Les Frappés

Rémi Herring - Marcheur au long cours - CDT, PCT - Dépassement et connexion à la nature sauvage

Rémi Herring Season 2 Episode 98

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Rémi est un marcheur au long cours.

Récemment, il a bouclé le Continental Divide Trail, le plus long des 3 légendaires sentiers américains.

Le CDT, c'est 5000km à travers les régions du centre des États-Unis entre le Mexique et le Canada. Il a fallu quasiment 5 mois à Rémi pour boucler ce défi colossal.

Mais Rémi n'en était pas à son coup d'essai ! Avant le CDT, il avait déjà parcouru le PCT, le GR5 et le GR20. Un vrai adepte de la randonnée longue et engagée. Ce qu'il y trouve ? Une vraie connexion avec la nature sauvage et un cadre idéal pour se dépayser et se dépasser.

Marcher 40km par jour pendant des mois avec 15kg sur le dos sur des sentiers très isolés, ça ne s'improvise pas. Rémi nous explique aussi la réalité de la logistique sur ce genre d'aventure et nous partage quelques anecdotes... qui en refroidiront plus d'un !

Une vraie invitation au voyage... merci Rémi !

🔎 Dans cet épisode, on a évoqué les 3 sentiers au long court, ou thru hike, les plus connus des USA : Le Pacific Crest Trail (PCT), le Continental Divide Trail (CDT) et enfin l'Appalachian Trail (AT). L'équivalent français est l'Hexatrek.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #26 - Jeanne Fauquenot - Marcheuse au long cours - Prendre le temps de s'écouter pour mieux se redécouvrir
Épisode #30 - Béatrice Fierens Gevaert - La marche au long cours comme école de la résilience
Épisode #65 -Éric Lascar [Ciel Mon Bivouac] - Docteur en Sciences et marcheur au long cours - 5500km entre Strasbourg et le Portugal pour prendre le temps de se poser les bonnes questions
Épisode #54 - Nicolas Leroux - Marcheur au long cours, 6500 km à travers la France - S'approprier sa zone d'inconfort
Épisode #62 - Cloé Dardelet - L'aventure et l'exploration à côté de chez soi

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SPEAKER_00

passe du désert à la haute montagne, à nouveau désert, la haute montagne, assez fréquemment. Du coup, c'est de s'adapter, s'acclimater. Puis vu que quand même, tu as cette pression quand tu vas vers le nord, c'est d'arriver avant l'hiver. Donc tu vas quand même faire des gros kilomètres. En général, je faisais en moyenne 40 kilomètres par jour.

SPEAKER_01

Bienvenue sur Les Frappés, le podcast qui vous fait découvrir chaque semaine un parcours tout aussi authentique qu'inspirant. Je suis Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui coach et cofondateur de Papyrus, la solution qui permet aux entreprises d'engager et de retenir leurs talents. Ma mission est de vous aider à prendre conscience que l'impossible est possible, de vous autoriser à rêver, de passer à l'action et de vous donner les moyens de repousser vos limites. Cette semaine, je reçois Rémi. Rémi, c'est un marcheur au long cours qui a récemment bouclé le CDT, Continental Divide Trail, un sentier de randonnée au long cours de 5000 km qui traverse les Etats-Unis depuis la frontière mexicaine jusqu'au Canada. Dans cet épisode, on parle bien évidemment de résilience et de dépassement de soi à travers le récit d'anecdotes croustillantes que Rémi nous partage et qu'il a pu vivre au cours de ses 5 mois d'aventure. Alors c'est parti, on boucle les sacs à dos et on part aux Etats-Unis sur le CDT avec Rémi, excellente écoute à vous les frappés Eh bien écoute, bienvenue Rémi sur le podcast. Merci Loïc pour cet accueil, c'est super. Écoute, avec grand grand plaisir, très content qu'on ait à nouveau un membre de la communauté des Marcheurs Fous, puisqu'on avait commencé avec Jeanne, ensuite on avait eu Béatrice, on a eu Cindy et maintenant Rémi. Donc génial que tu sois là pour nous expliquer un petit peu plus ce que tu fais, ton parcours, on va peut-être commencer par ça et puis on rentrera dans le détail de la dernière aventure franchement complètement fou. folle que tu as réalisé il n'y a pas très longtemps, donc je suis bien bien content qu'on puisse prendre le temps aujourd'hui pour parler de tout ça. Je te laisse peut-être commencer par le commencement, nous expliquer

SPEAKER_00

qui est Rémi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ok, très bien, du coup moi c'est Rémi, j'ai 29 ans, je suis né aux Etats-Unis, à Eugène dans l'Oregon, mais j'ai grandi en France, j'ai un peu vécu en Allemagne et puis je faisais des allers-retours entre les Etats-Unis pour voir ma famille aux Etats-Unis, et donc moi ma grande passion depuis ces dernières années depuis 2018 c'est de marcher des marches plutôt long cours et donc j'ai fait plusieurs traversées la première en 2018 j'ai fait la traversée du Tirol donc du sud de l'Allemagne jusqu'à l'Italie c'est le E5 ça s'appelle le sentier ensuite en 2019 là beaucoup plus long j'ai fait le Pacifique Crestrel le fameux voilà classe et 2020 là c'était plus court j'ai fait Je deviens 54, les écrins, c'est un peu plus compliqué avec le Covid. 2021, là, je suis reparti. Encore la France, j'ai fait traverser des Alpes, de la Corse et de la Provence. sans vraiment de plan, c'était un peu selon ce qu'on me disait, il faut que tu ailles par-ci, il faut que tu ailles par-là, c'était assez rigolo. Et enfin, la dernière aventure, c'était cet été, entre avril et septembre, j'ai fait la traversée des Rocheuses, le fameux Continental Divide Trail, c'est l'été pour ceux qui connaissent.

