent c'est que tu bascules tu passes des cols et tu bascules de l'autre côté donc voilà sur le parcours qu'on a eu en tout

SPEAKER_00

cas ouais ouais ok et peut-être dernier point tu vois tu as parlé plusieurs fois de lucidité et tu nous expliquais que dans votre cas il y avait un chef de groupe qui était aussi celui qui gérait la navigation l'orientation au bout du quatrième cinquième potentiellement sixième jour avec seulement une heure de sommeil par jour la fatigue cumulée et tout vous étiez vigilant du coup sur cet aspect de la lucidité est-ce que vous aviez des indicateurs que vous surveillez est-ce que vous faisiez gaffe l'un à l'autre comment vous aviez

SPEAKER_02

anticipé ça alors en fait on avait on avait défini au départ que on a tous moi j'en avais pas au départ je suis pas trop connecté moi donc j'avais pas de montre de montre GPS et tout mais eux ils avaient déjà des montres GPS donc en fait c'est quand même l'outil principal le GPS c'est vraiment pour sécuriser si vraiment on a un doute à un endroit parce que ça capte mieux mais en fait le tracé est mis sur les montres et en fait on suit la montre on nous avait conseillé de faire ça et c'est vraiment le plus efficace après comme garde-fou on avait Iphigeny moi j'utilise l'application sur mon smartphone que j'aime bien donc qui permet de séparer si un moment on sort vraiment trop de la trace les mondes gps souvent elles ont du mal à la retrouver donc il faut avoir un bon qu'on a le road book avec les cartes donc là le road book c'est obligatoire t'as obligé de l'emmener et bon j'avoue qu'on l'a pas assez utilisé voire pas ouais enfin peu utilisé voire pas assez peut-être parce que pour analyser le terrain et des mots on aurait peut-être dû plus le regarder en tout cas pour l'orientation on utilisait le gps et puis le ifi génie au cas où mais franchement on les a quasiment pas sorti on les a pas sorti parce que thibault était vraiment très très à l'aise par rapport à d'autres équipes normalement ils la nuit je racontais tout à l'heure la nuit du jeudi soir avant d'arriver au col du petit Saint Bernard il y avait des Italiens des Italiens qui étaient avec nous non des Espagnols pardon il y avait des Espagnols qui étaient avec nous et eux ils ont jardiné toute la nuit moi je n'avançais pas du tout on a fini ensemble le lendemain ils ont passé la même nuit que nous alors qu'eux évidemment ils avançaient beaucoup plus vite mais ils ont tellement jardiné ils sont tellement perdus qu'à la fin ils ont dû terminer avec nous c'est Thibaut qui a fait l'orientation pour les deux équipes pour nous deux parce qu'ils n'y arrivaient pas du tout tout. Il y en a qui étaient vraiment quand même en difficulté au niveau de l'orientation. Mais bon, ils ont terminé quand même. Mais nous, Thibaut, il avait vraiment été très à l'aise. Il a même ramené des équipes sur le chemin plusieurs fois. Il était vraiment très à l'aise. Pourtant, il ne vient pas de la course d'orientation, mais il connaît bien son instrument. Il connaît bien la montre. Il sait bien la gérer. Et franchement, il est assez attentif. Avec les vibrations de la montre, en fonction des changements de direction et tout, il y a quand même moyen avec ses montres. Il a une Garmin. Je ne sais pas si on peut faire de la pub, mais... Il y a différentes montres. Ça montre, il s'est bien utilisé. En fait, on en avait trois parce qu'on en avait chacun une. Moi, j'utilise ça maintenant en navigation. Même en montagne, c'était quand même une bonne idée d'en avoir une. Je ne regrette pas du tout de l'avoir acheté. Je l'ai acheté pour la PTL parce que c'est un budget. Mais finalement, après, en sécurité, c'est vraiment très intéressant. Et puis après, on verrouille ça avec EFIGENI et le GPS. Franchement, on n'a pas fait trop d'erreurs. On en a fait quelques-unes. Il y a une fois, on a perdu une heure en montant un endroit on s'était dit qu'on allait rejoindre le sentier tu sais c'est toujours pareil tu fais une petite erreur on avait monté on était monté de 100 mètres de dénivelé on dit ah ça fait chier de redescendre tu vois alors que sur le temps de la course tu sais sur centre je sais pas nous on aurait pu finir en 140 heures je crois comme ça donc une heure c'est rien quoi tu vois et en fait on dit ah eh bien on continue on va le trouver et puis au bout d'une heure et demie tu dis bon bah finalement il faut faire demi-tour on était avec l'équipe d'ailleurs c'est le moment où on était avec l'équipe Kourou on a mis du temps à faire demi-tour et on l'a fait mais par contre par rapport à d'autres équipes, nous, on a perdu très peu de temps sur l'orientation. Par contre, on en a vu qui se baladaient. Je te le dis, c'était... Après, comme il y a un bon état d'esprit, quand tu les vois qui se trompent, on s'appelle. Mais en début de course, on est nombreux la première journée. Les équipes sont un peu rassemblées, un peu tous au même rythme. Et tu envoies des fois qui partent à droite, d'autres tout droit. C'est assez marrant. Puis comme il y a du hors-trace, il y a des moments où il faut être... Le risque, c'est quand tu es sur la trace. Si c'est une partie qui est un peu balisée, le GR, il y en a très peu, mais des fois, tu es dessus. La sortie du refuge du rue, par exemple, cette nuit-là, elle avait l'air compliquée en orientation. Moi, l'avantage, c'est que j'ai laissé du temps à Thibaut pour nous orienter. Comme il m'attendait, il avait du temps pour regarder la montre. Mais c'est vrai que là, j'ai vu que c'était un passage difficile quand même. Donc après, au niveau lucidité, franchement, il a bien géré tout le long. Mais je pense qu'il faut quand même qu'il y en ait un deuxième qui puisse sécuriser le truc. Et nous, on s'était dit quand même que s'il y avait un problème à un moment, à l'entraînement en tout cas, on s'est assuré qu'on on a pris toutes les conditions par exemple de voir qu'est-ce qui se passe si par exemple Thibaut abandonne tu vois est-ce qu'un de nous deux avec lui est-ce qu'un de nous deux est capable de gérer l'orientation donc à un moment nous il fallait qu'à l'entraînement on dise bah ouais ouais faut qu'on soit capable les trois de gérer l'orientation après mon cousin lui il disait bah non de toute façon il y aura soit toi soit Thibaut donc en gros moi je dis bah non parce que si par exemple on est plus que deux et que le deuxième il va pas bien et bah c'est toi qui gère donc tu vois en gros faut que les trois soient capables de gérer et donc voilà donc c'est sûr que sur l'orientation On a été plutôt... Je t'avoue, d'ailleurs, à l'entraînement, un mois et demi avant, on avait décidé d'aller repérer des parties de la PTL. Et puis avec le Covid, c'était difficile de faire des transferts en Suisse et en Italie. D'ailleurs, ça nous a un peu mis en difficulté parce qu'on n'a pas pu repérer les débuts de la PTL, qui était vraiment la partie jusqu'à Rola, qui était très difficile. Même d'autres parties, d'ailleurs, qui n'étaient pas simples. Et donc, en fait, on est resté en France, donc on n'a pas pu repérer. Et en fait, on a été conforté parce qu'on a vu qu'en termes de rotation, quand on traçait un parcours sur la carte... on n'avait pas de difficulté à le suivre avec les montres. Donc en fait, on s'est dit, repérer la PTL, si c'est pour l'orientation, on n'en a pas besoin. En fait, finalement, la repérer, ce n'était pas pour l'orientation qu'il aurait fallu la repérer un peu plus, c'était pour se rendre compte du niveau d'engagement et du niveau de technicité des

