Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Amputé des deux jambes et d'un bras, il randonne sur le GR20 - Jérôme Bernard (Oz'Moov)
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Cette semaine je reçois Jérôme Bernard, un albigeois à l'accent chantant qui a été amputé des deux jambes et du bras droit alors qu'il n'avait que 9 ans 😰
40 ans plus tard, Jérôme est Président de Oz’Moov, une association qui réalise des défis sportifs avec des amputés et qui fait en sorte de faciliter l’accès aux prothèses de type lames carbone en partenariat avec Salomon et l’entreprise française Hopper.
À l’été 2023, il a ainsi emmené 7 autres amputés sur le GR20 pour 4 jours de randonnée sur un sentier réputé difficile !
Un échange fascinant dans lequel on parle de résilience, de reconstruction, de rapports sociaux et, bien évidemment, de dépassement 🔥
Excellente écoute à vous les Frappés 🎧
🎙 Les autres épisodes qui vous intéresseront :
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Apprendre à sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant 🔥
👉 Épisode #138 - La preuve par l'exemple que l'impossible est possible avec Éric, Stéphane et Philip [Réseau Autonomie Santé 🇨🇦]
👉 Épisode #110 - Refaire sa vie après avoir été amputé des deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)
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J'ai discuté d'un peu trop près avec un tracteur agricole et j'ai laissé sur le cou deux jambes et un bras. Personne n'en peut-être beaucoup. Ils sentent les bouts qu'ils n'ont pas. Moi, c'est rigolo. Mes pieds, je les sens, je peux les bouger. C'est complètement hallucinant. Mais le bras, par contre, je ne peux pas le bouger. Je le sens. Il est bloqué, le coude plié. J'ai passé des nuits entières à essayer de débloquer ce coude et je n'ai jamais réussi à le débloquer.
SPEAKER_01Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Cette semaine, je reçois Jérôme Bernard. Suite à un accident survenu alors qu'il n'avait que 9 ans, Jérôme a été amputé de ses deux jambes et de son bras droit. 40 ans plus tard, il est président de l'association Osmove qui réalise des défis sportifs avec des amputés et qui fait en sorte de faciliter l'accès aux prothèses de type lame carbone en partenariat avec Salomon et l'entreprise albigeoise Hopper. A l'été 2023, il a par exemple emmené 7 autres amputés sur le GR20 pour 4 jours de randonnée sur un sentier réputé extrêmement difficile. Un échange fascinant dans lequel on parle de résilience, de reconstruction, de rapports sociaux et bien évidemment de dépassement. Excellente écoute à vous les frappés. Écoute Jérôme, je suis ravi qu'on puisse échanger. Quand Damien m'a contacté pour me parler de Osmove, je me suis dit que ça serait super intéressant. et puis au final j'en sais pas tellement plus je sais que vous êtes allé en course t'as une histoire personnelle un peu particulière qui a fait qu'à un moment donné OZMove a été créé mais c'est à peu près tout ce que je sais donc
SPEAKER_00du coup déjà moi je connaissais pas du tout les frappés jusqu'à il y a un mois donc j'ai pour le coup écouté quelques podcasts et effectivement ça correspond à un certain point à ce qu'on est à ce que je suis moi donc moi pour la faire courte ou longue donc j'ai aujourd'hui 75 donc ça fait 48 ans 49 ans même deux enfants de 12 et 13 ans non de 13 et 14 ans maintenant même donc voilà mon histoire de vie je suis issu d'une ferme de l'Aveyron où j'ai un petit frère de 4 ans et demi de moins que moi l'histoire de la ferme est importante parce que j'ai discuté en 1984 d'un peu trop près avec un tracteur agricole et Donc, mauvais endroit, mauvais moment, tout simplement. Et j'y ai laissé sur le coup deux jambes et un bras.
SPEAKER_01Donc
SPEAKER_00là, tu avais 9 ans, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Voilà, j'avais 9 ans, tout à fait. Donc, je suis amputé des deux jambes au niveau des tibias et du bras droit complet. Donc voilà, pour le coup, c'est justement lui qui m'a posé plus de problèmes dans ma vie que les jambes. On aura l'occasion d'y revenir. Donc voilà, 4 mois d'hôpital, 4 mois de rééducation et puis ma seconde vie a commencé là. Je dis seconde vie parce que le cerveau est quand même bien fait. Je l'analyse comme ça, moi du moins. Pour ne pas que je me prenne la tête avec ce que je pouvais faire avant et ce que je ne pouvais pas faire, je n'ai aucun souvenir d'avoir l'accident. Maintenant, chez les enfants, il y a certaines brides qui reviennent. Mais de façon générale, je n'ai aucun souvenir d'avoir l'accident. C'est assez C'est farfelu comme truc. Quand j'y réfléchis un peu, j'analyse ça avec le fait que je me dis que maintenant, c'est comme ça et ça ne sert à rien de se prendre la tête à savoir comment c'était avant. Est-ce que c'était mieux ou pas mieux
UNKNOWN?
SPEAKER_00Dans tous les cas, ce n'est plus comme ça, donc on va faire avec. Après, c'est mon analyse de comptoir avec un café à la
SPEAKER_01main. C'est ce que j'allais te demander. Est-ce que l'accident en tant que tel, tu t'en rappelles et comment on gère ça à 9 ans
UNKNOWN?
SPEAKER_00L'accident en tant que tel je ne m'en souviens pas lui-même mais par contre je me souviens typiquement du trajet en ambulance de certains points après l'hôpital et ainsi de suite je m'en souviens parce que minérin pendant 4 mois j'en ai chié un peu donc voilà en gros il y a eu j'ai été amputé d'une jambe quasiment d'entrée J'ai été amputé du bras aussi. En fait, je me suis fait attraper par le bras. Donc lui a dû être arraché sur le coup. Et puis, la décision a été prise d'amputer l'autre jambe à un mois ou un mois et demi après l'accident. Donc, je suis tombé sur un chirurgien hyper intelligent à cette époque-là, parce qu'il faut là aussi le remettre dans le contexte de il y a maintenant bientôt 40 ans. J'en suis resté souvent, je dis il y a à peine 30 ans, mais non, il y a maintenant 40 ans, où c'était la préhistoire de… même médicalement c'était un peu la préhistoire de ce qui se fait aujourd'hui et de la prise en charge de la partie que j'appelle au moins intellectuelle du patient c'est des choses qui n'existaient pas donc moi j'ai eu un cul bordé de nouilles dans mon langage de tomber sur un chirurgien hyper jeune qui j'étais son premier gros cas en fait et qui a pris en charge aussi ma façon de penser et la façon qu'il réfléchit à l'avenir tu vois qui a expliqué à mes parents que typiquement par exemple il fallait pas m'aider alors quand j'ai dit ne pas m'aider c'est dans le bon sens du terme c'est à dire que si tu veux t'en sortir à un moment donné il faut pas qu'on fasse une chose à ta place il faut que t'apprennes à la faire et voilà et donc c'est beaucoup plus dur de faire ça que de faire à la place des gens c'est quelque chose donc j'ai eu des parents qui ont été qui ont été une tuerie et qui ont fait que j'en suis là aujourd'hui avec avec les alors avec le caractère que j'ai, certes, je pensais que celui-là, il était inné, mais voilà, qui n'ont pas fait les choses à ma place et qui m'ont laissé faire, sachant que c'est, encore une fois, beaucoup plus dur et quand tu vois ton gamin qui n'arrive pas à se relever et que tu ne vas pas l'aider, sur le coup, moi, je leur en voulais, mais au final, ils étaient sûrement en train de pleurer derrière la porte de ne pas venir m'aider, mais c'est ce qu'il fallait faire. Donc, voilà, et puis c'est pareil, tu vois, la prise en charge psychologique de l'entourage, c'est des choses qui n'existent pas, qui ne n'existait pas, je ne sais pas aujourd'hui. Je ne peux pas parler au présent. Mais voilà. Moi, j'ai eu la chance d'avoir un entourage qui a été hyper bon et qui fait que j'en suis là aujourd'hui. pour plein plein de raisons on va y revenir sur l'évolution de ce que je suis mais voilà et encore une fois il faut le remettre dans le contexte de l'époque si tu veux aujourd'hui aujourd'hui l'handicap est rentré dans les mœurs il faut le prendre avec des pincettes ce que je dis mais c'est rentré dans les mœurs et il y a l'évolution de la société fait que c'est quand même beaucoup plus simple que ce que ça pouvait l'être il y a 40 ans. Et que ce soit pour
SPEAKER_01moi ou pour mon entourage. Par rapport à ce que tu viens d'expliquer sur le fait que les mœurs sont changées, la phase juste après, c'est l'adolescence finalement. À partir de quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_0190
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, on va dire 90. Même un peu avant. Il faut savoir que c'est toujours pareil. J'étais à l'Occident. Peut-être que j'étais un CE2. J'avais deux ans à faire ensuite dans une petite école de village où c'est plutôt cool pour le coup. Parce que tout le monde te connaît, tu n'es pas anonyme. Même si sur les grosses écoles de ville, en primaire, tu n'es pas anonyme. Mais là, si tu veux, tous les parents se connaissaient. C'était un petit bled. Donc, tout le monde a joué le jeu. Jouer le jeu, ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ça veut dire adapter les choses un peu en fonction de moi et faire que je ne sois pas exclu sur plein de trucs. Donc, ça, c'est bien. Après, l'adolescence, c'est une autre problématique. Sachant que moi, j'étais pensionnaire à partir de la sixième parce qu'on était loin du collège. Après, j'étais déjà pensionnaire au centre d'éducation puisque quand j'avais 9 ans, le centre d'éducation était à, on va dire, 4 heures de route de chez moi. Donc, en gros, je partais le dimanche après-midi à 14 heures de chez mes parents. Et je rentrais le vendredi soir à 11 heures au
SPEAKER_01minimum. À 9 ans.
SPEAKER_00Et en novembre. Donc, tu grandis vite. Déjà, tu grandis vite parce que tu as perdu des bouts de toi et qu'il faut que tu continues à vivre. Et puis, tu grandis vite parce que tu apprends à te débrouiller tout seul. Là aussi, il faut faire attention aux mots qui sont employés. Mais ouais, en novembre, je partais la semaine entière dans un centre d'éducation à, je ne sais plus exactement, mais on va dire à 4 heures de route. Donc, à côté de ça, le centre d'éducation, c'était cool parce que j'étais le petit... déjà j'étais le plus cassé du groupe j'étais le plus petit du groupe donc j'étais la mascotte et j'étais le chouchou donc c'était des moments qui étaient hyper cool mais hyper durs parce que t'es livré à toi même alors que t'es en avant et encore une fois quand je dis livré à moi même c'est pas c'était des endroits qui étaient faits pour mais il n'empêche que t'as beau être un CE2 tu pars tu passes en gros 48 heures chez tes parents, mais quand je dis 48 heures, c'est réellement 48 heures. C'est-à-dire que tu comptes les nuits là-dedans. Donc, c'était une autre époque, mais qui, encore une fois, aujourd'hui, je pense que j'ai un caractère qui fait que je n'ai pas envie de me laisser abattre, même si des fois, ça arrive. Mais de façon générale, j'ai toujours envie de me sortir. Et puis, le centre d'éducation c'est un endroit cool si tu rentres t'as pas de jambes et il te manque un bras et tu repars tu marches donc au final
SPEAKER_01en 4 mois c'est quand même cool parce que enfin tu fais bien ça fait une super transition le mince c'est quoi le terme c'est appareillage c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00oui
SPEAKER_01l'appareillage l'appareillage à ce moment là du coup dans le 84 85 ça ressemble à quoi d'un point de vue technologique
SPEAKER_00alors que ça ressemble à un pied en bois avec rapidement quand tu es amputé, tu as ce qu'on appelle le moignon, le bout qui reste. En gros, il y a un prothésiste, c'est le métier de faire des prothèses justement. Dans mon cas, des prothèses tibiales, il vient faire un plâtre et en fait, il crée un appareil qui colle à la forme du bout qui te reste puisqu'il n'y en a pas deux pareils. Donc tu as quelque chose là qui est hyper rigide avec un manchon, donc c'est la partie qui se met entre ton corps et la partie qui était en résine à l'époque, qui est en mousse recouverte de peau de cheval. C'est des choses qui sont... Il y a des gens qui marchent encore avec ça, mais qui étaient plutôt archaïques. Et puis un pied en bois rigide, donc sans cheville. En gros, ça ressemble à ça. Alors, je n'ai jamais marché ou je n'ai pas souvenir d'avoir marché avec des jambes de pirate. J'ai toujours eu des pieds, donc... puis les chaussures en fait ce qui amène de la stabilité et puis quand t'es amputé double c'est hyper important parce que si tu mets juste un tube t'es comme sur des échasses et t'as pas l'équilibre donc voilà c'était un appareillage alors la problématique aussi au départ c'est que ça prend du temps parce que il faut que tu cicatrises du coup le temps de cicatrisation fait que les bouts qui te restent changent sans arrêt donc voilà il y a des adaptations à faire alors j'allais dire H24 non mais de façon très fréquente et voilà pour rebondir un peu sur ce que tu me disais sur l'adolescence c'était aussi une des grosses problématiques c'est à dire que quand t'es ado tu grandis et quand tu grandis ce qui a été fait sur mesure va plus très rapidement donc en gros schématiquement voilà c'est pour me faire plaindre un petit peu mais on va dire qu'il fallait changer les prothèses tous les 6 mois et il te faut 3 mois pour t'y habituer donc à quelque chose de près voilà si tu vois l'idée c'est un peu c'est une des problématiques de l'adolescence quand t'es quand t'es amputé et que t'as un appareil âge qui est sur mesure donc si t'as la chance de pas grandir et de faire une poussée d'un coup au pire t'en chies que pendant 2 ans si t'as pas de chance et que tu as une croissance régulière t'en chies jusqu'à ce que t'aies plus de
SPEAKER_01croissance et toi dans
SPEAKER_00ton cas
UNKNOWN?
