Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Se former, encore et toujours avec l’experte en techniques de survie Éléonore Lluna
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Éléonore est experte et formatrice en techniques de survie en nature 🏕️
Ancienne infirmière et formatrice en gestes et soins d’urgence, elle s'est reconvertie dans le milieu de l’autonomie en pleine nature et des techniques de survie.
Depuis 2017 et suite sa participation à « Wild la course de Survie » diffusée sur M6, c'est son activité à plein temps. Le rêve 🤩 !
Dans cet échange, on discute de son parcours (oui parce que personnellement, je me demandais bien comment on devient formatrice en survie !) mais aussi sur les anecdotes croustillantes de sa participation à l'émission Wild, en passant par le partage de tips sur les techniques de survie qui fonctionnent vraiment.
Merci Éléonore, j'espère à très vite si tu relèves le défi d'essayer de m'apprendre à faire du feu (bon courage 🤣)
🔎 Pour découvrir les stages organisés par Éléonore, rendez vous sur son site ici.
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #77 - Rémi Camus - Aventurier professionnel - Faire preuve de détermination pour développer son expertise
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode #108 - Julien Brebion - Photographe d'expédition, 12 ans d'Himalaya dont 8 au Népal - Voyager pour devenir une meilleure personne
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on entend un feulement et en fait il y avait un jaguar qui était là et je pense qu'il devait avoir de la nourriture à protéger ou un truc comme ça et à un moment on entend un tronc qui craque et en fait le jaguar il nous a chargé et on a vraiment vraiment pas trouvé d'eau pendant 24 heures donc la soif c'est terrible c'est le pire truc qui puisse arriver je pense
SPEAKER_01Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une personne petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Mon invitée de la semaine, Eleonore Luna, est experte en technique de survie en pleine nature. Infirmière de formation, elle décide de faire de la survie son activité à temps plein en 2017, après avoir participé à une émission que beaucoup d'entre vous connaissent sans doute. Pendant cet échange, elle nous partage des anecdotes qui lui sont arrivées pendant ses expéditions et vous l'entendrez, c'est assez impressionnant. Et on revient également sur différentes techniques de survie, en l'occurrence celle qui marche et celle qui ne fonctionne pas vraiment. Ce que je retiens de ma rencontre avec Eleonore, c'est qu'on n'est jamais suffisamment formé, jamais suffisamment prêt pour faire face à l'inconnu. La clé, c'est donc d'avoir l'agilité mentale pour s'adapter rapidement. Merci Eleonore, excellente écoute à vous les frères. Eh bien, salut Eleonore
UNKNOWN!
SPEAKER_01Bonjour
UNKNOWN!
SPEAKER_01Ravi de te recevoir sur le podcast
UNKNOWN!
SPEAKER_00Ouais, merci
UNKNOWN!
SPEAKER_01Très très content, on va pouvoir parler de plein de choses, mais je pense surtout d'un sujet qu'on n'a pas trop évoqué encore sur le podcast, qui est le sujet de la survie, de la préparation aux expéditions, comment est-ce qu'on monte en compétence sur des choses qu'on sait un peu moins faire aujourd'hui, du genre allumer un feu, dormir dehors, se nourrir, enfin bref, sujet passionnant dont tu vas pouvoir nous parler. Et ce que je te propose, c'est de commencer par... te présenter nous expliquer
SPEAKER_00ce que tu fais oui alors du coup moi je suis Eleonore et ce que je fais c'est que je suis formatrice en technique de survie donc j'encadre des stages de survie et je me suis associée pour créer une société qui ne fait que ça donc à la fois j'encadre sur le terrain pour des particuliers pour des entreprises on a un gros catalogue de séminaires d'entreprises et puis la sauce a bien pris puisqu'aujourd'hui on a une vingtaine d'encadrants avec qui on collabore quotidiennement
SPEAKER_01Génial, génial. Et donc pour tout dire, la façon dont cet échange s'est organisé, c'est que tu es la compagne de Julien. Julien que j'ai reçu il n'y a pas très longtemps pour un épisode, l'épisode d'ailleurs le plus long du podcast. On a énormément échangé, notamment sur le Népal et tout ce qu'il a fait avant, etc. Donc voilà, comme ça le lien est fait. C'est comme ça qu'on est entré en contact. Ok, donc survie, c'est une activité, enfin comment est-ce Comment est-ce qu'on devient formatrice, experte en technique
SPEAKER_00de survie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, ce n'est pas simple parce que c'est ce que tout le monde répand comme information avec plaisir, c'est qu'il n'y a pas de formation officielle de moniteur de survie. Et on a même tendance à dire qu'il n'y a pas de législation, ce qui est un peu faux, enfin même très faux d'ailleurs. Il y a une législation sur l'encadrement d'adultes dans la nature. Et donc, comment on devient formateur en survie
UNKNOWN?
SPEAKER_00D'abord, je me suis bien renseignée sur la législation, histoire de faire les choses bien. Ensuite, j'ai passé un CQP randonnée, donc c'est un petit diplôme qui n'est pas très difficile à obtenir, mais qui permet d'encadrer des adultes dans la nature en randonnée, en itinérance. Et puis, avant déjà, et après encore, et encore aujourd'hui, c'est se former tout le temps sur le tas, puisqu'il n'y a pas de vraie formation reconnue pour les compétences de survie pure. Et donc, je me suis formée auprès d'autres écoles, auprès d'autres collèges, Maintenant, on fait encore beaucoup de formations en interne. J'ai une petite structure qui tourne pas mal, comme on disait. Tous les ans, on fait venir des spécialistes en premier secours en milieu éloigné, en botanique. On monte en compétences comme ça
SPEAKER_01progressivement. Excellent. Est-ce qu'il y a d'autres pays, peut-être en Europe ou dans le monde, où c'est une activité où il y a un cursus en quelque sorte très clair
UNKNOWN?
SPEAKER_01indéfinie où tu dois passer par des unités de formation les unes après les autres
SPEAKER_00ou pas du tout
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, en Europe, en tout cas, c'est sûr que non. À l'étranger, pas que je sache non plus. Il n'y a pas vraiment de formation. Il y a des formations, pareil, mais qui ne sont pas reconnues par des gouvernements, par l'État, de guides d'aventure, des choses un peu comme ça, qui sont axées sur la pédagogie, qui se rapprochent un petit peu de l'AMM et tout ça. Mais malgré tout, c'est la législation du pays qui fait foi et en France, il y a quelques diplômes qui sont obligatoires et tout ce donc ces diplômes européens enfin ces formations européennes qui ont l'air d'être très intéressantes sur le fond bah elles sont pas tellement
SPEAKER_01reconnues ok d'accord AMM donc l'acronyme c'est accompagnateur moyen de montagne voilà et je vais bientôt partager quelques stories sur le sujet mais oui parce qu'AMM en fait tu couvres quoi tu couvres donc c'est vraiment l'encadrement de groupe dans des milieux montagne mais non technique
SPEAKER_00ouais c'est un peu compliqué en fait il y a quelques années la zone montagne a été abrogée, la définition de la zone montagne. L'Europe a mis la France à l'amende là-dessus. Et donc, la montagne n'est plus considérée comme un environnement spécifique. Et donc, l'accompagnateur en moyenne montagne, il est un peu... Enfin, c'est pas qu'il a perdu de ses prérogatives, au contraire. Mais par contre, lui, la grosse particularité qu'il a, c'est qu'il peut encadrer des gens hors chemin. Parce que, par exemple, le CQP ne peut pas. Nous, on est censés rester sur les chemins et pas faire de cours hors piste et tout ça. Et après, ils ont des modules complémentaires pour tout ce qui est activité de neige et là il n'y a que eux avec les guides de haute montagne qui ont cette spécialité là activité raquette déplacement en environnement enneigé et tout ça ça reste un environnement spécifique et donc je pense que c'est vraiment là où ils ont une grosse
SPEAKER_01plus-value
SPEAKER_00ok ok
SPEAKER_01ok super excellent et qu'est-ce qui t'a attiré tu vois initialement dans qu'est-ce qui fait que t'as eu ce switch puisque c'était pas ton activité avant avant t'étais infirmière c'est ça si je me trompe