SPEAKER_01

Excellent. Déjà, PCT, CDT, des gros morceaux. Le GR5, je crois que c'est quand même aussi costaud. C'est quand même aussi costaud. Surtout si tu as enchaîné. Tu as fait quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

GR5, GR20

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et en Provence,

SPEAKER_00

c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était le GR99. Je suis parti de Menton. non pas Menton le Grand Port c'est zut

SPEAKER_01

à Toulon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Toulon ouais merci Toulon jusqu'à les les Gorges du Verdon d'accord ok et je pense que je vais être le seul marcheur au mois d'août c'est assez fou il y avait des alertes incendies il n'y avait pas d'eau du coup j'allais dans les cimetières pour me ravitailler en eau j'ai jamais été autant au cimetière de ma

SPEAKER_01

vie ouais ouais cet été c'était quand même assez compliqué dans le coin je me rappelle de journée par 42 degrés ici à Aix c'était

SPEAKER_00

intense

SPEAKER_01

ça rigole pas ouais non non ça rigole pas malheureusement ça va pas aller en s'améliorant bah non non ok donc récemment le le Continental Divide Trail donc C'est une

SPEAKER_00

traversée... Du coup, tu pars avec la frontière, avec le Mexique. Ah oui, et tu montes au Canada. Et tu montes au Canada. Comme le Pacifique resteraient, mais là, c'est plus les états du centre, par les rocheuses. Donc, tu fais d'abord... Là, tu es dans le désert, c'est le Nouveau-Mexique. Après, les hautes montagnes du Colorado... Ensuite, tu passes par le Wyoming. Là, c'est plus varié. Tu fais désert, haute montagne et tu passes notamment par Yellowstone que tout le monde connaît. Et après, c'est Idaho, Montana où là, c'est un peu bizarre. Tu fais un peu les deux. Puis après, tu passes vraiment au Montana et tu finis à Glacier National Park qui vaut vraiment le détour, il faut le

SPEAKER_01

dire. Génial. Et donc au total, juste pour qu'on ait un peu une idée, donc tu disais de avril à septembre. Tu as vraiment marché de avril à septembre où il y a eu des périodes de pause de plusieurs... par exemple, au milieu

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Du coup, j'ai commencé, c'était le 26 avril, où j'ai commencé vraiment à la frontière avec le Mexique. Et après, je suis arrivé le 6 septembre à la Glacier, à la frontière avec le Canada. Et il y a juste un moment où je n'ai pas pu finir le Nouveau-Mexique parce qu'il y avait des alertes d'incendie, ils ont fermé les forêts nationales. Et du coup, là, avec des randonneurs, on a sympathisé. Et on a loué un van et on a fait un road trip pendant 9 jours pour attendre, parce qu'on n'était encore qu'à mi-mai et c'était un peu encore trop tôt pour accéder aux hautes montagnes, c'était à plus de 4000 quand même au Colorado.

UNKNOWN

Ah oui?

SPEAKER_00

Donc, ça faisait un peu tôt pour rentrer. Donc, on s'est dit de profiter du beau temps du Nouveau-Mexique. Et donc, on a fait des découvertes d'anciennes ruines de natifs américains. On a fait du frisbee-golf. c'était assez rigolo dans le désert par contre des fois t'avais des grosses bourrasses de vent donc après il fallait rechercher son frisbee c'était vraiment rigolo et enfin le plus fou qu'on ait fait c'était on est allé faire le parc national Great Sand Dunes National Park dans le Colorado et là t'as à la fois les grandes dunes de sable style dune du pilat Et derrière, tu as des hautes montagnes, les San Cristos, si je ne dis pas de bêtises. Et c'est des hautes montagnes à 4000 enneigées. Ça, c'est au même endroit. Tu as l'impression que c'est Star Trek. Et là, c'est complètement dingue.

SPEAKER_01

Et du coup, cette pause en van, elle a duré combien de temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'était neuf jours. Ce voyage dans le voyage. Neuf jours

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Et on a attendu une fois que les conditions étaient meilleures pour rentrer dans le Colorado et pouvoir continuer ensuite le périple.

SPEAKER_01

D'accord. Donc, il y a moins de deux semaines entre fin avril, début septembre où tu n'as pas marché. Donc, c'était quand même un sacré périple. Tu as en tête le nombre de kilomètres que ça représente le CDT

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Du coup, en totalité, si tu fais vraiment le sentier en tout, c'est 5000 kilomètres. Et après, ce qui est la particularité que le CDT, contrairement par exemple au Pacific Crest Trail, c'est qu'il n'est pas encore fini. Et le Pacific Crest Trail, tu as juste un sentiers et c'est tout. Alors que le CDT, tu as plein de sentiers et après, tu choisis un peu ton aventure, tu choisis ce que tu veux faire. Donc, tu as ton appli qui s'appelle Gotook. Maintenant, c'est Far Out. Et du coup, tu as le tracé officiel, c'est la ligne rouge. Mais après, tu peux avoir la ligne rose, la ligne bleue, la ligne jaune, etc. Et donc, après, tu choisis. Là, ça m'intéresse, je vais plutôt faire la bleue, la violette et ainsi de suite.

SPEAKER_01

D'accord. Je ne savais pas du tout qu'il n'y avait pas de tracé unique sur

SPEAKER_00

celui-ci c'est le plus récent je crois qu'il est des années 80 alors que Appalachian la côte est c'est des années 30 PCT c'est plus les années 60 donc ils ont eu beaucoup plus de temps et une plus grosse communauté pour le finir alors que le CDT c'est toujours en cours puis c'est des endroits quand même bien plus isolés donc c'est pas toujours évident d'envoyer des équipes pour bosser sur les

SPEAKER_01

sentiers ouais ouais ouais au moment où on enregistre tu vois justement là la semaine prochaine il y a un épisode qui sort avec bon il sera déjà sorti donc je peux le dire avec un smoke jumper donc un français mais qui est smoke jumper au Canada et on parlait justement de cette notion de grands espaces tu vois d'immensité absolue il expliquait que lui donc il est pompier en gros c'est pompier parachutiste que la zone sur laquelle il intervient je crois qu'ils sont en tout 80 si je dis plus de bêtises si je dis pas de bêtises c'est la superficie de la France tu vois donc ils sont 80 par pour l'équivalent de la France en superficie. Donc, ça te fait un peu te rendre compte de l'énormité de la chose quand tu dis que ça prend du temps parce que c'est un peu isolé, qu'il n'y a pas forcément, c'est difficile d'envoyer des gens. À l'échelle des États-Unis, il faut bien se rendre compte qu'il y a un paquet de coins qui sont quand même paumés. Ce n'est pas le GR20 où tu as une route à proximité quasi

SPEAKER_00

tout le temps. Oui, puis par exemple, le Wyoming, c'est le dixième état, mais il y a moins d'habitants que Nantes-Aglo. Alors que c'est tout. Ah ouais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais. Ok. Parce que t'as 500 000 habitants dans tout le Wyoming. Et dans Taglo, c'est 800 000. Ok.

