Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Se préparer pour la Mini Transat ⛵️ avec Sasha Lanièce
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Sasha est une femme exceptionnelle !
À même pas 30 ans, elle a déjà un parcours incroyable :
🎓 Docteur de l'École Normale Supérieure
👩💻 Data Scientist à l'Assemblée Nationale
⛵️ Skippeuse sur des courses au large en solitaire
🌎 En pleine préparation pour prendre le départ en septembre 2023 de la Mini Transat
Cet échange a été un énorme boost pour moi grâce à l'énergie débordante, l'humilité exemplaire et l'authenticité attachante de mon invitée !
On a parlé de construction identitaire dans le sport, de la place des femmes dans la voile, de data, mais aussi de comment Sasha se prépare pour affronter les hallucinations auditive (oui ça existe !), le mal de mer 🌊🤢 et globalement comment elle gère les imprévus.
Un échange absolument passionnant qui va vous donner envie de prendre le large j'en suis certain ! Un immense merci Sarah pour ton temps, on se fait un épisode debrief après ta traversée de l'Atlantique 😎
🔎 Le principal partenaire de Sasha est Dagard.
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #49 - Julia Virat - Guide de haute montagne et navigatrice
Épisode #86 - Jérôme Brisebourg & Pierre Legendre - Quand Mer et Montagne se rencontrent
Épisode bonus - Yannick Matejicek - Triathlète, 4e amateur aux Championnats du Monde d'IronMan à Hawaï
Épisode #95 - Aline Clément - Pédaler 4900km pour enchaîner les Tours de France masculin et féminin
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C'est sûr que la partie sommeil, c'est un élément clé de la course large parce que ça impacte directement ta performance et ton mental. La recommandation, c'est de dormir 4 heures par 24 heures. En gros, c'est le minimum pour ne pas devenir taré. Je bosse la nuit et je bosse le week-end, il n'y a pas de secret. La mini, c'est forcément ça.
SPEAKER_00Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire des des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Cette semaine, j'accueille Sacha Lagnès. Difficile de présenter Sacha de manière succincte. Elle est Data Scientist à l'Assemblée Nationale, elle a obtenu son doctorat en physique et biologie à l'École Normale Supérieure et elle est skipper sur des courses au large en solitaire. Le genre de pote qui te fait parfois te demander ce que tu fais de ta propre vie. Mais ce que j'ai trouvé fabuleux dans cet échange, c'est son humilité et son authenticité. J'en arrive à penser que la mer et la montagne ont cet effet sur celles et ceux qui y évoluent. Impossible de se mentir à soi-même ou de jouer un rôle bien longtemps dans des environnements aussi hostiles. Un échange absolument génial pendant lequel on a parlé de voyage et d'aventure, de la place des femmes en mer, de data mais aussi de construction identitaire dans le sport. Ce que j'en retiens en un mot, explorer. Sacha incarne cette idée de exploration des temps modernes, pas seulement dans le sport mais dans la vie en général. Elle a osé s'écouter, changer de vie, se créer des opportunités et se donner les moyens de vivre ses rêves. C'est possible. Allez, on met les voiles, excellente écoute à vous les frappés. Cet épisode est sponsorisé par Andonora. Andonora, c'est un super concept sportif innovant créé par Lili Andoza de l'épisode 49 qui a traversé l'Atlantique à la rame en 47 jours et Teddy Palassi des épisodes 31 et 81 qui est un ex-commando marine. La mission d'Andonora, c'est de rendre le sport en entreprise accessible à tout le monde de manière simple, ludique et ultra personnalisée. Si vous souhaitez par exemple vous lancer sur votre premier semi avec des collègues de travail, Andonora pourrait tout à fait vous créer des parcours spécifiques pour vous permettre de progresser ensemble directement au départ de vos bureaux. Vous savez quelle est la proportion de salariés qui pratiquent du sport en entreprise
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moins de 1 sur 5. Ce qui est fou, c'est que 80% s'y si leur entreprise leur proposait des solutions comme Andonora. Et ce n'est pas vous que je vais essayer de convaincre, vous le savez, le sport, c'est la vie. Alors si vous pensez qu'Andonora pourrait intéresser votre entreprise, n'hésitez pas à en parler et à visiter leur site internet andonora.com. C'est E-N-D-O-N-O-R-A.com. Bienvenue Sacha sur le podcast.
SPEAKER_02Bonjour Loïc, merci de me
SPEAKER_00recevoir. Avec grand plaisir, grand grand plaisir. Je suis très content qu'on puisse faire cet enregistrement, je vais y arriver moi aussi, aussi rapidement. Merci beaucoup d'avoir répondu présente après mon message, c'est top. Écoute, je suis impatient qu'on puisse échanger sur, j'allais dire ton parcours, mais en fait j'ai plutôt l'impression que ce sont tes parcours qu'il faudrait dire. Et ce que je te propose, c'est c'est tout simplement de commencer par te présenter, nous expliquer qui est Sacha, ce que tu fais aujourd'hui et quelles sont les différentes casquettes avec lesquelles tu jongles.
SPEAKER_02Moi, aujourd'hui, j'ai 29 ans, j'habite à Lorient, mais j'ai grandi en région parisienne. J'ai fait un parcours assez classique scientifique, donc prépa, école d'ingénieur. Après, j'ai fait un double master en médecine. parce que je m'intéressais un peu à la santé. J'ai enchaîné avec une thèse en physique où je faisais de la bio dans un laboratoire de chimie. Donc souvent, je dis que je faisais de la biophysique-chimie. Et en parallèle, je faisais un petit peu de voile. Et puis à la fin de ma thèse, j'ai décidé d'en faire un peu plus. Au début, c'était... L'idée d'un voyage qui a bien changé, qui a bien évolué et qui ne s'est jamais vraiment terminé puisque aujourd'hui, j'habite à Lorient et je fais du bateau de mon
SPEAKER_00quotidien. Excellent. Lorient. J'adore cette ville pour plein de raisons. J'ai pas mal d'invités qui sont basés à Lorient. En fait, c'est assez rigolo. Il y a deux typologies d'invités qui sont à Lorient. Tu as les voileux et les voileuses et tu as les membres des forces spéciales. C'est assez rigolo. D'ailleurs, tout le temps des épisodes enfin tous les épisodes sont fous mais j'avoue qu'avec ces deux catégories c'est souvent on sent souvent la passion tu
SPEAKER_02vois on se croise beaucoup en mer avec les membres des forces spéciales
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_02vrai quand t'es en train de galérer à faire un empanage sous spi tu t'empannes au dernier moment et là tu vois un zodiaque avec que des mecs avec une cagoule noire qui passe à côté de
SPEAKER_00toi en vrai c'est marrant excellent excellent super alors tu parlais de ta thèse par curiosité c'était quoi le
SPEAKER_02sujet alors en gros le sujet c'était j'ai fabriqué une petite machine donc une micro-machine à l'intérieur de laquelle j'ai fabriqué des morceaux de poumons humains vivants et l'idée c'est que la machine maintenait en vie ces petits morceaux de poumons et comme ça on avait un bout de poumons humains pour faire des expériences donc ça peut être tester des médicaments ou tester des particules de pollution comme moi j'ai fait voilà donc c'était l'idée c'était de faire un modèle entre la souris et l'homme pour les chercheurs
SPEAKER_00waouh et c'est toujours utilisé aujourd'hui ta machine elle est toujours
SPEAKER_02utilisée
UNKNOWN?
SPEAKER_02ouais alors bah moi c'est de la recherche donc on est sur des projets qui prennent 10-15 ans à développer et à mettre en production moi j'ai pas fini entièrement la machine mais j'ai vu il y a un mois que des gens avaient repris mon travail et l'avaient fini
SPEAKER_00donc
SPEAKER_02je suis très contente elle marche
SPEAKER_00elle est pas encore commercialisée
SPEAKER_02mais
SPEAKER_00elle marche trop bien super ok donc déjà dans les études on voit qu'il y avait tu vois des intérêts je vais pas dire que ça partait dans tous les sens parce que c'est péjoratif mais en tout cas que t'avais ouvert plusieurs portes déjà assez jeune et t'expliquer donc que la voile à un moment donné voilà c'est imposé qu'il y a eu visiblement de gros changements puisqu'aujourd'hui t'es à Lorient peut-être une des capitales françaises de la voile mondiale ouais carrément j'avoue qu'on peut même dire mondiale ouais est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus comment est-ce que t'es tombée dans cet univers et qu'est-ce qui t'a tu vois qu'est-ce qui fait que ça a pris aussi
SPEAKER_02fortement bah c'est c'est étonnant parce
SPEAKER_00que moi j'ai commencé
SPEAKER_02vraiment par hasard dans ma famille il n'y avait pas tellement de voileux. Mes parents avaient déjà mis les pieds sur un bateau, des bateaux des copains, mais c'est très loin d'avoir leur propre bateau, leur propre voilier. Et j'ai fait un stage de voile un peu par hasard quand j'avais 14-15 ans pour m'occuper l'été au Glénan, donc l'école des Glénans. Et donc, stage habitable, c'était la première fois que j'allais sur un voilier. Et là, tu pars une semaine avec des gens de ton âge, tu navigues la nuit, tu pars loin, tu coupes avec le monde. Et ça a été une vraie révélation pour moi et ouais je me sentais hyper à l'aise en mer je trouvais que c'était incroyable d'arriver à faire tout ce qu'on faisait d'aller aussi loin avec juste la force du vent il y avait un côté très technique qui me plaît toujours autant c'est que c'est un sport mécanique c'est un sport intellectuel et c'est super intéressant d'arriver à faire marcher son bateau et de le faire marcher de façon optimale et un truc qui a joué je pense c'est que le mono c'était une femme et je pense que ça m'a vachement aidée à me projeter moi dans ce sport là et voilà et c'était la première fois et clairement je suis devenu un petit peu addict j'ai souvenir d'une nuit on rentrait de l'archipel des glénans vers concarneau une nuit comme on en fait tant en bretagne il faisait grand beau la pleine lune on voyait quand même les étoiles des dauphins le photoplancton donc le siège qui brille c'était
SPEAKER_00magnifique j'ai l'impression que ce stage des glénans c'est un peu une institution presque le rite de de passage pour rentrer dans l'univers de la voile. T'entends beaucoup de récits. J'ai vu un reportage il n'y a pas très longtemps sur justement une jeune fille. D'ailleurs, c'est marrant parce que je crois qu'elle était étudiante en médecine à Paris, qui débarquait au Glénans et qui découvrait cet univers. J'ai un peu l'impression que c'est les scouts de la
SPEAKER_02mer. C'est exactement ça, oui. Et d'ailleurs, ils le disent, le slogan des Glénans, c'est école de voile, école de mer et école de vie. Et c'est aussi une école de vie. T'apprends à vivre en société se respecter les uns les autres faire la vaisselle faire la popote quand t'as 14
SPEAKER_00ans finalement c'est des trucs que tu fais pas autant que tu devrais et donc ça c'est vraiment super ok donc super première aventure au glénant et donc j'ai l'impression ce qui t'a séduit dans la voile cette notion de finalement quelque part un peu de liberté j'ai l'impression d'entendre tu vois de pouvoir partir loin à la seule force du vent mais aussi ce côté technique qui fait peut-être un peu écho à tes études finalement ton parcours assez Enfin, intellectuelle. Ou ici, tu faisais plutôt travailler ton cerveau que tes mains, tu vois, par rapport à certaines autres professions. Donc, super intéressant. Et à quel moment, du coup, comment est-ce que ça s'est vraiment concrétisé, le fait que la voile prenne de plus en plus de place dans ta vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu parlais d'un projet. Moi, je suis allé sur ton site, donc je sais un petit peu ce qui s'est passé. Mais quel a été, tu vois, le point de
SPEAKER_02bascule
UNKNOWN?
