Les Frappés

Traversée des Îles Féroé, de l'Islande et du Groenland avec Joseph Gandrieau (Partie 2)

Joseph Gandrieau Season 4

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Joseph Gandrieau est un passionné d’aventures. Les grands espaces, c’est clairement ce qui le fait vibrer. Après avoir déscendu le Danube en kayak en 25 jours, il décide de se lancer dans une traversée, ou plutôt une triple traversée : il va traversé à pied les îles féroé, l’islande puis le Groenland.

Ce que je retiens de cet échange, c’est qu’il ne faut pas attendre d’être fin prêt pour se lancer dans les projets qui nous font rêver.

Dans cette deuxième partie on parle de la sur un voilier, de Canada jusqu'en Islande, puis des 47 jours d'aventures de Joseph au Groenland.

Excellente écoute à vous !

🔎 Le livre de Kim Hafez que je vous conseille : "Unghalak. La quête sauvage".

🎙 Les autres épisodes du podcast qui pourraient vous intéresser :
👉 Épisode #192 - De contrôleur aérien à guide polaire, avec Arnaud de Laveleye
👉 Épisode #131 - 🏴‍☠️ Arctic Fools - Les 3 potes niçois devenus explorateurs polaires
👉 Épisode #42 - Des expéditions polaires pour faire changer les regards sur l'état de notre planète avec Vincent Colliard


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SPEAKER_00

Un moment fort, c'est vraiment cet arrivé sur des fjords gelés, sur ce glacier. T'as une vue vraiment sur une mer de glace. Mais franchement, c'est la chose la plus belle que j'ai jamais vue de toute ma vie. Ça te prend, t'as un air frais qui t'arrive dessus. Tu vois un glacier à perte de vue et ça craque de tous les côtés. Et là, ça, c'est très, très fort. Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Joseph est un passionné d'aventure. Les grands espaces, c'est clairement ce qui le fait vibrer. Et après avoir descendu le Danube en kayak en 25 jours, il décide de se lancer dans une traversée ou plutôt une triple traversée. Il va s'attaquer aux îles Ferroé, à l'Islande, puis au Groenland. Ce que je retiens de cet échange c'est qu'il ne faut pas attendre d'être fin prêt pour se lancer dans les projets qui nous font rêver. Joseph en est l'exemple. Excellente écoute à vous. Eh bien, on y va. Bienvenue à nouveau, Joseph, pour la deuxième partie de cet épisode exceptionnel sur ta triple traversée des îles Ferroé, de l'Islande, du Groenland. Et en fait, on pourrait même dire quadruple traversée, parce qu'il y a aussi une traversée non pas pédestre, mais maritime. Enfin, bref, tu vas nous en parler. La dernière fois, on s'était quitté à la fin de ton récit de la traversée de l'Islande. Tu étais en train de prendre une pause bien méritée de l'autre côté de l'Atlantique au Canada et tu t'es apprêté à ce moment là à attaquer le dernier gros gros morceau de cette aventure incroyable à savoir la traversée du Groenland mais il y a eu autre chose juste avant ça donc écoute partant pour que tu nous expliques que tu nous fasses le récit de la deuxième partie de ton aventure Merci Loïc pour l'accueil sur ce deuxième épisode on s'était quitté sur l'Islande et après ce deux mois d'aventure c'était le moment de prendre une peau et donc je retourne en France je dépose un peu toutes mes affaires des skis qui ont vécu une pulka qui était neuve et qui revient avec un petit peu abîmé comme moi et c'est parti pour un mois et demi de pause et sur ce mois et demi même si l'aventure des trois îles elle était en partie terminée du moins la partie numéro une et bien j'avais un petit objectif c'était de trouver un bateau pour passer du Canada là où j'ai fait ma pause au Groenland donc on en avait parlé sur la partie 1 j'avais un objectif c'était un peu de réduire le fait de prendre l'avion et quand on est au Canada le Groenland ça paraît vraiment très très proche sauf que il n'y a pas d'avion qui passe là-bas et donc un petit objectif que j'avais en tête c'était de passer en voilier donc c'est un petit mois de navigation entre le Canada et le Groenland ça dépend où tu vas et par chance la petite étoile de l'aventure elle m'a apporté un capitaine qui cherchait deux compagnons justement pour retourner en Norvège depuis le Canada mais en passant par le Groenland donc super je suis avec ma copine on est au Canada elle veut retourner en Europe moi je vais passer au Groenland donc les étoiles sont alignées et on se retrouve à embarquer sur un voilier de 13 mètres à 3 pour partir sur ma troisième île on va dire celle du Groenland donc tu l'as c'est une étape qui se rajoute. Une quatrième petite traversée, traverser la mer du Groenland la mer du Labrador et ensuite pour terminer sur le Groenland incroyable donc là du coup ça veut dire que quand vous embarquez toi t'as tout ton matériel pour la traversée du Groenland ouais j'ai tout le matériel et donc on doit prendre un petit avion interne pour rejoindre le port du Canada le port c'est Halifax c'est sur la côte est du Canada et donc Donc, j'ai tout préparé dans mon sac. J'ai des liophilisés, j'ai mon matos de bivouac. J'ai vraiment énormément de choses. J'ai un sac qui va peser pas loin des 40 kilos quand j'aurai rajouté le fusil. Un petit kayak dedans, une pagaie démontable. Enfin, vraiment l'ensemble du matériel quasiment. Et ce petit avion d'une heure, ça m'a mis un petit coup de stress parce qu'ils avaient perdu mon bagage. Donc, arrivé à Halifax... Je me retrouve sans rien. Il fait froid. Je suis en short t-shirt et je n'ai plus aucune affaire pour l'aventure au Groenland. Et donc, là, c'est la merde. Là, le capitaine, en plus, il était pressé de partir. Lui, il avait un mariage en Norvège et on devait traverser un certain nombre de mailles nautiques. Et donc, moi, j'arrive au Canada sans aucune affaire. Et là, je pense que l'aventure, elle est terminée pour moi. Je me dis, on ne va jamais retrouver ce sac. Mais finalement, trois jours plus tard, on arrive à remuer un peu ciel et terre pour savoir où est ce sac. Et je me retrouve à nouveau équipé et prêt à partir. Donc, on embarque avec trois, quatre jours de retard à cause de ce sac-là. Mais on embarque. Donc, 20 jours de traversée. Objectif de base, c'était le Groenland. Mais cette année, le passage entre le Canada et le Groenland est super bouché. On est en début de saison de ce genre de traversée. Et donc, la côte ouest, et sud du Groenland elle est vraiment bouchée de glace et donc notre bateau ne suffira pas pour passer et donc après réflexion on décide de taper un petit peu plus au sud et donc de rejoindre l'Islande à l'épisode dernier on s'est arrêté en Islande et là un mois et demi de pause et 20 jours de traversée plus tard je me retrouve en Islande pour passer au Groenland et entamer cette troisième méga île Du coup, c'est quoi, parce que là, on est passé rapidement dessus, mais 20 jours de traversée, j'imagine qu'il y a eu des hauts, des bas, des challenges, des moments incroyables. C'est quoi, toi, que tu retiens de cette partie de l'aventure

