Les Frappés

Se reconstruire grâce au sport avec Sabrina & Pierre-Clément (armée de Terre 🇫🇷)

Sabrina Daulaus, Pierre-Clément Le Tellier Season 3

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En partenariat avec l’Armée de Terre 🇫🇷 et à l’occasion des 30 ans de la Cellule d’Aide aux Blessés, voici un épisode spécial dans lequel j’accueille Sabrina Daulaus et Pierre-Clément Le Tellier.

Sabrina est une ancienne militaire du 503e régiment du train, qui a perdu l’usage de son bras en 2012. L’Adjudant-Chef Pierre-Clément a notamment comme mission la mise en place d’actions pour favoriser la reconstruction des blessés par le sport.

En juin 2023, Sabrina et 4 autres militaires se sont lancé dans l’ascension du Mont Blanc. Un défi de taille pour Sabrina en n’ayant qu’un seul bras, notamment sur les sections techniques.

Vous l’entendrez, tout ne s’est pas passé comme prévu, mais ça fait partie de l’aventure et vous le verrai, on retrouve chez mes deux invités l’état d’esprit du soldat : on s’adapte et on se remet en mouvement.

Merci à l’Armée de Terre pour cette opportunité, merci et bravo à Sabrina et Pierre-Clément, excellente écoute à vous les frappés !

🔎 Pour découvrir les actions des cellules d'aide aux blessés c'est par ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #40 - Louis Saillans - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales) - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger
👉 Épisode #110 - Se relever après avoir été amputé de ses deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)
👉 Épisode Bonus - Emmanuelle Halioua - Combattre les Troubles de Stress Post-Traumatiques

Vous pouvez suivre Sabrina & Pierre-Clément ici ⬇️
📸 Instagram de Sabrina
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En restant actif et en se mobilisant, même si on peut être au fond du seau, on voit qu'on peut faire des choses et que le corps, clairement, c'est une

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machine. Concrètement, mon accident, pour moi, ça a été une révélation sur une nouvelle vie, des nouvelles possibilités. Tout ce que je fais depuis que j'ai mon handicap, je ne l'aurais jamais fait avant.

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Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire des des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une fois petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. En partenariat avec l'armée de Terre et à l'occasion des 30 ans de la cellule d'aide aux blessés, voici un épisode spécial dans lequel j'accueille Sabrina et Pierre Clément. Sabrina est une ancienne militaire du 503ème régiment du train qui a perdu l'usage de son bras en 2012. L'adjudant-chef Pierre Clément a notamment comme mission la mise en place d'actions pour favoriser la reconstruction des blessés par le sport. En juin 2023, Sabrina est quatre autres militaires se sont lancés dans l'ascension du Mont Blanc. Un défi de taille pour Sabrina en n'ayant qu'un seul bras, notamment sur les sections techniques. Vous l'entendrez, tout ne s'est pas poussé comme prévu, mais ça fait partie de l'aventure. Et on retrouve chez mes deux invités l'état d'esprit du soldat. On s'adapte et on se remet en mouvement. Merci à l'armée de terre pour cette opportunité. Merci et bravo encore à Sabrina et Pierre Clément. Excellente écoute à vous les frapper.

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Je

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me suis engagée en 2000. Ma spécialité, j'étais radiographiste, donc je faisais du morse. Et donc, je suis partie trois fois en opération, deux fois au Kosovo, une fois à Mayotte en détachement avec les légionnaires. Et puis après, en 2008, j'ai été mutée. Donc, je suis partie deux ans à Saint-Mexen. Après, je suis partie au 503e régiment du train qui était avant à Bordeaux pour la à Martignas sur Jeanne à Souges actuellement le 13ème RDP donc en 2011 j'ai été là-bas et après le régiment a déménagé donc en 2011 il a déménagé à Garon et après donc en 2012 c'est là que j'ai eu mon accident de trajet en fait le matin en me rendant au travail accident de

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moto

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accident du coup en termes de gravité qu'est-ce que donc non Alors, je n'allais pas vite. Ce n'était pas un problème de vitesse, en fait. C'est une voiture qui m'a coupé la route pendant que j'étais en train de doubler. Et donc, j'ai fini de l'autre côté de la route sous une voiture qui arrivait de l'autre côté. J'ai eu traumatisme crânien, trois fractures ouvertes du bras gauche plus multiples fractures du bras gauche. Et en fait, dans ma« chance», j'ai que mon bras gauche qui a pris. Et le problème, c'est qu'en fait, mon bras gauche est resté crispé sur le guidon de la moto. Sauf que moi, je suis passée par-dessus le guidon. Et en fait, ça a tellement été tendu entre le bras qui restait accroché et mon corps qui partait de l'autre côté, que ça a sectionné le nerf directement au niveau de la racine du rachidon. Et donc, j'ai eu un plexus brachial complet. Donc, mon nerf qui a été sectionné complètement. Donc, j'ai été à l'hôpital, bon après je me rappelle de rien, j'ai eu traumatisme crânien et je me rappelle de rien, je me rappelle quelques brides quand je me réveillais de temps en temps à l'hôpital et puis après à l'opération où je me suis réveillée, l'opération a pris 12 heures parce qu'en fait j'ai eu la chance de tomber sur le spécialiste du bras qui en fait il s'est servi de mon cas comme un cas à l'école il a filmé l'opération et en fait il s'est il s'est décidé en fait à sauver mon bras sinon c'était amputation parce que c'était très complexe entre tous les os qui avaient été fracturés tous les morceaux et donc lui il s'est amusé entre guillemets à tout faire pour récupérer mon bras donc j'ai eu cette

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chance

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donc voilà donc ça c'était tu as dit pardon en 2014 c'est ça

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?

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non 12

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septembre 2012 ouais 12 09 12 ok d'accord ok euh ok donc accident de trajet euh donc tu disais la blackout est-ce que tu te rappelles d'un souvenir en particulier

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au moment où t'as tapé ah non aucun alors sincèrement je dirais que même avant mon accident mon cerveau il a fait reset complet quoi d'accord je me rappelle de rien j'en ai parlé avec les médecins ils m'ont dit non c'est quand c'est violent quand il y a quelque chose de violent comme ça parfois le cerveau il décide d'oublier et d'un côté c'est mieux c'est ce qui aide à avancer plus rapidement Donc non, je n'ai pas du tout de souvenir.

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Tu dirais que cette blessure, sur le moment, qu'est-ce qu'elle a changé pour toi d'un point de vue perso, évidemment, mais ensuite par rapport à ta carrière militaire

UNKNOWN

?

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Concrètement, au début, ça a été... dur, quand j'ai compris... En fait, pour moi, j'avais encore mon bras, donc pour moi, au bout de deux mois, je voulais reprendre mon travail, je voulais remettre l'uniforme, je voulais repartir. Et quand le médecin militaire m'a dit que non, concrètement, c'était plus possible, que je ne pourrais plus porter l'uniforme, là, ça a été un grand coup de massue. Je me suis engagée par pure vocation, donc pour moi, ça a toujours été ça. Donc là, ça a été dur, et je me suis dit, putain, mais qu'est-ce que je vais faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je me suis engagée pour ça, j'ai toujours voulu faire ça. Qu'est-ce que je vais faire

UNKNOWN

?

