Les Frappés

Johanne Humblet - Artiste funambule - Persévérer, innover et se construire grâce à l'échec

Johanne Humblet Season 3

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0:00 | 48:29

Johanne est funambule et directrice artistique de la compagnie des filles du renard pale.

Être funambule pour Johanne, c'est imaginer, préparer et réaliser des spectacles à grande hauteur (jusqu'à 55 mètres !) pour faire vivre des émotions à son public.

Et son approche et finalement la même que celle des plus grand sportif et des aventurières les plus engagées que j'ai pu accueillir sur le podcast : atteindre des objectifs ambitieux demande du travail. Encore et toujours plus de travail.

Finalement c'était son message le plus fort : la persévérance est la clé, qu'elle que soit votre discipline. Et comme dans le haut niveau, elle valorise l'échec.

Bref, un échange passionnant avec une passionnée adepte d'innovation en quête de libertés.

Merci Johanne !

🔎 Pour en découvrir plus sur la compagnie de Johanne, c'est par ici.

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SPEAKER_01

Un spectacle, c'est ça, c'est rassembler des gens. Un spectacle, c'est rassembler. Et du coup, c'est se questionner, se questionner ensemble. C'est réfléchir avec des gens qui n'ont pas forcément les mêmes façons de penser. Moi, je suis souvent confrontée à des gens qui ne comprennent absolument pas ce que je fais. Mais c'est ça aussi qui est intéressant.

SPEAKER_00

Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. L'échec fait partie de la construction. C'est sans doute le message que je retiens de mon échange avec Joanne Imblé, mon invitée de la semaine, qui est funambule et directrice artistique de la compagnie des filles du Renard Pal. Le métier de Joanne, c'est de faire naître des émotions à travers des spectacles physiquement et techniquement exigeants qu'elle exécute à des hauteurs allant jusqu'à 55 mètres. Vous l'entendrez, on parle tout autant de résistances de dépassement de soi et de détermination dans cet épisode que dans ceux des plus grands sportifs et aventurières que j'ai reçus. Merci, Johan, de nous avoir fait découvrir ton univers. Excellente écoute à vous les frapper. Salut Joanne

UNKNOWN

!

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Salut

UNKNOWN

!

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Ravie de te recevoir sur le podcast. C'est une première, je crois que je te l'avais dit en off, mais je n'ai pas encore vraiment reçu d'artiste au sens propre du terme. C'est la profession, donc je suis très très très content que tu sois là avec nous aujourd'hui pour nous partager ton parcours. Et ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par ça, par te présenter, nous expliquer qui est

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Joanne.

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Qui est Joanne

UNKNOWN

?

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Vaste question

UNKNOWN

!

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Vaste question pour recommencer

UNKNOWN

!

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je vais surtout parler de mon métier et de ce que je fais dans la vie du coup moi je suis funambule donc voilà du coup j'ai créé ma compagnie les filles du renard pâle et j'exerce ce métier depuis toujours, j'ai toujours fait ça je fais du fil depuis que j'ai l'âge de 8 ans voilà donc à la base j'étais fille de Ferris et maintenant je suis funambule donc je vais préciser la différence tu anticipes j'anticipe la question Du coup, la différence entre les deux, c'est que Phil de Ferris, c'est à moins grande hauteur, c'est à petite hauteur et avec, soit on est sans rien sur le fil, soit avec une ombrelle. Donc une ombrelle, c'est une espèce de parapluie, goutte d'eau ou autre qui appuie sur l'air pour aider à tenir en équilibre. Donc moi, je faisais sans rien. Et Funambule, c'est un travail à plus grande hauteur et avec balancier. Donc la grande barre qu'on a dans les mains qui nous aide à tenir en équilibre. Donc voilà, c'est deux métiers différents de façons de travailler l'équilibre différentes et voilà donc moi j'ai fait ma formation surtout en tant que fil de ferriste mais aujourd'hui je me considère beaucoup plus

SPEAKER_00

funambule c'est vraiment ce que je développe voilà avec excellent génial donc les filles du renard pâle génial et j'imagine qu'une question qu'on me pose souvent c'est comment est-ce qu'on tombe dans l'univers du fil que ce soit funambule, fil de ferriste qu'est-ce qui fait qu'à 8 ans tu t'es

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lancée là-dedans après comment on tombe dans cet univers, je ne peux pas répondre à la place des autres, mais je peux répondre pour moi, moi c'est très simple en fait, c'était un stage, un stage que ma mère m'a proposé de faire, comme je pourrais faire n'importe quoi, du handball ou du poney, peu importe, elle m'a proposé de faire un stage de cirque, et donc j'ai fait un stage d'une semaine de cirque, ça m'a beaucoup plu, on m'a inscrit à l'année, et en fait ça m'a vraiment plu, on m'a tout de suite proposé d'aller dans une académie un plus poussée de cirque, qui était plus proche de la maison, et voilà, et directement, j'ai choisi ce que je voulais faire, et c'était du fil, enfin de l'équilibre, voilà, du fil et de l'acrobatie, et donc j'en fais depuis l'âge de 8 ans, et voilà, j'en fais intensément, c'est vraiment une passion, alors voilà, c'est ce qui m'a plu directement, voilà. J'ai pas fait vraiment les autres agrès dans le cirque, généralement les petites filles, elles aiment bien l'aérien, le trapèze, etc., moi c'est Ça n'a pas été le cas. C'était vraiment le fil, l'équilibre. Je pense que ça demande aussi beaucoup de persévérance, beaucoup d'entêtement, certainement. Et puis, ça apporte quand même beaucoup de choses dans la vie. Il y a un parallèle qu'on peut faire beaucoup avec la vie. Le film nous renvoie beaucoup de choses et je pense que c'est un combat avec soi-même, pas contre, mais avec. C'est de la persévérance, c'est aller toujours plus loin voilà et c'est ce qui me plaît c'est ce qui me plaît dans la vie et dans tous mes projets c'est ce que je défends aussi c'est de pousser les limites aller plus loin prendre des risques pour avancer et je pense que j'avais déjà ça à l'âge de 8