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Des hauts et des bas, oui, pas mal de bas. Ce que je retiens, c'est que c'est une espérance fabuleuse. C'était une espérance, je n'étais pas sûr de la tenter. J'ai des petites expériences en bateau, avec ma copine à Nice, on a habité un an et demi sur un petit voilier de 7m60 donc naviguer j'ai des bases, je suis pas un grand navigateur j'ai même souvent un mal de mer quand ça bouge un peu trop donc on s'était lancé un peu tête baissée dans cette aventure sans vraiment se projeter sans vraiment être conscient de ce que c'est 20 jours sur un océan je pense mais expérience de fou où t'apprends la vie, ta vie sur un bateau t'apprends à véritable en Avidia faire des quarts de nuit durant 20 jours donc à se partager un petit peu les moments de sommeil et les moments de veille et ça c'est une sacrée expérience et il n'y a personne sur l'eau ça aussi c'est notable à partir du moment où on a quitté la côte du Canada jusqu'à l'arrivée en Islande on n'a croisé aucun bateau, rien sur le radar et ça c'est particulier de prendre conscience qu'il n'y a personne autour de toi 20 jours, donc du coup, entre les quarts, etc. J'imagine qu'au final, c'est long et assez court. Vous avez eu du vent en permanence

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a eu pas mal de vent, même parfois un peu trop. On a eu des prévisions un peu très venteuses qui s'annonçaient. On a échappé un peu aux tempêtes. Mais on s'est fait secouer quand même sur 20 jours. Ce n'est pas un océan, ce n'est pas la mer Méditerranée en été. Donc, ce n'est pas de tout repos c'est pas 20 jours où tu dis ben allez on arrête de naviguer on on se met au soleil, on sort la canne à pêche et on pêche tranquillement en prenant l'apéro. C'est pas tellement ça. Là, c'est 20 jours de brume, de ciel gris, de vent. Donc, en termes de conditions météo, c'est pas relax. Et on se fait secouer dans tous les sens. Donc, au début, c'est assez drôle. Et au fur et à mesure, ça commence à peser. Et je pense qu'on rajoutait 5 jours de navigation, on commençait à se mettre un peu sur la tranche. Tu cuisines, il y a tout qui tombe, tu fais tomber ton plat de riz que t'as galérer pendant un quart d'heure à tenter de faire c'est une sacrée expérience ça c'est sûr moi j'ai l'habitude d'avoir les deux pieds sur terre et d'aimer la stabilité et là j'ai appris à vivre avec ça c'est un peu la philosophie de cette aventure c'est qu'on peut pas être expert sur tous les points avant de partir et là j'étais pas expert je le suis pas devenu mais en tout cas j'ai pris un peu d'expérience hum Excellent. Du coup, arrivé en Islande, enfin retour en Islande plutôt, ton objectif étant le Groenland, comment est-ce que tu t'organises

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et juste avant ça, tu as dit 20 jours, donc là on est à quelle période de l'année

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc on arrive fin juin, on se rapproche du mois de juillet. Ok, donc là il y a aussi le chrono qui tourne, parce que si j'ai bonne mémoire, le Groenland s'est ouvert entre guillemets à partir d'avril, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

pour tout ce qui est expédition, etc. En tout cas, pour les traversées, c'est avril. Ça, je ne sais pas. Dans ma tête, c'est ouvert toute l'année, mais c'est à toi de t'adapter un petit peu à la condition météorologique. En tout cas, si on se rapproche de juillet, tu n'as pas six mois devant toi pour faire ton trip

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, de toute façon, j'ai une deadline, c'est fin août. J'étais parti en mi-temps, donc j'ai eu six mois de disponibles. et ces 6 mois se sont pas mal écoulés déjà donc 20 jours sur le bateau, j'arrive à peu près le 20-22 en Islande et mon seul objectif c'est de passer au Groenland le plus vite possible pour tenter de vivre l'aventure que j'ai en tête depuis un certain nombre d'années et donc d'Islande après 20 jours de navigation je prends un petit avion pour passer sur la côte ouest du Groenland et arriver à Nuuk, la capitale du Groenland qui sera le point de départ de l'expédition en Groenland, qui n'est pas une traversée. L'objectif de base, c'était d'enchaîner les kilomètres et de monter le plus au nord possible depuis Nook. Mais finalement, petit changement de programme et petit changement de philosophie en arrivant sur l'île. Ok, donc tu arrives finalement à Nook.

UNKNOWN

Là...

SPEAKER_00

Donc l'idée initiale, c'était vraiment de partir de... Tu avais une ville, enfin un village que tu visais, au nord de Nouc en particulier, ou l'idée c'était d'avancer au max puis de revenir à Nouc

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors au niveau de l'organisation, je ne suis pas le plus aguerri. J'avais un seul et unique objectif, c'était de rejoindre la côte ouest, et donc là j'ai choisi Nouc, et de remonter le plus au nord possible. Et je ne m'étais pas fixé un objectif, mais je m'étais fixé une limite. En fait, tout au nord, il y a un dernier aéroport et je me suis dit, si jamais dans le cas où tout est bon, j'arrive à faire 800 bornes, 900 bornes, je sais qu'ici, ce sera le dernier point où je pourrais revenir à la civilisation ensuite. J'ai un peu fonctionné comme ça, je me suis fait des points en me disant, si j'arrive là, je peux rentrer. Par contre, après, si je dépasse ce point-là, c'est plus compliqué. Et donc, le point le plus au nord, c'était quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Iloulissat ou encore plus au nord

