Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Éviter les syndromes de stress post-traumatiques (PTSD) grâce au protocole 6C avec Emmanuelle Halioua
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Emmanuelle est instructrice officielle en pays francophones du Protocole national Israélien 6C, développé initialement par Tsahal.
Ce protocole vise à prévenir le développement de syndromes de stress post traumatique (SSPT), plus connus en anglais sous l'acronyme de PTSD.
Qu'est-ce qu'un événement traumatique ? Tout événement qui est à la fois :
😳 Soudain
💥 Violent
❓Imprévisible
Souvent associé aux théâtres de guerre, le PTSD peut en réalité toucher n'importe qui.
Souvent confondu avec la dépression et traité comme tel, il existe des méthodes adaptées qui fonctionnent pour prévenir les SSPT. Le 6C en est une, et Emmanuelle forme chaque années des centaines de primo-intervenants à mieux se protéger psychologiquement.
Un échange passionnant sur un sujet encore trop souvent mis de côté en France.
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉🏼 Épisode #32 - [EN🇬🇧] Jillian Brown - Camp My Way - From being diagnosed with PTSD to leading world first expeditions
👉🏼 Épisode #76 - Énora Chame - Officier de renseignement de l'Armée de l'Air - Celle qui a observé la guerre civile naître en Syrie
Vous pouvez suivre Emmanuelle et le protocole 6C ici ⬇️
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C'est le beau côté, si j'ose dire, de cette funeste maladie. C'est que certains transforment ce qui vous a mis à terre, ce qui a été à deux doigts de vous tuer, en compétences que vous n'auriez jamais eues sans. Et force est de lui rendre quand même hommage à ce PTSD et à nous-mêmes.
SPEAKER_01Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Pour cet épisode très spécial, j'ai le plaisir d'accueillir Emmanuelle Alioua sur le podcast. Emmanuelle est la représentante officielle en France du protocole de secours psychologique 6C développé par l'armée israélienne. Pour des raisons de sécurité liées à ses activités passées, nous n'avons pas pu parler du parcours d'Emmanuelle. Nous nous sommes donc concentrés pour cet échange sur une thématique essentielle et pourtant sous estimer, quand elle n'est pas carrément ignorée, la santé mentale. Vous en apprendrez plus sur ce fameux PTSD ou syndrome de stress post-traumatique en français, généralement associé aux militaires qui ont connu la guerre mais qui peut en réalité toucher tout le monde. Malheureusement souvent diagnostiqué comme une dépression et traité comme tel en France, le PTSD peut faire des ravages. Il existe des méthodes qui marchent pour traiter cette maladie, le protocole 6C en est une. Un échange sur un sujet aussi sérieux que passionnant avec une femme qui forme nos militaires, pompiers, policiers et autres primo-intervenants aux gestes de premiers secours psychologiques. Excellente écoute à vous les Frappés
UNKNOWN!
SPEAKER_01Eh bien, bonjour Emmanuel.
SPEAKER_00Bonjour Loïc.
SPEAKER_01Merci beaucoup de vous être libéré et de nous consacrer un petit peu de votre temps pour qu'on échange sur un sujet assez peu connu en France. Je fais tout de suite du teasing, mais finalement, mais très, très important que plusieurs invités ont déjà évoqué sur le podcast. Alors, je le précisais en introduction en off, cet épisode est un petit peu spécial puisqu'on va plus se concentrer sur votre domaine d'expertise que sur votre parcours qui devra rester dans pour diverses raisons. Et ce que je vous propose, c'est peut-être pour introduire le concept dont on va parler, que vous nous expliquiez votre expertise, en tout cas comment est-ce que vous intervenez sur le sujet du PTSD, ce fameux trouble de stress
SPEAKER_00post-traumatique. Eh bien, j'ai un parcours en santé mentale depuis toujours, sur le terrain essentiellement, soit en zone de guerre, soit auprès des civils. Et je me suis toujours attachée à essayer de traiter le PTSD, l'état de stress post-trauma en français. Et puis Maroud a croisé l'auteur d'un protocole complètement révolutionnaire israélien et qui a permis, mais c'était un bénéfice secondaire curieusement, de réduire le risque de développer un PTSD, ce qui a considéré véritablement changer mon parcours, puisqu'au lieu de faire des consultations, j'ai décidé de faire de l'enseignement de ce protocole. Et c'est ce que je fais depuis qu'on m'en a confié le transfert en France et dans les pays francophones. C'est ce que je fais depuis deux ans, notamment en France.
