Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Courir pour soi et s'écouter avec Sarah Vieuille, double championne du monde de trail
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Sarah Vieuille est double championne de France de trail et double championne du monde par équipe. Cette ancienne nageuse originaire de Bordeaux a découvert un peu par hasard le trail, lorsqu'elle s'installe dans les Vosges pour ses études. Le déclic se produit lorsqu'elle remporte la 1ère épreuve à laquelle elle participe. Depuis, Sarah a rejoint les rangs des meilleures mondiales.
Après maintenant plus de 10 ans en compétition dont de nombreuses sélections en équipes de France, Sarah nous partage ses conseils sur la gestion des blessures, l'importance du repos mais aussi et surtout de l'alimentation (teasing : les amateurs de patates seront ravis !).
🔎 Dans cet épisode, nous avons parlé de quelques uns des grands noms du trail, comme le Festival des Templiers, ou le Trail des Forts. Sarah est également membre de la team La Sportiva.
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J'arrive vraiment à gérer parce que je fais quand même beaucoup de haute montagne, donc j'ai été souvent dans des conditions dures, avec de la neige, du froid et du vent. C'est pour ça que ça me permet vraiment de relativiser en course, parce que je pense souvent à ces moments-là, je me dis« c'est bon, t'as survécu», en me remémorant des moments qui ont été vraiment durs pour moi.
SPEAKER_00Bonjour Sarah.
SPEAKER_01Bonjour
SPEAKER_00Loïc. Bienvenue pour la deuxième fois sur le podcast. J'ai un peu, voilà, je suis un peu à la fois embarrassé mais bon content. En fait, pour la petite histoire, Sarah avait déjà fait un enregistrement pour le podcast et je n'étais pas du tout satisfait de l'expérience que je lui avais offerte en tant que co-hôte. Donc, heureusement, j'ai de la chance, c'était sympa et tu as accepté qu'on refasse l'enregistrement. Donc, encore merci.
SPEAKER_01Non, mais avec
SPEAKER_00plaisir. Écoute Sarah, impatient de rééchanger changer du coup avec toi, notamment cette fois-ci plus sur l'aspect peut-être mental dans ta discipline. Comment est-ce que tu gères ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je ne vais pas trop faire de spoil, mais c'est vrai que les gens font un petit dans le trail puisque c'est ça ta discipline. Surtout le long, c'est une notion qui est quand même vachement importante. Comment on se prépare
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment est-ce qu'on gère la course, l'après-course
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu nous en diras plus là-dessus, mais impatient de voir ce que tu peux nous partager. Peut-être que je peux te laisser te présenter pour commencer,
SPEAKER_01Sarah
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, avec plaisir. Concernant ma discipline, je suis spécialisée dans le trail. Ça fait dix ans que j'exerce ce sport. Comment c'est venu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tout simplement, on arrive dans les Vosges. Parce qu'effectivement, j'habite dans les Vosges depuis 2010. C'est là que j'ai eu la chance de rencontrer des personnes du terroir qui m'ont fait découvrir leur belle forêt, beau terrain de jeu et c'est vrai que je tombe amoureuse ce que je dis je tombe amoureuse des sapins et c'est là que j'ai découvert tous les sports nature notamment le trail après d'autres sports le VTT le vélo route bon voilà on a vraiment on est une région on peut pratiquer plein plein de sports différents et le trail en fait comment j'ai accroché ben simplement voilà une amie qui m'a poussée sur qui m'a poussée à à comment dire à m'inscrire sur une course un trail blanc notamment dans la neige et ces dates tout est parti parce que j'ai remporté la course et du coup ça m'a donné envie de tester mes limites voilà je me suis prise au jeu et puis et de fil en aiguille je me suis retrouvée au sein de l'équipe de France et donc donc actuellement j'ai j'ai 4 sélections en équipe de France de trail enfin 3 sélections en équipe de France de trail et une sélection en équipe de France de course en montagne et voilà donc j'ai pas mal évolué sur la discipline on aura l'occasion d'en parler mais notamment au niveau mental j'ai pas mal évolué depuis ces 10 ans puis heureusement ce qui m'a permis quand même de progresser et puis et puis voilà je pense que bon après ce que me dit Philippe Propage qui est mon coach j'ai encore une marge de manœuvre donc à voir on verra bien mais si c'est lui qui me dit bon j'ose espérer
