Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Rémi Camus : 180 km de nage autonome de Calvi à Monaco en 13 jours
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Rémi Camus, aventurier et explorateur français, revient sur le podcast !
Cette fois-ci c'est pour nous parler de sa traversée à la nage 🏊♂️ en autonomie et (presque) sans assistance entre Calvi et Monaco, réalisée en juin 2023.
Sur le papier, cela représentait environ 180 kilomètres. Dans la réalité, les conditions météorologiques ont donné du fil à retordre 😓 à l'ami Rémi, qui a du s'adapter pour finalement boucler son expédition en 13 jours !
13 jours passés dans l'eau, à dormir sur une plateforme inconfortable conçue sur mesure pour ce défi, à pomper à la main pendant des heures pour filtrer l'eau de mer et la rendre potable. Bref, 13 jours qui n'étaient pas de tout repos 😅
En parlant d'adaptation d'ailleurs... la 1ère partie de l'échange porte sur ce sujet justement, puisque l'expédition avait été reportée au dernier moment en 2022. Comment fait-on pour gérer une telle situation quand des dizaines de sponsors, partenaires et bénévoles sont impliqués dans un projet d'envergure ?
Rémi nous partage sa vision des choses, à coup sûr riche d'enseignements pour celles et ceux qui l'écouteront 🎧
Une super conversation avec un frappé à la détermination qui n'a d'égale que la grande humilité. Merci Rémi 😉
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #77 - Rémi Camus - Aventurier professionnel - Faire preuve de détermination pour développer son expertise
👉 Épisode #116 - Une traversée de l’Islande en solitaire, en hiver et à vélo avec Joffrey Maluski
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Écoute, je n'y arrive pas, c'est trop problématique, je suis trop stressé. Je ne vais pas juste faire 25 mètres dans une piscine, je vais traverser la Méditerranée à la nage en tractant une plateforme qui va faire 180-190 kg avec tout le matériel à bord, en totale autonomie et sans assistance. Donc j'aimerais mieux être dans les meilleures conditions pour le faire que d'être stressé et de me retrouver face au mur dans une situation où je ne sais pas si ça va bien se passer avec le voilier, avec l'équipage, etc.
SPEAKER_01Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire des des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une fois petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Rémi Camus, aventurier et explorateur français revient sur le podcast. Cette fois-ci, c'est pour nous parler de sa traversée à la nage en autonomie et presque sans assistance entre Calvi et Monaco réalisée en juin 2023. Sur le papier, ça représentait environ 180 km. Dans la réalité, les conditions météo ont donné du fil à retordre à l'ami Rémi qui a dû s'adapter pour finalement boucler son expédition en 13 jours. 13 jours passés dans l'eau, à dormir sur une plateforme inconfortable conçue sur mesure pour ce défi, à pomper à la main pendant des heures pour filtrer l'eau de mer et la rendre potable. Bref, 13 jours qui n'étaient pas de tout repos. En parlant d'adaptation d'ailleurs, la première partie de l'échange porte sur ce sujet justement puisque l'expédition avait été reportée au dernier moment en septembre 2022. Comment fait-on pour gérer une telle situation quand des dizaines de sponsors, partenaires et bénévoles sont impliqués dans un projet d'envergure
UNKNOWN?
SPEAKER_01Rémi nous partage sa vision des choses, à coup sûr riche d'enseignements pour celles et ceux qui l'écouteront. Une super conversation avec un frappé à la détermination qui n'a d'égal que la grande humilité. Merci Rémi, excellente écoute à vous les frappés. Moi, je te dis ce que j'ai en tête par rapport à l'échange, c'est qu'on parle quand même, évidemment, de ce que tu as fait, de ce que tu as réalisé dans l'expédition en tant que tel, mais aussi et surtout, je pense que c'est ça qui sera intéressant, ce qu'il y a eu en amont, parce que je sais que toi, tu aimes bien ces trois phases, l'avant-projet, le projet et la digestion du projet. C'est ça. Mais là, la phase de rendu du projet, tu es dedans, donc c'est peut-être un peu tôt pour en parler. Par contre, la phase… Ah bon
UNKNOWN?
SPEAKER_01Là, celle-là, elle est vraiment intéressante parce qu'elle a été très longue, beaucoup plus longue qu'au prévu. Donc peut-être la première question, ce serait celle-ci. Qu'est-ce que ce défi représentait pour toi avant d'en prendre le départ
UNKNOWN?
SPEAKER_01Initialement, quand tu l'as conçu pour la première fois, avant ce premier décalage au dernier moment en septembre 2022
UNKNOWN?
SPEAKER_00Disons que ça reste plus ou moins la même chose que les autres projets. C'est le message qui prime devant le défi et le défi sportif reste un moyen d'alerter encore plus les gens mais également les médias pour leur secouer le cocotier et espérer bien que certains politiciens prennent conscience un petit peu de ce qui se passe pour changer la donne voilà donc ça ça a été vraiment le message à travers cette aventure et c'est ce qu'on a voulu faire effectivement ça a pris plus de temps parce que une aventure quand on la construit on tend à faire un 100% de réussite sur la préparation mais bon comme tout projet et que ce soit un projet d'aventure d'exploration, peu importe la finalité ou un projet entrepreneurial dans une entreprise, startup, ce que l'on veut, ce qu'on pose sur le papier, c'est rarement ce qui va se passer dans la réalité parce qu'il y a des aléas, parce qu'on ne trouve pas forcément les bons interlocuteurs, les bons collègues, les bonnes personnes avec qui s'associer, des fois on fait des erreurs, etc. Donc on tend à faire un 100%, mais j'aime dire qu'on fait un 70% de réussite et puis les 30% on va les appeler la phase de hasard et voilà on oriente son mental de se dire j'ai 30% de chance de y arriver ou j'ai 30% de poisse de me planter et c'est généralement le cas quand on sourit on va vers les gens on a beaucoup plus de chance et bien d'être accueilli d'avoir des grands bras ouverts devant soi que quand on arrive en faisant la gueule donc cette partie là elle a été dure et forcément et bien il ya tous ces petits ascenseurs émotionnels que que l'on a, qui ont duré quand même pas mal de temps, et la préparation, on l'a vécu, en tout cas moi personnellement, au début, comme un gros échec, parce qu'on a dû reporter le départ, et ça, ça a été un gros coup dur, tant sur la partie préparation physique, mentale, et puis de se dire bordel, on y arrive, la fin du truc, elle est là, par rapport à tout le monde, c'est ça la différence entre le mec qui va faire sa petite aventure, et la personne qui décide de faire de l'exploration, une expédition et la professionnaliser, c'est que derrière, il faut rendre des comptes à des partenaires, à des partenaires financiers, à des partenaires en industrie qui t'offrent du matériel contre communication, médias, peu importe. Et là, tu te retrouves à 10 jours du départ et on te coupe l'herbe sous le pied et tout s'arrête. Et forcément, c'est très décevant pour soi, mais c'est très difficile également parce que derrière, tu as beaucoup de monde. Il y a des gens qui tu fais confiance, tu as la famille, il y a quand même beaucoup de monde sur le projet, tu as la famille, tu as les amis, et puis tous les partenaires, que ce soit financiers, etc., qui sont là, et tu te dis, quand je vais prendre le téléphone pour leur annoncer la nouvelle, je ne sais pas si après, ça reste une nouvelle, est-ce qu'ils vont bien le prendre, est-ce qu'ils vont accepter le fait que, désolé les gars, on doit reporter, et puis ça ne sera pas un report de 2-3 jours, ça va être un gros report, quoi. et est-ce qu'ils vont l'accepter
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce qui est assez drôle, c'est qu'on est en train de faire ce petit podcast et je suis en vacances en Ardèche dans exactement le même camping, le même endroit où on a séjourné l'année dernière quand j'ai décidé et j'ai pris la décision d'annuler et de reporter l'aventure. Je peux te dire que quand on est arrivé ici, j'ai un bon passif avec cette petite vacances-là. Je peux te dire qu'il y en a une qui me l'avait bien fait remarquer ma compagne elle m'a dit c'est vrai qu'en année dernière t'étais bien chiant ça a été les pires vacances parce qu'effectivement tous ces moments difficiles et bien tu vas forcément les transmettre à quelqu'un et ce quelqu'un c'est soit ton mari ta femme un proche et l'autre il s'en prend plein la tête parce que t'as besoin de faire d'ouvrir le petit bouchon d'enlever la petite soupape sur la cocotte minute pour relâcher tout ça et ça a été un gros moment de solitude au début parce que tu te sens bien seul face à cette problématique et après comment
SPEAKER_01tu t'es remobilisé parce que ce qui est super intéressant c'est ça c'est que finalement déjà évidemment quand tu prépares une aventure sur deux ans puisque le premier départ c'était ça il y avait déjà deux ans de travail en amont si je me souviens bien donc voilà d'ailleurs on n'a toujours pas précisé ce que c'était mais bon je l'aurais fait en intro mais donc le défi c'était de nager de Calvi en Corse jusqu'à Monaco sur le continent donc 180 bornes à pied ouais ouais c'est ça ouais en ligne droite sans assistance et en autonomie donc en tractant un objet un objet flottant non identifié sur lequel tu avais un dessalinisateur à manger etc exactement donc ça c'était le définition septembre 2022 la date du départ qui était censée être comme ça la date du départ ouais voilà donc après deux ans de prépa là ce qui s'est passé c'est que t'avais même si tu le faisais en solo enfin sans assistance et en autonomie t'avais quand même forcément un navire enfin un voilier qui devait te suivre pour des raisons de sécurité ne serait-ce que pour alerter les autres bateaux qu'il y a un explorateur dans l'eau et ce navire là enfin ce voilier t'as fait faubon un peu au dernier
SPEAKER_00moment c'est pas le voilier c'est le skipper qui devait marcher le voilier qui malheureusement a fait une chute en vélo de montagne 10 jours avant le départ donc on se retrouve un peu le bec dans l'eau à 10 jours de l'échéance et comme tu le soulignes c'est vraiment une portion de la Méditerranée on doit faire des autorisations pour pouvoir traverser la Méditerranée à la nage, en paddle en waterbike, en tout ce que tu veux tu dois avoir des autorisations pour le faire et l'une des autorisations des raisons pour qu'on accepte cette autorisation, c'est d'avoir un voilier, un bateau, peu importe ce que c'est, un navire d'assistance. Sinon, ils ne te laissent pas partir. Il y a tellement de trafic maritime en pleine mer qu'ils ne prennent pas le risque de te laisser partir comme ça. Tu n'aurais pas le droit. Donc, ça a été... Ça veut dire que la décision, je la prends de devoir ajourner ce projet et ça ne vient pas de moi. C'est indépendamment de ma volonté parce que je suis prêt physiquement je suis prêt mentalement, je me suis entraîné pendant des mois et des mois et des mois à prendre du poids, à nager, à nager, à nager, à tracter, à tirer, etc. J'ai pris presque 6 kilos, je suis passé de 79-80 kilos à 85-86 kilos, donc j'ai du gras à brûler, je suis prêt, et puis tu en rêves la nuit, il y a une phase de cette préparation mentale qui est de, tous les soirs tu rêves de cette traversée, la traversée je l'ai déjà fait des milliers de fois, où j'ai imaginé tous les scénarios possibles, tempête, orage, ouragan, tsunami, des trucs de ouf, tu vois. Donc, je l'avais déjà fait cette traversée. Il y a 10 jours du départ, zic, tu dois tout annuler. Ça, c'est vraiment difficile à accepter pour tourner la page.
