Les Frappés

Jérôme Brisebourg & Pierre Legendre - Quand Mer et Montagne se rencontrent

Pierre Legendre ; Jérôme Brisebourg Season 2 Episode 86

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Quel épisode !

J'ai eu le plaisir d'échanger avec un duo absolument incroyable. Cet épisode, c'est le récit d'une superbe rencontre entre Mer 🌊 et Montagne 🏔

Vous allez découvrir les parcours exceptionnels de :

- Jérôme Brisebourg, 50 ans, 2e français à avoir réussi l'Explorers Grand Slam 🤩 qui consiste à atteindre le plus haut sommet de chaque continent, dont l'Everest, ainsi que les deux Pôles. Ce défi, c'est celui d'une vie. Il a fallu 20 ans à Jérôme pour en venir à bout.
- Pierre Legendre, 31 ans skipper ⛵️ et finisher de la Mini Transat 2021, la dernière des courses au large en autonomie totale et sans assistance. Depuis peu, Pierre est également devenu summiter du Mont Blanc.

Ces deux aventuriers "amateurs" se sont croisés dans le cadre professionnel. La passion qu'ils vouent à leurs disciplines respectives les a rapproché, jusqu'à ce que naisse un projet à deux, celui de mettre en commun leurs connaissances et de faire découvrir à l'autre un nouvel univers.

Pierre a réalisé l'ascension du Mont Blanc en s'appuyant sur tout le savoir de Jérôme, qui a quand à lui pu découvrir la navigation en haute mer et les conditions spartiates que cela implique sur le bateau de Pierre.

Un échange passionnant avec deux invités passionnés, qui donne tout simplement envie de partir explorer de nouveaux horizons (ou de nouveaux sommets 😉)

🔎 Dans cet épisode on a pas mal parlé de la Mini Transat et de l'Explorers Grand Slam. Suivez les liens pour plus d'info !

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #49 - Julia Virat - Guide de haute montagne et navigatrice - Apprendre à écouter ses émotions

Vous pouvez suivre Jérôme et Pierre  ici ⬇️
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Et en fait, dans cette liste, j'avais réécrit, je veux aller au sommet d'Adrestre, je veux aller au Pôle Nord et je veux aller au Pôle Sud. Et je te donne un exemple, quand il fait plus froid que moins 40, on ne faisait pas 10 minutes de

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pause. Si j'ai vraiment envie de quelque chose, je vois que je suis capable d'aller mettre toute l'énergie, d'aller mettre tous les moyens qu'il faut pour atteindre l'objectif.

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Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

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!

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Bienvenue Jérôme, bienvenue Pierre sur le podcast.

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Merci.

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Salut Loïc. Je suis absolument ravi de vous accueillir. Je suis impatient qu'on échange sur votre projet que j'ai trouvé complètement fou quand vous m'en avez parlé pour la première fois et qu'on échange aussi sur vos parcours respectifs puisque là il y a du lourd pour cet épisode défrappé avec un très très beau mélange mer et montagne, vous nous en direz plus, mais qui m'intrigue toujours beaucoup. J'ai déjà eu une invitée, Julia Vira, je crois qu'on en avait parlé et puis son épisode il y a eu beaucoup beaucoup de retours suite à son épisode justement sur ce mariage entre haute montagne et course au large donc ça va être un petit peu le thème de l'épisode voilà pour faire du teasing donc je suis très très très content que vous soyez là merci beaucoup à tous les deux et puis ce que je vous propose et bien c'est de commencer par les présentations est-ce que qui veut se lancer de Pierre entre Pierre et

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Jérôme

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on aura plus jeune Pierre allez c'est parti Pierre, j'ai 31 ans et j'ai fait la mini transat l'année dernière, donc une transatlantique en solitaire sur des petits bateaux de 6,50 mètres sans aucun moyen de communication avec la Terre. C'est la dernière course au large où on a zéro moyen de communication, donc on a juste notre balise de détresse en cas de danger pour notre vie. C'est un projet qui m'a demandé 4 ans de préparation et que j'ai pu terminer en novembre la l'année

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dernière excellent Génial.

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Donc, Pierre, tu amènes le côté mère. Oui, c'est ça. Et donc, Jérôme, je suis un petit peu plus âgé, je viens de fêter mes 50 ans, marié, deux filles, 14 et 16 ans, et moi, j'ai pu mener, en parallèle de ma vie personnelle et professionnelle, la réalisation de l'Explorer Grand Slam. L'Explorer Grand Slam, c'est quoi

UNKNOWN

?

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C'est une combinaison de deux challenges. D'abord, un challenge d'alpinisme. Il s'agit de faire l'ascension du plus haut sommet de chaque continent, et donc le challenge en lui-même s'appelle les Seven Summits, et ça t'amène quand même à atteindre le sommet du toit du monde d'Everest, et puis aussi de rallier les deux pôles, donc le pôle nord et le pôle sud, donc en logique d'expédition, en ski-poulka, ce que j'ai pu faire en 2018, et puis 2020, juste avant le confinement, donc aller au pôle sud. Voilà, donc ça c'est pour le côté terre, j'anticipe Loïc, ta remarque, c'est le côté terre. Je crois que c'est discutable puisque le pôle nord, bien sûr, on est sur la banque banquise, et donc on navigue sur l'eau, donc avec une banquise, voilà, c'est une épaisseur d'un mètre quarante posée sur l'océan Arctique, et donc qui dérive, et on est sujet bien sûr au courant

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marin. Oh là là, quelle aventure celle-là, donc Pierre nous disait que pour lui la mini-transat ça avait été un projet de quatre ans, toi dans ton cas Jérôme, les sept sommets plus pôle nord, pôle sud

UNKNOWN

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Alors moi c'est un projet de vingt ans, parce qu'on a un point commun avec Pierre, c'est qu'on ne fait pas 100% de notre temps sur l'activité ou mer ou montagne. Et donc, moi, j'ai pu réaliser plus ou moins un projet d'expédition tous les ans. Donc, j'ai commencé comme ce qu'on a fait avec Pierre en commun par le Mont Blanc. C'était avec ma femme et on était en 2000. Et tu vois, j'ai atteint le pôle sud le 13 janvier 2020. Donc, tu vois, ça m'a occupé une vingtaine d'années. Donc, en menant en parallèle, bien sûr, et le pro et le perso. Donc, ce qui n'est pas complètement évident, en fait, avec

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j'ai tout fait en parallèle de la vie pro aussi et c'est pas c'est engageant et moi j'avais la particularité en plus d'associer mon employeur en tant que sponsor de mon aventure donc c'est quelque chose d'engageant

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excellent donc mer terre plus ou moins grosse différence enfin grosse différence différence d'âge je crois que la première question qui me vient c'est comment est-ce que vous vous êtes croisé et Et qu'est-ce que cette rencontre a fait naître comme projet

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commun

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On s'est croisés d'abord sur le professionnel, Pierre. Exactement. Du coup, dans mon activité professionnelle, je suis formateur, formateur en management et aussi en relations clients et commerciales. Et puis, du coup, dans les clients chez qui j'interviens, il y a l'employeur de Pierre et c'est comme ça qu'on s'est rencontrés. Et puis, voilà, après, on a évoqué ce projet puisque j'avais commencé à remarquer que Pierre s'intéressait à la montagne. Et donc, je me suis dit, tiens, il y a une ouverture. Moi, la mer, c'est quelque chose aussi que j'ai découvert tout petit, mais c'était juste un marin d'eau douce puisque c'était du OB416 en eau douce. Et donc, voilà, je ne sais pas comment s'est lancé le truc, ce projet un peu d'expérience croisée. Mais on a d'abord eu une rencontre professionnelle, ce qui n'est pas sur la

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passion, en fait. Quand j'ai évolué vers un poste de management et commerce chez Agathe, AK Technologies, puisque c'est mon sponsor et la société AK est mon employeur. Jérôme animait la formation des juniors sur la partie commerce et il aimait l'aventure. Moi, j'avais ce projet de monter mon projet Mini Transat, donc on en avait parlé et après, on s'était recontacté un petit peu par LinkedIn quand il a vu qu'il y avait bien un bateau AK et que j'avais réussi mon pari d'embarquer AK dans mon et j'ai repris contact avec Jérôme en début d'année en janvier cette année parce que j'avais pour objectif d'aller en haut du Mont Blanc au mois de juin puisque j'avais plus de bateau cette année donc il me fallait un nouveau projet quelque chose sur lequel me projeter c'était ça et j'avais demandé à Jérôme des contacts d'un guide de haute montagne puisque je voulais pas passer par une agence en tapant guide sur Google je savais que Jérôme en avait quelques-uns dans son réseau et du coup ça a commencé comme ça et finalement Jérôme s'est dit je me greffe avec vous et on fait ce projet expérience croisée mer montagne donc en juin on a pu aller en haut du Mont Blanc tous les deux et avec une de mes amies aussi et au mois d'août Jérôme a pu venir naviguer sur un mini 650 donc un bateau à Lorient et on a passé la nuit La nuit en mer, c'était l'objectif de découvrir un petit peu ce que c'était que passer une vingtaine

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d'heures en mer ensemble. Génial. Oui. Génial. Excellent. Alors peut-être avant qu'on rentre dans le détail justement de ces expériences croisées, je serais quand même curieux de savoir si vous pouvez nous en dire un peu plus respectivement sur ces grosses aventures que vous avez vécues. Alors bon, Jérôme, je te le disais je crois avant qu'on commence, ça pourrait faire l'objet d'un podcast complet quand même, l'Explore Grand Slam. mais peut-être voilà comment ces expériences si on commence avec la mini transat de Pierre comment est-ce que cette mini transat t'a forgé, qu'est-ce que ça t'a apporté, qu'est-ce que ça t'a fait découvrir sur l'univers de la mer

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alors il n'y a pas que l'univers de la mer, c'est des projets là on parle d'un sport mécanique donc déjà entre l'idée de dire j'ai envie de le faire, il y a le cheminement alors moi je naviguais beaucoup c'était mon job d'été, j'avais eu déjà l'occasion de faire une transat en 2015 en partant sur un coup de tête vraiment du jour au lendemain donc j'ai rejoint des potes au Canary le vendredi le vendredi soir je voyais qu'ils cherchaient un équipier j'ai regardé les vols il y avait un vol Nantes-les-Canaries le samedi et je suis parti le samedi de Nantes pour les Canaries et le dimanche j'étais parti en Transat c'était en août 2015 et après j'ai pu continuer à naviguer des rencontres j'ai navigué avec quelqu'un qui avait gagné la Mini Transat en 2001 et j'ai beaucoup naviguer avec lui dans le sud de la France et petit à petit c'est voir qu'on est capable de faire des choses tout seul sur le bateau, on rentre dans la vie active, moi c'était en début 2017 et puis là le côté routine de dire j'ai un boulot j'ai un boulot c'est parti je suis en couple tout va bien, non j'avais besoin de trouver quelque chose et la mini Transat m'intéressait donc quand on commence à être sur le site à regarder le prix d'un bateau, à passer un ou deux coups téléphone et en fait c'est trop tard, le projet il est parti, donc j'ai loué d'abord en 2018 un bateau à mes frais, donc là c'est assez engageant parce que ça prend tout ton temps, tout ton argent, toute ton énergie en parallèle du boulot, donc fin 2018 je n'avais pas envie de partir sur un projet trop aventure, j'avais envie que ça soit un projet plus cadré, donc j'ai mis en stand-by en me disant je me laisse le temps de trouver un partenaire financier de faire un beau projet ce qui ce qui a eu lieu neuf mois plus tard donc en septembre 2010 9 à cam a donné son son go je vais pas refaire toute l'histoire mais voilà et j'ai récupéré mon bateau en janvier 2020 et 2020 2021 j'ai beaucoup navigué réussi à me qualifier à la mini transat et aller au bout aller au bout de ce projet et qu'est-ce que ça m'a apporté c'est il y a eu beaucoup de satisfaction et après c'est l'énergie qu'on met voir l'énergie qu'on est capable de déployer quand on a un rêve un objectif une passion et de rien lâcher j'ai eu une transat compliquée avec pas mal de problèmes de pilote automatique donc j'avais eu deux ans deux ans tranquille avant le départ de projet où j'avais pas eu de soucis j'ai cassé le bateau la dernière course de préparation à cause d'un souci structurel donc un mois et demi avant le départ de la transat le bateau est rentré pour trois semaines et demie en chantier parce qu'il s'était complètement délaminé à l'avant donc heureusement en fait on était plusieurs modèles plusieurs bateaux de ce modèle là avoir eu des soucis de structure donc on a pu tous renforcer avant la transat et après la transat j'avais jamais eu de soucis d'électronique mais j'ai perdu la première étape j'ai fait plus de trois jours sans pilote automatique donc où le sommeil devient très très très très compliqué et j'ai reperdu mon pilote à la deuxième étape 30 heures avant de d'arriver mais là c'était 30 heures donc quand on a déjà fait 80 heures sans dormir on se dit que c'est bon on y va et de toute façon c'est l'aboutissement du projet donc on donne tout et après on refait la fête 3 jours sans dormir une fois qu'on est à terre donc non ça m'a apporté beaucoup sur la résistance mentale le fait de devoir l'énergie qu'on est capable de mettre pour aller démarcher des sponsors des partenaires, s'entourer parce que moi j'ai fait tout, mon bateau était basé à Lorient mais j'ai fait tout mon projet en vivant la semaine à Aix-en-Provence puis à Lyon donc il y avait aussi ce côté logistique qui était pas des plus simples je sais qu'il y en a beaucoup sur la mini-transat qui quittent leur job et qui font ça à plein temps à plein temps mais moi voilà j'avais le boulot la semaine où je suis objectivé sur des résultats puisque je suis sur un poste de commerce et les week-ends à m'entraîner donc en ayant un peu une envie de performance parce que le le boulot était également le sponsor donc c'est assez all-in comme décision d'associer tout ensemble d'avoir un boulot plus un projet avec le même nom au-dessus de la tête tout le temps c'est hyper chouette, j'ai adoré et aujourd'hui ça m'ouvrira peut-être des portes pour autre chose mais c'était engageant et pas simple au

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quotidien Tu dirais que c'est quoi qui a motivé motivé AK à te suivre sur ce projet, sachant que tu étais toujours employé par la boîte qui a devenu ton

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sponsor

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Alors, je pense qu'on est une société de conseil en ingénierie, AK Technologies, donc il y avait tout cet aspect marque-employeur qui était hyper intéressant pour eux. Moi, c'est ce que je mets beaucoup en avant et j'ai eu la chance d'être écouté, de rencontrer les personnes et ce qui leur a beaucoup plu aussi, c'est que je n'ai jamais rien lâché. Notre directrice com était à Lyon, moi, quand j'étais à Aix, toutes les deux semaines j'étais à Lyon puisque j'avais pas mal de réunions donc quand je montais elle était sûre qu'à 9h10 j'étais dans son bureau elle lui disait bon ça on est où qu'est-ce qu'on fait et j'ai rien lâché et je la remercie encore de son soutien mais non non en termes de marque employeur c'est une belle histoire j'ai rejoint le groupe en étant ingénieur j'ai pu évoluer vers un poste sur du management et du commerce qui était un pari puisque c'est pas mes compétences à la base Et derrière, d'associer mon sport, ma passion avec le groupe, c'est quelque chose d'unique et qui est très...