SPEAKER_00mais on verra alors je suis obligé du coup parce que tu t'es un peu trop humble là je suis obligé de préciser quand même un peu ton palmarès parce que quand tu dis que tu es rentré en équipe de France, tu as deux titres de championne du monde de trail par équipe quand même. Tu es championne du monde de course en montagne. D'ailleurs, peut-être que tu pourras nous expliquer la différence entre les deux. Mais tu es aussi championne de France de trail long et puis tu as pas mal de beaux résultats sur des grands noms du trail comme les Templiers d'ailleurs ou l'Aiger Ultra Trail en Suisse. Donc voilà, tu tu fais partie du top mondial quand même. Il faut le
SPEAKER_01préciser. Oui, oui. Moi, j'ai toujours du mal à me rendre compte et... et puis voilà après je reste celle que je suis celle que j'ai toujours été depuis le début je prends la simplicité on n'est pas non plus enfin ça reste du sport et puis voilà et puis moi je reste accessible et c'est comme ça que je m'épanouis aussi c'est en gardant cette stabilité il y a beaucoup de gens qui ne savent pas que je pratique ce sport là à ce niveau là il y en a qui le découvrent et puis j'ai besoin de garder mon petit jardin de secret aussi un petit peu quoi et puis être aussi en contact avec des gens qui ne sont pas
SPEAKER_00forcément du milieu. Oui, bon, voilà, c'est un équilibre. Alors justement, ça, ça m'avait pas mal surpris quand on avait échangé les premières fois. C'est-à-dire que tu as une activité professionnelle sans aménagement particulier, en fait. Je crois que tu as de la chance d'avoir un boss qui est relativement flexible, mais en fait, tu t'exerces un métier à temps plein, normalement, sans aménagement
SPEAKER_01particulier. Oui, après, c'est aussi un choix. Je pourrais me mettre, ça semble pour 75% mais c'est un choix parce que certes bon fond jongler c'est sûr qu'une journée 24h ça suffit pas quoi je peux me couvrir à droite à gauche j'ai toujours mes refaire des podcasts être en retard aussi envoyer un message mais c'est comme ça tout le temps après c'est sûr que je passe mon temps avec mes sacs dans la voiture à me changer à aller me doucher enfin voilà c'est le quotidien mais c'est comme ça que bon Pour le moment, ça me plaît. Il y a des fois, c'est fatiguant, mais bon, chacun a sa vie. Je ne me plains pas. Moi, je suis heureuse de faire ce que je fais. J'ai besoin de bosser parce que pareil, ça m'apporte des choses. Faire que du sport, je ne pense pas que je supporterais. J'ai besoin aussi du côté intellectuel, notamment les sciences, parce que je travaille dans les sciences. Je suis professeure de physique. Également, je fais une formation en naturopathie et j'ai besoin d'apprendre des nouvelles choses. ouais j'ai besoin de ça parce que que le sport c'est pas pour moi
SPEAKER_00C'est ton équilibre. Voilà. Alors, si on rentre un peu dans le détail de ta discipline, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur à quoi ça correspond en termes de distance, de dénivelé et peut-être les différences entre trail et course en montagne
UNKNOWN?
SPEAKER_01Après, le trail, il y a plein de distances différentes aussi. Moi, je suis plus spécialisée dans le trail mi-long, on va dire mi-long à long. C'est-à-dire entre 30, 50, 60, 70 aussi, ça va bien. Après, les ultras, j'en ai fait un. dans ma vie bon voilà c'était en Mexique bon pour le moment c'est pas trop mon truc parce qu'il ne faut pas non plus ça dure trop longtemps non plus enfin au niveau mental on va dire bon j'ai du mental mais bon c'est une autre discipline on va dire mais après au niveau de la course en montagne c'est une bonne question mais après la course en montagne c'est pareil quand j'ai participé au Mondio j'étais sur le format long donc finalement ça ne changeait pas beaucoup de mes formats trail classiques après en règle générale la course en montagne c'est une distance plus cour On va dire que c'est un terrain peut-être moins technique parce qu'en trail, il y a de tout. Mais il y a des trails très alpins. En course en montagne, il faut que ce soit quand même plutôt roulant et avec du dénivelé. Ce sera plus court. En général, ce sera une bosse ou deux bosses, trois bosses. Mais c'est plus axé montée. on va dire, moins techniques ou peut-être qu'il faut être... Ils sont très bons sur le cours, en fait. La vitesse, ils ont beaucoup de vitesse. C'est comme ça que j'analyse. Mais on va dire que la course en montagne longue, il n'y a aucune différence avec le
SPEAKER_00trail. D'accord. Écoute, si on bascule du coup sur la partie mentale, je serais curieux de savoir comment tu... Peut-être déjà commencer par le commencement. Comment tu te prépares pour des épreuves qui durent... D'ailleurs, je ne sais pas combien de temps elles durent, mais des épreuves de 30 à 70 km heure. Tu mets combien de temps à peu près pour faire ça, même si j'imagine que c'est très variable selon la course
UNKNOWN?