SPEAKER_01Excellent. Super. Alors, je ne vous cache pas que moi, le trouble de stress post-traumatique, j'en avais quand même très peu entendu parler jusqu'à ce que je croise la route. Alors forcément, j'imagine, vous me direz ce que vous voyez de votre fenêtre mais que très souvent les gens y associent PTSD égal militaire revenu de la guerre de scène de guerre mais la première fois que je l'ai entendu je crois hors de ce contexte c'était avec une invitée canadienne Gillian Brown c'était le premier épisode que je faisais en anglais pour tout vous dire et qui expliquait donc qu'elle avait fait elle avait été diagnostiquée d'un PTSD et son conjoint également et son conjoint était ce qu'on appelle un first responder c'était aussi la première fois que j'entendais parler de ça donc c'est les unités finalement de pompiers de forces de l'ordre de secourisme qui se retrouvent les premiers sur des scènes où il y a des accidents plus ou moins graves et qui du coup sont parfois voient des choses qui laissent des traces donc c'est dans ce contexte là que j'avais vraiment pour la première fois entendu parler du PTSD en dehors du contexte militaire vous de votre fenêtre est-ce que vous avez est-ce que vous diriez que c'est quelque chose de très spécifique à la France puisque maintenant vous intervenez en France relative méconnaissance ou est-ce que c'est simplement que le sujet est en train d'être de plus en plus connu creusé
SPEAKER_00le sujet est plutôt éculé en réalité et comme souvent sur plein de sujets que ce soit le MDR ou d'autres problématiques on est très en retard en France en particulier ce sont peut-être les mauvais côtés du côté conservateur de la culture française qui en a de très bons et qui par ailleurs est assez résistante aux innovations c'est ce qui est dommage parce que l'EMDR qui est prôné par exemple par l'OMS ça fait 20 ans que ça fonctionne très bien sur les gens qui sont traumatisés ainsi que d'autres thérapies qui n'ont rien à voir comme les thérapies canines ou l'équithérapie ça c'est éprouvé, on a des rétextes depuis plusieurs dizaines d'années et c'est dommage que ce soit si peu développé encore, mais ça arrive parce qu'il y a une nouvelle génération de psychiatres qui arrivent en France qui sont très intéressés par les neurones et que quand on parle PTSD, forcément, on parle de neurosciences. Neurosciences qui est un domaine, on en est au tout début. Tout ce qu'on découvre aujourd'hui, ce sont nos premiers pas dans le domaine des neurosciences. Le PTSD, tous ses symptômes, ils sont bien connus. En France, il y a quelques entités très spécialisées, mais c'est beaucoup d'entre-soi, de psychiatres, et ça descend très rarement sur le terrain, ce qui est fort dommage puisque Le trauma, lui, il a lieu sur le terrain et pas en consultation ni dans les centres de recherche. Donc, il y a un espèce de décalage entre les sachants et l'absence de transfert de méthode sur le terrain. Et le terrain, c'est lui qui est le plus impacté. Et ce sont ceux que vous avez dit, d'abord les primo-intervenants, d'abord eux, d'abord les secouristes, d'abord les pompiers, d'abord les forces de l'ordre. Et ce n'est pas anodin, même si c'est multifactoriel, que la France connaisse un drame sanitaire avec ses forces de l'ordre en matière de suicide, par exemple. Idem avec les
SPEAKER_01médecins.
SPEAKER_00D'accord. Alors... Les mécanismes, les confrères, les médecins, il y a des organismes très spécialisés et orientés en particulier dans la recherche qui connaissent bien les mécanismes du PTSD. Maintenant, sur le terrain, il n'y a aucune politique de
SPEAKER_01prévention, mais j'ai envie de dire comme beaucoup d'autres domaines. Oui. Sans trop rentrer dans les détails scientifiques, en tout cas, le PTSD, comment est-ce que vous l'expliqueriez à quelqu'un qui en a, comme moi, vaguement entendu parler, qui saisit à peu près, je pense, le concept, mais vous parlez de neurosciences, qu'est-ce qui se passe exactement, qu'est-ce qui fait qu'on peut qualifier, diagnostiquer un
SPEAKER_00PTSD
UNKNOWN?
SPEAKER_00On s'en rend compte souvent au travers des symptômes que l'on a. Par exemple, en France, ce qui crée le plus de PTSD, ce sont les accidents de la voie publique. Elles sont à l'origine d'une part importante des états de stress post-trauma, les violences intrafamiliales, pareil. Le PTSD, c'est lorsque vous avez été confronté à un événement violent, soudain et imprévisible, donc vous êtes dans votre routine et puis il arrive une agression, il arrive un accident de voiture, il arrive une menace de mort, imaginez au réel, vous êtes en état de choc, ce qui est complètement légitime. Si cet état de choc ne se résorbe pas sous un mois, et si vous avez des symptômes qui subsistent au-delà d'un mois, parce qu'un mois, on considère qu'on va chacun, avec nos ressources personnelles, plus ou moins digérer les choses. La plupart d'entre nous, 80% d'entre nous, on digère d'ailleurs très bien et on fait appel à nos ressources et on passe à autre chose. Certes, Certains vont continuer à avoir des troubles au-delà des un mois. Et ces troubles vont se traduire par une souffrance morale, des complications physiques qui vont altérer profondément leur vie professionnelle, personnelle, sociale. Et le problème avec le PTSD, c'est qu'en Europe et en France, on n'est pas habitué à le détecter. Ce sont des problématiques souvent qui sont connues des pays qui sont confrontés à l'adversité, tout type d'adversité. Alors évidemment, Israël étant particulièrement exposé à l'adversité, on est devenu expert dans ce domaine-là avec les Américains qui eux se sont penchés sur les problématiques liées à la guerre en particulier et Israël à la guerre et à la société civile. Donc on a beaucoup de médecins par exemple de généralistes qui n'ont pas connaissance tout simplement, parce qu'ils n'ont pas vu durant leur étude de ce que c'est des symptômes liés à un état de stress post-trauma et qui diagnostiquent une des qui diagnostique et qui médicamente. Et c'est pour ça qu'on est un des premiers consommateurs de psychotropes en France. Alors que très souvent, en explorant, on se rend compte que la personne qu'on a en face de nous, en fait, nous parle de symptômes très emblématiques d'état de stress post-traumatique. Mais effectivement, vous avez raison, on fait le raccourci. PTSD, guerre. Or, c'est moins d'être le cas.
SPEAKER_01ce qui est peut-être j'imagine pas et je dis ça avec vraiment beaucoup de naïveté et de méconnaissance du monde médical mais j'imagine que le diagnostic enfin l'auto-diagnostic est peut-être pas forcément évident puisque les signaux dont vous parliez en fait c'est des choses qui sont pas nécessairement visibles et ça me fait penser en tout cas au livre je vous dis ça parce que je pense au livre d'Enora Cham que j'avais reçu sur le podcast qui partageait son expérience d'observatrice en Syrie et qui disait s'être rendu compte, enfin qu'on lui avait fait se rendre compte, et c'est un peu ça mon point, que ses collègues lui avaient fait se rendre compte qu'elle était en fait dans une période qu'elle avait énormément changé et que finalement elle vivait un PTSD et c'est là qu'elle a décidé de se faire accompagner. Mais vous parlez de symptômes qui sont assez révélateurs, pour vous les principaux ce serait quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Si quelqu'un qui nous écoute qui a été confronté... Alors très souvent quand je donne les symptômes, tout le le monde connaît autour de soi quelqu'un qui a ces symptômes-là et tout d'un coup, on réalise que ça pourrait être l'un des symptômes caractéristiques du SSPT. Un des plus discrets mais emblématiques, c'est l'évitement. Quand vous avez autour de vous quelqu'un qui évite toute sa vie ou pendant une longue période de sa vie systématiquement quelque chose, sortir, une couleur, un endroit, apprendre quelque chose en particulier, se confronter à... Bref, l'évitement est un symptôme qui est très discret mais assez emblématique du SSPT. Vous avez les flashbacks qu'eux qui sont par contre extrêmement... On les connaît bien. Parlant, merci. Les cauchemars, parlant. On a des symptômes physiques, les symptômes de reviviscence. Certains revivent les bruits, les odeurs, les images, les fameux flashbacks. Pour autant, ils n'identifient pas que c'est un état de stress post-trauma parce qu'on associe beaucoup trop. Il y a il y a cette grande croyance que c'est symptomatique des problématiques liées à la guerre or un enfant et la violence intrafamiliale tu sais étant aussi en France extrêmement développée il y a quand même un à deux enfants qui vivent qui subissent et non pas qui vivent des incestes dans une classe en moyenne donc c'est juste énorme quand vous rentrez et que vous allez chercher vos enfants vous savez qu'il y a un à deux enfants qui sont victimes d'inceste dans la classe bon bah typiquement l'inceste va gérer générer un trouble de stress post-trauma, c'est évident. Et qui est de nature encore plus terrible. En tout cas, sa vivacité est souvent beaucoup plus forte quand le trauma vient d'un être humain. Et encore plus d'un
SPEAKER_02proche,
SPEAKER_01bien sûr. D'un point de vue des neurosciences, vous parliez de un mois. Qu'est-ce qui se passe au-delà de un mois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Inconsciemment, on n'a pas eu la capacité à« digérer» l'événement. Il y a quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est des mécanismes d'autodéfense qui s'installent durablement,
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce ne sont plus des mécanismes d'autodéfense, ce sont des mécanismes de fonctionnement dans lesquels la souffrance se domine. Vous allez, par exemple, avoir des symptômes, vous allez devenir irritable, vous allez vous mettre en colère souvent, des symptômes d'autodestruction, des addictions sexuelles, alcool, des problèmes de concentration, par exemple. On n'y pense pas souvent, mais les troubles de l'attention, les troubles de la concentration et du sommeil, les insomnies, pareil, peuvent être des marqueurs. Et puis on a des symptômes physiques, des troubles cardiaques, des troubles du sommeil. Les troubles sont nombreux et on les apparente souvent dans les sociétés dites en paix à des troubles de déprime, de dépression. Derrière la dépression, quand on a affaire à des professionnels expérimentés en trauma, on trouve derrière la la dépression, très souvent des événements traumatiques, un événement
SPEAKER_01traumatique. C'est intéressant ce que vous dites sur le fait que on n'est finalement pas trop en avance sur ces sujets en France, puis j'ai l'impression, dans ce que je lisais un petit peu pour préparer cette interview, en Europe en général, ça me fait un petit peu penser, sur une note quand même plus positive, mais à l'expérience que font beaucoup de sportifs et sportives de haut niveau, qui sont, en tout cas en Europe, qui sont accompagnés de manière très poussée sur la partie préparation physique préparation technique etc mais dans beaucoup beaucoup de disciplines pour avoir échangé avec beaucoup d'olympiennes et d'olympiennes la préparation mentale ça reste un sujet presque tabou dans certaines fédérations se préparer mentalement c'est un peu on pose la question de mais pourquoi est-ce que tu vas bien est-ce que t'as besoin de voir quelqu'un ça va pas et j'ai un peu l'impression qu'il y a énormément de raccourcis qui sont faits encore et de connotations pas super positives sur prendre soin de soi d'un point de vue mental où c'est pas forcément encore autant la norme et autant acceptée qu'aux Etats-Unis par exemple
SPEAKER_00Exact et tout comme oui c'est honteux ça reste honteux ça reste dans certaines professions on est encore dans le mythe du héros donc se plaindre c'est compliqué c'est peut-être pour ça aussi que les policiers préfèrent se mettre une balle dans la tête euh Les professions, on sait qu'il y a des professions plus exposées que d'autres. On les connaît, ces professions. Ce sont les primo-intervenants, vous le disiez tout à l'heure. La police, par exemple, elle a 15 fois plus de risques de suicide que n'importe quelle autre personne dans la population. 15 fois. Ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça veut dire que dès l'école, on sait qu'une partie d'entre eux dans la classe n'arrivera pas au bout de sa carrière et se sera suicidée. Il faut dire les choses comme elles sont. Et on ne fait rien. Pas de bouclier cognitif, ils n'ont pas de prévention, ils n'ont rien. Ils n'ont que du matériel, une arme et puis un bouclier.
SPEAKER_01ça
SPEAKER_00c'est vrai que il y a des politiques de prévention mais un peu comme pour beaucoup d'autres choses en matière de sanitaire on est beaucoup dans la réaction parce qu'on n'est pas habitué en Europe à être éprouvé sur la question mentale en tout cas éprouvé par des chocs violents, soudains et imprévisibles puisque c'est ce qui définit un événement traumatique il faut qu'il soit soudain, violent et imprévisible un accident de la route c'est soudain, violent et imprévisible visibles. Ça fait énormément de morts. Pour autant, on est dans la prévention, dans l'interdiction, mais pas dans la prise en charge de la santé mentale. Et on voit que ces problématiques-là qui consistent à prévenir, on n'est pas bon dessus en Europe. Le secourisme premier niveau, les premiers secours physiques, on met du temps, on met beaucoup de temps à arriver dans les écoles. Et pourtant, c'est la même pièce, c'est la même médaille. D'un côté, le secourisme physique, de l'autre côté, le secourisme mental. Et ça paraît plutôt légitime et logique conforme aux deux c'est une façon de donner des outils dès l'enfance pour affronter l'adversité au lieu de faire croire aux enfants qu'ils vont vivre sous cloche protégés de tout je crois que le risque il faut l'inclure dès le départ et dire la vie c'est le risque il y a du risque il y a des dangers on va juste s'aguerrir pour y faire face parce que les éviter c'est une idée angélique qui affaiblit la société
SPEAKER_01Moi, à titre personnel, je crois que ça me fait plus peur de ne pas être armé pour gérer potentiellement des situations d'un point de vue psychologique, on va dire. Un accident physique, moi j'ai été percuté par une voiture, j'ai fait plusieurs mois à l'IT, etc. Mais ça reste physique, on sait où est-ce qu'on a mal, on peut le montrer, on passe une radio, on voit ce qui est cassé. Quand il s'agit du psychologique... Le fait de ne pas être armé, je trouve que c'est quand même beaucoup moins rassurant que de ne pas savoir comment poser une attelle sur un bras cassé.
SPEAKER_00Il faudrait au moins qu'on soit psychoéduqués. D'ailleurs, on ne demande pas à tout le monde d'avoir un doctorat en neurosciences, mais juste d'expliquer, notamment aux gens, aux professionnels les plus exposés, comme les primo-intervenants, pompiers, secouristes, forces de l'ordre, infirmiers, etc., qu'ils soient formés, pas formés, pardon, mais qu'ils soient éduqués aux grands symptômes. Parce que beaucoup en lorsque l'on aborde les cas pratiques me disent mais ça fait des années que je me demande si ça tourne rond dans ma tête et si je ne suis pas un peu dingue et en réalité ce qu'ils appellent être dingue et cette peur d'être fou parce que c'est celle-là qui est latente en permanence quand on a des symptômes et qu'on ne sait pas à quoi rattacher les symptômes c'est la peur d'être fou or c'est ni plus ni moins des symptômes liés à une pathologie une pathologie qui touche la mémoire puisque le stress l'état de stress post-trauma est une maladie de la mémoire et qu'on les reconnaît, on les connaît très bien dans certains pays mieux que d'autres. Il suffit d'informer les gens des grands symptômes pour qu'ils comprennent que non seulement ils ne sont pas fous, mais qu'en plus ça se prévient. Parce que toute la question est dans la prévention. Aujourd'hui, on soigne mal le PTSD, que ce soit dans un pays éprouvé comme Israël ou au sein des armes, on a du mal. Il n'y a pas de médicaments véritablement. Les thérapies... Quand une d'entre elles marche, c'est le MDR, la thérapie avec le mouvement des yeux, la désensibilisation par les yeux, pareil, qui est basée sur les neurosciences et qui peut fonctionner très bien, mais c'est compliqué, c'est beaucoup de souffrance. Donc, ça a été le choix, en tout cas, des Israéliens. Si on peut privilégier une méthode qui permet de prévenir et de réduire le risque, on augmente considérablement la résilience des gens, la résilience du pays On réduit considérablement la souffrance, les coûts liés à cette prise en charge de la souffrance. Tout le monde ressort autonome, avec plus de ressources. Mais c'est toute une posture différente, même philosophique, même politique. C'est-à-dire que les victimes ne sont pas des victimes à vie. Elles sont victimes un temps, le temps de l'événement, et après, elles sont survivantes. Or, c'est vrai qu'il y a dans la culture européenne une espèce d'entretien, d'institutionnalisation, de statut de victime quasiment à vie. Et ça, vu d'autres fenêtres, c'est très compliqué à observer.
SPEAKER_01ça me fait penser à ce que vous dites c'est exactement ce que partageait Enora dans l'épisode mais également ce qu'elle dit dans son livre c'est que finalement le message qui semblait important pour elle à faire passer c'est qu'un PTSD on en guérit en tout cas son expérience c'est que c'était très rapidement et très efficacement et c'est vrai que ça va un peu moi c'est pas forcément l'image que j'avais en tête du fait de cette méconnaissance et ce que vous dites on est très peu éduqué sur le sujet en tout cas moi j'ai pas du tout souvenir que ce soit quelque chose sur lequel j'ai été sensibilisé à un moment donné même dans le sport de haut niveau mais du coup pour peut-être aller sur concrètement un peu plus à quoi correspond ce fameux programme 6C
SPEAKER_00Juste avant si vous voulez bien Loïc parce que vous parlez d'Enoram que je connais bien enfin que je connais voilà on a échangé
SPEAKER_01pas mal etc
SPEAKER_00Je ne crois pas qu'on guérisse vite, comme elle le dit, du PTSD. Je pense qu'elle a mis en place des outils spontanément, intuitivement, qui l'ont beaucoup aidé. Elle a aussi été aidée par des techniques israéliennes. Donc, je pense que c'est multifactoriel. Et pour autant, je ne suis pas sûre que le PTSD soit derrière. C'est quelque chose de très, très redoutable, pernicieux, qui peut vous laisser 20 ans et venir vous mettre au tapis 30 ans plus tard sans la moindre grande manifestation pendant 20 ans donc moi je crie rarement victoire avec le PTSD, ce que je sais et c'est ce qui est extraordinaire c'est qu'on peut transformer un PTSD il peut être, non pas le transformer mais il peut être source de croissance et peut-être que c'est ça qu'elle veut dire peut-être que c'est ça davantage qu'elle veut dire parce que le PTSD vraiment c'est une cicatrice et elle reste à vie alors qu'elle fasse plus ou moins mal c'est une chose, mais elle reste à vie. Par contre, on peut en faire un facteur de croissance et tatouer la cicatrice pour que ça devienne un ornement magnifique sur votre peau. Ça, on peut le faire. Et je vais jusqu'à dire que le PTSD peut vous donner, en fonction des gens et de nos ressources et de notre entourage, peut vous donner des ressources, des compétences, pas des ressources, des compétences que vous n'auriez jamais eues sans PTSD. Et ça, on a tous... Et ça, c'est juste le phénix qui renaît de ses cendres. C'est vraiment, je trouve, très... C'est le beau côté, si j'ose dire, de cette funeste maladie. C'est que certains, alors ils ne sont pas nombreux peut-être, mais la calasse l'avait fait et d'autres avant elle, transforment ce qui vous a mis à terre, ce qui a été à deux doigts de vous tuer, en que vous n'auriez jamais eu sans ça. Et là, force est de lui rendre quand même hommage à ce PTSD et à nous-mêmes, parce que certains d'entre nous, on a cette faculté-là. Et c'est ce chemin-là que j'aimerais, le chemin de la prévention et le chemin pour ceux qui sont touchés, de dire, attends, si tu es bien entouré, si tu as les ressources en toi, il suffit qu'on te montre le chemin et peut-être que tu feras comme d'autres, beaucoup d'autres avant toi, cette adversité-là et cette souffrance-là vont faire émerger, vont faire pousser comme une espèce de... Vous savez, comme quand il y a eu un incendie, vous avez certaines espèces qui justement se développent seulement quand il y a le feu dans une forêt et qui émergent et qui éclosent à ce moment-là. Et je pense que le PTSD, avec certains, est vraiment un facteur de croissance. Donc, voilà, c'est bien de le savoir aussi. Oui. on s'en sort d'autant mieux qu'on l'évite évidemment mais aujourd'hui on sait le prendre en charge si on le fait de façon précoce et c'est là tout le problème
SPEAKER_01Oui, c'est parce que c'est un petit peu ce que vous expliquez, que finalement, avec le secourisme de premier niveau, etc., on n'a pas forcément tout le temps un secouriste à côté de soi quand l'accident arrive, mais une fois qu'on maîtrise les gestes, on peut aider en tout cas à préparer quelqu'un pour un plâtre, pour des points de suture, etc. Moi, ça m'est déjà arrivé. Mais sur le plan, par rapport au psychologique, et là, on va peut-être du coup rentrer dans le détail du 6C, on évoquait les Primo intervenant, qu'est-ce que, je ne sais pas, on parle de pompiers qui interviennent sur un feu, il y en a beaucoup, moi je suis dans le sud, il y en a beaucoup l'été, des feux très violents et virulents. Comment est-ce qu'ils peuvent se préparer à
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça reste presque anecdotique, les feux, parce que quand vous discutez avec les pompiers, vous vous rendez compte que l'essentiel de leur activité, c'est plutôt de la bobologie. Et ils le regrettent considérablement, parce que ce n'est pas initialement ce pourquoi, j'imagine, ils ont signé. Donc, ils sont convaincus confrontés à beaucoup d'événements traumatogènes, des pendus. Les pompiers, c'est encore les primo-intervenants qui font partie des primo-intervenants qui mettent quand même pas mal sous le tapis les suicides qui ont lieu dans leur rang. La police en parle, la gendarmerie en parle, mais l'armée et les pompiers, la ligne officielle, c'est qu'il n'y en a pas ou peu. Or, on sait tous que ce n'est pas vrai. Chaque pompier a connu un collègue qui s'est suicidé. En général, le pompier ne se rate pas. Donc oui, ces métiers-là sont confrontés à l'adversité. C'est même ce pourquoi ils ont signé. Et eux sont confrontés à un double scandale. sentiments d'impuissance, c'est-à-dire qu'ils sont confrontés à la menace. Et là, face à la menace, ils exercent leurs compétences professionnelles. Mais le jour où ils n'y arrivent plus et sont confrontés à une deuxième menace, c'est la menace professionnelle. C'est celle qui vous donne le sentiment d'être en échec professionnel. Et ça, c'est très caractéristique du primo-intervenant, du pompier, du policier. Et quand ce sentiment d'être impuissant professionnellement arrive plusieurs fois, c'est comme ça que petit à petit, on bascule vers un sentiment d'impuissance. d'échecs récurrents, vers des doutes vers des questionnements du type est-ce que je suis le maillon faible de l'équipe, est-ce que je suis fait pour ce job et que la dépression peut venir s'installer s'ancrer, se développer jusqu'à l'aboutissement le plus le plus funeste et je pense qu'il y a beaucoup de processus de ce type là dans les suicides auxquels on assiste et que le 6C, vous parliez du 6C qui est la méthode nationale d'Israël pour pour déchoquer et remettre en route dans l'immédiat, dans les premières minutes, les mécanismes de résilience. Il a été fait d'abord pour les primo-intervenants, pas pour les autres. Il est né au sein de l'armée et ensuite il s'est propagé à tous les primo-intervenants, pompiers, policiers, etc. Parce que qui plus qu'eux est confronté au quotidien, chaque fois que l'un d'entre eux commence sa journée, après le café, c'est un mort, un poignardé, un pendu, un enfant violé, un inceste. Enfin, on imagine très mal dans notre quotidien ce à quoi peut ressembler. Il faut vraiment descendre sur le terrain. Et c'est pour ça que je dis que ce serait bien que les en posture haute qui connaissent bien le psychotrauma descendent un peu sur le terrain et partagent plutôt que de rester entre soi parce que c'est sur le terrain que la souffrance a lieu c'est sur le terrain qu'on perd des collègues et que une minorité soit soit pointue sur ce sujet là c'est une très belle chose mais ne pas le partager et développer des techniques pour l'aider à ne pas se développer, ça me semble très pragmatique et plus important de montrer de mon petit point de vue d'intervenante du terrain.
SPEAKER_01Alors, le 6C, si je ne me trompe pas, c'est un acronyme qui correspond aux étapes, idéalement, qu'il faudrait suivre pour justement déchoquer une potentielle victime de PTSD, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'est ça. En fait, c'est pour déchoquer quelqu'un en état de choc, quel que soit, en état de crise, de stress aigu. Donc, quel que soit le type d'événement, agression, accident domestique, catastrophe naturelle ou sanitaire, peu importe, dès que quelqu'un est en situation de crise aiguë, de stress, qu'il manifeste de la détresse émotionnelle et qu'il n'est plus en capacité de réfléchir et de prendre des décisions efficaces, eh bien, on intervient en tout cas en Israël sur la population civile à qui on l'enseigne dès l'âge de 7 ans en lui apprenant le 6C. Et donc, il s'agit de déchoquer, de rendre opérationnel quelqu'un pour qu'en fait l'idée ce qu'il faut comprendre c'est que l'idée rejoint ce que j'évoquais tout à l'heure c'est à dire qu'on considère que des risques et des accidents dans la vie vous allez en croiser d'accord vous allez en croiser mais si votre vie s'arrête à chaque fois que vous en croisez vous êtes victime à vie vous êtes victime à vie donc ce que dit ce que disent les israéliens c'est des coups de toutes les façons tu vas en prendre pour faire simple et m'adresser au plus grand nombre des coups tu vas en prendre donc il va falloir t'aguerrir à en prendre ok et il y a des moyens qui te protègent plus que d'autres et certains aggravent. Et si je suis en état de choc et qu'on vient me prendre en charge avec un langage empathique et émotionnel, si je suis en état de choc, on va aggraver mon état en me prenant en charge comme ça, même si on fait preuve, même si ça vient d'un sentiment qui est extrêmement positif et bienveillant, ce n'est pas celui qui est efficace. Celui qui est efficace, c'est celui qui va vous activer et vous positionner tout de suite comme quelqu'un qui a des ressources. Il faut juste qu'on vous montre lesquelles et comment les activer. Et vous voyez bien que d'emblée, le citoyen n'a plus la même posture. Ce n'est pas un citoyen qu'on prend en charge en posture régressive, qui est une victime d'emblée, mais un citoyen dont on considère qu'il a des ressources, il va en affronter d'autres dans sa vie, il en a affronté d'autres et on va lui montrer comment il faut faire pour passer aussi cette adversité-là et continuer sa routine quotidienne, quoi qu'il soit arrivé.
SPEAKER_01C'est super intéressant. Alors, je ne sais pas si je fais des liens qui n'ont pas trop lieu d'être mais je reçois sur le podcast beaucoup d'invités hommes et femmes qui font aussi alors qu'ils ne sont pas forcément dans les forces armées ou des primo-intervenants mais qui partent qui s'exposent qui se mettent dans des milieux hostiles où ils doivent un peu dépendre en fait ils ne dépendent que d'eux-mêmes par exemple au jour où on enregistre j'ai l'épisode avec Mike Horn qui sort et je me dis qu'en fait ce type quand ces gens-là partent à plusieurs ça peut aussi être des outils extrêmement utiles parce que vous parliez de remobiliser les gens et il y a des situations où quand on est à 5 jours de marche du premier village sans réseau et qu'il se passe quelque chose quelqu'un se fait une fracture ouverte j'imagine que le fait d'être remobilisé très rapidement plutôt que de céder à l'émotionnel est juste super super important
SPEAKER_00alors très souvent intuitivement ils le font et c'est pour ça que ce sont des sportifs de haut niveau et c'est pour ça qu'ils cherchent l'adversité parce que ils cherchent jusqu'où à un moment donné ça dysfonctionnera et je serai inopérant et à ce moment là le 6C leur sera utile parce que jusque là ils ont développé des outils personnels qui fonctionnent et c'est ce que je dis aux gens tant que ce que vous avez mis en place fonctionne faites-le sauf qu'un jour il n'y aura plus de son plus d'image et vous ne saurez pas comment faire et vous aurez beau taper sur la tête de quelqu'un ou le giffer ou le secouer il sera toujours inopérant inefficient inopérationnel et là il faudra sortir votre carte 6C Mais tant que ce que vous utilisez fonctionne, faites-le. Par contre, en état de choc, ce qui est établi aujourd'hui par la littérature scientifique, mais depuis 2005, c'est pas récent, depuis 2005, les confrères des différents pays européens savent que le langage émotionnel en urgence aggrave le trauma. Bon, la France est encore très résistante en matière de... Dans la matière, parce qu'il y a une grande histoire avec Freud, avec la psychanalyse, mais ce sont deux temps différents. Ce n'est pas forcément antagoniste, ce sont deux temps différents. Le temps de l'intervention en urgence, ce n'est pas le temps de« Madame, puis-je dépoutonner votre chemisier pour mettre le défibrillateur
UNKNOWN?
SPEAKER_00» C'est« j'arrache le chemisier, je pose, je défibrille et je remets la personne en état de marche, en état de fonctionnement. C'est un autre ton de voix, c'est une autre posture. Et au contraire, je trouve que le 6C prépare bien les gens parce qu'il les sort de la confusion, il les met dans une posture de retour à l'estime d'eux-mêmes, un retour de sentiment d'auto-efficacité qui fait que si par hasard le PTSD se développe, quand ils vont arriver en consultation avec les confrères, ce sera clair. Les événements seront clairs, les séquences de l'événement seront claires et on aura réduit avec le 6C la confusion et les risques de développer des flashbacks. Enfin bref, c'est parfaitement complémentaire.
UNKNOWNDonc,
SPEAKER_00Je ne peux qu'inviter, comme au premier geste d'urgence physique, les gens à s'y former, les enfants en particulier, parce que c'est un outil à vie. La plupart des gens qui s'y forment me disent« mais ça va nous servir toute la vie». Effectivement, ils viennent dans un cadre professionnel et en réalité, ils se rendent compte que c'est un outil qui va leur servir pour
SPEAKER_01toujours. Oui. Alors, je mettrai le lien vers le site internet protocolesixé.org, mais les donc le 6C ce qu'on a expliqué c'est un acronyme donc 6 étapes par lesquelles il faudrait passer alors je les ai là sous les yeux sur le site donc commitment cognition challenge contrôle continuité communication elles sont toutes relativement parlantes continuité j'ai du mal à voir du coup
SPEAKER_00à quoi est-ce que ça pourrait correspondre c'est très souvent c'est très souvent celle qu'on oublie et ce qui est bien dommageable pour les primo-intervenants parce que eux des événements traumatogènes c'est tous les jours plusieurs fois par jour Or, la continuité consiste à remettre la chronologie des événements dans l'ordre et à acter que l'événement est fini. Or, ce qui nous paraît à nous comme primos intervenants, à nous comme secouristes, si c'est évident, ne l'est pas du tout du point de vue de la victime. Pour la victime, elle est dans un tel état de confusion dû à la suractivité de ses cinq sens liés à l'hyperactivité de l'amidale qu'elle ne se rend pas compte, comme vous, que l'événement est fini. Et si vous ne lui dites pas que l'événement est fini, finie. Et si vous ne remettez pas de la chronologie dans sa confusion, la probabilité est non négligeable qu'elle ramène l'événement chez elle à la maison. Et là, peuvent se développer les fameux phénomènes intrusifs de
SPEAKER_01flashback. D'accord, ok. Super clair. Est-ce que cette méthode SIXE, elle pourrait être auto-appliquée à soi-même
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, sauf dans un cas, si vous êtes vous-même sidéré, et c'est bien pour ça qu'on a besoin que le plus grand nombre soient formés, parce qu'à ce moment-là, si vous, vous êtes victime d'un état de sidération, eh bien, quelqu'un peut venir à côté de vous, un voisin, un ami, moi, ma fille le fait, elle a 9 ans, mon fils a 16 ans, pareil, ils ont tendance à... Ils ont compris, ils ont pris le pli, juste par mimétisme, sans avoir rien appris. Oui, quand quelqu'un est sidéré, il a besoin de quelqu'un d'autre. Et ça aussi, ça induit la notion de cohésion sociétale, de citoyenneté plus-plus, il y a toujours un moment où aussi autonome qu'on soit on aura besoin du voisin et les pompiers le disent très souvent Vraiment, ce n'est pas nous qui sauvons quelqu'un d'un arrêt cardiaque. Ils le disent très, très souvent. Moi, j'ai un pompier professionnel parmi mes formateurs, ex-militaire, il le dit. Quand on arrive, c'est trop tard. Si le citoyen qui était à côté n'avait pas fait les premiers gestes de secours et le massage cardiaque, la personne serait déjà morte une fois qu'on est arrivé. Et c'est exactement la même chose. Réduire le choc émotionnel, réduire le risque de développer un PTSD, lui dire tu vas faire des choses. Le même actif puisqu'il est de toutes les façons il est
SPEAKER_01gorgé de quantisone et d'adrénaline c'est ça qui est très très intéressant cette notion d'action qui effectivement va un peu à l'encontre en tout cas de spontanément ce en quoi on pense c'est à dire mettre la victime ou la personne qui vient de passer par quelque chose de difficile de côté lui finalement prendre soin d'elle la mettre dans une posture très passive là au contraire l'enjeu c'est de tout de suite remettre la personne dans l'action de faire fonctionner son cerveau de lui demander de se repasser la scène si j'ai bien compris compris, d'être très précis dans la description et finalement la posture est un petit peu inverse de celle
SPEAKER_00qu'on a... Vous avez raison, je dirais même qu'elle est à 180 degrés et je rajouterais même qu'elle est contre-intuitive. Oui. Elle est tout à fait révolutionnaire en ça, elle est contre-intuitive, révolutionnaire au sens littéral du mot. On est vraiment à 180 de notre inclination naturelle, de notre système compassionnel qui fait qu'on veut se synchroniser à la détresse de l'autre. Or on le voit très bien à l'imagerie médicale et avec les 15 années de rétexte des retours d'expérience qu'on a que quand on fait ça on prive la personne de ses ressources et on aggrave son état donc essayons de partager de faire des ponts plutôt que de faire des voilà que de rester chacun dans sa tour d'ivoire faisons des ponts entre ceux qui ont l'expérience et ceux qui en ont besoin donc en tout cas c'est ce que moi je souhaite
SPEAKER_01faire ouais excellent écoutez Emmanuel on arrive au bout un très très grand merci pour ce que vous avez bien voulu partager avec nous sujet très intéressant alors on l'a dit en tout début spontanément on pense souvent à l'armée pour ces sujets là en tout cas en tout cas en France mais voilà pour avoir interviewé plusieurs personnes qui avaient été victimes de PTSD dans d'autres univers notamment l'aventure l'exploration le sport ou la vie de tous les jours je pense que c'est très très intéressant de se pencher sur le sujet d'aller explorer pourquoi pas même se former ce serait sans doute l'idéal comme vous le disiez que tout le monde soit formé à ce genre de sujet ou en tout cas éduqué oui éduqué donc ouais n'hésitez pas à aller pour celles et ceux qui écoutent à aller jeter un oeil sur le site du protocole 6C 6C et puis et puis si les gens veulent en savoir plus éventuellement passer à l'action et se former l'idéal c'est quoi c'est de passer par un formulaire sur le site directement
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00exactement exactement Il suffit d'en faire la demande et puis ensuite de planifier. C'est un peu chargé dans les mois à venir, mais on va s'organiser. Je recrute, je profite pour le dire. Des gens de terrain en priorité, ça veut dire des gens habitués à l'urgence. Donc, ils savent se poser que des gens blessés ou décédés, des gens qui ont déjà été face à la perception de la main. Voilà, ce qui permet d'aller très vite et d'être très efficace, quelle que soit la situation du Merci
SPEAKER_01beaucoup, Emmanuel, une fois de plus pour ce bon moment d'échange. Excellente continuation. Merci pour votre confiance. Avec
SPEAKER_00plaisir. Merci beaucoup.
UNKNOWNBonne continuation. Au revoir, Loïc.
SPEAKER_01Au revoir. Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre attention. fidélité à la semaine prochaine pour un nouvel invité