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Est-ce que tu avais conscience avant de te lancer dans le projet de tout ce que ça allait impliquer justement en termes d'engagement financier en temps, les contraintes logistiques, est-ce que c'était quelque chose qui était assez clair pour toi ou tu l'as découvert

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L'aspect financier oui puisqu'on sait à peu près on a des ordres de grandeur de budget donc on sait combien ça va nous prendre, l'aspect temps oui puisqu'on a un calendrier de course, on est Après, le niveau engagement et toute l'énergie, l'aspect énergie que ça peut prendre et l'aspect où on ne pense qu'à ça pendant deux ans. Enfin, les deux ans où j'avais le bateau pour aller au bout du projet. Ça, c'est vrai que c'est quelque chose de pas simple. Et moi, en étant loin la semaine, de ne pas être en maîtrise de tout, c'est aussi s'entourer. J'ai un ami qui était mon préparateur. Donc moi, je finissais mes entraînements le week-end. Je lui disais, il y a ça, ça, ça à améliorer. Il y a ça, ça, ça que j'ai cassé. Et le but, c'était d'arriver le vendredi soir suivant ou samedi matin avant l'entraînement en disant Fred a bien bossé, le bateau est à nouveau prêt, je peux naviguer et en tirer 100%. C'est ça qui était arriver à faire confiance, déléguer et toute cette logistique aussi projet à distance qui était chronophage aussi. De savoir que je ne suis pas en maîtrise de tout mais que j'y vais quand même.

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Ok. Et tu dirais que cette mini-transat, pour finir sur cette aventure, tu dirais qu'elle t'a apporté

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quoi

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Oui, je pense que quand on veut vraiment quelque chose, et moi je suis sur un job de commerce où il y a tout cet aspect prospection, cet aspect relation, construction, construire une relation avec un client, c'est comme la relation que je construis avec un partenaire ou avec AK. Le relationnel, moi, c'est mon point fort. L'aspect rien lâcher, si j'ai vraiment envie de quelque chose, je vois que je suis capable d'aller mettre toute l'énergie, d'aller mettre tous les moyens qu'il faut pour atteindre l'objectif. Donc après, quand on est passionné, ce que ça m'apporte, c'est quand on est passionné et qu'on a vraiment envie de quelque chose, on y arrive parce qu'on se donne les moyens et on

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se dépasse. Excellent. Pierre, du coup, pour faire la transition. Pierre, Jérôme, pour faire la transition. Tu dirais que... Ça te parle, toi, ce que vient de dire Pierre sur la passion qui te drive et qui te permet d'aller au bout

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des choses

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Oui, parce que moi, le point de départ, c'est... Loïc, c'est plutôt un espèce de rêve d'enfant. Tu vois, quand j'étais gamin, je lisais des livres d'aventuriers et tout ça, et je me disais, tiens, dans ma vie, j'aimerais bien aller, en fait, sur le toit du monde pour voir ce qu'on ressent, et puis aller au Pôle Nord aussi pour voir comment c'est concret la banquise et aller me mettre la tête en bas et aller au fond du sud c'est vrai que quand tu regardes un globe quand t'es en bas tu te dis j'ai la tête en bas et j'aimerais bien savoir ce que ça fait et puis bon tu vois c'est des trucs que t'as dans la tête mais tu fais rien pour les accomplir moi je suis originaire de Bordeaux donc tu vois l'aspect montage et personne dans la famille qui était dans ce milieu là donc tu vois ça reste des rêves de

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gosses

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et en fait moi il y a eu besoin d'un déclencheur Pierre l'a un petit peu mentionné avec le rapport travail et tout ça je me suis retrouvé à la trentaine avec Je commençais un peu à m'ennuyer dans mon boulot et je faisais le même boulot que celui que fait Pierre actuellement, mais chez une autre société. Et je me dis, tiens, je veux évoluer professionnellement. Et puis, j'ai eu la chance de rencontrer une coach qui m'a plutôt fait travailler sur un projet de vie qu'un projet professionnel. Elle m'a dit, un projet professionnel, ça s'insère dans un projet de vie. J'ai regardé, j'ai dit, un projet de vie, c'est quoi un projet de vie

UNKNOWN

?

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Parce que j'ai dit, moi, je suis en couple, on est locataire, mais le projet de vie qu'on a, c'est d'être propriétaire un jour et puis d'avoir des enfants. Et puis elle me dit, mais ça, ce n'est pas un projet de vie. Je lui dis, vous rigolez ou quoi

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?

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C'est quand même un projet de vie. Elle me dit, non, on va faire un exercice. Moi, ça a été vraiment le déclencheur. Ça s'appelle la lettre du vieux sage. Et la lettre du vieux sage, elle m'a dit, voilà, vous imaginez que vous mourrez demain, quel que soit l'âge, quel que soit l'âge, 50, 60, 70, on s'en fout. Et vous retournez sur votre vie et vous êtes fier de quoi

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?

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Fier d'avoir avoir fait, d'avoir rencontré, d'avoir été, d'avoir apporté au monde ce que vous voulez, mais vous êtes fiers de quoi

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Voilà. Elle dit, si vous voulez continuer avec moi, vous répondez à cette question. Bon. Moi, j'ai dit, OK, on essaye. Et puis, je l'ai revue quelques jours après et j'avais fait une liste. Mais alors, une liste, quand je lui ai donné la liste, elle m'a dit, mais vous comptez vivre 150 ans, vous

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Je lui ai dit, pourquoi

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Ça ne rentre pas dans une vie, ça. Elle m'a dit, il va peut-être falloir un petit peu voir ce qui est prioritaire et tout ça. Et en fait, dans cette liste, j'avais réécrit je veux aller au sommet d'Averest, je veux aller au Pôle Nord et je veux aller au Pôle Sud. d'enfants, mais il y a peut-être d'autres raisons et je les découvrirai sur mon chemin. Mais maintenant, la question c'est comment rendre ça possible. Et le choix que j'ai fait, c'est pour ça que la rencontre avec Pierre est riche de ça et le parallèle, enfin moi je me suis retrouvé dans Pierre et dans ce qu'il vient de dire et dans ce qu'on a échangé, c'est que moi je n'ai pas dit je veux devenir aventurier. Moi je veux continuer ma vie, avoir des enfants, avoir une activité professionnelle et faire ses aventures. Et ça déterminera le niveau d'engagement. Pierre a commencé à en parler du niveau d'engagement après dans les projets mais si je veux faire tout ça en même temps quoi et c'est que là ça commence à être compliqué compliqué parce que j'étais salarié et salarié moi mon premier projet d'expédition je suis parti donc quatre semaines en effet c'était à faire un sommet à 7000 qui en un qui s'appelle le coude alors ça fait un petit peu comme pierre au départ on vous dira chouette on a dans les équipes quelqu'un qui fait de la montagne top etc et puis l'année d'après j'ai écouté un jour aller plus haut mais quand on va plus haut en montagne c'est plus longtemps et donc il ya il y a un sommet au Pakistan, voilà, c'est pareil, c'est juillet-août, je fais du congé sans solde, je trouve mes sponsors, tout ça, mais c'est six semaines. Et là, vous voyez vos managers qui commencent à dire, mais alors attends, si lui, on lui accorde six semaines, on a tous qui vont nous dire, je veux aller ici, je veux faire ça, etc. Et on n'en était pas encore, puisque là, je reviens quand même quelques années en arrière, mais on n'était pas encore dans l'évolution du mode de travail comme on a aujourd'hui, où on a beaucoup, tu parlais de marque employeur, mais on a beaucoup, finalement, de compromis qui sont faits par les entreprises. entreprise, mais pour garder les hauts potentiels. On n'en était pas là encore. Et donc, en fait, ça m'a amené à prendre une décision, c'est d'essayer d'aligner vie personnelle, vie professionnelle et aventure. Du coup, j'ai fini d'être salarié. Je me suis associé avec quelqu'un dans une logique d'entrepreneuriat qui permet de piloter un peu plus de liberté. Je t'entendais, Pierre, dire effectivement tes allées-venues, tes machins, etc. Moi, quand je pars 4 semaines ou 8 semaines sur un projet comme l'Everest, c'est 8 semaines où tu ne peux pas te connecter et donc forcément, il te faut cette marge de liberté à négocier parce que tu ne fais pas ce que tu veux, tu as des clients, tu as un associé, tu as des partenaires, etc. Tu ne fais pas ce que tu veux. Et donc, j'ai aligné à la fois le projet professionnel et personnel de façon à me permettre de faire ces projets. Ensuite, je n'avais pas cette idée de l'Explorer Grand Slam, je ne savais pas que ça existait. Moi, j'avais l'idée de ce qu'on appelle les trois pôles, je redis, c'est l'Everest, le Pôle Nord et le Pôle Sud. Mais en fait, moi venant de Bordeaux, j'avais pas trop d'expérience en montagne donc il a fallu créer cette expérience être sûr que ça me plaise et puis c'est ce que j'entendais avec Pierre aussi c'est découvrir mes capacités, mon potentiel donc avant d'attaquer 8848 mètres puisque c'est le sommet de l'Ouest, j'ai commencé par le Mont Blanc, 4810 mètres, après j'ai fait avec ma femme on a fait le Kilimanjaro ensemble, après j'ai fait quelques sommets en Équateur puisque là on est entre 5000 et 6000 jusqu'à 6400 donc le J'ai perdu le nom du sommet de civil 4. On en a parlé, Pierre, récemment. En tout cas, il y a le Cotopaxi à 5.900. Et puis après, une première expédition, le Khun en Inde, c'est un 7.000. Et puis après, le Gachabrum au Pakistan, c'est un 8.000. On l'avait raté. Et puis après, à nouveau, un 7.500, qui est le Mustagata en Chine. Tout ça, ça m'a permis de découvrir mes capacités, d'acquérir des compétences et puis surtout de créer des rencontres avec tous les alpinistes amateurs puisqu'ils sont dans la même position que moi, qui avaient pour projet de faire l'Everest. Et donc, on a pu faire l'Everest. Et en ayant fait l'Everest, du coup, ça m'a plu la montagne, vraiment. Avant de passer au polaire, il y a quand même d'autres choses à découvrir. Et ayant fait et le Kilimanjaro et l'Everest, et donc l'Everest, on va dire que c'est peut-être le plus dur des Seven Summits, au regard de l'altitude et pas forcément au regard des difficultés. J'ai dit, tiens, tantôt, parce qu'il y avait une autre personne qui voulait faire les Seven Summits dans le groupe. gars de Gap. Du coup, ça nous a un petit peu challengé. On ne les a pas fait ensemble ni en même temps, mais j'ai déroulé les Seven Summit. Ayant fait les Seven Summit, je suis parti sur des nouvelles compétences parce que le polaire, on a le froid en commun avec l'alpinisme, mais c'est tout. Avant de me lancer sur le pôle nord et sur le pôle sud, après, c'est mon approche des projets. J'ai l'impression de toujours redémarrer à zéro, de progresser, d'accumuler de l'expérience et à peu près de me sentir prêt. On n'est jamais toujours prêt. J'entendais Pierre dire que Il ne maîtrisait pas tous les éléments. C'est pareil pour moi. Tu as l'impression que même si tu en as rêvé, le projet reste toujours plus grand que toi. Du coup, j'ai fait la traversée du Groenland. On était quatre Français en logique d'expédition. Donc, le ski Poulka, 540 kilomètres de marche. On a marché 31 jours en suivant le cercle polaire arctique. Ça m'a plu. À nouveau, ça m'a permis de trouver mes points d'aisance dans le milieu. Puis après, Pôle Nord et Pôle Sud. Pour moi, c'est une découverte ouvertes, c'est des rencontres, c'est une progression, donc une acquisition de compétences par rapport à un milieu et une discipline qui est quand même super, super exigeante, en fait. Voilà le cheminement, en fait, et c'est un cheminement complet et pas que aventure, en fait.