SPEAKER_01Entre 3h30, on va dire, jusqu'à 6, 7h, parfois 8h. Après, moi, personnellement... Généralement, les courses très longues, de 7-8 heures, on part tôt le matin, souvent à la frontale. Ça passe vite parce qu'il y a une partie de nuit, on voit le lever de jour, c'est magnifique. Finalement, ça passe vite. Je ne sais même pas comment dire. Je pars pour une belle balade, une belle bambée, une belle journée. Après, je suis habituée à faire du long, à partir longtemps avec mon sac à dos sur le dos. Être longtemps en montagne, marcher longtemps, C'est parfois des journées entières à marcher ou des longues sorties à vélo. Donc, le long, finalement, être longtemps en nature, ce n'est pas quelque chose qui me dérange ou dont j'ai besoin de me préparer. Et puis souvent, je pars pour une belle journée en montagne. Et puis voilà, ça passe comme ça. Et puis, par exemple, ma dernière compétition justement au trail des aiguilles rouges, je n'ai absolument pas regardé ma montre. Je ne savais absolument pas quand je suis arrivée. Je ne savais pas du tout. Je regardais juste ma montre pour regarder les kilomètres, mais je n'ai absolument pas regardé l'heure. Donc, je suis arrivée et je ne savais même pas quelle heure il était, combien de temps j'avais mis. C'était la notion de... J'ai beaucoup de mal aussi avec les chronos. Souvent, on me demande tu vas mettre combien de temps, tu estimes combien ou tu cours à quelle allure. Je dis mais je ne sais pas. Moi, je cours avec ma petite montre décathlon quand je cours c'est surtout quand je cours c'est un moment d'évasion et après chacun ses contraintes je ne suis pas du tout mais étant enseignant c'est vrai qu'on est programmé toutes les heures avec la sonnerie si je vais courir c'est pas pour avoir une montre sous les yeux et regarder mon chrono sans arrêt c'est sûr que je regarde mon chrono quand Philippe me donne des séances de qualité à faire mais il n'y a que là qu'aujourd'hui de mon chrono et puis je suis pas là à courir avec un cardio je suis pas du tout à chiffrer c'est vraiment pas ce qui m'intéresse en fait après c'est très bien il y en a qui sont à fond là-dedans j'admire mais moi je retiens absolument pas les chiffres
SPEAKER_00c'est top ça donc en fait c'est vraiment la notion d'évasion de plaisir qui te drive sur tes courses j'ai l'impression
SPEAKER_01c'est absolument pas la temporalité c'est absolument pas le rythme c'est pas non moi c'est comment dire le déroulé de la course les paysages qui défilent. C'est comme ça que je vis mes courses avec le lever du jour, le coucher du soleil, la pluie, le vent, les changements de météo. C'est comme ça que je vis
SPEAKER_00plutôt mes courses. Justement, par rapport à la pluie, à la météo, j'imagine que tu peux essayer d'anticiper avec ton équipement, mais pas tout le temps. Comment tu gères, si tu pars avec cette notion de« je vais me faire plaisir», comment tu gères les imprévus, qu'ils soient météorologiques ou peut-être même la douleur parce que j'imagine qu'à un moment donné sur 6, 7, 8 heures avec du dénivelé ça finit par arriver je pense non
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui ça arrive à des moments oui qui sont je crois parce que entre temps j'ai eu très des vigues rouges ou j'ai fait une belle course mais c'est vrai que les 8 derniers bornes surtout les 3 derniers bornes il était temps que j'arrive quand même parce que tout d'un coup nous et c'est sûr souvent ça arrive on n'y pense pas, on est bien, on est bien, on est bien, et puis d'un coup, il y a le coup de massue. Bon, après, j'ai toujours trouvé qu'en course à pied... Peu importe ce qui arrive, on arrive toujours à mettre un pied devant l'autre. Comparé, par exemple, au vélo. Au vélo, moi, je vais me taper des bonnes hippos. Quand il n'y a plus de jus, il n'y a plus de jus, quoi. Et pour emmener le vélo, c'est compliqué. Même le ski de fond, c'est pareil. Quand il n'y a plus de jus, il n'y a plus de jus. Il n'y a plus de bras, il n'y a plus de jambes. À part ramper, je ne vois pas trop ce qu'on peut faire. Mais la course à pied, j'ai déjà eu des coups de mou, mais on arrive toujours à avancer, quoi. on arrive toujours à avancer, un petit rythme, peu importe, un petit rythme, on y va, et puis à un moment donné, ça repart. Et au niveau météo, j'arrive vraiment à gérer, parce que je fais quand même beaucoup de haute montagne, donc j'ai été souvent dans des conditions dures, avec de la neige, du froid, du vent. Après, j'ai fait beaucoup de trek aussi à l'étranger, au Népal, au Ladakh, où j'ai vraiment connu des moments très durs, et c'est vraiment les moments les plus durs que j'ai vécu, je pense, en trek, même si ça reste enfin du plaisir mais c'est pour ça que ça me permet vraiment de relativiser en course parce que je pense souvent à ces moments là je me dis bon c'est bon t'as survécu à j'ai plein d'images à la tête je me dis alors là t'étais vraiment en galère et l'état dans lequel j'étais limite à pleurer de fatigue de fatigue et puis d'épuisement je me dis c'est bon t'as survécu c'est qu'à mon mauvais moment passé ça va durer qu'un temps après on oublie enfin c'est comme ça je vis le truc en fait en me remémorant des moments qui ont été vraiment durs pour moi.