SPEAKER_02En fait, j'ai commencé, donc j'ai fait les glénans tous les étés. Grimper en niveau, j'ai obtenu mon niveau de chef de bord. J'ai voulu passer mon monitorat parce que j'avais envie... Les glénants, c'est des bénévoles qui encadrent. Donc j'avais envie de rendre un peu ce que j'avais reçu. Et en fait, ils m'ont dit que j'étais trop jeune et que j'avais pas assez d'expérience. Du coup, j'ai navigué un peu. À partir de là, j'ai navigué avec des copains. Et en études, donc en école d'ingé, j'ai commencé à être skipper, des croisières étudiantes et des choses comme ça. Et après, quand j'ai commencé ma thèse, là j'ai pas navigué mais du tout pendant 3 ans et c'était hyper dur parce qu'en fait la thèse c'était hyper prenant j'avais pas le temps et puis quand t'es à Paris ça s'organise, ça coûte des sous aussi d'aller loin en bateau avec des potes donc j'ai pas navigué pendant 3 ans et quand la thèse s'est finie j'ai eu l'opportunité de traverser l'Atlantique en voilier énorme j'ai fini en octobre, c'est pile la saison des transettes, j'avais pas eu le temps de préparer ce que je voulais faire après donc J'avais envie de faire une pause, de réfléchir un peu à ce que je voulais faire après la thèse. Et donc, ça a commencé comme ça. Et en fait, de fil en aiguille, je me suis dit, si je traverse l'Atlantique, je pourrais traverser le Pacifique et puis je pourrais aller en Nouvelle-Zélande. Moi, j'ai toujours rêvé d'aller voir la Nouvelle-Zélande. grosse passion qui est née je pense comme beaucoup de gens de mon âge en regardant le Seigneur des Anneaux et voilà du coup j'avais envie de faire ça et comme toujours dans ma vie j'ai lancé un projet qui ne m'a pas du tout amené là où je voulais aller mais qui m'a amené à un autre endroit qui était tout aussi bien et donc j'ai jamais atteint la Nouvelle-Zélande mais j'ai fait 6 mois de bateau stop parce qu'en fait j'étais équipière sur un bateau et puis quand le bateau s'arrêtait je changeais donc voilà j'ai fait un peu du bateau stop j'ai découvert plusieurs façons de naviguer, des gens de nationalités différentes, des cultures maritimes différentes, des façons de voir la mer, vraiment c'était super intéressant, des bateaux différents aussi, et puis des gens plus ou moins croisières, et puis même plus ou moins compétition, et c'est là où j'ai notamment navigué avec un Danois qui s'appelait Alan, qui avait un bateau qui était très compète, parce que lui il faisait beaucoup de courses, et là j'ai trouvé ça super cool de voir un peu la notion de performance dans la croisière, parce que moi, ça n'avait jamais été un sport pour moi, ça m'avait toujours été un plaisir. Et voilà, je trouvais ça super intéressant. En plus, la partie technique, préparation du bateau, optimisation, ça a commencé à me plaire de plus en plus. Et après, après ce voyage, je suis rentrée en France et j'ai commencé à faire mes premières courses, justement, parce que j'avais mis un pied là-dedans et que j'avais envie de continuer. Et après, ça s'est enchaîné. J'ai fait des courses en muscadet, des petits bateaux en bois. J'ai fait des courses en IRC, une catégorie qui mélange plein de bateaux avec un handicap. Comme ça, ça permet à tous les propriétaires de bateaux de naviguer et de courir ensemble, même s'ils ont des bateaux très différents.
SPEAKER_01donc
SPEAKER_02j'ai fait ça j'étais à Saint-Malo parce que je me suis installée à Saint-Malo en rentrant de ce voyage et j'ai fait des courses en Angleterre beaucoup parce que de Saint-Malo c'est juste en face et c'est là où j'ai fait mes premières courses au large donc courses au large c'est quand tu passes plus d'une journée en mer une journée, une nuit même plusieurs jours d'affiné et là la première fois que j'ai dormi en mer en course là j'ai su que j'étais à ma place quoi le lever du soleil cette sensation de liberté en même temps l'intensité, la performance le côté compète où t'es toujours en train de te battre et t'arrives tu passes la ligne d'arrivée et t'as fait un match de 4 jours et ça c'est impressionnant moi qui en plus n'étais pas une énorme sportive à l'époque quand tu t'es battue non-stop pendant 4 jours sans rien lâcher la fierté que t'as en arrivant au ponton même si t'es dernier on s'en fiche c'est trop fort comme émotion
SPEAKER_00Ça me fait penser à ce que me disait un des invités que j'ai eu récemment, Yannick Matajisek, qui est policier la nuit pour pouvoir être triathlète la journée pour s'entraîner. Parce que le triathlon, tu as énormément de... Je pense comme en voile, tu vois, quand tu pars, tu ne pars pas pour 20 minutes en entraînement. Et il expliquait en fait que... Donc récemment, il a fait les championnats du monde d'Ironman à Hawaii. Donc la mecque absolue du triathlon à longue distance. Et il termine... 4ème amateur de sa catégorie 44ème au classement général donc avec les pros puisque championnat du monde d'Ironman tu cours avec les pros les amateurs je veux dire en tant qu'amateur et en fait ce qu'il a expliqué c'est que quand tu te retrouves sur la ligne de départ ou même pendant l'épreuve et que t'es entouré des meilleurs triathlètes du monde le combat il est avant tout finalement contre toi et qu'on s'en fout exactement comme tu viens de l'expliquer que peu importe finalement ton classement quand tu franchis cette ligne d'arrivée c'est avant tout un combat contre toi même finalement que t'as remporté donc je trouve ça assez intéressant tu vois de voir le parallèle entre deux univers a priori assez loin
SPEAKER_02l'un de l'autre si ce n'est qu'il y a la mer
SPEAKER_00en commun et puis le
SPEAKER_02mental je pense que c'est ça qui est hyper gratifiant dans la voile c'est qu'en fait quand tu pars tu sais jamais ce que tu vas trouver et tu connais pas les obstacles que tu vas devoir surmonter et que ce soit des problèmes de météo ou des problèmes ça peut être physique tu peux te blesser mentalement tu peux t'effondrer ça peut être des problèmes techniques aussi quand t'as un truc qui casse il faut réparer hyper vite trouver une solution et en fait donc tu pars sans savoir ce contre quoi tu vas te battre et en fait une fois que tu y es t'es obligé de trouver une solution surtout quand tu navigues en solitaire et quand t'arrives bah tu te dis waouh j'ai fait tout ça quoi et tu pensais pas en être capable et ça c'est hyper
SPEAKER_01gratifiant ouais super sport et moi quand
SPEAKER_02je disais quand j'étais ado je pense que c'est aussi un des trucs qui m'a beaucoup plu c'est qu'en fait tu prends énormément confiance en toi à une phase de ta vie où t'as du mal à avoir confiance tu sais pas trop qui t'es ce que tu veux faire à l'école c'est pas toujours facile et moi je rentrais des stages les glénans et c'était un truc qu'on pouvait pas m'enlever je me disais ouais à l'école je suis peut-être pas la plus populaire mais en tout cas moi j'ai fait un truc de ouf cet été et je sais le faire et je pense que dans ma construction ça a joué