SPEAKER_00

sentiers. Ok. Oui, l'orientation, je réfléchissais peut-être à faire un petit week-end formation, course d'orientation, parce que lire des cartes et me repérer, ça va, mais bon, ça, c'est vraiment le truc hyper basique. tu vois m'orienter avec une boussole et autres prendre des

SPEAKER_02

points ouais après

SPEAKER_00

Loïc tout à l'heure ouais je crois que tu gères pas mal les montres les GPS le côté connecté non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais ouais ouais mais tu vois j'ai lu pas mal de retours justement alors de gens qui font des trucs beaucoup plus engagés que ce que je fais mais qui ont fait une traversée du Svalbard ce genre de choses qui disaient qu'en fait ils comptent jamais sur le matos parce que si le matos se plante et que t'as pas les compétences bon sur la PTL ce sera pas le cas mais eux avec ce qu'ils font ils sont potentiellement vraiment en

SPEAKER_02

danger. Ils ont raison. C'est du suivi de traces. En préparation de la PTL, je me suis inscrit au club de course d'orientation d'ici. Je m'étais inscrit, mais j'ai fait 10 séances. En tout cas, les 10 séances, eux, ils sont hyper spécifiques sur rechercher un azimut, tirer un azimut. Ils ne font quasiment que ça avec la boussole. C'est quand même bien de le faire, mais par contre, ça, c'est vraiment très technique d'orientation. Là, on est quand même sur un suivi de traces GPS et sur une lecture de route de cartes IGN assez classiques c'est celui qui n'a jamais lu une carte IGN déjà ça veut dire qu'il n'a rien à faire sur la pétale c'est sûr qu'il n'y a pas besoin d'être hyper spécialisé moi je sais que je l'avais fait mais oui on n'a pas tiré d'azimuth sur la course c'est pas les mêmes techniques par contre le côté connecté le fait de savoir utiliser comme une boussole c'est quand même après nous c'est qu'en montagne l'hiver la boussole nous sert énormément moi je sais que je l'ai déjà sorti plusieurs fois dans le brouillard et tout donc c'est mieux de savoir l'utiliser quand