SPEAKER_01Et comment tu la tournes, cette page, justement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comment est-ce que toi, tu la tournais, en tout cas, sur ce
SPEAKER_00défi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu vois, cette phase, la courbe du comportement, lorsqu'on a quelque chose de grave qui t'arrive, un, deux, peu importe on a toutes ces étapes à respecter l'acceptation la colère etc et puis quand tu touches bien le fond de la vague et bien tu rebondis et bien sûr les étapes d'après pour pouvoir j'allais dire surfer la vague parce que ça va mieux donc il m'a fallu pas mal de temps pour accepter le fait que que ça soit reporté au début j'ai pas pris ça pour un report mais pour un échec donc il a fallu dans ma petite tête que je modifie le mot échec ou plutôt que je le valorise et c'est ce que j'essaye d'enseigner aux enfants à plein de personnes je leur dis il n'y a pas l'échec ça veut rien dire un échec ça serait vraiment où tout s'arrête où il n'y a pas de fin mais dans tous les cas vous avez toujours un apprentissage de tout cet échec et moi il a fallu que je change juste le mot échec par report pour mieux rebondir et une fois que je l'ai accepté et bien j'ai pu me remettre dans une routine et en fait c'est ce que je fais moi c'est mes routines parce que c'est des choses que l'on a facilement parce qu'ils sont ancrés dans notre tête. On se lève le matin, les étirements, tac, tac, on va à l'entraînement. Et en fait, le fait de reprendre une routine m'a permis de me remettre dans le projet. Report, septembre, un mois où je n'ai rien fait, pas de sport, rien du tout. Je suis passé de 85, 86 kilos à 80. J'ai perdu tout ce que j'avais emmagasiné en un mois tellement que le stress, etc. Et puis, tout retombe. Et puis, tu n'as plus de tout envie. Tu ne veux plus le refaire. Tu en as vraiment marre. Donc, il faut reprendre cette routine et moi c'est ce qui me permet de me relancer à chaque fois c'est de me remettre dans des petites routines matinales pour se remettre sur le projet et puis après il y a toujours cette obligation j'allais dire par rapport aux partenaires aux sponsors qui te font confiance et bien il faut relancer la machine il faut se remettre dedans et puis il y a une petite part d'ego de se dire merde c'est pas de ma faute c'est pas moi et je vais le faire et je vais y arriver et donc on a relancé la machine et puis la première chose que j'ai faite avant de trouver un skipper avant de tout relancer correctement etc etc j'ai calé une date j'ai dit ça sera j'ai contacté le propriétaire du voilier Richard j'ai dit Richard 3 juin 2023 c'est bon ou pas il me dit bah oui oui comme ça oui oui est-ce que c'est bon pour toi il me dit ouais c'est bon ok donc on bloque cette date là et on partira cette date-là, et après on avisera, une fois sur place, arrivé à Calvi, en fonction des conditions météo, de mer, et ainsi de suite, la date du vrai départ à la nage. Mais on part du port d'attache du voilier, qui était à Port Grimaud, à côté de Saint-Tropez, on partira le 3 juin. Je me dis, ok. Et quand j'ai eu la date de bloqué, dans ma tête, ça s'est déjà... Je ne veux pas dire que j'étais soulagé, mais j'avais un point de départ, j'avais une date à laquelle je pouvais me raccrocher, me dire, ok, maintenant, eh bien, tout le planning, tout ce doit mettre en place tout le calendrier ça doit coller avec cette date et maintenant on y va on reprend on reprend les entraînements on reprend la préparation on reprend les démarchages et puis je me dis toujours que vaut mieux voir comme on dit le verre à moitié plein qu'à moitié vide donc qu'est ce qu'on peut faire pour améliorer ce projet et le rendre encore plus intéressant non pas sur le défi en lui-même mais plutôt sur le message apporté et ça a été et bien plutôt gratifiant parce que j'ai eu la chance de rencontrer un laboratoire à proximité de la région lyonnaise et ils m'ont dit nous ça nous intéresse la plupart du temps on fait du sponsoring sur des événements qui ne sont pas forcément en lien avec notre discipline alors que là c'est un projet où on parle d'environnement et de pollution etc d'un défi sportif et nous on est un laboratoire et on fait du contrôle de la qualité de l'air et de l'eau donc ils étaient ravis de pouvoir participer et c'est ce qu'on a mis en place avec eux du prélèvement de l'eau à partir des boudins de cheveux etc ils sont en train d'être analysés à l'heure actuelle donc ça a été plutôt intéressant de reporter au final et c'est comme ça que je le vois mais c'est vrai que sur l'instant T sur le moment c'est très rageant de devoir eh bien ajourner un projet quand on est dessus depuis plus de deux ans
SPEAKER_01surtout comme tu dis quand c'est un élément extérieur qui est complètement hors de ta zone de contrôle et que t'es impuissant face à ça et que la décision finalement s'impose quoi finalement t'avais pas trop le choix quoi Je me rappelle que tu avais essayé de trouver un autre
SPEAKER_00skipper. Je n'imagine même pas. J'ai eu le coup de fil 10 jours à peu près, 10-11 jours avant le départ. Et là, c'est le matin, on est en vacances, ici en Ardèche, branle-bas de combat. J'ai quelques jours. pour trouver un skipper. Et là, il a fallu... J'ai envoyé des messages partout sur les réseaux sociaux pour trouver quelqu'un, sauf que c'était trop compliqué que ça puisse coller. Et il nous fallait... J'ai eu beaucoup de propositions, mais j'ai eu beaucoup de personnes qui étaient skippers... juste occasionnels, ce sont des gens qui naviguent, ça ne veut rien dire, il y a des gens qui avaient 20-25 ans de navigation à la voile, mais derrière, ils n'ont pas de diplôme, ils n'ont rien, et en fait, il me fallait une assurance qui puisse couvrir, parce qu'on laisse quand même le voilier d'une personne en pleine mer pendant 15-15 jours, 7 jours, 15 jours, peu importe, on ne savait pas du tout combien de temps on allait partir, et surtout, on allait faire du mouillage au large avec une encre flottante en pleine mer, et on ne savait pas du tout ce qu'il allait se passer. On serait parti avec un catamaran, ça aurait été peut-être plus simple au niveau de la stabilité. Là, on est sur une version monocoque, donc avec du roulis, avec du tangage, etc. Forcément, le propriétaire avait besoin d'avoir une assurance. Et là, on a quelques jours du départ, et trouver cette petite perle rare était très difficile. Donc ça a été un gros remue-ménage pour trouver cette personne pendant 4-5 jours où j'y croyais. Vraiment, j'en discutais avec l'équipe, avec Elodie de l'agence Bernascom qui s'occupait de tout ce qui était relations publiques, etc. On s'appelait tous les jours. Alors, alors, c'en est où, c'est nous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, non, on part, on part pas, j'ai besoin de savoir. Je dis, je sais pas, deux secondes, peut-être, attends, j'ai besoin d'avoir encore quelques coups de fil, on va peut-être y arriver. Et à un moment donné, tu dois prendre une décision parce que tu te retrouves face au mur. Et là, c'est plus demain, après-demain, c'est maintenant. on prend une décision. Et je me souviens, Laura, ma compagne, qui me dit, c'était le fin de matinée, je pétais les plombs, j'en pouvais plus, j'étais odieux, etc., j'en avais les larmes aux yeux, et elle me dit, écoute, pose ton téléphone, tu le mets en mode avion, tu mets tes baskets, tu prends ton short, ton t-shirt, là, et tu te casses, va marcher, va courir, là, pendant une heure, et tu parles à personne, et tu t'appelles pas, tu fais rien, tu te barres, et on veut pas te voir. Et elle me dit, quand tu reviens tu prendras cette décision que ça soit un oui ou que ça soit un non sache que je serai toujours là pour te soutenir je serai toujours là pour t'aider, pour t'épauler c'est pas une catastrophe en soi c'est pas la fin du monde, c'est juste un report parce que t'as une problématique c'est comme ça, ça arrive dans tous les projets des fois il y a des situations qui sont pas dramatiques mais problématiques