SPEAKER_01

C'est assez... Tu le ressens bien. Mais du coup... Bah ouais, c'est ce que j'allais te demander. À quoi ça ressemble au quotidien pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

J'imagine que ça dépend aussi des sections. Mais une fois que tu te lances sur le sentier, c'est quoi l'impact de cet isolement en termes de logistique, de planification, d'accès aux secours potentiellement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et du coup, tu as quand même l'application qui est vachement sécurisante. Tu as le GPS en permanence. Du coup, tu sais à peu près où tu es quand même. Des fois, tu es dans les canyons, donc tu n'as pas trop de réception. Mais globalement, tu sais où tu es. Donc déjà, c'est quand même sécurisant par rapport à les randonneurs qui faisaient ça dans les années 80. Ils faisaient juste ça à la carte, au compas. Tu avais plus de chances de te perdre. Là, quand même, à ce niveau-là, tu as quand même moins de risques. après aussi le gros risque c'était surtout dans la partie désertique c'était le manque d'eau il y avait des grosses parties où tu n'avais pas d'eau pendant 30-40 km donc là il fallait bien gérer son eau et j'ai une anecdote en tête où on avait mal géré avec d'autres randonneurs il y avait 50 km où on n'avait plus d'eau entre la source et la prochaine il y avait 50 km et on pensait avec 5 litres qu'on allait être large. En fait, pas du tout. Et gros coup de bol, il y avait une route et on a réussi à arrêter des pick-up. Ils nous ont donné de l'eau. Du coup, heureusement, ça s'est bien fini. Mais là, on n'était pas sereins quand même sur le coup. Parce que vous

SPEAKER_01

n'aviez plus d'eau

SPEAKER_00

à partir de combien de kilomètres

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On avait fait 30 et il nous restait encore 20.

UNKNOWN

Ouais.

SPEAKER_00

et on s'est dit oula mais après c'était la possibilité soit on s'est dit on arrive à arrêter des gens et avoir de l'eau et on continue ou soit tant pis on fait du stop et on va en ville parce qu'on a plus d'eau et faut pas non plus prendre trop

SPEAKER_01

de risques ouais ok ouais donc t'as quand même j'ai pas souvenir tu vois j'allais dire j'ai pas souvenir avec Cindy qu'on avait évoqué cette notion d'isolement total mais du coup comme t'as fait les deux PCT et CDT, tu peux comparer. Est-ce que tu dirais que c'est vraiment beaucoup plus isolé et une fois que tu es engagé, tu es engagé sur le CDT que sur le

SPEAKER_00

PCT

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, je pense que c'est beaucoup plus isolé. Puis même quand les villes, c'est vraiment des toutes petites villes sur le CDT. Et des fois, tu as juste une poste, un bar et c'est tout. et puis t'as genre une centaine d'habitants surtout quand c'est plus tu vas au nord toutes les états Wyoming et Montana où là ouais vraiment tu ressens que c'est isolé même t'as l'impression que tu reviens 40 ans en arrière ouais t'as l'impression que tu fais un voyage dans le temps en fait presque quand tu vas dans cette petite ville là puis même les gens leur manière de penser c'est encore c'est encore plus comme avant

SPEAKER_01

ah c'est intéressant ça t'as des anecdotes sur ce type de rencontres qui te font dire que c'était un peu un voyage dans le temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Déjà, tout ce qui est Internet, téléphone, ils n'étaient pas trop au fait, ça ne marche pas toujours forcément, donc ils comptent moins dessus que nous, citadins, on est à fond, tu es toujours sur ton téléphone, beaucoup moins, et ils sont plus souhaités voyager en pick-up, de village en village, c'est vraiment différent par rapport à nous, Européens, comment on vit

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Salut. Salut. ok du coup côté logistique t'es parti comment est-ce que t'as planifié tout ça est-ce que tu savais déjà à l'avance où est-ce que t'allais dormir les points de ravitaillement j'imagine quand tu pars pour autant de temps tu prévois du matériel de genre une deuxième paire de chaussures je suppose ou ce genre de choses comment ça s'est planifié le CDT

SPEAKER_00

pour toi du coup déjà j'avais le matériel de base tout ce qui est sac à cadeaux, sacs de couchage, enfin là j'ai un quilt maintenant, j'ai essayé d'être le plus léger possible, vu que je savais que j'allais avoir pas mal de sections où j'avais beaucoup d'eau à porter ou de nourriture, parce que des fois j'avais des sections où j'avais jusqu'à 7-8 jours en autonomie totale, donc il fallait que je sois le plus léger possible pour pouvoir porter beaucoup d'eau et de nourriture. J'ai beaucoup regardé pour avoir du matériel le plus léger possible. Par exemple, mon sac faisait 800 grammes, juste le sac. Alors qu'avant, sur le PCT, le sac faisait 2,20 kg. J'ai fait au mieux pour vachement m'alléger. Ensuite, quand je devais porter 5 litres d'eau, tu rajoutes tout de suite 5 kg, ce n'est pas négligeable.

UNKNOWN

Oui, c'est clair.

SPEAKER_00

Et puis après, il faut faire ça par étape. C'est tellement long. Tu pars cinq mois. Tu ne peux pas prévoir tout de A à Z. Donc, il faut vraiment être flexible. Et il faut vraiment faire étape par étape. Donc, tu fais de la ville A jusqu'à la ville B. Tu te dis, je vais mettre cinq jours. Il me faut tant de bouffe. tant d'eau de tel point à tel point. Attention, là, il y en aura moins. Il faudrait que je fasse vigilant. Et après, une fois que tu arrives à la ville, souvent, il fallait faire du stop pour aller à la ville. Le sentier, tu restes quand même dans des montagnes ou dans des endroits plutôt isolés. Tu ne passes pas toujours par la ville. Il faut souvent faire du stop. Et après, tu replanifies. Une fois que tu es dans la ville, tu dis, bon, la prochaine ville, elle est dans tant de kilomètres. Du coup, c'est normal, c'est plutôt... Et puis après, tu te dis, moi, j'arrive quotidiennement à faire 20 miles, 25 miles, 30 miles selon les types de terrain. Et donc, tu te dis, ça fait 4 jours, 5 jours. Et après, en fonction, tu bases toute la logistique là-dessus. Et des fois, tu sais que tu n'auras pas de magasin où tu ne pourras pas acheter de nourriture. Mais tu sais qu'il y a une pause, donc tu vas t'envoyer un colis rempli de nourriture pour