SPEAKER_00

même en effet ouais oh là là punaise t'as répondu à tellement de questions mais en même temps il y en a tellement d'autres qui sont sortis et je crois que cette course elle est à la fois fascinante et terrifiante quoi c'est plus j'en découvre tu vois plus je me dis punaise mais dans quoi on s'est

SPEAKER_02

engagé là alors tu vois tu vas te régaler je suis pressé surtout pressé d'avoir votre compte rendu à vous

SPEAKER_00

tu vois

SPEAKER_02

ouais ouais j'ai envie d'avoir votre compte rendu de d'entraînement donc imagine que ça

SPEAKER_00

va être dans votre j'espère qu'il y aura un petit suivi ouais bah écoute on te fera

SPEAKER_03

ça

SPEAKER_00

et peut-être pour tu vois pour terminer sur une note un peu plus perso moi je serais curieux de savoir qu'est-ce qu'elle t'a apporté cette course en quoi est-ce que t'en es ressorti changé

SPEAKER_02

c'est un peu plus intime mais en fait moi ce qui se passe c'est qu'en fait à la base je pense pas que j'étais prêt à faire ce genre de choses à part peut-être la Diagonale qui était vraiment un projet que j'avais depuis tout petit parce que j'avais vu des reportages et que ça me faisait rêver mais à la base je pensais pas un jour faire des courses comme ça j'étais pas trop montagne j'ai vécu 10 ans en région parisienne parce que pour le boulot je venais d'ici mais moi j'étais pas un gars qui me baladait dans la forêt quand j'étais jeune je venais du foot et du tennis j'étais plutôt sportif que baroudeur en fait je le suis devenu avec le temps j'ai deux garçons mon premier garçon qui en 2016 a atteint une maladie grave On a eu une période de deux ans très compliquée. Il va mieux maintenant, mais on a eu deux ans très compliqués. En fait, moi, ces formats-là et ces courses-là, ça a été mon exutoire. Ça a été ma bouffée d'oxygène. C'est ce qui m'a sorti de la tête de l'eau. Il est tombé malade juste une année. À l'époque, je m'étais inscrit à la Saint-Élion avec des copains, mais je n'avais pas prévu de faire autre chose. C'était le délire de copains. Juste après, il est tombé malade quelques mois avant cette course-là. Après, on a connu les hôpitaux pendant deux ans. En fait, Moi, la TDS, par exemple, je l'ai fait juste avant qu'il ait une opération très importante. Pour moi, cette TDS, j'avais fait un lien entre la TDS et la réussite de son opération qui était dangereuse pour lui. Tout ce que j'ai fait après, c'était mon exutoire. Mon entraînement, je le faisais avec une charrette. Tu as les charrettes TUL que tu vois souvent. Excuse-moi, je donne une marque. Non, t'inquiète. Moi, j'ai fait 70% de mon entraînement avec mon fils dans la charrette. Il y avait une connexion entre nous. Toutes les courses que je faisais, c'était des courses pour voilà pour vivre pour revenir un peu à la réalité et essayer d'avoir une bouffée d'oxygène dans le quotidien qui était un peu compliqué quoi et donc en fait c'est né comme ça et tu vois un peu d'ailleurs le fait que j'ai tenu 3-4 jours malade bah souvent je me disais ah bah tu vois parce que mon fils en fait il a des problèmes pulmonaires donc il a une saturation qui est très très faible et souvent la saturation 78 c'est une saturation que lui il peut avoir à certains moments donc en fait quand moi je marchais je me disais ah bah tiens est-ce que c'est faisable de faire une PTL parce que c'est ce qu'on veut pour notre fils je veux qu'il ait une vie normale mais il a indiqué il n'aura pas une vie normale mais souvent dans la cour je me disais ah bah tiens je vais faire la PTL avec la saturation de mon fils je faisais des liens comme ça et souvent la réussite de mes courses était liée à la réussite des examens qu'il avait ou des opérations qu'il avait donc j'avais fait une connexion avec ça et c'est aussi pour ça que la PTL le fait d'être en échec je me suis rendu compte que lui il allait beaucoup mieux parce que c'est le cas maintenant parce qu'en fait si ça avait été il y a 3-4 ans je serais allé au bout parce que j'avais fait un lien entre sa vie et la réussite de ses courses et là le fait que j'ai arrêté 30 km avant finalement c'est plus peut-être pour ça aussi que je l'ai bien vécu c'était peut-être bon alors là c'est une analyse psychologique à deux balles mais c'est peut-être pas si négatif que ça parce qu'en fait si ça avait été il y a quelques années c'est que lui il allait pas bien et j'allais aller au bout parce qu'il fallait aller au bout tu vois la TDS je me rappelle que ce jour-là il aurait pu m'arriver n'importe quoi d'ailleurs pour l'anecdote j'ai failli même pas aller à la ligne d'arrivée parce qu'en fait je m'en fichais ma voiture était garée à côté à un kilomètre avant la ligne d'arrivée et j'ai failli monter dans ma voiture directement tu vois à la fin de la TDS parce que de finir la course et tout c'était je m'en fichais complètement tu vois ça n'avait rien à voir finalement j'étais très content de la finir parce que ça m'a permis après de faire l'UTMB parce que j'ai eu les points des conneries quoi mais tu vois sur ce moment là il y avait une connexion entre mon fils et moi et donc ouais ces courses là si je les ai faites c'était pour ça et en fait ça a fait naître en moi une forme de passion tu vois pour la montagne alors moi j'habite un peu loin donc tu vois je mets deux heures pour faire de la vraie montagne je vais un peu dans le Jura mais pour faire de la moyenne de la haute montagne je fais de plus en plus d'alpinisme de trucs comme ça enfin je suis débutant mais tu vois je fais bah les dômes des mias j'ai fait il n'y a pas longtemps je fais des trucs un peu d'ici des trucs où je commence mais la montagne ça me passionne et je pense que c'est lié à ça c'est lié à ce parcours là qui fait que maintenant j'aime les efforts d'ultra-endurance j'aime la montagne et voilà et un peu moins c'est vrai un peu moins les dossards un peu moins les courses maintenant j'ai envie de partager tu vois je pars la semaine prochaine je vais 3 jours faire la traversée des Vosges par exemple que j'avais pris depuis longtemps et bah je vais la faire avec un autre cousin je voudrais qu'un copain qui m'accompagne j'ai de plus en plus envie de partager des choses tu vois en montagne à un rythme qui est peut-être plus lent mais qui ressemble plus à un côté PTL tu vois dans le sens de la baroude et tout parce que ça fait naître des trucs ça fait naître des choses différentes tu vois quand t'es en baroude comme ça quand tu vis des moments sparsates comme ça ben c'est les choses qu'il y a en ressort ce sont que des choses positives tu vois là tu peux plus te cacher tu peux pas t'es plus dans le paraître t'es dans les choses simples t'es obligé de revenir à de la simplicité manger boire avancer et tu vois c'est ça fait naître des choses un peu nouvelles et je pense que c'est ce qui me plaît maintenant je suppose que c'est ce qui me plaît c'est pour ça que c'est devenu une forme de passion et que je retournerai sur la pétale évidemment dès que je pourrai

