Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Voyager pour devenir une meilleure personne avec Julien Brebion
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Julien est photographe d'expédition, spécialiste de l'Himalaya et plus particulièrement du Népal.
Quel échange... Plus qu'une interview, cet épisode s'est en fait transformé en véritable échange de passionnés.
On a parlé voyage, expédition, de l'Asie et du Népal (beaucoup 😅) mais aussi de journalisme d'investigation, de l'Afrique et d'Amérique du Sud, le tout ponctué d'anecdotes incroyables, comme cette fois où Julien a bien cru mourir sur un glacier au Népal.
Un super épisode avec un homme qui approche le voyage comme une fabuleuse opportunité de vivre une vie riche et épanouie au contact des autres.
Merci Julien, on se programme un séjour au Népal quand tu veux !
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode #102 - Pascal Sancho - 30 ans de secourisme en montagne - Le don de soi n'est pas qu'un symbole
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Pour moi, c'était perdu d'avance. Du coup, je partais du principe que s'il m'arrivait quelque chose, j'étais mort et qu'il fallait l'accepter. C'était le jeu de l'Himalaya. C'est rude, c'est un environnement rustique, brutal. Rien ne passe en douceur et rien ne se passe comme prévu aussi quand on commence à aller titiller la montagne.
SPEAKER_01Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisheur de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Cette semaine, j'échange avec Julien Brebion, photographe d'expédition, spécialiste de l'Himalaya. Il a passé 12 ans dans la région, dont 8 au Népal. Vous vous en rendrez compte assez rapidement, cet épisode s'est en fait transformé en conversation entre amoureux de voyage, donc c'est assez différent des interviews que je vous propose habituellement, mais j'espère que le format vous plaira. En tout cas, ce que je retiens de ma conversation de presque 2h30 avec Julien, c'est le pouvoir incroyable des voyages, le fait de sortir de sa zone de confort, de se confronter à d'autres réalités pour mieux apprécier celles dans lesquelles on s'inscrit au quotidien. Un grand merci à Julien pour ce super moment passé ensemble. J'espère que ça vous donnera envie de partir notamment au Népal et je vous dis en tout cas à très bientôt. Bienvenue Julien sur le podcast. Bonjour et merci de m'avoir invité. Écoute, avec grand plaisir. Très très content qu'on puisse prendre le temps, qu'on ait réglé nos petits problèmes techniques. C'était épique pour commencer cet épisode, mais quand on a un podcast sur la résilience, n'est-ce pas, on s'approche et ça finit par marcher. En tout cas, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, nous expliquer ce que tu fais et ce que tu fais, quel a été ton parcours. J'ai
SPEAKER_00vécu une dizaine d'années en Asie. Quand je me suis lancé dans la photo pro, j'ai quitté la France. Je suis parti vivre en Asie, à Baroudé, en Asie. au Népal, dans pas mal de pays d'Asie du Sud-Est, Malaisie, Cambodge, Laos, Thaïlande, un peu les classiques
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et en Inde du Nord, beaucoup aussi. Rajasthan et puis région d'Arjeeling, Himalayenne. Pendant pas mal d'années, j'étais photo reporter, photo journaliste pour la presse internationale en Asie. Donc ça a été ma formation. J'avais un appareil photo. Je voulais un métier où on ne me casserait pas les pieds parce que je voulais quitter la France et que je revenais en coup de vent et j'étais tout le temps barré à droite à gauche. Je me suis dit, tiens, reporter, c'est parfait. Donc j'ai pris mon appareil photo et je me suis dit que j'apprendrais bien dans le bus. Donc, j'ai appris un peu le métier à la dure de la presse. J'ai été toqué au port des agences de presse comme ça, et puis des journaux locaux. Et puis, j'ai rencontré d'autres journalistes et d'autres photographes. Et puis, je me suis fait mon réseau comme ça pendant quelques années en partant de zéro. Et très vite, je me suis basé au Népal, donc à Katmandou. C'est parce que c'est le pays qui me correspond le mieux. Souvent, je dis le Népal c'est les Antilles d'Asie si on a un rendez-vous professionnel à 9h on peut être sûr que ça commencera à midi en général donc c'était parfait pour moi parce que je suis pas trop du matin de base et puis très vite l'Himalaya qui a débarqué dans ma vie très très tôt, même mon premier voyage en Inde je me suis retrouvé dans la région de Darjeeling et je suis parti trekker le parc du Singalila, qui est très, très connu, assez touristique. Et donc, sur un point de vue, j'ai vu le Kanchenjunga, qui est la troisième plus haute montagne du monde, qui n'est pas du tout connue parce que les troisièmes sur les podiums, tout le monde les oublie, mais qui est un des massifs les plus gros de l'Himalaya, qui est une montagne très, très large. C'est un peu le Mont Blanc de l'Himalaya, mais à une échelle de 8000 mètres. Et quand j'ai vu ça, ça a été un peu l'espèce d'expérience mystique. Je me suis dit, c'est là que je veux aller. Je veux aller marcher sur la glace. Je n'avais jamais marché sur la glace de ma vie. Je n'avais jamais fait de haute montagne de ma vie. Et puis, je me suis dit, c'est ça que je veux faire. Je veux aller là-bas et prendre des photos de tout ça. Donc, je segmentais ma vie quand j'en avais marre de la presse et des mauvaises nouvelles parce que je faisais beaucoup d'investigations sur le trafic d'humains, beaucoup de tribunes sur le travail des enfants, ce genre de choses-là. Donc, souvent, je saturais un petit peu. Et je partais un mois. Je coupais avec mes petites économies, je partais un mois en montagne. Un mois dans le parc de l'Everest, un mois dans la Zanapourna. J'ai fait ça pendant pas mal d'années. C'est un peu touchy comme histoire parce qu'à force de gratter du côté du trafic d'humains, je me suis attiré à des petits problèmes. Un jour, j'ai appris que ma tête était mise à prix à quatre mandoufs. En tout cas, il fallait vraiment que j'arrête mes investigations. c'est un ami barman qui m'en a parlé un soir quand on fermait le pub alors que jamais de ma vie je lui avais parlé de mon taf donc je me suis dit ah ouais là ça commence à être embêtant parce que moi j'aime bien la vie en fait donc c'était la période où je commençais à me poser la question est-ce que mon travail fait peser la balance est-ce que ça sert à quelque chose tout ça et je me suis dit être heureux retrouver d'une balle dans la tête dans une ruelle sordide, est-ce que ça va faire avancer le schmilblick
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc, c'est arrivé au bon moment, ce truc, parce que j'avais vraiment envie de quitter la presse depuis un petit moment. Et souvent, dans ce métier-là, en plus de reporter, il y a beaucoup, beaucoup de collègues qui finissent dépressifs, alcooliques. Donc, je me disais, je n'ai pas envie de finir comme ça. Donc, j'ai arrêté, j'ai quitté. La semaine qui a suivi, mon agence a été rachetée par une grosse agence chinoise qui a racheté tous les serveurs de mon agence. Donc, au final, ça tourne. tombez bien. J'ai fait quelques petits reportages, enfin, c'était début d'année 2016, quand c'est arrivé. Et j'ai fait quelques petits reportages, histoire de boucler un peu mes finances. Et puis après, j'ai fait une grosse, grosse fête dans ce pub en question, où j'ai fêté ma quille un petit peu de la presse. Comme ça, la rumeur s'est très, très vite répandue et je n'ai pas de balles dans la tête. Et vu que je n'avais plus de travail, par contre, je me suis dit, je vais me mettre à fond dans l'artistique et Vu que ça faisait pas mal de temps que je partais en montagne, un mois, deux mois à chaque fois, je me suis mis à fond sur l'Himalaya. Là, par contre, vu que la haute montagne, pareil, j'ai appris sur le tas. Je suis un bûcheron. J'apprends tout sur le tas. Je me suis dit qu'on va apprendre un peu mieux. Je rencontrais pas mal d'alpinistes. Je me suis beaucoup rapproché de la communauté des alpinistes et des guides locaux. J'ai essayé d'apprendre un peu plus sur la sécurité, sur les techniques alpines, etc. Mon objectif, à moi, ça a toujours été de monter très haut pour prendre des photos et jamais de gravir un sommet, ça ne m'intéresse pas. De gravir l'Everest pour dire j'y suis allé, ça ne m'intéresse pas trop, même si j'aimerais bien le faire. Toujours, j'ai été guidé par la... La motivation est photographique, en fait. C'est le cliché qui m'attire à une certaine altitude. Donc, il a fallu apprendre tout ça aussi. C'est un changement de métier, un peu. Je suis passé de la poussière des rues à la neige et à la glace. C'est beau. Et ça s'est fait, au final, de manière assez... La transition, elle a été douce, quelque part, parce que j'ai arrêté la presse d'un coup. Mais en fait, ça faisait longtemps que je partais en montagne quand même. Donc au final, ça s'est plutôt bien aligné. Les planètes étaient bien alignées à ce moment-là. Et puis voilà, tout simplement. Aujourd'hui, je suis rentré pendant le Covid, je suis rentré en France. Et puis le Covid est arrivé, donc je ne pouvais plus repartir au Népal. Tout était fermé. Puis j'ai rencontré ma femme. Donc du coup, j'avais envie de partir, mais plus trop. Donc je suis reparti l'hiver dernier à avec elle, dans le Khumbu, dans la région de l'Everest. Le Khumbu, le Sagar Mata, il y a plein de noms pour ce parc national. J'aime bien utiliser les termes locaux parce qu'on dit toujours la région de l'Everest, le parc de l'Everest. L'Everest, déjà, ne s'appelle pas l'Everest. C'est le Chomolungma en tibétain ou c'est le Sagar Mata en népalais. C'est Georges Everest qui a donné son nom à la montagne puisque, comme tous les petits blancs, il a fait pipi partout, pensant qu'il avait découvert un truc avant tout le monde. alors que non. Bref. J'aime beaucoup le colonialisme et tout ça, ça doit se sentir. je l'ai emmené dans la région du Kubu et puis on s'est fait une petite expé en plein hiver on est remonté jusqu'à Gokyo à la base on devait faire le pass de Shangri-La qui est au nord de Gokyo qui est un remote pass qu'on appelle qui n'est plus utilisé depuis presque un
SPEAKER_01siècle
SPEAKER_00et il y a vraiment très très peu de traces de gens qui sont passés par là sur les 15 dernières années j'ai trouvé un freerider un américain qui est passé par là et un couple de français qui l'ont tenté pendant la saison de trek et ils ont trouvé ça assez engagé mais faisable donc nous on est arrivé là-bas janvier 1m89 sur Gokyo tous les passes bloqués impossible d'y aller une seule personne en permanence dans chaque colonie de la région donc quand on était à Gokyo on était 4 personnes jusqu'à la frontière chinoise les conditions à assez exceptionnel. Gokyo était blanc comme je ne l'ai jamais vu, parce que c'est une zone, la région de l'Everest, qui est extrêmement touchée par le réchauffement climatique. Et souvent, c'est plein de poussière, c'est sablonneux, c'est rocailleux. Il n'y a pas vraiment beaucoup de neige, il y a de la glace, mais par rapport à il y a 10 ans, il y a carrément moins de glace. Là, c'était des conditions vraiment exceptionnelles. Donc, on a tourné un docu, notamment, qui parle de mon travail dans les montagnes. On a profité de l'expert pour faire ça, qui sera dispo le courant 2023 je ne sais pas trop quand d'ailleurs parce qu'on a pris du retard et je ne sais pas sur quelle plateforme pour l'instant donc voilà ça a été ma dernière session Himalayan c'était en janvier 2022 décembre janvier 2022 ça s'est plutôt bien passé génial voilà en gros la chronologie après il y a plein de petites histoires j'ai plein
SPEAKER_01d'anecdotes s'il en faut non mais on va en parler on va en parler mais j'avais bon bah forcément je te l'avais expliqué quand je t'avais contacté j'avais vu le côté photographie le fait que tu étais basé à Katmandou et on va en parler c'est ce qui m'intéressait mais je ne savais pas du tout que tu avais fait du journalisme d'investigation mais du coup puisque tu puisque tu en as parlé j'ai peut-être quelques questions pour toi la première c'est si ça te va qu'on parle de ça parce que comme ça a été une période un peu oui oui en
SPEAKER_00plus je pense que c'est assez rigolo parce que mon approche du journalisme est totalement à la Zeub j'ai appris ça comme un mercenaire chasseur de primes
SPEAKER_01un peu j'étais tu vois ça allait être ma question comment est-ce que tu te retrouves finalement à faire du journalisme d'investigation moi j'ai jamais trop côtoyé le monde du journalisme mais je pense que ça parle à peu près à tout le monde tu me dis si je me trompe mais je crois que c'est généralement des sujets sur lesquels il faut passer beaucoup de temps sur lesquels tu vas justement remuer un peu des choses pas forcément agréables à remuer du type trafic humain donc ça a été quoi finalement qui t'a attiré sur cette voie initialement
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors déjà le fait que beaucoup en rêvent et très peu y vont c'est comme la photographie de guerre j'ai toujours été attiré par la photo de guerre et aller sur des théâtres d'opération et faire du reportage sur des zones de guerre au final je ne l'ai jamais fait parce qu'il y a un taux de mortalité à 100% dès que ton pied touche le tarmac quand tu arrives en zone de guerre et on ne gagne pas bien sa vie quand on est journaliste à l'étranger et qu'on est indépendant surtout si on est titulaire à l'AFP ou quoi c'est différent mais moi je travaillais en freelance donc je travaillais avec l'AFP avec l'AP avec Reuters et puis d'autres médias Discovery enfin d'autres trucs je suis venu à ça parce que c'est vite chiant Quand tu es photographe, de relater un peu les faits divers de tous les jours. Quand tu es journaliste, je pense que c'est beaucoup plus intéressant. Mais moi, vu que je n'écrivais pas, j'ai glissé doucement vers l'investigation. Là encore, malgré moi, c'est un peu le destin. C'est toute l'histoire de ma vie que je me fais happer par le destin. J'ai fait des catastrophes naturelles. Les tremblements de terre en 2015, par exemple. J'étais chez moi là-bas quand c'est arrivé. Ça a été une très grosse année, 2015 notamment. Mais le travail des enfants, ça me touchait beaucoup. C'est un sujet qui me touche parce qu'en Occident, on n'est pas confronté à tout ça. On en entend parler, mais on ne le voit pas. Et en Asie, on descend de chez soi pour aller chercher ses légumes et on le voit. L'exclusion, le travail des enfants, les droits des femmes, la liste est interminable. donc je me suis dit oui moi j'ai envie de creuser ces sujets là dont personne veut parler ça dérange tout le monde mais personne veut en parler enfin personne il y a des grands reporters qui arrivent à faire des super sujets dans le Times ou dans Paris Match mais ça secoue pas les masses à chaque fois et j'étais plein de bonne volonté et plein d'espoir et donc il a fallu comprendre comment ces réseaux fonctionnent alors je parle pour le trafic d'humains on peut parler de ça c'est pas très glorieux C'est vraiment, je pense, une des pires facettes de l'humanité, le trafic d'humains. L'humanité s'inflige des trucs à elle-même. C'est terrible. Je voulais comprendre, déjà, pourquoi ces réseaux existent, comment ils existent, pourquoi personne ne les arrête. Et j'ai très vite compris que même si on utilise la méthode western, ça n'arrêtera rien. Il y aura toujours quelqu'un pour remplacer quelqu'un. Il n'y a pas de tête pensante dans les réseaux de trafic d'humains. On peut remonter... de la pointe de la Bretagne jusqu'à la pointe de la Sibérie, et on trouvera toujours une trace du réseau. Ça englobe énormément de types de personnes différentes, de populations différentes. Il y a des élus, il y a des personnages clés dans la vie de grandes villes, par exemple des maires, des forces de l'ordre, des avocats, et puis il y a des épiciers aussi, et puis des fermiers. Et souvent, il y a des gens qui vivent dans le trou de balle de nulle part, qui ont une fourgonnette, et puis on leur dit« Tiens, j'ai huit personnes à déplacer jusqu'à tel endroit, je te donne 200 dollars.» Et ces gens-là, ils veulent gagner 200 dollars, donc ils le font. Et ils participent à un trafic terrible. Donc, ce
SPEAKER_01travail-là… Le trafic humain, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Concrètement, c'est de la
SPEAKER_00prostitution, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, il y a trois filiales que moi… Avec mes collègues qui travaillaient au Moyen-Orient, on avait plutôt segmenté ça. On faisait beaucoup de la dissociation entre nous pour éviter de devenir fou. On disait qu'il y a le sexe, l'esclavage et les pièces détachées. Les pièces détachées, c'est le trafic d'organes. Trafic d'organes qui remonte après jusqu'en Europe. Il y a des gens très riches qui ont besoin d'un rein et qui ne sont pas sur la liste d'attente ou qui ont besoin d'une greffe de foie et ils l'ont. qu'ils ont accès à des réseaux privilégiés. C'est dégueulasse, mais c'est un fait. Il y a ces trois branches-là, mais tout est un peu mélangé. Le trafic d'organes a ses pôles, mais après, pour le sexe et l'esclavage, c'est vraiment très sale. Notamment du côté du Qatar, ça commence à se voir, mais c'est encore relativement caché. C'est très dark. Je n'ai pas trop envie d'approfondir parce que on va rebondir sur l'Himalaya après on va passer du côté obscur à la lumière ça va être très très contrasté
SPEAKER_01ok en tout cas c'est une volonté quand tu t'étais lancé de contribuer à ton échelle à mettre un peu de lumière sur ces choses pas terribles qui se passaient et dont pas suffisamment