et il faut trouver des solutions donc casse-toi et tu verras je suis parti courir et je suis revenu au bout d'une heure et je me suis posé autour de la table avec elle, on était en train de prendre un café, elle me dit tu décides de faire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00j'ai dit écoute, j'y arrive pas, c'est trop problématique et puis je suis plus dedans je suis trop stressé, je vais pas juste faire 25 mètres dans une piscine je vais traverser la Méditerranée à la nage en tractant une plateforme qui va faire à peu près 180-190 kg avec tout le matériel à bord en totale autonomie et sans assistance donc j'aimerais mieux être dans les meilleures conditions pour le faire que d'être stressé et de me retrouver face au mur dans une situation où je ne sais pas si ça va bien se passer avec le voilier, avec l'équipage, etc. Elle m'a dit, ok, tu ajournes, maintenant tu prends ton téléphone, tu appelles Elodie, tu appelles Florian, tu appelles toute l'équipe avec qui tu bosses, tu appelles les partenaires, un par un, et tu leur expliques la situation. Elle me dit, s'ils ne sont pas cons, ils vont comprendre et ils vont accepter. De toute manière, ils n'ont pas le choix, premièrement, et puis après, il n'y a pas mort d'homme. tu vas leur faire, tu vas repartir, tu vas y arriver, et puis ce serait une belle réussite. Accepte-le et tourne la page, même si je sais que ça va prendre du temps, mais tourne la page. Donc j'ai pris le téléphone, je me suis éloigné, et pendant deux heures, j'ai appelé tout le monde, avec un nœud dans la gorge, je me dis, je vous appelle, voilà, malheureusement, suite à ce qui se passe, etc., on est obligé d'ajouter. Et j'avais juste peur de la réaction des partenaires, des sponsors, juste peur qu'ils soient... déçus, énervés par rapport à tout l'argent qui avait été investi, tu vois, à toute leur implication. Et tous m'ont dit, mais pas de souci, c'est pas grave. Il vaut mieux que ce soit comme ça, qu'il se passe quelque chose et que ce soit pire que si tu étais parti. Donc, on accepte. Comme quoi,
SPEAKER_01c'est souvent une question de perception, tu vois. Pardon, je te coupe, mais c'est exactement ce que tu disais un peu plus tôt, que Ta première réaction, c'était, je le vois comme un échec,
SPEAKER_00tu vois. Exactement.
SPEAKER_01Mais en fait, non, c'est vraiment la façon dont tu perçois un événement qui conditionne le reste. Puisqu'une fois que tu l'as vu comme pas un échec, mais une expédition reportée, tu vois, décalée dans le temps, tout allait mieux. Et là, tes partenaires, tu t'expliques que tu avais peur de la réaction et au final, peur visiblement infondée. Tu avais très bien choisi tes partenaires puisque tous t'ont fait confiance. Donc, super intéressant je
SPEAKER_00trouve il y a ça le fait de choisir les mots sur lesquels on veut faire passer le message ce n'est pas un échec c'est un report et puis je n'arrête pas de le dire même à mes stagiaires sur les stages de survie je leur dis la meilleure arme que vous pouvez avoir à l'heure actuelle ça s'appelle la communication et il suffit juste de prendre le téléphone de dire les choses de parler de s'expliquer de s'excuser des fois, mais un message, un coup de fil, ça résout souvent beaucoup de problématiques. Et c'est ce que j'essaie à chaque fois de mettre en pratique, même si parfois c'est difficile, parce qu'il y a des situations qui sont plus ou moins compliquées, mais la communication, c'est vraiment quelque chose d'extrêmement important à l'heure actuelle pour faire passer des messages. Et puis on ne communique pas tous sur les mêmes canaux, certaines personnes ont plus... axés sur de l'écrit, d'autres sur de la parole, d'autres ont juste besoin d'avoir de la présence, etc. Donc on n'a pas la même fréquence radio de communication, mais ça m'a beaucoup aidé. Pour moi, c'était de choisir et d'accepter les bons mots, que ce ne soit pas un échec, mais un report, et puis de comprendre ce que l'échec m'a appris, surtout, et ça, c'était très intéressant. Et puis de communiquer juste avec les bonnes personnes et comme tu dis oui d'avoir choisi effectivement les les bons partenaires c'est là où ça m'a permis de me rendre compte qu'on a fait du bon travail c'est parce que les gens qu'on a choisi et bien ce sont des gens qui étaient axés sur nos valeurs et je leur ai dit d'ailleurs c'est pas juste vous êtes partenaire d'un projet c'est vous êtes partenaire mais du partenariat avec de l'engagement parce que c'est ça qui qui fera la différence si vous êtes engagé si vous êtes convaincu d'eux et qu'on fait les choses sur du long terme ça marchera si vous voulez faire ça sur du one shot ça peut marcher mais j'appelle ça du on va dire du greenwashing c'est juste de la poudre aux yeux je dirais on fait ça exactement et derrière on s'en fout et je suis content d'avoir ça a pris du temps mais on a choisi de belles personnes avec qui bosser
SPEAKER_01génial génial bah écoute merci pour ce gros focus sur la manière dont t'as géré le report dont tu t'es remobilisé je vais y arriver je trouve que c'est super intéressant il y a plein de leçons à retenir de ce que t'as vécu avec ce défi édition 2023 du coup donc 3 juin 3 juin 2023 vous avez réussi à partir à la date que t'avais arrêté du coup en septembre 2022 ça a été le 3 juin 2023 le début de
SPEAKER_00l'exp non on est pas parti le 3 on avait besoin de charger le voilier etc On est partis le 4 vers 16h. Mais le but, c'était d'arriver à Calvi autour du 5. Et on arrivait le 5 dans la matinée, donc c'était parfait. Ça nous a permis de pouvoir nous mettre en place. Encore une fois, beaucoup de crainte de partir avec l'équipage. La plupart ne se connaissaient pas. Moi, je connaissais les personnes parce que j'avais échangé avec elles. Certaines personnes, comme Françoise, Cisco où Sébastien était des personnes avec qui j'avais déjà travaillé Cisco et Sébastien c'est des formateurs en survie donc je savais leurs compétences etc mais Anne elle m'a été recommandée par Alexia Barrière qui est une grande navigatrice et voilà le feeling est bien passé, on était trop content d'avoir Anne et de se dire attention les gars la chef à bord c'est C-H-E-2-F-E donc attention ça va déménager, c'est nana les gars, donc j'étais trop, voilà c'était super et après on avait deux photographes vidéastes qui étaient avec nous et même si je les connaissais pas personnellement et bien ça s'est juste trop bien passé et j'avais cette petite crainte de partir moi en train de nager en totale autonomie et sans assistance et de me dire est-ce qu'ils vont bien s'entendre parce que vivre j'allais dire dans une petite maison ensemble sur un projet quand ça va pas quand t'as besoin de souffler, bah tu ouvres la porte et tu mets tes baskets et puis tu pars marcher pendant une petite heure et ça va. Quand tu te retrouves en pleine mer Méditerranée, même si on était sur un Dufour 530 qui fait 53 pieds, un petit peu plus de 16 mètres de long, ça reste qu'une petite embarcation de 16 mètres de long. Et donc, quand ça ne va pas, tu ne peux pas dire, les gars, je me casse, je vais faire un tour à Calvi. Si, mon vieux, vas-y, il y a 50 kilomètres à faire. Du coup, je vais le mettre à la proue. Donc, j'avais peur que ça se passe mal et il franchement, ça a été trop bien. Ils ont été extraordinaires. Ils ont fait des photos de ouf. Ils ont fait des vidéos de dingue. Je suis trop impatient de montrer le film avec ce message sur l'environnement. Vraiment, on a eu beaucoup de chance. Et ça a été une belle aventure, belle aventure humaine. C'est exactement le
SPEAKER_01cas. Alors là, tu viens d'évoquer l'équipe, eux, leur rôle. Donc, c'était la sécurité. Est-ce qu'ils étaient aussi chargés de t'informer, de te faire des points médicaux météo, etc., ou c'est déjà considéré comme de l'assistance
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, c'était vraiment uniquement sur la sécurité. Ils naviguaient à côté de moi et puis ça n'allait pas plus loin. Prendre des photos
UNKNOWN?