SPEAKER_00

ans génial ouais ça allait être ma question du coup est-ce que t'arriverais aujourd'hui avec quelques années de recul à dire ce qui à 8 ans fait que t'as tout de suite accroché sur cet agréé là en particulier

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bah voilà c'est compliqué je pense que j'ai répondu je pense que c'était cette personne c'est cette cette concentration aussi parce que quand on est sur un fil il y a quelque chose de centré on est obligé d'être centré et dans la vie moi je suis plutôt très très actif très ouvert très voilà assez folle à donf et sur le fil il y a quelque chose de centré on n'a pas le choix aussi on est obligé d'être dans l'instant présent on est obligé d'être dans ce qu'on vit au moment même et du coup je pense que c'est ça qui me fait beaucoup de bien ça je pense pense que le fil permet de finalement de guider ma vie quelque part permet de me poser je pense que c'est pour ça que le

SPEAKER_00

fil a accompagné toujours ma vie ok parce que peut-être pour qu'on se rende compte si ça parle pas trop en termes de concrètement de performance d'exécution donc quand tu réalises comment tu qualifies c'est quoi c'est des projets artistiques des représentations ce que tu fais pour que j'utilise les bons

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termes alors il y a plusieurs choses mais donc il y a des spectacles des spectacles donc là moi je crée pas mal de spectacles mais aussi des performances il y a les deux moi je distingue un peu les deux donc un spectacle c'est comment moi je le définis par rapport à ce que je fais moi mais voilà c'est un spectacle écrit avec d'autres artistes de toute façon dans tout ce que je fais performance ou spectacle je suis jamais seule ça c'est très important c'est vraiment un travail d'écriture mais voilà dans les spectacles c'est des choses que j'écris en amont et puis voilà il y a tout un travail de création avec des résidences de création c'est un travail sur du long terme pour aboutir à une forme finale qui est un spectacle et qu'on joue soit en rue soit en salle ou en espace public ou peu importe dans n'importe quel lieu quel qu'il soit et les performances c'est des choses alors moi je les définis comme ça, plus atypiques, plus ponctuelles, plus uniques. Elles peuvent être répétitives, mais c'est des choses qui sont plus in situ. et puis j'aime explorer j'aime découvrir, j'aime rechercher dans tout ce que je fais il y a beaucoup de recherches et d'innovations aussi bien dans la technique pure de fil que dans l'ingénierie technique construction d'agrès que dans la façon de développer mon travail il y a beaucoup de nouveautés et c'est ce qui me plaît beaucoup

SPEAKER_00

dans la vie et donc Moi, j'ai découvert ça en préparant le podcast. Le fil, pour entrer un tout petit peu dans les détails, de manière à être un peu plus terre-à-terre, il y en a qui ne connaissent pas comme moi l'univers. Le fil, il a un diamètre qui est toujours le même, qui est toujours 12 mm,

SPEAKER_01

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le fil de ferriste, généralement, c'est 12 mm de diamètre. Après, il y a plusieurs choses. Il y a le fil en câble, d'acier, qui est généralement de 12 mm de diamètre, avec... en fil de ferriste c'est quand même une longueur généralement autour de 7 mètres généralement voilà après le fil de finambule moi aujourd'hui je travaille sur du textile donc c'est un matériau différent qui a un diamètre, alors moi j'aime bien travailler avec un diamètre fin donc je suis sur du 12 d'ailleurs ou du 13 mais souvent on utilise du plus gros ça peut être du 16 ou ça peut être un Le câble de funambule, c'est généralement sur du 16 mm de diamètre. Moi, je suis sur du fin parce que j'aime ça. Après, ça dépend des résistances, etc. Mais en tout cas, là, c'est un matériel différent. Après, tout

SPEAKER_00

ça,

SPEAKER_01

c'est la technique.

SPEAKER_00

Tu parlais de hauteur qui est un peu la principale, ce qui différencie principalement le fil de ferisme et le funambulisme. Je ne sais même pas si ça se dit. donc toi t'évolues à quelles hauteurs aujourd'hui