SPEAKER_00pas ouais tout à fait je suis infirmière enfin je suis toujours infirmière en vrai sur le papier même si je ne pratique plus et depuis 2002 j'ai eu mon diplôme d'infirmière en 2002 donc j'ai exercé comme fonctionnaire infirmière tout ce qui est le plus classique j'ai travaillé un peu en réa un peu aux urgences j'ai été formatrice en premier secours enfin voilà j'ai fait pas mal de petites choses et j'ai été cadre à la fin et en fait je me suis prise de passion pour ça à côté je faisais déjà des bivouacs assez roots avec les potes c'était déjà pas du bivouac boite sous tente et tout, on faisait des trucs un peu foufous et donc ça me plaisait et donc je faisais ça je faisais beaucoup de rando à cheval, j'avais une jument et donc j'étais, je passais mes journées et une grosse partie de mes soirées, voire je rentrais à minuit aux écuries et tout voire je partais sur plusieurs jours et tout avec ma jument et donc il a fallu que je commence à me former un peu à l'orientation parce qu'au bout après t'être perdue 3-4 fois tu te dis que c'est un moyen de faire mieux donc tu t'apprends un peu l'orientation et tout et puis après tu te dis peut-être il y a des moyens genre avec les potes on allait dormir dans des sacs poubelle dans la neige tu vois on
SPEAKER_02trouvait
SPEAKER_00que c'était rigolo ah ouais ok ouais ouais c'est du bivouac un peu roots tu vois c'est déjà pas le bivouac classique et en fait on galérait quand même franchement c'était pas des nuits très paisibles mais c'était cool le lendemain t'es hyper content tu te dis je l'ai fait et tout ça et en fait je me suis dit bon peut-être il y a peut-être moyen d'optimiser le truc et peut-être que les stages de survie je pourrais apprendre des trucs qui vont être utiles que je pourrais transmettre à mes potes et qui seront avec pas beaucoup de matos un peu mieux et c'est effectivement ce que j'ai trouvé donc tu vois j'ai fait un premier stage, un deuxième un troisième et puis ça a mordu et puis j'ai commencé à former mes potes comme ça pour transmettre la bonne parole et en fait je me suis vraiment prise de passion pour ce truc là et c'est devenu une passion dévorante et il y a un moment où la passion dévorante tu peux pas avoir ton métier qui te prend 35h par semaine. Et je me suis dit que ça allait être compliqué de cumuler les deux, qu'il allait falloir faire quelque chose. Et puis, en 2017, j'ai eu une opportunité. J'ai été contactée sur les réseaux sociaux par un chargé de casting qui m'a dit« Écoute, on lance une nouvelle émission de survie. Est-ce que tu veux participer
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Alors, je n'avais pas la télé chez moi. Je n'avais pas du tout la télé, genre Koh-Lanta et tout. Je ne suis pas tellement méga fan de ce genre de programme. Et puis, il m'a un peu vendu le concept en disant ça allait être un truc super authentique et tout je me suis dit bon allez appelez-moi demain je donne mon numéro de téléphone et tout et puis du coup j'ai passé tous les castings et j'ai été prise pour Wild la course de survie une émission qui est passée sur M6 qui a été diffusée en 2018 mais du coup qui a été tournée en 2017 ça s'est fait assez vite où il a fallu former un novice à travers le monde en mode survie donc sans eau sans nourriture très peu de matériel voilà et j'ai rencontré quelqu'un qui était consultant survie sur l'émission, qui était chargé de la sécurité des candidats et qui avait repéré en amont les différents risques sur les différents environnements dans lesquels on allait et tout ça, qui nous formait succinctement, on va dire, aux limites et aux risques de chaque environnement, qui s'appelle Damien Lecouvet. Et Damien habite à une heure de chez moi. Et il avait sa boîte, il faisait des stages de survie. Et donc, il m'a dit, non, mais quand l'émission, le tournage a été terminé, il m'a dit, non, mais il faut continuer à se voir, on s'entend super bien, on a les mêmes... Enfin, on a deux profils assez compliqués on est dans le même truc et tout il faut vraiment qu'on fasse quelque chose et donc on est rentré en juillet je crois qu'en septembre je faisais le premier stage avec lui et j'ai monté mon entreprise ma micro-entreprise dans la foulée et le temps qu'on fasse l'administratif et tout en janvier 2018 Time on Target était
SPEAKER_01immatriculé et voilà excellent l'aventure a été lancée génial mais du coup tu dirais que c'est avec un peu de recul maintenant donc cette passion tu vois cette activité qui te prend énormément de temps en dehors de ton boulot, visiblement, tu y as trouvé quelque chose de très fort. Est-ce que tu arriverais à mettre des mots dessus
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce que c'est
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est la liberté
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est la connexion à la nature
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu pourrais le dire plus précisément
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'est vraiment un mélange de beaucoup de choses. Il y a forcément, au départ, c'est la connexion à la nature. Le plaisir, c'était pour moi d'aller dans la nature, de bivouaquer, ça, c'est génial. Et puis d'apprendre à identifier des choses dans ton environnement, des ressources que tu vas pouvoir utiliser. Et quand tu commences à mettre le doigt là-dedans, tu te dis finalement, il y a plein de ressources que je n'ai pas besoin de prendre dans mon sac, puis qu'elles sont dans mon environnement et tu vois tu montes en compétence donc c'est hyper grisant d'apprendre des nouvelles choses et tout ça et puis après il y a un côté aussi surtout par exemple dans Wild où j'ai vécu quand même des situations assez extrêmes et tout hyper grisant de te dire en fait la survie il y a un truc c'est la pyramide de Wiseman qui dit que la base de la survie c'est l'attitude la volonté au-dessus des capacités physiques du matériel des compétences et tout la base c'est vraiment la volonté et en fait tu te rends compte que que moi, je me suis rendue compte que moi, qui ne suis pas une sportive de haut niveau, 1m60, qui suis assez lambda au niveau physique et tout, j'étais capable de faire des trucs de
SPEAKER_03ouf.
SPEAKER_00Et j'ai vécu des situations de dingue. Et c'est hyper addictif. Je pense que tous les gens qui sont passés par les frappés, tu dois avoir ce truc en commun. Il y a un truc, l'adrénaline, tu sais, crème des endorphines, c'est hyper addictif. Et te dire, je peux faire des trucs de ouf et je me suis dit mais si moi je peux faire des trucs de ouf en fait tout le monde peut le faire mais il faut juste arriver à transmettre le bon virus et à passer le petit moment d'inconfort parce que forcément il y a toujours un moment où tu te demandes un peu
SPEAKER_01ce que tu fous là et tu te dis mais pourquoi je m'inflige ça et c'est seulement après que tu te dis mais c'est parce que je kiffe mais la bonne nouvelle j'ai l'impression c'est qu'on a tendance à vite oublier les moments d'inconfort tu vois les galères et tout on se rappelle que des bons le cerveau est
SPEAKER_00bien fait mais j'avoue c'est ce qu'il a ses meilleurs souvenirs finalement c'est un
SPEAKER_01peu les les galères qu'on a vécu quoi ouais carrément est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur Wild parce que je te cache pas que j'en ai déjà entendu parler forcément parce que je te disais en off j'ai eu la chance de recevoir Rémi Camus sur le podcast qui a participé aussi je
SPEAKER_00sais pas ah bah lui
SPEAKER_01il a gagné lui il a gagné voilà c'est ça j'étais pas certain je voulais pas le dire mais ok il a gagné et comme toi à l'époque je n'ai pas la télé et je t'avoue que je regarde rarement ce genre d'émission. Le concept, en gros, c'était quoi
SPEAKER_00pour Wild
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, le concept, c'est qu'en fait, au démarrage, il y avait sept experts, entre guillemets, en survie. Alors, des experts, c'était nous, Rémi, moi, et puis cinq autres. Et sept novices, donc des gens qui avaient été bien castés quand même pour être vraiment... qui n'avaient vraiment jamais vécu dehors, jamais dormi dehors, jamais rien fait d'un petit peu atypique et tout, qui avaient des vies très classiques, on va dire. très routinière et on devait partir avec un binôme dans les cinq environnements les plus extrêmes de la planète, sans eau, sans nourriture, avec très peu de ressources, avec un mini kit de survie qui avait été confectionné par Damien. On devait encadrer cette personne et traverser. On a commencé par la savane au Botswana. On avait une course qui avait tous la même distance et c'était le premier qui arrivait au centre. Il y avait quand même une petite notion de rapidité et il y avait aussi une notion de savoir trouver des ressources, savoir étudier un peu le terrain, sachant qu'on n'avait pas de cartes, pour avoir
SPEAKER_01arrivé au point central. Ok, d'accord, ok. Ouais, donc vraiment assez rustique quand même, plonger dans des environnements hard mais avec très très peu de ressources et l'idée c'était de se débrouiller, de tout trouver, ce que tu disais un peu plus tôt finalement, d'utiliser ce qu'il y avait autour de soi pour, enfin d'être capable d'utiliser ce qu'il y avait autour de soi pour s'en sortir.