SPEAKER_00Prendre des photos de la vidéo. Des fois, ils venaient avec leur petite embarcation électrique, ils me filmaient, etc., mais aucune interaction, rien du tout. Et ça, il y avait vraiment ce truc très précis à respecter pour que ça soit comme ce qu'on avait imaginé sur le papier. Anne, grande navigatrice qui fait plein de compétitions, plein de régates. Je lui ai demandé sa première motivation quand je l'ai eu au téléphone presque 5-6 mois avant le départ. Je lui ai demandé, je lui ai dit, mais Anne, quel est l'objectif pour lequel tu souhaites venir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce n'est pas commun. Je peux t'assurer que de la régate, il n'y en aura pas. On va être très lent. Elle m'a dit, justement, moi qui ai l'habitude d'aller très très vite, là tu me demandes de faire tout l'inverse, c'est-à-dire d'aller très lentement avec un voilier, avec un équipage et de rester en pleine mer pour surveiller un nageur. Donc c'est complètement à l'encontre de ce que j'ai l'habitude de faire et justement ça va me permettre à moi de pouvoir sortir ou d'élargir ma zone de confort. Donc ça a été sa motivation et puis forcément le message qu'il y avait derrière, etc. Donc leur rôle, c'était vraiment de faire de la surveillance et rien d'autre et de filmer et de photographier. Et on a réussi à tenir ça pendant 4 jours exactement et le cinquième jour après il faut que je ne sais pas si on peut faire de l'intégration mais ce serait marrant de pouvoir l'intégrer sur le podcast mais on ne peut pas le faire mais ce serait drôle de montrer le chemin que j'ai parcouru parce qu'on parlait de ça au début il y avait 180 km à vol d'oiseau entre les deux points je pense que j'ai dû faire au minimum 250 km et je ne parle pas des journées ou des heures de nage où je nageais à compétition contre-courant où sur une journée de 8 heures de nage, j'ai dû peut-être parcourir 3-4 kilomètres parce qu'on avait un courant. Je ne sais pas exactement vraiment réellement combien de kilomètres j'ai parcouru, mais quand on regarde le tracé GPS, on a l'impression que c'est un gamin de 3 ans qui a dessiné. Tu te dis, mais il est bourré ou quoi Rémi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il ne peut pas naviguer tout droit
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et encore, quand tu zooms et tu zooms vraiment aux centaines de mètres près, c'est encore encore pire que quand tu dézoomes parce que tu vois vraiment que je fais des virages dans tous les sens. Mais qu'est-ce qu'il fout
SPEAKER_02celui-là
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était très, très difficile de maintenir un cap et de pouvoir s'orienter. Même problématique, il y avait l'orientation. J'étais en totale autonomie et sans assistance même sur l'orientation. Donc, j'avais un autre partenaire, Garmin, qui était sur la partie GPS pour pouvoir transmettre mes coordonnées et mes points que la plupart des gens ont suivis sur la carte, mais il y avait également, j'avais donc deux montres, j'avais mon partenaire Auris, qui est mon partenaire depuis plus de trois ans maintenant sur la montre, mais j'avais un compas électronique, donc à l'intérieur d'une garmine, et c'est ça qui me permettait de m'orienter. Mais c'est un enfer, un enfer fini, c'est-à-dire que quand tu te mets sur la terre ferme, et qu'on est tous positionnés sur un point avec un groupe, c'est ce que je fais avec les stagiaires, je calcule un azimut brut et je leur dis, on va par là. Mais le mot par là, ça ne veut rien dire du tout. Donc je leur dis, est-ce que tout le monde voit le grand sapin qui se distingue des autres
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tout le monde dit, oui, oui, je le vois. Eh bien, on va dans cette direction. Ça vous donne un axe. Mais le sapin, il ne va pas bouger. Il restera là et dans la logique, dans quelques années, il sera encore là. Si on prend les pylônes des lignes hautes tensions, je leur dis, normalement, dans 10 ans, le pylône, il sera encore là. Donc c'est un repère qui est facile à évaluer et on le voit. quand on est en pleine mer, que l'eau est bleue, le ciel est bleu, tout est bleu, t'es avec ta montre, là, avec le compas, t'es en train de regarder, tu fais, ok, cap 302, ok, tu lèves la tête, et moi, les seuls repères que j'arrivais à voir, je prenais des nuages, mais bon, un nuage, il reste pas au même endroit tout le temps, et puis, t'sais, t'as ce petit truc que l'on fait quand on est, t'sais, jeune amoureux, allongé dans l'herbe, tranquillement, en train de mâchouiller une petite brindille avec sa copine qu'on vient de choper il y a à peu près 15 jours, t'as vu, chéri, t'as vu, ce nuage-là, on dirait un perroquet, moi, j'ai dit, ne dirait pas ça, on dirait une chèvre. C'est exactement ce que je faisais. C'est-à-dire que je regardais et je fais alors ce nuage-là, je fais, on dirait un bob. Ok, allez, je garde celui-là en tête. Et là, tu nages. Et là, tout d'un coup, le bob, il se transforme, je ne sais pas, en visage d'astérix. Tu fais, merde, il est où mon bob et tout. Et là, tu es complètement paumé. Donc, tu t'arrêtes. Tu perds ta vitesse. Tu repositionnes ton gros pas. Et là, tu fais, ok, ah oui, d'accord, le bob, il a changé de forme, il est vers là. Ok, c'est reparti. Et comme ça, toutes les 15, 20 secondes. Donc, je Je perdais énormément de temps. Et quand tu zooms sur la position GPS, tu le vois que ça part en sucette, que je me zigzague à droite et à gauche. D'ailleurs, quand on a fini l'expert, tu as l'équipage. Franchement, on était mort de rire. On était en train de naviguer tout droit. Et là, on te voyait avancer tout droit. Donc, on se dit, il a trouvé son cap. Et là, tu tournes la tête. Et là, tu t'en vas à Strasbourg. Tu t'en vas complètement à droite. On ne sait pas pourquoi. Et je lui dis, en fait, tu as un mouvement de vague. Et puis, tu as forcément un bras plus fort que l'autre. Et puis, tu n'es pas juste une machine en train de nager. C'est que derrière, j'avais quand même une plateforme qui faisait 180 kilos qui, elle, se barrait un peu à droite et à gauche. Et puis, à un moment donné, tu penses à quelque chose d'autre. Pendant 8 heures de nage, tu as le temps de penser à plein de trucs. Donc là, tout d'un coup, tu ne penses plus que tu nages et tu dévis un petit peu. Et puis, tu ne penses plus à ton cap, etc. Et puis, tu lèves la tête un petit peu moins souvent. Et là, tout d'un coup, le bob, il n'est plus du tout en face de toi. Il est complètement… Donc là, il faut se mettre de l'autre côté. Il faut retirer la plateforme pour la remettre en place. Donc ça, ça me prenait énormément de temps. le quatrième jour on se chope un vent du sud monstrueux et dans ma tête quand on était parti de calvi et bien on avait à chaque fois un vent du sud qui nous ramène un petit peu vers le vent du nord qui nous ramène un petit peu vers le bas donc pour moi j'ai dit ok on va prendre ce vent du sud et puis forcément pendant la nuit et bien ça va nous permettre de redescendre et ça sera parfait bon ça j'avais oublié qu'en fait on était protégé par les récifs de la corse qui en fait générer aucun vent et quand on était en pleine mer et ben on chopait bien le vent le vent du sud quoi donc on est remonté une fois à n'apprend la vh à l'appel à me dire et me je veux juste faire un point là on a dévié complètement est ce que qu'est ce que tu souhaites faire on continue sans assistance et je coupe ok donc je repars et là je fais une journée entière je nage huit heures je m'arrête on met l'encre flottante avec le l'équipage. Moi, je m'accroche au voilier à une cinquantaine de mètres pour être en sécurité, pour qu'on puisse dériver ensemble et pas avoir de problématiques avec les autres usagers de la mer. On se réveille le lendemain matin. Moi, la première chose que je fais, c'est pas tu te lèves et tu vas pisser, c'est je me levais, je prenais tout de suite mon téléphone et je regardais le nombre de kilomètres que j'avais dérivé en négatif, pas forcément en positif. Et là, je regarde. En fait, la journée entière que j'avais fait la veille avait servi à rien j'avais nagé je crois une vingtaine de kilomètres et j'avais tout perdu pendant la nuit donc je me remets à nager à nager et on fait un point vers vers midi avec avec Anne, elle me rappelle, elle me dit, Rémi, il faut qu'on fasse un point. Et elle me dit, écoute, si on fait ça à chaque fois, tu ne vas faire que dériver et on ne va jamais avancer. Il faut que tu prennes une décision. Et un projet, on l'a dit au début, il y a 70% de préparation et 100% de hasard, de malchance, de chance, ce que tu veux. Et il faut savoir rebondir et il faut savoir être à l'écoute des éléments et de se dire, c'est peut-être pas ce avait souhaité à un moment donné si on veut que ça soit si on veut vraiment