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Et puis j'ai eu la chance que mon ancien chef de corps de mon régiment, on a pas mal discuté ensemble, il m'a proposé de me garder en tant que civile de la défense, de me récupérer et de continuer à travailler un petit peu comme avant, sans l'uniforme forcément, mais de rester dans l'institution. Et rien que de savoir ça... Ça m'a fait un bien fou. Après... Grâce à la CABAT, deux ans après mon accident, ils m'ont proposé un stage de sport adapté, c'est les RMBS, où on part une semaine et tous les blessés militaires handicapés nous proposent de l'accessibilité au sport. C'est là qu'on découvre qu'on a plein de possibilités. Au bout de ce stage, j'ai un adjudant-chef de la CABAT qui m'a proposé d'intégrer l'équipe de France des blessés de armée de terre pour partir aux États-Unis, aux trials. C'est une compétition qu'organisent les Marines. Et là, ça a été le point de départ de tout ce que je suis maintenant, en

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fait. Excellent. Alors, tu as utilisé plusieurs termes, peut-être qu'on va clarifier. Les civils de la défense, qu'est-ce que

SPEAKER_00

c'est exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, il y a certains postes qui sont proposés à des civils qui ne sont pas forcément forcément militaires, pas du tout. Ils sont recrutés comme des personnes normales et ils occupent des postes au sein de

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l'armée. D'accord, ok. Donc du coup, en termes d'accréditation, etc., tu travailles sur des sujets qui sont 100% des sujets de l'armée. Tu es dans les mêmes locaux que l'armée. Par contre, d'un point de vue administratif, tu ne

SPEAKER_00

portes pas l'uniforme. Oui, voilà, c'est ça. Je ne porte pas l'uniforme. Je ne peux pas partir en mission, par exemple, en OPEX ou quoi que ce soit. même s'il y a quelques séjours qui sont proposés mais sinon non tout ce qui est OPEX et tout ça ça je

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fais plus et je porte plus l'uniforme voilà ok et alors ensuite t'as mentionné les KABAT et les

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RMBS si j'écorce pas le deuxième acronyme alors la KABAT c'est la cellule des blessés de l'armée de terre qui se trouve à Paris aux Invalides donc voilà c'est eux qui récupèrent donc ça c'est la partie armée de terre donc c'est eux qui s'occupent de tous les dossiers en fait qui sont envoyés dès qu'il y a des blessés militaires en fait Et puis après, qui leur propose justement des stages de reconstruction. Donc, il n'y a pas forcément par le sport, mais il y a divers stages qui sont proposés. Et après, les RMBS, c'est les rencontres des militaires blessés. Et donc ça, c'est justement l'une des activités qu'ils proposent où pendant une semaine, en fait, il y a tout un panel d'activités sportives qui sont proposées en fonction des

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handicaps. D'accord. Et donc, est-ce que c'est là que tu as croisé pour la première fois le légendaire Cyril Chaboun que j'ai aussi accueilli sur le podcast

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Cooper je l'ai rencontré en 2018 Cooper je l'ai rencontré quand on a fait un stage de voile ensemble pour les Invictus Games à Sydney en 2018

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énorme ok Ok, ok. S'il y en a qui n'ont pas encore écouté cet épisode, franchement, foncez. Cyril Chaboun, je ne sais plus si j'ai mis son alias dans la description, je ne crois pas. Alias Cooper, ancien du CPA10, qui a perdu ses deux jambes après avoir explosé sur un... pas très loin

SPEAKER_00

d'un branle piégé par Daesh.

SPEAKER_01

Et qui nous parle de résilience. Et là, pour le coup, de vraie résilience. Je ne sais pas s'il y a une vraie et une fausse résilience, mais lui, c'est vraiment hallucinant la manière dont il a rebondi et ce fait aujourd'hui c'est hyper inspirant

SPEAKER_00

je sais que l'année dernière par exemple il a fait le Mont Ventoux à vélo en fait avec mon régiment c'est moi qui lui ai dit de venir le faire donc j'aime bien l'emmener à chaque fois dans des

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activités ton bras tu disais que Sabrina le protocole médical on va dire classique si tu n'avais pas eu la chance de tomber sur ce chirurgien ça aurait été l'amputation concrètement aujourd'hui c'est à dire que tu as toujours ton bras mais est-ce que tu peux t'en servir servir

UNKNOWN

?

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Quelles sont les limitations qui découlent de la blessure

UNKNOWN

?

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Enfin, de l'accident,

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pardon. Alors, ouais, il est toujours là, mais non, je peux rien faire du tout avec, en fait. J'ai juste l'utilisation de mon trapèze gauche, et après, c'est touché que ça. Donc, j'ai plus de sensibilité en dessous du coude. J'ai plus rien. Il est juste là, quoi, c'est tout. C'est déjà pas

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mal. Alors, t'en parles, c'est finalement à la fois récent et pas récent que ça, 2012 ça fait 11 ans donc en termes de reconstruction je crois que Cyril c'était à peu près pareil 7-8 ans je suis vraiment à chaque fois admiratif du détachement avec lequel vous arrivez à partager ces accidents tu dirais qu'il t'a fallu combien de temps pour passer de victime d'un accident à survivante d'un accident d'un point de vue état d'esprit, c'est à dire à accepter la chose, à tourner la page, à te projeter sur la reconstruction je vais de l'avant plutôt que de pas t'apitoler sur ton sort évidemment pas du tout mais plutôt que d'être tu vois dans une attitude plutôt passive ou te dire ah là là mais comment je vais faire etc tu vois ce que je veux dire à quel moment est-ce que t'as repris en main si tu veux ta

SPEAKER_00

vie ouais en fait déjà de nature je suis assez indépendante et autonome donc j'aime bien me débrouiller toute seule et en fait je vais te dire quand le médecin est venu me voir, le chirurgien est venu me voir, donc il m'a expliqué, parce qu'au début, je savais pas, j'avais mon bras, il était dans un plâtre, donc pour moi, bon, il était là, ok, et c'est là qu'il m'a expliqué, en fait, enfin, il me l'a dit un peu avec humour, en fait, il m'a dit, bon, alors... Il me dit« Vous connaissez Jamel Debbouze

UNKNOWN

?

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» Je lui dis« Oui.» Il me dit« Bon, maintenant, vous serez comme lui.» Je lui dis« Putain, merde, je ne comprends pas. Je ne fais pas de humour. Je n'ai pas prévu.» Il me dit« Non, mais ce n'est pas ça.» Il me dit« Non, mais vous êtes paralysé du bras, comme lui.» Je lui dis« Ok, d'accord.» Et après, je réfléchis et je lui dis« Mais sinon, quand est-ce que je peux reprendre le travail

UNKNOWN

?