SPEAKER_00Ouais, complètement. Et puis, donc on a commencé par la savane au Botswana, après on a fait le désert du Kalahari, on a fait la jungle amazonienne, après Tupissa, c'est un plateau de haute altitude ça ressemble un peu au Grand Canyon au niveau des paysages, c'est pas très loin du Salar de Uyuni et on a terminé dans la Cordillère Royale en très haute altitude, c'était
SPEAKER_01assez physique pour le coup. Tu disais que tu t'étais rendu compte, j'ai l'impression que c'était un peu le trigger qui fait que tu t'es rendu compte que tu pouvais faire des choses complètement dingues et finalement aller beaucoup plus loin que ce que tu imaginais avant. Est-ce qu'il y a des exemples peut-être d'expériences ou de défis que tu as réussi à surmonter pendant cette épreuve
UNKNOWN?
SPEAKER_01particulier qui t'ont
SPEAKER_00marqué
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, complètement, il y a beaucoup de choses, il y a plein de trucs hyper impressionnants qui me sont arrivés, mais les vrais déclics, c'est les choses qui finalement, c'est tout le reste, c'est tout le vécu et le ressenti global de l'expérience, mais en parlant de trucs de ouf, parce que c'est ça qui va plaire aux auditeurs, je pense, les anecdotes, ça a commencé, alors au bout de Soana, c'était un petit truc entre guillemets, mais ça a déjà été un moment hyper magique pour moi, c'est qu'en fait, la deuxième nuit qu'on a passé en bivouac, il y a des hyènes qui sont venues sur le campement et en fait on les a entendu qui aboyaient, enfin c'est un cri de hyènes, c'est un peu chelou quoi, je n'avais jamais entendu des vraies hyènes en vrai dans la vraie vie et donc je ne savais pas que ça faisait trop ce bruit-là et on les a entendu s'approcher petit à petit et en fait elles sont venues mais vraiment tout tout près du campement et comme on avait fait le feu, j'avais un peu réalimenté le feu parce que j'étais qu'à moitié sereine quand même, on m'avait dit que ce n'était pas un animal dangereux donc je n'étais pas hyper inquiète et je Je l'ai vraiment vécu comme un moment hyper magique. En plus, mon binôme, il dormait. Donc, je n'ai pas voulu le réveiller pour ne pas l'inquiéter non plus parce qu'il était un petit peu stressé et tout. Donc, je me suis dit, si je lui dis qu'il y a des hyènes à 15 mètres de nous, ça va être un peu la panique. Et en fait, je les ai observées, je les regardais tourner autour du feu. Je pense qu'elles venaient voir si on n'avait pas laissé traîner à manger ou des trucs comme ça. Puis, il n'y a pas souvent des gens qui bivouacent au milieu de la savane. Donc, c'était une super expérience. ça c'est un premier truc pas très difficile à vivre mais magique moi je l'ai vraiment vu comme un moment magique Après, on a eu un autre moment un peu moins magique, mais qui a été aussi une très grosse expérience où je me suis dit que j'étais venue pour trouver mes limites. Je crois que je les ai trouvées. J'ai passé 24 heures sans boire dans la savane parce qu'on n'a pas trouvé d'eau. C'était vraiment en saison sèche. On n'a vraiment pas trouvé d'eau pendant 24 heures. La soif, c'est terrible. C'est le pire truc qui puisse arriver, je pense. Tu as la langue qui gonfle, tu as du mal à parler. En fait, petit à petit, tu ne peux plus aligner trois points de QI et trois neurones pour réfléchir à quoi que ce soit. Il n'y a plus que l'eau qui compte. Donc, j'ai essayé toutes les techniques de survie qu'on voit dans les livres et qui sont incroyablement efficaces sur le papier et terriblement inefficaces dans la vraie vie. C'est-à-dire mettre des végétaux dans des sacs étanches pour les faire transpirer, pour récupérer des litres d'eau et tout ça. Ça ne marche pas beaucoup. Alors, on a récupéré quelques gouttelettes d'eau au fond de notre sac et tout. Ce n'était pas fou. j'ai phagocyté ma trousse de survie parce que je me suis dit tiens mais dans la trousse de survie c'est sûr on a du sérum phi donc j'ai bu les pipettes de sérum phi qu'on avait pour tenir un peu vaguement le cap et tout et en fait ça a été vraiment une expérience hyper difficile mais je me suis rendu compte que malgré tout j'ai réussi quand même à avoir 2-3 petits élans de lucidité à me dire bon bah à essayer de prendre de la hauteur par rapport à la situation qui était quand même assez compliquée à gérer et puis ça a été aussi un reality check parce que tout le long de ces 24 heures là ces 24 premières heures où j'ai pas trouvé d'eau en fait je me disais c'est obligé la prod ils ont étudié le terrain ils ont un consultant survie ils ont forcément réfléchi à des points d'eau ils s'arrangent pour que sur notre parcours on passe par des points d'eau c'est obligé pour que tout se passe bien dans le meilleur des mondes comme à la télé quand on voit Koh Lanta ils trouvent des poissons et du riz et des trucs et donc inconsciemment je comptais sur la prod et en fait ça a été un très gros reality check parce que au bout de 24h je me suis dit mais en fait la prod elle a rien prévu du tout elle nous laisse vraiment nous démerder et donc je ne peux compter que sur moi même et ça a été une grosse prise de conscience de me dire mais en fait il y a que moi qui peut me sortir de cette situation et après ça a été mon credo pendant toute l'émission donc on a fini par trouver un tout petit peu d'eau ça a été compliqué au bout des 3 jours à l'arrivée j'ai été perfusée j'ai eu 3 litres plein ballon parce que j'ai fait une syncope et j'ai c'était assez extrême j'en rigole et tout aujourd'hui je raconte sur un ton assez léger mais c'était quand même en vrai c'était chaud c'était très très chaud et en fait ça a été par contre une grosse prise de conscience et puis hyper valorisante pour moi de me dire en fait il y a que moi qui peux me sortir de cette situation et donc c'est à moi mon binôme compte sur moi en plus j'avais une position de par le fait de l'émission par le fonctionnement de leader et de chefs et d'experts. Donc, le binôme s'en reposait sur moi et je me suis dit, il faut que c'est à moi de me sortir les doigts et de trouver des solutions. Et en fait, quand tu es dans cette position-là, tu te rends compte que des solutions, tu peux en trouver plein. Et donc, j'ai pris de la hauteur physiquement. Il y avait un endroit où il y avait une colline et j'ai pu avoir une vue, il y avait une grande vue dégagée sur cette savane toute jaune et toute sèche et toute aride. Et en fait, à un endroit qui n'était pas vraiment sur mon trajet, qui m'obligeait à faire un petit détour, il y avait une zone qui ressemblait vraiment à une oasis, comme dans les films, qui était toutes verdoyantes, on aurait dit de la jungle au milieu de cette savane toute sèche. Et donc, je me suis dit que s'il y avait de l'eau quelque part, c'était là. Et donc, on a pu trouver pas grand-chose, mais un tout petit fond d'eau dans un lit de rivière asséchée et tout, ce qui nous a permis vaguement de gratter quelques millilitres et d'aller tenir plus ou moins vaguement le choc jusqu'à l'arrivée et tout. Et ça a été une bonne prise de conscience parce qu'après, j'ai gardé ce truc-là en tête tout le long des treks qu'on a fait derrière et en me disant, bon, bah... la prod clairement ils ont rien prévu on est vraiment livré à nous
SPEAKER_01même et ben allez faut que je me démerde et faut que j'y arrive du coup comment tu tu vois par rapport à ce que t'expliquais que t'avais une position de sachante vis-à-vis de ton binôme comment tu fais pour gérer quand t'es dans cette situation tu vois 24h sans eau machin comment tu fais pour gérer aussi la partie émotionnelle relationnelle pour pas qu'il soit en mode panique totale en se rendant compte qu'en fait jusqu'à ce que tu trouves l'oasis t'avais juste pas de solution
SPEAKER_00quoi ouais bah en fait la chance que j'ai c'est que j'étais déjà formatrice donc j'ai l'habitude de parler à des groupes j'ai l'habitude de travailler dans le relationnel j'étais 4 donc je travaillais avec des équipes à gérer des conflits un petit peu tu vois t'as toujours des histoires et tout donc j'ai quand même je pense cette discours la formulation positive tu sais on dit toujours la formulation positive et tout c'est hyper important mais c'est vraiment hyper important et plutôt que se focaliser sur on a pas d'eau machin sans le mentir non plus sans lui lui faire miroir des trucs en disant mais je sais on va trouver de l'eau dans une heure t'inquiète pas parce que c'est faux tout en étant réaliste il faut arriver à voir le positif à dire écoute on est dans telle situation c'est un peu dur mais on va forcément y arriver on va trouver des trucs regarde là il y a une colline on va faire ça on va faire ci si ça ça marche pas et ben on trouvera autre chose il y a une autre technique c'est comme ça et la dernière technique c'est on s'arrête de marcher on va creuser un truc on va attendre par condensation tu vois d'essayer d'être dans le positif dans le positif voilà les solutions que je te propose. Alors, on ne sait pas si elles vont marcher, mais on va faire comme ça. Et du coup, la personne, elle peut se focaliser sur se raccrocher à un truc plutôt un petit peu positif dans tout ce bordel. Et ça permet quand même pas mal de gérer les... les crises qui pourraient arriver il faut anticiper avant qu'elles arrivent parce qu'une fois que la personne elle
SPEAKER_02pète
SPEAKER_00un câble c'est...