SPEAKER_00moi dans mon cas en même temps que je te disais ça je suis en train de réfléchir dans quel cas j'étais sincèrement et je sais pas trop j'ai changé fréquemment, il y a eu des passages hyper compliqués parce qu'en plus c'est toujours pareil, c'était en 84 quand ils ont déjà réussi à me garder en vie et ils ont fait avec ce qu'ils pouvaient, donc après il y a eu pas mal de chirurgie reconstructive qui là aussi du coup fait que on m'a repris esthétiquement mais c'est plutôt de la reconstruction, tous les bouts qui me restaient et tout ça, ça fait que pendant ce temps là déjà tu peux pas marcher, une fois que c'est fini il faut tout recommencer à zéro parce que les prothèses vont plus donc voilà tu vois il y a la croissance et puis il y a aussi dans mon cas il y a la partie reconstruction qui a été super bien faite et j'ai eu raison de le faire mais c'est sûr quand t'as 14 ans et qu'on te dit que tu vas pas marcher pendant 4 mois c'est un peu relou au final maintenant j'en ai eu plein de meilleures décisions dans ma vie mais celle là en fait partie t'en chies à un moment donné mais tu sais que toute ta vie après tu ça va te suivre.
SPEAKER_01Et peut-être pour terminer sur la partie adolescence, socialement, ça se passe comment à ce moment-là
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que tu disais que tu passes dans un environnement où tout le monde se connaît, peut-être...
SPEAKER_00Ouais, alors socialement, pour le coup, c'est toujours pareil, le fait d'être pensionnaire, en fait, a eu un gros avantage, c'est parce que tu vis en communauté, donc il y a quand même, dans l'ensemble, plutôt de l'entraide, moi, socialement, ça s'est plutôt bien passé. Tu vois, j'ai jamais eu de notion de harcèlement, alors il y a toujours... des moments où quand t'es adolescent il y a toujours des choses qui vont pas et c'est sûr que c'était amplifié par mon état sauf que je pense qu'il y a des fois où je mettais ça sur le fait de mon état alors que c'est juste que c'est des ados qui parlent entre eux et qui sont pas toujours hyper intelligents ou hyper sympas entre eux mais de façon extrêmement générale ça s'est plutôt hyper bien passé et là aussi moi je l'analyse plus sur le fait que quand t'es enfant j'étais pas on était un petit groupe donc tu sais que tu vas passer la semaine avec les mêmes gens au final moi ça s'est plutôt bien passé que ce soit collège, lycée alors oui après il y a le fait que tu ne puisses pas faire du sport comme les autres à partir du moment où tu t'es mis dans la tête qu'il y a des choses que tu ne ferais pas et qu'il faut trouver des moyens de s'intégrer autre que ces moyens là qui sont ce que j'appelle moi standard donc Mais dans l'ensemble, sincèrement, je n'ai pas eu de moqueries, de problématiques complexes. Après, c'est toujours pareil. Le fait d'être différent fait que tu te poses plein de questions. J'ai une façon d'expliquer ça. Sur les relations amoureuses, par exemple, c'est compliqué au départ parce que tu n'as pas envie de te faire ramasser à cause de ça. donc du coup tu oses pas pas rentrer dans une notion de séduction ou de demande quelle qu'elle soit parce que juste t'as pas envie de te faire rentrer pour ça puis au final une fois que ça a fonctionné et que t'as osé passer le cap les fois d'après si tu te fais rentrer c'est juste parce que t'es emboulé et ça a rien à voir avec le fait que t'es pas de jambe mais il faut arriver à passer ce cap là et ce qui fait que dans mon cas ça a été un peu long et et voilà donc ça ça pourrait être des problématiques liées à l'adolescence et liées à l'handicap mais c'est plus des problématiques qui sont intérieures très perso en fait et c'est pas l'interaction avec les autres en fait c'est moi qui me mettais des limites à un moment donné parce que justement parce que t'as pas envie de te
SPEAKER_02faire
SPEAKER_00mal en fait et que voilà et puis c'est même ici là je fais le malin sur le fait que je fais plein de trucs que c'est cool et que il y a des fois où c'est quand même complexe complexe à tout niveau, c'est-à-dire que c'est dur, ça fait mal, ça fatigue, le cerveau peut arriver à partir d'un sucette à un moment donné, parce que la vie est quand même, de fait, à partir du moment où tu es amoindri, et c'est pareil, quand je dis ça, les gens me disent, tu dis ça, ou quand je parle du fait d'être anormal, c'est pas péjoratif, c'est que je suis hors normalité, tout ça fait qu'il y a des adaptations à faire sans arrêt, Et donc voilà, ça prend de l'énergie, ça prend la tête de temps en temps. Et il faut là aussi accepter qu'à un moment donné, il y ait des grosses baisses de régime et qu'au final, tout un chacun peut en avoir. Et moi, quand je dis nous, c'est Andy au sens large du terme, c'est encore plus normal qu'il y ait des passages où ça soit compliqué. Donc si tu veux, moi... En dehors de l'adolescence, de façon récurrente, il y a des moments où, clairement, mon cerveau me dit stop. Parce que t'as passé un moment où t'avais des douleurs plus que d'habitude, donc t'es fatigué, et puis c'est des cercles vicieux qui rentrent en jeu, et puis voilà. Donc en gros, c'est des choses aussi qu'il faut dire clairement. Ce n'est pas le truc super fun, mais à un moment donné, c'est un discours qu'il faut que nous aussi, les personnes dans mon cas qui ont une... qui ont une vitrine telle que là tu vois c'est important à un moment donné de dire ouais on fait plein de choses bien on fait plein de trucs cool mais il y a des moments où il faut accepter que ça aille un peu
SPEAKER_01moins bien carrément je pense que c'est aussi ça qui est super intéressant pour des gens qui sont pas dans ta situation c'est de comprendre un peu l'envers du décor la partie immergée de l'iceberg plutôt c'est ça alors
SPEAKER_00moi j'ai une facilité d'en parler tu vois à chaque fois qu'on fait des sorties donc avec l'assaut dont on parlera tout à l'heure ça fait partie d'un discours que je me force et que je me dois d'avoir. Parce qu'en fait, tu t'aperçois que les gens qui viennent de se faire amputer, clairement, des néo-amputés, tu viens de perdre un bout de toi. Donc, déjà là, c'est logique qu'à un moment donné, tu n'ailles pas bien. Et puis, le problème, c'est que nous, on embarque des gens, on leur montre ce qu'on peut faire malgré cette différence. Donc, ça, c'est cool parce que le fait d'être moteur et de montrer ce qui... peut être fait. C'est-à-dire qu'à partir du moment où tu as des prothèses, où tu arrives à remarcher et que tu veux faire autre chose, ça peut être du sport, ça peut être plein de trucs. Il y a de grandes chances que ce soit faisable. Il y a des solutions techniques qui sont là pour qu'on puisse le faire. Mais il faut aussi accepter qu'il y a des moments où ça ne peut pas le faire. Moi, je me mets un point d'honneur à avoir ce discours-là. Et justement, je m'en suis aperçu de ça donc on en parlera tout à l'heure si tu veux quand on parlera de l'assaut sur le premier gros événement qu'on a fait le soir à l'apéro en fait c'est vachement bien de faire un apéro après un événement comme ça parce que ça permet de délier un peu les langues et voilà c'est là où je me suis aperçu que ce discours là il était extrêmement
SPEAKER_01important ok bah écoute on en parlera mais ça faisait de toute façon j'allais rebondir sur toi quand est-ce que t'avais eu cette réalisation que c'est ok qu'il faut être qu'il faut accepter finalement les périodes de down
SPEAKER_00ouais alors quand est-ce que je l'ai accepté sincèrement j'en sais rien c'est parce que tu y passes après moi ça fait 40 ans que je suis comme ça donc si tu veux j'ai eu là aussi des douleurs qui font que la nuit tu dors pas donc la nuit ça te permet de réfléchir à plein de choses et entre autres à ça et puis au final tu t'aperçois que c'est comme tout c'est le genre de problématique quand t'as des moments de down si tu l'acceptes déjà le travail il est à moitié Donc ça, quand est-ce que je l'ai compris, sincèrement, je n'en sais rien. C'est de l'expérience et des histoires de vie qui font qu'aujourd'hui, quand ça ne va pas, tu sais que ça ne va pas, tu laisses tomber. Enfin, tu ne laisses pas tomber, mais au contraire, tu prends les choses en main pour que ça aille mieux, mais plutôt que de se laisser tomber trop bas. Donc voilà, c'est des expériences de vie. Je pense que c'est ça. J'ai eu une grosse problématique de douleurs, ce qu'on appelle des douleurs fantômes. Ça, c'est un truc qui est totalement foireux, c'est-à-dire qu'en gros, tu sens les bouts que tu n'as pas. Donc, tous ceux qui m'écoutaient, je suis désolé, vous allez me prendre pour un saucisson ou un sauvage, mais en gros, on sent, les personnes amputées dont on a mal beaucoup, sentent les bouts qu'ils n'ont pas. Moi, c'est rigolo, par exemple, mes pieds, je les sens, je peux les bouger. C'est complètement hallucinant, mais le bras, par contre, je ne peux pas le bouger, lui. Il est je le sens, il est bloqué, le coude plié, et j'ai jamais, j'ai passé des nuits entières à essayer de débloquer ce coude, et j'ai jamais réussi à le débloquer. Et encore une fois, ne me prenez pas pour un dingue, je vous assure
SPEAKER_01que je suis fier. Non, ça pour le coup, je pense que c'est, enfin en tout cas, je ne vais pas te faire manquer une généralité, mais j'en avais déjà entendu parler, et puis il y a un bon moment quand même, les douleurs sur les membres amputés, par contre je n'avais jamais entendu, tu vois ce que tu viens d'expliquer, sur le fait que tu En fait, tu peux... Ces membres que tu sens qu'il n'y en a plus, en fait, que tu peux les bouger. Ça, je n'avais jamais entendu.
SPEAKER_00Oui, oui, voilà. Moi, je peux les bouger. Je peux en faire ce que je veux, des pieds. Et le bras, je te dis, il est bloqué, le coude fermé. Et la main, elle bouge en fonction de l'autre. C'est-à-dire que si j'ouvre ma main gauche, donc qui me reste, je sens ma main droite s'ouvrir
SPEAKER_01aussi.
SPEAKER_00Oui, en mode miroir. Oui, voilà, c'est en mode miroir. Alors, c'est assez bizarre, oui. Donc ça, le fait de le sentir n'est pas un problème. Par contre, le fait d'avoir des douleurs là-dessus, ça, c'est extrêmement relou parce que tu ne peux rien... C'est des crises qui, pour mon cas, qui durent encore de temps en temps, tu vois, 40 ans après. Récemment, il y a 7-8 ans, j'ai fait des séances d'hypnose qui m'ont sacrément amélioré les choses. Mais ça reste encore de temps en temps de temps en temps de la vraie. Donc, quand ça t'empêche de... Voilà. C'est de là qu'on est parti. C'est que quand ça t'empêche de dormir, tu as le temps de réfléchir à plein de choses. Et entre autres, tous ces trucs-là, c'est des réflexions que j'ai souvent la nuit sur comment je suis arrivé là, qu'est-ce qui fait que... Pourquoi ça ne va pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi ça va
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et puis, qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer et d'une, ma vie à moi, et puis de deux, essayer d'améliorer aussi la vie de mes semblables en fait on est dans une période où on a des moyens tels que celui-là de pouvoir passer un discours ou montrer ce qu'on fait donc comment aider ceux qui se retrouvent comme moi il y a 40 ans avec les moyens qu'on a aujourd'hui et avec du coup comment amener mon expérience en fait et comment expérience énergie on peut tourner dans tous les sens mais comment faire pour qu'ils galèrent moins que moi j'ai
SPEAKER_02galéré
SPEAKER_00voilà de façon générale c'est un peu ça ce qui m'anime aujourd'hui sur des sur de l'extra pro et sur et voilà un des discours que j'essaye de faire passer c'est à dire encore une fois voilà on peut faire plein de choses malgré une différence sachez qu'on peut le faire c'est peut-être pas le bon moment pour vous c'est peut-être pas le bon le bon truc mais déjà le fait que sachiez que c'est faisable, à un moment donné, dans tous les cas, vous
SPEAKER_01aidez. Complètement. J'ai tellement de questions pour toi, mais peut-être comme on vient de parler des douleurs membres... C'est quoi le terme exact
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est douleur fantôme
UNKNOWN?