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» Et là, il rigole. Il me dit« Non, mais vous n'avez pas compris, en fait.» Je lui dis« Mon bras, ok. Mon bras gauche, il ne fonctionne pas, mais je pense que mon bras droit... donc c'est bon je peux reprendre le boulot donc il a rigolé il m'a dit vous verrez ça avec vos chefs moi je dis je sais pas après moi je suis pas restée longtemps au hôpital vu que j'avais que le problème de mon bras gauche au bout d'une semaine je suis sortie je suis rentrée chez moi et en fait j'aime pas du tout je suis vraiment pas restée longtemps j'avais que ça comme soucis que mon bras après il était dans le plâtre il y avait plus rien à faire donc voilà je pouvais sortir et tout mais bon arrivé chez moi je me dis putain qu'est-ce que je fais maintenant je peux pas conduire je peux pas sortir j'étais encore sous les cachets mais je les ai très rapidement arrêtés parce que ça me rendait malade plus qu'autre chose donc j'ai vite arrêté et en fait je m'ennuyais je m'ennuyais je me dis putain ça va pas être ça ma vie c'est pas possible et puis petit à petit j'ai commencé à ressortir j'ai mes amis du régiment qui m'invitaient à des activités au régiment donc je retournais je retournais les voir ça me faisait un bien fou en fait de retourner dans l'institution et c'est là qu'en discutant avec mes chefs ils m'ont dit bon ok viens tu vas aller faire un stage avec l'armée là sur le sport et donc c'est une fois que cet adjoint chef il m'a proposé d'intégrer l'équipe de France TPC de l'armée de terre pour partir en compétition je me suis dit ok moi je veux pas y aller pour faire de la figuration donc je veux revenir avec des médailles donc du coup je vais m'entraîner et donc à Nîmes j'ai cherché tous les clubs où je pouvais m'inscrire pour m'entraîner donc je participais là-bas à l'athlétisme je faisais du tir au pistolet et je faisais de la natation je me suis dit ok et bah voilà vu que j'ai rien à faire de mes journées je vais partir m'entraîner donc du coup toutes mes semaines étaient remplies par les entraînements et franchement ça m'a fait un bien fou de ressortir de retrouver une vie sociale de m'entraîner non voilà je suis partie à la compétition je suis rentrée avec 12 médailles donc ça va j'étais plutôt contente et du coup ça m'a mis le pied à l'étrier pour continuer ça m'a mis le pied à l'étrier pour continuer en fait je me suis dit ok Après, cette compétition, c'est quoi le niveau au-dessus

UNKNOWN

?

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Et le niveau au-dessus avec l'armée, c'était les Invictus Games. Donc, j'ai passé les sélections pour partir à Toronto. Donc, c'était en 2017. Et pareil, j'ai été sélectionnée. Hop, j'ai continué les entraînements. Voilà, je participais. Et c'est comme ça que tout a commencé, en fait. C'est grâce concrètement à l'armée de terre et à cette proposition. Et depuis,

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j'arrête dessus, en fait. J'arrête dessus. Génial. Écoute, franchement, super impressionnant. C'est très intéressant ce que tu dis par rapport à tu vois le fait que l'activité physique t'a fait du bien et que finalement chez toi tu tournais un petit peu en rond et tu vois je viens de finir une formation de deux jours sur en gros les gestes de premier secours psychologique donc l'équivalent c'est quoi c'est le PSC1 ou je sais plus ce qu'est l'acronyme des premiers gestes tu vois PSC1 voilà bah là j'ai fait l'équivalent mais pour le cerveau en gros pour c'est un protocole israélien à la base développé par l'armée israélienne qui est maintenant utilisé par les civils et qui te permet de faire qui permet en gros de diviser par deux les risques de PTSD, donc de troubles de stress post-traumatique suite à des incidents violents, imprévus et soudains. Et en fait, le postulat de base, c'est de dire pour éviter les traumas, il faut être dans l'action. Donc, il ne faut surtout pas demander aux gens de s'asseoir, tu vois, d'être en posture passive, de les renvoyer chez eux, de leur dire prendre quelques jours, etc. Non, il faut tout de suite les mobiliser, être dans l'action. Et c'est ça, en fait, qui fait que du coup, tu réactives la partie de ton cerveau cognitive plutôt que de laisser la partie de ton cerveau émotive qui est en mode, tu vois, tourner à plein régime. Et c'est malheureusement comme ça qu'on installe des traumas sur le long terme.

UNKNOWN

Donc, hyper intéressant. Voilà, c'est clair.

SPEAKER_01

Est-ce que c'est un retour d'ailleurs, alors c'est peut-être l'occasion du coup de basculer vers Pierre Clément, mais est-ce que c'est un retour que tu as fait à l'armée sur toi, la manière dont le fait d'être dans l'action, de tout de suite t'inscrire dans de nouveaux projets, la manière dont ça t'a aidé à tourner la page, même si ce n'était pas une blessure de guerre, mais quand même tu es blessé, tu as été militaire au moment où c'est arrivé. Donc est-ce que c'est un rétexte entre guillemets que tu leur as fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi, en fait, quand on m'a proposé ça, d'intégrer l'équipe de France, pour moi, c'était la manière que je pouvais continuer à servir mon pays, à représenter la France. Et c'est ce qui me manquait. C'est ce que je voulais, en fait.

SPEAKER_01

Excellent. Donc, toi, Pierre-Clément, puisque vous êtes deux sur cet épisode, à quel moment est-ce que tu as croisé le chemin de Sabrina et quelle est ta mission au sein de l'armée de manière plus générale

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors moi, du coup, j'ai croisé Sabrina en 2021 quand j'étais affecté au 503ème régiment du train à Nîmes. Bon, du coup, je n'étais pas du tout destiné à bosser avec les mitards blessés. Moi, je me suis engagé en 2002. À l'époque, on n'en parlait pas énormément. Il y avait des actions de fête, mais ce n'était pas vraiment démocratisé. Et en fait, le jeu des différentes affectations a fait que j'ai été affecté en 2019 aux Invalides, du coup, aux Cercle Sportif de l'Institution Nationale des Invalides et j'ai été mis en contact directement avec le milieu du handicap. Là-bas, en tant que militaire, j'étais détaché dans cette association et il y avait plusieurs volets. On bossait au profit des pensionnaires des Invalides qui peuvent être grandement handicapés. C'était vraiment du sport très adapté. On animait des clubs sportifs adaptés, par exemple le Paratire que j'animais et on montait également des projets au profit de militaires blessés ou de victimes d'attentats donc moi j'étais dans le bain directement j'avais aucune calife dans le milieu du handi et puis ça s'est fait assez naturellement je me suis retrouvé à monter des stages de sport pour des personnes paraplégiques des stages de ski par exemple à montagne ou amputés ou aveugles c'était vraiment hyper varié et on apprend en fait sur le tas en parlant vraiment avec les gens en faisant preuve d'empathie etc qu'on n'arrive pas vraiment à se mettre à leur place, mais on comprend un peu les tenants et les aboutissants et on voit ce dont ils ont besoin et on voit là où ils peuvent aller. Et du coup, cette expérience de deux ans aux Invalides a été hyper enrichissante de ce côté-là. Et une fois arrivé à Nîmes, je me suis dit qu'est-ce que je pourrais monter comme projet dans le cadre des opérations pour les militaires blessés. Du coup, en 2021, j'arrive au régiment, je prends mes marques et 2022, on fait l'opération avec nos blessés. On n'est pas loin du Mont Ventoux, donc je propose au chef de corps, Gilles Monconnel, j'aimerais qu'on fasse l'ascension du Mont Ventoux. Nous voilà partis à faire le Mont Ventoux, avec Ciel Chaboun qui nous rejoint, qui rejoint l'équipe, avec un militaire blessé qui est au 503 également, qui n'avait jamais fait de handbike, donc l'ascension, elle a fait handbike, c'est du vélo à bras. On se retrouve avec trois à faire ça, donc deux paraplégiques et un double amputé fémoral. Et on attaque les préparatifs pour l'ascension du Mont Ventoux. Donc grosse expérience, grosse préparation. Et l'ascension a été hyper complexe. On s'est tapé des vents énormissimes tout le long de la montée. Donc il faut savoir que le Mont Ventoux, c'est une usine à gaz. Il y a plein de monde qui va. Il y a toujours des activités, des compètes, etc. Il y a énormément de monde qui va. Et toutes les activités prévues le jour J ont pété, sauf la nôtre. Nous, on s'est dit, non, pas question, on ne peut pas lâcher, on a monté ça, on ne peut pas lâcher, on va arriver en haut. Et en haut, il y avait des rafales à 100, donc on était tout un staff à rouler à côté d'un bike, et on se faisait projeter du vélo avec les rafales de vent, donc on se pétait la gueule. Et on a quand même voulu... C'était assez incroyable, donc on s'est dit, on ne lâche pas, on a monté tout ce projet, et pour les blessés, il faut qu'ils arrivent en haut. Donc finalement, le staff en vélo, on a mis 9 dans les camions et on a fini le dernier kilomètre en courant avec nos trois blessés en bike et on est tous arrivés en haut du Mont Ventoux. C'était une expérience assez exceptionnelle.

