Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Aïolis du mardi - Live Les Frappés
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Ceci est un épisode spécial 🥳 puisqu’il a été enregistré à Aix-en-Provence ☀️ à l’occasion d’un événement local, les Aïolis du mardi, qui regroupe tous les mois des professionnels d’Aix-Marseille pour échanger de manière conviviale et informelle sur les sujets RSE, d’innovations RH et managériales.
Augustin Fournier m'a proposé d’animer l'événement de janvier 2024 en interviewant deux Frappés de ma sélection. Vous allez donc entendre Clémence Decoene, de l’épisode 144 et Lilian Dauzat, de l’épisode 46 🤩
On parle d'aventures, d'épreuves d'endurance extrême, de soft skills et de gestion de l'imprévu 🔥
Excellente écoute !
🔎 Pour participer au prochain événement des Aïolis du mardi c'est par ici.
🎙 Les épisodes qui pourront vous intéresser :
👉 Épisode Bonus - Mon récit de la PTL by UTMB - Plus de 300km autour du Mont Blanc
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode #144 - Repousser ses limites : Plongeon dans le monde des triathlons XXL avec Clémence Decoene
👉 Épisode #46 - Lilian Dauzat - Entrepreneur & Aventurier - Maintenir la flamme de la curiosité pour continuer à grandir
Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Devenir Tipeur sur Tipeee (fr.tipeee.com/les-frappes)
✅ Suivez le podcast sur votre plateforme d'écoute
🙂 Parler du podcast autour de vous et partagez cet épisode
⭐️ Laissez une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify
💌 Abonnez-vous à la newsletter
Pour suivre Les Frappés sur les réseaux 👇🏼
📸 Instagram
💼 LinkedIn
📹 YouTube
🌏 Site internet
Des suggestions ou envie de partager votre avis ? Envoyez moi un email.
Bienvenue sur Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, aujourd'hui coach en performance et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ceci est un épisode spécial puisqu'il a été enregistré à Aix-en-Provence à l'occasion d'un événement local, les Aïoli du mardi, qui regroupe des professionnels d'Aix-Marseille pour échanger sur les sujets RSE, d'innovation RH et managériale. Augustin, qui organise l'événement avec son équipe de choc, m'a demandé d'animer l'édition de janvier 2024 en l'interviewant deux frappés et de ma sélection. Vous allez donc entendre Clémence Decohen de l'épisode 144 et Lilian Dosa de l'épisode 46. Excellente écoute
UNKNOWN!
SPEAKER_04Bonsoir à toutes et à tous, ravi d'être là avec vous aujourd'hui. Ça fait un moment que j'entends parler des aiolis, mais c'est mon premier, donc très honoré qu'Augustin ait pensé à moi pour ça. Mes invités, les deux frappés avec qui je vais avoir la chance de rééchanger ce soir, puisque Lilian, on a fait un épisode, X sorti ensemble, le week-end des frappés, tu étais là, et Clémence, on a fait un épisode récemment. Vous avez là devant vous deux, on va rester dans la thématique liée à l'entreprise, deux personnes aux parcours professionnels super inspirants et qui ont réussi à allier à ces parcours professionnels brillants des carrières, des parcours sportifs tout aussi inspirants. Donc, Clémence, en fait, je vais peut-être vous laisser le faire quand même. Clémence et Lilian, je vous laisse vous présenter peut-être en une phrase. Lilian, je crois que toi, tu es déjà venue, puis tu es un peu connue sur Alex, donc toi, ce sera un mot. Et Clémence, toi, ce sera une phrase, mais
SPEAKER_02allez-y. Du coup, je m'appelle Clémence, j'ai 30 ans et je suis Je suis directrice, on parle un peu pro, et ensuite perso. On commence
SPEAKER_04avec le CV pro,
SPEAKER_02et après on va rentrer dans le sujet. Directrice acquisition dans une startup. Donc ça veut dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ça veut dire que je pilote à la fois le marketing, la partie marketing, et une des deux équipes commerciales de la startup dans laquelle je travaille. Et sur le plan plus perso, je suis une grande fan de triathlon, et je fais du triathlon plutôt long, donc format Ironman, pour ceux à qui ça parle. Voilà. Donc Ironman, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02les distances donc triathlon c'est natation vélo course à pied et un ironman c'est 3,8 km de natation 180 km de vélo et 42 km de course à pied donc ça finit par un marathon et voilà sur chaque ironman on peut avoir du dénivelé qui est différent donc plus il y a du dénivelé et plus ça peut être difficile
SPEAKER_04et Clément se présente ça avec beaucoup d'humilité mais cet été elle a enchaîné deux des triathlons extrêmes les plus connus en France en tout cas sans doute parmi les plus durs en Europe. D'abord, c'était l'Alpsman et ensuite l'Ambraman. Donc, c'est les formats qu'elle vous a donnés, mais en montagne. Donc, voilà, comme ce n'est pas suffisant de faire 180 kilomètres à vélo, on va la rajouter 4000 mètres de dénivelé, je ne sais plus combien de col. Donc, clairement, en termes de dépassement et de mindset frappé, elle est clairement au
SPEAKER_05rendez-vous. Lilian, on a moi du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_05Un second. Bonjour à toutes à tous, très content d'être ici à nouveau, deuxième participation. Donc moi, si je suis le même cheminement, aujourd'hui je suis président cofondateur d'une société qui s'appelle Andonora, où on amène du sport en entreprise pour aider le bien-être en entreprise. Et ça, c'est la troisième entreprise que j'ai cofondée. J'ai cofondé une première entreprise en 2006, à une époque où le smartphone n'existait pas, on avait imaginé le téléphone à un bouton pour les seniors. Une société qui s'appelle Basile Télécom, qui existe encore sur les milles. J'ai également fondé en 2014 un espace de coworking sur Aix-en-Provence qui s'appelle Yellow Working. Et finalement, en 2019, en Donora. Pour mon CV frappé, j'ai grandi en montagne. J'ai toujours fait plein d'activités liées à la montagne, mais vraiment sous un angle de loisir. Et en 2012, on s'est lancé avec ma femme et nos filles dans un voyage à vélo d'un an avec nos enfants, nos petits enfants, enfin 2016, avec nos enfants qui avaient 3 et 5 ans. Et ça a été la première aventure qui a mis la machine en route pour en faire d'autres. En rentrant, j'ai traversé la France en triathlon, j'ai fait le Tour de France à vélo par ses côtés frontières et j'ai traversé l'océan Atlantique à la rame avec un coéquipier fin 2020. En 47 jours. En 47 jours,
SPEAKER_0415 heures et 15 minutes. Je tiens à ces 15 heures et 15 minutes. Merci pour ces présentations exhaustives. S'il y en a qui sont intéressés pour vraiment rentrer dans les détails de leur parcours, je vous invite à aller écouter leurs épisodes sur les frappés. Et du coup, les frappés, qu'est-ce que c'est
UNKNOWN?
SPEAKER_04C'est un podcast que j'ai créé en 2020. Comme Augustin le précisait, j'étais à l'époque encore chez Apple. J'ai eu une carrière très brièvement de 8 ans chez Apple, plutôt sur la partie sales, d'abord en France et après sur la zone Allemagne, Autriche, Suisse. où je gérais des équipes d'acquisition plutôt B2B. Et 2020, j'arrivais un peu en bout de parcours chez Apple. Je sentais que j'avais besoin de prendre de l'énergie ailleurs que dans le cadre pro. Et je me suis dit que le podcast serait une super excuse pour contacter des gens qui, moi, m'inspiraient énormément. C'est comme ça que les frappés aient né. La ligne éditoriale, elle est assez simple. Je n'ai pas d'univers de niche. C'est-à-dire que là, vous avez un sportif, un aventurier et une triathlète. globalement mais le mindset c'est surtout un mindset que je vais chercher donc j'ai aussi bien des athlètes amateurs à champion olympique des militaires des forces spéciales des voyageuses au long cours qui partent traverser l'Afrique pendant leurs vacances à vélo toute seule Mike Horn donc plutôt là de l'aventure mais aussi des naturopathes des chefs gastronomiques c'est très varié mais globalement le fil rouge ça reste des gens qui à un moment donné avaient un objectif qui pouvait paraître un petit peu fou aux yeux du commun des mortels mais qui se sont donné tous les moyens de l'atteindre et qui nous racontent du coup leur parcours voilà pour les frapper en très bref et donc aujourd'hui c'est un podcast qui a bien grossi c'est le premier podcast dans la catégorie outdoor en France et un des plus gros podcast de sport et ça je le précise parce que j'en suis content parce que je continue de faire ça tout seul et si je vous montre mon studio d'enregistrement qui est constitué alors maintenant ça va mieux mais qui pendant longtemps était constitué d'un lit et d'une pile de coussins en guise de mur audio voilà la preuve qu'on peut faire un truc sympa avec très très peu de moyens excellent Et bien, on va commencer. Lilian Clémence, peut-être la première question assez générale avant qu'on rentre dans le détail de vos aventures respectives, c'est qu'est-ce que vous trouvez dans ce format un peu dingue d'activités sportives, d'aventures
UNKNOWN?
SPEAKER_04Qu'est-ce que vous allez chercher en
SPEAKER_02particulier
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ce que je vais chercher, c'est... En fait, moi, quand je fais des aventures ou quand je fais du sport, parce que je fais aussi un peu d'aventures, c'est le moment où je me sens vivante, en fait. Parce que quand je suis derrière mon ordinateur toute la journée... J'aime beaucoup mon boulot, mais ce n'est pas là où je ressens des émotions extrêmes et ce n'est pas là où je me sens vivante. Et en fait, le sport, quand je prends mes baskets et que je vais courir, c'est là où je me vide la tête, c'est sous la décompression, c'est là où je me sens libre parce que mon corps réagit super bien et j'ai l'impression que je n'ai pas vraiment de limites dans ce que je peux faire. Et c'est vraiment ça que je cherchais. C'est ce côté-là où je pousse mes limites. J'ai un objectif, je vais plus loin J'essaie de voir jusqu'où je peux
SPEAKER_04aller. Voilà. Excellent. Plutôt le ressenti, les émotions. Exactement. L'intensité de tout
SPEAKER_05ça. Pour ma part, il y a effectivement une part de dépassement, d'aller voir, tiens, est-ce que ça, c'est possible
UNKNOWN?