SPEAKER_01

être sûr ouais ça c'est un truc que j'ai lu où est-ce que j'avais lu ça je sais plus où est-ce que j'ai lu ça mais j'ai déjà lu des récits alors je crois que c'était de la page chez Entraide de gens qui faisaient ça tu vois qui s'envoyaient des boîtes etc et puis Cindy en avait parlé mais du coup ça m'a toujours un peu intrigué parce que je sais pas si on a un système aussi organisé que ce qui se fait aux Etats-Unis et en Europe en France en tout cas je sais je suis pas du tout au courant mais du coup comment est-ce que tu le gères tu vas dans un bureau de poste vraiment avec tes cartons remplis de bouffe et tu leur demandes de les expédier à une certaine date sachant que t'es quand même pas certain d'arriver à ta destination en temps et en heure

SPEAKER_00

et ouais du coup donc déjà tu vas récupérer un carton à la poste et ensuite tu vas à l'hôtel en général c'est comme ça que ça se passait puis tu le remplis de toute la nourriture que t'as estimé que t'avais besoin et après tu retournes Tu retournes à la poste et tu l'envoies. Et tu marques bien ton nom, prénom, puis ton nom de trail aussi. Ah oui, c'est vrai. Ça marche beaucoup là-bas, les surnoms pour les randonneurs. Et par exemple, moi, mon surnom, c'était Mummy, donc la momie. OK. Parce que ça venait du PCT, en fait. C'était la première fois que je randonnais dans le désert. Et j'avais mal géré mon cou. J'avais des chaussures qui sont rapidement venues trop petites. Parce que mes pieds ont gonflé. Et du coup, je marchais. Après, je ne pouvais plus rentrer dans les chaussures. Et je marchais pieds nus. Et j'avais plein de bandages sur mes pieds. Ah ouais, d'accord. Et il y a un Brésilien, un autre randonneur, qui me fait« Ah, on dirait une momie

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

» Et puis après, c'est resté... excellent et du coup il peut en venir pour les colis donc c'est comme ça tu fais tout à l'hôtel tu remplis ton ton colis et puis après tu l'envoies à la ville où t'estimes où t'en auras besoin ou si des fois t'en envoies 2 ou 3 si t'es dans une grande ville et tu sais que les 3 prochaines villes tu pourras pas te te ravitailler et après t'indiques bien l'estimation de quand t'arriveras et de bien le garder en attendant que tu le retires et puis après c'est souvent ces villes là ils ont l'habitude vu qu'ils sont sur les sentiers c'est très courant chaque été beaucoup de randonneurs surtout les américains ils l'utilisent énormément et du coup les postiers ont l'habitude

SPEAKER_01

mais donc tu contactes les parce que j'avais je te pose la question ça m'intéresse parce que j'avais regardé j'avais tenté avant le Covid enfin j'avais tenté si je m'étais vraiment acharné ça serait passé mais c'était devenu un peu compliqué j'avais voulu organiser une traversée de l'Islande nord-sud et et t'as moyen donc solo en autonomie mais t'as quand même moyen de te ravitailler au milieu dans des refuges islandais où il faut il faut faire la même chose c'est à dire envoyer des colis etc par contre il fallait absolument prendre contact avant avec le refuge c'était pas sûr côté date d'ouverture du refuge machin c'était une petite complexité à gérer en plus du coup je me demande quand tu pars c'est pour ça que je te posais cette question quand tu pars pour 5000 bornes je sais pas si t'as noté combien de ravitaux t'as eu mais j'imagine qu'il faut que le système soit quand même hyper rodé pour que tu saches qui contacter dans quelle ville en amont pour leur envoyer tes colis vérifier qu'ils peuvent bien le réceptionner etc etc.

SPEAKER_00

Et après, c'est avec la communauté, donc tu demandes aussi aux autres randonneurs, donc chacun a ses infos, et aussi, je disais, je parlais de l'application Gotook, qui maintenant s'appelle Farod aussi, tout est renseigné en fait, donc tu as les points d'eau, les prochaines villes, et donc tu peux aussi, dans les villes, ils te disent, on vous conseille plutôt de l'envoyer, enfin les randonneurs, on peut se laisser des notes, des commandes et donc on peut se dire il vaut mieux l'envoyer à tel hôtel ou à tel magasin ils sont assez fiables ils gardent les colis ou non non surtout éviter ils ont perdu mon colis j'ai tout perdu j'ai dû attendre une semaine avant d'avoir un nouveau colis donc c'est vraiment bouche à oreille ou avec les réseaux que tu crées en fait ta logistique

SPEAKER_01

ok ça c'est top qu'il y ait ce genre d'appli je sais pas si il y a l'équivalent en France d'appli comme ça communautaire pour des treks

SPEAKER_00

je sais que maintenant

SPEAKER_01

le nouveau c'est Exatrek ah oui alors tiens on peut peut-être ouvrir une parenthèse je t'avais dit qu'on ouvrirait des parenthèses dans l'épisode Exatrek qu'est-ce que c'est exactement parce que j'ai vu pas mal j'ai vu le nom passer à droite à gauche mais qu'est-ce que c'est exactement le concept

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Du coup, c'est un ancien qui a fait le Pacific Crest Trail, un Français qui l'a fait en 2020 ou 2021, si je ne me trompe pas, et qui a adoré le concept et qui a voulu le faire aussi en France. Et du coup, il a créé un tracé avec un autre Français, je ne sais plus son nom, ça m'échappe. Et donc, ils ont regroupé plein de GR et de GRP pour faire un sentier de 3000 kilomètres qui relie l'Est de la France, avec la frontière avec l'Allemagne, jusqu'à les Pyrénées et l'océan Atlantique. En passant principalement par les montagnes, donc le Jura, les Alpes, tu passes par les gorges de l'Ardèche, puis tu finis dans les Pyrénées et enfin à l'océan Atlantique, ou dans l'autre sens si tu veux remonter après vers l'Alsace.