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Super

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inspirant.

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Voilà. Super inspirant. Donc ça, c'était 2021, tu as dit. 2022. 2022, OK. 2022. Et là, à ce moment-là, est-ce qu'il y avait déjà un agenda à plus long terme par rapport à d'autres projets de défis sportifs

UNKNOWN

?

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Alors, il n'y avait rien d'officiel, sachant que l'opération avec nos blessés, elle se fait tous les ans en juin. Donc, il y a une portion centrale qui est menée à Paris en général c'est vers le 23-24 juin une portion centrale là-bas et après chaque régiment en France à l'étranger etc en OPEX monte sa propre opération donc on a assez de liberté voilà on a assez de liberté il faut avoir l'aval du chat de corps et après on peut monter le projet tant qu'il est cohérent on peut le monter et du coup moi dans un coin de ma tête je me dis le vent tout c'est cool mais l'an prochain je ferais bien autre chose d'un peu plus haut, donc voilà, le Mont-Blanc, le Mont-Blanc me vient en

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tête,

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et j'en parle à droite, à gauche, et on dit, déjà, on fait le Mont-Ventoux, on va déjà essayer de faire ça, et puis on verra après, il ne faut pas s'emballer, et voilà, le côté difficulté, c'est vrai que ça m'a attiré quand même énormément, et pour ces projets, il y a une chose à prendre en compte, c'est qu'il faut que le handicap de la personne, du blessé qui vient avec nous, du coup, il faut que ça matche avec l'opération qu'on monte, en fait, donc mes trois blessés en bike ça matchait bien pour le mont ventoux et pour le mont blanc je suis là sabrina pour moi elle profite là un bras non fonctionnel mais tout le reste ça se passe bien elle est très sportive donc voilà donc j'ai dit sabrina et qu'est ce qu'on pense on va faire le mont blanc Et voilà, donc le chef de corps valide le projet, il me dit« tu gères ta mission, ton budget, il n'y a pas de souci, tu montes ton projet». Donc c'est comme ça qu'est né déjà le projet en 2022. génial

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alors peut-être juste avant qu'on parle du Mont Blanc par rapport à ta mission de deux ans aux Invalides je suis super curieux parce que je pense que ça doit être le musée à Paris dans lequel j'ai passé le plus de temps je pense que ça ne va pas peut-être se compter en jours et j'y suis repassé il y a d'ailleurs assez peu de temps et c'était la première fois que je voyais un blessé qui se déplacer aux invalides et en fait moi je ne savais pas du tout que c'était encore, tu me dis si je me trompe mais je crois que historiquement ça a toujours été un hôpital militaire par contre je ne savais pas que c'était encore ces fonctions, donc je l'ai découvert un peu par hasard récemment quels sont les blessés du coup qui sont résidents aux invalides comment est-ce que se fait la sélection, je ne sais pas quel terme utiliser mais qui se retrouve

SPEAKER_02

là-bas

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors moi je ne maîtrise pas tout le type de sélection de personnes qui vont, mais toutes les victimes de guerre, les militaires blessés, etc., déjà, ils ont accès naturellement. Donc, c'est aussi une grosse boutique avec beaucoup de spécialistes, parce que ça va de la petite pathologie aux gros handicaps. Donc, c'est vraiment... C'est un public très, très varié. Et de mémoire, c'est le plus grand club handisport de France. Donc, il y a cette partie où on s'occupe des pensionnaires désinvalides et cette partie club sportif... civiles, où il y avait de la natation, du vélo pour personnes aveugles, il y a de la muscu, du tir, il y a vraiment tout type d'activités.

SPEAKER_01

D'accord. Et donc la partie pour les résidents qui sont blessés de guerre, survivants d'attentats, etc., elle est vraiment dans le bâtiment des Invalides, là où il y a le musée, en

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fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il y a la partie logement et la partie hôpital, et nous, là où j'étais, il y avait une petite aile sur le côté, où il y avait un plateau, un plateau sportif, où là, on a plein d'appareils sportifs adaptés, où on peut vraiment faire du cas par cas. Par exemple, il y a beaucoup de personnes âgées qui résident aux Invalides, et on les met sur des... L'important, tu parlais tout à l'heure de l'action, qu'il faut toujours se mobiliser, le cerveau, le physique, etc. Par exemple, il y a des vélos, on les met assis, il y a un système qui entraîne automatiquement les jambes. Voilà, ça maintient quand même une mobilité, et c'est hyper important déjà pour ces résidents d'avoir un lien social, de voir du monde, et de continuer à se bouger même si de même c'est plus compliqué donc c'est vraiment

SPEAKER_01

cet intérêt ok bah écoute merci pour les précisions donc le Mont Ventoux c'est fait c'est dans la poche en dépit des vents à 100 km heure vous êtes les seuls sur la journée à atteindre le sommet en tout cas par rapport à ce qui était prévu et là tu te dis bon le Ventoux c'était sympa mais on va monter en gamme entre guillemets ça va être le Mont Blanc pour l'an prochain donc 2023 objectif Mont Blanc ta pensé à Sabrina mais c'était pas la salle il me semble il y avait 5 militaires enfin anciens militaires ou militaires qui étaient dans

SPEAKER_02

l'ascension ouais alors du coup je pense à Sabrina parce que le projet en gros on le montre pas pour nous on le montre pour eux pour les blessés donc moi je simule mon blessé je me dis bon bah ça marche tout fait que ça peut être un projet ultra intéressant pour Sabrina et pour également les autres blessés parce que tout ça c'est des manips profit des militaires blessés mais au delà de ça l'exploit que fait Sabrina pour moi c'est aussi un exemple pour tout un tas de personnes des blessés civils comme des personnes 100% valides de se dire merde je m'impose j'ai des facteurs limitants qui m'empêchent de faire ça mais en fait pourquoi elle elle le fait pourquoi moi je pourrais pas le faire en fait donc je cible Sabrina et puis j'associe du coup à l'ascension des collègues du bureau des sports et un major du régiment qui termine bientôt l'armée et qui monte avec l'étendard du 503. Comme clap de fin, c'est assez extraordinaire aussi. Donc, on part sur une équipe de 5 accompagnés de 3 guides de

SPEAKER_01

montagne. Excellent. Entre le moment où tu l'as proposé, tu as eu l'idée pour la première fois que ça a été approuvé par ton colonel. Et on va dire que les premiers stages ou les premiers vrais événements de préparation, il s'est passé combien de temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Pour qu'on se rende un peu compte, tu vois, à quel point c'est exigeant en

