Les Frappés

Handicap invisible et sport de haut niveau avec Simone Thiero

Simone Thiero Season 4 Episode 159

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Simone Thiero est une ancienne handballeuse professionnelle 🤾‍♀️

Elle a joué au plus haut niveau, en France et à l'étranger. Dans cet échange elle nous raconte ses débuts à 10 ans, sa progression et comment elle en est arrivé, 15 ans plus tard, à brutalement mettre un terme à sa carrière. Son parcours est celui d'une sportive de haut niveau : semé d'embuches, marqué par les sacrifices et un engagement total.

Mais Simone a un petit quelque chose en plus. Une complexité à gérer dont elle ne parlera ouvertement que 2 ans après la fin de sa carrière : elle est handicapée suite à une mauvaise manipulation médicale à sa naissance.

Comment devient-on sportive de haut niveau en handball quand on ne peut pas se servir de son bras droit ? Qu'est-ce qu'une carrière sportive aussi riche permet comme apprentissage ? Quelles sont les réalités du sport de haut niveau que les gens ne connaissaient pas ?

Autant de sujets sur lesquels Simone nous partage son point de vue !

Excellente écoute à vous !

🔎 Le livre de Simone étant auto-édité, il n'est accessible que sur Amazon ici.

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SPEAKER_00

Moi, il y a beaucoup de mouvements que je ne peux pas faire. Déjà, quand je suis très jeune, le bras, je peux très peu l'utiliser. Et ensuite, je n'ai pas de rotation externe. Par exemple, je ne peux pas tourner la paume de main vers le ciel. Donc, j'ai eu beaucoup de séances de kiné pour récupérer un peu, mais pas trop de changements. C'est vraiment quand je vais commencer le sport, où là, je vais forcer sur le bras, je vais prendre de la force.

SPEAKER_01

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Simone Thiraud est une ancienne handballeuse professionnelle. Elle a joué au plus haut niveau en France et à l'étranger. Dans cet échange, elle nous raconte ses débuts à 10 ans, sa progression et comment elle en est arrivée 15 ans plus tard à brutalement mettre un terme à sa carrière. Son parcours, c'est celui d'une sportive de haut niveau classique, semée d'embûches, marquée par les sacrifices et en engagement total. Classique, oui, mais pas tout à fait parce que Simone Simone a un petit quelque chose en plus, une complexité supplémentaire à gérer dont elle ne parlera ouvertement que deux ans après la fin de sa carrière. Elle est handicapée suite à une mauvaise manipulation médicale à la naissance. Alors comment devient-on sportif de haut niveau à handball quand on ne peut pas se servir de son bras droit

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Qu'est-ce qu'une carrière sportive aussi riche permet comme apprentissage

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et quelles sont les réalités du sport de haut niveau que les gens ne connaissent pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Autant de sujets sur lesquels Simone nous partage son point de vue. Excellente écoute à vous. Et juste avant ça, j'aimerais remercier tous Toutes celles et ceux qui contribuent sur Tipeee au financement du podcast à partir de 1€par mois, vos contributions font une énorme différence. Merci à vous. Et pour celles et ceux qui voudraient les rejoindre, le lien est en description. Autrement, rendez-vous sur tipeee.com. Allez, je vous laisse avec Simone. Avant qu'on se lance, j'avais une petite question. Est-ce que c'est toi qui as fait ta propre cover de ton livre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. C'est trop stylé. J'ai fait la couverture, la mise en page. Après, le petit dessin, ce n'est pas moi, c'est une amie. J'ai repris son image et je l'ai intégrée à ma couverture.

SPEAKER_01

Génial. Mais on est d'accord que c'est toi de profil

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, c'est ça. Franchement, elle est géniale ta cover. Et donc, tu es auto-édité

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, c'est ça.

SPEAKER_01

Et c'était c'est relativement simple, c'est quoi les prérequis

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu dois envoyer le livre sous un certain format

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, moi, à la base, je ne comptais pas m'auto-éditer. D'ailleurs, au début, il y a eu le processus de recherche de maison d'édition, tout ça. J'étais en contact avec plusieurs maisons d'édition. Et après, j'étais bien avancée avec une maison d'édition. Et c'est vrai qu'arrivait un moment, je me suis dit, je vais me lancer seule. Donc, ça s'est fait en trois Moi, j'ai dû tout faire, tout ce qui était couverture, mise en page, tout ça. Et du coup, moi, j'ai décidé la facilité d'aller sur Amazon. Donc, je me suis mise sur la plateforme KDP. Et de là, j'ai lu, en fait, et j'ai suivi tout le process. Et non, c'est assez simple. Après, moi, ça va. Je m'en sors bien à tout ce qui est technologie et mise en page, tout ça. Donc, voilà. j'ai fait tout le process qui demandait au final c'est assez simple au final

SPEAKER_01

donc c'était en gros deux ans d'écriture c'est ça j'ai lu quelques articles avant

SPEAKER_00

non c'était plus six mois en gros pour l'écriture et en fait là ça faisait deux ans que j'avais fini d'écrire et là en deux ans j'ai eu le temps d'un peu peaufiner je recherchais une maison d'édition et aussi j'étais pas sûre de publier donc j'étais en pleine réflexion donc voilà

SPEAKER_01

deux ans pour savoir si je publiais ou pas et et voilà génial génial et bah écoute Simone en tout cas je suis super content de t'accueillir sur le podcast ça va être ça va être un échange absolument génial merci beaucoup de t'être rendu dispo et bah écoute ce que je te propose c'est peut-être de commencer par le commencement donc on va parler on va parler de plein de choses mais quand même je pense principalement de sport de sport de haut niveau de handicap de la réalité on évoquait ton livre là juste avant de la réalité de la vie des sportifs et sportives de haut niveau qui est peut-être bien loin de ce que la plupart des gens imaginent c'est ça on va parler de tout ça peut-être commençons par le commencement ton rapport au sport l'entrée du sport dans ta vie en tout cas de manière un peu sérieuse on va dire ça remonte à

SPEAKER_00

quand

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

bah Moi, je vais m'inscrire en club à l'âge de 10 ans, dans un club d'handball à Massy. C'est là où je vais vraiment découvrir le sport en club, ce que je n'avais jamais connu avant. et par la suite je vais m'inscrire aussi en rugby enfin ça c'est quand je rentre au collège donc je vais être en section sportive rugby à Massy aussi donc je vais faire les deux handball et

SPEAKER_01

rugby ok et tout ça c'était poussé par quoi par un contexte familial où il fallait faire du sport ou c'est toi qui était très active et qui voulait te dépenser ou t'as suivi des copines ça s'est passé

SPEAKER_00

comment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non pas du tout en fait ma grand-mère en effet, dans ma famille, elle voulait que tous les enfants fassent du sport sur une année, donc moi j'ai choisi le handball sans vraiment connaître, j'en avais jamais vu à la télé, j'en avais jamais fait à l'école, j'avais juste un oncle qui faisait du handball, donc c'est la seule chose que je connaissais du hand, donc on m'a inscrit, et j'ai tout de suite accroché, donc je suis restée, ouais. Après, non, enfin, je suis arrivée dans un club, Massy c'est un club de garçons, donc il n'y avait que des petits garçons, donc non, c'était pas avec un gros de copines. Je suis vraiment allée comme ça et j'ai bien aimé.