SPEAKER_01Douleur fantôme, oui. En fait, si tu devais l'expliquer à quelqu'un comme moi qui n'a aucune idée de ce que c'est, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est des douleurs intenses, très
SPEAKER_00localisées
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, si tu veux, ça a été pendant 30 ans des douleurs lancinantes, c'est-à-dire des fourmis, des des petits coups de temps en temps des petits coups c'est des c'est surtout des notions de fourmis en fait alors moi ça a été H24 pendant 30 ans alors c'est pas le cas de tout le monde il y en a qui ont de temps en temps donc l'hypnose m'a résolu ça donc c'est à dire que j'ai plus mal tout le temps ce qui est quand même un truc de fou parce que c'est là où tu t'aperçois que la douleur est fatigante et qu'elle est problématique parce que quand tu l'as plus en fait c'est un sacré point moins et aujourd'hui moi ce que c'est ce que j'appelle des crises qui sont habituellement très courtes. Il y en a une qui a duré un peu plus longtemps que d'habitude. Et là, pour le coup, moi, c'est comme si on te plantait un couteau dans le pied toutes les minutes. C'est-à-dire que c'est quelque chose qui ne dure que deux secondes, en fait. Mais c'est toutes les minutes. Donc, c'est hyper galère parce que tu ne peux pas dormir. Parce que voilà. Du coup, plus tu es fatigué, plus tu as mal. Et plus tes gamins, ils se font engueuler pour rien. Et plus tu envoies chier tout le monde. Et ça,
SPEAKER_01médicalement, ça s'explique comment
UNKNOWN?
SPEAKER_00Aujourd'hui, ça ne s'explique pas trop, justement. Il y a plein d'études là-dessus qui sont faites. Il y a des protocoles qui sont en train de se mettre en place. Mais aujourd'hui, il n'y a rien de... si tu veux, s'il n'y a pas de cachet qui fait que, du coup, tu n'as plus mal.
SPEAKER_01Mais les sensations, tu vois, les sensations dans des membres que tu as plus, ça, on sait l'expliquer
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, ça, c'est parce qu'en fait, ton cerveau, il a grandi en ayant ce membre-là. Donc, même si tu lui enlèves, en fait, l'influx nerveux, il part toujours. D'accord. Donc, voilà. En gros, c'est… Mais voilà, il faut prendre avec des pincettes. S'il y a des toubibs ou des trucs qui m'écoutent, ils vont peut-être me démonter. Mais voilà, je ne vais pas me casser l'autre bras. Je suis gentil. Je suis gentil. expliquer juste ce que je ressens mais voilà c'est du en gros si je parlais je me suis pas intéressé récemment mais quand j'avais je n'étais intéressé il ya une vingtaine d'années cette explication c'est un peu simple c'est que en gros le membre pour ton cerveau il est toujours
SPEAKER_01d'accord
SPEAKER_00d'ailleurs c'est Tu vois, il y a des gens qui, lors de l'amputation, s'aperçoivent de suite qu'ils sont amputés et où leur cerveau fait un reset et où ils n'ont jamais de membre fantôme. J'ai quelqu'un en particulier à qui je pense qui n'a jamais eu de membre fantôme. Donc, c'est hyper cool. Et lui, au moment de l'accident, ce qu'il a expliqué, c'est qu'il s'est aperçu de suite que ça ne l'était jamais plus. Donc, autant que son cerveau a fait un reset comme moi, il l'a fait, tu vois, sur ma vie intérieure. Mais c'est des suppositions. Voilà, il n'y a rien aujourd'hui. D'ailleurs, je pense que s'il y avait quelque chose... comment nous soigner. Enfin, on nous a levé ces douleurs-là. Après, il y a maintenant, il y a quelques médicaments qui existent. Il y en a un que j'ai pris il y a une dizaine d'années. Ça me mettait en croix. J'ai dû prendre 10 kilos en trois semaines. Et puis, ça voulait dire prendre sa vie. Donc, c'était remplacer une problématique par une autre. Donc, j'ai lâché l'affaire. Mais voilà. Donc, maintenant, j'ai quelques crises de temps en temps qui sont reloues, mais qui sont moins problématiques. problématique que ce qu'elles étaient avant et donc voilà mais après le fait de sentir c'est un côté c'est un côté fun aussi et ce cas c'est que j'ai plus de réflexes aujourd'hui avec mon bras c'est à dire qu'à un moment donné je m'étais sérieusement posé la question c'est typiquement lors d'un accident de voiture c'est moi qui conduisais j'ai eu le réflexe de tenir mon ami de l'époque avec le bras que j'ai pas donc tu vois c'est des choses qui pouvaient être problématiques par contre et ça a priori je l'ai plus parce que récemment pareil il y a eu un un truc qui aurait pu merder et la logique aurait voulu que je le rattrape avec le bras droit et je me suis retourné pour le rattraper avec le bras gauche donc c'est que le réflexe n'y est plus à mon niveau donc à partir de là il n'y a plus de risque voilà je ne sais pas si après c'est pas des trucs super fun mais ça fait partie ça fait partie de nous de façon générale Oui, complètement. Des fois, les gens me prennent pour un dingue parce que, justement, quand je disais que c'est comme si tu as un coup de poignard dans le pied, de temps en temps, ça ne prévient pas, ça t'arrive. Donc, tu peux être en train à réunion, au boulot ou à table avec quelqu'un et tout d'un coup, je sursorte comme un dingue parce que je viens de me ramasser un coup de couteau dans le pied. Donc là, c'est rigolo parce que ça ouvre les discussions habituellement. Au début, les gens, ils ont un peu peur et puis voilà. C'est ça libère les paroles sur ce point là donc voilà sur les membres fantômes de ce que je peux t'en dire de façon
SPEAKER_01générale et professionnellement par curiosité on a parlé de l'adolescence et de ton enfance mais après professionnellement dans les grandes lignes sans
SPEAKER_00faire donc j'ai fait collège et lycée bac général pour le coup deux ans de fac où c'était n'importe quoi donc je suis parti à l'IUT l'IUT informatique et du coup j'ai bossé dans une SS de vie pendant pendant 15 ans et là je suis maintenant pareil informaticien mais dans une administration au département du temps pour les cités donc voilà une vie pro pro alors normal façon de parler mais si tu veux à partir du moment où voilà moi j'ai l'accident à 9 ans si je veux vivre je dois bosser c'est ni plus simple ni plus compliqué que ça et puis et puis le fait de avoir une vie sociale liée au taf, c'est quand même aussi hyper important. Donc, si tu veux, le fait de continuer... Enfin, pour moi, je n'ai pas continué. J'ai eu une vie normale entrecoupée de trois incidents de parcours. Mais sinon, voilà, c'est une vie qui... Encore plus dans notre cas, le fait d'avoir une vie sociale est extrêmement important parce que tu te renfermes sinon de façon rapide. Et voilà. Après, c'est lié à chacun. Mais voilà, pour moi, il était hors de question de vivre de l'AAH et de l'inconscient handicapé et de trois aides que l'État pouvait m'apporter, ce qui est super bien que ça existe. Je ne suis pas du tout en train de remettre ça en cause, mais dans mon cas, il était hors de question de rester qu'avec ça et de rester chez
SPEAKER_02moi.
SPEAKER_00Donc, c'est de la rouchie, c'est une chose de caractère, non, mais c'est juste la vie. Ce n'est pas parce qu'il moins que deux ou trois bouts que David
SPEAKER_01ne doit pas
SPEAKER_00être normal entre
SPEAKER_01guillemets. C'est super intéressant cette notion de lien social et en fait j'en avais parlé, forcément je pense que j'ai personne dans mon entourage qui est dans une situation de handicap donc c'est pas quelque chose que j'avais en tête sur l'importance du lien et le fait que si tu n'agis pas en tant que personne en situation de handicap tu peux te retrouver isolé et en fait ça a été un peu une prise de conscience dans un épisode récent avec un trio québécois qui a créé une association qui s'appelle Réseau Autonomie Santé et ils font d'ailleurs il y a pas mal de parallèles avec Osmove peut-être qu'on en parlera un peu plus tard mais ils font des courses inclusives donc ils donnent la possibilité à des gens qui sont en situation de handicap physique ou mental de participer à des courses des courses normales en fait pour les valides et eux ils s'insèrent là-dedans et avec tu vois typiquement des fauteuils des joaillettes, etc., pour emmener des gens. Et ils expliquaient le truc qui m'avait vraiment marqué, enfin, le point qui m'avait marqué dans l'échange, c'était cette reconnexion sociale, en fait, que permettait le sport pour ces personnes-là. Et j'avais trouvé ça super
SPEAKER_00intéressant. Mais dans tous les cas, nous, on peut mettre l'accent dessus parce qu'on est handi et qu'automatiquement, on a une... Tu peux avoir des aides quand même en France qui te permettent d'avoir un minimum de revenus très faible tu seras en dessous du seuil pour voter mais il n'empêche que tu auras quelque chose si tu ne bosses pas et si à un moment donné ton handicap arrive là et que tu n'as pas tu vois si tu n'as pas un entourage qui t'aide à passer le cap si tu n'as pas le mental pour passer le cap si tu n'as pas ça tu peux t'enfermer là-dedans et donc ce lien social et puis là parce que mine de rien quand tu vas au boulot même si tu n'as pas le moral ou si tu n'es pas en forme ou si tout le monde te fait chier tu vas quand même au boulot et au final tu vois des gens alors tu peux les aimer ou pas les aimer c'est pas le problème mais au moins tu vois des gens et t'es pas bloqué chez toi sur ton canap à regarder BFM en boucle où il n'y a rien de méga fun à voir où c'est pas ce qui fait que tu vas repartir avec un sourire de dingue alors que quand tu vas au taf dans une asso ou autre tu peux arriver en n'ayant pas le moral et avoir envie de faire chier tout le monde et bien ça peut être aussi le cas quand tu repars le soir, mais de façon générale, tu auras vu des gens et au minimum, dans la journée, il y aura quelqu'un qui t'aura fait sourire. Et ça, c'est hyper important. En plus, tu vois, je ne parle même pas du fait de se sentir utile parce que moi, ce n'est pas du tout ça qui m'a animé à un moment donné. Ce n'était pas malgré ma différence, je veux me sentir utile. Non, je vais bosser parce que c'est la vie de bosser. À un moment donné, si tu veux gagner de l'argent, tu vas bosser. Et puis aussi, de rencontrer et de voir des gens, c'est cool. donc voilà je pense que ce lien social il est extrêmement important là on parle de boulot mais on va faire exactement le parallèle avec le sport c'est à dire que quand je parlais d'assaut c'est exactement ça c'est à dire quand tu vas faire du sport c'est rare que tu le fasses tout seul ou même si tu fais un sport individuel où tu vas courir ou faire du vélo au final tu vas quand même croiser des gens et rencontrer des gens et dire bonjour à des gens et ça c'est chouette et ce lien social il est indispensable à moi sens, mais pas pour nous, oui, certes, mais pas que pour nous. Tu vois, on peut faire le parallèle aussi avec le fait que le sport est extrêmement important. Aujourd'hui, on est dans un monde où on parle beaucoup de sport santé, c'est-à-dire qu'on commence à prendre conscience quand même que de faire du sport, c'est bon pour la santé. Et faire du sport, ça peut être juste marcher 2 km pour aller chercher le pain. C'est clair. Quand on parle de sport, c'est pas non plus aller prendre un dosage c'est une viative voilà c'est ça une viative autre que de prendre la voiture et de tu vois plein de petits trucs comme ça et donc on en parle beaucoup donc ça c'est indispensable pour tout un chacun et pour nous ça l'est encore plus c'est sûr que là tu vois moi ça fait 4 mois que le sport je peux pas en faire pour plein de raisons pour plein de raisons et au final je m'aperçois que j'ai mal au dos j'ai mal partout donc juste il faut y taper dedans et une fois qu'il tape dedans tu te sens mieux c'est
SPEAKER_02tout
SPEAKER_00et ton corps se sent mieux c'est tout couillon mais donc voilà tu vois moi un kiné qui me disait à un moment donné t'es condamné à faire du sport alors pour le coup il y a pire comme condamnation mais tu vois mais il empêche qu'il a raison c'est à dire que plus j'y tape dedans plus tu tapes dans la machine même à 50 ans mieux tu te portes alors tu peux te péter des choses tu peux faire plein de trucs mais ton état général en fait moi je le vois c'est clair d'être précis dès que j'arrête le sport j'ai mal au dos j'ai fait comme toute personne qui commence à devenir un peu moins jeune que ce qu'elle était. Tu vois, là, à 50 ans, tu t'aperçois qu'il y a des trucs qui déconnent un peu plus que quand t'avais 20 ans. C'est pareil, c'est pas le fait d'être handicapé. Je pense que ça le fait un peu plus, mais de façon générale, ben voilà, t'es vieux, t'es vieux. En gros. Donc voilà, c'est pas l'inclusion, c'est le lien social. Il est indispensable sauf que quand tu as des problématiques comme nous des incidents de vie moi ça m'est arrivé en novembre donc en novembre tu n'as rien à péter tu veux juste remarcher et recouvrir et refaire rejouer avec des potes et rencontrer des nanas ça c'est un peu plus tard qu'en novembre mais voilà quand ça t'arrive à 40 ans cette notion de lésion sociale est extrêmement
SPEAKER_01importante
SPEAKER_00ouais
SPEAKER_01Alors justement, ça fait une super transition avec ce que tu fais aujourd'hui pour les néo-amputés, c'est un
SPEAKER_00terme qui... C'est mon terme à moi, mais
SPEAKER_01je ne sais pas si...