SPEAKER_02

amont. Alors moi, j'ai cette idée, ça devait être juin, juin 2022, je vois le chef de corps, c'est un nouveau chef de corps qui arrive, je crois que je le croise l'été, peut-être en juillet, je lui propose le projet, il me dit banco, voilà, et puis à partir de là, c'est l'argent, c'est l'air de la guerre, hein, Donc, c'est les dossiers de sponsoring pour pouvoir monter le projet. Donc, moi, j'ai plusieurs choses qui me coinçaient. C'était déjà le budget, les logements, parce qu'il faut savoir que le Mont-Blanc, c'est, je crois, 20 000 tentatives d'ascension par an, 50 à 60% de réussite. Et les refuges sont pris d'assaut dès que les réservations ou les refuges sont bloqués. Donc, moi, il me fallait vite de l'argent, vite arriver à bloquer mes refuges, vite arriver à bloquer mes guides. Donc, la prépa, elle est surtout très administrative au début donc voilà donc dès septembre retour de vacances c'est parti sur la c'est parti sur les recherches de partenaires et le combat le l'objectif était donné à tout le monde à chacun devait se faire une préparation voilà ppg classique dont tout le monde se préparer en sport du footing du vélo du rameur de la natation chacun se fait du crossfit chacun se faisait sa préparation individuelle voilà Et à partir du début d'année, début 2023, on a attaqué la préparation spécifique. Donc là, on était vraiment sur des marches en terrain vallonné, on partait en équipe, ce qui permettait de vraiment souder le groupe parce qu'on... On avait vraiment besoin d'avoir un temps pour nous. Donc, dès le début d'année, on attaque cette préparation. Et puis, on part marcher tous les 15 jours. Après, on se fait une semaine de préparation aussi dans un chalet militaire de montagne, là, au Trans, où on bouffe des bornes et on bouffe du dénivelé. Et puis après, arrive le Mont Blanc. On part là-bas une semaine avant pour faire le travail technique et le travail d'acclimatation. Et puis, c'est parti pour l'ascension, du coup.

SPEAKER_01

C'est quand même un sacré taf de préparation. Mais quand on est dans le régiment du train, c'est surtout de la logistique que vous faites normalement, donc c'est parfait. Oui, c'est de la logistique.

SPEAKER_02

C'est le régiment, effectivement, c'est la log. Après, je suis BDS, bureau des sports, donc je garde ma SP prof de sport. Donc la logistique, je suis moins dedans. Après, ça se fait assez naturellement. Disons que mon expérience aux Invalides, où on était chacun chef de projet, on montait la semaine de ski il faut trouver tout pour monter une semaine de ski pour 10 ou 15 personnes Andy c'est hyper formateur en fait tout s'est fait assez naturellement mais voilà effectivement c'est un an de prépa c'est plus compliqué que monsieur tout le monde qui arrive une semaine avant Mont-Blanc qui a son petit guide qui achète son matos et qui monte il y avait quand même une grosse coordination à gérer une grosse préparation parce que l'échec On voulait minimiser le risque d'échec, donc

SPEAKER_01

c'est quand même pas mal. Et ça aurait été possible de tout faire au sein de l'armée, c'est-à-dire les préparations spécifiques, par exemple, d'aller, je ne sais pas, avec les chasseurs alpins, les guides, prendre des guides qui sont l'école militaire de haute montagne. Ça, ça aurait été envisageable ou ça aurait rajouté un degré de complexité pour coordonner tout le

SPEAKER_02

monde

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors non, du coup, la semaine qu'on a fait au Chemin militaire de montagne, ça s'est très bien passé. Donc, on a été encadré par des mitaires spécialistes qui nous ont orienté sur du travail à faire sur place. Et après, l'école mitaire d'Haute-Montagne ne pouvait pas nous encadrer pour l'ascension du Mont-Blanc parce que nous ne sommes pas qualifiés montagne. Donc, en fait, c'est une histoire de réglementation. Comme on n'est pas qualifiés montagne, ils ne peuvent pas nous encadrer. Donc, on était obligés de passer par des guides civils. Donc, le MHM nous a soutenus avec du matériel, etc., donc ils nous ont bien aidé,

SPEAKER_01

mais n'a pas pu libérer de guide

SPEAKER_02

pour ça. D'accord,

SPEAKER_01

d'accord, d'accord. Toi, Sabrina, au moment où tu entends parler du projet, je pense que je connais déjà la réponse, mais ça a été quoi ta réaction immédiate

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'aurais préféré faire le Montpellier à La Réunion, mais bon, OK, le Mont Blanc... Non, parce que le Montpellier à Neige, c'est vraiment pas mon délire. Alors là, pour le coup, c'était vraiment... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était vraiment dépasser mes limites, là, pour le coup. C'est pas ma zone de confort. Donc, bon, OK, un nouveau défi à relever. Bon, allez, pourquoi

SPEAKER_01

pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

OK, bon, voilà. Donc, la réflexion sur... Enfin, ton premier réflexe en termes d'enjeux, c'était pas du tout par rapport à ton handicap et ton bras. C'était plus par rapport au milieu, en

SPEAKER_00

fait.

SPEAKER_01

Ouais, c'est ça. C'est tout à fait ça. OK. Excellent. Tu dirais que ton passif de militaire... et même tu vois globalement la blessure l'accident tout ce par quoi t'es passé en quoi est-ce que ça t'a préparé à réaliser ce type de défi comme le Mont Blanc ou d'autres à venir ou les activités sportives que tu fais aujourd'hui d'un point de vue mental, gestion de l'effort de la douleur, persévérance, résilience comment est-ce que tout ça te permet de faire ce que tu fais aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je dirais essentiellement que j'ai toujours eu un mental à à vouloir essayer des choses et à pas me fixer de limites en fait avec l'armée j'ai beaucoup appris avec mon travail qu'en fait on pouvait toujours on pouvait toujours se dépasser et au moins essayer et pas se dire c'est pas possible pas baisser les bras avant en fait d'abord t'essayes tu vois tu te prépares et puis bon après ça passe ça passe ça passe pas ouais au moins t'auras essayé donc avec l'armée j'ai eu ça et après ouais j'ai le mental de me dire ouais ok allez on On va essayer. Je ne vois pas pourquoi je n'y arriverai pas de toute façon.

UNKNOWN

Voilà. Yes.

SPEAKER_01

Du coup, l'ascension, est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu en détail comment tout ça s'est passé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Une fois que la préparation était derrière vous, qu'il est l'heure de s'attaquer au Mont Blanc, comment est-ce que ça s'est déroulé

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Conformément au plan, pas du tout

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il y a eu des péripéties

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Racontez-nous un petit peu dans le

SPEAKER_02

détail. Conformément au plan, non, pas du tout. En gros, on fait nos quelques jours d'acclimatation et de prépa T donc on fait du cramponnage la semaine précédente, parce qu'on marche avec des crampons du coup, sur la mer de glace, on bosse crampons piolés, on bosse tout ça, on fait de l'acclimatation pour s'habituer à rester un peu en altitude sans subir le mal des montagnes. Donc on arrive, nous on est 100%, les guides sont confiants, ils disent ok vous avez fait une bonne prépa, pas de souci, tous les voyants sont verts, et donc le premier jour on se retrouve à une gare, pour prendre un petit train qui nous amène au nid d'aigle en fait c'est le début de l'ascension et là les guides commencent à parler du vent et disent oh le vent ça peut être un truc qui conditionne l'ascension donc déjà il y a un petit voyant dans nos têtes qui s'allume on se dit merde il y a un petit souci et effectivement ça commence à souffler fort assez haut donc on fait le départ on prend le petit train et après on attaque la marche on attaque la marche et on est accueilli par la pluie déjà donc ça nous met dans le match mais c'est pas grave hein ça laisse des souvenirs. Et on marche jusqu'au premier refuge, le refuge de Tête-Rousse, où on passe une première nuit. Donc là, l'ascension du premier jour, elle se passe bien, mis à part qu'elle est humide. Mais on sent que le vent commence à souffler. Et on passe la nuit là-bas. On repart le deuxième matin, du coup, pour repartir, pour arriver au deuxième refuge, le refuge du Goutté, qui est un peu plus de 3800 mètres d'altitude. Et là, on sent que quand on monte, ça souffle quand de plus en plus et on arrive au refuge du goûter et là c'est le délire ça souffle dans tous les sens donc nous on se dit que ça va être compliqué d'aller tout en haut on va temporiser un petit peu mais ça va être compliqué donc on essaye de faire un peu de photos de com au dessus du refuge parce qu'on se dit il faut quand même moi j'ai fait une banderole partenaire je vais quand même faire des petites photos pour leur envoyer c'est pareil les photos avec les tendards pour la symbolique on les fait mais on monte un peu au dessus déjà on ne tient pas debout le vent souffle et et on se fait arracher avec les photos à genoux de refaire les photos avec les banderoles plus bas à l'abri du vent et c'est déjà c'est déjà la folie donc là on comprend qu'il ya un peu de plomb dans l'aile sur notre projet on en parle aux guides qui font un point météo le soir là tous les soirs et ils nous disent bon bah les mecs soit on descend demain si on attend quand un petit peu pour voir et donc on lui dit bon bah nous on attend puis on voit ce qui se passe donc on passe une nouvelle nuit au refuge et là le lendemain au réveil voilà on apprend que c'est pas possible donc en gros il y avait nous on était à notre refuge on était à moins de 4000 mètres il devait y avoir dans les 80 km heure de vent c'était déjà compliqué parce que debout ça passe simplement mais on a quand même tout le matériel sur nous donc c'est un peu plus chiant et ils annonçaient 110 à 130 km heure de vent à 4000 mètres donc encore plus à 4000 mètres donc là ils nous disent c'est impossible clairement faut pas le faire c'est impossible donc tout le monde tout le monde abandonne ses projets et nous on voit arriver dans la nuit deux personnes qui avaient tenté l'ascension qui arrivait du côté italien et voilà ça nous confirme qu'on a eu raison d'être prudent qu'ils tombent une première fois dans une crevasse ils sortent de la crevasse ils retombent dans une deuxième crevasse et bon là ils appellent les secours qui leur disent bon les mecs vous mettez un piton dans la glace vous sécurisez vous attendez là on viendra vous chercher donc les mecs se sont fait récupérer au petit matin par des par les équipes de secours et ils ont passé toute la journée au refuge à grelotter un hippotamie avancé et ils ont eu énormément de chance et il faut aussi voir les signes quand ils arrivent aussi voir les signes et se dire j'ai envie de le faire j'ai bossé pour mais raisonnablement voilà c'est trop dangereux sachant qu'il ya quand même des morts tous les ans mon blanc le but c'est pas de se foutre en l'air c'est voilà c'est de se dépasser de dépasser ses limites mais raisonnablement

SPEAKER_01

complètement d'accord avec toi d'autant plus que le Mont Blanc donne cette impression d'être super accessible finalement un peu les anglais diraient walk in the park c'est le truc facile à faire il y en a qui le font en courant mais en réalité t'as bien fait de donner le chiffre moi j'avais 50% en tête je savais même pas que c'était un peu plus haut 50% de réussite sur les ascensions principalement à cause du facteur climat météo effectivement donc ouais je suis assez d'accord avec toi sur être capable de lire les signes et de mettre en pause quand c'est nécessaire ça vous en aviez parlé avant Sabrina même entre vous tu vois dans le groupe de blessés est-ce que vous étiez au clair sur voilà c'est un objectif ambitieux c'est challengeant mais la réalité c'est aussi que peut-être à un moment donné il faudra qu'on soit capable de dire stop on arrête

SPEAKER_00

Moi, de toute façon, je m'étais renseignée avant, je m'étais informée et donc je savais que de toute façon, c'était les risques de la montagne, comme avec l'ascension du Mont Ventoux qu'ils avaient fait en handbike. Concrètement, la météo, on ne peut rien y faire, on ne peut pas la prévoir. Donc, on n'est pas tributaire de tout et on accepte

SPEAKER_02

et puis c'est tout. Après, on sait que dans les échecs, je rebondis un peu là-dessus, principalement sur le Mont Blanc, c'est la météo où c'est le mal et bugles et montagnes qui peut commencer à nous claquer un peu à partir de 4000 m voilà c'est quand même rarement la blessure il ya une petite part c'est petite partie accidentologie également mais c'est de tous les rétextes que j'ai vu c'est surtout météo voilà et mal des

SPEAKER_01

montagnes

SPEAKER_02

ouais clairement

SPEAKER_01

Mal des montagnes, un autre sujet. Je crois que les tout premiers symptômes, alors pas le mal aigu des montagnes, mais les premiers symptômes liés à l'altitude, c'est autour de 2002-2004, je crois. Donc déjà, 3008, ça fait quand même bien haut. Vous puviez le sentir, je pense, même un poêle acclimaté. Je ne sais pas si tout le monde était capable de sprinter tranquillement autour du

SPEAKER_02

refuge. On marche lentement du coup, parce que même sans parler du mal des montagnes, manque d'oxygène, donc on est sous plus vite donc on marche lentement et en fait chaque fois qu'on fait une pause on repart très lentement donc nous ça nous fait enragé en fait parce qu'on dit il faut envoyer du steak on y va et voilà les sur les premières marches on ne comprend pas le guide nous explique effectivement en haute altitude dès qu'on fait une reprise de marche on y va tranquillou pour que le corps se remettre se remettre en marche tranquillement et effectivement on se fatigue moins en faisant ça donc nous la partie mal des montagnes on l'avait bien apprivoisé parce qu'on est fait de la altitude les jours précédents donc ça passait bien mis à part de la petite mine graine mais rien de bien méchant et voilà du coup c'est vraiment la météo qui nous

SPEAKER_01

a qui nous a stoppé net pour autant est-ce que sur même si tout s'est pas déroulé comme prévu initialement mais est-ce que sur l'ascension en tout cas jusqu'au refuge du goûter il y a des éléments de la préparation où vous avez pu vous dire ok là on a été super efficace on s'est vraiment super bien préparé parce que dans l'exécution ça tourne, que ce soit technique, même le rythme même si vous n'alliez pas aussi vite que ce que vous vouliez est-ce qu'en tout cas d'un point de vue RETEX il y a des choses que vous pourrez reprendre pour de futurs projets parce que ça a été super bien

SPEAKER_02

fait ouais alors moi j'ai trouvé, je pense pour l'équipe c'était, on avait à peu près tous le même ressenti, c'était physiquement c'était, je vais pas dire c'était assez facile parce que ça fait un peu flambeur mais physiquement on n'a pas ramassé clairement on s'était bien préparé on est bien marché on n'a pas eu de soucis physiques là où c'était plus compliqué c'est sur le deuxième jour donc là il y a pas mal de parties en escalade où là forcément je laisserai Sabrina intervenir là dessus c'est ce qui la concerne plus ou à un bras clairement c'est hyper compliqué et moi des fois j'essaie de faire des passages à un bras aussi pour mettre dans sa peau et effectivement c'est un peu le bordel au niveau de l'équilibre de l'appréhension de la poussée etc c'est assez pénible mais je pense que la prépa était vraiment adapté après on a été bien bien aiguillé par les par les guides qui nous avait aidé donc la prépa était bonne et on n'a pas été en difficulté là dessus voilà après le plus plus compliqué c'était la partie escalade qu'on avait travaillé aussi un petit peu avec les guides mais où voilà pour sabrina c'était plus complexe parce que ben on est encore des du coup on a un sac à dos on a les crampons pâte on a le tube Et Sabrina, elle a un bras pour se tenir. Donc forcément, là où nous, on est plus à l'aise, c'est plus complexe.

