Les Frappés

La vie est une succession de choix, avec Estelle Poret

Estelle Poret Season 4 Episode 178

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 51:31

On peut dire qu'Estelle vit sa vie à fond !

À peine son diplôme d’ingénieur en poche, elle se lance en 2019 dans l’entrepreneuriat pour financer sa pratique sportive : le jet à bras. Pour faire simple, c’est l’équivalent sur l’eau de la motoGP. Ces jets, sur lesquels on se tient debout, passent de 0 à 115km/h en 4 secondes 💨

Leur pilotage est extrêmement exigeant physiquement et mentalement, et pour se hisser parmi les meilleurs il faut également réussir à s’entourer de la bonne équipe. Au moment où l’on enregistre cet épisode, Estelle est numéro 1 mondiale. Tout simplement 🤩

Dans cet épisode, on parle de gestion de blessures, de la peur de l’accident sur l’eau, mais aussi de pratique en famille. Excellente écoute à vous.

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SPEAKER_02

La blessure, là-dedans, c'est un driver facile. C'est horrible de se faire mal, mais la blessure est un driver facile parce que de toute façon, tu fais face à ce challenge-là et tu n'as pas d'autre choix que de te relever. Je me suis relevée de deux blessures. À chaque fois, je suis remontée au plus haut niveau, plus forte que ce que j'étais avant. Je me dis qu'en ne faisant que ça, en consacrant 200% de mon énergie dans le sport, je peux tout exploser et je n'ai pas envie de regretter de ne pas le faire.

SPEAKER_01

Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. On peut dire qu'Estelle vit sa vie à fond. A peine son diplôme d'ingénieur en poche, elle se lance en 2019 dans l'entrepreneuriat pour financer sa pratique sportive, le jet à bras. Pour faire simple, c'est l'équivalent sur l'eau de la moto GP. Ces jets sur lesquels on se tient debout passent de 0 à 115 km heure en 4 secondes. Leur pilotage est donc extrêmement exigeant, aussi bien physiquement que mentalement, et pour se hisser parmi les meilleurs, il faut également réussir à s'entourer de la bonne équipe. Au moment où l'on enregistre cet épisode, Estelle est numéro 1 mondial, tout simplement. Dans cet épisode, on parle de gestion de blessures, de la peur de l'accident sur l'eau, mais aussi de pratiques sportives en famille. Excellente écoute à vous. Et juste avant ça, je tiens à souhaiter la bienvenue à tous les nouveaux Tippers, et à les remercier, évidemment, pour leur soutien financier au podcast. Si vous souhaitez les rejoindre, c'est à partir de 1€par mois, ça se passe sur tip C'est à dire éviter les pubs. Merci à vous. ah t'es pas du tout genre méditerranée ou atlantique

SPEAKER_02

non pas du tout pourtant je fais effectivement un sport d'eau mais on a de l'eau vers chez nous on a le Rhône aussi on a pas mal de lacs même si je descends quand même régulièrement m'entraîner en mer je suis basé à

SPEAKER_01

Lyon ok ok parce que les compètes de jet c'est forcément en mer ou forcément sur lac c'est vous les deux

SPEAKER_02

non ça peut être justement c'est ça qui est sympa c'est qu'il faut savoir s'adapter à toutes les conditions et l'eau est un élément très mouvants comme tu le sais ça peut être en lac en mer en fleuve ok ouais

SPEAKER_01

Bon, écoute, on va en parler. Je suis sûr qu'il y a plein de choses hyper intéressantes que je vais découvrir grâce à toi aujourd'hui. En tout cas, je suis très content, Estelle, de te recevoir sur le podcast. C'est un vrai plaisir. Merci à Sébastien pour la mise en relation, une fois de plus, du podcast Parlons de votre mental, allez l'écouter. Et puis, écoute, Estelle, je pense qu'on va parler de Jet, mais pas que, très certainement de plein d'autres choses. Ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es et ce que tu fais aujourd'hui

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, bien sûr. Je m'appelle Estelle Poré, j'ai 28 ans. Qui je suis

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je dirais que j'ai plusieurs entités. Je suis sportive déjà, je pratique le jet à bras, donc un sport mécanique sur l'eau où on est debout depuis mes 12 ans. C'est vraiment une histoire de famille. C'est mes parents qui nous ont initiés à ce sport et puis mes trois grands frères ensuite et moi qui ai Et qui suis tombée dedans, clairement. Je suis née dans ce milieu-là. Et à côté, je suis entrepreneuse à fond, à fond, à bloc, comme on dit.

SPEAKER_01

excellent donc le jet pour tout de suite rentrer dans le vif du sujet c'est quoi les parce que moi je pensais quelqu'un qui n'a pas un visuel de ce que tu fais sous les yeux il imagine peut-être un jet ski classique mais non il y a des nuances je crois donc est-ce que tu peux peut-être nous

SPEAKER_02

expliquer un peu il y a des catégories alors le jet ski classique auquel on pense c'est le scooter des mers celui où on est assis dessus que je enfin ça m'arrive d'en pratiquer mais c'est pas celui que je pratique en compétition moi c'est plus petit je vais dire plus sportif aussi plus technique et ça s'appelle le jet à bras on est debout dessus donc il y a toute une notion d'équilibre à avoir et après en termes de sport en fait c'est un peu comme de la moto GP c'est à dire qu'on a un circuit sur l'eau et on part pour des épreuves de course on est une vingtaine sur la grille de départ et le premier qui arrive après 20 minutes de course a gagné

SPEAKER_01

Ah ouais, 20 minutes quand même. 20

SPEAKER_02

minutes de course c'est exactement le même format que les motos GP on commence le vendredi avec une pole position donc là c'est pas une course on doit réaliser le meilleur temps sur le parcours et ça nous donne notre place de départ pour la première manche et ensuite on a 3 manches d'une vingtaine

SPEAKER_01

de minutes ok ok punaise 20 minutes il y a le lien en description envers ton profil insta mais s'il y en a qui veulent aller voir j'ai regardé quelques vidéos dont celle que tu m'as envoyé là ça a l'air méga physique et hyper engagé donc c'est pour ça que j'agissais tu vois un peu surpris 20 minutes je pense qu'il doit être complètement rincé à la

SPEAKER_02

fin non

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ouais c'est un sport qui est très très complet déjà on est dans l'eau donc on peut pas respirer aussi bien que si on était en dehors de l'eau on a souvent des éclaboussures des choses comme ça les machines sont très puissantes on prend de 0 à 115 kmh en moins de 4 secondes Ah ouais

UNKNOWN

!