SPEAKER_00Justement, tu pourrais peut-être nous partager un de ces moments pour illustrer un petit peu ce que tu
SPEAKER_01dis
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, justement, j'ai un moment où j'y pense souvent, où je me dis... C'est au Ladakh, quand je suis partie avec mon copain, là, Steph, avec qui j'ai fait beaucoup de trek, notamment le Népal aussi. On est partis au Pérou aussi. Et on est partis au Ladakh, donc c'est une région ultra sauvage. Pendant cinq jours, on n'a vu personne, mais vraiment personne. Et justement, le dernier jour où... on était dans cette région là où il n'y avait personne on s'est pris un orage et ce qui fait que l'endroit où on comptait bivouaquer on s'est dit c'est pas possible de s'arrêter là il pleuvait mais il y avait trop d'eau et puis ça tournait de partout on a dit on est obligé de passer un col et puis on avait passé je sais pas combien de cols à plus de 5000 déjà 3 ou 4 dans la journée on a dit on n'a pas le choix que de continuer parce qu'on ne pourra pas s'arrêter là on a continué donc la neige on est arrivé au dernier sommet la neige faisait froid la nuit est tombée On arrivait, il était 8h30-9h, on avait marché depuis je ne sais pas quelle heure le matin. Et puis on avait faim aussi. Et puis il faisait nuit, on ne voyait rien que les frontales. Et puis voilà, la fatigue, le froid, la faim. et puis on ne savait pas du tout où on était et on a planté notre tente alors Steph il voulait planter sa tente il a dit c'est bon il y a de l'eau parce que quand on est en trek en fait la condition pour planter sa tente c'est d'avoir de l'eau parce que sans eau c'est compliqué on peut mais bon donc nous c'était l'eau et puis on voyait de l'eau sauf que pour planter sa tente c'était pas possible c'était que du caillou caillou caillou donc on continue on continue on continue et puis à un moment donné on est arrivé mais on a planté la tente mais impossible de savoir où ce qu'il y avait autour de nous et donc voilà on a passé la nuit on a réussi à manger voilà manger vite fait parce qu'on était crevés de chez crevés on s'est débarbouillé un petit peu et puis le lendemain en fait on s'est levés et puis on était en plein milieu d'un village ah oui on s'est levés autour donc c'était drôle mais c'est vrai que cette journée là était très rude moralement je pleurais je pleurais de fatigue, de faim de tout mais voilà après c'est un moment qui était assez dur
SPEAKER_00et donc c'est ce genre de moment tu vas puer dans ces moments là pour te dire j'ai déjà fait plusieurs entre guillemets pendant tes courses et c'est ça qui quelque part t'énergise
SPEAKER_01c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01ouais c'est ça ouais j'arrive vraiment à relativiser je me dis c'est dur mais bon finalement je pars toujours du principe que c'est un mauvais moment à passer je me dis quand c'est un mauvais moment quand il y a vraiment un mauvais moment parce que c'est pas toujours le cas mais je me dis voilà il y a un mauvais moment à passer et puis une fois que ça sera terminé bon voilà ça sera fini voilà c'est comme ça que je gère mes moments durs on va
SPEAKER_00dire et en quoi tu penses que cet état d'esprit que t'as t'as permis peut-être de durer plus longtemps que certains au niveau au niveau que auquel
SPEAKER_01tu es depuis 10 ans en fait. Oui, chacun sait qu'il y en a beaucoup de sportifs qu'on voit qui performent. Ça ne dure qu'un temps et on n'entend plus du tout parler. Il y en a un paquet. Moi, je ne fais pas partie du lot, mais après, j'ai vécu aussi beaucoup de blessures. Au départ, quand j'ai commencé, pareil, en faire de trop, je n'étais pas suivie. Je refusais justement d'être suivie parce qu'un peu par fierté et puis pas envie d'avoir des contraintes. Voilà, pas envie de contrainte j'avais fait 10 ans de compétition natation déjà étant plus jeune et quand j'avais repris le sport je m'étais dit je veux pas retourner dans la compétition voilà finalement si voilà en plus bien quoi mais au départ non je voulais pas être suivie et puis du coup en faire trop pas de repos parce que forcément j'avais l'impression de pas en faire assez comme beaucoup de gens donc je culpabilisais des que je voulais me reposer, voilà, et à force d'en faire, d'en faire, d'en faire, même pas me reposer, je me suis chopée quand même 5 fractures de fatigue. Après, j'ai eu une fragilité aussi, on parlera, mais il y avait au niveau alimentaire aussi, c'est extrêmement important, l'hygiène de vie globale, l'alimentation notamment, donc je me suis beaucoup blessée aussi vis-à-vis de ça, et ensuite, j'ai accepté justement, comment dire, j'ai accepté, j'ai...