SPEAKER_01

D'accord, ok. Oui, c'est ça. Du coup, je suis en train d'aller voir. 3034 kilomètres. D'accord. Et donc, eux, ils ont créé... Ok, oui. Tu pars en gros du nord de Strasbourg. Tu descends vers Monaco, tu passes au-dessus de Montpellier, tu descends vers la frontière espagnole, l'Andorre, et tu vas jusqu'à, j'ai l'impression que c'est Biarritz au bout. Ok, d'accord. Je n'aurais pas cru qu'il y ait 3000 kilomètres sur cette trace. Et donc eux, ils ont créé une appli pour...

SPEAKER_00

Ils sont beaucoup inspirés justement de cette appli dont j'en parle, de Gotook. et c'est le même principe ça t'indique les points d'eau les prochains villes de ravitaillement s'il y a des refuges des points d'intérêt et donc là c'était la première édition donc je pense qu'il y aura matière après d'améliorer chaque année l'application pour qu'elle soit de plus en plus performante

SPEAKER_01

c'est top je vois qu'il y a des cartes hors connexion ça c'est génial les points de bivouac les points d'eau ça franchement je le dis souvent sur les podcasts avec des marcheurs mais l'emplacement des points d'eau et les bivouacs Je ne sais pas pourquoi, c'est un de mes gros flips. Quand je pars sur des treks, que ce soit en France ou à l'étranger, il faut que j'ai l'info de où est-ce qu'il y a de

SPEAKER_00

l'eau. C'est vrai que c'est plus tardif, surtout quand tu es dans le désert. Encore, quand tu es en haute montagne, tu as plus d'eau. Tu as toujours des petits cours d'eau. Tu peux avoir juste un litre, ça suffit. Mais dès que tu es dans des milieux désertiques, c'est plus récent. C'est vrai que c'est rassurant quand tu vois qu'il y a un point d'eau et que tu vois des commentaires récents qui disent que c'est bon j'ai trouvé de l'eau là tout de suite t'as moins de pression tu dis ouf je peux quand même dans 3 km je suis sûr à 100% d'avoir de l'eau ouais

SPEAKER_01

c'est sûr excellent ok donc cool de voir que la technologie se met au service des aventuriers des marcheurs en cours en l'occurrence ça c'est top c'est bien pratique ouais j'imagine petite question peut-être pour prendre un peu de recul Qu'est-ce que tu étais allé chercher, toi, à l'origine sur ce

SPEAKER_00

CDT

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Toujours le dépassement. Après avoir fait le Pacifique restreint, c'était quand même 4 260. Je me suis dit, est-ce que c'était un coup de chance où je pouvais faire encore plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Puis de me retrouver dans la nature

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Sauvage, parce qu'en France, on a quand même moins de comptes sauvages avec des gros animaux comme les élans, les grizzlies ou même ces vierges. Tu veux faire des jours et des jours sans voir une maison, une voiture. Et en Europe, c'est de plus en plus rare de trouver des endroits si isolés, préservés de l'impact humain. Et c'était un peu une bouffée d'oxygène de voir autre chose. Puis surtout, c'était un peu un climat anxiogène avec le début de la guerre en Ukraine. Je ne savais pas trop ce qui se passait et ça m'a permis comme ça de me focaliser juste sur la nature et juste de marcher tranquillement et de penser des choses plus terre à terre, juste où je vais dormir, où je vais manger, etc. Excellent

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Et sur cette notion de dépassement, tu disais que le PCT, tu t'étais posé la question à la fin, est-ce que c'était un coup de bol ou est-ce que tu étais capable quelque part de reproduire ce type d'aventure

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le dépassement, ça ressemblait à quoi concrètement sur ton PCT, sur le CDT

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce qui a été difficile à gérer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et c'était ce changement de climat. Tu passes du désert à la haute montagne, à nouveau désert, à la haute montagne, assez fréquemment. Du coup, c'est de pouvoir s'adapter, s'acclimater. Puis vu que quand même, tu as cette pression quand tu vas vers le nord, c'est d'arriver avant l'hiver. Donc, tu as quand même des gros kilomètres. En général, je faisais en moyenne 40 kilomètres par jour. Donc, c'était vraiment de pouvoir répéter, répéter, ce type d'effort au quotidien avec un sac de 15 kilos en moyenne et c'était vraiment le dépassement c'était vraiment de voir que je pouvais faire autant de kilomètres aussi longtemps et dans des climats aussi variés que ce soit dans le désert ou à 4000 mètres d'altitude au Colorado par exemple

SPEAKER_01

est-ce que t'as une sorte parce que la plupart de tes nuits tu les faisais en tente

SPEAKER_00

oui tout à fait j'étais en tente ou la belle étoile quand j'étais dans le désert t'avais pas de tente t'as peu de risques de

SPEAKER_01

pluie quand même et donc t'avais quoi t'avais un un ah comment on appelle ça un matelas gonflable une sorte de comment on appelle ça un rouleau en mousse non c'était matelas

SPEAKER_00

gonflable toi ouais pendant les 3 premiers mois j'avais un matelas gonflable et après il y avait trop de trous et donc il se dégonflait toute la nuit je pensais avoir trouvé la fuite en fait ça fuyait toujours après j'ai juste pris un matelas en mousse pour la fin mais le niveau confort c'est important de bien dormir surtout quand tu fais des grosses journées où tu marches du matin jusqu'à 21h et donc le sommeil c'est super important de bien dormir donc le matelas quand même gonflable c'est top pour la récupération

SPEAKER_01

et oui c'est exactement pour ça que j'allais te le demander parce que 40 km par jour ça fait quand même pas mal surtout avec 15 kg puis s'il y a du dénivelé des conditions météo qui changent beaucoup etc c'est pas juste la distance qu'il faut prendre en compte donc je me demandais tu vois si à un moment donné il y a une sorte de fatigue qui s'installe surtout si t'enchaînes les nuits sous tente à la belle étoile dans des conditions de confort bon qui sont pas celles d'un hôtel et donc est-ce que ça c'est quelque chose que t'as dû gérer jusqu'à la fin ou à un moment donné ton organisme s'est habitué et t'es arrivé à dormir dans des conditions beaucoup plus spartiate beaucoup plus facilement qu'au début de l'aventure

SPEAKER_00

et du coup ce qui est très important au début c'est pas de partir trop vite de bien gérer ses efforts de bien prendre des jours off ou tu restes à l'hôtel et tu te reposes tu te masses les jambes tu te mets de la glace Et c'est très important pour éviter les blessures. Parce que tu marches tous les jours, donc il faut éviter le plus possible que ton corps, dès le début, soit explosé. C'est surtout au départ qu'il faut être très vigilant. Et dès que tu as une alerte, il ne faut pas hésiter à s'arrêter, à mettre les pieds dans une rivière pour les... pour les rafraîchir si jamais tu as des zones chaudes. Et après, au final, plus tu fais, plus ton corps s'habitue et après tu as besoin de moins de repos à la fin. Et même à la fin, son petit matelas en mousse, t'as juste un centimètre, tu dors comme un roi parce que t'es tellement crevé de ta journée. Mais c'est vrai qu'au début, il faut vraiment se réhabituer à dormir par terre. Mais assez rapidement, le corps s'habitue. Et limite après, c'est difficile de dormir quand tu reviens dans un lit. C'est vrai

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était trop mou. Mais après, ça a ça revient très très vite je te rassure ok ouais surtout quand t'as été habitué dans toute ma vie j'étais habitué à dormir dans des lits donc ça revient très très rapidement

SPEAKER_01

ouais ouais Ça me fait penser à une série, je crois que ça fait un moment, ça va faire bientôt 10 ans que je ne l'ai plus vue, mais Homeland, je ne sais pas si tu l'as vu, sur un soldat américain. Et quand il revient, quand il est enfin libéré, il est incapable de dormir dans un lit, il faut qu'il dorme par terre, parce qu'il n'est plus du tout habitué à ça. Ok, super intéressant. Ce serait, pour rester sur cette notion de dépassement et même là tu vois moi j'entends même c'est même de la résilience en fait habituer ton corps ton esprit à la rusticité du défi que tu es en train de réaliser sur plusieurs mois est-ce que toi il y a des anecdotes qui t'ont vraiment marqué et avec lesquelles tu reviens peut-être alors j'allais dire pas forcément meilleure mais qui vont t'armer pour de prochaines

SPEAKER_00

aventures tout à fait je vais en revenir à mon surnom de mummies la mummie sur le PCT j'avais fait à traverser des Sierras donc c'est les hautes montagnes de Californie centrale et c'était donc en 2019 c'était une année plutôt enneigée et moi plutôt j'ai grandi un an donc très peu de neige c'était un peu nouveau un peu de l'alpinisme en montagne avec de la neige, malgré que ce soit le mois de juin, c'était vraiment nouveau pour moi. Et tu passes, donc, quand tu fais la traversée des Siras, le PCT passe très près du mont Whitney, qui est la plus haute montagne de Californie, qui fait 4420, si je ne dis pas de bêtises. Et donc, c'était... C'est une vingtaine de kilomètres du sentier, donc tu te dis, c'est vraiment dommage de rater ça. Donc, j'étais fait un ami savoyard et on s'était dit, on va faire la montée pendant la nuit pour arriver au lever du soleil au sommet. admirer le lever de soleil sur les monts enneigés d'Esiraz. Donc on s'était levé à minuit pour faire la phase d'approche et donc on arrive en bas du mont Whitney et là c'était vraiment que d'un mur de glace. Normalement tu as les lacets mais là c'était vraiment que de la glace donc on avait des piolets et on n'a même pas de crampons, c'est des micro crampons on commence à faire l'ascension puis assez rapidement je me dis c'est quand même pas ma tasse de thé j'ai pas de bon équipement, j'ai pas l'expérience Je commençais à me poser des questions. On avait trouvé un petit contrebas. Il y avait un petit bout de lacet. On avait fait une pause. Là, on commence vraiment à se poser des questions. Est-ce qu'on continue

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'on arrête

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et là, on voit plus bas qu'il y avait d'autres frontales et il y avait un autre groupe qui montait. Donc, on les a appelés. Après, on s'est retrouvés à 2 plus 2. Il y avait deux autres Américains qui nous ont rejoints. on a fait l'ascension à 4. Et donc là, on était tous plus contents, réfigurés, d'être plus nombreux parce que c'est quand même des conditions assez difficiles, l'escalier de la glace. Et miracle pour moi, je réussis à atteindre le sommet. Et très très content, c'était le meilleur jour de ma vie, ce lever de soleil où c'est rose, orange, jaune, puis avec ces montagnes enneigées à perte de vue, c'était vraiment magique. Et tu te dis, tout le travail que tu as fait juste avant pour monter, ça a vraiment eu le coup.

UNKNOWN

Ouais.

SPEAKER_00

Et puis, tu ne te rendais pas compte, vu que c'était de nuit, ce que tu as fait. Et donc, sur le chemin du retour, tu te dis, bon, maintenant, comment je redescends

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Il n'y a pas d'ascenseur, donc là, il faut redescendre. Et donc, au début, on voit un pierrier. On se dit, peut-être là, ça serait plus simple. En fait, pas du tout. Toutes les pierres étaient lâches. Donc, il y avait des risques… qu'on s'assomme en faisant tomber une pierre sur un autre randonneur. Donc, on a vite abandonné l'idée. Et après, du coup, on est retourné sur nos traces dans la glace, dans la neige. Et puis, à un moment, j'ai dû avoir un moment d'inattention, de fatigue, vu que ça faisait des gros efforts. Et j'ai commencé à glisser. Et j'ai réussi, la première fois, à m'arrêter avec le piolet. Sauf que c'était vraiment la première fois que je faisais ce genre d'arrêt en urgence. Donc, j'ai probablement dû mal le faire. Et donc, j'ai perdu le contrôle du piolet. Et au final, j'ai continué à dévaler la pente. Et tu as mon ami qui dit, piolet, piolet. Oui, je voudrais bien, mais je ne l'ai plus. Donc,

SPEAKER_01

le piolet était resté planté plus haut et toi

SPEAKER_00

t'as continué

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

oui oui exactement vu que j'ai perdu j'ai arrêté la première fois puis après je sais pas ce que j'ai fait j'ai glissé enfin j'ai continué avec les gants ça glissait j'ai pas réussi à le maintenir du coup moi j'ai continué le piolet resté attaché dans la paroi et puis j'ai dévalé dévalé bon si on voit le bon côté 3h pour monter et 3 minutes pour descendre et puis au début donc j'arrive tout en bas je me dis« Zut, si ça se trouve, j'ai tout cassé.» Bon, déjà, je n'ai pas vu de lumière blanche, donc à ce niveau-là, c'est plutôt positif. Je n'ai pas l'air d'avoir trop de douleur. Je me dis, bon, est-ce que je bouge

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que je ne bouge pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Bon, je vais peut-être quand même bouger un peu pour voir. Et au final, j'arrivais à marcher, j'arrivais à bouger les bras. Donc, je me dis, nickel, rien de cassé. Par contre, après, je vois ma jambe droite. Et en fait, je glissais sur mon côté droit. Et mon pantalon était remonté. Et la glace avait arraché toute la peau. Donc c'était vraiment à vif

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

sauf qu'aucune douleur mais je pouvais marcher pas de soucis à ce niveau là mais je me dis bah mince est-ce que je vais pouvoir continuer l'aventure ou ça y est c'est fini et puis là je suis en plus en milieu de nulle part et heureusement en fait il y avait une cabane avec des rangers ils venaient tout juste d'arriver donc je me dis bon bah déjà je vais aller les voir et peut-être eux ils peuvent appeler des secours ou ils ont du matos pour faire un bandage et au final ils me font un bandage donc à nouveau je représente bien mon nom de trail la momie là c'était pour le coup je portais le nom parfait Et après, c'était la possibilité, soit on continuait sur le chemin prévu, et après on avait le Forester Pass, qui est le plus haut sommet sur le PCT officiellement, qui est à 4000, dans des conditions un peu similaires. soit on faisait un détour plus simple mais qui mettait plus de temps et on allait probablement manquer de nourriture parce que c'était pas prévu on avait pris huit jours de bouffe et c'était probablement neuf à dix jours si on faisait le détour Et donc, on a décidé de continuer et de faire le Forester Pass. Et ça s'est quand même bien passé. On a dû dormir sur un lacet parce qu'on arrivait trop tard. Mais du coup, on a dormi à 4000 mètres d'altitude. Mais on a réussi à le passer. Et puis... puis à aller en ville, puis là, j'ai pu soigner ma jambe un peu mieux. Et puis après, il fallait que je change les bandages chaque jour, que je mette de la vaseline, mais j'ai réussi à faire le sentier en entier. Et ça m'a montré que quant à la volonté, tout est possible.

SPEAKER_01

Oui, oui. ça c'est clair en tout cas punaise j'imagine bien pour avoir failli partir une fois sur un espèce de gros névé gelé avec pas mal de vide en dessous en Suisse et tout c'est un peu un truc qui m'a marqué tu vois je me suis dit punaise mais là en fait un peu comme toi tu vois je me suis engagé sur un truc pas d'équipement pas de crampons t'es pas censé y avoir de névé à cet endroit là à cette période pas de piolet et à un moment donné je me rends compte que ça passe pas du tout tu vois je me dis bon je vais faire demi-tour je tente un demi-tour en fait j'étais vraiment sur une paroi complètement gelée donc il fallait que je mette mes pieds dans les trous de chaussures de gars qui étaient passés avant que ça gèle tu vois et je veux faire un demi-tour je me rends compte que je peux pas tourner parce que sinon j'ai le pied qui part et je tombe enfin bon le truc est un peu horrible donc franchement ça a pas dû être super drôle le moment où tu t'es senti partir et que t'avais plus ton piolet

SPEAKER_00

mais c'est clair mais c'est tellement vite que t'as même pas le temps de réfléchir t'es hop t'es déjà en bas pratiquement t'as juste le

SPEAKER_01

temps de dire ouf ouais c'est intéressant ce que t'as partagé sur le fait que vous êtes retrouvé vous êtes parti à deux puis finalement vous êtes retrouvé à quatre j'ai un peu l'impression que c'est le finalement que c'est un peu la tendance c'est à dire que tu t'es lancé seul sur le CDT mais en fait enfin est-ce que tu dirais que t'as vraiment été seul la majorité du temps ou au final tu te retrouves avec des randonneurs qui font les mêmes sections que toi avec qui t'as des tu vois t'as des intérêts communs vous avez mêmes objectifs et ça devient une aventure de groupe.

SPEAKER_00

Oui, tu n'es jamais seul en randonnée, tu fais toujours des rencontres, que ce soit des randonneurs juste à la journée, tu peux discuter avec eux, puis les autres randonneurs qui font le même parcours que toi, donc si tu te lis d'amitié avec eux, ça se passe très bien et donc tu fais le bivouac avec eux, tu manges le dîner… Puis, tu fais une journée avec, deux journées, des fois trois semaines, des fois plusieurs mois, selon la personne. Et donc, tu es rarement seul dans ce type

SPEAKER_01

d'aventure. Ouais. Ouais. OK. Hum... Alors là, tu nous as partagé une anecdote, une galère, en tout cas, pas forcément un accident, mais un imprévu qui se passe sur ce genre d'épreuve. Mais s'il y a un moment qui t'a vraiment marqué sur le CDT, tu dirais que c'est

SPEAKER_00

lequel

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y en a tellement. Je me rappelle de cette rencontre avec un... un prêtre qui vivait dans sa cabane au fin fond du Nouveau-Mexique. Et il faisait sa propre bière, son propre pain. Il avait son petit potager. C'était dans le désert, quoi. Il arrivait à subvenir à ses besoins. Puis un peu comme un ermite, mais... mais ouais le gars super bavard j'étais avec d'autres randonneurs on est arrivé à sa cabane il faisait autour de 18h je crois qu'il nous a parlé jusqu'à minuit ah ouais super intéressant il avait plein d'objets des natives américains à nous montrer il nous a montré son potager il était super fier il avait réussi à faire pousser plein de légumes alors qu'a priori quand tu voyais son terrain tu te dis c'est pas évident de faire pousser des légumes il nous a fait tester il avait trois types de bières il avait une IPA une je crois comme une Guinness et et plutôt une blonde donc vraiment la rencontre improbable et par hasard quoi Et puis, on a passé un super moment. On a beaucoup rigolé. C'est vrai, c'est vraiment dans ce type d'aventure, les rencontres imprévues comme ça, tu te rappelles après toute ta vie. C'est vraiment ce qui fait le

SPEAKER_01

charme. Oui, tu m'étonnes. Et comment tu gères le retour

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est une question que j'aime bien poser des gens qui ont fait des défis sur des longues périodes de temps comme toi. Comment est-ce que tu gères le retour

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, j'allais dire la réalité. En tout cas, une situation, on va dire, plus normale où tu es en France. Je ne sais pas, peut-être que tu peux nous en dire plus, mais peut-être que tu as déjà retrouvé un job ou tu vas en chercher un. Mais comment ça se passe, ce gros changement de