SPEAKER_01

maintenant que t'es finambule moi je suis montée jusqu'à 55 mètres de haut c'est ce que après pour moi le plus important c'est pas la hauteur c'est ce qu'on fait sur le fil c'est ça qui est intéressant je trouve que 55 mètres c'est chouette c'était plus quelque chose de très personnel moi j'ai beaucoup aimé être montée si haut mais j'aime bien moi la hauteur en tout cas pour les grandes traversées finambules la hauteur que j'aime bien c'est plutôt 30 35 mètres quelque chose comme ça parce qu'on on reste quand même proche des gens. Parce qu'en fait, les traversées que je fais, ce n'est pas juste une prouesse technique. C'est vraiment un... c'est vraiment quelque chose d'artistique. On raconte une histoire, on développe quelque chose et on vit quelque chose avec le public, avec les gens. Il y a toujours de la musique en live dans tout ce que je fais. Les musiciens sont là, sont sur place et il y a vraiment quelque chose qu'on raconte sur mon fil. Il y a plusieurs parties. Je développe un travail avec plusieurs balanciers différents, avec des formes géométriques différentes dans le ciel. Et il y a une histoire, il y a vraiment une cape que j'ai au début, que j'enlève. L'idée de la traversée, donc dans Respire, le spectacle grande traversée que je propose s'appelle Respire. Et dans Respire, il y a vraiment une histoire d'enlever les peaux petit à petit, s'assumer en tant que femme, parce que je suis une femme, s'assumer en tant que femme et retirer ses peaux, se dévoiler. Puis alors, les rigueurs, les cordistes, les personnes qui m'accompagnent dans l'installation Philambule sont en scène. Ce sont des loups, des personnages qui sont représentés par des loups. Et du coup, ils sont là, ils sont présents et puis à la fin j'ai une rencontre avec le loup de l'arrivée de l'objectif et finalement j'atteins jamais mon objectif je vais jamais jusqu'au bout parce qu'une traversée funambule on part d'un point A pour arriver à un point B et moi dans mon envie de toujours déjouer les attentes et justement pour surprendre le public et puis raconter des choses je n'arrive jamais à ce point B et en fait j'ai cette rencontre avec ce loup qui finalement arrive sur le fil et en fait je descends avec lui voilà par un moyen d'évac enfin d'évacuation donc je descends avec lui j'arrive au sol et je dompte mon loup donc on finit par voilà quelque chose où je dompte mon loup j'arrive au sol et en fait pour moi c'est chouette cette fin parce que cette fin donc j'arrive au sol et ça montre aussi aux gens que en fait quand je redeviens à taille humaine proche des gens ils voient que je suis pas quelqu'un de surhumaine du tout je suis comme vous moi comme n'importe qui voilà, et que je ne suis pas une surhumaine, pas du tout être funambule, c'est un travail, c'est quelque chose que j'ai travaillé pour arriver, enfin voilà, c'est une pratique, c'est de la persévérance, comme je le disais tout à l'heure, c'est vraiment une pratique avec beaucoup de technicité, mais qui est quelque part à la portée de tous et toutes, en tout cas tous ceux qui ont envie de le faire, et dans les messages que je veux dire, c'est de dire, ben voilà, en fait, si on a envie d'atteindre un objectif, ben il faut se donner les moyens pour y arriver, et on peut y arriver, et dire que ben voilà, c'est moi là j'ai fait une grande traversée qui paraît folle pour pas mal de personnes mais en fait c'est possible et je suis humaine comme tout le monde et voilà c'est un peu tous les messages que je fais passer durant cette traversée donc voilà c'est pas juste une prouesse technique la prouesse technique elle est là, elle est clairement là parce qu'en plus je vais très loin dans ce que je fais techniquement mais elle sert un propos artistique et elle sert un message que je veux faire passer à chaque pas que je fais sur le fil. Plus que pas d'ailleurs parce que je ne fais

SPEAKER_00

pas que marcher sur le fil. Est-ce que tu évoquais le fait de faire prendre conscience aux gens que finalement tu es humaine, que... de peut-être souligner l'importance de quand on a un objectif, on peut l'atteindre si on s'en donne les moyens, etc. C'est finalement la mission des filles du Renard Pal quand tu l'as créée ou pas forcément

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que tu vois cette notion d'éveil, d'encourager à passer à l'action, de croire en ses compétences

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Mission, je ne sais pas. Je ne sais pas si c'est réellement une mission. En tout cas, ce n'était peut-être pas très conscient. Mais j'ai créé la compagnie, pour juste retracer, j'ai créé la compagnie Les filles du Renard Pal il y a six ans. et demi à peu près en 2016 en août 2016 et je l'ai créé dans l'objectif premier à la base de créer mon premier spectacle qui s'appelle Résiste donc voilà il y a déjà le mot le nom du spectacle est important et en fait c'est un triptyque Résiste le premier volet du triptyque Respire dont j'ai parlé les grandes traversées funambules qui est le deuxième volet du triptyque et Révolte qui est le vrai titre c'est Révolte ou tentative de l'échec qui est le troisième volet du triptyque qui est aujourd'hui un spectacle en création qui sortira en octobre 2023 et donc ces mots là racontent déjà beaucoup de choses donc résiste, respire, révolte et du coup c'est sûr que ça alors c'est pas une mission mais c'est des choses que moi je veux raconter c'est en fait je pense que c'est juste en fait ces spectacles c'est moi qui les écris les projets de la compagnie c'est moi qui les écris et du coup c'est des une énergie qui sort de moi et du coup voilà ce qui sort de moi c'est cette volonté là de de faire partager aux gens une énergie, un engagement qu'on peut avoir dans la vie. Je suis quelqu'un de plutôt très optimiste, de très engagée dans la vie, en tout cas dans l'engagement physique, certains, mais aussi moral. Et j'ai envie de partager cette énergie et de dire que dans la vie, mes messages premiers à chaque fois que je veux faire passer, c'est ça, c'est dire que dans la vie, il faut prendre des risques pour avancer. et alors sur le fil, évidemment, c'est très clair et très symbolique, et je l'exprime de manière très visuelle, mais en tout cas, pour moi, j'ai vraiment envie de dire que dans la vie, il faut prendre des risques pour avancer, quels qu'ils soient, et un premier, souvent, ce que je dis, une phrase que je dis tout le temps, c'est pour moi, un des plus grands risques dans la vie, c'est aimer, et pourtant, on prend tous ce risque-là, et je le dis de manière très sincère, parce que voilà, parce qu'on a peur de souffrir, on a peur de pas mal de choses, mais pourtant, c'est tellement beau et on vit tellement de beaux moments que finalement on prend ce risque là et ben voilà c'est à plus grande échelle ou pas en tout cas il faut risquer la rencontre risquer l'inconnu pour avancer et aujourd'hui encore plus que que tout, c'est un message que je veux faire passer, parce qu'on vit dans un monde qui est de plus en plus aussi autour de la sécurité, sécuritaire, on nous retire quand même beaucoup de libertés, de plus en plus, et moi, ces libertés, je veux les prendre, et je veux pas qu'on me les retire, et souvent, on me dit, mais là-haut, mais on t'empêche pas de faire ça, tu mets pas de longe de sécurité, je fais non, non, je refuse de travailler avec une longe de sécurité, parce que c'est pas mon travail, enfin, en tout cas, moi, ce n'est pas ce que je veux faire, alors il y en a qui le font très bien mais moi c'est pas ce que je veux faire, je ne fais pas que marcher sur un fil donc l'allonge elle m'empêcherait de faire tous les mouvements que je veux faire et puis dans ma tête il y a vraiment quelque chose d'important, en fait si je m'accroche ça veut dire que je me laisse la possibilité de tomber et c'est pas le même engagement c'est pas le je suis pas dans le même état d'esprit quand je suis sur le fil alors évidemment quand je travaille les figures avant, ben voilà je les travaille avec toutes les sécurités qu'il faut, etc. Mais quand je suis là-haut et que j'exécute ce que j'exécute, je suis sûre de moi à 100% et je ne me mets pas en danger. Jamais. Je ne me mets jamais en danger. Je prends des risques, mais ils sont toujours calculés. Et avant même d'imaginer la chute, il y a tellement d'étapes que non, je ne... la chute n'est pas