SPEAKER_00T'as eu un déclic justement par rapport à ça ou comment c'est venu
SPEAKER_01l'acceptation
UNKNOWN?
SPEAKER_01Suite à mon titre de championne de France à Gérard Armet justement j'étais pas suivie à l'époque j'avais pas d'entraîneur donc j'ai eu ma sélection en équipe de France à nouveau et puis là entre temps, entre les champions de France et les mondiaux j'ai encore eu une fracture de fatigue.
SPEAKER_00Donc ça c'était 2017
SPEAKER_01c'est ça à peu près
UNKNOWN?
SPEAKER_01Et c'est là où j'ai fait les championnats du monde en En Espagne, c'était une catastrophe. Je l'ai fini pour finir, mais je n'étais vraiment pas en état physique. Parce que j'ai eu beaucoup de mal à me remettre cette dernière fois, tout de fatigue. Et à partir de là, j'ai re-été en contact avec Philippe Propage. Et comme il m'a préparé pour les mondiaux, j'ai demandé s'ils pouvaient poursuivre l'entraînement. Si on pouvait poursuivre ensemble. Que j'étais prête, je pense. mentalement maintenant et c'est depuis ce moment là que Philippe me suit et puis je vois vraiment la différence parce que je touche du bois je touche la peau de singe on va dire mais je ne me suis pas reglaissée depuis et ça c'est depuis 2017, 2018 ok J'ai fait quand même des bons progrès. Il y a beaucoup de choses qui ont changé. Je suis contente et on poursuit. C'est une belle aventure.
SPEAKER_00Et sur le repos, comment il a réussi à te convaincre que ça faisait partie du programme d'entraînement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Après, je n'en étais pas sautée. C'est évident. Quand on est tout seul, c'est compliqué de travailler du repos, on sait pas, après c'est stratégique, les plans d'entraînement lui il sait quand est-ce qu'il faut placer les temps de repos combien de temps de repos et puis finalement c'est confort parce que j'ai juste à regarder le plan d'entraînement, les jours où c'est repos je me dis comme ça ça me permet de faire autre chose voilà, même j'apprécie les jours de repos je me dis cool, ça me permet vraiment de faire autre chose et puis il n'y a pas besoin de se poser de questions je sais ce que j'ai à faire la journée, je m'organise en fait c'est vraiment un confort parce que j'organise mon temps de travail, mon planning c'est même mentalement c'est soulageant quoi et je ne
SPEAKER_00me
SPEAKER_01pose
SPEAKER_00pas 36 000 questions et ça on perd moins d'énergie en plus du coup et sur la partie mentale justement comme on en parlait un petit peu avant donc Philippe si j'ai bien compris là où il t'a pas mal aidé c'est à priori plutôt sur tout ce qui est plan d'entraînement comment avoir peut-être une cohérence sur la durée mais sur le plan mental tu disais au tout début que tu as beaucoup changé par rapport à quand tu t'es lancé c'est quelque chose qui s'est fait naturellement Naturellement, du fait de tes expériences, où tu as aussi été accompagnée à un moment donné
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, c'est par l'expérience. C'est vraiment par l'expérience. Après, Philippe ne m'accompagne pas au niveau mental. Après, c'est une relation. Philippe, c'est quelqu'un de très humain, de très proche. Il connaît plus ou moins ma vie quotidienne. On partage sur plein de choses. Lui aussi, il partage son quotidien aussi de temps en temps. C'est quelqu'un vraiment de très humain et très proche. C'est ça aussi qui fait que je pense que ça marche bien avec l'ensemble de ces coachés. Après, au niveau mental, j'ai pas mal évolué, notamment au niveau... confiance en moi, je pense. Aussi, en étant en contact, comme j'avais dit au premier podcast, au sein de l'équipe Adeline Roche. Adeline Roche, c'est une super nana. Et je me suis beaucoup... Peut-être pas inspirée, mais j'ai beaucoup... En étant en contact avec elle, j'ai beaucoup observé. Et je suis admirative quant à son approche de la course à pied, parce qu'elle n'a pas le malheur de malade. Ça fait 25 ans qu'elle fait de l'athlée, de la piste, du marathon. Elle s'est lancée sur le trail, elle a tout explosé. Et elle a une gestion de course et une préparation mentale, une approche. Je trouve ça incroyable. Et je pense que d'être à ce contact, à m'entraîner avec elle, ça m'a aussi... Enfin, je pense souvent à elle et... Et j'aborde les courses différemment depuis que je l'ai rencontrée et que j'ai eu la chance de m'entraîner aussi à ses côtés. Je ne lui ai jamais dit, je pense, mais si elle écoute le podcast, elle le saura.