SPEAKER_00Après, moi, j'ai un vocabulaire qui est très
SPEAKER_01perso. Mais voilà, on m'a déjà évoqué plusieurs fois, du coup, une asso, l'asso, Osmove. Est-ce que tu peux nous expliquer dans les grandes lignes ce que vous faites et comment l'asso est comment l'assaut est né et tout ce que vous
SPEAKER_00faites l'assaut est né alors là il va falloir prendre 3-4 minutes en gros moi je faisais du vélo parce que il y a 30 ans courir avec des prothèses c'était compliqué surtout en étant amputé double donc j'ai fait du vélo puis j'ai eu deux enfants comme je disais tout à l'heure qui ont maintenant 13 et 15 je raconte que des conneries depuis tout à l'heure en fait donc quand ils sont nés j'ai arrêté le vélo parce que j'avais moins de temps et surtout je me suis dit que ça serait cool de courir avec eux et que au moment où ils sont nés j'étais incapable de courir donc j'ai cherché des solutions les solutions c'était d'acheter des lames pour courir donc des lames c'est schématiquement c'est un petit bout de carbone en forme de C qui est un peu un ressort donc que tu mets à la place de ton pied et qui te permet de courir, donc qui te permet de rebondir un petit peu. Donc voilà, sauf que je me suis rapidement confronté à un problème de prix, à savoir que quand j'ai acheté les miennes, donc il y a maintenant sûrement une bonne dizaine d'années, ça valait 5500 euros chacune, sachant que moi j'en fais deux. Ça est hors emboîture, c'est-à-dire hors partie, ça c'est que la partie qui remplace le pied. Le pied est prothétique qui nous permet de marcher normalement. On la lève, on met la lame à la place. Sauf que la levée et le remède, ce n'est pas toujours si évident que ça. Habituellement, on a une prothèse qui nous sert qu'au sport, c'est-à-dire une emboîture, la partie qui est en contact avec le moignon qui te reste. En gros, c'était déjà 5 500 plus cette partie-là. Schématiquement, si personne ne m'avait aidé, il aurait fallu que je sorte un chèque de pas loin de 20 000 euros. Donc déjà 11 000 pour les lames, plus 9 000 pour les emboîtures. Alors les prix ont un peu changé maintenant, donc il faut les prendre un peu avec des pincettes. Mais en gros, 5 500, c'était le prix d'une lame à cette époque-là. Et l'emboîture au-dessus, tu rajoutes un peu. Donc moi, j'ai trouvé des solutions de financement par du mécénat, par du sponsoring. C'est-à-dire que j'ai pris mon bâton d'handicapé qui veut courir. J'ai été voir des gens et je leur ai demandé s'ils ne voulaient pas m'aider à acheter des lames. des jambes bon pour le coup j'ai trouvé très bien sauf que en fait il y a l'autre problématique aussi alors tout ça je t'explique mais tu vas comprendre le pourquoi c'est important sur la notion de création de l'assaut là aussi c'est que j'ai sorti ce chèque là pour m'acheter des jambes mais sauf que je ne savais pas si j'arriverais à les utiliser parce qu'il peut y avoir plein de raisons la première raison c'est que ça ne te plaise pas donc si toi tu veux te mettre à courir tu vas dans ton magasin de sport préféré tu achètes une paire de baskets tu y mets 50 euros, tu y amènes 500 si tu veux y amènes 500. Si tu ne cours pas, tu as perdu 50 euros. Moi, déjà, si le sport ne me plaisait pas parce que ça peut arriver, ce n'est pas parce que tu es amputé que de courir, ça va te plaire. Ou si physiquement, je n'avais pas pu parce que mes moignons, à la base, on met de l'impact quand même sur un bout de corps qui n'est pas fait pour. C'est-à-dire, vous avez un pied et des talons, moi, j'ai un moignon. Donc, mon moignon, il n'est pas fait à la base pour y mettre autant d'impact dessus. donc voilà je savais pas si ça allait fonctionner ou pas j'ai eu de la chance c'est que le sport m'a plu et que j'ai pas eu de problématiques de blessure donc j'ai continué donc au pire l'argent que j'avais mis il était abonnéciant donc voilà j'ai couru comme ça j'ai fait quelques courses sur du 10 bornes en gros sur de la route la piste parce que c'est ce qui me plaisait et puis je me suis dit quand même mais c'est hallucinant à ce prix là voilà pas plus c'était une réflexion que j'avais depuis longtemps je me suis mis en fait il se En gros, je trouvais ça très cher. Après, il y a plein de gens qui vont l'écouter, ce qu'on dit, donc il faut faire attention quand même. Je fais gaffe à ne pas me faire démonter après. Et puis, on allait chercher mon gamin à l'école. Je discute avec le papa d'une copine à mon fils qui rentrait du boulot, donc qui bosse chez Airbus. Je lui demande ce qu'il fout là-bas. En gros, il était en train de bricoler des pièces de la 350 et qui est un avion qui est quasiment tout en carbone. Et puis là, ça fait-il que j'avais mes lames dans la main. Tu fais voler des avions, tu ne peux pas me faire courir. Et donc, j'ai montré ce que c'était une lame, celle que j'avais à moi. Et j'ai dit, tu prends du carbone et tu me fabriques un équivalent pour moins cher, pas plus. Donc ça, ça a duré un an ou deux. On en a discuté. Puis chacun avait ses obligations. Puis est arrivé un appel à projet de l'école des mines, qui est une école d'ingénieurs albigeoise, où il y a une antenne albi, l'IMT. Donc, j'appelle un projet, Benjamin, mon pote ingé d'Airbus, il me dit, on va aller leur présenter le projet des lames et puis on va voir ce qu'il en sort. Donc, pour la faire courte, on est tombé sur un groupe de huit étudiants avec qui ça a matché. Donc, du coup, on leur a expliqué... En gros, on leur a dit, vous avez un ingé... qui bosse Airbus, qui peut avoir du matériau à un moment donné, qui peut vous aider à des calculs, à prototyper. Vous avez moi, le bras cassé ou l'handicapé du groupe, qui est capable, si vous lui donnez des lames, il les testera. Donc voilà, c'est parti de là, ni plus ni moins. Le projet, normalement, doit durer 4 mois. Donc en 4 mois, il y a eu une étude de fait. On a eu la chance, nous, de pouvoir prototyper parce qu'Airbus nous a donné à ce moment-là du carbone, donc on a pu faire un prototype qui m'ont donné, que j'ai testé je t'expliquerai après tout à l'heure comment je les ai testés et puis on s'est dit mais en fait ça fonctionne et on tient quelque chose sauf que normalement le projet devait s'arrêter au bout de 4 mois ils reprennent leurs études et puis on a eu un coup de chance pour nous c'est que le Covid est arrivé à savoir que les étudiants leur stage à l'étranger ont été annulés donc du coup ils ont continué à bosser sur le projet parce que ça leur plaisait et parce que de voir courir un mec qui avait pas de jambes c'était quand même plutôt cool pour eux Airbus avait plus d'avions à faire voler schématiquement donc ils ont pu nous aider à développer la lame en question donc voilà c'est tout un tas de choses comme ça il y a un des étudiants qui a appelé Salomon en leur disant nous on est en train de bricoler une lame pour faire courir des personnes amputées sauf que comme une voiture il y a un pneu, là la lame il faut qu'on y mette une jonction entre le sol et la lame donc« Salomon, c'est votre boulot de faire des semelles. Vous le faites plutôt bien. Est-ce que vous ne voulez pas nous aider
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Et au final, là aussi, en gros, ils n'avaient plus d'athlètes à faire courir. Donc, du coup, ils nous ont aidés. Et en est sortie une entreprise maintenant qui est albigeoise. Il y a quatre personnes qui bossent à temps plein et qui vendent ses lames. Donc, on a réussi à diviser le prix par deux, en gros. Et aujourd'hui, on a une… Donc ça, ça tourne. Donc pourquoi l'assaut maintenant
UNKNOWN?
SPEAKER_00Sur ce que je te disais tout à l'heure, c'est qu'en gros, une entreprise qui aujourd'hui fabrique des lames, te les prête pendant 15 jours pour voir si ça te va. Sauf qu'en 15 jours, tu ne peux pas savoir si la course va te plaire, si ton corps va arriver à suivre. Donc depuis un petit moment, on me trottait dans la tête de monter une asso pour pouvoir acheter du matériel, de sport, donc en particulier des lames, et pour pouvoir les prêter à des gens pendant un laps de temps un peu plus long, c'est-à-dire qu'on est parti dans l'idée de prêter pendant 3 mois. Alors pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour que les gens puissent se tester, justement, et avant de passer le cap de l'achat, sachent que, d'une, ils vont s'en servir, et de deux, ça va leur plaire et que ça va leur apporter quelque chose. Donc voilà de quoi est parti l'assaut, au départ, donc avec, là aussi, des étudiants de l'économie, donc c'est aussi hyper intéressant parce que, comme je disais tout à l'heure, moi je suis un peu moins jeune qu'avant, car et donc on a une asso qui est menée par des gens de générations différentes, par moi qui suis amputé, mais après par des petits jeunes qui sont totalement valides et qui sont juste là pour venir filer un coup de main à ceux qui en ont besoin. Donc en gros, c'est ça. Donc cette asso, elle est partie de là. Et puis, on a, du coup, avec Salomon aussi, monté un projet, on s'est dit que ça serait quand même sympa de faire un événement. Moi, ça me tournait dans la tête aussi depuis une dizaine d'années. Au début, c'était d'aller faire le GRV en Corse pour moi, au départ. Et puis là, Salomon, il m'a dit, on va prendre un sommet dans les Alpes de 3000 mètres parce que 3000 mètres, c'est un chiffre rond qui était marquant. Et l'idée, c'est qu'on va essayer de prendre plusieurs amputés comme toi et on va les monter là-haut. Donc de là, on s'est dit, OK, on va On était... Donc, pour le coup, il y avait Hopper, les gens qui fabriquaient les lames. Il y avait moi, avec l'assaut qu'on a monté aux moves. Il y avait Boris, qui est une autre association aussi, Level Up, qui était dans le cas. Et en gros, on s'est dit, on va... On va faire quelque chose de sportif, mais moi, je tenais absolument, et c'est quelque chose qui m'anime depuis longtemps, c'est de mettre du social et de l'humain là-dedans, c'est-à-dire que ce ne soit pas que sportif. Donc, l'idée, ça a été d'associer des valides à des amputés et de partir en week-end en montagne et au final, d'arriver à faire un sommet à 3 000 mètres. Donc ça, c'était en 2021. 2021 donc en gros voilà on est parti un vendredi soir on a donné rendez vous à tout le monde au bord d'un au bord d'un lac de montagne dans la vallée de la Vanoise. Et tout le monde s'est présenté là parce que l'idée aussi, c'était que les gens ne se connaissent pas spécialement avant. Et en gros, on va passer le week-end ensemble et toi et toi, vous allez être en binôme et vous allez passer le week-end à vous entraider. Au départ, on pensait que c'était le valide qui allait aider l'handi. C'est ce qui s'est passé sur la partie physique. Mais au final, on s'aperçoit que sur ce genre d'événement, tout le monde a ressort grandi, que ce soit les amputés parce qu'ils se sont prouvés qu'ils pouvaient faire des choses qu'il ne pensait plus possible et de la même façon ce qu'il en ressort à chaque fois c'est que les valides prennent une claque de vie je ne sais pas si c'est spécialement ça mais c'est juste de se mettre au service de l'autre à un moment donné est quand même extrêmement important et fait que on s'aperçoit que quand on aide son semblable on en ressort grandi et c'est quelque chose qui est plutôt quand même sacrément intéressant mais en gros les valides à chaque fois qu'on a fait plusieurs événements comme ça au final ce qui leur ressort c'est que ils souhaitent à tout un chacun de vivre ce genre d'événement au moins une fois
SPEAKER_02dans
SPEAKER_00sa vie parce que tu apprends encore une fois tu apprends Le fait que le groupe peut aller sacrément loin quand il est en groupe, justement. Le fait que d'aider l'autre, c'est quand même hyper sympa. Le fait que de dire merci, c'est hyper sympa. Il y a plein de petites choses comme ça qui font que... qui
SPEAKER_01font que c'est plutôt bien le fait je pense principalement j'ai jamais fait d'événements comme ça mais pour avoir fait déjà plusieurs épisodes avec des des personnes notamment des amputés et pour avoir eu des dizaines et des dizaines de retours sur ces épisodes là en particulier j'imagine que l'énorme dose d'inspiration elle vient aussi du fait d'être témoin de ce que vous arrivez à faire en ayant une jambe en moins deux jambes en moins
SPEAKER_00un bras en moins ouais voilà alors
SPEAKER_01ça si tu veux c'est
SPEAKER_00toujours pareil moi moi vie elle a toujours été comme ça en gros c'est ce que je disais moi j'ai fait ma première vie je m'en souviens pas donc ma vie elle a toujours été comme ça donc j'ai ça moi ça me paraît ça me paraît banal le fait de voilà on s'est dit on va aller faire une rando ok on va faire une rando mais il est vrai que pour tout un chacun le fait de ne pas avoir de jambes fait que tu vas avoir du mal à marcher ce qui est vrai des fois mais tu vas pas pouvoir faire de rando tu vas pas pouvoir faire d'escalade tu vas pas pouvoir faire de ça paraît improbable donc oui ce que qu'il en ressort à chaque fois, c'est waouh, vous y arrivez et puis vous y arrivez plutôt
SPEAKER_02bien.