SPEAKER_00

envisageable ça c'est un aspect je ne sais pas si c'est une spécificité si vous êtes nombreux finambules à évoluer sur le fil sans longe mais oui quand j'avais découvert ça dans ta pratique moi ça m'avait vraiment marqué d'autant plus comme tu dis que tu es vachement haut 20, 30, 50 mètres s'il y a une chute c'est

SPEAKER_01

compliqué 20, 50 c'est pareil même à 10 même en tombant d'une

SPEAKER_00

marche on peut... Non, mais clairement, tu vois. Et c'est vrai que spontanément, je me suis dit, punaise, mais c'est hyper risqué. Et en fait, par rapport à ce que tu viens d'expliquer, que l'engagement n'est pas du tout le même et que, évidemment, tu es préparé, etc. En fait, tu vois, la première fois que je l'ai vu, je me suis dit, punaise, est-ce que ce n'est pas limite irresponsable, tu vois, devant un public, etc. Et en fait, avec ce que tu viens d'expliquer, ça me fait penser à une autre personne, alors que je n'ai jamais eu la chance d'avoir sur le podcast. Peut-être que tu connais, qui s'appelle Alex

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Honnold.

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Non.

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qui fait du free solo, donc de l'escalade solo, free, donc

SPEAKER_01

c'est-à-dire… Il

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y a beaucoup de parallèles avec ça, bien sûr. Oui, qui a zéro sécurité et qui est… Alors, je ne sais pas si c'est un record ou si ça a été le premier à le faire, mais il a gravi El Capitan, qui est un peu une face mythique, en free solo. Mais il expliquait, donc quand tu vois ça, tu vois la première fois, tu te dis, mais le mec est fou,

SPEAKER_01

c'est-à-dire que… À chaque fois, c'est ce que j'expliquais, c'est que ce n'est pas pour la prouesse technique ou pour la performance. C'est vraiment quelque chose que je partage avec le public et qui est dans une forme artistique avant tout. Et justement, je suis là pour rassurer les gens, pas pour leur faire peur. Je vis les choses avec eux et tout ce que je propose est amené, est réfléchi. Et c'est vraiment pour passer un moment poétique avec des messages derrière, et plus que poétique, évidemment que je joue avec les émotions voilà je joue avec les émotions des gens mais je fais attention au public je sais que j'ai une responsabilité énorme et c'est pas pour faire souffrir les gens pas du tout et c'est pas juste dans un but uniquement de se dépasser c'est vraiment pour vivre un moment ensemble et qui est aussi dans la réflexion mais je pense qu'il faut pas s'arrêter juste à la notion de longe pas longe en fait finalement peu importe on s'en fout de ça vraiment ce qui est important c'est ce qu'on vit là-haut et c'est ce qu'on vit ensemble avec le public et d'ailleurs ce qu'on vit là-haut parce que les gens se projettent aussi beaucoup et pour moi là-haut c'est vraiment un endroit de liberté quand je suis là-haut je me sens libre et c'est ça que je voulais dire avant tout c'est que souvent on dit c'est pour ça que je voulais parler de la longe de sécurité c'est que souvent pour rassurer les autres on me demande de mettre une longe moi une longe quelque part me met plus en danger parce que je ne peux pas exécuter les bons mouvement ou alors si j'ai une ceinture autour de moi en fait elle me gêne et du coup pour rassurer les autres on me dit bon alors tu vas mettre une longe parce qu'il croit que du coup je serai plus en sécurité alors que ça me met plus en danger et on trouve ça un parallèle avec la vie aujourd'hui on nous restreint dans toutes nos libertés pour soi-disant notre sécurité mais finalement est-ce que c'est vraiment pour nous, est-ce que c'est vraiment pour notre sécurité, est-ce que ça nous met pas plus en danger et voilà et ça c'est une vraie question qu'on peut se poser et finalement moi je pense que apprendre à gérer notre espace moi là-haut c'est mon espace je suis en liberté je gère mon espace et si jamais on vient vouloir le contrôler on va me mettre en danger j'ai appris à vivre dans cet espace je me suis confrontée à des difficultés à des endroits mais j'ai appris mes limites et comme j'ai appris mes limites je connais mon espace et finalement je suis en sécurité Parce que moi, je gère mon espace. Mais si jamais on ne me laisse pas expérimenter, si on ne me laisse pas essayer de me confronter aux limites, à essayer de dépasser les limites, à apprivoiser mon espace, finalement, là, je suis en danger. et je risque des choses

SPEAKER_00

donc voilà c'est facile de faire le parallèle avec la vie ouais non mais c'est clair et tu vois finalement pour boucler la boucle avec Alex Honnold en fait quand tu lis un peu l'histoire parce que c'est pareil au début tu vois quand son record a été annoncé c'était ah mais il est complètement fou à quel intérêt de faire ça en fait il expliquait qu'il a travaillé ça pendant des années et des années et des années pas dans un recherche de performance en fait il connaissait chaque prise absolument par coeur il pouvait se faire l'ascension complète les yeux fermés et donc à ce titre que finalement l'accessoire de sécurité un peu comme tu le dis aurait été plus une entrave qu'autre chose parce que c'est la façon dont il fait de l'escalade depuis des décennies