SPEAKER_00C'est quoi qu'elle fait différemment, tu
SPEAKER_01penses
UNKNOWN?
SPEAKER_01En fait, elle prend beaucoup de recul. Elle pourrait se mettre la pression, mais pas du tout. Elle relativise beaucoup. Elle est sûre d'elle. Je ne suis pas sûre comme elle peut l'être, mais quand elle est sûre d'elle, on sait que Adeline, là, elle sera indétrônable sur une course. Et elle est vraiment... Elle se connaît, mais incroyable. Elle sait quand elle est en forme, elle sait quand elle n'est pas en forme. Elle est dans son truc Elle est imperturbable Elle a ses Rituels Elle va vivre son truc Mais tout en étant hyper accessible Déconnante Simple Généreuse elle est vraiment dans le partage, elle n'est pas là dans la compétition, à vouloir écraser l'autre, au contraire, mais elle se connaît, donc elle n'a pas besoin, justement, d'essayer d'écraser l'autre pour performer, parce que, voilà, elle est consciente de son niveau, et ça, c'est de par son expérience aussi, mais moi, je trouve ça incroyable, et je suis admirative, vraiment, parce qu'il y a peu de gens qui abordent la course à pied comme ça, pour elle, enfin, je vous le dis, elle a un palmarès de fou, elle ne se prend pas la tête, elle a une vie simple ouais c'est admirable
SPEAKER_00c'est intéressant de
SPEAKER_01voir
SPEAKER_00pardon
SPEAKER_01vas-y Non, non, mais je pense que ça m'a aussi... J'y pense souvent avant une course, quand il y a un petit coup de stress qui monte, je pense à Adeline, je me dis, ouais, finalement, si tu es entraînée, voilà, tu feras du mieux que tu peux, il n'y a pas de raison, si tu chies ta course, ben, c'est pas grave, et il faudra savoir pourquoi, et puis fermer la prochaine fois, et en analysant, bien sûr, mais être consciente que, oui, ben, tu as été préparée pour cette course-là, donc il n'y a pas forcément de raison que ça se passe mal, quoi.
SPEAKER_00ça t'est déjà arrivé de foirer une course complètement et si c'est le cas peut-être quelles en ont été les leçons
UNKNOWN?
SPEAKER_01oui j'en ai foiré une mais je savais parce que c'était justement quand je suis rentrée du Ladakh avec le Steph le lendemain j'ai atterri c'était le samedi et le dimanche j'avais les crêtes vosgiennes et puis voilà j'étais super et tout j'y vais au dernier moment donc j'y suis allée et puis en fait je menais la course j'ai l'impression d'avoir des ailes parce que je venais de faire 10 jours de trek avec le sac à dos. C'est vrai que je me sentais vraiment en forme. Et en fait, au bout de 20 bornes, mais plus rien, je ne sais plus rien. Je n'arrivais plus à avancer. Je me prenais tous les pieds dans les cailloux et là, il y a deux filles qui m'ont passé. Mais les dix derniers kilomètres, je n'ai jamais souffert comme ça. Enfin, je n'arrivais pas à lever les pieds. Je me prenais tous les pieds. Je suis arrivée avec les genoux en sang. Mais bon, voilà. Après, je savais pourquoi. Il y avait le décalage horaire. Je venais d'atterrir de l'avion je m'étais fait 10 jours de trek en altitude donc le corps il a besoin de se reposer donc c'est vrai ça c'est une connerie mais bon après il y a des fois on réfléchit et je ne l'avais pas dit à Philippe il a su qu'après
SPEAKER_00j'allais dire j'espère qu'il l'a su depuis parce que sinon en écoutant le podcast ça
SPEAKER_01serait il l'a pas su avant je l'ai fait un petit peu je me suis dit je l'ai dit à personne mais voilà c'est vraiment la course après il y avait au début quand je commençais justement on faisait trop et j'ai chopé une fracte de fatigue en plein milieu donc j'ai terminé c'était un trial organisé par les casernes de pompiers et j'ai terminé sur le dos d'un pompier il m'a ramené jusqu'à un point de ravitaillement il était vraiment sympa il y avait de la boue le pauvre il me portait sur son dos voilà il
SPEAKER_00est très sympa et comment tu gères en course parce que tu viens de dire une fois de plus tu vois que les conditions étaient un peu dantesques moi ça me fait aussi penser à l'aspect physiologique comment tu gères du coup tout ce qui est apport nutritionnel quand boire est-ce que t'as froid pas assez froid est-ce que tu te couvres des couvres j'imagine que ça doit être au millimètre après vu la distance