avancer et surtout comprendre ce qu'on veut mettre en avant est ce que c'est le défi sportif est ce que c'est le message qu'est ce qu'est ce qui est le plus important moi effectivement c'était le message qui avait derrière ce défi écologique environnementale de la préservation de la mer méditerranée de cette fragilité mais de sa beauté également il me dit ok on te ramène au point de départ part, je vais en faire comme ça. Donc le projet qui était initialement prévu de faire en totale autonomie et sans assistance a été modifié. Ça n'a pas été totalement sans assistance parce que tous les soirs, on se laissait dériver et au petit matin, elle me repositionnait au point où j'avais terminé ma journée pour que je puisse poursuivre et avancer, sinon on aurait fini fin septembre. Mais les courants sont extrêmement violents, la houle, etc. Et en fait, La plateforme te fait dériver parce qu'elle est relativement imposante derrière. Et donc, le fait d'avoir autant d'heures de pause, parce que j'aurais pu nager plus longtemps, mais tu te retrouves confronté à une problématique qui est je dois me nourrir. Et en fait, si personne ne vient me donner à manger, je ne mange pas. Donc, je dois me nourrir. Et je n'avais pas d'eau, j'avais juste mon destinalisateur. Et quand tu regarde sur le papier, c'est écrit, il te faut 15 minutes pour faire un litre. Effectivement, quand tu es assis tranquillement après avoir passé une bonne nuit sur un ponton et tu es avec les copains, tu veux boire un petit verre, hop, tu pompes, tu fais 15 minutes pour avoir un litre, effectivement. Quand tu te retrouves en pleine mer avec un mètre, deux mètres de vague, la plateforme, pas de place dedans, tu as mal au dos, tu as mal aux épaules, tu as fait 8 heures de nage, tu es brassé, tu n'en peux plus, tout d'un coup, les 15 minutes se transforment en 20-25 minutes. Donc, Au début, tu fais 2 litres, 3 litres de flotte. Après, tu fais 1,5 litres. Après, tu fais 1 litre. Après, tu fais 800 millilitres. Après, tu fais 700 millilitres. Puis toi, tu grappilles à chaque fois parce que tu en as plein derrière de pomper, de pomper pour avoir quelque chose à boire. Et ça, ça a été très difficile pour progresser. Et c'est avec tous ces éléments qu'on a pris la décision de revenir au point de départ. Sinon, ça aurait été juste impossible.
SPEAKER_01Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_01Quel récit
UNKNOWN!
SPEAKER_01encore une fois c'est une aventure vraiment ouais c'est ce que j'allais te dire et puis même pour ce qui est intéressant c'est que même pour quelqu'un d'aguerri comme toi puisque t'en es clairement pas à ton premier défi si jamais il y en a qui te découvrent allez écouter l'épisode le premier épisode qu'on avait fait avec Rémi où on parle de la traversée de l'Australie en courant de la descente du Mekong à la nage du Tour de France à la nage enfin voilà t'es quand même relativement aguerri mais un peu intéressant de voir que même en étant aguerri finalement ce qui fait la différence c'est oui tes expériences précédentes mais c'est aussi ta capacité à t'adapter à apprendre sur le terrain tu vois l'exemple des salinisateurs je trouve que c'est génial effectivement je pense que tu n'avais peut-être pas forcément anticipé ça avant qu'il allait te falloir presque deux fois plus de temps que c'est galère avec la houle que tout bouge etc donc méga méga
SPEAKER_00intéressant et puis tu as cette cette frustration avec le décentralisateur c'est très frustrant quand tu viens de finir de nager et t'as soif, t'as vraiment besoin de boire, tu montes sur ta plateforme et là il faut se mettre à pomper et tu regardes autour de toi et tu as des milliards de mètres cubes de flotte qui sont là et toi t'es avec ton petit pot et t'es là Mais ce n'est pas possible, j'hallucine. Il y a de l'eau partout et tu ne peux pas la boire. Et ça, c'est très frustrant. Et de se dire, quand tu es à la maison, tu ouvres le robinet et que ça coule. J'ai eu ça pendant quelques jours au retour. J'ouvrais le robinet et je restais bloqué. Je mettais un pichet d'eau pour pouvoir boire. Laura me disait, va mettre la table. Je mettais le pichet d'eau sur le robinet et je regardais l'eau couler. J'étais là, je fais un truc de ouf. Ça coule. Tu goûtes. En plus, c'est que ce n'est pas salé. C'est vachement bon. Et ça, tu ne l'as pas, ça, en pleine mer. Tu dois transformer ta pro pro pour pouvoir la boire, qui est d'ailleurs, il faut faire très attention, qui est vraiment déminéralisé. Ça veut dire que c'est vraiment uniquement de l'eau. Il n'y a pas de sel minéraux à l'intérieur. Donc, il peut être très problématique. Moi, j'avais des petites tablettes, je ne sais pas si tu connais la marque TA, T-A, avec un petit trait, que je rajoutais dans ma flotte, un, pour avoir du goût, mais surtout pour rajouter des sels minéraux, parce que sinon, tu morfles au niveau des reins, parce qu'effectivement, tu es hydraté, mais tu as tout le reste que tu n'as pas, tous les sels minéraux que tu perds énormément en faisant un effort physique et que tu n'as pas parce que tu les as complètement enlevés avec le décentralisateur.
SPEAKER_01Je pense que tu ne peux pas tenir 10-15 jours avec de l'eau complètement déminéralisée. C'est
SPEAKER_00impossible, non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, ce n'est pas possible. Tu aurais trop de carences et ton organisme te le ferait payer. Un petit exemple... sur la partie entraînement on a fait le tour du lac Léman en août 2021 en entraînement et Et je me suis dit, de manière, quitte à avoir de l'eau, à ne pas s'emmerder, on va prendre une paille filtrante, on est dans un lac d'eau douce, je vais juste boire l'eau du lac et puis ça sera parfait. Et j'étais tellement dans un élément où tu as la tête dans l'eau, avec une eau plus fraîche que ta température corporelle. Tu as les muqueuses au niveau de la bouche, au niveau de l'anus, tu vois, tout est humide. Tu es dans un environnement avec de l'eau que tu n'as pas cette envie de boire. Et que, forcément, moi, je faisais des étapes, à la fin de la journée, quand je sortais de l'eau, j'avais des douleurs au rein parce que je ne m'étais pas hydraté. Et ça, c'était pour moi un vrai repère. C'est-à-dire, quand je nageais, j'avais vraiment un rythme qui était axé. Il fallait que je trouve, non pas un repère dans l'espace, comme jusqu'au prochain arbre, quand je faisais l'Australien en courant, jusqu'au prochain kangourou mort, ou jusqu'à ce que tu veux. Là, c'était, je vais me fixer non pas une contrainte mais un indicateur mais qui sera temporel donc j'avais voilà toutes les heures je m'arrêtais pour boire de l'eau toutes les deux heures je m'arrêtais pour boire et pour manger etc et ça me permettait d'avoir une hydratation et laisser le minéraux pour pouvoir progresser parce que je savais que si j'étais contraint à juste nager sans me réhydrater etc ou même juste à consommer l'eau de mer et bien j'allais avoir des problématiques au niveau des
SPEAKER_01reins. Ça fait beaucoup de de paramètres à gérer. Il y en a un autre. J'ai lu un des récap que tu as fait, je crois que c'était sur LinkedIn, où tu parles du sommeil. Je ne sais pas si tu l'avais anticipé en amont, mais dans ce retour d'expérience que j'ai lu, visiblement, c'était très compliqué du fait du roulis. L'OFNI était hyper bruyant. La plateforme dans laquelle tu vivais, c'était a priori pas méga adapté pour un sommeil super réparateur, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, la problématique de notre plateforme, c'est qu'à un moment donné, il faut trouver un juste milieu. Il faut trouver un juste milieu entre je tire quelque chose qui soit facile à tracter et en même temps, j'ai tout le comport nécessaire à bord. Et là, la plateforme plateforme, je veux bien faire de l'entraînement, je veux bien prendre du poids, je veux bien être quelqu'un d'assez gaillard et solide, mais je ne suis pas un bœuf. Moi, tirer une tonne, je ne sais pas faire. Et à un moment donné, il faut avancer aussi. Si c'est juste pour rester, faire du surplace en pleine mer, à un moment donné, on est une encre et on coule. Donc, il fallait trouver le juste milieu entre les deux. Guillaume a vraiment fait quelque chose d'extraordinaire parce que la plateforme en elle-même, elle était un fil de verre, un fil de carbone de recyclé, super léger, etc. On avait tout imaginé à l'intérieur, mais ça reste quelque chose de très spartiate. Et au tout début, quand on l'a imaginé, il m'a dit, voilà, tu pourras mettre tes pieds à l'intérieur, tu dors comme ça, la tête proche de la sortie, ça va être trop bien, et tu vas être bien. Je me suis dit, bon, effectivement, ça va être bien. Donc on s'est mis, et j'avais fait les tests, j'avais déjà dormi à l'intérieur plusieurs fois, et c'était très