Les Frappés

🏴‍☠️ Arctic Fools - Les 3 potes niçois devenus explorateurs polaires

Arctic Fools Season 3 Episode 131

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Provoquer sa chance, se donner les moyens de réaliser ses rêves les plus fous, tracer son propre chemins sans se soucier des conventions, voilà ce qu’on décidé de faire Flavien Hillat, Vincent Lavrov et Thomas Jarrey, mes invités de la semaine.

Ensemble, les 3 niçois ont commencé en 2019 à imaginer et réaliser des projets d’aventure.

Leur terrain de jeu à ce jour ? Le cercle arctique 🥶

Le format qu’ils ont choisi ? Les expéditions à ski, en autonomie totale et sans assistance 🤩

Pour leurs deux dernières expéditions, en Suède et au Svalbard  ils sont partis chaque fois plus de 30 jours, avec des centaines de kilos de matériel, de nourriture et de fuel placés dans des pulka, de grosses luges qu’ils ont tracté dans des températures de -30, -40°C.

Ces aventures hors normes, ils ont appris à les retransmettre dans des films, tellement qualitatifs que Netflix en a d’ailleurs acheté 2, et ces films ils s’en servent pour démarcher des sponsors et ainsi financer l’intégralité des projets.

En bref, leur témoignage c’est une énorme claque 🔥 !

C’est la preuve par l’exemple qu’avec du travail et beaucoup de détermination, absolument tout est possible.

Voici l’histoire des Arctic Fools, ouvrez grand les oreilles, excellente écoute à vous les Frappés.

🔎 Les deux films produits par le trio et rachetés par Netflix sont ISÖKEN et DROP IT!.


🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Apprendre à sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode #77 - Échange avec l'aventurier professionnel Rémi Camus
👉 Épisode #42 - Des expéditions polaires pour faire changer les regards sur l'état de notre planète avec Vincent Colliard
👉 Épisode #10 - Caroline Côté - Cinéaste d'aventure, réalisatrice, aventurière professionnelle

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SPEAKER_00

En fait c'est un vrai sentiment d'aventure tu vois, c'est la première fois, c'est la première fois qu'on sort vraiment de notre zone de confort et c'est un frisson permanent tu vois. Donc on s'est dit ouais ici on va passer ça va être tranquille, mon cul ouais, on est arrivé il y avait des rochers de tarés avec des collines, des creux, moi ma poule qu'elle faisait que se retourner.

SPEAKER_02

T'es pas sur une plaine enneigée, t'es sur de la glace recouverte de neige. Première sensation quand t'arrives là-bas, pleine de vide, mais vraiment pleine de vide.

SPEAKER_04

Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver avec mes invités on ira naviguer sur toutes les mers du monde on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en himalaya on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ses invités exceptionnels on sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une fois petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. Provoquer sa chance, se donner les moyens de réaliser ses rêves les plus fous, tracer son propre chemin sans se soucier des conventions. Voilà ce qu'ont décidé de faire Flavien Hilat, Vincent Lavroff et Thomas Jarret, mes invités de la semaine. Ensemble, les trois niçois ont commencé en 2019 à imaginer et réaliser des projets d'aventure. Leur terrain de jeu à ce jour, le cercle arctique. Le format qu'ils ont choisi, les expéditions à ski en autonomie totale et sans assistance. Pour les deux dernières expé en Suède et Osvalbard, ils sont partis chaque fois plus de 30 jours avec des centaines de kilos de matériel, de nourriture et de fioul placés dans des pulkas, des grosses luches qu'ils ont entractées à ski dans des températures de moins 30, moins 40 degrés. Ces aventures hors normes, ils ont appris à les retransmettre dans des films tellement quali d'ailleurs que Netflix en a acheté deux. Et ces films, ils s'en servent aujourd'hui pour démarcher des sponsors et ainsi financer l'intégralité de leurs projets futurs. En bref, leur témoignage, c'est une une énorme claque. C'est la preuve par l'exemple qu'avec du travail, de la passion et beaucoup de détermination, absolument tout est possible. Voici l'histoire des Arctic Fools. Ouvrez grand les oreilles. Excellente écoute à vous les frappés. Eh bien, écoutez, ce que je vous propose, c'est qu'on démarre. Donc, épisode un peu spécial puisqu'il n'y a pas un invité, pas deux invités, mais trois invités. Super content de vous recevoir. Merci encore, Flavien, de m'avoir contacté parce que je connaissais un petit peu Arctic Fools. Enfin, j'avais vu passer quelques trucs à droite, à gauche. Mais voilà, là au moins, c'est concrétisé. On fait un épisode et on va pouvoir faire découvrir un maximum de personnes ce que vous faites. Comme vous êtes trois, ce que je vous propose, c'est peut-être déjà un tour de table virtuel. Si vous pouvez vous présenter peut-être rapidement en une phrase pour que chacun ait en tête qui fait quoi

SPEAKER_02

et bah ça marche merci Loïc pour ton invitation c'est très cool je vais commencer du coup les gars donc moi c'est Vincent je me suis occupé principalement de tout ce qui est logistique et production des films documentaires qui sortent de nos expéditions moi mon background il est plus dans l'ingénierie mécanique et le commerce donc déjà deux univers qui n'avaient rien à voir puis aujourd'hui je veux faire plus que de l'aventure du film et de la photographie, bien sûr. Je vais passer la parole à Thomas, Flavien.

SPEAKER_03

Je prends le relais. Moi, c'est Flavien Hilat. J'ai 29 ans. Je me considère comme aventurier polaire, réalisateur de documentaires aussi, avec Thomas et Vincent. J'ai un diplôme de base dans le cinéma. À la base, je suis ingénieur du son. Je me suis reconverti vers la réalisation et l'image, le cadrage. et puis

SPEAKER_00

voilà pour les grandes lignes c'est ça t'as oublié le tatouage

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

oui je me suis aussi tatoué en plus multitâche et bah moi pareil moi là bas j'étais en communication communication événementielle et puis après j'ai tout claqué pour commencer à faire de la photo et la photo m'a amené sur la vidéo donc aujourd'hui voilà avec Flav réalisateur documentaire et le reste de l'année vidéaste pour tout type de tournage sportifs, luxe, tout. Et puis après, pareil, de facto, par nos expériences, nos trois expéditions, aujourd'hui, on a les compétences et le petit diplôme suite à Svalbard pour la formation pour les ours, pour dire qu'en gros, on est aventurier polaire officiellement avec tout ce vécu.

SPEAKER_04

Excellent. Merci Vincent, Flavien et Thomas. Arctic Fools, comment est-ce que c'est né

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Déjà, quelle relation est-ce que vous avez tous les trois

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Vous êtes potes de longue date, vous avez décidé de vous créer un espèce de défi complètement fou autour des expéditions, comment ça s'est monté tout

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On s'est rencontrés il y a à peu près 25 ans avec Flavien, donc ça fait très longtemps. En revanche Thomas c'est tout nouveau, enfin c'est tout nouveau maintenant, c'est un vieux frère déjà, mais on s'est rencontrés 4 mois avant notre première expédition polaire, donc en fait on s'est rencontrés fin 2018 et début 2019 on est partis traverser le plus grand désert de glace d'Europe en Suède, seulement 4 mois après s'être rencontrés, donc ça a été une dynamique à mettre en place. Ça matchait tout de suite. Thomas, il avait l'amour de la vidéo et de l'aventure qui était en lui. Et Arctic Fools, c'est un peu plus tard. Au début, ça s'appelle Jusqu'au bout de vos rêves. C'est toujours une association qui existe. Jusqu'au bout de vos rêves, c'est une pensée qui est venue de Flavien. Flavien qui s'est dit on parle trop à trop de gens qui ont des rêves, qui finissent leur récit de rêve par je le ferai jamais parce que. Et du coup, on n'a pas laissé ça arriver, Flavien il s'est réveillé un matin, il nous a dit venez les gars on crée un truc qui s'appelle Jusqu'au bout de vos rêves et tout est parti de là, et Arctic Fool je vais laisser Thomas et Flav raconter parce que c'est marrant aussi. Ouais vas-y

SPEAKER_03

Flav Arctic Fool déjà c'est le nom de la série qu'on a réalisé, donc c'est une série de deux saisons, donc la saison 1 ça retrace l'expédition en 2021 qu'on a faite en Laponie suédoise donc c'est 8 épisodes de 22 minutes qui n'est pas encore sorti mais qui est terminé en tout cas et la saison 2 c'est la retrace la dernière expédition au Svalbard on est parti 40 jours on en reparlera un peu plus tard de ça je pense et du coup c'est une série qui regroupe deux saisons et Arctic Fool ça veut dire en français les zinzins de l'Arctique pourquoi on a choisi ce nom

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

parce que ça nous représente entièrement parce que on est des sudistes on est un peu des aliens de l'expédition on n'a pas grandi dans ce milieu là donc on peut dire pourquoi eux ils vont. Et du coup, c'est ça qu'on veut montrer. On veut montrer au plus grand nombre, à travers nos films, nos photos et tout ça, que c'est accessible au plus grand nombre et que c'est pas non plus ultra difficile, avec une bonne préparation quand même, une bonne logistique. Donc voilà, les arzanes d'articles. C'est notre credo aussi, notre phrase qu'on dit à chaque fois, c'est qu'on fait les choses sérieusement sans se prendre au

SPEAKER_00

sérieux. J'adore. En fait, on essaie d'aborder tout un petit peu avec de la légèreté, parce que quel que soit le milieu un peu dans la vie, quand tu veux entreprendre quelque chose ou tu rêves de quelque chose, tu vas très vite observer une formation un peu élitiste ou inaccessible. Pour nous, l'Arctique, ça paraissait totalement inaccessible. Se lancer dans la vidéo, ça ne paraissait pas être le premier plan qu'on voulait faire. Mais de manière générale, on a voulu casser cette idée de se dire« ce n'est pas pour moi» ou« c'est un rêve, ça ne restera qu'un rêve». Et surtout casser cette idée de« c'est extrême, c'est viril, me fais il y a beaucoup de choses dans la vie où quand tu vas aller voir de toi-même avec tes propres yeux et où tu arrêtes un petit peu d'écouter ce qu'un tel ou un tel te dit que tu vas voir toi tu t'aperçois qu'en fait tu peux faire beaucoup de choses et que c'est pas aussi horrible que ce qu'on te décrit que c'est pas aussi infernal et puis au final nous on est devenu complètement accro on est devenu

SPEAKER_04

accro à ça excellent donc là si j'ai bien compris 3 expéditions à votre actif c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

et les donc en Arctique, et pourquoi du coup le milieu polaire, qu'est-ce qui vous attirait en particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense qu'à la base c'est parti d'une progression on va dire, on a commencé avec Flavien à randonner à la journée, puis sur un week-end on s'est dit on va faire ça pendant 18 jours, donc on fait un trek pour la première fois de notre vie, et puis là on est l'été, l'hiver arrive, on est déjà un peu mordu par la montagne donc on a commencé à avoir tout un tas de sommets qu'on voulait faire, on avait pas la patience d'attendre l'été Donc, on s'est lancé dans une forme d'alpinisme hivernal pour continuer la saison. Puis, arrivé l'été d'après, on s'est encore éclaté en montagne tout l'été. Et là, l'hiver est arrivé et on s'est dit, on fait des treks l'été. Viens, maintenant, on va découvrir un peu plus le froid et la neige. Et à ce moment-là, on rencontre Thomas. Thomas, de son côté, lui, il allait bivouaquer dans la neige. Il emmenait des potes à lui ou des inconnus, des fois. Ils partent dans la neige et ils allaient passer le week-end comme ça. et avec Flav on commençait à faire la même chose et quand on s'est rencontrés on a dit mais toi aussi t'es un couillon qui dort dans la neige et du coup on s'est dit bah viens on va faire les couillons dans la neige mais pendant 18 jours dans un endroit où il fait vraiment froid histoire de voir donc en fait il n'y a pas eu cette idée de je veux absolument aller dans l'Arctique je veux absolument voir les oraux boréales tout ça c'est des bonus c'est des choses que bien sûr on entend rêver mais c'est parti finalement d'une progression naturelle on n'a pas forcé les choses

SPEAKER_00

c'est vrai que ça a été une suite plutôt logique ça a été vachement fluide et en fait il y a ce côté où chacun de notre côté on avait déjà tout un passif sur les bivouacs neige et en fait même la montagne de manière générale ça a pris une première tempête monter la tente en plein vent des trucs comme ça on s'est dit mais du coup avec ce package est-ce qu'on peut pas aller un peu plus loin et c'est là où justement Flavien il a trouvé ce désert et ça c'est devenu une obsession pour lui je crois et il nous a vendu le projet comme ça on s'est dit bon c'est un peu une idée de merde mais vas-y ça part de là tu vois– Sous-titrage FR 2021

SPEAKER_03

Bon, Flavien, c'était quoi cette idée-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Écoute, je cherchais un truc à faire. Je vais sur Google, sur Google Earth. Je regarde un petit peu les endroits. Au début, je repère de mémoire, c'était en France, c'était le Vercors, un truc comme ça, mais ce n'était pas assez loin et ce n'était pas assez unique. Ça a été fait beaucoup de fois. On voulait faire un truc qui n'a pas été vraiment fait. Du coup, je monte la carte dans le nord, dans le nord, et là, je vois la Suède le plus gros parc, le plus gros désert de glace d'Europe donc déjà ça s'interpelle le plus gros désert de glace d'Europe ça a l'air cool, du coup on a zoomé dans l'image et on a vu des montagnes vierges vraiment de fou et on s'est dit putain c'est là qu'il faut qu'on aille vraiment et en plus le niveau logistique c'était pas très compliqué, il fallait prendre un train de nuit et un bus, et un avion aussi mais en soi c'était pas l'autre bout du monde non plus c'était en Europe donc assez petit budget pour le début et assez simple niveau logistique donc c'était tout était coché, il n'y avait plus qu'à partir et à se préparer.

SPEAKER_00

On est un peu parti comme des

SPEAKER_03

clodos, en toute honnêteté. On est parti là. C'est vrai. Quand tu pars en expédition polaire, normalement, tu as un harnais pour tirer le traîneau. Là, on n'avait pas assez de thunes pour acheter un harnais, ça coûte assez cher. Du coup, on avait pris des bauderies d'escades qu'on avait foutues à l'envers et qu'on avait rembourrées avec des petites mousses pour ne pas trop se niquer le bassin. Mais ça ne servait pas à grand-chose. Au bout de 4 jours, on avait les bassins tout rouges, vraiment de plein de marques. Thomas, pour la La première fois, il a choisi ses skis de rando là-bas. Il n'en avait jamais fait avant. On est parti à l'arrache, mais ça nous a permis de faire des erreurs et d'apprendre beaucoup aussi sur tout ça,

SPEAKER_04

sur les choses à ne pas faire. Et ça, en Suède, c'était où

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

C'était le parc du Sarek ou dans ce coin-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On est dans le coin du parc du Sarek, effectivement.