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dans ce cheminement complet en plus alors que ça soit la voile ou les expéditions, l'alpinisme c'est qu'il faut s'entourer c'est des sports qui restent coûteux et à titre personnel il faut arriver à fédérer autour pour embarquer des sponsors, des partenaires donc ça aussi ça fait partie de la capacité aussi de vivre ces aventures c'est qu'on ne peut pas tout financer nous-mêmes donc ça je pense que c'est une des difficultés aussi de nos projets respectifs

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et avec moi je vais rajouter Pierre l'importance du cadre familial oui puisque voilà moi j'ai quelques années de plus que toi du coup oui oui donc moi j'ai ma femme et les deux filles alors c'est sûr que tu vois quand moi j'ai fait l'Everest elles avaient 3 et 5 ans donc c'est déjà une décision sachant que ma femme m'a accompagné jusqu'au camp de base et donc elles vivent à ce moment là elles vivent juste l'absence maintenant qu'elles sont plus grandes et donc qu'elles sont plus plus informés sur les milieux. Tu as aussi quand même une logique de confiance à rapporter à la famille en disant attention, je vais dans un milieu exigeant qui ne laissera peut-être pas la seconde chance. Et voilà, je vous inclue dans le projet. Voilà avec qui, voilà comment, voilà les conditions, voilà l'objectif qu'on se donne, voilà la capacité de renoncement qu'on se donne, voilà les moyens qu'on se donne aussi entre nous pour communiquer avec la famille. Et ça va dans un sens et ça va aussi dans l'autre. On pourra en parler, mais c'est sûr que quand tu sais tu as ta famille que tu sais que voilà donc du coup tu as un niveau d'engagement qui n'est pas le même que de te dire j'y vais je veux le sommet à tout prix ou je veux le pôle à tout prix donc tu voilà en termes de prise de risque et de responsabilité évidemment tu inclus l'équipe comme tu veux dire et c'est le cercle rapproché aussi aussi

SPEAKER_02

ouais c'est un super point je crois que c'est Jimmy Chin si je ne me trompe pas le photographe national de National Geographic il me semble que c'est dans un reportage que j'avais vu sur lui où il explique quand sa mère quand il a perdu sa mère en fait à ce moment là il n'avait plus vraiment de famille en tout cas plus personne qui était inquiet pour lui quand il partait en expédition qu'à partir de ce moment là en fait il a passé un cap en matière d'engagement et qui s'est permis de faire des choses qu'il ne faisait pas quand il avait encore encore sa maman donc c'est super intéressant ce que vous dites est en fait c'était une des questions que j'avais pour vous justement vous avez anticipé c'est comment est ce que vous gérez quand on voit là on On parle d'aventures quand même extrêmement engagées dans des milieux hostiles où, je crois que tu l'as dit Jérôme, il n'y a pas de deuxième chance en fait. Si Pierre, tu tombes de ton bateau et que tu n'es pas attaché, c'est fini au milieu de l'Atlantique. Et toi Jérôme, c'est un petit peu pareil. Si tu perds ta pulka dans le Pôle Sud ou que tu chutes sur l'Everest, c'est fini. Est-ce que c'est quelque chose auquel vous vous préparez spécifiquement dans vos milieux respectifs

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, nous, c'est vrai que le risque en bateau, en solitaire, tu l'as évoqué, c'est la chute. Après, déjà, en 1, on s'attache. C'est écrit dans le bateau. Attache-toi. Après, est-ce qu'on s'attache 100% du temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non. On va dire très, très, très souvent. Moi, je sais que quand j'ai perdu mon pilote automatique, je savais que j'allais être dans une perte de lucidité parce que la fatigue extrême allait être là. Donc là, il y avait le réflexe de dire je ne fais rien. sans être attaché donc d'avoir de long j'ai toujours toujours me clip et après nous la prévention là aussi à travers notre gilet dans notre gilet moi je sais que j'avais deux balises de deux balises de détresse personnelle une balise qui signale qu'on appelle une balise à y est donc qui signale autour du bateau sur les écrans qu'on appelle à y est des bateaux un petit logo qui sait qui s'appelle mob qui veut dire main of the board donc elle s'active tout seul elle est clipée sur le gonflage automatique du gilet donc même si je tombe inconscient, ça signale qu'il y a quelqu'un qui dérive et qui n'est plus sur son bateau et j'avais aussi une balise comme les balises de détresse des bateaux que je déclenche manuellement et qui prévient le centre de secours qui est basé à Toulouse d'ailleurs à Purpan c'est des balises de détresse donc dire Pierre Legendre, elles sont nominatives Pierre Legendre, danger pour sa vie est passé par-dessus bord ça c'est les épiables personnels mais après quand on en est rendu là il faut avoir conscience que oui la technologie elle marche, maintenant tomber à l'eau sans avoir une combinaison de survie sur soi, l'hypothermie arrive vite et on viendra plus repêcher peut-être un corps mais ça éveillera d'être disparu en mer d'être officiellement mort donc on a ses moyens après le but c'est de rester accroché à son bateau, de ne pas tomber et ça se passe très bien en mini 650, le dernier disparu en mer remonte à la Transat de 2001 en course, et il y a malheureusement quelqu'un qui avait disparu l'été 2019 sur un entraînement où il s'entraînait le parcours de qualification hors course qu'on doit faire pour faire la Transat. Mais ça fait peu de disparus quand même, donc c'est un risque qui est présent, on en est conscient, il est dramatique quand il arrive, mais aujourd'hui il est maîtrisé.

SPEAKER_03

Je voudrais ajouter Loïc par rapport à Pierre, c'est que moi, je n'ai pas le fait que ce soit une compétition. Tu vois, peut-être, Pierre, quand tu es en compétition, tu veux gagner une place ou autre et ça peut t'amener à prendre des décisions en fonction de ton niveau de lucidité qui fait que ça t'engage en termes de risque plus que ce que tu avais prévu. Dans tous les projets que j'ai menés, il n'y a pas d'objectif de compétition. Tu vois, j'ai fait l'Expo en Grand Slam en 20 ans. Si tu regardes aujourd'hui, il y en a qui essaient de faire les 14 sommet qui font 8000 en moins de 6 mois donc tu vois il y a une logique de chrono derrière donc on est dans cette compétition où tu vas mêler le chrono à la prise de risque après le deuxième élément que j'ai en tête moi c'est que et d'ailleurs les personnes avec qui je fais ça c'est la montagne est toujours là ok nous on n'est pas éternel la montagne est toujours là tu vois on a fait le Mont Blanc avec Pierre je suis content c'était ma cinquième tentative moi Et c'était la troisième fois que je le réussissais. Et donc, ça veut dire qu'avant de réussir avec Pierre, je l'avais tenté quatre fois, je ne l'avais réussi que deux fois. Voilà, tu renonces. Alors, c'est sûr que c'est moins pénible de renoncer sur le Mont-Blanc quand tu habites en région parisienne que de te dire, je suis au Pôle Sud et je suis obligé de renoncer avec d'ailleurs tout ce que Pierre a commencé à mentionner en préparation. Nous, c'est à peu près la même. Et donc, ça t'amène à un deuxième élément, si tu veux, à arbitrer. Et nous, on est assez clair, on le partage avec les des personnes avec qui je fais le projet. Deux notions qui sont complètement paradoxales et antinomiques. C'est d'un côté, tu vas mettre la performance et de l'autre, tu vas mettre la sécurité. Et quand on part sur un projet, on se dit qu'est-ce qu'on veut

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Performance, c'est le sommet à tout prix ou c'est le pôle à tout prix. Et sécurité, en fait, tu restes au camp de base ou tu restes à l'hôtel et tu ne sors pas de chez toi. Comme ça, au moins, tu es sûr que tu es en sécurité, sans inondation, sans tsunami, sans tout ce que tu veux. Mais en tout cas, tu ne bouges pas. Et l'idée, c'est c'est toujours d'arbitrer, de fixer le curseur entre est-ce que je veux de la performance ou est-ce que je veux de la sécurité

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Sachant qu'évidemment, quand tu es au-dessus de 8000 sur l'Everest, tu ne peux plus dire je veux sécurité à 100% puisque tu es dans la zone de la mort. Donc, quelque part, tu es déjà très engagé sur la sécurité. Pour autant, tu as ta prise de décision. C'est OK, le sommet est toujours là. Comment je suis

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Si je ne l'ai pas cette fois-ci, peut-être j'aurai l'occasion de le tenter une deuxième fois. Donc ça, c'est quelque chose que moi je partage avec l'équipe parce que j'ai toujours fait les projets en équipe c'est jamais la même mais en tout cas toujours en équipe on partage pour se donner à peu près l'approche qu'on a du milieu et donc déjà définir les grosses prises de décision et ensuite nous on n'a pas la chance Pierre d'être sur un bateau les risques en fait en montagne il y en a qui sont connus mais en fait d'une manière générale ils créent la surprise je pense que le ratio il y a plus d'alpinistes malheureusement qui décèdent que de skippers je n'ai pas fait ce calcul-là, mais tu vois,

SPEAKER_00

c'est évident. Là, on a

SPEAKER_03

la mini-transat, ton ratio, parce que si tu es sur un pont de neige qui couvre une crevasse, comme tu disais tout à l'heure, Loïc, tu n'as pas de deuxième chance, tu n'as pas vu le pont de neige, boum, tu passes. Moi, je te donne un exemple, on était sur le Mont Vinson, en Antarctique, on est au dernier point qui est un point de secours, en fait. Le sommet, il fait 4900 mètres, quasiment, et là, on est à 4004, on est au point de secours, on réenclenche un on commence à repartir. On était encordés à quatre. Tu as le premier qui passe, le deuxième qui passe et le troisième, bloum, qui passe dans la crevasse. Alors, il n'y a rien eu parce qu'on était encordés, etc. Tu te dis, la crevasse, elle est juste à côté du point de secours. Personne n'avait jamais vu. Le glacier a bougé et comme personne n'y va tout le temps, etc., le pont neige masquait tout. Et en fait, le danger, la surprise, elle était là. Et donc, c'est le dernier point que je veux partager. Je réagissais, en fait, par rapport à Pierre. Je me dis, tiens, c'est écrit, on s'attend attache et des fois, on ne s'attache pas. Nous, c'est pareil. Globalement, le plus important, c'est la perception, la conscience que tu as du danger. Quand tu as la conscience du danger, tu es hyper concentré, tu te sens vulnérable, pas de deuxième chance. Donc, tu fais très attention. Tu fais très attention. Ça ne t'empêchera peut-être pas de marcher sur un passage et de passer à travers. Mais en tout cas, tu vas checker tout seul, tu vas checker avec les autres, etc. Donc, tu es vraiment en hyper vigilance. C'est ça, pour moi, le point de c'est la perception que tu as du danger moi-même quand je suis dans le milieu je fais attention mais quand je suis sur le trottoir ça ne m'empêche pas de marcher et puis d'écrire un SMS en même temps et donc en fait peut-être je ne vais pas entendre quelqu'un qui va arriver en trottinette ou je ne vais pas bien m'arrêter et donc je suis en danger sans m'en rendre compte mais la perception que j'ai du risque ou du danger fait que j'ai finalement une double activité qui est complètement débile puisque je ne regarde pas les paramètres de l'environnement donc voilà ça t'amène à cette hyper-conscience mais Pierre je te rejoins et il faut l'avouer c'est vrai que des fois tu n'as pas conscience du danger ou tu penses être en sécurité toi tu ne t'attaches pas et nous on check un peu moins donc ce n'est pas ça qui va t'amener à un accident tu peux avoir la chance de ne pas avoir de danger à cet endroit là et de super checker et de tomber dans un accident surprise en fait donc ouais vigilance et on revient à nouveau sur l'approche la montagne est toujours là si on ne le sent pas on redescend

SPEAKER_02

c'est peut-être là où ce n'est pas évident, c'est à dire qu'au fur et à mesure que tu engranges de l'expérience ta grille évolue, c'est à dire l'endroit où tu places le curseur sécurité, performance ça bouge, j'imagine que la première fois que tu as tenté ton Mont Blanc ou Pierre, ta première transat t'es peut-être beaucoup plus vigilant que quand c'est ta cinquième dixième, vingtième ascension ou traversée mais pour autant le danger est toujours là donc tu vois je me pose la question de comment est-ce que vous faites surtout quand le manque de lucidité arrive et là je pense à la PTL que je viens de faire où on a dormi enfin moi j'ai dormi je pense je pense 5h moins de 6h c'est sûr en 7 jours et 6 nuits et en fait il y a certains passages engagés de la fin de parcours où je pense que j'étais moins vigilant qu'en début de parcours parce que on avait déjà bouffé un paquet de via ferrata de de pierrier, de passage aérien, etc. Et en plus, parce qu'il y avait beaucoup de fatigue, et que du coup, j'avais un temps de réaction qui était peut-être moins important. En tout cas, une vigilance qui était clairement moins importante. Donc, comment est-ce que ça vous le gérez

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que c'est des points sur lesquels vous êtes hyper vigilant pendant les expés

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que vous avez des indicateurs physiologiques que vous surveillez respectivement

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ou ça se fait justement grâce au pouvoir de l'équipe

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

vous suit je peux répondre si tu veux pierre ouais j'ai déjà à reprendre ta remarque de tout à l'heure quand tu découvres un milieu en tout cas je parle pour moi j'étais plutôt inconscient des dangers quand tu

SPEAKER_01

démarres

SPEAKER_03

oui parce que tu fais ça avec un guide parce que tu te dis il y en a plein qui sont montés au sommet du mont blanc ou ici ou là et donc tu as tu as pas la perception de tous les paramètres du milieu et effectivement plus tu as des expériences et plus tu entends parler d'eux et plus tu vois que tout le monde check etc il Et plus ça te rend prudent, en fait, en l'occurrence. Alors, c'est peut-être l'âge aussi. C'est-à-dire que, voilà, moi, je ne suis pas tout feu, tout flamme. Et donc, du coup, voilà, tu temporises le truc et puis tu vas te dire que vaut un sommet par rapport à une vie, etc. Peu importe. Je reviens sur la poche. Le deuxième élément, là, tu vois, c'est dans l'exemple que tu as donné et c'est peut-être aussi ce que vit Pierre, c'est que vous, vous êtes dans une course, tu as un chrono, tu as des concurrents. Toi, il faut que tu finisses. Tu vois, tu as des barrières horaires. Tu as des barrières horaires. Nous, en fait, on a la contrainte des fenêtres météo qu'il faut détecter et optimiser. Mais on ne va pas essayer d'aller plus vite que les Anglais qui sont à côté de nous, les Américains, les Russes, etc. On ne fait pas une course internationale sur un sommet. Tu as une saison, donc tu as des périodes dans l'année où tu peux faire certaines montagnes et pas d'autres, etc. Tu as des fenêtres météo et le but du jeu, c'est d'être au mieux de ton niveau au moment où il y a une fenêtre météo pour saisir ta chance et faire le sommet mais entre temps et sur des expéditions qui sont longues où déjà nous il faut s'acclimater donc tu vois déjà le rapport au corps est complètement différent tu pars sur un truc long il faut créer du globule rouge c'est pour ça que tiens je reprends l'exemple de l'Everest c'est un projet qui fait 8 semaines et le sommet on l'a fait la 7ème semaine ça veut dire que pendant 7 semaines ta préoccupation c'est créer du globule rouge et donc à l'intérieur de ça ton Ton focus, c'est sur la gestion de l'énergie. Dans la gestion de l'énergie, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est quels sont mes paramètres d'acclimatation qui vont me permettre d'aller plus haut. Quel est mon taux de saturation en oxygène

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et ensuite, comment je gère les paliers où je monte plus haut pour créer de l'oxygène

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Et quand je redescends, comment j'optimise la récupération

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

C'est assez logique de temps fort, temps faible. Temps fort, on monte. Temps faible, on récupère. Mais on n'est pas pressé par le chrono. On peut être pressé par une fenêtre météo qui est courte en disant, tiens, on avait prévu... le jour, on ne récupérera qu'une journée et il faut monter. Mais après, quand on monte, tu as moins cette logique des barrières horaires que vous pouvez avoir des concurrents. Moi, ça, c'est un sujet qui m'a beaucoup intéressé avec Pierre et tu viens d'évoquer là, c'est la gestion du sommeil. Pour moi, ça me paraît carrément la façon que vous avez de gérer le sommeil parce que nous, on fait des nuits, alors que tu dors pas très bien, mais on fait toujours des nuits, sauf les jours de sommet où tu peux partir en fin de soirée ou en tout début de nuit, de matinée à 1h du matin ou 2h du matin sur le Mont Blanc avec Pierre on est parti à 1h30 du matin donc là t'as une nuit courte mais on avait fait 4h de sommeil avant et on arrivait reposé de la vallée tu vois donc on avait emmagasiné un certain nombre de sommeil, moi Pierre il me parlait de ces cycles de sommeil c'est sûr qu'il est pas lucide et donc du coup tu peux pas bien apprécier l'environnement, pas prendre les bonnes décisions et donc te mettre en

SPEAKER_02

risque

SPEAKER_03

sans t'en

SPEAKER_00

rendre compte Le sommeil essentiel de sommeil Oui bah alors nous le déjà, en solitaire et sur la Mini Transat, on parlait du côté comment tu te prépares avec l'équipe. Une fois qu'on est en mer, nous, on est tout seul. La Mini Transat, on n'a pas un téléphone satellite pour appeler et dire j'ai un problème, comment je répare ou je ne me sens pas bien, aidez-moi, remontez-moi le moral. Donc, il y a cet aspect où on est livré à nous-mêmes. Tu n'as

SPEAKER_02

vraiment, pardon Pierre, mais tu n'as vraiment aucun équipement ou c'est juste que l'équipement est, par exemple, sous-cellé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, on n'a rien. On a juste la balise de détresse. Le seul contact qu'on a, c'est une radio BLU, donc des ondes à haute fréquence où la direction de course nous diffuse un bulletin météo une fois toutes les 24 heures. Donc une fois toutes les 24 heures, on a Denis, le directeur de course de la Mini Transat qui nous dit dans les telles zones les conditions de vent pour les deux prochains jours. On a l'évolution dans différentes zones sur deux jours pour faire à peu près notre stratégie. Alors, on a la balise de positionnement aussi du bateau qui permet aux gens à terre de suivre notre position. Ça, c'est un petit téléphone satellite, mais qui est verrouillé que pour la direction de course. Il y a quelques messages préenregistrés où on va dire, problème technique, tout va bien, je gère. Ça, c'est juste pour prévenir la direction de course si elle voit que le bateau ne bouge plus pour les rassurer et qu'ils n'engagent pas des secours à faire décoller un avion, un hélico ou dérouter un cargo au milieu de l'Atlantique pour venir voir ce qui se passe. Par exemple, si on a des matées, il y a un message préenregistré qui dit dismast on leur envoie ils savent que le bateau est dématé voilà c'est il y a juste ça qui nous permet d'envoyer mais on peut rien recevoir alors la direction de course aussi peut envoyer des messages par exemple pour dire déroutez-vous vers telle position parce que là on voit qu'il y a un concurrent il y a un souci on veut que vous alliez voir pour nous rassurer mais c'est tout nous sur la première étape ils nous ont envoyé quand on était le long de l'Espagne il y a eu un très très gros coup de vent annoncé avec des vents à plus de 50 nœuds donc au Cap Finistère, avec le plateau continental, ça a fait des vagues qui faisaient... Il y avait 4,50 mètres, 5 mètres annoncés. Donc, la direction de course nous a dit, nous vous conseillons fortement de vous mettre à l'abri. Ils nous ont envoyé un message là-dessus, de vous mettre à l'abri. Alors, on l'avait aussi au bulletin météo, qui est diffusé par la radio, mais cette radio, elle ne capte pas toujours bien. Donc, pour s'assurer, ils nous avaient envoyé ça. On s'est tous mis à l'abri pendant 36 heures dans des ports en Espagne. Donc, course... course suspendue pendant 36 heures c'est la sécurité prime voilà ça c'est possible quand on est le long de l'Espagne après Jérôme c'est ce qu'il dit il n'y a pas de pression de résultat en alpinisme enfin en montagne nous on en avait moi j'en avais pas non plus j'étais amateur pur avec un boulot à côté donc déjà moi ma performance c'était arriver de l'autre côté être au départ de la transat parce qu'il faut se qualifier et après le reste ça sera du bonus après on reste tous compétiteurs et on aime bien on aime bien naviguer ça c'est sûr moi j'étais un petit peu déçu de mon résultat de Transat par rapport aux courses préparatoires mais bon il y avait toute cette satisfaction d'arriver au bout et notre entraîneur à Lorient nous disait toujours la première victoire c'est déjà d'être au départ vous allez bosser dur et après de toute façon ça reste un sport mécanique il y a des aléas tu vas peut-être casser pas aller au bout mais ton projet tu l'auras fait on aime bien aller au bout quand même mais voilà mais le solitaire c'est après il faut apprendre à se connaître soi, il faut apprendre à connaître son bateau, à savoir réparer à peu près tout parce que on doit être couteau suisse on doit savoir recoudre une voile on doit savoir un peu comment marche l'énergie sur le bateau parce qu'on tout marche au solaire avec des piles hydrogènes ou avec des hydrogénérateurs donc ça il faut savoir avoir des petites bases en électricité si on doit réparer savoir faire une petite soudure ou des choses comme ça. Tout l'électronique aussi, il faut regarder un peu comment est montée son électronique, son système de pilote, ça c'est des petites bases à avoir aussi, il faut savoir faire, il faut avoir des bases en matériaux composites s'il y a des pièces qui se pètent sur le bateau, en matelotage, voilà, donc moi c'est ce qui me plaît dans le bateau, c'est qu'on est assez couteau suisse, on n'est pas spécialisé, mais c'est, et je regardais encore hier un film sur une plateforme de film de voile, c'est ce côté en solide ce n'est pas le meilleur marin qui va gagner, c'est celui qui est le moins mauvais sur l'ensemble des domaines. C'est arrivé à être le plus polyvalent sur l'ensemble des domaines. Je trouve

SPEAKER_02

ça hyper impressionnant, cette obligation d'être, comme tu dis, vraiment passe-partout. J'en ai un peu discuté avec mon père qui a fait trois Figaro et moi, ça m'a toujours fait halluciner. Cette capacité à vraiment accepter de se placer dans un environnement quand même au style loin de tout secours ou support potentiel et de dire ok quoi qu'il se passe je suis le seul à bord à pouvoir gérer et il faudra que je gère non mais

SPEAKER_00

c'est ce que c'est une des différences qu'on avait noté entre montagne et mais aussi avec jérôme alors c'est faux sur une petite course de saison ou pendant deux jours on fait on longe la côte où on va un peu en mer d'irlande ou tout ça mais quand tu es au milieu de l'atlantique tu dois être prêt aussi à se subir l'élément parce que s'il y a un coup de vent qui vient, enfin en mini 650 on n'a pas des bateaux assez rapides, si on prend les derniers bateaux du Vendée Globe ou les trimarants volants, eux ils peuvent fuir un système météo, ils arrivent à se déplacer plus vite qu'un système météo donc ils peuvent aller se mettre à l'abri, nous on sait que si tout à coup il y a quelque chose de costaud on va se le prendre et on va devoir faire le dos donc ça déjà ça fait partie de la préparation mentale de dire là ça va pas être drôle pendant peut-être 24, 36, 48 heures, on va essayer Et là où il faut avoir la lucidité de dire, d'où le sommeil aussi, de dire je mets le mot de course entre parenthèses parce que déjà pour gagner une course, il faut la finir. Donc je ne vais peut-être pas balancer un spi quand il y a des claques à 35, 38 nœuds parce que le mât va peut-être tomber ou je vais péter le tube qui permet, le tangon qui permet de porter le spi. Donc derrière, il y a un moment où il faut accepter de se mettre en fuite, subir l'élément et dire ça ira mieux plus tard et il va y avoir 48 heures, pas drôle.

SPEAKER_02

et toi Pierre le sommeil comment est-ce que tu le gères du coup sur des courses vraiment longues typiquement la mini transat

SPEAKER_00

alors moi je sais que j'ai besoin de dormir ça je fais partie de ceux qui ont besoin quand même de cumuler un minimum de sommeil j'arrive pas certains sur des courses de 48 heures jusqu'à 60 heures vont réussir à pas dormir ou faire 3 fois 20 minutes moi ça j'y arrive pas je vais avoir un besoin minimum mais dès le premier jour je me mets dans un rythme de course et du coup la Transat je l'ai pas mal vécu parce que je me suis pas cramé par exemple je me suis cramé parce que j'avais plus de pilote mais la deuxième étape où tout s'est bien passé pendant 15 jours et au bout de 15 jours et demi j'ai perdu mon pilote j'ai jamais été fatigué alors souvent la première nuit on dort pas très bien parce qu'on est excité de partir il y a encore beaucoup de bateaux autour de nous donc il faut être vigilant sur les collisions parce que quand un bateau est sous pilote et qu'on dort il avance à la même vitesse que quand on dort pas donc Moi, le sommeil, je l'ai toujours bien géré. Je n'avais jamais eu d'hallucination, par exemple, avant de perdre mon pilote. Tout ça, je ne m'étais jamais mis dans le rouge-rouge au niveau fatigue. Je sentais que j'étais fatigué. On sent qu'on est moins alerte, qu'on est un petit peu dans les vapes comme un lendemain de soirée où on va planer un petit peu, mais toujours en étant lucide. Après, on voit bien que dans les gestes, dans ces manœuvres, on est beaucoup plus lent. On ne va pas envoyer une voile, changer une voile aussi vite que le jour du départ où on navigue entre trois bouées de devant le port avant de partir au large ça on le sent mais je me suis toujours senti lucide au niveau de la fatigue, moi je sais que j'avais fait de la sophrologie pour me préparer à ça donc avec toute une partie de faire du repos actif il y a des moments où juste s'allonger, arriver un peu à faire le vide dans la tête, on se repose ça je le fais, j'arrivais bien dès que le vent est stable par exemple ça sert à rien d'aller barrer se mettre en plein soleil quand il fait très chaud il faut se protéger il faut arriver à se dire qu'on est la machine qui fait avancer une autre machine et arriver à toujours garder ce minimum d'énergie ce minimum de lucidité parce que le bateau c'est lui qui nous amène à bon port et il faut être toujours en capacité d'en prendre soin d'en prendre soin