SPEAKER_02

Et en fréquence cardiaque c'est hyper élevé on est entre 180 et 200 quasiment pendant toute

SPEAKER_01

la manche donc il faut s'entraîner ça c'est sûr mais c'est intéressant ce que tu dis par rapport à la moto parce que c'est tout de suite ce à quoi ça m'a fait penser quand je voyais les vidéos où tu négocies des passages de bouée je sais pas comment t'appelles ça si c'est des obstacles ou des portes mais en fait t'es complètement comme en moto t'es complètement hors du jet

SPEAKER_02

et ouais tout à fait pour pallier à la force centrifuge c'est finalement c'est assez scientifique comme dans tout sport on peut facilement ramener ça à la science mais on se fait éjecter à l'extérieur comme tu l'as dit quand on prend des bouées donc des virages plus ou moins serrés et pour compenser ça on vient se déhancher à l'intérieur et mettre beaucoup d'appui sur l'extérieur du jet pour le faire accrocher dans le virage donc

SPEAKER_01

à l'inverse de la moto par contre je pense qu'en termes de vibrations tu dois vraiment prendre beaucoup plus dans les bras et les épaules que sur une surface type tarmac

SPEAKER_02

je sais pas j'ai jamais pratiqué de la moto sur circuit j'ai fait de la moto par contre cross et je sais que ça au niveau des vibrations j'ai trouvé ça plus important que nous sur l'eau parce que l'eau reste plutôt mouvant donc c'est pareil tout bouge mais la complexité du jet c'est plus que un circuit de moto il bouge pas chaque virage Ils vont être les mêmes, on va l'apprendre par cœur, etc. Et c'est vrai que nous, ça, c'est plutôt compliqué parce que d'un tour à l'autre, d'un virage à l'autre, il n'y a pas la même vague, il n'y a pas le même courant parfois, le vent, toutes ces choses-là qui vont tout changer, en fait.

SPEAKER_01

Puis j'imagine que si tu te retrouves à partir avec X compétitrices devant, l'état du plan n'est pas tout à fait le même que si tu pars devant aussi.

SPEAKER_02

Exactement, exactement. Et pareil, pour en revenir à la science toujours, mais quand on a une concurrente devant, l'eau est est en mode folie en mode tourbillon et forcément nous on aspire de l'eau par nos machines c'est le phénomène de turbine en fait pour avancer et forcément quand on aspire de l'eau qui est déjà pleine d'oxygène, de bulles etc ça crée des interférences qu'il faut savoir

SPEAKER_01

adapter si jamais il y en a qui n'ont jamais vu un jet ski de leur vie c'est pas d'hélice, c'est un système d'aspiration l'eau

SPEAKER_02

est aspirée dans une turbine toute protégé donc on n'a pas accès à l'hélice et en fait effectivement il y a un système d'aspiration en dessous de la coque quasiment sous nos pieds l'eau rentre par là est aspirée par une hélice autour d'une turbine qui est entraînée par

SPEAKER_00

l'arbre

SPEAKER_02

ça ressort un gros jet derrière un débit très puissant qui permet à la machine d'avancer et cette turbine s'oriente via le guidon ce qui nous permet de

SPEAKER_01

tourner excellent excellent bon bah voilà pour le les présentations brèves en tout cas de la discipline d'un point de vue technique donc tu l'expliquais un peu plus tôt c'est un peu une histoire de famille mais qu'est-ce qui fait que toi t'as accroché en particulier enfin toi en particulier au point aujourd'hui d'en faire ton métier qu'est-ce que t'as trouvé dans cette discipline

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

à la base on y allait comme on allait faire une activité que toutes les familles peuvent faire le week-end nous c'était le jet, mon papa travaillait dans ce milieu donc c'est vrai qu'on y allait se faire plaisir, on est au bord de l'eau on était en famille, entre amis. C'est des super moments qu'on a passés étant petits. Une vraie école pour nous, je pense, de la vie de tous les jours. Et puis, on est tombés dans la compétition ensuite et le sport m'a plu parce que il y a cette adrénaline, cette sensation de glisse. Il y a une grande réflexion sur la partie technique, le pilotage, la partie sportive aussi qui m'a beaucoup plu, les bons moments avec tout le monde. Et puis, après l'entraînement, envie de se dépasser et de remporter les courses c'est venu naturellement je pense par la famille aussi qui a cet esprit de compétition plutôt ancré ah oui c'est de famille ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

je pense aussi le fait d'être une fratrie forcément quand on se met à jouer etc on se défie les uns les autres je pense que ça a augmenté un peu à chacun notre envie notre volonté à vouloir gagner à tout

SPEAKER_01

prix parce qu'aujourd'hui dans la famille il y a d'autres athlètes à haut niveau comme toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

mes trois grands frères qui font du jet également et à haut niveau

SPEAKER_01

ok Incroyable.

SPEAKER_02

On s'est tous suivis dans ce milieu-là et on a la chance de pouvoir être tous les quatre aujourd'hui au plus haut niveau de notre sport. Pas au même moment de nos carrières parce que mes frères sont plus âgés. Mais en tout cas, on a tous atteint le haut niveau et on est tous encore à se défier sur des challenges sûrement différents parce que nos carrières ne sont pas au même niveau. Et on est encore tous à fond dedans. C'est des chouettes moments qu'on partage ensemble.

SPEAKER_01

du coup tu dirais est-ce qu'il y a eu un point de bascule dans ta carrière en tout cas quand t'as commencé la discipline comment est-ce que t'en es arrivé aujourd'hui au statut de pro finalement d'athlète de haut niveau est-ce qu'il y a eu une épreuve en particulier une année qui a été vraiment charnière ou ça a été finalement un peu un enchaînement de plein d'expériences qui font qu'aujourd'hui t'en es là où tu

SPEAKER_02

es ça a été clairement un enchaînement mais il y a quand même eu un point de bascule quand j'étais Plus jeune, je le faisais vraiment pour m'amuser. Mes parents m'ont toujours expliqué ou fait comprendre que ce serait difficile de vivre de mon sport parce que c'est un petit sport. Je me suis à un moment donné concentrée sur mes études. J'ai fait une école d'ingénieur à Biarritz et je pratiquais quand même le jet en compétition mais c'était très compliqué de lier les deux. Je l'ai fait, j'ai quand même remporté quelques belles courses et quelques titres comme ça et c'est surtout après l'école que je me suis dit voilà j'ai envie de m'impliquer beaucoup plus dans mon sport de construire ma vie autour de mon sport pour pouvoir m'entraîner plus parce que le niveau féminin il a aussi beaucoup évolué et je pense que j'ai participé à cette évolution mais du coup ça m'oblige aujourd'hui à m'entraîner bien plus qu'avant pour atteindre ce niveau là et la bascule elle a vraiment été faite je pense à la fin de mes études où je me suis dit voilà je vais organiser ma vie pour pouvoir

SPEAKER_01

m'entraîner plus et essayer

SPEAKER_02

de

SPEAKER_01

vivre de mon sport. Wow. Donc ça, c'était quelle

SPEAKER_02

année

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'était 2019.

SPEAKER_01

2019, ok. Est-ce que tu te rappelles un peu des grandes échéances, en tout cas des gros sujets que tu as mis en place au moment où tu t'es dit je vais m'organiser différemment pour en faire mon job

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça a été quoi les éléments clés en tout cas dans cette première année ou peut-être première, deuxième, troisième année année

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est un sport mécanique donc c'est vrai que ça coûte forcément des sous même si c'est un des sports les moins chers je pense mécaniques qu'on peut avoir ça coûte quand même des sous donc la priorité ça a été de trouver un travail qui me permettait de me rémunérer suffisamment pour pouvoir compléter le budget dont les sponsors ne payaient pas forcément tout le budget de mes saisons et aussi pour organiser mon temps parce qu'une fois qu'on a le budget il il faut aussi avoir le temps de s'entraîner et de faire les compétitions, les entraînements, ces choses-là. Donc en sortant de l'école, j'ai monté mon entreprise dans mon domaine, dans le bâtiment. J'accompagnais les particuliers dans leurs projets de rénovation, donc rien à voir avec le sport. Ça m'a permis de me créer comme ça, autant sur le plan entrepreneurial que sportif. Ça me faisait un échappatoire dans les deux côtés, c'est-à-dire que quand j'étais au sport, à l'entraînement, en compétition, j'échappais entre guillemets au travail et quand j'ai j'étais au travail, ça me permettait de prendre du recul sur

SPEAKER_00

le

SPEAKER_02

sport. Et ça m'a permis pendant 2019-2020 de pouvoir me consacrer beaucoup plus, m'entraîner quasi quotidiennement et à côté avoir le temps de me rémunérer, de trouver des partenaires pour faire la saison.

SPEAKER_01

Du coup, ton job, tu faisais quoi exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu étais une sorte de chef de projet pour des projets de rénovation

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui,

SPEAKER_02

exactement. J'étais assistante sa maîtrise d'ouvrage donc j'ai aidé les particuliers à gérer l'ensemble de leurs projets de rénovation passant par la création des plans la consultation des entreprises les travaux j'ai vraiment commencé en indépendante en indépendante comme ça et après je me suis en 2020 je me suis associée avec mes deux frères on a repris ensemble une société de menuiserie donc là ça a été un nouveau tournant pour moi je me suis vraiment plus en fait dans l'entrepreneuriat et j'avais envie de continuer d'avancer là-dedans. Mais le but, l'objectif principal, c'était mon sport. Mais aujourd'hui, forcément, les moyens, on en a besoin de toujours plus pour que les jets soient plus performants, etc. Et je me suis dit, je vais continuer dans l'entrepreneuriat à me développer tout en continuant à organiser mon temps autour de mon sport en associant les deux. Donc en 2020, j'ai repris une société de menuiserie avec mes deux frères. Et là, on On s'est vraiment lancé dans des plus gros projets au niveau entrepreneuriat qui ont bien fonctionné, qui m'ont pris aussi beaucoup de temps. Jusqu'à un moment donné où tu te demandes... À la base, l'objectif principal, il était le sport. Et l'entrepreneuriat passionne tellement et prend tellement de temps que c'est devenu de plus en plus difficile d'associer les deux et de ne pas prendre les performances à l'un sur l'autre.

SPEAKER_01

écoute on va rentrer dans les détails mais hyper impressionnant que tu aies mené les deux fronts et justement ça faisait partie de mes questions j'avais te demandé comment est-ce que cette formation tu vois cette école d'ingé elle te servait aujourd'hui dans ton approche du jet j'avais pas forcément pensé au fait que ça pouvait être quelque chose qui supportait ta pratique mais est-ce que tu dirais qu'il y a autre chose au delà de l'aspect entrepreneurial financier où tu as pu avoir les armes pour te lancer dans le domaine dans lequel tu t'es lancé est-ce que cette formation en particulier tu dirais qu'aujourd'hui avec du recul elle elle fait que tu as une approche peut-être particulière tu vois la patte un peu estelle de la pratique

SPEAKER_02

du jet je pense mais comme toute expérience qu'on vit quoi je pense que tout ce qu'on fait de toute façon ça a forcément une résultante sur qui on est qui on devient et qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ou qu'est-ce qu'on va faire demain après est-ce que c'est cette école là cette formation là qui m'a amené là où je suis je sais pas je pense pas mais en tout cas oui elle a participé ça dure 5 ans une école d'ingénieur j'ai rencontré des personnes super j'ai été très bien formé sur beaucoup de sujets et oui ça fait qui je suis je pense aujourd'hui en partie tout à fait comme toutes les autres expériences que j'ai vécues avant ou après

SPEAKER_00

d'ailleurs

SPEAKER_02

hum Parce qu'au final, je ne travaille pas vraiment dans ce domaine-là aujourd'hui. Je me suis plutôt orientée sur le côté entreprendre, développer des entreprises, même si c'est dans le secteur du bâtiment. Ça m'a forcément aidée parce que c'était mon métier de base. Mais ce que je fais au quotidien, c'est plutôt de l'entrepreneuriat pur que du bureau d'études d'ingé en

SPEAKER_01

bâtiment. Il y a eu d'abord l'expérience où tu étais seule

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

là j'ai

SPEAKER_02

plutôt appliqué mes études finalement

SPEAKER_01

ouais ensuite la menuiserie avec tes deux

SPEAKER_02

frères voilà avec donc menuiserie maçonnerie et quelques projets projets fonciers aussi avec mes deux frères donc là beaucoup plus une vision d'entrepreneur de chef d'entreprise avec des collaborateurs des problèmes à gérer tous les jours qu'on soit au travail ou qu'on ne soit pas d'ailleurs et tout ce que propose l'entrepreneuriat qui au final est très similaire au sport sur plein de

SPEAKER_01

sujets et donc ça c'est encore ton activité aujourd'hui en dehors du budget c'est

SPEAKER_02

encore mon activité aujourd'hui donc là ça va faire maintenant 4 ans on a beaucoup évolué je pense que j'ai grandi aussi pendant ces 4 années là parce que comme dans le sport, dans l'entrepreneuriat on apprend à se connaître et c'est tous les jours un nouveau défi, un nouveau challenge et aujourd'hui je suis plutôt sur une phase de ma vie où j'ai des opportunités qui me permettraient d'entreprendre différemment et de pouvoir justement vivre de mon sport quelques années donc je suis plutôt dans une partie de ma vie où je me dis voilà entreprendre je sais ce que c'est je sais faire et c'est passionnant mais aujourd'hui c'est tellement passionnant que ça va me bouffer sur mon sport et j'ai 28 ans et j'ai encore des choses à montrer dans mon sport donc j'ai pas envie de me bloquer tout de suite là dedans et voilà plus de réflexion de faire une petite pause et de me consacrer à mon sport pendant deux ans et puis de revenir plus tard sur la partie business parce que je l'ai fait il y a quatre ans je pourrais le refaire dans deux ans

SPEAKER_01

Qu'est-ce qui fait du coup qu'aujourd'hui tu pourrais potentiellement vivre de ton sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il y a pas mal de petits projets qui sont en train de se préparer de se monter, je ne peux pas forcément tout dévoiler tout dévoiler aujourd'hui je laisse le suspense mais J'ai pas mal d'idées derrière la tête. Je pense que ça ne me promettra pas un avenir. Ça me permettra de vivre deux belles années dans mon sport, peut-être trois, peut-être quatre, peut-être cinq. Je ne sais pas ce qui m'attend. Mais en tout cas, de pouvoir me consacrer à ça et d'inspirer de plus en plus de femmes, notamment dans les sports mécaniques, ça m'inspire vraiment et j'ai envie d'y aller à

SPEAKER_01

fond. Ce qui fait qu'il y a ces opportunités dans on ne peut pas parler. C'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est que la discipline a bien grossi, il y a de plus en plus d'expositions, de pratiquantes, etc. Ou c'est aussi le fait que tu as eu des résultats, que tu commences, que tu as un réseau qui est clairement établi et que tu es reconnu

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, je dirais que c'est une composante de plein de petites choses. Il y a le moment aussi, c'est-à-dire que c'est le moment de le faire, que ce soit dans nos business à côté, on est arrivé à un moment tournant où de toute façon, il fallait qu'on prenne ces certaines décisions qui facilitent ce choix-là. Il y a mon moment de la vie aussi où, comme je t'ai dit, je me retrouve... Soit je continue vraiment à développer mes business, mais forcément, je vais devoir mettre une petite peau sur ma carrière sportive. Soit, au contraire, je me mets à fond dedans. Et effectivement, ça fait un an ou deux maintenant que je fais de très bons résultats. Je suis très bien entourée pour performer. Et un réseau qui s'est... fortement développé avec effectivement le sport qui se médiatise un petit peu plus et l'envie de me consacrer à

SPEAKER_00

fond

SPEAKER_02

je sais pas si j'aurais été capable de le faire tout de suite tu vois en sortant de l'école me dire ben voilà je travaille pas je tente mon expérience quitte à vivre de rien entre guillemets mais je tente à fond dans le sport je pense pas que j'aurais été capable de le faire à la sortie de l'école alors que là je m'en sens entièrement capable parce que ben J'ai aussi grandi, évolué, vu ce que j'avais à voir et je sais que ça peut

SPEAKER_01

marcher. pour qu'on se rende compte du coup entre le matériel on en a pas encore parlé mais tu disais que t'es bien entouré donc je suppose que t'as quand même une petite équipe derrière toi ou une équipe conséquente d'ailleurs tu vas nous dire mais ça représente quel budget à l'année le fait d'être d'ailleurs tu dis quoi tu dis

SPEAKER_02

jeteuse ouais on dit jet killeuse jet killeuse jet killeuse pardon ou pilote pilote de jet ok trouver un peu des deux. Le budget pour une saison, en fonctionnement classique d'une saison, donc le prix des machines, il en faudrait deux, les transports, la mécanique, vraiment toute la saison, je dirais que c'est entre 60 et 80 000 euros par

SPEAKER_01

pilote. Ça, ça inclut ton

SPEAKER_02

équipe

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, là-dedans, ça inclut quand même l'équipe. L'équipe, forcément, sport individuel, mais il n'y a vraiment jamais de sport individuel sur surtout en sport mécanique, c'est les résultats de toute une équipe, même si à la fin, celui qui est sur l'eau, ça reste le pilote. C'est forcément un mécano, un ou deux assistants en plus pour les entraînements, les week-ends de compétition. Et après, l'équipe d'entraînement, donc un entraîneur, un kiné, etc., qui me suivent sur l'année.

SPEAKER_01

je m'attendais à plus que ça notamment pour la partie jet tu m'aurais dit 50-60 000 juste pour deux jets j'y connais rien mais ça m'aurait pas surpris

SPEAKER_02

tu refais pas ton jet tu rachètes pas tout chaque année je te dis ça mais une machine aujourd'hui comme j'ai moi très performante c'est entre 30 et 40 000 euros pour une machine moi j'en ai qu'une actuellement parce que j'ai pas le budget d'en avoir deux mais si tu veux faire ta saison confortable Il faut en avoir deux. Parce que quand les machines partent en Chine, en Indonésie pour les championnats du monde, pendant ce temps, tu n'en as pas. Elles partent souvent en bateau ou alors il faut trouver le budget pour que ça parte en avion. C'est plus compliqué. Pendant deux mois, elles sont dans les transports. C'est un peu chaud à gérer. Mais chaque année, tu ne refais pas ta machine complète à neuf. C'est pour ça que je dis 60-80, tu es bien. Si tu as plus, tu es encore c'est pas très cher et surtout que nous si on casse pas et aujourd'hui les moteurs sont de plus en plus fiables c'est pas comme en voiture en moto où t'as les pneus les plaquettes à changer tous les week-ends etc nous on a pas de consommables à proprement dit sur nos machines quoi oui On n'a pas de pneu à changer tous les

SPEAKER_01

week-ends. Aujourd'hui, l'équipe dont tu t'entoures, elle est constituée de quelles spécialités et qui il y a derrière

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Aujourd'hui, je suis dans un team avec un de mes frères qui s'appelle Jérémy. Team GWP Racing. On a Frédéric Parra qui est le chef mécano. C'est lui qui monte nos machines, qui prépare les moteurs, qui gère vraiment la globalité sur les machines. on a un manager qui nous assiste aussi tout le week-end ou lors des entraînements pour nous aider qui est Didier Béchard mon papa et ma maman qui nous accompagnent quand même sur toutes les courses et mon papa qui est mon assistant principal je

SPEAKER_01

dirais

SPEAKER_02

le conseil qui m'aide au départ qui prend aussi vachement de recul et qui m'aide à analyser les courses c'est super top de partager ça avec son papa entre parenthèses ma maman qui nous accompagne aussi et après on a chacun un kiné, chacun un entraîneur on n'a pas les mêmes mais voilà ça fait une petite équipe mais bien complète donc un chef mécano, des assistants pour aider le mécanicien parce que quand il y a deux machines à gérer sur les mêmes week-ends de course il faut être plusieurs et puis pour nous assister au quotidien, Didier qui fait le lien et qui est plutôt là pour nous aider nous et qui fait le lien avec la partie mécanique

SPEAKER_01

D'accord et quand tu parles de compétition, c'est structure comment il y a une fédé c'est des sortes de ligues un peu comme il y a pas longtemps j'avais une cliff diveuse donc elle nous expliquait que le circuit mondial en fait c'est Red Bull qui l'a créé qui a globalement créé la discipline toi dans ton sport c'est à peu près pareil aussi ou c'est vraiment établi en mode fédé

SPEAKER_02

alors non non il y a une fédé internationale et nationale donc en France c'est la FFM la fédération française de motonautisme ok et en fait ta championnat de France, championnat régional championnat de France, championnat d'Europe et à chaque fois que tu vas participer à des compétitions tu vas marquer des points qui vont faire un ranking, un world ranking ils appellent ça et ensuite les 15 premières filles au monde et les 15 premiers garçons au monde sont sélectionnés pour les championnats du monde qui se déroulent en 3 à 6 étapes partout dans le monde chaque

SPEAKER_01

année

SPEAKER_02

donc plus tu fais de compétitions régional, national, plus tu marques des points sur ce ranking-là. Et après, les 15 premiers s'affrontent sur le championnat.

SPEAKER_01

Et du coup, toi, ton ranking de ces dernières années

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Là, actuellement, je suis number one sur le ranking. Et les deux, trois dernières années, j'ai eu pas mal de malchances. Je ne me suis jamais blessée dans ma carrière et j'ai enchaîné deux grosses blessures ces deux dernières années. C'est peut-être ça aussi qui m'a poussée à me dire... Je me suis relevée de deux blessures. À chaque fois, je suis remontée au plus haut niveau, plus forte que ce que j'étais avant. Et je me dis, en faisant en faisant que ça, entre guillemets, en consacrant 200% de mon énergie dans le sport, je peux tout exposer et je n'ai pas envie de regretter de ne pas le faire. Parce que c'est vrai que quand tu travailles, je mettais tout mon énergie dans le sport, mais le boulot me prenait quand même de l'énergie, du temps, et ce n'était pas forcément facile à jongler entre les deux. Et j'ai vraiment envie de tester, de voir ce que ça donne en m'y consacrant à 200%.

SPEAKER_01

Oui. Tes deux blessures

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment c'est

SPEAKER_02

arrivé

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Alors, cheville, en 2022, du coup, première course de l'année en Corse, j'ai pris une vague, on n'a pas de frein sur les jets, pour ceux qui en ont déjà fait, je pense que vous vous en êtes rendu compte, pour ceux qui en n'ont pas fait, on ne peut qu'accélérer, mais on ne peut pas freiner, ce qui nous freine, c'est simplement l'eau, donc il y a une certaine inertie, et je n'ai pas relevé la tête, il y avait une grosse vague, j'étais très vite, donc je suis montée en l'air très haut, et à la réception, ma ma fille a craqué, je me suis fait une fracture de la malléole. Donc opération, saison foutue, c'était la première course. Je suis revenue au mois de septembre, j'ai eu la chance d'avoir accumulé beaucoup de points. J'étais déjà sélectionnée pour les championnats du monde quand je me suis blessée. Ça m'a fait manquer deux épreuves et je suis revenue pour la finale et j'ai fait deuxième.

UNKNOWN

C'était trop cool!

SPEAKER_02

j'ai fait une saison 2023 ensuite après cette blessure une belle saison 2023 et cette fois-ci à la finale du championnat de France l'épaule m'avait averti quand même quelques fois dans la saison je me suis fait une rupture des ligaments de l'épaule elle s'est luxée complètement et donc du coup pareil j'ai dû abandonner le championnat du monde j'étais classée deuxième je crois quand j'ai abandonné pour me faire opérer de

SPEAKER_01

l'épaule

SPEAKER_02

ok et là je suis comme neuve c'est

SPEAKER_01

intéressant ce que tu dis que tu es revenu à chaque fois tu t'es rendu compte que tu es revenu encore plus forte qu'avant après chacune de ces deux blessures tu arriverais à expliquer pourquoi est-ce que c'est le fait que justement le sport t'est manqué ou parce que tu as mis en place des protocoles tu vois qui ont été super

SPEAKER_02

efficaces première blessure je l'ai vraiment pris comme ok comme par hasard ça a été très compliqué pour moi ces dernières années en termes de logistique et tout ça parce que la je te dis je suis dans un team et franchement c'est merveilleux ce que je vis et c'est pour ça que j'ai envie de le faire à 100% mais il y a quelques années c'était compliqué pour moi de faire préparer ma machine j'étais avec un préparateur avec qui je ne m'entendais pas forcément j'avais pas l'équipe derrière et c'est un sport où tout seul c'est compliqué de faire grand chose il arrive cette première blessure à ce moment là je la prends clairement comme un champion je me dis voilà ça va me donner un objectif je me blesse au mois d'avril, fin avril, au mois de septembre, je veux participer au championnat du monde plus forte que jamais, ça m'a donné un challenge qui m'a poussée vraiment dans cette rééducation-là, donc j'ai tout fait à bloc, et j'ai adoré ce processus. Deuxième blessure, du coup, un an après, un peu moins de... voici, un an après, ça a été un peu plus dur, parce que là, c'était en fin d'année, j'étais bien classée au championnat, j'avais toujours ces problèmes avec mon préparateur donc je pense que on le dit souvent mais une blessure elle arrive jamais au hasard bon il y a cette blessure qui arrive j'ai eu un peu plus de mal à l'avaler on va dire parce que il y en avait deux d'affilé et pareil en fait je me suis retrouvée dans ce challenge ça m'a permis de prendre le temps de m'organiser différemment sur mon équipe pour mon retour de blessure quoi Et... Ce que je n'aurais peut-être pas fait en continuant les compétitions à fond cette année-là. Donc, de remettre tout à niveau mes machines, etc. Et ça m'a pareil donné cet élan de revenir plus forte que quand je me

SPEAKER_01

suis blessée. Écoute-moi, ça m'amène à la question suivante. Dans ta réponse, j'entends finalement que c'est le mental qui a fait la différence. C'est ton approche des blessures et l'importance que tu as décidé de leur donner. Et toi, tu en as... Tu as clairement fait un driver dans ce que tu expliques. Oui, c'est

SPEAKER_02

ça. Clairement, c'est le driver en fait. Je pense que c'est le truc le plus important de la vie, c'est quand tu n'en as pas. Quand tu n'en as pas, c'est là que tout s'effondre parce que tu ne sais plus pourquoi tu te lèves le matin finalement. Oui, complètement. Et la blessure en fait là-dedans, c'est un driver facile.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_02

donc c'est horrible de se faire mal mais la blessure est un driver facile parce que de toute façon tu fais face à ce challenge là et t'as pas d'autre choix que de te relever donc t'as pas de question à te poser à te dire qu'est-ce qui va me driver là tu t'es blessé donc ce qui va te driver c'est déjà pour toi te remettre à 100% après tant mieux si tu peux reprendre la compétition à 100% mais même pour son corps quoi qu'il en soit la première nécessité c'est de se mettre

SPEAKER_01

de ta

SPEAKER_02

blessure et du coup j'ai trouvé ça finalement des périodes entre guillemets faciles dans le sens où t'as un objectif clair et

SPEAKER_01

net à atteindre et sur les pour rester sur la partie mentale sur tes épreuves est-ce que t'as une préparation spécifique sur ce point là est-ce que t'as par exemple des rituels sur la ligne de départ ou des points sur lesquels tu te concentres particulièrement

SPEAKER_02

j'ai pas vraiment des rituels mais oui il y a des choses que je fais très régulièrement je me suis fait aider déjà en 2020 pendant la période Covid profiter de ce temps là pour donc on avait plus de compétition on pouvait plus sortir de chez toi chez soi pardon et j'en ai profité pour travailler avec Pierre David je sais pas si tu connais non donc de l'académie de la haute performance qui est ah oui ok et donc j'ai fait le programme avec Pierre au tout début je devais faire partir des premiers athlètes je crois en tout cas dans les premiers Et depuis ce programme-là, il y a des petites choses que j'ai mises dans mon quotidien, que je fais tout naturellement aujourd'hui. Et après, bien évidemment, ma routine d'échauffement que j'ai travaillée avec mon kiné, qui est aussi mon préparateur physique, pour le coup. J'ai 28 ans, j'ai commencé la compétition à 14-15 ans. Et je dirais qu'à partir de 2018, vraiment... à haut niveau. Pendant toutes ces années, j'ai eu le temps de trouver ce qui me convient et ça évolue, ça varie. C'est pas toujours pareil.

SPEAKER_01

et sur le plan physique sur quoi est-ce que tu dois travailler en particulier pour résister à ces 3 fois 20 minutes du coup le max que tu enchaînes 3

SPEAKER_02

fois 20 minutes dans le week-end on s'entraîne quotidiennement pour ça mais c'est jamais assez c'est tellement tellement tellement demandeur que de toute façon j'ai l'impression que peu importe comment on s'entraîne bon après c'est ça aussi la compétition de toute façon on se pousse de plus en plus fort plus on va s'entraîner plus l'adversaire en face va à s'entraîner aussi. C'est vraiment un échelon à la compétition, je trouve. Et on vient tout travailler. L'entraînement cardio est très important. Pendant la phase off de la saison, on va plutôt être sur du travail foncier. Pendant la phase où la saison a repris, on va plutôt être sur du fractionné, du travail cardio, proprement parlé. Et après, toute la partie musculaire, qui est hyper importante également, de renforcement, d'explosivité, de puissance, et ça c'est sur toutes les parties du corps parce qu'on pousse beaucoup sur les jambes on a besoin des bras aussi on a besoin d'être très gainé c'est un entraînement qui est très

SPEAKER_00

complet

SPEAKER_02

et moi depuis deux ans je me suis blessée j'avais un kiné, enfin un préparateur physique qui était kiné donc quand je me suis fait ma première blessure c'est devenu plus mon kiné que mon préparateur physique et du coup aujourd'hui là c'est deux rôles et c'est vraiment top parce qu'on arrive vraiment ensemble à savoir quel point on doit appuyer. Moi, j'arrive à lui exprimer les faiblesses que je ressens quand je navigue. Et lui, il base des entraînements pour essayer de progresser sur ces zones-là.

SPEAKER_01

Tu peux peut-être nous donner un exemple, le dernier point par exemple sur lequel tu t'es sentie moins forte en AV, c'était quoi et comment vous l'avez travaillé

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En ce moment, l'exemple, il est parfait avec la blessure, mais comme je me suis blessée à l'épaule, j'ai des grosses faiblesses à l'épaule, j'en avais déjà, c'est aussi pour ça que je me suis blessée, donc on axe beaucoup nos séances sur des renforcements d'épaule, tout ce qui est scapulaire, tout ce qui tient l'homoplate aussi, qui tient l'épaule, et je le ressens dans mon sport, parce que course après course, je me sens de plus en plus forte sur une épaule qui a été blessée. Je me suis fait opérer en septembre 2023. Ça fait un peu de temps maintenant, mais ça a été presque plus long qu'une fracture à

SPEAKER_01

se remettre. Sachant que ça peut arriver dans les départs, quand vous faites des mass starts, que vous partez tout ensemble, ça peut arriver qu'il y ait du contact entre les jets ou

SPEAKER_02

pas vraiment

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Ça peut arriver, ça reste un sport à mécanique et un sport à risque, puisque on va vite et que ce qui est dangereux c'est pas de tomber tout seul mais c'est effectivement de se percuter entre adversaires et ça arrive ouais ça peut

SPEAKER_01

arriver et là vous êtes protégée comment t'as une combi un peu

SPEAKER_02

spéciale on est en combinaison intégrale en néoprène mais ça ça protège sans protéger c'est une combinaison néoprène bien plus fine que les surfers c'est du 2 mm à peu

SPEAKER_00

près

SPEAKER_02

et par contre on a un gilet de sauvetage avec une dorsale à l'intérieur pour protéger toute la partie d'eau évidemment un casque intégral ok ouais casque intégral, chaussures, gants on est quand même couvert de la

SPEAKER_01

tête aux pieds ouais ouais ok ouais mais bon j'imagine que si tu te prends un jet qui monte à l'équivalent de plus de 100 kmh en 4 secondes sur le côté une plaque avec un gilet ou

SPEAKER_02

pas déjà même tout seul quand on tombe à 115 kmh dans l'eau on ricoche l'eau et c'est presque comme du béton quoi donc là aussi il y a un certain réflexe à avoir pour pas se faire démembrer entre guillemets donc tu fais quoi tu te mets en boule c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

tu te mets en boule ouais tout à fait tu essayes de te mettre en boule du moins après ça se passe tellement vite que mais c'est vrai que pareil je repense à la moto GP eux ils glissent quand ils glissent en tout cas ils arrivent à se laisser glisser nous dans l'eau on peut pas vraiment faire ça on se fait direct un peu mal mener parce que il suffit qu'il y ait une main un coude ou quoi que ce soit qui rentre dans l'eau ça fait un effet de catapulte en fait assez intense et après effectivement le choc avec un concurrent c'est jamais c'est jamais très bon quoi généralement hum Mais il y a peu de... Ça n'arrive pas souvent. Les contacts arrivent régulièrement, puisque deux machines qui se touchent pour se doubler ou sur les départs, ça arrive très régulièrement. Après, les accidents, à proprement parler, ça arrive rarement, mais on en est conscient, en tout cas, et ça peut arriver, comme dans tout sport mécanique. Je pense que la peur m'a dérangée quand j'étais plus jeune. Enfin, dérangée m'a bloquée, à mon

SPEAKER_01

avis. La peur du contact

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, la peur du contact, forcément. j'en ai vu des accidents il y a eu un ou deux décès dans ma carrière dont un sur lequel j'étais proche qui m'a impacté directement et c'est quelque chose qu'on y pense forcément dans les sports qu'on pratique et c'est vrai que plus jeune ça m'a bloqué et c'est des choses sur lesquelles j'ai travaillé notamment avec Pierre

SPEAKER_01

tu disais que cette peur c'est quelque chose sur lequel tu as travaillé avec Pierre Pierre-David, est-ce que le fait d'avoir toute ta fratrie qui est aussi dans le sport, est-ce que finalement c'est un avantage

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que vous avez l'occasion d'échanger, de faire des partages d'expériences et vous tirez les uns les autres vers le haut

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, on partage beaucoup, mais par contre très peu sur ce sujet. Ça a été plutôt tabou ce sujet-là. C'est compliqué parce qu'en fait, on a tous peur les uns pour les autres, je dirais plus pour les autres que pour nous-mêmes enfin moi je sais quand je regarde les courses de mes frères j'ai souvent j'ai presque plus peur que quand c'est moi même qui fait la course et du coup je pense que ça a créé un peu ce tabou sur cette partie là sur la partie peur en tout cas mais par contre sur tout le reste on échange beaucoup

SPEAKER_01

et par curiosité qu'est-ce qui fait que vous n'avez pas les mêmes dans le staff tu disais un peu plus tôt que vous n'avez pas forcément les mêmes préparateurs et les mêmes coachs c'est purement une question d'affinité ou c'est qu'est-ce qui fait que c'est pas harmoniser

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Que

SPEAKER_02

ce ne soient pas les mêmes pour tout le monde

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Déjà, on est nombreux, on est quatre. On est quatre au plus haut niveau. Comme je te le disais tout à l'heure, on est tous les quatre à être sélectionnés. Je mets trois frères chez les garçons et moi chez les filles, mais au plus haut niveau au championnat du monde. À un moment donné, on a pris des chemins différents avec des marques différentes de machines, des préparateurs mécaniques différents. Forcément, ça t'oblige à t'organiser un peu chacun de son côté donc Mickaël et Morgan mes deux autres frères sont plutôt indépendants chacun de leur côté et nous avec Jérémy on s'est rapprochés sous la même équipe parce qu'on travaille pour la même marque qui est Fast Power Sport qui nous a pris en tant que pilote officiel de leur équipe et avec le même mécanicien donc ça s'est fait très naturellement comme ça en

SPEAKER_01

fait ok quand vous débarquez toute la famille Poré sur un week-end ça doit être quelque chose quand même les

SPEAKER_02

4 au plus haut niveau on se fait remarquer ouais surtout que sur les courses sur les courses nationales moi je cours avec les garçons parce que le niveau féminin il est pas, enfin en fait les catégories sont en fonction des puissances des sexes aussi également et des âges et en France en tout cas le niveau féminin il s'arrête à une puissance inférieure de machine Donc moi, je cours avec les garçons pour pouvoir m'entraîner pour aller mondial avec les filles sur les puissances d'élite. Et du coup, on court les uns contre les autres. C'est énorme. C'est plutôt marrant. C'est moins marrant pour ma mère, je crois, mais c'est marrant.

SPEAKER_01

excellent donc là du coup tu disais bientôt pas encore au moment d'enregistre mais bientôt un an que la blessure la dernière blessure est derrière toi est-ce qu'il y a des est-ce que pour toi la convalescence elle est 100% finie ou t'es encore t'attends encore tu vois certains signaux pour te dire ok là c'est bon je suis revenu justement encore plus forte qu'avant et mon épaule il n'y a plus

SPEAKER_02

aucun sujet quand j'ai commencé la saison au mois de mars c'était Je me suis fait opérer en septembre. Au mois de mars, j'étais à 5 mois. Clairement, ce n'était pas du tout fini. J'ai fait la première étape des Champagnes du Monde avec encore pas mal de sujets sur l'épaule, mais en tout cas, je m'en suis plutôt bien sortie. J'ai fait d'autres compétitions derrière et j'ai surtout continué à travailler à bloc avec mon kiné sur l'épaule. Et là, tu vois, je reviens de la deuxième épreuve des Mondiaux qui était en Italie. Je suis rentrée mardi et je pense que là, c'est fini. En tout cas, je n'ai plus de douleurs. J'ai encore quelques difficultés à l'étirement et en mobilité, mais ça ne m'a pas du tout dérangé ce week-end et j'ai l'impression d'avoir retrouvé toute ma forme, voire

SPEAKER_01

même mieux. Excellent. Je reviens juste sur ce que tu expliquais un peu plus tôt, le fait que ça y est maintenant, tu sens que c'est le bon moment pour te consacrer à 200% au jet. Au-delà de l'aspect performance, compétition, est-ce qu'il y a d'autres aspects

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce qu'il y a quelque chose en particulier que tu veux aller chercher

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu as un objectif autre Que performance pour cette phase de ta vie où ça va être du jet, du jet et du

SPEAKER_02

jet

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Clairement, je dirais que c'est même l'objectif numéro un. Il est plutôt de me rapprocher d'un projet qui m'inspire au moment où je te parle. Ce qui m'inspire aujourd'hui, c'est d'aider les filles à évoluer dans leur sport, dans des milieux qui parfois ne sont pas forcément destinés aux femmes, mais à quand même s'impliquer et performer là-dedans. J'ai vraiment envie de prendre cet élan-là et d'en faire profiter plein de gens. Dans les business que j'ai développés, c'était chouette, mais c'était dans le bâtiment. Aujourd'hui, ce que j'aime avant tout, c'est le sport et le sport mécanique notamment. Et j'ai vraiment envie d'aider d'autres femmes à oser prendre cette voie-là.

SPEAKER_01

Excellent. Qu'est-ce qui te ferait dire, du coup, que ces missions ont réussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que tu as des indicateurs en tête, des missions que tu veux lancer absolument par rapport à ce que tu viens d'expliquer, qui te tiennent vraiment à cœur, pour être un peu plus

SPEAKER_02

précise

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Pas forcément, pas forcément. Non, je n'ai pas forcément de... c'est dur d'avoir des indicateurs dans ces choses là mais déjà à partir du moment et c'est déjà arrivé où on a une personne qui nous dit merci grâce à toi je me suis lancé et jamais j'aurais pu le faire c'est déjà réussi quoi et je me dis que en le démultipliant ça serait encore mieux ça serait encore mieux et je pars du principe que la vie c'est une succession de choix tu vois il faut en prendre il n'y a pas de bon de moins bon et là je pense que c'est pour moi le moment de faire ce choix là et on verra où ça me mène mais en tout cas ça m'inspire à fond et autour en tout cas c'est en train de s'organiser alors est-ce que c'est moi ou pas qui est comment dire inspiré à ça mais tout est en train de se monter autour pour me permettre de le faire donc c'est plutôt cool

SPEAKER_01

fabuleux fabuleux et en termes d'échéance sportive là sur 2024 qu'est-ce que tu vises

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

qu'est-ce qui arrive

SPEAKER_02

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

bah là arrive donc on revient de la deuxième épreuve des mondiales et je suis deuxième à un point de la première place donc par contre la finale c'est au mois de novembre en Indonésie et celle qui fait devant l'autre elle est championne du monde donc c'est ça qu'on va aller chercher

SPEAKER_01

excellent

SPEAKER_02

et après le challenge qui m'inspire pas mal aussi en ce moment c'est donc là j'ai deux grosses compètes qui arrivent au niveau national du dead cross tour où je cours avec les garçons et j'arrive de plus en plus à perfer au milieu des pros chez les hommes parce que du coup nous les filles on a le droit d'aller courir chez les garçons mais les garçons ils peuvent pas venir courir avec les filles et du coup je me challenge là dessus et j'ai bien envie de continuer à battre quelques gars

SPEAKER_01

quoi excellent ce qui serait bien incohérent avec ton projet d'inspirer les femmes à

SPEAKER_02

se lancer dans des sports c'est un peu comme ça c'est ça qui m'est venu à l'idée au début j'étais la seule à le faire et je vois que partout dans le monde il y a de plus en plus de filles qui se mettent à le faire à courir donc sur des machines plus puissantes et du coup pour ça elles courent avec les garçons et en plus elles performent et du coup je me dis c'est trop cool ouais carrément

SPEAKER_01

Excellent. Écoute, Estelle, un grand merci. C'était passionnant d'en apprendre plus sur ton univers. Est-ce qu'il y a peut-être un dernier message que tu voudrais faire passer par rapport à tout ce qu'on a évoqué, quelque chose que tu veux souligner ou peut-être d'ailleurs quelque chose qu'on n'a pas évoqué que tu voudrais...

SPEAKER_02

Écoute, là, comme ça, pas spécialement. Merci à toi pour ces moments d'échange. C'était encore très sympathique. Non, qu'est-ce qui pourrait en retenir

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je ne sais pas, je suis un tournant un peu de ma vie en ce moment et ce serait marrant d'en reparler d'ici un an ou deux pour voir où je me trouve. Moi-même, je ne le sais pas encore, mais en tout cas, c'était pour terminer là-dessus, c'est qu'on ne sait pas ce qu'on fera demain ni ce qu'on saura, mais le chemin pour le prendre, je pense que c'est l'instinct

SPEAKER_01

qui nous guide. Excellent. Écoute, pour une fois que la proposition à se faire un autre épisode viens de l'inviter et pas de moi avec très très grand plaisir on se fera ça après l'Indonésie ou une fois que voilà une fois ouais un an et demi c'est peut-être pas mal comme ça t'auras certainement aussi avancé du côté de ton projet par rapport au sport au

SPEAKER_02

sport féminin ouais à mon

SPEAKER_01

avis il y aura pas mal de choses à dire ouais c'est clair t'es sûr il y aura plus de secrets ou il y en aura plus c'est ça bah écoute Estelle merci beaucoup rendez-vous pris et puis bah d'ici là excellente préparation pour les championnats du monde

SPEAKER_02

Merci

SPEAKER_01

beaucoup. Merci d'avoir écouté cet échange avec Estelle jusqu'au bout. J'espère que vous en aurez appris un peu plus sur l'univers du jet à bras et de manière générale que ce témoignage de parcours de frappés, à la fois entrepreneurs et sportifs de haut niveau, entre autres choses, vous aura particulièrement inspiré. N'hésitez pas à partager cet épisode autour de vous à un maximum de personnes et pour soutenir le podcast, de manière générale, vous le savez, le bouche à oreille est un excellent moyen de le faire. Parlez des frappés, parlez-en, parlez-en à un maximum de personnes. C'est comme ça qu'on pourra faire en sorte qu'encore plus de gens osent se lancer dans leur propre projet si vous souhaitez soutenir financièrement cette fois-ci le podcast je vous le disais en introduction ça se passe sur tipeee tipeee.com slash les-frappés autrement le lien est en description c'est à partir de 1€par mois et ça permet au podcast de maintenir son indépendance un grand merci pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va parler là aussi de sport mécanique mais cette fois-ci sur terre Abonne-toi

UNKNOWN

!