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, encore plus au nord. plus au nord, je n'ai plus en tête, mais il y a une base américaine et juste au-dessus, il reste un petit aéroport qui est considéré un peu comme la dernière ville au nord du Long Island. Et donc ça, c'était 800 kilomètres au nord de Nukes. Je pense même un petit peu plus. C'était un projet vraiment, vraiment ambitieux. C'était le projet que j'avais. C'était ma limite du projet, on va dire. je savais que c'était pas jouable dans les temps impartis mais voilà l'objectif il était clair c'était je venais de finir la traversée des Féroé je venais de finir l'Islande et moi j'aime bien enchaîner des bornes j'aime bien explorer un peu à travers cet objectif un peu bête et méchant de foncer tout droit à travers une nature sauvage et donc je m'étais fixé cette petite limite là mais comme je t'ai dit arriver au Groenland ça change un peu j'avais pris conscience qu'il y avait une autre manière aussi d'explorer même si j'adore enchaîner des kilomètres faire 20 jours de bateau ça m'avait changé un petit peu la philosophie de ce voyage là en disant qu'il y avait peut-être moyen de prendre le temps de vivre autrement sur cette troisième île justement le voilier ça m'a fait prendre conscience un peu des distances du temps nous on a l'habitude de de pouvoir... de pouvoir quasiment se téléporter à l'autre bout du monde en une demi-journée d'avion. Et là, en fait, pour passer du Canada à l'Islande, il a fallu 20 jours. Et avant de le faire, tu ne réalises pas trop. Tu te dis, en fait, si je prends un avion, j'en ai pour 3-4 heures. Et là, 20 jours de navigation. Et donc, ça change un petit truc en moi quand même. En disant, c'est bien aussi de pouvoir prendre le temps. Donc, j'arrive en août et je me dis, en fait, je voulais prendre un bateau pour descendre plus au sud de base et je me dis bah tiens Théanout c'est l'objectif déjà d'être au Groenland d'explorer de vivre un petit peu dans cette méga île et bah on part de Nout Théanout tu remplis ton sac à dos t'achètes un petit peu à manger tu fais les points au niveau des équipements et bah tu pars de Nout pas besoin de te prendre la tête à prendre un autre bateau ou à tenter de se déplacer pour arriver à un autre meilleur endroit Et donc je pars de Nukapier, je quitte mon Airbnb 5 à 6 jours après mon arrivée, pour me laisser le temps de récupérer et de préparer tout ça, et je pars plein Est, avec un objectif qui est un petit village qui est à l'Est de Nuk, qui s'appelle Capicilite, donc qui est... qui sera ma première étape. J'avais prévu 10-15 jours à peu près pour aller rejoindre ce premier village et faire le point là-bas. Et après, une fois là-bas, je me suis dit, on verra quelle sera la seconde étape. Ok, donc là, le village, tu dis qu'il s'appelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Capicilite. Capicilite. Ça ne se dit pas comme ça, je pense, en groenlandais. Mais je ne pourrais pas te dire comment ça se redit. Je l'ai entendu, je l'ai en tête, mais je ne pourrais pas le répéter. Ah oui, Capicilite. Ok, oui, avec un K. Je suis sur une carte en même temps. J'essaie de voir un peu par où tu es passé. 15 jours. Donc là, on n'est pas... En fait, Oui, j'imagine qu'il n'y a pas de villages qui sont sur la calotte glaciaire, enfin sur le glacier en tant que tel du Groenland-Si. Non, non, non. Il y a des villes surtout proches de la mer ou alors ancrées dans des fjords ou sur des petites îles. Il n'y a rien qui est enterré dans les terres. Ok. Incroyable. C'est fou quand même. Donc là, à ce stade-là, du coup, tu n'as plus vraiment d'objectif, en tout cas d'un point de vue géographique. L'idée, c'est plus de prendre le temps de prendre le temps, j'ai l'impression, et de profiter à fond. Mais tu as quand même une direction en tête. Tu sais plus ou moins vers où tu veux aller

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, j'ai une direction. Déjà, c'est le village. Je n'aime pas partir en marchant sans avoir d'objectif précis. Même si je prends le temps, même si j'explore, je fais des allers-retours ou même des parcours en étoile de temps en temps, j'aime bien me dire dans 10-15 jours, je vais là-bas et je serai là-bas mais sur le chemin par contre rien ne m'empêchait d'avancer vers l'est un jour et finalement de me repérer, il y avait une vallée vers le nord et donc je monte vers le nord et je vais explorer cet endroit qui sur ma carte a l'air super chouette et je me dis à quoi ça ressemble en vrai et donc je fais un détour, je fais des zigzags je parcours en étoile je trouve même une cabane où je reste 2-3 jours au même endroit où je chope mon premier poisson de Groenland après des heures à pêcher sous la pluie mais voilà parfois je me pose et je vais explorer, je vais marcher je vais monter sur une montagne donc je me permets ça quand je dis que je prends le temps c'est pas que je pose l'attente à 13h en étant parti à 10h c'est je fais des grandes journées mais pas uniquement dans une seule et même direction, je me permets d'aller explorer ma carte en plus en détail. C'est comme ça que je vois cette expression de prendre le temps dans ce genre d'aventure. En termes de sensations, à ce moment-là, t'es parti de nous qu'il y a une quinzaine de jours, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

10-15 jours

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quand t'arrives à ce premier stop

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, avec des petits problèmes de traversé de toile entre les deux. Je me fais bloquer par des cols qui sont trop enneigés à cette période de l'année. Et finalement, ma traversée qui devait... Je n'avais pas prévu de faire demi-tour, évidemment. Je me trouve coincé quand j'essaye de passer un col. Et donc, je fais demi-tour, je réfléchis un peu aux autres possibilités. J'essaye un deuxième col le lendemain et échec à nouveau. Donc, pour passer à ce village-là, je me dis que ce n'est pas possible, que je n'arriverai pas. Donc, deuxième demi-tour. En fait, il y a trop de neige, il y a trop de brume, il y a trop de pluie. Je n'arrive pas à passer ces deux cols-là et je me retrouve bloqué entre nous et Capicilite.

SPEAKER_01

D'accord.

SPEAKER_00

Avec toujours l'objectif d'atteindre le village, mais un petit obstacle en face de moi, ces deux cols, infranchissables, en tout cas dans les conditions météorologiques actuelles, je n'arrive pas à passer. Et donc là, encore une fois, surtout deux jours d'affilée je fais une demi-tour et je replante ma tente exactement au même endroit en me disant en fait raté t'arriveras pas à atteindre le village que t'avais regardé sur la carte Là, en termes de sensations, parce que tu avais déjà été seul en Islande, même si l'Islande, il y a une concentration démographique qui est méga faible, le Groenland, c'est incomparable. Donc, j'imagine qu'à l'inverse de l'Islande, par exemple, tu ne dois pas croiser beaucoup de routes ou de pistes. J'imagine qu'il n'y en a pas du tout, en fait. Et puis, en termes de paysage, moi ce que je vois sur la carte c'est que c'est plein de bras de mer le relief a l'air assez c'est pas une grande plaine étendue où tu vois loin, c'est bien bien escarpé et il y a de l'eau absolument partout donc je suppose qu'assez vite tu dois avoir la sensation d'être perdu au fin fond du monde, c'est comme ça que tu le ressens toi à ce moment là après avoir quitté Nouk ouais carrément c'est un mélange de fjords de montagnes qui partent de zéro ça peut monter à 1500 là où j'étais à peu près donc ça fait des gros dénivelés tu vois t'as pas de grande vue dégagée à part quand tu te rapproches des fjords où là tu tombes sur des immenses fjords qui peuvent mesurer en long pour rejoindre entre la terre et la mer des centaines de kilomètres donc ça peut être vraiment immense mais ouais comme tu l'as dit il n'y a pas de route, il n'y a pas de sentier il n'y a pas de randonneur et justement là sur le quand t'es bloqué tu te retrouves bloqué mais tout seul donc ouais vraiment grand sentiment de solitude quand tu quittes la plus grande ville du Groenland qui fait 20 000 habitants je pense donc tu te retrouves tout seul dans ces grandes montagnes dans ces grands fjords sans humeur en tout cas parce qu'il y a énormément d'animaux des rennes des lapins des ours mais moi j'en ai pas vu mais tu te retrouves tout seul dans cette belle nature. Mais par chance, d'ailleurs, quand j'étais bloqué entre les deux cols, où je n'arrivais pas à passer, j'ai rencontré mes premiers individus après une semaine de marche, au bon moment, parce que je tombe sur un bateau de chercheurs qui étudiaient des insectes et l'eau du Lourenland, qui est un gros centre de recherche pour ce genre de thématique et donc il me sauve un petit peu la mise j'ai pas retourné à pied à Nook il m'emmène et me permet de contourner cet obstacle rocheux que j'arrivais pas à franchir et me ramène du coup sur la suite de l'aventure mais en ayant esquivé ces deux cols que j'arrivais pas à passer donc j'étais seul mais par chance au moment où il fallait trouver quelqu'un j'ai trouvé quelqu'un donc ça c'était vraiment cool donc là c'était quand même serein sur le fait que la neige allait finir par fondre et que du coup l'école serait dégagée si t'as poursuivi ouais j'avoue que c'était un petit pari mais je voulais pas m'arrêter là j'avais fait 20 jours de bateau pour arriver ici et ouais je voulais atteindre ce village et je me suis dit là a priori c'était les deux cols les plus compliqués en termes de neige on va continuer à avancer dans la saison. Il ne faut pas que je m'arrête là, je n'ai pas envie de faire demi-tour et de rester dans cette petite portion autour de Noucle. Et donc, ils m'ont permis de continuer. Le pari, c'était que la suite, ça passerait. Donc, ils me déposent et je continue vers ce village-là. Et c'est bon, mon pari a fonctionné. C'était moins enneigé après. Et il n'y a plus eu d'obstacles naturels qui m'ont bloqué complètement la route excellent pas à cette échelle en tout cas donc quand t'arrives à Capicillite Le village est habité à l'année, permanent, ou c'est uniquement à la bonne saison, on va dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, le village est habité à l'année. C'est pas un gros village. Moi, j'avais noté qu'une seule information, c'est qu'il y avait une épicerie. Donc ça, c'était le seul petit truc qui m'intéressait et dont j'avais l'information. Que t'avais trouvé où, d'ailleurs, par curiosité

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Que j'avais trouvé... Je pense sur le net. Il y a des ouvertures de l'épicerie. En tout cas, je les avais notées. Je ne sais plus où j'avais trouvé l'information, mais je me souviens de mon petit cahier où je prends des notes et j'avais noté où était la petite épicerie du village. C'était un objectif que j'avais en tête, je dois avouer, après 10-15 jours de marche, d'arriver au village et de manger autre chose que du poisson. Je me suis dit, trop bien, j'arrive au village, la première chose que je fais, c'est Je passe à cette épicerie, je regarde ce qu'ils ont et j'achète à manger. Donc, objectif très simple de changer un petit peu de nourriture. Mais j'avoue que ça m'a permis d'accélérer un peu sur les derniers kilomètres qui devenaient longs avant le village. Mais pas de chance. J'arrive un samedi, je pense une heure après la fermeture de l'épicerie. Donc, l'épicerie réouvre deux jours après. Et donc, j'ai plus grand chose à manger. Mais je rencontre quelqu'un qui me dit« Ah, mais pas de souci, regarde, dans la rivière, il y a plein de poissons, là, des fjords, il y a des cabillauds, il y a du saumon, des truites, tu peux aller pêcher.» Ouais, mais ça fait déjà 10-15 jours que je pêche. Donc, en fait, même dans ce petit problème-là où j'avais prévu d'acheter à manger et finalement, je n'en trouve pas, ça permet de prendre contact avec la population aussi. Ils se rendent compte qu'il y a un mec qui arrive dans le village, il n'a plus à bouffer et je trouve que ça a permis de tisser un peu des liens ils m'ont appris un peu sous leurs ailes en disant bah là viens on va t'emmener pêcher je t'emmène manger chez moi donc j'ai pas eu cette épicerie mais j'ai eu des contacts avec la population locale et ça c'était chouette et globalement les gens sur place comment ils réagissent quand ils te voient débarquer est-ce qu'ils sont finalement habitués est-ce qu'il y a des gars solo des voyageurs solo qui débarquent dans ce coin perdu à Capicilite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou est-ce que ça suscite beaucoup de questions, d'interrogations

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est quoi les réactions

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je pense que c'est un village qui peut être accessible depuis nous, où il y a des bateaux qui font des navettes. Mais en arrivant, j'ai... J'ai eu une sensation positive et j'aime bien celle-là, c'est de se dire qu'il n'y a pas de grand monde. Et là, quand j'arrive, il n'y a que des villageois qui sont locaux. Et ça, ça me plaît bien de me dire que je ne suis certes pas le seul Européen à faire ça, mais qu'à ce moment-là, il n'y a personne d'autre. Et dans les discussions avec les gens... ils voient, d'après ce que j'ai eu, ils voient rarement des gens tout seuls. Et ça, c'est chouette de dire j'ai fait un petit truc qui ne s'est pas... très régulièrement, qui se fait, ça c'est sûr, mais qui ne se fait pas très régulièrement et de manière seule. Donc ça, en plus d'apporter cette petite satisfaction que j'aime bien, ça a aussi permis de tisser des liens avec les gens qui habitaient ici, où là, comme je suis seul, peut-être le contact est plus facile. Si tu arrives en groupe avec six potes à toi, je pense que tu as moins de chance de te poser, de manger un truc avec avec les gens qui sont là et qui passent leur vie ici. Donc j'ai bien aimé ça, ce petit sentiment d'être un peu l'étranger dans un village. Incroyable. Depuis tout à l'heure, je t'ai dit, j'ai la carte sous les yeux, je fais des zooms, des dézooms, c'est vide, il n'y a absolument rien. J'aime bien te dire qu'il n'y a rien, mais il y a tout. En fait, quand tu regardes la carte, tu te dis qu'il n'y a pas de route. Il n'y a pas de bâtiment, il n'y a rien. Donc, c'est vide. Mais la sensation que tu as quand tu es dedans, tu te dis qu'en fait, il y a tout. Il y a des animaux... il y a du poisson, il y a des rivières, c'est magnifique, et donc t'es comblé. Et ça, j'aime bien. Quand il n'y a rien, mais pour toi, dans ce moment-là, tu retrouves tout. J'ai parlé d'une épicerie, t'as pas besoin d'une épicerie pour manger. Tu prends ta canne à pêche, tu vas dans le fjord, tu patientes 20 minutes, t'as ton repas. Il n'y a rien, il n'y a pas de supermarché, mais il y a tout, parce qu'il y a de l'eau, il y a de la nourriture, il y a du kiff. En plus, il fait beau à ce moment là donc ça c'est vraiment chouette excellent du coup t'arrives t'arrives à Capicilite déposé en bateau non non pas forcément déposé en bateau ils te font contourner l'école et là je reprends la marche ça va être particulier pour les villageois de te voir arriver à pied et pas en bateau non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais ils ont dû voir arriver un mec avec un énorme sac une Winchester sur l'épaule et je me suis rendu compte après en étant invité dans une famille que dès qu'il y a quelqu'un qui marche et qui vient de la direction où je venais, il y a tout le monde avec ses pères de jumelles qui commencent à étudier et à se demander c'est qui celui-là, donc je m'étais fait repérer bien avant que je le sache ok, excellent du coup la suite de l'aventure tu décides de partir dans quelle direction

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors le l'objectif de base c'était je me dis je vais au village et après je remonte vers le nord comme ce que j'avais prévu de faire et en étant invité, en nous en discutant de choses... d'aventures, de rivières, de glaciers, je me rends compte que la partie sud, elle a l'air super chouette. Et donc, je décide, trois, quatre jours après être arrivé à ce village, en attendant de pouvoir refaire un petit peu un stock de nourriture et un stock d'énergie dans ses jambes qui commençaient à fatiguer sous le poids du sac, je décide de partir vers le sud avec un objectif qui est assez chouette. Je devais descendre vers le sud, trouver une rivière et la remonter jusqu'au glacier. Et arrivé au glacier, je mets mon kayak à l'eau et je redescends la rivière et je continue vers le sud ensuite donc ça c'était l'objectif de base après ce petit village là donc je pars pour un objectif de 20 jours en disant bah allez pendant 20 jours tu descends et après ce sera l'occasion de remonter et donc là sur l'itinéraire zéro village, zéro épicerie même pas une épicerie donc je fais le plein de chocolat et Et je pars avec mes affaires, mon kayak. Et donc, je m'engouffre dans une longue vallée qui ensuite, je rejoins une vallée glaciaire. Et là, j'avais pour objectif de remonter cette rivière qui était magnifique dans une vallée verdoyante avec des ailes qui tournent autour toute la journée, avec des rennes partout. Et jusqu'à arriver jusqu'au glacier. Donc, le glacier, c'est le début de l'Islandis, le début de ces quatre 80% du Groenland qui est complètement gelé. Et ça, c'est un sacré choc. Tu arrives, tu vois une mer de glace, des stris de glace, des gros morceaux d'icebergs qui tombent non-stop dans l'eau. C'est un spectacle visuel et sonore de fou. Au fond, après 10 jours de marche, tu tombes là-dessus et là, c'est un gros moment, un grand moment. Je suis assez impressionné par l'engagement, en fait, de l'aventure enfin tu vas partir comme ça partir 20 jours avec un sac sur le dos c'est une chose partir 20 jours quand tu sais que potentiellement tu vas être absolument seul au monde loin de tout même si t'as comme tu disais un peu plus tôt tu manques de rien mais quand même l'engagement il est vraiment total est-ce que t'avais des de l'anxiété peut-être même des craintes particulières avant de partir sur cette partie là de l'expédition en particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, j'avais deux craintes, une peut-être un peu plus rationnelle qu'une autre. La première, c'est la peur de la petite frayeur autour de l'ours où je sais qu'au loin et loin, il y a des ours et même si je ne suis pas dans la région ou le territoire où les ours ont l'habitude d'être là, il y a des ours qui passent et la population locale d'ailleurs sait qu'il y en a un qui n'est pas très très loin. Donc ça, c'est une petite chose qui me trotte en tête non-stop quand tu marches dans des buissons, quand tu es dans les rochers ou quand il y a de la brume. Même si j'ai le fusil à l'épaule, j'ai cette petite appréhension. Ça, c'est sûr. Ça, c'est la peur rationnelle qui est peut-être plus... plus forte que la deuxième. La deuxième, c'est au niveau de la météo. Il n'y a aucun arbre, il n'y a aucun abri, il n'y a rien pour faire sécher tes affaires. Et quand tu te prends la pluie, moi, ça m'impacte beaucoup le moral. Et je me suis dit, en fait, il me reste 20 jours à peu près avant de pouvoir me reposer. Et s'il pleut, ça va être long. Ça va être très très long. Et ça a été long parce que pendant 5 jours, 5-6 jours d'affilée, j'ai pris la pluie. Donc là, gros coup de mou parce que 5-6 jours sur la pluie avec des affaires qui commencent à être trempées malgré une tente, malgré ta veste imperméable, quand il pleut toute la journée et que tu es dehors, tu es trempé. Et donc là, je prends un petit coup de mou, je dois avouer. Le moral est assez bas et je me dis qu'il me reste 15 jours, 20 jours devant moi et Ça va être long. Là, je commence à en avoir un peu marre. Mais ça a vite varié. En fait, ça a vite changé. Il a suffi d'un petit coup de soleil et un joli lac où poser le kayak pour soulager un peu le dos. Et après, c'était reparti. 20 jours de bonheur. Peur de l'ours et peur de la pluie. Deux choses un peu différentes. Et la solitude, aucune appréhension par rapport à ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

La solitude, c'est parce qu'il me fait le... Encore une fois, ce qui est impressionnant, c'est l'isolement total. La solitude, c'est parce qu'il me fait le plus peur, à part dans les moments de mou, on va dire... au niveau psychologique, au niveau du moral, c'est pas quelque chose que je vois comme négatif. J'étais là où je voulais être, exactement dans la façon où je voulais vivre ce moment, donc ça c'était nickel. Mais par contre, le fait d'être tout seul et de se dire« il n'y a pas de chemin, donc je vais devoir grimper ce col-là qui a l'air bien chaud», S'il m'arrive un truc, il ne faut pas compter sur les secours de sitôt. Ça, c'est quelque chose qui te trotte en tête aussi. Quand tu marches ou quand tu te fais une petite frayeur en tombant dans un éboulis ou entre des rochers, c'est un truc que tu as en tête. Je rajouterais cette petite peur aussi. Ce n'est pas une peur, mais c'est quelque chose qu'il faut avoir à l'esprit. De dire que tu es tout seul et si il t'arrive quelque chose, il t'arrive quelque chose. Et tu avais quoi pour potentiellement prévenir des secours

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Un téléphone satellite

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, un Garmin qui permettait d'envoyer un signal en cas de détresse. Et dans les moments un petit peu plus tendus que les autres, j'ai envie de dire, j'avais contact aussi avec deux personnes qui géraient un peu plus ça. C'était ma copine et un ami qui étaient un peu plus vigilants sur ça. Donc dès que je m'engageais dans un col ou dans un endroit qui n'était pas très safe, on va dire, je disais là restez proche du téléphone donc ça permettait d'envoyer un peu plus de messages que d'habitude pour prévenir que tout allait bien et si jamais j'envoyais pas de messages là il fallait un petit peu plus s'inquiéter que les autres jours mais tout s'est bien passé pas de panique ça a été quoi du coup les moments forts au delà de la pluie de cette phase de l'expédition un moment fort c'est vraiment cette arrivée sur des fjords gelés sur ce glacier. Tu passes un petit dénivelé et là, tu as une vue vraiment sur une mer de glace. Et ça... J'avais vu des photos, j'avais vu des vidéos, des documentaires, mais franchement, c'est la chose la plus belle que j'ai jamais vue de toute ma vie. Ça te prend, t'as un air frais qui t'arrive dessus, tu vois un glacier à perte de vue et ça craque de tous les côtés. Et là, c'est très très fort. Vraiment, c'était un spectacle, j'ai déjà dit, mais visuel, ça te prend les yeux. Moi, j'ai pas réussi à enlever mon regard de cette mer de glace pendant un certain temps et sonore parce que toute la journée quand tu te rapproches, quand tu dors ça craque et ça m'a fait penser un peu à Sylvain Tesson qui dit que quand il habite dans sa petite cabane au bord du lac Baïkal il entend le lac chanter, le lac craquer et c'était exactement ça et donc ça c'est un moment très très fort ça restera vraiment gravé dans ma tête un certain temps Excellent ça donne presque un envie de faire une traversée en bateau pendant 20 jours 15 jours d'expédition vers un premier village puis 20 jours ensuite de marche tout seul pour voir ça incroyable ouais non ça c'était vraiment un spectacle fort après comme j'avais prévu de redescendre dans la rivière que j'avais suivi pour arriver jusque là et bien finalement je m'étais rendu compte que c'était pas jouable parce que cette rivière elle était très amincie et bien souvent elle était quasi sèche et donc c'était pas possible de descendre en petit packraft le long de cette rivière donc on va dire malheureusement j'ai pas pu la descendre j'ai pas pu m'amuser un petit peu dans cette rivière et continuer plus au sud mais finalement j'ai changé de plan et j'ai suivi ce ce glacier j'ai longé le glacier et ça c'est je regrette pas du tout finalement j'ai fait j'ai fait continuer ce spectacle je suis resté proche de de cette de ce gros glacier qui m'épatait tellement. Donc ça, c'était chouette. Incroyable. Donc là, on est à un peu plus de 30 jours, 40 jours d'expédition

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, on se rapproche de la fin, donc je suis resté 47 jours dans la nature entre mon départ de Nook et mon retour à Nook. Et ouais, ça commence à... Là, on commence à se rapprocher du 30e, je dirais. Là, t'as des... Tu ressens des changements quand t'es isolé de manière j'insiste vraiment sur l'isolement parce que je pense que c'est très difficile à concevoir pour quelqu'un qui l'a pas vécu en tout cas un isolement aussi important que le tien que ce soit géographique t'es vraiment pour le coup loin de tout tu peux être seul en montagne au dessus de Grenoble à portée de voie presque de la civilisation en tout cas à vue de la civilisation mais là toi t'étais vraiment vraiment vraiment loin de tout est-ce que t'as ressenti des changements dans je sais pas tes réflexions la journée est-ce que tu t'es mis à te parler toi-même est-ce qu'il y a des choses qui t'ont marqué dont t'as fait l'expérience au Groenland que t'avais pas forcément vécu dans tes traversées de l'Islande des îles Ferroé ou du Danube en kayak ouais ouais ouais c'est ce que je recherchais un petit peu j'adore les montagnes les Alpes français c'est vraiment super beau mais t'as toujours un petit peu cette idée de dire bah je suis jamais très loin de quelque chose, d'une route, d'un village et au Féroé on retrouvait un peu ça, c'est un tout petit pays même si t'as des vues dégagées sur une nature totalement intacte, et ben tu sais que à une vingtaine de kilomètres t'as un village, t'as une route en Islande tu l'as un petit peu moins quand t'es sur les hauts plateaux mais au Groenland ouais c'est sûr que à partir du moment où tu quittes un village il n'y a pas de route il n'y a rien et ça c'est ce que je recherchais donc ça c'est je dirais c'est même pas un point négatif c'est cette sensation là je la recherchais et ouais quand t'es isolé, quand t'es tout seul tu m'as demandé si je me parlais tout seul bah de temps en temps ouais et pour l'anecdote à voix haute ouais même les seuls enfin J'étais pas tout seul parce qu'il y avait des rennes. Je pense que toutes les heures, tu rencontres un renne, tu rencontres un animal qui déboule sur le chemin. Et là, j'ai relu un peu les notes que je prenais dans la tanque le soir. Et j'ai noté que je parlais aux rennes. J'essayais de dire« Mais toi, je t'ai déjà vu, t'étais pas là ce matin

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Parfois, j'ai des petits souvenirs, des petites phrases comme ça qui ressortent un peu. Je menais pas des discussions tranquilles. très approfondie avec les rennes. Mais je n'ai pas gardé la bouche fermée pendant un mois et demi au Lourenland. Tu t'insultes quand tu fais des conneries, tu t'exclames quand c'est magnifique et tu peux même parler aux rennes. Donc, tu n'es pas vraiment tout seul. En tout cas, pas dans ta tête.

UNKNOWN

Incroyable.

SPEAKER_00

Incroyable. Après, tu veux nous en parler de la fin d'expédition, mais je suppose que le retour à la« civilisation», il est relativement doux au Groenland. Parce que tu ne redébarques pas d'un coup au cœur de New York ou dans le métro parisien. Oui, c'est doux. Le retour à nous s'est fait en douceur. C'était, j'arrive au 47ème jour, je suis de retour à Capicilite et je me dis, ça y est, t'as vécu ce que tu voulais vivre. Si ça s'était arrêté en Islande ou au Féroé, il aurait manqué quelque chose, ça c'est sûr. Mais là, c'est bon, t'as vécu une autre aventure, t'as 3ème île, 47 jours au Groenland, à marcher, à pêcher, à galérer, à camper tous les soirs sous des ciels magnifiques et dans des conditions de fou. Et là, je suis très chanceux. Et sur le retour, je me dis, C'est bon en fait, tu peux rentrer, t'es bien. Tu as vécu ce que tu voulais vivre exactement comme tu voulais le vivre. Et c'était la première fois que ça m'est arrivé, de rentrer d'une aventure et me dire, c'est bon, tu peux être serein et rentrer tout doucement chez toi. Mais ça, c'était entre Nook et Capicillite. Une fois avec Nook, tout s'accélère quand même. J'ai fait durer le plus longtemps possible cette aventure. Et le jour d'après, après mon retour à Nook, je dois prendre l'avion. Et finalement, en trois heures, tu es en Europe. tu te retrouves à Paris la demi-journée d'après, et là, c'est le choc. Tu te prends des odeurs que tu n'as plus l'habitude de prendre, la pollution, le bruit, les gens, et donc le retour, il s'est quand même fait très très vite, entre le soir où je pose la dernière fois la tente à côté du village, où je profite d'un coucher de soleil, d'un lever de soleil magnifique, sur un fjord où il y a des petits icebergs qui continuent à flotter, et deux jours après, je suis dans le train à Paris parce que je viens d'atterrir là-bas et tout s'est accéléré donc cet état d'esprit de retour lent à la réalité il a existé que au Groenland Là, tu avais déjà fait le récit du Groenland, que ce soit oralement ou par écrit à quelqu'un d'autre. Tu avais déjà essayé de partager ce que tu as vécu là-bas avant cet épisode

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Dans les grandes lignes. On me pose la question, alors le Groenland, alors l'Islande. Mais je n'ai pas encore pris le temps de... de vraiment mettre mes mots à moi dessus. J'ai fouillé un petit peu dans ce que j'avais écrit. J'aimerais bien notamment travailler autour d'un récit, mais je n'en suis pas du tout au Groenland encore. Dans mon travail d'écriture, je suis encore à vélo. Je suis encore au Danemark, donc le chemin jusqu'au Groenland, et ça lance encore un peu long. Et là, maintenant que tu viens de faire l'exercice, est-ce que tu as le sentiment que tu arrives à restituer ce que tu as vécu là-bas, à mettre des mots sur les émotions, les sensations, le ressenti ou c'est compliqué

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je pense que dans nos discussions même si ça fait plus de 30 minutes qu'on parle je pense que j'arrive à ressortir 10% de vraiment ce que j'ai vécu à la fois en termes de d'émotions positives ultra positives où malgré la petite chute de morale sur 5-6 jours j'ai vécu 47 jours vraiment de bonheur intense et là même quand on parle même quand je te fais des petites anecdotes sur ce voyage là je me rends compte qu'il y a plein de choses que j'aimerais te dire et qu'on n'a pas encore parlé donc je dirais 10% j'arrive à exprimer 10% de ce positif là et peut-être un peu moins des galères et des éléments un peu plus impactants sur le moral ou sur le physique qui ont été un petit peu on va dire cachés sous l'effet positif de ce que j'ai vécu quand je relis mes notes je me rends compte que souvent j'étais dans le mal physiquement et je me posais des questions mais quand je parle du Greenland c'est pas la première chose qui me vient à l'esprit donc j'ai tendance à minimiser un petit peu les efforts, les galères les journées où tu te retrouves à tenter de pêcher sous la pluie pendant 3 heures ça s'est passé un petit peu en dessous et les points positifs ont pris le dessus dans les moments où j'essaye de raconter un petit peu cette aventure la magie du cerveau c'est ça elle a fait le choix excellent ok les galères si tu devais résumer cette partie de l'aventure au Groenland c'était quoi physiquement qui était difficile c'était le poids du sac sur les épaules c'était le terrain les jambes un tout ça a été quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est un tout donc tu quittes le village et tu sais qu'il n'y a pas de sentier donc c'est vraiment du hors-sentier tu te retrouves dans des buissons dans des de la roche dans des des éboulis ou même proche des glaciers. Donc le terrain est vraiment compliqué. Ce n'est pas un GR où tu peux enchaîner les kilomètres tout droit et sans jamais faire demi-tour. Là, souvent, tu zigzagues à travers des rochers, tu descends, tu remontes parce que ça ne passe pas. Donc le terrain est vraiment difficile. Et un sac, un sac extrêmement lourd. Je n'avais jamais porté un sac aussi lourd. Avec le fusil, avec le kayak, avec la nourriture, je suis parti avec un sac de pas loin de 40 kilos. Et ça, c'était une grande première pour moi. pour moi. Après 20 jours de navigation, j'avais un corps un peu aussi un petit peu affaibli. Donc la reprise de marche avec ce gros sac à dos dans des terrains non roulants pour rester soft, ça, ça m'a impacté physiquement. Et au fur et à mesure de l'aventure, le corps s'est aussi fait. J'ai aussi appris à mieux gérer mes efforts, à aller moins vite dans certains endroits. Le dos s'est adapté au sac. Donc il y a ça Cet aspect physique qui a impacté. Et l'aspect moral, ce qu'on avait dit avant. Il y a des jours où tu te prends la pluie non-stop. Tu manges sous la pluie. Tu dors sous la pluie. Tu commences à être mouillé. Et ça, ça ne sèche pas. Donc les galères, c'est au niveau de ça. C'est au niveau de la difficulté physique et le fait d'être, on va dire, soumis à la météo. Quand il pleut, il pleut. Et tu ne peux rien faire. Donc, tu acceptes et tu continues. Tu as une autre galère aussi, on n'en a pas parlé. Je pense que j'ai eu les pieds mouillés pendant 47 jours. Et ça, ça pèse aussi. On a parlé d'un terrain difficile, mais c'est un terrain surtout mouillé où tes pieds s'enfoncent dans des marécages non-stop. Je pense que mon record, c'est de garder mes pieds secs pendant une heure le matin. Je m'étais noté ça. J'ai jamais eu des pieds secs plus d'une heure. Tu traverses des rivières, tu marches dans des marécages dans... dans des énormes flaques. Et donc les pieds mouillés pendant 47 jours. Le petit moment du soir où tu enlèves les chaussettes et tu repères que tes pieds ressemblent à des vieux pieds avec de la peau fripée, il est assez marrant. Mais ça pèse aussi un petit peu sur le moral de devoir enfiler tes chaussures et tes chaussettes mouillées tous les matins. C'est une troisième petite galère que je rajouterais à la liste. Donc le terrain et le sac de l'aspect de la météo, qui n'est quand même pas la météo de la Côte d'Azur, ça c'est sûr, et ses pieds mouillés. Trois galères pour le prix d'une. C'est quoi, tu dirais, les plus gros apprentissages que tu as faits sur toi, sur le matériel, sur la technique, l'orientation, bref, tout confondu, qui pourront te servir pour de prochaines aventures, tu penses

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

La compétence de pêche. J'ai mis un certain temps avant d'attraper mon premier poisson. Ça, c'était... J'ai passé quelques jours à attendre avec ma canne à pêche comme un con dans l'eau. Ça, ça marche je ne marchais pas trop. Et au fur et à mesure, je ne suis pas devenu un pêcheur expérimenté, mais j'ai réussi à manger tous les jours du poisson quand je le voulais. Et ça, c'est une petite compétence que je suis un peu fier de l'avoir parce que ça m'a vraiment plu de me dire, en fait, tu peux être dans un endroit et tu peux te débrouiller pour trouver à manger. Et quand il n'y avait pas de poisson, je pouvais aller ramasser des moules ou essayer de trouver des coquillages à manger. Et ça, c'était chouette. Donc, je mettrais cette compétence-là sur la liste, essayer de se débrouiller un petit peu avec les moyens du bord. pour trouver à manger, que ce soit même avec des champignons. J'ai réussi à trouver à manger dans la nature. Et ça, c'est chouette. Et j'aimerais bien le remettre à profit dans une autre aventure. Excellent. Tu as parlé de l'orientation aussi. Je pense que je rajouterais ça aussi. Se renter sur une carte qui n'est pas une carte topo comme on a l'habitude d'avoir en France, qui est à des échelles beaucoup plus grandes. Et de se dire que c'est la lecture du terrain qui prime. Et tu te demandes, est-ce que c'est mieux de passer par ce col-là, tenter de passer par la vallée

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc, c'est un peu de laisser erreur. Mais au fur et à mesure, j'ai aussi réussi à mieux lire l'environnement, que ce soit à des échelles comme des cols pour passer ou des vallées à suivre. Mais rien qu'aussi à 500 mètres devant toi, tu dis, en fait, il faut que tu trouves un chemin pour passer, pour longer cette falaise-là. Et bien souvent, tu plantes et tu fais demi-tour. Et au fur et à mesure, je pense, sans... sans prétention aucune, mais je pense avoir aussi pris une petite habitude et un petit peu plus d'oeil pour lire les endroits où ça passait mieux. Après, j'ai aussi plein d'idées en tête, plein d'images en tête qui me disent qu'en fait, pas du tout, parce que je me suis retrouvé bloqué dans des buissons, je me suis retrouvé dans des rochers, mais je pense que j'ai un peu progressé sur ce point quand même. Waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Punaise

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Quel énorme morceau cette aventure au Groenland. Est-ce que ça t'a conforté dans l'idée que ce qui toi te fait vibrer c'est ce type d'aventure très isolée, très loin, très long finalement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

très seul ou est-ce que tu revois peut-être un peu ta copie pour les prochaines expéditions et tu reviens à quelque chose peut-être de moins engagé alors ça aurait fait plaisir à un certain nombre de personnes que je dise que je vais revoir ma copie et que j'ai trouvé d'autres manières de me sentir vivant mais malheureusement pour eux c'est ce que je kiffe j'avais quelques doutes on va avouer j'avais quelques doutes sur la question mais maintenant c'est vraiment clair on va avouer On a parlé de là où il n'y a rien, mais il y a tout. C'est vraiment cette petite philosophie que j'aime bien. Me retrouver dans ces grands espaces, à se débrouiller un peu par soi-même, qu'il y ait de la neige ou de l'eau, que ce soit sur les moments en kayak ou en packraft, avec de la faune, avec de la flore. Ouais, c'est... C'est vraiment ça qui me fait vibrer. Et maintenant, j'en ai vraiment la certitude.

UNKNOWN

Waouh!

SPEAKER_00

Du coup, est-ce que tu as déjà une potentielle prochaine destination en tête

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Des destinations, j'en ai tellement en tête qu'il va falloir maintenant faire des choix. Mais dès cet hiver, j'aimerais bien remettre la pulka sur la neige. Donc, j'aimerais bien remonter en Norvège, comme ce que j'avais fait un peu pour préparer l'aventure, et profiter de ces grands espaces mais en Europe pour l'instant et après sur la liste c'est sûr qu'il y a le nord américain qui m'attire énormément j'avais déjà fait un petit tour en Alaska j'étais parti tout seul en Alaska mais j'aimerais énormément retrouver des grands fleuves à descendre et des énormes forêts sans chemin à traverser donc ça c'est aussi dans un coin de ma tête et j'espère que ça verra le jour prochainement écoute je viens de faire un épisode avec un aventurier qui a descendu le fleuve Yukon en packraft en 60 jours donc si ça t'intéresse je vous mets en relation je suis sûr qu'il y aura plein de trucs intéressants mais c'était ça avait l'air complètement dingue c'était un récit un peu comme le tien de grands espaces déserts de solitude d'émerveillement face à la nature c'était incroyable cet échange ah tu m'étonnes parce que ça fait partie de ce que j'ai en tête aussi trop bien plein de bonnes choses qui arrivent c'est fabuleux merci beaucoup Joseph pour ces deux épisodes c'était fascinant de te suivre dans ta triple slash quadruple traversée hyper impressionnant aussi de voir le niveau d'engagement que t'as eu et surtout l'humilité avec laquelle t'en parles parce que c'est quand même c'est quand même pas alors j'allais dire pas à la portée de tout le monde si je pense qu'il y a plein de choses qui sont possibles pour pour pour pour quasiment tout le monde je pense que tout est possible mais il y a une différence entre savoir que potentiellement on peut le faire et oser le réaliser et toi tu l'as fait et t'as même récidivé donc franchement bravo et écoute hâte de lire le récit de tout ça et de suivre la suite de tes aventures ouais c'était un plaisir de me remettre dedans de partager des anecdotes et voilà je suis rentré les jambes sont sont en France mais la tête est toujours un peu là-bas et t'as participé à à la à l'émergence de souvenirs et ça c'est ça me fait toujours vibrer trop bien bah écoute ravi un grand merci une fois de plus Joseph et je te dis à une prochaine ouais à la prochaine Loïc merci beaucoup Merci d'avoir écouté cet échange avec Joseph jusqu'au bout. J'espère que vous aurez été aussi fascinés par son récit que moi. Quelle aventure incroyable et vraiment une fois plus ce que je retiens de cet échange, c'est que tout est possible, que même nos rêves les plus fous peuvent être réalisés. Donc allons-y, lançons-nous, n'attendons pas d'être prêts pour enfin réaliser le premier pas. Partagez cet épisode à fond autour de vous pour qu'il inspire encore plus de personnes à passer à l'action et parler des frappés, parler des frappés pour qu'encore plus de gens écoutent les récits exceptionnels de tout Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao les frappés!