SPEAKER_01

Je trouve ça toujours fascinant d'en apprendre plus sur les tout débuts de parcours comme le tien, parce que tu as été sportive de haut niveau. On va parler un peu plus tard de ton palmarès, de tout ce que tu as fait. Mais finalement, c'est toujours marrant de comprendre comment tout ça a commencé. Parfois, c'est une rencontre, une conversation, une photo dans un magasin. Et toi, une grand-mère qui vous pousse à faire du sport et ça débouche sur carrière

SPEAKER_00

incroyable c'est ça parce que même par rapport au rugby je comptais pas faire du rugby et c'est vrai qu'en fait l'entraîneur faisait des sensibilisations dans les écoles et il était passé dans mon école et son discours m'a vraiment plu et je me suis dit ah non mais l'année prochaine je vais m'inscrire au rugby alors que je faisais déjà du handball et juste par rapport à son discours ça m'a fasciné et j'ai trop voulu faire du rugby

SPEAKER_01

comme quoi ne jamais sous-estimer l'impact qu'on peut avoir sur les gens même si on s'en rend pas compte même si c'est inconscient mais ouais incroyable ok donc le début début du hand à 10 ans Massy c'est dans

SPEAKER_00

l'Essonne c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est

SPEAKER_01

ça dans le 91 l'Essonne banlieue sud banlieue sud ok si on fait une espèce d'accélérer à 18 ans donc tu deviens professionnelle ouais ça correspond à quoi le passage dans le monde pro qu'est-ce qui change en fait dans ta pratique

SPEAKER_00

notamment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

bah avant d'arriver à 18 ans dans le monde pro le plus grand cap c'est à 14 ans quand je rentre en soirée études parce que là je rentre en soirée études je reste 4 ans en soirée études c'est là où je vais rencontrer le haut niveau je vais rencontrer le haut niveau donc c'est des entraînements tous les jours il faut associer tout ce qui est scolaire à cela donc c'est vraiment un changement de vie c'est là je rencontre vraiment le haut niveau donc donc ouais pour moi c'est c'est vraiment un changement. Ça n'a plus rien à voir avec ma petite vie à Massy. Là, on rentre dans le vif du sujet parce que par la suite, il va y avoir des sélections pour l'équipe de France Jeune. Je vais intégrer un club professionnel alors que j'ai 16 ans, même si je ne suis pas encore professionnelle. Je vais faire mes premiers matchs à ICI Paris Handball à 16 ans dans un club, dans une équipe professionnelle. Là, ça change. C'est vrai que Après, à 18 ans, sortie du sport-études, là, il faut trouver un centre de formation ou un contrat pour continuer.

SPEAKER_01

14 ans, donc l'entrée en sport-études. Est-ce que tu dirais que c'est là que peut-être l'aspect du sport de haut niveau... que les gens connaissent moins et rentrer dans ta vie c'est à dire le fait d'être loin de sa famille le fait de scolairement d'avoir un parcours qui est adapté donc différent enfin globalement t'étais plus dans un cadre typique d'adolescent d'adolescente de 14 ans

SPEAKER_00

non plus du tout parce que la semaine on est en internat on est en sport études donc c'est plus du tout comme quand j'étais au collège avec mes copines le mercredi après midi là c'est entraînement tous les jours et quand on rentre le week-end c'est des déplacements pour les matchs donc on n'a plus du tout la même vie que les autres adolescents

SPEAKER_01

Et ça tu le savais avant d'entrer en sport études

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Enfin t'en avais conscience je veux

SPEAKER_00

dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non pas du tout moi franchement quand déjà on vient nous approcher ma mère et moi pour rentrer en sport études je savais même pas ce que c'était je comprenais rien on allait aux détections enfin sur les journées de détection tout ça mais on comprenait pas trop ce qui se passait quoi on y allait on découvrait on me parlait du pôle du pôle je comprenais même pas ce que c'était le pôle donc non c'est vraiment c'était une découverte de A à Z tout ce parcours

SPEAKER_01

et comment tu l'as géré ce choc alors je sais pas si toi tu utiliserais ce terme mais enfin tu vois moi j'avais fait le choix de pas rentrer en sport études pour des raisons scolaires mais la chance que j'avais c'est que j'avais j'avais j'avais des gens autour de moi qui avait fait du sport au niveau et donc qui comprenait un peu comment ça fonctionnait et donc j'avais pu faire un choix en amont tu vois décidé de ne pas y aller mais je pense que si j'avais pas eu ces gens là en fait j'aurais fait comme toi j'aurais dit le pôle pôle france ok d'accord faut aller dans le lycée tel collège j'y serais allé tu vois mais donc moi j'ai pas eu ce choc parce que c'était difficile mais je restais dans un cadre familial toi le tous les soirs je rentrais chez moi machin mais mais toi en à quel moment est-ce que tu as compris tous les changements qui allaient arriver dans ta vie et comment tu les as digérés on va dire

SPEAKER_00

à ce moment là moi j'ai mon oncle qui fait du handball il m'a dit ah bah trop cool ça va être une école comme Undo Stress Undo Stress c'était la série à l'époque que les adolescents regardaient voilà des danseurs dans une école à l'internat et qui faisaient leurs études la danse tout ça donc en fait c'était le seul exemple que j'avais et donc moi je me suis dit ouais trop cool et tout ça sera comme une de stress donc voilà j'y vais je suis trop contente et après quand j'y arrive bah tout de suite j'accroche moi avec le sport étudiant je suis là j'arrive dans un groupe de filles on est 15 15 filles après moi j'étais dans le Krebs de Châtenay-Malabry il y a 200 athlètes donc il y a plusieurs sports confondus donc moi ouais quand j'arrive j'adore cette

SPEAKER_01

ambiance quoi ok donc ok bah c'est vrai que tu voilà c'est intéressant aussi parce que ma question était du coup biaisée je m'en rends compte toi c'est quelque chose que tu as finalement très bien vécu l'éloignement avec la famille le fait

SPEAKER_00

d'être oui après nous les pôles il y en a plusieurs en France dans chaque région il y a un pôle donc moi j'étais aux régions j'habite en Ile-de-France donc j'étais en région Ile-de-France donc j'étais pas loin de chez ma famille même si je les voyais pas plus que ça mais j'étais pas loin et ça dépend par exemple il y a des pôles français dans d'autres sports et c'est vrai qu'il y a des gens qui venaient du sud et là dès l'âge de 12 ans 14 ans il y a vraiment une longue distance avec leur famille et ils rentraient que pendant les vacances alors que moi tous les week-ends quand même je

SPEAKER_01

rentrais chez moi ouais ouais ouais c'est sûr que tu t'étais au moins dans la même région je crois que d'ailleurs je suis quasi sûr que le sport études pour le judo à Marseille je suis quasi sûr que c'est les handballeurs qui sont avec les judokas Quasi sûr. Ah oui

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Faudra vérifier. Ok. Alors, on n'en a pas encore parlé jusqu'à présent, mais en tant que handballeuse, enfin en tant que femme, tu avais une petite particularité, une différence. Est-ce que tu peux nous en dire plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Du coup, c'est vrai que moi, j'ai fait toute ma carrière dans le secret de mon handicap. Donc, je suis en situation de handicap que je n'ai jamais dit tout au long de ma carrière parce que je ne voulais pas que ma progression soit remise en cause. Et du coup, j'ai eu un arrachement du plexus brachial à la naissance. Donc, c'était un accident. Le médecin, il a trop tiré sur le bras. Donc, mon bras a cassé. En fait, c'est les nerfs du plexus brachial. Il y en a cinq. Moi, il y en a deux qui ont été touchés. Celui qui gère l'épaule et le coude. Donc, je garde une paralysie partielle sur le bras droit. Ensuite, pendant ma carrière, même dès que je rentre en soirée études, les gens, ils voyaient ma différence Ils voyaient que j'avais mal au bras, mais ils ne pouvaient pas se dire que c'est un handicap. Et moi aussi, de mon côté, je n'utilisais pas le mot handicap.

SPEAKER_01

Et dans ta famille

SPEAKER_00

non plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Dans ma famille, ils le savaient vu qu'ils m'ont vu naître. Ils savaient le problème que j'avais. Ils savaient que mon bras était cassé. Ils m'ont vu aller au kiné depuis la naissance. Beaucoup de séances de kiné. J'ai eu deux opérations à l'âge de 7 et 8 ans pour ça.