SPEAKER_00énormément on en parlait juste avant de commencer l'enregistrement sur cette construction identitaire à travers le sport et je trouve que ce qui est top c'est justement ce que tu soulignais sur le fait d'apprendre à se débrouiller dans un environnement où où tu as tellement de paramètres que tu ne maîtrises pas. Je suis très content de mon expérience que j'ai eue en judo, mais ça reste un environnement extrêmement contrôlé. C'est-à-dire que tu contrôles ce que tu manges, parce qu'il y a un contrôle sur... Finalement, ça a un impact sur ta pratique, puisqu'il y a une notion de gestion de poids. Les prises en judo, tout est extrêmement contrôlé. La croyance dans le milieu, le dicton qui viendrait à priori déjà c'est que tant que tu n'as pas répété une prise, un mouvement un million de fois, c'est que tu ne le maîtrises pas. Il y a vraiment cette notion de recherche, de la maîtrise parfaite, d'être en contrôle quelque part. Alors que toi, la voile, comme mon père nous raconte un peu des histoires aussi, finalement, tu ne contrôles rien. Tu ne contrôles pas la météo, tu ne contrôles pas le container qui est en train de flotter et que tu risques de te manger, ou la bouée qui n'est pas… Tu vois, mon père, sur le dernier Figaro qu'il a fait, je crois, il s'est pris une bouée juste après le départ, qui était dans l'ancrage… il a plié le bateau au départ ton mât se pète tu vois tu contrôles rien je pense que je vois bien quand tu parles de confiance en soi quand tu es assez jeune et que tu vis ce type d'expérience et que tu dois apprendre la débrouille et surtout à encaisser l'imprévu je pense que l'impact sur la construction identitaire il doit être assez balèze
SPEAKER_02quand même c'est clair et après je pense que dans ce sport ce qui est intéressant aussi c'est qu'en fait on essaye de tout contrôler et comme tu le dis il y a énormément de paramètres et donc en fait c'est une course au contrôle mais qui est un peu utopique donc ça fait un truc un peu bizarre de tu te retrouves avec des marins qui gagnent des courses alors qu'en fait ils fument comme des pompiers c'est dans ta tête tu te dis un athlète de haut niveau c'est pas possible mais bon il y en a parce qu'ils sont extrêmement forts sur d'autres choses après t'en as qui vont justement essayer de tout contrôler mais comme tu le dis tu peux être le meilleur en tout et te prendre une bouée au départ et ouais en fait je trouve que c'est ce qui est sympa aussi dans ce sport c'est comme tous les sports de haut niveau un environnement qu'il faut contrôler au mieux, dont il faut contrôler tous les paramètres pour assurer une performance et en même temps être complètement conscient que tout ça peut ne servir à rien parce que comme tu le dis ça peut casser, tu peux te prendre un objet te blesser et ouais ça force à une certaine humilité et à prendre du recul et aussi à se dire on contrôle ce qu'on peut contrôler et après il y a le reste et alors là le reste il faut
SPEAKER_00savoir improviser c'est quoi toi le l'imprévu le plus imprévu que t'aies jamais eu en
SPEAKER_02course le plus imprévu bah j'ai eu quelques petites casses mais rien de de très grave euh Pour moi, ce n'est pas tellement d'imprévu parce que ça arrive tout le temps, mais c'est quelque chose que j'ai du mal à gérer. J'ai beaucoup le mal de mer. Ce n'est pas vrai. Parfois, ça passe. Parfois, ça met plusieurs jours à partir. Et là, la dernière fois, j'ai fait une course aller-retour aux Açores en solo. Et à l'aller, franchement, j'ai mis trois jours à pouvoir manger une pomme pote. Et j'ai vraiment cru que je n'allais pas réussir à manger. C'était la première fois où je n'y arrivais plus. Et à un moment, j'ai eu peur. Là, si ça ne rentre pas au bout d'un moment, tu vas devoir arrêter. C'était un imprévu un peu compliqué pour
SPEAKER_00moi. Mais du coup, tu as le mal de mer quand la mer est agitée ou c'est juste le gîte du bateau, la gîte en temps normal
UNKNOWN?
SPEAKER_02non c'est alors quand la mer est dégueu c'est sûr que ça vient mais souvent c'est juste le début des courses 2-3 jours donc comme on fait principalement des courses de 2-3 jours c'est un petit peu pénible parce que souvent ça veut dire toute la course mais ça dépend vraiment des cours je pense que plus je navigue d'affilée plus je suis amarinée Et quand ça commence à faire deux, trois semaines, souvent, avant les grosses courses, tu as toute une partie où ton bateau est à quai, il y a un village de courses, d'organisations, tu dois préparer et tout. Et donc, en fait, tu navigues pas avant les grandes courses. Ça, plus le stress d'une grosse course, souvent, je suis
SPEAKER_00pas la seule à venir sur les lignes de départ. Ok. Ah, je savais pas du tout. Ok, d'accord. Et tu vois, tu parlais de ces courses dont tu prends le départ qui durent deux, trois jours. Donc, la majorité, si j'ai bien compris, enfin, ou toutes, c'est en solitaire, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais. Quand tu pars, toi, tu fais du solitaire.
SPEAKER_02En mini, on a les deux, parce solitaire et double. Le double, on en fait beaucoup dans les circuits de course en solitaire. Il y a pas mal de doubles parce que c'est l'occasion d'apprendre auprès d'un coureur. Parce qu'en fait, tant que tu ne vis pas une course avec quelqu'un, tu ne te rends jamais compte de la façon dont il navigue, de l'intensité qui est mise, des choix aussi. Parce que, comme je disais tout à l'heure, il y a beaucoup de paramètres et une grosse partie de la course, c'est confronter un ensemble de paramètres. Quel est le choix optimal que tu vas faire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et en fait, ça, en entraînement, tu ne peux pas le simuler. Le simuler, voilà, quand tu choisis parfois tu as un vent dominant un courant dominant un adversaire à contrôler qu'est-ce que tu fais
UNKNOWN?
SPEAKER_02est-ce que tu vas chercher le vent, le courant tu choisis de bloquer l'adversaire et donc voilà ça c'est des choses que si tu veux apprendre de quelqu'un il faut faire une course ensemble donc ouais on fait un
SPEAKER_00peu les deux ok c'est comme ça que tu as côtoyé Julia
SPEAKER_02en mer
UNKNOWN?
SPEAKER_02Julia ouais on a fait une course ensemble en équipage on n'a pas fait en double j'aimerais bien qu'elle fasse une course en double sur mon bateau il n'y aura pas tant que ça malheureusement des courses en double mais je pense que c'est sûr j'irai d'avis avec elle.
SPEAKER_00Elle a beaucoup à m'apprendre. Julia, exceptionnelle. Allez écouter l'épisode. Julia Vira qui est guide de haute montagne. Une des, je crois, 40 femmes guides de haute montagne en France sur 1800 guides et qui fait aussi de la course au large.
SPEAKER_02Parcours incroyable. Rien ne l'arrête. Elle est incroyable.
UNKNOWNRien ne l'arrête. Elle est dingue.
SPEAKER_00Une belle inspiration. Une vraie frappée. Super. Alors tu parlais tout à l'heure juste pour revenir quand même sur ce que tu as évoqué, tu t'expliquais que tu étais partie six mois en bateau stop. Tu nous as lâché ça comme ça. C'était le voyage classique. Mais tu avais quel âge pour remettre les choses dans le contexte au moment où tu as fait
SPEAKER_02ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'avais 25 ans. 25 ans. Ah ouais. Ok, d'accord. Et donc le bateau stop, comment ça se passe en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu as des circuits, c'est-à-dire que tu sais dans quel port te rendre pour potentiellement trouver des gens qui continuent plus loin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment ça s'organise un trip en bateau
SPEAKER_02stop
UNKNOWN?