SPEAKER_02et
SPEAKER_00je pense que ça ça a été une de mes forces parce qu'il y a beaucoup d'autres binômes dont les experts n'avaient pas cette pédagogie je pense qui était un petit peu plus sanguin et ça s'est vu à l'écran il y en a qui ont littéralement pété des câbles qui ont insulté leurs novices et tout et ça marchait pas très très
SPEAKER_01bien tu m'étonnes ouais ok tu disais que vous avez fini par trouver de l'eau. Est-ce qu'il y a eu d'autres péripéties de ce type vraiment marquantes qui ont été pour toi des gros apprentissages sur la suite de Wild
UNKNOWN?
SPEAKER_00Par exemple, il y en a plein. J'ai été éliminée suite à la première épreuve parce que mon binôme a craqué. C'était un peu difficile physiquement. Finalement, on a pu réintégrer l'épreuve. Il y avait une épreuve de feu, de démarrage de feu sur une butte dans le désert du Calary, beaucoup de vent, conditions pas très faciles finalement, malgré les apparences. Et on était en concurrence contre un autre binôme. Et donc, l'expert devait guider son novice pour démarrer un feu. Mais nous, on n'avait pas le droit de toucher ni au fire steel, ni au matériel, ni à rien. Et une fois que le feu était démarré, il fallait qu'on le déplace sous un vent des enfers pour aller enflammer un... comment dire, une sorte de totem qui était au centre, un truc un peu plus loin. Et là, je me suis révélée particulièrement, je pense, efficace dans le guidage de mon novice avec formulation positive, encouragée. Il y a un moment où je lui ai dit de respirer parce que je voyais qu'il montait un peu en pression, qu'il commençait un petit peu à trembler et tout. Je lui ai dit stop, arrête tout, pose ton Firesteel, regarde-moi, respire, concentre-toi, pose ton Firesteel, c'est reparti et tac, tac, tac, et on a réussi ici très bien l'épreuve on a pu redémarrer et l'épreuve suivante ça a été dans la jungle où en fait je pense que j'ai tout eu dans la jungle je me suis piqué par les fameuses fourmis balles de fusil tu sais ces fourmis dont la morsure fait dans la légende aussi mal qu'une balle de 9
SPEAKER_01mm ah oui c'est un rituel de passage d'ailleurs dans certains coins ils mettent les mains dans des gants qui sont remplis de ces fourmis ils doivent tenir ah ok Ok,
SPEAKER_00c'est autre chose. C'est des fourmis de feu, mais il y en avait aussi. Les fourmis balle de fusil, c'est pas mal aussi. Elles sont très grosses, comme un gros pouce. Elles sont des fourmis noires avec des pattes dorées. Pas de bol, j'ai la fourmi balle de fusil qui est tombée dans mon col de chemise, malgré le fait que j'avais une chèche autour du cou et un chapeau avec des bords un peu longs, et qui m'a piqué dans le dos. Je ne sais pas si ça fait aussi mal qu'une balle de 9 mm, parce que je ne m'en suis jamais pris, mais par contre, ça fait quand même très très mal pendant une journée j'étais pas bien tu peux avoir de la fièvre moi j'ai eu la chance j'en ai pas eu mais j'étais vraiment le dos tout gonflé c'était assez horrible 5 minutes après j'ai attend qu'est-ce qui nous arrive on est tombé sur des mouches à feu donc les mouches à feu c'est des sortes d'abeilles en fait donc on est tombé sur des mouches à feu qui te poursuivent pendant des kilomètres et tout coup de bol pour moi la journaliste avait mis du parfum donc c'est elle qui a tiré les mouches à feu ok et Et quelques temps après, on n'avait pas d'eau. Comme j'avais vraiment manqué d'eau au Botswana, je m'étais focalisée là-dessus. Je me suis dit, il faut absolument que je trouve de l'eau. Donc, j'entendais le bruit d'une rivière qui coulait. Donc, j'avance en essayant vraiment de me focaliser sur le bruit de la rivière qui coulait. Ça me faisait vraiment faire un détour par rapport à notre chemin, à notre point d'arrivée. On avait un azimut vers le point d'arrivée. Mais je me suis dit, c'est la priorité parce que si on ne trouve pas d'eau, je ne me retrouve pas dans la même situation qu'au Botswana parce qu'on va mourir au mieux. de la jungle c'est un peu chaud et donc j'avance j'entends un peu ces bruits de rivières clairement on avance et tout et à un moment la végétation elle est un petit peu plus clairsemée donc dans la jungle je sais pas si t'as déjà été dans la
SPEAKER_01jungle
SPEAKER_00non non jamais pardon donc dans la jungle c'est hyper dense et des fois en une heure tu vas avancer de 250 mètres par exemple en une heure parce que c'est tellement dense quand tu passes vraiment du temps à léionner à découper la végétation et tout et là à un moment c'est un petit peu plus clairsemé la végétation s'ouvre un peu et en fait clairement il y a des traces de vie d'un animal et ça sent l'urine de chat hyper fort Je n'avais jamais senti cette odeur-là, mais il y a un truc hyper primitif. Ton corps, il te dit, il y a un danger, il ne faut pas que tu restes là. Et je savais qu'il y avait des jaguars dans la zone, mais on m'avait dit que les jaguars étaient très craintifs de l'être humain, donc j'étais assez confiante. Et je me suis dit, je vais faire du bruit, donc j'ai surjoué le truc. Je rigolais, je racontais des blagues à mon binôme. On me disait qu'il y avait peut-être un jaguar, mais que ce n'est pas grave, ils avaient peur de l'homme. Et je tapais dans les mains, et on rigolait, et tout va bien, et je continuais à suivre. ce bruit que je pensais être le bruit de la rivière en fait pour la petite histoire j'ai découvert après ça que c'était pas du tout le bruit de la rivière c'était juste le vent dans la canopée donc dans les feuillages au dessus de nous et qu'il n'y avait pas du tout de rivière enfin bref c'est pas grave et en fait un petit peu plus loin on a continué à avancer on entend un feulement Et en fait, il y avait un jaguar qui était là et je pense qu'il devait avoir de la nourriture à protéger ou un truc comme ça. Et à un moment, on entend un tronc qui craque et en fait, le jaguar, il nous a chargés. Littéralement. Donc, ce qu'il ne faut pas faire, c'est, moi, on m'a toujours dit, il ne faut pas tourner le dos à un prédateur, il faut faire face. Et donc, j'avais bien cette info-là dans ma tête. Ça a dû durer, je pense, un quart de seconde, mais en un quart de seconde, tu n'imagines pas tout ce qui te passe dans la tête. Et je me suis dit, mais bon, il ne faut pas tourner le dos à un prédateur, ok. Et puis, je me suis revue, quand j'étais gamine, j'étais abonnée à 30 millions d'amis et tout ça, et j'avais revu un docu, un