SPEAKER_05Mais moi, ce qui me passionne dans toutes les aventures que j'ai faites, c'est à chaque fois de découvrir quelque chose que je ne connais pas. Moi, j'ai toujours pris une discipline qui n'était pas la mienne. Quand j'ai décidé J'ai essayé de faire le Tour de France à vélo. Je n'avais même pas de vélo de route. J'avais fait de vélo de route, de vélo avec des cales. Je ne savais pas comment on faisait. Donc, j'ai dit que c'était intéressant de faire ça et d'associer à cette discipline quelque chose vraiment d'envergure. Et ça, c'est mon esprit ingénieur. Je suis ingénieur de formation qui est de prendre ce problème-là, d'essayer de le déconstruire pour comprendre comment on le rend possible. C'est ça qui me passionne à chaque fois. Quand j'ai décidé de traverser l'Atlantique à la rame, mon expérience de bateau, c'était le ferry pour aller en Corse. Et ça s'arrête à peu près à ça. Et du coup, de partir vraiment d'une feuille blanche et d'essayer de naviguer autour de ça, d'apprendre en chemin. J'adore vraiment cette partie-là qui, du coup, est en amont même de l'aventure. Et après, plus effectivement, la partie dépassement, se confronter un peu, comme tu dis, sur un côté. Au-delà de se sentir vivant, on sent avec tout son corps avec toutes ses tripes, le truc. Et il n'y a que dans ces aventures outdoor qu'on le ressent, enfin en tout cas que moi je le ressens autant. Aussi intense ces expériences professionnelles soient, ce niveau d'intensité est incomparable.
SPEAKER_04Comment
SPEAKER_05on
SPEAKER_04se
SPEAKER_05prépare du
SPEAKER_04coup à traverser
SPEAKER_05l'Atlantique à la
SPEAKER_04rame
UNKNOWN?
SPEAKER_05Tu parlais de la phase amont. Comment on se prépare
UNKNOWN?
SPEAKER_05Eh bien, on se prépare longtemps, déjà. On se prépare longtemps, puisque effectivement la traversée a duré 47 jours, mais en tout elle a duré trois ans entre le moment où j'ai eu l'idée où j'ai découvert un jour sur instagram que les océans se traversaient à la rame et l'arrivée en martinique c'est plus de trois ans donc c'est vraiment ce process de dire ok j'y connais rien et il faut que j'apprenne tout donc il faut aborder aussi bien des sujets financiers de sponsoring de levée de fonds de d'apprentissage de comment ça marche un bateau de c'est quoi la vie en mer de préparation mentale de préparation physique donc c'est plein plein de choses mais qu'on en tire pas au début. On voit à peu près qu'il va y avoir tous ces sujets-là à traiter. Et puis en fait, plus on avance, plus on ouvre des boîtes dans lesquelles il y a d'autres boîtes et on rentre dedans et ça s'agrandit. Au final, ça prend trois ans. Donc voilà, on y va en se disant qu'il y a un cap au loin et puis qu'on va voir en chemin comment on l'atteint.
SPEAKER_04Sachant qu'une des spécificités de ton aventure, si je me souviens bien, parce que ça fait plusieurs fois que je t'interroge là-dessus, c'est qu'en fait, la fenêtre, la durée potentielle de l'expérience est super variable. C'est-à-dire que ça pouvait être potentiellement 35 jours comme 90 en
SPEAKER_05réalité. C'est ça. Le record de traversée doit être à 32 jours et il n'est pas rare que des bateaux mettent 90 à 100 jours pour traverser. Donc, une des particularités de cette aventure-là en particulier, c'est que quand on sort du port de El Hierro au Canary, on ne sait pas pour combien de temps on part. Et ça, comment tu le anticipes
UNKNOWN?
SPEAKER_05D'un point de
SPEAKER_04vue purement organisationnel, les vivres, je pense surtout aux vivres, mais aussi mental, comment tu te lances dans un truc en disant peut-être que j'arrive dans 30 jours, peut-être qu'en fait...
SPEAKER_05C'est toute la différence, mais je pense que sur les Ironman, c'est la même chose entre ce qu'on imagine et ce qui se passe vraiment. Donc, par exemple, pour la nourriture, on avait prévu 90 jours de ration qu'on pouvait éventuellement y tirer plus si besoin. Et après, on a beau anticiper, anticiper, en fait, tant qu'on n'est pas dedans, on ne s'en rend pas compte. Donc, tant qu'on est à terre, se dire, bon, c'est entre 30 et 90 jours... On se dit qu'au pire, ça sera un peu long et au mieux, ça sera rapide. Puis en fait, quand on est dedans, suivant les phases de la traversée, c'est parfois extrêmement difficile de se dire, tiens, je me souviens du passage de la moitié en distance. En fait, la moitié en distance, ça ne veut absolument pas dire qu'on a fait la moitié en temps. Et on reçoit à ce moment-là par le téléphone satellite plein d'encouragement. Ils disent super, vous avez fait la moitié, il ne reste plus que la moitié. Et en fait, nous, tout ce qu'on voit, c'est en fait, il reste encore au moins la moitié en fait. c'est un moment difficile la
SPEAKER_04moitié je veux bien que tu partages l'anecdote du coup sur le les réconforts alimentaires t'avais partagé quelque chose de super fun pendant le week-end des frappés vous aviez en fait planqué de la nourriture un peu la nourriture réconfort
SPEAKER_05dans les caisses ouais en fait déjà on a dû décaler d'un an en fait notre départ parce qu'il y a des fenêtres de tir aussi météo et en fait mon coéquipier s'est cassé le pouce un mois avant le premier départ donc on n'a pas pu partir, on a décalé d'un an. Du coup, tous nos stocks de nourriture qui étaient prêts, qui contiennent du lyophilisé, qui ça ne bouge pas dans le temps, mais aussi beaucoup de chocolat qui lui, dans le temps, a tendance à bouger, surtout quand le bateau est stocké sur le plateau de Bibémus au-dessus d'Aix-en-Provence en plein été. Et vu le prix que représente la nourriture, on n'y a pas touché. Donc on est parti avec ça. Et effectivement, tous les jours, on tirait nos sacs de bouffe pour la journée, avec dedans 15 barres de chocolat, céréales, en plus de tous les lyophilisés. Et à chaque fois qu'on en ouvrait un, effectivement, c'était dans des états vraiment pas ragoûtants, mais on mangeait. Et je me souviens effectivement d'un jour où je tire un sac et je trouve un paquet de M&M's. On n'en avait pas beaucoup, il y en avait quelques-uns. Et j'ouvre ce paquet de M&M's et celui-là, il est en parfait état. Parfait état. Et vraiment, c'est le high de la journée. Et dans la microseconde d'après, il y a une vague qui passe sur le bateau et qui remplit le sac de M&M's d'eau salée. vois tous les M&M's qui se mélangent entre eux dans une couleur verdade dégueulasse et ça a été un moment vraiment horrible en fait de la traversée parce qu'un ascenseur émotionnel incroyable dans un environnement où ça fait 20 jours qu'on a mal partout qu'on est mouillé tout le temps qu'on en a marre de tout et c'est la goutte d'eau là littéralement qui fait déborder le paquet de M&M's ça peut paraître un détail
SPEAKER_04mais j'imagine quand
SPEAKER_05t'es en
SPEAKER_04mer je crois d'ailleurs petite parenthèse mais c'est une des raisons pour lesquelles dans la Station Spatiale Internationale, rien n'a d'odeur. Parce qu'en fait, l'odorat, c'est l'un de nos sens les plus puissants, c'est celui qui est le plus fortement corrélé à la mémoire. Et du coup, pour éviter des breakdowns comme celui que tu as vécu là, absolument rien n'a d'odeur. Que ce soit la nourriture, les objets, il faut en sorte que tout soit neutre. Bon, on en parlera un peu plus de cette aventure, parce que je sais qu'il y a des anecdotes croustillantes et plein de choses intéressantes sur la résilience. Toi Clémence, quand tu entends ça, tu vois, sur finalement cette gestion de l'inconnu, ce qu'on disait, 30 jours, 90 jours, on ne sait pas, appliqué à ton univers, ça ressemble à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_04Parce que quand tu prends le départ d'un Ironman, d'un triathlon extrême, il y a plein de paramètres finalement que tu ne maîtrises pas du tout.
SPEAKER_02Effectivement, il y a plein de paramètres que je ne maîtrise pas, mais c'est beaucoup plus cadré. Je sais, quand je prends le départ, je sais à 15 minutes près à quel temps je vais
SPEAKER_04faire.
SPEAKER_02Pour le coup, c'est hyper millimétré, la préparation est hyper millimétrée et il y a moins d'espace à l'inconnu, en fait, parce que Tout est cadré. J'ai envisagé tous les cas de figure. Je me suis entraînée. Je sais exactement ce que je suis capable de faire en vélo. Je sais ce que je suis capable de faire en course à pied. Et le jour J, le paramètre que je ne maîtrise pas, c'est le mental. Ça, a priori, c'est bon. Enfin, ça devrait être bon. Et la nourriture, c'est un peu le petit paramètre que j'ai mal géré l'année dernière à mon dernier Ironman. Mais sinon, les autres paramètres, tout est hyper cadré. Je m'entraîne depuis six mois, donc je sais normalement, en théorie, quand je vais arriver, dans quel état. Et par contre, là où il y a beaucoup d'aléas, c'est dans la prépa. C'est la prépa en réalité qui est le plus dur. On parle beaucoup de l'Ironman, on parle beaucoup du jour de la course. Tout le monde me pose des questions. Ah, est-ce que tu as eu des courbatures
UNKNOWN?
SPEAKER_02Comment tu as fait pour tenir
UNKNOWN?