SPEAKER_02En fait, Tu as une période de transatlantique qui s'étend à peu près d'octobre à fin janvier. Et c'est la période où les vents sont dominants pour traverser l'Atlantique. Donc, les courses sont à ce moment-là. Et aussi, les gens qui font du bateau, les gens qui, quand même, il y en a un paquet, veulent faire un tour du monde, se sont achetés un bateau pour la retraite ou un voyage en famille, traversent à ce moment-là. Et du coup, il y en a beaucoup pour les grosses traversées, notamment traversées de l'Atlantique, qui cherchent des équipiers. Parce que, comme il faut maintenir le quart, si tu es deux... C'est crevant. C'est difficile de faire des quarts de plus de trois heures. Donc, il faut se relayer. Du coup, souvent, ils embarquent des gens. Et le deal, c'est on t'embarque et en échange, toi, tu fais les quarts et tu aides à bien gérer le bateau. Et du coup, en fait, tu trouves quand même pas mal de gens qui traversent à ce moment-là et tu trouves des places. Tu as des sites, des bourses aux équipiers qui permettent de trouver ça. D'ailleurs, s'il y a des filles qui écoutent ce podcast, il y a aussi des sites qui recensent les capitaines avec lesquelles il ne faut pas aller. c'est un vrai sujet donc il faut être assez vigilant là dessus mais en tout cas ça peut très bien se passer et il y a des équipages qui sont super donc notamment tu pars du Portugal des Canaries souvent les transats partent des Canaries ou du Cap Vert et là il y a toujours des bateaux
SPEAKER_00qui partent et en termes d'expérience en mer tu dirais qu'il faut être à quel niveau pour pouvoir être un équipier ou une équipière pertinente pour apprécier l'expérience tout
SPEAKER_02simplement c'est étonnant mais il y a un peu de tout moi je pense qu'il faut avoir fait au moins souvent quand les gens me demandent je recommande une semaine de stage au glénant mais au moins un stage au moins une semaine en mer avant pour déjà voir si on n'a pas le mal de mer en continu parce que ça c'est quand même un moment où on va passer voir si on est à l'aise il y a une notion de promiscuité qui est quand même assez importante de confort aussi clairement tu vas pas prendre une douche tous les jours pendant ton voyage ni tous les deux jours donc voilà tu cuisines un peu à l'arrache le confort c'est pas dingue donc il faut quand même s'y préparer avant de se retrouver sur un bateau parce qu'une fois que t'es parti t'es parti il n'y a pas de retour en arrière on va pas contre le vent juste parce que toi t'es pas confortable donc voilà je pense qu'il faut s'y préparer et après paradoxalement moi j'avais plutôt un bon niveau quand je l'ai fait et en fait ça a fait que je voyais les limites des bateaux et des skippers et que parfois j'étais pas en confiance alors que des gens que j'ai vu autour de moi qui savaient pas du tout naviguer se rendaient pas du tout compte qu'ils étaient sur une épave avec un capitaine incompétent et donc ils ont traversé en toute tranquillité et tant mieux pour eux mais moi ouais ça a été un peu plus dur justement
SPEAKER_00pour ça ok d'accord ok c'est tout le paradoxe de connaître et de maîtriser un environnement versus pas se rendre compte de du type d'aventure dans laquelle on s'embarque ouais hyper
SPEAKER_02intéressant mais parfois il faut être un peu innocent et naïf je pense pour se lancer
SPEAKER_00dans des grandes
SPEAKER_02aventures donc voilà
SPEAKER_00quoi et donc les 6 mois ça a été départ de France arrivée au Canary Cap Vert et la Transat et le retour
SPEAKER_02c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02alors du coup du coup j'ai fait un bout en France après Espagne Portugal Maroc Canary c'était la première partie du voyage et là je devais traverser petit problème de skipper on va dire donc j'ai changé enfin j'ai quitté le bateau sur lequel je devais traverser et là en fait entre temps sur un site j'avais trouvé un capitaine au Panama qui m'attendait parce qu'après j'avais prévu de traverser le Pacifique et donc ça s'était timé j'avais le temps en plus tout était calculé j'allais passer Noël en Martinique avec ma famille parce que ma mère vient de là-bas puis ensuite rejoindre l'autre bateau et puis traverser et en fait la transition transat est tombé à l'eau, si je puis dire. Et moi, j'avais cherché plusieurs capitaines, j'avais déjà eu d'autres mauvaises expériences. Donc, je me suis dit, le gars du Panama, il a l'air assez fiable, il a l'air raisonnable, je vais traverser avec lui. Et en fait, je suis allée là-bas. J'ai quand même passé deux mois et demi là-bas. On a traversé le canal de Panama. C'était une expérience quand même assez incroyable. Après, on est resté un petit peu dans des îles désertes qui s'appellent les Perlas qui sont côté pacifique du Panama et ensuite on a traversé vers les Galapagos donc ça ça prend à peu près 15 jours et aux Galapagos il y avait quand même des petits soucis avec le capitaine et d'un commun accord tout l'équipage avait décidé de partir et donc le voyage s'est arrêté là parce qu'en fait aux Galapagos c'est une réserve protégée donc il faut un permis pour y aller il faut payer assez cher et donc il n'y a pas tellement les bateaux qui traversent ne s'arrêtent pas aux Galapagos c'est assez rare et du coup là-bas il y avait deux autres bateaux donc une fois que t'es allé voir les deux en disant est-ce que vous voulez m'emmener et qu'ils ont dit bah non on prend personne le voyage s'arrête quoi donc et j'ai pris la décision d'entrer en France j'avais honnêtement plus trop d'argent à ce moment là et et j'avais trop peur de me relancer dans une mauvaise expérience et et voilà donc du coup le voyage s'arrêtait là et j'ai pas fait ma transat et du coup c'est pour ça que bah après je
SPEAKER_00me suis dit
SPEAKER_02que j'allais la faire et bah ouais toujours à la recherche de cette transat ça fait 3
SPEAKER_00ans maintenant mais ok ok donc c'est quand même à monnaie courante j'ai l'impression qu'il y a des petits problèmes enfin tu me diras c'est peut-être normal c'est des aventures assez engagées quand même où une fois que t'es parti bah compliqué de faire marche arrière et puis l'humain reste l'humain donc t'as pas eu de bol ou c'est un vrai sujet les deux ce type de mauvaise rencontre que t'as vécu
SPEAKER_02je pense qu'il y a beaucoup
SPEAKER_00de mauvaises
SPEAKER_02rencontres pas forcément des gens très méchants mais c'est juste que t'as beaucoup d'hommes seuls sur des bateaux depuis le début longtemps et du coup bah mine de rien quand tu reçois des équipiers c'est des gens ces gens ils vivent à bord de leur bateau donc tu reçois des gens dans ton intimité et bah voilà c'est un peu le cliché du vieux célibataire endurci mais en fait quand t'as l'habitude d'avoir ta vie puis t'as des inconnus qui débarquent qui s'installent aussi c'est pas toujours facile à gérer il y a beaucoup de gens qui boivent aussi et en mer c'est pas toujours rassurant voilà et puis après il y a des problèmes un peu de sexisme quand même dans la voile qui font que c'est pas idéal d'être une femme seule sur un bateau à avec un capitaine que tu connais pas donc il y a un peu tout après il y a plein de gens qui ont fait du Battlestar qui ont eu des super expériences voilà il faut trouver il faut se renseigner ça se fait mais il faut être prudent discuter avant avec les gens se
SPEAKER_00renseigner moi je lisais sur ton site tu partages il y a une partie de ton site où tu expliques que t'as été aussi engagé pour la mixité professionnelle et tu partages une stat alors j'étais pas du tout au courant tu vois je pense que je tu vois à peu près que dans le monde de la voile il y a le chiffre de 6% de femmes dans la course au large spontanément tu m'aurais demandé je t'aurais dit c'est peut-être un 40-50 parce que je pense que comme j'ai rencontré Julia j'ai pas mal discuté avec d'autres filles qui font de la voile mais je pensais pas que c'était aussi faible que ça c'est quand même dingue c'est finalement du même niveau je pense que les guides de haute montagne ça doit être pire encore ça fait du 2% tu penses que c'est lié à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00c'est de l'auto-censure
UNKNOWN?
SPEAKER_00de l'auto-décroyance émitante chez les femmes
UNKNOWN?
SPEAKER_00ou il y a carrément des barrières
UNKNOWN?
SPEAKER_02il y a les deux en fait moi je l'ai vécu quand j'ai commencé à faire de la course j'allais chercher un équipage et vraiment en 2019 les gens me disaient on prend pas de femmes à bord point c'est comme ça et limite c'est étonnant que t'aies posé la question enfin non on prend pas de femmes à bord et vraiment j'ai galéré pour trouver un bateau pour aller naviguer au début donc il y a quand même un peu de ça après il y a beaucoup de gens qui ont peur en fait parce que notamment en course t'as zéro confort et voilà c'est vrai que si t'as une femme mais bon ça peut être des mecs aussi mais quelqu'un qui a vraiment besoin de son confort ça peut être un peu compliqué à gérer je pense qu'il y a beaucoup d'hommes qui ont peur de ça et après il y en a qui veulent pas parce qu'ils pensent que ça fait des histoires que c'est compliqué d'avoir une femme j'ai envie de dire le problème dans ce cas là c'est plutôt des hommes qui ne savent pas se tenir, mais bon, c'est difficile de leur faire entendre. Et donc, il y a cette partie-là. Et pourtant, tous les hommes qui ont navigué avec des femmes me disent que l'ambiance est carrément plus sympa, que ça enlève une pression, que ça détend l'atmosphère, que c'est plus dans l'échange, la communication. Donc vraiment, tous me disent maintenant, j'ai du mal à naviguer qu'entre hommes. Donc ça, c'est un petit plaisir. Parce que voilà, je sais qu'on apporte des choses. Mais après, il y a aussi de l'autocensure. Ça, c'est évident. Moi, je le vois autour de moi. Donc, moi, je cours en mini C50. Et les filles qui sont là sont bien plus qualifiées que les garçons. Pas que tous, mais que certains garçons. Parce qu'en fait, nous, on va se poser mille fois la question, vérifier qu'on est au niveau, faire des stages à répétition, naviguer avec d'autres gens avant, tester, avant de franchir le pas. Alors que parfois, je vois des mecs, franchement, ils débarquent de la lune. Et ils ne se sont pas du tout posé la question de ce qu'ils pouvaient le faire ou pas. Et tant mieux pour eux. Ils ont sauté le pas comme ça. Mais oui, il y a une partie d'autocensure, c'est évident. Et après, dans l'évolution de ces projets-là, comme les projets de course au large, ça demande un investissement financier énorme. Il y a aussi le truc que tu montes une boîte, tu lèves des fonds et, alors ça, je ne sais pas pourquoi, parce que tous les chiffres montrent que c'est idiot, mais les banquiers prêtent moins facilement aux femmes qu'aux hommes. Pour monter une entreprise, c'est plus dur. Alors que tous mes comptables m'ont dit que c'est beaucoup plus agréable de gérer la compta d'une femmes, c'est beaucoup plus mesuré. C'est des clichés encore, mais en tout cas, c'est vrai que les femmes ont plus de mal à lever des fonds. Et du coup, pour continuer après dans les grandes catégories, quand il faut lever plusieurs millions d'euros pour faire de l'IMOCA ou de l'Ultime, c'est sûr que c'est difficile d'avoir des femmes. Et d'ailleurs, en Ultime, on a 0% de femmes. Après, il y a 5 Ultimes. Donc voilà. chiffre à prendre avec des pincettes mais c'est comme ça en Imoca il n'y en a pas énormément non plus et là sur la route de Rome sur 138 skippers