SPEAKER_00de gens parlaient ça me révoltait de me dire personne n'en parle il y a des médias qui ont du poids qui pèsent très très lourd qui ont de l'argent et qui sont influents politiquement, mais ils ne veulent pas en parler. Parce qu'en fait, au sein même des gens qui les soutiennent, il y a des gens qui participent à ces réseaux, soit activement, soit passivement. Et en fait, c'est très compliqué. Il n'y a pas les gentils d'un côté, les méchants de l'autre. La presse, c'est ça que ce métier m'a appris, c'est que les choses ne sont pas binaires. Même sur un théâtre de guerre, on ne peut pas dire qu'il y a les gentils, les méchants. C'est beaucoup plus compliqué que ça. Alors
SPEAKER_01ça, tu vois je rebondis j'en profite j'ai fait un épisode exceptionnel que j'ai vraiment adoré j'adore tous mes épisodes mais celui-là m'a vraiment marqué avec une femme qui s'appelle Enora Cham enfin c'est pas son vrai sa vraie identité qui est officier dans l'armée de l'air et qui pendant longtemps faisait des missions pour l'ONU donc elle faisait partie de ces français françaises qui étaient basées à New York donc qui représentaient la France mais qui travaillaient au sein de l'ONU et elle avait participé c'était la seule française d'ailleurs à avoir participé à la mission alors attends comment ça s'appelait j'ai plus le sigle c'était la mission d'observation des Nations Unies en Syrie avant que la guerre civile arrive en fait et elle elle a vu la guerre civile elle a vu si tu veux les manifestations dégénérées en affrontements sanguinaires avec entre les manifestants et les forces de l'ordre en l'armée tire sur les gens en guerre civile elle y été quand ça s'est passé elle l'a documenté pour l'ONU et c'est exactement ce que tu viens de dire sur le fait que sur un terrain tu vois sur un champ de bataille il y a rarement des gentils et des méchants c'est exactement ce qu'elle disait en fait que cette guerre elle a couvert plein de conflits elle était dans les Balkans etc mais que cette guerre notamment a été extrêmement médiatisée et qu'en fait quand tu te branchais sur les infos en France notamment t'entendais que Bachar c'était le diable incarné et que les rebelles étaient tu vois les anges gardiens venus sauver le peuple et puis elle quand tu lis son livre en réalité ou qu'elle t'explique ce qu'elle a vu tu te rends compte que c'est c'est pas du tout le cas en fait elle expliquait que les pires scènes qu'elle ait vu c'était généralement des mises en scène enfin les pires atrocités qu'elle ait vu c'était des mises en scène faites par les rebelles pour faire croire que des populations avaient été massacrées par Bachar enfin bon bref tout ça pour dire que effectivement elles sont témoignages c'était attention quand il y a conflit il y a aussi conflit dans le sens médiatique propagande etc complètement attention à ce qu'on veut bien nous laisser croire ce qui est diffusé et elle parlait notamment de l'Ukraine l'Ukraine venait de commencer elle disait qu'elle ne regardait pas les news et qu'elle s'informait différemment donc ouais intéressant
SPEAKER_00ouais ouais c'est marrant de voir avant le conflit en Syrie c'était en 2012 je crois ou 2013 avant que ça fête vraiment j'étais en Thaïlande et je discutais avec un gars et je disais la Syrie bientôt ça sera the place to be pour les reporters et il me dit alors lui c'était un civil souvent je dis civil je suis d'origine famille militaire et j'ai tendance à la presse pour moi c'est l'armée un peu en fait les gens qui font du terrain pour moi ils sont à part et les autres c'est des civils donc voilà j'ai des abus de langage désolé et il me disait mais dans la Syrie il se passe rien c'est fini machin parce qu'en France il y avait eu quelques tribunes sur le JT etc et puis hop on n'en parlait plus et lui il était au final très représentatif de l'opinion publique je trouvais parce que je lui disais ah non je te garantis que l'année prochaine tous les reporters tous les titulaires et tout vont être envoyés là-bas parce que ça va péter et 8 mois plus tard on parlait que de la Syrie et je me dis c'est marrant parce que moi j'étais dedans j'avais un réseau de collègues qui travaillent un peu partout dans le monde c'est facile de croiser les infos, c'est facile d'avoir des infos aussi sourcées et l'opinion publique en fait il a tout le temps un biais de confirmation dans ses analyses c'est ça que je me suis dit à la longue même quand on essaye d'être bien d'informer c'est très très compliqué encore plus aujourd'hui parce que on a de l'info qui vient de partout et les gens savent pas forcément la traiter cette information là en plus des fois elle est fausse
SPEAKER_01avec les deepfakes etc ça devient très compliqué
SPEAKER_00il y a beaucoup de trucs qui sont très très compliqués à analyser donc ouais aujourd'hui honnêtement moi je me détache beaucoup des news tout ce qui est breaking news déjà donc c'est les infos choc et tout ça j'ai travaillé pour les breaking news donc je sais comment il fonctionne je ne regarde plus du tout ça maintenant je suis que les grosses affaires mondiales et le reste je n'en ai rien à faire
SPEAKER_01je comprends pour finir sur ce chapitre qui n'était pas prévu du journalisme d'investigation qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné tu penses que tu en es arrivé à ressortir sur des listes de chasseurs de tête c'était quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'était une affaire que tu avais mis à jour
UNKNOWN?
SPEAKER_00parce que parce que j'ai fouillé le réseau des orphelinats à
SPEAKER_01Katmandou
SPEAKER_00et dans les orphelinats c'est très très sale pas tous, il y a des orphelinats qui sont très très bien et il y en a qui sont atroces c'est du viol continu sur des années on a eu une histoire notamment d'un anglais je crois que c'était un anglais ou un norvégien je ne sais plus exactement un blanc européen qui avait monté un orphelinat Il y a... Une vingtaine d'années, un truc comme ça. Et dans les années 2010, un jour, il s'est fait abattre dans la rue d'une balle dans la tête par un jeune. Alors, le jeune se laisse arrêter et tout. Et en fait, le gars, il dit« Moi, j'étais dans l'orphelinat et ce mec, il m'a violé pendant des années. Il a violé mon frère, il a violé tous nos amis, etc.» Et en fait, c'était un pédophile notoire qui avait monté un orphelinat. Donc, je te laisse imaginer le gars, il se monte son propre délire. Oui. c'est le rêve du pédophile c'est terrible quoi et au nez et à la barbe de tout le monde Parce qu'il était considéré comme un héros par beaucoup de Népalis. Et en fait, non. C'était la pire des ordures. Souvent, l'habit fait le moine. On dit l'inverse, mais ce n'est pas vrai. On ne peut pas savoir ce qu'il y a dans la tête des gens, ce qu'ils font quand ils sont cachés dans l'ombre. Et on n'entend pas l'arbre qui tombe dans la forêt quand personne n'est là pour l'entendre. Donc, euh... Donc c'est... L'horreur. Donc à force de fouiller, ta question c'était pourquoi j'ai arrêté, parce qu'on m'a dit justement qu'il fallait que j'arrête, visiblement. Des gens qui, a priori, n'étaient pas censés être au courant en plus. Parce que déjà, le bouche à oreille va très très vite, et dès qu'on commence à gratter un peu la merde, et qu'on s'arrête pas surtout. Parce que des fois, j'ai eu des... J'allais voir des victimes... viols etc ou des gens qui avaient grandi dans les orphelinats où ça s'était mal passé et qui me disaient qu'ils voulaient pas être pris en photo et puis ils témoignaient mais fallait pas que je les cite et puis après ils me disaient mais tu devrais arrêter de poser des questions donc je me dis c'est terrible des victimes qui nous mettent des stops parce qu'ils ont peur parce qu'ils vont se dire en fait ça mène nulle part parce qu'il y a pas de justice aussi parce qu'encore une fois c'est tant c'est tentaculaire en fait ces réseaux là il y a toujours un gars qui connait un gars bien placé qui va pouvoir s'en sortir ou faire taire des gens et puis la mafia est toujours prête à travailler pour un petit billet aussi donc il y a énormément énormément de mafias en Asie l'Inde le Népal le Pakistan l'Asie du Sud-Est c'est gangréné par les mafias vraiment donc voilà c'était très difficile d'évoluer là-dedans et c'est bien que j'en
SPEAKER_01sois sorti ouais Pinaise bon même
SPEAKER_00si c'était les bonnes années quand même parce que c'était aussi l'aventure tout ça c'était grisant
SPEAKER_01quoi ok bon bah écoute c'était pas prévu au programme mais quand même super intéressant et ouais c'est écoute je trouve ces sujets tu vois en fait c'est toujours un peu bouleversant et après promis on passe vraiment à quelque chose de bien plus sympa avec l'Himalaya ouais ouais y'a
SPEAKER_00pas de problème
SPEAKER_01tu vois c'est toujours un peu quand tu côtoies pas quand t'es pas trop informé de ce genre de sujet comme tu le dis on en parle pas
SPEAKER_00tellement tu vois non et y'a énormément de gens qui sont pas au courant et ça c'est ce qui me choque le plus c'est que maintenant j'en parle beaucoup plus qu'avant parce que c'est quand même assez loin derrière moi de dernière année 2016 donc ça va et puis au Népal tout se passe bien ceux qui se rappellent de moi ils se rappellent de Lone Wolf et du coup maintenant je suis plus décomplexé pour en parler souvent je préviens les gens qui sont curieux je leur dis attention si on part sur cette discussion là peut-être que tu vas moins bien dormir ce soir et je suis étonné de voir qu'un bon 60-70% des gens quand tu leur dis trafic d'humains c'est surréaliste comme expression pour eux ils n'ont jamais entendu parler de ça alors alors que ça me paraît être un terme assez poncé maintenant et qui existe
SPEAKER_01depuis longtemps. Mais ça fait toujours bizarre, tu vois, surtout pour être allé à Katmandou, pour avoir un peu sillonné les rues, etc. J'avais rencontré un super guide népalais qui nous avait amené hors du quartier touristique dont j'ai oublié le nom. Tamel
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, exactement. Et du coup, de me dire, punaise, mais ça se trouve, on est passé devant des bâtiments où il y a ce genre de trucs. C'est toujours un rappel à la réalité, un peu brutal, je trouve, le sujet. Mais
SPEAKER_00même dans
SPEAKER_01Tamel ouais ouais surtout j'imagine avec certains touristes qui débarquent là-bas il se passe
SPEAKER_00beaucoup de choses ah oui ça doit être enfin bon mais très beau quartier cela dit on dit qu'il est souvent dénigré par les touristes qui veulent de l'authentique mais en vrai moi j'ai plein d'amis népalais qui vivent à Tamel ils ne sont pas moins népalais que les autres ah il
SPEAKER_01y a des népalais qui y vivent
SPEAKER_00alors bien sûr ok ok il n'y a pas que des commerces il y a
SPEAKER_01des appartements ok super des beaux appartements ouais j'imagine
SPEAKER_00ouais
SPEAKER_01excellent enfin excellent top en tout cas d'en avoir appris un petit peu plus sur cette partie de ton parcours si on passe maintenant de l'ombre à la lumière comme tu le disais très bien tout à l'heure côté Himalaya donc aujourd'hui t'expliquer que tu te consacres à la photo photo expédition et que l'objectif donc même si t'aimerais bien faire l'Everest un jour pourquoi pas l'objectif pour toi ce qui t'attire dans les sommets c'est plutôt tu me dis si j'aurais résume mal, mais c'est quelque part, j'ai l'impression, le fait d'avoir accès à des points de vue, de pouvoir immortaliser, capturer des paysages depuis les hauteurs.
SPEAKER_00Complètement. C'est totalement ce qui m'a poussé à faire du hors-piste quand j'ai eu fait éculer les treks tracés qui existent dans l'Himalaya engagés ou moins engagés je me suis dit à un moment donné il faut que je sorte de ça parce que sinon j'arriverais pas à créer quelque chose de différent et donc le hors-piste ça s'est imposé mais toujours motivé par la photo, par la prise de vue d'avoir des angles différents
SPEAKER_01trop bien et du coup parce que c'est vrai que moi je te le disais j'y suis allé qu'une fois au Népal mais c'était un je me suis régalé c'était un super trek on a fait donc le trek des trois cols on a fait trois cols alors je crois que c'était 5200 5400 5400 plus le calapatar donc 5600 et 50 un truc comme ça c'est très très très bien ouais c'était top mais c'est vrai que tout le coin de la vallée qui amène au camp de base de l'Everest c'est quand même moi ça m'avait un peu surpris c'était beaucoup plus touristique que ce que je pensais
SPEAKER_00ah oui c'est la zone la plus peuplée j'avais un balai surtout en
SPEAKER_01octobre bah ouais c'est ça il y avait ce qui m'avait vraiment fait halluciner c'était les hélicoptères ah oui les rotations ah ouais je m'étais dit non mais attends c'est quoi cette dinguerie donc il y avait mais sans rire en milieu de journée fin de matinée ouais milieu de journée il y avait un hélico toutes les 5 minutes c'était
SPEAKER_00hallucinant en fait ça c'est un gros problème dont j'ai beaucoup parlé avec les guides et avec les pilotes d'hélico notamment que j'en connais quand même quelques-uns et dans la région de l'Everest ça se fait énormément un peu moins sur les autres massifs dans les Annapurna ou dans le Langtang ça se fait carrément moins mais en fait c'est des arnaques à l'assurance souvent c'est les américains ils montent jusqu'au camp de base et puis ils n'ont pas le temps ou c'est fatigant et en fait ils ont des bonnes assurances ils font une arnaque à l'assurance genre je me suis tordu la cheville ce genre de truc et comme ça ça paye la rotation hélico et les gars qui gèrent le réseau ils se font un petit billet au passage par l'assurance et c'est un gros problème C'est un
SPEAKER_01gros problème. T'avais pris l'hélico, toi, de là-bas
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, non, non. J'ai pas du tout pris l'hélico, mais j'avais dû faire... Je
SPEAKER_00juge pas,
SPEAKER_01après. Ouais, moi aussi, je juge. Là-dessus, franchement, c'est
SPEAKER_00abusif. Si tu pars... Je juge pas dans le sens où, si tu fais une expédition, en vrai, des fois, t'as pas deux semaines devant toi pour faire une phase d'approche et tout. Si tu te fais dropper directement à Goku en hélico, Moi, je n'ai aucun problème avec ça. Mais par contre, oui, des trekkers qui viennent en vacances et qui se tapent deux rotations à l'hélico parce qu'il fait un aller-retour à
SPEAKER_01l'hélico. Oui, pour débarquer en crotte au-dessus du camp de base. Franchement,
SPEAKER_00je me permets. Et puis après, ils vont faire des jolis posts pour te parler de l'impact carbone et ce genre de choses.
SPEAKER_01Mais tu vois, sur le sujet des assurances, en fait, j'avais… Parce que j'étais parti pour tester un itinéraire, donc le trek des trois cols, qui a été fait pour la première fois par… Enfin, qui était… organisé pour la première fois par une agence en particulier, une agence franco-népalaise et donc comme je faisais du test de matériel avec un site qui s'appelle Hightracking, il m'avait proposé de tester l'itinéraire donc de partir avec cette agence et donc il avait fallu que je fournisse une assurance il avait fallu que je demande à mon assurance, j'étais en Suisse en plus à l'époque donc je me rappelle c'est bien, un papier comme quoi j'étais couvert pour toute évacuation en hélicoptère en milieu d'eau de montagne et je m'étais renseigné du pourquoi et en fait t'as des t'as pas mal de rapports de lobbying d'assurance etc qui dénoncent en fait cette activité que t'expliquais là d'arnaquer l'assurance au Népal parce que bon je savais pas qu'il y avait des touristes qui faisaient jouer ça mais moi ce que j'avais lu c'est qu'il y avait pas mal de pseudo guides qui accompagnaient certains touristes alors je sais pas s'ils sont népalais ou pas ces guides mais en tout cas qui soit voulaient prendre zéro risque soit ils était de mèche avec des pilotes etc et qui au premier signe d'essoufflement faisait faire des évacuations en hélico qui se chiffre les montants que j'avais en tête c'était des trucs genre 10 000 20 000 euros des trucs comme
SPEAKER_00ça
SPEAKER_01et en fait il y avait pas mal de lobbies d'assurance qui disaient mais en fait il faut que le gouvernement népalais agisse sinon le Népal on va juste l'exclure des zones tu vois ça sera sur la liste des pays pour lesquels on couvre
SPEAKER_00personne ils vont être blacklistés eux exactement ils sont déjà blacklistés pour beaucoup de choses déjà toutes les compagnies aériennes locales qui partent de Katmandou à Lukla pour arriver dans le parc de l'Everest sont
SPEAKER_01blacklistées
SPEAKER_00ah mince c'est à dire qu'elles font partie de la liste en international elles font partie de la liste noire des compagnies où il y a un ratio accident mort etc
SPEAKER_01pas bon bah Lukla je l'avais envoyé à ma famille avant un peu pour faire le malin mais une fois que j'étais dans l'avion je le faisais moins mais ouais Lukla je crois que ça reste l'aéroport le plus
SPEAKER_00dangereux du monde genre 10-15 ans un truc comme ça en fait le problème on dit souvent que oui le problème c'est alors déjà la piste elle est à 2800 mètres et que c'est la plus petite du monde le problème c'est surtout que la piste pour que l'avion puisse freiner elle est à 45 degrés vers le haut c'est la gravité qui freine l'avion donc en fait il faut des cadors comme pilote parce que si t'arrives plein fer sur la piste tu te craches il faut se mettre parallèle à la piste en remontant et c'est ça qui rend cette aéroport ultra touché. Je l'ai fait quand même pas mal de fois. Jusqu'à présent, je suis toujours là. Mais si on a le choix, pour ceux qui nous écoutent, qui veulent aller au Népal, si vous avez le choix, prenez un hélico. Ça coûte un peu plus cher, mais de Kathmandu à Lukla, prenez un hélico. Franchement, il y a zéro
SPEAKER_01risque. J'avoue que l'avion, c'était une aventure dans l'aventure. C'était épique. Et puis, je crois que ce que nous avait expliqué... un des Népalais avec qui on était montés dans l'avion, c'est qu'en fait, l'oukla, qui a été construit, je crois qu'il a été construit par... Ah, mince
UNKNOWN!
SPEAKER_01en tout cas financé par
SPEAKER_00ah la
SPEAKER_01honte c'est pas la fondation Hilary
UNKNOWN?
SPEAKER_01oui absolument par Hilary qui voulait un peu désenclaver la région ah bah ouais pas qu'un peu même et en fait là où il est construit c'est à dire que quand les pilotes entament la descente ils ont plus le choix que de se poser parce que c'est un espèce de fer à cheval très encaissé et donc dès qu'ils sont passés sous une certaine altitude il n'y a plus la distance pour remettre les gaz et repartir donc une fois qu'ils descendent il faut qu'ils se posent coup de coûte. Et parfois, ils se posent, ils se crashent en fait.
SPEAKER_00Après, il n'y a pas 12 000 crashs par an non plus, mais c'est vrai qu'en général, il y en a un par an. Il ne faut pas
SPEAKER_01être dedans. Ok. Effectivement, ça fait partie de l'aventure. Petite question, puisque tout ça pour dire que je connais ce coin-là et pas grand-chose d'autre du Népal. C'était déjà un voyage de presque 4 semaines. J'ai fait un peu Katmandou Et puis après, boum, on était direct partis en Jeep jusqu'à, je ne sais plus, un petit aéroport. Jiri
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment tu dis
UNKNOWN?
SPEAKER_01Jiri
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je n'arrive plus à me rappeler. Ah, un aéroport
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, un petit aéroport où on était partis pour 20 minutes de vol jusqu'à Lukla, un truc comme ça.
SPEAKER_00Ah,
SPEAKER_01vous
SPEAKER_00n'avez pas pris l'avion depuis Katmandou
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, parce que... Alors attends, c'était quoi les raisons
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je crois que l'aéroport à Katmandou était en travaux, une partie de l'aéroport, et donc il n'y avait plus de vol qui décollait direct depuis
SPEAKER_00Katmandou. C'était en quelle année
UNKNOWN?
SPEAKER_002019. Ah bah oui, oui, oui, oui. Parce que pendant le Covid, ils ont entièrement refait
SPEAKER_01l'aéroport
SPEAKER_00international. Ah bah voilà. Et du coup, ils ont refait un petit peu aussi le local. Parce que là, pour le coup, c'est le local surtout qui t'envoie à Lukla. En fait, ils sont sur le même site, mais le local, quand tu arrives, il est sur la gauche et l'international est sur la droite
SPEAKER_01avec les parkings. Du coup, on avait pris une Jeep pendant un long moment. Mais quand tu dis que tu fais du hors-piste, du hors-sentier battu, c'est dans quel coin du Népal que tu
SPEAKER_00pars
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tous les massifs. Pour l'instant, je n'ai pas pu explorer tout ce que j'aurais voulu explorer. Pourtant, ça fait 11 ans d'Himalaya déjà. mais par exemple toi qui es passé par Gokyo normalement en faisant le Tripass Trail par exemple quand tu es à Gokyo déjà si le lac est gelé marcher dessus c'est bien ou monter du côté du camp de base du Chouyou je ne sais pas si tu vois où c'est là-haut tu peux croiser le Tonak Cho qui est un très très grand lac qui fait un kilomètre de long et qui est en général tout le
SPEAKER_01temps
SPEAKER_00gelé presque tout le temps gelé où tu as 10 cm de glace dessus donc c'est aller au fond du lac et puis prendre une photo en visant du côté de l'Everest d'avoir le massif du Chouyou et les autres sommets qui sont sur cette cordillère c'est essayer de travailler des points de vue qui sont autres que celui du trekker de base qui lui son regard est vachement guidé par le chemin de trek en fait c'est à dire qu'il dort dans la colonie il se réveille dans la colonie si tu dors en haut de Gokyo Peak déjà t'as pas le même réveil par exemple ou en face de Gokyo Peak il y a les fondements du Farilapche qui sont quand tu passes le pass du Renjola alors ceux qui nous écoutent
SPEAKER_01écoute, ils
SPEAKER_00sont complètement largués, je pense. Rangiolla qui a un décolle à plus de 5000. Voilà, c'est ça. Et le Farilapché, c'est cette montagne qui est en pointe, on dirait une mâchoire de crocodile un peu. Ça ne fait que des petites pointes, juste au sud du Rangiolla. Tu peux monter sur cette butte, en vrai, c'est accessible. Tu peux même monter par une cascade de glace, rejoindre le haut du Rangiolla, le haut du pass par une cascade de glace. Il y a plein de points de vue comme ça différents pour travailler des textures de glace aussi j'aime beaucoup beaucoup me rouler dans la glace donc voilà c'est une passion par exemple dans les Annapurna la face nord enfin les fondements exactement de la face nord de la Annapurna 3 j'y suis beaucoup beaucoup allé c'est là que j'ai souvent en fait j'ai tenté les 6000 mètres en partant du village de Manang et je voulais absolument arriver à 6000 mètres à cette période là c'est comme ça que je suis arrivé à 5006 en hors-piste donc je partais sur les fondements de la Napona 3 où tu as une première butte à 4000 et quelques avec ce qu'on appelle les carcas c'est des espèces de maisons en pierre séchée dans lesquelles on range le bétail ou on abrite les yaks quand il fait trop froid etc à partir de là je montais et j'essayais d'arriver à 6000 alors ma nang déjà c'est 3400 c'est comme Namche Bazar donc 3400 jusqu'à 6000 ça fait une trotte dans la journée je partais vers 5h du mat et j'avais pas de matos de bivouac à l'époque et j'ai essayé ça deux fois et à chaque fois fois j'étais stoppé à cause du mal des montagnes j'avais des couteaux dans le crâne impossible donc je redescendais parce que je voulais pas mourir d'une embolie cérébrale mais du coup là c'est du hors-piste à 1000% parce que tu vois en fait ta face de montagne et puis tu dis là il y a un couloir je vais passer par là là il y a une espèce de bras ça a gelé ça fait une rivière gelée tiens ça peut être intéressant d'aller faire des photos aussi sur ce bras là pour faire des photos de textures de glace etc et puis du peut-être que d'ici je peux avoir tel sommet donc j'ai essayé de joindre mes objectifs des fois perso d'arriver à certaines altitudes avec des objectifs photos sur le chemin et c'est comme ça que je me suis lancé dans le hors-piste j'ai fait beaucoup de free solo crampons piolets caméras à l'épaule j'ai fait crampons un seul piolet aussi ça m'est arrivé je déconseille s'il y a des jeunes aventuriers qui nous écoutent prenez toujours deux piolets ne partez pas tout seul parce que j'ai failli mourir un paquet de fois c'est ce que j'allais te
SPEAKER_01demander parce qu'en faisant du hors-sentier comme ça en plus au Népal où t'es quand même dans le coin de l'Everest t'es quand même assez isolé la prise de risque comment tu la
SPEAKER_00gères
UNKNOWN?
SPEAKER_00je la gérais pas par exemple en tout sur 11 ans d'Himalaya en tout j'ai passé un an dans les Annapurna c'est vraiment la région que je connais le mieux quand je partais vraiment que je m'enfonçais très loin dans la région montagne, je me disais, à chaque fois, je gardais ça en tête. Si je me fais une cheville, si je me fais un genou, je suis mort. Parce que je dormais chez des amis dans le village, et je leur disais, aujourd'hui, je vais rentrer tard, je vais dans tel coin. Mais eux, ils n'ont jamais mis les pieds là-haut. Ils n'ont aucun intérêt à aller s'enfoncer dans la montagne. Donc du coup, je me disais, c'est bien joli, mais en fait, eux, ils vont appeler les cours quand ce soir je ne serai pas rentré. Mais si je me fais un genou par exemple vers midi, il va falloir que j'attende le lendemain midi avant de pouvoir espérer avoir des secours. Pour moi, c'était perdu d'avance. Je partais du principe que s'il m'arrivait quelque chose, j'étais mort. Il fallait l'accepter. C'était le jeu de l'Himalaya. C'est rude. C'est un environnement rustique, brutal. Rien ne passe sans douceur et rien ne se passe comme prévu aussi quand on commence à aller titiller la montagne en fait c'est ça que j'aimais bien aussi c'est que la montagne elle est là en fait on ne déclenche rien on n'évite rien la montagne elle est et nous il faut qu'on compose avec ça on marche sur un géant et s'il a envie de se gratter le dos et qu'on est là à ce moment là tant pis pour nous j'avais un peu cette vision là d'être un gnome qui se baladent sur le dos d'un colosse et puis à Diane que pourra si je m'en sors ça sera rigolo mais oui ça m'est arrivé le truc le plus terrorisant qui me soit arrivé c'était au pied du Gangapurna glacier qui est à 40 minutes de marche de Manang direction entre l'Anapurna 3 et le Gangapurna qui est un sommet il y a un énorme glacier qui tombe là qui a beaucoup beaucoup reculé ces dernières années d'ailleurs et j'allais souvent au pied du glacier donc devant la lèvre devant le mur de glace prendre des photos dans les serraques et tout et je trouvais ça super et un jour en fait sous le glacier donc entre le sol et la glace il y a toujours un jour il y a toujours de l'espace en fait parce que vu que c'est de l'eau qui s'est solidifiée souvent elle se rétracte et il y a toujours un petit peu d'air qui passe en dessous et puis un jour en fait j'étais à même pas 20 mètres de la lèvre et je me suis pris un courant d'air d'un coup qui sort de nulle part, ça sortait de dessous le glacier. Je me suis pris des éclats de pierre, de glace, etc. Ça m'a choqué un petit peu. J'étais avec mon trépied. J'étais un petit peu au départ de la moraine. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est une moraine, c'est le lit du glacier. Les bordures, on appelle ça la moraine. Souvent, c'est des tas de gravats. Et puis, j'ai eu un off. Et d'un coup, j'ai entendu le crack. En fait, tout le glacier s'est affaissé sur lui-même. Il y a eu une rupture interne. C'est pour ça que j'ai pris beaucoup d'air. C'est parce qu'il y a de la masse qui est tombée à un endroit où il y avait de l'espace et l'air est sorti. Et j'ai vu tout le glacier qui s'est affaissé sur lui-même. Mon cerveau a déconnecté totalement dans ma tête. Quand j'en parle avec des gens qui ont eu des histoires de mort subite comme ça, où on sait qu'on va mourir, c'est maintenant. Il y a toujours une espèce de... Les gens qui font du terrain, qui ont eu des aventures, on a tous ce point commun de se dire... ah bah ça y est c'est maintenant on meurt tous un jour et puis moi c'est maintenant franchement c'était chouette on a fait des belles aventures c'est la fin du voyage une espèce de béatitude d'acceptation gaga et ton corps lui pendant que toi t'as l'impression que le temps s'arrête tu penses à un milliard de trucs ton corps lui il est en train de galoper sur la moraine à courir sur place parce que du coup les graviers se déversent sous tes pieds donc je courais sur place avec mon sac photo le trépied sous le bras et puis d'un coup j'ai percuté que j'étais en train de courir pendant que j'étais en train de réfléchir alors que dans ma tête j'étais tourné dans l'autre sens une espèce de dissociation complètement dans le gaz et en fait ça s'est stabilisé derrière le glacier s'est pas écroulé sur moi parce que pour le coup si ça s'est écroulé vu que j'étais vraiment dans le lit c'était comme si tu balances une savonnette dans une baignoire et puis tu mets des fourmis et puis elles essaient de survivre c'est un peu l'idée donc ça s'est stabilisé tout de suite je suis redescendu Je suis descendu dans le cirque plus bas et je suis resté peut-être une demi-heure à cogiter, à regarder le glacier et à me dire« j'ai une chance, il faut que je joue au loto ce soir, ce n'est pas possible d'avoir une chance pareille». Et là, il y a un serac énorme d'une dizaine de mètres qui s'est écroulé pile là où j'étais il y a 15 minutes. Et je me dis que j'ai bien fait de descendre et de ne pas rester à cogiter là-haut parce qu'en fait, pour le coup, j'aurais pris le double tap et j'aurais pu et voilà je serais pas là pour raconter ça mais ça ça fait partie des trucs en hors-piste qui arrivent pas tout le temps mais ça arrive c'est ouais J'ai eu des coups de sang sur de la cascade de glace aussi. Ça m'est arrivé d'avoir une crise de panique parce que je prenais conscience que j'étais en train de faire du free solo sur une cascade de glace, tout seul dans l'Himalaya, avec 20 kilos sur le dos de matos photo. Et je n'ai pas de corde, je n'ai rien, parce que je suis tout seul et que ça ne sert à rien et que je ne peux pas me trimballer avec 15 kilos de broche à glace en plus de tout le reste. Donc j'étais avec mes crampons, mes piolets, un peu en position de grenouille, en frog style, en train d'appeler ma mère. pendant 5 minutes quoi et de me reprendre mes esprits et me dire non mais il faut que Julien sors toi les doigts des fesses il n'y a que toi pour te sortir de cette situation et donc du coup de traverser de faire une traverse plutôt pour sortir de la cascade pour rejoindre la roche me sécuriser et arrêter mes bêtises mais ça m'est arrivé des coups de calgon comme ça j'en ai eu pas mal les avalanches
SPEAKER_01vraiment impressionnant il y a pas mal il y a quelques vidéos qui tournaient récemment Récemment,
SPEAKER_00il y a eu des vidéos anciennes qu'on retournait sur Instagram de l'avalanche de 2015 sur le camp de base de l'Everest.
SPEAKER_01Alors non, ce n'était pas celle-là. Il y a beaucoup
SPEAKER_00de gens qui ont cru que c'était arrivé là, mais en fait, c'est des vidéos qui datent de 2015. Ce n'est pas
SPEAKER_01arrivé là maintenant. Je ne crois pas que ce soit une vidéo du camp de base parce que c'est un paysage beaucoup plus ouvert que la vallée du camp de
SPEAKER_00base. Après, il y a eu une rupture de glaciers l'année dernière dans les Annapournas et ça Ça a inondé une vallée complètement. Il y a eu un nuage qui dépassait les cimes et tout. Là,
SPEAKER_01en fait, tu vois, c'est filmé par un tracker. Et en fait, ils sont sur une espèce de crête. Donc, ils ne sont même pas en fond de vallée. Ah oui, je vois.
SPEAKER_00Tu vois l'avalanche qui
SPEAKER_01part de loin,
SPEAKER_00super loin. Alors, ce n'est pas dans le Cachemire. Ça, c'est côté Inde. Et c'est dans le... Ah là là. Je fais un piètre spécialiste. Je connais moins bien le côté indien. Elle est hallucinante. C'est effrayant. Ils ont une chance incroyable aussi. Ils ont une chance incroyable. Et c'est effrayant parce qu'ils sont très loin de la zone de blast. Parce qu'une avalanche, c'est ça qui est dangereux. On se prend 12 000 tonnes de neige dans la tronche avec des cailloux. Mais surtout, avant le nuage, il y a un souffle qui précède la masse. et ce souffle il te projette mais il peut te projeter à 10 mètres par terre c'est ce qu'on appelle le blast en fait parce que t'as une masse gigantesque qui est en train de se déplacer c'est comme toi quand tu secoues ta main ça fait de l'air mais là c'est la montagne qui secoue sa main donc c'est pas le même air et le blast souvent ça peut détruire des maisons en pierre ça peut raser des villages
SPEAKER_01plus tout ce qui arrive derrière c'est ça et là ce qui est vraiment hallucinant c'est que ils sont très loin donc il y a une valle entre l'avalanche enfin ils sont vraiment de l'autre côté d'une vallée l'avalanche arrive d'un côté et ils sont de l'autre côté et en fait donc au début t'as le zoom qui j'essaierai de retrouver de mettre le lien dans l'épisode la personne zoom donc t'as l'impression qu'il est pas très loin puis quand il dézoome tu te rends compte qu'il est vraiment très loin en fait de là où ça se produit et en je sais pas 15-20 secondes t'as l'avalanche qui leur arrive dessus tu vois donc elle doit être à je sais pas 300-400 km heure c'est énorme c'est hallucinant c'est un peu terrorisant la haute montagne
SPEAKER_00quand même c'est complètement terrorisant je confirme travailler sur les glaciers moi ça me fascine mais en même temps je suis tout le temps terrifié par exemple souvent en montagne j'ai mes écouteurs et j'écoute de la musique pendant que je
SPEAKER_01travaille
SPEAKER_00et je me laisse un peu bercer comme ça par l'ambiance des musiques ça me fait sortir un peu mes images les images que j'ai dans la tête j'arrive un peu à travailler avec ça mais quand je suis sur de la glace que ce soit un lac gelé un glacier ou que je suis pas loin d'un cercle ou quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00c'est zéro écouteur à chaque fois parce qu'il faut tout le temps être alerte du moindre craquement du moindre truc et la glace en plus c'est tout le temps vivant c'est tout le temps en train de craquer de faire des bruits assez terrorisants donc c'est vraiment une atmosphère particulière comme tu dis c'est terrifiant c'est un mélange entre hypnotisant et terrifiant c'est très très spécial
SPEAKER_01il y a un autre aspect de la haute montagne que j'ai vraiment découvert en Népal parce que j'ai toujours fait un peu de rec etc mais c'est tu vois basse montagne moyenne montagne j'avais jamais vraiment côtoyé des sommets comme ceux qu'on voit dans la vallée de l'Everest ou en tout cas j'étais jamais monté aussi haut tu vois à 5006 un aspect qui m'a vraiment je serais curieux d'avoir ton retour là dessus toi qui a passé 10 ans maintenant c'est je sais pas si c'est spécifique au coin de l'Everest mais le rapport à la mort en fait tu vois je sais pas si c'est la haute montagne ou l'Everest mais Mais tous les jours, enfin moi, j'ai eu l'impression que tous les jours, notre guide nous disait, ah bah tiens, là, tu vois, c'est un kerne à la mémoire d'une cordée polonaise, ils étaient 15, ils sont tous morts il y a 3 ans. Ah bah là, cette section, on l'appelle le chemin des Français parce qu'en fait, en 2015, il y avait 8 Français, ils sont tous morts, ça s'est éboulé. Et c'est un peu, tu vois, t'entends des histoires comme ça. Moi, tu vois, sur 3 semaines de trek, il y a eu, on a entendu parler de 4 morts, dont 2 qui sont morts à Gokyo d'ailleurs, une Russe qui s'est perdue dans un glacier et une autre personne qui est morte de nuit et tu te dis bon alors attends en fait qu'est-ce que t'en penses toi est-ce que c'est un peu comme le journalisme d'investigation c'est à dire qu'en fait en temps normal c'est juste qu'on en parle pas trop enfin quand t'y es pas exposé voilà on
SPEAKER_00en parle pas en fait on en parle dans le milieu dans le milieu de la montagne quand il y a des morts en général même au Pakistan ou dans les Andes t'as toujours en France on a Montagne Mag Alpine Mag eux ils vont en parler sur ces médias-là. Mais c'est des niches de personnes qui vont être au courant, du coup. Du coup, tous les ans, il y a énormément de morts en haute montagne, partout dans le monde. Et il y a toujours ce rapport à la mort, en fait. Tu vois, dans les Annapournas, c'est pareil. Le camp de base de l'Annapourna 1, tu as le mémorial, comme au camp de base de l'Everest, où tu as les plaques de tous les gars qui sont morts, tous les gars et toutes les nanas qui sont mortes, là. Et c'est une ambiance... C'est saisissant, en fait, parce que tu te dis, tiens, je suis dans un cimetière, moi, je viens pour voir la montagne puis en fait c'est aussi un cimetière ici et il y a une sorte de dissociation sur l'Everest par exemple il y a souvent l'exemple de Green Boots qui est donné je crois que c'est un japonais qui est dans la zone de la mort qui est à plus de 8000 et on sait que quand on a passé Green Boots il nous reste tant à parcourir et le mec est devenu un repère visuel parce qu'il est momifié dans la glace dans la neige et il a gardé ses chaussures de ski rigides qui vont Visiblement, on ne se dégrade pas très bien dans les milieux grand froid. Donc... il y a une espèce de dissociation comme ça et comme tu disais c'est vraiment pas exceptionnel d'avoir des morts même en trek bah ouais des blessés je crois que c'était en 2017 il y a un gars qui est tombé sur la descente du Chola en revenant donc lui il venait du camp de base vers Gokyo donc il le faisait en anti-clockwise comme on dit en C'est ça. Et en fait, quand tu le fais dans ce sens-là, la descente du Chola, souvent, il y a de la glace et c'est très très raide. Il me semble qu'il y a des passages avec chaîne même. C'est tout chic. Et lui, il est passé, il n'avait pas de crampons. Parce que l'excuse, c'était que les locaux à Dzungla lui ont dit« Ah oui, ça va». Sauf que les locaux à Zongla, ils franchissent jamais le pass. Ils tiennent des lodges, en fait. Et donc, il s'est fracassé la tête sur la glace. Il y avait une traînée de sang. Il n'est pas mort. Il n'a pas eu de trauma. Mais il s'est ouvert la peau du crâne. Et il y avait une traînée de sang sur la glace qui est restée pendant quelques jours. Et les trekkers qui sont passés derrière, ils voyaient la trace de sang. Donc, ça faisait une ambiance un peu
SPEAKER_01particulière.
UNKNOWNJ'imagine.
SPEAKER_00ça aussi ces accidents là en fait c'est bien que t'en parles parce qu'on peut faire passer un message c'est que j'ai passé beaucoup de temps surtout quand je traînais beaucoup dans les Annapurna à faire énormément de prévention auprès des trekkers de tous les pays que ce soit les français, les américains alors déjà il y en a qui arrivent ils savent rien de rien de la montagne alors je suis un mauvais exemple pour les juger mais ils viennent vraiment les mains dans les poches ils sont pas équipés ils connaissent rien à la climatisation les paliers pourquoi comment ça marche les paliers pourquoi il faut s'acclimater quel est le fonctionnement en fait de la physiologie humaine parce que tout ça c'est pas de la magie c'est de la science l'acclimatation souvent j'ai remarqué qu'encore aujourd'hui le mal des montagnes est perçu comme une espèce de malédiction qui peut toucher tout le monde et la phrase que j'entends le plus c'est ah oui mais ça arrive même aux grands alpinistes bah oui mais en fait on peut complètement s'en prémunir c'est Ce n'est pas un truc qui survient comme ça de nulle part. C'est juste qu'on va trop vite, on ne boit pas assez, on mange mal, on n'est pas équipé aussi, on a des accidents en chute parce qu'on n'a pas de crampons. Partir en traite dans l'Himalaya en saison hivernale ou fin d'automne sans crampons, c'est débile. Avec des bâtons, ce n'est pas trop mal, mais des bâtons, des crampons, c'est la base. Même des crampons universels qui coûtent 30 dollars ou 20 dollars, ça fait le job souvent en fait, c'est pas la peine de partir équipé pour 2000 euros de matériel de la tête aux pieds juste de se dire on va dans un des endroits les plus dangereux du monde, les plus beaux mais les plus dangereux du monde c'est comme l'Amazonie, c'est comme la Cordillère des Andes c'est comme le désert du Nevada on part pas là-bas la fleur au fusil on va pas consommer la
SPEAKER_01planète tu sais même plus proche de chez nous, moi j'ai vu des gens sur le GR20 à l'époque où c'était encore une des étapes dans le cirque de la solitude avec des sneakers dont le chausson était décollé et qui se l'était attaché avec du scotch et qui en fait était assis en bas du cirque à attendre le PGHM pour une évacuation par hélico juste parce qu'il n'avait pas les bonnes chaussures et là tu
SPEAKER_00te dis wow ok exactement et c'est ce genre d'accident qui gonfle les statistiques de manière un petit peu artificielle du coup parce qu'en fait c'est juste les gens qui se documentent pas quoi ma femme aussi elle a une anecdote comme ça elle faisait le tour du Mont Blanc et elle avait croisé un couple de chinois et la nana elle était en legging et en basket dans un mètre de neige jour blanc tu vois tu vois pas tes pieds quoi et elle était en début d'hypothermie quoi donc sans guide sans rien c'est moi ça me dépasse un petit peu les gens partent à la mort en fait
SPEAKER_01ouais alors ça m'inspire deux choses alors déjà premier premier partage je peux peut-être pour toi, c'est que moi, j'avais une vision assez pessimiste par rapport à ces anecdotes qu'on lit, les gens qui grimpent au Mont-Blanc en jogging, qui se font du coup évacués par le PGHM, c'est du personnel qu'on mobilise pour pas grand-chose, etc. Et il se trouve, il y a très peu de temps, j'ai eu la chance d'enregistrer un épisode avec Pascal Sancho qui a été secouriste en montagne, alors pas au PGHM, mais CRS, donc la police, et qui a été formateur, etc., qui a fait quasiment 1000 interventions en hélico sur tous les massifs français et qui me disait qu'en fait sur les 1000 interventions qu'il a faites il y en a peut-être eu moins d'une dizaine où c'était vraiment abusé c'est à dire que c'était vraiment les gens qui avaient fait n'importe quoi qui étaient partis donc là quand il m'a dit ça je me suis dit ah bon ok bon si un spécialiste tu vois qui en a vu beaucoup me dit ça bon je revois peut-être ma copie et c'est quelque
SPEAKER_00part un peu rassurant complètement ouais nous on a un collègue dans notre équipe justement qui a fait 17 ans au PGHM et qui a un regard pas du tout pessimiste sur ça et puis surtout qui a un regard de devoir c'est à dire qu'il me disait même si c'est un débile qui s'est mis en danger le PGHM c'est notre travail d'aller sauver les gens on s'en fout en fait au final de comment ils sont arrivés là si c'est un grand alpiniste ou si c'est un touriste on fait le taf quoi on s'est pas engagé pour juger qui on va sauver il dit on peut en débattre après autour d'une bière mais le boulot c'est le boulot donc c'est intéressant de voir aussi que les sauveteurs ils ont pas la vision que le grand public a de ces problèmes là et puis peut-être on fait une montagne de ça parce que même si c'est 5% des gens c'est quand même 5% d'aberration pour le coup donc c'est traitable en fait après le mec qui a un super niveau et qui va faire je sais pas les grandes jorasses ou quoi et qui se retrouve bloqué bon ouais ils sont peut-être pas un million non
SPEAKER_01plus c'est clair très clair En tout cas, je trouvais ça intéressant d'avoir ce type de retour. Si ton ami du PGHM dit la même chose, c'est quelque part rassurant. Je ne sais pas si c'est rassurant, mais c'est intéressant.
SPEAKER_00Oui, c'est un peu le même discours. C'est comme chez les militaires. Il y a beaucoup de gars, des anciens des forces spéciales par exemple, qui te disent que quand tu parles de le couple de touristes qui est parti au Mali, alors qu'on leur a dit de ne pas aller au Mali et tout, et puis il y a des gars des FS qui sont morts à cause de ça ils vont te dire oui mais en fait c'est le boulot où nous on s'engage on est là pour faire des missions on est pas là pour faire de la politique ou juger ou quoi ça tu le fais après autour d'une bière mais en fait ces gars là ont une vision souvent et je dis ça parce qu'on en a aussi dans l'équipe chez Time On Target donc la société de ma compagne qui ont ce discours là en fait le boulot c'est le boulot quoi en gros C'est intéressant de voir qu'il y a une scission entre le point de vue du grand public, qui est profane souvent, et on est tous profanes de quelque chose et puis il y a les gens concernés qui ont un regard très très différent donc c'est intéressant tout le monde met un peu de l'eau dans son vin ça fait avancer le débat
SPEAKER_01super intéressant écoute mon deuxième partage qui est plus une question c'est est-ce que tu penses du coup c'est quoi ta vision des choses comme t'as passé beaucoup de temps au Népal et tu vois dans des environnements qui jusqu'à ce que la photo se démocratise etc étaient quand même très très peu vues très peu mis en avant. Est-ce que tu penses que, tu vois, le fait qu'il y ait de plus en plus de... Quelque part, est-ce que tu penses que... Je vais arriver à formuler ma question, ne t'inquiète pas. Est-ce que tu penses que... Courage. Quelque part, ces milieux, on donne l'impression que ces milieux sont plus accessibles qu'avant en les documentant plus, en diffusant plus de photos, de vidéos, etc. que ceux qu'on
SPEAKER_00pouvait avoir accès avant. Alors oui, c'est une question très intéressante parce que Encore une fois, s'il y en a qui nous écoutent et qui veulent aller au Népal ou qui veulent partir dans le Kerala ou je ne sais quoi, il faut se méfier de ça. Encore une fois, c'est une question de sourcer les choses. Le camp de base de l'Everest, aujourd'hui, c'est extrêmement documenté. Il y a des dizaines, des centaines de milliers de personnes, des générations vivantes actuellement qui y sont allées. C'est archi-touristique. Les Annapurna, c'est très documenté aussi. C'est un peu, les Annapurna, c'est le chouchou des touristes français. Pendant l'âge d'or, avant les tremblements de terre de 2015, l'âge d'or vraiment du trek, c'était 2014, c'était une année folle. Il y a eu 10 000 Français dans les Annapurna. C'est énorme. 10 000, c'est un truc de fou. En plus, on a les stats, au Népal, les stats sont assez fiables pour le trekking puisque tous les trekkers sont fliqués à plusieurs endroits sur les... Tu l'as fait, t'as des bureaux de tchèques pour savoir qui rentre et qui sort et qui n'est pas rentré. Enfin, qui n'est pas sorti, plutôt. Notamment pour les secours et aussi pour les électrons libres. Donc, ces chiffres sont fiables. Mais c'est des gens qui vont toujours au même endroit. Sauf qu'il y a une notion que... qui est oublié, c'est le gigantisme de ces milieux-là. Ce n'est pas que pour la haute montagne. Je pense que c'est vraiment pour tous les sites naturels qui sont un peu des merveilles du monde, même la forêt vierge ou les grands déserts. C'est que c'est titanesque. On ne se rend pas compte. La première fois que je suis arrivé en Inde, juste pour parler déjà de l'Inde, le pays lui-même, c'est gigantique. L'Europe à côté, C'est un ensemble de pays et c'est ridiculement petit à côté de l'Inde. Et on se dit, tiens, pour aller dans telle région, il va me falloir deux jours de bus Alors qu'en France, en 8 heures, on peut traverser la France. C'est un biais de confirmation de se dire que c'est très touristique, j'ai vu plein de photos, j'ai le guide du routard, j'ai lu plein de trucs. Les gens savent avant d'arriver presque. Ils sont experts de trucs qu'ils ont vus sur Internet. C'est aussi pour ça qu'il y a des accidents. C'est parce qu'il y a une espèce de confiance qui sort de je ne sais où, sous prétexte qu'on est relativement bien documenté sur des sites en particulier. Par exemple, pour la région de l'Everest en particulier, il y a quelque chose dont personne ne parle, c'est que la phase d'approche de Lukla jusqu'à Namche, c'est le tout début. Ça prend deux jours normalement, si tu es quelqu'un de normal, une journée si tu as l'habitude de la montagne, et trois jours si tu as un peu de mal. c'est archi dur physiquement la montée quand t'es à l'Archabridge qui est le dernier grand pont et tu montes sur le plateau de Namche je ne connais personne et j'en ai croisé des alpinistes des trekkers qui l'ont fait cette phase personne ne fait ce passage en souriant c'est vrai tu craches tes poumons ton stack il pèse 10 000 kilos parce que t'as l'impression de monter une échelle si en plus le terrain il est gelé et qu'il y a de la souvent c'est boueux tu traverses les dernière forêt pour arriver sur la cime des arbres, donc souvent c'est boueux, suivant la période de l'année, il y a de la glace avec de la boue qui a glacé, enfin c'est ultra compliqué, t'es obligé de te balader avec tes crampons à moitié dans la boue, à moitié dans la glace, après t'as de la roche, t'as des racines d'arbres qui ressortent de partout, et tu montes littéralement une échelle de terre, et ce passage-là, personne n'en parle, pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que c'est que de la souffrance, ça n'a aucun intérêt en plus, c'est pas spécialement beau, on dirait une pinède comme comme il y en a partout dans le monde. Mais personne n'en parle,
SPEAKER_01du coup. Et si, en plus, tu as le malheur de croiser un porteur népalais qui te double avec 80... Oui, qui transporte un frigo. Oui, c'est ça. Nous, on en a croisé un, il avait 85 kilos sur le dos. Ouais. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et il nous a doublés. Et là, tu te dis, il devait avoir, je ne sais pas... Et lui, il était en tombe. Oui, c'est ça. Il était en sandales, exactement.
SPEAKER_00En chapal. Et là, tu te dis, wow, OK. Donc, ouais, je pense que pour... conclure la question, essayer de faire un truc un peu plus construit, mais ça ne porte pas préjudice au site, parce qu'en fait, ça manque cruellement d'informations. On a des images, on a quelques retours sur des sites, des forums, les gens échangent entre eux, mais au final, on a surtout des images, et des images, bon, ça ne va pas t'apprendre grand-chose. Et il y a aussi énormément de zones, si on ne parle que de l'Himalaya, qui ne sont pas du tout documentées. Il y a zéro image. Par exemple, le pass de Shangri-La que je voulais faire l'hiver dernier, dernier, il existe trois photos à peu près du côté du pass qui sont dispos sur iStock. C'est tout ce que j'ai trouvé de ce pass-là. Et tout le reste, c'est les massifs qui sont à côté. Quand tu mets le photo pass de Shangri-La, tu tombes sur des photos de Gokyo, des photos du Rangela, des photos qui ne sont pas le pass. C'est à 3 km d'écart. 3 km d'écart dans l'Himalaya à vol d'oiseau, tu changes de une vallée ne ressemble pas du tout à la suivante donc voilà il y a plein d'endroits comme ça même le Mustang par exemple dans les Annapurna c'est un désert d'altitude à 4000 mètres c'est tout du sable partout alors qu'on est à 4000 mètres et il y a des zones entières c'est des no man's land dans cet endroit là il n'y a pas d'animaux ou alors tu croises quelques picas de l'Himalaya des espèces de hamsters de l'Himalaya il n'y a
SPEAKER_01rien quoi ça c'est pas document j'allais te poser la question parce qu'en fait bon là c'est un peu perso mais quand j'étais parti au Népal je vais essayer de la faire courte mais quand j'étais parti au Népal je t'avais expliqué tu sais que c'était après un accident qui m'avait un peu marqué où je m'étais pris une voiture à 50 km heure sur mon petit vélo et donc c'était aussi une période un peu compliquée à titre perso au boulot etc et donc j'avais envie de faire un voyage un peu vraiment dépaysant tu vois un peu mystique j'étais jamais j'étais jamais allé au Népal avant j'avais fait le Japon en Asie mais c'est tout et encore c'était avec le judo donc j'avais pas vraiment voyagé et du coup j'avais cherché je m'étais dit bon j'aimerais bien vivre une expérience hors des sentiers battus je veux pas me retrouver tu vois dans les coins instagrammables et compagnie il se trouve que j'ai eu l'opportunité de faire ce trek de le tester donc financièrement c'était intéressant voilà du coup je me suis pas trop pris la tête sur le côté orga donc j'ai fait ça mais j'avais longtemps hésité à partir au Mustang et une fois sur place donc au Népal il y a plusieurs personnes qui m'avaient dit que c'était devenu que c'est plus que c'était tu vois un peu comme le Bhutan que c'était devenu tellement qu'il y avait des maintenant il fallait un permis pour y aller parce qu'il y avait trop de gens
SPEAKER_00ah parce qu'il parle il parle en fait de Lomantang qui est un village dans le Haut Mustang et en fait c'est une enclave ok qui est volontairement conservée en l'état par le gouvernement donc les locaux vivent selon une tradition un petit peu tibétaine d'ailleurs euh Et... C'est une sorte d'Éden, un peu. C'est très vert, c'est très bien entretenu, etc. Alors que tout le reste du Mustang, c'est un désert. Donc, quand tu arrives là, et que tu sais que le gouvernement finance les infrastructures, les habitants, etc., et qu'il fait payer, du coup, un permis à, je crois que c'est plus de 50 dollars par tête, en plus du permis des Annapurna, par jour, oui, ça n'a pas d'intérêt. Mais par contre, le Mustang, encore une fois, ça fait des 100 kilomètres sur 200 kilomètres. C'est un truc de dingue. Et il y a plein d'autres choses à voir dans le Mustang. Ce qu'ils appellent le Lower Mustang. En fait, c'est des appellations complètement artificielles créées par le gouvernement et par l'Office du tourisme népalaise. D'avoir créé le Upper Mustang, c'est pour créer de l'envie. Les touristes se disent« Ah, moi, je suis allé dans le truc rare.» Mais la région, c'est le Mustang, point barre. Il y a il faut pas s'inventer une vie et le Mustang tout court c'est super unique à voir j'ai failli dire dépaysant mais j'ai horreur de cette expression mais ouais c'est unique parce que t'es entre 3008 et 4002 suivant les endroits et t'as que de la caillasse et de la poussière tu te croirais en Afghanistan des images qu'on a vu de la guerre en Afghanistan ça fait un peu ces décors là et autour de toi, il y a des 7000 mètres des 6000 mètres t'as l'Annapurna 1 pas très loin et t'as ces sommets enneigés alors que toi t'es dans une cuvette désertique et tu te poses la question comment c'est possible il faut visiter les choses, il faut aller par soi même il ne faut pas écouter le bruit autour il faut suivre le silence intérieur c'est le message un peu bouddhiste
SPEAKER_01tu sais à quoi ça me fait penser là parce que je te disais j'ai testé cette expédition donc du coup j'étais bon il y avait un guide etc en réalité bon tu le sais mieux que moi depuis le temps que tu y es mais t'as pas vraiment besoin de guide je pense quand tu fais des treks pas du tout voilà surtout sur des zones aussi connues aussi fréquentées mais tu vois cette notion d'explorer de juste suivre son instinct moi il y avait il y a un endroit qui m'a vraiment marqué sur le l'itinéraire du du trek des trois cols c'est après Namche Bazar alors je crois de mémoire c'est Tamé entre Namche Bazar et Lungden si je me souviens bien, t'as un petit village qui s'appelle...
SPEAKER_00Ouais parce que toi t'as fait le parcours en clockwise, dans le sens
SPEAKER_01des églises donc à Namche Bazar on est partis sur la gauche en sortant de Namche Bazar et je me rappelle qu'à Tamé je me souviens plus du nom des... il y avait des similes autour de nous il
SPEAKER_00y a beaucoup de no-name du côté en fait à l'ouest tout ce que tu vois à l'ouest souvent ils ont pas de nom ou alors c'est des des noms tibétains au dessus en fait t'as le Kong Mala qu'on peut voir depuis Namche qui est un gros massif quand même et au dessus du Kong Mala après c'est compliqué de connaître les noms là souvent enfin moi c'est un peu c'est pour ça que je me targue de ma spécialité c'est que mon super pouvoir c'est de tu me pointes une montagne à peu près n'importe où dans l'image au Népal et je peux te dire son nom son nom local alors que souvent les guides ils n'en savent rien je suis déjà tombé sur des guides qui inversaient la Napourna 2 avec le 3 enfin bref je me dis qu'est-ce qu'ils foutent là ceux-là mais là c'est des massifs vraiment particuliers c'est des énormes no man's land il n'y a rien
SPEAKER_01là-haut en fait c'était ça moi c'était un peu l'appel de ça parce que justement on posait je me rappelle on était allé visiter il y avait un monastère au-dessus de Tamé et donc il nous expliquait que chaque famille alors je ne sais pas si c'est vrai tu pourras peut-être me le dire mais chaque famille devait envoyer un enfant dans les monastères du coin et son deuxième enfant apparemment et puis et donc je lui posais des questions tu vois sur les sommets qu'il y avait autour et je me rappelle qu'il y avait une vallée qui partait de Tamé donc vers le nous on allait vers alors attends vers l'ouest nord et la vallée elle partait ouais plein ouest et il m'avait expliqué que c'était une vallée très peu fréquentée qu'il y avait quelques trecs qui y allaient mais qu'il savait même lui il savait pas trop tu vois quelle était la destination de ce truc et je m'étais dit punaise mais c'est ça en fait qui me ferait rêver tu vois c'est juste partir dans un truc complètement hors des sentiers battus et voir où ça mène quoi tu vois sans prendre de risque je
SPEAKER_00vais te faire rêver mais en vrai si tu le fais c'est surtout de la souffrance sur le coup mais avant il y avait il y a un col au nord du Kong Mala et avant les locaux partaient de la région de Tame ou de Gokyo et coupaient directement à travers ce massif pour rejoindre
SPEAKER_02Katmandou
SPEAKER_00ils passaient pas par le sud par Lukla, Djiri et tout ça et Et ça ne se fait plus, en fait. Quand je dis avant, c'était il y a 200, 300 ans, c'est quand les Tibétains ont migré. Toutes les ethnies qui peuplent l'Himalaya aujourd'hui sont des ethnies qui viennent du Tibet. Donc les Tamangs, les Sherpas, les Gorongs, c'est eux qui ont colonisé l'Himalaya népali. Et qui ont créé leur communauté différente. Et à cette époque-là, il y avait des grosses transhumances avec les yaks, etc. Et puis, il y avait un peu des routes commerciales aussi. Et il y avait des caravanes qui traversaient. C'est un niveau de rusticité aussi assez fou. Les mecs, ils marchent une semaine dans rien. Dans le rien. C'est perdu dans l'espace. Parce que souvent, l'Himalaya, c'est ça. on serait sur la lune ça
SPEAKER_01reviendra au moins c'est vrai que
SPEAKER_00c'est des fois c'est un petit peu flippant quand on se concentre un peu sur cette idée là de se dire ah là j'ai pas intérêt
SPEAKER_01à me tordre une cheville ouais complètement donc toi tu conseillais pas forcément
SPEAKER_00d'aller explorer cette fameuse vallée à l'ouest de Tamé quelqu'un qui part un peu qui a pas une grosse expérience de l'expédition des milieux grand froid des très bonnes notions en premier secours parce que là il faut être capable de se secourir soi-même si ça tourne ne mêle. Il faut un niveau logistique expédition. Si tu peux gérer ça, ça se fait. Il y a une grosse préparation en amont. Il y a une grosse chaîne de secours à mettre en place en amont au cas où. Et il y a des gros, si tu veux, mettre toutes les chances de ton côté en tout cas. Une logistique au niveau secours à mettre en place avec des checkpoints. Si je ne suis pas arrivé à tel endroit ou si je n'ai pas envoyé un signal avec le GPS à tel moment, c'est qu'il Il faut déclencher la chaîne secours. Et il te faut un contact à Katmandou ou à Lukla qui peut être prêt à déclencher cette chaîne. Depuis la France, ça peut se faire aussi. Mais le mieux, c'est d'avoir déjà quelqu'un sur place. Ça va
SPEAKER_02plus
SPEAKER_00vite. Et après, en termes d'autonomie, il faut te trimballer tout ce dont tu auras besoin. Il faut pouvoir le porter. Parce que ça grimpe. Mais dans un registre moins extrême en haut du Kong Mala un petit presque sur le sommet ils ont construit un lodge maintenant donc c'est à 4000 et quelques alors j'ai pas parce que j'ai des cartes de l'Himalaya devant moi dans le bureau mais je les ai changées vu qu'on est rentré de la région de l'Everest et là ça faisait quelques années que je traînais dans cette région là j'avais envie de revenir sur mes autres régions donc là j'ai que les cartes Langtang et Annapurna sous les yeux bon je pourrais pas te dire exactement du coup il faudrait que je la ressorte mais ouais ils ont construit un gros lodge un petit peu luxe et tu peux y aller via un chemin, c'est pas un chemin de trek, c'est un chemin local. Ça serpente depuis le bas de la vallée. En fait, il faut que tu l'empruntes, le chemin, quand tu es un petit peu au-dessus de Fagding. Entre Fagding et l'Archabridge, le dernier gros pont avant Namche, il y a la zone
SPEAKER_01d'attaque. Mais tu le vois de Namche Bazar du coup ce lodge, non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le lodge, on le voit la nuit, c'est allumé. On le voit comme une petite étoile sur le sommet de la
SPEAKER_01montagne. Il
SPEAKER_00paraît que c'est magnifique
SPEAKER_01là-haut. Je ne pense pas qu'il y en ait 400 des lodges, mais là-bas, parce qu'on était allé regarder et figure-toi qu'on l'avait trouvé sur Bookings et que c'était un délire absolu les tarifs. C'était n'importe quoi.
SPEAKER_00Ce n'est pas 400 dollars la nuit. C'est un truc comme ça. Pour le coup, ils Ils ont construit un truc exceptionnel. Je ne sais pas qui est propriétaire. J'ai une petite idée de qui sont les propriétaires à Katmandou de ça. Ils ne sont pas bêtes. On fait pareil dans les Alpes. Il y a des chalets. Des fois, c'est 150 000 euros la semaine. Ils ont bien raison. Du coup, ça se fait. J'ai des collègues sur Namche qui l'ont fait, qui sont montés là-haut. Ils disaient qu'il faut avoir des bonnes conditions quand même. Parce que si jamais tu te prends un petit blizzard ou que tu as une queue d'orage, c'est-à-dire des gros nuages qui d'un coup tombent dans la gorge qui est en dessous de... en dessous du plateau de Namche tu te prends un gros nuage en milieu fin d'aprèm ça change complètement la phase d'approche tu te cailles d'un coup et en même temps tu montes un truc très très raide donc tu transpires et puis t'as froid alors que c'est la soupe donc c'est quand même un petit peu l'aventure de faire ça il y en a beaucoup visiblement qui montent en
SPEAKER_01hélico c'est ce que
SPEAKER_00j'avais vu depuis l'oukla ils vont direct là-bas c'est un
SPEAKER_01peu triste ça fait une super transition tu vois ce que tu expliquais sur le fait qu'elle explorait cette vallée au départ de Tamé. Je fais ma fixette là-dessus, mais tu vois que c'est faisable avec la bonne logistique, etc. Ça fait une bonne transition sur une autre partie de tes activités. En tout cas, sur ton site, je vois que tu proposes aussi des services d'organisation, de consulting, de fixer, place finder. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu
SPEAKER_00plus
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, j'ai déjà travaillé en tant que photographe, pour le coup. Mais au final, j'étais embauché en tant que photographe sur une expé dans la région de l'Everest avec l'alpiniste Kenton Kuhl, avec qui je m'entends toujours très bien. En fait, c'est le record man occidental depuis l'année dernière du nombre d'ascensions de l'Everest. Il a gravi 16 fois l'Everest. Kenton, c'est une légende dans le milieu. C'est un super gars. Il m'avait en embauché sur une expé un petit peu haut de gamme où on avait énormément de rotation en hélico et avec des clients qui ne voulaient pas traquer toute leur vie ils voulaient accéder au site très très rapidement donc ce type d'expédition là c'est le genre de truc assez facile à gérer parce que vu que j'ai l'habitude de me trimballer mon sac de 20 kilos pour exemple c'était complètement différent mais du coup ça me fait porter plusieurs casquettes parce que j'ai aussi guidé sur cet expo là beaucoup guidé les groupes dans la région quand on faisait des petites randos au final il ya un client qui voulait absolument monter à 5000 mètres un client de 68 ans donc c'est là en plus le genre de clients à qui on ne dit pas non voilà et qui et qui regardent le il regarde le médecin de l'exp et puis dit ben moi je veux que ce soit julien qui me guide parce que lui ça fait 10 ans qu'il vit là lui il connait lui alors le le médecin en question il avait déjà gravi Amadablam et l'Everest ok je me suis senti un peu mal je me suis quand même senti un peu mal qu'il me choisisse moi mais bon voilà c'est rigolo quoi donc ouais ce type de ce type de package c'est globalement moi si on m'embauche pour à peu près n'importe quoi je pense dans l'Himalaya je suis partant parce que c'est vraiment la maison c'est ma zone de confort même si il y a des moments difficiles j'arrive quand même relativement bien à anticiper les phases et puis après c'est une question d'habitude aussi enfin je le vois sur la dernière XP où j'ai conduit ma femme par exemple c'est J'ai réadapté complètement l'expédition au fur et à mesure, en fonction de son niveau à elle, parce qu'il faut toujours jongler en fonction du niveau des gens. On prend toujours la moyenne basse pour ne pas prendre de risques. Je digresse un peu beaucoup, mais on parle expédition, clients, tout ça. C'est vrai qu'il y a souvent des accidents, notamment sur l'Everest, parce qu'il y a des clients milliardaires, par exemple, qui peuvent tous payer. Et ils partent du principe qu'ils payent une XP Everest et ça leur paye le sommet. Et ça, ce n'est pas le cas.
SPEAKER_01Je ne sais plus où j'avais…
SPEAKER_00Il y a jurisprudence maintenant, d'ailleurs, pour ça. Ah oui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, depuis deux ans. En fait, pendant la crise Covid, il y a un client qui a porté plainte contre son guide, un client américain contre un guide anglais, si je ne dis pas de bêtises, parce qu'il n'a pas atteint le
SPEAKER_01sommet de l'Everest.
UNKNOWNSérieux?
SPEAKER_00sur une expé à 100 000 dollars. Le guide a eu gain de cause et le client a été se rasseoir. Tout le monde a suivi ce procès dans la communauté de très près prix parce que si le client avait gagné, ça aurait été terrible pour l'industrie des expéditions commerciales. On parle d'une industrie, ça brasse des milliards. Même la cordillère, c'est le même problème. Il y a des clients qui pensent pouvoir tout acheter. Et on achète un package, on n'achète pas le résultat. C'est quand même aux gens de marcher avec leurs petits pieds
SPEAKER_01bousclés. Heureusement, tu imagines que les guides ont une obligation de moyens et pas de résultats parce que sinon...
SPEAKER_00Exactement, obligation de moyens uniquement parce que sinon, ça serait ingérable. D'ailleurs,
SPEAKER_01petite question sur l'Everest spécifiquement. Je ne sais plus où est-ce que j'avais lu ça, mais je crois que c'était... Je ne sais plus. Il me semblait avoir lu que l'ascension de l'Everest côté Chine, C'est une énorme rando. Tu es très haut, mais tu n'as pas de serac. C'est juste une très grosse rando.
SPEAKER_00Après, les problèmes sont les mêmes. L'Everest, c'est un problème médical tout le temps. C'est une logistique médicale énorme. Même côté Népal, c'est très dur physiquement. C'est beaucoup de souffrance, comme toujours dans l'Himalaya. Mais c'est surtout un problème médical. Je ne dis pas ça pour amoindrir le fait que c'est plus facile côté chinois mais ça joue le fait que côté chinois c'est beaucoup plus progressif et il n'y a pas les mêmes steps qu'on peut avoir quand tu passes le col avec le lot C après tu as le Hillary step après le col dessus il y a des passages un peu touchy sur l'Everest quand même Ce n'est pas de la rondeau non plus. Mais le problème, c'est toujours le même. C'est qui va pouvoir s'acclimater. Parce qu'avant l'ascension, côté Népal, en tout cas, je ne sais pas comment ils font côté chinois, mais côté Népal, tu as deux fausses ascensions. Tu en as une jusqu'au camp 1. Tu fais ce lukumbu, tu fais le... Ah, sur le kumbu que je raconte, la cascade de glace du kumbu. La cascade de glace au pied de l'Everest, qui a un gros gros morceau. A elle toute seule, je crois que c'est plus de 60 morts déjà, depuis le début de l'histoire des ascensions
SPEAKER_01répertoriées.
SPEAKER_00C'est le Icefall, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, c'est ça. Donc c'est des seracs, pareil, ils font la taille d'un immeuble, les machins, t'as des crevasses pas possibles. Donc, tu as deux ascensions. Tu en as une qui va jusqu'au camp 1 et une qui va après jusqu'au camp 2, voire un petit peu plus. Ça dépend à chaque fois des expés et de qui gère les expés. Et après, tu reviens à chaque fois au camp de base. Tu fais une nuit au camp 1, tu reviens au camp de base. Donc, ça veut dire qu'à chaque fois, tu fais deux fois la cascade de glace. En tout, quand tu fais une expé au reste, tu as fait six fois la cascade de glace. Si tu arrives jusqu'au bout. Donc, c'est C'est quand même... Côté Népalie, il se passe des choses quand même. C'est pas rien du tout. Il y a une grosse logistique matérielle aussi. C'est très équipé, côté Népalie, à chaque saison. Parce que ça fait vivre énormément de familles, en fait. Les guides locaux, ils touchent des sacrés cachets maintenant. Surtout depuis la crise de 2014, où il y avait eu 12 alpinistes morts. et pour la plupart des guides népalais suite à une petite avalanche alors que les guides avaient posé leur veto mais encore une fois les clients avaient fait le forcing en payant plus et du coup le bureau des guides c'est pas vraiment le bureau des guides mais la communauté des guides Sherpa qui est propre à cette région là je ferai deux mots sur les Sherpas après si tu veux avec plaisir donc le bureau des guides Sherpa a Ils avaient fait la grève et ils ont dit, nous, on a nos conditions, c'est comme ça. Et le gouvernement était un peu en conflit avec le bureau des guides. Il y avait eu une très, très grosse affaire début 2014 sur ça. Et à partir de là, les mentalités ont vraiment changé. Les guides, ceux qui sont certifiés en tout cas, et au Népal, ils ne sont pas beaucoup. Ils sont maintenant un petit peu moins de 40. Les guides certifiés, alpinisme international, je ne sais plus ce que c'est la mention, c'est UIA. C'est une vraie certification internationale. Les gars viennent driller à Chamonix. Ils ne sont pas à la sauvage. Ils ne comptent pas que sur le physique. C'est des vrais guides de haute montagne. Cette communauté-là et ces guides-là ont posé les règles de comment ça doit se passer côté Népalie quand on accueille des clients et qui décide. Ceux qui veulent payer plus... ça leur servira à rien
SPEAKER_01maintenant ça a beaucoup beaucoup
SPEAKER_00changé c'est pas plus mal le problème après ça reste les freelance il y a énormément sur les chemins de trekking parce que ça c'est pour les ascensions mais le trek c'est encore une autre industrie et sur les chemins de trek il y a beaucoup de guides qui sont de la ville qui sont de Katmandou originaires du sud du Népal qui ne connaissent rien de la montagne ils ont fait une fois le trek avec un ami puis après ils ouvrent un business et eux ils montent en basket au Cholapas par exemple c'est et ça c'est dangereux c'est très très dangereux parce que le guide là l'obligation de moyens je pense qu'on en est même pas
SPEAKER_01là c'est clair tu vois je vais pas citer le nom de l'agence que je suis parti tester là mais c'était une catastrophe tu vois c'est même un peu écœurant parce que je me suis dit mais attends heureusement que je le fais dans le cadre d'un test et que j'ai pas tu vois sacrifié les vacances un gros budget etc pour ça parce que c'était un truc de fou le pseudo guide connaissait aucun des noms de montagne, des trucs, des arrangements bizarres sur le prix des
SPEAKER_00lodges. Ça, après, le fait de parler népali, ça aide beaucoup parce que des fois, dans les lodges, normalement, si tu veux, il y a une sorte de règle tacite qui dit que les guides ne payent
SPEAKER_01pas. Oui, ça, il nous l'avait
SPEAKER_00expliqué. Mais des fois, il y a des lodges un peu filous, ils n'en font qu'à leur tête. Donc, des fois, tu t'entends ton guide qui s'engueule un petit peu en Népalie parce que, suivant, en fait, la communauté ethnique de qui tient le lodge, ça peut plus ou moins mal se passer. Et donc, je rebondis sur les communautés, c'est que j'entends beaucoup, beaucoup depuis que je suis rentré en France.
UNKNOWNAh!
SPEAKER_00tu as fait des expés dans l'Himalaya, tout ça, tu connais, machin. Et est-ce que tu as déjà pris un
SPEAKER_01Sherpa
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ah oui, Sherpa égale porteur, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Voilà. Et j'entends souvent, ah oui, mais si tu veux faire l'Everest, tu as besoin d'un Sherpa. Et j'ai l'impression qu'on parle d'un lave-vaisselle. D'un mulet, quoi. Ouais. Alors, Sherpa, chers auditeurs, Sherpa, c'est une ethnie, quoi. C'est comme dire breton ou périgourdin, quoi. Donc, quand je vais faire le Mont-Blanc, je ne dis pas... j'ai besoin d'un breton. Ça n'a aucun sens. J'ai besoin d'un guide de haute montagne pour gravir Mont-Blanc. Quand on gravit l'Everest ou n'importe quel sommet, on a besoin d'un guide de haute montagne. Et au Magi, il y en a au Népal. Après, Sherpa, c'est une communauté originaire du Tibet. Ça fait partie des trois grandes communautés qui sont venues du Tibet il y a plus de 300 ans. Il y a les Tamangs qui ont investi plus le Langtang et un petit peu les Annapurnas. Les Annapurnas, après, c'est majoritairement des gorongues et les sherpas c'est la région de l'Everest c'est chez eux c'est les tauliers de l'Everest donc c'est pour ça qu'on entend beaucoup parler d'eux et pas des autres parce que en fait l'Everest a pignon sur rue pour tout quand on parle de l'Himalaya on parle de l'Everest et donc ça joue beaucoup dans le fait que Pi a eu Tintin aussi qui a beaucoup aidé ce genre de choses donc voilà j'y tiens guide de haute montagne d'ailleurs je renvoie sur un documentaire qu'il faut avoir vu impérativement c'est 14
SPEAKER_01Peak
SPEAKER_00ah oui les 14 sommets je crois que c'est le projet Project Possible sur Netflix je crois qu'ils l'ont appelé aussi comme ça avec Nims Dai Nims Pourja qui est la rockstar de l'Himalaya meilleur alpiniste de tous les temps voilà Et lui, il parle beaucoup de ça, de le fait que l'Occident s'accapare beaucoup de conquêtes himalayennes, alors qu'en fait, les locaux, ils ont fait tout le boulot. Ils ont gravé les sommets, ils ont mis en place les voies, ils ont tout fait.
SPEAKER_01Si je ne me trompe pas, c'est son équipe qui a atteint pour la première fois le sommet du K2 en plein hiver
UNKNOWN?
SPEAKER_00Exactement. Et ils ont même remotivé les équipes qui étaient au camp de base, les équipes occidentales, parce que tout le monde voulait abandonner. et en fait c'est un très très bon entrepreneur aussi il est manager entrepreneur il a vraiment un profil psychologique ultime ça fait partie de ses super entrepreneurs je trouve et donc il a le bon verbe il a cette énergie qui fait que on le suivrait sur la lune et on en revient vivant en plus parce que pour l'instant il a 100% de ses expéditions depuis le début que Elite Exped existe. Et c'était bien avant le reportage. Moi, je les connais depuis 2017. Il a toujours 100% d'expéditions accomplies sans accident. C'est beau. Mais sa règle d'or, c'est qu'il fait des cours d'alpinisme pour les nuls. Par exemple, sur Amadablam, qui est un sommet un petit peu raide, quand même, c'est technique. Mais il est équipé. Donc, comme dirait Kenton Cool, les bolts, les pitons, ça a changé la face de l'alpinisme. Quand une voie est équipée, c'est plus la même. Le style traditionnel, c'est autre chose. Mais du coup, Nims, tant que tu ne sais pas faire une descente en rappel sur la cascade de glace, tant que tu ne sais pas faire ton arrêt d'urgence, faire ci, faire ça, l'expédition ne commence pas. Tu restes au camp de base. Et si au bout de tant de jours, tu ne sais toujours pas le faire, c'est mort. Et ça, il fait des gros briefings sur ça les gens vu qu'ils ont payé ils y vont ils apprennent tu m'étonnes ils écoutent ils écoutent et ils font mais je trouve que c'est très
SPEAKER_01très
SPEAKER_00bien c'est une super
SPEAKER_01approche je
SPEAKER_00trouve plutôt que puis il est très pédagogue en même temps il met la pression aux gens mais de manière très pédagogue et les gens se laissent pas tirer par le col pour arriver en haut de la montagne ça c'est vachement important parce qu'on met pas que soi en danger aussi quand on
SPEAKER_01fait
SPEAKER_00ça clairement oui non ça
SPEAKER_01c'est clair mais oh là là ça me fait franchement
SPEAKER_00je sens que ça
SPEAKER_01te trigger ça fait un moment que j'y suis allé en 2019 au Népal et je suis revenu très content mais en même temps un peu déçu parce que je me suis dit punaise j'ai l'impression que c'est un pays incroyable à découvrir qu'il y a encore des zones peu touristiques la montagne vraiment sauvage et bon j'ai fait ce trek qui était pas particulièrement sauvage mais qui était quand même très bien. Mais du coup, ça fait un moment que je me dis que j'aurais bien y retourner. J'avais loué. J'avais lié des liens d'amitié avec un guide népalais super sympa sur place qui n'était pas mon guide par ailleurs, mais que j'avais croisé et avec qui j'avais marché quelques jours, qui nous a fait visiter Katmando ensuite. Vraiment très, très gentil. Et je réfléchissais, tu vois. Et puis, j'avais vu la Madame Lame. Enfin, moi, elle m'a marqué cette montagne. La forme, je ne sais pas. Il y a eu un truc, tu vois. Autant j'ai vu l'Everest, j'ai trouvé ça émouvant. Mais bon, OK, le Lotse... bon ok mais la madame Lam m'a marqué tu vois et donc ça fait un moment que j'ai tout ça qui me trotte en tête tu vois je me dis punaise mais tamé je serais bien allé explorer cette vallée est-ce qu'il y a autre chose à voir au Népal tu vois des coins vraiment reculés donc ouais là le fait d'en parler avec toi aïe aïe il va peut-être se passer un
SPEAKER_00truc là ça c'est intéressant parce que oui moi je suis ouvert après tu sais j'essaye d'y retourner tous les hivers là cette année c'est pas possible parce que on prépare un voyage au Japon alors du coup coup, ce n'est pas le même budget que le Népal. Mais l'hiver prochain, c'est quasiment sûr que j'y retourne. Et j'y retourne toujours au minimum pour un mois. Sinon, tu n'as le temps de rien. Ça devient dangereux de partir en montagne pour moins d'un mois. Mais explorer, c'est très bien ce que tu as dit parce que ça rejoint totalement mon point de vue aussi sur le camp de base de l'Everest. Là, sur la dernière XP, ma chérie, elle voulait aller au camp de base de l'Everest parce que c'est mis et en fait je l'en ai dissuadé je lui ai dit écoute on doit passer par Gokyo je te garantis que là si on a de la neige et tout mais Gokyo t'as jamais vu ça de ta vie quoi t'as jamais rêvé de ça alors que le camp de base t'as marqué Everest Base Camp sur un gros caillou et t'as plein de touristes qui font la queue avec leurs selfies ouais ouais et puis ils confondent l'Everest, le Lopsé, le Noupsé ils savent même pas ce qu'ils prennent en photo il y en a plein qui descendent même pas jusqu'à la cascade de glace alors que tu peux y aller c'est relativement accessible si t'as une paire de crampons tout le monde monte Calepatar et puis ça finit dans les lodges à jouer aux cartes au final ça manque cruellement d'intérêt et puis esthétiquement, d'un point de vue purement esthétique l'Everest je préfère le regarder depuis le sommet de Gokiopik et de me dire, ah cette montée que tu peux toucher du doigt alors que t'es à plusieurs kilomètres tu dis ça c'est le plus haut sommet du monde et en plus je suis en haut d'un petit sommet là à 5003 que t'as gravi à la sueur de ton front et te dire autour de moi j'ai accès à plein plein d'autres montagnes qui sont tellement plus esthétiques tellement plus belles qui dégagent vraiment autre chose c'est une pyramide géante l'Everest c'est que ça c'est pas
SPEAKER_01c'est pas fabuleux
SPEAKER_00en tant que photographe je suis
SPEAKER_01pas fan moi Je ne l'avais jamais vraiment dit avant. Moi, ça m'avait ému de le voir parce que par rapport à cette histoire d'accident, on m'avait dit que je ne pourrais plus faire de trucs comme ça. Il y avait un peu d'émotion. Mais c'est vrai que déjà, en anglais, on dirait ça… le terme c'est stand out tu vois et en fait t'as pas ça tu dis pas quand t'arrives tu dis pas ça c'est sûr c'est l'Everest tu vois comme tu peux l'avoir avec le Servin par exemple tu vois le Servin tu le sais tout de suite la Badablam c'est pareil je trouve l'Everest c'est moins évident tu vois c'est un peu quelconque et ouais je suis assez d'accord avec toi sur le camp de base nous tu sais quoi on était donc avec cette fameuse agence là je me suis retrouvé on était il y avait un couple qui avait pris réservé un truc avec l'agence et puis en chemin on a croisé un autre couple le gars a fait sa demande en mariage d'ailleurs au Cholapas et j'étais le photographe improvisé c'était assez énorme du coup voilà on était 5 et en fait les 5 on s'est dit mais on a même pas envie de pousser jusqu'à l'obuché tu vois enfin c'était on se retrouvait dans les caravanes de touristes en sneakers qui montaient pour le camp de base les hélicos et tout c'était un peu il y avait moins cette notion d'exploration en fait moi ça m'a vraiment surpris tu vois je m'étais dit punaise c'est pas du tout aussi isolé que ce que je
SPEAKER_00pensais on me demande souvent pourquoi parce que moi ma saison de prédilection c'est l'hiver et on me demande souvent pourquoi tu pars en hiver parce qu'il fait super froid il fait moins 30 la nuit moins 20 des fois le jour moins 15 quand ça va les conditions sont difficiles il y a personne il y a beaucoup beaucoup de colonies qui sont fermées mais justement voilà
SPEAKER_01pourquoi j'y vais en hiver je suis surpris que Gokyo tu disais qu'à Gokyo il y a tout le temps du monde même
SPEAKER_00l'hiver ouais en fait il s'arrange toujours sur des grosses colonies comme ça parce que Gokyo maintenant ça a été ça a bâti ça a beaucoup construit par rapport à il y a 10 ans par exemple il s'arrange toujours pour que tu
SPEAKER_01aies
SPEAKER_00au moins un lodge ouvert ok j'aurais pas cru tu vois et même Machermo tu vois si tu passes tout droit entre Namche et Gokyo tu passes par en suivant la rivière qui descend du Nozongba glacier euh t'as toujours au moins un lodge sur une colonie qui
SPEAKER_02est
SPEAKER_00ouverte je dis colonie depuis tout à l'heure parce que les villages et les colonies c'est vraiment pas pareil la colonie c'est de la vie artificielle tout est amené par hélico ou à dos d'homme ou à dos de bête mais naturellement on peut pas y vivre déjà la vie permanente à 4000 mètres 4500 mètres 5000 mètres c'est très très mauvais pour le corps c'est de la vie semi permanente uniquement Au bout de 6 mois, il faut redescendre, sinon ça ne se passe pas très bien, même pour les locaux. C'est pour ça que Namche est construit à 3004. C'est le très bon palier. C'est le juste milieu. En hiver, c'est autre chose. On a une ambiance vraiment plus locale, plus détendue, même sur Namche. Même sur Manang, dans les Annapurna, tous ces gros lodges remplis à craquer de trekkers qui regardent le pieds et qui avancent très vite avec leur bâton ne sont pas là et donc on rencontre des alpinistes des gens qui viennent découvrir mais à leur rythme avec ou sans guide et les rencontres qu'on fait aussi sont un peu plus
SPEAKER_01qualitatives bon écoute
SPEAKER_00go le Népal ok écoute j'ai l'air convaincu en tout cas c'est bien je suis un bon ambassadeur
SPEAKER_01Il faut que tu contactes l'office du tourisme népalaire en disant que c'est bon, tu ouvres une mission en France.