SPEAKER_04

Ok. Donc, sur les traces du Kungsleden ou pas du tout

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, on est un peu à côté de la Kungsleden. La Kungsleden, elle compte tourner les massifs de montagne nous on passe en plein milieu on veut absolument aller au milieu des montagnes

SPEAKER_00

trop bien Et d'ailleurs, petite anecdote, justement, quand on voyait les montagnes sur Google Maps, on s'est dit, ouais, trop bien, on va passer par-ci, par-là et tout, trop bien, les grandes vallées. Sauf que, en fait, nous, quand on y était, on commençait à marcher, on s'est dit, ok, la montagne, elle est devant, c'est là, après, on tourne à droite dans la vallée. Et après, 8 heures de marche, la montagne, elle n'a pas bougé, en fait. Et là, on s'est dit, mais c'est quoi ce bordel

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, les distances sont tellement énormes dans des paysages où tu n'as aucun repère visuel. C'est-à-dire que tu n'as pas d'arbre. Quand tu vois un arbre, c'est une échelle. Quand tu vois une maison, c'est une échelle. Sauf que en fait, tu as des paysages qui sont en noir et blanc et tu n'as vraiment rien. Donc, en fait, tu marches, tu marches, mais c'est un truc de fou. Tu passes la journée entière à marcher, ça n'a pas bougé. On s'est dit, en fait, non, pour aller, pour tourner à droite dans la vallée, en fait, c'est trois jours.

SPEAKER_04

C'est vrai que j'ai le souvenir, j'avais fait la partie nord du Kungsleden et j'ai le souvenir, c'est vrai, de grandes étendues. Bon, moi, c'était en été, donc visuellement, déjà, ce n'est pas pareil. Tu vois, tu as des taches vertes à pas mal d'endroits, il y a de l'eau qui coule, il y a de l'eau partout mais ouais j'imagine bien qu'en hiver ça doit être un peu déboussolant

SPEAKER_02

ce genre de t'as pas beaucoup de repères mais à défaut d'avoir des repères il n'y a

SPEAKER_04

pas de moustiques ça c'est cool ouais ça c'est cool ouais ça c'est cool clairement ok donc premier expé j'ai l'impression qu'il s'organise enfin qu'il s'organise mais qu'il se déroule un petit peu avec les moyens du bord d'un point de vue donc 18 jours c'est ça au total d'un point de vue logistique vous étiez organisé comment chacun avait sa poule caf sa petite peluche attracté, où il y en avait une pour trois, c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On avait chacun une pulka qui faisait environ 60 à 70 kilos au départ. Il y avait déjà un peu de matériel vidéo, parce qu'il y avait déjà cette volonté à ce moment-là de faire un film. On avait les deux gars, Flav et Thomas, qui venaient de terminer Drop It, un film sur le base et l'Europe. Et à ce moment-là, on avait envie de filmer une aventure qu'on faisait nous. Donc il y avait déjà cette volonté de partir avec le matériel, de faire de la photographie. Thomas était déjà un photographe à ce moment-là.

UNKNOWN

Et

SPEAKER_02

en fait ce qui s'est passé pour vraiment la logistique c'est qu'on a on a discuté ensemble on s'est dit bah moi j'ai 3000 sur mon compte moi j'ai 1005 et moi j'ai 1005 viens on met tout au milieu et on fait ce qu'on peut au maximum on est revenu de ces 18 jours on avait plus rien on savait vraiment pas comment payer notre loyer ou acheter à manger au final on a réglé cette question en 15 jours donc ça a confirmé la démarche on va dire on s'est dit bon c'est pas grave si on On met tout, on met un all-in sur quelque chose qui ne rapporte rien parce que derrière, on est des brouillards. On va retrouver des solutions pour vivre après. Et ça a été un déclic. 18 jours, c'était aussi une durée qui nous paraissait raisonnable parce qu'on sait qu'en 18 jours, il peut se passer des choses et on peut avoir de la casse sans que ce soit fatal. On est dans une zone où c'est encore acceptable. Quand tu fais plus de 18 jours, tu as très vite fait d'aller dans des zones beaucoup plus reculées où ça devient un peu plus chaud. Donc, tout était calculé, on va dire, calculé. avec de gros guillemets de manière à pas trop se mettre en danger à réduire les coûts au maximum parce que le matériel coûtait extrêmement cher et comme c'est une première expédition il a fallu trouver tout le matériel par exemple les skis moi j'ai fait l'intégralité avec des skis alpins sur lesquels j'ai monté des fixes de rando que j'ai trouvé à moins 80% le truc ça marchait pas c'était c'était pas efficace il y avait rien de performant dans

SPEAKER_03

cette

SPEAKER_02

expédition t'as vu

SPEAKER_03

t'as fait

SPEAKER_02

ça j'avais oublié j'avais oublié j'ai toujours mes skis alpins avec les fixes de rando dessus que j'ai jamais réutilisé derrière parce qu'on a eu la chance d'être soutenu par la suite par de grandes marques qui ont pu nous équiper mais là la première fois on avait 4 mini sponsors qu'on a mis en avant vraiment parce qu'on était très heureux d'être aidé mais très honnêtement

SPEAKER_04

on s'est aidé nous-mêmes on s'est vraiment aidé tout seul et sur les 18 jours du coup est-ce que donc c'était la première fois même si vous aviez déjà fait des bivouacs donc quand vous parliez des bivouacs le week-end dans la neige c'était autour de Nice

SPEAKER_03

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

ouais dans la hauteur ouais ok il y a quand même des stations ski là-haut et l'hiver il y a quand même pas mal de neige ouais et si tu roules 1h30 1h45 de Nice t'arrives dans les montagnes donc il y a un gros terrain de jeu

SPEAKER_04

d'ailleurs

SPEAKER_00

la Vésubie etc bah t'as le sommet à 2000-2005 et en fait quand t'es dans cette fenêtre là du coup y'a plus d'arbres déjà tu

SPEAKER_04

vois

SPEAKER_00

ouais donc t'as pas de feu donc tu peux déjà t'entraîner à faire un igloo être sur une crête qui peut être en plein vent mine de rien en fait on arrive à trouver des conditions qui sont quand même vachement bien pour s'entraîner là dans les Alpes du Sud quoi

SPEAKER_04

ok ok ok donc ça c'était l'expérience que vous aviez Alpes du Sud mais quand vous arrivez là en Suède sur cette première expé avec les moyens du port euh est-ce qu'à un moment donné enfin comment ça s'est passé individuellement c'est-à-dire est-ce qu'à un moment donné vous vous êtes dit qu'est-ce qu'on fout là ça va être méga tendu on n'a pas le matos qu'il faut la préparation on a fait ce qu'on a pu mais en fait la réalité est peut-être un peu différente est-ce qu'il y a eu ce genre de moment un peu what the fuck on arrête

SPEAKER_02

tout l'intégralité des questions que tu viens de proposer nous ont traversé la tête dès les trois premiers jours mais la totalité on a eu les premières cases de matériel dans les premières heures on a eu les premières frayeurs dans les premières heures jour enfin on spoil pas tout le film puisqu'il y a le film qui raconte l'histoire mais grosso modo au début on a failli abandonner il y avait tout qui était réuni pour se dire bon là on a peut-être visé trop haut et il y a une montée il y a beaucoup de collines il y a beaucoup d'arbres au début en fait parce qu'on part pas de on part pas d'une plaine glacée en fait il a fallu la rejoindre cette plaine glacée et là ça c'était extrêmement dur mentalement les poules cassées sont très lourdes c'est la première fois qu'on à des moins 30 degrés de notre vie, on découvre qu'il y a des matériaux qui cassent naturellement, ils passent en transition vitreuse et ça devient un morceau de verre. Donc tu tires dessus, ça éclate. Vraiment, on a eu beaucoup

SPEAKER_00

de surprises. Flav, justement, dans le film, tu disais, qu'est-ce

SPEAKER_03

qu'on se fout là

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

En fait, les trois premiers jours, comme dit Vincent, pour un peu expliquer, on va spoiler un petit peu quand même. En gros, le bus nous dépose et il faut il faut rejoindre le plateau qui est un peu plus haut, enfin, beaucoup plus haut. Et du coup, forcément, tu as une montée et c'est une montée avec des arbres, avec de la neige profonde, avec des pieds, plein de petites collines à gravir. Quand tu as un traîneau qui pèse 70 kilos ou 80 kilos au début, c'est très compliqué de progresser là-dedans. Je crois qu'on avait mis 8 heures pour faire 2 kilomètres, un truc comme ça. Ah oui. Donc, dès le début, pour une toute première, on s'est dit, enfin, moi, le soir, je me rappelle, j'ai dit, mais franchement, qu'est-ce qu'on fout là

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

À galérer là, on s'est mal rancé ce n'est pas possible, ce n'est pas le bon chemin. Du coup, on se posait 36 000 questions. Et après, bon, là, je ne vais pas spoiler, mais du coup, on arrive à sortir de là-dedans. Et une fois qu'on est là-haut, ce n'est pas du bonheur. Mais c'est vrai qu'au tout début, ça en plus, les corps, les trois premiers jours, les corps ne sont pas du tout habitués. En général, il te faut trois jours pour t'acclimater un minimum, puis 15 jours pour être à 100% acclimaté à peu près. Mais dès le début, c'était violent et c'était même décourageant au début.

SPEAKER_00

c'est vrai que c'était décourageant et tout mais moi je me souviens que j'avais ce mindset où je me suis dit mais en fait aujourd'hui on regarde cette expédition cette première comme étant mignonne aujourd'hui tu vois parce qu'on a grandi on a fait des trucs énervés mais c'est 18 jours à l'époque donc en 2019 là c'est l'aventure de notre vie mec genre moi je me souviens je venais un an un an plus tôt j'ai eu un drame vraiment hard dans ma vie tu vois et je me suis dit un truc comme ça il faut le vivre à mille et là je me souviens on est parti là juste à 3 et pas équipé ou peu tu vois sans guide et ouais on s'est pris des raclées dans la gueule mais putain moi je me souviens j'avais ce frisson de une tornade d'émotion tu vois déjà t'es en arctique putain de merde c'est incroyable tu prends le froid qui te brûle la gueule tu vois ça te pique les joues ça te pique les doigts et du coup c'est des sensations vachement nouvelles tu dis c'est incroyable il y a ça puis ouais on est que trois en fait c'est un vrai sentiment d'aventure tu vois c'est la première fois c'est la première fois qu'on sort vrai de notre zone de confort et c'est un frisson permanent tu vois donc évidemment tu vois très vite on se confronte à de l'adversité on se dit putain on est des branleurs on arrive là-dedans la carte il y avait très peu de data tu vois donc on s'est dit ouais ici on va passer ça va être tranquille mon cul ouais on est arrivé il y avait des rochers de tarés avec des collines des creux moi ma poule K faisait que se retourner c'était le rage quit quoi donc franchement on s'est pris une fessée au début et puis en fait c'est là que très vite est arrivé l'esprit d'équipe tu vois très vite on s'est dit bah allez on tente et je me tiens bah non je vais pas spoiler mais il y avait une petite astuce on a réussi à trouver une solution sur comment s'orienter sur l'OTA quoi et puis après voilà après il y a eu la récompense on a réussi à atteindre cet objectif des grandes plaines et là on s'est dit hé là les gars c'est parti quoi là c'est putain là ça te prend au trip tu dis putain t'es dans les grandes vallées c'est immense il fait un froid de ouf et il y a que toi c'est en fait cette sensation d'être à poil tu vois on est 3 mais on est seul on est coupé de tout, on n'a pas de communication, le seul truc qu'on a, c'est une petite balise de merde, et c'est tout. Et c'est un sentiment de liberté. C'est une belle première fois.

SPEAKER_04

Du coup, à trois, dans l'adversité, là, sur les premiers jours, ça se passe comment, la relation

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Parce que c'était assez frais, quand même.

SPEAKER_02

On s'écoute beaucoup. Je pense, à ce moment-là, on se laisse beaucoup de temps de parole, d'écoute. Et je pense qu'on a ça en nous, tous les trois. S'il y en a un de nous trois seulement qui a de l'énergie positive à partager. On va la prendre sans remplir au maximum et essayer de... Là, à ce moment-là, par exemple, au début, c'est Thomas qui avait la rage d'y arriver. Je pense qu'il a insufflé en Flavien et moi un sentiment de... OK, c'est all-in. On y va. On tente. Et dans le pire des cas, on... on sait que si on se loupe, on n'aura pas le temps de traverser le désert, donc ce sera un meilleur tour. Et on a pris ce risque-là sur l'impulsion vraiment de cette good vibe qu'en fait, il suffit juste que l'un de nous trois soit positif. Ça fonctionne. Parce qu'on se laisse du temps d'écoute et du temps de parole, du temps de conversation, je pense.

SPEAKER_04

Ça, vous l'aviez défini en amont ou c'est quelque chose qui naturellement s'est mis en

SPEAKER_03

place avec vos personnalités

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Naturellement, ça. Avec Vincent, on se connaît depuis très longtemps, donc on sait un petit peu comment gérer. On a vécu, on a fait un 18 jours du coup on se connaissait quand même dans nos retranchements tu vois dans les passages un peu difficiles on sait comment on réagit avec Thomas c'est différent parce qu'on ne se connaissait pas depuis très longtemps donc c'était un peu l'inconnu mais finalement ça s'est fait vraiment naturellement et puis ça s'est très bien passé et puis voilà c'était

SPEAKER_04

nickel le sentiment à l'arrivée du coup de ces 18 jours votre premier XP Arctic Fools officiel on va dire ça a été quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

envie de repartir

SPEAKER_04

c'est vrai direct super Est-ce que vous étiez, dans les derniers jours, déjà en train d'imaginer la prochaine XP

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Tu étais encore dans ton XP, mais tu étais déjà en train de te dire, là, c'était tellement lourd, il faut repartir, je pourrais aller là-bas, faire ci, faire

SPEAKER_02

ça. Alors, en quelque sorte, oui, totalement. Mais peut-être pas en rêvant d'autres endroits. Là, pour le coup, on faisait le bilan des conneries qu'on avait faites. Et de toutes les erreurs techniques, les problèmes de choix, les problèmes de… de matériel de manière globale ou de rythme en fait parce qu'il y a des pratiques en fait qui sont bonnes et il y a des pratiques qui sont moins bonnes et il y en a d'autres qui sont carrément dangereuses et on a eu un peu toutes ces erreurs et donc il y a eu un bilan en fait très rapide à la fin sur les derniers jours qui dit bon ça il faut qu'on trouve une solution ça il faut qu'on trouve une solution on s'est mis à faire une liste énorme et je pense que cette liste elle était là justement parce qu'on savait qu'on allait repartir donc on savait qu'on allait repartir à ce moment là et on a beaucoup appris on a l'habitude de dire si on souffre pendant une expédition s'il y a plein de choses qui se passent mal en fait c'est de l'apprentissage on apprend et quand tout se passe bien on apprend rien et c'est ce qui s'est passé à la deuxième expédition du coup on n'a rien appris rien du tout c'est vrai tout s'est trop bien passé on n'a rien

SPEAKER_04

appris du tout bon alors attends on va enchaîner sur la deuxième mais peut-être sur cette première de manière individuelle peut-être en commençant par Flavien ça a été quoi tu dirais l'apprentissage toi perso que t'en as retiré

SPEAKER_03

moi c'était le la découverte de mes capacités et donc savoir un petit peu qu'est-ce que je peux endurer qu'est-ce que je peux gérer donc le froid moi je ne me connaissais pas par les températures aussi extrêmes je ne savais pas comment j'allais gérer ça même si j'avais fait des bivouacs dans les Alpes c'était pas non plus pareil donc ça c'est très bien passé finalement à la base je suis un frileux moi je suis à Nice donc je suis frileux de base mais bon avec un bon équipement et un peu d'expérience finalement, on apprend à supporter ça, on l'accepte. Du coup, la résilience au froid, la résilience à l'effort aussi. Parce que tirer un traîneau sur des centaines de kilomètres qui fait 80 kilos, pareil, je n'ai jamais fait. Du coup, je ne savais pas comment j'allais gérer ça. Et du coup, c'est un peu une sortie de zone de confort. C'est un apprentissage vraiment... Moi, c'était vraiment personnel parce que j'ai... J'ai réussi à avoir plus de confiance en moi, en ce que je fais, en ce que je suis capable de faire. C'est une prise de conscience là-dessus et un apprentissage grave sur ma capacité à tout ça. C'est ça, cette motive à poursuivre.