SPEAKER_00

dès l'an prochain dès l'an prochain excellent franchement c'est tout ce que je te souhaite et puis je voulais te dire un grand merci Vincent on arrive au bout franchement c'était déjà un super utile pour moi et je pense que ça sera aussi pour Brice et Xavier parce que on va faire cette course et c'est toujours chouette d'avoir des retours de gens qui voilà tu disais même si t'as fait si t'as arrêté à 30 km de l'arrivée pour moi c'est comme si tu l'avais fini c'était roulant c'était technique à la fin les retours d'expérience comme ça c'est toujours hyper intéressant et puis après de façon générale je pense que ça sera je pense que c'est un épisode qui marquera les esprits parce que c'est pas souvent que je pense que c'est peut-être la première épreuve aussi longue sur laquelle on échange sur le podcast et voilà il y a tel de complexité, de choses qui sont associées sur la gestion du sommeil, la lucidité, gestion d'équipe, l'effort, la douleur. En tout cas, moi, je retiens, il y a beaucoup d'enseignements que je retiens de cet échange. Donc vraiment, merci beaucoup pour ça,

SPEAKER_02

Vincent. Merci à toi, Loïc. Merci de m'avoir permis de partager cette expérience parce que c'est un plaisir de le faire. C'est un plaisir de le faire. Et puis de partager avec quelqu'un d'aussi sympa que toi, c'est cool. Je vais te suivre avec impatience sur cette PT. Je vais te suivre avec impatience. Vraiment, vu qu'elle me passionne, ça me passionne de suive les autres, je lis beaucoup de récits d'autres concurrents, et le vôtre avec beaucoup d'attention.

SPEAKER_00

On t'enverra tout ça, et puis, qu'est-ce que je te souhaite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je te souhaite une bonne préparation pour ta PTL de l'année

SPEAKER_02

prochaine, alors. Avec plaisir, et là, je m'inspirerai de ce que vous avez fait, vous, et pour la

SPEAKER_00

terminer, on fera l'inverse.

UNKNOWN

Ouais, ça marche. Ok? Merci beaucoup, Vincent. Salut.