SPEAKER_00Pour seulement 650 euros, tenez un aller-retour pour Katmandou. En plus, disons-le, c'est une destination, même si les prix ont beaucoup augmenté depuis 5 ans, c'est franchement pas cher comme
SPEAKER_01destination. Tu vois, ça, c'est un autre truc par rapport à cette volonté d'aller explorer, de sortir un peu du circuit hyper touristique de Khumbu. C'est que quand ce guide dont je te parlais, avec qui on est devenus amis, quand il nous a fait visiter Katmandou, on a fait, je ne sais pas, trois rues après le quartier touristique. On mangeait... On était combien
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça n'a rien à voir.
SPEAKER_01On a mangé à 6 ou 7 pour les mêmes tarifs que dans les lodges pas très loin du camp de base de l'Everest pour deux personnes ou une personne. Et du coup, je me demandais... c'est une question pour toi. Est-ce que tu as des coins vraiment accessibles
UNKNOWN?
SPEAKER_01Des coins relativement accessibles pour des trekkers, que ce soit en hiver ou pas, mais qui restent relativement authentiques et où il y a des villages plutôt que des colonies
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, sur les grosses zones de trek, les villages, les vrais villages, ça va être compliqué. En fait, ça dépend avec quelle altitude, mais au-delà de Namche, par exemple, c'est compliqué après d'avoir des vrais villages parce Même Lobuche, même Ferrice. Ferrice, c'est des anciens villages d'éleveurs qui sont reconvertis en lodge. Tu vois encore ces structures, les carcas, les structures en pierre séchée qui sont toujours là parce qu'il y a toujours plus ou moins de yaks dans la région. Là aussi, il y en a vraiment de moins en moins par rapport à il y a 10 ans ou 20 ans ou même dans des années que je n'ai pas connues en Maroulette. que les Yaks, c'est en voie de disparition. C'est plus des villages. Après, Namche, dans la région de l'Everest, c'est plus des villages.
SPEAKER_01Et dans d'autres coins du Népal, vers le Manaslu
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est pareil. Dès que tu arrives en altitude, dès que tu passes les
SPEAKER_012008,
SPEAKER_00c'est compliqué de trouver un endroit où les gens vivent en permanence. En fait, il faut rester en dessous de la barre des 3000 et là, tu peux trouver plein de villages sympas. Tout ce qui est entre Lukla et Namche. D'ailleurs, on se faisait la réflexion avec ma femme quand on y était parce que on avait un peu de neige, tu as un petit rayon de soleil le matin. Là, tu as des villages même si tu as des gros lodges dedans, tu as toujours la petite maison à côté avec les gens ils ont trois chambres à louer et puis c'est tout et du coup ça fait une auberge de jeunesse ou ça fait auberge tout simplement et Là, tu te dis, franchement, si j'avais plus de temps, une petite semaine, là, à poser, juste à glander, à regarder les montagnes le matin, en bureau monté, discuter avec le patron, pourquoi pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et c'est plutôt là qu'il faut aller explorer, parce qu'il faut rencontrer des gens, des locaux, et puis voir les vrais gens, quoi, aussi. Enfin, les vrais gens, ils ne sont pas faux, dans les lodges, mais c'est comme comparer le plat pays en France et Chamonix, en
SPEAKER_02fait.
SPEAKER_00On n'a pas les mêmes populations, population. T'as des gens beaucoup plus éduqués à Annecy, à Chamonix, qu'au fin fond de la Haute-Saône, par exemple. C'est pas le même niveau social. donc en fait on compare les mêmes choses après il y a les les castes aussi qui jouent énormément au Népal sur l'accès à l'éducation le niveau d'éducation de chacun donc si tu veux aller vraiment voir le peuple les gens authentiques de la campagne faut pas trop monter en altitude tu peux aller dans la vallée de Katmandou n'importe où dans la vallée de Katmandou dans l'est du Népal il y a une ville qui est géniale qui s'appelle Dharan c'est la troisième plus grande ville du Népal j'y ai passé énormément de temps là-bas, c'est un passage obligatoire si tu veux aller dans la région du Makalu et du Konchenjunga. Et Dharan, c'est super. Tu n'as rien de touristique là-bas. Il y a quelques restes post-coloniales britanniques. Tu as une grande horloge au milieu sur la place principale. C'est le vrai Népal
UNKNOWN?
SPEAKER_00même pas trop dire ça, parce que Kathmandu, c'est le vrai Népal. Mais c'est autre chose. Ce n'est pas la capitale. On est dans une ville de province. Une grande ville de province. C'est comme Pokhara. Pokhara, c'est la station balnéaire du Népal. J'ai une amie qui a vécu cinq ans. Elle a levé son fils là-bas en partie. C'est génial. Quand tu es dans le coin népali, c'est génial. Après, si tu es dans la zone ultra-touristique au bord du lac et que tu ne traînes qu'avec des occidentaux, je suis un peu raciste envers les Blancs, mais quand je suis au Népal, Si tu vas au Népal pour traîner avec des Américains ou des Français, autant rester en France. C'est pareil partout. Comme je te disais, je suis un peu pourri de décoffrage sur certains trucs. C'est pour ça que j'ai appris le népalite très vite. Ah, tu parles népalite
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, ouais. Du coup, je me disais que vu que j'étais immigré, parce que je déteste le mot expatrié, parce que c'est un mot qui ne marche que dans un sens, j'ai remarqué. L'Afghan qui vient vivre en France, bizarrement, il n'est pas expatrié. C'est un immigré. Personnellement, vu ma situation économique quand j'ai quitté la France pour aller au Népal, j'avais plus une dégaine d'immigrés. Je me suis toujours considéré en tant qu'immigré. Je me disais, en France, on exige que les immigrés qui intègrent la société parlent français. Je ne vois pas pourquoi. Je vais continuer à parler anglais alors que je vis au
SPEAKER_02Népal.
SPEAKER_00Je me suis dit, c'est la base. Déjà, bonjour, merci, combien ça coûte
UNKNOWN?
SPEAKER_00Bonne journée, tout ça. Là, c'est la base. Qu'on vienne pour les vacances, pour deux jours ou pour dix ans, c'est la base. Et il y en a beaucoup qui ne le font pas. Alors que ce n'est franchement pas compliqué d'apprendre Namasté, Daniaval. Ce n'est pas compliqué. Euh... Et puis en plus, c'est une langue qui est assez accessible. Le népalais, ce n'est pas archi compliqué à apprendre. Encore une fois, moi, c'est mon expérience par rapport au Népal. Quand j'étais en Asie du Sud-Est, j'apprenais un peu au début à barrer, gouiner les langues. Et si je restais un peu plus longtemps, j'étais tout le temps intéressé pour avoir du vocabulaire. Parce que ça casse des barrières. Déjà, ça rend plus intelligent de parler plusieurs langues. C'est un fait. Quand on voyage beaucoup, on devient une meilleure personne aussi. Si on s'intègre comme ça et qu'on ne consomme pas le voyage comme j'ai pris une semaine à Chamonix. Ça, ce n'est pas du voyage. Donc, si on part une semaine à Marrakech, ce n'est pas du voyage. C'est autre chose. Mais si on reste trois semaines, un mois, deux mois, qu'on prend du temps et des petites économies et qu'on reste longtemps quelque part, apprendre la langue, s'intéresser aussi. Tiens, vous, alors, ça se passe comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Si vous cassez une jambe, vous avez la sécu poser des questions voir comment les gens vivent quand on rentre chez soi, qu'on a de l'eau chaude en tournant le robinet en une seconde, qu'on a de la lumière qu'on a de la clé dans la voiture, qu'on a une voiture qu'on a tout on se fait rembourser les soins pour plein de trucs même si on a une mutuelle pourrie même si on est au RSA avec la CMU on a droit à des choses on relativise sur beaucoup de choses de notre société on se plaint pas H24 en France je sais que c'est un sport national de se plaindre je suis très râleur moi-même depuis que je suis rentré je me rends compte que je suis redevenu un râleur professionnel je m'énerve moi-même Et en fait, on est des privilégiés.
SPEAKER_01C'est ça, la beauté des voyages, je trouve, quand tu es... Oui, des voyages, je pense, quelle que soit la destination, quand ça te sort de ton quotidien et que ça vient te rappeler quelque part qu'il y a plein de choses que tu considérais comme normales, acquises et finalement qui sont juste des avantages de fou, tu vois. Et ça, c'est vrai que... Moi, je m'en suis vraiment rendu compte grâce aux voyages, tu vois. Un truc tout bête, mais d'ailleurs, tu peux même aller dans des pays qui ont des niveaux de vie équivalents aux supérieurs nôtres. Moi, c'est en allant au Canada, en allant vivre et travaillé au Canada et aux Etats-Unis que je me suis rendu compte d'un truc tout bête c'est qu'on a le meilleur réseau autoroutier du monde c'est un truc de fou la qualité de nos routes tu vois les gens se plaignent souvent du tarif des péages je dis mais en fait va rouler aux Etats-Unis en France on idolâtre les Etats-Unis et le Canada va rouler tu fais 500 bornes au Canada aux Etats-Unis et puis tu viens me dire si finalement c'est pas cool qu'on ait des péages tu vois parce que quand tu te prends un e-pool à 120 km heure sur leur route complètement défoncé et que tu laisses ta voiture bah finalement voilà
SPEAKER_00D'ailleurs, l'Asie m'a rendu malade en transport depuis que je suis rentré. Parce que j'ai tellement pris l'habitude que quand tu prends la route, que ce soit un bus, une Jeep, n'importe quoi, pendant 5 heures, 7 heures, 10 heures, ça va être un tape-cul pas possible. Et que tu as des gars qui vomissent à côté de toi dans le bus parce qu'ils n'en peuvent plus et tout. Et en fait, c'est devenu la routine. Et quand je suis rentré en France, je peux être vraiment très très mal en voiture il n'y a pas longtemps j'ai fait un malaise mais vraiment un malaise à deux doigts de tomber dans les pommes parce que je n'étais pas au volant et que la route quand ça vire un virage il vire à plat en France la voiture reste tout le temps à l'horizontale en fait Et je me suis retrouvé comme un con, vraiment en mode, waouh, je vais tomber dans les pommes. C'est
SPEAKER_01bizarre. Un peu comme les marins qui ont le mal de terre quand ils reviennent
SPEAKER_00à terre. C'est de la résilience inversée qu'il faut que je travaille. Je ne suis pas assez résilient au confort. C'est bizarre
SPEAKER_02quand même.
SPEAKER_00Et du coup, le fait de voyager sur le long terme, j'incite toujours surtout les plus jeunes. Moi, j'ai été vachement influencé par ma famille. Par rapport à ça, famille de militaires, tous les hommes dans ma famille ont des histoires pas croyables à l'étranger dans le cadre de leur carrière militaire. Et j'ai été élevé beaucoup aussi par les femmes de ma famille qui nous poussaient, moi, mes cousins, à être autonomes, à aller jouer avec la terre et les bouts de bois et tout ça. Et mes parents m'ont toujours dit que le voyage, ça forme la jeunesse. C'est un dicton qu'on n'entend plus trop maintenant, je trouve. Et les plus jeunes, du coup, les gens qui ont la vingtaine maintenant, si vous êtes un petit peu autonome, que vous avez des économies, mais cassez-vous. Allez voir comment ça se passe ailleurs. Profitez d'aller voir maintenant. Ça ne veut pas dire d'aller vivre dix ans en Asie, mais déjà partir un mois peut-être aux Etats-Unis ou même en Angleterre, en Europe, en Norvège, en Espagne, au Portugal. Ce n'est pas les mêmes choses. Ils n'ont pas les mêmes situations que chez nous. En Afrique, comme je dis souvent, pour moi, l'Afrique, c'est le boss final du voyageur. C'est marrant que tu dis ça. En fait, je n'y suis jamais allé. Je n'ai pas envie d'y aller parce que j'ai trop d'histoires qui viennent du milieu militaire sur l'Afrique. Et je me dis, je n'ai pas le niveau. Pourtant, j'ai fait face à des trucs pas glorieux. On en a parlé tout à l'heure. Mais je me dis, l'Afrique, c'est autre chose. Tu vois,
SPEAKER_01on m'a toujours... voyageurs que j'ai rencontrés m'ont toujours pour eux le boss final enfin en tout cas moi c'est ce que j'en avais retenu c'était l'Inde d'un point de vue
SPEAKER_00humain tu vois alors l'Inde l'Inde ouais c'est l'Inde c'est le clash ouais j'ai pas mal de je connais pas mal de personnes qui sont allées en Inde et pour eux l'Inde c'était je sais pas si tu connais le film Mange Prième avec Julia Roberts c'était l'Inde avec les bossaris l'Inde de Mumbai de qu'on voit à la télé avec les bossaris lançants et tout c'était pas l'Inde avec des chiens crevés dans la rue des gens à qui il manque des bras qui font la manche quand même avec les pieds et des bidonvilles à perte de vue donc quand ils arrivent en Inde ils ont le syndrome du voyageur un peu comme les japonais qui arrivent dans le métro à Paris ils sont en sidération totale l'Inde c'est très
SPEAKER_01violent aussi j'avais fait l'Amérique du Sud pendant quelques mois avec un suisse qui était allé 16 fois en Inde, qui était amoureux complet de l'Inde et qui m'avait dit que ça lui était arrivé plein de fois en fait de croiser des occidentaux à l'aéroport qui étaient arrivés la veille en fait et qui repartaient qui s'étaient réveillés le matin à leur hôtel un tour dans la rue ils enjambent des corps sans savoir s'ils sont morts ou vivants et qui repartaient direct d'où ils venaient dans la
SPEAKER_00foulée après c'est un état d'esprit peut-être que je suis barjot mais quand je suis arrivé en Inde la première fois je me lançais dans le photojournalisme le reportage et je ne savais rien et tout et j'étais là pour en découdre quand je suis sorti de l'aéroport de Delhi je suis parti à pied jusqu'au premier arrêt de bus parce que je n'avais pas un dollar pour me payer le trajet en taxi c'était trop cher et quand tu sors de l'aéroport à 15 minutes à pied après tu traverses un bidonville donc là le côté ok il va falloir dissocier tout de suite ou alors je rentre tout de suite Il faut faire un choix. Et ça a été très violent pour moi aussi à ce moment-là. Et j'étais avec un pote à l'époque. Je n'étais pas tout seul. J'étais avec un pote qui avait pas mal baroudé, qui avait vécu deux ans en Chine, six mois au Mexique et tout. Et lui, il a levé le même goût que moi pour la poussière et la dégueulasserie, on va dire. Et en fait, quand on est arrivé dans le bidonville, il a sorti à une phrase... qui m'est resté longtemps et du coup, ça me fait rire parce qu'en fait, vu de l'extérieur, s'il y a des bien-pensants qui nous écoutent, ils vont tous trouver ça outrageux et impensable. Il me regarde et il me dit« Moi, j'aime bien les endroits bien crados comme ça. Là, on est bien là. Ça, c'est l'aventure.» En fait, sur le coup, c'était tellement en dehors de ce que moi, j'étais en train d'analyser. Je me dis« Ouais, il y a des gamins là, ils ont la lèpre ou je ne sais pas quoi. C'est la galère et tout.» Et puis, il me sort ça et du coup, j'ai dissocié tout de suite. Je me suis dit« On Tu ne peux pas aller quelque part et porter toute cette misère et te mettre à pleurer. Déjà, c'est presque indécent de faire ça. Tu viens pour découvrir, tu encaisses tout ce que tu as encaissé et puis c'est tout. Sinon, tu ne viens pas. Mais l'Inde, c'est vrai que c'est super violent. Super, super violent. La mafia aussi est très, très présente. Il y a beaucoup de faits divers avec les étrangers. Ça finit mal. Il faut éviter les grandes villes le plus possible. Delhi, surtout, c'est« rape city», comme on l'appelle. Ah oui, carrément. dans la presse ouais ouais c'est terrible Delhi ouais mais il y a des quartiers dans Delhi par exemple j'ai une pote qui travaillait à l'AFP elle a vécu deux ans à Delhi son quartier elle m'a dit elle n'a jamais eu de problème quoi donc c'est un peu comme
SPEAKER_02Paris
SPEAKER_00ouais il y a des coins on n'a jamais eu de problème et certaines personnes passent entre les gouttes aussi mais il faut quand même être faut pas trop regarder les reportages et la télévision et les films qui parlent de l'Inde parce qu'on parle ça parle que des bons côtés de l'Inde c'est comme C'est comme les gens qui pensent que la France, c'est la tour Eiffel, des mimes avec des pulls rayés et une baguette sous le bras.
UNKNOWNCe n'est pas ça.
SPEAKER_00Pour toi, le beau final, c'est l'Afrique. L'Afrique, je ne sais pas si je le ferai un jour. J'en sais rien. Peut-être qu'il y aura des opportunités. J'ai eu tellement d'histoires rapportées par exemple à l'Afrique du Sud, Johannesburg. Quand j'étais jeune photojournaliste, Mes idoles, c'était Kevin Carter et Osterman, qui étaient des grands photojournalistes pendant la guerre civile en Afrique du Sud. Je m'étais vachement intéressé à leur parcours. C'est un truc de taré. Les violences qu'il y a eu du temps de Mandela, quand il y avait le clash entre les Zoulous et... Alors, les Zoulous... Là, on part sur un autre truc. Je digresse. Enfin, bref. Je ne vais pas partir dans les détails politiques. Ce genre de truc qui date des années 90, ce n'est pas non plus il y a 10 000 ans. Il n'y a pas eu des meutes comme ça depuis très longtemps en France, par exemple. On est préservé de ça. Des gens qui se coupent à la machette dans la rue, qui brûlent vif des gens. Des trucs archi-violents. Et j'ai ces images, en fait, Et forcément que c'est biaisé. L'Afrique, ce n'est pas partout comme ça. Mais c'est
SPEAKER_01vrai que ce n'est pas évident.
SPEAKER_00C'est difficile. C'est
SPEAKER_01ça, parce que d'un côté, tu vois... En fait, j'ai parlé avec pas mal de gens sur le podcast qui ont eu des expériences en Afrique. Je ne sais pas s'ils ont réussi à passer à travers les gouttes ou s'ils sont passés par des coins qui ne sont finalement pas les coins dont tout le monde parle et qui ne représentent peut-être pas l'état vraiment général de l'Afrique. J'ai eu une invitée, elle a traversé solo l'Afrique à vélo en deux ans. Elle n'a pas fait deux ans non-stop, c'est c'est qu'elle a fait deux fois six mois, je crois. Elle a traversé l'Afrique solo à vélo. Un autre invité, Steven Oyari, qui a traversé des déserts en Afrique, la Namibie, etc. Un gars qui a fait la source du Nil, qui est au Soudan, je crois, de mémoire, jusqu'en Égypte, et qui n'a pas eu plus de problèmes que ça. Enfin, si, remarque, il s'est retrouvé… Oui, non, je dis des bêtises. Lui, il s'est fait attaquer à la machette. Mais… mais tu vois du coup parce qu'au final les histoires ouais ouais moi j'ai passé 6 mois dans l'Amérique du Sud franchement je te raconte certaines des histoires que j'ai vécues des étudiants j'étais en échange universitaire des mecs de la promo d'avant moi le gars il se réveille drogué à Lima il lui manque un rein enfin des trucs
SPEAKER_00ah bah oui je sais pas je sais pas pour moi l'Amérique du Sud pareil j'ai jamais mis les pieds à part la cordillère ça m'attire pas plus que ça donc de ce qu'on m'a rapporté, des gens qui ont vécu, je me dis que c'est comme l'Asie. Tu as les mêmes problématiques avec la mafia, mais ce n'est pas pire que l'Asie. Pour moi, c'est sur le même niveau. Il y a des bleds, tu rentres dans un pub, tu ne sais pas si tu vas en sortir. Parce que tu es dans le mauvais coin aussi, avec la mauvaise démarche, etc. Et l'Afrique, après, je vois toujours ça sous le prisme de quand j'étais photojournaliste. Par exemple... En 2014, il y a Camille Lepage, grande photographe française d'une vingtaine d'années qui s'est fait sniper alors qu'elle était à moto avec son pote. Elle vivait au sud de Soudan. Et en fait, elle, elle travaillait sur les enfants soldats. Je crois que c'était encore sur les histoires avec le général Cony, tout ça, qui continue d'ailleurs. Tout le monde se fout maintenant, alors qu'il y a quelques années, tout le monde était contre mais visiblement ça a l'air ok maintenant les enfants soldats, bref faut pas que je parle de ça parce qu'on va repartir sur les sujets de tout à l'heure mais du coup je me dis, cette nana elle avait l'habitude de l'Afrique, elle vivait là et parce qu'elle prenait des photos d'un truc qu'il fallait pas prendre en photo elle s'est fait sniper et on l'a retrouvée morte entre deux villages et je pense qu'il y a quand même pas mal des histoires comme ça. En fait, c'est surtout que quand tu es blanc en Afrique, c'est difficile de passer inaperçu. Alors qu'en Asie, c'est beaucoup plus simple. C'est beaucoup plus simple. Je pense qu'il y a le côté low profile. Tu ne peux pas te cacher. Tu es forcément le touriste, l'étranger. Et moi, j'essaie toujours de m'intégrer à un max quand je sors de l'Europe. j'aime pas me balader avec cette étiquette ah ouais mais moi je suis français et blablabla ça m'énerve je vais pas à l'étranger pour parler français ou pour faire de la propagande de la France donc à me dire que ouais là je vais dans un pays où du coup je peux pas me te
SPEAKER_01fondre dans la masse
SPEAKER_00quoi quelque part ouais c'est ça et puis paraître pour autre chose que ma nationalité c'est terrible ça en fait c'est
SPEAKER_01ouais c'est embêtant je comprends tout à fait moi ça me rendait un peu fou tu vois en Amérique du Sud quand on baroudait qu'on se retrouvait dans les petits villages etc que tu vas à la supérette et je me rappelle deux fois ça m'était arrivé de vouloir acheter une boisson excuse moi et que arrivé à la caisse devant la personne auprès de qui il fallait payer on m'annonce mais même si c'était pour 20 centimes tu vois 20 centimes d'euros il m'annonce un prix deux ou trois fois supérieur à celui que j'ai vu sur l'étiquette et quand je dis ah
SPEAKER_00oui ça c'est fréquent quand même
SPEAKER_01il me dit non non mais toi t'es un gringo et là tu dis ah punaise
SPEAKER_00oh là là tu
SPEAKER_01vois c'est ça ou le taxi qui essaie de te faire croire que c'est 45 dollars alors que tu sais très bien que c'est 45 en monnaie locale tu vois enfin bon bref ouais
SPEAKER_00le classique c'est pour ça qu'apprendre la langue souvent ça casse ça alors après en Amérique du Sud je ne sais pas si le fait de parler espagnol je pense que ça ouvre beaucoup de portes en vrai de parler espagnol moi je
SPEAKER_01parlais espagnol et écoute après je ne sais pas peut-être que comme je suis blanc 1m91 j'ai aussi du mal à me fendre dans la masse oui c'est vrai quand tu es grand on te voit de loin mais intéressant en tout cas je suis assez d'accord avec toi pour boucler la boucle sur le voyage je pense que les voyages c'est des en fait le fait d'être de te sortir d'un environnement que tu connais avec des codes que tu maîtrises tu vois une culture que tu comprends et que tu as assimilé ça te fait forcément ça en fait c'est une découverte un peu permanente et ça te fait questionner plein de choses et je trouve que ouais effectivement les voyages c'est aussi pour ça tu vois que j'espère retourner au Népal et faire vraiment de l'exploration du pays plutôt
SPEAKER_00que ah bah oui oui je t'exhorte à ça c'est ce que tu disais on parle le podcast parle de résilience et sortir de son cadre habituel c'est vraiment ça je pense que ça construit des meilleurs êtres humains je suis assez d'accord quand on a la chance d'y pouvoir y accéder c'est presque indécent des gens qui ont jamais utilisé leur passeport alors qu'ils sont nés en France par exemple c'est dommage ils sont passés à côté d'un truc pour moi après chacun fait ce qu'il veut de sa vie mais après je suis assez d'accord
SPEAKER_01avec toi sur la nuance entre le voyage et je sais pas comment le qualifier
SPEAKER_00mais et les vacances le tourisme en fait le voyager c'est pas être un touriste on m'avait fait la remarque la première fois que je suis arrivé en Inde alors c'est peut-être parce que j'étais un clodo aussi que j'avais pas un rond et que je faisais la route stop, bus que je faisais tout comme l'indien de base qui a pas de sous mais un jour il y a un gars qui m'a dit mais en fait toi t'es pas un touriste toi t'es un voyageur c'est pas pareil c'est bien il faudrait plus de gens comme ça et ça m'avait vachement poussé d'avoir ce retour là
SPEAKER_02justement,
SPEAKER_00de me dire c'est vrai que c'est le terme baroudé ça vient de là, tu fais la route tu sais pas trop où tu vas aller aussi quand je suis arrivé en Inde à la base je voulais aller au Népal en fait je voulais partir direct, arriver au Népal et puis me débrouiller faire mon bonhomme de chemin et c'est le pote avec qui j'ai voyagé qui m'a dit vu que l'Inde c'est à côté du Népal Julien, ça dit pas on atterrit à Delhi puis on va au Népal à pied on passe par Darjeeling et tout et du coup on a fait ça et ça a été mon dépucelage traverser le Rajasthan à pied et ça forme parce que après tu te sens autonome pour tout en fait quand t'es en voyage une fois que t'as fait ça souvent il y en a qui le font pas parce qu'ils sont pas accompagnés aussi j'ai eu souvent ce type de retour des gens en France qui sont dans leur petit confort et tout qui aimeraient casser ça mais ils ont un peu peur de partir seul à plus forte raison si c'est des filles et je les comprends il y a des coins même au Népal il y a des coins, c'est quand même un peu touché. Mais c'est une question d'état d'esprit aussi et d'essayer de jongler entre être dans la résilience, d'apprendre, de sortir du cadre, mais de garder un petit pied à la rigueur parce que c'est le début, un petit pied dans un peu de confort,
SPEAKER_01un peu de sécurité. Tu sais quoi, je ferai écouter cet épisode, j'ai une de mes sœurs qui prépare son premier voyage en solo et donc pour Noël, on lui a offert, puisque là on enregistre, on est le 27 décembre, on lui a offert une carte de l'Ecosse puisque c'est l'Ecosse sa destination et un guide de l'Ecosse donc ça va être son premier voyage solo solo et elle flippe tu vois mais je trouve ça chouette parce qu'elle a pris une destination c'est pas très loin c'est l'Europe enfin l'Europe non du coup c'est plus l'Europe mais voilà quoi mais oui je suis assez d'accord avec toi c'est vrai que faire le premier pas tout seul moi mon premier voyage solo je crois que c'était en Nouvelle-Zélande et j'avais 17 ans et franchement si j'avais été accompagné je pense que j'aurais un peu plus kiffer parce que c'était quand même un peu le flip tu vois partir tout seul le décalage horaire c'est tout bête mais l'anglais je ne maîtrisais pas l'anglais très bien mais bon ça fait des souvenirs de fou
SPEAKER_00tu vois bah oui oui c'est ça quoi puis après les gens qui ont peur bah sinon faites 2-3 ans de karaté avant et puis vous vous sentirez mieux dans vos baskets moi j'avais fait le judo donc c'est bon je ne l'ai pas dit mais avant d'être photographe avant de me lancer j'étais prof de karaté ah bah voilà bah j'ai 28 ans d'art martiaux derrière moi donc ça aide à se sentir bien avec soi-même ça sécurise un petit peu l'esprit de se dire bon je suis pas complètement démuni après face à un flingue ou un couteau en vrai on fait pas grand chose mais c'est une question d'attitude je pense on est pas en position de victime quand on est sur la route on est bien dans ses bases on regarde droit vers l'horizon et en général ça se passe bien du coup alors que la personne qui rentre un peu timorée je sais pas dans un bouillou bouillie, avec la tête rentrée dans les épaules et qui parle doucement. C'est cette personne-là qui va se faire un petit peu abuser comme un touriste. Parce qu'il y a une fenêtre. C'est une question d'attitude.
SPEAKER_01On a ouvert un paquet de portes. Ça allait bien plus loin que la photographie au Népal, mais c'était super intéressant.
SPEAKER_00J'espère que je n'ai pas trop de
SPEAKER_01digresse. Franchement, je me suis régalé en tout cas. J'espère que les auditeurs et les auditrices, ce sera le cas également, mais j'en suis sûr. Par quel message, toi, est-ce que tu voudrais conclure cet échange de plus de deux heures
UNKNOWN?
SPEAKER_01Encore du podcast d'ailleurs,
SPEAKER_00bravo pour ça. Du coup, ah bah ouais j'ai un record record de la technique pour le son et record du podcast super double record je vais conclure sur un message en fait c'est un message d'un jeune qui m'a envoyé ça sur Instagram alors s'il écoute ce podcast je sais pas peut-être qu'il se reconnaîtra et ça m'avait vachement touché et je me suis dit en même temps c'est vachement dangereux donc c'est un message pour les pour les jeunes qui ont 18-20 ans et qui sont pas encore sortis de France et qui ont envie et qui se donnent les moyens. Ce jeune, il m'a dit, moi, plus tard, je vais faire comme toi. Je vais partir dans l'Himalaya, explorer l'Himalaya en solitaire. Et quand j'ai lu ce message, j'ai fait, ah, ça fait plaisir. Puis tout de suite après, j'ai fait, oh là là. C'est-à-dire qu'il faut quand même faire les choses bien. Il ne faut pas attendre toute sa vie de se préparer toute sa vie parce qu'après, on s'offre des excuses pour jamais partir. Mais il ne faut pas non plus partir complètement à la zeub. Moi, je suis parti un petit peu à la zeub. Je suis un mauvais exemple. Mais j'avais 26 ans quand je suis parti, j'étais pas un bébé non plus quand on a 20 ans c'est pas pareil et puis j'avais déjà 15 ans d'art martiaux derrière moi j'étais droit dans mes bottes j'ai renseigné pendant 7 ans j'avais de la verbe, j'avais du répondant j'avais un caractère un peu tranché et je suis parti à l'aventure j'avais déjà bivouaqué, je savais faire plein de trucs déjà en fait des techniques de survie, plein de machins donc Préparez-vous un minimum en France dans un cadre relativement safe. Il y a des aventures à faire en France. Les Pyrénées, les Alpes, les forêts, il y a plein de choses à faire avec les secours pas loin. Et on peut se tester, on peut sortir un peu de sa zone de confort. Et si vous êtes jeune et que vous avez soif de mordre le monde, faites d'abord ça chez vous pendant un an, deux ans, trois ans. Et je vous garantis qu'après, quand vous allez prendre la vous serez carrément plus serein surtout si vous allez en Inde en Amérique du Sud ou dans le trou de balle de pays inconnus où personne ne vous retrouvera si jamais on vous mange voilà donc faites les choses sortez, voyagez mais pas n'importe comment à 100% non plus il faut toujours une part d'un peu voilà un minimum après il ne faut pas prévoir le voyage lui-même quand rien n'est prévu tout est possible mais tout est possible C'est une belle citation. Voilà. C'est pas de moi, c'est d'Antoine de Maximi. J'irai dormir chez vous. Quand rien n'est prévu, tout est possible. C'était mon leitmotiv quand j'ai commencé à prendre la route à l'étranger.
SPEAKER_01C'est plutôt un bon conseil. Julien, vraiment un grand merci. Je me suis régalé une fois de plus. C'était super, merci. J'espère que ça donnera envie à plein de gens de partir voyager, d'aller explorer des contrées lointaines et sauvage de sortir des sentiers battus en tout cas voilà moi c'est clairement il y avait un truc avec le Népal et là c'est bon c'est complètement réactivé la flamme brûle à fond donc je pense qu'on va il va falloir qu'on discute toi et moi après l'épisode la mène a qu'à bien se tenir c'est clair c'est clair vraiment merci beaucoup Julien et puis bah écoute bonne bonne préparation pour le prochain le prochain séjour hivernal au Népal et puis bah peut-être peut-être qu'on se croisera dans la vallée de Khumbu ou ailleurs qui sait ou à Katmandou ou ailleurs
SPEAKER_00dans les
SPEAKER_01années pour l'heure merci beaucoup Julien merci beaucoup Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour me laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité, à la semaine prochaine pour un nouvel invité.