SPEAKER_01après c'est l'expérience après je suis pas une pro de l'équipement c'est vrai que je ne sais pas il m'est arrivé de enfin je ne le fais plus maintenant mais d'arriver avec un nouveau sac sans l'avoir testé c'était une catastrophe parce que je ne suis pas je n'ai pas l'air anticipée là-dessus bon j'apprends j'apprends encore mais au niveau gestion alimentation ça par contre c'est l'expérience j'anticipe toujours même quand je n'ai pas faim au bout d'une heure une heure et demie je me force à manger quelque chose je bois des petites gorgées progressivement enfin régulièrement on va dire donc Donc ça, je l'ai appris au fur et à mesure. Parce que quand j'ai commencé le travail, je partais sans rien, je ne buvais rien, je ne mangeais rien. Mais en fait, le corps, ça passe une course, deux courses, et à un moment donné, il dit stop. Les blessures viennent aussi de là, de la mauvaise gestion de l'alimentation, d'hydratation. Et puis après, c'est une hygiène de vie au quotidien. Après, comme j'ai dit, j'ai commencé une formation de naturopathie qui m'apprend beaucoup, beaucoup sur l'alimentation. Et depuis que j'ai entamé cette formation et que j'applique pas mal de principes alimentaires, on parle d'assiette naturopathique je vois aussi beaucoup j'ai vu une amélioration et puis un impact sur la performance ça c'est sûr je parle toujours au principe c'est l'exemple de base mais si on donne le mauvais carburant à une voiture elle n'avance pas c'est pareil chez nous c'est une hygiène de vie au quotidien c'est pas comme on me dit une semaine avant tu fais quoi tu changes ton alimentation moi j'ai toujours une alimentation je pense saine je vais pas changer mon alimentation une semaine avant j'ai pas de raison de la changer même la veille non je mange toujours pareil c'est une hygiène de vie au quotidien c'est pas une semaine avant ou trois semaines avant qu'on va tout changer et prendre les bonnes résolutions et puis le lendemain de la course reprendre une hygiène dégueulasse parce que le corps il a une mémoire faut pas se dire qu'il faut penser après et puis aux années suivantes c'est pas dans 10 ans moi j'ai pas envie dans 10 ans on verra où j'en suis c'est sûr peut-être que j'ai tout faux mais on verra dans 10 ans mais j'ai pas envie dans 10 ans je peux plus rien faire les genoux en vrac mal partout mal au dos voilà mais ça passe aussi par une bonne alimentation c'est je pense c'est vraiment la base
SPEAKER_00bon c'est la fin du mythe de la plâtrée de pâtes la veille de la course et de la bière pour la récupération après la course
SPEAKER_01alors après on pourrait parler alimentation mais les pâtes non quoi les pâtes Ce n'est pas l'aliment. Et puis même, se goinfrer la veille d'une course, ça ne sert à rien. Il n'y a rien de pire, en fait.
SPEAKER_00C'est quoi tes super aliments pour toi, par curiosité
UNKNOWN?
SPEAKER_01Moi, les super aliments, c'est déjà beaucoup de fruits et légumes. C'est énormément de fruits et légumes. Après, des aliments vivants, crus. Après, c'est sûr que le cru, j'évite la veille et deux jours avant, même si j'ai quand même du mal à m'en passer. au niveau transit après c'est pas donné à tout le monde c'est sûr quelqu'un qui mange jamais cru on lui dit mange que du cru il va avoir l'estomac en vrac mais ça se travaille progressivement et après beaucoup de légumineuses beaucoup de riz riz semi-complet notamment ça c'est mes super aliments et après on parle de super aliments c'est tout ce qui est condiments tout ce qui est ail curcuma oignon beaucoup enfin voilà après de la levure de bière au quotidien des petites choses comme ça des oléagineux beaucoup de fruits en fait moi le sucre c'est pas c'est pareil j'ai un bouquin actuellement et puis le mal du sucre c'est une catastrophe le sucre blanc raffiné il n'y a rien de pire en fait mais il y a plein de alimentation on pourrait faire un podcast que de ça si vous voulez mais il y a énormément de principes à changer Il y a beaucoup de gens qui sont convaincus qu'ils mangent bien. Moi, j'ai envie de dire... On pourra discuter. Mais... on parle de super aliments, en fait, il y a plein de petites choses. Et en mangeant des aliments, ce qu'on appelle vivants, parce que je prends l'exemple, c'est Irène Grosjean qui prend cette image et j'aime beaucoup, qui est naturopathe, elle dit quand on plante une pomme, il y a un pommier qui va redonner encore un pommier, qui va donner un pommier, ça donne un champ de pommier. Si on plante un mars, est-ce qu'on a déjà vu des champs de mars
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça veut tout dire. C'est-à-dire qu'en fait, la majorité de gens mangent des aliments qu'on appelle des aliments morts. Des aliments morts qui ne sont pas vivants. Et ils ne se nourrissent pas. Ils s'auto-intoxiquent, en fait. Mais voilà, il y a des principes à changer. Après, il y a des gens qui disent« Oui, mais il faut savoir se faire plaisir.» Moi, je me fais plaisir au quotidien. Ce que je mets dans ma bouche, c'est ce que j'ai envie, déjà, de 1. Et on ne me forcera pas à manger ce que je ne veux pas. Et puis, dans tous les cas, je savoure. Je me fais vraiment plaisir. C'est pas... C'est pas
SPEAKER_00un
SPEAKER_01sacrifice, quoi. Je ne me sacrifie pas. Justement, j'arrive à faire plaisir quand j'ai envie. Mais quand j'ai envie, voilà, c'est tout. Et puis, voilà, je suis très bien comme ça.