SPEAKER_00Parce que tu t'aperçois que sur les randos, la vitesse de rando, en fait, elle est la même qu'un valide. Je ne dis pas qu'un sportif de haut niveau et qu'un trailer de haut niveau, mais je parle bien de rando. C'est-à-dire qu'une rando, tu la fais avec des valides. En fait, au final, on s'aperçoit que ce n'est pas nous, amputés, qui ralentissons l'expédition. Donc ça, c'est des choses qui marquent les gens, effectivement. Et c'est des choses que moi, je n'avais pas appréhendées avant parce que pour moi, c'est banal. Le fait que tu n'aies pas de jambes, ce n'est pas ce qui va t'empêcher de faire ce que tu as envie de faire. Encore une fois, moi, je dis ça parce que je n'ai pas trop de problèmes physiques, parce que je peux le faire et que j'ai envie de le faire
SPEAKER_02surtout.
SPEAKER_00On s'est aperçu que ce jour-là, il y a une personne qui m'a marqué en particulier c'est Michel à cette époque là il avait 63 ans je crois amputé depuis ses 23 ans et en gros il avait jamais remis les pieds en montagne parce que depuis tout le temps on lui a toujours dit que c'était pas faisable donc voilà si tu veux quand Michel au final il te dit alors lui il a eu une phrase qui était hallucinante c'est que il nous a dit que s'il nous avait connu 20 ans plus tôt sa vie aurait pas été la même donc tu vois quand tu prend ça souvent j'ai dit que ce 3000 j'étais pas prêt parce que humainement j'étais pas prêt à prendre ce genre de phrase en pleine tronche et puis ce jour là on s'est dit il faut qu'on continue on ne peut pas décemment ne pas refaire à ce genre de choses et ne pas d'aider d'autres personnes donc voilà d'où est né en fait l'assaut aux mouvs l'idée c'est de prendre en plus de prêter des lames donc ça c'est C'est indépendant de la sauce. Aujourd'hui, on a un stock de 10 lames qui tournent tous les 3 mois chez les gens qui veulent se remettre au sport. Ça veut dire qu'on donne la possibilité à des personnes de se remettre au sport. C'est hyper cool. Au final, l'idée, c'est qu'ils se testent et si jamais ils veulent, ils passent le cap de s'acheter une lame et de se mettre des objectifs qui leur appartiennent et qui sont les leurs. Ça peut être, comme je disais tout à l'heure, d'aller chercher le pain en petite foulée ou alors ça peut être de se taper un marathon si la personne veut se taper un marathon. Ou de faire du sprint. Il y a 4 ans, j'ai fait une saison de sprint sur Albi parce que ça me titillait depuis longtemps et c'était plutôt chouette. Mais de ne pas se mettre de limite en fait. En gros, mon objectif à moi c'est de montrer aux gens que les choses sont faisables après à ces personnes là d'en faire ce qu'ils veulent nous on leur a prouvé qu'ils pouvaient faire des trucs qu'on leur avait dit qui n'étaient pas faisables parce que c'est encore des discours qui traînent et qui sont toujours là ou parce que eux s'étaient mis des limites à se dire mais c'est pas pour moi et puis comment tu veux que moi j'arrive à faire ça je vais te montrer que tu peux y arriver quand j'ai dit je vais te montrer c'est que C'est qu'on va te
SPEAKER_01montrer.
SPEAKER_00La preuve par l'exemple. Moi, je suis là. Oui, je sais que je peux marcher, que je peux courir, que je peux faire du vélo, que je peux faire plein de trucs. Mais tout le monde n'a pas cette capacité à se tester et à partir du principe que c'est faisable et puis si vraiment ça ne l'est pas, ce n'est pas grave. Mais on va quand même tester avant de dire que ce n'est pas faisable. Depuis tout petit, j'ai fait tout plein de sport alors du matériel qui existait ou qui n'existait pas mais je fais du ski debout je fais l'escalade je me suis testé mais avec là c'est le bras qui manque au bout d'un moment quand tu lâches le bras pour attraper l'autre prise c'est je savais avant que ça ne pouvait pas fonctionner mais maintenant je vais tester je sais que ça ne peut pas fonctionner c'est voilà sur le papier ça paraissait logique que ça ne fonctionne pas et dans la vraie vie ça n'a pas marché mais voilà tu vois mais après de se mettre des limites mais des bonnes limites c'est à dire voilà tu veux faire de l'escalade alors qu'il te manque un bras complet il y a sûrement des solutions pour le faire mais c'est pas il y a d'autres sports mais de faire quelque chose voilà Michel qui était passionné de montagne qui n'était jamais remonté en montagne tu te dis mais c'est pas possible et tout ça parce qu'il s'était mis dans la tête ou on y avait mis dans la tête que c'était pas faisable donc ça c'est si tu veux je peux pas l'entendre donc et je suis tombé sur des gens euh avec qui on a monté cet assaut qui partent avec la même idée que moi qu'on ne peut pas entendre ce genre de discours donc ok on va vous montrer que vous allez y arriver et que surtout ça va vous faire grandir donc du coup on a fait en 2021 ce pic de rulle la pointe de l'observatoire dans les Alpes 2022, on a fait un week-end d'aller Pyrénées cette fois-là. Toujours sous le même format, c'est en gros une marche d'approche pour arriver à un refuge. Là, ça te permet de marcher un petit peu en montagne, de voir un peu comment tu réagis au dénivelé et puis juste de te montrer que randonner, ce n'est pas si compliqué que ça, même si tu n'as pas de jambes ou si tu n'as qu'une jambe à moins ou... Le second jour, c'est l'objectif. Pour le coup, dans les Alpes, c'était le 3000. Dans les Pyrénées, c'était le pic de rue. Redescendre au refuge. Et le lendemain, on redescend en voiture et on s'en va. Alors, pourquoi c'est aussi important de ne pas repartir juste après la rando où il y a eu l'objectif
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est que déjà, ça rajouterait un peu de rando et Une fois que tu arrives au refuge, tu peux redescendre en voiture. Et puis aussi, la dernière soirée dans le refuge a un gros intérêt parce que tu peux te boire à trois bières sans problème parce que l'objectif a eu lieu et que c'est là où les discussions
SPEAKER_02ont
SPEAKER_00lieu et que notre but à nous aussi, il y a l'objectif sportif, mais cet objectif de faire grandir les gens, ce n'est pas... Il faut faire attention avec ce mot« grandir», mais c'est de leur... de les faire évoluer et qu'il y ait un moment donné, un moment de discussion ouverte avec d'autres amputés, ce qui n'est pas toujours le cas non plus, dans un endroit qui est hors confort habituel, avec un verre à la main, avec un bon repas, déconnecter les trois quarts du temps de tous les réseaux parce que ça ne passe pas. C'est un tout qui fait qu'il y a beaucoup de choses qui se disent dans ces moments-là et qui sont extrêmement importants pour les gens, en fait. Voilà, donc on en parlait tout à l'heure, tu vois, sur le fait d'avoir conscience qu'il y a des moments où on peut ne pas aller bien. Entre autres, toujours pareil, Michel, là, on était dans un sujet sur le 3 000, et donc j'expliquais, moi, que je ne sais pas comment on a été venu à cette discussion-là, c'est là où je me suis aperçu de l'importance de faire passer ce discours-là. J'ai dit, mais moi, il y a tous les 5-6 ans, j'ai un Le passage à vide m'est compliqué parce que je suis vidé physiquement, parce que plein de choses. Et puis là, Michel, il me dit« Oui, mais ça t'arrive à toi aussi
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Il me dit« Mais je n'ai jamais osé en parler.