SPEAKER_01

Sabrina tu l'as vécu comment toi cette

SPEAKER_00

ascension par rapport à ce que Pierre Clément vient d'expliquer le fait d'avoir un seul bras alors moi clairement en fait c'est clair que la partie escalade c'était mon objectif en fait c'était vraiment le point que je redoutais le plus quand on avait fait la semaine de préparation à Autrans on avait fait une Via Ferrata et là déjà j'avais bloqué en fait concrètement il y a un moment où je me suis retrouvée et en fait la possibilité de je me tiens à un bras, de devoir le lâcher pour attraper une prise plus haute, je ne pouvais pas. Ça avait été un échec pour moi. Maintenant, le guide qu'on avait eu à ce moment-là, il m'avait dit, rassure-toi, au Mont-Blanc, ce n'est pas aussi vertical, ça sera plus facile. Je me suis dit, j'attends de voir. La semaine de préparation juste avant le Mont-Blanc, on a fait encore de l'escalade. Cette fois, c'était moins raide. C'est moins raide parce que j'ai réussi ces passer. Mais franchement, il y a certains moments où c'est galère, en fait. Et là, je crois que c'est bien l'une des premières fois où je me suis dit, putain, mais peut-être un an en moins, c'est franchement galère, quoi. Et du coup, je ne redoutais pas. Enfin, ce n'est pas que je le redoutais, mais j'attendais vraiment de voir si j'allais réussir le deuxième jour. Pour moi, c'était mon objectif. Et puis... et puis il y a eu des moments sincèrement pendant l'ascension ça paraît interminable on a fait je sais pas trois heures je crois de montée il y a des moments j'en avais marre j'en pouvais plus quoi et puis je sais que mon guide il était devant il me dit non ça va vas-y tu te débrouilles bien t'avances bien derrière il y avait dû enchaîner le major qui disait vas-y t'es pas pressé t'inquiète on a tout notre temps et en plus en même temps il y a des gens qui redescendent pendant qu'on est en train de monter alors déjà que c'est pas large franchement je me dis c'est putain en plus il faut que je me décale bon c'est la merde et il y a même un moment un italien qui était en train de descendre qui m'a regardé alors je sais pas si les gens ils comprennent ou ils se disent bon elle est pas bien elle fait ça avec une main dans la poche je sais pas ce qu'elle a mais il s'est assis il m'a regardé et il m'a applaudi je me suis dit je sais pas si je sais pas s'il a compris mais je pense qu'il avait dû comprendre il m'a laissé passer il m'a dit bravo bravo et tout bon ça m'a fait plaisir je me suis dit bon bah allez maintenant on va jusqu'au bout quoi et puis euh et puis voilà quand je suis arrivée j'ai

SPEAKER_02

dit putain enfin quoi enfin et

SPEAKER_01

voilà pour moi c'était réussi voilà en termes de dynamique de groupe la décision du coup d'arrêter bon elle semblait assez évidente j'imagine que personne a essayé de forcer en disant non mais on y va quand même on le

SPEAKER_02

tente non alors en fait il nous a laissé le choix en arrivant au second refuge le guide nous a dit bon bah faut qu'on parle vous voyez bien que dehors ça commence à être compliqué donc soit on redescend aujourd'hui soit on passe une nuit en refuge pour voir ce que ça donne demain, sachant qu'ils annonçaient un vent croissant sur les deux jours suivants. Et nous, du coup, les refuges, ils sont réservés pour une durée limitée. On savait qu'on pouvait gratter un jour de plus sur place, mais pas éternellement, parce qu'après, il y a d'autres personnes qui arrivent. On se dit, tous, on est d'accord, on n'a pas fait tout ça pour rien. On passe une nuit, on attend un peu, on va au réveil. Et au réveil, le guide était très pédago, il nous a dit, bon ben voilà, on en parle, vous donnez tous votre avis, nous on tranchera, s'il faut trancher pour l'aspect sécuritaire, parce qu'il peut toujours y avoir des casse-cours chez les clients, mais je connais cette discussion tous ensemble, donc ça c'était vraiment bien, et ça permet aussi à chacun de mesurer le pour et le contre et de réfléchir, et de se dire, voilà, si je dis j'y vais, ben j'y vais, mais il faut savoir que il y a du monde avec moi, etc. Est-ce que je veux y aller en étant un casse-cou ou est-ce que c'est mesuré, etc. Donc chacun a pu réfléchir sur le sujet et tout le monde était d'accord. On s'est dit, ça fait chier, ça fait vraiment chier, mais on n'a pas le choix. C'est comme ça, la montagne est plus forte et c'est aussi une belle leçon pour tous, c'est de se dire que on ne peut pas... La nature est plus forte que le reste, donc on ne peut pas dompter tout le temps, toujours tout maîtriser et cette part d'inconnu effectivement on avait parlé des risques de succès ou non de notre opération on savait tous qu'on était prêt physiquement et techniquement et la mauvaise météo on en avait parlé mais on s'était pas vraiment enfin moi je m'étais pas focalisé dessus je voulais pas vraiment focaliser dessus et ça m'a rattrapé assez rapidement

SPEAKER_01

c'est finalement un peu

SPEAKER_02

un

SPEAKER_01

à l'image globalement de... de l'environnement de travail, si on peut dire ça, que les gens retrouvent dans l'armée. Parce que le facteur inconnu, imprévu, il est toujours fort, en mission en tout cas. Jamais à l'abri d'une tempête de sable qui fait que les hélicos ne peuvent pas décoller pour aller je ne sais pas où, d'un retournement de situation, du fait qu'on n'a pas toutes les infos sur des hostiles sur une certaine zone. Bref, c'est quand même... La capacité à prendre des décisions qui ne sont pas conformes au plan ou à s'adapter au dernier moment, c'est une qualité importante, j'imagine, pour le

SPEAKER_02

soldat. Oui, complètement. C'est ce qui fait que le soldat français est mondialement reconnu. Le soldat français sait s'adapter. Il a parfois moins de moyens que d'autres armées, mais on s'adapte. Comme on dit chez nous, s'adapter, c'est dominer. système D, et on essaie d'imaginer, souvent, on fait des plans non conformes, donc si ça, ça ne marche pas, qu'est-ce que je peux faire, etc., pour ne pas être pris au dépourvu, et voilà, on s'adapte en permanence, et quand on peut, on contourne le problème, on trouve une solution, et voilà, et parfois, on ne peut pas, donc voilà, c'est

SPEAKER_01

comme ça. Du coup, donc, pas d'ascension pour le moment, est-ce que ça veut dire que l'année prochaine, vous y retournez, ou est-ce que vous vous focalisez sur un nouveau projet

UNKNOWN

? Merci.