SPEAKER_00on avait 7 femmes c'est ridicule c'est ouf c'est quand même hallucinant plus je rencontre d'invités plus moi je viens d'une famille j'ai des petites soeurs donc j'avais toujours un peu j'ai grandi avec des filles mêlant des femmes donc je pense que déjà peut-être un peu un biais où je me rends moins compte de ça parce que c'est moi qui suis en minorité dans la famille mais en fait plus je rencontre des invités plus je me rends compte que t'as quand même encore des trucs hallucinants qui existent tu vois par exemple le décathlon je sais pas si tu savais ça le décathlon est interdit aux femmes aujourd'hui tu ne peux pas être athlète de haut niveau en décathlon quand t'es une femme je savais pas c'est pour ça que L'heptathlon, en revanche, c'est réservé aux femmes. ok pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00aucune idée mais les plâtelons c'est une épreuve féminine donc complètement dingue et t'as des trucs du genre tu vois j'ai eu plusieurs invités sportifs de haut niveau une en escrime qui est en équipe de France d'escrime qui m'expliquait que quand t'es pas alors bon là je sais pas si c'est spécifique aux femmes mais qu'il y avait des vrais sujets tu vois par rapport au coup que quand t'es pas la meilleure en équipe de France d'escrime globalement c'est toi qui paye tes déplacements etc et même chose du côté alors c'était l'équipe de France de Kite Surf de Kite Foil où elle m'expliquait que les hommes avaient globalement du matos gratos avec les sponsors mais que du côté des femmes il fallait qu'elles se payent leur matos tu vois et j'avoue que du coup tu vois plus là ça fait maintenant deux ans que j'ai le podcast où je me dis mais en fait non mais il y a quand même un vrai sujet tu vois moi des fois je me disais bon est-ce qu'on en parle trop est-ce que c'est vrai enfin est-ce que c'est vrai tu te dis toujours est-ce qu'il y a un effet tu vois est-ce que c'est amplifié mais en fait tu te rends compte qu'il y a quand même des dingueries absolues quoi des dingueries absolues tu vois des athlètes féminines qui doivent se payer les trucs de leur poche alors qu'elles représentent la France ce qui n'est pas le cas du côté des hommes tu vois ou Julia tu vois guide de haute montagne elles sont 40 en France sur 1800 guides tu vois c'est quand même c'est hallucinant quoi et toi ce que tu expliques tu vois 8 skipeuses sur 138 t'as dit c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00ouais c'est pareil c'est donc
SPEAKER_02étonnant il y a du chemin encore à parcourir
SPEAKER_00il y a du chemin mais c'est pour ça tu vois que c'est top d'échanger avec des femmes comme toi engagées nouvelle génération qui montrent que c'est possible de faire des trucs complètement fous en mer et d'être une femme et que c'est enfin c'est juste tu vois je sais jamais dans les échanges du coup est-ce qu'on parle du sujet ou pas parce que pour moi ça me paraît tellement tu vois mes soeurs elles font plein de trucs j'ai une soeur qui est en équipe de France de judo d'autres qui font du basket enfin pour moi je me dis bon bah en fait je me pose même pas la question tu vois mais du coup il y a un peu cet effet fait ma réalité versus la réalité des femmes avec qui je parle pour le podcast je me dis
SPEAKER_02ah ouais en fait non il y a un sujet quoi c'est sûr et je pense que la voile c'est un super sport la course au large pour parler de ça parce qu'il n'y a pas de classement homme femme on est tous classés au même classement et ça c'est super parce qu'en fait cette année en mini dans ma catégorie je crois que toutes les courses ont été gagnées par une femme je réfléchis mais ouais et voilà il y a toujours une femme sur le podium ça je trouve que c'est un super exemple à montrer aux jeunes qui suivent l'aventure que voilà on se bat différemment certes parce que c'est sûr que les hommes et les femmes ne courent pas du tout pareil mais au final le résultat est là et c'est ça qui est intéressant et je trouve un beau parallèle à faire avec la vie professionnelle ou quelle que soit ta façon de faire du moment que le résultat est là ta place est méritée et il ne faut pas s'auto-censurer il faut y aller et pas il faut y aller fort parce que
SPEAKER_00les mecs à côté ils hésitent pas
SPEAKER_02et nous on hésite trop mais ouais vas-y
SPEAKER_00et en fait ça se passe super bien aucun souci là-dessus c'est clair et tu vois il y a une de ces croyances qu'on entend souvent j'ai l'impression c'est le côté ah oui mais physiquement les femmes font moins etc ok certes peut-être qu'en termes de puissance tu vois effectivement il y a des différences physiologiques mais en termes d'endurance tu vois je pense à une athlète en particulier alors je sais pas si tu la connais mais elle s'appelle Courtney DeWalter elle est américaine elle fait de l'ultra trail et il n'y a pas très longtemps donc c'est une des meilleures au monde il n'y a pas très longtemps elle a fait un donc un un 200 attends un 280 miles donc c'est une dinguerie tu vois ça fait je sais pas 400 bornes je pense un truc comme
SPEAKER_01ça
SPEAKER_00400 kilomètres qu'elle a gagné et elle est arrivée 10 heures devant le deuxième c'est un truc enfin tu vois 10 heures devant le deuxième c'est pas une heure deux heures tu vois 10 heures devant le deuxième donc c'est quand même un truc de fou et là il n'y a pas longtemps j'ai fait un épisode avec une femme qui est déjà sortie d'ailleurs qui a fait Aline Clément qui a fait le Tour de France masculin en amateur donc un jour devant les gars et elle a enchaîné avec cette année en 2022 il y a eu pour la première fois enfin pour la première fois oui ils ont recréé le Tour de France féminin qui existait avant donc là ils ont recréé le Tour de France féminin les hommes c'est 21 étapes les femmes ils ont fait un tour qui faisait huit étapes donc beaucoup plus petit bref donc elle a fait elle elle s'est dit bah tu sais quoi je vais faire les deux en fait pour leur montrer que c'est possible donc elle a fait elle a fait la plupart des étapes du Tour de France masculin elle a fait les transitions à vélo
SPEAKER_01puisque
SPEAKER_00en fait les coureurs du Tour tu sais ils vont d'une ville à une ville ils ont un jour de repos ils prennent le bus ils vont au départ de la ville suivante elle elle a tout fait à vélo et elle a enchaîné avec le Tour de France féminin donc en tout elle s'est fait 4900 bornes en 24 jours et elle est au bout tu vois et son message c'était bah en fait voilà C'est possible. Il n'y a pas de sujet de les femmes ne peuvent pas faire du vélo, elles n'ont pas le physique, elles n'ont pas l'endurance. Non, il n'y a pas de sujet. Je viens de faire 4900 bornes en 24
SPEAKER_02jours. C'est dingue qu'on
SPEAKER_00doit encore prouver ça. Oui, c'est clair. C'est une super transition. Tu parlais justement du fait qu'il y a des enseignements à tirer de ce constat dans le monde sportif et à appliquer dans le monde pro. Toi, dans le monde pro, aujourd'hui, si je ne me trompe pas, tu travailles comme data analyst à l'Assemblée,
SPEAKER_02c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, data scientist. Et donc, ça consiste en quoi ton
SPEAKER_02job
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a deux parties dans mon job. Moi, je suis dans une équipe de l'Assemblée nationale qui aide les députés à chiffrer l'impact de leurs amendements. Les deux parties, c'est transformer la loi en un code informatique pour pouvoir faire des calculs. C'est créer un modèle, un simulateur de la loi. Et l'autre partie, c'est analyser des données. Donc, typiquement, ça va être les déclarations d'impôts des Français, les déclarations des entreprises. Voilà. Et j'analyse ces données et j'essaie de construire un échantillon qui représente la population pour qu'on puisse ensuite faire des calculs directement sur cet échantillon et arriver à prédire ce qui va se passer si tel ou tel amendement est voté.
SPEAKER_00Waouh. Ok. Donc, tu baignes dans les chiffres.
SPEAKER_02Exactement. Et ça, c'est un truc qu'on s'est battu pour que ce soit open source. Donc, tous les citoyens peuvent y accéder. Ça, Il s'appelle leximpact.an.fr. Et en fait, dessus, on peut soit simuler sa propre situation, voir les lois qui sont en train d'être votées, ce que ça va changer pour nous. Et puis, on peut proposer des amendements. Enfin, on peut essayer et simuler. Si on voit, par exemple, notre député qui veut faire voter quelque chose, on peut aller voir si,
SPEAKER_00effectivement,
SPEAKER_02on trouve ça intéressant ou pas.
UNKNOWNOk. Voilà.