reportage que j'avais vu sur les gardes en Inde qui gardaient les parcs où il y a des des tigres et un mec qui s'était fait sauter dans le dos par un tigre et qui s'était fait croquer et qui avait survécu. Mais il avait des trous dans le crâne de fou. Et donc, je me suis dit, bon, il va m'arriver ça. J'ai eu une belle vie. C'était cool. J'ai bien profité. C'est un peu triste. Mes enfants vont grandir sans leur maman. Mais bon, c'est l'heure pour tout le monde un jour. Et moi, c'est l'heure, c'est maintenant. Et puis, en pensant à tout ça, j'étais... en train de faire de vieilles tours et de courir très très loin parce qu'il y a une dissociation entre ce que ton cerveau y pense et ce que ton corps y fait il y a vraiment un truc c'est assez dingue et puis j'avais la machette parce que j'étais en tête pour l'ayonner donc je me suis dit peut-être je peux mourir dignement il y a peut-être moyen de faire un baroud d'honneur et donc je me suis retournée et en fait le jaguar nous avait juste repoussé il s'était arrêté lui depuis une seconde peut-être il s'était figé donc j'ai fait marche arrière tranquille tranquillement sereinement et comme à chaque fois que je suis stressée j'ai été prise d'un fou rire assez terrible et donc je suis revenue vers mon binôme qui était en état de choc et qui était lui complètement en sidération totale enfin vraiment stressée et moi je rigolais et je rigolais et j'étais complètement euphorique et je disais oh la la j'aurais dû le voir d'encore plus près je suis déçue
SPEAKER_01voilà oh punaise
SPEAKER_00ok oh l'histoire de fou ok donc bonne expérience
SPEAKER_01ouais ouais t'as vu mais du coup tu t'es retrouvé à un moment donné avec le Jaguar est-ce que tu l'as vu de face au moment où il chargeait ou c'était les bruits qui t'ont fait comprendre qu'il
SPEAKER_00arrivait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, non. Vraiment, dans la végétation, je ne l'ai pas vu sauter. J'ai vu un mouvement, si tu veux, parce qu'il devait être un peu loin et que je n'étais pas focalisée là-dessus à ce moment-là. Et par contre, après, j'ai vu vraiment le truc qui nous fonçait dessus dans l'herbe, dans la végétation un peu, enfin l'herbe, les plantes. Le mouvement, mais comme dans un film, un truc, vraiment une masse qui te fonce dessus. Tu as vraiment cette sensation que tu as, je ne sais pas, 50 kilos de muscles qui te foncent dessus. Et après, je l'ai aperçu Je l'ai aperçu, mais je ne l'ai pas bien vu. Je l'ai aperçu à la fin quand il était figé et que j'ai reculé. Et j'étais vraiment dans cet état d'euphorie absolument totale
SPEAKER_01et c'est trop cool. Incroyable, incroyable. Ok, donc Wilde, j'ai quand même l'impression que ça a été une sacrée expérience pour toi. Est-ce qu'il y a des choses que tu vois que tu as apprises, même si tu es arrivé en posture d'experte
UNKNOWN?
SPEAKER_01Mais est-ce qu'il y a des choses que tu as apprises sur toi ou même d'un point de vue de technique que tu as appris
UNKNOWN?
SPEAKER_01tu as pu réinjecter après derrière dans tes stages, dans les formations que tu proposes
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, j'ai surtout appris qu'il y a beaucoup de trucs qui ne marchent pas. Il y a beaucoup de trucs que tu vois en théorie. Moi, j'avais fait des stages de survie en France. Donc, tu es dans un environnement qui est l'environnement européen, français, forêt tempérée et tout. Moi, je suis plus forêt d'ailleurs que montagne. Je ne vais pas beaucoup en montagne. Et donc, je maîtrisais à peu près un petit peu mon environnement. J'avais en tout cas une certaine maîtrise de l'environnement. Mais je n'avais jamais pratiqué dans la savane, dans la jungle, dans la très haute altitude, à 5 500 mètres d'altitude et tout. Tout ça, je ne connaissais pas tellement. Mais comme j'étais passionnée, j'avais beaucoup lu et beaucoup bookiné et beaucoup vu de vidéos YouTube, mais surtout beaucoup lu de livres références, de livres d'experts. Et en fait, je me suis rendue compte qu'il y avait énormément de trucs un peu bullshit qui circulaient et qui étaient transmis depuis 50 ans et qui ne marchaient pas dans la vraie vie. Et donc, c'est devenu un peu un de mes credos, ce truc-là. Et aujourd'hui, j'adore débunker les trucs qui sont partagés à l'infini dans les livres de survie. Et pour dire, ça, je l'ai fait et j'ai testé dans plein de conditions. Ça ne marche pas. Et voilà pourquoi ça ne marche pas. Et j'aime bien un
SPEAKER_01peu… Est-ce que tu pourrais nous faire un… Un top 2, 3, tu vois,
SPEAKER_00des trucs qui vraiment marchent pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, ouais, les trucs top 2, 3 qui marchent pas, bah allez, la technique de je mets du charbon dans mon eau. Ça, c'est partagé à l'infini. On te dit, tu peux faire un filtre à eau en mettant différentes couches de tissu, tu vas mettre du sable, tu vas mettre de la mousse. Alors, la mousse, ça marche pas, ça filtre pas et en plus, c'est hyper, ça capte vachement les polluants et tout, donc c'est une très mauvaise idée. Et tu prends le charbon de ton feu de bois et tu vas mettre ton charbon de bois à eau. Le charbon de bois, il y a eu un amalgame de faits entre le charbon de bois et le charbon actif. Le charbon actif, ça marche comme un aimant et ça capte les métaux lourds et les agents polluants. Mais le charbon de bois, ça capte rien du tout. Et ça marche pas du tout. Et alors, encore moins quand tu l'écrases pour faire une sorte de poudre parce que les gens, ils mélangent l'idée de... Le charbon actif, ça capte des trucs. Et un filtre, c'est des petits grains qui filtrent l'eau. Mais en fait, ça marche pas comme ça. Donc ça, clairement, c'est un mélange de deux infos qui sont vraies et qui donnent un truc qui marche pas, tu vois. Les trucs qui marchent pas... J'ai plein de trucs sur l'eau, mais après, je n'ai pas tellement de trucs sur autre chose. Le truc que tu creuses un puits dans la terre et tu vas mettre une bâche au-dessus et tu vas laisser condenser. Tu vas récupérer de l'eau par condensation sur la bâche. Ça, c'est pareil. C'est très, très dépendant de l'environnement. Et pour l'avoir testé dans plusieurs environnements, tu récupères au mieux la plus grosse par climat équatorial, très chaud, beaucoup de condensation et tout. J'ai récupéré 250 millilitres en 24
SPEAKER_01heures.
SPEAKER_00Donc, Il n'y a pas de quoi t'hydrater
SPEAKER_01vraiment.
UNKNOWNOk. Oh là là!