SPEAKER_01

et que voilà c'est un travail c'est quelque chose qu'on travaille énormément qu'on développe on y passe des années des années et des années d'entraînement évidemment que si quelqu'un qui ne connait rien il veut faire la même chose que nous évidemment ça ne va pas marcher mais ça c'est pareil pour tous les métiers pour pour tout en fait évidemment que quand on veut aller loin quelque part c'est de l'entraînement c'est beaucoup de persévérance encore une fois c'est pas du jour au lendemain qu'on l'acquiert et du coup les personnes qui arrivent et qui disent bon moi je connais c'est quoi les règles donc du coup je vais t'empêcher de faire ça ça ça ou tu vas le faire de cette manière là ben non ça ne marche pas donc voilà et puis voilà dans la vie il faut arrêter de vouloir contrôler les autres. Je pense que on est en train d'infantiliser tout le monde et je pense qu'il faut qu'on responsabilise les gens et qu'on laisse vivre les gens leur vie et qu'on laisse assumer les choix de chacun et chacune et qu'on arrête de vouloir contrôler ce que chacun et chacune veut faire dans la vie. Allons-y, il me semble. C'est aussi se confronter aux autres, encore une fois, dans cette prise de risque, etc. Le spectacle, c'est ça, c'est rassembler des gens. Un spectacle, c'est rassembler. Et du coup, c'est se questionner, se questionner ensemble, c'est réfléchir avec des gens qui n'ont pas forcément les mêmes façons de penser. Moi, je suis souvent confrontée à des gens qui ne comprennent absolument pas ce que je fais. Mais c'est ça aussi qui est intéressant, c'est de confronter nos avis qui divergent, y réfléchir, nous faire avancer, aller toujours plus loin en fait. Mais pour ça, il faut garder une ouverture, il faut garder... voilà une envie de diversité et puis pas

SPEAKER_00

imposer aux autres

SPEAKER_01

nos choix et puis

SPEAKER_00

surtout prendre des risques dans la vie quoi alors c'est plusieurs fois que tu évoques tu vois la prise de risque la persévérance tu dirais que qu'est-ce qui est quelle qualité ou en tout cas qu'est-ce que tu as su développer toi qui fait qu'aujourd'hui tu es capable d'exécuter le type de performance que tu exécutes que ce soit d'un point de vue physique alors forcément je connais un rien à ton univers. Mais spontanément, je pense à l'équilibre. J'imagine que c'est un truc que tu as dû apprendre à gérer de mieux en mieux. Mais je suppose qu'il y a plein d'autres choses, notamment sur le mental. Comment est-ce que tu appréhendes, tu vois, le fait, encore une fois, tu n'as pas ce fil de sécurité, tu n'as pas cette option de

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tomber.

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Tu dirais que ça a été

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quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Déjà, c'est évidemment un travail physique intense, ça c'est sûr. Il faut une forme physique et des capacités physiques qui sont propres à ce travail qui est spécifique.

SPEAKER_00

Tu peut

SPEAKER_01

être lourd et finambule d'ailleurs question un peu bête après on fait pas tous les mêmes choses en fait tout dépend de notre corps après on développe les choses qui nous plaisent et puis notre morphologie on la travaille c'est quelque chose qu'on travaille on va dans le sens de notre corps mais on développe notre corps pour aller là où on a envie d'aller donc voilà le corps il s'adapte Pour aller là où on lui dit d'aller. Donc voilà, évidemment qu'on façonne physiquement notre corps. Après, oui, je pense qu'il faut avoir une... la tête dure ou je sais pas très bien quoi après moi je l'ai pas appris je pense que c'est quelque chose qui s'apprend moi je l'ai appris sur le tas avec l'expérience mais c'est sûr que quand on est là-haut faut pas laisser nous envahir ni par des pensées négatives ni par des pensées positives souvent je dis que elles sont tout aussi dangereuses et l'une et l'autre parce que souvent on pense qu'à des pensées négatives mais on peut avoir des montées d'angoisse ou des petites choses mais il faut vite les contrôler et vite les mettre de côté il faut être dans l'instant présent il ne faut pas commencer à réfléchir à ce qui peut arriver que ce soit une angoisse, quelque chose de négatif ou même quelque chose de positif, où on est trop à l'aise là-haut, c'est trop bien et qu'on commence à réfléchir à ce qu'on va faire demain, tout à l'heure enfin peu importe c'est tout aussi dangereux parce qu'il faut être à ce qu'on fait et c'est ce que j'aime là-haut, c'est que on vit l'instant présent, je ne peux pas l'expliquer autrement.

SPEAKER_00

Et ça comment tu le fais t'es là-haut tu vois que ce soit tu te rends compte déjà que t'as des pensées négatives ou au contraire peut-être un relâchement parce que euphorie machin comment t'arrives à tout de suite te recentrer parce que je suppose que ça va être fait en un millième de

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seconde

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oui c'est très rapide

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comment

UNKNOWN

?

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c'est très rapide bah c'est en fait là-haut déjà tous les sens sont en éveil il y a quelque chose le corps il est en alerte donc il y a un état de corps et d'éveil qui est assez énorme et qui est trop beau à vivre donc Et puis oui, le temps, il n'est pas le même quand on est là-haut. Après, comment, je ne sais pas, je pensais juste, voilà, on sent une pensée qui nous envahit, c'est non, hop, soit ce que tu fais, et puis voilà, on est à ce qu'on fait. Mais je ne sais pas, je ne peux pas expliquer comment, ce que je me dis pour y arriver, en tout cas, il faut y arriver parce qu'il n'y a pas le

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choix.

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Oui.

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du coup je sais pas c'est l'expérience à force de le vivre que ça s'est construit comme ça c'est pas quelque chose qu'on m'a appris c'est quelque chose et

SPEAKER_00

tu dirais quel est le rôle de la respiration dans tes

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performances

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

moi je suis pas très douée pour tout ça même si le spectacle s'appelle Respire justement je pense que c'est une touche de respiration pour moi parce que je suis plutôt quelqu'un de très actif dans la vie et d'assez speed et mais quand je suis là-haut je respire et je suis bien mais je suis pas quelqu'un qui pratique ni de la méditation ni du yoga ni tout ça pas du tout je suis vraiment pas douée pour tout ça faut que d'ailleurs ce serait bien que j'apprenne un peu mais je pense ma pratique m'oblige c'est un peu ce que je disais au tout début que je pense que le fil c'est pas pour rien que je fais du fil et qu'il m'accompagne dans la vie. Je pense que quand je suis sur le fil, de manière naturelle, c'est quelque chose qui m'apaise et qui... Enfin, voilà, qui... Voilà, je suis dans ce que je fais. Et dans la vie, pas trop. Je suis plutôt très active à réfléchir à plein de projets et à monter plein de projets. Et voilà. Donc, du coup, ce n'est pas quelque chose que je pratique à côté. Mais quand je suis sur le fil, pareil, je pense que c'est la pratique qui m'oblige à respirer. Mais voilà, je suis la très mauvaise personne pour parler

SPEAKER_00

de tout ça. Je te posais la question parce que quand t'expliquais... tu vois cette notion d'être focus dans l'instant d'éliminer les pensées parasites qu'elles soient négatives ou pas en fait j'avais un peu l'impression d'entendre enfin c'est comme si j'entendais tu vois un maître d'art martial t'expliquer ce qu'il faut faire avant de tirer une flèche tu vois ou tirer à l'arc et très souvent dans les arts martiaux la respiration elle doit être consciente parce qu'elle a un rôle hyper important que ce soit enfin

SPEAKER_01

surtout pour la c'est complètement lui c'est juste que moi je sais pas en parler parce que je pense que je le fais de manière naturelle mais c'est pas c'est pas quelque chose que, encore une fois, qu'on m'a appris, ou c'est pas quelque chose que je conscientise à côté de ma pratique. Voilà, donc c'est un peu difficile pour moi d'en parler, mais c'est exactement ce qui se passe là-haut, et c'est ce que je fais, et je pense qu'il y a plein de ponts à faire, oui, avec les arts martiaux, enfin, avec plein d'arts, et plein de pratiques, en effet.

SPEAKER_00

ton public est-ce que tu arrives à avoir des retours comment est-ce que tu fais pour jauger la réaction voir les émotions que ça suscite sachant que tu es assez haut donc est-ce que tu arrives quand même à avoir ce lien à avoir des

SPEAKER_01

retours il y a un lien indéniable entre le public et moi et même si je suis à grande hauteur déjà le public m'impressionne c'est pas C'est pas moi qui impressionne le public, c'est le public qui m'impressionne. Par exemple, quand tu as 10 000 personnes qui sont là, reliées dans une place, ou plus, d'avoir un silence ou d'avoir une espèce de tension qui est palpable, qui est même plus que palpable c'est hyper impressionnant et on entend, on sent les gens respirer et puis comme je disais je joue avec les émotions parce que c'est un spectacle donc on joue avec ça on manipule les émotions dans le sens beau du terme de la manipulation mais en tout cas on le travaille pour raconter une histoire ensemble et pour vivre des choses ensemble. Et du coup, les émotions, elles sont guidées, amenées pour aller dans un même chemin ensemble. Et du coup, oui, c'est complètement palpable. On est ensemble. Quand je suis là-haut, je suis avec les gens avant tout. Quand je suis là-haut, je ne suis pas concentrée sur moi. Je suis concentrée sur ce qui se passe et ce qu'on est en train de vivre. Encore une fois, l'instant présent. Mais je ne suis pas concentrée sur moi, pas du Je ne suis pas en train de réfléchir à ce que je fais, comment je le fais. Je suis en train de vivre ce que je fais. Et du coup, dans le vivre, il y a ce qui se passe autour de nous. Je ne suis pas dans une bulle. Pas du tout. Ma bulle, elle est totalement éclatée. Je suis attentive à tout ce qui se passe. Et justement, encore plus, comme je disais, on est en éveil là-haut. Les sens sont beaucoup plus en éveil. Il peut y avoir un bruit très lointain ou une brise de vent ou une mouche ou quelque chose. Tout ça c'est le corps il en éveille donc on est sensible à tous ces petits éléments donc le public c'est pas un petit élément pour eux aussi donc du coup et puis avec les musiciens aussi les musiciennes avec qui je travaille ils font aussi le lien entre le sol, les airs et même plus qu'un lien parce qu'ils envoient de la dynamique puis à des moments ils me calment puis à des moments ils le reçoivent enfin c'est voilà ce sont des mots pour guider aussi l'histoire. Les rigueurs aussi qui sont là. Comme je disais, pour créer un spectacle, il y a une équipe derrière. Une équipe qui est énorme. C'est beaucoup de monde. Parce que nous, on est les personnes qui sont en lumière, mais il y a beaucoup de gens dans l'ombre pour pouvoir créer un spectacle. Il y a toute la partie administrative, que ce soit la presse, la prod, la diff. Bref, il y a beaucoup de monde, dans toute la partie bureau associatif et autres de la compagnie. Après, il y a toute la partie technique, que ce soit les différents régisseurs, son, lumière, les rigueurs, cordistes, que ce soit les ingénieurs, constructeurs, parce qu'on travaille aussi avec des nouveaux matériaux, avec des nouveaux agrès, parce que moi j'aime innover, construire. Donc du coup, il y a toute cette partie aussi technique. Après, il y a des études aussi, bureau de contrôle, études, etc. Après, il y a toute la musique, donc tous les compositeurs, musiciens, musiciennes, etc. Après, il y a d'autres circassiens, circassiennes avec qui je travaille aussi, que j'emmène assez loin aussi dans des envies de spectacle. Après, il y a tout ce qui est com, Donc, tout ce qui est teaser, photo, tout ce qui est... Enfin, voilà, toute la partie communication et autres. Après, j'en oublie plein, plein, plein, mais il y a aussi toute la partie illustration, graphisme. Puis, dans la prochaine création, on crée aussi une BD en parallèle. Donc, voilà, là, c'est encore plus mis en avant. Après, il y a... Voilà, les régisseurs généraux. Il y a énormément de monde qui... qui oeuvrent pour qu'un spectacle puisse être monté.