agréable. Mais je n'avais pas eu comme réflexion le fait de nager huit heures par jour, d'être fatigué, de devoir faire ma nourriture, transformer l'eau de mer, etc. Enfin, tout le processus qu'on allait avoir pendant une journée de nage. Et quand tu te retrouves sur la plateforme, quand c'est pétole et quand c'est une mer d'huile, eh bien, effectivement, tu dors pas trop mal. Mais quand tu te retrouves avec un mètre, deux mètres de vague, quand il y a du vent, etc., eh bien, le fait d'avoir de la vague, c'est que ça venait sous la partie, eh bien, la base catamaran de la plateforme et ça venait claquer directement en dessous. Et vu que c'était de la fibre de verre et de carbone, je ne sais pas si les personnes qui écouteront ont déjà eu ou ont déjà visité un voilier, un IMOCA, un trimaran de course qui font des grosses traversées. Quand on est en navigation, ça fait un bruit. On a l'impression que le bateau est en train de se disloquer, en train de se broyer avec les vagues. C'est exactement ça. Toutes les 2-3 secondes j'avais un ça me tapait en dessous et j'avais l'oreille qui était franchement à 20 cm de la surface de l'eau donc j'avais le bruit et puis de temps en temps quand il y avait une vague un petit peu trop forte ça montait sur l'arrière de la plateforme et ça gît et t'avais une petite giclée qui montait ça me tombait sur la tête une fois deux fois trois fois bon ça commence à me gonfler je voulais juste pouvoir dormir correctement donc on a dormi j'ai dormi dans l'autre sens la tête sur l'avant de la plateforme et donc les pieds vers l'extérieur D'ailleurs, je ne suis pas un géant, je ne suis pas très grand, mais je fais 1m82 et la plateforme n'avait pas été designée pour ça. Je me suis retrouvé à dormir toujours les jambes pliées, recroquevillées sur moi-même. Quand je voulais dormir les jambes tendues, il fallait que je mette complètement les jambes à l'extérieur. Donc, c'était un enfoui. Et là, quand tu te retrouves à avoir nagé 8 heures, avoir transformé l'eau, avoir fait tes tests salivaires, etc., mangé, tu es complètement chahuté par les vagues, par la houle, le vent, etc., je dormais 10 minutes sur l'épaule droite, je me tournais, je dormais 10 minutes sur le dos, je tournais, je dormais 10 minutes sur l'épaule gauche et je ne faisais que ça, que ça, que ça. Donc, ce n'était pas du tout des nuits très agréables et réparatrices et forcément, ça puise dans ton mental, ça puise dans ta façon d'évoluer, dans ta compréhension parce que tu es énervé, parce que tu peux être de plus en plus irritable en fonction des éléments et c'est ce qui s'est passé presque à la fin où on avait des vents qui étaient relativement forts et qui poussaient complètement sur l'arrière et la plateforme allait plus vite que moi donc pour éviter de me la prendre sur la tronche et bien je la poussais on avait fait en sorte d'avoir des poignées derrière la plateforme pour pouvoir la pousser et là d'énervement tellement que des fois elle ne voulait pas se positionner correctement parce qu'une fois qu'elle était positionnée sur un quart elle restait dessus et ça c'était très difficile de faire manœuvrer une plateforme qui faisait presque 200 kilos pour la mettre correctement dans l'axe et qu'elle puisse se fait la vaille que la poignée gauche d'énervement je lui ai dit tourne connasse et bim je l'ai cassé et avec tout l'équipage qui était sur le voilier ils ont vu que ça commençait ça montait et je me rappelle il y a Sébastien qui est passé pas très loin il m'a dit détends toi Rémi tu vas voir ça va aller et je fais commence pas et là il m'a dit ils sont partis ils se sont mis très très loin et ils ont vu que ça commençait à me courir sur leur écho et ça commençait à monter Et voilà, c'est l'accumulation de tout ça qui fait qu'à un moment donné, il faut trouver un exutoire. Et malheureusement, c'était la
SPEAKER_01petite poignée. Il vaut mieux que ce soit la poignée que ton système de désalinisation.
SPEAKER_00Mais complètement, un truc de ouf. J'ai souvent pensé, quand je nageais, à l'histoire d'Alain Bombard, quand il avait traversé l'océan avec une petite embarcation, etc. Et c'est grâce à lui qu'on a mis en place tout des systèmes de sécurité pour les naufragés et dans ma tête je fais mais carrément mais le premier truc que je mets si je dois un jour partir avec un voilier mais c'est un désanalysateur portatif une pompe parce que c'est l'une des pires choses c'est à dire qu'au début tu te dis oui ça devrait passer mais pour être formateur en survie quand on sait qu'à peu près on tient trois jours sans boire tu te retrouves rapidement déshydraté et en fait c'est la base tu as besoin à un moment donné, je ne vais pas dire qu'il te faut d'autres choses, mais vraiment, la base, c'est de pouvoir boire en quantité suffisante pour pouvoir te réhydrater parce que quand on est en pleine mer, on n'a pas cette sensation, on n'a pas l'impression d'être déshydraté parce qu'on est tout le temps dans un environnement qui est humide. Et c'est pesant, très pesant.
SPEAKER_01Qu'est-ce que tu dirais que tu es allé chercher en toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je ne sais pas si chacune de tes aventures, tu vois, tu arrives à mettre... à mettre en avant une compétence ou un trait de personnalité, bref, quelque chose de singulier que tu as découvert sur toi ou que tu as développé. Mais je serais curieux de savoir, tu vois, sur celle-ci, sur ta traversée Calvi-Monaco, est-ce qu'il y a eu de particulier en termes de dépassement de soi, de repousser ses limites
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que tu arrives déjà à le décrire ça ou c'est encore trop
SPEAKER_00tôt
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne parlerai pas forcément sur la traversée parce que je ne m'étais pas bien préparé pour ça et je ne dis pas que je l'ai trouvé facile mais ça a été plus simple que ce que je ne pensais parce que je m'étais vraiment préparé durement pour celle-là, vraiment embavé et par contre ce que j'ai appris et bien c'est la gestion de l'humain la gestion de l'humain avant projet sur la phase préparation et c'est difficile c'est une partie qui est très particulière parce que il faut trouver les mots justes, il faut être un bon communicant. Et c'est ce que cette aventure m'a permis de comprendre, vraiment, de pouvoir communiquer, communiquer, parler, expliquer, démontrer, etc. Ça a été bien plus intense que les autres aventures qui ont été faites dans le passé. Et si j'avais un point à améliorer encore et encore, Ça serait là-dessus. On n'est jamais parfait. Et de pouvoir, encore une fois, s'entourer des... des personnes de bonnes personnes même si on était bien entouré on avait une belle équipe et franchement c'était trop bien ça serait d'avoir encore plus de personnes sur qui s'appuyer et ça a été pour moi c'était la gestion de l'humain tu vois qui a été la plus énergivore sur cette aventure quand tu fais la traversée de l'Australie et que tu montes c'est ta première aventure t'es tout seul t'as pas de compte à rente. Moi, j'avais des partenaires, c'était le bistrot du coin, c'était le petit restaurant, c'était mon ex-beau-père qui avait une entreprise, c'était des trucs, rien de bien particulier. Ils ne demandaient rien en échange, ils s'en foutaient. Ils te donnaient du pognon, tu vois, 200, 300, 500 balles, va t'acheter ton billet d'avion, ton visa, et puis vas-y, fais-nous rêver, tu nous montreras quelques photos. Donc, tu n'as pas la même pression. Et quand tu commences à grossir et puis à en faire un métier et devenir professionnel dans ta démarche tu lèves plus d'argent, il faut trouver plus de partenaires, le message est toujours assez important mais tu creuses plus le message, donc là il y a un impact et un intérêt scientifique également donc tout ça c'est à maîtriser et donc il faut s'entourer de bonnes personnes même si j'ai des compétences dans quelques domaines je ne suis pas bon en tout et même si j'étais bon dans d'autres domaines mais j'ai que deux mains j'ai que deux jambes et j'ai qu'une tête donc tu ne peux pas tout faire donc il faut forcément s'entourer d'autres personnes et la gestion de l'humain est très énergivore, vraiment. c'est ce que je reprends c'est ce que je retiendrai de cette aventure c'était chouette franchement je ne regrette rien j'ai appris plein de choses j'ai mûri aussi et c'est ce qui me permet de grandir et d'être une meilleure personne en 2023 tu vois mais c'était la gestion de l'humain un truc de dingue l'état des ascenseurs émotionnels on te dit oui après on te dit non ou alors on te dit non et puis après on te dit un oui et quand tu vois l'enjeu qu'il y a derrière tout ce que ça va véhiculer, le message, les partenaires, la partie scientifique, etc. Tu te dois que ça soit parfait parce que les gens ont mis de l'argent, te font confiance. Donc, tu te dois de faire les choses correctement. Et ça, ça a été