SPEAKER_00

rythme

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et du coup, là, j'ai… j'ai fait au plus vite pour retrouver un boulot je me suis réinscrit dans un club de badminton la compétition d'ailleurs j'ai une compète c'est samedi je me suis mis aussi nouveau sport je me suis lancé dans le trail j'ai fait deux petites courses une de 10 km 5 et une de 13 km en nocturne et de tester d'autres sports de lancer d'autres défis voir ce que je peux faire surtout de ne pas se morfondre dans son canapé et se dire c'était trop bien et maintenant qu'est-ce que je fais donc toujours avoir des projets et rebondir pour ne pas avoir le blues de l'aventure et ça c'est le pied après c'est vraiment un engrenage et donc il faut toujours avoir des projets sympathiques qui te donnent envie de te lever chaque matin et de repartir faire des trucs

SPEAKER_01

et donc là comment tu te projettes est-ce qu'il y a maintenant que tu as fait le PCT le CDT il en manque un troisième il me

SPEAKER_00

semble c'est l'Appalachian Trail la côte est c'est le plus court des trois mais c'est celui qui a le plus de dénivelé c'est des petites montagnes en gros tu vas tout en haut tout en bas tout en haut tout en bas et et ça c'est pendant 3500 kilomètres je crois et après son surnom c'est le Green Tunnel le tunnel vert parce que t'es principalement en forêt et celui-là il m'attire un peu moins mais après surtout après une grosse aventure c'est difficile de se dire tout de suite ça y est je vais refaire super long trail à partir des mois là j'ai plus envie de faire plus des micro-aventures la dernière c'était il y a deux week-ends je suis allé faire un petit tour en Bretagne voilà juste faire des petites rando avec des amis dans des coins que je connais ou que je connais moins bien. pour toujours découvrir souvent aussi même à côté de chez soi on a des super aventures qui sont possibles pas besoin non plus tout le temps d'aller au fin fond du monde pour trouver une aventure des fois ça peut être juste son jardin

SPEAKER_01

complètement complètement j'ai fait un épisode tu vois si ça t'intéresse si tu l'as pas déjà écouté parce que je sais que t'écoutes souvent

SPEAKER_00

le podcast sous les micro-aventures

SPEAKER_01

ah bah voilà tu l'as écouté avec Chloé Dardelet j'ai plus le numéro d'épisode en tête mais c'est une fille qui fait ça enfin qui fait ça qui est vraiment adepte des micro-aventures donc bon bah cool si tu l'as déjà écouté si y'en a qui l'ont pas écouté foncez je mettrai le lien dans la description de l'épisode de Rémi mais effectivement je suis assez d'accord avec toi pas forcément besoin de partir loin et longtemps pour vivre des choses incroyables

SPEAKER_00

puis surtout en France on a de quoi faire ouais c'est clair c'est clair les Pyrénées les Alpes Gorge du Verdon la

SPEAKER_01

Corse, la Bretagne. Oui, c'est clair. La centrale. On a des très jolis coins. Oui, il y a de quoi faire. Super. Écoute, Rémi, c'était passionnant. Je ne sais pas. Je crois que je l'avais déjà dit à Cindy, à Jeanne, etc. Je ne sais pas si un jour j'arriverai à trouver le temps, ou plutôt j'aurai le courage de prendre le temps de faire une marche au long cours comme vous. En tout cas, c'est vraiment fascinant de voir à chaque fois, d'entendre à chaque fois ces récits. Moi, j'ai vraiment l'impression que cette reconnexion qui se fait où vous revenez à des réalités un peu plus terre à terre, de où dormir, où manger, où trouver de l'eau. Peut-être que ça fait du bien en fait dans une époque où on vit tous à des rythmes infernaux. Donc, merci beaucoup d'avoir partagé tout ça. Qu'est-ce que ce serait pour toi le message de la fin que tu aurais envie de faire passer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Juste de se lancer, peu importe votre activité, que ce soit le vélo, la marche, la nage, j'en sais rien. Si vous avez un rêve, allez-y. Même si ça se passe mal, vous allez toujours apprendre quelque chose, vous allez découvrir quelque chose sur vous, vous allez découvrir un nouvel endroit. Et ça fait toujours des souvenirs, des anecdotes à raconter autour d'un verre. ou d'un podcast ou d'un podcast tout à fait

SPEAKER_01

avec Loïc super super message merci beaucoup Rémi c'était top d'avoir ton débrief de ton CDT récent Est-ce que tu as prévu de publier un récit écrit, de faire un article, des vidéos sur le sujet que les gens pourraient consulter en plus de cet épisode

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a le journal Ouest France qui a fait un petit article en début de mois de novembre sur moi. Après, j'ai Instagram où je publie des photos quand j'ai envie, le temps. Pour l'instant, pas encore de... projet de livre mais après qui sait je connais pas l'avenir donc si ça se trouve un jour j'aurais envie de me plancher sur un ou des bouquins on sait pas pour l'instant c'est pas le projet c'est juste de profiter de la nature et puis après on verra

SPEAKER_01

Excellent. Excellent. Encore une fois, merci beaucoup Rémi pour ton temps, pour tout ce que tu as bien voulu partager.

SPEAKER_00

Merci à toi Louis, c'était super ce petit partage. C'était très agréable. Ah

SPEAKER_01

bah écoute, tant mieux. Ouais, exactement. Prochaine fois pour que tu nous parles, je ne sais pas, ton premier ultra nocturne. Qui sait, c'est peut-être ce qui va se

SPEAKER_00

passer. Ah ouais, on ne sait pas. Je vais partir à 10, 13, après ça va monter à j'ai peut-être essayé en 2023 déjà de faire un semi entre elles et après on verra ouais fais gaffe la volonté

SPEAKER_01

vu ce que t'as fait la capacité la volonté j'ai pas de doute mais fais gaffe au virus du trail ça prend et moi j'ai fait je crois que j'ai fait 10 km la Saint-Élion semi-marathon marathon donc n'importe quoi en termes d'ordre la PTL cet été enfin fais gaffe parce qu'une fois que t'as mis le doigt dedans c'est compliqué super bah écoute merci beaucoup Rémi excellente continuation à toi et puis bah à une

SPEAKER_00

prochaine

SPEAKER_01

alors bah ouais une prochaine

UNKNOWN

Ciao!