SPEAKER_02Mais en réalité, le jour de la course, c'est un peu comme Disneyland, en fait. On s'est préparé pendant six mois. Le jour de la course, c'est la phase vraiment émergée de l'iceberg. C'est ce que tout le monde voit, c'est que tout le monde me pose des questions là-dessus. Mais en réalité, la vraie difficulté, elle est dans les six mois avant, où tu t'entraînes six jours sur sept, où c'est tous les jours, c'est 12 à 15 heures par semaine, donc ça représente un gros volume. Il y a beaucoup de choses qui tournent autour. Ma vie tourne pas mal autour du sport pendant la prépa. Et donc, du coup, c'est plus cette phase-là qui est difficile à préparer et à appréhender. C'est toute la phase de préparation où là, il y a des jours où la plupart des temps, tu n'as pas envie d'aller t'entraîner. Il fait nuit, il fait froid. Et c'est là où il faut combattre un peu sa petite voix intérieure et se bouger les fesses. La petite voix intérieure qui te dit, il est moelleux ton canapé, reste là un peu. Ou alors... ou va prendre un verre avec tes potes va les rejoindre tout de suite les rejoint pas à 22h et c'est plus ces phases là qui sont des phases difficiles et vraiment le jour de la course mentalement je sais que je suis prête physiquement j'ai suivi l'entraînement j'ai un coach qui me dit qu'elle sait en faire donc je sais que je suis prête il y a les endorphines toutes les hormones qui remontent donc j'ai une énergie je suis au taquet je sens pas la douleur donc le jour de la course c'est incroyable c'est vraiment c'est Walt Disney tu te balades alors à quelques exceptions de parce que tu peux aussi avoir des aléas, mais c'est le plus difficile, il est vraiment dans la prépa.
SPEAKER_04Je pense qu'il y a pas mal de gens qui aimeraient bien se balader sur un triathlon extrême de 12 heures, 17 heures. Mais c'est intéressant ce que tu dis sur la phase de prépa, parce que c'est vrai que c'est bien souvent, c'est comme le sport de haut niveau, la partie immergée de l'iceberg, ce qu'on ne voit pas. On voit forcément les médailles, etc., mais pas les années de sacrifice, d'entraînement, etc., qui est en amont. Comment est-ce que toi, tu as mis tout ça en place, puisque tu es passé rapidement dessus quand tu as présenté ton CV pro, mais tu es quand même l'employé numéro 5 de ta start-up historiquement, si j'ai bonne mémoire. Vous êtes passée de 0 à 10 millions d'ARR en quoi, 7 ans
UNKNOWN?
SPEAKER_048
SPEAKER_02ans
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, même moins, en 4 ans
SPEAKER_04parce qu'on a changé de business model. Donc, énorme croissance. J'imagine grosse responsabilité. Tu avais deux équipes assez nombreuses. Comment tu as réussi à allier ces 12-15 heures d'entraînement
UNKNOWN?
SPEAKER_04Et ça, c'est le volume horaire, mais derrière, il y a la fatigue physique
UNKNOWN?
SPEAKER_04mental aussi, avec un quotidien pro quand même super
SPEAKER_02exigeant. Déjà, je me suis aperçue que moi, faire du sport, c'est quelque chose qui me donne de l'énergie. Il y a plein de gens que ça peut fatiguer. Moi, c'est un truc qui me donne de l'énergie. Je sais que si j'ai une journée difficile, je suis un peu... Je pense à autre chose et j'ai envie de m'aérer l'esprit. Je sais que si je vais courir, c'est hyper difficile de me motiver, mais je sais que quand je reviens, je suis bourrée d'énergie et je passe une très bonne soirée. Donc ça, je pense que c'est un avantage, en tout cas, que je le vive comme ça. Et en Il y a un truc qui est assez marrant. Il y a un truc qui s'appelle la loi de Parkinson qui dit que quand tu as trois heures pour faire une tâche, quand tu as quatre jours pour faire une tâche, tu vas mettre quatre jours. Si la même tâche, tu as trois heures pour la faire, tu vas la faire en trois heures. Moi, je fonctionne vachement comme ça. Plus tu me mets de tâches, plus je m'en sors au final. Parfois, je rogne un peu sur le sommeil, mais globalement, ça va. Je m'en sors pas mal. Plus j'ai de tâches et plus à la fin de la journée, je me dis que j'ai réussi à faire tout ça. Je suis hyper contente. Je fonctionne comme ça et j'arrive à tout caler parce que la loi de Parkinson fait que du coup je short le timing pour chacune des tasses et ça
SPEAKER_04marche c'est quoi du coup les enjeux pour finir sur la prépa les enjeux d'une prépa Ironman enfin Ironman je ne sais pas quel est trop le niveau de connaissance générale mais Ironman c'est un label donc c'est des organisateurs de courses de triathlons donc ce qu'on appelle Ironman généralement c'est par convention c'est pour désigner des triathlons qui sont très longs mais le label à Ironman n'est pas le seul à organiser des Ironman de ce format-là, enfin des triathlons de ce format-là, je m'embrouille. Donc ça a été quoi pour toi les grands enjeux d'une prépa pour des triathlons de cette envergure
UNKNOWN?
SPEAKER_02L'enjeu numéro un, le seul enjeu, c'est la discipline. C'est la discipline parce que je fais une vraie différence entre discipline et motivation. Motivation, c'est ce qu'on a tous le 1er janvier quand on prend des bonnes résolutions, c'est dans l'air du temps. C'est ok, je vais aller courir. Le 1er janvier, tu vas me faire motiver, tu vas courir, c'est trop bien. Le 3 janvier, c'est trop bien. Le 10 janvier, il il fait nuit, là t'as plus envie d'aller courir et c'est là où c'est la discipline qui prend le relais et c'est là où en fait moi je sais pourquoi je le fais j'ai pris mon dossard, je sais que j'ai un objectif et du coup c'est ça qui me fait tenir et c'est ça qui fait que j'arrive à m'entraîner 6 jours sur 7 pendant 5-6 mois et j'en tire aussi un bénéfice qui est incroyable sur la confiance en moi, sur le fait de me sentir bien dans ma tête bien dans mon corps qui fait que je tiens parce que je vois que ça me rend heureuse au quotidien
SPEAKER_04Alors je vais revenir là-dessus sur les 7 of skills. Lilian, toi, quand tu entends ça, discipline versus motivation et que tu leur apportes tout ce que tu as pu lancer comme aventure et défi, tu en penses
SPEAKER_05quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_05Oui, je suis tout à fait d'accord sur cette différence motivation et discipline. Moi, je le vois au quotidien, c'est-à-dire mon activité pro où on encourage à faire du sport en entreprise et où effectivement, il y a la phase c'est super et puis la phase où on a un peu moins envie. Donc, il y a 100% là-dessus. Moi, je sais que la transat en particulier, encore plus que la discipline, c'est vraiment la ténacité que ça m'a amené. Et je le différencie de la discipline sous l'aspect que même avec la plus grande rigueur du monde, il y a quand même des moments où la discipline, elle est difficile, voire pas possible à tenir. Et c'est là où moi, je vois la différence avec la ténacité, c'est-à-dire tant pis, j'accepte ce moment où la discipline casse et Et ce n'est pas grave, ça va reprendre à un moment donné, je vais remettre l'effort qu'il faut et de passer au-delà de ça. Parce que la Transat, je le disais, c'est trois ans de préparation à côté des quotidiens pros, des quotidiens familiaux, avec plein de trucs qui ne sont évidemment pas passés comme ça devait se passer. Donc même avec la rigueur la plus extrême de dire je vais me tenir à faire ça tout le temps, etc. Il y a forcément des moments où ça part au tapis et où en fait… Il faut quand même y aller. Et ça, c'est vrai dans la partie préparation. Mais sauf que dans la partie préparation, la différence entre la préparation et la transat, qui est vraiment différente du Tour de France, de la traversée de France en triathlon, etc., c'est qu'à partir du moment où on quitte le port, il n'y a plus de bouton stop. Il n'y a pas un moyen où on peut dire« Non, là, c'est trop dur, je prends le train, je rentre.» juste de par les courants qu'il y a, même si à la sortie du port, vous décidez de faire demi-tour, c'est trop tard. Ce n'est plus possible. Vous ferez limite du sur place, vous partirez quand même vers l'autre côté de l'océan. Et donc, dans cette phase de préparation, vraiment ce côté de dire, oui, en fait, il y a des boutons stop partout potentiellement. En fait, non, je ne les regarde même pas parce que sinon, on n'ira pas au bout. Donc, je rajouterais en plus de motivation, de discipline, il y a vraiment le côté ténacité de je ne lâcherai pas cet objectif quoi qu'il se passe sur le chemin, que ce soit même une défaillance de discipline.
SPEAKER_04Est-ce que tu peux nous parler des... Encore une fois, ça fait plusieurs fois que je t'entends raconter cette aventure. Il y a un aspect que moi, je n'avais pas du tout, je pense comme plein de gens qui n'ont pas traversé l'Atlantique à la rame. Il y en a peut-être ici ce soir, mais il n'y en a peut-être pas très nombreux. C'est le fait que finalement, comme sur un ultra trail, rien ne s'arrête au coucher du soleil. ton défi sportif en fait il est non-stop c'est 47 jours mais 47 jours y compris les nuits puisque si tu rames pas tu n'avances pas Donc comment, je veux bien que tu parles, tu racontes peut-être la façon dont se gèrent les nuits, parce que j'avais trouvé ça assez marquant, tu vois, ce que tu expliquais par rapport à la visibilité des choses qu'on ne peut pas imaginer si on ne l'a pas
SPEAKER_05vécu. Oui, c'est vrai que c'est, alors le temps est extrêmement bizarre sur la Transat, parce que, donc en fait, on fonctionne avec mon coéquipier par shift de deux heures, donc tous les deux heures, on tourne et il y en a un qui rame et l'autre fait autre chose. Et ça, 24 heures sur 24, parce que si on arrête le bateau, il faut le relancer, un bateau d'une tonne à relancer, à la main c'est long et puis du coup on fait on avance plus donc donc on se relaie comme ça et donc voilà on rame jour et nuit et s'ajoute à ça le fait que on garde un lien permanent avec la terre qui pour nous est en france et donc toutes nos horloges sont calés sur l'heure française sauf qu'en fait on traverse 8 fuseaux horaires sur l'atlantique mais on les traverse tout doucement et donc le 14 heures du jour du départ et ben en fait c'est pas du tout le même 14 heures 20 jours plus tard où en fait il fait nuit où le soleil est en train de se coucher Donc le temps est hyper perturbant. Et donc la nuit, c'est vraiment pour moi un des souvenirs les plus difficiles parce que les nuits où il n'y a pas de lune et où il y a un ciel voilé, ce qui est très souvent le cas, il fait vraiment une nuit parfaitement noire. Comme c'est vrai qu'on a déjà fait de la spéléo et des choses comme ça. On descend au fond du trou, on coupe les lumières, c'est une nuit noire. Là, c'est pareil. C'est-à-dire qu'on ne voit même pas le bout des rames. Sauf qu'en plus, ça bouge. Il y a de l'eau. il y a des poissons volants qui passent. Et c'est lunaire. Pendant deux heures, ramer sans sentir si les rames sont dans l'eau, dans l'air. Il y a une rame dans l'eau, l'autre dans l'air. On est comme ça pendant 20 minutes, on ne comprend pas pourquoi. C'est extrêmement difficile. Et moi, j'ai toujours eu un peu d'appréhension à démarrer mes cars en pleine nuit parce que C'est vraiment cet inconnu de dire qu'on est entouré de murs d'eau. En moyenne, on avait 6 à 8 mètres de creux sur toute la transat. Et on est assis à 30 centimètres du sol. Donc déjà la journée, quand on les voit, c'est impressionnant. Mais la nuit, de les imaginer... C'est, ouais. C'est, ouais. Inspirant, mais ça ne
SPEAKER_04fait pas rêver. Franchement, ouais. Oh, punaise. Clément, sur tes courses, on a bien compris, je pense, que le gros enjeu, c'est la phase de préparation. C'est là où, évidemment, c'est le plus difficile du fait que tu n'es pas très professionnel. Tu fais plein de choses à côté. C'est sur une période qui est quand même beaucoup plus longue que les, on va dire, 11 à 17 heures. Tu as mis combien de temps sur l'Alpin ou l'Embrun
UNKNOWN?
SPEAKER_0416 heures. Donc forcément, cette phase-là, elle est compliquée. Mais c'est quoi, pour toi, les challenges que tu as pu rencontrer pendant tes triathlons extrêmes qui ont été les plus... qui t'ont le plus forgé pour la suite ton expérience elle est encore relativement récente mais avec une expérience assez récente t'as quand même fait des choses hallucinantes qui sont hors de portée de main de beaucoup beaucoup de gens donc je suis certain qu'il y a eu plein d'apprentissages que t'as pu déjà faire notamment sur ces deux épreuves
SPEAKER_02mon plus gros apprentissage c'est que bon en fait on s'entraîne pour limiter les aléas donc moi dans ma tête il devait pas y avoir d'aléas et en fait forcément il y en a eu notamment l'aléa de la nutrition parce que quand on court en fait on a besoin de sucre, on mange en permanence, sauf que l'estomac, au bout de 16 heures de sucre, au bout de 15 heures de sucre, il dit stop. Il dit j'en veux plus. Et donc là, en fait, moi j'étais sur la Hulsman, ça finit sur un trail, donc je fais 180 km de vélo, avec les 4000 m de dénivelé.
SPEAKER_04Avant ça, t'as fait 3,8
SPEAKER_02km de natation, en partant à 5h30. En partant à 5h30 de milieu d'un bateau, dans la nuit noire. Et donc du coup, je fais mes 180, et en fait, là je me rends compte que j'arrive plus à manger. Sauf que le corps, comment il comment il fait pour avancer, c'est comme une voiture. Si on ne met pas d'essence dedans, la voiture tombe en panne. Le corps, c'est exactement pareil. Je sais que si je ne mange pas, il n'y a pas d'issue possible, je m'arrête. Il n'y a pas d'autre façon. Et donc là, je me dis, OK, je n'arrive plus à manger, mon estomac ne veut plus rien, comment ça va se passer pour la suite
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que là, je me vois diminuer, je me vois diminuer, je vois que j'avance de moins en moins vite. Et à ce moment-là, j'arrive en bas d'un trail, parce que l'Ironman se finit en haut d'une colline, et donc la fin, c'est 1300 mètres de dénivelé. C'est vraiment un trail et l'arrivée
SPEAKER_04est en haut. Une colline. Une
SPEAKER_02montagne. C'est la montagne la plus proche d'Annecy. C'est une montagne à gravir et l'arrivée se trouve en haut de nuit. Je me dis que je suis en bas, je n'ai pas mangé depuis deux heures. Je commence à avoir des hallucinations. C'est une course assez dangereuse sur la fin pour cette raison-là. On a le droit d'avoir un accompagnateur. J'ai un ami qui est là avec moi. Et en fait, je manque de tomber plusieurs fois. J'ai une gourde dans la main, une toute petite gourde. Je n'arrive pas à la serrer. Chaque fois, je la reprends par terre et elle m'échappe des mains. Donc mon pote me dit« Ok, je prends ta gourde et je fais trois pas en dehors du mode du sentier.» Et donc là, il me dit« Ok, il me prend par les épaules.» Sauf qu'il me reste encore 13 bornes comme ça à monter. Et là, je me dis« En fait, ça ne va pas le faire.» Je me dis« De toute façon, il n'y a pas de solution. Je vais m'écrouler.» Mais bon, je n'ai pas du tout envie d'arrêter. Cette course-là, ça fait six mois que je la prépare. mes jambes ça va très bien j'ai pas mal aux jambes j'ai pas de courbatures je me dis ok tu débranches le cerveau et puis tu vois bien ce qui se passe il y a un moment où tu vas tomber parce que t'as pas le choix et puis ce moment là tu verras en même temps j'ai une petite voix qui me dit bon ok là tu pars sur un trail où le sentier il est grand comme ça le moment où tu tombes qui va venir te récupérer comment ils vont faire pour venir les secours enfin les secours pour venir parce que là rien peut se passer il peut pas enfin je vois pas comment ils vont faire mais bon je me dis ok c'est pas grave tu chasses cette idée là et tu y vas Et donc je débranche le cerveau, j'essaie d'avancer au fur et à mesure. On s'approche et puis dans la montée, il y a un ravitaillement, un ravitaillement avec des endroits où on peut manger. Sauf que moi, j'avais toutes mes barres autour de ma taille, j'avais tout et je n'arrivais pas à manger. Et mon pote me dit, tu vas voir, il y a le ravitaillement, c'est génial, tu vas pouvoir manger. Je lui dis, non mais j'ai tout, j'ai un festin autour de ma taille, ça ne marche pas. Et en fait, j'arrive au ravitaillement et là, mon pote me dit, ok, tu prends ce paquet de chips. Et je lui dis, je n'y arrive pas, mais bon, je me force une chips. Et là, en fait, c'est tout bête. mais je me suis rendu compte que la chips passait et donc du coup il m'a fait raviter aux chips donc il m'a accompagné sur le reste du parcours avec le paquet de chips en me forçant tous les 100 mètres à manger une chips et à la fin je courais et j'ai retrouvé toute l'énergie parce qu'en fait c'était pas du tout un problème de jambes c'était purement un problème de nutrition et donc du coup pour en revenir à ta question ça c'est quelque chose que j'avais pas du tout bossé en entraînement et c'est très difficile de le bosser parce que comment tu vois comment ton corps réagit à 16 heures d'effort à 16 heures de sucre il n'y a aucun moment où tu peux l'entraînement maximum les efforts que tu fais c'est de 9 heures. Tu ne vas pas au-delà de 9 heures parce qu'ensuite, ça fatigue trop le corps et tu mets trop longtemps à t'en remettre. Et donc, en fait, c'est hyper difficile d'entraîner. Je ne vois pas, j'ai du mal à voir comment j'aurais pu anticiper ça. Alors si, en mangeant des gels, etc. Mais ça, c'était mon grosse faille de
SPEAKER_04l'entraînement. C'est un peu comme toi, Lilian, parce que comment t'entraîner à prendre des quarts de nuit le 39e jour quand t'en as ras-le-bol d'absolument tout, ton paquet d'MNM se remplit d'eau de mer. Maintenant que vous avez fini ces expériences, comment est-ce que prépareriez ces points spécifiquement
UNKNOWN?
SPEAKER_04Est-ce que ce serait de la prépa mentale du
SPEAKER_05coup
UNKNOWN?
SPEAKER_05Il y a de la prépa mentale et je sais que moi, sur toutes les aventures que j'ai faites, pour moi, ça se résume in fine à un vrai défi mental. C'est-à-dire que par exemple, quand je me lance dans le projet du Tour de France à vélo, je me dis, voilà, ça fait à peu près un peu moins de 5000 kilomètres et je me dis que ça doit être possible en 20 jours. Parce que je me dis 250 kilomètres par jour, ça doit pouvoir se faire à vélo. Et je ne sais pas si il y en a qui font du vélo, mais quand j'en ai parlé au début à des vrais cyclistes, ils m'ont dit n'importe quoi. Même les gars du Tour de France, ils ne font pas ça. Tous les jours, ils ont des jours de pause, ils ont des médecins, ils ne font pas ça. Sauf qu'en fait, moi, j'ai eu le raisonnement inverse, c'est de dire, moi, en fait, ce que je veux, c'est faire en 20 jours. Un jour, c'est 24 heures. Si j'enlève 8 heures de sommeil, ça fait 250 km sur 16 heures. Et si je dis 250 par 16, mon challenge, ce n'est plus de faire 250 km de vélo vite, c'est de rester 16 heures en selle, à rouler doucement. Et donc, partant de là, la préparation, j'ai tout orienté là-dessus. Je ne l'ai pas orienté en disant qu'il faut que je devienne un cycliste qui sait rouler vite. Je me suis dit qu'il faut que je me prépare pour ce qui va m'attendre. Et ce qui va m'attendre, c'est qu'il faut que je roule tous les jours, quel que soit le temps, quelles que soient les conditions de fatigue, etc. Donc, j'ai compté sur Strava en tout et pour tout. J'ai fait 16 entraînements avant mon tour de France à vélo. Alors que je n'avais jamais roulé avec un vélo de route. Mais je suis allé rouler des jours où je n'avais pas dormi, des jours où je n'avais pas mangé. Je suis allé rouler quand il faisait froid. Je suis allé rouler quand il pleuvait. A chaque naturellement, je me suis dit, non, je ne vais pas y aller. Mais à chaque fois, je suis allé tester ça parce que je savais que j'allais rencontrer ces trucs-là et qu'il fallait que je me prépare à ça. Sur la Transat, effectivement, on ne va pas faire une Transat pour ne pas avoir une Transat, mais on est parti quatre jours avec mon coéquipier. On a fait Marseille-Montpellier-Marseille pour essayer de se mettre un peu dans le dur. Ce qu'on nous avait dit, si vous tenez trois jours, vous êtes dans le plus dur de ce que vous allez vivre. Spoiler alert, ce n'est pas vrai. Mais en tout cas, on a pu expérimenter à un certain nombre de choses et de se dire bon ben voilà on sait à peu près à quoi s'attendre mais j'ai toujours cette réflexion parce que je ne cherche pas un temps effectivement je serais sur des distances de ce type là et des formats de ce type là la réflexion serait tout autre mais je suis plutôt sur ok le vrai défi il est de tenir mentalement et donc qu'est-ce que je vais rencontrer qui pourrait me faire craquer et je vais me mettre spécifiquement dans ces conditions là pour les éprouver et en plus de ça je fais de la préparation mentale avec beaucoup de visualisation où du coup je Je me visualise passer ces moments difficiles pour justement me préparer au mieux s'ils arrivent. Prépa
SPEAKER_02mental
UNKNOWN?
SPEAKER_02Peut-être une prochaine étape. Je n'ai pas encore franchi le cap, mais intéressant, oui.
SPEAKER_04Et qu'est-ce qui fait que tu penses que tu n'as pas franchi le cap
UNKNOWN?
SPEAKER_04C'est que pour le moment, tu n'en as pas vraiment ressenti le besoin ou c'est un sujet que tu n'as pas particulièrement creusé pour le
SPEAKER_02moment
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, pour moi, c'est un truc vraiment pour les pros et je suis très loin d'être pro. Et je me dis déjà, j'ai un coach physique. À la base, je ne pensais pas du tout… avoir un coach, c'est des amis qui m'ont offert ça pour mon anniversaire et je m'étais dit c'est vraiment pour les pros un coach et en fait pas du tout, c'est génial et c'est ça qui a changé tout mon entraînement et donc du coup c'est encore un stade d'après la préparementale mais pourquoi pas un jour tester c'est intéressant je pense même pour apprendre sur soi et je pense que c'est des choses que tu peux dupliquer après dans le monde pro, dans le monde même perso
SPEAKER_04Clairement ça me fait une super transition sur les soft skills, qu'est-ce que tu dirais que tes expériences d'ultra, alors que ce sont les phases de pré les challenges que tu as pu rencontrer en épreuve t'ont permis d'avoir comme takeaways comme apprentissage là pour le coup applicable à ton
SPEAKER_02taf la plus évidente c'est la confiance en soi c'est la confiance en soi parce que pour moi la confiance en soi c'est d'être capable de transformer tes rêves ou au moins tes idées en action c'est d'être capable de tenir les promesses que tu te fais au quotidien et en fait dans mon sport c'est exactement ce que je fais tous les matins matin, je me dis, ok, aujourd'hui, et je le fais aussi au boulot, mais c'est un peu différent, je me dis, ok, en fait, aujourd'hui, mon objectif de la journée, c'est de faire cet entraînement-là. Le soir, je me couche en me disant, j'ai fait mon objectif. Et ça, c'est une énorme satisfaction. Si tu le tiens sur un jour, c'est bien. Si tu le tiens sur une semaine, un mois, deux mois, ça, pour moi, c'est la plus grande machine à avoir confiance en soi. Et je pense que le sport, c'est ça, c'est la plus grande machine à avoir confiance en soi. Et derrière, une fois que tu as confiance en toi, tu n'as plus trop de limites, tu as envie d'aller toujours plus loin et de te mettre des objectifs toujours supérieurs, que ce soit en perso, sur le sport ou en pro. C'est de casser toutes mes croyances limitantes que j'avais.
SPEAKER_04Excellent. On parlait du mental juste avant. Il y a toujours quelque chose qui me fascine avec les invités que je reçois qui sont plutôt en sport ou en aventure, c'est la capacité du cerveau à oublier les moments de galère, de souffrance ou les moments horribles du paquet d'M&M's au 45e jour. Là, ton agenda, on en parlait un peu juste avant, ton agenda pour 2024, il est déjà bien chargé. Tu as l'Ironman de Nice qui est un Ironman mythique sur le circuit. A priori, un Ultra Trail, un Duathlon. C'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_04Deux semaines après ton Ironman
UNKNOWN?
SPEAKER_04Une ou deux semaines. Tu vas enchaîner. C'est quoi ton point de vue sur justement cette capacité du cerveau, encore une fois, à oublier les mauvais moments, finalement, hyper rapidement
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je l'ai expérimenté. Je ne sais pas l'expliquer, mais je l'expérimente à chaque
SPEAKER_04fois. Parce qu'on est d'accord qu'il n'y a pas que du plaisir quand tu pars sur 17h, 16h d'épreuve en montagne que tu n'arrives plus à t'alimenter, que tu as des hallucinations
SPEAKER_02c'est vrai, c'est vrai je me souviens très bien des moments où c'était difficile mais si tu m'en parles là je retiens que le plaisir mais il y a un exemple c'était mon premier triathlon M donc M c'est une distance qui est un peu plus petite je me souviens, ça finit par un 10km en course à pied, il fait 38°je souffre, normalement 10km je le fais assez facilement, là il faisait 38°je souffre, c'est l'enfer je franchis la ligne d'arrivée, il y a tous mes amis qui étaient là plus jamais, c'est nul, j'arrête. Et trois jours après, je prends mon dossard pour le Half Ironman, parce que juste, t'es heureux, en fait, c'est hyper heureux, t'as toutes les hormones d'endorphine, etc., qui sont dans ton corps, et t'as envie de revivre ce moment-là. Et effectivement, là, t'oublies complètement la douleur. Et... C'est un bon exemple, mais je sais pas l'expliquer. Je pense que c'est toutes les endorphines et tout ce que t'as vécu qui te rend hyper heureux, qui prend le dessus sur tous ces moments de douleur.
SPEAKER_04Est-ce que t'as
SPEAKER_02l'appel du toujours plus long
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ah oui, c'est le problème. Une fois que tu mets le doigt dedans, t'es
SPEAKER_04foutu. Ouais
UNKNOWN!
SPEAKER_04et je te pose la question parce que j'écoutais un podcast tout à l'heure avec un gros ultra trailer qui expliquait qu'il a mis 4 ans je crois avant de faire l'UTMB et il parlait de la généralisation enfin de la banalisation plutôt des distances dans le sport aujourd'hui faire un marathon globalement il y a 20 ans c'était hyper impressionnant aujourd'hui on a l'impression que faire l'UTMB c'est un peu le truc classique c'est plus tellement ça semble plus tellement hors de portée alors qu'en réalité ça l'est toujours autant Toi dans les distances, qu'est-ce qui le motive cet appel du toujours plus long, toujours plus dur potentiellement
UNKNOWN?
SPEAKER_04C'est un truc très perso, c'est parce que tu entends parler de ça autour de toi et du coup tu te dis j'ai envie d'aller explorer. Tu le vois comment
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est le dépassement de soi. Moi je sais que c'est un truc qui me motive depuis que je suis toute petite sur tous les pans de ma vie. J'ai toujours besoin d'aller chercher plus, j'ai toujours besoin d'aller chercher plus vite, plus loin. Je pense que c'est juste
SPEAKER_04Plus vite, plus loin. Excellent. Vivian, t'en penses quoi, toi, du
SPEAKER_05coup
UNKNOWN?
SPEAKER_05J'en pense quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_05Sur la partie de la capacité du cerveau à oublier, oui, évidemment, j'ai expérimenté pareil, mais je pense qu'ici, à peu près une personne sur deux, si, mesdames, vous avez accouché une fois dans votre vie, je pense qu'il y a une partie de l'accouchement où vous ne vous souvenez pas, et heureusement, sinon, on ne serait pas aussi nombreux sur cette planète. Donc, on l'a tous expérimenté d'une manière ou d'une autre, mais c'est vrai que moi, je réécoutent parfois certains des enregistrements audio que j'ai fait sur l'Atlantique et quand je les écoute je me dis c'est pas possible c'est pas moi c'est pas possible moi dans cet état impossible que ce soit moi et vraiment je ne m'en souviens pas c'est juste parce que j'en ai une trace audio donc je pense qu'il y a effectivement un côté où vraiment le cerveau est bien fait il met de côté parce que c'est trop dur et après il y a effectivement ce que tu dis toute la satisfaction retirée à l'issue du projet qui donne envie d'aller vers autre chose mais je pense qu'il y a quand même les deux les deux parties et sur la partie plus loin bon moi je saurais pas dire parce que vu que je change à chaque fois de discipline mais je sais qu'à chaque fois que je fais quelque chose je n'ai aucune envie de le recommencer mais ça c'est bon je l'ai fait je passe à autre
SPEAKER_04chose
SPEAKER_05excellent
SPEAKER_04peut-être en guise de conclusion une question sur l'importance de l'entourage alors différemment Clément s'est évoqué ce pote qui t'a sauvé ta course avec ce paquet de chips Lilian ce soir il y a Charlotte qui est là donc Est-ce que ça fait partie de votre stratégie
UNKNOWN?
SPEAKER_04Est-ce que vous vous dites, quand vous partez sur une traversée de l'Atlantique, des triathlons extrêmes et autres aventures, est-ce que vous intégrez ce facteur qu'il faut que mon entourage soit impliqué là-dedans, dans la préparation, dans l'exécution, on va dire
UNKNOWN?
SPEAKER_04Et si oui, comment est-ce que tout ça se construit en équipe
UNKNOWN?
SPEAKER_04On parle beaucoup d'aventures que vous avez menées solo, mais en fait, il y avait des gens
SPEAKER_02autour. Moi, c'est plus dans la préparation où je fais toujours mes triathlons, mes Ironman avec des copains et du coup on prépare ça ensemble et on vit des moments hyper intenses parce que c'est intense en sport mais du coup c'est aussi hyper intense en émotions et du coup les moments que tu vis dans les émotions ce que tu partages dans ces moments là je trouve que ça soude vraiment une amitié quand tu te vois dans des moments hyper euphoriques mais des moments hyper darnes aussi où t'en peux plus t'as envie de jeter le vélo et t'as ton copain qui te dit non tiens bon ça va le faire regarde n'oublie pas on a la course je trouve que c'est dans ces moments là où Tu te lis d'une amitié hyper particulière et systématiquement je choisis mes courses en fonction de copains
SPEAKER_01pour qu'on fasse la
SPEAKER_02course en même temps. Ce n'est pas tant les supporters le jour J, c'est important, mais c'est plus on va faire tout l'entraînement ensemble, pas uniquement le jour de la course, mais on va faire tout l'entraînement ensemble, on sait pourquoi on le fait et on va vivre cette aventure-là à plusieurs.
SPEAKER_05oui donc l'entourage je pense déjà on ne parle pas et on ne remercie pas assez les gens qui sont autour de nous parce qu'effectivement on a un peu comme tu disais tout à l'heure on voit la partie course mais on ne voit pas l'entraînement mais on ne voit aussi pas tous les gens qu'il y a autour et en fait je ne connais personne qui fasse un truc solo derrière qui il n'y a pas 5, 10, 15, 20 personnes qui aident à l'accomplissement de ce projet sur la Transat shout out ma Elle était chef d'expert, donc organisé à terre tout ce qui se passait. Et puis, on a deux petites filles qui, pour moi, sont aussi un moteur dans ces aventures-là en disant, je le fais aussi pour leur montrer, pas pour leur donner envie de faire la même chose, mais pour leur montrer qu'à un moment donné, on peut se mettre un objectif ambitieux, se donner les moyens d'y arriver et qu'en chemin, on va rencontrer des difficultés, des trucs qui vont moins bien marcher, des trucs qui vont marcher, etc. Et ça, je le fais à la fois je l'ai fait sur ces aventures mais aussi dans mon quotidien professionnel où j'essaie d'impliquer de montrer un maximum à mes filles ce qui se passe au quotidien c'est quoi aujourd'hui monter une entreprise c'est quoi piloter une entreprise de leur montrer pour qu'elles en retirent des choses aujourd'hui et plus tard donc pour moi ce facteur là il est important dans toutes les aventures que j'ai réalisé et après il y a un entourage un peu plus éloigné mais qui pour moi était toujours un gros moteur c'est j'ai toujours partagé donc en quasi direct ses aventures sur les réseaux sociaux essentiellement et en fait c'est vrai que c'était un vrai boost de motivation au quotidien une fois de plus je me souviens sur le tour de France à vélo typiquement tous les soirs où je me suis couché je me suis dit bon demain matin je ne me lève pas c'est fini quoi et le matin on regarde les commentaires et tous les encouragements c'est bon j'y retourne donc encourager les gens vous voyez faire des trucs un peu fou pas forcément sportif mais entrepreneurieux et tout, penser à envoyer des messages d'encouragement, on sous-estime l'importance que ça a. Parce que oui, la famille, elle est là, les amis sont là, mais en fait, il y a plein d'autres gens qui regardent, qui suivent. Et moi, je me suis rendu compte au retour que sur une personne qui se manifestait à un moment donné en réaction à un poste, en fait, il y en a 10 qui suivaient et qui n'ont rien dit. Donc, ça mobilise beaucoup de monde, ça inspire beaucoup de monde. Et donc, je pense que tant qu'à faire... Essayons de le partager. Mais en tout cas, l'entourage, il est important à la fois pour l'organisation, mais aussi important pour moi dans le sens du partage et d'essayer de transmettre quelque chose. Un grand merci à tous les deux.
SPEAKER_04Après l'interview, on est passé aux questions de l'audience. Les premières m'étaient destinées. On m'a en effet demandé d'expliquer l'origine du nom du podcast, s'il est frappé et écouté à l'international et si je pouvais partager quelques statistiques sur la performance globale du podcast. C'est une bonne question. En fait, je cherchais, pour vraiment rentrer en détail, je cherchais un terme en anglais initialement et je n'arrivais pas à trouver. En fait, j'ai eu l'idée de ce que je voulais que le nom véhicule avant d'avoir trouvé le nom c'est un peu bizarre mais je voulais cette idée d'impact en fait de dynamisme et donc le logo pour celles et ceux qui n'écoutent pas le podcast c'est un mouflon un mouflon qui est en train de charger et donc moi j'ai trouvé quand j'avais fait faire ce logo qu'on voyait bien la notion finalement d'impact et presque d'impulsion en fait les frapper l'objectif c'est que quand vous écoutez des épisodes ça vous met en mouvement c'est un peu cette impulsion sympa sur l'épaule qui dit allez vas-y lance-toi dans tes projets écoute Lilian écoute Clémence ils l'ont fait donc tu peux le faire et voilà et en fait l'idée de dynamisme d'impact de mouvement ça m'a amené au logo le mouflon et le mouflon en train de charger je me suis dit bah ouais c'est un mouflon en fait la notion d'impact donc frappe frappé oui alors quand on lance un podcast en réalité on est diffusé dans le monde entier à partir du moment où on est référencé sur Apple Podcast et Spotify c'est automatique donc les frappés à ma plus grande surprise à chaque fois que j'ouvre les stats j'hallucine et écouté dans 178 pays donc je pense qu'il doit y avoir des VPN dans le lot des gens qui se connectent parce que j'ai du mal à comprendre comment il peut y avoir des gens qui m'écoutent en Corée du Sud ou au Nigeria mais oui j'ai quelques épisodes en anglais pas énormément il y en a plusieurs qui arrivent cette année mais j'en ai fait je dois en avoir deux qui sont déjà diffusés il y en a trois autres qui arrivent mais sur quasiment 200 épisodes c'est relativement anecdotique ouais c'est en fait l'univers du podcast c'est vraiment une industrie qui se structure. Finalement, on en parle depuis des années, mais c'est un média qui n'a pas vraiment encore explosé. Je vous donne des stats parce que j'ai fait beaucoup de recherches il n'y a pas longtemps pour un post LinkedIn. Donc, si vous faites 5000 vues sur une vidéo YouTube, vous êtes dans la moyenne mondiale de la catégorie automoto, qui n'est pas une catégorie fabuleuse. 5000 écoutes sur un épisode, vous êtes dans le top 1% des podcasts au monde. Donc, il y a une énorme différences. Il y a aujourd'hui un podcast pour à peu près 30 chaînes YouTube. Il y a à peu près 30 heures de contenu podcast qui est mis en ligne toutes les heures versus quasiment 550 heures de contenu YouTube mis en ligne à l'heure. Mais en réalité, rapporté au nombre de podcasts existants versus le nombre de chaînes YouTube, en réalité, le dynamisme est beaucoup plus important du côté du podcast. Mais bon, voilà, tout ça pour dire que c'est un média qui est en constant pour modérer un peu ce que je vais dire et du coup les frapper dans le top 1% des podcasts mondial mais il faut le rapporter au nombre d'écoutes qui est quand même relativement moins important que ce qu'on voit sur youtube donc aujourd'hui il faut savoir aussi qu'il y a 80% des podcasts qui s'arrêtent au 8ème épisode donc c'est énorme il y a un vrai sujet de ténacité ouais c'est ça de paquet d'mnms qu'il faut accepter voire rempli d'eau mais voilà donc il y a il y a beaucoup de podcasts qui s'arrêtent finalement assez rapidement et puis en fait c'est relativement ingrat parce que le podcast aujourd'hui si vous tapez traverser l'Atlantique à la rame ou faire un triathlon extrême sur Google globalement il y a 300 000 pages qui vous sont proposées il y a 400 vidéos mais il n'y a pas de podcast en fait qui apparaissent sur Google les algorithmes ne sont pas encore capables en tout cas le choix n'a pas encore été fait de proposer du contenu audio ce qui fait que pour être visible en fait c'est extrêmement compliqué d'où là aussi le nombre d'écoutes assez réduit Donc voilà, réponse, longue réponse et une brève question.
SPEAKER_02Qu'est-ce qui fait qu'on passe de l'idée à l'action
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est une obsession en fait, c'est pas juste une idée, c'est une obsession en fait. C'est mon challenge de tous les ans, j'ai au moins un challenge sur l'année et je sais que c'est ce qui va me rendre heureuse au quotidien, qui va me donner un objectif, je sais pourquoi je me lève le matin, alors pas uniquement pour le sport, pour plein d'autres trucs, mais ça fait partie des choses et les jours où ça va pas, je sais que j'ai le sport, c'est ma soupape de décompression et
UNKNOWNMerci.
SPEAKER_02Oui, je pense que c'est pour toutes ces raisons-là. Et je fais aussi pas mal d'aventures. Tous les week-ends, je pars à un endroit un peu différent. J'ai fait le tour de Taïwan à vélo. J'ai fait la traversée des Alpes jusqu'en Slovénie. Enfin, je fais pas mal de choses comme ça. Et en fait, ce foncier que je me construis en faisant du sport, derrière, ça me permet d'être libre et ça me permet de faire ce que je veux. Par exemple, ce week-end, j'étais à Porquerolles. J'ai fait le tour de l'île, 30 kilomètres. Bon, il y a cinq ans, je n'aurais jamais pu faire ça. Aujourd'hui, j'ai envie de partir. Demain, j'ai envie de faire un marathon. Je sais que mon corps, il peut. Et en fait, ça me donne ce sentiment de liberté de pouvoir faire plein de choses comme je veux, quand je veux. Et ce sentiment de liberté, il est hyper fort et il me rend heureuse au quotidien, en fait.
SPEAKER_05Moi, je dirais un des... Bon, passer de l'idée à l'action, le premier truc, c'est d'avoir l'envie, en plus de l'idée. Si on a des idées, on en a tous, mais il faut vraiment avoir envie. Et après, c'est d'arriver à trouver la plus petite marche, en fait, le plus petit passage à l'action possible. Quand, en 2015, avec ma femme, on s'est dit« Tiens, on va emmener nos deux petites filles de 3 et 5 ans traverser l'Amérique du Sud à vélo», Projet ambitieux. On s'est dit, pour les trucs, on va prendre les billets d'avion. Après, on verra. Et en fait, juste cette première action, elle met le pied à l'étrier et derrière, tout suit. C'est d'arriver à trouver le truc le plus simple et le plus rapidement activable parce que tant qu'on reste dans l'idée très macro, ça paraît tellement inaccessible et impalpable que ça invite à l'inaction. C'est d'arriver à ramener à ce que je peux faire là tout de suite, même si c'est tout petit, mais qui me met déjà en action.
SPEAKER_03J'ai une double question en Ce qui m'interpelle, c'est est-ce que vous êtes né comme ça
UNKNOWN?
SPEAKER_03Avec ce goût du challenge
UNKNOWN?
SPEAKER_03Ou est-ce qu'il y a eu un élément déclenchant dans votre vie qui a fait que vous avez... Vous vous êtes orienté vers cette voie-là
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et est-ce qu'il y a deux personnages dans votre vie
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce qu'il y a le personnage aventurier extrême
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et à côté de ça, vous avez une vie, je dirais, standard. Ou est-ce que vous êtes pareil dans tout ce que vous faites
UNKNOWN?
SPEAKER_05Pas facile comme question. Je pense qu'on est nombreux dans ma tête. Non, c'est pas ça. simple comme question. Moi, je ne peux pas dire que j'ai toujours été comme ça. Mais finalement, quand j'y pense, je peux trouver plein de signes qui me disent qu'en fait, il y avait la graine pour. Donc, je pense qu'il faut peut-être des événements de vie qui font qu'on révèle ça, qu'on laisse les graines germer. Mais je pense que ces graines-là, on les a tous sur des thématiques différentes. Et ce qui moi ce qui me surprend toujours c'est que en fait ce qui peut paraître la transat par exemple peut paraître un truc absolument insurmontable mais il y a peut-être des choses qui moi me paraissent insurmontables et qui pour vous sont anecdotiques, je ne dis pas que c'est anecdotique la transat mais on a tous nos zones d'inconfort nos zones de peur et elles sont toutes différentes et c'est pour ça que je pense qu'il n'y a pas de comparaison possible entre un moment où une transat à la rame ou vivre un drame familial. Ce sont des choses complètement différentes et qui, suivant les personnes, peuvent être aussi difficiles à traverser, à réaliser. Je pense qu'il y a des éléments qui sont là, mais qu'on vient révéler par des expériences.
SPEAKER_02Moi, je suis très extrême dans tout ce que je fais. J'ai un tempérament très on-off. C'est-à-dire que je me fixe un objectif au boulot, je donne tous les moyens de l'atteindre. Je me fixe un objectif sportif, je donne tous les moyens de l'atteindre. Un objectif perso, c'est pareil, je donne tous les moyens de l'atteindre. Et si Sinon, je ne me fixe pas d'objectif. Et j'ai du mal à être un peu entre les deux. Je suis très... Je suis interrupteur, quoi. Tac, tac. Donc, je pense que je suis un peu née comme ça. Et même quand je me souviens, la première chose, c'est dans le jardin de mes parents, je faisais des cabanes. Dès que j'ai eu l'âge de partir, je prenais mon vélo et je suis partie direction... C'était Paris-Deauville, parce que c'était un truc qui était facile à faire à vélo. Alors que je n'avais rien. Enfin, je n'avais jamais dormi dans une tente. Et là, je prends une tente et puis il y avait un champ. Puis je me dis, bon, je vais dormir là ce soir première nuit ça allait, deuxième nuit j'éclatais en sanglots parce que j'avais trop peur parce que c'était la nuit parce qu'il pleuvait et je me retrouve du coup finalement à toquer chez un habitant en disant est-ce que je peux dormir dans votre jardin j'étais au lycée donc j'étais assez jeune et je pense que ça tourne encore autour de la liberté mais je pense que ce sentiment de liberté ce besoin de liberté je l'ai depuis que je suis petite et c'est juste que le sport me permet d'aller encore plus loin il n'y a pas de contrainte à ma liberté parce que mon corps il peut faire plein de choses aujourd'hui
SPEAKER_06On
SPEAKER_02est frappés. Je pense que oui. Je pense que tu peux aussi le devenir en fonction de l'environnement que tu côtoies, des gens que tu côtoies. On dit souvent qu'on est la moyenne des 5 personnes qu'on côtoie le plus. Et je suis assez persuadée que si tu côtoies 5 entrepreneurs, il y a un moment ou un autre dans ta vie, tu vas dire« Ah, pourquoi est-ce que j'aurais pas envie de lancer une boîte
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Si tu côtoies que des gens qui vont faire des challenges extrêmes, qui sont fans de course à pied, je pense qu'il y a un moment dans ta vie où même si toi t'es pas fan de course à pied, tu vas dire« Ah, j'aimerais bien tenter.» Et je pense que tu peux ne pas comme ça, mais en fonction des gens que tu côtoies et de l'environnement.
SPEAKER_00Vous ne nous avez pas parlé de votre récup quand vous êtes rentrée. Comment ça s'est passé les 2-3 jours en rentrant
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, très bonne question. Je suis la première surprise de ce que je vais vous dire, mais je n'ai pas eu de courbature. Je n'ai pas eu de courbature. Mais je ne sais pas comment ça se fait. Je ne comprends pas. Non, je n'ai pas eu de courbature. En fait, j'étais trop bien le lendemain. J'avais qu'une seule envie, c'était d'aller courir. Il faut savoir un truc, c'est qu'au bout de 6 mois de préparation, on en a marre. Le vélo, à la fin, je ne pouvais plus le voir et je suis pas la seule, tous mes copains qui faisaient on peut plus voir le vélo, on peut plus voir ses baskets, au bout de 5 mois on se dit ok j'en ai marre, j'ai envie que la course elle arrive mais là libérez-moi, alors que normalement j'adore ça, mais là on se dit libérez-moi j'en peux plus et le lendemain de la course, je me réveille, j'ai qu'une seule envie c'est de prendre mes baskets et j'ai pas de courbature j'ai un peu les jambes lourdes évidemment et je me retrouve à faire 7 jours après l'Ironman je fais un truc, le Mont Ventoux ça doit vous parler je fais 3 fois le Ventoux dans la journée, c'est un truc qui s'appelle les cinglé du Ventoux. Mais hyper lentement. Et donc, je fais ça une semaine après. Et non, en fait, je suis dans le flow. J'adore ça. J'ai encore envie de sport, alors que j'en ai eu trop barre un mois avant. Et non, du coup, étonnamment, pas de courbature. Et je me suis vraiment posé la question de comment ça se fait que j'ai pas de courbature. Et je me suis demandé si j'étais pas allée. Peut-être que j'avais encore un peu de réserve. Je sais pas. Ou peut-être pas. Parce que ceci dit, je suis allée loin quand même. Ou peut-être que c'est juste que j'étais très bien
SPEAKER_05entraînée, bien bue, je me suis bien hydratée, je sais pas. Et puis il y a un truc, je crois que c'est l'homéostasie, qui consiste à l'adaptation du corps à son environnement, et moi je l'ai senti sur toutes mes aventures, sauf la transat, il y a toujours un moment où on sent un déclic, où on sent que le corps il a compris, et où moi j'ai senti à vélo par exemple, sur le Tour de France, j'ai senti au bout d'un moment que ça pouvait durer 100 jours, c'était bon, c'était Sur l'Atlantique, je m'attendais à la même chose. Ce n'est pas du tout passé. Jamais je me suis dit, ça y est, c'est bon, ça peut durer 200 jours. Et donc, moi, je trouve ça passionnant le fonctionnement du cerveau sur ces aspects-là. Je sais qu'à la fin du Tour de France, j'ai terminé. Le lendemain, je me suis réveillé. J'étais en forme. J'étais prêt. J'avais la pêche géniale. Et le surlendemain, je n'ai plus bougé pendant 24 heures. Le corps avait compris que c'est bon, c'est fini, je peux relâcher. Et il a tout relâché et coincé pendant 24 heures. La transat, bon là, c'est encore un autre niveau parce que pendant 47 jours, on dort en moyenne 3 fois 1 heure par jour, plus tout le reste. Donc à l'arrivée, les premières 24 heures, enfin non, les premières 8 heures, on ne tient pas debout. La première semaine, on ne reste pas debout trop longtemps parce qu'on est fatigué. Et vraiment, pour récupérer physiquement complètement, c'est 6-8 mois pour vraiment retrouver... Un état normal. Mais on a tellement maltraité le corps et le mental que...
SPEAKER_01Est-ce que l'un de vous trois a déjà vécu ou peut nous parler d'objectifs non atteints, voire d'abandons
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je ne parle pas d'échecs parce qu'il n'y en a jamais, mais est-ce que ça vous est déjà arrivé et comment vous l'avez
SPEAKER_02vécu
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors moi, pas encore, mais je l'attends. Non, mais je l'attends et je l'attends. Et c'est aussi pour ça que j'y retourne. C'est aussi pour ça que j'y vais, parce que j'ai besoin de voir où vont être le bout de mes limites. Et j'attends ce moment-là où je vais craquer et quelque part, je serai hyper déçue, mais quelque part, je me dirai OK, là, j'ai vraiment poussé au max. Je suis vraiment allée au bout du bout du bout. Et j'ai vu où sont mes limites. Mais bon, c'est peut-être parce que je ne me lance pas des challenges assez gros.
SPEAKER_06Non,
SPEAKER_02non, mais je
SPEAKER_06ne sais pas. On va arranger
SPEAKER_02ça. Non, mais ce que vous avez fait, c'est beaucoup plus impressionnant que ce que j'ai fait. Peut-être que j'aurais craqué dans votre cas. Je pense que
SPEAKER_04c'est vraiment une question de référentiel. Franchement, ça te paraît, je pense que c'est ce que Lilian disait, ça te paraît dingue. Mais en fait, une fois que tu es dedans, tu déroules. De la même manière que je pense pour pas mal de gens dans l'audience, ce que tu as fait, ça paraît complètement incroyable. sportivement sportivement moi ce serait le judo donc j'ai été en équipe de France pendant que j'étais au lycée j'avais fait le choix de ne pas intégrer le sport études de Marseille parce que je savais que je voulais faire une classe prépa derrière et le sport études de Marseille d'un point de vue académique et pas au niveau de là où il est sportivement parlant et j'ai donc j'étais numéro 1 français sans avoir jamais été champion de France et ça c'est mon gros échec c'est que j'ai fait 4 championnats de France 2 fois 2ème, 1 fois 3ème 1 fois 4ème je crois et j'ai perdu les 2 fois en finale contre la même personne qui n'était pas français, qui était résident français et donc qui avait le droit de faire les championnats de France y compris les championnats de France UNSS donc scolaire et du coup c'était un peu devenu ma bête noire et bon alors j'étais relativement jeune j'étais au lycée mais c'est vrai que c'est en fait la phase d'acceptation elle est vraiment importante parce que c'est quelque chose qui est complètement hors de notre contrôle le fait que cette personne là ces deux jours là aient été bien meilleurs que moi sans doute mieux préparés physiquement au dessus etc bah en fait j'y peux rien mais ce qui est très difficile à accepter c'est quand il y a enfin moi je trouve c'est quand il y a une notion de confrontation physique c'est à dire que le judo c'est pas un sport de combat c'est un sport de défense mais on est quand même les mains sur le kimono d'un adversaire et il y a une notion de domination physique quand même à l'inverse d'un abandon sur une course où là finalement c'est soit contre soi il y a un chrono ou alors on a des problèmes digestifs mais quand on a quelqu'un en fait qui physiquement vous met le nez dans le tatami et vous vous retrouvez bloqué et il y a un chrono qui s'enclenche et en fait vous êtes bloqué jusqu'à la fin du chrono là c'est autre chose parce que finalement il y a une notion de soumission donc moi j'ai eu une phase d'acceptation qui a été quand même assez longue. Et puis le deuxième, c'est pas vraiment un deuxième échec, mais j'ai eu beaucoup de mal à gérer la fin du haut niveau. Pourtant, ma phase de haut niveau a été très courte. Ça a duré trois ans. Mais j'ai fait du judo. Le judo a été l'essentiel de mon activité sportive jusqu'à être une activité que je pratiquais haut niveau pendant à peu près 15 ans. Et en fait, quand on a une activité qui occupe autant de place que ça et qui finalement nous définit d'un point de vue identitaire l'arrêter brutalement parce que c'est ce qui s'est passé je suis rentré en classe prépa et j'arrivais plus à faire prépa et sport de haut niveau là aussi moi je l'ai vécu un peu comme un échec et ça a été assez difficile à gérer mais voilà c'est un très bon exercice de résilience d'acceptation et finalement de se dire qu'il y a des choses qu'on contrôle d'autres qu'on contrôle pas qu'on peut influencer et puis d'autres qu'on peut carrément pas du tout influencer et qu'il faut juste accepter donc voilà ça a été ça a été moi mon
SPEAKER_05expérience ouais moi alors des abandons il y a eu des quasi-abandons sur sur mon triathlon sur mon Tour de France à vélo bon sur la Transat il n'y avait pas possibilité c'était pas le choix quasi-abandon et c'est là où tout à l'heure je disais l'entourage est vraiment important et je sais que sur les deux triathlon et Tour de France c'est à un moment c'est ma femme qui a su me redonner le moral pour dire attends en fait non on lâche pas parce que c'est que dans la tête donc on lâche pas on continue et sinon le seul abandon mais qui en soit n'en est pas un c'est quand on a fait notre voyage à vélo en famille où on prévoyait de traverser l'Amérique du Sud enfin l'Amérique centrale, l'Amérique du Sud et où finalement arrivé au Panama on s'est rendu compte que on s'était trompé d'objectif qu'on était parti initialement pour passer un an en famille à vélo et que progressivement notre objectif était devenu d'arriver à tout prix en Patagonie à vélo et en fait on s'est rendu compte que on n'était plus sur le bon objectif et qu'on risquait de continuer dans des déserts et des zones qui n'allaient vraiment pas être cool pour nos enfants et qu'on allait pour le coup complètement rater notre objectif principal. Donc il y a eu une phase un peu difficile de se dire« on change de destination». Et en fait, le changement de destination, c'était quand même de faire un retour en Europe. Et ce côté« on rentre» était un peu difficile, surtout d'un point de vue des gens qui étaient autour de nous, de nos familles, de nos proches.« Ah, vous rentrez, vous vous arrêtez plus tôt que prévu. Non, juste on continue ailleurs.» Mais là, c'est plus, une fois de plus, ce soit avec soi, parce que c'est finalement que le regard des autres. Et c'est, je pense, la seule fois où je pourrais dire que sur les aventures, en tout cas, il y a eu un truc qui ressemble à un abandon.
SPEAKER_02Moi, quand je vous écoute, j'ai l'impression que vous n'avez jamais peur. Est-ce que ça vous arrive quand même de temps en temps d'avoir peur, que ce soit avant de partir ou pendant l'épreuve
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et si oui, comment vous le surmontez
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et sinon, peut-être, comment vous vivez la peur des proches pour cette fois liant avec des enfants, de faire une traversée comme ça de l'océan, ça doit être difficile à vivre aussi
SPEAKER_05pour eux. La question de la peur, elle est très, très large. Est-ce qu'on a peur
UNKNOWN?
SPEAKER_05Oui, tout le temps. Moi, j'ai peur tout le temps. Tout le temps. J'ai peur tout le temps. Le sujet, c'est qu'est-ce qu'on fait de la peur
UNKNOWN?
SPEAKER_05Et la première chose, c'est de faire la différence entre les peurs archaïques, les peurs qui remontent instinctivement et ce qui va vraiment se passer ou ce que veut vraiment dire la peur. Par exemple, rapidement, mais quand je vous parle de Transat Al Arab, vous avez certainement tous des peurs qui vous viennent, comme par exemple les énormes vagues qui s'écrasent sur les bateaux. Ça, ça n'existe pas. Une vague, ça ne casse pas au milieu de l'océan. C'est de la houle, des montagnes d'eau, mais ça ne casse pas. Par contre, la vraie peur, c'est celle d'un doigt qui se coupe et qui s'infecte et qu'on va amputer à l'arrivée parce qu'on ne l'a pas traité. Ça, c'est un vrai risque, par exemple. Ou celui de tomber à l'eau sans être attaché, où on se dit qu'on va nager et retrouver le bateau. Ça, c'est impossible. Si vous tombez à l'eau, vous ne remonterez jamais sur le bateau si vous n'êtes pas attaché. Donc, c'est faire la distinction entre ces peurs-là. Et la peur, elle est là pour nous protéger. Donc, elle est là. Celui qui dit qu'il n'a pas peur, il ment. Ce n'est pas vrai. Il y a forcément des peurs. Donc, qu'est-ce qu'on en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_05Et ça, en termes d'apprentissage, au sens très large, aussi professionnel ou personnel, c'est intéressant, ces expériences-là, je trouve, parce qu'il y a ce côté dans l'aventure et dans le sport de... Il n'y a pas le choix. À un moment donné, on est tellement complètement dedans... Sur la Transat, si on se plante, c'est la mort. Il n'y a pas le choix que de réussir. Ça pousse à s'observer, à faire des choses qu'on ne fait pas au quotidien parce que c'est confortable de ne pas le faire. C'est vachement intéressant, en particulier sur les peurs. C'est un truc qu'on pourrait en parler des heures.
SPEAKER_01J'ai une question. Dans vos entreprises, comment vous gérez les personnes qui n'ont pas le même mindset que vous
UNKNOWN?
SPEAKER_01Est-ce que vous arrivez à l'accepter
UNKNOWN?
SPEAKER_02Merci. Je pense qu'il y a un biais qui est commun chez pas mal de managers, qui est que je pense que tu as tendance à recruter des profils qui te ressemblent un peu. Alors il y a des gens qui me ressemblent, d'autres qui ne me ressemblent pas du tout. Mais je pense que même ceux qui ne me ressemblent pas du tout, en fait, dans mon équipe, il y a des gens qui sont complètement complémentaires à moi, qui vont m'apporter d'autres choses. Et du coup, je me dis, ah oui, ils ont cette force-là que moi, je n'ai pas. Et au contraire, on va plutôt fonctionner en duo. Il y a des gens qui fonctionnent pareil. Donc, j'arrive très facilement à comprendre comment ils fonctionnent, quel mécanisme activer pour qu'ils soient motivés au quotidien. Et il y a d'autres personnes où je me dis, OK, on va plutôt être complémentaires. Cette personne-là va m'apporter ça. Moi, je vais pouvoir lui apporter ça parce que c'est quelque chose qu'il n'a pas forcément. Et je le vis plutôt comme ça. Mais je pense que de base, j'ai un biais qui est que j'ai tendance à recruter des gens qui ont ce mindset un peu challenge. Pour qui tu faisais ce biais
UNKNOWN?
SPEAKER_02Au moins que sur ce mindset challenge, oui, complètement. Je pense que j'ai ce
SPEAKER_05biais-là. Moi, je dirais que dans mon activité, on est dans le sport en entreprise, donc je vais plutôt aller chercher des gens qui pratiquent un sport, mais parce que c'est plus en lien avec l'entreprise. Moi, là où je fais la passerelle, Je vais plus, et ça, je le vois par exemple une fois de plus avec la Transat, avec mon coéquipier, on ne se connaissait pas au départ. Et vraiment, on a construit la relation, on a appris à se connaître. Mais surtout, on a établi la confiance qui permet de dire, OK, il y en a un qui a des forces là et là, des faiblesses là et là, l'autre là et là. Et on va composer avec ça. Et donc aujourd'hui, j'essaie plus de m'inspirer de ça en disant, voilà, quand j'ai besoin de recruter quelqu'un, ce que je veux, c'est qu'il ait l'expertise dont j'ai besoin et qu'il va compléter la mienne. Maintenant, qu'il fasse des trucs de fou à vélo, à pied, je… Non, ce n'est pas un sujet pour moi, mais c'est plus ça que j'en retire. Après, la composante sport, c'est plus lié à notre activité.
UNKNOWNMerci à nos trois intervenants.
SPEAKER_04C'est la fin de cet épisode spécial enregistré lors de l'Aioli du mardi de janvier 2024. L'événement a lieu tous les mois, donc si vous êtes dans la région ex-Marseille et que vous êtes intéressé pour participer au prochain, le lien est en description. Encore merci à Augustin et son équipe pour l'opportunité d'enregistrer cet épisode en live. Les Frappés est un podcast à diffusion hebdomadaire qui est disponible sur toutes les plateformes d'écoute, Apple Podcast, Spotify et Deezer principalement. Vous pouvez également suivre le podcast sur les réseaux sociaux, lesfrappés.podcast sur Instagram et vous abonner à la newsletter, le lien est en description. Merci
UNKNOWN!
SPEAKER_04Générique