SPEAKER_01

mais eux ne qualifiaient pas ça de handicap parce que je veux dire quand ils te parlaient tes plus petits souvenirs d'enfants est-ce qu'ils te disaient que

SPEAKER_00

tu étais handicapé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non en fait dans ma famille ça ne parlait pas plus que ça en français en fait ma famille est d'origine malienne donc ça parlait beaucoup en bambara et la traduction on va dire pour dire ça enfin ils disaient mal au bras donc il n'y a pas de traduction pour dire handicapé donc voilà donc non ils parlaient mal au bras, mal au bras. Mais voilà. Mais après, moi, comme j'ai beaucoup grandi avec ma grand-mère et ma mère, donc oui, elle savait très bien mon problème, tout ça. Et d'ailleurs, quand le handball, ça commence à devenir sérieux, ma grand-mère, elle voulait toujours que j'arrête par rapport à mon

SPEAKER_01

bras, ouais. OK. Et donc... Concrètement, qu'est-ce que ça implique, ce que tu as eu à la naissance

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a beaucoup de mouvements que je ne peux pas faire. Déjà, quand je suis très jeune, le bras, je peux très peu l'utiliser. J'ai eu beaucoup de séances de kiné pour récupérer un peu, mais pas trop de changements. C'est vraiment quand j'ai commencé le sport où je vais forcer sur le bras, je vais prendre de la force, le bouger tous les jours. Là, j'ai pas mal récupéré sur le bras droit et ensuite les mouvements où il y a la paralysie c'est que j'ai pas de rotation externe et par exemple je peux pas tourner la paume de main vers le ciel après je peux pas ramener la main dans le dos plein de petites choses comme ça mais aujourd'hui quand même c'est à force d'avoir joué au hand, faire du sport en tout cas comme tout le monde ça m'a bien bougé le bras et ça n'a plus rien à voir avec quand j'étais beaucoup plus

SPEAKER_01

J'ai lu dans un article, une interview que tu as faite, en fait, c'est ce qu'a Jamel Debbouze, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors oui, Jamel, on a la même pathologie. Lui aussi, il a un arrachement du plexus brachial. Après, ce n'est pas le même accident. Et lui, c'est une paralysie totale, si je crois bien.

UNKNOWN

Ok.

SPEAKER_00

Je crois bien

SPEAKER_01

que c'est total, ouais. Ok. Du coup, t'es devenue gauchère dans la vie de tous les jours, pas que au hand, par obligation, en fait.

SPEAKER_00

Ouais, c'est ça, c'est ça. Gauchère, sachant que moi, dans ma famille, tout le monde est droitier. C'est très, très mal vu d'être gauché par rapport à mes origines, par rapport à ma religion, tout ça. Donc, il n'y a pas de gauché. Et c'est vrai que quand j'étais plus jeune, c'est... J'avais du mal à gérer tout ça. On me demandait tout le temps pourquoi j'étais gauchère. Même quand je vais au Mali, maintenant, on me demande toujours pourquoi je suis gauchère. Il faut que je me force à manger de la main droite et personne n'arrive à comprendre. Mon bras, il est là, en fait. C'est visible. Et ceux qui ne se voient pas ne se comprennent pas. Donc, moi, les gens, ils n'arrivent pas à comprendre mon

SPEAKER_01

handicap.

SPEAKER_02

Le handicap

SPEAKER_01

invisible. C'est ça, le handicap invisible. Ok, c'est intéressant ce que tu dis sur le fait que tu le... Tu dirais, à quel âge est-ce que tu as vraiment compris que tu avais cette différence

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et à quel âge est-ce que tu as décidé de le cacher, en tout cas dans le cadre du hand

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, j'ai toujours pris conscience de ma différence parce que quand j'étais jeune, je n'arrivais pas à bouger le bras. Je voulais vraiment... En fait, je voulais qu'on m'enlève ce bras. J'avais tout le temps mal. J'étais tout le temps à l'hôpital. J'avais l'impression d'être tout le temps à l'hôpital. Après, ce n'est pas dans le sport que j'ai décidé de le cacher. En fait, ce n'est pas que j'ai décidé de le cacher. Même dans ma vie de tous les jours, je ne disais pas oui, je suis handicapée. C'est juste... Moi, je j'en parlais pas je vivais ma vie normalement même encore aujourd'hui j'ai pas besoin de dire aux gens je suis handicapé je vis ma vie normalement et si on me pose la question là je vais répondre en disant oui j'ai eu un arrachement du plexus oracle donc je suis en situation de handicap mais c'est vrai que en fait moi dans la vie de tous les jours que ce soit sport ou pas j'en parlais pas plus que ça c'est plus les gens qui me posaient la

SPEAKER_01

question

SPEAKER_00

d'accord

SPEAKER_01

ok mais si tu en avais parlé plus tôt tu penses que ça a eu un impact sportivement là sur ta carrière

SPEAKER_00

ah oui non mais moi je suis convaincue que ça allait remettre en cause ma progression c'est pour ça dans mon livre il y a deux témoignages de personnes en situation de handicap que j'ai connu dans le monde du handball très très jeune à 14 ans à mes yeux ils étaient très très forts et eux leur handicap se voyait beaucoup plus que moi et c'est vrai que je les ai plus jamais revus dans le monde du haut niveau j'avais même plus de contact avec eux donc je les ai recherchés ces personnes là pour avoir leur témoignage dans mon livre et savoir si leur différence a remis leur progression en cause et ces personnes là elles répondent et je comprends que oui clairement moi je me dis heureusement que je ne l'ai pas dit et même si je l'avais dit et que ça n'avait pas remis ma progression en cause parce que quand je vais arriver en Allemagne sur la fin de ma carrière je le dis assez facilement je parle assez facilement de mon accident Mais en même temps, on me le demande aussi. C'était la première fois que dans un club professionnel, on me le demandait. Et aussi, dans le monde du sport, on a très vite des étiquettes. Dans le monde du handball, tout le monde se connaît. J'allais être Simone Thierot, celle qui est handicapée. Donc non, moi, je ne voulais pas de ça. Je faisais ma petite vie. Même sans ça, même sans que moi, je le dise, en fait, ça parlait déjà sur moi. Ça parlait déjà derrière mon dos et ça parlait déjà de mon bras sans que je dis ça donc j'allais pas leur donner matière pour

SPEAKER_01

parler plus ok parce que je veux dire au sein d'une équipe sur un terrain au delà du fait que du coup tu jouais en tant que gauchère il y avait vraiment une différence dans la manière dont tu

SPEAKER_00

jouais je pense pas qu'il y ait une grosse différence mais ça se voyait ma façon de courir, tout ça. Et après, quand on avait des séances de musculation, moi, je ne pouvais pas faire tout comme tout le monde. Il y a plein de choses que je ne pouvais pas faire. Donc oui, les joueuses, les entraîneurs, ils voyaient mon problème. Et c'est vrai que dans... Ça m'arrivait d'être dans des équipes où j'avais beaucoup de réflexions, beaucoup de moqueries par rapport à ça. Parce que voilà, les gens, dans leur tête, ils ne pouvaient pas savoir que c'était un handicap. Donc voilà, aujourd'hui, si je refais mon parcours et je dis que c'est un handicap, les gens, ils n'allaient pas se moquer de moi. Mais là, le fait que je ne dise pas clairement que c'est un handicap, les gens se permettaient de me faire des réflexions, se moquer, faire des blagues.

SPEAKER_01

Ouais. ce qui est alors j'ai pas encore eu la chance de lire ton livre qui est d'ailleurs je sais pas si on l'a précisé mais donc qui s'appelle qui est intitulé l'image du sportif français du sportif parfait pardon c'est ça l'image du sportif parfait c'est ça qui est sorti tout début d'année le 4 janvier c'est ça 2024 ouais c'est ça donc qui est auto-édité ce qui veut dire que c'est uniquement sur Amazon qu'on peut l'acheter c'est ça c'est le principe de l'auto-édition c'est à dire que si j'ai bien compris le principe tu me corriges mais il est imprimé à chaque fois que quelqu'un le commande il est imprimé à la demande donc allez regarder l'image du sportif parfait le lien est en description par contre j'ai lu pas mal d'articles d'interviews que t'as pu réaliser ce qui m'a surpris à chaque fois c'est ce que t'expliquais donc on rentrera un peu dans le détail mais en gros t'as eu plusieurs sélections nationales avec plusieurs pays différents et t'as notamment joué en Allemagne et tu disais tu l'as évoqué juste un peu plus tôt que c'est la première fois que en gros une équipe d'encadrement sportif t'asseyait et te posait clairement la question les yeux dans les yeux qu'est-ce qui se passe t'as des gestes qui sont un peu différents etc qu'est-ce que t'as et en fait ça parait fou parce que autant tu vois tes coéquipières tu peux te dire bon à l'adolescence tu vois ou même jeune adulte tout le monde n'est pas voilà ça n'excuse absolument rien évidemment mais tu vois tu peux te dire tout le monde n'a pas la maturité, il peut y avoir encore un peu des comportements stupides, des blagues, machin, mais que le staff composé d'adultes, tu vois, j'imagine que tu voyais un max de kinés, de préparateurs physiques, que personne ne se soit dit... Simone, on va aller lui poser deux, trois questions parce que si tu dis que ça se voit quand tu courais, je ne sais pas, ça me paraît aberrant. Comment tu l'expliques aujourd'hui,

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Surtout qu'en musculation, quand tu ne peux pas faire tel ou tel exercice, je ne comprends pas comment... tu ne peux pas te demander à ta jose qu'est-ce que tu as, qu'est-ce que tu as eu, c'est quoi ton accident. Surtout

SPEAKER_01

si c'est permanent et que ce n'est pas un truc, tu vois, on peut tous, enfin moi, j'ai fait du niveau moins lent autant que toi, mais tu vois, tu as toujours des phases où tu es un peu blessé, machin,

SPEAKER_00

mais

SPEAKER_01

tu le dis, quoi, tu dis, ben non, mais là, je me suis fait ça à l'épaule, donc pendant deux semaines, je ne peux rien faire, tu vois, mais là, c'était permanent,

SPEAKER_00

en fait. Par rapport à mes kinés, eux, ils ont toujours su, parce que quand j'allais, moi, j'étais tout le temps chez le kiné, j'étais tout le temps, tout le temps chez le kiné, donc c'est vrai que je me liais beaucoup d'amitié avec mes kinés, eux, ils connaissa ma vie, quoi. Enfin, chez le kiné, on a le temps de parler, on est posé. Donc, voilà. Mais c'est vrai que mes entraîneurs, non, ils ne se sont jamais assis avec moi pour savoir ce que j'avais. Donc, peut-être, oui, ils assimilaient ça avec une personne comme les gens qui se sont fait les croiser, qui reviennent de croiser. Peut-être, dans leur tête, c'était ça. Enfin, je lui ai fait quelque chose à l'épaule, je me suis fait opérer de l'épaule et voilà, ça s'arrête là. Donc, comme tous les sportifs, on joue toujours blessé, on a toujours mal quelque part, peut-être, eux, ils pensaient que c'était ça. Mais jusqu'à aujourd'hui, je ne sais pas, je n'ai pas vraiment de réponse. Et c'est vrai que d'une région à une autre, c'est différent. Quand j'étais en région centre, on me parlait tout le temps de mon bras, j'avais tout le temps des moqueries, tout le temps des réflexions. Et quand je suis arrivée dans le sud, plus rien. Carrément, je me suis dit, ah, peut-être en grandissant, ma différence se voit de moins en moins. Donc, on ne me posait plus du tout de questions sur mon bras, plus rien. Enfin, pas de réflexion, rien du tout. Jusqu'au jour où on me demande, une fille que je ne connaissais même pas, une adversaire qui me dit oui mais apparemment tu joues avec un bras mort donc quand elle m'a dit ça je me suis rendu compte ah bah si en fait ça a continué à avoir des questionnements sur moi mais derrière mon dos on me posait pas la question clairement donc je sais pas si les entraîneurs c'était pareil ils avaient peur de me demander mais bon quand on est dans un sport de haut niveau comme ça je pense qu'il faut demander les antécédents de ces joueurs handicapés ou pas et après pour ma part moi franchement je ressentais pas plus que ça le besoin d'en parler mais c'est vrai qu'on est à ce rythme là je pense que c'est important de savoir ce

SPEAKER_01

qu'a

SPEAKER_00

ta joueuse pour bien

SPEAKER_01

travailler aussi c'est ça si ton objectif c'est d'amener ton équipe au meilleur niveau il faut prendre en compte les particularités de chacun et donc il faut s'intéresser à l'historique des Indes

SPEAKER_00

ça c'est encore autre chose je pense que le handball c'est pas encore assez structurés il y a plein de choses qui ne vont pas c'est compliqué

SPEAKER_01

encore tu sais je ne sais pas si c'est rassurant ou pas je ne sais pas si c'est vraiment rassurant ou pas mais en fait je crois que c'est un peu dans tous les sports et j'ai eu pas mal d'invités sportifs ou sportifs de haut niveau dans plein de disciplines différentes tu vois de la voile en passant par les scrims, lancer de javelot le judo et autres et en fait c'est quand même un peu le même constat partout j'ai l'impression donc je ne sais pas si c'est que le sport français doit encore se structurer je n'en sais rien si

SPEAKER_00

je pense par exemple je vais te dire ils ne m'ont jamais posé la question par rapport à mon handicap par rapport à mon bras mais clairement parfois par exemple moi j'ai toujours continué mes études en même temps que le handball Et j'avais cours le matin. Entre midi et deux, j'avais entraînement. Et après, j'avais encore cours. Mes entraîneurs, ils se posaient pas la question, est-ce qu'elle a mangé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Enfin, ou est-ce que leurs joueurs, ils ont mangé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pourtant, ça fait des années quand même qu'on parle de l'alimentation. C'est pas nouveau. Même en dehors du sport, on sait que c'est très important. Mais ils vont pas se dire, tiens, il faut leur laisser 45 minutes pour manger entre les deux. Enfin, ça, là, je parle en pro, pas en sport-études. Moi, justement, je trouve en sport et études quand on est en sport

SPEAKER_01

et

SPEAKER_00

études tout est bien mis en place tout est carré voilà les cours ils sont aménagés et après dès que tu rentres dans le monde pro ça n'a plus rien à voir

SPEAKER_01

ça je t'avoue que c'est hyper intéressant parce que c'est une facette que je connais pas du tout les univers sportifs pro en tout cas dans le monde donc curieux que tu nous en dises plus mais avant ça attends qu'est-ce que j'allais te poser comme question euh Je n'ose même pas te poser la question par rapport à la place de la préparation mentale ou de l'accompagnement sur pas juste le physique.

SPEAKER_00

Du coup, avec ce que tu me

SPEAKER_01

dis. J'imagine qu'il

SPEAKER_00

n'y en avait pas trop, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il n'y en avait pas. Il n'y en avait pas du tout. Maintenant, je vais dire que c'est nouveau. Ça commence à arriver. Tout ce qui est les coachs mentaux, tout ça. Moi, quand j'étais en pro il n'y en avait pas du tout ah non non non il n'y avait pas justement en soirée études on avait une psychologue pour 200 athlètes et encore on faisait aller deux bilans dans l'année histoire de faire des bilans mais ça s'arrêtait là mais après ça rien du tout et c'est pour ça dans mon livre il y a plusieurs témoignages de sportifs de haut niveau il y en a une qui parle de dépression et qui dit que du coup elle qui est qui joue à très haut niveau elle fait du handball en équipe de France championne du monde championne olympique et elle elle est suivie du coup par un psychologue elle le paye de sa poche en gros parce que voilà il n'y a pas grand chose qui sont mis en place dans

SPEAKER_01

ces clubs ouais Je crois que c'est Teddy Riner qui est suivi par une psy. Alors, tu parlais un peu plus tôt des gens qui doivent quitter leur famille pour entrer en sport et études. Lui, ça avait été le cas. Je crois qu'il a intégré l'INSEP à 13 ou 14 ans.

SPEAKER_00

C'est

SPEAKER_01

super jeune. Et au même âge, il a pris une psy qui le suit toujours, si je ne dis pas de bêtises. Mais pareil, c'est quelqu'un qu'il a pris en dehors de tout cadre de la fédé. Donc... Mais j'ai l'impression que ça se structure. Après, ce que tu dis, quand tu dis à mon époque, tu as quand même arrêté en 2018, ce n'était pas non plus il y a 25 ans. Mais oui, moi, des témoignages que j'entends, encore une fois, dans des disciplines un peu variées, j'ai l'impression qu'on en parle de plus en plus. Il y a des choses qui se mettent en place. Je crois qu'il y a un ancien nageur. Qui m'en a parlé récemment

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je ne sais pas si ce n'est pas Florent Manodou qui a ouvertement parlé de sa dépression post-sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

un poste haut niveau donc c'est bien et puis voilà des initiatives comme la tienne tu vois de publier un livre

SPEAKER_00

oui oui c'est surtout que les gens ils nous posent énormément de questions moi j'ai eu énormément de questions sinon il y a des gens aussi ils idéalisent les sportifs de haut niveau et moi parfois j'en ai marre on pense que tous les sportifs on est riche

SPEAKER_01

ah ouais il y a des gens qui te disaient ça vraiment

SPEAKER_00

ah oui non mais pour beaucoup de monde c'est que je suis sportif de haut niveau je passe à la télé, je suis sur Wikipédia donc je suis riche ça c'est fatiguant encore aujourd'hui et quand tout à l'heure je parlais de l'alimentation c'est parce que moi on m'a dit encore par rapport à l'alimentation ça va vous mangez tous ensemble après l'entraînement vous avez des cantines et de là je me suis dit il faut que j'en parle de ça aussi parce qu'il y a des gens qui pensent qu'on a des cantines et qu'on mange tous ensemble après l'entraînement quand on est professionnel alors que moi entre l'entraînement et mon cours d'après j'avais genre 10 minutes donc donc non on a pas de cantine et en fait voilà les gens ils idéalisent vraiment trop les sportifs ou soit ils nous comparent avec des tennismans des golfeurs ou des footballeurs mais en tout cas au handball c'est

SPEAKER_01

pas ça c'est quoi tu dirais le top 3 tu vois des croyances qu'on ressort systématiquement sur la vie de sportif de haut niveau en hand

SPEAKER_00

alors les sportifs vous êtes des privilégiés les sportifs vous êtes riches– Sous-titrage FR 2021 et le fait qu'on ait une belle vie

SPEAKER_01

aussi alors qu'on a des problèmes comme tout le monde ok c'est incroyable ça franchement c'est vrai que quand j'entends ça je me dis wow il y a du chemin à faire pour faire comprendre la réalité du sport en fait de haut niveau comme tu

SPEAKER_00

dis

SPEAKER_01

ah oui c'est vraiment ça sportif de haut niveau c'est pas avoir le train de vie de Mbappé

SPEAKER_00

oui voilà les

SPEAKER_01

gens ils font de

SPEAKER_00

l'amalgame j'essaye d'expliquer que le handball c'est comme les comédiens t'en as quelques-uns qui sont en haut, qui touchent bien on va pas se mentir mais après t'as tous les autres derrière qui galèrent mais quand tu

SPEAKER_01

dis qu'ils touchent bien c'est pareil pour qu'on ait un peu une idée parce que je suppose j'en ai aucune idée, je sais pas du tout les chiffres que tu vas me sortir si t'en as en tête mais j'imagine que bien gagner sa vie dans le handball c'est quand même encore à des années lumières de bien gagner sa vie dans le

SPEAKER_00

tennis dans le handball féminin déjà c'est très différent que dans le handball masculin déjà une handballeuse Elle va être aux alentours du

SPEAKER_01

SMIC. Ouais. Et là, on parle de quel niveau

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En D1. En D1, OK. Oui, en D1. A l'entour du SMIC, oui. Après, là, apparemment, les salaires, ça augmente un peu plus. Je ne pourrais pas dire les plus hauts parce que moi, je n'étais pas dans les plus hauts. Mais voilà, en fait, quand ils font une moyenne, la moyenne, ça revient à 2 000 euros de moyenne pour une entreballeuse française. Donc, en fait, il y a des salaires qui sont très hauts. Quand je dis très hauts, c'est peut-être 6 000 euros. Et après, il y en a qui sont à 1 000 euros.

SPEAKER_01

Voilà. Si on fait une sorte de résumé d'historique, de théorie, tes différentes évolutions parce que je l'évoquais un peu plus tôt, il y a eu plein de choses, tu as eu des sélections dans plusieurs pays. Ça a été quoi un peu les grands jalons de ta carrière

SPEAKER_00

en hande

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, du coup, quand je suis jeune, je fais l'équipe de France. Je suis sélectionnée en équipe de France jeune.

SPEAKER_01

La classe.

SPEAKER_00

Donc, voilà. Après, je vais poursuivre dans des clubs, dans des clubs pro jusqu'à l'âge de 22 ans où je suis approchée par l'équipe nationale du Congo pour aller au championnat du monde. Donc, trois semaines avant le championnat du monde, ils m'appellent pour venir renforcer leur équipe. Donc, championnat du monde, c'est vraiment quelque chose que je ne pensais vraiment pas faire un jour dans ma vie. Là, on m'appelle comme ça. On me dit de venir. Et en plus, j'étais dans la poule de la France. C'est long. Voilà, je me dis, allez, let's go. On est y va, j'y suis allée et j'ai découvert le championnat du monde.

SPEAKER_01

Et pourquoi le Congo

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que ta famille, d'origine, c'est le Mali, c'est ça,

SPEAKER_00

non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, quatre mois avant, j'avais été approchée par le Mali, l'équipe nationale du Mali pour aller aux JO, aux Jeux Africains. De là, mon entraîneur ne me laisse pas y aller parce qu'il y avait des compétitions, donc je n'ai pas pu aller avec le Mali. Et c'est vrai que quand le Congo va m'appeler, la RDC, pour me me naturaliser, l'équipe du Mali disparaît. Donc, depuis 2015, il n'y avait plus d'équipe du Mali. Donc, en gros, le sélectionnaire du Mali me dit« En gros, tu peux partir avec la RDC parce qu'au Mali, il n'y a plus d'équipe nationale.» Donc, voilà, ils m'ont approchée pour me naturaliser. Et c'est vrai que j'étais la deuxième Française après un autre Français, Bertrand Rouanet, qui avait fait la même chose. Il était parti jouer avec le Qatar, qui était en équipe de France et après qui était parti jouer avec le Qatar C'était un peu pareil, un peu pareil que moi. Et donc, juste avant un mondial, se faire naturaliser.

SPEAKER_01

Et du coup, ces championnats du monde, ça s'est passé comment en termes d'émotion, en termes de performance

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment tu l'as

SPEAKER_00

vécu

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, franchement, là, c'était de très, très haut niveau. C'était vraiment des choses que je ne voyais qu'à la télé. Après, c'était cool parce que, comme je disais, j'étais dans la poule de la France. Et en équipe de France, il y avait mes copines et on s'est retrouvés à l'hôtel ensemble. et du coup moi j'avais pas trop communiqué comme quoi j'allais au championnat du monde donc je les ai vus là-bas et tout enfin voilà on s'était connus en franc jeune on a grandi tout ensemble et tout et de là se retrouver à l'âge adulte les unes contre les autres c'était une nouvelle sensation donc franchement c'est voilà c'était une grande compétition que je pensais pas faire un jour dans ma vie

SPEAKER_01

ouais excellent excellent donc équipe de France jeune sélection avec le Mali qui finalement se transforme enfin contacté par le Mali puis finalement c'est pour la RDC que tu parles au championnat du monde et suite à ça du coup qu'est-ce qui se

SPEAKER_00

passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

par la suite moi j'ai continué 3 ans avec la

SPEAKER_01

RDC jusqu'à arrêter ma carrière à 25 ans assez soudainement si j'ai bien

SPEAKER_00

compris ouais par rapport à toutes les blessures que j'ai eu quand je suis en Allemagne à cette même période je me casse la main après je reviens de la compétition quelques mois après je vois que j'ai un problème à l'épaule cette épaule là où j'ai une lésion j'ai une lésion donc après mon épaule elle passe en maladie professionnelle donc voilà j'ai toujours compensé sur le côté gauche donc aujourd'hui beaucoup de soucis de la cheville à l'épaule sur le côté

SPEAKER_01

gauche waouh euh Oui, parce qu'elle a lésion à l'épaule, donc c'était à gauche,

SPEAKER_00

j'imagine. Oui, j'ai toujours compensé à gauche. Quand je faisais, par exemple, du gainage, des pompes, des trucs comme ça, je compensais beaucoup à gauche. Je mettais tout mon poids sur le côté gauche. J'ai fait ça pendant 15 ans. On donnait l'épaule à 10 stops.

SPEAKER_01

Et aujourd'hui, c'était 25 ans, c'était en 2018, quand tu décides d'arrêter. Aujourd'hui, physiquement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

comment

SPEAKER_00

tu vas du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

au début c'était très très dur parce que quand on arrête j'ai l'impression qu'on a encore plus de douleurs du coup moi je fais des soins intensifs je cherche vraiment beaucoup de choses pour me soulager je fais de la mésothérapie de l'acupuncture je fais pas mal de choses encore maintenant parce que j'ai beaucoup de douleurs par rapport à l'arrachement du plexus oracle qui me laisse beaucoup de douleurs sur le cou donc voilà beaucoup de soins aujourd'hui ça va un peu mieux l'épaule j'étais censée me faire opérer mais j'ai pas voulu par rapport à mon bras droit déjà qui est paralysé donc si j'ai l'épaule qui est opérée je pourrais rien faire donc là j'essaie de retarder le maximum je vais me faire opérer du coude aussi parce que j'ai un pincement sur le nerf Donc là aussi, apparemment, je dois subir une petite opération.

SPEAKER_01

Qui est due au hand aussi, à la pratique

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, ce n'est pas du bon, peut-être, mais en tout cas, c'est venu après. C'est à force d'utiliser que le bras, le même coude tout le temps, sur l'ordinateur, sur le téléphone, sur ci, sur ça. Je n'utilise que le même bras, donc le coude s'use rapidement. Donc, voilà. Là, je continue à me soigner. Je continue à me soigner. J'avais repris un peu le handball aussi. J'étais partie jouer en Guadeloupe l'année dernière, en fin de saison, pour les aider. Je n'ai pas repris le handball pour jouer 12 mois, mais là, c'était deux mois. Donc, ça allait. J'ai repris un peu des sensations. Mais voilà, je ne me reverrai plus faire du haut niveau ou jouer pendant une année qu'on

SPEAKER_01

c'est super intéressant que tu aies repris donc tu as repris quoi au final c'était là c'était fin 2023 donc tu as repris 5 ans après avoir arrêté

SPEAKER_02

ça

SPEAKER_00

s'est passé comment

SPEAKER_01

parce que moi j'ai vécu cette expérience aussi c'était abominable en judo la reprise et j'avais arrêté moins longtemps

SPEAKER_00

que

SPEAKER_01

toi je suis

SPEAKER_00

curieuse de savoir entre temps je faisais beaucoup de marche j'ai fait un peu du crossfit tout ça donc Donc, quand j'ai repris, bon, après, ce n'était pas le même niveau en Guadeloupe. Ce n'était pas le niveau de la D1, c'était plus de la troisième division, donc N1. Ça va, c'était chaud au début, mais franchement, ça allait. Ça allait. Je n'ai pas trop, trop, trop souffert. Après, je me dis, à ce moment-là, je me suis dit, le corps a une très, très belle mémoire. Et je me dis, heureusement, je ne fume pas et je ne bois pas. Peut-être que c'est pour ça aussi que j'ai réussi à revenir.

SPEAKER_01

Et techniquement, je ne me rends pas compte à quel point le geste, le travail du geste, etc. est important au monde. Tu avais perdu ou pas tant que

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Techniquement, non. C'est vraiment cardio. Après, oui, il y a des choses où il fallait que ça revienne un peu, mais une fois qu'on a repris, ça revient assez

SPEAKER_01

facilement. Et ça ne t'a pas donné envie de te relancer dedans à

SPEAKER_00

fond

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, justement, quand j'arrivais faire certaines choses techniquement, je me disais que c'est dommage parce qu'il y a des restes. Mais après, quand j'ai mal au genou, j'ai mal au coude, j'ai mal à l'épaule, ça ne donne pas envie.

SPEAKER_01

dans un article de 2020 sur le site lesportifs.fr je suis tombé sur il y a une phrase en particulier qui m'a marqué tu disais que tu savais depuis très longtemps que tu ne serais pas comme les autres et que tu ferais un arrêt brutal physiquement je ne pouvais pas tenir après l'âge de 30 ans en tant que professionnel

SPEAKER_00

ouais je me souviens en sport études je disais toujours à une amie moi je sais que je ne vais pas arriver jusqu'à 30 ans en fait avant les handballeuses elles s'arrêtaient à l'âge de 30 ans Enfin, maintenant, c'est un peu plus tard, enfin, beaucoup plus tard. On voit des choses arrêtées à 37, 40 ans. Mais c'est vrai, je disais toujours, ouais, je sais que je vais arrêter avant mes 30 ans. Je sais que je ne vais pas arriver jusqu'à 30 ans. C'est vrai que je me disais souvent ça. Et c'est pour ça, d'ailleurs, quand j'arrive dans le monde professionnel, je me dis, il faut que je sorte de là avec un bagage. Donc, c'est pour ça que j'ai toujours continué mes études à côté. Parce que moi, j'avais conscience que ça peut s'arrêter à tout moment, quoi.

SPEAKER_01

Et c'était quoi qui avait créé cette certitude que tu allais t'arrêter brutalement et avant 30

SPEAKER_00

ans

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je sentais ma différence quand même. Je sens mon bras, mon bras droit. Moi, j'ai une hypersensibilité sur le bras. J'ai beaucoup de douleur sur le bras. Quand je bouge le bras, j'ai tout le temps mal. J'avais conscience quand même que j'avais une différence.

SPEAKER_01

Comment est-ce que tu t'organisais du coup pour, en parallèle, tu disais là aussi c'est très intéressant, l'après haut niveau

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je ne sais pas comment ça se passe en hand, mais là aussi, c'est un sujet où j'ai l'impression que finalement, les sportifs de haut niveau sont assez peu accompagnés, préparés. En gros, vous êtes à fond pour le sport et puis pour la suite, advienne que

SPEAKER_00

pourra. C'est ça, c'est ça. Quand on sort de sport et études, on est très bien à l'accompagner. Après, quand on sort de sport et études, on est soit dans des centres de formation, soit dans des clubs. Quand tu es en centre de formation, tu es obligé d'être inscrit à l'école, mais Après, ça ne veut pas dire que tu vas forcément à l'école ou les clubs te facilitent pour aller à l'école. Mais tu es obligé d'être inscrit. Franchement, ce n'est pas facile de suivre les deux parce que parfois, tu as des matchs en pleine semaine, tu as des déplacements en pleine semaine ou le week-end. Et moi, pour ma part... quand je vais arriver dans le monde professionnel moi au début c'est vrai que je voulais être que dans le monde du sport je pensais pas aux études tout ça et quand je vais voir comment ça se passe réellement dans le monde du sport professionnel c'est pour ça de là je me dis ah là là il faut que je en gros il faut que je sorte de là avec un bagage il me faut quelque chose moi j'ai pas envie de rester dans le monde du sport il y a trop de choses que je vois que ça me plaît pas et par exemple moi quand je vais aller dans ce premier club où je signe ils sont très axés sur le double projet non mais nous nous, nos joueuses, on veut qu'elle ait le handball, mais on veut qu'elle ait un projet à côté, soit de travail, soit d'études, tout ça. Donc ça, c'est le discours qui te sort au début. Moi, dans ce club-là, je passais mon bac. Du coup... du coup quand je vois, enfin aujourd'hui je pense à tout ça, je vois que à l'intersaison ils ne me demandent même pas est-ce que tu as eu le bac, comment se sont passées tes épreuves, ils n'en ont rien à foutre et quand c'était pour me recruter c'était vraiment, ah non mais nous c'est le double projet qui compte enfin plein de petites choses comme ça ou après quand je suis en BTS par exemple et que j'ai 5 jours de stage et qu'on me menace de plus me payer parce que je suis en stage alors que j'ai 5 jours de stage et que vous vous prenez le double double projet et que le président m'appelle oui si t'es pas là en gros dans la seconde genre j'arrête de te payer enfin plein plein de petites choses comme ça et à la base vous prenez le double projet alors que c'était 5 jours de stage et en plus quand t'es en BTS voilà enfin t'as 35 heures de cours c'est très compliqué d'être sportif de haut niveau et faire un BTS et après de l'autre côté on a les ancêtres enseignants en fait qui nous attendent au tournant aussi de l'autre côté donc en fait t'as la pression dans ton club et après quand t'arrives à l'école t'as une autre

SPEAKER_01

pression t'es prise

SPEAKER_00

entre le marteau et l'enclume et voilà et les gens ils se rendent pas compte c'est comme quand tout à l'heure j'expliquais je sors de l'entraînement je dois être en cours je suis là j'ai presque rien mangé et je dois assurer 4 heures de cours mais ça l'enseignant il s'en fiche en fait donc il y a tout cet aspect là que les gens ils voient pas après c'est vrai oui moi par exemple dans mon cas j'étais privilégiée Par exemple, pour rentrer en BTS, je n'avais pas besoin de passer par post-bac. Donc, on va mettre mon dossier au-dessus des autres dossiers. Et ça aussi, les professeurs, ça ne leur plaît pas quand tu es sportif de haut niveau. Donc déjà, dès que tu arrives, les enseignants tendent dans le collimateur. C'est style LSF épissonné.

SPEAKER_01

Je te jure, chaque fois que j'ai des invités dans le sport de haut niveau, ça me... rend fou d'entendre des trucs comme ça. Mais bon, c'est comme si ce n'était pas déjà assez difficile de t'entraîner, de progresser, de devenir... de faire sortir le meilleur de ton potentiel. En plus, il faut que tu deals avec les entraîneurs genre ceux que tu décris. Heureusement, tout le monde n'est pas comme ça. Et les

SPEAKER_00

profs... Eux, ils ne comprennent pas. Ils s'en fichent. C'est pas un métier ou quoi. Il y a des profs, en tout cas, ils s'en fiche que t'es sportif de haut niveau au moins mes profs pour eux c'était le style non mais le BTS ça va pas avec le sport de haut niveau les 5

SPEAKER_01

heures de cours

SPEAKER_00

t'y arriveras pas t'y arriveras jamais c'est pas dans leur tête

SPEAKER_01

ça c'est grave tu vois pour moi c'est un truc culturel moi je me faisais engueuler quand j'arrivais avec les convocations de l'équipe de France pour les stages à l'étranger tu vois par les profs parce que ça les saoulait parce qu'il fallait qu'ils décalent les contrôles au début ils le faisaient et au bout d'un moment ils le faisaient plus tu vois donc j'avais bah en fait je ratais des trucs quoi bref et bon enfin bon à chaque fois je râle sur ce sujet

SPEAKER_00

non mais oui les gens ils se rendent pas compte que faire des études aussi avec le sport de haut niveau c'est pas facile parce que même moi quand j'étais à la fac et que après j'ai passé une licence en audiovisuel il fallait faire des groupes et voilà enfin quand tu dois travailler avec des groupes il y a des gens ils te veulent pas dans leur groupe parce que t'es jamais

SPEAKER_01

SPEAKER_00

il y a tout ça que les gens ils s'en rendent pas

SPEAKER_01

compte

SPEAKER_00

et ça peut blesser aussi

SPEAKER_01

bah tu sais quoi j'ai eu une année de une anecdote là dessus moi j'ai travaillé pendant longtemps chez Apple et quand j'étais chez Apple sur la fin là ils m'avaient ils avaient participé à me payer une formation en coaching pas en coaching sportif un coaching accompagnement prépa mental machin et du coup j'accompagne des étudiants dans mon ancienne école de commerce que j'avais fait et ils ont pour des travaux de groupe et sur un des travaux de groupe je sais plus qui m'avait prévenu je crois un des étudiants ils étaient 5 et je crois qu'il y a un des étudiants qui me dit oui bon enfin on est 5 mais en fait on sera 4 parce que en fait on est une sportive de haut niveau et en fait c'était effectivement elle était pas là souvent parce qu'elle était en équipe de France enfin elle est en équipe de France des screen mais c'était chouette parce que ça a débouché sur un épisode et puis du coup on a pu échanger notamment sur ça tu vois comment tu fais pour être sportive de haut niveau et elle dans son cas c'était une école supérieure de commerce tu vois comment tu gères ça quoi le regard des uns des autres quand il n'y a rien qui aménagé, les gens ne comprennent

SPEAKER_00

pas il n'y a rien qu'à aménager en fait quand on est en soirée d'études c'est aménagé et après ensuite quand on est dans des clubs pro ils disent aménagé, aménagé mais en fait c'est pas ça, c'est juste tu as le droit de rater les cours et voilà on ne va pas t'engueuler si tu rates les cours et quand tu as des examens on te les fait rattraper un peu après mais après c'est vraiment pas aménagé donc voilà moi en étant au plus haut niveau, j'ai réussi à arriver jusqu'à la licence et après, quand je suis revenu d'Allemagne, de là, j'ai passé un master en marketing et communication. Mais voilà, moi-même, je me demande comment j'ai fait.

SPEAKER_01

J'y allais, j'y allais et puis voilà. Franchement, bravo. Impressionnant. Si on revient sur la fin de ta carrière, avant de passer à la suite, à ce que tu fais aujourd'hui, la décision, tu dis, était assez brutale. Est-ce que tu te souviens

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

que tu peux nous raconter le moment où dans ta tête ça a cliqué où tu t'es dit la

SPEAKER_00

stop en fait ça c'était quand j'étais en Allemagne du coup je me dis j'avais un contrat de deux ans je n'ai pas fait la deuxième année et du coup je rentre mais je ne me dis pas c'est fini fini je ne me dis rien en fait il y a mon agent il se pétait la tête avec moi parce qu'il me proposait des trucs en Suisse en Allemagne en Roumanie il me proposait plein de trucs et moi Moi, j'ai dit juste non, non, non, non. Mais je ne savais pas si c'était fini, si je voulais reprendre. Je ne savais pas, en fait. Mais je sais que je suis rentrée en France et je n'avais même pas préparé mon après-carrière. Je suis juste partie. Je n'ai pas pensé

SPEAKER_01

à tout ça. OK. Mais c'était... C'était un soulagement quand même

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Au moment où tu t'arrêtais, est-ce qu'il y avait de la tristesse

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que c'était plutôt un soulagement de te dire enfin c'est fini

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, il n'y avait pas de tristesse. C'est là où j'ai commencé à connaître la vraie vie, j'ai l'impression. C'est vrai que plus jeune, souvent avec des copains, on se disait non mais on va faire quoi les samedis quand on n'aura pas match, les week-ends et tout. Ça va être bizarre sans rendre balle quand on sera plus vieil et tout. Mais en fait, tu rencontres la vraie vie, tu passes des soirées avec tes amis, tu vois ta famille, Tu peux aller en vacances quand tu veux. Il n'y a personne qui va t'appeler pour dire que l'entraînement est déplacé à telle ou telle heure. Tu n'as plus de contraintes de finir un match et arriver à 2h du matin. Ça y est, tu vois que c'est fini tout ça. En fait, la vraie vie, c'est

SPEAKER_01

bien aussi. Ça avait des souvenirs sur la bouffe. Tu avais un régime alimentaire strict toi

SPEAKER_00

ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, pas du tout. Comme je t'ai dit, on ne nous demandait même pas si on avait mangé de

SPEAKER_01

la journée ouais ouais ouais ok donc non ok moi je crois que le truc qui m'avait le plus genre le méga soulagement c'était la fin des régimes pourtant j'en

SPEAKER_00

faisais pas énormément l'espoir de

SPEAKER_01

combat ouais vous c'était dernière année régime non-stop pendant 10 mois c'était un peu l'enfer mais bon ok donc quand même le soulagement tu découvres la vraie vie comme tu dis maintenant avec du recul qu'est-ce que tu dirais que cette carrière dans le sport de haut niveau t'a apporté que ce soit d'un point de vue des opportunités alors tu en as évoqué plusieurs sportives participer à un championnat du monde notamment mais aussi en tant que la manière dont tu t'es construite en tant que femme et de qui tu es

SPEAKER_00

aujourd'hui ouais ça apporte beaucoup déjà dans mon livre je parle beaucoup de l'amitié parce que c'est ce qui nous fait tenir et nous on comprend ce que l'on vit donc c'est vrai que mes meilleurs amis sont sportifs de haut niveau aussi le fait aussi de pas mal bouger beaucoup voyager j'ai connu des cultures différentes, je suis allée jouer en Allemagne j'ai été dans le Sud j'ai été en Guadeloupe, j'ai été au Congo j'ai découvert pas mal de monde et aujourd'hui le sport ça ouvre des portes du sens où on rencontre beaucoup de monde on se fait beaucoup de contacts donc il y a tous ces aspects là qui restent

SPEAKER_01

positifs Et aujourd'hui qu'est-ce que tu fais du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors aujourd'hui du coup moi quand j'étais revenue d'Allemagne j'avais passé un titre d'infographiste et master en page donc je suis infographiste et après par la suite j'ai cherché du travail en tant que infographiste et de là le Covid est arrivé donc je trouvais pas trop de travail dans le graphisme et du coup je me suis lancée dans un master en marketing et communication et là finalement après ce ce master là je me suis lancée en tant que graphiste enfin je fais tout ce qui est de la communication visuelle à mon compte et là plus le livre que je viens de sortir donc cette année c'est à fond sur

SPEAKER_01

le livre trop bien du coup comment ça se passe quand t'es auto-édité comme ça est-ce que tu contactes des librairies des endroits où tu peux rencontrer le public

SPEAKER_00

potentiellement ouais bah ouais là c'est vrai que je fais le rôle de maison d'édition d'attaché de presse donc Mais ça va, avec les réseaux sociaux, ça marche super bien. Donc, oui, je contacte des médias. Il y a des médias qui me contactent directement. Après, je fais des séances de dédicaces dans mes anciens clubs, sur des événements sportifs comme ça. Donc, voilà, j'ai pas mal de contacts. Donc, ça se fait par le

SPEAKER_01

bouche à oreille.

UNKNOWN

Ok. Génial.

SPEAKER_01

Et la suite, est-ce que tu as des projets

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Du coup, là, il y a eu les quelques mois en Guadeloupe, mais le hand, il y a des choses de prévues. Est-ce que c'est complètement sorti de ta vie ou ça reste une porte entre-ouverte

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, franchement, pour l'instant, en tout cas, c'est sorti de ma vie. Là, j'étais retournée en Guadeloupe en novembre parce qu'en fait, l'année dernière, on a gagné la coupe de la Guadeloupe et donc, il y avait la super coupe à jouer aux Antilles. Donc, j'étais retournée, mais là, pour l'instant, le handball, en fait, je cherche un nouveau sport, à pratiquer un sport un sport qui me fera pas mal au corps tout simplement je sais pas, je suis en pleine réflexion je cherche toujours après c'est vrai qu'il y a pas mal de clubs à chaque fois qui m'appellent, des clubs pour venir les aider tout ça mais franchement en tout cas si c'est 3 semaines ou des trucs comme ça, pourquoi pas on verra plus tard, je sais

SPEAKER_02

pas

SPEAKER_00

ça va dépendre des pays aussi aller découvrir un nouveau pays peut-être mais reprendre réellement handball pour toute une saison tout ça non pas du tout ok non pas prévu

SPEAKER_01

excellent et bah écoute merci Simone c'était absolument passionnant d'en apprendre plus sur ton parcours que tu nous décrives un petit peu plus en détail l'univers du haut niveau en tout cas dans le hand et puis surtout hyper inspirant de voir comment t'as géré ta différence et finalement parce qu'en fait en somme t'as un handicap qui t'a malgré ton handicap t'as performé au plus haut niveau avec des valides à côté de toi partout enfin veux dire absolument

SPEAKER_00

normalement quoi ouais non mais moi je pensais grâce à ma différence que je suis arrivé jusque là déjà être gauchère c'est un plus au handball et c'est vrai que aujourd'hui enfin mon message ce serait vraiment pour le handicap invisible c'est vrai que maintenant il ya le handball adapté qui existe donc pour les personnes il ya le hand fauteuil ou le handball sourd mais il ya toujours rien pour le handicap invisible sachant que c'est 80% des situations de handicap qui sont invisibles je pense que tout le monde peut être concerné par le handicap invisible tout le monde peut être malade ou avoir un accident du jour au lendemain et il y a plein de maladies qui rentrent dans les critères du handicap la sclérose en plaques plein plein plein plein de maladies donc voilà moi j'aimerais qu'il y ait des équipes pour le handicap invisible comme ça par exemple si moi je reviens à mes 10 ans et qu'il y a ce style d'équipe, peut-être intégrer cette équipe-là et au lieu d'arrêter à 25 ans, arrêter à 30-35 ans parce que ma pathologie, ma différence sera prise en compte.

SPEAKER_01

Tu penses qu'il y a des choses qui se mettent en place petit à petit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pour le handicap invisible, rien pour l'instant parce que là, ça fait trois mois que je sensibilise dessus. J'espère un jour être reçu par la Fédération française de handball pour pouvoir en parler et que les gens prennent conscience, sachant que je ne suis pas la seule handballeuse à avoir arrêté sa carrière par rapport à sa différence ou à une maladie ou à un handicap

SPEAKER_01

donc voilà Je touche du bois c'est tout ce que je te souhaite que ton livre, ton témoignage permette de déclencher ces changements positifs dans le hand et même de manière générale c'est toujours super inspirant d'avoir des témoignages comme le tien au delà de la discipline du hand donc merci beaucoup une fois de plus Simone s'il y a des gens qui veulent te suivre potentiellement te contacter c'est quoi le

SPEAKER_00

mieux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors sur Instagram donc c'est sy-tyro donc s-y-t-h-y-e-r-o ou Instagram c'est Simone Tyro non LinkedIn Simone Tyro

SPEAKER_01

parfait et bien écoute il y aura les liens en description merci beaucoup Simone, bonne continuation, bon démarchage, non pas démarchage, t'as plus besoin de le faire, bonne promotion de ton livre

SPEAKER_00

et puis je t'ai dit à une

SPEAKER_01

prochaine. Merci. Merci d'avoir écouté cet échange avec Simone jusqu'au bout, j'espère que vous en aurez appris un peu sur la réalité du sport de haut niveau en France et surtout que son témoignage vous aura inspiré à réussir à atteindre le haut niveau en ayant un handicap, c'est quand même pas commun. Donc n'hésitez pas à le partager autour de vous. Si vous souhaitez soutenir le podcast, vous pouvez le faire de plusieurs manières. La première, c'est tout simplement de vous abonner et de laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute, celle que vous utilisez là tout de suite. Vous pouvez également rejoindre le groupe des Tipeurs. Ce sont les auditrices et auditeurs qui ont décidé de soutenir financièrement le podcast, de se mobiliser à partir de 1€par mois. Le lien est en description. Et enfin, vous pouvez tout simplement parler à fond du podcast autour de vous pour qu'encore plus de gens osent se lancer. Je vous dis merci pour votre fidélité et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un épisode spécial avec le tout premier invité du podcast qui revient au micro des frappés. A bientôt

UNKNOWN

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