Les Frappés

L'audace de servir, avec le Capitaine Guillaume Malkani 🪖⚔️🎖️

Guillaume Malkani Season 4 Episode 167

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Dans cet épisode je reçois le Capitaine Guillaume Malkani qui est officier de l'armée de Terre.

Et pourtant, il n'avait initialement pas prévu de s'engager. Il avait bien envisagé de devenir réserviste, comme près de 80 000 français. Mais plusieurs expériences sur le terrain et la découverte d'un auteur en particulier, Jean Lartéguy, vont le décider à prendre un tout autre chemin : il deviendra officier.

L'armée de Terre est composée de ce qu'on appelle des "armes" : l'Artillerie, l'Infanterie ou encore les Transmissions. Dès 1945, des unités spécialisées dans le soutien des matériels sont créées. Elles sont regroupées au sein de l'arme du Matériel. C'est celle que Guillaume a rejoint.

On échange sur les spécificités du métier d'officier au sein de l'armée aujourd'hui, sur l'histoire de l'Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, ou encore sur certains moments marquants de la carrière de Guillaume.

🔎 Le livre auquel nous avons fait référence écrit par Guillaume est "L'Audace de servir: Des officiers appelés de la Grande Guerre aux officiers sous contrat d'aujourd'hui". L'association évoquée est Vétéran de France (YouTube).

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 E139 - Missions de haut vol avec Winn, pilote d'hélicoptère d'attaque au 4e RHFS pendant 18 ans (Forces Spéciales)
👉 E110 - Refaire sa vie après avoir été amputé des deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)
👉 E40 - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger avec Louis Saillans (Forces Spéciales)
👉 E31 -Le physique a ses limites, le mental n'en a pas avec Teddy Palassy, ancien Commando Marine (Forces Spéciales)

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SPEAKER_01

L'amour des hommes, l'amour des gens avec qui on travaille et dont on a la responsabilité, je pense qu'il est absolument nécessaire pour être un bon officier. Cette arme, le matériel que j'ai choisi, avait cette spécificité d'être extrêmement projeté puisque partout où l'armée de terre est déployée, il faut des maintenanciers et des logisticiens pour assurer l'entretien des matériels pour les missions.

SPEAKER_00

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Dans cet épisode, je reçois le capitaine Guillaume Malkany qui est officier de l'armée de terre. Alors initialement, il n'avait pas prévu de s'engager. Il avait envisagé de devenir réserviste comme près de 80 000 français, mais après plusieurs expériences sur le terrain et la découverte d'un auteur, Jean Lartegui, eh bien il va se décider à prendre un tout autre chemin, il deviendra officier. L'armée de terre est composée de ce qu'on appelle des armes, l'artillerie, l'infanterie, ou encore les transmissions. Et dès 1945, certaines unités spécialisées dans le soutien des matériels, c'est-à-dire dans la maintenance de tout l'équipement de l'armée, sont regroupées au sein de l'arme du matériel. C'est celle que Guillaume a rejoint et on échange donc sur les spécificités du métier d'officier au sein de l'armée aujourd'hui, sur l'histoire de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr ou encore sur certains moments marquants de sa carrière. Je vous souhaite une excellente écoute et juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui me soutiennent sur Tipeee, la plateforme de financement participatif. C'est à partir de 1€par mois et chaque contribution permet de couvrir en partie les frais de fonctionnement du podcast. Donc, merci, merci à vous qui avez déjà franchi le pas. Pour les autres, si vous souhaitez soutenir Les Frappés, le lien est en description. C'est sur tipeee.com. Merci beaucoup. Écoute Guillaume, je suis très content de te recevoir sur le podcast. Je pensais à toi d'ailleurs dimanche, ce week-end, parce que je ne sais pas si tu as regardé, si tu suivais un petit peu le marathon de Paris. Mais il y a des militaires du génie, du 19e régiment du génie de Besançon, qui ont fait le marathon en courant, avec un pactage de 6 kilos en tri. J'ai trouvé ça assez énorme. Je ne sais pas si tu l'avais vu passer, mais...

SPEAKER_01

Oui, j'ai vu passer, il courait pour des camarades

SPEAKER_00

disparus en Irak, je crois. Oui, exactement. Baptiste Gauchot, qui est mort en opération extérieure en Irak en août 2023. J'ai découvert ça, du coup, en allant creuser un petit peu qu'est-ce qu'il faisait à courir entre EI et Pactage pendant 42 kilomètres. Bref, bienvenue Guillaume sur le podcast. Je suis absolument ravi de te recevoir pour qu'on échange sur plusieurs sujets. ton parcours évidemment ta carrière au sein de l'institution puisque tu es officier de l'armée de terre capitaine pour être plus précis et puis également auteur tu as récemment enfin récemment plus trop récemment du coup parce que depuis le temps qu'on échange et que je ne reviens pas vers toi il s'est passé du temps mais tu as publié un livre l'audace de faire lire qui justement tu vas nous en parler tu vas nous expliquer en quoi il consiste cet ouvrage mais peut-être pour commencer, le plus simple, ce sera tout simplement que je te demande de te présenter, de nous expliquer qui tu es, ce que tu fais aujourd'hui.

SPEAKER_01

Eh bien oui, bien volontiers. En tout cas, je suis honoré de rejoindre le club très prisé des frappés. D'autant plus, comme je te disais, que je ne suis ni un sportif de haut niveau, ni un aventurier du Grand Nord ou d'ailleurs ni un entrepreneur ayant réalisé l'American Dream à la française. Et donc, oui, officier militaire dans l'armée conventionnelle, du coup, non issu des force spéciale que tu reçois habituellement mais il y a des connexions bien sûr donc voilà je suis d'autant plus honoré qu'on échange sur le podcast de l'audace puisque je pense que pour réveiller le frappé qui est en nous comme tu aimes à le dire il en faut de l'audace ça tombe bien qu'on parle aussi de l'audace de servir moi j'ai un parcours universitaire moi j'ai toujours aimé l'histoire et j'ai fait des études en sciences humaines enfin plus précisément en lettre moderne et au départ concrètement, j'envisageais l'enseignement et l'armée mais sous le prisme de la réserve en fait je me voyais bien enseignant en lettres et réserviste en parallèle et puis les choses ont évolué pendant ma scolarité puisque j'ai découvert un auteur dont tu as peut-être déjà entendu parler qui s'appelle Jean Lartegui qui a beaucoup écrit sur la chose militaire et sur les officiers alors c'était surtout dans la période des années 60, il était En fait, dans ses romans, il met en scène notamment Bijar, mais de manière romancée, justement, tel un personnage de fiction, mais dans une réalité bien établie, en Indochine, en Algérie. Pour bien comprendre, c'était vraiment des best-sellers à l'époque. C'était un peu... Enfin, toute proportion gardée, c'était le volume de vente de Guillaume Musso ou de Marc Lévy aujourd'hui, mais il parlait d'officiers engagés sur des conflits contemporains de l'époque. Et c'est mon prof de... master qui me l'a fait découvrir. Il m'avait dit que son père se levait très tôt le matin pour lire du Lartégui et que je devrais jeter un coup d'œil puisque j'envisageais de m'engager donc officiellement dans la réserve et puis en fait j'ai travaillé dessus à l'université et puis finalement j'ai décidé de m'engager. Ça a vraiment nourri mon engagement en fait. Donc l'un des points de départ est là et l'autre est un peu plus ancien mais n'était pas du tout prémédité. C'est que mon père était enseignant civil aux écoles de Saint-Cyr en Bretagne quand je suis né. Donc il y a une sorte de boucle qui est bouclée, même si elle n'était pas anticipée.

SPEAKER_00

Les enseignants civils au sein des écoles de Saint-Cyr, c'est-à-dire que c'était pas un militaire, mais il enseignait à des militaires, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Les écoles de Saint-Cyr, c'est les écoles militaires.

SPEAKER_01

Oui, c'est ça, pardon. Donc Saint-Cyr-Couet-de-Quidans, alors maintenant, c'est l'académie militaire de Saint-Cyr-Couet-de-Quidans, donc c'est la formation des officiers de l'armée de terre, donc c'est un peu l'équivalent de naval, c'est l'équivalent de naval pour la marine, par exemple, et donc au sein des écoles de Saint-Cyr, qui est aujourd'hui l'académie de Saint-Cyr, il y a les élèves officiers qui sont formés en partie par des militaires et dans d'autres domaines par des professeurs civils et donc lui était effectivement professeur civil au profit des élèves officiers de Saint-Cyr donc à Coquidon en Bretagne et donc forcément ça a toujours nourri quelques récits donc ça avait toujours, je pense que ça a indirectement influencé mon engagement mais c'était vraiment pas prévu et pour la petite anecdote d'ailleurs pendant mes études universitaires du Du coup, j'ai eu un enseignant qui était un officier de gendarmerie, mais formé à Saint-Cyr. Et on s'est rendu compte que c'était un ancien élève de mon père. Et c'est devenu mon parrain officier qui m'a adoubé lors de la cérémonie. Et pour pousser l'anecdote un peu plus loin, on s'est vu forcément au baptême officier à Saint-Cyr, au mariage, à quelques occasions. Et on a même réussi à se voir au fin fond du Mali. alors qu'il était sur une mission bien annexe à Millbourne de ma position. Il a fait un posé de 20 minutes dans le cadre d'une enquête locale. On a réussi à se voir 20 minutes sur ce petit aérodrome. C'était vraiment marrant de se voir aussi loin. C'était assez particulier comme moment, c'était assez fort. Voilà pour la petite anecdote sur la scolarité et les connexions. Et les imprévus, c'est rigolo.

SPEAKER_00

Du coup, aujourd'hui, quelle est ta position dans l'armée et en quoi elle consiste

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors aujourd'hui, je suis en état-major, du coup j'ai quitté la vie régimentaire, c'est-à-dire en section et en compagnie. J'ai rendu le commandement de la compagnie que l'on m'avait confié il y a déjà deux ans. Donc j'ai rendu le fagnon, comme on dit, mais c'est une image qui est concrète, parce qu'en fait le commandant d'unité, donc le capitaine qui commande la compagnie, se voit remettre le fagnon de la compagnie des mains du colonel qui lui-même commande le régiment, pour resituer dans l'armée de terre, en grosso modo un régiment c'est commandé par un colonel au sein du régiment il peut y avoir une dizaine de compagnies qui font chacune une centaine de personnes, ce qui fait en gros des régiments de mille personnes, moi je schématise un peu et chaque compagnie est commandée par un capitaine pendant généralement deux ans et donc physiquement lors d'une cérémonie on lui remet le fagnon de la dite compagnie et au bout de deux ans il y a une cérémonie de fin où il remet le Fagnon, et puis son successeur se le voit à son tour remettre par le colonel, donc ça c'était il y a deux ans, et je suis maintenant en état-major et je travaille sur le soutien de plusieurs programmes d'armement en lien avec le domaine de l'artillerie et du génie, grosso modo.

SPEAKER_00

D'accord. Et donc, avant que tu ne rejoignes l'état-major, ça a été quoi un peu ton parcours en régiment

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu as eu l'occasion de partir en OPEC, c'est fameuses opérations extérieures

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il y a des missions qui t'ont marqué

SPEAKER_01

particulièrement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors oui, moi j'ai eu la chance et j'ai choisi de servir dans le domaine de la maintenance opérationnelle, donc dans l'arme du matériel. Pour expliquer, grosso modo, il y a les armées, donc l'armée de terre, la marine nationale, l'armée de l'air et de l'espace, ce sont les armées. Et dans l'armée de terre, il y a huit armes. Donc l'infanterie, avec les fantassins l'arme blindée cavalerie, donc c'est les chars, le génie, donc entre autres les démineurs, l'artillerie avec les canons, le train avec les convois logistiques, les transmissions avec les systèmes de télécommunication, la LAT, qui est l'aviation légère de l'armée de terre, puisqu'il y a des hélicoptères dans l'armée de terre, comme le savent bien les frapper, puisqu'il y avait eu le témoignage de Wynne, qui était pilote, et puis il y a le matériel, donc ce sont les mécaniciens et les techniciens et les dépanneurs de l'armée de terre, qui sont à la fois en atelier et sur le terrain. Et donc cette arme, le matériel que j'ai choisi, avait cette spécificité d'être extrêmement projeté, puisque partout où l'armée de terre est déployée, il faut des maintenanciers et puis des logisticiens pour assurer l'entretien des matériels pour les missions. Donc en fait, ce qui est bien avec un lieutenant de la maintenance, quand il sort d'école, c'est qu'il est sûr d'être très rapidement et très régulièrement projeté en opération. Donc de mémoire 4-5 mois après ma sortie d'école de spécialité parce qu'après le passage aux écoles de Saint-Cyr on se spécialise pendant une année en école de spécialité selon l'arme que l'on a choisie et bien je suis vite parti au Liban 6 mois dans le cadre de l'ONU donc c'était une mission 6 mois d'un coup pour une première mission c'était vraiment pas mal de débuter parce que j'avais pas les repères des 4 mois habituels des OPEX et Et c'était vraiment chouette pour un jeune lieutenant de partir comme ça aussi longtemps, puis dans un contexte international ONU. Après, j'ai aussi eu l'occasion d'être déployé au Mali, où là, pour le coup, c'était un autre rythme, un autre état d'esprit. Et puis c'est là où on voit tout le savoir-faire de ces fameux maintenanciers, ces mécaniciens, qui sont des hommes de l'ombre. Et d'ailleurs, encore une fois, je repense au témoignage de Wynn, parce qu'il a eu un petit mot pour eux à la fin, où il dit effectivement que les mécanos travaillent quand même dans des conditions assez rustiques, avec une pression continuelle, parce qu'il faut bien comprendre que toutes les unités typiquement au Sahel qui partent en opération, ensuite elles ont un temps de reconditionnement, de repos, mais les mécanos mettent tout en œuvre pour préparer les véhicules et les matériels des unités concernées quand elles partent. Dès que l'une est partie, une autre vient pour préparer ses matériels, donc en fait le rythme est extrêmement soutenu et ce sont des gens très modestes et très débrouillards. Donc ce qui m'a marqué c'est vraiment cette débrouillardise en fait malgré

SPEAKER_00

le contexte ok parce que pourquoi on se rend compte peut-être du quotidien alors évidemment dans un contexte d'OPEX j'imagine que le quotidien enfin les routines il n'y en a pas non plus enfin tout doit changer très vite et très souvent donc j'imagine que le quotidien c'est plutôt justement s'adapter mais concrètement quand tu parles de reconditionner enfin remettre en état des équipements etc ça consiste en quoi c'est qu'on leur ramène du matériel qui est complètement cassé qui doit être vérifié de toute façon même s'il n'est pas abîmé et dans quelles conditions est-ce qu'ils doivent tout remettre en état de marche est-ce que c'est dans des bases arrière très équipées ou au contraire c'est du bricolage avec ce qu'ils ont sous la main parce qu'ils sont déployés assez en avant sur la ligne ta question

SPEAKER_01

est très complète parce qu'effectivement en OPEX notamment je prends l'exemple du Mali mais c'est pareil un peu partout il y a les deux en fait il y a des maintenanciers qui sont intégrés dans les convois donc des éléments de dépannage au sein du convoi et donc vraiment au plus près de l'action et d'autres qui sont un petit peu en retrait dans des bases on va dire arrière mais il n'y a plus vraiment d'arrière et d'avant on va dire que tout le monde est plus ou moins au même endroit mais on va dire quelque peu en retrait où il y a un peu plus d'infrastructures et donc il y a effectivement la remise en condition des matériels donc s'il y Il y a des contrôles à faire à ce moment-là, comme surtout véhicules, même dans le civil, quand nous on emmène nos voitures au garage au bout de temps, de kilomètres, etc. Il y a toutes ces visites-là, mais il y a surtout le fait que le terrain est extrêmement abrasif, que les véhicules, les potards sont vraiment poussés à bout, forcément. Donc du coup, il y a quand même beaucoup de choses à vérifier, plus que s'ils étaient en France, ce qui est normal. Puis le matériel est mis à rude épreuve. Donc il y a les deux. Et à côté de ça, il peut y avoir des accidents, il peut y avoir aussi forcément... des actions de feu qui nécessitent que les véhicules soient repris en atelier même s'ils sont dépannés par d'autres maintenanciers sur le moment même lorsque ça tape donc ce qu'il faut dire c'est qu'il y a des maintenanciers entre guillemets à l'avant et d'autres relativement à l'arrière après l'environnement est assez rustique ils sont parfois sur le sol brûlant entre les effluves d'huile moteur la graisse mécanique avec peu de sommeil et puis avec le culte de la mission quoi les gars arrivent, ils disent là on a un problème, on part en mission demain. Je me rappelle qu'au début de l'opération que j'ai à l'esprit, il y a eu une nuit blanche pour certains maintenanceurs dès les premiers jours pour que le matériel soit prêt. Alors quand je dis matériel, pour le coup c'était un véhicule qui soit vraiment prêt à partir le lendemain dans les conditions les plus appropriées pour que l'équipage soit en sécurité et puisse bien utiliser son matériel. Donc il y a les deux en fait, les deux aspects.

UNKNOWN

D'accord.

SPEAKER_00

j'avais vu je crois que c'était un témoignage de Alex SAS donc il y en a qui connaissent pas c'est un ancien des forces spéciales il était au premier RPIMA et il avait fait plusieurs missions alors je pense que c'était au Sahel et il racontait une une méarrée qu'il avait fait donc il était parti en convoi pendant je crois que c'était un mois dans le désert et la question que je me pose c'est dans ce cas de figure où il part sur une période qui est quand même assez longue en étant complètement sans nécessairement de train logistique qui est en place. Comment ça se passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il y a des mécaniciens qui partent avec eux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que ce type d'unité, ils sont formés pour se débrouiller ou est-ce qu'ils ont du matériel différent qui nécessite potentiellement moins d'entretien

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors en fait, il y a plusieurs éléments. Ce que je n'ai pas précisé, c'est qu'il y a effectivement des maintenanciers. Donc dans l'arme du matériel, il y a essentiellement des maintenanciers, des techniciens, des maintenanciers, des approvisionneurs, mais il y en a aussi dans tous les autres régiments, il y a toujours une cellule de maintenance, ils ont des mécanos, après il arrive souvent qu'on détache quand on arrive en opération des maintenanciers du matériel au profit d'autres unités je me rappelle effectivement qu'on en avait détaché au profit des groupements commandos ou les forces spéciales, je ne sais plus exactement, mais en tout cas des unités un peu atypiques et du coup ils partent avec eux et effectivement ils ont un petit peu de ressort avec eux quelques rechanges un peu de matériel pour pouvoir soutenir les différents véhicules l'armement etc pendant le temps d'une mission longue sans retour en base arrière

SPEAKER_00

super intéressant en tout cas ce que tu nous partages parce que c'est vrai que dans l'armée moi j'ai l'impression qu'il y a des unités qui sont peut-être de plus en plus mises en avant sous le feu des projecteurs ça fait plusieurs fois qu'on évoque les forces spéciales mais évidemment l'armée étant une énorme organisation il y a plein de métiers en réalité qu'on connait assez peu et moi clairement c'était le cas de de de de finalement de toutes ces unités de mécaniciens combattants de l'armée de terre donc très très intéressant qu'est-ce qui toi t'as alors pour faire une espèce de retour en arrière qu'est-ce qui toi t'as amené à finalement décider de t'engager puisque t'expliquais que c'était pas le plan initial et pourquoi le choix de cette arme là en particulier

SPEAKER_01

alors la volonté de m'engager effectivement C'est vraiment les différents stages militaires que j'ai faits en parallèle de mon cursus universitaire. On appelle ça des préparations militaires. J'en ai fait plusieurs et ça a vraiment nourri cet engagement. C'est là où je me suis rendu compte que ça me plaisait plus que simplement, et je dis simplement avec des guillemets parce qu'il y a des réservistes qui font 200 jours par an. Pour le coup, on parle vraiment d'un deuxième métier. Je me suis dit que ce serait plutôt en adéquation avec mon le métier premier que j'envisage et puis encore une fois je me permets juste de citer l'artégui parce que c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué et je veux dire il a des phrases comme ça, il écrivait les hommes de guerre sont de l'espèce qui se rase pour mourir ils croient à la rédemption de l'homme par la vertu de l'exercice et du pas cadencé ils cultivent la force physique et la belle gueule s'offrant le luxe des réveils précoces dans les matins glacés et des marches harassantes pour la joie de s'éprouver ce sont les derniers poètes de la gratuité absolue. Et pour donner une petite idée, vraiment, ce type de choses, ça a vraiment nourri mon idéal. Et puis ensuite, je me suis rendu compte que c'était un métier qui alliait des responsabilités, un côté aventure, forcément, découverte du monde, et puis des rencontres que je n'aurais pas faites ailleurs. Je pense vraiment, de manière très simple, mes cercles d'amis, les gens que je côtoie, dans le cadre de mes études etc là j'ai rencontré des gens que j'aurais je pense vraiment jamais croisé si je n'avais pas rejoint l'institution et je pense qu'inconsciemment tout ça s'est mélangé et puis je me suis dit non j'ai vraiment envie de m'engager j'avais eu quelques hésitations avec la gendarmerie j'avais fait un petit peu de réserve mais c'est vraiment l'armée de terre qui m'a convaincu ensuite pourquoi la maintenance il y a plusieurs raisons j'avais fait mes études à Lyon il y avait un régiment de maintenance là-bas, le 7e régiment du matériel. J'avais quelques connexions. Et puis ensuite, je savais, comme je le disais juste auparavant, que les jeunes officiers qui arrivent dans la maintenance sont rapidement projetés en OPEX. Donc ça, ça m'attirait beaucoup. Le prisme technique, en plus du côté militaire, combattant classique, m'attirait. L'idée d'avoir aussi quelques techniciens civils, de rester vraiment pleinement connectés à la société civile, qui est une spécificité de l'arme du matériel, ça me plaisait bien, puis comme tu le dis, c'est une arme, une spécialité dont on parle pas beaucoup, et je trouvais ça très intriguant en réalité, parce que c'est vraiment des femmes et des hommes de l'ombre, des gens qui ont un double métier, on pense souvent à Janus, à ses deux faces, la face du soldat opérationnel et puis la face du mécano, et puis le rythme dense et le challenge de devoir commander, de faire de la gestion RH, de partir en OPEX, de s'entraîner au tir, au sport tout en suivant des notions un peu de productivité d'être au résultat au profit des unités on va dire de combat etc quant à leur matériel que ce soit l'armement les transmissions, les brouilleurs les véhicules donc tout ça c'est vraiment un challenge qui m'a vraiment botté et puis j'ai été retenu dans ce choix et j'ai rejoint du coup après mon master 2 les écoles de Saint-Circouet-de-Quidans qui sont maintenant l'académie militaire de Saint-Circouet-de-Quidans en qualité d'officier sous contrat encadrement. C'est l'une des populations d'officiers qui est formée là-bas, mais ce n'est pas la seule et ce n'est pas la plus

SPEAKER_00

connue. Cette richesse du terrain, c'est intéressant parce que dans ton livre, on va en parler de ton livre, mais il y a beaucoup de témoignages, notamment de polytechniciens qui disent un peu la même chose que toi, que c'est sans doute, il y en a plusieurs qui disent que c'est sans doute la partie de leur formation qui a été la plus riche, justement du fait de ces rencontres avec avec des gens qu'ils n'auraient sans doute jamais croisés autrement. Cette richesse du terrain, maintenant que tu es en état-major,

SPEAKER_01

ça te manque ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, bien sûr. C'est amusant que tu dises ça parce que j'en parlais avec quelques camarades qui viennent juste de prendre leur commandement et qui n'ont pas une seule minute de répit. Non pas qu'on ait beaucoup plus de répit en état-major, mais on a l'esprit un peu plus libre parce qu'en unité, on côtoie beaucoup de gens on absorbe les joies de tout le monde mais aussi les craintes et puis les déceptions donc c'est vrai qu'il y a un gros vide une fois qu'on a rendu le fagnon qui s'empare de nous alors après il y a d'autres postes qui permettent de vivre ça de manière beaucoup plus poussée parfois je pense à des gens qui deviennent colonels et puis qui commandent un régiment mais en tout cas la partie en école puis la partie en régiment c'est vraiment des phases très denses sur le plan de la réalité richesse humaine et des rencontres. Et après, oui, effectivement, il y a un choc des cultures temporaires qu'on absorbe et qui fait aussi du bien de se retrouver, se recentrer un peu sur la famille, avoir des dossiers parfois au long cours, mais pas forcément. L'état-major peut aussi être assez mouvementé, mais en tout cas, il y a une petite fracture en termes de vie quotidienne.

SPEAKER_00

Excellent. Alors, ton livre, justement, L'audace de servir Vir, à quel moment est-ce que tu... Finalement, l'idée de l'écrire est née. Qu'est-ce qui l'a motivé, surtout

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et qu'est-ce que tu as voulu raconter à travers cet

SPEAKER_01

ouvrage

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, il est né... C'est un peu curieux. L'idée est née... au moment où je me renseignais pour candidater en qualité d'officier sous contrat, sous contrat encadrement, parce qu'en fait, il n'y avait vraiment pas grand-chose, si ce n'est rien, sur le sujet, notamment dans le paysage littéraire, qui est quand même de plus en plus dense en termes de thématiques militaires. Et c'est logique, quand on parle de Saint-Cyr-Couette-Quidon, on pense aux Saint-Cyriens, on va dire, classiques, avec le casoir, qui intègre après la classe prép ou alors vraiment sur dossier après un master, mais c'est un petit quota. Il y a aussi l'EMIA, c'est l'école militaire inter-armes. Donc là, c'est des anciens sous-officiers qui ont fait quelques années, 3, 4, 5 ans en régiment, et qui ensuite rejoignent les écoles de Saint-Cyrque-et-Quidant pour deux ans de formation. Et il y a les OSC. En fait, il y a trois formations distinctes, mais la finalité est la même, c'est former les officiers de l'armée de terre. Et donc, lorsque je me suis renseigné pour... pour intégrer l'armée de terre de cette manière je me suis rendu compte qu'il n'y avait rien et je me suis dit qu'il manquait quelque chose et qu'il faudrait peut-être un jour écrire ce quelque chose donc on peut dire que les premières réflexions datent de là ensuite ayant rencontré pas mal de gens ayant eu l'occasion de publier parce que j'ai rencontré des gens qui eux l'avaient fait et qui m'ont appuyé notamment sur l'Artegui j'ai eu la chance de faire un petit essai sur l'Artegui à partir de mon travail universitaire je me suis rendu compte que c'était un monde accessible le monde de l'édition même si ça semble être vraiment un autre univers une fois qu'on a mis le pied dedans c'est accessible et puis c'est là où j'ai pu vraiment mettre en oeuvre ce projet de décrire sur l'audace de servir sur l'école dont la devise est l'audace de servir sur ces officiers qui un petit peu comme les alors sans faire de comparaison malvenue mais un peu comme les maintenanciers Pour le coup, là, on parle d'officier, mais c'est une formation qui est un petit peu moins connue. Alors, elle l'est plus désormais, depuis trois ans, enfin, bientôt trois ans, depuis l'été 2021 et la création de l'EMAC, l'École Militaire des Aspirants de Couette-Quidan, qui est donc aujourd'hui la troisième école au sein de Saint-Cyr-Couette-Quidan, qui forme donc les officiers sous contrat. J'en reparlerai, je pense, un petit peu après pour l'historique. Mais avant, c'était un bataillon, ce n'était pas une école. Et la nuance est importante parce qu'aujourd'hui, c'est une école à part entière avec... Un drapeau, un uniforme, un défilé lors du 14 juillet, une formation encore plus aboutie qu'auparavant et une identité beaucoup plus forte qui ne renie pas du tout les formations précédentes. Au contraire, ce sont les descendants, les héritiers de ce qui existait auparavant. Mais aujourd'hui, il y a une vraie visibilité. Et pour la petite histoire, quand le livre est sorti, un peu plus tard que prévu, parce qu'il y a eu toute la phase Covid qui a grandement retardé sa sortie, Lorsqu'il est sorti, l'école a justement été créée. C'est pour ça qu'il y a eu une réédition par la suite pour actualiser un peu le contenu. Mais l'idée première date vraiment de mon engagement. Je me suis dit, tiens, il manque quelque chose. Il m'a manqué quelque chose.

SPEAKER_00

Excellent. Et donc, audace de servir, tu le disais, c'est le slogan de l'école. C'est ça. Qu'est-ce qui, toi, t'as donné envie de le reprendre par rapport à tout ce que tu as partagé dans ce livre

SPEAKER_01

aussi alors l'audace de servir alors l'audace de servir effectivement c'est la devise de l'école c'était déjà la devise du quatrième bataillon de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr le SM4 le quatrième BAT comme disent les anciens qui lui-même faisait suite au bataillon EOR donc le bataillon des élèves officiers de réserve donc en fait si c'est le bon moment je vais faire un petit focus sur l'histoire du bataillon pour expliquer pourquoi l'audace de servir et pourquoi elle résonne d'autant plus fort aujourd'hui Donc, de manière très schématique, très vulgarisée, au départ, il y avait les officiers saint-syriens. Forcément, l'école a été créée par Napoléon. Donc, ce sont les premiers officiers à apparaître dans le paysage. Ensuite, il y a rapidement eu les polytechniciens. Et puis, après la guerre franco-prussienne, on s'est rendu compte qu'il y avait besoin d'officiers de réserve. Alors, à l'époque, on parlait d'officiers de complément. Donc, c'est quelque chose qui est né à cette période et qui a pris un certain essor par la suite lors de la Première Guerre mondiale. Donc, on va dire qu'avec la loi du 13 mars 1875, commencent à apparaître les officiers de réserve. Et ensuite, durant la Grande Guerre, là, ils ont été appelés en masse pour appuyer les autres officiers de recrutement saint-syrien ou polytechnicien ou autre, puisque beaucoup tombent au champ d'honneur et qu'on avait besoin d'encadrer la troupe. Et en fait, les EOR, les élèves officiers de réserve qui ont ensuite été formés dans le bataillon EOR, ce sont vraiment les descendants de ce qu'on appelait les officiers appelés, les officiers de complément de la Grande Guerre. Et c'est pour ça qu'on retrouve dans les noms de baptême des officiers qui sont formés aujourd'hui à l'EMAC, des gens comme Genevoix, qui est en fait un grand nom des officiers de la Première Guerre, mais il y en a d'autres, Apollinaire, Péguy, etc. Donc il y a toute une identité liée à la Première Guerre pour les officiers aujourd'hui formés à l'EMAC, l'école militaire des aspirants de Quaid-Quidon, pour les officiers sous contrat. Et l'audace de servir, c'était tout simplement le fait que des citoyens, des citoyens qui n'étaient en rien amenés à aller se battre, ont décidé de servir avec audace dans les tranchées, face à l'ennemi, et à prendre des responsabilités humaines au combat. Et aujourd'hui, cette audace de servir, on peut vraiment la traduire un petit peu de la même manière, toute proportion gardée, par des gens qui quittent une vie bien établie, parce que la population de l'EMAC, aujourd'hui, donc de l'école militaire des aspirants de Quai de Quaidan, donc de la population des OSC, donc des officiers sous contrat, a déjà réalisé ses études, elle a validé son diplôme universitaire, parfois elle est quand candidats, en tout cas, les élèves officiers ont déjà travaillé dans le civil, parfois, ou même souvent à l'étranger, donc ils sont un tout petit peu plus âgés que les Saint-Cyriens classiques, donc la différence est là, en fait, ils quittent, enfin, ils s'engagent un peu plus tardivement, ils décident de devenir officiers de carrière, même s'ils servent sous contrat, enfin, pas de carrière, mais d'actifs, officiers d'actifs sous contrat, un peu plus tard que les autres populations, et c'est là qu'on parle d'audace, en fait, parce que les gars peuvent être, je ne sais pas, il y a des enseignants, il y a des avocats il y a des dentistes et ils quittent tout, ils quittent ce confort de vie pour une solde qui est parfois moins élevée que le salaire civil qu'ils avaient ils quittent l'endroit où ils vivaient ils quittent littéralement leur famille puisqu'ils repartent en école puis ensuite ils vont partir sur le terrain, ils vont partir en opération donc ils se mettent en difficulté alors que la vie était plus ou moins établie et c'est ça cette audace de servir aujourd'hui, c'est se mettre au service d'une cause plus grande alors que le confort le confort quotidien était déjà

SPEAKER_00

avéré De ton point de vue qu'est-ce qui amène généralement ces gens à initier ce changement un peu plus tard peut-être que les autres populations dont tu parlais et finalement à quitter une certaine routine un certain confort finalement à se réinventer un parcours professionnel qui est déjà particulier en soi être militaire mais de le faire alors qu'il y a déjà quelque chose établi précédemment qu'est-ce qui les amène

SPEAKER_01

à ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Bon alors il y a Il y a plusieurs éléments, mais c'est vrai qu'on retrouve quand même... Ce qui est intéressant, c'est que l'ouvrage, par exemple, il y a une cinquantaine de témoignages. Alors, il y a une partie des témoignages, ce sont des cadres, soit des commandants de bataillon ou des commandants de formation, et aussi beaucoup d'anciens élèves. Et malgré des profils très hétérogènes, des études très distinctes et des carrières assez différentes, on n'a pas l'impression de relire la même chose à chaque témoignage, et du Du coup, les grands traits communs, c'est cette volonté de beaucoup, mais quelque chose qui me parle, et je pense qu'il parlera au plus grand nombre, c'est de rendre à la nation ce qu'elle nous a donné. Donc en fait, c'est souvent conditionné par des profils qui ne se retrouvaient plus vraiment dans ce qu'ils faisaient. Alors j'ai à l'esprit quelques officiers qui étaient chez de gros industriels ou qui travaillaient en courtage ou ce type de profil. qui voulait en fait s'orienter vers quelque chose qui nourrisse l'intérêt général plutôt que de servir des intérêts privés et cette volonté de donner à la nation un peu de ce qu'elle nous a offert et de lui permettre de perdurer donc j'ai à l'esprit notamment un camarade un capitaine parachutiste qui disait lorsqu'on a échangé servir avec audace, c'est un peu la cause qui nous dépasse et celle pour laquelle on se dépasse. Et c'est justement être au service de quelque chose de plus grand que son quotidien, contribuer à ce qui se passe autour de nous plutôt qu'en nous, donner à la nation un peu de ce qu'elle nous offre, lui permettre de perdurer en nous appuyant sur nos convictions du juste et du nécessaire. Donc ça rejoint en fait cette volonté de désintéressement personnel. Moi c'est un peu l'idée qui est ressortie de tous les témoignages que j'ai pu collationner.

SPEAKER_00

Excellent. et alors ces gens quand ils deviennent finalement officiers bon là en l'occurrence dans l'armée de terre puisque c'est c'est surtout cette armée là que tu connais que tu connais bien concrètement leur quotidien ça ressemble à quoi une fois sorti de formation qu'est-ce qu'ils font exactement sur le terrain quelles sont les missions qui reviennent régulièrement en tout cas les plus on va dire représentatives du métier d'officier aujourd'hui

SPEAKER_01

dans l'armée de terre alors alors oui alors il y a il y a Il y a plusieurs aspects. On va dire que l'officier en général, on attend de lui qu'il commande. Je fais une petite digression, mais j'ai un général qui m'avait beaucoup marqué, qui avait parlé de la règle des trois hums. C'était humanité, humilité et humour. Donc l'humour, ça faisait référence à l'ouverture d'esprit sans tomber dans la démagogie. L'humilité, c'était l'idée d'arriver, même si on est formé officier pour prendre le commandement d'une structure, que ce soit un service, une section ou autre, il faut rester modeste, il faut rester un, être à l'écouté des anciens parce que finalement un jeune officier qui les 23 ou 25 ans il va prendre la responsabilité d'un groupe d'une section d'un service où il y aura des gens qui ont à la fois beaucoup plus d'expérience que lui et puis aussi un âge un petit peu plus avancé donc donc une humilité nécessaire et l'humanité parce que l'humain est au coeur de ce métier je pense que je pense comme comme je pense tous les militaires de l'armée de terre que le l'humain est au coeur de notre notre profession, parce qu'on travaille ensemble, on s'entraîne ensemble, on part en opération ensemble, et lors de ces périodes-là, on vit ensemble. La règle des trois humes, je pense que ça caractérise bien ce qu'on attend d'un jeune officier lorsqu'il sort d'école, mais après, de manière plus concrète, il y a des officiers qui vont assurer des fonctions très spécialisées. Typiquement, on parle de ce qu'était le 4e bataillon, qui est aujourd'hui l'EMAC, l'école militaire des espérants de Côte-Quidon, avec des officiers sous contrat, alors une partie d'entre eux va être officier sous contrat spécialiste on appelle ça un OSCS pour officier sous contrat spécialiste en fait ils font une formation plus courte en Bretagne ils font environ 3 mois avant de rejoindre leurs affectations pour conseiller leur chef dans des domaines qu'ils ont étudiés avant leur engagement donc en lien avec leur diplôme donc ça va être des juristes des spécialistes des ressources humaines des spécialistes des médias et de la communication donc ils vont avoir un métier finalement assez similaire de ce qu'on peut imaginer dans le civil, mais au sein de l'armée, sauf qu'ils auront bien sûr quelque chose qui n'a rien à voir avec le civil, c'est qu'ils vont partir en opération et devront donc être aussi officiers militaires et spécialistes. Il y a aussi des officiers sous contrat pilote, des OSCP, qui eux font 6 mois à Saint-Cyr avant d'aller se spécialiser en pilotage, eux ce seront les futurs pilotes d'hélicoptères de l'armée de terre que ce soit hélicoptères de combat ou hélicoptères de transport donc là on a déjà des officiers qui ont des métiers très différents quand ils arrivent en régiment mais on va dire pour l'officier tel que l'imagine un peu le citoyen qui ne connait pas plus en détail que cela l'institution c'est au sein de cette école l'officier sous contrat encadrement qui est un peu l'officier générique comme le Saint-Cyrien classique ou le sous-officier qui fait l'EMIA donc l'école militaire inter-armes dont je parlais tout à l'heure l'officier comme on l'imagine qui arrive qui prend une section en infanterie ou dans les transmissions ou même dans le matériel finalement il va y avoir des choses très communes à tous et grosso modo il y a deux aspects d'abord il va y avoir le déroulé de carrière qui généralement va d'abord être pendant 3-4 ans chef de section donc en fait le jeune officier arrive et prend la tête d'une structure qu'on appelle une section qui est composée à peu près d'une trentaine de personnes et donc là il doit gérer l'entraînement entraînement militaire, le secourisme, le sport, le tir, les marches, la topographie, etc. Il doit ensuite gérer la partie RH de sa section, les mises en formation, les notations, l'avancement, toutes les petites problématiques RH qu'il peut rencontrer. Ensuite, il va être amené à partir en opération extérieure pour faire sa spécialité de combat de maintenance etc donc là il va devoir préparer toute la phase d'entraînement spécifique au théâtre d'opération où il sera projeté et ensuite partir avec ses hommes pour faire on va dire vraiment leur coeur de métier donc ça c'est assez commun à tout officier il y a une partie entraînement une partie formation une partie RH et c'est ce qu'on appelle le commandement et puis dans tout ça il y a des moments de cohésion bien sûr et de camaraderie et puis ensuite il va passer capitaine donc généralement Il sera adjoint de la compagnie. Comme je le disais tout à l'heure, dans un régiment, il y a plusieurs compagnies, de 100 à 150 personnes à peu près. Une grosse centaine de personnes, à minima. Et au sein de cette compagnie, il y a plusieurs sections. Quand le lieutenant a fini de commander sa section, il devient numéro 2 de la compagnie où, en gros, il va appuyer le capitaine qui commande pour l'aider à fluidifier un peu le quotidien. Il va prendre à son niveau certains dossiers. Et puis ensuite, un jour, si tout se déroule bien, il sera lui-même commandant d'unité. Du coup, il commandera ses lieutenants chefs de section. Et en fait, à chaque fois, c'est plus ou moins la même chose, mais à un niveau plus élevé, avec plus de responsabilité. Et ça, c'est vraiment le cursus type de la plupart des officiers de l'armée de terre quand ils sortent d'école et qu'ils arrivent en régiment sur leurs 7-8 premières années.

SPEAKER_00

D'accord. C'est quand même assez complexe pour quelqu'un qui est extérieur à tout

SPEAKER_01

ça. Alors oui, c'est assez complexe. En plus, j'évoque qu'un petit morceau de cette grosse machine mais qui est très huilée qui fonctionne très bien il y a bien sûr aussi on parle des officiers donc là on parlait bien sûr de l'audace de servir donc essentiellement des officiers sous contrat on a aussi des officiers qui sont issus du rang donc des gens qui ont été militaires du rang ou sous-officiers ou militaires du rang puis sous-officiers qui ont monté tous les échelons et qui à leur tour sont officiers mais forcément un petit peu plus âgés un petit peu plus expérimentés donc bon là j'en ai pas plus parlé puisque c'était pas le sujet mais je veux dire là La population même des officiers, en termes de cursus et de passif, entre guillemets, est très vaste. Mais ce qui est intéressant, c'est que tous ces officiers sont mélangés en régiment, puis il y a des activités entre eux, donc ça leur permet aussi de mûrir, de découvrir les autres, et peut-être de grandir, en fait, pour être encore un meilleur chef, un meilleur responsable vis-à-vis des hommes qui leur sont confiés.

SPEAKER_00

Est-ce que toi, sans nécessairement parler des OPEX, mais est-ce qu'il y a une mission ou un moment en tout cas dans ta carrière de capitaine, donc avant d'arriver en état-major auprès de tes hommes, qui t'a particulièrement marqué par rapport à tout ce qu'on évoquait sur le rôle de

SPEAKER_01

l'officier

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, oui, il y en a beaucoup, mais alors il y en a en même temps beaucoup, puis évidemment il n'y en a pas qui me viennent là tout de suite, mais en fait... Bon, après, il y a plein de moments... J'en ai un à l'esprit... qui est peut-être un peu secondaire, mais on parlait tout à l'heure des règles des trois humes, dont l'humanité, l'amour des hommes, finalement. Je fais à nouveau une petite digression, mais il y a le rôle social de l'officier, de Lyoté, qui date de 1891, où il explique qu'il faut prendre plus en compte ces hommes que les chevaux, ce qui n'était pas forcément toujours le cas auparavant, pour donner une petite idée de l'évolution des choses, parce qu'on parle toujours de camaraderie, de fraternité d'armes de cohésion dans l'épreuve sportive ou dans l'épreuve physique avec le dépassement de soi, etc et ça, ça fait bien sûr partie de l'institution et c'est extrêmement important mais il y a des petites choses qui m'ont marqué, alors pour le coup c'est pendant le temps de commandement donc c'est encore assez récent c'est le lien humain derrière le lien professionnel mais en fait qui est intimement lié surtout dans l'institution militaire en tout cas avec le fait qu'on parte et que les épouses ou les époux ou les copines ou les copains restent en ce qu'on appelle en base arrière ces bases arrière qui doivent être extrêmement solides parce qu'elles se retrouvent seules régulièrement pendant 6 mois ou pendant 4 mois d'affilée et encore on compte pas les phases de préparation faut bien imaginer que quand un militaire part en tout cas dans l'armée conventionnelle dans l'armée que je connais quand il part en opération, donc on va dire 4 ou 6 mois, il y a au moins un mois de préparation avant. Que ce soit sur le terrain ou en école de spécialité pour une formation un peu plus technique, il part au moins un mois échelonné sur plusieurs semaines avant les 4 ou 6 mois d'absence complète. Et du coup, on parle, bien sûr l'institution en parle beaucoup, mais dans le civil on parle peut-être un peu moins de ceux qui attendent, de ceux qui reste, et c'est vrai que quand les gars partaient parce qu'en plus comme je le disais dans la maintenance le rythme est assez effréné, surtout dans certaines spécialités, où il y a que une dizaine de personnes, voire moins parfois au niveau national qui ont les qualifications, donc les gens se relaient, enfin ça va vite quand on compte une mission on va dire de 4 mois et qu'il y a que 10 personnes en France et qu'il faut en envoyer 2 tous les 4 mois le compte est vite fait et j'écrivais une lettre aux épouses ou aux compagnes, quand les gars, pendant à à mi-mandat, quand les gars étaient absents. Je trouvais que c'était bien. C'est un peu comme l'écriture d'un livre. J'aime bien écrire, ça me semble important. J'écrivais sur une carte un petit mot. J'imaginais bien que c'est le mot que j'aurais... Enfin, si mon épouse le recevait, j'aurais été heureux de savoir qu'elle le recevait. Et je me suis rendu compte, à la fin des deux ans, lorsqu'une des épouses m'a répondu que j'avais surtout écrit à celle parce qu'en fait, le gars était énormément parti. Et elle m'avait répondu qu'elle avait bien gardé toutes mes cartes. Et puis, on s'est rendu compte qu'en fait, il y en avait eu pas mal. Donc, ça m'avait marqué, ce retour, le fait que ça lui ait fait du bien. Et puis, le fait qu'il y en ait eu autant pour la même personne, ça m'avait marqué. Et après, j'ai un autre exemple un peu plus personnel. Alors, c'est un peu complexe, mais bon, dans une compagnie, du coup, il y a plusieurs sections. comme je l'expliquais, commandé par un lieutenant ou par un sous-officier supérieur, type adjudant ou adjudant-chef, en tout cas chez nous, dans la compagnie que j'ai eu l'honneur de commander. Et on avait un emblème, enfin on a un emblème, la compagnie est toujours présente, c'est le lynx, l'animal, le lynx. Et ma fille est née pendant mon temps de commandement. Et en fait, il y avait l'adjudant d'unité, qui est un peu le bras droit du capitaine, c'est un peu le gars qui va gérer toute la vie courante, les tours de service, les problèmes des uns et des autres, la logistique, c'est un peu le bras droit musclé du capitaine, avait rassemblé toute la compagnie un matin, même tous les civils qui ne viennent pas forcément au rassemblement, et je me demandais bien pourquoi il y avait tout le monde, et donc il m'avait fait un cadeau de naissance, et puis on a eu un grand paquet, un grand lot de peluches de lynx par la suite, assez distinctes, et c'était assez rigolo comme souvenir, assez marquant et assez rigolo. Ce ne sont pas du tout des souvenirs opérationnels, mais c'est ce qui me vient à l'esprit.

SPEAKER_00

Quand on préparait cet échange, tu m'avais dit qu'il y avait deux éléments qui te semblaient vraiment importants pour témoigner de la réalité d'être officier ou plus généralement de rejoindre l'institution et en particulier l'armée de terre. C'était un, le commandement des hommes. et tu m'avais même noté entre parenthèses l'amour pour les gars et l'absence, la rupture forcée alors ça tu l'as déjà un peu évoqué plusieurs fois c'est aussi un sujet dont je parle assez régulièrement avec la plupart des quelques anciens militaires que j'ai reçus comment ça se passe quand il faut partir pour plusieurs mois tu disais ta première mission c'était 6 mois à un âge où t'es quand même encore assez jeune mais cette notion de commandement d'amour pour les gars je te pose du coup la question parce que ce que tu viens d'évoquer ça m'a fait penser à ça en fait pour toi est-ce que tu peux être officier sans avoir et encore une fois entre guillemets c'est le terme que tu avais noté mais je sais pas si c'est ça que tu veux utiliser sans avoir cet amour pour celles et ceux que tu commandes ouais

SPEAKER_01

Il y en a sûrement, mais non, je pense que ce n'est pas possible. Je pense que c'est le bon terme, sans pudeur, ou au contraire, avec beaucoup de pudeur, mais en tout cas sans arrière-pensée mal amenée. L'amour des hommes, l'amour des gens avec qui on travaille et dont on a la responsabilité, je pense qu'il est absolument nécessaire pour être un bon officier. Il y a un camarade que tu as reçu, qui a eu une phrase, c'est Louis, je pense à Louis Saillant, Il n'y a pas si longtemps, on parlait, il disait que l'armée, c'est vraiment un repère de bons gars. Et je suis tout à fait d'accord. Il y en a sûrement d'autres. Mais cette manière de le dire, ça démontre bien un attachement tout particulier aux concernés, à ces bons gars. Et concrètement, je ne pense pas qu'on puisse bien commander ces hommes si on ne les aime pas. Alors bien sûr, ça rend le commandement beaucoup plus compliqué. quand il faut faire des choix, quand il faut trancher, que ce soit dans le cadre opérationnel, ou même des choses plus terre-à-terre, mais dans l'avancement, parfois on a les mains un peu liées, il y a plein de choses, on aimerait satisfaire tout le monde, c'est-à-dire qu'il faut aimer ses hommes sans avoir peur qu'ils ne nous aiment pas autant, du moins à certaines périodes, parce que forcément, c'est délicat. Après, ce serait peut-être plus facile s'il n'y avait pas d'affection pour les gars de les commander, entre guillemets, mais je pense que ça serait sans âme et que ça n'aurait pas du tout aucun relief. Non, oui, il faut avoir de l'amour pour ces hommes afin de bien les commander. Il faut bien les commander, en tout cas, être à la hauteur de ce que nous, on attendrait de nos propres chefs. C'est vrai qu'on parle des hommes, mais on a tous un chef et moi, j'ai eu la chance d'avoir d'excellents chefs, et je ne dis pas ça pour... De toute façon, je ne les citerai pas. Mais ce que je veux dire, c'est que j'ai eu la chance d'avoir des excellents chefs et ça donne envie de l'être aussi. Et de la même manière, il y a ces grandes phrases, mais qui sont très vraies, de dire qu'il faut commander comme on aimerait être commandé. Je pense que tout est dit. Et si on n'aime pas ses hommes, cette phrase, elle ne fonctionne pas. Parce que c'est vrai que quand on parlait de vie pro et de vie perso, et qu'à l'armée, tout est un peu lié, moi, je me rappelle avoir aidé des camps des soldats, écrire des lettres pour leur assurance, aller ouvrir un compte à la banque. Donc, on me disait écrire aux copines, aux épouses. Mais en fait, je l'ai fait de manière totalement désintéressée parce que je n'attendais rien en retour. Et puis, ça me semblait naturel et en lien total avec la fonction qu'on m'avait confiée. Après, il y a le risque aussi de commander les gars avec démagogie. Donc ça, ça arrive aussi. Il faut essayer de trouver un juste milieu, mais c'est vraiment pas évident, mais je pense que quand on accepte justement de servir avec audace on accepte de commander et en acceptant de commander, on accepte de s'exposer, de décider de satisfaire et puis parfois de ne pas contenter tout le monde Je veux dire, l'amour qu'on donne aux hommes, ils nous le rendent au centuple. Clairement, l'exemple des petites peluches lynx, c'est rien du tout. Mais je veux dire, moi, ça m'a tellement touché que quand j'y pense, j'en suis un peu ému. Je veux dire, il n'y avait aucune obligation de faire ça. Donc quand il y a des petits gestes comme ça, de temps en temps, on peut se dire que peut-être on est à peu près à la... Voilà, on ne fait pas trop mal le job. Mais on le fait de manière désintéressée. Et ça rejoint aussi ce qu'on disait tout à l'heure, l'engagement. désintéressé de certaines personnes qui quittent le civil pour rejoindre l'institution militaire je pense que tout est vraiment intimement lié mais pour répondre à ta question je pense que l'amour des hommes c'est vraiment la priorité zéro d'un officier et le petit livre enfin le petit livre le petit livre parce que le format est petit mais c'est pas du tout un petit livre c'est un grand livre le livre de Lioté même s'il date de la fin du 19ème c'est un peu ce qu'il évoque et c'est totalement d'actualité

SPEAKER_00

tu m'as fait sourire en évoquant la punchline de Louis il est bon pour les punchlines de ce genre chaque fois que je vois des petits extraits sur les réseaux sociaux ou autre il a toujours les mots juste simples pour sortir des trucs comme ça c'est assez fabuleux il est bon ouais ouais il est bien fort et d'ailleurs puisqu'on parle de Louis je crois savoir Louis je l'avais reçu sur le podcast alors attends l'épisode était sorti c'était un 14 juillet si j'ai bonne mémoire et ça devait être en 2021 ça devait être en 2021 ou 2022 bref depuis il est devenu extrêmement visible et il a lancé alors c'est pas le seul et du coup c'est pour ça que je te pose la question il a lancé Vétérans de France que je vois un peu partout est-ce que tu peux nous en dire plus parce que si j'ai bien compris tu es impliqué aussi dans ce projet en quoi ça consiste

SPEAKER_01

exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors oui tout à fait donc Vétérans de France oui donc ça a été lancé par Louis donc maintenant il y a plusieurs personnes qui travaillent avec lui en fait le projet, c'est de mettre en avant les vétérans de France dans le sens noble du terme, mais surtout quand on parle d'anciens combattants, parfois les gens ont un petit peu une vision poussiéreuse qui est totalement fausse de la chose, d'où le choix de cette expression vétérans de France. Et en fait, l'idée, c'est tous ceux qui ont servi, mais que ce soit un an, deux ans, cinq ans, dix ans, vingt ans, quarante ans, qu'ils étaient policiers, douaniers, gendarmes, pompiers ou militaires, c'est très large. Et en En fait, ils proposent, par le biais de cette association qui est une chaîne YouTube, des témoignages vraiment inédits, exclusifs, très bien montés, très bien construits, très percutants, qui fonctionnent très bien. On est à des centaines de milliers de vues, voire plus, avec une population en partie assez jeune, ce qui est extrêmement encourageant, je trouve, pour la suite. Et j'ai eu la chance de rejoindre l'aventure en tant que directeur de la publication, donc je donne un petit coup de main sur les réseaux, parce que ce qui est particulier avec Vétéran de France, c'est que c'est une association qui est très présente en d'un point de vue numérique pour offrir une visibilité sur les réseaux sur internet sur youtube alors sur instagram linkedin etc ce qui est vraiment important pour sensibiliser les gens à la cause il ya beaucoup de connexions qui sont en train d'être établies il ya des événements aussi physiques qui sont joués il ya eu ce qu'il appelait ce qu'ils ont appelé le vide et en novembre dernier c'était un stream de 36 heures avec pas mal de personnalités dont battu parler tout à l'heure d'alex french sas qui était était présent, où il jouait un petit peu aux jeux vidéo, mais surtout, il parlait beaucoup d'engagement, de retour d'expérience, il échangeait avec des personnes qui envisageaient de s'engager. C'est vraiment très bien, parce que ça offre vraiment de la visibilité avec un discours vrai. Et on a un projet qui devrait arriver à l'automne, c'est un ouvrage. Un ouvrage qui sortira chez Valeurs Ajoutées. C'est une maison d'édition très dynamique, où Louis m'a confié la reprise, l'adaptation des témoignages, en fait, qui sont disponibles sur la chaîne. Donc, ça nous offre l'opportunité de proposer des petits portraits, parce que forcément, on va un petit peu les... Moi, je les adapte, je les raccourcis, je les reconstruis, j'échange beaucoup avec les intéressés, et du coup, on a des soldats qui étaient en Afghanistan la veille, puis le jour où il y a eu l'embuscade d'Uzbin, en août 2008, on a des gens des forces spéciales, du GIGN, on a Cyril Chaboun, qui qui est passé chez toi aussi, qui a témoigné sur Vétérans de France, qui a un parcours extraordinaire. Il y a Marius, Marius, la légende des commandos marines. Enfin voilà, on a des choses vraiment, des témoignages vraiment prenants, intéressants. Et en fait, j'avais dit à Louis que je n'avais pas forcément envie de me relancer dans une aventure littéraire, parce que l'air de rien, c'est quelques sacrifices forcément familiaux sur le temps personnel. Mais ça, ça me semblait vraiment nécessaire. Et s'il y a un mot pour moi qui résume Vétérans de France, c'est nécessaire. Pour moi, c'est une association et des projets vraiment nécessaires qui touchent un très large public. C'est vraiment ce dont a besoin aujourd'hui l'institution, peut-être, mais en tout cas, la population pour être sensibilisée à toutes ces personnes qui servent ou qui ont servi. Mais ce n'était pas forcément... Bien sûr, on a des anciens. On a aussi le dernier para avoir sauté sur Dien Bien Phu. On a tout un pas panel de portraits, mais ce qui est important, c'est que les gens, je ne sais pas, les jeunes personnes qu'on croise dans la rue, sachent qu'il y a des gars, il y a cinq ans, qui étaient au milieu du Sahel, il y a une bombe qui a explosé, et aujourd'hui, ce gars, il va faire ses courses comme tout le monde, mais en fait, c'est un héros, et il faut le faire savoir, et je trouve que c'est important, c'est pour ça que j'ai rejoint l'association, je me mets modestement à son service.

SPEAKER_00

Excellent. Eh bien, écoute, Guillaume, j'ai l'impression qu'on a quand même bien dégrossi le sujet, merci énormément pour toutes ces explications je rappelle il y en a qui veulent creuser encore plus le sujet des des officiers alors d'abord appeler au moment de la grande guerre comme tu expliquais historiquement ça vient de là aux officiers sous contrat aujourd'hui tout est dans ton livre l'audace de servir s'il y a des gens qui veulent échanger avec toi le mieux c'est quoi c'est LinkedIn est-ce qu'il y a d'autres réseaux un mail

SPEAKER_01

non oui le plus simple c'est la messagerie sur LinkedIn c'est vraiment le

SPEAKER_00

seul réseau que j'entretiens d'accord ok excellent et bah écoute le lien sera en description est-ce qu'il y a un message que tu voudrais faire passer pour conclure cet échange on a parlé quand même de pas mal de choses mais est-ce qu'il y a un point en particulier qui te semble vraiment important de rappeler de souligner ou d'évoquer si on l'a pas encore

SPEAKER_01

fait alors il y a je sais pas exactement si il y a un point qui me vient à l'esprit quelque chose qui m'a marqué aussi lorsque j'ai échangé avec différentes personnes au profit de l'ouvrage notamment des anciens officiers ou des anciens appelés qui ont fait leur service comme officiers et qui aujourd'hui sont à la tête de différentes entreprises. En fait, je pense à Alexandre Rubin, qui est aujourd'hui à la tête de Petit Bateau, il n'y a pas si longtemps à la tête de Yves Rocher, qui a été formé au 4e bataillon de l'école spéciale Mitterrand-Saint-Cyr à l'époque, donc c'est l'ancêtre de l'EMAC actuel. Et il a eu une phrase qui m'a vraiment marqué, qui est assez représentative, je pense, de toutes les personnes qui sont formées dans l'armée il a dit que le vrai management c'est pas le propos direct mais il a dit en gros qu'il avait véritablement appris le management à Saint-Cyr en école d'officier et non pas en école de management dans le civil et qu'il l'avait vraiment appris en 3-4 mois à Saint-Cyr de manière plus aboutie qu'en 3-4 ans ou 2-3 ans je ne sais plus en école de management et ça ça m'avait vraiment marqué quand il l'a dit parce que les officiers, et j'y officier mais même tous les militaires qui sont en situation de responsabilité ont une certaine et c'est bien normal, une certaine humilité, une certaine réserve quant à leur savoir-faire, mais en fait il est bien avéré et bien reconnu dans le civil, donc il faut il n'y a pas à en rougir ça me fait penser

SPEAKER_00

à ça. Un immense merci Guillaume pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous aujourd'hui, excellente continuation du coup dans tous tes projets hors institution mais aussi au sein de l'institution et puis bah écoute je te dis je te dis à très bientôt très

SPEAKER_01

certainement

SPEAKER_00

bah oui avec plaisir merci beaucoup Loïc à bientôt merci d'avoir écouté cet échange avec Guillaume jusqu'au bout s'il vous a intéressé pensez à le partager autour de vous et de manière générale si vous souhaitez soutenir le podcast et bien c'est extrêmement simple vous pouvez tout simplement vous abonner laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute celle que vous utilisez là tout de suite maintenant vous pouvez également le partager autour de vous massivement pour qu'encore plus de gens osent se lancer et enfin vous pouvez rejoindre le groupe des tipeurs ce sont les auditrices et auditeurs du podcast qui soutiennent financièrement les frapper à partir de 1 euro par mois le lien est en description merci pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va échanger avec une retraitée pas comme les autres