SPEAKER_02

Alors, l'année prochaine, je ne sais pas encore ce qu'on fera. C'est le Montpellier l'année prochaine, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Peut-être, il faut voir. L'an prochain, j'adapte, je prépare ma conversion. Donc, je ne sais pas si je serai aussi disponible pour me lancer sur un projet de cette ampleur. Dans tous les cas, il y aura un projet profite des militaires blessés, ça c'est clair. Après, qu'est-ce que ce sera

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'en ai aucune idée pour l'instant. Mais l'échec du Mont-Blanc, qui n'est pas un échec malgré tout, parce que Sabrina s'est surpassée, elle a fait des choses qu'elle n'était pas sûre de pouvoir faire et qu'on n'était pas sûr qu'elle puisse faire, et même si on n'a pas atteint le sommet, on a quand même fait un truc top, et comme nous disaient les guides, le Mont-Blanc, le sommet, c'est la cerise du gâteau, c'est la cerise du gâteau, c'est la finalité, mais il y a toute une partie avant qui est ultra intéressante, et en gros, les parties où elle aurait pu être en échec, elle ne l'a pas été, Et passer notre fuge, c'était uniquement de la marche qui montait pour atteindre le Mont-Blanc. C'était beaucoup plus simple. Donc elle a fait vraiment le plus dur là où on l'attendait. Et en ce sens, c'est quand même une réussite, même si on n'est pas allé tout au bout. Le Mont-Blanc, on verra. Personnellement, il sera refait à titre civil. Et pour l'armée, je ne sais pas encore.

SPEAKER_01

Sabrina, toi, le fait d'y retourner, qu'est-ce que tu en

SPEAKER_00

penses

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Écoute, je l'ai proposé à quelqu'un que tu connais qui vient du CPA10 je lui ai donné le défi qu'on le refasse ensemble donc en 2025 on

SPEAKER_02

va voir

SPEAKER_00

mais non génial ah ouais énorme et comme lui comme un débile il dit jamais non

SPEAKER_01

et alors il était

SPEAKER_00

partant

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

bah oui il dit

SPEAKER_01

jamais non de toute façon ah ah ah tu trouves bien ça serait exceptionnel ça Cyril et toi sur l'ascension du Mont Blanc fabuleux

SPEAKER_00

voilà il fait objectif

SPEAKER_01

par rapport à ce que Pierre-Clément disait tu vois sur le fait que tu t'es dépassé en tout cas que t'as réalisé des actions que t'es passé sur des zones techniques que tu pensais pas pouvoir passer euh ta vision des choses à toi Sabrina c'est quoi c'était assez récent finalement non c'était il y a moins d'un mois tout ça au moment où on enregistre est-ce que tu considères aussi que est-ce que tu as déjà digéré l'événement entre guillemets et que tu te dis effectivement c'était voilà j'ai passé un cap j'ai repoussé certaines limites avec cette ascension même si on n'est pas allé au bout ou est-ce que tu dirais que c'est encore un peu trop frais que tu le réalises pas forcément pour le

SPEAKER_00

moment ah non pour moi concrètement vraiment l'objectif c'était le deuxième jour c'était la partie escalade c'était celle que je redoutais le plus et c'est celle qui me posait le plus de soucis et après je sais que c'était de la marche alors je dis pas que ça aurait été facile mais je sais que c'était de la marche bon c'est quelque chose que j'arrive à faire donc voilà là c'était vraiment l'inconnu l'escalade même en tant que valide j'en avais rarement fait parce que j'ai le vertige et que j'aime pas ça donc là d'être arrivé en haut sincèrement pour moi une partie du défi a été le relevé donc je suis contente de l'avoir fait et puis je sais que de toute façon il y a une suite à tout ça donc voilà c'est pas fini

SPEAKER_01

Excellent, bah écoutez curieux de savoir ce que ça va donner pour la suite que ce soit d'un point de vue civil pour Pierre Clément avec une nouvelle tentative d'ascension que ce soit 2025 pour Sabrina et Cooper Cyril c'est énorme il m'en avait pas parlé de ça c'est vraiment génial de vous accueillir sur le podcast à nouveau tous les deux après une ascension ce serait énorme ah bah yes comment si on prend un peu de recul par rapport à cette notion cette idée de reconstruction par le sport quel message est-ce que vous vous aurez envie de faire passer en conclusion on va dire de cet échange peut-être on peut commencer par Pierre

SPEAKER_02

Clément ouais alors la reconstruction par le sport le message que j'aimerais faire passer c'est que en restant actif et en se mobilisant même si on peut être au fond du seau comme l'a dit la sabrine au début d'interview on voit qu'on peut faire des choses et que le corps le corps clairement c'est une machine peut faire tout un tas de choses et c'est surtout le voilà les barrières qu'on se met qui nous bloque et c'est génial en termes de reconstruction par le sport pourquoi parce que on voit qu'on se dépasse on voit qu'on progresse on continue avoir du lien social parce que l'isolement, c'est assez compliqué. Et moi, je suis ultra convaincu par la construction, par le sport. Moi, j'ai vu quand j'étais aux Invalides, on avait un militaire qui était aveugle. Je crois qu'il avait pris des éclats dans les yeux et il faisait du ski de descente. C'est quand même assez dingue. Donc, il avait son guide qui le dictait à la voix. Donc, le guide était devant, droite, gauche, droite, gauche, attention, ça glisse, il y a de la glace, etc. Et Il lui faisait 100% confiance et un sourire aux lèvres incroyable. Et voilà, c'est redonner une... une possibilité à des gens de faire des

SPEAKER_00

choses qui leur qui leur semblait

SPEAKER_02

impossible en fait

SPEAKER_00

donc c'est pour moi c'est extraordinaire Sabrina moi concrètement mon accident pour moi ça a été une révélation en fait sur une nouvelle vie des nouvelles possibilités en fait tout ce que je fais depuis que que j'ai mon handicap je l'aurais jamais fait avant je rencontre des personnes que j'aurais jamais rencontré avant je fais des choses que j'aurais jamais fait donc je suis complètement épanouie et c'est bizarrement c'est grâce à mon accident c'est grâce à mon handicap et c'est grâce à l'armée en fait donc je ne regrette rien sincèrement je ne regrette rien du tout

SPEAKER_01

ça c'est un super message hyper inspirant finalement tu vois cette capacité enfin c'est pas une capacité mais si on remarque cette capacité à considérer le positif qui a qui a dans cet accident ce qui est arrivé et le fait que tu aies perdu un bras je trouve ça ça fait vraiment remettre les choses en perspective tu vois et finalement se dire que c'est peut-être ça la clé c'est d'arriver à avoir le positif dans tout ce qui nous arrive parce que c'est vraiment notre perception de la réalité qui impacte tout le reste donc super super inspirant moi je voulais vous remercier Sabrina et Pierre Clément je me suis vraiment régalé c'était super intéressant d'échanger avec vous sur déjà Sabrina forcément ton parcours Pierre Clément aussi évidemment mais Sabrina notamment sur ta blessure comment est-ce que tu le gères aujourd'hui et puis ce projet du Mont Blanc la reconstruction par le sport en général je trouve ça génial de voir qu'il y a des initiatives comme ça qui sont mises en place bravo Pierre Clément qui contribuait bravo Sabrina de t'inscrire là-dedans et puis je vous dis j'espère à une prochaine pour de nouveaux épisodes pour qu'on puisse échanger sur vos exploits individuels à venir ouais avec plaisir et puis merci pour ta bienveillance du coup avec plaisir merci beaucoup Pierre Clément merci Sabrina à bientôt merci au revoir Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins un 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité.