Les Frappés

Sélam Chapuy - Championne de France de natation handisport - La vie est belle !

Sélam Chapuy Season 2 Episode 91

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0:00 | 44:09

Sélam est une nageuse paraplégique qui cumule déjà un sacré palmarès !

Au-delà des médailles, ce qui m'a marqué avec Sélam, c'est cette énergie communicative qu'elle dégage du haut de ses 17 ans.

Née en Éthiopie et élevée dans un orphelinat dans des conditions difficiles, elle est adoptée par ses parents français alors qu'elle n'a que 5 ans.

Aujourd'hui membre de l'Académie Philippe Croizon, une structure unique en son genre en France, Sélam se concentre sur ses études tout en travaillant fort à devenir une meilleure nageuse. Récemment, elle est allé nagé avec ses d'autres nageurs de l'Académie à Tahiti, pendant plus de 7 heures !

Cet épisode c'est un vrai coop de boost avec une invitée qui a une patate d'enfer ! À écouter sans modération 🤩


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SPEAKER_00

Dans la vie, il y a beaucoup de choses qui arrivent et qui sont bien ou mal, mais il faut arrêter de voir la vie tout en noir. Je pense qu'ici, on est très bien, on a tout ce qu'il nous faut. Il faut être joyeux tout le temps.

SPEAKER_01

Bienvenue sur Les Frappés. Je suis Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau, coach et préparateur mental certifié et cofondateur de Papyrus, la solution de gestion et de développement des talents pour PME. Ma mission est de vous aider à prendre conscience que l'impossible est possible, de vous autoriser à rêver, à vous lancer dans vos projets et à vous dépasser en vous faisant découvrir chaque semaine un parcours aussi authentique qu'inspirant. Mon invité de la semaine est Selam. Selam, c'est une jeune femme de 17 ans, sportive de haut niveau, qui est née paraplégique en Éthiopie avant d'être adoptée à l'âge de 5 ans. Aujourd'hui athlète de l'académie Philippe Croizan, elle s'entraîne tous les jours pour repousser ses limites. Ce que je retiens de cet échange, c'est qu'une fois de plus, la discipline paye plus que la motivation. Et qu'il est essentiel de faire en sorte de transformer les galères de la vie en véritable force. Un immense merci à Selam pour son authenticité et je vous souhaite une excellente écoute. Bienvenue Selam sur le podcast.

SPEAKER_00

Salut, ça va

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, super. Et toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi, ça va tranquillement. J'ai le droit de faire de

SPEAKER_01

l'entraînement. Super. Écoute Selam, je suis très content qu'on puisse faire cet épisode. Déjà parce que moi, je t'ai découvert dans un reportage à la télé. Je ne regarde pas souvent la télé, mais là en l'occurrence, c'était une émission de Thalassa où tu faisais un truc un peu complètement fou avec des collègues nageurs à puisque c'est ce que tu fais de la natation donc très content que tu aies répondu aussi rapidement à mon message

SPEAKER_00

bah merci de m'avoir invité surtout

SPEAKER_01

bah écoute je t'en prie avec grand plaisir et puis je crois est-ce que tu peux me confirmer ton

SPEAKER_00

âge alors j'ai 17 ans et dans quelques mois

SPEAKER_01

18 ans Ok, donc tu es officiellement la plus jeune invitée du podcast, donc c'est cool aussi. Ah, c'est cool ça. Donc voilà, très très content que tu sois là. Merci beaucoup pour ton temps entre les entraînements et tout. Ça a été un peu compliqué côté tech à organiser tout ça pour accéder à mon wifi, mais vraiment, merci. Donc ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par le commencement et de nous expliquer qui est CELAM en

SPEAKER_00

fait. Ok, bah allez. Donc je m'appelle Je m'appelle Selam Chapi, j'ai 17 ans et je suis née en Ethiopie dans un orphelinat et j'ai été adoptée à l'âge de 5 ans et demi. Donc mes parents sont venus me chercher en Ethiopie. Je suis venue en France en 2010 et j'avais 5 ans et demi comme j'ai dit. Et j'ai commencé à nager à partir de 6 ans. juste comme ça en vacances avec mes parents et j'ai beaucoup aimé l'eau et après quelques années après j'ai intégré le club de triathlon à Issanjo et donc c'est un club de triathlon et qui sont valides pas en e-sport donc je faisais un peu de tout mais surtout de la natation et vers la fin de l'année de ma deuxième année j'en avais un peu marre parce que pour suivre les entraînements avec les valides et tout tu comprends c'est un peu compliqué j'ai pas même allure que je peux pas faire les mêmes exercices que pardon donc c'était un peu pénible à la fin Et donc, mon chirurgien, il m'a parlé d'un club en disport natation. Ça m'a beaucoup interpellée. Et ce club, donc, il se trouve à Saint-Etienne. Donc, c'est un club en disport natation. Et donc, j'ai commencé à faire quelques tests là-bas. Ensuite, j'ai pu avoir ma licence là-bas pour pouvoir nager. Donc, je nageais entre... J'avais deux séances par semaine, pas plus. Et donc, j'ai commencé là-bas. Ensuite, j'ai commencé les compétitions handisport. C'était ma première compétition. C'était à Verdun, les championnats de France jeunes. C'était ma toute première compétition. Enfin, grosse compétition. Et ça m'avait beaucoup plu. Donc, j'ai continué. Et quelques années plus tard, à Vichy, tu sais, tu avais un pôle France natation au

SPEAKER_01

Krebs.

UNKNOWN

OK.

SPEAKER_00

Et du coup, le directeur, il a essayé de me recruter, etc. pendant un bon moment. Sauf que je ne voulais pas trop au début parce que j'étais super jeune. J'avais 12-13 ans, tu vois.

SPEAKER_02

Oui.

SPEAKER_00

Donc, j'ai refusé au début. Ensuite, j'ai commencé à faire des résultats dans mon club. Et du coup, je commençais à me pencher pour faire un peu plus de natation, pour avoir plus d'entraînement, plus de résultats, etc. Et pour plus performer. Donc, j'ai recontacté le directeur et je lui ai dit que la rentrée prochaine, je serais d'accord pour rentrer à l'académie.

SPEAKER_01

et donc là t'avais quel âge au moment où tu lui as dit que

SPEAKER_00

t'étais ok

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

j'avais alors je suis rentrée j'avais 14 ans quand je suis rentrée j'avais 13 ans à peu

SPEAKER_01

près

SPEAKER_00

fin de 13 ans c'est super jeune et puis ça m'arrangeait d'y aller parce que à l'ancien collège où j'étais chez moi ça se passait pas je me sentais pas très bien donc je me suis dit c'était l'occasion de changer donc j'ai eu l'idée et donc j'ai contacté le monsieur Et ensuite, j'ai fait des tests et j'ai été prise. C'était le début de l'académie parce que le Pôle France, il a été décalé à Bordeaux. Et du coup, maintenant, c'est une académie privée qui est au CREPS. Et donc, voilà. Donc, j'ai pu commencer à faire sport-études que je ne connaissais pas du tout avant. c'est top parce que du coup je peux nager beaucoup et faire les études en même temps à côté tout est emménagé donc le lycée les entraînements etc Et voilà. Et au début, ça me plaisait. Et là, ça fait

SPEAKER_01

4 ans que j'y suis. Et là, j'entame ma 5e année. Waouh. Waouh. OK. C'est déjà une super présentation, super intro. Tu nous expliquais que, du coup, tu avais rejoint un club de triathlon où il y avait des valides, des invalides au début, que ce n'était pas forcément évident de suivre. Ton... Est-ce que tu peux peut-être, pour celles et ceux qui n'auraient pas vu ce reportage que moi j'ai vu, nous en dire un tout petit peu plus sur ton handicap, sur ce que toi tu dois gérer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Alors moi, mon handicap, c'est de naissance. Ce n'est pas un accident, ce n'est rien du tout, c'est de naissance. Je suis paraplégique. En gros, c'est des orteils jusqu'à la hanche. Je ne peux pas bouger pour nager, ni marcher, ni trottiner, rien du tout. Donc, je suis paraplégique, je ne sens pas mes jambes. Et aussi, j'ai aussi la colonne qui est un peu touchée. Donc, j'ai une scoliose classique. Enfin, une bonne grosse scoliose, pardon. Et donc, tu as une colonne vertébrale normale. Et moi, en bas de la colonne vertébrale, elle est mal formée. Du coup, ça fait que la paraplégie rentre dedans et j'ai les hanches un peu fragiles et les jambes… qui ne bouge pas du

SPEAKER_01

tout. D'accord. Et donc, pour nager, comment est-ce que tu fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment est-ce que ça s'appelle ce truc-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que j'ai fait du triathlon à un moment donné. Le pool boy, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment

SPEAKER_00

est-ce qu'il s'appelle l'espèce de flotteur

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Excuse-moi,

SPEAKER_01

oui. Tu l'utilises du coup ou tu as appris à nager différemment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, au début, au triathlon, j'ai appris à le mettre un petit peu.

UNKNOWN

Mais...

SPEAKER_00

C'est bien, mais voilà, vu que j'ai commencé à faire les compétitions en handisport, tu n'as pas le droit au matériel.

SPEAKER_02

D'accord.

SPEAKER_00

Du coup, il fallait que j'apprenne à nager sans matériel. Mais même là, aujourd'hui, quand on fait, par exemple, à la fin des préparations des championnats de France et tout, la fin des séances, des fois, la coach met des pool boys pour relâcher tes bras et pour que ce soit plus facile.

SPEAKER_01

D'accord.

SPEAKER_00

Mais en soi, pool boy, non, tu n'as pas le droit de nager avec, par exemple, en compétition.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_01

OK.

SPEAKER_00

Voilà.

SPEAKER_01

Ok, super clair. Alors, si on revient très rapidement au commencement du commencement, tu expliquais que tu es née en Éthiopie. C'est ça. Par curiosité, est-ce que tu as des souvenirs encore

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que 5 ans, c'est quand même super jeune, mais en même temps, à 5 ans, tu as vécu un énorme événement avec un changement de pays, une adoption.

SPEAKER_00

Ouais.

SPEAKER_01

Est-ce que tu as des souvenirs quand même de cette époque

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, j'ai… Enfin, moi, à l'orphelinat, comme je disais dans le reportage, je n'ai pas eu une très, très bonne enfance. C'était même… Donc, j'ai des souvenirs, mais pas des très bons souvenirs.

SPEAKER_01

Parce que tu expliquais que ces trucs, c'était assez chaud à entendre. Ils ne vous nourrissaient pas, c'est

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est ça, en fait. Déjà, l'handicap, en plus de l'handicap, moi, j'étais souvent malade. Et là-bas, quand tu es malade, on ne s'occupe pas trop de toi. Ils n'ont pas trop le moyen de te guérir, etc. Et puis, tu avais beaucoup de maltraitances. moi personnellement j'en avais beaucoup ensuite on était très seul en fait moi j'étais beaucoup toute seule je devais faire mon lâche toute seule pour manger je devais nous donner à manger mais tu devais te débrouiller tout seul pour te déplacer là bas j'avais pas de fauteuil donc je devais me traîner par terre toute seule donc tout toute seule donc non j'ai pas eu un très très bon souvenir Mais le meilleur souvenir que j'ai eu qui ne bougera pas dans ma tête, c'est quand du coup mes parents adoptés sont venus me chercher à l'orphelinat et que mes autres collègues, entre guillemets, ils étaient super contents que je parte, que j'ai trouvé une super bonne famille et tout. C'est le seul souvenir que je me rappelle de très bon. Ok, waouh. J'en avais un autre aussi, une anecdote que je n'ai pas dit dans le reportage. C'est au moment où on prenait l'avion. Tu sais, tu as des espèces de tourniquets pour voir si tu n'as rien sur toi et tout, tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Et mes parents, avant d'arriver en Éthiopie, parce qu'ils doivent venir plusieurs fois, tu sais, pour rencontrer l'enfant, pour avoir des informations et tout. Donc, mes parents, ils étaient déjà venus et ils m'avaient offert un album photo et des petits jouets. Parce que là-bas, je n'avais pas de jouets, je n'avais rien. Et donc, ils m'avaient offert une petite voiture, toute minuscule et tout. Et au moment où on allait prendre l'avion, on passe le truc de tourniquet et... J'avais la petite voiture dans ma main. Et donc, lui qui a dû faire à l'intérieur, quand on passait le machin, ça bipait. Et donc, le monsieur, il demande si je pouvais marcher, etc. On passe plusieurs fois et tout. Et ça bipait, ça bipait, ça bipait, ça n'arrêtait pas. Et au bout d'un moment, il nous laisse passer. Et donc, du coup, j'étais dans les bras de ma mère et à la fin, quand on passe, je lui montre, enfin, j'ouvre ma main et je lui montre que j'avais ma petite voiture. Et c'était la petite voiture, en fait, qui faisait viper. Un petit souvenir assez marrant.

UNKNOWN

Excellent.

SPEAKER_01

Première fois que tu prenais l'avion, j'imagine, à ce

SPEAKER_00

moment-là.

UNKNOWN

C'est ça, oui.

SPEAKER_00

Première fois. Et aussi

SPEAKER_01

longtemps. Aujourd'hui, est-ce que tu dirais que ces souvenirs que tu as, ce parcours de vie qui t'a, je pense, bien endurci, déjà très jeune, est-ce que tu t'en sers aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu arrives à le valoriser

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu penses que, quelque part, ça te donne un avantage sur tes compétiteurs, par exemple

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Sur tes

SPEAKER_00

concurrents, pardon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En soi... Dans la vie de tous les jours, surtout, ce qui s'est passé durant mon enfance, ça m'a beaucoup aidée parce que quand j'étais plus petite, de ce que j'ai vécu, il fallait beaucoup de mental, beaucoup de patience. Je n'avais pas d'entourage, je n'avais personne. Même le fait que je sois malade, je me souciais beaucoup de choses, etc. Aujourd'hui, je suis quelqu'un de très cool, qui voit tout en rose et dès qu'il y a quelque chose qui ne va pas quelqu'un que je vois qui ne va pas pour une petite connerie pour moi c'est pas grave la pire et tout et le fait que j'ai vécu ça quand j'étais petite je pense que maintenant je ne vois plus les mauvaises choses où je vois tout rose tu

SPEAKER_01

vois ouais

SPEAKER_00

ouais Et mentalement, oui, ça m'a forgée parce que, comment dire, par exemple, aux entraînements, quand on fait des grosses séances et tout, il faut du mental et tout, tu vois. Et pour moi, c'est un peu plus facile parce que c'est pas trop dur. Tu

SPEAKER_01

vois ce que je veux dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, tu as des références qui ont… Ton échelle à toi de la difficulté, de la résilience, etc., elle est tellement plus importante qu'entre guillemets juste un entraînement où tu te rentres un peu dedans forcément pour essayer de progresser, mais tu n'as pas la même échelle que des gens qui n'ont pas vécu ce que toi tu as vécu avec l'éthiopie, la maltraitance,

SPEAKER_00

etc. C'est ça. C'est super intéressant. Même dans la vie de tous les jours, je me dis, il y a des choses qui arrivent, bon, ce n'est pas grave ou… Ou alors, je passe à autre chose. Maintenant, aujourd'hui, tout est bien, tout est beau pour moi. Ce qui m'est arrivé plus petite, je me dis que ça ne va plus m'arriver. Voilà.

SPEAKER_01

Oui, c'est un super message. Je trouve que c'est un chouette message aussi pour celles et ceux qui sont un peu dans des galères à un instant T pour quelque part te rappeler qu'il y a toujours une issue possible et que globalement, les choses finissent par passer ou s'améliorer. Exactement. C'est un beau message pour ça aussi. Très bien. Excellent. Et donc, tu disais qu'une fois que tu vas rejoindre cette structure, donc tu es au CREPS… A Saint-Etienne, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, à Vichy.

SPEAKER_01

A Vichy,

SPEAKER_00

pardon. Le club est à Saint-Etienne et je suis licenciée là-bas, mais je suis en sport-études à Vichy.

SPEAKER_01

depuis 4 ans et donc c'est là où tu as rejoint l'académie alors tu ne l'as pas précisé mais c'est l'académie Philippe Croizant qui est méga connu s'il y en a qui nous écoutent qui ne connaissent pas Philippe Croizant c'est un nageur qui est quadri-amputé de mémoire il a été électrocuté c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

j'étais plus certain et donc après cette activité accident donc il est devenu entre autres nageur, il fait des choses complètement incroyables et donc il a fondé cette académie. Est-ce que tu peux nous expliquer en quelques mots qu'est-ce que c'est la mission de cette académie

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'elle est ouverte à tous

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que c'est uniquement pour du handisport

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est quoi qu'il veut accomplir en ayant créé cette

SPEAKER_00

structure

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors ils accueillent oui des personnes en situation de handicap qui veulent progresser dans le sport ou qui aiment le sport et qui veulent concilier le sport-études et leur but c'est nous emmener le plus haut possible en nous entraînant matin, midi, soir et nous aider aussi à progresser dans les études et puis voilà je pense que

SPEAKER_01

Ok, très clair Simple et précis. Et donc, toi, dans les études, tu te consacres à quoi en ce moment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors là, je vais passer le bac. Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'en étant sportif de haut niveau, nous, on peut doubler nos années d'études. Donc là, par exemple, moi, je vais passer mon bac en deux ans. C'est-à-dire que je vais passer quelques matières cette année et le reste des matières l'année prochaine. Du coup, ça fait que ça me laisse beaucoup de temps pour nager et faire les études et nager encore plus

SPEAKER_01

l'année prochaine. Yes, super. Ce qui n'est pas mal, moi, j'avais fait le choix de ne pas être en sport études quand j'étais sportif de niveau. Je l'avais passé de mon côté, mais c'est vrai que c'est quand même un énorme avantage quand tu t'entraînes beaucoup, beaucoup, beaucoup. C'est vraiment cool d'avoir une structure où tout est pensé pour cette double vie que tu as, ces deux

SPEAKER_00

casquettes. Exactement. Moi, j'étais dans un

SPEAKER_01

lycée normal. Je me rappelle, tu vois, j'avais une prof de français en seconde ou en première, je ne sais plus, seconde, je crois. C'était l'enfer. Chaque fois que j'arrivais avec une convocation de la fédération de judo, elle râlait, tu vois. Blanchard, vous me faites chier avec vos stages, etc. Limite, je me sentais mal. Je crois que j'avais raté deux mois et demi de cours en tout. Alors que c'est un peu bête parce que c'est juste génial de faire du sport aussi

SPEAKER_00

jeune. Oui, puis moi, je me dis que faire le bac en un an avec le

SPEAKER_01

sport

SPEAKER_00

et tout, c'est impossible.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_01

C'est impossible. Parce que du coup, concrètement, si tu prends une semaine type, s'il y en a, comment elle s'organise pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Combien de temps est-ce que tu t'entraînes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est quoi tes petits rituels

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

À quoi elle ressemble la semaine de

SPEAKER_00

CELAM

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

La semaine carrément

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou une journée

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Une journée

SPEAKER_00

peut-être

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Une journée. Alors, lever à 5h55, très précise. Waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Ensuite, on déjeune. Après, on part du crêpes à 6h45. Donc la piscine, elle n'est pas loin du crêpes, ça c'est un avantage. Entraînement de 2h, donc 7h30 jusqu'à 9h. Ensuite, on a école à partir de 10h jusqu'à 15h. Donc, c'est un emploi du temps ménager. OK. Ensuite, les lundis et mercredis, on a une séance de kiné. OK. Ensuite, on a entraînement, soit muscu, soit natation. Ça dépend des jours. Et ensuite, on a les études au CREPS. Donc, il faut qu'on fasse tous les devoirs, révision, etc. Ensuite, les mercredis, j'ai des soutiens de français. D'accord. Pour approfondir mes cours, etc. Parce que vu qu'on rate quelques cours au lycée, on rattrape d'autres cours aux crêpes. Et ensuite, on mange... Enfin, notre journée, elle finit vers 21h30 ou plus tard. au

SPEAKER_01

manche, on fait nos affaires et

SPEAKER_00

je

SPEAKER_01

dors et rebelote. Punaise, 21h30, c'est hyper tard. Pour nous, c'est tôt, 21h30. Oui. C'est surtout qu'à la fin de la journée, déjà, quand tu es au lycée, une journée de cours, c'est fatigant. Moi, mes souvenirs, je te disais, comme je n'avais pas de structure particulière, je travaillais dans la voiture sur le retour de l'entraînement. Mon père conduisait et j'avais acheté une espèce de lampe que tu branchais sur l'allume-cigare là pour lire pour apprendre dans la voiture et je me rappelle on rentrait ouais on devait rentrer je pense vers 21h aussi mais j'étais mais complètement défoncé et je faisais pas ça tous les jours à l'inverse de toi

SPEAKER_00

tu

SPEAKER_01

vois ah

SPEAKER_00

ouais tu m'étonnes mais

SPEAKER_01

du coup franchement chapeau parce que et en plus le week-end compétition

SPEAKER_00

j'imagine ouais pas tout le

SPEAKER_01

temps mais au moins une fois par mois ok ok ok waouh est-ce que t'as des choses des séances particulières des choses particulières à ton handicap

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que c'est un paramètre en plus que tu dois gérer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, pas du tout. Pas de kiné

SPEAKER_01

ou de choses qui te prennent du temps en plus de tout le reste

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, comme je te dis, c'est comme mon emploi du temps. Après, tu vois, dans les entraînements, on n'a pas tous le même handicap, donc on n'a pas tous les mêmes difficultés, etc. Moi, du coup, je nage avec deux garçons qui ont le même âge que moi, plus une coach. Les trois, on est paraplégiques, mais tu en as d'autres qui sont un peu plus prononcés que d'autres. Tu as les deux qui ont un peu les bras qui sont touchés, etc. Donc, on n'aura pas les mêmes exercices dans les entraînements. Mais en soi, on fait exactement pareil. En entraînement, il n'y a pas de... il n'y a pas de différence, tu

SPEAKER_01

vois.

SPEAKER_00

D'accord, ok. Donc, l'handicap, bon, on est là pour nager, l'handicap, oui, il est là, mais ok,

SPEAKER_01

quoi, tu vois. Ouais, ouais, complètement, ok, super, très clair. Et dernière question par rapport à tout ce qui est préparation, entraînement, puis après, si ça te va, on va partir du côté de Tahiti. Ouais. Est-ce que vous avez déjà, enfin déjà, j'allais dire si jeune, mais en même temps, enfin, Pas si jeune que ça, 17 ans, vous êtes déjà depuis un moment dans le haut niveau. Est-ce que vous avez déjà des accompagnements sur tout ce qui est préparation mentale et ce genre de choses

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, on a des séances de psychologues au CREPS.

SPEAKER_01

D'accord.

SPEAKER_00

Donc, on commence toujours par le début. Et le prépa mental, on n'en a pas encore. Mais normalement, on devrait en avoir. Et sinon, on n'a que ça comme accompagnement. Après, tu as aussi tous les mois des rendez-vous chez le médecin pour voir si tout se passe bien. Les trucs basiques. Les rendez-vous diététiques. D'accord.

SPEAKER_01

Et plus les kinés, voilà. Ok, ok, ok. Ouais, donc un vrai suivi, même si... Parce que du coup, tous ces suivis avec tous ces spécialistes, ils font partie de l'académie, ces gens-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ou c'est des gens du CREPS

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et vous, vous êtes membre de

SPEAKER_00

l'académie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, tout ce qui est psychologue... diététique et médecin c'est au CREPS ok et tout ce qui est kiné c'est à l'extérieur d'accord

SPEAKER_01

ok c'est pas très loin du CREPS mais c'est à l'extérieur ok ça marche hyper clair très bien franchement encore une fois bravo parce que ça fait pour avoir un peu touché du doigt le haut niveau pendant quelques temps au lycée je sais que c'est hyper ça demande énormément d'investissement en temps en énergie mentale tout donc Franchement,

SPEAKER_00

bravo. Après, il faut se dire parce que là, on a l'impression que c'est cool. Au début, la première année que je suis rentrée à l'académie, comme je t'ai dit, j'étais venue ici pour nager, mais pour me faire aussi un peu des copains. Donc, la première année, c'était un peu plus cool. Je m'en foutais un petit peu. Je suis là pour voir mes copains. Je nageais de temps en temps. Honnêtement. Et à partir de deuxième année, c'est là où j'ai commencé à rentrer dedans, où il fallait faire... Voilà, on était là pour le sport et les études et les groupements de temps en temps. mais voilà mais au début je t'avoue que c'était un peu ça bah c'était cool mais là aujourd'hui t'as des périodes où c'est facile enfin facile où c'est sympa t'as des périodes où c'est difficile donc c'est pas non plus comme c'est pas non plus tout beau tout

SPEAKER_01

rose ouais ouais ouais non ça c'est clair mais c'est pour ça que tu vois je suis très content qu'on fasse cet épisode avec parce que t'es encore assez jeune et je pense que c'est aussi important pour les gens qui qui connaissent pas trop l'univers du haut niveau du sport de haut niveau en général bah en fait de comprendre tu sais quand tu vois tu vois des athlètes qui ont je sais pas la trentaine qui décrochent une médaille olympique ouais tu dis ouais mais c'est génial mais en fait ce que souvent les gens ne voient pas

SPEAKER_00

ce qu'il y a derrière

SPEAKER_01

c'est que bah c'est ça c'est qu'il y a 15 ans de pratique c'est ça tu vois j'ai vu bah j'ai tiens bah c'est marrant j'avais même pas fait le lien mais j'ai vu une vidéo de Michael Phelps ouais ce matin ouais donc pour rappel toi je pense que tu dois le savoir mais pour les autres peut-être 23 fois champion olympique pas médaillé olympique champion olympique 23 fois le

SPEAKER_02

gars

SPEAKER_01

il expliquait que pendant 5 à 6 ans il s'entraînait 365 jours

SPEAKER_00

par an ah ouais mais lui

SPEAKER_01

c'est un fou tu vois quand t'entends ça enfin c'est un truc de fou tous les jours pas de repos pendant 5 à 6

SPEAKER_00

ans mais au final au final ça paye ouais ouais mentalement c'est très très très très dur même nous là on a pas on n'est pas non plus champion olympique. Mais pour que ce soit pour les championnats de France ou les autres compètes, mentalement, c'est super dur. Mais il faut... Il faut avoir la rage, quoi.

SPEAKER_01

C'est ça. C'est ça. L'objectif, du coup, pour toi, c'est quoi, sportivement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

On vient d'évoquer les Jeux, là. Est-ce que c'est en ligne de mire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, là, cette année, c'est les championnats de France, déjà. Décroché de trois titres. Pour Paris 2024, il faut savoir qu'en handisport, c'est super compliqué d'être sélectionné parce que tu as des handicaps qui sont moins forts que les nôtres. C'est un peu compliqué. Pour moi, ce n'est pas trop mon objectif premier. D'accord. Après, dans ma tête, j'essaie… Enfin, mon objectif, c'est d'essayer les sélections. Tu vois, comme ça, ça me laisse quand même un objectif en tête. Mais sinon, pour mon plus gros projet, ça serait Los Angeles. 2028. 2028,

SPEAKER_01

ouais.

UNKNOWN

Ouais.

SPEAKER_00

Oh là là. Puis, pareil, c'est demain. Donc, je pense que… m'entraîne

SPEAKER_01

beaucoup mais c'est pas assez pour être sélectionné pour ces jeux ça c'est un autre aspect ouais ouais complètement ouais non c'est sûr mais c'est vrai que souvent dans le sport j'aime bien demander mais c'est vrai que dans la plupart des sports les jeux ça reste quand même le graal mais c'est un autre point intéressant tu vois j'ai fait un épisode avec une jeune escrimeuse de l'équipe de France alors qu'elle est un petit peu plus âgée que toi mais pas tellement et en fait c'est intéressant aussi de voir le rapport au temps parce qu'elle elle disait pareil qu'en fait les jeux 2024 on enregistrait je pense il y a 6 mois mais c'est quand même assez récent et elle disait qu'en fait 2024 c'était déjà c'est déjà trop tôt pour elle aussi tu vois donc elle va tenter mais comme toi elle a un peu la même approche les sélections etc mais que son vrai focus ça va être les prochains

SPEAKER_00

c'est ça

SPEAKER_01

je trouve que c'est intéressant tu vois par rapport à ce que t'évoquais un peu plus tôt le fait que maintenant t'es plutôt quelqu'un de positif et de patiente je trouve que d'entendre ça quelqu'un qui s'entraîne très dur mais en fait pour un objectif qui arrivera dans plusieurs années c'est aussi hyper intéressant

SPEAKER_00

après il faut savoir aussi dans l'académie je ne l'ai pas évoqué c'est qu'on ne fait pas que de la natation en bassin donc c'est ça aussi qui fait que mentalement c'est un petit peu plus facile et eux ils nous aident aussi à pas trop nous gaver de natation ils nous font du coup, des compétitions en eau libre, des activités extérieurs des stages et tout tu vois c'est pas toujours la même chose bon on lâche tout le temps mais ils essayent aussi de trouver des activités extérieures pour pas que ça nous gonfle clairement

SPEAKER_01

bah j'avoue que quand on te propose de partir nager à Tahiti plutôt que dans ton bassin habituel j'imagine que le boost sur la motivation est quand même pas

SPEAKER_00

mal

SPEAKER_01

ah bah là je peux te dire que c'était pas la même comment ça s'est présenté du coup avant que tu nous en dises un petit peu plus sur ce défi mais comment est-ce que tout ça s'est mis en

SPEAKER_00

place

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, il faut savoir que pendant ma deuxième année à l'académie, Philippe, il voulait souhaiter, je ne sais plus quel âge j'avais, il voulait souhaiter, je ne sais plus l'âge, mais sa traversée qu'il a fait dans le nord, là. J'ai un trouble de

SPEAKER_01

mémoire.

SPEAKER_00

Cap gris nez, cap blanc nez.

SPEAKER_01

La Manche. Ah oui,

SPEAKER_00

la Manche. Il l'a fait plusieurs fois et là, il voulait faire un anniversaire. Et du coup, ils ont eu la bonne idée, parce que c'est la première fois qu'on nage en eau libre, de nous emmener et faire la traversée Cap Grinet et Cap Blané. Donc, voilà, c'était pas un petit truc, tu vois. Donc, nous, on avait un peu les chocottes. Donc, on a nagé avec lui. Franchement, en rigolant, mais c'était ma pire traversée. Ah ouais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ah ouais, c'était horrible. Franchement, l'eau froide et tout c'était super long t'avais des vagues franchement c'était horrible donc on a fait une première traversée comme ça en 7h15 en tout il me semble de nage et on le faisait en relais une demi-heure chacun et on nageait on nageait donc on a commencé l'olive comme ça ensuite on a commencé à faire des toutes petites compètes pas loin de Vichy en lac donc nous on aimait bien et tout Et Philippe et Arnaud, c'est son collègue où ils font tous les deux des... des traversées, des grosses traversées ensemble. Donc, ils ont eu la bonne idée de traverser Tahiti-Moréa. Alors, il faut savoir que notre entraîneur, à la fin de l'entraînement, il nous dit, oui, les enfants, venez, on doit faire une vidéo. Bon, ben, faire une vidéo, pas de problème, quoi. Donc là, il nous dit, il faut dire ci, il faut dire ça, machin. Merci de nous accompagner pendant notre traversée Tahiti-Moréa. Bon, ben, au début, moi, je tilte pas, tu vois, je dis ce qu'il veut. donc je comprenais pas trop et tout on fait la vidéo et à la fin il nous dit parce que personne n'avait compris donc à la fin il nous dit bon bah ça vous fait plaisir je lui fais bah de quoi je comprends pas il me fait bah on va faire la traversée Tahiti-Moréa au début je croyais que c'était une blague et non du coup c'était pas une blague donc ils ont eu beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de préparation derrière parce que c'était super joli on a traversé et tout mais il y a eu beaucoup beaucoup de travail de de leur côté donc on est partis 12 jours là-bas on a nagé avec les nageurs tahitiens ouais donc on a nagé et visité aussi Tahiti donc franchement c'était une expérience exceptionnelle franchement

SPEAKER_01

Tu m'étonnes, avec un cadre comme ça. Le défi, c'était quand même un vrai défi parce que je ne me rappelle plus... Il y a combien de distance entre Tahiti et

SPEAKER_00

Montréal

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

La distance, je ne sais plus trop combien il y avait. Vous

SPEAKER_01

avez nagé un paquet d'heures, je

SPEAKER_00

crois. Oui, on a fait 7h30 en tout de nage. Ok. Donc, oui, c'était... Tu

SPEAKER_01

as

SPEAKER_00

pris la journée, quoi. Mais ouais, c'était ouf. Franchement, c'était ouf. En plus, c'était sympa parce que du coup, on a fait quelque chose en groupe. Donc, c'était vraiment solidarité avec les Thaïciens plus nous. Parce que nous, en temps normal, tu sais, la natation, c'est un sport individuel. C'est chacun pour sa tronche. Alors que là, ce genre de défi, c'est super parce que nous, ça crée des liens, ça nous rapproche un peu plus et ça enrichit le groupe quoi donc franchement c'est

SPEAKER_01

top qu'est-ce que t'en as attends j'allais te poser une question déjà sur le après Tahiti mais en fait faut qu'on rentre un peu dans l'état de Tahiti c'est tellement ouf du coup une fois que vous étiez sur place donc toi t'avais déjà fait tu disais cette traversée qui avait été horrible pour fêter l'anniversaire d'une des traversées de Philippe c'est ça mais quand tu te prépares pour une traversée aussi longue comment est-ce que t'as juste en entraînement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que là aussi, vous faisiez des relais d'une demi-heure ou vous étiez dans l'eau vraiment plusieurs heures

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, ouais, non. Là aussi, j'ai oublié aussi ça. Les entraînements pour ça, c'était horrible. Franchement, c'était… Autant pour le cap gris-nez, cap blanc-nez, on ne s'est pas trop entraîné, mais un petit peu. Mais alors là, pour Tahiti, je pense qu'on a bouffé… Ah ouais, je te jure, c'était horrible. Franchement, c'était horrible. Vraiment, c'était… En plus, moi, je n'aime pas faire des longueurs sans t'arrêter, sans discuter de temps en temps. Et là, non, non, là, les kilomètres, on en a bouffé. Donc, ouais, on faisait plusieurs séances sur du long, du très, très, très long. Et pour voir à peu près combien, enfin, comment on gérait la longue distance, comment on pouvait faire ça et tout, tu vois, la préparation, quoi. Donc, notre coach, ouais, elle nous faisait des séances de très long et on

SPEAKER_01

s'est préparé comme ça parce que donc là vous étiez dans l'eau combien de temps à chaque fois pour la

SPEAKER_00

traverser

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

une demi-heure

SPEAKER_01

aussi chacun une demi-heure

SPEAKER_00

ok ouais et il y en avait ils ont fait un peu plus parce que vu qu'ils fatiguent

SPEAKER_01

moins que nous ils pouvaient faire plus ok ah là là finesse incroyable ah ouais et du coup qu'est-ce que ça t'a apporté tu dirais cette expérience à Tahiti au-delà du voyage voilà les fait que c'était quand même je pense super cool de vivre ça aussi jeune mais t'en as retenu quoi de ce défi

SPEAKER_00

qu'est-ce que j'ai retenu bah c'est pareil tous les défis qu'on fait en nos livres vu que c'est la longue distance sans s'arrêter etc bah à chaque fois en fait sur ce genre de distance moi il y a au moins un moment donné où j'ai envie d'arrêter j'ai envie d'abandonner parce que ça me saoule

SPEAKER_02

tu

SPEAKER_00

vois c'est chiant et au final je me dis à chaque fois que je nage, ouais, mais imagine si tout le monde fait ça, c'est pas cool et tout, tu vois. Et ce genre de défi, en fait, ça me permet de... de dépasser mes limites, tu vois. Sur le coup, je me dis, bon, j'abandonne, je suis une fragile, c'est chiant, c'est bon, je dis à la coach. Et au final, je continue, je continue, et une fois que l'idée est passée, ça passe. Et quand je l'ai fait, je suis super contente parce que je me dis, je n'ai pas arrêté et j'ai continué. Donc, mentalement, ça forge encore un peu plus parce que ce n'est pas... c'est pas des trucs qu'on fait tous les jours

SPEAKER_01

ouais clairement ouais c'est un super message tu vois ça me fait penser sur le podcast j'ai reçu plusieurs fois des anciens des forces spéciales j'aime bien à chaque fois échanger avec ces gens parce qu'ils ont souvent des phrases qui résument très courtes impactantes qui résument un peu la philosophie du podcast et entre autres t'as un un formateur un ancien commando marine qui avait l'habitude de dire tu vois que quand t'as abandonné un jour bah en fait tu t'en rappelles toute ta vie et que en gros t'abandonnes toujours tu vois donc je trouve ça intéressant ce schéma mental que t'as de te dire bah non j'abandonne pas parce que si tout le monde fait ça où on va et puis en fait c'est intéressant de voir que au bout d'un moment ça passe cette espèce de réflexion

SPEAKER_00

négative ouais et puis même à ce À ce moment-là, à Tahiti, je me disais, quand je me posais la question, j'arrêtais tout, je me disais, dans ma tête, je me disais, oui, dis-toi quand même que tous les encadrants qui nous encadraient, ils ont quand même fait beaucoup de choses pour nous, pour qu'on soit là. Je repensais à beaucoup de choses pour ne pas que j'arrête, tu

SPEAKER_02

vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc, ouais, mentalement, à chaque fois, moi, je m'étonne moi-même parce que je me dis, il y a toujours un moment donné où je me dis, bon, allez, c'est bon, ça me gonfle, j'arrête tout, je sors. Et après, je redescends un peu de mon nuage et je me pose deux, trois petites questions et c'est reparti. Et une fois que je suis partie, c'est bon, je ne pense plus à rien, je pense à l'arrivée et puis

SPEAKER_01

voilà. En compétition, tu as quoi comme outil mentaux

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je te demande parce que tu viens de nous expliquer que c'est ce qui t'est arrivé notamment à Tahiti où tu avais ces pensées où tu te disais j'arrête et au final tu as continué. En fait, la natation, ce qui m'impressionne toujours, c'est qu'un, tu es seul, mais deux, en plus, tu ne peux pas communiquer avec ton coach pendant la compétition. Tu es dans l'eau, tu n'entends rien, tu ne vois rien. En judo, tu peux voir les réactions de ton coach même s'il y a du bruit et que tu ne l'entends pas. il peut te faire des gestes tu comprends des choses t'as le public autour qui peut applaudir enfin tu vois t'as plein d'infos en fait de ton environnement

SPEAKER_00

ouais ouais ouais je vois ce que tu veux dire mais tu sais que en natation en compète tu vois quand même ta coach soit qui crie soit qui te fait des signes

SPEAKER_01

ah ouais ah oui oui parce que mais quand du coup quand tu respires à chaque fois que tu sors

SPEAKER_00

la tête sur le côté ouais si elle est calée dans un endroit je sais où elle est Quand il y a une petite merde, entre guillemets, ou quand je ne me sens pas bien, je la regarde, je me dis ce que je dois faire ou pas. Donc, non, non, il y a toujours un... Je la vois. Ne t'inquiète pas, je ne peux pas la

SPEAKER_01

louper.

SPEAKER_00

Et niveau mental, en compétition, en fait, c'est différent. Parce qu'en fait, moi, quand j'ai, par exemple, les après-midi pour les finales et tout... Je ne sais pas. Je suis moins motivée que le matin. Je ne sais pas pourquoi. Il y a un truc que je n'arrive pas trop à débloquer. J'y arrive petit à petit. C'est que les après-midi, quand je fais les finales, je n'arrive pas à tout donner. Le seul truc que je me dis, c'est que Ben, c'est que je me suis quand même entraînée toute l'année. Je me lève tout le temps super tôt pour aller nager parce qu'honnêtement, te lever tôt pour aller dans l'eau et tout, franchement, sur le coup, c'est vraiment chiant, honnêtement. Moi, ça me saoule. Mais une fois que j'y suis, ben, j'y suis. Donc, je me dis que, ouais, si je fais de la merde, ben, c'est chiant parce que, du coup, j'aurais fait tout ce que j'ai fait avant pour rien. Enfin, pour rien, entre guillemets, pour rien. Et, enfin, il faut que ça soit bénéfique ce que je fais le soir, quoi.

UNKNOWN

Ouais.

SPEAKER_00

donc ouais non j'ai pas le même mental mais j'essaie quand même de me après moi j'ai une super coach donc elle mentalement aussi elle m'aide donc ça fait 50-50 et l'année dernière j'avais fait une très belle année en temps de compétition donc je pense que cette année

SPEAKER_01

ça vaut

SPEAKER_00

le coup aussi

SPEAKER_01

ouais yes voilà excellent excellent excellent Selam qu'est-ce que qu'est-ce que toi t'aimerais partager pas forcément des conseils, mais s'il y avait un message, une chose que tu voudrais que les gens retiennent de ton parcours, de cet échange, ce serait

SPEAKER_00

quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi, j'aurais deux messages à faire passer. La première, c'est la plus importante à mes yeux, c'est que dans la vie, il y a beaucoup de choses qui arrivent et qui sont bien ou mal, mais il faut arrêter de voir la vie tout en noir. Je pense qu'ici, on est très bien, on a tout ce qu'il nous faut. Il faut être joyeux tout le temps. Moi, je n'aime pas voir les gens malheureux. Il faut être tout le temps joyeux. Et l'autre, c'est pour les personnes qui sont en situation de handicap ou pas forcément. Ce n'est pas parce que nous sommes en situation de handicap que tu ne peux rien faire du tout. Au contraire, il faut que tu apprennes à dépasser tes limites. Et en dépassant tes limites, je pense que tu apprends aussi à connaître tes limites, je pense. Et voilà. Il ne faut jamais se laisser des barrières. Et quand tu as une idée, il faut aller jusqu'au bout. Et une fois que tu l'as fait, tu seras très, très, très content.

SPEAKER_01

Ouais,

SPEAKER_00

super message.

SPEAKER_01

Voilà. Excellent. Écoute, ben, un grand merci Célam.

SPEAKER_00

Ben, merci à toi, c'était super cool,

SPEAKER_01

franchement. Ouais, c'était top. T'as peur

SPEAKER_00

de prendre un coup de casque en plus.

UNKNOWN

Ah, c'est vrai? Ben, écoute, trop bien.

SPEAKER_01

Quel honneur. C'est génial. S'il y a des gens qui veulent en savoir plus, tu vois, te suivre, pourquoi pas même, je sais pas, si t'es ouverte à ça, échanger avec toi sur tes entraînements, etc. Le mieux, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est Instagram

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, Instagram où je suis plus

SPEAKER_01

actif et je réponds très très vite ok ça marche donc je mettrai ça en description de

SPEAKER_00

l'épisode

SPEAKER_01

c'est parfait écoute merci encore bon entraînement du coup cet après-midi puisque

SPEAKER_00

j'imagine que vous allez retourner il y a d'abord la sieste avant

SPEAKER_01

ok bon c'est important c'est important est-ce que tu as des écouteurs qui vont dans l'eau ou pas

SPEAKER_00

toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

j'en avais à une époque ouais mais je les utilise plus

SPEAKER_01

Ok, bon, sinon, j'allais te dire, quand je t'enverrai l'épisode, tu pourras l'écouter à

SPEAKER_00

l'entraînement.

SPEAKER_01

Ah non, je ne pourrai pas. Mais je

SPEAKER_00

l'écouterai quand je rentre les week-ends chez moi. Parfait. Dans la voiture. Je t'enverrai le temps, ne t'inquiète pas, je n'oublierai

SPEAKER_01

pas. Merci

SPEAKER_00

beaucoup, ces dames.

UNKNOWN

Merci à toi. Merci, j'espère la prochaine. Salut, merci. C'est parti!