Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
D'un chaos faire naître une étoile dansante, avec Mathieu Thomas
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
La vie est ce qu’on décide d’en faire.
Sur ce podcast je reçois des femmes et des hommes qui ont pris les leurs en main, de se lancer à fond pour explorer les chemins qui les attiraient, en acceptant les imprévus et les difficultés comme étant inévitables.
Mathieu Thomas incarne cet idée. Son parcours est semé d’embuches, certaines ont laissé des plaies ouvertes au moment même où nous enregistrons, et pourtant il continue d’avancer, d’apprendre, de partager, en bref, de vivre pleinement !
Dans cet épisode, on parle d’une tumeur cancéreuse, de handicap invisible, de sport de haut niveau et de Woodstock.
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Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile qui danse. C'est une citation que mon préparateur mental m'a envoyée et qui est tellement fort et que j'essaie d'incarner le plus fort en ce moment. C'est que je suis dans un chaos total. Mais quand je te dis total, dans le sens où j'ai appris le 7 le matin que je n'étais pas sélectionné à Paris et le soir même, je me sépare de ma conjointe. On apprend tellement sur soi.
SPEAKER_01Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Notre vie, justement, est ce qu'on décide d'en faire. Sur ce podcast, je reçois des femmes et des hommes qui ont pris les leurs en main, qui se sont lancés à fond pour explorer les chemins qui les attiraient, en acceptant les imprévus et les difficultés comme étant inévitables. Mathieu Thomas, mon invité de la semaine, incarne cette idée. Son parcours est semé d'embûches. Certaines ont laissé des plaies ouvertes au moment même où nous enregistrons et pourtant, ils continuent d'avancer, d'apprendre, de partager, en bref, de vivre pleinement. Dans cet épisode, on parle d'une tumeur cancéreuse, de handicap invisible, de sélection aux Jeux Paralympiques et de Woodstock. Excellente écoute à vous et juste avant ça, un immense merci à toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez les rejoindre, c'est à partir de 1€par mois et ça se passe sur tipeee.com slash les-frappés Merci beaucoup. Eh bien écoute, bienvenue Mathieu sur le podcast, je suis super content de te recevoir au micro des Frappés pour que tu puisses nous parler de ton parcours, de ce que tu fais aujourd'hui, de comment tu en es arrivé là et pour avoir un peu creusé le sujet, si on dicte un sujet, je pense que ça s'annonce extrêmement intéressant, donc merci encore de prendre le temps de venir ici. Eh bien
SPEAKER_00merci à toi
SPEAKER_01Loïc. Ce que je te propose Mathieu pour commencer, c'est peut-être dans les grandes lignes de expliquer ton parcours et notamment les quelques moments marquants les pivots qu'il y a eu dans ta vie dans les grandes lignes et puis après on va rentrer dans le détail
SPEAKER_00ok ça marche les pivots il y en a beaucoup mais je vais essayer quand même le premier premier pivot à l'âge de 17 ans en fait on me diagnostique une tumeur cancéreuse dans le bas-ventre qui va me laisser un handicap à la cuisse droite donc ça c'est déjà le premier pivot si tu veux on en reparlera le deuxième pivot c'est à 30 ans où je décide en fait de m'accepter de me lancer le défi de faire les Jeux Paralympiques et donc ça va être mon moment d'acceptation du handicap et ça c'est mon deuxième gros tournant après j'ai des enfants qui vont arriver mes jumeaux J'ai ma petite fille et mon petit garçon. Et après, ça va être un gros tournant. Ça va être louper les Jeux de Tokyo d'une place, la qualification. Je loupe Tokyo. Et là, semaine dernière, j'ai appris aussi que j'ai loupé les Jeux de Tokyo. Donc, un gros tournant qui est tout frais. Et après, j'ai fait pas mal de choses entre. mais si tu veux on en discutera et on approfondira
SPEAKER_01tout ça yes yes yes très bien et bien écoute je pense qu'on peut y aller dans l'ordre chronologique donc tu le disais premier gros tournant dans ta vie t'as 17 ans on pose un diagnostic qui révèle qu'il faut t'opérer parce que t'as une tumeur cancéreuse à ce stade à quel point est-ce que c'est avancé quand tu as ce diagnostic et surtout comment on te découvre ça
SPEAKER_00en fait en fait On me diagnostique ça parce que j'avais une jambe plus fine que l'autre. Et c'est plutôt mes amis pendant les vacances qui me font remarquer ça en short. Et moi, je vais directement chez mon médecin à la rentrée. Donc là, on est en septembre. Je vais chez mon médecin, mais plus j'ai besoin de faire mon renouvellement de... j'oublie le terme pardon ton certificat médical pour le sport tout à fait et là comme tout médecin consciencieux me fait les petits tests et là j'ai plus de test rotulien en faisant le test rotulien j'ai pas ce réflexe rotulien à la jambe droite alors que j'ai la gauche donc on sait que le nerf est touché mais on sait pas à quel niveau je fais plein d'examens électromyogramme et c'est en voit rien du tout et bien sûr après je fais une IRM et IRM on découvre que j'ai une grosse tumeur dans le bas ventre qui comprime le nerf rural donc qui comprime ce nerf qui fait que du coup j'ai pas ce petit réflexe rotulien donc c'est un test basique avec le petit coup du marteau qu'on faisait aux enfants et on découvre tout ça à l'âge du coup de 17 ans s'ensuit une biopsie de cette tumeur On s'en suit des séances de chimio pendant un an. Donc là, j'étais en terminale. Et on... au bout de 5 mois, je crois, c'est ça, si mes souvenirs sont bons, la tumeur ne réagit plus du tout aux séances de chimio, donc elle ne réduit plus. Donc, ils prennent la décision de m'opérer, d'extraire la tumeur, et après, en fonction de la biopsie, de faire soit des rayons ou de continuer encore des séances de chimio. Et en fait, en ouvrant, ils s'aperçoivent qu'en fait, c'est pas que la tumeur ne fait pas que comprimer le nerf, il est complètement entouré. C'est-à-dire que la tumeur s'est construite tout autour du nerf. Donc, ils n'ont vraiment pas d'autre choix que de me couper le nerf. Ce qui fait qu'au réveil, moi, je ne peux pas parler. Je suis encore intubé et c'est ma mère qui m'annonce que malheureusement, on m'a coupé le nerf. Et moi, je n'étais pas préparé à ça. Je pensais vraiment sortir de là en mode... ça va bien se passer, on va enlever la tumeur. Mais le handicap, je n'étais pas du tout préparé à ça et ça va m'emmener dans une phase de colère au début, de déni total. mais surtout de colère en me disant« Mais qu'est-ce qui m'est arrivé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi tu as flingué ma vie au médecin
UNKNOWN?
SPEAKER_00» Lui, il me dit« Ben non, je te l'ai sauvé. Je ne peux plus faire de sport. Je ne peux plus courir.» Et lui, il me dit« En plus, je ne pourrais plus courir comme avant. Je ne pourrais pas marcher. Non, je ne pourrais même plus courir. Je ne pourrais pas marcher comme avant.» Voilà, que des phrases choc chez moi qui vont m'emmener en fait aussi à tout faire pour remarcher, réapprendre à courir et surtout à le cacher parce que j'étais tellement en colère de ce qui m'arrivait que je n'avais pas du tout envie que les gens s'apitoient sur mon sort. Je n'avais pas du tout envie que l'handicap me définisse. Donc, j'ai tout rejeté en bloc et ça jusqu'à l'âge de 30 ans.
SPEAKER_01Concrètement, quand tu parles de handicap, le fait qu'ils aient retiré, c'est tout ou partie du nerf crural
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ils ont coupé le nerf crural au niveau de la tumeur, donc sur 20 cm. Et ça,
SPEAKER_01l'impact, du coup, pour
SPEAKER_00toi, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Lui, c'est aujourd'hui que l'atrophie que j'avais sur le quadriceps, donc le muscle qui est sur l'avant de la cuisse, celui-là, il est... Avant, j'avais qu'une atrophie, mais le message passe un petit peu. Après avoir... couper le nerf c'est comme un paralysé en fait sauf que moi c'est ciblé j'ai plus de motricité et j'ai plus de sensation j'ai plus de sensibilité je pilote plus ce muscle là c'est impossible Et donc du coup, aujourd'hui, c'est ça, perte de sensibilité, motricité, ce qui va m'empêcher de m'appuyer sur ma jambe droite sans que je verrouille le genou. C'est comme ça que j'irai après un marché. J'irai après un marché en verrouillant le genou par ce mécanisme-là où je peux m'appuyer sur la jambe sans ce quadriceps.
SPEAKER_01D'accord. En gros, tu es encore en contrôle de tous les muscles sous le genou
UNKNOWN?
SPEAKER_01et c'est via eux que tu arrives à faire des mouvements sans avoir la maîtrise de ce qu'il y a entre le bassin et le genou, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est exactement ça. En fait, j'ai toute la chaîne postérieure, fessiers, ischios et le mollet. Par contre, le muscle de devant, le quadriceps, et du coup, qu'on utilise quand même beaucoup. Et si, quand même, ma tumeur était aussi collée au psoas, donc du coup, ils ont dû... couper le psoas droit, donc c'est le fléchisseur de la hanche. Donc voilà, j'ai aussi une perte de mobilité aussi à ce niveau-là. Mais après, le corps est tellement bien fait qu'on trouve des compensations. Et c'était tout ce que j'ai demandé à mon kiné et au centre de rééducation après l'opération. Je veux remarcher. En fait, un jour après, j'étais encore... j'étais encore branché après l'opération et j'ai juste demandé à mes parents de me lever de prendre les béquilles je voulais juste savoir la sensation que ça avait si je pouvais marcher j'ai fait deux pas avec mes béquilles et je leur ai dit j'ai remarché j'en suis sûr parce que je sentais que j'allais retrouver la motricité que j'avais juste besoin de retrouver cette sensation de qu'est-ce qui va se passer et du coup non j'avais même pas mes béquilles je dis des bêtises c'est eux qui me tenaient par les sous de bras l'un et l'autre et j'ai fait juste deux pas et c'est bon vous pouvez me reposer dans le lit ça y est je suis rassuré je vais remarcher
SPEAKER_01incroyable ok et c'est quoi qui t'a fait dire ça Tout de suite, c'est la sensation de quoi dans la jambe
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est le fait de voir que tu avais encore de la force
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, de la force encore dans les autres muscles. Par contre, la chose qui est sûre, c'est monter des marches avec ma jambe droite. Je ne peux pas du tout. Ça demande un contrôle aussi de cette jambe parce qu'il faut que je verrouille mon genou. verrouiller le genou, ce qu'on dit souvent c'est mettre le genou en recurvatum et ça ça nous arrive en fait quand on était jeune on faisait ce petit jeu où on mettait un petit coup de genou derrière et tout de suite on tombe parce qu'on déverrouille le genou et le muscle n'est pas sous tension qui nous permet de nous retenir moi ça m'arrive tout le temps ça m'arrive moins maintenant quand même parce que merci le sport et que j'ai réussi à apprivoiser et tout ça mais je dis ça mais ça fait déjà presque 23 ans mais du coup ça m'arrive de tomber parce que je ne verrouille pas le genou et là tout de suite je tombe parce qu'il n'y a pas le muscle qui peut rattraper si je m'appuie sur cette jambe
SPEAKER_01là d'accord t'expliquer alors tu viens de le dire ça fait 23 ans enfin c'était il y a 23 ans il y a eu une longue phase d'acceptation tu l'as décrite assez simplement on a l'impression que voilà à un moment donné vers tes 30 ans tu l'as assumé tu as tourné la page mais j'imagine que ça a été bien plus complexe que ça comment ça s'est passé toute cette phase où justement tu le cachais où tu voulais absolument te remettre au sport pour pas être défini par le handicap. Comment tu la résumerais, cette période de ta
SPEAKER_00vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00La première chose que j'ai fait, c'est que j'étais en colère et tout de suite, je suis passé dans le déni. Je ne suis pas quelqu'un qui a envie de rester dans cette colère et puis comme tout le monde, je pense qu'on n'a pas envie d'être là-dedans. Donc, je suis passé dans une phase de déni dans le sens où... j'arrive à remarcher, en tout cas je fais tout pour remarcher, donc on n'en parle pas, c'est pas ce qui me définit, je vais me lancer dans nombreux projets, ça tombe bien aussi parce que c'est études supérieures, donc moi je reprends mes études après, je passe mon bac, mon bac, la chance, je vois aussi la chance que j'ai d'être en vie, je vois la chance d'aller à l'école, parce que j'étais déscolarisé pendant un an, ce qui m'amène à retrouver du sens aussi dans ma scolarité, et du Du coup, quand tu retrouves du sens, bien sûr, tu performes. Donc, j'ai eu des très bonnes notes tout de suite à l'école. J'étais bon élève, mais je suis allé chercher vraiment des très, très bonnes notes qui m'ont permis après d'intégrer l'IUT que je voulais. Là aussi, je performe à fond. Je me lance dans les concours de robotique. Et je vais aussi accéder à une bonne école d'ingénieur, une très bonne école d'ingénieur. Je l'ai fait en alternance je me nourris de plein plein plein de projets j'entreprends aussi et là ça va pas me rajeunir mais l'iPhone 1 sort et moi je développais tu vois à l'époque j'étais ingénieur et je développais sur les PDA et je développais sur une nouvelle technologie qu'on appelait le Bluetooth donc j'étais sur le Bluetooth 1.0 je sais même plus dans quelle version mais voilà j'étais là dessus à me dire qu'il y a ce nouveau protocole de communication et je m'amusais déjà là à l'époque pour moi je Je voyais mon job comme des passions. Je m'amusais à créer des télécommandes pour dialoguer entre ton smartphone et une voiture. Et là, je dis ça, il y a très longtemps, ça n'existait pas dans le marché. Donc, je pars là-dedans, j'innove, j'entreprends. Et à 30 ans, par des rencontres, par tout ça, et par aussi une bonne crise de la trentaine, je prends conscience que j'avance vite, mais je ne sais pas du tout où je vais. Et j'ai besoin de retrouver du sens à ma vie, j'ai besoin de retrouver... Ce qui me définit et ce qui me définit et que j'ai enfoui, que j'ai mis en mode déni depuis tout le temps, c'est le handicap. et je me dis qu'est-ce que je peux faire de cet handicap donc du coup je vois le handicap mais je vois ça en fait l'handicap comme une singularité de me dire voilà ce qui me définit ce qui me rend si singulier c'est cet handicap c'est ce parcours c'est cet entrepreneuriat et qu'est-ce que je pourrais me lancer comme grand défi avec tout ça et là bingo je me dis mais en fait je vais faire les Jeux Paralympiques c'est ça mon gros défi à 30 ans et let's go on y va Et je ne sais pas dans quel sport. Je me suis remis à d'autres sports. Je me suis mis à la natation, je me suis mis au vélo parce que c'est les deux sports que je ne faisais pas et qui me portent aussi et qui sont bons pour ma jambe. Et pour le genou, j'avais énormément de douleurs pendant les dix premières années. J'ai encore des douleurs, mais qui sont beaucoup atténuées maintenant. Mais les dix premières années après d'avoir coupé le nerf, j'avais énormément mal. Des douleurs nocturnes, des douleurs à te réveiller, à te taper la tête contre un mur tellement ça fait mal. Et... Et donc, du coup, le sport va créer ses endorphines et c'est aussi pour ça que je me remets à faire tout ça. Je découvre le badminton à 28 ans. Je tombe littéralement amoureux de ce sport parce que je vois de la vitesse. Je pratiquais le badminton, mais en mode, je fais ça dans le jardin ou j'en ai fait à l'école primaire. Mais comme tout le monde, sport accessible, c'est marrant, c'est fun. Mais là, je vais vraiment dans une salle de bad avec des badistes qui sont là, à taper le volant à une vitesse et je me dis mais c'est pas ça que je connais moi du badminton c'est le top truc en plus en une heure tu te dépenses parce que c'est un des sports des plus cardio qu'on peut faire c'est facile au début tu te fais des passes mais quand tu tombes sur des adversaires qui ne te font pas de passes tu cours dans tous les sens et c'est ça que j'ai apprécié ces trajectoires cette forme à la fois physique à la fois aérobique tout était mêlé et en plus il y a du jeu il y a de l'adversité, il y a un duel Je fais, c'est fait pour moi, je vais faire de la compétition. Je me suis remis à faire de la compétition grâce à ça. Et au moment, donc là, 30 ans, je me dis, je me lance ce défi paralympique. Je suis bon, allez, on va creuser. Qu'est-ce qui existe comme sport
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi qui connais peu, en fait, le sport para, On en a entendu parler un peu aux télés grâce à Londres en 2012. Donc là, on est en 2015. Ça a un peu laissé des traces, ce qui m'a aussi amené à avoir ce rêve de faire les Jeux paralympiques. Et donc, je vais regarder un peu dans tous ces sports. Et là, concours de circonstances, les planètes sont alignées, je ne sais pas. Mais ils lancent le premier championnat de France de par à badminton. au moment où moi je fais du badminton et je fais quoi le para badminton existe mais c'est top moi qui me suis mis à la compétition j'adore ce sport je veux faire un sport para let's go je veux tester donc je ne fais pas la première édition des championnats de France mais j'apprends que ça existe je contacte le sélectionneur national en leur disant moi j'ai un handicap c'est tout nouveau je vois que c'est tout nouveau chez vous comment on fait pour se faire classifier tous ces systèmes là dedans comment ça se passe, dans quelle catégorie je serai, et ainsi de suite. Là, qui me dit, viens sur un stage... en fait pour se faire classifier ça se passe à l'international forcément aujourd'hui on n'est pas structuré en France pour le faire et donc il faut venir à l'international se classifier et il y a un prochain tournoi c'est en Espagne donc pas très loin avec des frais qui sont moins coûteux que si on devait aller au Japon et juste avant on fait un stage avec l'équipe de France on t'invite viens ça coûte tant on t'invite sur l'entraînement mais tu payes juste les frais d'hébergement et je pars sur 3 jours de stage je reviens de là-bas je côtoie déjà des gens qui sont en fauteuil des mecs qui ont un bras en moins et là je vois tout type de handicap moi qui n'étais pas du tout dans l'acceptation du mien je vois que d'autres personnes qui font du badminton comme moi sont plus lourdement touchés ou moins lourdement touchés mais en fait je vois cette diversité et je sais qu'en fait je pense que j'ai ma place euh Et d'accueillir ça va m'aider à accepter le handicap. Et je vais me faire classifier à l'international. Du coup, je vais être classifié dans la catégorie SL3. C'est l'handicap sur le membre inférieur. Donc ça, il n'y a pas de nouveauté. Je savais que j'étais en bas. Mais la particularité, c'est que je vais jouer sur un demi-terrain. Il y a deux catégories sur le membre inférieur. Soit tu joues sur grand terrain, soit tu joues sur un demi-terrain. J'aurais joué sur grand terrain. Je n'aurais pas visé les jeux parce que mon handicap est beaucoup trop lourd. Et au final, ils m'ont mis dans la catégorie SL3, où je joue sur un demi-terrain, ce qui, moi, va totalement changer les choses, vu que j'ai vraiment des grosses difficultés à bouger sur grand terrain. Je compensais par ma taille, parce que je fais 1m92, donc j'arrivais à avoir une envergure un peu plus grande. Mais face à des adversaires qui sont même valides ou même moins lourdement touchés, c'était compliqué de rivaliser avec eux. Donc super, je suis dans la catégorie. Là, on est en 2015. première compétition internationale. Ils font la deuxième édition des championnats de France. Et là, moi, j'ai deux ans de BAD, pas plus. Je suis champion de France dans ma catégorie. Je suis champion de France en double et je fais même une médaille de bronze en mixte avec une personne que je ne connaissais pas. Je trouve deux partenaires et je fais trois médailles, les trois couleurs. Et en simple, dans ma catégorie, je suis le numéro un. Je bats celui qui est en équipe de France. Donc, là moi je me vois en équipe de France je me dis que c'est possible et 2016 championnat d'Europe je suis champion d'Europe en double je fais médaille de bronze en simple et le mix j'en fais pas mais déjà sur deux tableaux sur les championnats d'Europe médaille de bronze et médaille d'or en double 2016 et ils annoncent aussi que ce sport en 2016 va rentrer aux jeux paralympiques à Tokyo pour la première fois et en les planètes sont alignées je fais des résultats ce sport rentre aux jeux paralympiques Moi, c'est mon rêve et je me dis que je n'ai pas besoin d'aller dans d'autres sports. C'est dans ce sport, en 2016, que je vais me lancer pour aller chercher les médailles qu'il faut, pour aller chercher la qualification pour Tokyo. J'écris l'histoire, je vais aller faire les premiers Jeux à Tokyo, je vais de ma discipline et je finirai ma carrière à Paris. et voilà je vais faire ces deux Olympiades et voilà et bah loupé total je loupe ceux de Tokyo et je loupe là même là je vous le dis avec du sourire mais je suis dans une dépression totale je le fais pour vous aujourd'hui vraiment ça m'aide à sortir du lit je vais quand même à l'entraînement mais c'est dur parce que c'est 10 ans de ma préparation et qui s'envolent quoi Alors, je n'ai pas tout perdu parce que j'ai avancé sur plein, plein de choses. J'ai avancé et on pourra en reparler aussi après sur tout le reste. Mais ouais, c'est une grosse, grosse part de ma vie de me lancer dans ces Jeux
SPEAKER_01Paralympiques. Tu fais bien de le souligner, Mathieu. Merci beaucoup. C'est vrai que je ne l'ai pas précisé en intro. On avait échangé il y a quelques temps avant que tu aies la réponse pour ta participation à Paris 2024. Et tu l'as dit en intro, tu a pris là il y a une semaine au moment où on enregistre donc écoute en dépit de la mauvaise nouvelle c'est génial de t'avoir là au micro et puis ça va être intéressant de voir peut-être aussi pour qu'on parle de la face immergée de l'iceberg de savoir comment on gère ce genre de nouvelles quand on s'est consacré depuis une dizaine d'années comme tu le disais à ce projet donc écoute peut-être qu'on peut on peut casser le rythme chrono chronologique et basculer tout de suite là-dessus. Peut-être déjà un, comment se font les sélections paralympiques et puis comment est-ce que tu l'as appris et comment est-ce que tu le gères là tout de suite à
SPEAKER_00chaud
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ce qui est intéressant, c'est que ça, je l'ai déjà vécu à Tokyo. Je peux même te parler des deux, le faire de façon chronologique et te parler de Paris là. Dans les deux cas, c'est... Sur un an, on a une quinzaine de tournois Et ils prennent les meilleurs résultats. Donc, c'est une course à la qualification. Tous les tournois comptent. Certains tournois comptent plus que d'autres. Les championnats du monde ou certains tournois classés niveau 1 par rapport à d'autres tournois. Tu fais tous ces tournois et à la fin, tu as un ranking. Et alors, pour Tokyo, c'était les 6 meilleurs mondiaux, ils sont allés au jeu. J'ai terminé 7e. Et là, c'était... à peu près pareil avec plus d'athlètes et dans les deux cas En fait, comment ça s'est passé
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je suis arrivé 7e et 8e, donc la 8e sur la course à Paris. Et les sélections, ça sélectionne par le double, mixte aussi, où nous, on termine 10e avec ma partenaire. J'ai aussi concouru dans cette discipline, mais on s'y est pris tellement tard, avec de beaux potentiels, mais voilà, arrivé trop tard. Malheureusement, on n'a pas réussi à performer mais tout le temps, qui nous ont fait qu'on n'arrive que seulement dixièmes. C'est déjà une bonne chose, mais ça ne suffit pas pour se qualifier. En simple, je termine huitièmes. Ce qui m'emmène dans la phase d'une commission bipartite qui va réattribuer des places en fonction des quotas, des tableaux qui se sont constitués. Et à Tokyo... Ils ne me sélectionnent pas. Ils sélectionnent seulement six joueurs et je suis le septième sélectionnable. Je suis vraiment au port de la qualification. Et là, c'est la même chose. Ils ont pris huit joueurs. Moi, je suis le huitième, sauf qu'il y a un joueur océanien qui est derrière moi. et ce joueur océanien en fait il y a des quotas aussi par continent il faut forcément que tous les continents soient représentés donc lui finit 15ème mais vu qu'il n'y a pas c'est le meilleur océanien me repasse devant et donc du coup il sélectionne seulement 8 joueurs et moi je suis pas sélectionné donc c'est dur je savais les règles je savais la chose mais je pensais réellement être pris parce que en fait je pensais pas qu'ils allaient prendre 8 joueurs je pensais qu'ils allaient en prendre 9 et je pensais être le 9ème parce que je pensais qu'ils allaient équilibrer les tableaux avec 3 catégories et aujourd'hui en fait sur ces 3 catégories donc le SL3 qui est ma catégorie le SL4 qui est la catégorie grand terrain mais en membre inférieur et la catégorie SU5 handicap au membre supérieur je pensais qu'ils allaient équilibrer ces tableaux là via cette commission en faisant il y avait 28 places donc je pensais qu'ils allaient faire 9, 9 et 10 et au final ils ont fait 8, 8 et 12 et 12 dans une autre catégorie et 8 seulement dans la mienne ce qui fait que c'est un choix arbitraire je ne sais pas pourquoi ils ont choisi ça et c'est ce qui fait partie du sport du sport de haut niveau j'ai envie de dire C'est un petit peu cette injustice. Et en même temps, il n'y a pas d'injustice dans le sens où les meilleurs ont été pris. Mais pourquoi 12 et moins 8
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi ça se répète encore avec Tokyo où ils n'ont pris que 6 dans ma catégorie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ils avaient pris 8 et 8 sur les autres catégories. J'ai le sentiment que ma catégorie, elle est à chaque fois délaissée. Mais c'est comme ça. C'est un choix. Je ne sais pas qui sélectionne, mais en tout cas, ils ne m'aiment pas. Je n'en sais rien. Ou ce n'est pas personnel ou c'est plutôt... ta catégorie elle est moins intéressante j'en sais rien ou c'est un fait c'est juste comme ça et donc voilà donc j'ai appris la nouvelle le 16 mai en me disant voilà que j'ai pas été retenu sur cette commission ils ont choisi d'autres athlètes et voilà ça fait hyper mal moi je m'y voyais en plus sur Paris encore sur Tokyo je sentais que c'était chaud c'était limite parce que j'étais 7ème et j'étais persuadé que j'allais en prendre que 6 mais là franchement je comprends pas cette décision ça m'appartient pas et il faut juste l'accepter donc là je suis dans cette phase d'acceptation l'avantage que j'ai c'est que des difficultés j'en ai mais rencontré tellement dans ma vie et que d'essayer d'accepter chaque situation, c'est aussi un message que j'incarne. C'est-à-dire que je l'ai fait, mais je sais que ça fonctionne. Donc, il faut que je l'incarne réellement. Et à chaque grosse difficulté, j'ai toujours ce message-là à me dire que« Ok, tu as échoué quelque chose de grand.» Mais si tu as échoué, c'est qu'il y a quelque chose d'encore plus grand derrière. C'est que rien n'arrive par hasard et que si tu loupes ça, ça doit être une épreuve pour apprendre pour que tu affrontes quelque chose d'encore plus grand. Je me suis dit ça à Tokyo en me disant, la chose la plus grande, je la vois, c'est les Jeux à Paris, c'est devant ton public, devant ta famille, c'est ça. Là, je vous dis, à une semaine de l'annonce, quelque chose d'encore plus grand que les Jeux de Paris, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et là, je suis dans cette phase. Je suis dans cette phase de colère, de déni. Je ne suis pas encore en train d'accepter la chose totalement parce que voilà c'est encore tout frais ça prend du temps et plus la douleur est forte et et plus l'acceptation est importante et son introspection tout ça est fort et là je suis dans cette quête à me dire mais qu'est ce que je dois faire de plus grand elle est où ma voix donne donne moi l'univers des des indices et c'est pas pour rien en fait peut-être que 6 mois 15 jours avant pendant 6 mois on a travaillé dur on a réussi à sortir j'ai sorti un livre qui s'appelle rêve de jeu et le rêve de jeu j'ai écrit jeu J-U-E entre parenthèses U-X Et ce n'est pas pour rien, en fait, si j'avais écrit ça. C'est que j'avais ce rêve de faire les Jeux paralympiques, mais ce que j'ai surtout trouvé, c'est un rêve de jeu personnel, c'est-à-dire un accomplissement personnel de se dire j'ai réussi à m'accepter, j'ai réussi à accomplir des choses personnelles et je suis sur le bon chemin de ma vie personnelle. Et que ce rêve de jeu m'a amené à me découvrir et à savoir qui je suis. Et au final, c'est en fait le rêve de tout le monde, ça. Le rêve de jeu. C'est le rêve de... On s'accomplit dans sa vie... pour trouver sa voie, pour trouver qu'est-ce qui a du sens et qu'est-ce qui fait qu'on est sur Terre et qu'est-ce qu'on a envie de transmettre. Et moi, je l'ai trouvé grâce aux Jeux paralympiques. Et je me dis qu'en fait, qu'est-ce qu'il y a de plus grand que les Jeux
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, je ne vais pas être dans la lumière. Je ne vais pas être dans la lumière sur ces Jeux paralympiques. Mais par contre, je peux éclairer d'autres personnes. Mais aujourd'hui, c'est ça mon rôle. C'est ça que j'ai encore plus grand... Désolé, je suis ému. Parce que c'est encore tout frais. Mais... Mais c'est ça que j'ai envie de transmettre aujourd'hui. J'ai envie de transmettre qu'en fait, on a tous un rêve et que ce rêve de jeu, même si je n'ai pas accompli le mien de façon aboutie, comme je l'aurais aimé, d'aller aux Jeux Paralympiques, je vais essayer de transmettre ça avec mon jeu à moi et de me dire qu'en fait, le sport peut aider peut amener à des choses encore plus grandes et qu'en fait ces Jeux de Paris doivent servir pas moi en tant que sportif et d'être dans la lumière mais moi je vais aider à éclairer ces autres personnes à aller dans les stades à dire aux gens allez voir les Jeux paralympiques, allez regarder votre télé si vous ne pouvez pas vous déplacer, parce que le handicap aujourd'hui fait tellement peur. Le mot handicap fait peur, c'est je ne suis plus capable. Si on prend la définition du handicap, c'est je ne suis plus capable. Et ce mot est relié tellement à la mort qu'aujourd'hui, on n'a pas envie… Et si les gens ne vont pas dans les stades et ne vont pas voir les Jeux paralympiques, c'est pour ça. C'est qu'on n'a pas envie de voir des personnes handicapées. Même Marcus, là, sur son film qui vient de sortir, un petit truc en plus, il le dit, c'est qu'aujourd'hui, il a vu plein de producteurs qui disent« Non, nous, on n'a pas envie de voir.» Mais c'est humain. C'est humain, on n'a pas envie d'être confronté à une diminution physique ou mentale, d'être réduit à quelque chose de moins. Et lui, il dit au contraire, on a quelque chose de plus. Et moi, je suis convaincu de ça. Ce film-là, et ce que j'ai envie de transmettre, c'est qu'en fait, le handicap, c'est quelque chose de plus. C'est quelque chose de merveilleux, en fait. C'est un moyen qu'on a eu dans nos vies pour affronter quelque chose d'encore plus grand. Et il ne faut pas en avoir peur. On sera tous en situation de handicap un jour dans la vie. Et ça, ça fait peur. Mais au final, si on ouvre les yeux et si là, on va dans les stades, si on voit ça, on ne va pas voir. Moi, je vous le dis, quand j'ai découvert le Parabandminton, j'ai découvert des personnes en situation de handicap et je me suis dit, mais en fait, j'ai ma place. Et là, c'est ça. Les Jeux paralympiques, en France, c'est un moyen énorme de se dire que, en fait, toutes les personnes qui sont en situation de handicap, et comme moi, avec un handicap invisible, en fait, ça va permettre de révéler les choses, ça va permettre pour eux d'accepter la chose, de se dire qu'en fait, moi aussi, j'ai un handicap, et ce qu'ils montrent, ce n'est pas la peur, c'est le dépassement, c'est les émotions, c'est la rage de vaincre, et... Et en fait, c'est la seule différence qu'il y a entre les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques. C'est un handicap, mais ça reste des athlètes qui vont franchir des trucs de fous. Et je rejoins Michael Jeremias qui dit qu'on n'est pas des super-héros. Non, on n'est pas des super-héros en tant que sportif de haut niveau. On est des athlètes qui ont un handicap, qui cherchent le dépassement de soi, qui se sont reconstruits par le sport et que le sport est un super vecteur pour avoir un estime de soi, pour se reconstruire. Et qu'on soit dans toute différence qu'on peut avoir, le sport amène, dans toutes les diversités, amène cette égalité qu'on soit blanc, noir, gros, jeune, pas jeune, on s'amuse avec ça et on peut se dépasser en se challengeant personnellement. Et c'est ça, le sport et les Jeux paralympiques. Pour moi, en France, c'est une occasion inouïe de montrer ça à tout le monde. Il ne faut pas louper le coche. Et c'est aussi pour ça que maintenant, j'ai peut être ce rôle là. Comme je disais, voilà le rôle encore plus grand que j'ai
SPEAKER_02maintenant.
SPEAKER_00C'est ça. C'est de dire, en fait, je ne vais pas être sur le terrain pour vivre mon rêve à moi de jeu, mais je vais donner ce rêve de jeu aux autres pour qu'eux aussi s'acceptent, pour qu'eux se sentent acceptés dans cette société et surtout que la société donne une autre image du handicap parce qu'aujourd'hui, elle fait trop peur et personne n'a envie de se reconnaître dans le mot handicap aujourd'hui encore en France. Quel message
UNKNOWN!
SPEAKER_01Vous avez fini le monologue. Merci Mathieu, je ne m'attendais pas à autant d'émotions. Enfin, tu as vraiment... le message est super fort et t'as mis des mots sur des ce que t'expliques sur le fait que finalement on veut peut-être pas ce qui fait qu'on veut pas avoir l'handicap c'est qu'on enfin j'avais jamais vraiment réfléchi à ce point là tu vois qu'est-ce qui fait que finalement que ça ça fait peur pourquoi est-ce que une question enfin un truc tout bête tu vois pourquoi est-ce que les sports paras sont pas nécessairement populaires comme les sports des valides euh je lisais une stat alors je ne sais plus si c'est dans ton kit presse je suis tombé sur une stat qui m'a fait un peu halluciner et pourtant j'ai déjà eu pas mal de personnes avec des handicaps sur le podcast et on avait déjà parlé plusieurs fois des handicaps invisibles notamment avec Simone Thiraud qui a été une emballeuse qui a caché un handicap elle aussi pendant longtemps et cette stat c'est 10 millions de personnes avec un handicap invisible en France alors je ne sais pas si elle est toujours d'actu si elle est correcte ou si c'est un peu plus, un peu moins. Mais 10 millions, c'est quand même loin d'être anecdotique. C'est quand même un truc de fou. Ça fait une personne sur six. Si on creuse un peu ce point du sujet de la peur, est-ce que pour toi, il n'y a que ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tu l'as vraiment vécu dans ta chair. Tu le disais pendant longtemps, tu l'as caché. C'est quoi qui faisait que tu le cachais
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'était le sentiment d'être... Si tu l'affirmais, du coup, les gens allaient justement avoir peur, que tu allais être valorisé tu vois que ça allait avoir un impact sur l'appréciation que les gens avaient de toi c'était quoi cette peur qui fait que tu l'as caché
SPEAKER_00le regard des autres
SPEAKER_01donc le jugement derrière c'est
SPEAKER_00ça le jugement la pitié j'ai pas envie qu'on ait de pitié de moi et encore une fois tu prends la définition du mot handicap c'est n'est plus capable de qui a envie dans sa vie d'avoir cette étiquette collée au front de dire je ne suis plus capable de faire quelque
SPEAKER_01chose
SPEAKER_00et c'est ça qu'il faut changer c'est l'image qu'on a de tout ça et aujourd'hui ma vision que j'ai c'est que le handicap oui il fait peur parce qu'on est connoté à ça et on n'a pas du tout envie d'avoir cette étiquette d'handicapé ou de personne handicapée, si on veut parler correctement. et donc du coup toute cette peur là va générer comme tu dis le fait qu'on va pas voir les jeux paralympiques mais au même titre d'une chose c'est que il y a encore un autre écosystème là dessus mais c'est au même titre qu'on va moins voir le sport féminin que le sport masculin c'est la même chose c'est à dire que le sport féminin est pas assez vu du sport masculin et après tu as encore les sports para qui sont derrière qui est encore moins vu que des sports féminins et qui voilà Et tout le monde va te dire, c'est l'écosystème. C'est-à-dire l'écosystème financier. Aujourd'hui, ouais, mais tu vois, c'est l'offre et la demande. Les gens, ils ont envie d'aller voir du sport masculin, donc c'est pour ça qu'on paye aussi cher ou que les salaires sont mirobolants sur les footballeurs masculins par rapport au sport, au foot féminin ou dans d'autres sports. Pourquoi le cachet de Roland-Garros homme est plus, le price money est plus cher que chez les femmes
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et pourquoi la finale, elle est chez les femmes le samedi
UNKNOWN?
SPEAKER_00et pas le dimanche tout ça c'est à chaque fois ils vont te dire oui mais j'ai plus de téléspectateurs qui viennent ainsi de suite donc ce qui est bien là-dedans c'est qu'en fait on a tous notre part si on veut que ça change on a tous notre part de dire et bah moi je vais regarder le sport féminin moi je vais regarder le sport para et je vais aller dans les stades et je vais faire tout ça parce qu'on peut plus se cacher derrière de dire oui mais c'est les stades et ainsi de suite on veut faire bouger les choses en fait je pense qu'on a tous sa part à faire Et je disais la même chose dans les journaux. L'équipe, c'est 80% du foot, 90% du foot même. Et dans les 90%, 75%, c'est le PSG. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai discuté avec eux. Ils me disent, on fait des beaux papiers sur les parcours de vie, de vous, athlète para, vous êtes... Ça inspire, c'est beau et ça touche les gens. La seule chose, c'est que ça ne se vend pas. Les gens, ils préfèrent savoir que Messi va quitter le PSG, que Mbappé a choisi un autre club, lequel, ils vont faire 10 journaux et celui-là, il va se vendre. Donc, on a tous notre part de dire non, en fait, je ne vais pas acheter que celui-là, je vais aussi acheter les autres. Quand la une de l'équipe, on se bat pour qu'à un moment donné, les handballeuses n'ont pas la une et qu'on parle plutôt du PSG alors qu'elles sont championnes olympiques ou des choses comme ça c'est fou mais ça rentre dans le business et je comprends les deux le côté business et le côté mais on a cette part pour faire changer tout
SPEAKER_02ça
SPEAKER_00et là avec les jeux paralympiques et les jeux olympiques on a aussi nous cette part à faire changer les choses et donc moi j'invite tout le monde à aller aux jeux paralympiques En plus, à chaque fois, tout le monde disait les places sont trop chères sur les Jeux Olympiques, il n'y en a plus. Eh bien, les Jeux Paralympiques, il y en a plein et ce n'est pas cher. Donc, je ne vois pas. Après, j'entends de... Et j'ai entendu ces commentaires de dire non, mais nous, on veut voir des gens qu'on connaît, on veut voir des stars et ainsi de suite. Je fais OK, mais peut-être que tu vas aller voir des futurs stars. Moi, c'est ça que j'ai envie de dire. Tu ne les connais pas, mais c'est un peu comme dans un festival de musique. tu as les têtes d'affiches, sauf que derrière, tu as les petits qui sont là, qui travaillent autant, qui galèrent dans leur cave ou dans leur garage à faire des musiques, à essayer d'inspirer, à faire des choses. Et tu vas aller dans ce festival et tu vas découvrir ça et tu vas dire« Ah, mais eux, c'est les futurs
UNKNOWN!»
SPEAKER_00À Woodstock, on en a découvert des génies. Les gens se sont dit, mais merde, j'aurais pas dû y aller. Pourquoi je suis pas allé là-bas
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'était quoi ce festival
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour moi, les Jeux Paralympiques en France, c'est Woodstock. Venez. Vous allez découvrir des sportifs de malade, performants, qui vont chercher des médailles d'or pour la France. Et ça, ça va inspirer. Et vous cherchez des stars. En fait, ils sont là, les stars. C'est juste qu'ils ne sont pas encore connus. Parce que vous ne vous intéressez pas à ça. Mais avant d'être une star, donnez la chance aux gens d'être des stars et allez-y.
SPEAKER_01Excellent. Je n'avais jamais entendu l'analogie Woodstock, JO,
SPEAKER_00Parra,
SPEAKER_01mais je suis assez d'accord. Ça sort là. Excellent. Je reviens sur un point que tu mentionnais, ce qui fait que je pense qu'on apprécie regarder du sport pour les gens qui le font. C'est justement toutes les valeurs que ça véhicule, le dépassement de soi, le goût de l'effort, la performance. J'ai plus de télé chez moi depuis un moment donc je regarde pas de sport par contre sur ce podcast je reçois beaucoup de gens qui font du sport de l'aventure bref qui se bougent et en fait comme tu dis tu vois quand tu ajoutes à des défis sportifs déjà de dingue une complexité supplémentaire avec un handicap bah en fait l'histoire elle devient enfin elle est décuplée tu vois en termes d'inspiration je pense à des gens tu vois j'ai eu bon bah évidemment là toi puisque t'es sur l'épisode mais d'autres gens que j'ai eu tu vois Jérôme Bernard qui est doublant amputé, amputé des deux jambes, plus d'un bras, qui est parti faire le GR20 en randonnée, des mecs des forces spéciales qui ont pété sur des drones, qui n'ont plus leurs jambes, qui seront au jeu para sur du volet, par exemple, tu vois. Tu parles de Cyril, là. Exactement, exactement.
SPEAKER_00Tu le connais
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je le connais bien.
UNKNOWNVous êtes croisé, ouais, yes.
SPEAKER_01Je le connais et c'est un... Oh, j'aurais même pu
SPEAKER_00le
SPEAKER_01dire. Un mec génial. Ouais, je suis bien d'accord. Et tu vois, quand tu as des parcours comme ça, qui se sont reconstruits à travers le sport et qui, aujourd'hui, incarne en fait tout ce que représente de beau enfin tout ce que le sport représente de beau en tout cas à mes yeux tu vois c'est ce que je considère bah c'est fou quoi le message il est dingue et finalement comme toi dans le sport on apprend aussi à se relever on apprend à encaisser les coups le fait que bah voilà tu parlais d'injustice moi je dis tout le temps j'ai fait du sport au niveau en judo c'était une très bonne école de la vie parce que c'est ingrat en fait tu peux être le meilleur à un moment donné bah le jour J il peut y avoir un truc qui se passe pas bien l'arbitre qui prend une autre décision et et bah finalement comme toi là avec cette sélection tu le contrôles pas et donc t'as que deux options soit tu l'acceptes soit tu l'acceptes pas mais si tu l'acceptes pas bah voilà tu t'en fais un boulet pour x années ou le reste de ta vie
SPEAKER_00tu vois je faisais l'analogie aussi avec avec Woodstock avec les concerts avec tout ça en fait le sport pour moi c'est si tu vas dans un stade sinon tu regardes ça à la télé parce que tu es passionné d'un sport ou parce que tu pratiques déjà la discipline et donc du coup ça te t'inspires de voir des personnes dans ton sport à faire des chronos de dingue par rapport à toi qui galère. Tu as une connaissance technique de ce sport et donc du coup, ce sport-là t'intéresse. Mais moi, je reprends l'exemple aussi de 98. Le nombre de personnes qui ne connaissaient rien au foot et se sont laissées embarquer dans cette euphorie nationale de dire qu'on est champion du monde. Tu vois, on est... Toi, tu n'as pas joué, tu n'as rien fait, mais... Tu ne connaissais même pas les joueurs sur le terrain, mais derrière, tu étais fier d'une dette française. Et en fait, le sport, c'est ça. Ça t'a amené une émotion, une fierté sur la réussite de l'équipe là en question mais si tu vas dans un stade c'est pour ça c'est pour vivre des émotions et je pense en tout cas que des personnes en situation de handicap avec leur histoire apportent une émotion décuplée par rapport aux autres parce que voilà leur histoire tout le chemin qu'ils ont dû affronter pour en arriver là et aujourd'hui ils mouillent le maillot ils font tout pour transmettre cette émotion. Et donc d'aller dans le stade et de vivre ça, eux seront émus, c'est certain. Si tu as tout le stade qui vient qui va te supporter qui va t'aider à te dépasser eux c'est voilà je suis sportif ça te transporte si ça te transporte t'as envie de le transmettre aussi t'as envie de le partager au public et donc je suis sûr et certain que si le stade est plein l'émotion qu'il y aura dans ce stade c'est ce que je dis ça va être un woodstock c'est à dire que moi j'étais là J'étais dans le stade à vivre ces émotions et ça va être monstrueux. Et moi, j'en suis persuadé, mais il faut franchir le cap. Et aujourd'hui, je pense qu'il y a encore cette peur du handicap de dire non, non, je n'ai pas envie de les voir et ainsi de suite. Et c'est un frein. Et j'entends ce frein. Maintenant, j'ai juste envie de vous dire, eh bien, dépassez-le ce frein. Et pourquoi pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et pourquoi pas pour une fois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Allez, je vais l'écouter, Mathieu. Je vais me dire que pour cette fois-là, je vais peut-être ouvrir la porte. Je vais aller voir. Et de toute façon, si c'était nul, tu as perdu quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_0015 euros
UNKNOWN?
SPEAKER_0030 euros
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu es allé quand même dans un stade avec une dimension géniale. Ça ne coûte rien. Donc, allez voir. Moi, je dis juste, il y a de la lumière. C'est entre ouvert. Viens voir. Et après, on en reparlera.
SPEAKER_01Il faut qu'on précise que tu n'as pas de contrat avec le comité olympique pour vendre des places. C'est vraiment un appel
SPEAKER_00du cœur. Je le dis parce que je suis athlète et que j'aimerais en tout cas que tout le monde vienne dans le stade. Moi, je vais venir alors que je ne suis pas sélectionné. Je pourrais partir à l'autre bout du monde de me dire que c'est trop dur. C'est trop dur parce qu'il va y avoir ce sentiment de jalousie. Je pourrais être sur le terrain. C'est humain c'est de se dire j'ai pas envie d'être là c'est trop dur pour moi à vivre mais en fait il y a quelque chose de plus grand le truc le plus grand c'est en fait la cause du handicap c'est de me dire que moi quand j'avais 17 ans et que j'étais en situation de handicap j'avais pas de modèle j'ai dû batailler pendant 13 ans à le cacher parce que j'acceptais pas la chose et il a fallu que je trouve la force tout seul à me lancer un défi à me mettre dans le sport, à l'accepter j'ai fait tout ce chemin tout seul mais je pense qu'aujourd'hui on a besoin de personnes, de modèles on a besoin de visibilité et là les Jeux Paralympiques c'est ça ça va donner des modèles à plein de gens à des gens qui sont en situation de handicap qui vont se dire mais je ne savais pas qu'on pouvait faire tout ça en situation de handicap je vois des gens de handicap comme mais en fait c'est beau ce qu'ils font C'est-à-dire que je vais être moi aussi fier de dire que j'ai presque comme eux. Et pourquoi pas, ça va donner des vocations à se dire, tiens, moi, je vais peut-être faire aussi ce sport. Et c'est ça, en fait, que j'ai vraiment envie de transmettre aujourd'hui. Donc non, je n'ai pas du tout de lien avec tout ça. J'ai juste envie que les gens, en fait, gagnent du temps par rapport à ce que j'ai vécu. et qu'ils se disent en fait je suis en situation de handicap et j'en suis fier que je connais quelqu'un qui est en situation de handicap et je vais le regarder différemment et que si demain j'ai un handicap en tout cas qui m'arrive dans la vie et bien je ne vais pas le voir comme un truc dur dans ma vie à affronter je vais me dire en fait je vais voir directement la lumière parce que d'être en situation de handicap je vais avoir un petit truc en plus
SPEAKER_01Tu parlais de modèles, de personnes qui inspirent des parcours auxquels te raccrocher quand il t'arrive quelque chose, par exemple, un handicap dans ta vie. Tu mentionnais un peu plus tôt que tu es devenu papa. C'était quand
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je suis
SPEAKER_01devenu papa en décembre 2017. Donc ça fait quelques années maintenant. Comment tu vas... Ce message-là que tu viens de passer, qui est très fort, comment est-ce que tu vas ou comment est-ce que tu le fait déjà passer à ton fils et à ta
SPEAKER_00fille
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est une bonne question parce que j'ai mis énormément de... de temps et d'énergie dans cette qualification. Pour exemple, en 2000, en 2023, sur ma qualification, j'ai passé 218 jours à l'étranger sur les 365. Donc, leur maman a dû gérer les enfants, à gérer l'absence et. Des fois, tu as des maux aussi de tes enfants. Même qu'ils te disent« Non, mais papa, il préfère le badminton.» Ça fait mal d'entendre
SPEAKER_02ça.
SPEAKER_00Tout de suite, je leur dis« Vous, vous êtes mes numéros 1. Par contre, j'ai une passion. J'ai une volonté. Je vais me battre jusqu'au bout.» C'est ça que j'aurais envie de transmettre aussi. Il y a beaucoup de travail. Et il faut se donner les moyens pour y arriver. Et même, je dirais que même d'être dans l'échec à la fin, c'est encore plus beau le message parce que en fait, on réussit rarement. En fait, le succès, il est très rare, malheureusement, mais qui est le plus important, c'est de se relever et de recontinuer. Je ne sais pas si je repars sur Los Angeles, mais tu vois, au coin de ma tête, à une semaine, déjà passer le truc. Déjà, je vais vivre à fond ceux de Paris. En tant que supporter, en tant qu'ambassadeur de quoi que ce soit pour essayer d'amener un maximum de gens, parce que j'y crois à ça. Mais après, je crois encore de me dire que tant qu'il y a de la vie, tant que je marche, tant que je performe encore, je vais continuer. Je ne sais pas si je réussirai à faire de Los Angeles encore ça se trouve je m'arrêterai en cours mais en tout cas je me dis je vais au bout du bout et en fait c'est toujours d'avoir ce sentiment de est-ce que j'ai tout donné est-ce que je vais pas avoir de
SPEAKER_02regrets
SPEAKER_00Et moi, j'ai toujours ça. C'est-à-dire qu'au moins, tu t'arrêtes en disant« Là, j'ai tout donné. Je suis allé au bout du bout. Et là, c'est stop.» Ça veut dire que soit ma condition mentale, physique, j'en peux plus. Ça me dépasse. Ça va trop loin. Mais tu n'auras aucun regret. Et l'arrêt, il s'arrête. À ce moment-là, c'est de se dire… Là j'arrête parce que je n'aurais aucun regret d'arrêter maintenant, le pour et le contre, le contre est trop important par rapport au pour et je le prends avec une sérénité de me dire que c'est maintenant que j'arrête et là je sens que j'ai encore besoin et que je n'ai pas encore envie de finir. donc c'est tout ça que je transmets à mes enfants ils ont que 6 ans mais voilà j'essaie de leur transmettre aussi toutes ces valeurs qu'il y a autour du handicap aujourd'hui ils savent que voilà de toute façon papa il a un handicap mais on peut faire du sport de haut niveau eux sont super fiers de tout ce que je fais et en même temps je leur montre que l'échec est possible que ça fait mal mais en même temps qu'on se relève et qu'on n'est pas des surhommes. Donc, du coup, là dessus, je suis aussi très fier de ça dans cet échec, de montrer l'échec. Pour moi, il est important parce que si tu as que des rôles modèles de gens qui font que réussir, à un moment donné aussi, en transmission à tes enfants, tu peux les mettre en échec parce que eux vont se dire je ne suis pas aussi fort, je ne suis pas assez bien, je ne réussis pas, donc je suis moins bien qu'eux. Et ça, c'est pas bon. Même les plus grands champions échouent à un moment donné. Et c'est juste qu'ils échouent moins que les autres. Et vu qu'ils échouent moins, on montre moins ça. J'avais l'exemple de Michael Jordan. Et c'est ce qu'on... Moi, c'est mon idole, je viens du basket. Et on te montre les stats de Michael Jordan, c'est une légende. Combien de tirs au buzzer il a mis, ainsi de suite, à la fin. Mais en fait, ces stats, elles sont catastrophiques. C'est-à-dire que si tu ne regardes que les stats, le nombre de fois où il a shooté au buzzer et où il a réussi, elles sont faibles. Et pourtant, tu vas retenir que les succès. On va retenir que le côté positif. Et c'est ça aussi, moi je crois en l'humain et j'adore ça. Et oui, on a des trucs durs dans le monde avec des guerres, avec des choses comme ça, mais on est fait, l'être humain est fait pour se souvenir des belles choses et d'oublier les mauvaises choses. En même temps, il ne faut pas oublier des atrocités et l'histoire nous rappelle ça, mais dans dans la vie de tous les jours comme ça, tu masques les choses négatives, mais par contre, tu vas te souvenir des belles choses. Et malheureusement, en quelque sorte, je trouve que c'est important quand même de se rappeler que l'échec, on reste humain et que l'échec, il fait du bien aussi pour... pour redescendre un tout petit peu et surtout de se dire qu'en fait c'est cet équilibre entre bien-être mal-être parce que quand on perd quand on est dans l'échec ça fait mal mais encore une fois c'est encore peut-être ce mal va nous aider à aller faire quelque chose d'encore plus grand et d'encore plus beau et quelque chose qui nous anime et voilà ce que je disais sur on va chercher son rêve de jeu Dieu
SPEAKER_01Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_01Dose d'inspiration maximale, Mathieu. Je ne m'attendais pas à ce qu'on aille aussi loin, aussi profondément sur ce sujet. Mais écoute, c'est très inspirant à nouveau de t'entendre partager ça. Bon, là, on l'a bien compris, c'est forcément tout frais, cette décision récente concernant la sélection. Tu disais que tu vas aller, toi, en tant que spectateur au Jeu Para. Est-ce que tu as déjà une idée
UNKNOWN?
SPEAKER_01ce que tu vas pouvoir mettre en place pour t'aider à justement à digérer et à trouver ton prochain jeu suite à cette décision
SPEAKER_00non moi mon prochain jeu en fait je l'ai trouvé je pense c'est d'aiguiller de transmettre la lumière d'aider d'autres personnes à accepter leur handicap j'avais d'autres projets que j'avais mené à côté dont un mouvement qui s'appelle je te me vois et que je crois en fond à fond et c'est l'objectif c'est de révéler sa singulière d'aider les gens à se révéler à se trouver avec amour avec connaissance de soi et donc en fait c'est quoi c'est d'amener un rêve de jeu tout simplement donc j'étais déjà dans cette démarche là chose que voilà ces jeux de Paris je vais les vivre comme ça en étant spectateur et au contraire c'est peut-être ce qui va m'aider à atteindre de choses encore plus grandes donc c'est ça et je sais pas dans quelle mesure je vais y arriver parce que il y a des douleurs il y a encore je sais sûr et certain ce sentiment d'aller dans le stade de voir tes concurrents jouer à ta place et de pas être sur le terrain ça va me faire mal je le sais euh Mais encore une fois, je le fais parce qu'il y a quelque chose d'encore plus
SPEAKER_02grand.
SPEAKER_00Et il y avait un... Par exemple, j'ai une citation de Nietzsche là-dessus qui dit qu'en fait, il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile qui danse. Et ça, c'est une citation que mon préparateur mental m'a envoyée et qui est tellement fort et que j'essaie d'incarner le plus fort en ce moment. C'est que je suis dans un chaos total. Mais quand je te dis total, c'est que j'ai une double peine. Voilà, c'est la vie aussi, mais en ce moment, je crois que je n'ai pas connu quelque chose de pire dans le sens où j'ai appris le 7, le jeudi, le matin que je n'étais pas sélectionné à Paris. Et le soir même, je me sépare de ma conjointe à qui j'ai tout partagé avec elle. Et là, je suis dans un chaos total. Et quand je lis cette phrase qu'il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile qui danse, je me dis qu'en fait, il y a quand même toujours de la lumière, même quand tu es dans le chaos. Et c'est à ce moment-là que tu dois l'épuiser au plus profond. Et j'ai envie de même... Ça me fait penser à Romane Fréciné. Quand je l'entendais en... C'est un artiste que j'adore. Et quand je l'entendais en interview aussi à la télé ou des choses comme ça, lui il dit son inspiration, il vient aussi du plus profond de soi. Dans ses malettes les plus profonds, tu découvres qui tu es. Et... Et souvent, on a tendance à se dire qu'on apprend à se connaître dans la joie, dans le bonheur, de tout ça. Moi, je pense vraiment que nos failles, nos choses qui nous font terriblement mal au ventre, qui sont dans cette souffrance, on apprend tellement sur soi. Et c'est ça qui nous permet d'aller chercher quelque chose de plus grand et d'aller chercher de la lumière en nous et d'apprendre à se connaître. Donc voilà.
SPEAKER_01Donc finalement, que ce soit le handicap ou ces non-sélections à deux jeux d'affilée, finalement ça a été des mots nécessaires dans ton parcours de vie et dans cette découverte de soi que tu viens d'évoquer
UNKNOWN?
SPEAKER_00excuse
SPEAKER_01moi j'étais perdu tu me reprends parce que là j'ai beaucoup d'émotions j'allais dire du coup après ce que tu viens de partager ce que je retiens un peu de tout l'échange c'est que les difficultés auxquelles tu as dû faire face que ce soit le handicap ou dans le sport les non sélections à Tokyo puis à Paris en fait ça a été des mots MAUX nécessaires dans ton parcours de vie perso
SPEAKER_00c'est ça c'est toutes ces toutes ces difficultés de vie qui m'ont amené à être qui je suis et en final c'est ça c'est t'apprends à te découvrir quand je dis rêve de jeu mais en fait c'est plutôt je suis fier d'arriver à savoir que j'ai accompli tout ça et et tu te découvres toi même et Moi, je l'ai fait par toutes ces adversités. Je pense juste que ce n'est pas le seul moyen, mais c'est un moyen accélérateur. Et du coup, vu qu'on est quand même mortels, je ne dis pas qu'il faut avoir une... de contrôler le temps ou d'aller le plus vite possible, mais si tu as des moyens de prendre connaissance de qui tu es, de ce que tu... ce que tu as comme place dans ta vie le plus vite possible, ça permet d'aller plus
SPEAKER_02loin
SPEAKER_00et d'accomplir de choses encore plus grandes. Et donc, du coup, de transmettre ça aux autres générations et ainsi de suite. Après, je ne veux pas partir dans le côté réincarnation et ainsi de suite, que moi, je crois beaucoup en énergie, en tout ça. Mais voilà, si on veut rester juste terre à terre pour tout le monde et qu'on ne veut pas perdre tout le monde non plus, c'est ce côté là de se dire les grosses difficultés de vie nous emmènent beaucoup plus
SPEAKER_02loin
SPEAKER_00parce qu'on découvre ça beaucoup plus vite on découvre on va dire qui on est plus vite
SPEAKER_01Excellent. Eh bien, écoute, Mathieu, un immense merci pour tous ces partages. S'il y a des gens qui veulent potentiellement échanger avec toi, prendre contact ou juste suivre ce que tu fais, le mieux, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est Instagram, LinkedIn, un site
UNKNOWN?
SPEAKER_00Voilà, en fonction de où ils sont, je suis à la fois sur Instagram, sur Mathieu, Andorscore, Thomas. Je suis aussi sur LinkedIn et j'ai un site Internet qui est plutôt... orienté business où je propose des conférences et parce qu'il faut en vivre vu que tout le monde ne connait pas encore le para badminton je suis dans un sport amateur donc il faut travailler à côté sur d'autres sujets
SPEAKER_01oui donc pour changer ça je pense que le message était clair c'est entre nos mains donc prenez vos places pour aller voir les épreuves à Paris c'est à la maison c'est pas très loin Mathieu disait c'est clairement abordable donc allez-y c'est ça
SPEAKER_00et voilà mais c'est pas grave aussi si on n'y va pas regardez la télé faisons exploser les audiences mais réellement si on faisait les audiences des Jeux Paralympiques Derrière, ça veut dire qu'il y a aussi tout un écosystème qui va dire que si tout le monde regarde, ça veut dire qu'il y a un intérêt. S'il y a un intérêt, le coût des pubs va ramener de l'argent, donc ça va ramener des sponsors, ça va financer tout ça. En fait, on a tous, comme dirait Pierre Rabhi avec son colibri, on a tous sa part. Et chacun a sa part à faire et... allumez votre télé sur les jeux paralympiques si vous êtes trop loin et sinon venez dans
SPEAKER_01les stades vivre ses émotions yes merci beaucoup Mathieu une fois de plus il y aura le lien en description de l'épisode vers ce qu'on a mentionné Instagram LinkedIn ton site également vers pour l'achat de ton livre je te remercie à nouveau troisième fois quatrième fois en deux minutes pour tout ce que tu as bien voulu partager mais c'était vraiment vraiment passionnant très très très inspirant je suis très content qu'on ait pu prendre le temps et surtout que tu te sois libéré pour venir nous partager tout ça je te souhaite un excellent été une bonne bonne digestion on va dire de cette réponse négative que tu as eu récemment mais voilà vu l'état d'esprit que tu as montré là pendant un peu plus d'une heure je suis convaincu que comme tout le reste qui t'est arrivé tu en feras une force et
SPEAKER_00le rebond sera d'autant plus beau merci à toi Loïc de m'avoir donné cette parole-là et à très vite.
SPEAKER_01À très vite. Quelle énorme dose d'inspiration. J'espère que vous vous êtes régalé autant que moi. C'était vraiment un plaisir de recevoir Mathieu sur le podcast. Si vous avez apprécié cet échange, n'hésitez pas à le partager à fond autour de vous. Et de manière générale, vous le savez, pour soutenir le podcast, rien de plus simple. Il vous suffit de vous abonner sur votre plateforme d'écoute, de laisser une note ainsi qu'un commentaire et d'en parler autour de vous. Parlez des frappés, parlez des frappés à un maximum de personnes pour qu'encore plus de gens osent se lancer dans leur projet. Je vous le disais en introduction, il est possible de soutenir financièrement le podcast. Ça se passe sur la plateforme Tipeee. Le lien est en description. Autrement, rendez-vous sur tipeee.com slash les-frappés. Merci beaucoup pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine. On va partir découvrir l'univers des courses de jet-ski avec une triple championne de France et une vice-championne du monde.
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