SPEAKER_02

Et donc concrètement, tu es arrivé à te ménager combien d'heures de sommeil

SPEAKER_00

par bloc de 24 heures

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi, je n'ai jamais mesuré, mais je pense qu'il me fallait un minimum de 4 à 5 heures cumulées dans la journée. Sur les courses de saison, je ne dormais jamais plus de 20 minutes, 25 minutes d'affilée parce que c'est dangereux. Il y a les pêcheurs, il y a les autres bateaux, il y a les concurrents, il y a les cailloux, il y a des bouées à éviter qui balisent. Quand on est le long des côtes, il faut vraiment être vigilant, il y a du trafic. Sur la transat je m'accordais une fois par jour une heure d'affilée et après c'était que du 20 minutes donc après c'est souvent tu dors 20 minutes c'est là où il faut avoir une capacité à s'endormir vite pour essayer de profiter de ces 20 minutes mais moi dans le bateau dès la première nuit je sais que toutes les 20 ou 25 minutes le réveil du bateau sonne ça je le mets par mesure de sécurité pour me dire si jamais je rentre manger et que je suis trop fatigué et que je tombe de fatigue au moins dans 20 minutes je me réveille ça c'est une rigueur que je me suis toujours mis alors si je sais que je vais manœuvrer, manger, que je suis en forme je mets 40 parce que je sais que les 20 prochaines minutes je vais être actif mais mon réveil sonne toutes les 20 minutes dans le bateau ok et après on cumulait je pense autour de 5 heures sur la transat et sur les courses de 3 jours on Oui, après, c'est un rythme. Malheureusement, c'est une question qu'on nous pose beaucoup, c'est comment tu te prépares à ça. Quand tu as un boulot à côté, tu ne peux pas essayer pendant une semaine de dire je vais me faire affaire des siestes de 20 minutes. Et puis même, physiologiquement, quand on est à terre, moi, je l'ai vécu sur ma première transat en 2015. Alors là, on était trois, donc on faisait des quarts de quatre heures la nuit. Mais tu vois que le corps humain, il n'est pas forcément fait pour dormir huit heures d'affilée et être réveillé pendant pendant 16 heures. Moi, je sais que je faisais mes nuits, je faisais deux fois trois heures ou trois fois trois heures dans la journée pendant la transat en 2015 et j'étais en pleine forme comme à terre. Mais maintenant, quand on est à terre, ce rythme-là, quand on a un boulot, quand on a le côté vie sociale qu'il y a sur terre, on ne peut pas se l'imposer tout seul dans son coin pour dire je m'entraîne. C'est idiot déjà parce qu'en fait, on ne se repose pas. On doit se griller quelques neurones à faire ça, j'en suis conscient. et

SPEAKER_02

sur la partie tu expliquais que quand tu passes sur des cycles de 20 minutes c'est hyper important d'arriver à t'endormir rapidement il y avait quoi comme technique très concrète que tu utilisais pour y arriver

SPEAKER_00

alors moi j'avais fait une dizaine de séances de sophrologie c'est ce qui m'a le plus servi c'est arriver à me relâcher et à me dire quand je m'allonge dans le bateau je suis là pour me reposer et il faut vite que j'arrive à lâcher prise. Alors après ça, ça vient avec l'expérience. Le bateau, avant de partir faire la Transat, je crois qu'en deux ans, j'ai fait un peu plus de 12 000 nautiques et je suis parti en Transat, je devais en avoir 7 500 à bord. Donc j'avais déjà fait plus de la moitié des navigations. On connaît son bateau, on a navigué. Le parcours de qualification fait qu'on navigue dans des conditions en course, pas en course. Donc on apprend à gérer la solitude, on apprend à gérer plusieurs conditions météo ça c'est aller se forcer à naviguer dans du vent fort l'hiver quand il fait froid à Lorient, on le fait en entraînement donc on a tout ce vécu qui permet de dire je lâche prise le pilote automatique il y a 25 nœuds de vent je suis sous spi, je vais dormir et le bateau il marche à 30-35 km heure, pas de soucis c'est se forcer, moi je me forçais beaucoup à utiliser beaucoup mon pilote dans plein de conditions pour savoir que quand j'allais dormir ça tenait, ça marchait quoi la première nuit que j'ai fait en solitaire en 2018 c'est sûr que j'ai pas bien dormi quand je mettais le pilote je me revêtais 30 secondes j'arrivais pas à fermer l'oeil mais petit à petit c'est le vécu c'est l'expérience en fait on arrive à lâcher prise beaucoup plus facilement ce qui est rigolo c'est qu'on arrive à connaître tous les bruits du bateau donc il y a toujours un vacarme pas possible quand le bateau avance à fond mais on sait c'est bruit normal et tout à coup c'est ah bruit pas normal et quand on dort on entend ce bruit pas normal on se réveille on sort on sait qu'il y a qu'il y a quelque chose, qu'il y a une voile mal réglée ou quelque chose qui est en train de péter. On entend tous ces petits bruits différents qui nous alertent.

SPEAKER_03

Loïc, je peux te rajouter quelque chose. Déjà, sur le lâcher prise par rapport au pilote automatique, c'est quelque chose. C'est-à-dire que quand on était ensemble au large de l'Orient, tu vois Pierre qui fait sa manœuvre, il fixe le cap pour le pilote automatique et puis après on discutait ou alors il affine un réglage, etc. C'est quand même bizarre de te dire, en tout cas moi c'est la sensation que j'ai eue, tu te dis tiens, le bateau, en plus tu as deux types de pilote automatique, ça m'a bien intéressé soit tu fais effectivement un cap, soit tu fais, si t'as un vent qui tourne un peu, tu adaptes par rapport à

SPEAKER_00

tu le mets en mode vent ou en mode compas le pilote, donc soit il va tout droit tu lui dis tu fais du sud, c'est à dire 180°et il quitte pas le sud ou soit tu lui dis tu te mets à 140°du vent et comme ça il suit

SPEAKER_03

le vent c'est juste lâcher prise de te dire là c'est bon, faisons confiance à la machine elle fait tout et après deuxième truc que je voulais dire Loïc c'est que on a eu donc du coup dans l'expérience moi j'avais dit à Pierre je veux absolument naviguer de nuit voilà pour voir voir rien en fait qu'est-ce que ça fait parce que j'ai dit moi j'ai ok j'ai marché en montagne de nuit c'est ce qu'on a fait quand on a fait le Mont Blanc ou j'ai fait du jour blanc aussi quand tu es au Rhineland quand tu es au Pôle Nord ou au Pôle Sud pas jour blanc mais jour permanent mais de nuit quoi et donc je me suis mis j'ai essayé de faire mes 10 minutes de pause là comme Pierre je me suis mis au fond du bateau donc j'ai pas réussi à lâcher prise parce que J'écoutais les bruits, moi. Et donc, comme je n'avais pas l'oreille affinée, tous les bruits que j'entendais étaient suspects. C'est-à-dire qu'il faut quand même dire, Pierre, la réalité, c'est qu'il a une épaisseur de coque de, je vais dire une bêtise, mais quoi, 5, 6, 7 millimètres, 8

SPEAKER_00

millimètres.

SPEAKER_03

Oui, oui, oui, on voit l'eau à travers la coque. C'est vrai, je te garantis, Loïc, qu'on voit l'eau à travers la coque. Et surtout, tu l'entends bien, l'eau à travers la coque. Donc, tu as un petit brouhaha sympathique dans son bateau. Ce n'est pas très silencieux, en fait. Il ne faut pas imaginer que tu es tranquillou... il y a pas mal de bruit alors pour détecter le bruit suspect je pense que ça demande effectivement pas mal d'heures passées avec ton bateau qui fait que je pense que tu sais le repérer mais moi tous les bruits étaient suspects en fait à partir du moment où t'es dans le bateau tu dis je fais confiance au pilote automatique je vois plus rien il y avait des lumières en plus et tu sais même pas apprécier la distance de la lumière de la bouée tu crois qu'elle est à 200 mètres en fait elle était à 20 mètres donc c'est Pierre qui me disait bah non elle est pas à 200 mètres elle est juste à côté

SPEAKER_00

ah bon d'accord il faut faire confiance au GPS la

SPEAKER_03

nuit donc tous ces repères là autant dire que et puis je t'écoutais à nouveau et c'est moi c'est ce qui m'a vraiment surpris dans l'expérience qu'on a menée c'est que toi c'est quand même un sport mécanique d'ailleurs c'est comme ça que tu l'as qualifié d'entrée de jeu tu as un rapport à la machine quelle qu'elle soit cette machine en l'occurrence là c'est pas mécanique au sens il n'y a pas de moteur puisque c'est à voile mais tu as un tu as un rapport à la technique que nous, on n'a pas. Nous, ça va être la technique qu'on va, entre guillemets, maîtriser. Ça va être comment j'utilise mon piolet, comment j'utilise mes crampons, comment on s'encorde, quelle distance, etc. Mais ça reste une technique qui est associée au physique. Toi, tu parlais des matériaux tout à l'heure, c'est le choix des matériaux. J'avais l'impression, écoute, Pierre, d'entendre un ingénieur, en fait, en l'occurrence. Moi, ça m'impressionne, quand je te dis ça, c'est impressionnant.

SPEAKER_00

Après, la voile, oui, ça c'est... complètement vrai quand on regarde le profil aujourd'hui si on part sur les skippers du Vendée Globe ou des trimarons ultimes c'est tous des profils qui sont ingénieurs quand on fait des écoles d'ingé parce qu'on arrive à un niveau de technicité sur ces machines là qui est beaucoup plus complexe que nous les mini 650 mais oui un bateau c'est que de la physique que ça soit de l'aéro, de l'hydro et du composite ou de l'électronique donc c'est que un ingénieur bien câblé comprendra tout de suite pourquoi sa voile n'est pas réglée là où moi j'avais besoin de plus de temps pour dire je comprends que l'écoulement est perturbé pas laminaire,

SPEAKER_03

pas machin donc c'est impressionnant Loïc du coup de te dire dans le profil après ou les compétences tout à l'heure on parlait un petit peu de MacGyver être capable de tout réparer etc mais je trouve que tu as quand même un rapport à la technique qui est beaucoup plus marqué que dans les activités de montagne ou les activités polaires on va être sur de la navigation, du repérage de l'aérologie n'est pas tous les éléments que Pierre vient de présenter en termes de maîtrise en fait en l'occurrence ça fait une complétude qui est beaucoup plus large il me semble chez le skipper, nous il y aura beaucoup plus de physique et de rapport direct à l'environnement que Pierre quand je te dis physique derrière moi ma préoccupation c'est pas vraiment le sommeil, c'est les calories quand tu es par exemple sur une traversée polaire tu tournes à 6 000 calories jour. Donc, tu passes deux heures de ta journée à bouffer, c'est tout. Mais malgré tout, tu vois, tu prends 6 000 calories, donc il faut les porter puisqu'il n'y a pas de ravitaillement qui sont prévus. Et c'est ta préoccupation déjà de faire tes calories, tes rations, parce que tu sais que tu vas perdre des kilos. Tu vois, sur une traversée polaire de 30 jours, le Groenland, on a tourné à 6 500 calories et on a perdu 8 kilos chacun. Le Pôle Sud, pareil. Ah oui, On a fait 650 km de marche et là, ça a duré 35 jours. Moi, j'étais à 6400 calories jour. 6400 calories jour, juste pour te donner un truc, c'est quand même au moins une tablette de chocolat de 200 grammes par jour et par personne. 200 grammes. Donc, j'ai beaucoup mangé de chocolat. Mais en fait, tu arrives au Pôle Sud, tu as quand même perdu 8 kilos. Alors, tu pourrais ne pas perdre ces 8 kilos, mais il faudrait partir avec 8000 ou 8500 calories. Mais ça veut dire que tu ne pars pas avec 80 kilos à traîner, tu pars avec 110 kilos lois traînées. Donc après, tu vas moins vite. Donc tu as tous ces arbitrages-là. Mais bon, ça, c'est de l'expérience. Ça m'a l'air un peu plus accessible que tout ce que dit Pierre.

SPEAKER_02

Et moi, ça m'a impressionné. Vue de l'extérieur, je trouve ça tout aussi impressionnant les deux. Alors effectivement, c'est pas les mêmes... Les deux milieux sont déjà hyper hostiles et je trouve que le fait de partir sur des expéditions aussi engagées dans des milieux... course au large ou haute montagne c'est déjà impressionnant mais après tu vois moi je trouve ça aussi fascinant cette capacité à se connaître tellement que tu sais tu vois on arrivait à calculer précisément à peu près le nombre de calories qu'il faut estimer ton rythme de marche selon le terrain pour pas transpirer pour pas que ça gèle sur tes vêtements c'est aussi une science qui est quand même très très fine tu vois alors t'as pas de mécanique impliquée tu vois je pense tout de suite à des livres que j'ai lu forcément de Mike Horn où il t'explique tu vois quand il perd son kite au pôle sud qui voit rien il voit pas à 20 mètres mais il arrive à retrouver son kite parce qu'il sait qu'il a une jambe plus courte à droite et donc il dérive de 5 degrés quand il va et finalement il finit par tomber sur son kite au bout d'une demi-heure de marche dans la tempête tu vois et tu te dis mais c'est quand même c'est hallucinant le gars il se connait tellement bien qu'il arrive à faire

SPEAKER_00

ça je pense ouais il faut penser quand on est sur l'alpinisme ou des projets ou le physique et puis moi c'est ce que j'ai noté dans les différentes mers montagnes c'est l'alpinisme c'est le c'est le physique, la prépa physique en amont le plus important et après il y a l'aspect mental de dire oui, par moments c'est dur donc il faut que je pousse mais le corps humain c'est une mécanique aussi on a besoin d'énergie pour fonctionner, c'est la bouche, on a besoin de repos de temps en temps pour qu'un muscle tétanise pas il faut penser à boire on est sa propre mécanique, nous on est sur la voile, il faut connaître et la mécanique de ton bateau et la tienne un petit peu mais surtout liée à la... alors le mini c'est le mini c'est pas un bateau très physique c'est ce qui fait que ça reste un bateau accessible demain on va sur un ultime un trimaran ultime ou un bateau ou un IMOCA du Vendée Globe là il faut une vraie prépa physique en amont moi j'avais pas le temps d'en faire une ou pas la rigueur d'en faire une parce qu'on a toujours du temps si on veut mais un mini la voile on la porte un SPI ça doit peser 3 kilos une voile d'un bateau du Vendée Globe ça pèse vite 80 kilos certaines voile donc pour les bouger même pour border une voile ou faire une manoeuvre il y a certains bateaux c'est une demi-heure au moulin à café donc là le cardio il prend un coup pour tourner les manivelles à fond pendant une demi-heure nous en mini c'est fait tout en 5 minutes donc là l'aspect prépa physique moi je sais que c'était du gainage beaucoup parce que ce qu'il y a d'extrêmement mini c'est que tu te tiens pas debout dans le bateau c'est tout petit t'es plié tout le temps donc il faut être un minimum gainé pour pas te faire mal au dos et toi pouvoir justement te protéger protéger ta mécanique personnelle pour la mettre au service de ton bateau mais sur les gros bateaux il faut une prépa physique costaud en amont et je pense qu'en alpi ou en expédition tu sais que ta survie ta capacité à aller au bout dépend de ton physique en 1 et si tu sais que tu as un bon physique au niveau mental tu seras plus fort derrière j'ai fait le Mont Blanc en juin on a fait une voie qui était engagée parce qu'on a fait la voie des grands mulets donc l'ascension on part de 3050 et on va au sommet ça fait avec les creux, les petites descentes on est autour de 2000 mètres de dénivelé au dessus de 3000 mètres d'altitude donc c'était physique moi j'ai eu un petit coup de moins bien à un moment là depuis le Mont Blanc j'ai refait deux autres 4000 mais déjà mentalement de savoir que j'avais fait le Mont Blanc j'ai plus du tout de baisse de régime et j'ai continué à m'entraîner à faire beaucoup de dénivelé beaucoup de dénivelé depuis le Mont Blanc J'ai dû faire l'équivalent en dénivelé de ce que tu as fait d'une traite sur la PTL depuis le Mont-Blanc. Tous mes week-ends, en ce moment, je suis en montagne à randonner et j'ai fait pas loin de 30 000 mètres depuis le Mont-Blanc en dénivelé. En deux mois et demi. Le physique est là. Tout de suite, le mental est beaucoup plus fort. Tu sais qu'il n'y a pas de soucis. Tu y arrives. Tu vas au bout. Moi, j'aime bien cet aspect de la pédagogie où on est un consciemment incompétent au début donc on est bête, on fait des bêtises après on est consciemment incompétent donc on est dans un milieu où on sait qu'il y a des risques donc on fait attention, on écoute son guide, on écoute son prof, enfin son guide de haute montagne, on écoute son prof de voile, après on est inconsciemment compétent, on commence à être bon et on le sait pas et après quand t'es tout là-haut t'es consciemment compétent et t'es très content ou là t'es en maîtrise, là tu sais que tu peux prendre un risque, tu sais que tu le prends tu étais prêt à l'assumer quoi

SPEAKER_03

louis que si tu me permets je vais revenir sur ta remarque de tout à l'heure là avec ton exemple de mike horn en fait moi ce qui m'a surpris et c'est ce que c'est ce que j'adore c'est que tu tu tu redéveloppes un contact direct avec avec l'environnement tu réactive des sens qu'on n'a pas l'habitude d'activer en fait en ville tu relances le côté animal qui est qui avec ce contact direct donc juste la petite remarque que tu disais tiens il va plutôt vers la droite ou vers la gauche etc bon nous c'était marrant parce que par exemple sur le pôle sud on était 4 et donc c'est celui qui est devant qui donne à la fois le rythme et le cap et effectivement t'as ceux qui tirent vers la gauche et t'as ceux qui tirent vers la droite donc là t'as un principe d'équipe et donc c'est le deuxième c'est celui qui est derrière puisque c'est là où tu vois que la ligne elle devient courbe et qu'elle est plus droite puisque t'es derrière qui est réajustée donc c'est bien plus difficile difficile pour Mike Horn puisqu'il est tout seul mais nous on réajustait le cap parce qu'effectivement à un moment donné je sais que Ali l'anglais lui tirait à droite moi j'avais tendance à aller vers la gauche en fait en l'occurrence et donc on avait fait des trucs où il y en a qui allaient à droite celui qui suivait il allait plutôt vers la gauche et donc ça faisait droit ça c'est le premier point donc c'est rigolo mais dans le rapport direct à l'environnement autant tu vois Pierre quand on en discutait il s'est apprécié quand il regarde là où la réaction du bateau tout ça la vitesse du vent nous ce qui était marrant c'est la température extérieure. Le plus important, tu vois, quand tu fais une expédition, c'est savoir comment tu vas t'habiller. Ce que j'ai appris à faire, c'est exactement ce que tu as dit, Loïc, c'est que dans les milieux polaires, il ne faut pas transpirer. Il ne faut pas transpirer, puisque si tu transpires, comme tu l'as dit, effectivement, tu gènes tes vêtements et donc tu as froid. Donc, ça veut dire qu'il faut que tu sois toujours en deçà de ton engagement physique et en fait, la seule réponse que tu puisses apporter, puisque tu ne peux pas dire, il y a une montée, je vais la faire. Non, je suis obligé de la faire, j'ai la poulka derrière, il faut que j'engage quand même donc tu joues avec les vêtements et tu te mets toujours en logique de j'ai presque froid j'ai presque froid, donc c'est l'effort qui va me réchauffer, mais comme j'ai presque froid, du coup je vais pas transpirer et donc pour revenir à ma question de savoir comment s'habiller, puisque c'est quand même la vraie contrainte qui est liée à cette transpiration il y en a toujours un qui sortait en premier et c'est marrant parce que on vit tous dans la ville, donc t'as un petit étalonnement à faire, tu vois, tu dis tiens il fait moins 25, qu'est-ce que je ressens« Tiens, il fait moins 30, qu'est-ce que je ressens

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

» Et le premier qui sortait, donc il nous disait, donc on prenait le thermomètre pour la vitesse du vent, mais en tout cas, il dit« Voilà, il doit faire moins 25.» Et tu sors le thermomètre, il fait moins 26, ou moins 24, ou moins 27, il n'y a pas un écart de température. Je te donne un autre exemple, quand on marchait, avec l'effet du vent, des fois, on a quand même tapé du moins 50. Et il y a une bascule qui se fait, c'est-à-dire que jusqu'à moins 40, on est à trois couches, c'est-à-dire tu as une première couche fine, et puis après une deuxième couche qui peut être une polaire fine, et puis après une troisième qui est une polaire un peu couvante, mais surtout pas une Gore-Tex, la Gore-Tex va te faire un effet d'étuve en fait. Et tu peux être sûr que tous à moins 40, tous, dès qu'il faisait moins 40, on s'arrêtait, on mettait une quatrième couche, mais tu sais le déclencheur, moins 40, tu sais, c'était marrant, ce repère-là, tchac

UNKNOWN

!

SPEAKER_03

Effectivement, dans la perception que tu as dans l'environnement enfin moi en tout cas c'est vraiment ce que j'aime c'est que tu redécouvres ce côté animal et tu réveilles des sens qui sont juste aujourd'hui endormis tu vois quand on faisait par exemple la navigation moi j'avais la chance d'avoir la navigation de midi tu vois on faisait un tour de rôle tac tac et moi je faisais on faisait une heure et quart de marche où tu es devant et puis 10 minutes de repos et puis tu passais derrière et on faisait comme les cyclistes tu vois tu es devant tu passes derrière et puis tu remontes le truc etc et on démarrait à 9h le matin et moi j'avais celle de midi et donc la chance que j'avais c'est que en fait j'avais l'alignement de mon nombre qui donnait la direction du pôle sud donc j'avais pas j'avais même pas pour démarrer de faire a besoin de faire un recalage c'est à la boussole quoi je suis ton nombre et ensuite effectivement mais comme je marchais une heure et quart date à le soleil qui dérive de 15 degrés en fait en une heure et donc je réajusté en fonction de l'ombre portée mon cap mais sans sortir la boussole et en fait c'est vachement intéressant c'est qu'au début tu es avec ton gps tu sors la boussole tout machin tout truc etc et en fait on a trouvé un système où en jouant avec la montre on avait tous les mêmes ombres portées et donc on gérait dans d'autres trucs et on ne perdait pas de temps à s'arrêter, refaire un recalage, etc. Moi, j'adore ça parce que là, effectivement, juste pour revenir sur ce point-là, c'est des sens qu'on a tous mais qui sont juste insoupçonnés finalement et qu'ils reviennent naturellement. Ce n'est pas un don particulier. Je crois qu'on arriverait tous à faire ça et c'est génial ce rapport direct avec l'ancienne en fait, avec les éléments qui sont à ta porte en l'occurrence. Donc ça, c'est chouette. Je ne suis pas sûr de pouvoir retrouver un kite comme Michael parce que largement supérieur moi je serais

SPEAKER_02

parti la voile et puis je l'aurais jamais retrouvé c'est hyper intéressant ce que tu disais sur le point de détail mais sur le système des trois couches parce que tu vois moi la croyance que j'ai enfin c'est un truc un peu classique t'as une première couche chaude enfin une première couche qui évacue la transpil la deuxième un peu chaude et la troisième c'est la Gore-Tex qui te protège de l'extérieur mais tu disais qu'elle est surtout pas en milieu polaire parce qu'en fait pourquoi ça te refroidit c'est ça la Gore-Tex En

SPEAKER_03

fait, il te faut une troisième couche coupe-vent, mais pas en logique de Gore-Tex, puisque le Gore-Tex évacue pas assez la transpiration. Donc, t'as pas assez de respirabilité. Et donc, du coup, tu vas faire un effet d'étuve sur ta première couche. Donc, voilà. On avait juste les polaires coupe-vent, là, aujourd'hui, qui font très bien. Mais c'est vrai que ça va pas du tout pour un mode statique. C'est-à-dire que dès qu'on faisait notre pause de 10 minutes minutes pour manger, se réhydrater, etc. Là, tu sors la grosse doudoune, en fait,

SPEAKER_01

pour

SPEAKER_03

ne pas tomber froid. Parce que par moins 30 ou moins 40, avec mon système-là, tu ne tiens pas. En fait, comment tu vas réguler ta température

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Tu vas réguler ta température avec le rythme physique que tu mets. Et je te donne un exemple. Quand il fait plus froid que moins 40, on ne faisait pas 10 minutes de pause. Alors là, on n'était pas finis du tout. On faisait 5 minutes de pause et on redémarre. Parce qu'en fait, la seule façon que tu as de te réchauffer, c'est de produire l'énergie et c'est donc de marcher. Et après, si tu es un peu froid, la façon de te réchauffer, c'est soit tu mets une couche supplémentaire ou soit si c'est gérable, tu accélères un peu en fait, en l'occurrence. Mais qui dit accélérer, dit consommation d'énergie. Enfin, je reviens un peu sur le cycle de dire combien j'ai pris de calories, machin, etc. Mais du coup, tu vas réguler ta température et ça, ça veut dire que tu as un milieu qui est à peu près plat. Ça ne marche pas complètement sur le pôle Nord où là, tu vas avoir des morceaux de glace à marcher. Donc là, tu as Poulka, il faut la transporter, il faut la passer par-dessus, les gros morceaux de glace, etc. là, tu vas plutôt transpirer. Donc, tu ne peux pas réguler sur une calotte, par exemple, comme le Groenland ou le Pôle Sud. C'est plat. Donc, du coup, tu n'as que le vent, en fonction d'où il vient, qui va te ralentir ou t'aider. Mais voilà, tu vas pouvoir jouer. C'est comme si tu étais cycliste en pleine. Donc, tu peux jouer après sur ta propre vitesse. Mais bon, c'est que du ressenti, en fait. Moi, c'est ça, Louis, qui est intéressant. C'est un ressenti qu'on développe tous. C'est en passant un peu de temps. On serait tous, on fait un projet ensemble, on fait le test de la température le matin et à 2 degrés près, vous la trouvez la température, il n'y a pas de problème,

SPEAKER_00

vous la trouvez. Je pense que c'est ce qui relie mer et montagne, c'est que c'est deux milieux, et tous les milieux en fait, c'est que dès que tu as de l'expérience, dès que tu as du vécu au bout d'un moment, il y a des automatismes qui viennent et qui te permettent ces deux, alors là c'est sur des environnements, montagne, l'océan, mais qui ont beaucoup de similitudes en fait, c'est arriver à t'adapter toi, te connaître toi, te connaître ton bateau, te connaître toi en montagne. Et à partir de là, tu peux aller au bout de ces projets si tu es à peu près bien câblé et que tu as un minimum de force mentale aussi, qui est quand même deux milieux où le mental

SPEAKER_03

joue beaucoup. Si je peux me permettre, comme les milieux qu'on vient d'évoquer sont hyper exigeants, je crois qu'on l'a dit finalement de depuis tout à l'heure, nous on se sent vulnérable Pierre tu tombes, c'est fini et moi je tombe dans une crevasse, c'est fini tu te sens hyper vulnérable et ça accélère en fait l'apprentissage tu parles d'adapter d'expérience moi ce que je remarque par rapport au monde professionnel ou peut-être la vie de tous les jours où t'as pas forcément cette même exigence c'est qu'en gros t'apprends plus vite

SPEAKER_00

oui et ta prise de décision est plus rapide aussi t'en as

SPEAKER_03

besoin je te donne un exemple quand tu es dans le froid quand il fait entre moins 30 et moins 40 tu peux exposer ta peau 3 minutes comme ça à l'élément au bout de 3-4 minutes tes doigts vont commencer à geler bon mais ça tu l'apprends vite tu l'apprends vraiment vite et quand je te dis tu l'apprends vite c'est tout le système qui va derrière c'est te dire je dois faire quelque chose je dois enlever mes gants je sais que j'ai 3 minutes ok donc qu'est-ce que je suis capable de faire en 3 minutes donc sans protection donc du coup t'apprends de nouveaux gestes ce que tu pourrais faire tranquillement dans des conditions normales en disant on m'en fout de toute façon je mets 10 minutes ça va changer quoi ma vie rien là tu te dis attention à la contrainte je vais être obligé d'être fin donc je vais être obligé d'enlever les gants j'ai 3 minutes qu'est-ce que je peux faire comment je peux faire quel est le process qui me permet de et le principe de l'adaptation moi je trouve que c'est ça qui est intéressant dans la découverte de nos capacités dans se connaître soi c'est que le milieu t'oblige à apprendre une t'as fait la PTL Loïc je pense que t'as appris vite parce que c'était super exigeant tu vois t'as pas fait juste un 10 kilomètres un petit trail de 10 kilomètres ou quel cas ça dépend de ton niveau mais voilà là t'as appris sur tous les paramètres à la fois la gestion du sommeil le niveau d'engagement la lucidité la technicité etc quoi parce que si tu tombes tu te fais mal plus dramatique moi j'adore ce principe là et du coup de découvrir effectivement dans ce connaître soi tu découvres encore plus de capacité puisque tu sors de ta

SPEAKER_02

zone de

SPEAKER_03

confort que tu découvrirais peut-être pas par ailleurs

SPEAKER_02

je suis 100% d'accord la question qui me vient du coup c'est comment est-ce que vous gérez le retour justement à la vie normale parce que quand on vit des aventures comme ça je pense qu'émotionnellement en termes d'intensité c'est tellement hors norme que le retour dans une routine avec un boulot 9-5 les transports en commun le petit confort de la France moi je sais que chaque fois que j'ai fait alors j'ai rien fait qui ressemble à ce que vous avez fait, pour être tout à fait clair, mais chaque fois que je suis revenu de voyage, j'ai fait le Népal, le camp de base de l'Everest, etc., c'est des aventures qui marquent, c'est toujours une période un peu difficile, même le retour de la PTL, vous voyez, j'étais quand même pas mal en montagne, c'était dur, mais c'était quand même chouette, on a vécu plein de choses très très intenses en 7 jours et 6 nuits, donc comment est-ce que vous gérez cette phase de retour à la normale

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi j'avais mon boulot, donc je suis parti, j'ai bossé... La date d'ouverture du village de la course, c'était le 15 septembre. Je savais que je rentrais en France fin novembre après avoir chargé mon bateau sur un cargo en Guadeloupe. Je savais que j'avais une parenthèse de deux mois et demi. Après, c'est sûr que j'ai passé deux mois et demi et je n'ai jamais trop quitté le boulot parce que le boulot est le sponsor aussi. Pendant les deux mois et demi, au-dessus de ma tête, il y avait la voile avec AK sur la voile. Mais oui, le retour n'a pas été simple parce qu'on ne deux mois et demi alors on est 90 sur la mini transat donc on est 90 passionnés à se connaître tous au bout de deux ans parce qu'on s'est tous préparés on s'est tous retrouvés sur les différentes courses d'entraînement on passe deux mois et demi c'est sûr un peu en autarcie en mode très communauté et la mini transat est très connu pour ça on est une vraie communauté très soudée avec tous des parcours différents mais tous la même passion et on rentre en france moi j'ai repris le boulot c'était début début décembre déjà on a quitté le boulot en chantier t-shirt en septembre et on arrive aux Canaries il fait beau à l'escale et en Guadeloupe il fait beau on rentre il fait froid il fait gris c'est l'hiver et tout le monde est en fait assez fatigué toi tu rentres t'es reboosté t'as le big smile parce que t'as réalisé ton rêve et t'as passé deux mois et demi avec des gens qui ont réalisé leur rêve donc et t'as des esprits très très positifs quoi et là tu rentres tout le monde a envie d'attendre qu'une chose c'est d'être en vacances en famille à Noël et coupé de son année donc ça ça a été un petit peu un petit choc après moi j'avais la chance de juste avant le départ d'avoir eu un coup de fil juste avant le départ de la 38 fin septembre d'avoir un coup de fil qui m'a laissé entendre qu'il y aurait peut-être un autre projet derrière et donc quand je suis arrivé en Guadeloupe je crois que je me suis posé la première soirée alors je suis arrivé vers minuit je me suis posé le lendemain mais le lendemain en fait vers 16-17h avant d'aller boire un coup avec tous les copains qui étaient arrivés j'étais déjà à écrire les premières lignes du projet suivant alors j'ai toujours pas de go sur le projet suivant mais il y avait déjà la roadmap en tête qui était prête quoi donc et dès décembre j'ai commencé à avoir des échanges avec un futur partenaire je donnerai pas le nom parce qu'il n'y a rien de signé encore mais voilà là j'arrive sur septembre normalement un closing de peut-être un nouveau projet mais ça ça m'a drive et ça m'a permis depuis décembre depuis le retour d'avancer j'avais l'objectif tout de suite du Mont-Blanc qui s'est décidé un nouvel an que j'ai été faire à Mayotte. Le retour n'a pas été simple les trois premières semaines où j'ai repris le boulot en décembre. Gentiment, ma boss, je lui avais dit que j'avais besoin de couper à Noël. Vraiment couper, c'est-à-dire que pendant deux ans et même les trois dernières années, toutes mes vacances, mes week-ends, c'était bateau, bateau, bateau, bateau. Et la semaine, boulot, boulot, boulot. Donc, j'avais que ça. Je n'ai pas pris un jour de vacances pour penser à autre chose, partir en week-end donc ça c'était épuisant et voilà j'avais demandé et j'ai m'été chauffé pour aller 5 jours voir une pote à Mayotte pour avoir des vraies vacances et couper du boulot et du bateau là on s'est fixé le Mont Blanc donc j'avais ma roadmap je savais que 2022 je faisais de la montagne je faisais de la montagne donc j'ai fait pas mal de ski de rando j'ai découvert en étant à Lyon la montagne du ski de rando le de l'alpinisme, de la rando là je suis content, j'ai fait 3 Mont Blanc plus 2 autres 4000 cet été alors j'ai fait 2 autres 4000 sans guide parce que c'est cool aussi d'aller voir en autonomie des 4000 faciles, accessibles où j'ai demandé que ça soit à Jérôme ou à notre guide Zeb si c'était accessible pour moi et quand ils m'ont donné go j'y suis allé j'avais d'autres objectifs j'avais l'objectif de dire je remonte un projet pour aller vers peut-être une professionnalisation dans la voile, c'est le souhait que j'ai aujourd'hui de faire de la montagne et là j'ai fait 3-4 milles j'ai un projet aussi d'aller faire un sommet à 7 milles en août l'année prochaine donc j'ai besoin d'avoir, si on arrive avec déjà les autres projets suivants et l'énergie qu'on va mettre pour aller les créer ça passe mieux on sait que, moi j'ai besoin de ça en tout cas, j'ai besoin de ça pour rebondir et savoir que tout s'arrête pas d'un coup, mais je sais que certains par exemple exemple, qui avaient quitté leur job pour leur projet de Transat, dans mes potes, qui se retrouvent à la fin de la Transat, qui ont vendu leur bateau, ils n'ont plus de job, plus de projet. Là, ça leur fait un très gros vide et ils ont des périodes un peu plus compliquées. Moi, je suis reparti dans le même délire de dire, la semaine, je bosse, le week-end, je m'entraîne pour le Mont-Blanc. Le Mont-Blanc, c'est quelque chose d'accessible. Je pense qu'avec une bonne condition physique et en s'entourant d'un guide, tout le monde est capable d'aller là-haut s'il y a une fenêtre météo sympa et nous ça a été le cas avec Jérôme je pense qu'on a eu des conditions vraiment de rêve un immense soleil, zéro vent donc c'était vraiment royal mais toujours dans cette logique de j'ai un projet, je me donne les moyens, je me prépare et j'y arrive, moi c'est un petit

SPEAKER_03

peu ça Alors moi pour répondre à ta question Loïc t'as une première chance c'est que le retour à la vie normale c'est plutôt une fête puisque globalement tu vas dans bien dans un vrai lit, tu vas enfin trouver ça aussi, tu retrouves ta famille, tu retrouves Donc, tu vois, c'est ce retour à la vie normale. Déjà, tu reviens dans un confort. Quand je te dis confort, peut-être je parle à la place de Pierre, mais moi, son bateau, c'est quand même tout sauf confortable quand même. Je crois que nous, dans les tentes, avec notre petit matelas, on est quand même mieux que Pierre. Sérieux, sérieux. Pierre, c'est vrai qu'il est abrité de la pluie quand il pleut, mais punaise, c'est dur pour dormir dans son fond de calme. Donc, tu vois, c'est d'abord une première nouvelle. En fait, ça peut être une fausse première nouvelle. Ça dépend déjà de ce que tu as réussi à faire ou pas sur le projet. Quand tu as été au sommet, que tout s'est bien passé, etc., tu es euphorique et tu te dis, cerise sur le gâteau, je retrouve la famille, je retrouve le confort, je retrouve les amis auxquels j'ai pensé et que je n'ai pas vu depuis longtemps et que j'ai envie de revoir, etc., puisque l'isolement a créé ce manque et donc c'est une bonne nouvelle. Tu peux avoir fait un sommet, mais ça peut être traumatisant. Moi, je te donne l'exemple de l'Everest. quand j'étais au sommet de l'Everest je pensais qu'à une chose en me disant je suis resté 20 minutes au sommet de l'Everest j'ai plus d'énergie et maintenant il faut redescendre t'as au moins 10 heures de redescente pour te mettre à l'abri tu te dis là je suis très très engagé même si j'ai dit qu'on faisait de la sécurité et tous les morts ils sont à la descente c'est les 10 heures les plus importantes de ma vie que je vais enclencher et donc tu redescends et tu te dis pourquoi j'ai fait ça c'est pas le but d'avoir fait l'Everest et de te dire je me suis fait peur quoi en fait donc même si tu as la victoire entre guillemets d'avoir réalisé ce rêve tu te dis waouh pourquoi en fait pourquoi avoir été chercher cette énergie qu'est-ce que j'ai rencontré qu'est-ce que ça m'a appris donc là je t'avoue que j'ai mis 6 mois à récupérer en plus j'avais un petit orteil qui était gelé là au niveau de gelir 2 donc j'ai mis 6 mois à récupérer plutôt du questionnement tu vois de l'introspection donc même si t'as le confort de retrouver la famille tout ça etc là c'était un peu difficile tu peux avoir une frustration tu vois la concagoie je l'ai réussi la deuxième fois on l'a tenté deux fois à trois ans d'intervalle la première fois on a raté j'étais prêt mais il y avait 140 km heure de vente sur le sommet de la montagne donc c'était pas accessible et tu te dis mais mince je suis prêt je suis vraiment fort moi j'aurais voulu y aller mais t'es pas plus fort que les éléments donc tu redescends t'as investi quatre semaines moi j'avais mon grand-père en plus qui était malade à ce moment là tu te dis mince ben en fait pourquoi j'ai fait ça j'aurais dû attendre et puis j'étais frustré voilà et après le Donc ça, c'est à gérer. Et après, moi, je fonctionne comme Pierre. C'est le projet d'après, en fait. Moi, tous les projets, si tu veux, c'est des étapes qui me permettent de découvrir des nouvelles choses sur moi, sur la montagne ou des choses comme ça. Et donc, c'est un apprentissage. Tu rencontres d'autres personnes et ça t'amène sur d'autres projets, en fait. Et globalement, le l'autre. le projet en soi n'est pas la fin, mais encore un tremplin pour aller sur autre chose. Donc, comme il y a une projection sur un autre projet, ça te remet ou ça entretient la dynamique. Donc, pour le coup, du coup, l'atterrissage est plus facile. Et enfin, et pour finir, et donc là, je vois que Pierre réfléchit aussi à sa évolution professionnelle. Comme moi, j'ai essayé d'associer les deux entre la vie professionnelle et cette vie sur ses différentes aventures. Je parle des aventure dans le cadre de mes formations, des conférences, etc. Donc, je reste toujours connecté effectivement à ces événements ou toujours connecté ou ouvert à d'autres rencontres qui peuvent générer d'autres projets. Donc, du coup, voilà, j'ai pas l'impression de faire un on-off, en fait, en l'occurrence. Oui. Un projet qui était super engageant et qui mobilise toutes tes ressources, toute ta vigilance, etc. Et puis, après, dire la platitude de la vie n'est pas du tout plate. Au contraire, elle est justement, elle prépare le prochain projet. Et donc, elle est tout aussi riche.