SPEAKER_01dur. Super enseignement. Je suis sûr que tu travailleras là-dessus pour le prochain défi. Je ne sais pas s'il y en a déjà un. Je ne sais pas si tu prépares le défi suivant pendant le défi que tu es en train de réaliser. j'ai déjà eu des invités qui me disaient ça tu vois qui sont même pas encore arrivés qui ont pas franchi la ligne d'arrivée qui sont déjà en train d'imaginer la prochaine course ou la prochaine expé alors je fais pas que ça
SPEAKER_00c'est super intéressant parce que encore une fois je sais pas si tu l'avais si c'est dans l'enregistrement de bois mais voilà pour moi un projet c'est trois phases préparation réalisation et restitution et la phase de restitution est très très importante pour pouvoir rendre compte mais également faire passer ton message à travers un film un récit écrit peu importe tu vois et ces trois phases déterminent la suite parce que tu peux avoir des opportunités donc j'ai des envies, j'ai des choses que j'ai dans ma petite tête et puis des idées à la con je peux te dire que j'en ai plein, il n'y a pas de soucis là-dessus mais il faut que ça soit bien fait il faut que ça soit logique il faut que le message soit juste pour que justement ça puisse poursuivre sur la même démarche donc voilà avant j'avais toujours cette idée de toujours rebondir, rebondir, mais le fait de rebondir, c'est que tu te précipites, tu vas aller vite, et du coup, tu bacles la partie restitution. Et pour moi, elle est vraiment déterminante, elle est importante, tu vois, de rendre compte que ça soit pour toi, déjà, personnellement, parce que tu dois rendre compte pour toi de ce que tu as fait, ça te fait ton feedback, ça te fait ton retour d'expérience pour toi, personnellement. Et puis après, il y a pour tes amis, pour ta famille, parce que c'est important aussi, même s'ils n'étaient pas en engagés en train de nager à côté de toi, ils étaient quand même très très engagés, parce qu'ils ont accepté que tu partes, et il faut les respecter aussi, donc il faut rendre compte pour eux, rendre compte pour les partenaires, pour toutes les personnes qui se sont engagées à tes côtés et qui t'ont fait confiance, et puis après, pour véhiculer le message, dans mon cas, sur la préservation du milieu marin, sur l'environnement, l'écologie, il y a un message à faire passer, et pour le faire passer, il faut communiquer avec de la photo, de la vidéo, etc. Donc on est en train, en ce moment même, en train de tout des rochers pour réaliser le film documentaire et franchement quand j'ai vu les images qu'ils ont réussi à faire dans des conditions parfois épouvantables je suis impressionné et puis après on va espérer avoir la possibilité de sortir un deuxième livre pour pouvoir raconter ce qu'on vient de faire là la partie préparation, réalisation et restitution parce que la plupart des gens quand ils regardent ou qu'ils suivent une aventure ils suivent uniquement la phase de réalisation et tu vois j'ai eu un message d'une femme qui me suit depuis pas mal de temps qui s'appelle Armelle qui vit en Bretagne et je sais qu'elle écoutera le podcast Armelle et merci de me suivre depuis tant d'années et elle m'a envoyé un petit message d'autrefois et elle m'a dit putain Rémi tu te rappelles ton projet il est terminé mais je me souviens quand tu étais dans le train et que tu nous montrais cette petite maquette qui allait être une version 1.1 que tu allais tracter en mer Méditerranée et elle a été super assidue et elle a su vis toute la phase de préparation avec ce report etc etc et elle m'a dit tu vois t'as pas lâché et c'est ce que on apprécie chez toi c'est que tu nous montres toutes ces phases que c'est pas tout le temps rose que c'est pas tout le temps facile et que forcément il faut être capable de se réinventer de se réadapter et c'est là dessus où je veux vraiment appuyer une aventure c'est pas juste le temps de réalisation c'est tout ce qu'il y a avant et tout ce qu'il y a après et c'est ça qui fait une belle aventure
SPEAKER_01excellent l'arrivée sur à la plage du Larvoto, du coup, symboliquement, émotionnellement, comment est-ce que tu l'as vécu
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a tout, tu sais. D'abord, on n'est pas arrivé, on a fait une vraie fausse arrivée parce que la veille, ils ont reçu un bulletin météo et là, donc, Anne me contacte et me dit, Rémi, les vents endurcissent. Je fais, je vois, de toute manière, quand il y a 2-3 mètres de creux, tu sais que ça commence à taper. Je fais, oui, je le vois bien. Elle me dit, ça va empirer. Donc, on on fait quoi et moi j'arrivais pas à passer en fait il y avait vraiment un courant très très fort au large de de Monaco sur toute cette côte là il y a un courant très très fort à environ une quinzaine de kilomètres de l'arrivée et j'arrivais pas à passer et donc je lui dis on va faire autrement et je vais foncer sur la côte italienne et à un moment donné on va avoir ce vent qui va venir de l'est et qui va me ramener tout doucement sur la côte monégasque et comme ça on pourra être tranquille sauf que en faisant ça on allait se retrouver à environ 5-6 km de la rive et je lui ai dit on va devoir se retrouver à faire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00un mouillage avec une encre flottante et donc forcément dériver pendant la nuit sur une zone où on a quand même beaucoup de plaisanciers de personnes qui pratiquent la pêche etc etc donc pas forcément la meilleure chose à faire je lui ai dit on va complètement couper et on va aller se positionner dans la baie de Roquebrune qui n'est pas très très loin de Monaco c'est entre Monaco et Menton et au moins on est au mouillage avec une encre, une vraie encre, et comme ça, on pourra rester là, à cet endroit-là, et on sera en totale sécurité. Donc, on bombarde, on bombarde, je me dirige vers l'Italie, le vent nous pousse, et on arrive dans la bête de Rockbrew. On se met au mouillage, impeccable, et je me dis, le lendemain, on va pouvoir finir cette petite étape, et ça sera relativement simple, parce qu'il ne reste que 3 kilomètres, donc ça va être juste, on va dire, une arrivée pour les journalistes, pour les médias, et ça s'arrêtera. donc je me retrouve le lendemain et puis ça monte ça monte ça monte c'est pas possible on va quand même pas finir dans l'océan Atlantique là on a l'impression qu'on se trouvait en plein océan Atlantique tu sais et moi je balance un message directement sur les réseaux sociaux et je dis qui même me suivent s'il y en a qui sont intéressés pour faire du paddle de la nage du kayak de l'hydrospeed ce que vous voulez venez finir avec moi merci pour ceux qui vont écouter merci de ne pas être venu parce que c'était d'une grande importance je me mets à l'eau avec l'équipe de Pierre Frolla, qui est apnéiste, qui a plusieurs records du monde, qui est positionné sur la plage du Larvoto, qui vient nous récupérer en bateau, à bateau à moteur, pneumatique, deux de ses nageurs et tout, et ils me disent, Rémi, c'est chaud, mais vraiment, c'est chaud, il y a 4 mètres de creux au large, je fais, ah bah oui, je vois, des fois je vois la plateforme, des fois je la vois plus, des fois je vois la plateforme, des fois je la vois plus, je dis, ouais, je sais, donc on se met à nager tout doucement et ils me disent il faut que tu laisses ta plateforme sur une bouée d'entrée du chenal et puis on viendra la chercher après donc je les regarde et je me dis écoutez moi bien je ne me suis pas tapé 15 jours de nage pour que ma plateforme n'est hors de question que l'autre reste là et que je finisse l'arrivée comme ça tranquille je dis non non on finit l'arrivée avec la plateforme on me dit t'es sûr je dis ouais ouais donc là on se met à nager il n'y avait que 3 km on a mis presque une heure et quart pour faire les 3 km tellement qu'il y avait des creux monstrueux en pleine mer. Même Frédéric, l'assistante de Pierre Frolla, me dit franchement, c'est très, très, très rare d'avoir des conditions aussi violentes là, à cet endroit-là. Et donc, au lieu de fixer directement l'arrivée sur la plage du Larvoto, je décide de foncer directement en direction, eh bien, j'allais dire de l'Institut Océanographique de Monaco, pour être parallèle à l'arrivée. Et au dernier moment, je me suis tourné et j'ai fixé l'arrivée, mais au lieu d'être devant la plateforme en train de la tirer en crawl, je me suis mis derrière en la poussant avec une poignée et l'autre poignée cassée pour surfer les vagues et éviter de me prendre la plateforme dans la tronche parce qu'il y avait des crues de 4 mètres, donc c'était assez rock'n'roll. Et on est arrivé sur la plage du Larvoto avec, en fait, c'est un petit crochet, un petit zigzag, encore ces mers