UNKNOWN»
SPEAKER_00mais merde t'as 65 ans t'as un chi depuis 40 ans pour le coup parce qu'il avait 23 ans quand il a eu l'accident et c'est couillon de pas avoir réussi à parler de ça parce que parce que voilà le fait qu'on en ait parlé ensemble le soir je suis sûr que ça lui a fait du bien à lui ça lui a fait du bien à moi ça m'a fait du bien à moi tu vois c'est juste des choses qui et tu peux le dire parce que t'es dans un cadre t'es dans un cadre différent t'es avec plusieurs personnes qui sont dans le même cas que toi t'es avec plein de valides mais qui ont passé une journée à randonner avec toi et pas plus et Au final, il y a une phrase de Tim qui m'avait marqué. Au début, c'était des binômes. Chacun s'occupait de son binôme. Au final, c'était 20 personnes qui randonnaient ensemble et qui parlaient du film qu'ils avaient été voir la veille. Tout en ayant ce côté hyper bienveillant de filer un coup de main quand il y a un problème, de porter des bâtons quand il faut porter des bâtons. Au final, on on s'aperçoit que c'est un groupe qui va faire quelque chose ensemble. Et pour le coup, que ce soit les handis ou les valides, il n'y a plus de... Il fait cette différence, elle n'est plus là. Parce que c'est de faire un truc ensemble, un truc fun. Et voilà. Vu que cet événement-là, on s'est aperçu que ça avait... Je dis souvent que ça avait du sens. Parce que déjà, c'est cool, tu fais quelque chose de fun avec des gens qui sont fun quand même dans l'ensemble. Et puis, ça apporte quand même quelque chose à plein de gens. Sur le 3000, on n'avait pas que des néo-amputés. tu vois typiquement il y a Michel qui était amputé depuis 40 ans il y avait moi depuis l'année 40 aussi et sur le donc on a fait le pic de rue dans les Pyrénées et puis là cet été on est parti alors moi ce Gervais là en Corse il me titillait depuis longtemps ça me ouais et du coup on s'est dit bien sûr il faut qu'on le fasse avec l'assaut il faut qu'on le fasse avec on va prendre des bras cassés pour le coup et on va aller faire quelque chose de sympa Donc, on est parti faire… Donc, on a fait une cinquantaine de bornes. On a fait quatre dernières étapes. Une cinquantaine de bornes avec trois mille et quelques de députés. Voilà. Sur quatre jours. Donc, une journée où on s'est tapé 20 bornes sous orages. C'était plutôt rigolo. Dans des refuges en Corse. Donc, c'est pareil. On dormait en tente tous les soirs. Donc, tu vois, ça met un peu de côté dur et d'inconfortable qui… Là aussi, pour tout un chacun, c'est déjà bien. Mais pour des gens comme nous, c'est… On parlait tout à l'heure de l'adolescence du regard de l'autre. Typiquement, là, le regard de l'autre, au bout d'un moment, tu t'aperçois que les gens, ils n'en ont rien à péter. En fait, que tu aies une jambe à moins ou une jambe à plus, c'est juste qu'ils sont… Eux aussi, ils sont en rando. Eux aussi, ils sont en tente. J'ai un exemple typique sur la Corse. Sur la Corse, on a appris… On va repartir à zéro. On a appris… Donc, on était huit amputés. donc il y avait moi qui suis déjà un peu cassé quand même après on avait un amputé fémoral donc fémoral ça veut dire qu'il faut rajouter la partie mécanique du genou ou électronique on avait une amputé quadruple donc c'est à dire qu'il manquait les deux jambes comme moi et les deux avant-bras on avait Claire qui elle est désarticulée de hanche c'est à dire qu'il lui manque une jambe entière complète donc là on rajoute en plus mécaniquement une hanche ok Donc, voilà, on a dit... Et après, des amputés simples, quand je leur dis des amputés basiques, là, c'est déjà à qui manque une jambe, un tibia. Et donc, on avait, entre autres, Maël et Corentin, qui étaient amputés depuis moins d'un an, en condition de l'urbanisme.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_00pourquoi ça c'est important parce que au final quand on est arrivé le première nuit on l'a passé dans un gîte et c'est rigolo parce qu'on regardait moi et puis les personnes de l'assaut on regardait comment réagissaient un peu les gens qui étaient amputés et c'est rigolo entre autres les nanas et c'est pas du tout pour faire la diff entre les deux mais c'est juste le regard de l'autre est un peu différent en fonction de ça tu vois se cacher pour enlever la prothèse se... c'était dans la chambre mais ce qui en soit peut être normal et au final le dernier jour au dernier refuge où il y avait les tentes t'avais des jambes partout dehors tout le monde se changeait donc en fait le boulot on a fait notre boulot c'est à dire que l'acceptation du regard de l'autre pour ces personnes qui viennent de se faire amputer et l'acceptation de leur différence elle a fait un bon qui est incommensurable. C'est-à-dire que Maëlle, entre autres, qui a une vingtaine d'années, donc je te dis, elle a été amputée depuis moins d'un an. Sur l'acceptation de son handicap, on lui a fait gagner, je ne sais rien, on lui a fait gagner 3 ou 4 ans. Donc, c'est ça qui est extrêmement important. En plus du fait qu'ils se sont prouvé que physiquement, ils pouvaient se taper 5 à 2 morts dans la montagne. Mais ça, au final, tu vois, je le mets quasiment au second plan, parce que moi, perso, ce qui m'anime le plus, c'est la partie humaine. Alors, pour que cette partie humaine et acceptation et autres, elle soit efficace, il faut que ce soit dur. Là, les 50 bornes, c'était dur, réellement. C'est-à-dire qu'on en a chier. Mais cette difficulté fait que ça a servi à quelque
SPEAKER_01chose,
SPEAKER_00en fait. Donc, tu vois, le côté sportif, il est extrêmement important dans le sens où le fait d'arriver à faire quelque chose de dur qui fatigue ou en partant tu te dis mais j'arriverai jamais à monter là-haut ou j'arriverai jamais à descendre là-bas parce que c'est encore plus compliqué pour nous de descendre que pour monter au final tu l'as fait et voilà et puis tu vas dormir en tente donc au bout d'un moment si tu veux que ça dure pas des plombes ta prothèse tu l'enlèves en dehors de la tente et si tu dois aller doucher t'as pas peur de demander à quelqu'un de te
SPEAKER_02porter
SPEAKER_00et tu vois ça c'est hyper c'est hyper chette moi ça me ça me fait triper à chaque fois. Je te dis, le dernier jour où il y avait des jambes partout et où tout le monde n'en avait plus rien à péter de savoir qu'il y avait une jambe en plus ou en moins, mais c'est trop bien. Tu te poses à côté et tu souris. Donc, c'est plutôt chouette. Donc, ça, c'est la seconde partie de l'assaut. C'est ces événements-là qui font que là aussi, cette mixité, elle est importante parce que le fait que les gens ne se connaissent pas avant. là typiquement les gens ils se sont rencontrés sur le bateau les binômes les gens c'était jamais vu avant et tu vas quand même passer une semaine une semaine à randonner en montagne sous la flotte et à dormir dans le détente donc c'est cool après on a eu ouais exactement après on a eu de la chance d'avoir un casting qui a été une tuerie parce que c'est le genre d'événement où tu voilà à un moment donné ça match pas du tout et tu sais que ça va durer une semaine ça peut être long
SPEAKER_01mais c'est ce que j'allais te dire parce que pour avoir deux dans les participants d'eux amputés depuis moins d'un an déjà en termes d'état d'esprit ça souligne quand même une volonté de vite rebondir
SPEAKER_00alors pour le moment vu que l'assaut n'était pas encore connu c'est des gens qu'on a sélectionné nous en fait qu'on a sélectionné par du Bushawai il y a des protégistes, il y a des gens dans les centres il y a des gens d'autres assauts qui nous disent cette personne là je pense que ça pourrait être intéressant Tu vois, pour plein de raisons. Parce que déjà, ils savent que physiquement, ils vont y arriver. Parce qu'il y a la volonté, parce qu'il y a ça, et puis parce qu'aussi, il y a un besoin de... À un moment donné, je prends l'exemple de Maël, mais parce que c'est juste, voilà, quand tu vois le... Quand tu vois son sourire qui est tous les soirs encore meilleur que la veille, ben c'est, ouais, le boulot, il est fait. Et quand je dis le boulot, c'est pas... Voilà, je le prends pas comme un taf, c'est parce qu'on y va, on s'éclate. Mais si tu vois que les gens que tu as pris en sorte quelque chose d'aussi fort il y a Sandrine elle a un peu plus de 40 ans elle a été amputée suite à une récidive de cancer elle m'a envoyé un message au retour je te l'enverrai par écrit si tu veux tu le mettras ou tu le mettras pas comme tu veux elle m'a autorisé à l'écrire mais quand tu vois son message à elle déjà tu pleures un petit peu tu vas te doucher tu attends que ça passe et puis tu te dis que qu'en fait, c'est cool ce qu'on a fait. Donc, on va continuer. Génial. Donc, on va continuer. Voilà, l'idée, tu vois, c'est exactement ça. C'est ce que je dis souvent, c'est d'offrir aux gens ce que moi, je n'ai pas eu. Et il faut faire attention avec ça parce que j'ai été super bien entouré. J'ai une famille de dingues. J'ai eu des potes qui... J'ai un groupe de potes qui sont juste une tuerie parce qu'il n'y a jamais eu de... Si tu veux, là aussi, moi, j'ai eu de la chance d'avoir avoir des gens qui m'ont proposé, on y va. On fait des choses qui, logiquement, ne sont pas faisables avec des prothèses. Et justement, le discours, eux, ils ont eu le discours contraire. Contrairement à tout ce qu'on a dit à Michel pendant toute sa vie. Moi, j'ai eu la chance d'avoir des gens qui ne m'ont pas dit toute ma vie, mais tu ne peux pas le faire. Au contraire, ils m'ont dit, on y va. Il y a des fois, ça a emmerdé, tant pis, ce n'est pas grave. Et eux, ils ont continué. Moi, j'ai arrêté parce que parce que c'était trop dur parce que c'était trop pas intelligent voilà il y a plein de choses mais voilà
SPEAKER_01j'ai
SPEAKER_00eu cette chance là c'est ça que t'évoques par exemple
UNKNOWN?
SPEAKER_00il y a plein de choses que j'évoque sur le fait de mais voilà il y a des moments où j'en sais rien moi aller faire du snorkeling par exemple alors que t'as pas de jambes pas de bras t'avais pas nagé on y va on va se débrouiller on va trouver des solutions ça il peut y avoir du surf il peut y avoir plein de choses qui sont faisables ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Bon, l'escalade, pour le coup, c'était sûr que ça allait merder, mais ça a merdé. Mais voilà, tu vois, moi, j'ai eu cette chance-là. Mais après, j'avais pas... j'avais pas de genre moteur parce que c'était encore une fois c'était une autre époque j'ai eu cette chance là mais j'avais j'avais 25 ans donc j'avais déjà j'avais déjà 15 ans d'amputation parce qu'avant il n'y avait pas il n'y avait pas les réseaux qu'il y a aujourd'hui il n'y avait pas il n'y avait pas internet tout simplement c'est couillon à dire mais c'est exactement ça donc quand t'étais du fin fond de ta campagne t'étais déjà content de pouvoir marcher ce qui était cool mais tu savais pas qu'il y avait plein d'autres choses qui étaient
SPEAKER_01faisables
SPEAKER_00ou du matos qui existait parce que t'avais pas l'info et voilà Encore une fois, c'était un autre monde. Mais aujourd'hui, moi, ce que j'ai envie d'apporter aux gens, c'est ça. C'est juste d'entrer, de leur dire, sachez que vous êtes capables de ça. Donc, si vous êtes capables de ça, vous êtes capables de boîte mille trucs. Maintenant, à vous d'en faire ce que vous voulez. Moi, c'est plus mon problème. Ce n'est pas du tout ça le mot. On vous a montré que vous pouviez le faire. À vous de rebondir et de vous servir de ça pour grandir. Alors après, l'assaut, l'idée aussi, c'est d'être toujours présent. Quand il y a des courantèmes à elle, ils m'ont appelé plusieurs fois parce qu'ils ont des questions de gens qui ne sont pas habitués à être amputés. Donc il faut que là, nous aussi, on ait notre rôle à jouer, les gens comme moi qui le sont depuis longtemps. Et juste de dire, voilà, ce point-là, ce n'est pas grave. Ça peut être un point mécanique, technique, une petite blessure qui te paraît insurmontable et qui, au final, nous, on l'a déjà eu à moult reprises. Donc ce n'est pas grave, ça va passer et puis ça ira très bien. Mais voilà, il faut qu'on ait aussi ce rôle-là de ce que j'appelle de suivi, c'est-à-dire juste de jouer le grand frère et celui qui a l'expérience du fait de ne pas voir de jambes. Et ça permet justement de répondre à des questions qui sont très terre-à-terre souvent. Mais il n'y a pas de notion, il n'y a pas de question taboue, il n'y a rien, c'est juste si tu as une question qui est liée à ça, pose-la. Encore une fois, il peut y avoir des questions très techniques ou très intimistes ou voilà on parlait des relations amoureuses tout à l'heure ou du regard de l'autre c'est pareil c'est des choses qui sont pas si évident que ça quand tu te retrouves avec un beau amour alors pas évident parce que se posent plein plein de questions mais c'est normal et il faut qu'on se serve de ce genre de notre assaut et de ce genre d'événement pour tisser ces liens et que les personnes qui sont venues à un moment donné avec nous sachent qu'on est là et qu'on pourra répondre à n'importe quelle question à n'importe quel moment. Parce que le but aussi, c'est de ne pas reprendre plusieurs fois les mêmes personnes. Tu as compris depuis le début, l'optique, c'est de montrer aux gens que c'est faisable. Alors, on refera des sorties avec les gens qui gèrent à 20 et bien sûr, on va refaire des choses ensemble. C'est sûr, mais sur les événements avec l'assaut elle-même ou cette optique d'aider les gens à grandir, ce n'est pas se mettre en avant que de dire ça. C'est juste, avec nos moyens, essayer de leur montrer qu'ils peuvent faire des choses. Excuse-moi,
SPEAKER_01je t'ai coupé, du coup. Non, non, pas du tout. Comme tu parlais des questions qu'il ne faut pas hésiter à poser, j'en ai une, du coup, que je me pose depuis que tu me parles du GR20. Tu l'as mentionné rapidement, le fait que les descentes, c'est des galères à gérer. Concrètement, comment vous faites
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que sans avoir le mécanisme du pied qui permet d'amortir,
SPEAKER_00etc. Alors, souvent, en fait, le pied au-delà, quand même. Le pied au-delà, on a des pieds pour le coup on l'a fait avec des pieds de marche ou de rando donc c'est des pieds qui ont une certaine dynamique donc c'est des pieds souvent en carbone qui ont un petit peu d'amorti mais alors très peu pour le coup qui sont intéressants pour la marche donc sur les randos comme ça alors on fait déjà le concept d'être en binôme c'est là où il prend tout son sens c'est à dire que tu descends à deux que tu te tiens l'autre en fait après on ne descend pas contrairement à vous, du coup, vous avez... Je suis en train de te montrer, mais du coup, tu ne vois pas. Vous avez... Je me fais fatiguer. Vous avez la cheville, c'est-à-dire que tu peux allonger ton pied, en fait. Donc, quand tu descends, mettre ton pied dans la pente et toi être droit. Nous, on ne peut pas ça. Donc, souvent, on se met de côté, c'est-à-dire qu'on descend sur le côté, pour que le pied soit plat dans le sens de la
SPEAKER_01descente. Quand tu parles de
SPEAKER_00pied, ce n'est pas les lames. Les lames, c'est... Non, alors, les lames, c'est réellement pour courir. Là, sur la Corse, par exemple, on on l'a fait avec des pieds de marche avec des chaussures de rando. D'accord, ok. Alors, le 3000, on l'a fait avec des lames, par exemple. Oui, parce que je suis sur le
SPEAKER_01site du Hopper et je vois, du coup, il y a la photo là où vous êtes.