SPEAKER_02

Excellent. Bon, merci beaucoup, ça me rassure parce que chaque fois que je reviens d'un projet, etc., et qu'en fait, le dernier jour du projet, je suis déjà en train de penser au suivant, je me dis, mais ce n'est pas normal de faire ça. Il faut que j'arrête avec mes délires de planifier la prochaine aventure alors que la première n'est pas finie. Mais c'est bon, ça me rassure. Donc, je peux dire à ma femme que c'est normal si je suis déjà en train de réfléchir au prochain truc de 2023, une semaine après

SPEAKER_03

la PT. Merci pour ça. Oui, tu n'as pas des références. Peut-être que ta femme te... proposera d'autres parcours de vie en te disant, tu vois, ils ont fait un truc et ils s'arrêtent. Donc, on n'est pas forcément

SPEAKER_02

des références. Alors, ça me va très bien. En parlant de la suite, du coup, qu'est-ce qui se profile pour vous

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce qu'il y a encore un projet en commun

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que vous partez sur des aventures chacun de votre côté

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est quoi la suite sur 2023, 2024 et plus loin

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

mode 2020 la 2022 c'est vrai que c'est une année de transition avec quelques petits petits projets plus découverte montagne et en montant en montant le projet voile 2023 2024 c'est un projet sur un bateau un peu plus gros un classe 40 que j'ai envie de de monter et d'aller me cesser plus arriver à me professionnaliser dans dans la voile et trouver un partenaire qui m'accompagne qui m'accompagne sur sur les deux prochaines années en classe 40 et puis après je pense que si ce projet se passe bien les deux prochaines années s'autoriser à rêver moi j'aime bien le mot s'autoriser à rêver ou oser rêver d'aller vers un bateau encore un petit peu plus gros qui permet d'aller faire une balade un petit peu plus longue autour de la planète mais ça c'est 2000 ça sera un objectif 2028 donc il y a le temps d'ici là et après côté montagne et en discutant avec Jérôme voilà c'est voir une fois ce que c'est qu'une expédition cet aspect expédition c'est vrai que le Mont Blanc t'arrives et t'as ça reste une expédition mais qui est sur deux jours et t'as un peu l'impression de consommer consommer la montagne d'aller faire ton sommet redescendre et puis t'es à Lyon deux heures après c'est pas c'est c'est sympa mais j'ai envie de découvrir la montagne où t'as l'acclimatation et tout ça donc il y a le moi j'ai J'ai pour projet d'aller faire le Pic Lénine en août 2023. C'est un sommet au Kyrgyzstan, au Tadjikistan, qui est à 7134, mais qui est facile techniquement. Moi, je n'ai pas la prétention de devenir alpiniste, mais m'envoyer des parois verticales, c'est une grande rando glaciaire, mais qui se fait dans la logique d'expédition, puisque tu vas devoir aller en tente, acclimater, monter, redescendre. J'ai envie de découvrir ça. Et puis après... après on verra on verra j'aime beaucoup le retour que fait jérôme sur l'everest de dire je suis monté à 8848 m et j'ai mis du temps à m'en remettre parce que je me suis rendu compte que c'était très très exposé ça je pense que c'est toujours quel niveau de risque je suis prêt à accepter les 8000 mois pour le moment ça me tente pas voilà c'est pas après peut-être que quand tu montes à 7000 tu dis bon bah faut que j'aille à 8000 et que le cerveau il switch c'est je sais pas mais voilà c'est un niveau de risque moi alors il y a des sommets faciles où il y a des enfin 8000 entre guillemets faciles où t'as des taux de mortalité très faibles mais par exemple les personnes qui vont dire je vais faire le K2 la napourna le nanga parbatt moi partir sur un truc où dans les stades t'es à entre 25 et 35% de mortalité même si t'es le meilleur physiquement le mieux préparé ou tout ce que tu veux ça c'est des choses je peux pas

SPEAKER_02

excellent sacré projet en perspective ça laisse présager de futurs épisodes sur les frappés donc c'est parfait très content

SPEAKER_03

et toi Jérôme

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

déjà moi je suis très content de la démarche de Pierre parce que tu vois il a découvert un milieu qui est la montagne et moi je me retrouve quand moi j'ai découvert la montagne l'envie de faire d'autres choses de découvrir d'autres montagnes ou d'autres projets avec ces logiques-là d'expédition, puisque moi aussi, ma première expédition, c'était un 7000. Donc voilà, peut-être du coup, forcément, il y aura ces échanges sur la montagne. Moi, la mer, ça m'a donné envie. Après, vraiment, le mini, ça me plaît parce qu'en fait, je trouve que c'est une belle expérience de la transat en solitaire, de l'expérience en solitaire, de l'autonomie, voilà, mais j'en suis au stade de l'envie, parce que j'ai encore d'autres projets en tête, mais ça m'a plu, cette notion d'être, voilà, je suis avec mon bateau, j'essaie de, alors pas forcément faire une transat, parce qu'il y a d'autres courses avec le type de bateau qu'a Pierre, qui sont peut-être un peu moins longues, etc., ça peut être que des courses côtières, mais bon, t'es en autonomie tout seul, etc., donc ça, ça me plaît bien, donc je pense que moi, il m'a mis le verre dans la... dans la tête, et le projet va va sûrement éclore. De toute façon, je voulais avoir cette expérience mère à un moment donné. Là, de façon plus prochaine, l'idée pour moi, c'est de retourner dans les zones polaires, entre la mer et la montagne. C'est vraiment le polaire qui me plaît le plus. Il y a cette idée d'être un peu isolé. Il y a vraiment moins de monde qu'en montagne, en fait, dans le polaire. Et puis, tu es aussi dans des milieux qui sont très fragiles. donc un rapport à l'environnement qui est plutôt fort et du coup j'avais projeté de retourner au pôle nord en fait le pôle nord moi j'ai pu faire que le dernier degré le dernier degré c'est juste 111 km donc on a été posé sur la banquise et on a fait 111 km avec Ali l'anglais qui était avec moi au pôle sud en fait ce qu'on voudrait faire c'est tenter de partir donc de l'île russe, le cap Arkhangelsky et donc aller jusqu'au Pôle Nord ce qui se faisait c'est par exemple ce qu'a fait Jean-Louis Etienne en 86 quand il a rallé le Pôle Nord le problème c'est que c'est en Russie et donc ce qu'on connait actuellement de la Russie le projet a été ajourné donc ce qu'on a prévu de faire avec Ali c'est deux entraînements majeurs l'année prochaine avec notre chef d'expédition donc chef d'expédition c'est un des deux qui est venu rescapé Bonjour Island et Mike Horn. Donc c'est Bengt qui est un associé de Bonjour Island. Et donc on va aller faire un petit stage tous les trois en Finlande. Donc là, ce sera plutôt en février. Donc là, l'idée, c'est effectivement de se mettre un peu dans les conditions d'aller vite, de coopération, etc. Et ensuite, on a prévu en avril le... la traversée du passage du Nord-Ouest. Donc, c'est entre le Groenland et le Canada. Donc là, c'est pour se mettre... En fait, Ali ne connaît pas encore la notion de banquise. Lui, il connaît les calottes. Là, il est en train, Ali, au moment où on parle, de finir sa traversée du Groenland. Donc voilà, on a échangé. Ça lui a donné cette idée de faire la traversée du Groenland. Mais il n'a pas encore cette expérience de je suis sur une fine couche de glace qui dérive. Voilà. Et comment j'arrive à naviguer avec ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Donc, on a prévu de faire le passage du Nord-Ouest ensemble, donc en avril prochain, dans l'attente de préparer ce projet. Et ce projet-là, il a une résonance aussi un petit peu environnementale. C'est que ça fait 10 ans qu'il n'a pas été fait, en fait. Il n'y a aucun aventurier qui est parti de Cap Arkel Ganski. Je n'arrive jamais à le dire, mais bon, bref. Parce qu'en fait, on est au nord de la Sibérie et en fait, la banquise, elle ne touche plus à cause du réchauffement climatique. Donc, il y a déjà un côté aléatoire de savoir le jour où on voudra faire ce projet et on pourra le faire pour les les raisons géostratégiques qu'on vient d'évoquer si la banquise nous touche en fait on veut aussi en faire une petite alerte en disant vous vous rappelez Jean-Louis Etienne en 86 il est parti de là donc nous 40 ans après ou 35 ans après on verra quand est-ce qu'on pourra le faire du coup on peut plus donc ça veut dire que pour aller prendre la banquise peut-être ok on va consommer un hélicoptère mais vous voyez le réchauffement il est là aussi et donc c'est pas grave dans la vie d'un aventurier mais c'est pour bien me montrer, essayer de le médiatiser aussi en disant voilà. Un autre exemple sur la banquise, je finirai là-dessus. Moi, c'est aussi des messages que j'essaie de porter parce que c'est magnifique la banquise. Moi, c'est de tous les milieux celui que j'adore en fait. C'est pour ça que j'ai envie d'y retourner. Je n'ai pas resté assez longtemps et j'ai vraiment envie d'y retourner. Par exemple, l'épaisseur moyenne de la banquise, quand Jean-Louis Etienne y était, on était à 1,85 m. Aujourd'hui, elle est à 1,40 m. Donc, la banquise, on en parle beaucoup sur la taille l'étendue de la banquise, on parle moins de l'épaisseur. Ça veut dire quoi en termes de changement

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Ça veut dire que la plaque est plus fine. Avec la dérive, la banquise, ce n'est pas uniforme, c'est comme un puzzle. C'est une somme de plaques qui dérivent et qui soit s'ouvrent et font un cours d'eau, il y a de l'eau et c'est l'océan Arctique, ou soit se rendent dedans et ça fait un mur de 3 mètres à passer. Nous, on a des équipements que Jean-Louis Etienne n'avait pas, c'est la combi sèche. Pierre en a une aussi. Quand tu dois traverser un cours d'eau, l'eau est à moins 1 degré, c'est d'eau salée, donc ce n'est pas zéro, mais c'est moins 1. Si tu tombes dedans et il fait moins 25 au-dessus, je veux dire, tu es mort. Du coup, on a pris cette combinaison, alors que tu ne mets pas tout le temps, mais que tu vas mettre si tu dois traverser une couche de glace fine ou un lead, c'est-à-dire un passage d'eau. C'est juste pour montrer à nouveau, en tant que témoin, ces éléments très concrets. Je finirai sur les éléments concrets à nouveau, c'est que comme la banquise, elle a le fond, tu n'as plus ce qu'on appelle de glace vieille. Il y a une glace vieille, et ça, on a discuté avec Pierre, et c'est le point commun qu'on a ensemble. La glace vieille, en fait, c'est une glace qui sera verte. Elle sera verte. Donc, par exemple, quand tu as un entrechoc de glace, tu vois la glace, elle n'est pas bleue, ce n'est pas de la glace vive, elle est verte parce qu'elle est pleine d'algues. Comme on peut avoir l'algue qui va se coller sous les bateaux si tu laisses ton bateau au mouillage. Et en fait, ça veut dire quoi si elle est verte

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Ça veut dire que cette glace, elle a deux ans, trois ans, quatre ans, et qu'entre l'hiver et l'été, elle a tourné, elle n'a pas Moi, quand j'y étais, donc en 2018, on n'a pas vu de glace verte. On n'avait que du verglas, que de la glace bleue vive. Ça veut dire que c'était de la glace récente, en fait, en l'occurrence. Donc, tu as toujours cette impression qu'il y a de la glace et tout ça, donc sur tes mesures d'épaisseur ou de taille, mais en fait, tu as un cycle de renouvellement de la glace qui fait que le milieu est encore plus fragile que ce qu'on peut penser. Voilà, donc c'est aussi pour apporter un peu en témoignage, c'est une observation, ce n'est pas des données scientifiques, mais mais c'est au moins des observations qui peuvent aussi peut-être accélérer la prise de conscience

SPEAKER_02

des uns et des autres. Excellent. Excellent. Waouh. Bon, je crois qu'il ne faut pas que l'épisode dure plus longtemps parce que sinon, je vais finir par prendre un sac et vous rejoindre sur une de vos aventures et vous mourrez dans les pattes. en tout cas un très très grand merci pour tout ce que vous avez bien voulu partager avec nous c'était juste passionnant génial de voir comment est-ce que vous vous êtes nourris l'un l'autre en vous invitant dans vos milieux respectifs et au final tous les apprentissages que vous avez pu y réaliser donc vraiment juste génial tout le meilleur pour la suite à tous les deux dans vos différents projets je rigolais pas on se fera des épisodes avec grand plaisir voilà pour parler du Vendée Globe 2028 du passage du Nord-Ouest réalisé ou du pôle Nord pour toi Jérôme mais voilà en tout cas vraiment encore une fois un grand grand merci c'était un plaisir de vous recevoir

SPEAKER_00

et je vous dis du coup à très bientôt à très bientôt Loïc et je t'appelle peut-être pour une amie qui veut faire la PTL du coup avec plaisir bonne journée ciao bye bye

UNKNOWN

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