SPEAKER_00Excellent. Excellent. Ça, c'est un autre constat que je fais. Alors, je ne sais pas si c'est représentatif, mais en tout cas la plupart des invités que j'ai eu qui sont dans la voile il y a quand même beaucoup de profils ingénieurs, matheux, des gens qui aiment bien être dans les chiffres, assez intellectuels finalement
SPEAKER_02c'est un sport qui est très intellectuel et où il y a vraiment besoin franchement être ingénieur c'est presque un prérequis maintenant pour faire de la voile parce qu'il y a toute la partie thermodynamique donc l'analyse de la météo des fluides, des masses d'air, des courants ça qui est hyper important à comprendre et bien en avoir l'intuition. Il y a la partie technique-mécanique du bateau, savoir réparer des pièces mécaniques, des voiles, de l'électronique. Et après, il y a toute la partie calcul-stratégie. Voilà, si le vent tourne de temps, par où je vais, quel angle je prends pour optimiser ma vitesse, comment je me place par rapport aux autres, choisir les moments où tu viens de bord, où tu vas empanner, tout ça, c'est des calculs aussi. Donc, il faut arriver à faire plutôt bien même en étant extrêmement fatigué donc finalement c'est plutôt pas mal d'être un peu mateux pour faire ce genre de choses parce que parfois en course tu te retrouves à devoir soustraire deux angles et alors là ça peut te prendre 10 minutes parce que t'es complètement cramé
SPEAKER_01et faut pas se planter donc
SPEAKER_02c'est une partie importante du
SPEAKER_00boulot et ça a toujours été le cas ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00mon père c'était le cas plutôt mateux mais les générations un peu plus anciennes de skippers c'était aussi des gens
SPEAKER_02non c'était plutôt des vieux loups de mer un peu des gens qui avaient baigné là-dedans depuis très jeunes qui en fait faisaient la même chose mais par
SPEAKER_00intuition
SPEAKER_02par intuition ouais c'est ça et d'ailleurs on voit il y a eu un grand shift parce qu'en fait la course au large ça s'est extrêmement professionnalisé à une époque on n'en vivait pas du tout maintenant on en vit il y a tout un système de gestion de sponsors de partenaires qui financent les projets et du coup qui n'y avait pas avant et d'un côté c'est génial parce que ça permet la voile elle a explosé à Lorient le nombre de bateaux franchement le nombre de centaines de millions d'euros qui défilent à Lorient juste pour les bateaux et c'est pour le sport en général c'est pas pour les skippers on est pas des footballeux mais ouais et du coup c'est impressionnant il y a vraiment un écosystème il y a des boîtes qui sont créées derrière qui développent des nouveaux produits ça fait évoluer la recherche parce que quand même on est à la limite de la performance donc il y a beaucoup de recherche et de développement sur des matériaux sur des capteurs sur des algorithmes, des analyses, même des maths pures pour analyser sur certains bateaux. Il y a des gens qui développent des algorithmes pour analyser la performance autour d'un foil, les couches limites, des choses comme ça. C'est assez impressionnant et ça a fait que les marins aussi se sont retrouvés un peu plus ingénieurs et un peu plus techniques à suivre le développement de bateaux qui sont de plus en plus compliqués. Le challenge, c'est toujours de pouvoir réparer son bateau quand tu es tout seul en mer et Si le bateau est
SPEAKER_00très compliqué, il faut suivre derrière. Comment tu fais pour rester lucide et être capable de prendre des décisions qui concernent un matériel très complexe dans un environnement de course avec de multiples paramètres
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quand tu as la fatigue qui s'installe, tu disais que tu pars pour des courses de 3-4 jours. Quand tu es en solo, j'imagine que tu dors très peu, voire pas du tout au début. Comment tu l'abordes ce point-là
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est sûr que la partie sommeil, c'est un élément clé de la course large parce que ça impacte directement ta performance et ton mental la recommandation c'est de dormir 4h par 24h en gros c'est le minimum pour pas devenir taré donc voilà 4h par 24h c'est vraiment le minimum pour que ça se passe à peu près bien et l'idéal c'est de dormir 6-8h
SPEAKER_00ah ouais quand
SPEAKER_02même si tu peux et en fait on dort par tranche de 20 minutes entre 14 et 20 minutes Et tu dors une tranche, tu te lèves, tu vérifies que tout va bien autour, tu re-règles ton bateau, tu vérifies que tu n'es pas en train de foncer ni sur les cailloux ni sur des voisins. Et après, tu te recouches 15-20 minutes. Et ça, ça fait un petit cycle de sommeil. Et après, tu vas recommencer un peu plus tard dans ta journée ou dans ta nuit. Et l'idée, c'est d'enchaîner dès que tu peux des siestes. Et d'ailleurs, nous, on dit toujours, en fait, ta course, c'est l'enchaînement de régler ton bateau, choisir ta stratégie et ensuite te reposer. Tu ranges ton bateau, tu manges et tu dors et tu fais que ça. Tu fais ça en boucle, en boucle, en boucle et dès que tu peux, tu vas dormir. Sachant que quand tu dors, forcément, tu vas toujours un peu moins vite que si tu étais en train de régler en continu. C'est tout un compromis, savoir quand dormir. Au bon moment, il y a des moments, si tu attends une bascule de vent, par exemple, tu ne peux pas dormir parce que dès que le vent tourne, il faut que tu changes de voile. Il faut arriver à anticiper les moments où on va se coucher et ne jamais se retrouver dans le rouge. En fait, tu commences à avoir des hallucinations d'abord auditives puis visuelles. Si tu arrives aux hallucinations visuelles, c'est que tu as très mal géré ton sommeil
SPEAKER_00et c'est là où tu fais des très mauvais choix d'ailleurs. Ah punaise, je ne savais pas du tout ça. Parce que j'allais te demander quels indicateurs tu as, qu'est-ce que tu surveilles pour finalement décider à un moment donné que là, il faut absolument que je dorme. Apparemment, c'est les hallucinations. Par contre, je ne savais pas qu'il y avait des hallucinations auditives.
SPEAKER_02en fait on oublie souvent mais on est quand même dans un environnement qui fait énormément de bruit parce que t'as le vent en continu le bateau il fait du bruit la coque elle fait du bruit il faudrait mesurer le nombre de décibels mais c'est quand même assez costaud et du coup dans ce brouhaha continu parfois tu vas avoir un bruit en plus et moi je mets souvent du temps à m'en rendre compte moi c'est simple j'entends une alarme de sèche-linge celui de ma maman merci maman et donc je l'entends sonner et au bout d'un moment je me dis tiens c'est marrant il y a quand même un bip bizarre et puis après je me dis bah non en fait il n'y a pas de bip sur mon bateau et là je suis à 200 km de la terre donc clairement il faut aller dormir les gens entendent d'autres choses on a un pilote auto, le vérin fait un peu de bruit c'est à l'intérieur du bateau donc c'est sous le cockpit et pareil c'est un bruit un peu de fond et donc souvent mes concurrents me disent qu'ils ont l'impression qu'ils entendent des gens discuter à l'intérieur du bateau et en fait c'est le pilote et voilà et puis comme t'es crevé ça se fait un peu dans ta tête et Tu mets du temps à te rendre compte. Parfois, tu vas te dire, par exemple, à ton coéquipier, je te laisse la barre et je vais me coucher. Au bout de 10 minutes de sommeil, tu te rends compte que tu n'as pas de coéquipier.
SPEAKER_00Il n'y avait personne. Là, ça peut devenir craignos. Si tu crois que tu arrives à quai et que tu descends pour amarrer le bateau et que tu es à 300 bornes des côtes, ça peut être un peu compliqué. Surtout que l'audio, tu vois, moi, j'ai eu des hallucinations sur une course, enfin une course, un ultra trail, pas une course comme toi, cet été, mais c'était du visuel et je trouve, tu vois, le visuel, c'est facile parce qu'en fait, quand tu te rends compte que tu hallucines, généralement, c'est des trucs tellement délirants que c'est immédiat, tu vois. Moi, je voyais un porte-monnaie en forme de grenouille qui faisait 4 mètres par 3 en plein jour. Tout de suite, je me suis dit, bon, il faut que je dorme, tu vois. Mais l'audio, c'est effectivement, surtout si tu es dans un environnement où il y a du bruit en permanence, ça va être vachement galère à
SPEAKER_02identifier ouais tu mets du temps mais même le visuel souvent ça va être on a des voiles sur le pont qui sont prêtes à être envoyées ça fait une petite masse et en fait parfois tu te rends compte que depuis un moment tu sais que cette masse c'est une personne allongée tu vois et ça fait un moment que dans ta tête c'est ça c'est une personne qui est allongée et puis et en fait tu t'en rends compte parce que je sais pas il y a une vague qui passe sur le pont et tu dis ah merde elle va être mouillée et là tu dis bah non ah bah attends c'est pas une personne ah merde il faut que j'aille dormir ça met un peu du temps à arriver moi je vois des objets rouges c'est mon truc, j'ai des objets rouges dans l'eau et quand c'est des bouées ou du plastique je me dis mais c'est vraiment une bouée et puis quand je commence à voir des petites maisons, des
SPEAKER_00lutins
SPEAKER_02et tout là je sais
SPEAKER_00que je vais me coucher et côté nutrition, comment ça se passe en course tu disais qu'il y a eu une fois, bon t'as eu du mal visiblement sur 3-4 jours mais en temps normal c'est quoi tes ton rythme tes astuces pour rester hydraté et mourir
SPEAKER_02correctement bah on doit manger beaucoup parce qu'en fait même si t'es assis sur tes fesses à rien faire t'es toujours en train de gainer pour suivre les vagues et tout t'as le bruit qui fatigue le froid tu te déshydrates beaucoup avec le vent donc en fait même dans les moments où il se passe rien tu perds énormément d'énergie donc on mange vraiment vraiment beaucoup de calories presque le double de ce que mangerait une personne normale et Et pour ça, moi, mon astuce, c'est que j'ai des sacs à la journée où j'ai calculé le nombre de calories. En général, je fais un repas avec de la viande, un repas végétarien, et un petit-déj et des snacks. Et je me force à manger l'entièreté du sac dans une journée. Je n'y arrive pas toujours parce que c'est quand même une portion monumentale. Je dis souvent en rigolant, mais c'est vrai, dans un plat, donc c'est des plats spécifiques qui sont lyophilisés, donc c'est des plats sportifs avec beaucoup de calories, et dans un plat avec de la viande j'ai ce que je mange en viande en un mois à terre c'est vraiment c'est vraiment costaud mais c'est super important d'être bien nourri et notamment de faire attention à ce que tu manges à quel moment parce que ça joue sur ton sommeil si c'est un moment où typiquement quand il commence à faire nuit ton cerveau il veut aller dormir si t'attends un vent si t'es au ras des cailloux si t'es avec plein de concurrentes c'est des moments où tu peux pas aller te coucher donc il faut rester éveillé donc tu vas pas te faire un énorme plâtré de pâtes qui va te mettre en mode digestion ou te faire des bonbons ou du sucre qui vont te donner un pic mais après tu vas t'endormir donc voilà il faut bien calculer tout ça et c'est une partie
SPEAKER_00intéressante
SPEAKER_02du sport top
SPEAKER_00J'ai le sentiment que c'est un petit peu comme le triathlon où tu as quand même dans la phase de préparation, d'exécution, tu vois, tu as cette notion de je jongle avec mes paramètres, tu vois. Est-ce que tu as des data sheets que tu fais après tes entraînements où tu rentres, alors voilà comment ça s'est passé, j'ai dormi tant, j'ai brûlé tant de calories, l'évolution de mon poids, je ne sais pas. Est-ce que tu as une approche assez finalement de data scientist pour ta pratique de la voile
SPEAKER_02aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, un peu. Je l'ai au-là sur l'humain. Donc, c'est sûr que moi, je note mettant en somme parce que comme je disais tout à l'heure il faut dormir 4 heures et en fait si tu fais des siestes t'as droite à gauche t'es cramé t'as aucune lucidité les jours se mélangent mais complètement moi à l'arrivée d'une course je mélange les jours je me rappelle pas de la moitié de ce qui s'est passé et tout et donc ouais je note pour surveiller que j'ai bien dormi assez noter notamment les siestes où tu vas te coucher mais finalement tu dors pas parce qu'il y a un truc qui se passe donc tu dois te relever et tout donc ouais ça je note la nutrition aussi je vois et puis je vois dans les sacs que j'ai pas mangé ce qui reste et après il y a la partie bateau technique où là on enregistre des données en continu. L'angle du vent, ta vitesse, les voiles, les réglages. Moi, sur le bateau, j'ai des marques pour voir quels sont les réglages que j'utilise quand je règle mes bouts. Donc, c'est des cordages sur lesquels tu tires et dessus, j'ai fait une marque et après, j'ai une petite réglette sur le pont. Comme ça, je vois si ma marque est à 1, 2, 3, 4, 5 et ça me permet d'avoir une idée de tel jour, j'allais très vite, il y avait tel mer, tel vent, tel angle et j'étais réglée à temps et ça, c'est une config qui marche bien et après, tu retiens et tu adaptes. Donc, il y a beaucoup d'analyse de données. Moi, c'est ce que je trouve super cool. Et plus tu as des gros bateaux, plus tu vas avoir des capteurs intégrés et même tu peux avoir un ordi. Nous, on n'a pas d'ordi à bord, mais j'ai un
SPEAKER_00ordi à la maison pour analyser
SPEAKER_02les données. Et ouais,
SPEAKER_00sur des gros bateaux, tu fais ça en live et c'est trop intéressant. L'amélioration continue poussée à son extrême dans le sport. Trop bien. Ok. Et donc là, si je ne me trompe pas, tu es en train de préparer un énorme projet. Donc, tu expliquais que ta catégorie est Toi, c'est le mini 650, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Donc, c'est des bateaux 650, c'est pour 6,50 mètres, si je ne me trompe pas. Ok. Donc, 6,50 mètres, ce n'est pas très grand finalement. Et tu prépares une course de légende, si je ne me trompe pas. Oui. Une des dernières... Tu me dis si je l'introduis mal, mais ce que j'ai gardé en tête de mon échange avec Pierre, c'est que c'est la dernière course en solo sans assistance. Oui, exactement. C'est un peu le... Donc, tu peux vraiment, pour le coup, compter que sur toi-même. Donc, vous partez, la Mini Transat, vous partez avec, vous avez quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vous avez une balise de détresse, un GPS et c'est à peu près
SPEAKER_02tout, non
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et le radio. Oui. Et un tracker
SPEAKER_00pour suivre la course. Et
SPEAKER_02un tracker, forcément. Mais rien d'autre. Rien d'autre. Et la radio, elle porte à 40 kilomètres. Donc, autant dire qu'après deux jours
SPEAKER_01de course, tu croises
SPEAKER_02plus grand monde sur l'eau. Ok. Oui. Et du coup, c'est ce qui fait que c'est un peu, on dit souvent« passe ta Mini» bord quand tu veux faire de la course parce que c'est un peu la prépa vu que tu peux communiquer avec personne tu dois savoir résoudre tous les problèmes que tu vas rencontrer sur les 25 jours de traversée et en fait ça responsabilise énormément les skippers si tu pars à l'arrache tu mets ta vie en danger, il faut être prêt, il faut avoir confiance en sa capacité à réparer le bateau, à réparer soi-même, à gérer son mental et ça c'est une super prépa quoi, après quand tu pars sur d'autres de bateau, de savoir déjà tout faire tout seul c'est super et moi c'est ce que j'aime dans cette course, elle te pousse à être bon dans tout, tu peux rien laisser au hasard et ça demande une préparation et en fait tu grandis dans ta pratique énormément parce que t'es obligé de pousser toutes les compétences, il faut les acquérir avant de partir et c'est une super
SPEAKER_00formation J'en parlais avec un invité récemment, cette notion quelque part de référentiel, c'est à dire qu'une fois que tu as fait ça tu vois l'amplitude de ton référentiel d'un coup boum tu vois il prend plusieurs points et donc quoi que tu fasses derrière enfin quoi que tu fasses la plupart des choses que tu feras derrière finalement tu restes dans un scope que tu as déjà exploré donc super intéressant comment tu te prépares à une course de cette envergure c'est quoi les gros blocs sur lesquels tu dois investir du temps de l'argent de la préparation des entraînements
SPEAKER_02etc sur la partie sportive d'un tel projet qui n'est pas la partie en fait pas que ça parce que tout à l'heure il y a toute la partie partenariat donc gestion d'entreprise aussi le skipper c'est d'abord un entrepreneur mais sur la partie sportive il y a tout ce qui est préparation physique donc là c'est muscu cardio yoga beaucoup parce que c'est quand même des petits bateaux qui bougent donc on est vraiment dans des positions à la con tout le temps donc il faut une certaine souplesse donc ouais préparation physique c'est intense il faut être endurant il faut être quand même relativement musclé parce qu'il y a des efforts voilà quand tu dois porter une voile, il faut arriver à la soulever, quelle que soit ta condition physique et ta fatigue. Donc il y a ça, il y a une partie théorique, on prend des cours de météo, de stratégie, d'options, de routage, des cours de logiciel aussi, parce qu'on calcule nos routages. Alors ceux qui ont un ordi le font en live à bord, nous on le fait avant le départ, donc de calculer ta route en fonction de la météo. Ça c'est toute une science. Et puis après il y a toute la partie entraînement sur l'eau, où tu vas t'en à faire les manœuvres sans jamais te planter, sans rien abîmer, sans les déchirer, que tu aies très peu de vent ou énormément de vent. Il faut arriver à faire les mêmes manœuvres, les faire vite, les faire bien, les faire en sécurité. Et après, il y a une partie performance speed test. Donc, le but, c'est d'aller le plus vite possible. Et pour ça, on navigue côte à côte avec nos concurrents. On est regroupés par pôle. Et en fait, au sein d'un pôle, un peu comme on prépare, au sein d'une prépare, on n'est pas concurrent entre nous. En revanche, une fois sur l'eau, là, on se bat. Et dans le pôle, tu te mets côte à côte, tu essaies des réglages différents, des voiles différentes, tu essaies de voir qui va le plus vite et quels sont un peu les points de décision pour toujours être le plus rapide à tout moment. Et ça, c'est super intéressant parce qu'on disait tout à l'heure, il y a énormément de paramètres. Donc, avant de trouver la config voile, plus matosage, plus angle au vent, plus réglage de ton mât, plus réglage de tes safrans, plus façon de barrer qui soit performante dans tous les vents et toutes les mers, tu peux t'entraîner
SPEAKER_00plusieurs années. Oui, ok donc ça c'est pour la partie sportive perf sur la partie entrepreneuriat c'est quoi la réalité tu vois quelqu'un qui voudrait s'engager qui se dit la minute trentaine ça me fait rêver mais la réalité de la partie gestion d'entreprise gestion de projet ça ressemble à quoi surtout quand t'as un job un vrai job enfin un vrai job un job à temps plein en
SPEAKER_02parallèle c'est sûr que c'est hyper prenant moi je me sais à 80 pour l'Assemblée. Et déjà, avec ce 4-5ème, ça me libère quand même pas mal de temps. Et déjà, c'est dur. Je bosse la nuit et je bosse le week-end. Il n'y a pas de secret. La minuit, c'est forcément ça. Après, quand tu as des partenaires, l'avantage, c'est que tu as du budget. Donc, tu es quand même plus serein sur certaines choses. Mais il faut s'en occuper aussi. Parce que c'est un partenariat. Ce n'est pas du don. Les sponsors, ils t'achètent des prestations. Donc, c'est... écrire des posts sur les réseaux sociaux, faire des conférences, aller les voir, gérer des trucs comme, tiens, ils veulent faire une carte de vœux pour Noël, donc il faut trouver une photo, trouver le photographe, aller tourner des images. Il y a énormément de choses derrière ça que moi, je trouve super intéressantes. Et en plus, le lien que tu crées avec tes partenaires, il est génial. Et c'est ça qui fait que c'est un aussi beau sport, c'est que quand moi, je pars, je pars pas toute seule sur mon bateau, je pars avec des centaines d'employés derrière moi qui me suivent, qui m'encouragent, qui me donnent la force quand je suis en train de vomir mes tripes, d'aller changer de voile quand même. Parce que tu te dis, ces gens-là, ils ont un boulot qui n'est pas toujours facile. Toi, tu les représentes, tu te bats pour eux. C'est une partie super intéressante de ce métier-là. Et puis, tu apprends à faire des trucs que je ne savais pas faire du tout, de la compta, de la gestion de projet, faire une offre, du marketing. Franchement, là-dessus, moi, c'est ce que j'ai dit. un peu pour justifier à mes parents quand j'aurais dit que j'arrêtais tout pour faire de la voile ils paniquaient je leur disais non mais je monte une entreprise même si ça marche pas j'aurais appris des trucs et c'est vrai et je le dis encore si tout mon projet s'arrête demain j'ai appris tellement de choses j'ai
SPEAKER_00aucun regret quoi ouais et en termes de en termes de budget ça représente quelle somme qu'il faut que t'arrives à
SPEAKER_02rassembler bah ça dépend de ça dépend vraiment de ton projet la mini ça se fait encore en amateur avec des vieux bateaux pour des gens qui ont juste envie de vivre l'expérience Et après, tu as des gens un peu comme moi qui ont plutôt envie d'en faire une carrière. Et donc, on va avoir un bateau récent, un projet plutôt performant, se donner les moyens en faisant de la préparation mentale, préparation physique, tout ça, c'est un coût. Tu peux choisir d'avoir un coach trois fois par semaine ou d'aller courir le week-end tout seul. Donc, les budgets, je dirais que ça varie hors bateau de 40 à 150 000 euros, plus si tu te salaries.
SPEAKER_00Voilà. La fourchette est grande. Ouais, ouais, la fourchette est grande. Ok, ok. Super. Et là, du coup, donc toi, c'est pour l'édition... 2023. 2023. Ça devait être 2021 ou
SPEAKER_02pas du tout
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, au début, j'avais visé 2021. Et puis, le Covid, tout ça, le temps de trouver des partenaires, mon projet a été un peu décalé. Et tant mieux, parce que du coup, j'ai navigué... Ça fait depuis 2019 que je
SPEAKER_00navigue, donc j'ai gagné en expérience. Yes
UNKNOWN!
SPEAKER_00Trop bien. Et donc là, t'en es où
UNKNOWN?
SPEAKER_00En termes de préparation
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que le départ, ça fait quand
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est le 24 septembre, les Sables
SPEAKER_00d'Olonne.
SPEAKER_02Donc là, moi, je suis qualifiée. En fait, c'est deux ans de championnat. Tu as à peu près 7-8 courses par an. Le but, c'est de se qualifier le plus vite possible. En l'occurrence, la première année. Ça y est, j'ai fait ma première année. J'ai fait plutôt pas mal de courses. par rapport à mes concurrents suite à un heureux hasard du destin qui faisait que je devais pas faire une très grosse course et j'ai été appelée au dernier moment parce qu'il restait une place donc j'ai vraiment beaucoup couru donc ça c'est cool et là cette année du coup c'est beaucoup d'entraînement moi j'ai envie d'axer un peu plus mon travail sur la performance puisque l'année précédente il fallait finir les courses pour se qualifier et maintenant moi j'ai envie de les finir en bonne position donc je vais courir un peu moins mais beaucoup m'entraîner et du coup essayer de faire des belles courses voilà
SPEAKER_00donc je pense que je ferai 5-6 courses cette année et puis après la transat c'est parti on va la faire enfin cette transat 4 ans que j'essaye yes trop bien du coup je crois que j'en avais un peu parlé avec Pierre mais au moment où la transat a lieu comment est-ce que les gens peuvent suivre du coup les bateaux t'as un site où les trackers sont sur les positions en temps réel, ce genre de
SPEAKER_02choses
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a une page Facebook de MNITransat qui donne des news un peu tous les jours, qui explique où sont les concurrents, tout ça. Il y a le site de MNITransat où tu auras la cartographie avec le tracker, tu suis les concurrents, tu vois les bateaux. Je crois que les positions, c'est toutes les deux heures. Donc, tu peux suivre ça. Il y a une appli aussi qui marche très bien qui s'appelle Yellow Brick Tracker. Tu suis très bien les bateaux. Et après, il y a aussi, pour ceux qui sont un peu plus joueurs, il y a Virtual Regatta. Donc, tu peux Tu peux prendre le départ de la course virtuel. Si tu as envie de gagner, il faut être préparé à mettre des réveils la nuit pour aller faire ton virement de bord. Ça te fait jouer en live. Ce qui est vachement bien fait, c'est que tu n'as pas besoin de savoir naviguer pour faire ça. Tu as des tutos. Tu peux vraiment jouer en n'ayant jamais mis les pieds sur un bateau. D'ailleurs, il y a des gens qui sont très forts à Virtual Regatta et qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. Après, il y aura le live qui sera... Il y a le Offshore Social Club sur YouTube. qui retransmet en live tous les départs de courses mini. Et honnêtement, moi, comme j'étais sur l'eau, je n'en avais pas beaucoup vu. Et puis là, après la saison, j'avais envie de voir un peu, d'analyser. Et je les ai regardés. Et en vrai, l'ambiance, elle est dinguissime. Je me suis surpris à crier toute seule derrière mon écran d'une course que j'avais vécue. Mais vraiment très sympa. Et avec des chouettes gars qui sont sur l'eau et qui te font vivre le truc. Il y a même un drone où tu passes entre les bateaux. C'est vraiment
SPEAKER_00impressionnant. Les images sont top.
UNKNOWNSuper travail.
SPEAKER_00Génial. Super. Super. Donc, Mini Transat septembre 2023, tu penses que... Donc, si j'ai bien compris, toi, tu ne vas pas pour participer, tu vas pour casser la baraque. Mais tu dirais que tu vas t'appuyer sur quelle force en particulier, qu'est-ce qui ferait la différence pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et quel que soit le résultat, on l'a dit, on ne maîtrise pas tout, on ne maîtrise jamais le résultat de ses actions. Par contre, on maîtrise son engagement et... En tout cas, c'est ma conviction, on maîtrise son engagement et l'état d'esprit dans lequel on aborde une aventure. Toi, tu te prépares comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Avec quoi est-ce que tu as envie d'arriver armée
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qui fera la différence, tu penses, par rapport aux autres
SPEAKER_02concurrents
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a deux choses. Je pense que d'abord, tout le travail qui est fait avant, là, tous les entraînements, la préparation technique, je suis très studieuse, je fais ça très sérieusement et je pense que je vais arriver avec un paquet d'infos sur mon bateau, le connaître par cœur, savoir le faire marcher vite, aller au bon endroit parce que j'aurais fait encore plus de cours météo donc je pense que cette préparation là ça va me permettre de partir avec toutes les clés possibles et après la deuxième chose c'est que du fait que j'ai beaucoup couru cette année les années précédentes et mon voyage moi je suis très bien en mer je suis très bien au large je suis heureuse d'être là tout le temps même si c'est dur et du coup je passe un bon moment et quand t'es dans ce mindset là je pense que c'est beaucoup plus facile de dérouler ton plan de dérouler tout ce que t'as préparé avant Et j'espère que ça fera la différence. Et voilà. Et puis, donner le meilleur de soi-même et voir où on arrive. Moi, je dis que je me bats pour la performance. Le combat, il est encore et toujours contre moi-même. Le but, c'est de faire du mieux que je puisse. Et puis, si j'arrive 30e, j'arrive 30e. Si j'arrive 10e, j'arrive 10e. Si c'est mieux, ce serait incroyable. Mais bon,
SPEAKER_00ne nous prononçons pas. Ouais, ok. L'optimisme, essentiel pour ce
SPEAKER_02genre
SPEAKER_00d'épreuve tu
SPEAKER_02penses
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ah ouais parce que de toute façon le ciel va te tomber sur la tête alors quoi qu'il se passe c'est compliqué donc je pense qu'il faut partir du principe que ça va être chouette être préparé au pire quand même mais ouais être optimiste et de toute façon même si c'est dur c'est quand même des moments incroyables et tout ce que tu vis te rendra beaucoup plus fort donc ouais optimiste à fond de toute façon c'est génial même quand c'est hardcore
SPEAKER_00c'est génial donc aucun regret il faut y aller quoi Yes trop bien Si les gens veulent te suivre pour la suite de la préparation et l'aventure, c'est quoi le mieux
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est Facebook, Instagram, LinkedIn
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_02les trois. Le best, je pense, c'est Instagram parce que c'est là où je poste le plus. J'essaye de poster des actus deux fois par semaine et quasiment tous les jours, je raconte le projet. Moi, ça me tient à cœur de raconter en détail tout ce qu'il y a dans la vie de skipper puisque la partie course, c'est vraiment une toute petite partie. Donc, si vous me suivez sur Instagram, vous allez me voir faire de la compta, bricoler mon chantier, alimenter il
SPEAKER_00y a un peu de tout je confirme trop bien écoute c'était absolument génial Sacha est-ce que toi il y aurait un message que tu voudrais partager pour conclure cet échange
SPEAKER_02ouais mon message c'est suivez vos rêves travaillez dur ne baissez jamais les bras et surtout même si ça marche pas vous aurez
SPEAKER_00déjà fait un truc de ouf donc allez-y génial Un grand merci, Sacha. Je me suis régalé. Je mettrai les liens vers tes comptes en description de l'épisode. On va suivre la suite de l'aventure avec attention, j'en suis sûr. Et puis, ce que je te propose, c'est qu'on se donne rendez-vous pour un épisode de débrief une fois que tu auras enfin fait cette transat.
SPEAKER_02Avec grand plaisir. Trop bien. Merci beaucoup, Sacha.
SPEAKER_00Merci à toi. Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, Prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité, à la semaine prochaine pour un nouvel invité.