d'huile c'est très facile à faire, là il fallait éviter les filets anti-méduse et puis tout le ponton et toute la partie rocheuse qui permet de faire un brise-lames moi je dis je vais finir avec la plateforme en morceaux, je vais arriver juste avec un petit drapeau à la main, le reste il a coulé juste à 100 mètres je suis arrivé ça a été très mouvementé j'ai bitché, là c'est cette sensation de toucher le fond et de se dire putain il est là et je le sens et je le vois Pendant 15 jours, j'ai vu que du bleu. Tu es dans des fosses à 2500 mètres de profondeur, donc tu ne vois rien. Il n'y a rien du tout. Il n'y a que du bleu, du bleu, du bleu. Et là, tout d'un coup, tu vois du sable et tu peux mettre le pied sur la terre ferme. Et ça, c'était vraiment jouissif. Et puis, comme tu dis, une belle symbolique parce qu'en 2018, j'avais fait le Tour de France à la nage et j'ai terminé sur la plage du Larvoto. Et en 2018, il y avait mon papa qui était venu à l'arrivée en nous faisant la grande surprise. on se prend dans les bras, etc. Et là, mon papa n'est plus là, donc petite pensée pour lui qui m'a accompagné, parce que j'avais quand même collé à l'intérieur de ma plateforme une photo de lui de l'arrivée, il y avait une photo de ma fille, de ma compagne, voilà. Je me suis dit quitte à parler à quelqu'un, autant que ça soit des photos, parce que je ne veux quand même pas me parler à moi-même dans ma plateforme toute la nuit, donc je leur parlais, je leur racontais les journées, mes galères, mes moments euphoriques, les moments drôles, etc., les coups de blues. Et ouais, un grand moment de se retrouver sur cette plage et de se dire une fois de plus bordel c'est fait, on a réussi, on y est on a mis 2 ans et 9 mois pour monter ce projet et là on est de l'autre côté du projet quand t'es à Calvi t'es euphorique parce que tu vois t'as cette sensation de dire on va le faire, on va partir et peu importe le résultat j'aurais même fait, c'est frustrant j'aurais fait que 10 mètres de nage le projet était validé quand même on avait tout mis en place, on est parti le reste ça s'appelle de l'aventure je ne sais pas ce qui va se passer pendant l'aventure on peut être dans une grande tempête un ouragan comme il y a eu en août l'année dernière avec un ouragan catégorie 1 en Méditerranée chose qui est juste improbable donc on aurait pu avoir des conditions vraiment même si elles ont été pourries certaines fois mais on aurait pu avoir des vraies conditions merdiques et ça s'appelle l'aventure on ne sait pas ce qui va se passer c'est pas comme si tu veux battre un record dans un bassin tu dois faire un 50 mètres nage libre Toutes les conditions sont réunies. Tu viens, tu es conditionné, tu as tout ton coaching, tu as tout le monde autour de toi, tu as bien dormi, tu es nourri, etc. Et là, on te demande de faire un chrono et tu t'arraches les tripes. Tu dois nager juste 50 mètres et tu défonces tout sur 50 mètres. Là, je n'en savais rien du tout ce qui allait se passer. 180 kilomètres, je ne sais pas si ça allait être vraiment 180 ou plus, même si j'avais un petit doute quand même. Mais tu ne sais pas ce qui va se passer. Et là, on arrive sur la plage du Larvoto et en fait, on est de l'autre côté du projet, on l'a fait. Et maintenant, on passe déjà sur la phase de restitution. Tu sors de l'eau, tu quittes l'équipement, tu as les journalistes qui sont là, et c'est déjà une phase de restitution. Tu racontes déjà ce que tu as vu, la fragilité, la beauté des choses, mais la fragilité, la quantité de plastique, tous les animaux marins qu'on a vus, etc. Et donc, tu es déjà sur une phase de restitution. Et là, franchement, tu as plein d'émotions, tu as la joie, tu as cette petite larme parce que je pensais à mon papa, tu à cette fierté par rapport à toi, premièrement, mais également à ta famille, à tes proches, à ta compagne, ton compagnon, peu importe, l'aventure, tu vois, et à tous tes partenaires et te dire on l'a fait, on a été au bout et effectivement, je l'ai toujours dit, il y a un mec qui va nager et qui va traverser la Méditerranée en totale autonomie et presque sans assistance, mais on l'a fait ensemble, vous n'auriez pas été là, mais jamais j'aurais réussi, c'est pas possible et je l'ai dit il n'y a pas longtemps sur un post sur les réseaux sociaux, l'aventurier solitaire, celui qui part et qui fait tout tout seul, ça n'existe pas c'est impossible, il y a forcément du monde derrière, on est en haut de la pyramide, on est ceux qui brillent, mais il y a tout le socle de la pyramide qui est là pour la faire tenir, et c'est toutes ces personnes qu'il faut remercier, et d'ailleurs quand l'équipe qui est venue filmer de tout le sport nous en a donné le like d'or ils m'ont dit voilà Rémi on te remet le like d'or de tout le sport et je dis ben c'est pas pour moi c'est pour l'équipe donc ceux que vous voyez là qui étaient à bord du voilier mais également toutes les personnes dans l'ombre qui ont travaillé pendant des mois et des mois et des années pour qu'on puisse réaliser cette aventure de dingue
SPEAKER_01quoi tu dirais que c'est peut-être c'est peut-être ça le tu vois en guise de conclusion de l'échange ce que tu as envie de de faire passer que c'est un peu voilà c'est un adage vu et revu mais que ensemble ensemble on va on va plus Mais
SPEAKER_00tellement, tellement, bien sûr que c'est revu et revu, mais dans n'importe quoi, dans n'importe quelle situation, seul on va vite, ensemble on va plus loin. Non, rien, j'avais une pensée très, très chelou, mais j'aurais pu dire titre. Mais dans n'importe quelle situation, effectivement, le fait d'être ensemble et de travailler dur pour un projet, tu vois, sur le combat, sur l'environnement, sur la planète, sur le travail, À l'heure actuelle, ils sont en train de voter une loi pour la préservation du marin. Effectivement, ensemble, on y arrivera et on fera bouger les choses. Il y a un mec qui a traversé la Méditerranée en totale autonomie, mais il y a plein d'autres projets qui gravitent autour de l'environnement et l'écologie. Et c'est tous ces projets qui sont regroupés et qui mettent en avant cette problématique qui permettent de faire avancer les choses. Et donc, forcément, c'est quelque chose à mettre en avant et c'est ce que j'essaye d'enseigner souvent dans les écoles dans les établissements scolaires pour embarquer les enfants et leur expliquer qu'on ne peut pas y arriver tout seul et vous n'y arriverez pas tout seul mais on est très fort ensemble et il faut pouvoir se servir du collectif pour pouvoir faire bouger les choses
SPEAKER_01écoute Rémi un grand grand merci pour ce débrief quasiment à chaud de ta dernière expédition plein de messages très intéressants enfin moi je repars avec beaucoup d'enseignements sur la capacité à s'adapter, à accepter, à rebondir, à changer sa perception de certains événements. Merci pour ça. Tu parlais de film, tu parlais potentiellement d'un livre, le film, etc. Tu as une idée déjà de quand ça pourrait
SPEAKER_00arriver
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense que ça sera fin septembre, octobre, un truc comme ça. D'accord, ok, ça marche.
SPEAKER_01Il y a pas mal de boulot à faire dessus, mais ça sera à mon avis à ces dates-là. De toute façon, je mettrai évidemment les lien en description de l'épisode vers ton site, chaîne YouTube, tout ce qui va bien. Un grand merci Rémi, une fois de plus. Et puis écoute, bonne récup et je te dis à une prochaine pour le débrief de ce qui arrive
SPEAKER_00ensuite alors. Carrément. J'ai une dernière question
SPEAKER_01Loïc avant que tu raccroches. Yes. Il est où le statouage
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ah punaise
UNKNOWN!
SPEAKER_01Aïe aïe aïe aïe aïe
UNKNOWN!
SPEAKER_01Je me demande si ce n'était pas la conclusion du premier épisode qu'on avait fait ensemble. Il est où
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, bien vu. Il est sur la to-do list. Le vrai sujet, c'est qu'il n'est pas encore sur le
SPEAKER_00compte
SPEAKER_01en banque. Je comprends. Mais ça ne saurait
SPEAKER_00tarder. Ça me va. C'est parfait. J'attendrai ça.
SPEAKER_01avec
SPEAKER_00impatience nickel merci beaucoup Rémi à bientôt à plus tard ciao merci Louis
SPEAKER_01Merci d'avoir écouté cet échange avec Rémi jusqu'au bout. Les Frappés est un podcast 100% gratuit. Tout ce que je vous demande en retour, c'est de m'aider à mettre en avant mes invités exceptionnels en laissant une note 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Partagez également cet épisode à toutes les personnes de votre entourage qui aiment les sujets d'aventure et de dépassement. Vous pouvez m'envoyer vos feedbacks ou suggestions sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.com. Merci pour votre fidélité. A très vite pour un nouvel épisode. bisous