SPEAKER_00

Justement, Quand tu pars d'une page blanche au moment de la création d'un spectacle, c'est quoi les grandes étapes par lesquelles tu passes au tout début

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que tu commences par l'objectif, c'est-à-dire l'impact que tu veux qu'il ait sur le public

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il y a d'autres choses, des messages que tu veux faire passer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est quoi le point de

SPEAKER_01

départ

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je peux parler du triptyque, donc du triptyque que j'ai fait, donc Résiste, Respire et Vote. Moi, je suis partie d'une envie, d'une envie de base. J'avais Résiste, j'avais des sentiments et une envie de partager une émotion enfin voilà de la résistance je voulais au début que enfin là c'est un spectacle où le fil tombe enfin il tombe de deux mètres enfin il s'incline et il bouge enfin voilà c'est une structure nouvelle qu'on a créé pour ce spectacle et j'avais envie que en fait le message que je voulais passer c'est coûte que coûte quoi qu'il arrive on tient bon on résiste et quand tout s'effondre autour de nous et bien il faut juste voir les choses d'une autre manière parce que les paramètres ont changé mais on peut continuer d'avancer et et donc ce spectacle, c'est ça, ça raconte ça, donc du coup, est venue l'idée de cette structure nouvelle, est venue, enfin voilà, donc je pars d'une envie de raconter quelque chose, et après, avec ma technique, et avec une technique qu'on peut inventer, et des nouvelles figures, etc., on réfléchit à comment le mettre en scène et l'exprimer, donc je passe par une, enfin là, par exemple, pour Evolt, j'ai fait une semaine de résidence d'écriture, où vraiment j'ai passé du temps à écrire le spectacle, etc., et puis après, je me fais aussi accompagner en aide à la mise en scène, aide au chorégraphie etc enfin quand on est en résidence de création où là on travaille la réalisation du spectacle et là je me fais aussi aider parce que je suis dans le spectacle aussi donc je peux pas être à l'intérieur et à l'extérieur en même temps donc du coup voilà on crée ensemble et pour être sûre que l'histoire que je veux raconter est assez claire parce que c'est des histoires qui sont du coup mises en image, il n'y a pas de texte parce que je fais pas du théâtre, je fais du cirque et il y a de la musique aussi mais du coup voilà le du coup c'est une façon d'écrire qui est par le corps

SPEAKER_00

c'est

SPEAKER_01

des mots mais en fait à chaque fois ce que je dis c'est que comme on crée un vocabulaire circassien nouveau donc il y a des nouvelles structures techniques j'aime innover et du coup souvent ce que je dis c'est que on commence par des labos etc et que du coup on commence par créer des lettres donc voilà puis après on crée des mots avec ces lettres et puis après on crée des phrases et puis après on écrit un texte pour arriver finalement, au livre final qui est le spectacle. Voilà. Donc, on le fait avec le corps et les corps aussi. Voilà. OK. Excellent. À côté de ça, je fais aussi des performances. Par exemple, j'avais fait une performance de 24 heures sur le fil où je suis restée 24 heures sur le fil. Et ça, c'est une autre écriture. Ce n'est pas une résidence d'écriture, etc. Ça part d'un projet fou, d'une envie qui, du coup, est lancée comme ça et qui, finalement, va se réaliser. Et puis après, on se dit« Ah

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

« Bon, ok, on a lancé ça, mais on va le faire, on va le faire, on va le faire.» Et après, je m'entoure de super personnes qui me permettent de réfléchir à toutes les questions pratico-pratiques, techniques et autres pour pouvoir réaliser cette performance folle. C'est là où plein d'autres. Mais souvent, ça part de… En fait, toutes les envies, les idées partent de rencontres, d'échanges avec des gens. Et puis, quand une idée reste dans ma tête et reste présente, du coup, je me dis« Bon, si elle reste là c'est qu'il va falloir la développer et donc je mets tout en oeuvre pour aller au bout de

SPEAKER_00

mon idée génial et je m'entoure parce que encore une fois seule je n'irai nulle part ouais ça t'as été bien clair là dessus je pense que c'est hyper important aussi parce que c'est vrai que dans le spectacle j'imagine qu'on te voit surtout toi en l'occurrence on entend peut-être un peu enfin on entend un peu on entend les musiciens mais effectivement par rapport à tout ce que t'expliques de avant la partie immergée de l'iceberg je trouve ça toujours intéressant de rappeler que finalement il n'y a pas grand chose qui se construit seule non J'avais une question par rapport à l'aspect technique. Est-ce que dans tes spectacles, dans la manière dont tu l'exécutes, dont tu le mets en place, est-ce que tu es au maximum techniquement de ce que tu peux faire ou tu as une marge pour rester à 70-80% du max

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça dépend de ce qu'on fait.