SPEAKER_00Voilà, donc le site du 3000, le 3000, on l'a fait avec des lames parce que les Alpes, ce n'est pas aussi le même, ce n'est pas le même profil que ça peut être dans les Pyrénées où c'est moins, c'est moins technique, entre guillemets, sur des pas technique, le fait d'avoir les pieds permet une certaine stabilité. Donc pour le coup, voilà. Donc l'idée, c'est ça, c'est de descendre sur le côté. Tu vois, il y a ça, il y a le fait de désescalader sinon, de descendre dans la
SPEAKER_01mer,
SPEAKER_00tout bêtement, manière de pouvoir se tenir avec les mains aussi. Et puis les bâtons, c'est pareil, les bâtons amènent un appui qui est quand même assez hallucinant. Moi, tu vois, quand j'ai le bâton, par exemple, en plus j'ai qu'un bras, donc j'ai le problème de déséquilibre, mais le bâton... Moi, le bâton, il me sert à rattraper mon équilibre sans arrêt en descente. En fait, on a fait la première étape. Il y a Guillaume sur les Gervais. Il y a Guillaume Peretti qui est venu avec nous. Guillaume Peretti, c'est un trailer. Je ne sais pas si tu vois qui c'est. Qui avait le record du temps à Gervais à un moment donné. Et donc, qui est un ultra trailer. Et qui me suivait derrière. Et il me dit, mais en fait, quand on te regarde marcher, c'est un perpétuel miracle. Parce qu'il me dit, on voit le bâtons qui part à droite à gauche mais parce qu'en fait voilà c'est des habitudes c'est à dire tu reprends un peu d'équilibre par des par des petits appuis et bon mais ça c'est très propre à moi parce que j'ai comme moi plus de jambes à moins donc tout ça ça complexifie un peu le tout mais tous ceux qui ont les deux bras en fait ils y servent des bâtons pour justement pour soulager la jambe la jambe amputée sur les appuis et en fait sur les descentes il faut vouloir il faut pas vouloir aller vite il faut poser ses appuis proprement ouais Mais bon, ça tu glisses une fois ou deux et puis tu le comprends tout seul. Mais je pense que c'est la même chose pour des valides. C'est que dans tous les cas, si tu veux faire un peu trop vite et sans trop réfléchir, ça te rappelle à l'ordre et puis la fois d'après tu fais attention. Donc voilà, en gros, la descente est dans tous les cas plus compliquée, aussi plus compliquée parce que si tu veux, quand tu montes, ça c'est très mécanique en fait. C'est-à-dire que quand tu montes, ça appuie sur l'arrière du moignon, automatiquement. Et l'arrière du moignon, vous, vous avez votre mollet. Nous, on a ce qu'on appelle... Il y a des restes de mollet, en fait. Donc, c'est ce qu'on appelle les chairmolles. Donc, il n'y a pas de problème. Par contre, quand on descend, ça appuie sur le devant du moignon. Et le devant du moignon, c'est comme vous, en fait. Il y a le tibia et il y a juste la peau dessus. Vous, devant, si tu touches ta jambe, en fait, tu vois que tu n'as que le tibia. Sauf que nous, du coup, l'appui en descente, il se fait sur ce devant-là. Et encore une fois, un moignon, à la base, ce n'est pas fait pour marcher. C'est fait pour faire un tibia. C'est fait pour soutenir une cheville et sous la cheville il y a un talon donc c'est normalement le talon qui fait nous on est là dessus donc la descente est plus compliquée pour ça avec des risques de blessures sur le bout parce que là c'est dur donc tout bêtement c'est très mécanique en fait mais encore une fois ça se fait
SPEAKER_01et justement sur la partie prévention des blessures qu'est-ce que vous pouvez faire sur un défi comme le GR20 où c'est très long il y a du
SPEAKER_00choc ouais mais c'est un peu la même chose que vous déjà c'est avoir de l'entrée un peu avant de la musculation. C'est toujours pareil, la musculature fait que tu vas mieux tenir que si tu n'es pas musclé. Donc, si tu as des quadris qui tiennent la route, ton genou va tenir et du coup, ta prothèse va mieux tenir. Donc, tu vas moins glisser et ainsi de suite. Et après, de la même façon que vous, vous préparez vos pieds, il y a des pommades anti-frottements, des traitements à mettre avant. Et puis après, c'est de la bobologie, c'est-à-dire que c'est c'est des petites irritations. Donc, il faut les traiter tous les soirs. Il faut être hyper attentif. Il faut être hyper à l'écoute de notre corps. Le moins petit bobo, en fait, pour prendre des proportions qui sont... Comme si vous, vous faites une blessure sous le talon, exactement. Sauf que sous le talon, oui, il est dur et il est plus... il est fait pour ça en fait donc voilà c'est en gros c'est écouté sur Gervais on est parti donc on était 27 en tout on est parti avec 8 amputés 10 valides qui étaient qui servaient de binômes entre guillemets c'est à dire que pour Béatrice par exemple il y avait 2 personnes Béatrice elle est quadruple amputée là pour Claire qui est désarticulée de hanche elle c'est pareil il y avait 2 personnes en gros on était 10 valides 8 amputés et donc ça laisse ça laisse 9 personnes. Donc, il y avait le staff Osmo, les personnes de l'assaut, plus un kiné, une infirmière et un prothésiste. Parce que l'idée, c'est de mettre toutes les choses de l'autre côté. Maintenant, on le sait, mais sur le coup, quand même, on ne savait pas trop où en aller. On savait que ça allait être compliqué. Moi, je n'avais pas appréhendé la difficulté de plein de passages. Je n'avais pas appréhendé, entre autres, la difficulté... des personnes amputées de porter leur sac parce que du coup on était quand même en quasi autonomie sur quatre jours en dehors des tentes donc les tentes et les repas du soir étaient fournis par les refuges mais sinon tout le reste on a tout porté
SPEAKER_01pendant quatre jours donc vous aviez quasiment 10 kilos chacun
SPEAKER_00on avait 10 à 12 kilos plus des petits bouts de pièces pour les prothèses plus ce qu'il te faut déjà pour quatre
SPEAKER_01jours
SPEAKER_00et puis ce qu'il te faut pour nous c'est décuplé parce qu'il faut prévoir plein de petits bouts pour les prothèses justement, c'est à dire qu'il faut pas que tu te mettes en échec sur une merde mécanique, alors le prothésiste déjà il en a porté un sacré paquet mais en fait les gens ils m'aiment bien avant de venir avec moi, le prothésiste qui est venu c'est mon prothésiste le kiné c'est mon kiné donc en fait je suis parti avec des potes donc c'était juste une tuerie mais ouais voilà avant il m'aimait bien en fait mais voilà parce que du coup tout ça pour dire qu'au final des amputés je suis le seul à avoir porté le sac tout le temps les autres à un moment donné on aurait dû clairement sur cette partie là on aurait dû l'anticiper donc ça veut dire que les personnes du staff entre autres se sont tapés entre 2 et 3 sacs tout à l'heure donc là pour le coup eux c'est des valides mais c'est pareil sur le coup m'aimait moins mais non mais voilà il y a eu des Sherpas qui étaient compliqués donc si on refait ce genre de choses je pense que juste cette partie là tout a été sincèrement on a été bon partout mais cette partie là on prendra ça dépend si on va en Corse on prendra des ânes si on va ailleurs on prendra des lamans je n'en sais rien mais voilà de rajouter cette notion de poids de
SPEAKER_01sac
SPEAKER_00en plus de en plus de la difficulté quand même du terrain et puis même de la difficulté mentale à un moment donné pour les gens encore une fois qui n'ont jamais fait ce genre de choses ou qui viennent de se faire amputer de se dire déjà je vais y arriver ça sert à rien de rajouter ça en plus mais donc voilà c'était on a fait quelque chose de clairement de costaud et qui de fait a été j'allais dire efficace c'est pas le bon mot parce que c'était ouais qui a eu un impact qui avait un impact
SPEAKER_01énorme et c'était quelle section d'ailleurs du GR20 par curiosité
UNKNOWN?
SPEAKER_00c'est la section sud les 4 dernières étapes on est parti de Zicavo on est arrivé à Conca parce que la partie noire c'est quand même une autre capacité une autre
SPEAKER_02technique
SPEAKER_00alors je ne dis pas que moi à titre perso que ça ne me titille pas mais dans ce cadre là il n'y avait pas d'intérêt parce que le but ce n'est pas de mettre les gens en échec le but c'est de prendre des gens de leur montrer qu'ils sont capables de faire des choses donc c'est de jauger justement la bonne difficulté il faut que ce soit dur sinon il n'y a pas d'intérêt sinon autant aller faire une balade en famille et puis s'arrêter au resto mais il faut que ce soit faisable sachant que je parle du principe que mine de rien tout est faisable quand t'es en groupe à partir de là c'est plus ou moins facilement mais mais voilà il y a des faut
SPEAKER_01voir
SPEAKER_00ouais les l'effet du groupe l'émulation et puis tu vois que dans ce groupe là il y a une bienveillance qui est quand même hallucinante après tous les gens qui viennent là c'est des gens qui ont envie mais il y a une bienveillance qui est hors norme souvent moi je dis il y a plein de gens qui le discours d'aujourd'hui qui explique que la société est très individualiste que quand tu veux noir sur le tableau par ce genre de choses on prouve totalement le contraire c'est à dire des gens ils sont là pour aider l'autre et ils sont là que pour ça alors pour le coup en plus on fait des choses fun donc c'est chouette mais tu t'aperçois que les gens ils sont juste là pour aider quoi et c'est trop bien cette bienveillance elle met les poils sincèrement tu découvres des gens et je pense que les gens se découvrent à certains moments aussi
SPEAKER_01bénévole tu vois des gens 8 amputés se faire 50 bornes sur le GR20 je pense que ouais tu découvres un peu certaines choses sur les capacités
SPEAKER_00ouais sur les capacités voilà et puis sur les retours qu'on avait même sur les réseaux parce que les gens qui nous croisaient du coup tu t'aperçois qu'après ils nous suivaient ou ceux qui ont fait les mêmes chemins que nous en fait donc ils nous voyaient arriver tous les soirs alors on arrivait 5h après eux parce que sur les parties très techniques en descente justement on va quand même moins vite autant sur les parties de montée je pense que la vitesse de rando est la même sur une rando de base on va à la même vitesse là sur une rando très technique on va à la même vitesse Et puis, tu es à 27 aussi. Le temps de latence d'un groupe, il n'est pas à négliger. Tu vas toujours moins vite quand tu es un gros groupe. Parce que 27, ça fait réellement un troupeau quand même. Ça fait un vrai troupeau. Alors, c'est très chouette. Mais du coup, les gens t'entendent arriver de loin du coup. Et puis, au bout de quatre jours, les gens, ils nous connaissaient. Donc, le soir, ils savaient à quelle heure on arrivait. Sur le troisième jour, là où c'était long, il y a plein de gens qui sont venus du refuge pour nous aider à porter les sacs à la fin. Tu vois, c'est plutôt bien. Ça, redonne foi en l'humanité d'entente ouais ouais mais clairement moi ça me fait sincèrement c'est mais un peu de difficultés et tu t'aperçois que les gens ils sont là quand même ouais donc la solution c'est
SPEAKER_01de faire en sorte que les bénévoles sur tous les prochains défis portent 20-25 kilos chacun
SPEAKER_00ouais c'est l'idée mais déjà on va leur expliquer avant de partir qu'il va falloir marcher aider les gens mais il y a des chances qu'il va falloir porter en plus et puis on va trouver 2-3 autres 2-3 autres défis voilà on a plein on a on a plein d'idées, tu vois, il y a plein de gens qui ont besoin d'aide et des valides, qui ont besoin de se redonner confiance en eux, pour X raisons, tu vois, des gens qui ont eu ce que j'appelle moi des handicapés sociaux, c'est-à-dire qui ont eu un problème à un moment donné, quel qu'il soit, et tu vois, ça peut être sympa aussi de prendre des gens comme ça, de les prendre en tant que binôme valide, parce que de la même façon, ça peut aider plein de gens et ça peut faire grandir plein de gens. Mais voilà, il faut petit à
SPEAKER_01petit. Du coup, c'est quoi les... Est-ce qu'il y a déjà des défis à venir qui sont plus ou moins organisés
UNKNOWN?
SPEAKER_00Sur l'année 2025, on va faire des week-ends. On ne va pas faire de gros événements comme ça. Pas de prévus. Pour plein de raisons. Parce qu'aussi, il faut trouver des financements. C'est chronophage de trouver des financements. Le budget… Le budget corse, c'est aux alentours de 25 000 euros.
SPEAKER_01Pour les 8 amputés
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, pour tout le monde.
SPEAKER_00On part du principe aussi que personne ne paye rien. C'est-à-dire qu'en gros, de chez toi à chez toi, tu pars une semaine et tu n'as rien déboursé. À part les bières que tu as voulu boire le soir. Mais voilà, tout ça, c'est un budget. Ce ne sont pas des budgets qui sont non plus hallucinants, mais il faut les trouver donc voilà donc là on va faire ça et puis aussi parce que de faire des week-ends un peu plus resserrés c'est à dire on aura la possibilité de prendre des gens qui sont moins sportifs ou moins physiques tu vois de prendre des amputés qui ont un peu plus de mal parce qu'ils sont plus âgés parce que l'amputation n'a pas été faite de la même façon ou pour les mêmes raisons donc c'est plus compliqué pour eux de marcher Donc l'idée, c'est de faire des choses un peu plus courtes sur l'année 2024. Et 2025, par contre, gros événements en cours. En cours de réflexion. Mais bon, pour le moment, il n'y a absolument rien de finalisé ni de décidé. Mais l'idée, ça sera sûrement de refaire un équivalent sur une semaine. Mais ailleurs. Et puis moi, à titre perso, ça va être plus... ça me plairait de faire de la haute montagne donc là par contre dans le cadre de l'assaut mais ça va être juste avec 2 ou 3 personnes valides l'idée c'est de se mettre un ou deux défis mais plus haute montagne génial en plus de la course à pied bon mais ça c'est mon sport aujourd'hui donc moi à titre perso j'essaye d'allonger un peu les distances c'est à dire monter sur du se Minato. mais on en est pas encore là il faut se remettre à courir déjà on en est pas encore là mais l'idée c'est ça comme tout vieux coureur qui se respecte c'est que t'arrêtes les conneries de faire du sprint et tu te mets sur du
SPEAKER_01long
SPEAKER_00plus là j'arrive plus le coeur va moins vite mais par contre il est capable de tenir plus longtemps donc voilà moi le problème du semi-marathon c'est le temps justement c'est l'impact c'est nature que physiquement, le moignon tienne le choc. j'ai eu une réflexion de Serge qui était chez Salomon une fois où j'y étais pour travailler sur les lames qui m'a dit moi je suis prêt à t'aider à faire n'importe quel défi aussi débile soit-il la seule chose qu'il faut c'est que ça ampute pas ton avenir et j'avais trouvé ça très juste en fait c'est à dire que tu peux faire plein de choses par contre il faut que le lundi tu puisses aller au boulot et alors quand je dis le lundi aller au boulot c'est la première étape mais le but c'est de ne pas se faire plus mal que ce qu'on est déjà parce que c'est déjà plus compliqué de marcher avec deux jambes à moins donc si en plus tu abîmes la jambe alors souvent je dis aux amputés faites attention à votre jambe valide parce que moi j'ai l'avantage d'être amputé double donc c'est symétrique donc j'ai pas de j'ai pas de jambe préférée en fait de jambe qui prend le relais sur l'autre par contre les amputés simples souvent tu t'aperçois qu'ils se servent très peu de leur jambe amputée mais au au final, ils fatiguent leur jambe valide. Alors que, voilà, il faut se servir aussi de la jambe amputée. Quand je dis amputer l'avenir, c'est ça, en fait. Il faut juste faire attention au fait que c'est pas parce que t'es amputé à 20 ans que ta vie va s'arrêter à 40. Donc, voilà. Après, c'est des longs débats, mais on peut en parler pendant des heures, sans problème. Mais, tu vois, voilà. Mais ça, c'est pareil. C'est mon expérience qui fait que... L'expérience en tant qu'amputé. Voilà. Depuis 40 ans, moi, je vois les choses que je payais maintenant parce que j'ai fait n'importe quoi à un moment donné ou je ne l'ai pas fait de la bonne façon et aujourd'hui je les paye
SPEAKER_01donc d'où l'intérêt d'avoir des assos
SPEAKER_00du coup comme OZ ouais voilà tout à fait c'est exactement ça l'idée c'est d'accompagner et puis d'être capable de dire à un moment donné ben voilà ouais c'est cool de vouloir faire ça mais il faut juste le réfléchir avant disons que tu peux encore au moins partir sur des gros sur des gros défis encore au moins partir à l'aventure que sans préparation qu'un valide Il faut juste savoir on bat et avoir le bon matériel, avoir le bon entraînement avant. Parce que là aussi, c'est pareil. Automatiquement, il y a des entraînements qui ne vont pas se faire de la même façon ou des muscles qu'il faut travailler plus que d'autres parce qu'on est amputé et parce qu'on en a besoin. Et d'où le fait aussi hyper intéressant. Moi, j'ai la chance d'avoir une kiné qui, c'était la première fois qu'il m'a vue, qui m'a dit je ne sais pas, mais on va réfléchir. Et puis, c'est plutôt bien. Quand j'ai voulu faire une saison de sprint, on a mis Kiné, entraîneur et moi au milieu de la piste et on a dit« Maintenant, on fait quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Parce que moi, je n'avais jamais couru. L'entraîneur n'avait jamais entraîné un type qui avait déjà ma moyenne. Donc voilà, comment on peut faire pour que ça fonctionne et que ça ne soit pas contre-productif pour la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_01Voilà. Punaise. Dose
SPEAKER_00d'inspiration maximale. Je ne sais pas si c'est l'inspiration, mais l'idée, voilà. Si on peut montrer à des gens qu'il y a des choses faisables, moi, ça me suffit. C'est de leur donner la possibilité, de leur montrer que la possibilité est là. Après, à chacun d'en faire ce qu'il en veut avec les moyens qu'il a, avec la volonté qu'il a, il y a plein de choses qui peuvent rentrer en jeu. Mais juste, c'est faisable. Maintenant, tu le sais. À toi d'en faire ce que tu veux ou ce
SPEAKER_01que tu peux ouais clairement je pense que là aussi tu vois chacun son parcours c'est ça que j'aime bien avec les frappés c'est que j'ai des invités qui viennent vraiment d'univers très variés donc chacun ses convictions chacun a emprunté un chemin différent mais tu vois quand j'entends finalement tout ce que tu viens de nous partager là pendant une heure et demie moi ce que je vais retenir c'est une fois de plus sur ce podcast que tout est possible et c'est ça qui est intéressant c'est de découvrir des parcours de vie comme le tien qui montrent par l'exemple que on peut voilà chacun son combat chacun ses challenges mais
SPEAKER_00on peut on peut avec les avec les moyens qu'on a à un moment donné c'est à dire que si tu le meilleur moyen pour être malheureux c'est de vouloir faire quelque chose où tu sais que ça marchera pas ouais voilà j'ai pas de tu vois c'est la même façon tu vas quand t'es comme moi tu vas pas aller postuler pour être un mécano sur tracteur agricole j'ai qu'un bras tu sais très bien que le mec il va pas te prendre donc n'y va pas tu vois postule un truc où tu sais que c'est faisable et que ton handicap n'est pas un problème et c'est de la même façon il y a des choses qui sont faisables le meilleur moyen pour être malheureux c'est de vouloir se dire je vais faire comme avant ça déjà je vais faire les mêmes choses qu'avant alors tu pourras peut-être faire les mêmes choses mais tu vas les faire de façon différente et avec du matériel différent donc tu vas faire des choses mais tu vas les faire différemment si tu pars du principe que je faisais ça avant et je vais le refaire oui mais tu ne le feras pas de la même façon.
SPEAKER_01C'est tout.
SPEAKER_00Et quand tu as compris ça, après, déjà, c'est plus simple d'être heureux et d'y arriver. Encore une fois, pour moi, le meilleur moyen d'être malheureux, c'est de vouloir faire des choses où on sait très bien que ça ne fonctionnera
SPEAKER_02pas.
SPEAKER_00Mais encore faut-il savoir que ça ne fonctionnera pas. Parce que moi, je fais le malin maintenant parce que j'ai 40 ans d'expérience derrière et que j'ai essuyé des plâtres aussi. C'est toujours pareil, c'est facile de taper des réseaux tels que les miens là maintenant à en ayant déjà en ayant déjà fait les
SPEAKER_01conneries en fait en
SPEAKER_00ayant déjà testé l'escalade avec un seul bras ouais voilà ça clairement c'était rigolo mais c'était pas une bonne
SPEAKER_01idée
SPEAKER_00enfin si c'était une bonne idée mais tu vois typiquement l'escalade en fait je l'ai fait donc plusieurs fois en salle pour tester parce que d'une fois j'ai pas arrêté quand même mais au final j'ai compris que j'allais me faire mal à la main en fait parce que même si j'y arrive j'étais tellement crispé la première fois j'ai pas pu repartir en voiture tellement ma main elle était crispée donc je m'en étais pas aperçu en bon temps quand je suis redescendu j'ai pris le volant et j'arrivais pas à serrer le volant ah ouais donc donc voilà tu sais là par contre tu vois quand on parle d'amputer l'avenir j'aurais pu trouver des solutions pour le faire je suis intimement persuadé que que techniquement on aurait pu trouver des solutions alors pas aller faire des voies de l'espace mais pour se faire plaisir mais au final voilà plutôt que de le regretter dans 10 ans parce que je me serais détruit la main qui me reste autant autant arrêter là je me suis fait plaisir j'ai testé c'était cool euh voilà c'est ça que je veux dire quand je parle d'amputeur d'avenir c'est que à un moment donné il faut faire attention parce que notre vie elle est elle sera aussi longue que celle de tout un chacun et sauf que voilà tu vois mon épaule par exemple l'épaule valide elle est usée et j'ai même pas 50 ans et elle me fait mal elle est usée parce que je l'ai toujours sollicité et ça m'empêche pas d'aller faire du VTT quand même pour le moment mais par contre ça je sais que c'est débile aussi mais n'empêche que c'est rigolo mais oui voilà il y a des choses où il faut le faire un peu différemment parce que on est déjà cassé donc il ne faut pas en casser encore plus je me suis pété les croisés en ski aussi je fais plaisir je fais du ski mais du coup les croisés ils sont plus là comme un valide sauf que moi c'est pas opérable pour le coup il y a plein de choses c'est toujours pareil c'est la limite entre je réfléchis et je réfléchis trop ou pas assez moi je pars du principe il vaut mieux ne pas trop réfléchir mais après des fois tu pleures mais c'est tous les sportifs c'est tous les sportifs t'as été sportif de haut niveau c'est la même problématique et tu sais qu'à un moment donné tu vas te faire mal mais tu y
SPEAKER_01vas quand même le revers
SPEAKER_00de la médaille le revers de la médaille voilà c'est ça mais bon le revers de la médaille souvent il est quand même il est moindre par rapport au plaisir que tu prends à un moment donné c'est ça
SPEAKER_01voilà si les gens veulent potentiellement devenir bénévole ou à minima suivre un peu ce que vous faites c'est quoi le mieux c'est
SPEAKER_00Instagram alors le mieux c'est Insta aujourd'hui Insta ok ouais Insta sur l'assaut je t'enverrai après je l'ai
SPEAKER_01installé il sera au moment où les gens nous écoutent il sera déjà dans la description de l'épisode
SPEAKER_00ouais voilà ils
SPEAKER_01auront juste à cliquer
SPEAKER_00il y a celui de l'assaut et après il y a le mien moi c'est Saint-Jean-Biste sur les réseaux Saint-Jean-Biste comme Unijambiste mais Saint-Jean-Biste ok donc voilà ça c'est à titre perso et puis l'assaut ben voilà l'assaut on l'a fait évoluer ben on a Damien justement qui s'occupe de la com là entre autres qui a fait un boulot de dingue parce que là aussi justement le but c'est de faire voir un peu ce qu'on fait pour que ça puisse aider les gens ça fait partie aussi de ce qu'on doit enfin ce qu'on se doit de faire en fait c'est de faire des choses c'est cool de les montrer c'est encore mieux parce que ben déjà parce que ça nous fait connaître et puis parce que ça permet aux gens qui viennent avec nous qu'il va pas venir avec nous de voir mais qui sont dans le même cas avec une jambe à moins ou un bras à moins ou autre que tout ça c'est faisable
SPEAKER_01merci damien d'ailleurs puisque tu parles de lui c'est lui qui m'a contacté
SPEAKER_00pas mais ouais merci damien mais quand il a dit j'ai foncé et donc voilà après sur les réseaux donc c'est ça c'est principalement principalement l'esta et puis le site le site nous qui va être remis au goût du jour là donc je sais pas quand est ce que va sortir le podcast mais il J'espère
SPEAKER_01qu'il sera prédictif. Génial. Tous les liens seront en description. Jérôme, un immense merci. C'était passionnant d'en apprendre plus sur ton histoire perso, sur l'assaut évidemment, sur des sujets aussi pratico-pratiques que comment faire le GR20 quand on est amputé. Et puis sur cette mission que vous vous êtes donnée avec Osmo qui est juste méga inspirante. Merci pour tout ce que tu as bien voulu partager avec
SPEAKER_00nous. Merci de nous permettre d'avoir juste ces endroits où on peut présenter ce qu'on fait, présenter nos envies, ce qui nous anime surtout. Et puis voilà, vous aurez l'occasion de voir qu'on ne va pas s'arrêter
SPEAKER_01là,
SPEAKER_00c'est sûr.
UNKNOWNGénial. Merci beaucoup Jérôme. Merci à toi.
SPEAKER_01Vous pouvez enfin parler du podcast autour de vous à fond pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Merci pour votre soutien, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode qui va nous emmener sur la glace, puisqu'on va échanger avec une athlète olympique en patinage artistique.