SPEAKER_04

Et toi Thomas, par rapport à ce que tu expliquais, cette rage de vivre le truc à 100% du fait de l'expérience que tu avais vécue un peu de temps avant, tu es arrivé à la fin dans quel état d'esprit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Que la vie est belle et pleine de surprises. Et qu'il y a... En fait, ce qui compte, c'est une phrase que j'aime beaucoup, mais ce qui compte dans la vie, ce n'est pas ce qui t'arrive, c'est ce que tu en fais. Donc, soit tu laisses ces choses te bouffer et tu te fais du mal et tu te mets dans un cercle où finalement, tu te fais encore plus de mal et tu ne t'en sors pas. Ou alors, tu essaies de le cristalliser sur quelque chose de bon, de meilleur et dire que de toute façon, tu as un temps de vie, tu vas crever. Donc, qu'est-ce que tu fais de ce temps-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, je me suis dit, il n'y a pas le temps d'être triste. Oui, il faut, par moment, justement, décharger mais il faut pas se laisser engloutir par ça tu vois et puis après ça a été je pense moi mon grand enseignement de cette première expédition c'est surtout je suis capable de faire tout ce que je veux tout ce que je veux entreprendre tout ce que tout ce dans quoi j'ai envie de mettre de l'énergie moi à l'école on m'a fait comprendre que j'étais un teubé tu vois on me fait comprendre que j'étais débile et du coup en fait ça te marque ça tu vois même à cette première expédition. Il y a ce truc où déjà, je doute un petit peu de moi. Mon entourage... me fait encore plus douter. Je me fais presque rabaisser, tu vois. Et en fait, je me suis dit, mais en fait, il faut arrêter d'écouter la peur des gens. Il faut arrêter d'écouter la jalousie des gens. Il faut s'écouter soi, ses tripes. Qu'est-ce que tu as envie de faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai envie de faire ça. Ok, il y a une liste de problèmes de fous à régler, mais si tu regardes autour de toi, il y a des gars, ils y arrivent. Alors, il faut se dire, mais ce mec-là, ce n'est pas Superman. C'est un gars comme toi. Il chie, il a des peurs, tu vois. Et il faut se dire, si lui y arrive, moi, je vais y arriver. Si un gars monte sa boîte en vidéo, moi, je peux y arriver. Si lui part en article, moi, je peux y arriver. Et c'est toujours ce truc de déconstruire des murs, en fait. Déconstruire des murs, et je pense que ça a été vraiment le truc où je me suis dit, je vais m'écouter, moi, et je vais arrêter d'écouter des gens qui ne sont pas forcément légitimes. Mais c'est là où il faut quand même mettre une nuance où, bien sûr, il y a de la bienveillance, tu vois, quand on essaie de te retenir ou autre, mais il faut avoir un bon radar là-dessus entre les personnes qui vont vraiment essayer de te freiner et les personnes qui ont la peur des autres et puis ceux qui sont bienveillants et qui vont te pousser vers l'eau mais voilà je pense que c'est l'enseignement

SPEAKER_04

Vincent pour toi ça a été aussi une espèce de méga boost de confiance en soi

SPEAKER_02

totalement notamment des avis de l'addiction j'ai consommé de la drogue pendant quelques années dans le début de ma majorité et j'ai eu des grosses difficultés à m'en défaire et là-bas c'est un sevrage général en fait il n'y a pas que tes consommations là-bas c'est un sevrage de la société tu quittes totalement un contexte et tu te retrouves seul avec toi et tes potes donc ça c'est la chance de cette aventure de la partager avec ces deux gars mais même si on est trois comme le dit Thomas très bien aussi on est très seul et le sevrage il est vraiment total il n'y a plus aucun repère sociétal qui survit là-bas et je pense que c'est ça j'ai appris à me rencontrer moi avant avant toute autre chose ouais

SPEAKER_04

ça donne envie de partir je reviens d'une expé en Norvège alors qui était beaucoup moins déconnecté je pense que ce que vous avez vécu mais on était sur un bateau viking avec un groupe qui s'appelle les bâtards ils font un bateau ils construisent un drakkar viking à Toulouse pour aller à New York en 2025 c'est un gros gros délire c'est des bons frappés et donc là ils ont organisé une expé je vous la fais très courte mais ils ont organisé une expé avec un bateau qu'ils ont déjà construit qui s'appelle le Fir qui fait 12 mètres et donc ça a une expé ils sont partis des Lofoten jusqu'à Bergen et donc moi je les ai rejoints sur la dernière semaine et en fait moi j'ai eu j'ai vécu exactement ce que tu décris Vincent tu vois ce sentiment de déconnexion alors qu'on était quand même très connecté dans les faits on avait des téléphones il y avait du réseau partout en Norvège on a dormi dans des ports régulièrement donc on était connecté mais même si t'es entouré tu vois finalement de plein de rappels que la société est là bah en fait tu laisses tes problèmes de côté t'as plus le truc du quotidien la routine tu vois les sollicitations etc parce que les gens savent que t'es loin et ça fait tellement du bien donc je pense moi c'était que 7 jours donc je pense que 18 ça doit être comme tu dis le sevrage il doit faire tellement

SPEAKER_02

plaisir 18 c'est extraordinaire 40 ça fait mal quand tu reprends la société dans la

SPEAKER_04

gueule à la fin c'est douloureux ça fait la transition du coup 40 c'était la

SPEAKER_02

deuxième deuxième 35 36 la deuxième et 40 la troisième

SPEAKER_04

J'avais une question sur le retour post-expert, mais on va plutôt en parler sur les deux suivantes. Celle qui s'est super bien passée au final où il n'y a pas eu d'apprentissage, c'était où

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On est de nouveau en Laponie. Pour la petite histoire, on doit aller au Svalbard à ce moment-là. On est en pleine crise sanitaire et on a tellement poussé pour aller au Svalbard qu'on a fini par essayer de passer par les ambassades. Le gouverneur du Svalbard n'a pas du tout aimé et il nous a fait une petite lettre. où il y avait nos trois noms et prénoms dessus, qui nous a dit, ne sont pas les bienvenus au Svalbard. Donc, 12 jours avant le départ, plan B. Donc, on a organisé une expédition en 12 jours. Et au début, on a cru qu'on allait l'appeler la Lucky Expédition ou l'expédition de la chance, parce que tout s'est passé de manière incroyable. Premier fait, on arrive à l'aéroport, on a 19 bagages supplémentaires, et le TPE pour... Pour facturer, les bagages supplémentaires ne marchent pas. Donc, on nous a fait cadeau de 850 euros de bagages supplémentaires.

UNKNOWN

Mais non.

SPEAKER_02

C'est ça. Jour 1, 850 euros cadeau de bagages supplémentaires. Et tout le long de l'expédition, ça a été ça.

SPEAKER_03

On avait fait une liste de choses comme ça. Je n'ai plus la liste, mais il y a plein de trucs, même des petits trucs. Et tu te dis, putain, ça, plus ça, plus ça. À la fin, c'est clair que c'était une aventure avec de la chance. Tout du début

SPEAKER_02

à la fin. Pour juste répondre à la question, on est partis où

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

La

SPEAKER_03

ponie sur deux encore une fois c'était le Sarek encore comme la première fois sauf que cette fois on fait 33 jours je crois donc on a plus de temps et du coup on se dit on fait le Sarek mais on fait aussi le Pajalanta qui est un parc qui est collé au Sarek et on fait une grosse boucle de je crois que c'était 300 kilomètres à peu près donc voilà c'est pas énorme non plus mais le but c'est pas de faire un record de distance et le but c'est de rester le plus longtemps possible et de profiter à fond du ski de rando de la descente des sommets des choses comme ça de profiter un petit peu donc c'était une expédition un peu vacances finalement parce que tout s'est bien passé il a fait beau tout le temps enfin non il n'a pas fait beau tout le temps mais ce n'était pas très difficile niveau conditions

SPEAKER_00

tout était bien je me souviens quand même qu'au tout début on rappelait sur les 18 premiers jours on a quand même pris 16 jours de tempête c'est vrai 16 jours de tempête en fait

SPEAKER_04

Flavien

SPEAKER_00

mémoire sélective non mais c'est vrai que même nous aujourd'hui on l'imprime comme étant quelque chose où tout s'est bien passé ça a été facile mais c'est vrai qu'on avait déjà une expédition dans les pattes là c'est vrai qu'on a pris quand même 16 jours de tempête au début

SPEAKER_02

ça aurait été la première expédition je pense que ça aurait été très compliqué et niveau dénivelé aussi on s'est mis beaucoup de dénivelé je connais plus les chiffres donc je veux pas dire de bêtises mais avec des poules K c'était beaucoup

SPEAKER_00

beaucoup de dénivelé C'était 3.800 ou 4.000, je crois.

SPEAKER_03

Un truc comme ça. Il faut préciser que les Poulkas, la première, elle faisait 80 kg. Là, on est passé à 130 kg chacun. Donc, ce n'est pas pareil. Mais le matos a évolué. Cette fois-ci, on a des harnais. On n'a plus des baudriers d'escalade. On a des harnais. On a une tente beaucoup plus grande, donc plus de confort. On a des Poulkas avec des vrais sacs Poulkas. On n'a plus des sacs de feuille

SPEAKER_02

Décathlon. Qui sont très bien, ceux-ci. Les sacs de feuille, c'est juste... juste qu'on en mettait plein donc

SPEAKER_03

des fois on en perdait un ouais voilà c'est direct donc on a fait un petit level up sur le matos tout était réuni donc on était très bien mais

SPEAKER_04

alors attendez pardon Flavien excuse moi vas-y

SPEAKER_03

non non je disais juste que vous savez qu'on a quand même eu beaucoup de tempêtes dès le début mais c'était pas non plus des tempêtes atroces ouais donc finalement

SPEAKER_04

ça allait mais alors là ma question ça allait être côté logistique 30 jours cette fois-ci vous l'avez vous aviez tous sur vous là aussi, côté bouffe,

SPEAKER_02

etc. Ah ouais, vous avez 30

SPEAKER_04

jours de bouffe sur

SPEAKER_02

vous. On est toujours parti en totale autonomie avec zéro ravitaillement jusqu'à présent. Finalement, la nourriture, c'est un bon tiers du poids de notre poule K. Et le reste, il y a une bonne partie, c'est de l'essence aussi pour faire tourner le réchaud. Déjà, j'en profite, je viens de mentionner le mot réchaud. Le réchaud, c'est l'accessoire le plus indispensable quand tu es au milieu de la neige, qu'il n'y a pas d'arbre, qu'il n'y a rien. Il n'y a que ça pour t'alimenter en eau. Et première expédition, on part avec un seul réchaud. Et il est tombé en panne le 18ème jour. Impossible de le redémarrer. Donc du coup, il a tenu 18 jours. Donc deuxième expédition, on sait qu'on part deux fois plus longtemps. On a pris trois réchauds cette fois. Et on voulait être sûr que ça ne lâche pas. Et la quantité d'essence, pareil, elle doit être proportionnelle. En fait, finalement, c'est le seul impact carbone qu'on a là-bas, une fois sur place, c'est l'essence du

SPEAKER_00

réchaud. C'est vrai que du coup, le côté... bouffe, c'est vrai qu'on se donne ce côté, très souvent on entend en autonomie et tout ça des expéditions mais souvent c'est pas totalement en autonomie parce que il y a un ravito qui est mis quelque part c'est à dire qu'il y a quelqu'un, tu payes quelqu'un qui prend une motoneige, qui va amener ta caisse à tel endroit et il faut revenir à cet endroit là, c'est déjà tout balisé, mais nous justement on est dans cette optique d'exploration et de liberté totale et de vraie autonomie, c'est à dire qu'on a vraiment tout sur nous et si on veut changer de route, on change de route, on peut faire tout ce qu'on veut, c'est ce qui s'est passé à Arctic Falls il y a un moment, la saison 1 la deuxième expédition pour mettre dans le contexte il y a un moment où justement on avait la possibilité de faire un détour pour croiser des samis donc les samis c'est les locaux et en fait on avait la liberté de le faire, on n'était pas à se dire merde on a que 3 jours de bouffe, il faut qu'on aille chercher la truc, donc ça c'est trop bien c'est

SPEAKER_03

génial de partir en autonomie c'est une forme de liberté donc c'est super important pour nous et puis au début on est lourd puis après pour se rassurer on se dit ouais mais plus on avance dans le temps plus ça va se s'alléger donc c'est aussi rassurant là dessus c'est vrai qu'en plus nous quand on parle de la bouffe on prend beaucoup de petits plaisirs c'est important on prend des M&M's on prend du Genepi on prend du chocolat du grouillard râpé enfin du saucisson bref beaucoup de choses non essentielles entre guillemets quand tu pars en expé si tu veux faire de la performance mais nous la performance on en a rien à foutre clairement enfin en tout cas pour l'instant pour ces expéditions là on s'en fout complet du coup nous ce qu'on veut c'est partir en expédition profiter passer du bon temps entre potes et manger du saucisson le soir

SPEAKER_04

très bien génial ok donc là 30 jours donc gros morceau j'ai la carte là de la Suède sous les yeux donc le parc du Pas-de-Gélantin en fait vous êtes allé jusqu'à la frontière de la Norvège Oui,

SPEAKER_02

on était à peut-être 10 bornes de la Norvège, peut-être même moins par moment. On a remonté par la Norvège et on est redescendu en traversant le

SPEAKER_04

Sarek. Bien haut, dans le cercle arctique, toujours. Et ça, c'était à quelle saison d'ailleurs

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Là, on est au mois de mars et avril. On a fini en avril, on a commencé en

SPEAKER_03

mars. Non, la deuxième,

SPEAKER_02

c'était avril-mai. On a fini en

SPEAKER_00

mai

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

a

SPEAKER_04

fini en

SPEAKER_00

mai t'es sûr

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non

SPEAKER_04

on est parti le 1er avril non

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

c'est à Svalbard on s'y perd trop d'exp ok donc une période où il faisait encore bien froid déception du coup qu'il n'y ait pas eu de galère pendant l'exp pas d'apprentissage par rapport par exemple à la première

SPEAKER_02

pas du tout déçu au contraire tout est parti de là ça nous a donné l'espace dans nos têtes d'imaginer toute forme de connerie qu'on puisse faire là-bas ils ont fait de la luge avec les pulcas on a construit des trucs un peu stupides dans la neige on a fait de la wing d'ailleurs on était à ce moment-là les premiers au monde à utiliser une wing pour faire de l'expé polaire les wing tu vois ce que c'est c'est pas les kites c'est des petites ailes c'est un peu le bébé entre une planche à voile et un kitesurf nous du coup on détourne ça pour l'utiliser dans l'Arctique

SPEAKER_04

dans les wings C'est-à-dire que tu tiens direct à la main, sans filin, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Exactement. D'accord, ok. Et ça marche avec une poule K, avec le poids

SPEAKER_02

qu'il y a

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça marche en plus. Ça ne marche

SPEAKER_00

pas vraiment. Sans le traîneau, ça bombarde. Ah ouais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Sur les lacs gelés, ça bombardait. Avec du vent 90, là. Parce que du coup, je ne sais plus, c'est toi, Flav ou Vincent, je ne sais plus, qui ont contacté la marque. Et la marque, ils ont dit, mais les gars, vous êtes au courant que c'est pour les feuilles, c'est pour aller dans l'eau. Et on a dit, bah ouais, mais... Si ça glisse sur l'eau, théoriquement, ça glisse avec des skis. Ok, il vous en faut combien

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Trois

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ok, c'est parti.

UNKNOWN

Énorme!

SPEAKER_00

Ce n'est pas un des premiers idiots à faire ça. Aujourd'hui, c'est difficile de faire une première. Tout a déjà

SPEAKER_04

été

SPEAKER_00

fait.

SPEAKER_04

Oui, c'est vrai. Comment vous les approchez d'ailleurs, les marques

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

La première XP, quatre sponsors. J'imagine que vous n'aviez pas encore grand-chose à montrer, mais au fur et à mesure que vous engagez l'expérience, comment est-ce que vous arrivez à vendre ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

Qu'est-ce qui intéresse ces marques dans Arctic

SPEAKER_02

Fools

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Au début, ça a été lent et compliqué, comme tu le dis, en manquant de contenu. Nous, Flavien et moi, on avait déjà Objectif Mercantour, un film sur le Mercantour qu'on a tourné en 2015, du coup, quand on a fait... 2017. Quand on a fait le Mercantour, et qui est sur YouTube, et c'était notre seule vitrine. Après, par contre, on a fait Hisoken, qui racontait la première expédition. Et il se trouve que nos deux films, donc Hisoken et Drop It, ont été achetés par Netflix. Et là, il y a eu un avant et un après. Du coup, nos premières demandes de sponsoring, c'était un peu compliqué, on a envoyé des dossiers extrêmement complets notre premier dossier il a fait 54 pages, on allait chiffrer notre impact carbone par exemple jusqu'à l'impact du réchaud pour ça je vous parlais aussi tout à l'heure, on est vraiment allé très très loin dans le dossier et il y avait deux types de personnes, il y a celui que tu sais qu'il a pas lu les 54 pages et en même temps c'est compliqué d'attendre ça de quelqu'un qui reçoit 10 dossiers par jour et t'as celui qui l'a lu celui qui l'a lu déjà c'est un mail de retour garanti et franchement c'est quasiment que des oui parce qu'ils ont jamais vu ça et à l'inverse du coup on s'est tiré une balle dans le pied parce que tous ceux qui avaient la flemme de lire le dossier finalement ils ont vu un énorme bois d'informations et ça a pas marché on a essayé de simplifier ça après on a un pote qui utilise des fiches juste une fiche c'est une feuille un pdf horizontal il y a tout dessus en résumé et on joignait le dossier avec au cas où et puis après il y a eu Netflix du coup dès que Netflix a acheté nos films, tu approches une marque, tu leur dis, voilà, nos films sont sur Netflix. Et ce qui a changé, c'est pas la quantité de oui, c'est la quantité de réponses. Chaque fois qu'on envoie un mail, il y a une réponse. Et ça, c'était nouveau. Et une réponse, c'est pas un non. Même s'il y a non dans la réponse, une réponse, c'est pas un non. Une réponse, c'est une réponse. Et du coup, c'est mort pour l'année d'après. On a même eu la chance de pouvoir faire des choix. Ou le cas de sponsors qui rentraient en concurrence, qui disaient du coup matché pas donc là on était très bien et très content et comme on leur offrait beaucoup de contrepartie et ça c'est très important quand t'as quelqu'un qui te soutient il faut vraiment le chouchouter nous même on l'a pas toujours fait au début et on a appris avec le temps vraiment que c'est quelque chose sur lequel il faut mettre une forme de priorité c'est important quand t'as quelqu'un qui te soutient de le remercier de la manière la plus complète possible on en faisait beaucoup plus en fait que ce qu'ils attendaient de nous et du coup je pense que le mot est passé que ça a circulé que ça nous a aidé après pour la suite et puis après on passe là maintenant sur des projets qui sont sur des chiffres beaucoup plus gros et du coup on cherche d'autres types de sponsors aujourd'hui donc on repart dans l'inconnu on repart un peu à zéro là on essaye de chercher des sponsors qui n'ont rien à faire que de produire ça sur Netflix ils s'en fichent mais qui voudraient du coup participer à ce genre de projet donc c'est toujours une aventure on a envoyé peut-être 4000 mails en 5 ans on a dû recevoir peut-être 500 réponses et en tout, on a dû avoir peut-être 50 oui. Voilà, c'est pour donner les rapports d'échelle. On a fait un calcul, clairement, entre 4000 mails et les demandes de sponsoring et un SMIC et je mets 200 euros de côté par mois, tu gagnes plus avec tes 200 euros de côté par mois. Donc, il faut vraiment se motiver, il faut se lever tôt et il faut envoyer tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Jamais laisser un mail sans réponse, c'est de l'acharnement.

SPEAKER_04

Tu mentionnes d'un super point euh euh Vincent sur la partie financement on m'a posé la question d'ailleurs récemment enfin on m'a suggéré de creuser un peu plus la partie finance en fait avec les gens qui font comme vous des expé du sport etc donc je vous pose la question une expé alors ça évolue parce que je pense que c'est assez clair que le format on va dire que vous vous montez en gamme au fil des expé mais par exemple celle de 30 jours donc la deuxième c'était quoi comme budget la troisième c'était quoi le delta et là maintenant vous vous préparez à quoi en

SPEAKER_02

fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Pour partir sur la première qu'on a fait vraiment avec le minimum parce que je pense que c'est une base minimale hors matériel vidéo parce que c'est pas de l'indispensable mais je pense qu'on est autour des 6 000 euros donc environ 2 000 par tête une fois que t'as rajouté le matériel vidéo on a dépassé on était presque aux 10 000 la deuxième qui était plus sérieuse et qui était équipée pour le coup donc on a pas fait on a pas choisi du matériel cheap en fait on a pas optimisé les coûts pour le matériel on a pris ce que les sponsors nous proposaient Et souvent, ils nous proposent le top du top. Et du coup, on tourne quand même aux alentours des 35, 40 000, logistique inclus. Et la dernière expédition au Svalbard, oui, pour trois, c'est vrai qu'il faut le préciser, et matériel vidéo inclus aussi, qu'on fait financer au mieux par les sponsors ou par les subventions. La troisième expédition, elle a coûté 68 000 euros. Et on n'a rien sorti de notre poche, pour le coup. Là, vraiment, on a réussi à faire financer 68 000 euros de d'équipement de matériel de logistique donc ça c'est c'est une très grande fierté aujourd'hui je pense pour nous de se dire on est parti 40 jours faire un truc incroyable dans l'Arctique tourner une saison complète d'une série qu'on adore pour lequel on a énormément d'espoir tout ça 100%

SPEAKER_00

financé c'est ouf c'est dingo ça le travail paye et du coup le prochain projet le gros fat on est plus sur

SPEAKER_02

des montants à 6

SPEAKER_04

chiffres donc ça ça monte en gamme ok c'est clair j'imagine un sentiment de fierté de ouf d'avoir réussi parce que la première XP c'était 2019 c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

et là la troisième c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

2022 c'est ouf c'est incroyable

SPEAKER_03

c'est vrai que quand on fait le recul maintenant on se dit qu'on a commencé la montagne avec Vincent en 2017 et c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

il y a 5-6 ans donc en 5-6 ans on a fait beaucoup on a fait trois expé, on a fait beaucoup, beaucoup de choses, on a fait des financements, on a fait, enfin, franchement, quand on prend le recul, on peut, franchement, moi, je suis fier de ce qu'on a fait et je pense que ça montre aussi un peu la passion qu'il y a derrière tout ça de continuer à faire des expéditions, des films et à trouver de l'argent. C'est bon. c'est pas facile ça aussi c'est vrai que

SPEAKER_02

t'as bien raison Loïc de le dire c'est une question importante et je pense effectivement que c'est bien d'en parler je pense que c'est un sujet qui est trop tabou entre aventuriers français mais c'est pas le cas à l'international c'est très français l'argent

SPEAKER_04

tabou ah ouais bah ça ouais je pense c'est culturel mais en tout cas franchement bravo et puis pour moi ça fait écho à ce que Thomas disait finalement c'est l'illustration par l'exemple que tout est possible que si on s'en donne les moyens on peut en 3 ans on peut se faire financer une XP à quasiment 100 000 euros bon évidemment c'est beaucoup de travail etc et puis voilà partir 30-40 jours on va en parler mais j'imagine que le retour c'est pas des vacances quoi ça se prépare ça se réalise et puis il faut digérer la suite mais c'est possible et vous l'avez fait sans être né à Chamonix sans avoir été à l'école des guides à 12 ans et je trouve ça je trouve ça méga méga

SPEAKER_00

inspirant dans tout ce travail qu'on fait aujourd'hui tu vois il y a quelques fois où il y a un petit mot qui nous a un petit peu hérité tu vas me dire putain l'instrument que vous faites vous avez de la chance non mon gars c'est pas de la chance mon gars c'est pas de la chance la chance ça se provoque ça se travaille c'est de la sueur c'est du doute c'est des échecs de ouf c'est se faire bouler et puis c'est des fois où ça win parce que tu lâches

SPEAKER_03

rien ouais mais je pense c'est un peu la même chose pour toi Loïc quand t'as créé ta boîte au début quand ça fonctionnait bien les gens ils devaient et de dire ouais putain t'as de la chance que ça fonctionne

SPEAKER_02

et tout bah non mec

SPEAKER_03

c'est pas de la chance c'est du boulot t'es acharné à faire un truc qui fonctionne donc c'est pas de la chance et c'est ce qu'on répète aussi aux gens qui nous disent ouais vous avez de la chance de

SPEAKER_02

partir bah

SPEAKER_03

non c'est pas

SPEAKER_02

de la chance la chance qu'on a c'est d'avoir grandi dans des milieux équilibrés qui nous ont laissé le temps et l'espace dans la tête tu vois de penser à ce genre d'aventure de se visualiser faire ça c'est sûr que si ta seule préoccupation c'est comment je vais manger demain t'as pas le temps de penser à ça et là on a de la chance là-dessus d'avoir peut-être d'être français peut-être d'avoir d'avoir eu une stabilité à un moment donné pour prendre le temps de penser à ce qu'on avait envie de faire nous au-delà de ça le reste c'est provoqué

SPEAKER_03

ouais après le après la chance entre guillemets qu'on avait par contre c'était juste que voilà nous on était on travaillait indépendant du coup on peut se permettre de partir plusieurs semaines comme ça c'est que

SPEAKER_02

quand même là encore c'est un choix c'est un choix ouais c'est un choix

SPEAKER_03

pour peu

SPEAKER_02

de salariés c'était ouais ouais Moi, j'avais un CDI avant de partir. J'ai juste quitté

SPEAKER_00

mon CDI. Rappelle-toi, premier expé, mec, on a tous les trois quitté notre emploi et on était tous les trois au chômage, mec. Non, je parlais pour la

SPEAKER_03

dernière,

SPEAKER_04

là. Ouais, mais même, tu vois, parce que ça veut dire qu'il faut que tu t'organises. Ton activité, tu l'as mis entre parenthèses, mais

SPEAKER_03

financièrement... Quand tu reviens d'expédition, c'est sûr qu'il faut mettre tout en route. C'est une logistique aussi à... c'est

SPEAKER_00

une exposition le retour au ciel c'est une violence c'est une violence de

SPEAKER_04

ouf parlons-en retour de la deuxième XP comment vous l'avez vécu donc l'XP se passe très bien si j'ai bien compris plein de choses se mettent en place de manière presque intervention divine mais le retour de 30 jours coupé du monde dans vos bulles

SPEAKER_03

ça donne quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

en plus il me semble que c'était la fin du troisième confinement je crois en plus quand on est parti il se confinait encore il me semble Donc là-dessus, c'est un coup de chance, pour le coup. Mais le retour, du coup, on n'avait pas parti aux Valbardes à cause du Covid. Et quand on est rentrés, on s'est qu'à se dire, OK, la prochaine expédition, on part aux Valbardes, il n'y a rien qui nous empêche de partir cette fois-ci, il n'y a pas de frontières fermées ou quoi. Du coup, on s'est direct refocus sur, déjà, le film, la série, mais aussi sur la logistique de la troisième expédition. Du coup, moi, je sais que j'ai eu moins de... souvenir du retour de celle-là que la troisième où c'était plus compliqué mais voilà donc franchement on rentre à la maison on est content on revoit nos femmes on revoit les proches on est content on redécouvre les photos vidéos mais c'est vrai que putain ça manque de ça manque tu te rends compte de tout t'es arrivé chez toi t'as de l'eau chaude t'as du chauffage t'as ton frigo t'as du confort t'as ton lit et c'est à ce moment-là que tu te rends vraiment compte de la chance que t'as au quotidien et c'est c'est super intéressant et pour celle-là en tout cas pour la deuxième expédition j'ai pas

SPEAKER_00

eu trop de mal à me remettre ok pour vous ça m'avait un peu affecté moi quand même je sais pas si vous vous rappelez les gars deuxième exp il restait quoi c'était le deuxième kilomètre ou quoi et carrément des des jacouilles des bêtes sauvages je te jure on a senti l'odeur du goudron à deux kilomètres je hume du béton Messire tu vois genre en gros c'était ça et après ouais c'était la violence du réseau tu sais en fait même de loin je pense qu'il restait genre 10 bornes comme ça et au loin on voyait un trait noir sur une colline et on faisait putain c'est un signe de civilisation bah c'est quoi c'est une antenne 4G et on a marché un peu et là t'allumes le téléphone et là bim bim bim bim bim bim bim tous les messages et tout c'est carnage tu vois on les a

SPEAKER_02

éteints très

SPEAKER_00

vite ouais on les a éteints tout de suite et on se dit non on est pas prêts on s'est protégés quand même

SPEAKER_03

on a fait

SPEAKER_02

en douceur c'était moi j'ai toujours le la crainte en fait du premier retour vers la société là on a fait une sortie en douceur on est arrivé dans un tout petit village qui s'appelle Gvikjok on a commencé à envisager de dormir dans un abribus finalement on a dormi dans un petit logement qui était disponible à côté tout simple tout basique le lendemain on dort à Djokmok qui est une capitale sami du coup en Suède là on a dormi dans la rue en mode SDF Donc, il y a eu un petit retour progressif. Mais la première fois qu'on arrive en France et qu'on reprend nos marques, qu'on remet les pieds dans un supermarché, qu'on entend notre première annonce publicitaire, c'est hardcore. En fait, on se rend compte qu'on est tellement soumis, par exemple, au marketing qu'on y est quasiment insensible. Mais quand on part là-bas, on se désensibilise, on va dire, de ce matraquage publicitaire qu'on subit au quotidien. Et la moindre annonce marketing, la moindre publicité, que ce soit même dans les couleurs, le son, la structure, les mots, ça nous agresse et ça nous saute au visage, vraiment. On s'en rend compte immédiatement. Moi, en tout cas, ça me heurte beaucoup. Je m'enferme. Paradoxalement, c'est fou, mais je m'enferme quand je rentre parce que l'extérieur me fait peur alors que je viens de passer plusieurs jours dehors et que je devrais être accro à l'extérieur et au bout de quelques jours je sens que pour ma santé mentale il faut absolument que je sorte que je reprenne un rythme normal et les gens me laissent pas le choix de façon là tout le monde te saute dessus tout ce que t'as laissé de côté pendant un mois ça te revient ça te revient et t'es obligé de traiter tout ça de traiter les 4000 mails que t'as laissé arriver sans que tu sois là de traiter tous les messages qu'on t'a laissé alors avant de partir on change bien nos messageries on fait des messages automatiques et tout pour que les gens ils insistent pas trop et que mais mais mais ça pèse quand même ça pèse beaucoup même et moi je sais que j'en souffre beaucoup à chaque retour je reviens et je sais que j'ai une à trois semaines la dernière expédition j'ai mis trois semaines vraiment et c'est pas c'est pas tant le c'est pas tant le fait de d'être de nouveau assailli on va dire par par l'extérieur par les demandes extérieures vraiment le truc qui me qui me heurte le plus c'est le marketing c'est vraiment la publicité c'est très très agressif et on s'en rend plus du tout compte alors je vais juste prolonger ce que disait Flavien sur l'eau chaude c'est même pas une histoire d'eau chaude c'est de l'eau liquide l'eau liquide c'est extraordinaire on s'en rend pas compte on a de l'eau liquide au robinet on tire de la chasse d'eau avec de l'eau liquide potable mais vraiment on a un niveau de confort et de vie dans notre quotidien qui est démentiel et ça t'as pas besoin de partir 3 semaines pour t'en rendre compte tu pars une semaine t'as pas d'eau liquide pendant une semaine tu reviens tu fais de l'eau liquide, double robinet, je peux mettre un verre en dessous. C'est vraiment fou. C'est fou. Donc, à la fois, on apprécie énormément tous les conforts. Parce que là, je t'assure que la première fois que je repose mon cul sur mon canapé, je fais« Waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

» T'es assis, mais comme nulle part ailleurs. Là-bas, t'es toujours en tailleur dans le froid. T'es jamais bien, tu vois. Donc ça, il y a les points positifs. Tu remets Netflix, tu fais« C'est incroyable

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

» Tout ce divertissement à portée de télécommande. Enfin, il y a des plus, tu vois. Et il y a aussi tout ce qui est douloureux. Tout ce qui est douloureux, c'est tout ce dont je parlais, le marketing et tout le... vie que tu as laissé en pause pendant ce temps là quoi j'imagine que quelqu'un qui part pendant six mois un an si t'as pas quelqu'un sur place pour gérer tout ça tu peux pas rattraper un an de notification tu vois c'est pas possible t'es obligé d'avoir une gestion progressive et permanente de tout ça et du coup d'avoir quelqu'un à terre entre guillemets comme pour les marins quoi d'avoir quelqu'un de solide à terre pour gérer ça

SPEAKER_04

pour toi c'est vrai que ce retour post expo pour avoir rencontré beaucoup de gens qui font de l'aventure plus ou moins longue etc on en parle rarement en tout cas j'ai l'impression qu'il est rarement préparé rarement anticipé le seul qui m'a c'est Rémi Camus qui m'avait dit que lui pendant toutes les expéditions qu'il fait il y a un avant un pendant et un après que la phase de gestion en fait elle est méga importante et c'était un peu la première fois que j'entendais ce discours de dire bah voilà en fait je mets autant d'énergie post expé que ce que j'en mets dans la phase de préparation parce que bah il y a plein de choses, il y a des enseignements à tirer, il y a des partages à faire, etc. Mais au-delà de Rémi, c'est vrai que j'ai l'impression qu'on

SPEAKER_03

entend assez peu. C'est Alban Michon, dans son dernier bouquin, qui en parle très bien. C'est super intéressant, parce que j'étais content qu'il en parle, parce que c'est rare, comme tu dis, d'en parler. C'est vrai que Rémi Camus, j'ai vu sur LinkedIn, il avait mis un post qui parlait vraiment un peu de la dépression du retour, comme il disait, et je lui avais répondu« Ah, putain, mais du coup, je ne suis pas tout seul.» Et du coup, Alban Michon, dans son livre, il explique, alors j'ai plus vraiment les termes précis, mais en gros, il explique que quand t'es en expédition, en tout cas dans l'expédition polaire, dans le blanc, sans relief, sans rien, c'est prouvé que tu perds de la matière grise. Et du coup, bah, tu deviens un peu plus con. Et tout simplement, ton cerveau, il est plus habitué à avoir des objets, des arbres, tout ce qu'on voit au quotidien. Et que quand tu reviens à la réalité, à la civilisation, bah là, t'es tu as tellement de couleurs, tellement d'odeurs, de toute essence en éveil. Et là, du coup, ton cerveau, il ne comprend plus rien. Tu as une phase de réadaptation. Ce qu'il dit, c'est super intéressant. Je vous conseille de le lire. Écoute, je l'ai

SPEAKER_04

regardé, je ne l'ai pas

SPEAKER_02

lu. Je me souviens de l'année où on avait Isoken qui était au Watertrip Festival à Montpellier, un festival du film. Et Mathieu Tordeur, il était... était parrain de cette édition ou jury il était jury il est arrivé là bas il y avait des milliers de personnes et il s'est fait assaillir tout de suite alors que la veille il était au groenland il revenait d'expédition mais là j'ai été impressionné j'ai dit ok il a il a travaillé ça il ya un moment où il a dû le pousser le ou l'anticiper peut-être se dire je continue c'est pas fini et c'est vrai que je pense que l'erreur qu'on a fait plusieurs fois c'est de lâcher la pression une fois qu'on arrive à l'aéroport Alors qu'en fait, non. Comme dit très bien Rémi Camus, comme tu nous le partages, il y a un après et il est là, il existe et il faut apprendre à le gérer.

SPEAKER_03

Je pense qu'il faut aussi en tirer des leçons. Pour la dernière expédition, je savais qu'il y aurait eu ce retour difficile. Surtout pour cette expédition qui était encore plus difficile. Le retour, c'était encore plus dur. Moi, j'en ai profité, j'ai anticipé. Je me suis dit, pendant un mois, je vais me couper de tout au retour. Je vais prendre le temps et je vais m'en profiter pour écrire un bouquin. Du coup, j'ai pris les notes que j'ai écrites là-bas. J'en ai fait un bouquin pendant un mois j'ai fait ça tous les matins je mettais la musique qu'on écoutait là-bas pour me rester dans le même mood et franchement du coup c'était dur le retour mais j'en ai profité pour faire quelque chose de constructif tu vois donc c'est après je sais que Vincent Thomas il le gère différemment mais je sais que chacun on a un peu de mal avec ça après voilà la première semaine du retour t'es content t'as l'euphorie du retour des proches tout le monde qui te pose des questions comment c'était la question dure quoi alors que t'as même pas les mots pour expliquer et après passer ce temps d'euphorie t'es

SPEAKER_00

là t'es tout seul chez

SPEAKER_03

toi qu'est-ce que je vais faire

SPEAKER_00

c'est marrant parce que cette question là j'aimerais beaucoup avoir la réponse pour nous je pense que vous êtes d'accord les gars les deux explorateurs du moment c'est Mathieu Tordeur et Vincent Coyard ces deux là ils sont vraiment chauds et Coyard sa nana Caroline qui a fait le Guinness World Record de la vitesse au Pôle Sud incroyable incroyable je serais très curieux de savoir comment eux ils gèrent justement cette question du retour parce

SPEAKER_04

qu'ils et bah il faut que t'écoutes leurs deux épisodes sur les

SPEAKER_03

frappés ils y sont

SPEAKER_04

là voilà c'est beau ça en blague à part du coup ça fait ça fait un je le précise puisque vous parlez d'eux j'avais eu Vince j'avais eu Caroline d'abord toute seule sur un épisode donc c'était super intéressant parce qu'elle parlait de ses expéditions euh notamment la partie vidéo comment est-ce qu'elle se projette etc mais aussi du trail parce que c'est aussi une ultra trail en fait on l'oublie un peu mais c'est une machine de guerre en ultra trail et après j'avais eu Vincent qui nous avait fait donc on avait parlé de son parcours en général et surtout on avait parlé de leur traversée du Svalbard en hiver c'était une dinguerie phénoménale c'était vraiment c'était juste super intéressant il y avait des anecdotes je me rappelle l'histoire de la brosse qui me disait qu'il passait une heure et demie par jour à brosser ses zips parce qu'en fait il y a la glace partout enfin des trucs que tu peux pas savoir tu vois si tu discutes pas avec un gars qui fait de l'exploit polaire donc ouais super intéressant et je mettrai les liens en description de l'épisode si y'en a qui veulent aller écouter génial voilà merci Thomas du coup pour la parenthèse non mais c'est des légendes ils sont inspirés ouais toi tu le gères comment Thomas ce retour habituellement

SPEAKER_00

t'as

SPEAKER_04

un truc ou je me suis rendu compte

SPEAKER_00

que je pensais bien le gérer et c'est au bout d'une semaine ou deux en fait je me suis rendu compte me dis mais en fait mais qu'est-ce que tu branles j'ai une claque dans la gueule mais c'est après coup tu vois que je dis mais en fait je une espèce de phobie des réseaux de pour te dire même par exemple depuis la dernière expédition à Svalbard qui a été une vraie claque dans ma gueule j'ai quasiment rien posté sur Instagram depuis un an et demi quoi mais j'ai dû faire un post ou deux tu vois ok je mets peut-être des petites stories de temps en temps mais enfin c'est c'est c'est ce genre de truc là qui ça fait des petites conséquences quoi mais enfin moi non je pense que sur le retour je pense que ce qui m'a marqué le plus c'est que ok là où c'est chaud il fait froid tout ce que tu veux tu as des moments de souffrance tout ça mais c'est pas ce qu'il faut retenir tata de la liberté tu as de l'exaltation tu as un sentiment d'être vivant d'avoir un rapport au temps qui est différent. On ressent tous le temps. Mais là-bas, c'est très rythmé par la nature. C'est le jour, la nuit. Tu ne vas pas te coucher à 4h du matin. Pour résumer, la vie est plus simple là-haut qu'en société. Pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que quand bien même il y a des contraintes et des dangers, contraintes physiques, morales, d'éloignement ou autre, ta vie se résume quand même à marcher. manger, dormir, faire la tente et passer du bon temps avec les potes et le soir boire une gorgée de rhum et regarder des horaires boréales. Et t'oublies tous tes problèmes, t'oublies le stress d'un projet, du loyer ou des problèmes d'Intel. Non, t'es loin de tout ça, t'es dans une sphère, dans une bulle blanche et il n'y a rien qui te touche. Je pense que c'est ce côté où tu t'aperçois que le retour à la vie en société, t'as une vie qui est plus compliquée que

SPEAKER_05

là-haut.

SPEAKER_00

mais ouais après pourtant

SPEAKER_04

beaucoup plus

SPEAKER_00

confortable oui c'est le paradoxe ouais mais non ouais je pense que c'était plus le côté ouais où pas mal d'isolement finalement un peu comme Vincent tu vois je sors pas trop c'est vrai que les premières semaines juste même faire les courses ça me fait chier tu vois ça me gave ça me gaze parce que t'as plein de bruit et puis t'sais t'as désolé pour le cliché mais genre je sais pas t'as tu vois des nanas là sur la prom ou genre ça rien ils disent ah putain mon iPhone il m'a pas ah ouais bah faut aller dans le cul désolé mais il ya d'autres choses enfin voilà c'est des petits trucs comme ça mais après voilà maintenant on commence à être rodé mais je pense que les gars moi ce qui m'a fait la plus mal vraiment c'est la troisième un pourtant je me suis dit attention le retour et à faire mal même non dit attention les gars le retour le retour ça va faire mal quand franchement c'est un autre monde on est sur notre planète là et le retour il va être costaud ben on a beau se préparer finalement on donc la troisième pardon vas-y Thomas tant qu'à faire on va enchaîner mais on tire Moi, je vous dirais simplement les premières secondes. Je ne sais pas si vous vous rappelez, les gars, on est dans l'avion, on a ce cadeau de bienvenue où il y a une aurore boréale dans l'avion. Et sur la droite, on voit le lever de soleil qui vient du pôle, quasiment. Et c'est rouge, orange, avec une aurore. Et on voit des vallées glaciaires immenses. Et je me souviens, je me suis chié dans le froc. Vraiment. On a vu l'île, on a dit, elle est magnifique, magnifique. Mais putain, c'est terrifiant. On s'est dit, putain, on va faire 40 jours là-dedans mais il n'y a rien il n'y a rien mon dieu mais vu d'en haut tu te dis mais c'est chaud c'est chaud et puis finalement en fait tu t'arrives sur une autre planète. Franchement, il n'y a pas d'autre mot, t'arrives sur une autre planète. C'est que des grandes vallées glaciaires. Tu marches sur des glaciers et la calotte polaire. On a traversé combien, les gars

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

14 glaciers

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

17 glaciers et 2 calottes. En fait, c'est des restes de l'Islande 10 qui couvraient l'Europe et du pôle à l'Europe.

SPEAKER_00

L'Islande 10, c'était de Svalbard à la Norvège. Du coup, il y avait un pont de glace. C'est comme si c'était le pôle Nord qui était très grand. En fait, t'as les restes de ce temps-là. Et nous, on a marché sur cette calotte polaire qui fait plus de 400 mètres d'épaisseur de glace donc imagine que tu as une couche de glace qui est plus haute que la tour Eiffel quand même tu vois et donc en fait on marche là dessus sur ce vestige et en fait tu fais ce voyage dans le temps où en fait tu vois la planète telle qu'elle était il y a 12 ou 13 000 ans il n'y a pas de maison il n'y a rien et là sur cette expédition comparée aux autres où on a eu quelques fois des refuges non là non là si tu pars et on a eu un refuge au bout de quatre semaines ou quatre semaines et demie. 35e jour, on retrouve un refuge. 35e jour, on retrouve du bois, on retrouve un environnement carré. Mais du coup, c'était pleine nature. Mais ouais, c'était... là

SPEAKER_02

pour le coup c'était

SPEAKER_00

vraiment le frisson parce qu'on s'est dit

SPEAKER_02

là c'est une grande aventure là c'était costaud le Svalbard c'est la plus grosse concentration d'ours polaires au monde ce que j'allais vous demander par rapport au permis de tir alors du coup on va partir direct sur le permis nous on a nos licences de tir sportif en France avec ces licences là en France en fait on est autorisé à à s'entraîner en club et à détenir des armes. Et là-bas, du coup, quand tu viens avec cette licence, ça leur certifie que tu sais utiliser un fusil. Donc tu vas à une boutique de location. Non, d'abord, tu obtiens l'autorisation avec le gouverneur, ce qui est très compliqué. Et là encore, on a eu pas mal de chance dans ces histoires. Il se trouve qu'on a pu parler aux bonnes personnes. Et ça, c'est un credo qui revient aussi dans toutes nos aventures. C'est toujours une histoire d'humain. Quand il y a un humain qui te dit non, demande à l'humain d'à côté, peut-être il va dire oui, et s'il dit non, demande à l'humain d'à côté, peut-être il va dire oui, et ainsi de suite, et là on a fini par avoir des oui, et même au moment où on te met le fusil dans les mains, et on te dit, voilà, pour l'instant c'est pas loué, on veut juste voir comment tu te comportes avec un fusil dans les mains, on te fait tester vraiment la pratique, la manipulation du fusil, comment tu charges, les procédures légales, enfin c'est tout un univers, les armes, avec lesquelles on n'est pas très familier, on n'aime pas ça, on n'est pas chasseur, pour l'instant on n'en est pas peut-être un jour on fera une expo où on se nourrit comme ça si on veut dépasser le temps mais en tout cas c'est pas dans notre trip aujourd'hui et là en l'occurrence on a loué un fusil un Mauser 98 qui celui-là était de 1899 avec des croix gammées qui étaient rayées dessus avec du coup c'est un canon qui ça a été modifié pour pouvoir charger des 30-06 donc c'est des munitions très cheap, très américaine notamment qui viennent beaucoup de surstock militaire donc là bas ils nous filent ces munitions là sauf que si en france on te charge la munition avec trois grammes de poudre là bas on te la charge avec 8 ou 12 parce qu'il fait tellement froid qu'il faut que ça pète beaucoup plus fort pour obtenir le même résultat en fait il faut beaucoup plus de concentration et c'est un fusil avec lequel on a loué 10 balles on a donc on a dix munitions létales pas plus on va pas chasser l'ours on va pas chasser le rennes le but c'est de se défendre et dans le pire des cas les légalement, c'est considéré comme un homicide si tu abats un ours dans de mauvaises conditions. Ça veut dire par exemple au-delà de la distance légale. La distance légale pour abattre un ours qui t'attaque, c'est 40 mètres pour justifier du coup la légitime défense. Et un ours, ça va à 40 km heure sur la glace. Donc du coup, grosso modo, t'as 2 balles. Donc 10, c'était large. C'est un fusil à verrou, donc tu charges et il faut recharger ta balle. T'as 5 ou 6 balles dans le chargeur si t'en chambres une d'avance et fort heureusement les seules balles qu'on a tirées on les a tirées dans nos pelles à la fin de l'expédition à 50 mètres juste pour dire qu'on a utilisé le fusil donc voilà par contre on a d'autres contre-mesures on a des fusées alors c'est pas vraiment des fusées éclairantes comme pour le sauvetage mais c'est le même type de pistolet pour les lancer c'est des grosses cartouches avec un gros diamètre sauf qu'au lieu d'être une grosse lumière rouge par exemple comme on aurait pour un pistolet d'alerte sur un bateau là c'est clairement de l'explosif ça ça pète fort et du coup ça on tire ça droit sur l'ours aussi nous attaque normalement ça lui fait rebrousser chemin sauf que aux valbardes il ya tellement d'ours autour de la ville par exemple de longueur vienne qui est le chef rio là bas qui a des ours qui sont habitués à se prendre ça dans la tronche ah ouais et donc du coup il y en a tu peux leur en tirer trois quatre par jour il revient et continue à suivre et ça les blesse pas beaucoup voire pas du tout et et donc du coup on a eu la chance nous de pas tomber sur ces ours là on les a pas croisés mais vers la fin de la saison le début de l'automne quand il y a moins de glace que la concentration du coup aux ours sur les terres augmente c'est très fréquent qu'il y ait des expéditions qui soient embêtées par des ours voilà qui en veulent qu'à notre nourriture même si on est au menu clairement c'est très clair les locaux nous ont dit be sure about that guys you're on the menu on l'a eu plein de fois on nous l'a dit clairement qu'on fait partie de l'alimentation de l'ours là-bas Nous, statistiquement, on a du mal à le voir comme ça. Pour nous, c'est une bête majestueuse. On vient sur son territoire. Je ne dis pas que c'est la plus maligne des bêtes parce que s'ils savaient qu'il était en voie d'extinction, ils arrêteraient de se tuer entre eux parce qu'ils le font beaucoup. Ils ont des pratiques qui sont incompréhensibles pour nous, mammifères humains qui vivent en société parce que c'est un mammifère qui a plus un comportement d'animal marin qu'on a beaucoup de mal à comprendre. L'ours, c'est comme même une menace qui pèse tout le temps d'ailleurs flavien il s'est tatoué sur la nuque watch your sex parce que c'était un truc vraiment qui revenait tout le temps surveille ton 6 6 heures juste derrière et ce qui est méga vicieux c'est que c'est un animal qui sait que là où il a le plus de chances de choper sa proie c'est quand il y a tempête quand il y a le white out quand tu vois rien du tout c'est là qu'il a le plus de chances de choper sa proie donc c'est là qui met le plus d'énergie à la chasse et c'est là que nous on le voit pas arriver du coup il y a un cumul de choses comme ça donc l'ours a été une grosse angoisse avant de partir il y a eu des cauchemars là dessus, ça a été vraiment beaucoup de questions, la principale préoccupation et je pense que la prochaine fois que je retourne au Zalbard j'y retourne détendu en sachant que c'est un risque qui existe et qu'il faut l'accepter et que dans le meilleur des cas il faudrait trouver le moyen de pas attirer l'ours, de pas être embêté et si on est embêté de pas la ça, ça a toujours été le projet. De toute façon, abattre un ours, c'était la pire chose qui puisse arriver pour notre expédition, pour nous, humains. Vraiment, ça aurait été terrible. Sans parler des conséquences juridiques qu'il y a derrière, tout ça, c'est du détail. Je pense que c'est extrêmement traumatisant d'en arriver à abattre un animal tel qu'un ours polaire que tu ne vas pas manger. Tu ne vas même pas récupérer la peau. Tu le fais dans le vide. C'est vraiment... J'ai une petite anecdote là-dessus, d'ailleurs. Ah, vas-y. on est au milieu de l'expédition et là on a un souci de balise on a une balise InReach putain c'était quoi cette balise déjà

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Iridium Go qui est censée nous apporter réseau internet et tout bref la balise elle est tombée dans la tente d'un mètre et elle s'est cassée il y a toutes les normes militaires dessus 1000 STD, 718 et tout toutes les normes sont dessus elle est tombée sur un matelas de moins d'un mètre dans la tente et là je pense que le froid il n'est pas pour rien et elle s'est cassée L'antenne a cassé. Donc, on est au milieu du Svalbard. On n'a plus de communication satellite. Il ne nous reste qu'une balise de détresse. Et c'est, d'une part, illégal et, d'autre part, extrêmement dangereux. Bon, il se trouve que c'est une balise qui vient d'un distributeur français. Donc, forcément, nous, avec nos SAV champions, il n'y avait pas moyen de faire quoi que ce soit. Alors qu'on a une autre anecdote qu'on va pouvoir citer après avec un SAV suisse. Tu n'es pas prêt. Et du coup, à ce moment-là, on croise des motards. donc les mecs sont à motoneige c'est des russes parce qu'il y a une partie du Svalbard qui est russe qui a un établissement russe et une partie du Svalbard qui a un établissement norvégien et du coup ils reviennent côté russe et ils nous disent faites gaffe les gars là-bas il y a une femelle avec ses deux petits sur notre trace et nous c'était la trace qu'on avait envisagé pour rejoindre le chef lieu russe au plus tôt pour récupérer un nouveau téléphone satellite pour revenir un peu dans une zone safe et ce téléphone satellite qu'on devait aller chercher là-bas, on se les finalement fait livrer par une motoneige grâce à des messages satellites dans tous les sens. Celle-là, on a eu la chance encore d'avoir Eddie Sylvester, je ne sais pas si c'est Eddie Sylvester, une glaciologue, une personne extraordinaire qui jouit d'une aura incroyable. Et du coup, elle nous a monté cette petite logistique via nos petites communications satellites pour nous faire venir ce fameux téléphone satellite jusqu'à nous et nous éviter du coup de devoir croiser la trace des ours en fait on s'est dérouté et la décision elle était logique pour nous c'était trois ours deux petits et une femelle tu tues la femelle les deux petits meurent tu tues un petit tu vas être obligé de tuer la femelle quoi qu'il arrive ça allait mal se passer ça allait être trois vies pour trois vies donc c'était l'un ou l'autre donc on a décidé de se dérouter de changer nos plans d'augmenter nos coûts du coup parce que forcément c'était pas gratuit tout ça pour éviter de mettre en danger les ours et de se mettre en danger nous aussi pour ça et je Je pense que c'est ça la dynamique qu'il faut avoir là-bas. Si tu as une communication, si tu as une info, quoi que ce soit qui fait que tu vas aller vers un ours, soit tu as un moyen de rester à distance et de le filmer, de le photographier, et c'est ça ton but. Soit tu vas t'exposer au risque de lui braquer le fusil dessus. Et si tu avais l'information, tu es déjà allé trop loin. Tu es déjà allé trop loin. Juste pour le SAV, on a pété un matelas d'une marque suisse. On a envoyé un petit message satellite à la marque suisse. Ils ont dit... OK, challenge accepted. Ils nous ont livré un matelas au milieu de

SPEAKER_00

l'Arctique. Deux jours après. Deux jours après. C'est un motoneige qui est arrivé. Ils ont traqué notre balise. Les mecs, on peut le dire, c'est Exped qui font leur matelas, qui ne sont pas donnés. La colle, elle a pété. Et les mecs, ils ont pris ça comme un challenge. Ils nous ont dit comment on livre ces mecs qui partent pour 40 jours. Comment on fait pour faire ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ils se sont éclatés. Ils nous ont envoyé ça gratuitement. Un

SPEAKER_02

modèle

SPEAKER_00

supérieur.

SPEAKER_02

Et comme ils ont jugé qu'on avait fait un mauvais choix matériel, ils nous ont fourni un modèle plus adapté. Beaucoup plus cher. Franchement, voilà. Alors là, les Suisses, là-dessus, ils ont été extraordinaires.

SPEAKER_00

Génial. Pour revenir vite fait un petit peu sur la notion du fusil, parce que il y en a qui vont se dire, ouais, mais regardez, ils partent avec des fusils et tout ça, mais ce qu'il faut comprendre, c'est que là-bas, c'est illégal de sortir d'une ville sans arme à feu. C'est pour ça que je vous demandais, parce que c'est ce que

SPEAKER_04

Vincent m'avait expliqué. Moi, j'avais même compris qu'il qu'il fallait que tu passes une sorte de permis sur place pour avoir le droit de partir. Vincent m'avait aussi expliqué que légalement, tirer directement sur un ours, viser l'ours et tirer, c'est genre le truc de vraiment dernier recours. Il est déjà en train de te charger et qu'avant ça, il y a 36 steps

SPEAKER_00

par lesquels passer. En gros, si tu en viens à tirer sur un ours, c'est sûrement que tu as été un teubé ou que tu ne connais pas les procédures. Parce que la procédure, c'est que tu vois un ours à 300 mètres, tu ne le quittes pas des yeux. Tu fais attention à ce qu'il fait. S'il rentre dans un rayon de 150 mètres, tu fais du bruit. Tu fais du bruit avec des casseroles ou quoi, tu hurles, tu fais en sorte qu'il se casse. S'il se rapproche encore, là, c'est fusée. Tu tires des fusées dans un rayon de 170 mètres, c'est fusée pour qu'il se barre. S'il se rapproche encore, c'est fusée explosive. Donc là, ça fait... Ça repète encore sur lui. Bam

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Et s'il a encore... il se barre pas, et qu'il rentre dans un rayon de 40 mètres, t'as obligation légale d'armer ton arme à feu. Parce que dans un rayon de 40 mètres, il peut t'attaquer. En fait, nous on l'a vu, vous vous rappelez ça les gars

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

L'ours qu'on a vu quand il s'approchait des oiseaux, il faisait genre il regarde le ciel, il fait comme si il s'en fout, tu vois. Et là, d'un coup, il a foncé sur les oiseaux. En fait, il est très malin, tu vois. Et du coup, s'il rentre dans un rayon de 40 mètres, tu dis, oh, il a l'air paisible, il a pas l'air méchant. Non, non, il sait très bien ce qu'il fait. Il gagne chaque mètre vers toi. Chaque le maître qui gagne il se dit allez vas-y un petit maître vas-y laisse moi approcher et puis après

SPEAKER_03

tu niques dans la procédure comme ils ont dit les gars il y a les fusées éclairantes les fusées explosives le fusil d'étal et aussi toutes les nuits on fait des tours de garde pour surveiller

SPEAKER_04

j'allais vous demander du coup la nuit

SPEAKER_03

ouais Ouais, du coup, ça aussi, c'est un processus assez lourd, qui est assez difficile, parce qu'en fait, il faut se relayer toute la nuit. Du coup, on fait des gardes de 2h chacun, ce qui fait qu'au final, on dort chacun 8h par nuit, ce qui est assez long, donc ce qui fait que c'est une plage de 12h de garde en tout, pour que chacun dors 8h. En gros, je ne vais pas expliquer, c'est beaucoup de détails, mais en gros, on dort 2h, puis 4h, puis 2h, ou 4h, puis 4h, ça dépend. C'est dépend dans quel numéro tu es, tous les jours ça change, mais je ne vais pas rentrer là-dedans, c'est un peu chiant, mais du coup, toute l'année, on fait des tours de garde, et pendant les tours de garde, il y en a deux qui dorment, un qui monte la garde, avec les fusées, le fusil étalé, tout ça, et du coup, pendant deux heures, tu t'occupes, tu fais de l'eau pour le lendemain, tu bois du café, tu écoutes des podcasts, tu lis, tu écoutes de la musique, il faut y éviter d'écouter trop de musique faible parce que s'il y a un ours tu l'entends pas arriver c'est un peu con parce

SPEAKER_04

que t'es dans l'attente du coup

SPEAKER_03

pendant ton tour ouais t'es dans l'abside en fait parce que si t'es dehors il fait moins 40 dans l'abside t'es plus à l'abri du vent en tout cas donc c'est moins dur mais du coup toutes les 10 minutes tu sors tu fais un 360°pour vérifier et puis dans l'abside t'as des petites fenêtres dans l'abside pour vérifier un petit peu aussi s'il y a pas un ours qui arrive mais voilà donc toutes les 2h on se relaie et quand il fait moins 40 que ton collègue il te réveille ah c'est à ton tour il faut que tu te changes tu sors du duvet enfin bref c'est ultra difficile mentalement à ces moments là t'es fatigué t'as qu'une envie c'est de rester au chaud dans ton duvet maintenant il faut que tu sortes dans le froid par moins 40 et rester assis pendant 2h

SPEAKER_02

c'est très honnêtement le pire le pire de l'expédition c'est le réveil pendant la nuit clairement c'était ça qui était terrible apprendre à continuer d'avancer pendant 40 jours tous les jours alors que toutes tes nuits t'as dormi un max de 4 heures d'affilée quand t'as réveillé au milieu pour faire 2 heures de garde sur lesquelles tu dois être à l'affût sur lesquelles tu gères le réchaud

SPEAKER_04

aussi qui est dans l'abside et un réchaud dans une

SPEAKER_02

tente c'est un peu dangereux oui n'est-ce pas Vincent

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

raconte petite anecdote t'as cramé l'abside avec le réchaud Vincent

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

oui en fait tous les jours on fait l'entretien du réchaud donc ça veut dire que tous les jours on vérifie les séra des gicleurs le nettoyage du gicleur et tout ça et il se trouve que pendant 2-3 jours on a pris un peu nos aises et on a laissé le réchaud sans entretien et un jour je comprends pas ce qui se passe il tourne pas bien j'ai une flamme au dessus qui est pas comme d'habitude et j'ai des bruits qui sont pas comme d'habitude en fait j'avais un giclet d'essence gazeuse du coup sur le côté qui a en fait créé une poche d'essence dans l'abside et à un moment donné ça s'est enflammé et du coup moi j'ai vu juste une énorme boule de feu donc j'ai sauté en dehors de l'abside j'ai jeté le réchaud dehors donc petite procédure très importante qu'on a appris de MyCorn un petit plateau pour poser ton réchaud dessus comme ça si t'as besoin de sortir tu sors tout d'un coup l'essence, le réchaud, tout et tu jettes tout dehors manifestement j'ai pas été assez rapide parce que quand la boule de feu elle est arrivée ça a brûlé ça a fait un trou de 40 cm dans la tente et là on est au 15ème jour qu'il a fallu composer avec tout le long de l'expé après et dans le même délire de« on prend nos aises et on arrête d'entretenir», il y a eu le fusil. Le fusil qu'on chargeait et déchargeait tous les jours. On l'a laissé traîner pendant 3-4 jours en se disant« c'est bon, à chaque fois ça marche, ça marche, ça marche». Et à un moment, on essaye de chambrer une balle. Inchambrable. Impossible. Tu pouvais y aller autant que tu voulais sur le verrou. Il y avait une couche de glace partout dedans. Le métal a fait condensation à force de faire des inter-exter dans l'abside. Impossible de charger la balle dans le fusil. Là, on s'est rendu compte qu'en cas d'attaque, on avait clairement notre dernier recours avant de se faire croquer par l'ours qui était inutilisable à ce moment-là et on n'a plus jamais fait la connerie.

SPEAKER_04

Les tours de garde, il y a des lignes où vous les avez sautées ou vous l'avez

SPEAKER_03

maintenues

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Oui, parce que vers le milieu de l'expérience, on était vraiment dans les terres, dans la zone montagneuse et là, le risque qu'il y a un ours, c'était quand même assez faible. Bon, il y a toujours un risque partout et on s'est permis de ne pas faire de tours de guerre à ce moment là mais on dormait quand même avec le fusil chargé le pistolet fusé est juste au dessus de nous donc on était prêt au cas où il y a un os qui toque à la porte mais c'est pas arrivé mais j'avoue que les premières soirées c'était un peu le stress de se faire réveiller par un os qui s'assoit sur toi comme Mike Horn il a fait c'est pas ouf je pense pour une anecdote encore pour rester un peu sur le fusil et tout on est le jour numéro 2 de l'expérience donc on est en train de marcher et là on voit des motoneiges qui arrivent à blindes derrière nous et qui vont dans notre direction et en fait ces mecs là c'était la police et ils venaient nous contrôler pour savoir si on avait le fusil si on avait tout ce qu'il fallait donc si t'avais pas le fusil bah en soit ils auraient pu rien faire parce que t'étais sur place mais t'aurais pris quand même une bonne amende ou t'aurais fait chier je

SPEAKER_00

pense

SPEAKER_04

tu prends

SPEAKER_03

une amende pour ne pas avoir d'armes c'est la France tu vois ouais

SPEAKER_04

Ok, jeunesse, sacrée anecdote. C'est vrai que c'est des trucs, ça, à part le vivre, je ne sais pas, il n'y a peut-être pas des guides sur comment te faire, tu as traversé du Svalbard, à quoi penser, etc.

SPEAKER_03

Toujours friandes, toujours des anecdotes. Dans le bouquin que j'ai écrit, qui sort en 2024, c'est la parenthèse promo. Je fais des petits tips sur des trucs comme ça qu'il faut savoir avant de partir en expédition, mais toujours avec le mood décontracté c'est pas un guide de survie en milieu extrême c'est des petits conseils des choses qu'on pense

SPEAKER_00

pas forcément trop bien et l'autre partie promo du coup on a nos deux films sur Netflix la première expédition notre dépucelage on va l'appeler ça comme ça Isoken I-S-O-K-E-N et Drop It c'est sur le base

SPEAKER_04

jump alors ça je me le suis noté le challenge qu'on va avoir c'est qu'au fur et à mesure qu'on parle je découvre des trucs complètement dingos genre se faire racheter ses films par Netflix qu'est-ce que c'est que ce truc là ça va être un challenge de temps mais je vais mettre les liens enfin vous m'enverrez tout ça il y aura tous les liens en description de l'épisode on va peut-être se prévoir un truc en plus pour vous nous expliquer comment on finit par se faire racheter par Netflix qu'est-ce que c'est que ce délire mais sur le Svalbard moi j'ai quand même une question alors si on prend un peu de hauteur qu'on sort de l'aspect logistique etc toi Thomas tu disais qu'en arrivant en arrivant en avion c'était complètement dingo genre arriver sur une autre planète les paysages et même la vie expé sur plus de 30 jours vous le décrirez comment en termes de sensations est-ce que déjà les paysages étaient similaires à la Suède juste du blanc zéro repère et des grandes étendues ou c'est complètement différent

UNKNOWN

?

SPEAKER_04

le

SPEAKER_02

fait de se faire perturber par les repères visuels et du coup de voir des grandes étendues c'est multiplié par 10 c'est hallucinant tu passes des jours et des jours à avancer dans le blanc des fois sans même voir un bout de montagne et puis d'un coup tu arrives dans un nouveau massif où en fait t'as plein de glaciers partout et là tu recommences à voir des seracs énormes de la glace partout tu marches en permanence sur du glacier donc tu sais que t'as des crevasses partout donc il y a aussi cette angoisse permanente de la crevasse qui accompagne ton effort quotidien et ça fait partie du paysage aussi, c'est ça qui est assez grandiose, t'es pas sur une plaine enneigée, t'es sur de la glace recouverte de neige et du coup c'est vraiment la première sensation quand t'arrives là-bas, quand t'es vraiment dans le sauvage elle est pleine de vide elle est vraiment pleine de vide

SPEAKER_03

même ça me fait penser parce que c'était vraiment le premier jour on arrive on débarque de l'aéroport on sort dehors il fait moins 22 je crois et là en fait l'air est tellement froid et sec qu'on se met tous à tousser tu sais vraiment les gorges irritées mais vraiment on se dit putain mais on va rester 40 jours là-dedans comment on va faire pour survivre alors que la première heure on n'arrive même pas à respirer limite donc ça c'est vrai que ça te prend un trip dès le début on dirait que t'as les moustaches qui sont toutes gelées voilà donc c'est assez intimidant, je dirais, au début, surtout, comme dit Thomas, depuis l'avion, tu vois, toutes ces vallées immenses, ces montagnes, il y a plein d'ours là-dedans, il y a plein de crevasses, donc c'est un peu chaud au début, mais après, pareil, puis on reste dans ce milieu-là, puis on s'adapte et on s'y habitue en quelque sorte.

SPEAKER_00

Vous vous rappelez quand même qu'on est descendus, mais vraiment, les touristes niçois, vu qu'on a mis nos chaussures de ski dans les dans la soute on est descendu du coup en chaussettes et en tongs à Svalbard en sortant de l'aéroport les gens nous regardaient d'un mauvais oeil et ils nous disaient mais c'est qui c'est prend l'heure en tongs à Svalbard par moins 22 après on n'est pas resté longtemps tu vois mais tu sais tu peux tenir un petit 5 minutes avant que ça commence vraiment à piquer quoi mais bordure franchement c'est ça mais

SPEAKER_02

sinon ouais le temps de faire toute la paperasse administrative on a passé 3 jours en fait à Longyearbyen avant de pouvoir partir en expédition et on se bat avec nos grosses vestes pleines de tous les logos de non-sponsors et tout. Et ensuite, on est partis et on a un drapeau pirate à l'arrière de nos poulkas. C'est une marque de fabrique. Du coup, histoire de vraiment pas se prendre au sérieux. Et Thomas, il tire même deux poulkas. Depuis la deuxième expédition, Thomas tire deux poulkas. Il est un peu plus frappé que d'autres personnes. Et on est revenus 40 jours plus tard à Longuerbienne. Tout le monde avait entendu parler de nous. On était choqués. Les gens venaient nous voir, nous demandaient, vous avez qui vous faites quoi et on s'est rendu compte que soit il y a des explorateurs qui sont sérieux dans le sens où ils visent une performance ils visent quelque chose de vraiment vraiment extrême ou des records soit il y a des explorations en fait guidées donc ça que je recommande si quelqu'un veut découvrir de manière plutôt encadrée et safe ce genre d'environnement je pense qu'il y a vraiment plein de trucs à faire avec des expéditions guidées sur moins de jours c'est peut-être pas la même ambiance mais ils ont pas l'habitude de voir gars qui se promènent, en fait, au Zvalbard, parce que nous, c'est ça, en fait, on va là-bas, non pas pour la performance, on avait un objectif, quand même, de grimper le sommet le plus haut de l'archipel, ce qu'on a fait, mais il n'y avait pas cette idée de performance, encore une fois, c'est combien de temps on peut passer dehors, c'est ça la seule question qu'on a, au départ. Du coup, on a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde qui, vraiment, est venu sur nous, au retour, qui dit, on a entendu parler de vous, vous êtes les les

SPEAKER_00

gars, avec quatre poules K pour trois. Avec le drapeau de pirate, c'est vous. Mais rappelez-vous, Arctic Fools 1, c'était là même. Les gens dans le village de Samy, ils disaient« Hey, big poules K boys

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Big poules K boys, it's you

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

» C'est nous, tu vois. Mais même, petite anecdote aussi, est-ce que vous vous rappelez, les gars, quand on allait partir ou quand on était sur le retour, je ne sais plus, on s'était retrouvé avec des mecs d'une boîte de guides, là, et ils nous parlaient, du coup, de leurs expéditions, avant même qu'on parle, qu'on se présente tu vois il nous dit ouais nous on est vraiment très chaud on organise des expéditions extrêmes de 10 à 15 jours avec des refuges et tout mais c'est vraiment costaud et tout et il dit bah vous vous faites quoi et nous on a dit bah nous on part du coup que 40 jours mais en autonomie à 3 et tout il dit comment ça 40 jours mais vous faites comment et en fait on fait de facto sans savoir nous juste passionnés on s'est dit mais en fait on est plus énervé que les guides qui nous ont regardé putain mais c'est qui ces mecs mais tu vois du coup ça nous a fait marrer tu

SPEAKER_04

vois enfin voilà du coup aujourd'hui c'est un sac mais par rapport à ça enfin franchement la première la grosse question qui me vient depuis tout à l'heure c'est quand je vous entends la montée elle est enfin la montée en puissance sur les XP elle est pas crescendo là c'est exponentiel de ouf quoi entre la première XP 18 jours en mode bon on découvre avec les matos les moyens du bord et tout et là le Svalbard c'est quand même un énorme délire à aucun moment vous avez eu genre le syndrome de l'imposteur vous dire mais en vrai on vise trop on va se calmer on va prendre plus de temps

SPEAKER_03

en fait avec le recul je me dis heureusement qu'on n'est pas parti au Zabar dans 2021 comme c'était prévu parce que là on se serait mangé une claque dans la gueule on n'avait pas la même expérience on n'avait pas pratiquement le même équipement du coup heureusement qu'on n'est pas parti sinon je pense qu'on aurait eu pas mal de soucis supplémentaires ouais ça aurait été chaud ouais ça aurait été un peu

SPEAKER_02

pendu je sais qu'on l'a le syndrome de l'imposteur on l'a eu jusqu'au Zabar en fait une fois arrivé au Zabar et l'expédition si on fête et finit là on a compris que on a compris qu'on n'avait plus à se sentir comme des imposteurs on a compris qu'en fait on a juste tout mis en place pour se préparer pour le faire avant on a organisé avec des guides des formations en fait où on a essayé de développer un système de secours crevasse par exemple avec les poules cas comment on fait pour se sortir d'une crevasse si on tombe avec les poules cas et enfin tout un tas de questions auxquelles on a essayé de répondre et Je pense que tout le monde peut avoir cette démarche et pas que pour l'aventure. C'est aussi pour toute forme d'aventure dans la vie. La création d'une société, par exemple, c'est toute une liste de questions, toute une liste de problèmes et toute une liste de solutions à mettre en face de ces problèmes et toute une liste de réponses à mettre en face des questions. Je pense que c'est ce qu'on a fait à chaque fois et que les questions qui restent en suspens, parce que l'aventure, tu pars quand même avec beaucoup d'inconnus, toutes les questions qu'on a eues en suspens avant la première, finalement, on y a répondu en grande partie à la première expédition. Les questions qui restaient, on a répondu à la deuxième expédition. Et quand on est arrivé pour cette troisième expédition, on n'avait pas conscience du bagage qu'on avait accumulé. Mais après l'avoir fait, l'expédition, on s'est rendu compte qu'il y a un gros bagage qu'on a accumulé parce qu'on avait vraiment envie de le faire, parce qu'on a vraiment consacré de l'énergie à ça. Je dis vraiment de l'énergie, pas du temps. On n'agit pas nos bras dans tous les sens. Le but, c'est vraiment de se concentrer sur ce que je veux faire. je veux aller pour cette expédition et d'ailleurs une fois que t'as pris le billet t'as pas le choix parce que tu vas pas faire 40 jours à l'hôtel là-bas on a pas les moyens donc la réponse est très simple t'as pris tes billets t'as ton départ t'as ton retour tu t'es engagé envers toi-même et envers tes copains à le faire et là à ce moment-là t'as encore le syndrome de l'imposteur mais quand tu reviens t'es soigné de ça tu vois tu l'as plus tu y crois tu commences à discuter avec des guides et à pouvoir partager des expériences qui sont à la fois riches d'apprentissage pour nous et à la fois riches d'apprentissage pour eux et là tu comprends qu'en fait ok on est rentré dans un cercle dans ce petit cercle de personnes qui ont franchi le cap de mettre en place finalement tout ce qu'il faut pour y aller pour y arriver et je pense que là le syndrome de l'imposteur il nous a quitté alors on s'est dit ok Flav il s'est mis à écrire un livre nous on commence à se dire bah non mais nos films c'est aussi même si on veut surtout pas se prendre au sérieux et que ça c'est ça nous est très naturel de toute façon il y a quand même cette idée de se dire on a fait du chemin on a fait beaucoup de chemin on en a conscience, et comme tu le dis, c'est très exponentiel, et je pense que ça peut s'appliquer pour tout projet dans la vie, pour toute personne qui s'implique dans son projet, il y aura toujours cet exponentiel. Par palier, tu sais, tu stagnes, tu débloques un truc, bam, ça monte, tu stagnes, tu débloques un truc, et à chaque fois, chaque palier que tu prends, c'est de plus en plus haut, c'est de plus en plus de courage, finalement, que tu trouves pour fonder la réussite de ton expédition sur sur ton background, sur ton bagage et sur tout ce que tu as fait

SPEAKER_00

avant. Mais dans toutes ces compétences qu'on a acquis de manière un peu passive, on va dire, c'est vrai que je pense que tous les trois d'accord là-dessus, le syndrome de l'imposteur, on ne l'a plus. Clairement, là, on se sent bien.

UNKNOWN

On a perdu Thomas. On a perdu Thomas, oui. On vient d'avoir un freeze.

SPEAKER_00

allo allo ouais ouais ouais c'est la coupe est désolé je vois ah oui d'accord c'est la connexion de téléphone et j'ai un appel du coup c'est pour ça ça fait un petit bug du coup je disais sur la notion du syndrome de l'imposteur c'est vrai que je pense que maintenant c'est vraiment quelque chose qui est derrière nous en fait par validation d'acquis quand on voit le chemin qu'on a fait cela dans de nouvelles aventures enfin par exemple là dans ces validations d'acquis qui sont pas que l'expédition polaire mais aussi la capacité à filmer et à produire des images de haute qualité dans dans un environnement comme ça aujourd'hui en fait on s'est aperçu qu'on a l'étiquette du coup d'être aventurier mais aussi réalisateur donc c'est pour ça que par exemple là on se lance à poil tu vois on crée notre entreprise là qui s'appelle Storm Films avec un Z et on se spécialise dans les tournages extrêmes donc c'est on va en faire notre marque de facto parce qu'on a tous passif en fait on a réussi à aller aussi loin et tout aujourd'hui et du coup c'est une petite marche en plus de ce qu'on fait tu vois c'est une de plus donc franchement hâte de voir ce que ça va donner dans deux ou trois ans c'est clair

SPEAKER_04

punaise ça fait rêver

SPEAKER_02

mais c'est pour tout le monde le rêve j'ai passé beaucoup de temps à observer des gens en réussite et à me dire c'est fou ce qu'ils font non c'est pour tout le monde la réussite déjà elle est définie par ce qu'on veut il n'y a pas de définition de la réussite qui puisse correspondre à tout le monde du coup si on arrive à se dire juste moi j'aurais réussi si je fais Et ça, en fait, c'est déjà un énorme pas de fait. Et on a arrêté de subir finalement la pression sociétale qui nous dit la réussite, c'est comme ça. Ou tu dois faire ça. Je ne sais toujours pas si je pars en expédition pour aller en expédition ou si je pars en expédition pour fuir la société. Je ne sais toujours pas. Et il y a certainement un peu des deux. Et du coup, je l'ai mal vécu pendant des années, cette pression sociale. sur la manière dont je devais mener ma vie pour finalement être en sécurité améliorer mon confort et garantir une certaine réussite tout ça c'est bullshit la réussite c'est ce que tu veux et ça débloque des choses

SPEAKER_04

Il y a une dose de messages inspirants et d'enseignements méga riches dans cet épisode-là qui est assez monstrueuse. On pourrait en parler des

SPEAKER_02

heures. Sans prétention, parce que notre vérité d'aujourd'hui, ce ne sera pas notre vérité de demain. On évolue tout le temps. C'est vrai que j'adore tout ce qui est enregistrement, tout ce qui est podcast, vidéo interview, parce que ça fige un instant la pensée que tu as à ce moment-là de ta vie. Et c'est extraordinaire parce que c'est toutes ces pensées qui vont t'amener à être plus tard ailleurs et avoir d'autres pensées. Du coup, c'est génial pour ça. Ce que tu fais, ton travail est extraordinaire. En tout cas, à ce niveau-là, j'adore.

SPEAKER_04

Écoute, merci. Tu pourras réécouter cet épisode quand vous serez dans votre quatrième XP. On peut en parler vite fait en teasing pour doucement se rapprocher de la conclusion ou c'est secret,

SPEAKER_00

secret

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a un projet, on ne va pas le spoiler les gars parce qu'on peut nous piquer l'idée, c'est le problème. malheureusement c'est une idée qui est très originale enfin il y en a même deux pour les deux gros projets les gars vous allez faire la

SPEAKER_04

traversée du Groenland mais toi Thomas t'auras 4 poules cas c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

non on a failli la faire à vélo cet hiver et ça c'est pas fait pour d'autres raisons après

SPEAKER_00

je vous pose la question les gars du coup c'est est-ce qu'on en parle et du coup on légitimise du fait que c'est notre idée et c'est communiqué ou est-ce qu'on le garde pour se protéger parce qu'il y a toujours cette idée en fait on a pas mal de copies quête en ce moment

SPEAKER_02

par exemple on peut avancer déjà les lieux on a prévu de repartir au Svalbard probablement en 2025 bien plus au nord pour une expédition beaucoup plus historique donc là un documentaire sérieux pour le coup on se prendra toujours pas au sérieux mais on racontera des choses sérieuses on a une expédition de groupe prévue cet hiver donc là ça va être la première fois qu'on va partir avec des volontaires donc c'est pas notre groupe on est pas guide vraiment on prend des des novices entre guillemets, des gens qui ont quand même un petit backup et on a envie de partager ça avec eux mais dans un contexte très spécifique et très particulier donc ça c'est pour cet hiver ou l'hiver d'après, on attend la conclusion sur les recherches de financement Mais ça sera

SPEAKER_04

quand même à l'étranger déjà en mode expédition

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ce sera bien sûr à l'étranger et ce sera un peu dans les conditions de notre première expédition Oulala Le teasing incroyable Et bien sûr on a un pôle sud mais un pôle sud comme on l'a pas vu allez je le dis comme ça ça fait 120 ans qu'on a pas vu

SPEAKER_00

ça voilà ah ouais d'accord ok parce qu'aujourd'hui tout le monde veut faire du pôle sud mais tout le monde ne sait pas le faire de la bonne manière on va le faire tout nu tout nu tout nu

SPEAKER_02

mais ah non après attends j'ai un

SPEAKER_00

autre truc en tête mais j'ai zappé merde on s'est rendu

SPEAKER_02

compte qu'on avait déjà plus d'idées que d'années de vie d'espérance de vie pour les faire donc ça c'est très cool le

SPEAKER_04

pôle sud comme il y a 120 ans parce que j'ai lu l'été dernier l'odyssée de l'endurance genre mais le fait donc il y a un rapport avec le moyen de vous rendre là-bas ou c'est le mode de transport une fois sur place

SPEAKER_02

on va faire un espèce de mix alors sur place on va essayer de reprendre des techniques des techniques d'il y a une centaine d'années et on va essayer de mixer tout ça avec des traces historiques et pareil un peu dans la trempe du projet du Svalbard on va reprendre un peu une narration historique et aussi rendre un peu à césar ce qui est à césar c'est à dire que si aujourd'hui des petits gaillards de la côte d'azur comme nous peuvent espérer faire de l'expédition c'est parce qu'il ya des gars des grands messieurs avant nous qui ont ouvert la voie et qui ont amené à toute une évolution du matériel c'est parce qu'il ya des marques qui ont créé des recherches et développement qui ont fait progresser aussi le matériel qui fait qu'aujourd'hui moi je fais 60 kg grimper sur une montagne dans les années 40 c'était impossible pour un gars comme moi il fallait porter mon mon poids en équipement aujourd'hui je peux le faire et ça c'est grâce à toutes ces années finalement de progrès de recherche et développement d'investissement là-dedans et du coup on a envie un peu de rendre un peu tout ça à nos anciens et à ceux qui ont ouvert la route et aussi montrer que voilà si aujourd'hui on fait des choses qui nous paraissent grandes l'Odyssée de l'Endurance c'est un excellent exemple ce qu'ils ont fait eux c'est tellement sur un autre level sur une autre planète les mecs sont clairement partis en sachant qu'il y avait d'énormes chances de ne jamais rentrer alors que nous on envisage toujours de rentrer on a un projet après le projet pour lequel on

SPEAKER_03

part il faut faire le film il faut faire le film ouais c'est clair qu'on a plein plein de projets en tête mais on va faire les choses tranquillement dans l'ordre et je pense que quand on aura 70 piges on aura un bon

SPEAKER_02

un bon CV si on les touche si on les touche les 70 et oui

SPEAKER_04

belle histoire à raconter

SPEAKER_00

on

SPEAKER_03

n'aura

SPEAKER_00

plus de doigts je pense qu'on peut finir là dessus les gars sur notre moto qui est never stop trying n'arrête jamais d'essayer en gros c'est ce qui nous définit tu vois essayer d'aller en arctique essayer de se lancer dans la vidéo essayer d'être entrepreneur essayer essayer essayer et il y a quand même cette notion tu vois on entend tu vois never give up et tout ça ce truc c'est une notion un peu plus virile tu vois mais nous on n'est pas là dedans on est dans la il y a des fois il faut savoir give up il faut savoir abandonner parce que soit c'est dangereux ou quoi parce que la montagne en fait elle est là tu la veux maintenant mais elle bougera jamais c'est juste une question d'ego tu vois donc il y a des fois il faut savoir abandonner pour réessayer à partir du moment où tu essayes c'est good et c'est ce qui t'amène plus loin donc voilà never stop trying c'est notre petit motto à tous les trois je crois on s'est trouvé où d'ailleurs

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'était où

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ebayta

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais Svalbard ouais Svalbard ouais

SPEAKER_04

génial bah un grand grand merci à tous les trois merci Flavien merci toi Thomas merci Vincent c'était passionnant je pense qu'en vrai on aurait pu faire au moins une heure et demie de plus mais voilà Flavien on discute peut-être qu'on fera une deuxième partie je sais pas focus plus sur l'aspect vidéo parce que j'ai des tonnes de questions là-dessus aussi comment tu fais pour tourner quand tu pars 40 jours la recharge des batteries j'ai vu la galère que c'était sur le Dracar alors qu'on avait accès à de l'électricité quasiment tous les jours mais là énorme délire donc un grand grand merci en tout cas pour tous les sujets sur lesquels on a déjà échangé si il y a des gens qui veulent vous suivre entrer en contact avec vous par exemple pour l'expérience des volontaires c'est quoi le mieux Instagram

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

on est sur Instagram c'est Arctic Fools le nom notre site web c'est jusqu'au bout de vos rêves jusqu'au bout de vos rêves.com le nom de la boîte c'est Storm Films avec un Z c'est un film et puis après nous

SPEAKER_02

c'est le nom de l'association jusqu'au bout de vos rêves qui relate un peu tout ce qu'on fait puisqu'il y a a jamais eu de but lucratif à l'origine sur l'expédition c'est vraiment quelque chose qu'on a envie de partager du coup même d'ailleurs on n'a jamais peur de le dire parce que il ya des gens qui pensent qu'avec netflix on est devenu riche on n'a jamais gagné un centime on s'est jamais payé un centime pour tout ce qu'on a fait parce que tout simplement tout repart dans le projet

SPEAKER_00

d'après l'investissement mais d'ailleurs avec notre asso l'ajustement jusqu'au jeu rêve pour les curieux on a dû et la pub sur france soit une fois mais s'il y en a qui veut venir au pivot au bivouac Je vois qu'hiver, dormir en igloo

SPEAKER_03

avec nous, c'est avec plaisir. Il faut nous écrire. Sur Instagram

SPEAKER_02

articles. On t'attend cet

SPEAKER_04

hiver. Je ne fais pas trop parce que moi, ce genre de délire, je suis méga bouillant.

SPEAKER_01

Ça

SPEAKER_03

part de là. On va venir avec son prononce. On va venir te chercher avec son prononce. Vous me mettez dans la troisième poule

SPEAKER_04

K de Thomas. Excellent. Merci beaucoup les gars. A une prochaine très certainement. et bonne prépa pour la suite. Ça roule, merci beaucoup.

SPEAKER_00

Merci Loïc.

UNKNOWN

Ciao.

SPEAKER_04

Quel claque

UNKNOWN

!

SPEAKER_04

Quel claque cet épisode

UNKNOWN

!

SPEAKER_04

Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura inspiré à vous lancer vous aussi dans vos propres défis et surtout que Thomas, Flavien et Vincent vous auront fait réaliser un peu plus à travers leurs témoignages que le combo passion-détermination peut mener très très loin. Comme chaque semaine, cet épisode vous est proposé entièrement gratuitement. Tout ce que je vous demande en retour, c'est de m'aider à donner plus de visibilité encore à mes invités exceptionnels en laissant une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute, en partageant cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui aiment l'aventure Je vous dis à la semaine prochaine pour un échange avec mon invité Céline Collette qui a décidé de démissionner de chez Google pour devenir athlète de haut niveau en beach volley.