SPEAKER_01

Quand je suis à grande hauteur, je suis en deçà de ça. Non, je suis là où je dois être, à l'endroit où je suis. Mais je ne prends pas de risques incalculés encore une fois donc tout ce que je fais là-haut est totalement maîtrisé et je suis sûre de ce que je fais parce que je le maîtrise totalement après moi je réalise enfin c'est ce que j'aime c'est que dans mes spectacles à chaque fois je vais toujours plus loin et donc pour aller plus loin on invente des nouvelles figures des nouvelles choses etc et donc à chaque fois j'y réalise beaucoup de crash test enfin c'est ce que j'appelle les crash test c'est que du coup pour faire enfin voilà les crash test ils sont voilà là je mets une longe de sécurité on est moins haut on est machin et tout ça et là on y va on y va on y va parce que j'ai une idée de figure ou d'une envie en tout cas en tête et donc bah On ne sait pas du tout comment ça va être, si ça va être possible ou pas. Et techniquement, dans l'agrès, dans la partie technique, outillage, quoi, physique, et techniquement dans la partie corporelle, physique aussi. Et du coup, on y va progressivement pour atteindre l'objectif. Et donc, au début, on rate, on rate, on rate, on rate, on rate encore. Ah, il y a une petite lueur d'espoir. Et puis après, on rate. Et puis, voilà. Et en fait, c'est ça l'apprentissage aussi. C'est l'apprentissage l'apprentissage par l'échec et il faut le prochain titre du spectacle c'est révolte ou tentative de l'échec ça veut bien dire aussi pas mal de choses c'est que il ne faut pas avoir peur de l'échec et l'échec fait avancer et donc du coup on va se confronter à quelque chose qui ne va pas forcément réussir tout de suite mais on y retourne parce que finalement on a l'espoir d'y arriver et on le fait bien parce que c'est ça qui permet d'aller plus loin et d'y arriver quoi donc voilà l'échec fait partie de la construction et il faut pas l'oublier parce que encore une fois dans la vie on nous apprend de plus en plus voilà à dire bah l'échec c'est quelque chose qui est raté bah non l'échec ça nous apprend à se remettre enfin voilà à se construire en fait tout simplement et on prend de l'échec donc voilà moi je fais beaucoup de crash test donc je vais à l'échec de manière très volontaire mais parce que au final non parce qu'au final ce n'est pas un échec parce qu'au final après on arrive à faire des nouvelles figures et puis quand on y arrive c'est juste génial et extraordinaire donc il faut persévérer encore une fois c'est

SPEAKER_00

ce mot là qui ressort persévérance persévérance clairement on y revient toujours là encore une fois question peut-être vraiment de novice mais est-ce que tu envisages avec ta compagnie moi je pense à compagnie je pense du coup à plusieurs personnes tu vois qui sont dans l'exécution du spectacle est-ce que c'est faisable d'avoir de coordonner plusieurs finambules sur le même fil ou c'est

SPEAKER_01

impossible techniquement oui oui c'est tout à fait possible déjà j'ai fait des spectacles avec d'autres finambules donc c'est tout à fait possible et surtout dans la prochaine création j'emmène quelqu'un avec moi sur le fil qui n'est pas finambule ni fil de ferriste génial du coup moi j'aime créer en fait je pars de la contrainte pour en faire une force et du coup donc j'impose ça aussi aux personnes qui travaillent avec moi bon elles le veulent c'est de leur plein ingrées, elles sont tout à fait conséquentes, mais du coup, j'emmène Vio, Violaine, Garros, je l'emmène avec moi sur le fil, alors que c'est pas du tout son endroit où elle est à l'aise, et du coup, il y a vraiment un travail de confiance, il y a un travail d'apprivoiser cet espace-là, et c'est très très beau, la confiance qu'elle m'accorde, et voilà, elle vient dans cet univers qui n'est pas le sien, et elle le découvre, et du Du coup, on réalise des choses qui sont beaucoup plus sensibles que je ne ferais évidemment pas seule. Et encore une fois, du coup, on raconte des choses qui sont très proches aussi de la vie, du réel. Là, les gens, quand ils voient cette fragilité, ils voient cette personne qui ne sait pas faire de fil et qui monte sur le fil et qui fait confiance à l'autre et qui y va. En fait, tout ça, c'est des messages symboliques très, très, très, très forts. Et ils sont perceptibles parce qu'ils sont vrais, parce qu'en fait, on ne joue pas des rôles. on est dans le réel dans la réalisation d'actes physiques mais qui sont très clairs, très symboliques donc ouais c'est beau et donc oui évidemment que c'est possible et puis tout est possible de toute façon il faut juste se donner les moyens pour y arriver

SPEAKER_00

mais voilà j'adore le message super et s'il y a des gens qui sont intéressés justement par rapport à la suite de ce triptyque respecté Respire... Respire... Attends, ne le dis pas, je vais y arriver. Respire... Non, c'était pas... Résiste, respire, révolte.

SPEAKER_01

Exactement.

SPEAKER_00

Voilà. Donc, s'il y a des personnes qui sont intéressées pour en savoir plus, le plus simple, c'est ton site internet lesfidurenarpal.com.

SPEAKER_01

Voilà. Ouais. Le site internet lesfidurenarpal.com. Il y a toutes les informations sur les spectacles, performances, agendas. Voilà. Il ne faut pas... Voilà. On est en tournée partout dans le monde. Donc, voilà. Il ne faut pas hésiter. N'hésitez pas à venir nous voir et nous rencontrer.

SPEAKER_00

Trop bien. Écoute, Johan, un grand merci. C'était passionnant de découvrir cet univers avec toi et puis surtout tout ce que tu y associes, les émotions que tu y trouves, les messages que tu veux faire passer. Moi, j'ai vraiment été bluffé finalement de t'entendre parler. Forcément, n'étant pas un artiste moi-même, j'ai peut-être cette tendance à considérer l'art, c'est avant tout quelque chose de très créatif, peut-être un peu loin de ces notions de dépassement, d'échec, de volonté de discipline et c'était méga intéressant de t'entendre évoquer tout ça finalement dans un cadre artistique et innovant donc franchement merci beaucoup passionnant et puis je te souhaite une excellente fin de programmation fin de préparation du coup pour le dernier volet du triptyque peut-être à bientôt sur un spectacle qui

SPEAKER_01

sait

SPEAKER_00

avec plaisir merci Joanne merci Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins un 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité.