Les Frappés

Voler à plus de 8000m d'altitude en parapente 🪂 avec Antoine Girard

Antoine Girard Season 4 Episode 171

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Aujourd’hui on a quasiment tout vu, tout fait, tout découvert.

Les explorateurs, au sens historique du terme, sont devenus extrêmement rares. Croiser l’un de ces véritables pionniers qui s’aventurent dans des terres vierges et qui permettent à l’Homme d’étendre le champ de ses connaissances est un privilège et une chance unique.

Mon invité de la semaine est l’un d’entre eux.

Antoine Girard est le 1er homme sur Terre à avoir dépassé l’altitude de 8000m en parapente. Reconnu comme aventurier d'exception par le National Geographic, il détient plusieurs records mondiaux et il a réalisé des expéditions en parapente dans les endroits les plus reculés de la planète, là où personne n’avait réussi à passer ou à revenir vivant avant lui.

Et pourtant, son message est celui de la prudence, du progrès lent, qui permet de maitriser tous les paramètres avant de se lancer dans l’inconnu. Ce qui le maintient en vie, c’est justement la peur que ses projets font naitre chez lui.

Un échange fascinant avec un homme aussi extraordinaire qu’humble 🤩

Allez c’est parti, on part voler au dessus des plus hautes montagnes du monde avec Antoine !

🔎 Les livres écrits par Antoine sont disponibles sur son site internet ici et ici, ou bien sur le site de l'éditeur ici et ici.

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SPEAKER_00

Même si j'ai peur, j'y vais. Je sais que ça va être bon. Je ne vais pas abandonner mon rêve. Si j'ai des doutes qui sont trop forts, effectivement, ça m'est arrivé plusieurs fois de faire demi-tour à dire« je ne suis pas encore assez sûr, il faut encore que je le prépare, j'y retournerai plus tard». La peur, pour moi, c'est quelque chose qui est très important parce que c'est ce qui va me maintenir en vie. Dès que j'ai peur, en fait, moi je me transcende et je suis en alerte. Tous mes sens sont là, je suis prêt à réagir. Et je pense que le jour où je n'ai plus peur, je suis mort en fait.

SPEAKER_01

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Aujourd'hui, on a quasiment tout vu, tout fait, tout découvert. Les explorateurs, au sens historique du terme, sont devenus extrêmement rares. Croiser l'un de ces véritables pionniers qui s'aventurent dans des terres vierges et qui permettent à l'homme avec un grand H d'étendre le champ de ses connaissances est un privilège et une chance unique. Mon invité de la semaine est l'un d'entre eux. Antoine Girard est le premier homme sur Terre à avoir dépassé l'altitude de 8000 mètres en parapente. Sélectionné pour devenir aventurier de l'année par le National Geographic, il détient plusieurs records mondiaux et a réalisé des expéditions en parapente dans les endroits les plus reculés de la planète, là où personne n'avait réussi à passer ou à revenir vivant avant lui. Et pourtant, son message est celui de la prudence, du progrès lent qui permet de maîtriser tous les paramètres avant de se lancer dans l'inconnu. Ce qui le maintient en vie d'ailleurs, c'est justement la peur que ses projets font naître en lui. Un échange fascinant avec un homme aussi extraordinaire qu'humble. Allez, c'est parti. On part voler au-dessus des plus hautes montagnes du monde avec Antoine. Et juste avant ça, un immense merci à toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Si vous souhaitez les rejoindre, le lien est en description. Autrement, rendez-vous sur tipeee.com slash les-frappés.

UNKNOWN

Merci à vous.

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et bien écoute bienvenue Antoine sur le podcast je suis super content de te recevoir en direct de alors pas encore du Pakistan en direct de Valence pour le moment c'est ça

SPEAKER_00

exactement

SPEAKER_01

juste à côté de Valence dans la campagne excellent Antoine franchement merci beaucoup de t'être libéré je sais que c'est une période bien bien chargée pour toi préparation finale j'imagine d'expédition tu vas nous en parler mais merci merci beaucoup de tête libérée, pour la petite histoire on s'est rencontré au festival 360 degrés d'aventure à Millau, qui est un festival de films d'aventure où tu projetais Air Caracorum et d'ailleurs tu as fait partie des films qui ont été récompensés et c'est à ce moment là que moi j'ai découvert ton parcours, franchement je connaissais pas du tout déjà un, le paralpinisme, donc on va en parler, et deux j'avais jamais vraiment écouté de podcast ou lu d'articles sur ton histoire et on s'est dit que ça pourrait être cool d'en parler sur les frappés donc merci encore d'avoir accepté et une nouvelle fois

SPEAKER_00

bienvenue. Eh bien bonjour à tous et encore merci de m'avoir accueilli quoi de m'accueillir maintenant et qu'on puisse discuter un peu tous les

SPEAKER_01

deux. Yes du coup Antoine eh bien en guise d'introduction ce que je te propose c'était de nous expliquer dans les grandes lignes quel a été ton parcours et notamment sportif et comment est-ce que tu en es arrivé à faire ce que tu fais aujourd'hui c'est à du paralpinisme

SPEAKER_00

alors j'ai un parcours un peu classique où j'ai commencé étant jeune à faire plein de sports évidemment un peu tout ce qui était dehors et en particulier de l'escalade où j'ai pratiqué quasiment dix ans de coupe du monde d'escalade alors ça c'était plutôt sport indoor où moi j'allais par contre pour le loisir dehors énormément grimper et l'escalade m'a doucement amené à faire de l'alpinisme et puis assez rapidement j'ai laissé tomber complètement Non pas complètement l'escalade, mais j'ai basculé sur l'alpinisme dehors, aller faire des gros sommets, commencer par des 4000, puis doucement tenter en Himalaya des 8000. Et puis, parallèlement à ça, j'avais une carrière plus classique. Je suis devenu enseignant à l'université et je n'ai jamais voulu réellement travailler dans le sport. Pour moi, c'était un loisir. C'était juste par plaisir et envie. Et en fait, quand j'ai basculé au niveau de l'enseignement, j'ai décidé d'un peu arrêter les expés et puis un sport tranquille qui peut être cool ça peut être le parapente et je me suis mis au parapente et en fait le parapente a tout de suite pris le dessus j'ai commencé à en faire pas mal, ça a progressé très vite rapidement j'ai fait une ou deux très grosses compétitions qui ont très bien marché, la Red Bull X-Alp où je fais un podium à la première participation et à nouveau ça m'a catapulté en fait sur le devant médiatique et enfin forcément on fait les grosses compètes, on a des sponsors, on a des sponsors, on a un petit peu d'argent, on veut faire des projets, les projets amènent encore plus de sponsors, plus de choses, en fait ça grossit, malgré moi en fait ça m'a tiré vers le sport, et tout doucement j'ai arrêté l'enseignement, ou j'en fais encore un tout petit peu, et c'est le sport qui prédomine, et maintenant je vis de ça depuis quelques années, et forcément en étant amateur de sport, j'ai pratiqué autant le parapente que l'alpinisme et l'escalade à haut niveau, et là j'ai voulu mixer tout ça et ça a donné ce nouveau sport qui est le paralpinisme.

SPEAKER_01

Excellent. J'ai lu un de tes livres qui est le dernier sorti ou il y en a eu un autre après

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est le dernier sorti, ok. Parapente, alpinisme et vol bivouac autour de la planète aux éditions du Chemin des Crêtes. Et dedans, il me semble que tu expliques qu'en fait, le paralpinisme, il y avait déjà eu un peu des tentatives précédemment de mixer parapente et alpinisme, mais qu'à cause du matériel, de la technicité des voiles, etc. à l'époque, ça ne s'était pas vraiment fait. Et qu'il y a eu une sorte de renouveau depuis que toi, tu as décidé de mixer, de tenter à nouveau de mixer ces disciplines.

SPEAKER_00

En fait, oui, le paralpinisme, en vrai, ça existe depuis les années 80. On voit très bien Boivin descendre de l'Everest en parapente. Mais à cette époque-là, jusqu'au début des années 2000, même 2000-2005, le paralpinisme, c'était monter à pied et redescendre en parapente. Et en fait, avec l'évolution du matériel qui est de plus en plus léger, de plus en plus performant. On permet non pas de descendre des montagnes, mais ça nous permet de monter. Et pourquoi pas utiliser le parapente pour accéder aux montagnes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et moi, mon idée, c'était vraiment... Moi, j'aime bien un petit peu tout ce qui est, on va dire, entre guillemets, écologique, ce qui est nature et tout ça. Et pour moi, aller en montagne, aller au Mont Blanc, on va prendre un téléphérique, on va aller au milieu de la montagne, on va grimper. Je me dis, mais pourquoi utiliser les moyens mécaniques

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et en fait, ça, ça m'énerve. Et j'ai eu l'idée d'utiliser le parapente pour remplacer ce téléphérique elle est posée au milieu des montagnes avec mon parapente et après à partir de là aller faire des activités que ce soit du ski de l'escalade de l'alpinisme et tout ça et ça c'est vraiment dû à l'évolution du matériel qui permet ces choses là et bien sûr faut apprendre une nouvelle technique parce que elle est posée en montagne c'est pas facile le vol en très haute altitude est encore plus difficile là je parlais du mont blanc mais moi c'est des choses que je fais en himalaya sur des sommets de 7000 mètres Ouais

SPEAKER_01

Ok. ouais ok donc j'imagine qu'en termes d'enjeux on en parlera un peu plus tard mais il doit y avoir des spécificités assez marquées d'aller voler à 7000 et au-delà aujourd'hui du coup tu disais que c'est clairement l'activité qui occupe la majeure partie de ton temps qu'est-ce qui fait qu'est-ce qui fait tu dirais avec un peu de recul que t'as accroché à ce point c'est ce côté un peu éthique un peu j'ai l'impression pur de la pratique de la montagne que te permet le parapente enfin le paralpinisme ou est-ce qu'il y a aussi des notions de sensation tu vois est-ce que c'est grisant finalement le fait de pouvoir voler de se poser de redescendre en volant ça a été quoi qui fait que t'as accroché aussi

SPEAKER_00

fort alors moi ce qui m'a vraiment accroché depuis le début en fait de ma carrière de sportif c'est plus l'exploration moi quand j'étais petit j'étais bercé par les livres d'exploration d'explorateur particulièrement en montagnes, il y a des messenaires qui vont explorer les premiers 8000, ils ne savaient même pas s'ils pouvaient monter en haut sans oxygène, ils tentent de faire le premier 8000 sans oxygène, ça passe, ils ne savent même pas s'ils reviendraient vivants, pour moi c'est de l'exploration, aller voir les capacités du corps. Et à ce jour, beaucoup de choses ont été faites, réalisées, et quelque chose qui est nouveau, ça va être de mixer par exemple le parapente et l'alpinisme, où on va faire de l'exploration, et effectivement il y a plein de contraintes, je suis tombé sur plein de murs sur lesquels je ne pouvais pas passer, que ce soit au niveau de l'oxygène de l'acclimatation de ces choses là et vraiment si cette exploration là moi qui m'intéresse c'est pas la performance alors la performance on est obligé d'en avoir quoi pour avancer mais ce qui me motive avant tout moi c'est la recherche cette exploration de nouvelles choses c'est vraiment mon

SPEAKER_01

moteur ouais on en avait parlé à Mio t'avais dit quelque chose qui m'avait marqué c'est qu'en fait tes records on en parlera aussi mais tes détenteurs de pas mal de records en fait les records ils viennent de cette volonté d'exploration c'est pas le but recherché mais c'est une conséquence finalement de la manière dont tu pratiques le paralpinisme

SPEAKER_00

exactement le record type que j'ai encore du monde de ce que j'ai j'en ai plusieurs mais qui est le record de gains d'altitude c'est un record je suis absolument pas les chercher il est simplement venu parce que pour mon projet m'amener à battre ce record là et même on l'a dit parce que moi j'ai pas pensé sur le coup c'était le record de gains d'altitude c'est en fait je voulais mon rêve c'est traverser la Cordillère des Andes, j'utilisais ce qu'on appelle le parcours des avions postaux qui à l'époque traversait le côté est-ouest des Amériques du Sud et l'idée c'est de le reparcourir en parapente, personne ne l'avait fait et ben voilà on décolle, on est bas, on décolle à 1000 mètres et pour passer cette cordillère moi je voulais le faire de façon un petit peu grande et si je traversais la cordillère je voulais le faire à l'endroit le plus haut de la cordillère pour pas aller au point de faiblesse et en fait je survole dans ce cas là de la concave qui est quasiment 7000 mètres, 6 960 je crois, et bien au final la différence d'altitude entre 1000 mètres du décollage et le sommet, parce que j'ai survolé la Concagua à 7100 mètres, ça fait presque 6000 mètres d'écart, et ce qui correspondait au record du monde de gain d'altitude. Mais voilà pour moi c'était l'objectif 1, c'était traverser la cordillère, mais pour y arriver, j'ai survolé la Concagua parce que c'était un rêve aussi, je ne suis pas allé là-bas par hasard, je suis fan de mon donc passer au dessus de la plus grande des montagnes c'est un rêve et bien ça passait par un record du monde et c'est comme mes records du monde comme premier record du monde d'altitude de d'altitude vraiment de le plus haut qui était le premier mon premier record c'était 8157 mètres c'est pareil mon rêve c'était de survoler le broad peak un des 8000 en particulier le broad peak parce que je l'avais tenté de le gravir deux fois et le survoler c'est un rêve mais pour survoler un 8000 il faut passer la barre des 8000 mètres et encore une fois c'est encore du monde d'altitude mais c'est pas ça qui va me motiver c'est le rêve qui me motive et ce rêve me fait passer

SPEAKER_01

par des records ouais c'est dingue en fait t'es vraiment là on est dans une phase où le paralpinisme on est encore à la phase où il y a des pionniers en fait qui réalisent enfin comme toi c'est ce que tu fais qui réalisent des premières des trucs qui ont jamais été faits ce qui est pas commun quand même en 2024 tu vois où globalement tout a été exploré tout a été vu tout a été réalisé et là c'est pas le cas, c'est un peu terre à explorer, j'ai l'impression.

SPEAKER_00

Ah mais complètement, et c'est ça qui me motive et qui m'intéresse. Alors, survoler un U8000, oui, c'était une première, c'est pas encore du paralpinisme, où on parle vraiment de paralpinisme, c'est par exemple, la première fois où j'ai fait un 7000 en paralpinisme, pour se rendre compte de ce que c'est, il faut voir qu'est-ce que c'est qu'une expédition sur un 7000. Une expédition sur un 7000, c'est arriver en Himalaya la plupart du temps, parce qu'ils sont presque tous en Himalaya, on arrive là-bas, on fait un trek pour aller au pied de la montagne, on s'acclimate, on grimpe, on fait le sommet, on rentre, et ça va prendre à peu près un mois, pour faire un 7000. Donc en un mois, on a fait un sommet de 7000 mètres. Moi, ce que je fais, c'est que je vais là-bas, je fais du parapente, je m'acclimate un petit peu rapidement, et quand j'essaie d'aller faire mon 7000, je suis à l'hôtel, posé tranquillement, je prends mon parapente, je vais décoller, alors le premier 7000, je décolle à midi, je suis allé me poser sur le sphantique, à 6000, je sais plus, 6200, 6300 mètres, j'ai posé mon parapente, j'ai pris mon d'alpinisme pioulé crampons j'ai gravi 7000 là et le soir je suis redescendu j'ai repris mon parapente et je suis rentré à tomber de la nuit et en une journée j'ai fait un sommet de 7000 m au lieu d'avoir pris un mois et ça je pourrais enchaîner plusieurs fois dans la même semaine si je veux et c'est ça qui est complètement magique complètement nouveau mais effectivement comme tu le dis il y a beaucoup de contraintes derrière en fait et l'exploration de ces contraintes est super intéressante

SPEAKER_01

alors justement les contraintes donc moi je connais pas du tout l'univers du parapente pour être tout à fait honnête donc il y aura peut-être des cas questions un peu enfantines ou qui vont te paraître méga simples, mais globalement, côté matos, quand tu pars en expédition sur du paralpinisme, tu as quoi en fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu as plusieurs voiles, tu as une voile, et au-delà de la voile, qu'est-ce qu'il y a de particulier pour faire ce que tu fais avec un

SPEAKER_00

parapente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, là, si on parle de paralpinisme pur, oui, alors moi, je vais partir avec... Alors, c'est des choses que j'ai élaborées avec le temps, j'ai fait plein d'essais, j'ai fait 4 ans d'essais, de tentatives d'échec, de voir le danger, de voir tout ça. Aujourd'hui, j'ai une procédure qui fonctionne assez bien dans la façon de faire. Et cette façon de faire dit qu'il faut prendre un parapente, donc une sellette, c'est là où on va s'asseoir pour voler. Et avec nous, on va prendre du matériel qui va être adapté à la montagne qu'on va gravir. C'est-à-dire que plus c'est technique, plus on va prendre du matériel d'alpinisme classique. Là, je ne vais pas revenir là-dessus. Ça peut être des cordes, beaucoup de cordes, ce qu'on appelle des broches et tout ça, où on ne prend que du matériel pour la neige. La plupart du temps, c'est des sommets sur lesquels je vais qui ne sont pas très difficiles. Je prends juste des piolets et une paire de skis de rando pour monter. Et en plus de ça, c'est ça qui m'a amené à avancer là-dessus. C'est que dans cette sellette, je vais mettre plein de matériel que je ne vais pas porter au final puisque c'est le parapente qui va le porter et l'amener à la montagne. Et dans ce matériel-là, c'est le matériel de secours. Typiquement, une tente pour dormir si je reste plusieurs jours, la nourriture pour une semaine parce qu'on y va en parapente. Mais il faut pouvoir redécoller. Des fois, les conditions de météo, elles changent, etc. Il faut pouvoir se patienter une semaine ou des fois plus de temps dans la montagne. De quoi dormir. Après, tout ce qu'on peut amener en alpinisme et bivouac pour plusieurs jours. Et tout ça, que je ne porte pas, je peux l'emmener. J'ai souvent 25-30 kilos de matériel, juste au cas où. Et à partir de là, quand je me pose sur la montagne, c'est mon camp de base. C'est-à-dire que le parapente et le matériel restent là. Je vais faire de l'alpinisme. Je peux mettre la tente, mais je peux partir 2-3 jours si je veux en alpinisme, je peux partir quelques heures, et je repars avec le parapente. Ça fait que ce matériel-là a été amené, mais je ne le porte pas. Au début, je ne faisais pas ça, je prenais vraiment au gramme près ce qu'il me fallait, mais je me mettais en danger, parce que plusieurs fois, je ne pouvais pas redécoller, et tu te retrouves bloqué en montagne, si tu n'as pas de nourriture, de cotabilité, etc., et bien c'est la mort qui t'attend. Et donc là, c'est mes expériences qui m'ont amené à dire, il faut faire comme ça. Et là, ça fonctionne maintenant très très bien. Comme au début, les premiers sommets comme ça, c'était, ben non, j'y vais en parapente, je plie mon parapent, et je monte au sommet avec mon parapente pour décoller du sommet. Mais en fait, quand on réfléchit, de faire ça sur un 7000 mètres, monter avec son parapente au sommet, c'est vite 10, 15, voire 20 kilos de matériel. A 7000 mètres, c'est énorme à monter. C'est vraiment, c'est presque insurmontable. On le fait, mais il faut des heures et des heures. Et quelque part, où est l'intérêt

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Puisqu'on va passer au sommet. Qu'on y soit à pied, qu'on décolle du sommet, ça n'a pas changé grand-chose en fait. Et en fait, j'ai mis du temps à me rendre compte de ça, qu'il n'y a aucune utilité de monter le parapente au sommet et depuis que je fais ça j'amène plein de matériel je le pose et pour la sécurité c'est beaucoup mieux voilà comment je fonctionne et les expériences m'ont amené à faire ça

SPEAKER_01

mais du coup ta voile ça reste une voile enfin c'est une voile que quelqu'un pourrait utiliser je sais pas à Millau ou n'importe où ailleurs en France il n'y a pas de spécificité dans les voiles pour des vols en haute altitude ou du paralpinisme

SPEAKER_00

non c'est le matériel le plus classique qui existe qu'on trouve chez nous je ne fais que très très peu de modifications sur la voile en elle même il n'y a pas de modification sur la sellette il y a un peu des modifications mais c'est plus des modifications parce que je l'ai amené jusqu'à 30 kg de matériel donc j'en ai un peu agrandi il y a des rangements un peu améliorés que j'ai bricolé moi mais hormis ces petits détails c'est exactement le même matériel

SPEAKER_01

qu'ici ok ok incroyable ok ça va être fascinant de vivre de l'intérieur d'être l'acteur Il y a d'autres personnes dans le monde qui construisent la discipline, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais qui font évoluer la discipline en même temps que toi avec le type d'expédition que tu réalises. Je ne sais pas, demain, tu veux te mettre au parapente, il y a des écoles pour ça, tu regardes des vidéos sur YouTube. Toi, capter que se poser sous le sommet avec ou sans ses skis, plier la voile ou pas, c'est ce que tu disais, c'est le fruit de l'expérience. Est-ce qu'il y a quand même une sorte de cercle très restreint, tu vois, de gens qui font ce que tu fais un peu partout dans le monde où tu es vraiment en mode complètement à l'avant-garde, défriché, solo, à la machette, tu vois, un coin complètement inconnu.

SPEAKER_00

Alors, pour l'instant, il n'y avait que très, très peu de personnes. Il y a quelques années, il y en avait quelques-uns en Himalaya comme John C. Blaster qui avaient commencé à défricher ça, mais c'est à l'époque où le matériel n'était pas comme aujourd'hui, ils ne pouvaient pas faire ce qu'on fait aujourd'hui. Ensuite, il n'y a pas eu grand monde, il y a eu un tout petit peu dans les deux trois personnes qui ont testé et en fait ça m'a donné des idées puis j'ai commencé à aller le faire en himalaya où là j'étais quoi vraiment seul à essayer de lancer ça c'était un peu fou les défis quoi l'époque on connaît rien du tout au paralpinisme c'était un gros défi et depuis que j'ai compris les choses et je sais comment ça fonctionne mon idée c'est justement c'est de former des gens alors en faire des films pour que on sache que c'est qu'est ce que c'est que ça donne envie vie et ensuite former des gens pour que les gens testent et aient envie de le faire, le testent en sécurité avec déjà passé mes connaissances pour faire avancer la discipline. Maintenant, je pense que rien qu'en France, il doit y avoir 50 ou 100 personnes qui le pratiquent régulièrement. Je ne parle pas encore d'Himalaya, mais en France, ça a déjà énormément pris parce que ça donne des idées. J'ai pas été le tout premier à faire ça. Dans les Alpes, loin de là, il y avait déjà des groupes qui avaient essayé sur des 3000 de le faire moi j'ai simplement amené dans l'Himalaya sur des très hauts sommets ce qui l'a fait connaître Et en fait, l'idée, moi je me rends compte, parce que je développe depuis bientôt, ça fait 8 ans, 10 ans que je suis là-dessus, c'est que chaque année, j'apprends un petit peu, et c'est très long d'apprendre, parce qu'on fait des erreurs, on apprend de ses erreurs, on avance, on réfléchit comment les résoudre, c'est long. Si on veut que la discipline avance, pour moi, l'idée, c'est ne surtout pas garder ces informations pour moi, en disant je suis seul à pouvoir le faire, etc. L'idée, c'est l'inverse, c'est de dire j'ai ces connaissances, je veux les partager, donc j'ai appris ça c'était l'expédition de 2021, c'est le film que tu as vu à Millau. Donc en 2021 je suis parti avec six copains et l'idée c'était que j'apprenne à ces six copains à faire du paralpinisme à très haute altitude. Et donc j'ai appris ça mais dans le but que eux ils apprennent encore à d'autres personnes et comme ces personnes-là auront appris le paralpinisme, ce qui est de mes connaissances qui peuvent se passer assez rapidement au final parce que c'est des années de recherche et on les communique assez vite, et derrière eux-mêmes vont apprendre des choses parce qu'ils vont tester des nouvelles choses. ils vont me réapprendre des choses. Et en fait, c'est cet apprentissage de groupe qui permet d'avancer beaucoup plus vite en sécurité et de faire avancer la discipline. Et moi, mon objectif, c'est vraiment ça, c'est que la discipline avance. Et pour ça, c'est le partage d'informations et de formations. Et donc, j'essaie de former chaque année maintenant un peu des gens autour pour que ça avance. Excellent.

SPEAKER_01

Oui, et puis par rapport à ce que tu disais, le fait que la discipline progresse, j'imagine qu'il y a quand même... Tu ne peux pas vraiment te permettre de griller certaines étapes, je suppose, quand tu es en mode exploration, des limites de ce qui est faisable ou pas, parce que tu n'as pas les deux pieds sur la terre ferme. Comment est-ce que tu prends en compte le facteur sécurité quand tu es dans une position comme la tienne où tout est à faire, tout est à tester, tout est à

SPEAKER_00

découvrir

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est exactement ça. C'est pour ça que c'est très long, étape par étape. C'est-à-dire qu'il y a des paramètres que l'on connaît et que l'on maîtrise. Et derrière, il y a des paramètres paramètres qui sont probable et d'autres qui sont inconnus. Et donc on va rajouter jamais plus d'un paramètre à la fois. Donc à chaque test, on rajoute un paramètre, on le teste et souvent le tester une fois ne suffit pas parce que des fois il peut y avoir un coup de chance ou quelque chose qui fait qu'il fonctionne alors qu'en réalité ce n'est pas le cas. Et donc on va tester plusieurs fois chaque paramètre et quand il est validé, tant au niveau scientifique parce qu'il y a des théories scientifiques, tant qu'au niveau physique quand les deux fonctionnent ensemble et on va considérer que c'est acquis et on va aller en chercher un suivant. Et c'est pour ça que ça met des années pour pour aller dedans. A des moments on trouve ça trop long, on veut griller des étapes donc des fois on fait deux trois paramètres d'un coup et en fait c'est toutes ces fois là où moi je me suis retrouvé en danger plusieurs fois je voyais même ne pas m'en sortir très clairement pour des erreurs parce que justement on va trop vite on a grillé ce qu'on appelle, moi j'appelle ça la zone tampon parce que quand je rentre dans la zone tampon ça veut dire c'est la zone danger et la zone tampon est assez grande et à la fin de la zone tampon il y a la mort et dès que je rentre dans la zone léger danger, pour moi, il y a un problème. Il faut résoudre. Et heureusement que cette zone tampon existe parce que sans cette zone-là, je pense qu'il y a longtemps que je ne serais plus là. J'ai vraiment frôlé la mort à plusieurs reprises par des méconnaissances qu'on ne pouvait pas savoir. Clairement, on ne pouvait pas savoir. Il fallait le découvrir sur place. Et voilà, c'est comme ça qu'on

SPEAKER_01

avance. Tu peux nous parler peut-être d'un exemple

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Il y en a un que j'ai en tête dans ton livre, le DEM, mais je ne sais pas si ça fait partie de ceux que que toi tu avais en tête quand tu disais que tu affreux la mort plusieurs fois mais je serais bien partant pour que tu nous partages une anecdote en particulier qui illustre

SPEAKER_00

ça alors je pense que l'anecdote c'est sur l'acclimatation en altitude ouais en fait ce qui se passe c'est que on connait très bien le fonctionnement du corps en altitude pour un alpinisme c'est à dire qu'il va partir du bas qu'il va monter dormir en altitude redescendre à pied remonter encore plus haut et il va monter par palier pour s'acclimater et là le corps il est prêt à monter à 8000 mètres on peut aller à 8000 mètres ça c'est des choses complètement connues mais ce qu'on ne connaissait pas c'est l'acclimatation du corps quand on se déplace par exemple à l'aide d'un parapente c'est à dire on ne fait pas d'effort on prend le parapente on pilote alors c'est pas un gros effort on va monter à 7000 à 8000 on va redescendre et puis même on peut monter à 6000 dormir à 6000 et redescendre et pour moi si on dort à 6000 on est acclimaté pour faire des choses à 6000 si on monte à 8000 on est acclimaté si on dort là-haut pour faire des choses à 8000. Et en fait, j'ai réalisé cette acclimatation-là sur une expédition où j'ai dormi plusieurs nuits à 6400 mètres, plusieurs nuits à 5500 mètres. J'étais monté à 8000 mètres en parapente. Pour moi, j'étais parfaitement acclimaté. Je peux même aller faire un sommet de 8000 mètres sans risque. Clairement, c'est l'acclimatation théorique pour un sommet de 8000 mètres. Ok, ça fonctionne. Et quand je suis allé sur le Spantik, donc un 7000 mètres, je fais une nuit à 6200 mètres Je grimpe un petit peu de 300-400 mètres et là, œdème cérébral. Je suis en un état pas possible. Je redescends un petit peu par miracle. On a utilisé un peu de chance, un peu de médicaments, un peu de tout qui a fait que je m'en sors. Et derrière, il a fallu comprendre pourquoi j'ai fait un œdème cérébral. Et en fait, c'est en discutant avec les médecins-chercheurs en altitude qu'il y avait une théorie qui disait qu'il y a deux types d'acclimatations. Un type d'acclimatation à l'altitude, on va dire, c'est tout ce qui est... sanguin, pression des fluides dans le corps, etc. que j'avais atteint. Il suffit de dormir en altitude, de monter haut, donc je pouvais aller dormir à 8000 mètres sans avoir de soucis. Par contre, l'acclimatation qu'on appelle l'hypoxie, je ne l'avais pas eu. C'est-à-dire qu'il faut acclimater les muscles à faire un effort avec un manque d'oxygène. Et en fait, le fait de ne pas l'avoir préparé, alors qu'en alpiniste, on fait les deux en même temps parce qu'on marche pour aller dormir, alors qu'en parapente, on ne fait pas d'effort pour aller dormir et on va dormir très et en fait on ne se prépare pas à l'hypoxie ça fait que quand moi je me suis mis donc j'ai dormi à 6200 mètres en arrivant en parapente j'ai voulu grimper le 7000 mètres j'ai mis mes muscles en marche hypoxie, mon corps n'était pas prêt création d'un oedème cérébral et ça c'était une théorie qu'on a pu vérifier mais on n'était pas sûr avant que ça arrive, maintenant on sait que c'est le cas donc il y a deux types d'acclimatation, il faut bien préparer les deux pour ne pas avoir de soucis et ça c'est des inconnus qu'on peut difficilement prévoir à l'avance et le comprendre

SPEAKER_01

Punaise. Alors, dans les inconnus, si j'ai bonne mémoire, il me semble que tu m'avais dit que voler à 8000 mètres, avant que tu le fasses, il y avait une sorte de consensus scientifique disant que c'était pas possible. C'est

SPEAKER_00

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Eh bien, en fait, oui, scientifique, parce qu'il y a... On a relevé que très, très peu d'oiseaux, voire pas dire presque aucun, à 8000 mètres. Bon, il n'y a pas de sens d'aller là-haut, parce que qu'est-ce qu'ils vont faire là-haut

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Entre le froid et tout ça, il n'y a pas de sens. Et surtout, ça faisait plus de 20 ans que les parapentistes essayaient de monter. De monter, et on n'y arrivait pas, et on n'était pas sûr que les thermiques pures montent là-haut. Alors il y a d'autres façons de monter en altitude comme font les planeurs, on appelle sur des vols d'ondes, mais en thermique pure, on ne savait pas si c'était possible. Donc les scientifiques, après 20 ans d'études, de personnes qui vont essayer des études météorologiques qui ne concordent pas forcément, disent que certainement ce n'est pas possible de monter à 8000 mètres. D'accord,

SPEAKER_01

mais plutôt du coup, pardon je te coupe, plutôt pour le coup du fait de facteurs vraiment thermiques en fait c'est à dire rien à voir avec les capacités physiologiques de l'homme à être à une altitude pareille en partant enfin en montant en parapente c'était vraiment

SPEAKER_00

alors là oui c'est purement physique le côté physiologique on sait que l'homme pouvait monter à 8000 mètres puisque à pied même sans oxygène il arrive à monter jusqu'à 8800 mètres donc il y a pas de soucis là-dessus. C'était vraiment sur conditions physiques aérologiques qui permettent de monter à 8000 mètres. Et puis après, il faut savoir comment se comportent les voiles et tout ça. Bon, ça c'est au niveau scientifique. Sur le papier, ça fonctionnait très bien. On l'a aussi vérifié sur le

SPEAKER_01

terrain. Mais du coup... donc si on fait une sorte un peu de rétropédalage tu commences par l'escalade, l'escalade t'amène à l'alpinisme le parapente s'immisce dans tout ça tu décides de marier les deux tu commences à partir dans les Himalayas pour tester ta théorie ta vision du paralpinisme ça fonctionne, à quel moment est-ce que tu te dis, et encore une fois tu l'as précisé tout à l'heure, pas dans un objectif de performance mais dans un objectif d'exploration à quel moment tu te dis je vais aller me frotter à cette barrière des 8000 et entre le moment où tu te le dis et la réalisation ça a été quoi les grandes étapes et combien de temps t'as eu besoin

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors le paralpinisme en fait est venu après le vol de parapente en montagne parce que j'ai commencé vraiment le parapente pur et doucement je suis allé faire ce qu'on appelle du vol bivouac alors le vol bivouac c'est partir avec sa tente, sa nourriture etc on va décoller en parapente et on va se déplacer d'un point A à un point B souvent des voyages que je faisais qui faisaient 1200 km où je me déplace que en parapente ou en marchant et ça c'est magique, pour moi c'est la définition de la liberté d'aller se balader dans les montagnes parce que oui on part un mois en autonomie, on n'a besoin de rien de personne, liberté, on vole, le soir on mange, on dort, on fait un petit feu, on repart le lendemain et ça dure très longtemps comme ça, moi j'ai adoré faire ça et j'ai voulu aller explorer les hautes montagnes en faisant cette méthode là, donc de vol bivouac, aller explorer les hauts sommets, puis comme j'ai grimpé des 8000 mètres, j'ai dit je vais aller survoler un sommet de 8000 et là c'est en, alors moi j'ai commencé à faire ça en 2013 et en 2016 donc 3 ans après c'est là que j'ai dit je vais aller au Pakistan et je vais créer mon vol bivouac qui va tourner autour des 5 sommets, qui va relier les 5 sommets de 8000 mètres du Pakistan en espérant en survoler un au dessus de 8000 sans savoir si c'est possible et si je vais y arriver mais je vais me donner l'opportunité, la chance ça se provoque donc si on ne va pas tenter, on n'y arrivera pas alors c'est quelque chose que j'ai assez caché en disant je vais voler à 8000 mètres parce que dès que j'en parlais on me prenait un peu pour un fou et et tout ce que l'on veut donc j'ai rien dit je suis allé faire mes choses et dans ma tête c'était je survolerai un sommet de 8000 mètres et effectivement en 2016 c'était la première tentative quoi pas le premier sommet parce que j'ai essayé avant le Langaparbate ça n'a pas fonctionné mais sur le Broad Peak ça fonctionnait tout de suite je me suis retrouvé à 8150 mètres après on m'a pris un peu plus au sérieux mais et avec le temps c'est après que j'ai voulu faire du paralpinisme en me disant bah tiens je suis monté à 8000 mètres j'ai fait zéro effort c'était trop bien une journée hop tranquille sommet pourquoi ne pas servir du parapente pour aller faire plus facilement ou différemment des sommets de 8000 mètres parce que moi ce qui m'a fait arrêter les sommets de 8000 mètres clairement c'est que ça prenait un mois et demi il faut aller sur place tu passes un mois au camp de base à attendre le bon créneau tu montes doucement c'est fatigant puis en un mois et demi t'as vu un sommet je trouve que c'est dur mentalement alors que là en une journée de vol je fais une vie d'un alpinisme d'un alpiniste je fais 30 sommets en une journée et je peux en faire ça tous les jours et ouais ça m'a vraiment motivé j'ai compris tout de suite qu'il fallait que j'arrête l'alpinisme pur et que je mélange les deux

SPEAKER_01

excellent ok j'avais pas en tête cette nuance que le premier vol à 8000 donc ton premier vol à 8000 et en l'occurrence le premier vol de l'humanité en fait à 8000 en parapente j'avais pas en tête que tu l'avais fait avant de vraiment te lancer dans le paralpinisme. Je pensais que c'était au

SPEAKER_00

début. Non, c'est une autre étape. Parce que pour arriver au paralpinisme, il faut quand même vraiment bien, pour se lancer dans quelque chose qui est inconnu, parce que maintenant, on peut se lancer dans le paralpinisme sans avoir un niveau de parapente excellent. Mais quand on va dans l'inconnu, il fallait vraiment que je sois excellent en parapente et excellent en alpinisme. Et là, on peut commencer le paralpinisme. Parce que c'est la découverte, encore une fois. Quelqu'un qui serait moyen parapente, moyen alpinisme, maintenant, moi, je me sens très bien de l'emmener aller faire des choses, parce qu'on sait où sont les risques, les dangers, etc. On n'a pas besoin d'un niveau exceptionnel. Mais pour le débuter, si. Quand c'est l'inconnu, on a besoin de ça. Donc oui, j'ai pris un très bon niveau avant d'aller faire du

SPEAKER_01

paralpinisme. C'est important que tu le précises, parce que comme tu parles de tout ça avec vachement d'humilité, on pourrait croire que c'est accessible, mais loin loin

SPEAKER_00

de là encore une fois je pense que c'est accessible c'est pas si extrême que ça ce qui était vraiment quoi pour moi ce qui était extrême c'est cette découverte ce qui est nouveau c'est pour ça que je dis que maintenant moi je suis prêt à emmener des gens et à faire découvrir des gens qui ont un niveau moyen dans les deux parce que ce n'est pas si extrême que ça c'était la découverte et trouver ses erreurs et ne pas les commettre qui pour moi était extrême qui était un peu fou en fait de partir comme tous les explorateurs si on allait faire des choses traverser je sais pas un océan quand on sait pas ce qu'il y a de l'autre côté on sait pas où on va quand on l'a fait on dit c'est facile

SPEAKER_01

viens

SPEAKER_00

on y va et on le sait il faut un mois pour traverser ok on part pour un mois là c'est

SPEAKER_01

pareil ok alors ça m'amène une question sur sur l'engagement en fait ou plutôt sur la peur parce que quand j'ai lu ton livre en fait plusieurs fois tu dis que tu te retrouves dans des situations notamment pour tes traversées en Amérique du Sud ou une fois que t'es en l'air tu sais que si tu passes un col une montagne en particulier en fait tu te retrouves dans une zone de non-retour donc tu n'as plus le choix il faut y aller et en clisant j'ai eu l'impression qu'en fait il y avait un peu en fait c'était deux peurs qui s'affrontaient c'est la peur de l'engagement total et de te dire ok est-ce que j'y vais sachant que personne ne l'a fait avant moi donc il n'y a pas d'info il y a limite des cartes pas très détaillées etc donc la peur de t'engager et de l'autre côté la peur de rater une opportunité incroyable et de vivre une expérience de dingue alors je ne sais pas si je me enfin Qu'est-ce que tu en penses

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu dirais qu'il y a un peu de ça dans ce qui te

SPEAKER_00

drive

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Déjà, la peur, pour moi, c'est quelque chose qui est très important parce que c'est ce qui va me maintenir en vie. Dès que j'ai peur, je me transcende et je suis en alerte. Tous mes sens sont là, je suis prêt à réagir. Je pense que le jour où je n'ai plus peur, je suis mort. je suis plus alerte, je suis plus prêt à ce qui va se passer, mais même si je vais faire un vol à côté de chez moi à 3 km et que je vais faire un petit vol, j'ai peur. Et je pense vraiment, et je cultive cette notion de peur pour rester en vie, sans non plus passer dans la panique, parce que la panique fait faire n'importe quoi, et là, c'est la catastrophe aussi. Et c'est vrai que quand je pars en expé, donc là, je faisais référence quand j'ai traversé la Côte d'Ière des Andes, en fait, il faut le ramener à l'état des choses, à l'époque en fait il n'y a eu qu'une traversée, c'est moi qui l'ai faite, avant plein ont tenté, que ce soit en delta, en parapente, et tous ceux qui ont tenté, soit ont fait demi-tour, condition ils ont trouvé ça trop dur en parapente, ils sont rentrés, et ceux qui ne sont pas rentrés, on ne les a jamais retrouvés, donc ils sont morts, on ne sait pas comment, on ne sait pas pourquoi, et du coup on se lance dans cette traversée là, où on se dit, on va passer des cols, où il y a le vent qui nous pousse, on ne pourra pas revenir en arrière, et on sait que si on s'engage, il n'y a pas de retour en arrière, c'est à dire qu'il faudra sortir par le devant c'est comme faire une voie d'escalade à un moment donné on s'engage pour sortir par le haut là c'est pareil et déjà il faut oser y aller voilà il y a toujours l'idée de faire demi-tour mais faire demi-tour c'est exactement ce que tu dis c'est abandonner un rêve en fait moi j'avais vraiment le rêve de traverser la cordillère et de survoler la Concagua et abandonner un rêve c'est dur surtout quand on voit pas on a étudié les choses c'est vrai que je passe des semaines et des mois certains projets c'était plus d'une année de travail pour le préparer pour être essayer de voir où sont les dangers, quels sont les risques, est-ce que c'est réel, tout analyser, de tout mettre sur papier, de voir qu'est-ce qu'il y a. Et quand on a tout analysé, on voit que la fenêtre est ouverte, le danger, il est acceptable. Mais ça, c'est sur le papier que c'est acceptable. Est-ce qu'en vrai, il n'y aura pas un paramètre que j'ai oublié

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et entre dire, non, c'est faisable, je l'ai vu, je l'ai étudié, je suis sûr de moi, mais j'ai peur, donc je fais des métours. Et le rêve qu'on abandonne, c'est dur de trancher. Et le curseur, il est clair, c'est qu'avant de partir, je sais que j'ai tout étudié, que tout est ouvert. Même si j'ai peur, j'y vais. Je sais que ça va être bon. Je ne vais pas abandonner mon rêve. Si j'ai des doutes qui sont trop forts, effectivement, ça m'est arrivé plusieurs fois de faire de de mes tours à dire je ne suis pas encore assez sûr, il faut encore que je le prépare, j'y retournerai plus tard. Mais c'est vrai que ça se bat, mais c'est ce rêve-là qui va m'amener à surpasser cette peur à condition qu'elle soit maîtrisée. Donc avant de partir, ce n'est pas quelque chose qu'on va prendre en dernière seconde à se dire j'y vais, je n'y vais pas. C'est juste que quand, je ne sais pas, si par exemple on va faire un saut dans l'élastique, on est au-dessus, on sait que l'élastique est solide, on va sauter, c'est facile à dire oui, c'est facile, mais au moment de faire le pas dans le vide, il est dur. Et là, il faut débrancher le cerveau pendant une seconde juste pour le faire. Et là, dans ces projets-là, c'est la même chose. C'est qu'il n'y a pas à passer. Il faut le passer. On sait qu'il n'y a pas de risque. Mais s'il y avait un risque, je pense que je n'oserais pas passer ce pas-là. Donc oui, c'est un affrontement entre ces différentes peurs. Peur du danger et peur d'abandonner ses rêves. Il faut trouver l'équilibre.

SPEAKER_01

Question d'équilibre. Fascinant. Du coup, là, sur l'expédition que tu prépares, alors déjà, est-ce que tu peux nous en dire plus

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et ensuite, tu nous parleras justement de tous ces facteurs que tu as essayé de maîtriser, puisque je suppose qu'il y a à nouveau une dimension exploration dans ce que tu es en train de... dans ce que tu t'apprêtes à faire au Pakistan.

SPEAKER_00

Alors, ce projet au Pakistan, là, il a plein de facettes. Il est très long, il dure presque trois mois, c'est pour ça. Pour moi, c'est la... la fin de mon cycle du paralpinisme où pour moi la performance en paralpinisme n'a pas d'importance c'est plutôt ouvrir la voile à montrer et montrer ce qu'on peut faire après les vraies performances je laisse pour les générations futures donc je pense que j'arrêterai si je réussis cette expédition là j'arrêterai là où la première partie du projet c'est aller faire du paralpinisme encore monter plus loin le paralpinisme je montrais qu'on peut faire des sommets de 8000 mètres à la journée donc c'est décoller de la ville aller poser sur un sommet de 8000 mètres, grimper à la journée au maximum de jour, reprendre le parapente et rentrer, c'est maximum 24h en fait quand je dis 2 jours c'est arriver au milieu d'après-midi passer la nuit sur la montagne et rentrer le lendemain matin, donc faire des sommets de 8000 mètres depuis la ville à la journée en réalité sur ce projet là ça sera pas un 8000 ça sera un 7900 mètres pour la simple raison en question de budget en fait faire un sommet de 8000 mètres c'est rien que l'autorisation toute seule c'est 15000 euros pour avoir le droit d'aller sur la montagne un 7900 mètres c'est quelques centaines d'euros mais si on fait un 7900 très clairement un 8000 est accessible moi ce que je veux montrer c'est la possibilité de le faire pour moi de faire un 8000 ou pas en paralpinisme quelque part je m'en fous c'est des chiffres c'est 100 mètres de plus ok donc voilà c'est ce projet là puis je veux aussi aller un peu plus loin c'est qu'il y a le plus haut sommet vierge du monde qui est actuellement à 7400 mètres dès qu'ils sont faits c'est un plus petit qui prend le plus haut sommet vierge du monde qui s'appelle le Muchuchist, qui est au Pakistan, vers là où je suis, vers 7400 mètres, et l'idée c'est d'aller réaliser ce sommet-là en paralpinisme, c'est-à-dire être réalisé le plus haut sommet vierge actuel grâce aux parapentes. Ça c'est une des secondes facettes de ce projet-là, donc qui est assez intéressante. On ne pourra pas dire que j'ai gravi le sommet en alpinisme, parce que le paralpinisme n'est pas de l'alpinisme, c'est une combinaison, donc on ne pourra pas dire que je suis le premier ascensionniste de cette montagne-là, mais en tout cas le premier à atteindre le sommet. et puis pareil toujours dans l'idée de montrer que le parapente peut remplacer le téléphérique et bien c'est aller skier plusieurs sommets de 6000 mètres en parapente et en ski c'est à dire que je décolle avec mon parapente j'ai les skis avec moi je pose un sommet de 6000 mètres je range le parapente je descends en ski et quand je suis au milieu de la montagne où il n'y a plus de neige je redécolle et je rentre à l'hôtel le soir et je fais ça plusieurs jours on peut même en enchaîner deux dans la journée si les conditions sont bonnes donc là c'est vraiment l'idée de montrer qu'on peut remplacer le le téléphérique en Himalaya par le parapente qu'on n'a pas en Himalaya justement par le parapente voilà c'est ces trois domaines là que je vais surtout travailler dans la première partie du projet et la seconde partie du projet en fait j'aimerais survoler mon rêve c'est survoler le K2 qui est la seconde plus haut au sommet du monde c'est aussi une montagne que j'ai tenté il y a quelques années et le sommet à 8600 mètres et si je monte à 8600 mètres pourquoi pas pousser à 9000 mètres alors mon vrai rêve c'est survoler le K2 cas d'eux, mais je me dis pourquoi pas aller plus loin et dire 8600 mètres c'est Pas évident, mais il y a des grandes chances que ça monte à 9000 mètres. Et dans ce cas-là, montrer qu'on peut aussi passer la barre des 9000 mètres en parapente. On m'avait dit que 8000, ce n'est pas possible. J'ai montré que c'était possible. Et je peux maintenant montrer que 9000, c'est aussi possible. Et je pense qu'en réalité, il n'y a pas vraiment de... La limite, elle est très loin. Mais moi, après, ça ne m'intéresse pas d'aller plus loin. C'est juste pour montrer qu'on peut continuer. Mais voilà, pourquoi pas passer la barre des 9000 mètres cette année.

SPEAKER_01

Excellent. Mais attends, il y a... Il est à quelle altitude à peu près

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est le jet stream

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment il s'appelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, le jet stream, c'est les courants d'altitude qu'il y a dans l'astrosphère. C'est des courants d'air qui sont à plus de 200 km heure. Donc, il est régulièrement atteigné 200, voire 250. Et effectivement, on ne peut pas rentrer dedans en parapente. En parapente, ça vole théoriquement à 40 km heure. À 8000, ça va voler à 60, à 70 km heure parce que l'air est beaucoup moins dense. Donc, on vole plus vite. Mais on ne volera jamais à 100 km heure ou 100 km heure. dans un jet stream donc effectivement il faut être dessous et ça c'est les on va prendre la météo les prévisions chaque jour et voir à quelle altitude est le jet stream mais normalement il se situe normalement entre 8000 et 9000 ou 10000 mètres l'été donc je tenterai les records quand le jet stream monte un petit peu donc ça c'est vraiment la prévision de météo et de pour checker effectivement si je vais prendre là dedans je préfère pas imaginer même ce qui se passerait c'est pas des ventes transitoires dans le sens où on passe de 30 km heure à 200 c'est que ça va faire 30, 40, 50, 60, etc. Quand on voit que le vent monte trop, c'est-à-dire qu'on se rapproche trop du Z-Stream, on arrête. Donc, ce n'est pas un vrai danger à proprement dit. Dans le sens, on sait qu'il arrive. Ce n'est pas

SPEAKER_01

du on-off. D'accord. Alors là, c'est la question bête, mais en lisant ton livre qui se lit très bien, mais pour quelqu'un qui n'a aucune notion de parapente, deux, trois fois, j'ai quand même dû aller regarder les termes que tu utilisais quand tu décrivais, quand tu parles des vents, forcément, c'est C'est un poil technique sur l'aérologie. Tu as moyen de modéliser, c'est-à-dire un endroit où tu n'es jamais allé voler. Tu peux modéliser différents scénarios de vent selon la météo ou une période de l'année

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Complètement, oui. C'est de l'aérologie. Ça, ça se fait très bien. On a des grosses connaissances. Après, c'est de la connaissance personnelle. Il y a plein de paramètres qui peuvent rentrer en jeu. Mais à 80-90% des cas, quand on fait une estimation de comment va être l'aérologie en fonction de la météo du jour, on va avoir juste. On arrive à se tromper, il y a toujours une part d'incertitude mais à 80-90% on a juste et puis on est bon au parapente d'ailleurs parce qu'en fait le parapente c'est techniquement, il n'y a pas grand chose à faire, on tourne à gauche, on tourne à droite, ça va bien, c'est la lecture de l'aérologie et s'en servir. Et un bon parapentiste va très très bien comprendre l'aérologie et il se trompe très peu. Par contre ce qui est beaucoup plus compliqué c'est comprendre l'aérologie, ce qui m'arrive beaucoup beaucoup de temps, je comprends l'aérologie à 8000 mètres parce qu'on n'a pas de retour d'expérience, on n'a pas de balises météo qui vont enregistrer qui vont nous apprendre des choses parce qu'en fait les balises météo elles vont enregistrer des choses et sur les phénomènes elles vont nous confirmer ou infirmer un phénomène, à 8000 mètres on n'a pas de balises météo qui vont dire si le vent il est comme ça, il va passer à gauche, à droite, il va descendre, il va monter on n'a pas de confirmation, donc il faut aller voir par nous même, parce qu'il n'y en a aucun appareil qui enregistre et ça prend du temps et donc si j'ai réussi à monter à 8000 mètres réitéré la première fois c'était un petit peu par chance les fois d'après où je suis remonté c'est uniquement parce que j'ai fini par comprendre l'aérologie à 8000 mètres et à trouver voir comment ça fonctionne ce qui me permet de trouver les ascendants et les courants qui me permettent de monter à 8000 mètres et ça a pris beaucoup de temps

SPEAKER_01

Est-ce que tu as des situations quand tu voles à 8000 qui sont complètement contraires avec des cas d'école qu'on t'apprend dans des écoles de

SPEAKER_00

parapente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non c'est assez similaire la chose la plus en fait c'est assez similaire mais c'est dans une autre dimension Un exemple tout bête, c'est que si on voit la formation d'un nuage dans les Alpes, un nuage va se former, qu'on appelle le nuage de beau temps, qu'on appelle le cumulus. Donc c'est un petit nuage, en haut d'un thermique, il y a un petit nuage qui se forme, c'est une petite boule qu'on voit dans le ciel l'été, et ce nuage-là, il va commencer à se former à 4000 mètres. Et puis ce nuage, il va grossir, si le thermique est fort, il va grossir, il va devenir ce qu'on appelle un congestus, ça devient un petit nuage blanc qui commence à devenir un peu noir, qui peut donner des fois un petit peu de pluie, qui est encore un nuage sans danger, ce nuage-là il monte entre 4000 et 6000 mètres. Quand ce nuage-là grossit encore, il va se transformer jusqu'en cumulonimbus, ces nuages qui montent à 8000 à 10000 mètres. Et là c'est le nuage d'orage, typiquement c'est celui qui fait les éclairs, qui fait tout ça. Et donc quand on a un joli cumulus qui est à 4000 mètres, avant qu'il se transforme en cumulonimbus, donc en orage, il faut qu'il monte de 4000 à 5000 mètres de haut, ce qui est très long, ça prend plusieurs heures, des fois un peu moins, des fois ça prend une demi-heure, une heure, mais ça prend en tout cas plusieurs minutes, voire plusieurs heures se transformer en cumulus à cumulonimbus, donc le nuage le plus dangereux. Si on va en Himalaya, les thermiques s'arrêtent à 7000 mètres, on va en moyenne, ça fait qu'un cumulus il est à 7000 mètres, donc tu as une petite boule blanche qui est très belle pour voler, on va aller chercher pour trouver le thermique et monter, mais cette boule blanche quand elle va grossir, si elle grossit de 1000 mètres, ce qui est très rapide, et bien tout de suite c'est 8000 mètres, c'est un cumulonimbus. Donc un nuage va se transformer de d'un joli nuage cumulus de vol à un nuage très dangereux d'orage cumulonimbus en l'espace de 5-10 minutes. Donc le danger, il est extrême. Il faut être très vigilant sur les nuages parce que ça, on n'y pense pas à

SPEAKER_01

cette cause-là. Ok. Et la portance n'est pas la même, j'imagine, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

La pression atmosphérique à 5000 mètres, c'est 50% au niveau de la mer. Donc je suppose que ça aussi, tu le prends en compte, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tes vitesses de déplacement, de

SPEAKER_00

descente

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, la seule chose qui va changer, c'est la vitesse de vol. Donc chez nous, on est environ à 40, quoi. Au niveau de la mer, on est à avec un parapente à 40 km heure en altitude on est vite à 65 voire 70 km heure par contre tout le reste est pareil donc il faut juste se rendre compte quand on va piloter tout va aller très très vite donc il va falloir être très opérationnel parce que à la fois tout va plus vite vitesse de vol c'est multiplié par deux donc plus de réflexes mais en même temps avec le manque d'oxygène donc en altitude on est plus lent du coup ça empire les choses donc c'est pas évident une chose que j'ai appris qui est assez intéressante c'est que en fait en altitude ça va dans la tête tout se passe plus doucement je vais donner un exemple comme ça on va comprendre ce qui se passe exemple quand on vole si la voile elle part devant il faut l'arrêter pour pas si elle va trop devant elle va fermer parce qu'elle va plus être dans le niveau du vent on va faire ce qu'on appelle une fermeture frontale pour empêcher ça on va freiner sur les deux commandes ça empêche la voile de partir de Et en fait à 8000 mètres, il y a un jour où la voile part devant très fort et là je la vois partir et je me dis il faut réagir, je prends mes freins, je freine et je me dis tout se passe bien. Et en fait quand j'ai réalisé ce qui s'est passé, j'ai vu la voile partir devant, elle est partie devant, j'ai eu la chance, elle ne s'est pas fermée, elle est revenue en place et quand la voile était en place, j'ai freiné, elle est partie en arrière. Ça veut dire que j'avais presque trois secondes de retard entre le moment où mon cerveau a dit freine et la réaction. ce qui est énorme 3 secondes et à l'inverse si je ne regardais pas ce qui se passait c'est à dire que mon cerveau ne réfléchissait pas à ce qu'il fallait faire et bien ma voile restait toujours parfaitement droite au dessus de la tête c'est à dire que dans les sensations on a l'habitude c'est des réflexes comme en voiture on a des réflexes quand on a des réflexes le corps réagit et les réflexes ne sont pas altérés en altitude la réflexion est altérée mais pas les réflexes donc ce que j'ai appris c'est qu'en haute altitude à 8000 mètres il faut arrêter de réfléchir sur la façon de piloter et laisser c'est les réflexes qu'on a acquis fonctionner. C'est-à-dire qu'il faut pour aller à 8000 mètres avoir un bon niveau parce qu'il faut avoir tous les réflexes et eux ne seront pas altérés et te feront bien voler. Par contre, quelqu'un qui va réfléchir à qu'est-ce qu'il faut faire, il aura toujours 3 secondes de retard et ça devient très dangereux. Ok. Finesse. C'est des choses dues à l'altitude mais qui sont assez intéressantes. Les scientifiques le savent ça. Mais le découvrir et l'appliquer au parapente, c'est super intéressant.

UNKNOWN

Ouais.

SPEAKER_01

effectivement hyper intéressant alors ma question elle était en fait il y avait une question derrière la question je sais pas si tu te rappelles mais quand t'avais fait donc t'avais projeté ton film à Millau et t'avais fait une conférence et il y avait dans l'assistance pas mal de gens pas mal de parapentistes et t'as partagé à un moment donné c'était la session des questions réponses il y a eu une question sur la manière dont t'as redécollé je crois que c'était du spantique et la réponse que t'as fait que bon moi c'était une Elle ne m'a pas interloqué parce que je ne connais pas les... Je ne sais pas voler. Mais je me rappelle que la réaction de l'audience des parapentistes, ils étaient genre héberlués. Je ne sais pas si tu te rappelles ce dont il s'agissait.

SPEAKER_00

En fait, là, sur un décollage sur le Spantik, où j'avais fait le 7000 mètres à pied, je redescends et je veux redécoller. Et quand je veux redécoller, en fait, le vent qui vient du mauvais côté, c'est-à-dire que le vent descend du sommet. Le vent venait de l'autre côté de la montagne, donc il descend du sommet. Et il m'empêche de pouvoir redécoller. que pour décoller il faudrait que je décolle face à la montagne ce qui est l'opposé de là où je veux aller et en fait la solution que j'ai réussi à trouver pour décoller c'est que je me suis mis dans la neige avec les crampons ancrés bien profondément donc allongé dans la neige les crampons plantés dans la neige qui me bloquent je gonflais ma voile au dessus de la tête face à la montagne et dans le sens complètement inverse et en fait c'était un endroit où forcément si on est sous le vent c'est à dire le vent vient de derrière la montagne ça crée des rouleaux de Les rouleaux de vent, c'est un peu comme si on regarde dans une rivière, si on voit l'eau qui s'écoule sur une pierre, derrière la pierre, ça fait du courant qui va dans tous les sens. Le vent va faire pareil. Et donc là, j'ai attendu d'avoir une rafale de vent qui était un peu plus dans l'axe. Et quand j'ai eu une rafale de vent qui était à peu près perpendiculaire à la pente, j'ai enlevé simplement, j'ai levé les pieds des crampons, lâché les prises et je me suis laissé emporter, ce qui m'a permis de quitter le sol et de m'éloigner de la pente. progressivement de la montagne et de prendre l'air une fois qu'on est à 10-20 mètres de la montagne il n'y a plus vraiment de danger mais oui j'ai attendu un moment comme ça complètement à l'envers sans savoir non plus si ça allait marcher parce que c'était un test

SPEAKER_01

voilà excellent dernière question pour toi Antoine c'est par rapport à la place de la mort j'en parle souvent avec mes invités qui viennent de la haute montagne. Moi, je n'ai pas cette expérience, mais je suis allé une fois au Népal pour faire un trek à plus de 4000 pendant presque trois semaines. Et moi, j'ai eu l'impression que partout où je posais les yeux, il y avait un kerne, un truc à la mémoire de machin, une histoire sur une cordée emportée. Toi, tu disais que tu as eu plusieurs fois des expériences où ce n'est pas passé loin. Comment est-ce que tu le... Déjà, quel est ton avis là-dessus

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que c'est aussi ta lecture des choses et comment est-ce que ça peut impacter par exemple ta longévité plus mentale tu vois dans une pratique comme celle-ci où en haute montagne il y a des

SPEAKER_00

accidents alors très clairement moi j'ai été impacté par ça à plus jeune quand je faisais de l'alpinisme j'allais faire des 8000 et tout ça moi j'ai fait je sais plus 4 ou 5 expés sur des 8000 et il n'y a pas eu une seule expédition où il n'y avait pas eu un mort autour donc c'est quelque chose qui m'a choqué j'ai la majorité de mes copains de l'époque qui sont morts qui sont plus là aujourd'hui et avec un peu de recul, et c'est le recul que j'ai eu à l'époque, c'est me dire, mais en fait, tous ces morts, à part un ou deux, c'est tous par malchance. C'est-à-dire que des fois on est ensemble, et le mec qui dit mec devant moi, hop, il se prend la coulée d'avalanche sur la tête, il part, pas toi, une pierre qui tombe au mauvais endroit, une chute dans une crevasse invisible, toujours quelque chose, un paramètre qu'on ne peut pas prévoir, ou très difficilement prévoir. une avalanche on sait plus ou moins les prévoir mais il y a un côté aléatoire une chute de pierre c'est pareil sur tout ça et en fait c'est ça qui m'a bloqué cette injustice c'est à dire qu'à chaque fois que j'allais en montagne même dans les Alpes je me dis mais en fait c'est lancer une roulette et voir sur quoi elle tombe et en fait ça ça m'a bloqué et c'est ce qui m'a fait aussi arrêter la montagne à l'époque et depuis j'ai jamais repris j'ai repris je continue à faire de la montagne mais c'est pas mon sport principal j'y vais un petit peu de temps en temps pour garder le niveau, parce que j'aime ça aussi, mais c'est comme traverser la route, plus on y va, plus il y a des chances de mourir, donc j'essaye d'éviter. Et dans le parapente, on peut dire oui, il y a beaucoup de morts. Il y a des morts. Alors il n'y en a pas beaucoup, il y en a quelques-uns, mais ce que je me suis rendu compte, c'est que quasiment 95-99% des morts en parapente sont dues à une erreur humaine. Une erreur qui aurait pu être évitée, que ce soit par le pilotage, par plein de choses, il n'y a que très très très peu d'accidents qui n'auraient pas pu être évités. Et ce qui me rassure, c'est de me dire, oui, je ne peux pas dire que je ne mourrai pas en parapente, je ne mourrai pas comme ça. Mais ce que je peux dire, c'est que si je meurs en parapente, ça sera parce que j'aurais fait mon erreur. Donc, je n'aurais pas mérité, mais j'avais qu'à être meilleur. Donc, c'est de ma faute si je meurs. Alors que si je suis en montagne, si je me prends une pierre, je me prends une avalanche, ça ne coûte pas de chance. Et en fait, je refuse de mettre ma vie entre les mains de de la chance ou de la pas de chance. Et c'est pour ça que je suis mis au parapente et que je continue le parapente, même s'il y a des morts autour, ça arrive, j'ai perdu plein de copains, c'est parce que j'ai fait ou ils ont fait une erreur et c'est ce qui me rassure. Mais on ne peut pas vivre sans la mort, très clairement. Moi, j'ai perdu mon équipier il y a un an et demi. On est partis tous les deux. Je suis rentré seul. C'était une épreuve absolument terrible. Donc, ça existe toujours, la mort en parapente. Mais voilà, quelque part, il faut aussi l'accepter. Sinon, on ne fait plus rien. Mais oui, moi, je n'accepte plus la mort par... Quoi, la mort

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Que ça arrive par chance ou malchance.

SPEAKER_01

Oui. En tout cas, oui. Je comprends ce que tu veux dire par rapport au fait que les paramètres sont sous ton contrôle ou pas en fait si en parapente tu dis que à part peut-être te prendre un condor en pleine face c'est globalement des erreurs de pilotage et autres mais même

SPEAKER_00

ça on s'en sort en fait en parapente c'est vrai on a un parachute de secours qu'on peut ouvrir alors qu'il marche pas très bien à haute altitude parce qu'on va tomber trop vite mais hormis des erreurs très très proches du sol qui auraient pu être imitées par les erreurs de pilotage on risque rien moi les seuls morts que je connais où il n'y a pas d' humaine c'est quand il y a ce qu'on appelle un dust, un dust c'est les mini tornades qui commencent près du sol donc à 10 mètres du sol tu peux prendre un dust donc c'est une sorte de mini tornade et bien là même en étant le meilleur pilote du monde en pilotage tu t'en sortiras pas mais tous les autres accidents c'est une erreur humaine c'est à dire que hormis la casse du matériel mais ça c'est encore une fois c'est à contrôler le matériel il est fait pour tenir s'il casse c'est qu'on n'a pas contrôlé son matériel donc c'est encore humain ou pas fermer sa sellette ou pas s'accrocher mais tout ça c'est humain mais il n'y a pas d'erreur de pilotage près des falaises c'est parce qu'on ne devait pas se trouver là si on a un accident c'est très très très rare il y a des cas rares mais non on sera en

SPEAKER_01

cause ok bon je t'avais dit que c'était la dernière question mais en fait j'en ai vraiment une toute dernière promis qu'est-ce qu'il va y avoir tu disais que cette dernière XP ça sera sans doute ça va marquer la fin de ton chapitre par l'alpinisme qui t'occupe quand même pas mal depuis pas mal d'années qu'est-ce qu'il y aura après ça tu as déjà un autre plan

SPEAKER_00

alors là dessus moi je vais répondre de deux façons différentes la première c'est que oui c'est mon dernier cycle où je vais faire de l'exploration du paralpinisme mais en même temps j'en profite dans cette expédition pour emmener des gens là j'ai une équipe de 11 personnes réparties dans le temps que j'emmène là bas que je vais leur apprendre je vais leur expliquer et tout ça donc je vais continuer à faire de la formation je reviendrai faire de la formation au Pakistan emmener des gens d'Europe ou d'ailleurs au Pakistan pour découvrir le paralpinisme parce que je veux que ça grossisse encore et surtout ce serait trop dommage si il m'arrive quelque chose ou quoi que ce soit que mes connaissances se perdent j'ai mis longtemps à les acquérir donc autant les partager mais derrière pour moi là c'est juste un cycle qui se ferme des cycles j'en ai eu plein et je pense que le prochain cycle je vais repartir sur un cycle qui était déjà existant sur le vol bivouac où j'aimerais refaire des gros vols bivouacs comme traverser les Etats-Unis, le Canada en une traite en parapente en plusieurs mois, en autonomie complète en vol bivouac. Voilà, c'est en ce moment ce qui me remotive. Trop

SPEAKER_01

bien. Excellent. Eh bien, écoute Antoine, on s'organisera un épisode quand t'auras fait ça pour parler cette fois-ci de vol bivouac. Merci énormément pour tout ce que t'as bien voulu nous partager sur le paralpinisme et ton parcours avec autant d'humilité. C'était vraiment passionnant. Bonne fin de préparation pour l'Exp. C'est quand le départ du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le

SPEAKER_00

départ,

SPEAKER_01

c'est le 19 mai. Ça se rapproche. Ah ouais. Oh punaise, c'est demain au moment où on enregistre.

SPEAKER_00

En tout cas, merci beaucoup de m'avoir écouté et de m'avoir

SPEAKER_01

reçu. Écoute, avec grand plaisir. Bon séjour au Pakistan, puisque tu dis que ça va durer trois mois, donc tu vas être un bon moment sur place. Et puis, je te dis à une

SPEAKER_00

prochaine,

SPEAKER_01

du coup.

UNKNOWN

Avec plaisir, à bientôt.

SPEAKER_01

Merci à vous d'avoir écouté cet épisode avec Antoine jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager autour de vous et plus particulièrement à toutes celles et ceux qui apprécient les sujets d'aventure, d'exploration et pourquoi pas, s'il y en a, de paralpinisme. De manière générale, si vous souhaitez soutenir le podcast, si vous appréciez le contenu que vous y trouvez, eh bien, là encore, parlez-en. Parlez-en à un maximum de personnes autour de vous. C'est comme ça qu'on amènera encore plus de gens à oser se lancer dans leur propre projet et qu'on donnera de la visibilité à ses invités incroyables qui prennent du temps pour venir partager leurs histoires au micro du podcast si vous souhaitez soutenir financièrement cette fois-ci le podcast je vous disais en introduction ça se passe sur tipeee tipeee.com slash les tirés frappés autrement le lien est en description merci une fois de plus à toutes celles et ceux qui ont fait l'effort chaque euro compte je vous remercie pour votre fidélité et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va partir surfer des grosses vagues au Portugal.