SPEAKER_00qu'est-ce que j'ai vu j'ai vu des trucs sur les premiers secours dans le top 3 quand tu as une hémorragie par un grand expert en survie il faut laisser saigner un petit peu non non non quand tu fais une hémorragie tu laisses pas saigner un petit peu tu compresses tu comprimes ou tu garottes tout de suite mais tu laisses pas saigner un petit peu ça marche pas c'était pourquoi le fait de laisser saigner un
SPEAKER_01petit peu pour éviter que ça s'infecte ou des trucs comme ça pour
SPEAKER_00chasser des saletés ou c'était quoi l'idée ouais j'imagine j'imagine que c'est ça l'idée que si tu laisses saigner un peu tu laisses couler le sang ça va retirer les toxines ou je sais pas les trucs qui sont en surface mais non non ça marche pas comme ça et si ça doit s'infecter de toute façon t'as une plaie ouverte donc ça s'infectera derrière et quand tu gères l'urgence tu gères pas l'infection c'est pas ton problème tu sauves la vie de ton pote déjà et l'infection on verra après une fois que l'hémorragie elle est arrêtée on se posera la question de savoir si c'est propre ou pas mais je pense qu'il y a une question de
SPEAKER_01priorité ok c'est super intéressant ce que tu dis toi finalement c'est surtout par rapport à la notion de c'est des choses qu'on nous partage depuis un bon moment tu vois des fois il y a des trucs on peut voir sortir tu peux voir sortir des choses il y a une espèce de tendance ah ouais il faut faire ça tu vois j'en sais rien sur des régimes ou sur des types de chaussures c'est super bon d'avoir un gros amorti mais c'est j'ai l'impression que c'est souvent des croyances qui ne durent pas forcément longtemps dans le temps et là ce que tu dis c'est que bah non là en fait il y a des techniques de survie qu'on se passe depuis un moment qui en fait ne fonctionnent pas du tout comment est-ce que t'as fait du coup pour toi revoir un petit peu ton catalogue et faire en sorte d'avoir des méthodes des outils qui pour le coup marchent vraiment tu testes absolument tout tu essaies de trouver des nouvelles
SPEAKER_00méthodes ouais alors je teste tout déjà et après je prends pas non plus le biais parce que tu pourrais avoir le biais de dire j'ai testé ça marche pas donc c'est faux et tu vois peut-être que je teste pas bien peut-être que j'ai pas les bonnes conditions et tout donc j'essaye vraiment déjà de mettre de la science derrière de mettre de la compréhension, ça c'est ma formation scientifique à la base et pourquoi cette technique là elle marche, par exemple l'eau il y a beaucoup de trucs sur l'eau le truc de faire un distillateur solaire avec deux bouteilles que tu connectes entre elles, tu mets de l'eau de mer dans une des deux, ça chauffe et du coup ça condense et ça distille et ça part dans la seconde bouteille et tu vas récupérer une eau désalinisée donc ça en théorie ça marche très bien il n'y a pas de problème, sauf que en pratique c'est hyper dur à reproduire parce que tu n'auras jamais un dispositif 100% étanche tu n'auras jamais une bouteille en verre qui va sur le feu que tu vas pouvoir faire chauffer donc j'ai essayé plein de trucs avec des bouteilles en plastique mais qui se contractent et du coup l'eau de mer passe dans la seconde bouteille j'ai essayé plein de trucs et ma réponse aujourd'hui et ce que je transmets à mes stagiaires aujourd'hui c'est que cette technique là par exemple en théorie et sur le papier elle marche très bien mais en pratique j'ai pas d'alambic sur moi dans ma poche et donc ça va être très compliqué à reproduire, voire quasiment impossible. Donc, il y a aussi des choses qui peuvent marcher sur le papier, mais qui vont être très dures à reproduire. Donc, j'essaie vraiment de comprendre quelle est l'explication scientifique derrière cette technique-là. Et si l'explication scientifique est plausible, je vais essayer de le faire et je vais voir pourquoi ça marche et pourquoi ça ne marche pas et quelles sont les difficultés pour lesquelles ça ne marche pas. Et après, je transmets soit ça, clairement, ça ne marche pas, soit ça, ça marche en théorie, mais en pratique, c'est un peu
SPEAKER_01dur. Ok. Ok. Parce que tu dirais que c'est quoi les grands piliers en survie
UNKNOWN?
SPEAKER_01On a beaucoup parlé de l'eau, donc j'imagine que c'est un pilier essentiel, mais il y a quoi d'autre
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, il y a la fameuse règle des trois qui est un bon moyen mnémotechnique et un bon résumé de ce dont on a besoin pour vivre. C'est on vit trois minutes sans air, sans oxygène, trois heures sans abri, sans chaleur, trois jours sans boire, trois semaines sans manger et après trois mois, on a l'hygiène et les contacts sociaux. Et il y en a qui rajoutent trois secondes avec la connerie. En trois secondes, tu peux mourir d'une connerie. Mais en vrai, la connerie t'emmène vers autre chose. Donc l'air, ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça veut dire que tu as besoin de maîtriser de respirer, bien sûr, mais tu as besoin de maîtriser les premiers secours. Parce que les premiers secours, c'est le sang qui va acheminer l'oxygène vers les muscles. Donc tu as besoin de maîtriser les premiers secours. Après, les trois heures sans abri, sans chaleur, tu as besoin de savoir faire un feu, de savoir monter un abri, de savoir gérer une hypothermie, savoir te réchauffer quand t'as pas de feu, connaître toutes ces techniques-là. Trois jours sans boire, t'as besoin de savoir où est-ce que tu vas trouver de l'eau, où est-ce que tu vas la chercher, comment tu vas la recréer quand t'en as pas à portée de main, comment tu vas la rendre potable. Trois semaines sans manger, ça peut être la pêche, la chasse, la cueillette ou alors simplement prendre de la bouffe avec
SPEAKER_01toi. Le trois jours sans boire, je trouve que c'est là il est vraiment terrifiant alors je sais pas si j'ai un blocage ou pas mais sur toutes mes tu vois quand je prévoyais des sorties longues à vélo ou des grosses randos etc c'est honnêtement je pense rarement aux autres je sais pas me faire un abri par exemple tu vois mais ça me traverse pas l'esprit de me dire si je me paume qu'est-ce qui se passe quoi par contre l'eau c'est un truc sur lequel j'avoue que je bloque mais systématiquement quoi il faut que j'ai un plan pour
SPEAKER_00l'eau ouais mais c'est terrible manquer d'eau c'est le pire truc qui puisse t'arriver en vrai mais après l'abri par exemple tu disais ça peut être savoir t'abriter d'un orage tu vois savoir quelle est la conduite à tenir face à un orage c'est pas forcément fabriquer une cabane tu vois l'abri c'est savoir t'abriter des conditions extérieures savoir prendre un pont de chaud si tu sais qu'il va pleuvoir ou
SPEAKER_01une cape de pluie voilà ok d'accord ok donc il n'y a pas forcément la notion de construire un truc c'est plus se protéger en fait comment tu te protèges des éléments ouais c'est ça ok excellent oh là là et donc toi dans tes formations aujourd'hui elles sont organisées comment est-ce que t'organises en fait admettons que demain je vais faire de la survie est-ce que je dois d'abord me former est-ce que je dois me former sur chacun de ces trois piliers est-ce que c'est t'as une approche toi qui est globale ou ou t'intègres tout, ça se présente
SPEAKER_00comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, on va avoir les stages sur un week-end, on appelle ça les stages essentiels où on repasse en revue la règle des trois et on apprend à subvenir à ses besoins face aux accidents les plus courants là-dedans et comment choisir ton matériel en conséquence et comment utiliser ton matériel ou le détourner. Donc, l'idée, c'est qu'en deux jours, tu peux te débrouiller avec un petit peu de matos. Après, tu as le stage avancé qui qui dure trois jours. C'est le stage, on va dire, le niveau d'après, où on apprend à faire la même chose, mais cette fois-ci, sans matériel. D'accord. Donc, voilà, c'est juste apprendre à se débrouiller sans matériel, utiliser uniquement les ressources qu'on va trouver dans la nature. OK. Et après, on a un stage de quatre jours où on fait tout. On commence avec du matos et jour après jour, on en retire un petit peu. Donc, tu apprends à choisir ton matos, à faire avec, à détourner ton équipement, équipement, et à faire sans uniquement avec les ressources que tu as autour de
SPEAKER_01toi.
UNKNOWNOk.
SPEAKER_01Punaise. Et donc, à l'issue de ce stage long, en théorie, les participants sont autonomes, c'est-à-dire qu'ils peuvent... Demain, ils se retrouvent en pleine forêt, j'en sais rien, dans les Vosges. Ils peuvent potentiellement se débrouiller et faire face aux trois gros challenges que tu évoquais.
SPEAKER_00Oui, tout à fait. Et à la plupart des situations, on va dire les situations les plus courantes et anticipées, évaluer les risques et savoir faire face aux situations les plus courantes, on va dire. Or, vraiment, truc exceptionnel. Après, malheureusement, tu as toujours des cas de figure, des situations auxquelles tu ne vas pas savoir faire face. Et c'est pour ça qu'il y a des gens qui continuent à mourir d'accidents. Malheureusement, on ne peut pas faire face à tout et on n'a pas réponse à tout. Mais déjà, tu as quelques clés pour t'apprendre à réagir aux trucs les plus
SPEAKER_01courants. Oui. Tu vois, sur le point de l'alimentation en particulier, moi j'ai vraiment le sentiment qu'aujourd'hui c'est peut-être que c'est parce que je baigne pas dans cet univers donc à toi de me dire mais j'ai l'impression qu'il y a quand même plein de choses qu'on est absolument plus capable de faire tu vois moi je sais pas te dire envoyer un champignon s'il est comestible ou pas je sais vaguement reconnaître tu vois des fruitiers etc mais enfin se débrouiller complètement sans carte sans outil sans rien sur la partie alimentation eau c'est quand même ouais c'est quand même méga chaud quoi on est plus dans des sociétés où c'est quelque chose qu'on fait fréquemment tu vois ne serait-ce que le week-end ou quoi je pense qu'il y a encore quelques générations des fois j'en parle avec des invités notamment des forces spéciales qui expliquaient qu'on a perdu on est plus aussi rustique et à l'aise en nature que qu'il y a la génération ne serait-ce qu'il y a une génération
SPEAKER_00tu vois ouais complètement ouais et en fait ce qu'il y a c'est que tu... Déjà, la nourriture, c'est trois semaines. Donc, si tu te perds en pleine nature et qu'on ne te retrouve pas au bout de trois semaines, c'est que tu n'as vraiment pas été très bon. Tu vois, la plupart du temps, les gens, on les retrouve au bout de 48, 72 heures. Déjà. Et après, l'idée, c'est que nous, ce qu'on essaie de transmettre, c'est que c'est bien aussi d'avoir un fond de sac dans lequel tu vas avoir deux, trois trucs à manger avec pas grand-chose, un bouillon cube, une barre de céréales et tout. Tu peux déjà tenir, tu vois, ça va te prolonger un petit peu. Et après, dans la nature, bah, Tu n'as pas besoin de connaître beaucoup de choses. Savoir identifier trois plantes que tu vas trouver un peu partout en toute saison dans ton environnement. Horty, pissenlit, plantain. Déjà, tu as 80% de chances de pouvoir tomber sur une des trois quand tu es en France. Tu ne vas pas te nourrir, tu ne vas pas grossir, mais ça va te permettre d'avoir un semblant d'énergie et de calories et de micronutriments pour tenir
SPEAKER_01un peu le choc. Toi, aujourd'hui, avec tes connaissances, par exemple, tu disais qu'au tout début, tu expliquais que que ce qui était grisant c'était finalement de gagner en connaissance et de pouvoir retirer des choses de ton sac que t'emmenais initialement avec toi parce que finalement tu te débrouilles sans avec ce que tu trouves est-ce que typiquement c'est réaliste de se dire que tu pars en rando tu vois en trek sur plusieurs jours en prenant moins de nourriture et en comptant sur ce que tu vas retrouver en chemin ou tu peux mais tu passerais genre la journée à récolter du pissenlit pour pouvoir te
SPEAKER_00nourrir ouais il y a quand même beaucoup de Ça, ça prend du temps. En fait, en théorie, tu peux tout refaire à partir de la nature. Tu peux partir sans rien, mais ça prend énormément de temps. Tout prend plus de temps. Un exemple qui est assez frappant, je trouve, c'est le matelas de sol. Tu vois les petits carrés mousse, les petits matelas de sol, le premier prix chez Decathlon, qui font 2 cm d'épaisseur. Ils ont une capacité d'isolation, un R-value à un certain chiffre. Pour avoir la même capacité d'isolation, il faudrait que tu fasses un matelas de feuilles mortes et sèches de 80 cm de hauteur.
SPEAKER_02ah ouais
SPEAKER_00donc c'est possible et ça prend vachement de temps tu vois j'aime bien cette image là parce qu'entre je prends mon carré mat qui fait qui pèse 200 grammes qui coûte 10 balles et qui va m'isoler du sol ou alors je peux le faire dans la nature c'est faisable mais il va falloir une bonne demi-heure quoi de ramassage de feuilles
SPEAKER_01mortes ouais ouais
SPEAKER_00d'accord donc la nourriture c'est pareil tout est faisable mais ça va prendre beaucoup de
SPEAKER_01temps ouais ouais ok ouais très clair ok et Les gens qui viennent chez toi pour des stages, généralement, qu'est-ce qu'ils viennent chercher
UNKNOWN?
SPEAKER_01De la connaissance
UNKNOWN?
SPEAKER_01De l'autonomie
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est juste un intérêt pour l'outdoor
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il y a un peu un fil rouge, quelque chose de
SPEAKER_00commun
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, il n'y a pas vraiment de fil rouge. C'est vraiment très divers. On fait toujours un tour pour connaître les motivations de chacun. Et en fait, tu as toujours des gens qui veulent bivouaquer, qui veulent se lancer et qui n'y connaissent rien. et du coup, ils partent vraiment de zéro. Des gens qui bivouacent déjà un petit peu mais qui se disent peut-être qu'il y a moyen soit d'apprendre à faire face à quelques imprévus, soit d'optimiser un peu le matériel, d'apprendre des nouvelles techniques et d'aller un petit peu plus loin dans la pratique. Et après, tu as des gens qui cherchent l'autonomie quand même de plus en plus. Là, je suis assez surprise, c'est récent, mais là, je vois particulièrement depuis un an des gens qui me disent qu'on ne sait pas comment ça va tourner et on se dit que d'avoir quelques connaissances de ce qu'on peut trouver comme ressources dans notre environnement c'est pas mal et ça c'est assez récent malgré tout je pense que la guerre en Ukraine n'y est pas pour rien mais les gens s'inquiètent quand même et ça c'est pas moi c'est ce que je dis le stage de survie je pense que c'est pas l'idéal si demain c'est la guerre et qu'on se prend qu'on se fait attaquer je suis pas sûre que le fait d'être bon en stage de survie puisse beaucoup t'aider mais enfin bon ça reste une expérience intéressante
SPEAKER_01Et dans la façon dont tu formes les gens, etc., ou les techniques de survie en général, est-ce que tu as nécessairement besoin d'être en groupe, par exemple, quand tu apprends les gestes de premier secours
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que c'est nécessaire d'avoir quelqu'un qui t'aide à poser un garrot, etc., ou l'idée étant d'apprendre aux gens à être vraiment autonomes, même
SPEAKER_00solo
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, l'idée, c'est que tu peux tout faire en solo, bien sûr, il n'y a aucun problème. Au contraire, très souvent, c'est rare qu'ils partent tout seuls, mais il y en a qui partent tout seuls. L'idée, c'est que tu ne sais pas ce qui peut arriver. Ton groupe, tu peux te perdre, tu peux faire une chute et te retrouver isolé. Les techniques à plusieurs, c'est cool, mais savoir les faire tout seul, c'est quand même
SPEAKER_01essentiel. Super, Claire. Super. Dans son épisode, Julien nous disait qu'il y avait à priori un trip au Népal qui se préparait. On avait pas mal parlé. J'ai cru comprendre que t'allais être de l'aventure sûrement ouais comment est-ce que tes connaissances en survie et le fait que tu sois j'imagine parfaitement autonome en nature comment est-ce que ça impacte la façon dont tu construis tes treks tes expéditions quand tu pars sur des destinations un peu loin et j'imagine un peu long comme le
SPEAKER_00Népal bah je pense que déjà j'ai une enthousiasme un peu plus juste de mon équipement et des risques une évaluation des risques un petit peu et par exemple je vois Julien qui est très qui a un gros gros baroudeur et qui a une expérience à la base plus empirique alors que moi je suis plus dans la connaissance avant de mettre en pratique tu vois c'est deux façons de fonctionner un peu différentes et donc la dernière fois qu'on est parti je l'ai amené à se poser des questions qui ne s'étaient jamais posées par exemple s'il nous arrive un truc une urgence vitale un problème médical et tout on appelle qui
UNKNOWN?
SPEAKER_00tu vois en France t'appelles le 112 mais en Népal t'appelles qui
UNKNOWN?
SPEAKER_00mais c'était jamais posé la question donc c'est ce genre de petits détails de c'est bien d'avoir une deuxième réflexion en plus au niveau en plus c'est bon là au népal la difficulté c'est qu'il ya quand même le risque physiologique avec le mal aigu des montagnes donc là dessus au niveau des traitements qu'on a pris des choses comme ça on a on a anticipé un peu différemment et après ça nous a amené aussi bas on est parti en janvier dernier déjà au népal l'avantage c'est que sur le terrain je je suis quand même très autonome et je peux faire face à plein de situations et je ne stresse pas beaucoup. Je gère assez bien ça. Je ne suis pas sujette à la panique. Et donc, c'est ce qui nous est arrivé, par exemple, au début de notre trek, quand on est partis, on était en ascension vers Gokyo. Et en fait, on s'est perdus. Je le dis. On l'avoue. Et donc, on se retrouve en pleine montagne, à peu près à 4h30 de marche du prochain village, de la prochaine colonie. De nuit, parce qu'il est 18h30 et c'était l'hiver, donc il fait très nuit déjà. Il faisait à peu près peut-être moins 15, il faisait froid, mais pas non plus. Il fait déjà froid, tu vois, il fait moins 15. Et donc... ça aurait pu être la panique mais il y a un petit replat je dis écoute tu sais quoi il est 18h il commence à faire nuit on est à 4h de marche du prochain truc fais chauffer la popote je m'occupe de la tente et en 4 minutes on avait un abri qui était monté les sacs de couchage dépliés au sec machin Julien avait fait réchauffer la petite tartiflette lyophilisée et on était bien on a passé la meilleure nuit de notre vie c'était trop cool et tu vois je pense que du coup ça permet le fait d'avoir quelques techniques et d'être autonome sur le terrain et de gérer ça permet de passer par des situations qui pourraient être des situations hyper galères voire des situations de survie tu vois si on avait continué à marcher de nuit dans la glace et tout tu peux faire une hypothermie tu peux chuter tu peux te faire une entorse ça peut devenir assez dramatique et en fait nous on a juste passé une nuit de ouf à 3000 mètres d'altitude au pied d'un d'un pont suspendu et tout et c'était trop
SPEAKER_01bien quoi ok bah c'est sûr que ouais ton mindset il est juste déterminant selon les ça peut absolument tout changer les situations c'est exactement ce que tu viens d'expliquer tu vois mais à peu près dans toute discipline je sais pas tu pars faire un tour en voilier il t'arrive un truc je pense à ça parce que j'écoute un podcast de la SNSM tu vois il y a des gens qui racontent leur sauvetage en mer la SNSM c'est la Société Nationale du Sauvetage en Mer c'est que des bénévoles qui vont chercher des gens en détresse en mer et en fait t'as des gens qui se retrouvent il y a un épisode qui m'a marqué où ils expliquaient qu'ils sont arrivés sur un bateau qui était en train de qui était à la dérive mais qui flottaient etc simplement il y avait beaucoup beaucoup de mer et en fait ils sont tombés sur les membres d'équipage qui étaient assis à l'extérieur donc sur le pont en pleine tempête trempés et genre c'était plus de son plus d'image quoi les sauveteurs leur parlaient ils répondaient plus en gros ils disaient mais on a vu des gens qui attendaient la mort tu vois et quand t'entends ça tu te dis punaise mais c'est dingue tu vois ton cerveau si ton cerveau shut down bah potentiellement ouais en fait tu te laisses mourir quoi alors que si t'avais une attitude différente c'est pas une question de jugement tu vois après je sais pas ce que ces gens ont vécu mais c'est un peu ce que tu expliques là toi t'as ta capacité à rester calme à être orienté vers l'action à trouver des solutions etc c'est clair que ça peut faire une grosse différence quoi pour avoir marché du coin de Gokyo alors je sais pas vous arriviez d'où de vous avez fait direct Namche de
SPEAKER_00Lukla ah de Lukla ah ouais c'est ça ouais on arrivait de Lukla enfin on l'a fait en plusieurs jours on a fait Lukla on s'est arrêté dans une premier petit bled, je sais plus comment ça s'appelait, à mi-chemin. Après, on est remonté sur... Ouais, peut-être bien Fagdin, ouais. On est remonté jusqu'à Namche, et puis après, on a continué, et le... comme on était tout seul quasiment dans le parc, tous les lodges étaient fermés. Donc, on a été un peu conditionnés par les quelques lodges qui étaient ouverts.
SPEAKER_01Oui. Mais c'est ça, tu vois, pour être passé dans la même zone que vous. Moi, c'était en été. C'était quand même déjà… Tu te rends vite compte que c'est isolé. Si t'arrives à un truc, les secours sont un peu loin. Alors, en hiver, j'imagine que la propension a paniqué quand tu te rends compte que le seul lodge ouvert, il est à 4h30 de marche et qu'il fait nuit. Je suppose que ça peut être un environnement bien… facteur de stress si t'es pas
SPEAKER_00trop habitué et que tu sais pas quoi faire ouais complètement et puis tu vois on en revient à ce que je disais au tout début la pyramide de la survie la base c'est l'attitude et la volonté et ceux qui se mettent sur le pont de leur bateau et qui attendent la mort bah ils ont moins de chances de survie que celui qui se dit bah peut-être je vais me protéger de l'orage et de la potentielle hypothermie en me mettant à l'abri soit à l'intérieur de mon bateau soit en sortant une bâche peut-être pour tu vois essayer d'être un peu
SPEAKER_01proactif fascinant ok et bah écoute on On a bien échangé sur toute la partie technique de survie. Au-delà du Népal, est-ce que toi, il y a des gros projets sur lesquels tu es en train de travailler en rapport avec ton activité de formation en survie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, on est en train de replanifier. J'ai beaucoup de mal à le faire parce que j'ai un planning de fou furieux, mais on doit replanifier un départ pour l'Indonésie. C'est un séjour sur une île déserte que j'avais montée il y a quelques années et qui m'a bien, qui est une super super expérience assez engageante, assez intense quand même physiquement, physiologiquement et là je voudrais le proposer pour cet automne, donc il faut que je m'active il faut que je le mette en vente là, j'ai plein de gens qui attendent que ça, que j'ouvre les inscriptions et qui me harcèlent, et donc il faut que j'ai des dates à leur donner et donc il faut que je replanifie tout ça et je voudrais que ça dure un petit peu plus longtemps, donc on passerait deux semaines en Indonésie, dont une semaine complète sur l'île déserte et une semaine avec aller rencontrer rencontrer un peu des communautés de pêcheurs locales du coin. C'est une région qui n'est pas du tout touristique, qui est restée très sauvage, qui a beaucoup de ressources et tu as vraiment la sensation d'être seule au
SPEAKER_01monde. Excellent. Trop bien. Et donc, si les gens veulent en savoir plus sur tes activités et potentiellement y participer, le plus simple, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est ton site Internet
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, Time on Target. En tapant Time on Target survie sur Google, ils vont tomber dessus. Et sinon, d'aller sur le site, www.t-o-t.fr ou alors de me suivre sur les réseaux sociaux où je partage plein d'astuces et je débunk plein de trucs de survie qui ne marchent pas. C'est Eleonore Luna, pareil. J'aime bien les formats hyper courts, hyper condensés, hyper didactiques parce que je trouve que c'est une bonne porte d'entrée pour capter l'attention des gens et ceux qui sont très intéressés pourront après approfondir. Il y a plein de ressources disponibles en livre, sur le net, sur YouTube. Maintenant, il y a quand même beaucoup de contenus très qualitatif
SPEAKER_01ouais excellent super bah écoute je mettrai le lien en description et puis toi t'as un site perso aussi Eleonore Luna
SPEAKER_00ouais il est pas très à jour mais ouais j'ai un petit
SPEAKER_01site c'est plus histoire d'avoir une vitrine parce que ça arrive et qu'on me le demande et voilà ok super et bah écoute je mettrai tout ça en description de l'épisode un grand merci Eleonore c'était un super moment franchement ça m'a c'est chouette parce que ça m'a donné envie de tu vois de bah finalement, de monter en compétence, de devenir un peu plus autonome, parce que c'est des choses
SPEAKER_00auxquelles on pense
SPEAKER_01pas. Faut venir faire un stage, tu viens quand tu veux. Bah voilà, ça se trouve un stage, mais tu vois, parce que je pense que quand ça t'arrive, tu te dis, punaise, mais en fait, là, j'ai l'air bien con à pas savoir allumer un feu autrement qu'avec un briquet ou un réchaud à gaz, tu vois. Donc, ouais, je pense que c'est le genre d'activité où tant que ça t'arrive pas, ça va, mais le jour où ça t'arrive, que tu sais pas comment faire, bah là, tu regrettes de pas avoir pris le temps de te former, après tout, 2, 3, 4 jours c'est pas non plus super long donc merci en tout cas pour ces super partages et puis bah écoute peut-être à bientôt sur Insta je qui
SPEAKER_00sais ouais merci beaucoup
SPEAKER_01à toi
SPEAKER_00pour l'invitation ouais tu me dis en vrai tu me
SPEAKER_01dis et tu viens quand tu veux trop bien un grand grand merci à l'honneur et puis bah écoute bonne préparation pour le Népal et bah peut-être à une
SPEAKER_00prochaine alors ouais avec plaisir merci encore pour l'invitation
SPEAKER_01salut Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir c'est de partager cet épisode à au moins un 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour me laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité.