Les Frappés

Rêves d’enfance, sommets du monde : le voyage de Jérôme Brisebourg jusqu'au point culminant de chaque continent

Jérome Brisebourg Season 5 Episode 205

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Que se passerait-il si nous écoutions nos rêves d’enfants ? Si nous laissions la place à ce qui nous faisait vibrer avant que nous ne devenions des adultes ? Si nous faisions sauter les barrières de “grandes personnes” que l’on érige soi-même et qui viennent brider notre imagination ?

Jérôme, lui a écouté ses rêves d’enfant. Ses rêves de sommets enneigés, d’aventures lointaines dans des paysages d’exception. Ce sont ces rêves qui l’ont amené jusqu’au plus haut sommet de chaque continent, puis au pôle Nord et au pôle Sud. Une aventure de plus de 15 ans qui l’a façonné en tant qu’Homme et qui a changé son regard sur la suite qu’il compte donné à ses expéditions.

Allez, on part en expéditions en haute altitude avec Jérôme, n’oubliez pas votre oxygène.

Excellente écoute à vous les Frappés.

🔎 Pour en apprendre plus sur l'Explorer Grand Slam c'est ici.

🎙 Les épisodes qui pourraient vous intéresser :
👉 Épisode 86 - Jérôme Brisebourg & Pierre Legendre - Quand Mer et Montagne se rencontrent

👉 Épisode 125 - Regarder la mort dans les yeux et atteindre le sommet de l'Everest avec Orianne Aymard

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SPEAKER_02

Après, j'ai été choqué parce que j'avais vu quand même quelques cadavres. Forcément, dans la question de la motivation, tu te dis, qu'est-ce que je fous là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce qu'il n'est pas mort d'une erreur technique. Si tu vois qu'il est mort d'une erreur technique, tu te dis, il faut faire attention. Là, il est là. En fait, j'étais deuxième, j'étais derrière mon Sherpa, puis Sherpa, à un moment donné, il change sa frontale, il met une nouvelle pile, ça ne marche pas, et puis il me dit, Jérôme, passe devant. Donc, je suis arrivé le premier de notre petit train, au sommet de l'Everest.

SPEAKER_00

Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. Que se passerait-il si nous écoutions nos rêves d'enfants

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Si nous laissions la place à ce qui nous faisait vibrer avant que nous ne devenions des adultes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Si nous faisions sauter ces barrières de grandes personnes que l'on érige soi-même et qui viennent brider notre imagination

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Jérôme, lui, a écouté ses rêves d'enfants. Ses rêves de sommets enneigés et d'aventures lointaines dans des paysages d'exception. Ce sont ses rêves qui l'ont amené jusqu'au plus haut sommet de chaque continent, puis au pôle Nord et au pôle Sud. Une aventure de plus de 15 ans qu'il a façonnée en tant qu'homme et qui a changé son regard sur la suite qu'il compte donner à ses expéditions. Allez, on part avec Jérôme en haute altitude. N'oubliez pas votre oxygène. Excellente écoute à vous les Frappés. Fabuleux. Écoute, Jérôme, un grand merci de t'être rendu disponible. Absolument ravi de te recevoir à nouveau sur le podcast, cette fois en solo, puisque la dernière fois, c'était avec Pierre Legendre. On avait fait un super épisode croisé mer et montagne. Absolument fascinant. Allez l'écouter. Le lien est en description si vous l'avez raté. Et à l'époque, on avait évoqué certains, forcément, certains de tes projets, Jérôme. Mais bon, comme vous étiez deux, on n'avait peut-être pas pu autant rentrer détail que lors d'un échange en solo. Moi, je suis très content que tu reviennes cette fois-ci pour qu'on puisse vraiment parler de tes aventures.

SPEAKER_02

Merci, Loïc, de me recevoir à nouveau, avec grand plaisir pour faire un focus cette fois-ci sur tout ce qui est montagne et zone polaire. Et puis, il y aura sûrement un clin d'œil aussi à la voile, notamment avec le nouveau projet que je prépare où je compte utiliser le vent pour avancer.

SPEAKER_00

Excellent. Jérôme, moi, je parle de souvent de toi. En tout cas, récemment, il y a eu plusieurs personnes qui ont découvert le podcast qui me demandaient, mais alors, c'est quoi le prochain épisode que tu fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En sachant que ça allait susciter des questions, je leur dis, là, j'ai quelqu'un qui arrive, on va parler de l'exploreur Grand Slam. De quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

À chaque fois, je leur explique, c'est l'exploreur Grand Slam, c'est ça, c'est faire le sommet le plus haut de chaque continent, le pôle nord, le pôle sud. Généralement, les gens, immédiatement, ils accrochent. Comment c'est possible

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Combien de temps ça prend

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je sais que ça suscite systématiquement beaucoup de questions donc ce que je te la première question pour toi c'est je l'ai évoqué très rapidement en quoi ça consiste mais comment est-ce que toi t'as découvert l'exploreur grand slam et est-ce que t'as un peu quelques stats sur tu vois quand est-ce que c'est un club non officiel si j'ai bien compris mais quand est-ce que ça a été mis en place est-ce qu'il y a on sait à peu près combien de personnes arrivent au bout de cette aventure complètement hors norme par an par décennie

SPEAKER_02

je sais pas alors déjà Loïc car tu mets le... Le doigt sur quelque chose d'avéré, c'est que l'Explorer Grand Slam, c'est pas très connu. Comme tu l'as dit, c'est plutôt un challenge officiel, mais pas médiatique. C'est pas comme le Vendée Globe, en l'occurrence. Mais pour autant, le point commun avec le Vendée Globe, là, tu vois, le dernier Vendée Globe, ça y est, enfin, 100 skippers ont fait le Vendée Globe. Mais nous, sur l'Explorer Grand Slam, on est 70, en fait, dans le monde. On est deux Français, alors c'est pas ordre d'apparition à l'écran ce que je suis en train de te dire il n'y a pas de classement comme tu pourrais avoir sur le Vendée Globe il y en a qui ont démarré plus tôt et puis il y en a qui le finissent donc au fur et à mesure donc voilà on est moins de 70 dans le monde et c'est très peu médiatique parce que c'est assez difficile effectivement d'amener des caméras etc sur place et surtout c'est pas une course où chacun part en même temps et puis arrive le plus vite possible donc comme tu l'as dit Loïc, il y a en fait deux challenges dans l'Explorer Grand Slam. Tu as les Seven Summits, donc le sommet le plus haut de chaque continent, et puis le pôle Nord et le pôle Sud. Et en fait, en réalité, il n'y a pas d'ordre. Tu peux commencer par le pôle Nord, faire quatre des Seven Summits, puis le pôle Sud, et finir par trois des Seven Summits, peu importe. Ce qui est important, c'est de cocher toutes tes cases. Et ensuite, tu as trois catégories d'Explorer Grand Slam, et ça se distingue, si tu veux, sur ta façon d'aller au pôle Nord et au pôle Sud. Tu as l'exploit grand slam pur qui consiste à faire les Seven Summits et rejoindre le pôle Nord et le pôle Sud depuis la rive. Ce qui veut dire que tu pars depuis la rive au pôle Sud et tu fais selon d'où tu pars, 700 kilomètres ou 600 ou 1000, etc. Et pareil pour le pôle Nord, sachant que le pôle Nord, soit tu pars des rives du Canada, soit tu pars des de la Russie. Donc ça, c'est le pur. Après, tu as le mixte, donc ça veut dire que tu as fait ou l'un ou l'autre des pôles depuis la rive, et puis tu as fait ce qu'on appelle le dernier degré. Le dernier degré, c'est-à-dire que tu es déposé à 111 kilomètres du pôle, que ce soit le pôle nord ou le pôle sud, et donc tu atteins ce pôle de cette façon-là. Et tu as la troisième catégorie où tu fais pôle nord et pôle sud uniquement en faisant le dernier degré. Donc ils ont fait cette petite différence qui effectivement après fait une distinction entre les 70 qui ont fait l'exploit en grand slam voilà parce que c'est une chose de faire un degré c'en est une autre de partir depuis la rive et c'est extrêmement compliqué aujourd'hui pour le pôle nord de partir depuis la rive parce que tu pars ou du nord du Canada et tu as la banquise qui dérive contre toi ou tu pars de la Russie mais comme tu sais avec ce qui se passe en Ukraine il n'y a personne qui part actuellement pour des raisons politiques depuis la Russie donc c'est quelque chose qui n'est pas accessible actuellement comme genre d'aventure voilà donc ça c'est pour te donner un peu les ratios et donc toi tu as fait quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

alors moi j'ai fait mixte, je suis dans la catégorie mixte donc on est 21 ou 22 à ma connaissance c'est à dire que j'ai fait le dernier degré pour le pôle nord et puis je suis parti de la rive pour le pôle sud le dernier degré sachant que notre projet était de faire les deux derniers degrés donc 222 kilomètres être déposé à 2 degrés et partir seulement deux jours avant de partir sur le projet on a reçu l'information suivante c'est que notre expédition était annulée parce qu'en fait en termes de logistique sur place sur la banquise du pôle nord les russes organisent si tu veux une piste d'atterrissage qui fait entre 600 et 900 mètres et tu as deux hélicoptères aussi qui sont amenés sur place donc puisque tu as une base juste temporaire sur la banquise, évidemment, elles font l'été, en tout cas les moins épaisses, donc tu as une base temporaire entre mars et avril, et c'est là qu'ils amènent les scientifiques, les aventuriers, et aussi quelques militaires qui vont s'entraîner, et malheureusement, deux jours avant de partir, il y avait un des deux hélicoptères qui avait craché, donc juste des dégâts matériels et pas de pertes humaines, et ce qui faisait que ça remettait en cause complètement la saison, et donc ils ont réhabilité en catastrophe une nouvelle compagnie d'hélicoptères et finalement plutôt que de passer 20 jours sur la banquise on a pu passer 10 jours et donc on a pu faire 1 degré voilà donc ça aurait fait une petite catégorie mixte plutôt que de faire un seul degré ça aurait fait 2 degrés j'aurais préféré sérieusement évidemment et je suis quand même content d'avoir pu faire ce projet là parce que c'était en 2018 et ensuite depuis 2019 personne enfin depuis 2018 du reste personne n'a pu aller au pôle nord puisqu'il y a eu donc cette guerre guerre d'Ukraine, il y a eu le Covid, etc. Et donc, ils ont du mal à réinstaller cette base sur la banquise entre Marseille et Avignon. Voilà, donc une chance que j'ai pu saisir. En tout cas, ça fait partie de l'aventure, ces allées-là du dernier

SPEAKER_00

moment. Comment tu l'as découvert, toi, cet Explorer Grand Slam

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que tu ne nous as pas encore dit combien de temps ça a pris, mais j'ai souvenir que c'était très long. Avec tout ce qu'on voit aujourd'hui, les records qu'il y a des gens qui font les 7 sommets en 8 heures ou... Bon, bref, j'exagère, mais mais j'ai le souvenir que toi tu n'avais pas du tout vu cette approche là donc je serais curieux de savoir comment tout ça a démarré

SPEAKER_02

donc juste pour répondre à ta question sur la rapidité le record actuellement c'est l'exploit grand slam en 11 mois donc ça veut dire que là c'est un vrai Tetris parce qu'il faut que tu prévois en fait les zones d'accès à la montagne et au pôle donc en fonction des saisons le pôle sud il va plutôt en été pour eux c'est à dire c'est décembre janvier pour nous le pôle Lort, il va plutôt en mars-avril, etc. Et moi, ça m'a pris, ça m'a pris, si tu comptes le premier qui est du coup le Kilimanjaro 2004-2020, donc moi, ça m'a pris 16 ans, mais je ne l'ai pas fait dans une optique de battre un record de vitesse, Loïc, et pour répondre à ta question, en fait, je ne savais pas que ça existait. J'ai le même déficit de notoriété que tout un chacun sur ce projet. En fait, moi, ce qui m'a lancé, le déclencheur à proprement parler, c'est l'envie de concrétiser trois rêves d'enfants. Et je m'y suis mis à l'âge de 30 ans. Et les rêves d'enfants que j'avais, moi, c'était l'Everest, le pôle Nord et le pôle Sud. Et en plus, je peux te partager la représentation que j'en avais quand j'étais gamin. Moi, je lisais plein de livres d'aventuriers et ça me faisait juste rêver. Et je me dis, waouh, il faudrait que je monte au sommet de l'Everest parce que ça fait comme King Kong. Tu es presque à la hauteur du vol d'un avion. Tu peux les attraper. En tout cas, tu ressens parce que tu es presque à 9000 mètres. Tu te dis, tu ressens. sans un peu ce qu'on pourrait ressentir. Voilà, mais plutôt que de voir le monde derrière le hublot, tu le vois pour de vrai. Donc ça, c'était pour l'Everest, pour le pôle Nord. Les deux images que j'avais en tête quand j'étais gamin, c'est me dire déjà, c'est le seul endroit sur Terre où tu marches sur l'eau. C'est vrai, tu marches sur l'eau, tu marches sur la banquise, mais quand tu suis les pages GPS, tu es sur l'eau, parce qu'en fait, la banquise n'est pas représentée. Et puis après, je me suis dit, tiens, quand tu arrives au pôle, si tu fais le tour, est-ce que tu remontes le temps est-ce que tu rajeunis c'est exactement ce que j'ai fait quand je suis arrivé au pôle je t'assure on a planté les bâtons parce que t'as pas de c'est le seul endroit le pôle nord où t'as pas de représentation de ton objectif c'est virtuel c'est assez compliqué parce que quand tu arrives au sommet d'une montagne mais tu sais que t'es au sommet quand t'arrives au pôle sud tu as un mât qui te montre que t'es vraiment au pôle sud mais au pôle nord tu trouves le pôle nord avec le GPS il n'y a pas une buvette qui t'attend en disant c'est bon vous êtes arrivé etc comme

SPEAKER_00

ça dérive et puis surtout il bouge, non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Un quart d'heure plus tard, tu n'étais plus.

SPEAKER_02

C'est ça, exactement. C'est juste pour te donner une idée de la dérive de la banquise. Tous les soirs, avant de s'endormir, on prenait notre position GPS et le matin, le premier truc qu'on faisait, c'était évidemment de voir la dérive. Et en une nuit, on dérivait de 2 km. Et nous, en plus, c'était à contre. Donc, ça veut dire que tous les matins, en fait, on avait 2 km à récupérer. C'est à peu près trois quarts d'heure de marche juste pour revenir au point où tu étais la veille. Tu ne gagnes rien tu récupères juste ce que tu as perdu pendant la nuit donc effectivement ta remarque elle est juste Pôle Nord géographique moi j'ai fait le géographique pas le magnétique donc l'axe de rotation de la Terre moi j'ai dû y rester finalement peut-être 5 minutes après on a dérivé et d'ailleurs on n'a pas trouvé avec les GPS on n'a pas 90 000 on a 89 59 59 donc on a même essayé dans tous les sens on n'est pas exactement au Pôle Nord contrairement au Pôle Sud où là j'ai 90 000 donc je suis vraiment sur l'alignement de la rotation de la Terre. Et justement, le troisième rêve que j'avais, Loïc, c'est d'aller au pôle Sud, parce que quand tu prends un planisphère, tu le regardes comme ça, et puis tu te dis, en fait, c'est vraiment le seul endroit sur Terre où on a vraiment la tête en bas. C'est vraiment le truc, on a la tête en bas, vu de la France, vu de nous, là, on a la tête en bas. Bon, écoute, tout ça, maintenant que je l'ai fait, je vais te dire, c'est une vaste escroquerie, c'est-à-dire que c'était mes rêves, mais bon, voilà, j'ai pas vu d'avion à 9 8 mètres, quand j'étais au sommet de l'Everest, il faisait juste moins 35 et tout, donc t'es quand même mieux derrière un hublot. J'ai remonté le temps, mais j'ai pas du tout rajeuni. Et puis, quand t'arrives au pôle sud, en fait, tu marches à plat, c'est-à-dire que t'as la même sensation que si on était ici, dans une forêt, dans un pré ou autre. Mais en tout cas, c'était mes rêves. Et en fait, pour répondre à ta question, comment j'ai découvert l'Expo Grand Slam

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'ai d'abord découvert les Seven Summits, c'est-à-dire que j'ai commencé c'est par le Kilimanjaro, ça c'était en 2004, j'avais fait le Mont Blanc, donc ça c'était à chaque fois avec ma femme, et après, comme le Kilimanjaro est un vrai test pour voir comment ton corps peut s'acclimater à l'altitude, parce que tu dépasses tous les paliers, en fait tu passes de 2000 à 6000, quasiment 6000, en 4 jours, ce qui est, tu respectes aucun palier d'acclimatation, en tout cas ça te permet de découvrir le potentiel d'adaptation de ton corps, donc moi ça m'a plu, j'avais en tête, effectivement, d'aller sur l'Everest. Donc, après, j'ai enchaîné sur d'autres projets, 6 000, 7 000, 8 000. J'ai découvert, en fait, une équipe. Et donc, on a fait l'Everest en 2011 par le versant nord. Pas par le sud, pas par le Népal, mais par le Tibet. Ah, tu l'as fait par le Tibet. Par le Tibet. On pourra en parler parce que c'est quand même une sacrée épopée, en fait, de le faire par le Tibet. Et donc, là, j'ai découvert une équipe. Et dans cette équipe, une fois qu'on a fait l'Everest, il il y en avait un qui voulait faire les Seven Summits. Moi, ce n'était pas dans ma tête. C'est-à-dire qu'une fois que j'ai fait l'Everest, moi, j'avais envie d'enchaîner sur le pôle Nord et le pôle Sud. Ça s'appelle les trois pôles. Si tu fais l'Everest, le pôle Nord et le pôle Sud, c'est un challenge qui s'appelle les trois pôles. Et donc, comme j'aimais bien l'alpinisme, je suis parti sur les Seven Summits. Et une fois que j'ai fait les Seven Summits, j'ai dit, bon, maintenant, il va falloir aller au pôle Nord et au pôle Sud. Donc, il va falloir enchaîner sur ce que j'ai découvert qui s'appelait l'Explorer Grand Slam, en fait. Mais je ne connaissais pas. Tu et puis il y a très peu de livres sur ça, donc je ne connaissais pas. En fait, tu as deux catégories, Loïc, peut-être pour ça que ce n'est pas connu, c'est que tu as d'un côté les alpinistes, et de l'autre, les aventuriers qui font les expéditions polaires, et le point commun, c'est le froid, mais ce ne sont pas les mêmes approches du milieu. Tu vois, quand tu fais une ascension, tu as une logique d'acclimatation, donc tu vas passer du temps dans les camps et c'est du temps passif mais à la fois actif puisque c'est le temps qui te permet finalement à ton corps de créer les globules rouges pour monter plus haut quand t'es en expédition polaire bah t'es tout le temps en mouvement en fait et pour avoir questionné les uns les autres les explorateurs polaires ils ont pas trop envie de se dire bah on attend un jour deux jours trois jours pour faire des globules rouges non on fait un jour on avance les conditions sont top on optimise etc etc après t'as peut-être aussi des logiques de méconnaissance entre les deux milieux médicaux Mais tu vas chercher quand même deux domaines de compétences un peu différents et deux approches

SPEAKER_00

différentes. Super intéressant. Tu es la première personne que je rencontre qui a fait l'Everest côté tibétain. Comment ça se passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai lu quelques récits qui semblent dire que c'est extrêmement compliqué d'un point de vue logistique. Et d'ailleurs, je ne sais pas si aujourd'hui, enfin aujourd'hui, depuis quelques années, si c'est toujours possible d'obtenir les autorisations du gouvernement chinois pour partir le faire du côté tibétain. côté tibétain. Et j'ai aussi lu que c'était peut-être moins dangereux que du côté népalais parce qu'il n'y a pas ce passage du Khumbu Icefall avec tous les seracs, etc. Alors, attention, je ne sais plus si c'est les termes exacts, mais le souvenir que j'ai de ce que j'avais lu, c'est que c'était finalement une grande randonnée engagée à très haute altitude, mais tu n'as peut-être pas les dangers qui existent du côté

SPEAKER_02

népalais. Alors, tu as tout à fait raison Loïc, c'est du coup pour ça qu'on l'a choisi. Ok, Oui, c'est-à-dire que tu avais les deux passages. Nous, quand on le fait en 2011, on est des pères et mères de famille, c'est-à-dire qu'on est des alpinistes amateurs engagés, je ne sais pas comment dire, mais on n'a rien à prouver, c'est-à-dire qu'on n'a pas un record à établir ni rien. On a une approche de la montagne qui consiste à dire que c'est un rêve pour chacun, ou en tout cas, c'est une envie, une ambition. Mais bon, on n'a pas envie en termes d'engagement, d'y laisser notre peau. On a mis quand même le curseur plutôt du côté de la sécurité que de la performance. Et donc, effectivement, si tu le fais côté Népalais, tu as le Icefall à passer entre le camp de base et le camp E, et c'est là où tu as le plus d'accidents. Et ensuite, quand tu arrives au camp 3 et avant le col Sud, tu as aussi les avalanches des pentes du Lot C. Donc, tu as deux passages avec des dangers objectifs, où c'est un peu la loterie et il y a toujours des accidents. Je ne te parle pas du rapport à l'altitude puisque ça c'est commun par rapport à ça t'as le côté tibétain donc côté tibétain tu as un passage véritablement difficile où t'as des seracs c'est entre le camp de base avancé qui est à 6004 et monter au col nord qui est à 7000 et une fois que t'es à 7000 tu as complètement raison c'est une course d'arête donc voilà t'as aucun danger objectif tu vas pas avoir un serac qui te tombe dessus t'as pas une pierre qui te tombe dessus en revanche t'as un côté aléatoire qui est lié à la météo. C'est-à-dire que le taux de réussite n'est pas lié à la difficulté technique, mais il est surtout lié à la météo. Et je te donne un exemple. Quand nous, on l'a fait, c'était le 21 mai 2011, je t'en parle comme si c'était hier parce que j'ai tellement vécu le truc que ça a ancré en moi. Nous, on l'a fait le 21 mai. De l'autre côté, côté Népal, ils avaient leur fenêtre météo depuis le 4 mai et le 15 mai, tous ceux qui devaient tenter le sommet l'avaient fait. Donc, tu es extrêmement frustré parce que tu dans le liaison radio tu te dis on est le 15 mai nous on a toujours pas de fenêtre météo et eux de l'autre côté ils ont tous fait le sommet donc voilà c'est juste pour te donner le côté un peu aléatoire c'est une course d'arête donc t'es exposé au vent donc s'il y a du vent tu y vas pas le deuxième élément que tu soulèves c'est obtenir l'autorisation on s'est dit voilà on mise sur la sécurité par contre du coup on était surtout sur des logiques d'incertitude par rapport à l'autorisation et puisque les Chinois, gentiment, te prennent pour des espions, en fait. En réalité, il s'était passé deux, trois événements les années précédentes où tu avais des Tibétains qui essayaient de passer la frontière, des alpinistes les ont filmés, c'est passé sur les réseaux sociaux, donc voilà, ça a un peu traumatisé les autorités chinoises. Et donc, nous, on bénéficie de cet état d'esprit par rapport aux alpinistes. Donc, ce que je suis en train de te dire, c'est que tu as ton autorisation, nous, on a eu l'autorisation de mon sur l'Everest 3 semaines avant de

SPEAKER_00

partir

SPEAKER_02

c'est tendu c'est à dire que t'as organisé ta vie personnelle, professionnelle t'as mobilisé des sponsors t'es entraîné, t'es prêt à jouer mais 3 semaines avant de partir tu sais toujours pas si tu vas jouer alors que si tu demandes une autorisation au Népal tu l'as quasi immédiatement ça te renvoie à cette incertitude là aujourd'hui je sais que ça reste toujours très compliqué comment avoir ces autorisations là mais en tout cas c'est ce qui fait que et nous c'est ce qu'on voulait aussi qu'il y a moins de monde sur la montagne et nous on n'a pas eu à gérer les files d'attente en fait comme tu peux voir sur le Rousseau Hillary côté Népal parce que tu as beaucoup plus de monde côté Népal que côté Tibet nous on était 80 alpinistes en fait à tenter plus 15 chinois donc tu vois on était une centaine d'alpinistes tu rajoutes autant de Sherpas donc ça fait 200 personnes alors que de l'autre côté t'as 500 alpinistes plus 500 Sherpas etc etc. Donc voilà, c'était l'arbitrage qu'on avait fait à l'époque. C'est passé, ça s'est bien concrétisé, donc on était bien contents d'avoir joué. Mais ça ne m'a pas donné envie, Loïc, j'anticipe une question que peut-être tu avais envie de me poser ou pas, mais ça ne m'a pas donné envie de le faire de l'autre côté, en fait, en l'occurrence. Je sais qu'il y en a qui le font de deux côtés, c'est un challenge. Moi, ça ne m'a pas donné envie. Et là, avec ce que je vois, avec le monde qu'il y a et tout, ça me motive un peu moins, en fait.

SPEAKER_00

J'imagine que... Je suis surpris qu'il y ait déjà eu des chiffres que tu évoques. Je ne pensais pas qu'il y avait déjà autant de monde qui tentait l'Everest il y a finalement une quinzaine d'années.

SPEAKER_02

J'ai des chiffres à te donner qui t'expliquent l'augmentation exponentielle du nombre de prétendants. Moi, je l'ai fait en 2011, l'Everest. Et donc, tu sais, tout est noté, qui l'a fait, quelle année, quelle nationalité, etc. Tu as des quotas, des ratios, pardon, par nationalité. Donc, il a été fait, on va dire, en 1953, la première fois. Je ne reviens pas sur le sujet Irvine Mallory, on ne sait toujours pas. Mais ça a été fait en 1953. Moi, je l'ai fait en 2011. Et 1953-2011, on est 5 000 dans le monde à avoir été au sommet de l'Everest. Donc, par le versant tibétain, on n'est pas allé et Sharpa inclus ok t'as 5000 personnes voilà donc 1953 2011 on va dire que ça fait 60 ans donc t'as 5000 personnes au sommet 2012 2022 5000 personnes oh putain ah ouais c'est devenu un business aussi après t'as plein de prétendants etc mais c'est un business côté Népalais on va pas le renlever on a la même chose nous aussi avec le Mont Blanc si tu veux mais là tu vois en 10 ans t'en as autant qu'en 60 ans et avec une logique où on était au 20ème siècle sur des logiques de grosse expédition bien lourde bien en termes de logistique maintenant effectivement une montagne qui est équipée des charpas qui préparent la montagne qui t'aident etc donc avec une ouverture entre guillemets à un niveau plus faible d'alpinisme.

SPEAKER_00

Là, je ne sais pas si tu as vu les deux news qui me font dire que ça ne va pas ralentir. J'ai vu qu'ils ont ouvert une piste jusqu'à Lucla, maintenant. Piste pour les 4x4, alors qu'avant, c'était uniquement avion. Donc ça, je pense que ça risque d'accélérer encore les choses. Alors, je n'ai pas trop creusé le sujet. Peut-être que toi, tu auras plus d'infos, mais j'ai vu qu'il y a une nouvelle technique, entre guillemets, d'utilisation d'un nouveau gaz qu'on a découvert, le Xélon, quelque chose comme ça, qui permet d'éviter l'acclimatation. Tu respires ce truc et boum, ça y est, t'es acclimaté

SPEAKER_02

immédiatement. La promesse commerciale, c'est de faire l'Everest

SPEAKER_00

en 8 jours, je crois. Là où il faut normalement un bon mois et demi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il te faut 8 semaines.

SPEAKER_02

C'est un projet, si tu le fais en logique lente, c'est-à-dire permettre à ton corps de t'acclimater avec cette logique de palier etc c'est tu consacres 8 semaines on avait déjà divisé par 2 avec l'utilisation des chambres hypoxiques chez toi donc tu commences à t'acclimater quand tu dors donc ça avait réduit pour certains déjà 8 semaines ils passent à 4 ou 5 semaines donc t'arrives à climater sur la montagne parce que tu as déjà passé 200 heures en dormant si tu veux dans ta chambre hypoxique qui a commencé à t'aider à créer les globules rouges et effectivement Effectivement, j'ai lu comme toi ça en une semaine. En fait, je me dis, il y a un vrai sujet sur l'approche de ces milieux-là. On est encore, il me semble, et moi ça m'interroge véritablement, en logique de domination de la nature. C'est-à-dire, tu dis, la nature te permet de monter là-haut avec le relais d'oxygène. Moi, je l'ai fait avec oxygène. Il y en a très peu qui le font sans oxygène. Mais admettons, il y en a quand même qui ont réussi sans oxygène. Donc, la nature te permet d'aller aussi haut respectant un certain nombre de rythmes et donc de lenteur, et donc laisser le temps à ton corps de t'acclimater, et nous on y met derrière des logiques de performance, de domination, on est plus fort que tout, etc. Donc ça m'interroge un peu. Moi je considère déjà que j'ai bénéficié entre guillemets d'un dopant, c'est-à-dire que j'ai pris l'oxygène, donc quelque part j'ai fait comme les premiers, les premiers l'ont fait avec oxygène, mais j'ai déjà entre guillemets utilisé l'oxygène, donc voilà, ça n'a pas été moi tout seul, humain vulnérable etc et puis 8848 mètres et puis peut-être 3 mois etc mais maintenant on est sur des trucs qui sont incroyables on est dans la vitesse je suis dans le milieu j'en profite je m'imprègne je laisse le temps à mon corps de s'acclimater etc

SPEAKER_00

ça marche une approche différente

SPEAKER_02

effectivement bientôt on fera l'expo à Grand Slam en 15 jours comme tu l'as dit tout à

SPEAKER_00

l'heure c'est ça hélicoptère tu fais ton sommet mais avec ton gaz, tu redescends en hélicoptère. Alors là, on vient de pas mal évoquer l'Everest. Pour les gens qui, souvent dans les milieux non initiés, pas forcément alpinistes, l'Everest, je pense, du fait de son statut de plus haut sommet du monde, c'est la montagne qui fascine. Les gens pensent que c'est, au-delà d'être le sommet le plus haut, c'est le plus difficile à atteindre. alors moi je te dis ça j'ai fait le plus haut que j'ai fait c'est le calapatar en face du camp de base à 5006 donc ce que je te dis là c'est juste les récits d'aventures que j'ai lu que visiblement ce serait pas du tout pas du tout le sommet le plus technique le plus difficile toi ton expérience comme tu as fait finalement tu as fait le plus haut de chaque continent ça a été quoi pour toi le plus gros challenge en termes d'ascension physique mentale météorologique l'Everest je Donc

SPEAKER_02

je vais t'expliquer pourquoi, j'ai fait un certain nombre d'erreurs, et puis il y avait un certain nombre de paramètres qui ont fait que oui, c'était un peu dur. Je reprends, d'ailleurs, j'ai oublié de te le dire tout à l'heure, tu dis que c'est une grande randonnée, oui, c'est-à-dire que moi j'ai pris mon piolet, je ne m'en suis jamais servi, il y a une corde fixe, tu es sur une arête, voilà, sérieux, ce n'est pas du tout technique.

SPEAKER_00

Côté tibétain.

SPEAKER_02

Côté tibétain, oui, côté tibétain. J'ai eu sur le côté tibétain, l'autre je ne le connais pas. ce n'est pas technique. En revanche, tu as beaucoup de paramètres à prendre en compte, ce qui est connaître ton corps et sa capacité à s'acclimater. Tu as d'autres points de repère, gérer le froid, parce qu'il va faire du moins 30, moins 35, etc. Donc, tu as d'autres éléments qui font qu'il faut être super attentif. Ce n'est quand même pas la balade du samedi. Si on a vraiment réussi, c'est que le travail qu'on a fait avant de partir, c'est d'interroger les Français qui l'avaient fait de ce côté-là et avoir leur tracé ou en tout cas leur stratégie d'acclimatation. Pour moi, ce qui a fait qu'on a réussi, c'est qu'on était extrêmement bien acclimatés. On était dans notre meilleure disposition de performance pour faire le sommet. Il y en a des fois qui se crament au début parce que tu es bien au début. Là, vraiment, on a respecté tout ce qu'on a pu en comme information de ce qui était avant nous en fait donc voilà ça c'est pour le côté facile techniquement après moi ce qui était dur si tu veux c'est d'abord les conditions donc comme je t'ai dit tout à l'heure le 15 mai de l'autre côté ils avaient fait le sommet et nous il y avait trop de vent donc on était exposé sur l'arête donc ça passait pas et donc tous les jours moi j'étais le chef d'équipe tous les jours j'allais dans la tente la du responsable de camp chinois et donc on faisait un peu un tour de table des météos du monde entier puisqu'on avait des routeurs nous on avait un routeur suisse après t'avais américain russe etc et donc tous les jours on a attendu si tu veux cette fenêtre 8 jours c'est 7 ou 8 jours je sais plus à 6004 tu vois on est sur le camp de base avancé le camp de base avancé est très très haut parce que tu vois sur l'Everest côté Népal tu pars de 5002 là tu pars de 6004 en fait parce qu'il y a 2 jours pour redescendre au camp de base qui est à 5200 donc une fois que tu te mets à 6400 il reste donc chaque journée passée à 6400 c'est quand même des chances en moins de monter au sommet donc on attendait on attendait on attendait et jusqu'au jour où bah oui toutes les météos les prévisions météo s'alignent et donc là c'est 20 et 21 mai c'est bon toutes les météos disent c'est ok on peut y aller avec 21 mai vers 4h t'avais une forme de précision quand même c'était retour du vent sur la montagne donc il fallait avoir redescendu de tous les camps d'altitude pour se mettre à l'abri et premier choc si tu veux c'est justement le chef de camp chinois qui dit alors maintenant je vais vous expliquer la règle il dit le 20 mai c'est les chinois sur la montagne et le 21 mai c'est le reste du monde voilà ce qu'il dit et là étant un chef d'expédition d'un côté qui a la présence d'esprit de dire quand même mais vous êtes combien et on est combien donc là le chinois qui répond nous on est 15 plus 15 Sherpas ça fait 30 et vous vous êtes 80 plus 80 Sherpas ça fait 100 soins et là tu dis alors eux ils ont un jour plein et ils sont 30 et nous on est 160 et on a trois quarts de journée en fait pour faire le sommet et là de façon autoritaire il dit attention moi le 20 mai je veux personne sur la montagne il n'y a que les chinois donc là tu as cet élan nationaliste qui fait que chaque saison c'est d'abord un chinois qui est au sommet de l'Everest avant que ce soit quelqu'un d'autre je n'avais pas mesuré ça avant de le savoir mais là c'est ça donc on part pour le 21 mai on part on monte, machin, etc. Et puis, on décide au camp 3, donc tu es à 8200 mètres, un peu de se répartir les temps de départ pour être sûr d'éviter les embouteillages. Tu vois, côté Tibet, tu as trois ressauts à passer qui ne sont pas forcément durs et techniques, mais qui créent les embouteillages parce qu'évidemment, tu n'as qu'une corde, donc soit tu es derrière quelqu'un qui n'avance pas, soit en plus, on se croise, etc. Donc voilà, tu as trois possibilités d'avoir des embouteillages. normalement tu pars à 11h du soir, et puis nous, comme on était plutôt dans la logique de sécurité, on dit, on va partir à 8h30, on sait qu'il y a 9h de montée, donc on sera là-haut au lever du soleil, on aura un magnifique point de vue, etc. Donc les Russes sont partis à 5h30, je m'en rappelle, nous on a pris la deuxième position à 8h30, je crois que c'est les Allemands qui se sont suivis à 9h, et ainsi de suite, ce départ toutes les demi-heures. Voilà, donc tu pars de nuit, et... J'ai fait une première erreur, moi, si tu veux, c'est de ne pas m'être assez hydraté. Quand je te dis ça, c'est que je me rends compte après. Et en plus, on n'a pas réussi à mettre en place le protocole qu'on avait décidé entre nous. C'est-à-dire que là, nous, on était trois alpinistes français, trois Sherpas, et on s'était dit, toutes les heures, on s'arrête et on boit un coup. Quand tu es dans ces altitudes-là, tu es dans des milieux extrêmement secs et il faudrait boire peut-être juste deux ou trois litres d'eau parce que tu te désirates juste par la respiration, tu vois. Donc, même pas par l'effort physique et la transpiration là je te parle juste de la respiration et on ne s'est pas arrêté toutes les heures personne n'a pensé à s'arrêter on s'est arrêté à Mushroom Rock c'est au moment où tu changes tes bouteilles d'oxygène que tu en prends une pleine pour faire le sommet et redescendre c'est là qu'on a commencé à s'hydrater première erreur et donc deuxième erreur c'est ma décision que j'ai prise donc là on est quasiment à 100-150 mètres du sommet en altitude et en fait à chaque pas moi j'activais mes orteils dans les chaussures puisque les chaussures d'alpinisme elles sont plutôt plates donc tu vois c'est pas comme les chaussures de randonnée où à chaque pas que tu fais ça active quand même la circulation pas du tout donc là l'idée j'étais très à l'aise avec ça si tu fais un pas puis tu remues un peu les orteils etc et à 100 ou 150 mètres du sommet j'avais très mal aux orteils notamment le gros orteil gauche et là je me dis bon bah c'est sommet c'est orteil c'est sommet c'est orteil c'est sommé si proche c'est évidemment sommé donc là victime d'un biais cognitif qui est l'escalade de l'engagement c'est à dire que le but est tellement proche que tous les paramètres que tu t'étais donné de dire sécurité machin etc t'oublie et j'en veux pour preuve aussi qu'on est pas très lucide l'exemple de s'arrêter toutes les heures et boire un coup personne s'est arrêté donc on a pas la notion du temps donc tu vois on est un peu cotonneux en fait en termes de réflexion

SPEAKER_00

sachant que parce que 100-150 mètres du sommet c'est un peu en termes de chrono, ça

SPEAKER_02

représente

SPEAKER_00

quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Une heure, une heure et demie. De montée, une heure, une heure et demie de descente. Pas moins de 35. Après, j'étais choqué parce que j'avais vu quand même quelques cadavres. Et donc là, forcément, dans la question de la motivation, tu te dis qu'est-ce que je fous là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Parce que tu vois un cadavre au milieu d'une voie, tu vois qu'il n'est pas tombé d'une plaque ou n'importe quoi. Il est mort, crise cardiaque, AVC, froid, je ne sais pas. Mais il n'est pas mort d'une erreur technique. Si tu vois qu'il est mort d'une erreur technique, il faut faire attention. Tu en as aussi côté tibétain. Oui, bien sûr. Moi, j'en ai vu 4. Ça t'amène mentalement, j'étais en train de me dire, qu'est-ce que je fous là

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Plutôt que de redescendre, je suis victime de l'escalade d'engagement et je continue. J'arrive au sommet, j'étais le premier, c'est ça qui m'a sauvé parce que j'étais deuxième, j'étais derrière mon Sherpa, puis Sherpa, il change sa frontale, il met une nouvelle pile, ça ne marche pas, et puis il me dit, Jérôme, passe devant. Ça, ça m'a sauvé parce que tu vas à ton rythme. Les Sherpas, ils vont vite, en fait, ils savent pas marcher doucement Sherpat il part devant toi il t'attend donc toi t'as la pression pour le rattraper et puis dès que tu le rattrapes il repart et t'attend voilà donc ils savent pas vraiment aller doucement donc comme j'étais devant j'allais doucement et donc je suis arrivé le premier de notre petit train là au sommet au sommet de l'Everest mais Loïc au sommet de l'Everest plutôt que de mettre 9h en fait on a mis 7h donc il était 3h30 du matin alors qu'on avait prévu d'arriver à 5h30 du matin ce qui veut dire que t'arrives par la nuit noire parce que tu vois rien on voyait alors c'était pleine lune donc on voyait bien la chaîne de l'Himalaya machin etc mais moi j'ai zéro photo où tu sais c'est comme tu vois aujourd'hui il fait beau derrière tu vois le Lhotse tout ça le Makalu rien du tout quoi on les voyait mais bon ça les photos qu'on a faites c'est avec le le flash tu t'es dit ils ont fait ça en studio quoi c'est pas possible donc t'as cette déception mais c'est comme ça tu vois on a été trop vite quoi par rapport à autant qu'on met habituellement quoi t'as cette déception, puis là t'as la prise de conscience de dire bon alors c'était mon rêve enfant je suis au sommet d'Everest c'est pas aussi bon que j'imaginais ou que j'avais vu sur internet et puis là j'ai très mal aux orteils

SPEAKER_00

sachant que là tu te dis pas c'est absolument impossible de passer 3h au sommet pour attendre que le soleil se lève

SPEAKER_02

il aurait fallu passer 2h par mois 35 personne n'a envisagé moi encore moins parce que comme je suis arrivé je me suis sécurisé et moi, on est resté 20 minutes au sommet et pendant 20 minutes, j'étais là, putain, maintenant, il va falloir redescendre. Et je me dis, alors, je vais te dire ce que j'avais en plus. Donc, j'avais, bon, les orteils pas très bien, la déception que le paysage n'était pas celui dont j'avais rêvé, croiser les cadavres qui t'amènent à te dire qu'est-ce que je fous là. Et en plus, j'avais, j'y voyais plus que d'un oeil, en fait. Et tout simplement parce que on avait enlevé le masque pour protéger les yeux parce qu'avec le masque à oxygène, en fait, ça faisait de la buée dans le masque visuel et évidemment ça gelait tout de suite donc on avait préféré enlever le masque et donc sur l'arête le vent revenait de côté et moi j'avais l'œil droit qui avait pris et puis l'œil gauche était sûrement protégé par l'arête du nez donc j'en avais plus que d'un œil et j'ai dit bon maintenant c'est les minutes ou les heures les plus importantes de ma vie qui arrivent donc c'était dur parce que j'étais pas prêt à tout ce qui m'est arrivé en fait en l'occurrence donc c'était pas technique tu vois c'était plus plutôt mental et physique, puisque là, il y avait quand même des choses qui t'arrivent, qui montrent que t'es sacrément diminué, quoi. Donc voilà, ça a été le plus dur pour cette raison-là, en fait. C'est pour ça que ça m'a pas donné envie d'y retourner, en fait. Même pour créer un souvenir plus positif, mais ça m'a pas donné envie d'y retourner. Je suis content, on l'a fait, on est 4 sur 7 à l'avoir fait, et on est revenus, il y a eu des petites gelures, tu vois, où... au doigt ou au pied mais rien de grave donc nous on a rempli le contrat qu'on s'était donné c'était jouer notre chance si elle se présente et surtout zéro accident on est content sur l'ensemble du projet quel que soit le résultat des uns et des

SPEAKER_01

autres je ne

SPEAKER_02

sais pas si ça va donner envie à tes auditeurs de

SPEAKER_00

faire l'Everest écoute je ne sais pas en tout cas c'est un récit authentique et je pense que c'est ça qui est vraiment intéressant je pense que ce genre de défi chacun le vit un peu exactement à sa manière finalement avec ses propres motivations ses propres aspirations et c'est intéressant déjà super chouette parce que je te dis c'est la première fois que j'échange avec quelqu'un qui l'a fait côté tibétain et puis 2011 même si après je sais pas tout à l'heure je te disais je suis surpris qu'il y ait déjà autant de monde à l'époque honnêtement je sais pas du coup je sais pas combien de gens font le Mont Blanc donc j'ai du mal à voir si vraiment on sent qu'il y avait tu vois si 160 personnes sur une montagne pour une ascension ça se ressent ou pas mais voilà intéressant d'avoir le récit de quelqu'un qui l'a fait peut-être avant que ça devienne la folie actuelle quoi en termes de t'as deux choses à prendre en

SPEAKER_02

compte sur les images que l'on voit là des files d'attente la première c'est le nombre donc plus t'es nombreux forcément plus il y a de chances qu'il y ait de files d'attente et la deuxième c'est la fenêtre météo oui si tu as deux jours de fenêtres météo, tout le monde tente sa chance en même temps. Si tu as dix jours de fenêtres météo, les gens vont se répartir. La première image, c'est ça qui m'avait un peu fait réfléchir. La première image que tu vois d'une file d'attente, c'est comment Nipzai fait son projet. Il fait une photo et quand il se retourne, quand il descend, il fait une photo et il monte la file d'attente. Écoute, moi, je suis en contact avec pas mal de Sherpas et il y en a un qui a fait la photo même heure le lendemain il n'y a personne sur la voie donc tu vois ça fait un effet loop quand tu connais pas tu te dis waouh ils ont raison il y a trop de monde c'est une chose mais en plus t'as cette concentration qui est liée au fait que si t'as une fenêtre météo très courte tout le monde y va en même temps au point c'est un peu comme les soldes ça dure 6 semaines on va dire mais les meilleures affaires c'est tout de suite et donc tout le monde y va tout de suite donc ça crée une espèce de folie etc mais on est quand même trop nombreux à la base mais ce qui va te grossir et accentuer le phénomène, c'est ça aussi. C'est la durée de ta fenêtre météo, donc les chances qu'on a d'y aller

SPEAKER_00

ou pas. Dans la liste des sept sommets, j'en ai souvent entendu deux en particulier qui étaient cités comme des sommets particulièrement difficiles d'un point de vue météo ou extrêmement compliqués d'accès, c'est le Denali, plutôt pour la météo et le froid. Tu me diras, toi, ton expérience que ça a été. Alors là, je suis désolé si je le prononce mal le Puncak

SPEAKER_02

Jaya ouais la pyramide

SPEAKER_00

de Carthens yes là plutôt pour le à l'inverse les conditions tropicales plus plus plus et très très très très difficile d'accès ouais tu le confirmes

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

oui oui oui écoute on peut commencer par la pyramide de Carthens donc t'es en Papouasie donc là t'es dans une zone alors moi je l'ai faite la pyramide de Carthens ça devait être 2015 donc t'es dans une zone où l'Indonésie revendique les territoires papous et tu as certains mouvements indépendantistes papous cette pyramide en fait elle a trois voies d'accès à pied et ils ouvrent les voies en fonction des événements qui viennent de se passer donc en fait nous sur les trois il n'y en a qu'une qui était ouverte parce que les deux autres malheureusement ils s'étaient entretués entre les indépendantistes et les indonésiens quoi Donc, tu as déjà cette règle-là. Ce qui fait que parfois, il y en a qui sont obligés de prendre l'hélicoptère et d'être déposés au camp de base en hélico. Donc, de ne pas passer par la jungle depuis les petits villages papous. Un deuxième élément, et moi, c'était une première pour moi, et il n'y a aucune fierté là-dedans, et ça faisait surtout très bizarre, c'est que la montagne d'à côté, c'est une mine. Donc, c'est une mine de diamètre. diamant, je crois, et puis je ne sais plus quel autre minerai, qui est exploité par des Canadiens. Et donc, tu as une protection de cet environnement-là. Donc, c'est une mine à ciel ouvert, c'est-à-dire qui creuse la montagne en cône inversé. Ça veut dire que quand tu fais l'ascension de la pyramide de Carthens, tu as la montagne d'à côté qui t'éclaire. Je t'assure, ça fait vraiment bizarre. Et là, tu as une règle de sécurité. Les quatre jours que tu passes dans la... dans la jungle comment pour pour accéder au camp de base en fait tu fais un détour tu vois tu fais comme un arc de cercle et t'évites la mine en fait en l'occurrence bon il pleut tout le temps c'est 24h sur 24 de la pluie donc on rigolait nous pour la redescente on dit bah on va couper on va passer par la mine tu vois si je t'ai dit plutôt que de faire 4 jours dans la jungle 24h sur 24 dans la pluie machin dans la boue et tout etc maintenant qu'on l'a fait c'est bon quoi on coupe et là les papous on avait des guides à donner Il disait aussi, jamais de la vie. Donc là, il y avait un Japonais, un Américain, et nous, c'était deux Français. Il dit, jamais de la vie, vous allez faire 7 jours de prison dans un container. C'est bon, c'est les Canadiens. Donc, si c'est les Canadiens, vous laissez passer. Non, non, non, vous allez faire 7 jours de prison. Et donc, ils nous ont raconté le nombre de fois où il y en a qui avaient voulu le tenter. Donc, tu n'as que les papous qui peuvent y aller. Et eux, ils y vont, ils sont juste à la... au niveau de l'entrée plus ou moins, et récupère des vieux équipements des personnes qui travaillent là, donc des bottes, des cirées, etc., pour se protéger. Donc voilà, t'as à la fois un mouvement politique, et puis après t'as cette réserve un peu économique qui fait que c'est pas facile. Et ensuite, il faut que tu prennes en compte que tu vas te faire rançonner. C'est-à-dire que tu atterris, la ville, la plus proche en fait c'est uniquement un aérodrome c'est à dire que t'as aucune piste qui t'amène à cette ville autre que l'avion voilà et donc ils sont ravitaillés par l'avion y compris pour les matériaux si tu veux faire du béton tout ça si tu veux un vélo si tu veux une voiture ils arrivent en pièces détachées etc c'est l'avion qui te l'amène et partant de là si tu veux on va jusqu'au village Papou le plus proche on y va plus ou moins en moto et donc on traverse d'autres villages Papou et donc à chaque village que tu traverses tu te fais rançonner Et c'est pour de vrai. C'est-à-dire que nous, on était prévenus, on a donné de l'argent en cash, et il est hors de question de faire le fier à bras et dire, écoutez, c'est bon, nous on passe, machin, etc. D'abord, un, ils sont armés, à chaque stop, on s'est fait rançonner 4 fois. Donc, t'en as un qui a un arc de 2 mètres, plus un fusil, tu vas t'arrêter une demi-heure, trois quarts d'heure, une heure, le temps qu'ils définissent le prix de la rançon, etc. Et si tu respectes pas le truc, en tout cas, c'est ce qui nous ont dit ne déconnez pas parce que la fois d'avant t'en as 3 qui voulaient pas payer au premier barrage ils se sont fait prendre leur passeport et là c'est terminé donc voilà c'est un peu dans l'aventure encadré parce qu'on avait des guides indonésiens et c'est par eux qu'on était passé et ils sont connus tu vois etc c'était la bonne ressource pour nous avancer mais autant te dire qu'entre un japonais un américain et deux français on est pas du tout habitué à ça quoi donc voilà t'arrives on avait rendez-vous et là on dit on sait pas encore quelle voie on va prendre parce que là il y a eu un mort sur cette voie pour l'instant il ne reste qu'une ouverte mais on espère que etc tu te dis je suis soi-disant venu faire un peu d'alpinisme ou je suis quoi donc effectivement là tu as une difficulté d'accès à politique économique etc et après t'as le temps donc il faut Il faut accepter d'être tout le temps mouillé pendant les 15 jours d'ascension. Après, une fois que tu fais la phase somitale, c'est de la via ferrata. Tu as une tyrolienne à passer où tu fais le cochon pendu et tu as 1000 mètres d'un côté et 1000 mètres de l'autre. C'est un peu sportif, mais c'est sécurisé. Après, c'est du plaisir. Ce n'est même pas de l'alpinisme. Il n'y a même pas besoin de pioler. C'est vraiment de la via ferrata. Ce n'est pas équipé comme une via ferrata française. Tu as des cornes, etc. Mais mais en tout cas ça s'apparente à ça et donc à l'opposé t'as le Denali le Denali j'ai fini par ça sur les Seven Summits

SPEAKER_00

volontairement d'ailleurs t'avais une stratégie avant qu'on parle du Denali sur l'ordre dans lequel tu les as

SPEAKER_02

fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

oui et non mon point de départ c'est l'Everest je rencontre quelqu'un qui veut faire les Seven Summits que je connaissais pas et que t'as fait l'Everest c'est là où t'as le côté le plus aléatoire et le plus cher Après, c'est avec les Français que je connaissais, qui veut faire quoi, est-ce qu'il y a une opportunité, etc. Il n'y avait pas vraiment de stratégie en termes de difficultés ou autre. Ça ne m'a plus de finir par l'épaule parce que c'est les plus chers. Pour trouver les sponsors, c'est plus facile quand tu leur dis qu'il ne me reste plus que le petit à faire pour compléter l'exploit en grand sable, plutôt que de dire je veux faire l'exploit en grand sable et je vais commencer par le plus cher. Je sais qu'il y en a qui tentent comme ça. C'est c'est beaucoup plus dur. Donc non, il n'y avait pas de stratégie. Il y avait toujours cette logique d'apprentissage, quoi qu'il en soit, mais il n'y avait pas de stratégie de dire, tac, tac, tac, voilà, il y a créer les opportunités pour le faire. Le Denali, en plus, ça a été mon point d'inflexion parce que tu es en zone polaire, en fait, et après le Denali, moi, j'ai dérivé sur le polaire. Le Denali, c'est chouette parce que tu es posé en avion à 2000 mètres et tu vas... marcher pendant 4 jours, tu remontes un glacier, etc., pour aller à ton camp de base qui est à 4 000 litres, t'as même 5 jours, et tu es avec la poulka, c'est-à-dire que t'es en autonomie, et tu commences à être avec ta poulka, donc nous on était 5, on avait 2 approches, il y a ceux qui étaient en raquette, et ceux qui étaient en ski d'approche, donc c'est des petits skis, c'est pas des skis de randonnée, ni des skis de randonnée nordiques, c'est des skis d'approche, c'est-à-dire que tu mets tes chaussures d'alpinisme avec des sangles, et c'est un ski qui fait 1m10, 1m20, et qui a une peau de phoque dessous, quoi. Donc, à la montée, il n'y a pas eu de différence. Moi, j'avais les raquettes. À la montée, il n'y a pas eu de différence. À la descente, nous, en raquette, on s'est fait atomiser. Ce n'était pas la bonne stratégie pour ça. Donc, tu as 4 jours ou 5, je ne sais plus, où tu montes et tu tires ta charge puisqu'on était chargé, puisqu'on était en autonomie. Tu montes tes tentes, etc. Là, il n'y a pas de Sherpa, il n'y a rien. Tu es vraiment en autonomie. C'est chouette. Et donc, voilà, tu fais

SPEAKER_00

ça. Vous aviez un

SPEAKER_02

guide

SPEAKER_00

quand

SPEAKER_02

même malgré tout

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, on a fait ça avec un chef d'expédition français, Bertrand Roche, qui lui l'avait déjà fait. Lui, il a déjà fait les Seven Summits et les redescendus de chacun des sommets en parapente bi-place avec sa femme de l'époque. Donc lui, il connaissait le truc. Évidemment, tu n'as pas le droit d'être accompagné par un guide autre qu'un guide américain. Ce n'était pas lui le chef d'expédition, c'était l'un d'entre nous. Et si tu veux, quand on est pas chez les Rangers ils font une petite étude sur toi et on s'est dit il va pas monter avec nous parce qu'après tu fais le site internet tu googles chacun et tu te rends compte qu'il a pas le droit d'accompagner sauf si tu prends un guide américain donc c'est quand même passé ça faisait longtemps qu'il l'avait fait et puis en plus il était redescendu en parapente ce qui était quand même juste pas autorisé donc il s'est dit moi je suis grillé par les américains mais bon il y avait pas les bases de données donc ils en sont pas souvenus donc voilà lui voilà après on a fait lecture de cartes etc etc t'as un suivi itinéraire de toute façon pour monter à 4.800 donc voilà tu fais la même approche que tout le monde et c'est vrai que quand on est arrivé au camp de base on s'est installé à côté d'Américains et ils ont dû rester plus de 10 jours d'affilée au camp de base parce qu'ils attendaient la fenêtre météo et comme il n'y a jamais eu de fenêtre météo idéale alors que nous on a fait le sommet entre temps qu'ils ont considéré comme étant idéal, ils n'ont pas fait le sommet. Et moi, quand je suis redescendu, figure-toi, ça, c'était assez rigolo, j'ai recroisé l'Américain avec qui j'étais à la pyramide de Carthens. C'est marrant, ta question. Et lui, tentait avec le Denali de finir les Seven Summits. C'était sa troisième tentative. Et à chaque fois, il a échoué à cause de la météo. Voilà. Et pour te dire, nous, on a fait le sommet. Et le meilleur jour pour faire le sommet, c'était le lendemain, en fait, de notre sommet à nous. Quand on est au au sommet, tu as des vents à 100 km heure, il fait moins 30, donc tu as un col à passer avec un effet Venturi, on s'était dit, si on arrive à passer ce col, après on fait le sommet, on a réussi à passer le col, et donc on a fait le sommet. Donc il faisait beau au sommet, mais tu avais beaucoup, beaucoup, beaucoup de vent, et quand on est redescendu, en fait, on a vu pas mal d'alpinistes monter, et ben écoute, le vent s'était calmé, et eux l'ont fait dans des meilleures conditions que nous, c'est-à-dire qu'il faisait aussi beau, mais pas de vent, donc c'est assez aléatoire, effectivement, côté météo, et après, il fait bien froid, tu ne te réchauffes pas dans les temps de base et quand tu pourrais te réchauffer dans

SPEAKER_00

d'autres places. Attends, mais du moins 35 avec du 100 km heure de vent, on ressentit, ça doit être une violence extrême. Ah ouais, t'es pas fier. Sachant que j'ai ce chiffre en tête, je sais pas où j'avais lu ça, qu'un vent à 120 km heure, en fait, tu ne tiens pas debout.

SPEAKER_02

Moi, je suis tombé deux fois sur l'arête. Ah ouais, ok, d'accord. Je suis tombé deux fois, tu vois. Alors, je suis tombé parce que j'y voyais pas très bien avec le masque, donc j'ai pas assuré mes appuis, c'est sûr. Et puis, j'ai dû être un peu balancé parlement aussi donc non non c'était c'était pas les meilleures conditions pour le faire donc on s'est dit on tente on avance on verra bien pas une gelure ni rien mais c'était pas les meilleures conditions après c'est toujours la même chose c'est que tu prends une décision à l'instant T avec les paramètres qui s'offrent à toi et après tu peux juger la pertinence de ta décision au cas postériori c'est aussi un biais cognitif c'est un biais direct prospectif c'est à dire que tu juges que ta décision était bonne ou pas avec les informations que tu as dans les jours qui suivent. Donc, évidemment que quand on a vu les autres faire le lendemain, on s'est dit, c'est le lendemain qu'il fallait le faire. Et puis après, on s'est regardé, on a tenté notre chance, on avait des paramètres de sécurité en tête, on n'a pas dépassé ces paramètres de sécurité, donc on peut être content. C'est-à-dire que ils ne l'auraient pas fait le lendemain, nous, on aurait été satisfait en disant, c'était le jour pour le faire. Donc, voilà. Un problème qui est difficile aussi, c'est la concagoie. La concagoie, moi, je l'ai réussie la deuxième fois. Je l'avais... Je l'avais tenté une première fois, c'était en 2013, je crois. On ne l'avait pas réussi. On était au dernier camp qui s'appelle Cholera. Et donc là, c'est la montagne qui était en colère puisque là, il y avait des rafales à 140 km heure. Et là, effectivement, tu vois, c'est pour ça que je rebondis sur cette information. C'est que nous, il y avait une femme avec nous et donc elle est sortie. Elle s'est fait balayer deux fois par une rafale. Elle est tombée par terre. Donc on s'est dit, bon, on n'est peut-être pas plus fort que le vent. Donc on va redescendre. Et ça m'a donné un enseignement. Si tu veux, j'avais prévu le projet sur trois semaines et donc très peu de temps finalement de réserve pour faire le sommet donc tu rentres extrêmement frustré parce que tu te dis je suis acclimaté je suis prêt à le faire mais là il y a 5-6 jours de vent fort donc on peut pas le faire donc tu te dis là c'est pas le bon truc on serait resté une semaine de plus on aurait pu tenter après le vent se calmer donc moi ça m'a amené après sur tous les projets à accentuer la marge de réserve pour te laisser le maximum de chance pour prendre en compte ces paramètres là et bizarrement quand on l'a fait deux ans après il n'y avait pas de vent il est resté une heure au sommet il n'y avait pas de vent du tout et l'argentin qui était avec nous, il dit, moi, ça fait sept fois que je fais la concagoise, la première fois qu'il n'y a pas de vent. Donc, profitons-en. Il est dur pour ces conditions-là, lui. Il n'est pas dur techniquement du tout, mais il est sur un couloir aérien et tu as souvent du vent. Voilà pour les Seven Summit,

SPEAKER_00

Loïc. Excellent. Si ça te tente. Une dernière question sur ce gros pan de ta vie, quand même. Comment est-ce qu'au fil des sommets, tu as vision de l'alpinisme, de l'aventure a

SPEAKER_02

évolué

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Elle a évolué, pour répondre à ta question, définitivement après avoir fait l'Explorer Grand Slam. C'est-à-dire que comme j'avais l'Explorer Grand Slam en tête, j'étais plutôt dans une logique de performance. Quand je te dis performance, c'est... Bien sûr, on respecte les conditions de sécurité. Parce qu'à nouveau, moi, je suis père de famille, j'ai un boulot, etc. Je suis amateur. Enfin, moi, j'ai rien à revendiquer. Je ne suis pas sponsorisé par des marques de soda. Il ne faut pas les citer là où il y a de la taurine et tout ce machin. Donc, c'était la performance, c'est-à-dire faire remplir ce challenge. Aujourd'hui, je suis plutôt sur la logique de profiter de ces espaces et prendre conscience du niveau de privilège que j'ai de pouvoir, en fait, y être. Donc là, c'est après l'exploration en slam, en fait, que ça a évolué. Voilà. Moi, ce que j'ai vu, parce que tu vois, ça s'étale sur plusieurs années, c'est que tu as un engouement sur l'alpinisme. Tu as de plus en plus de monde dans les camps de base. Tu as des conditions de vie dans les camps de base que j'ai vu évoluer. Avant, on n'avait pas Internet. On avait le téléphone satellite. Tu passais un appel par semaine à ta famille et c'est tout. Aujourd'hui, tu as Internet dans une tente et tu peux faire tes réseaux sociaux et tous tes trucs en même temps. Le rapport a évolué. Je ne dis pas que c'est bien ou que c'est mal. C'est un rapport qui a évolué et qui fait qu'aujourd'hui tu vois je je préfère aller sur les zones polaires que dans la montagne même si j'ai encore plein d'autres projets montagne tu vois c'est un un endroit ou en tout cas un environnement qui a changé de par ce qu'on en a fait en fait en l'occurrence j'ai vu ça dans la durée j'étais content aussi c'est sûr qu'au début quand tu dis je peux envoyer un petit message à ma petite famille t'en profites aussi et puis après voilà c'est la dérive à les réseaux sociaux etc et donc tu te dis on est pas dans un combat en train de s'acclimater aller voir les autres expéditions les autres pays parler entre nous partager nos doutes et tout ça t'es tout seul avec ta communauté en fait en l'occurrence ça crée un isolement de chacun alors que t'as plus l'esprit entre guillemets de cordée c'est à l'expédition on est tous ensemble voilà on prend des décisions ensemble on partage nos doutes on s'entraide etc ça individualise un peu les projets et sans te dire que derrière il y en a qui racontent n'importe quoi entre ce qu'on voit vivre et puis ce qu'ils racontent quand tu lis après leur truc tu te dis ils ont écrit qu'ils allaient mourir à chaque instant alors que

SPEAKER_00

tu prenais le thé avec eux que tout allait bien ça c'est aussi un aspect que j'ai découvert de l'aventure plus j'échange avec des aventuriers plus j'entends des histoires comme ça où finalement tu te rends compte que peut-être que dans certains cas il y a aussi une approche très marketing

SPEAKER_02

peut-être

SPEAKER_00

la réalité décrite avec un filtre un peu

SPEAKER_02

différent ouais tu as Moi, je me rends compte, tu vois, dans les échanges que j'ai, les conférences ou autres, tu as quand même une méconnaissance de ces milieux-là. Voilà. Donc, tu ne vas pas raconter n'importe quoi si tu es à Chamonix parce que tu es entouré d'alpinistes, etc. Mais si tu es dans une grande ville, les gens ne connaissent pas ou ils ne connaissent qu'à travers la montagne où tu as un storytelling, pardon, à travers la télé où tu as du storytelling, etc. Bon, mais voilà, tu peux raconter ce que tu veux. Déjà, je sais que quand je suis en conférence, que je pose à question à tout un chacun qu'il y a la différence entre le Pôle Nord et le Pôle Sud, je suis quand même assez effaré du niveau de mon sens en fait. Oui, mais tu as une méconnaissance. Quand je te dis ça, il n'y a aucun jugement, je suis juste effaré par le fait que ce n'est pas l'actualité de tous les jours, ce ne sont pas des informations communes, donc ce ne sont pas des sujets sur lesquels les gens se questionnent, tu vois, et approfondissent. À part quelques initiés, je dis ça, ce n'est pas un jugement. J'ai plein de zones d'ombre sur plein de sujets de la vie de tous les jours. En tout cas, ça te prouve que tu peux raconter, tu peux rejoliver ton histoire et personne ne te dira c'est possible.

SPEAKER_00

C'est vrai qu'il y en a qui veulent en savoir plus sur le Pôle Sud, en particulier l'épisode qui sortira à la suite de celui de Jérôme, c'est avec Claire Lenne qui revient aussi sur le podcast, qui est une médecin. Une médecin en milieu extrême qui est partie pour une une très longue mission au Pôle Sud. Elle est restée combien de temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est comme toi, en fait. Elle est venue une première fois sur le podcast évoquer son parcours de vie en général. Donc, on a parlé de plein de choses, mais entre du Pôle Sud. En fait, la mission qu'elle avait faite, c'était une mission de logistique. Donc, elle est partie d'une des bases les plus proches de la côte et elle a eu, si je ne dis pas de bêtises, 24 jours de tracteur chenille pour rejoindre de la base de destination ok ouais très bien voilà donc avec toutes les péripéties je crois qu'elle a mis 17 jours avant d'arriver au pôle sud enfin sur le continent 7 avions enfin bon c'était une expédition mais bon voilà donc c'était juste un petit teasing pour celle-ci non mais c'est très bien très bien très chouette et maintenant ce que je te propose Jérôme parce que je regarde je regarde aussi le chrono on a un peu moins de temps que prévu à cause de moi donc désolé pour ça mais c'est qu'on passe sur la suite donc tu l'as évoqué tu as La vision de l'alpinisme, de l'aventure en général a quand même bien évolué après l'Explorer Grand Slam. Aujourd'hui, tu te consacres à peut-être une approche un peu moins orientée performance. Et là, tu travailles sur un projet au moins en enregistre donc en février 2025. Un projet qui arrive dans quelques mois et qui s'annonce exceptionnel d'aventure

SPEAKER_02

et d'exploration. On verra Loïc, on verra. En tout cas, au stade où on en est, tu as raison, on est en février donc il me reste encore deux mois. J'ai encore quelques doutes par rapport à ce projet ce projet en fait c'est faire la remontée du Groenland donc sur 1500 kilomètres, en ski-kite. Donc, entre deux villes, Kangar Lusak, et sortir à Kanak, Kanak étant au nord-ouest, en fait, du Groenland. En fait, ça combine deux choses. D'abord, les zones polaires. C'est-à-dire qu'une fois que j'ai fini l'Expo en Grand Slam, j'ai pu enchaîner sur d'autres projets en zone polaire.

UNKNOWN

Donc,

SPEAKER_02

j'ai pu faire le passage du nord-ouest, donc, voilà, là, t'es au nord du Canada, et c'était sur les traces d'Amundsen, je voulais finir l'histoire avec Amundsen, puisque j'ai pris la voie qu'il a utilisée, lui, pour aller au pôle sud, j'étais vraiment dans les traces d'Amundsen, d'ailleurs, même sur mes skis de randonnée nordique, j'avais la tête d'Amundsen, donc ça, c'était pour l'ancrage, tu vois, mental, pour me préparer, en me disant, il est passé par là, lui, donc, s'il a réussi, au moins, quelques années après, donc, lui, il a fait le pôle sud en 1911, et en 1906, il a réussi ici à ouvrir le passage du nord-ouest. Et donc là, nous, on l'a fait dans l'autre sens. Lui, il est passé de l'est vers l'ouest. Et nous, notamment, il a hiberné avec son bateau dans une ville qui s'appelle Joaven, du nom d'ailleurs de son bateau. Et après, il a été à une autre ville inuite qui s'appelle Cambodge Bay. Donc nous, on l'a fait dans l'autre sens. Donc tu vois, ça, c'est 400 kilomètres en autonomie, donc avec un mix banquise et traversée d'îles. Donc ça, c'est un extrêmement plus parce que là juste pour te caractériser le polaire puisqu'on parlait de monde sur les montagnes le polaire tu vis un huis clos avec l'équipe avec laquelle tu es dans l'immensité tu vois Loïc c'est à dire qu'on est 2, on est 3, on est 4, on est 5 on a zéro barrière autour de nous mais il n'y en a aucun qui va dire moi cet après-midi je passe par la gauche et puis on se retrouve ce soir tu vois donc c'est un huis clos c'est à dire qu'on va rester tout le temps ensemble t'as vraiment le fonctionnement d'interdépendance entre nous mais pourtant chacun pourrait partir où il veut donc ça c'est extraordinaire et puis pendant la durée de tes projets tu vois personne en fait sur les 20 jours on a vu personne on a été presque effaré quand on est arrivé à Joe Haven parce que là t'as tous les inuits avec leur motoneige ils font un bruit incroyable ils n'ont même pas de casque, ils ont les enfants, ils ne sont même pas protégés derrière, ils sont en train de fumer sur leurs boutonnages. J'ai dit waouh, où j'arrive là, alors que pendant 20 jours, j'étais dans un calme absolu. Et donc, j'ai enchaîné aussi l'année dernière par la traversée sud-nord du Spitsbergen. Je ne sais pas si tu vois aussi le Spitsbergen, c'est au nord de la Norvège. Et donc là, on a fait, que je ne te dise pas de bêtises, 608 kilomètres en 32 jours, avec plus de 7000 mètres de délivré. Donc, tu vois, on parlait de performance, et je te dis, je ne suis plus dans la performance, mais je quand même capable de te dire les ratios parce qu'en fait il faut être précis t'es quand même dans la performance c'est à dire que t'es lâché à un endroit il faut quand même arriver à l'autre et si t'y arrives pas ça veut dire que tu déclenches les secours ou d'autres solutions mais ça m'importe moi tu vois j'y mets moins d'attachement que de dire tu vois on se serait arrêté un peu avant et puis voilà c'est des motoneiges qui seraient venus nous chercher j'aurais pas eu la même frustration que si c'était je tente le dénali et puis il faut le cocher pour faire l'expérience là tu vois voilà Et donc... Je dois t'avouer que j'anticipe ma retraite, Loïc, parce que j'ai quand même 52 ans aujourd'hui, et je me dis des projets comme ça, marcher 32 jours, 10 heures par jour, te traîner 80 kilos, c'est chouette, mais bon, ça demande beaucoup de préparation, et puis c'est coûteur d'énergie quand tu le fais. Sur 30 jours, tu perds 8 kilos, même si tu manges 7000 calories par jour, tu dégustes. Moi, j'ai le corps, il est moins élastique que ce qu'il pouvait être quand j'avais 30 ans, quoi. Et donc, je me suis dit, plutôt que d'utiliser la force de mes jambes, qu'est-ce qui pourrait m'aider, quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Qu'est-ce qui pourrait m'aider

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Et bon, t'es pas sans savoir qu'effectivement, il y a cette nouvelle discipline qui est sortie depuis quelques années, le ski-kite. Je crois que t'avais interrogé Mike Horn aussi, et lui, il a fait la traversée du Pôle Sud en ski-kite. T'as Mathieu Tordeur aussi, et Heidi Sevestre, qui ont fait d'ailleurs le même projet que, je serai sur leur trace, sur le Groenland, puisqu'ils l'ont fait l'année dernière, cette traversée. donc voilà le ski kite sur les calottes polaires se développe tu peux en faire en montagne j'ai fait une petite initiation bien sûr sur le col du Lotaré dans les Alpes mais vas-y ok on va tenter ça rejoint deux domaines le ski le polaire et puis après l'utilisation du vent je faisais de la voile quand j'étais jeune et puis tu vois le projet mer montagne avec Pierre Lejean ça m'a aussi ouvert l'idée de dire tiens on peut utiliser d'autres forces que la force musculaire en fait donc c'est la nouveauté pour moi trêve de plaisanterie pour la pour la retraite, c'est la nouveauté pour moi, c'est-à-dire que je rajoute un paramètre d'incertitude que je n'avais pas jusque-là, qui est le vent. Le vent, s'il est trop fort, on ne peut pas, s'il est trop faible, on ne peut pas. Donc, c'est un peu la condition de réussite de notre projet, c'est déjà, est-ce qu'il y aura le vent qu'il faut par rapport à nous

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

c'est pas un raisonnement que j'avais jusque là c'est à dire que nous quand tu fais ça à pied tu as des routines tu te lèves à 7h, boum à 9h t'es prêt et puis tu fais ta journée et puis si le vent était contre toi plutôt que de faire 20km on aura fait 17, 15 et puis le lendemain le vent va t'aider et puis tu seras mieux, tu en feras 22 etc et tous les jours tu joues ta chance sauf si c'est la tempête évidemment donc là si il y a la tempête on est à égalité entre à pied et en ski kite, s'il n'y a pas de vent, par contre, ça ne sert à rien de marcher. Sérieux, ça va être dur pour moi. C'est-à-dire que s'il n'y a pas de vent, tu te reposes.

SPEAKER_00

Parce qu'en plus, j'imagine que le kite te permet aussi de partir avec plus de poids, je suppose. Donc là, pour le coup, tu es vraiment bloqué s'il n'y a pas de vent.

SPEAKER_02

Déjà, on aura 4 voiles. On va avoir une petite. J'en prends une de 5, après une de 8, une de 11 et une de 15 mètres carrés. Donc déjà, les voiles, tu t'es mis ça. Après, c'est des skis non pas de randonnée nordique mais plutôt des skis là on va prendre des skis de descente tu vois un peu l'eau est bien parallèle t'as des fixations plutôt lourdes en fait tu cherches pas à gagner du poids et si t'as une journée où il n'y a pas de vent tu vas marcher alors admettons que tu gagnes 15 km bon t'es content mais en fait 15 km c'est ce que tu peux faire le lendemain ça se trouve en 1h30 de kite donc autant te reposer et peut-être attendre le coucher de soleil et kiter parce que peut-être ça peut faire un effet thermique et kiter 2h à ce moment là donc t'es vraiment à l'affût du vent tu vois donc ça m'intéresse parce que ça c'est un truc nouveau en fait on est à l'affût de la fenêtre météo mais sur le polaire t'es pas à l'affût de la météo tu traces sauf quand c'est la tempête donc voilà la météo a pas la même affluence tandis que là voilà t'auras ça et après le deuxième élément de certitude c'est mon niveau technique on a vu on sera en vente arrière j'ai vu ça avec la personne avec qui je pars c'est Michael Charavin qui a déjà fait alors lui il a fait la plus grande distance sur le Groenland à il a fait le tour, une circumnavigation, donc il a fait plus de 5000 kilomètres, lui, c'était en 2014, 2015, 2016, je ne sais plus, donc voilà, lui, l'historique sur le Groenland, qui fait que, après ça, c'est mon approche aussi, j'essaie toujours d'avoir des gens qui ont un temps d'avance par rapport à moi, c'est-à-dire qu'ils connaissent le milieu, de façon à avoir une lecture différente, uniquement une lecture d'expertise qu'ils pourraient avoir. Donc voilà, écoute, on a déjà fait un petit stage ensemble en Norvège début février, j'en refais un autre en avril, donc Il m'aide à être à l'aise sur toutes les allures avec des conditions de vent différentes. Je me pose la question parce que je n'en sais rien. Est-ce que je serai suffisamment prêt en l'occurrence

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Il n'y aura que la vérité du terrain qui nous le dira. On n'est jamais sûrement assez prêt sur toutes les expéditions. C'est toujours été la question que je me suis posée. Je rajoute ce paramètre nouveau qui est la technique. Si tu te souviens, c'était un point qui m'avait interpellé quand on avait fait le podcast avec Pierre Lejean il parlait beaucoup de son bateau tu vois l'élément technique était prépondérant alors que moi j'ai pas du tout parlé de mon piolet de mes crampons et de ma corde tu vois c'est bien sûr que tu choisis le bon matériel et puis après tu fais avec enfin on va dire waouh j'ai le dernier piolet machin etc on s'en fout quoi alors que lui c'est comme s'il faisait la course à deux quand il a fait ça la transat en solitaire c'est lui et son bateau il faut qu'il ménage le bateau

SPEAKER_00

etc c'est vrai que l'aspect technique en mer est quand

SPEAKER_02

même exactement

SPEAKER_00

ouais donc

SPEAKER_02

moi c'est un paramètre nouveau ça me tente bien moi je m'y prépare comme d'hab à fond mais voilà j'ai un gros point d'interrogation sur la réussite évidemment de ce projet donc voilà c'est ça qui le rend complètement excitant non pas que ce soit extrême surmontable etc c'est juste moi par rapport à ça voilà c'est pas c'est pas le truc qui a jamais été fait enfin moi je sais pas ce genre d'aventurier avec un niveau niveau d'engagement, de prise de risque, au-delà de l'acceptable, pas du tout, mais en tout cas, voilà, moi, c'est mon niveau et mon expérience par rapport à ce challenge. Donc Loïc, voilà, je suis plein de doutes, j'ai des ressources, bien sûr, par rapport à ça, mais bon, c'est comme toi, les challenges que tu as faits, tu pars avec plein de doutes, et après, tu déroules, puis tu actives tes points forts, et puis tu t'adaptes aux situations nouvelles, et puis s'il faut renoncer, tu renonces, et puis si tu vas au bout, t'es super fier. C'est ça que j'ai en tête.

SPEAKER_00

Excellent. Et puis, comme tu dis, je pense que se lancer dans une aventure en ayant le sentiment qu'on est absolument parfaitement prêt, ça enlèverait peut-être un peu de charme à la chose. C'est peut-être parce qu'il y a le doute que ça nous amène à nous dépasser et que ça crée finalement des souvenirs incroyables. Et c'est

SPEAKER_02

dangereux de partir des certitudes. C'est absolument dangereux. Moi, je te donne un exemple très concret. Tu Tu vois, avec Pierre Legendre, on avait fait le Mont-Blanc. Donc, moi, le Mont-Blanc, c'est quand même un sommet que j'ai dû tenter. Alors, je ne sais plus si c'est six ou sept fois. Je l'ai réussi quatre fois. Et pourtant, je suis de plus en plus compétent. Mais à un moment donné, les conditions ne sont pas là. Donc, il faut renoncer. Tu vois, avec Pierre, on a eu la chance du débutant. Moi aussi, quand je l'avais fait la première fois, j'avais eu la chance du débutant. Pierre en a un excellent souvenir. Et peut-être, il dit autour de lui, c'est facile. Et c'est ce que j'ai dit, moi, la première fois que j'avais fait le Mont-Blanc. Voilà. Écoute, je l'ai tenté en juin dernier, pareil avec un débutant, et on s'est arrêté au Dôme du Goûter, donc à 500 mètres du sommet, parce qu'on n'y voyait rien, et il y avait du vent, et donc c'était plus prudent de redescendre. Et pour autant, tu vois, dans la cordée, Thibaut, qui était avec moi, qui était débutant, il avait tout à fait le niveau pour monter jusqu'au sommet. Les conditions n'étaient pas là, tu rentres à la maison, et puis c'est tout. Donc si tu arrives à des certitudes en disant, ben non, c'est bon, je connais le chemin, je n'écoute pas les paramètres, tu te mets sacrément en danger. Gardons le doute en fait c'est plutôt entre guillemets un salvateur oui

SPEAKER_00

Excellent. Et donc, est-ce qu'on va pouvoir suivre, enfin, est-ce que tu penses pouvoir communiquer juste avant le départ, à ton retour, j'imagine pas pendant

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors si, si, si. Ah oui,

SPEAKER_02

excellent. Les traversées, alors, depuis que moi je fais les traversées, à chaque fois, je mets en place le site Live Explorer. Peut-être que tu connais, là, c'est un gars qui est au Mans. Et donc, moi, j'ai... un tracker GPS sur moi et donc tu peux suivre l'avancée et ensuite alors moi j'aime bien je sais pas si je le ferai cette fois-ci mais j'arrive à faire des posts en fait sur le Live Explorer donc c'est pas du tout interactif c'est à dire qu'il y en a qui mettent des commentaires et tout mais c'est ma femme qui après m'envoie un petit SMS justement par ce système là de tracker qui me dit tiens t'as une question est-ce que tu veux bien y répondre parce que j'ai pas le retour en fait quand j'envoie le poste où la photo en est à 2 ko par seconde en termes de débit et ça s'arrête dès que t'as un des 3 satellites qui passent derrière donc voilà pour envoyer d'abord les photos que t'envoies elles sont à 100 ko elles sont réduites au maximum elles sont à peu près qualitatives mais voilà pour faire ça c'est une heure tous les soirs entre le texte c'est vite mais il faut l'envoyer et puis après les photos donc oui il y aura un suivi et je le mettrai sur les réseaux sociaux l'adresse du live explorer moi ça me plaît beaucoup parce que du coup ça me ça m'occupe tu vois sur le sens aussi est-ce que je vais rechercher est-ce que je peux partager tu vois de ce projet là puis finalement c'est c'est un petit rendez-vous que j'ai avec moi-même parce que j'en ai pas la portée en fait à l'instant précis c'est après en discutant donc du coup il y aura ce suivi sur le live

SPEAKER_00

expo super bah écoute génial on fera finalement comme avec le Vendée Globe un peu de dot watching tu vois regardez le point qui bouge

SPEAKER_02

si il bouge pas il bouge sur la carte tu pourras tu pourras bah non qu'est-ce qu'il fout ça aurait pu quand même marcher, tu aurais gagné 10 kilomètres 10 kilomètres sur 1500 c'est pas

SPEAKER_00

grand chose mais bon c'est toujours ça le prix sachant que je sais plus du coup si on en parlait quand j'avais commencé à enregistrer ou pas mais ces 1500 kilomètres tu prévois à peu près 25 jours c'est

SPEAKER_02

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Voilà c'est ça on se dit 25 jours d'autonomie donc ça veut dire que tu peux 25 jours d'autonomie on va partir avec 5000-6000 calories par jour donc tu peux, voilà si tu rationne, etc. Tu peux faire 26, 27, 28. Mais en fait, on a une sortie à mi-chemin. Si ça ne se passe pas comme prévu en termes de vent et tout, on peut sortir sur une ville qui est à 800 km du point de départ. Après, en revanche, comme on est plutôt en logique de vente arrière, une fois qu'on a décidé de ne pas sortir sur cette ville-là, on est obligé d'aller jusqu'au bout. Ça nous ferait remonter au vent et remonter au vent avec le ski-kite. C'est pas si simple en fait. C'est quand m'envoie l'un du reste, mais c'est pas si simple. Donc si c'est à deux jours ou trois jours et que tu fais un rebouchement, c'est rien. Mais si t'es à mi-parcours et que tu te dis« Merde, il ne nous reste que cinq jours», il

SPEAKER_00

faut que tu files quand même. Donc c'est quand même bien

SPEAKER_02

engagé. Oui, oui, oui. Je pense que oui. J'en sais rien, en fait. J'en sais rien. J'espère pas trop,

SPEAKER_00

finalement. En tout cas, super excitant. Hâte de suivre ça. Et puis, si t'es partant à ton retour, on On pourra se faire un épisode débrief, mais en tout cas,

SPEAKER_03

d'ici

SPEAKER_00

là, je te souhaite une excellente préparation. Et puis, je te dis un immense merci d'être revenu sur le podcast et de nous avoir partagé ton expérience de l'exploreur Grand Slam et en particulier de ces trois sommets qu'on a bien détaillés. C'était vraiment

SPEAKER_02

passionnant.

UNKNOWN

Merci beaucoup, Jérôme. Merci à toi, Wick.

SPEAKER_00

Je te dis du coup à très

SPEAKER_02

bientôt.

UNKNOWN

À très bientôt.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté cet échange avec Jérôme jusqu'au bout. J'espère que ça vous aura donné envie, pourquoi pas, d'aller au bout, vous aussi, de l'Explorer Grand Slam. En tout cas, de vous lancer dans vos propres projets. N'hésitez pas à partager cet épisode à un maximum de personnes autour de vous. Et si vous appréciez Les Frappés, sachez que vous pouvez soutenir le podcast financièrement sur tipeee.com C'est à partir de 1€par mois et il n'y a pas vraiment d'engagement non plus si vous le souhaitez. Merci d'ailleurs à toute cette essai qui ont déjà franchi le pas et qui contribuent chaque mois à couvrir une partie des frais de fonctionnement du podcast. Merci encore à vous. Enfin, je remercie tous les auditeurs du podcast pour leur fidélité et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao les frappés

UNKNOWN

!