SPEAKER_00Mais voilà. Alors, je suis surpris que tu n'en aies pas encore parlé. Il y a un truc avec les pommes de terre, quand même, je me rappelle maintenant, dans tes courses.
UNKNOWNC'est ça.
SPEAKER_00Donc, quel est le rôle des pommes de terre dans ton régime en
SPEAKER_01course
UNKNOWN?
SPEAKER_01En course, ça passe vraiment bien. Je fais cuire une pomme de terre à l'eau. Dès lors que je fais des courses de 50 bornes, à partir de 50 bornes, je me fais toujours une patate ou deux à l'eau avec du gros sel que je porte dans mon camelback. Et ça passe vraiment bien parce que moi, j'ai besoin de salé aussi parce que je mange très peu sucré au quotidien. manger que du sucre en cours ça passe plus à un moment donné et puis après j'ai pas de problème de transit, il y en a qui n'arrivent pas à manger solide moi j'ai absolument pas de problème pour manger donc j'ai besoin même de mâcher ça va me faire penser aussi à autre chose mentalement ça fait du bien de manger, de mâcher il y a une côte là je vais manger ma patate c'est stimulant en fait c'est un truc que je fais pas sur les gros championnats parce qu'au départ quand je les affile j'ai ma patate il m'a dit bon écoute ta patate il va falloir que tu penses voilà il faut optimiser aussi le poids et c'est vrai que sur les grands championnats même si j'ai toujours dit non je ne prendrai jamais de gel ça c'est sûr je ne prendrai jamais de gel c'est vrai il m'arrive de prendre de temps en temps un gel sur les grands championnats où voilà je me dis pour l'équipe je n'ai pas le droit à l'erreur il faut vraiment que je mette toutes les chances de mon côté et c'est vrai que les gels c'est hyper chimique donc en tant que naturopathe c'est vrai que voilà mais bon il n'y a pas trop Parfait. Mais c'est vrai que je vois quand même, ça peut aider. Un gel dans des moments vraiment durs où il faut vraiment envoyer jusqu'au bout, être au top jusqu'au bout. Un gel en fin de course, ça m'a déjà aidée. Donc, de temps en temps, mais que vraiment sur les grands championnats, je n'en prends jamais. Sinon, tous les autres cours, je n'en prends jamais. Donc, j'ai ma patate, j'ai mes barres de céréales que j'aime bien. Et puis, voilà, ça marche bien comme ça.
SPEAKER_00Bon, je teste. Tu parlais de grands championnats. Si je ne me trompe pas et si ça n'a pas été annulé, je crois qu'il y a une manche de Coupe du Monde qui arrive très bientôt à Lanzarote pour toi, c'est
SPEAKER_01ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non,
SPEAKER_00ça a été annulé. Ah non, c'est annulé, c'est
SPEAKER_01vrai
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça a été annulé quelques jours après
SPEAKER_00son
SPEAKER_01premier podcast.
SPEAKER_00Oui, ça a été annulé. Du coup, je change de question. Comment tu gères ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Puisque c'était quand même une grosse échéance. Donc, Et puis, je crois que tu n'y allais pas toute seule. Là, c'était en équipe.
SPEAKER_01Oui, oui. Après, rien n'était joué encore parce qu'il fallait que j'aie ma sélection. Mais c'était un peu l'objectif, effectivement. Écoute, je m'étais rabattue sur les Templiers, du coup. Je m'étais dit, super, je vais essayer de me préparer à fond pour les Templiers. Et quelques jours après, j'ai appris que les Templiers étaient annulés. Donc là, j'ai pris un petit coup sur le moral. Autant jusqu'à présent, j'étais encore hyper motivée à me dire, c'est bon, il y aura Lanzarote. Après, tant pis, il y aura les Templiers. Et là, c'est vrai que je n'ai plus de grosses courses en vue. Je fais le travail d'effort de Besançon dimanche. C'est une belle course. Ce n'est pas typé montagne, mais c'est une belle course où il y a du beau monde en général. Ça a sa petite renommée quand même. Donc, j'aurai ça. Et puis après, j'ai une course près de chez moi à la Bresse. Et puis, Et puis après, je pars en trip vélo avec une copine. Il faut voir les conditions en Allemagne parce que justement, il faut qu'on s'en renseigne. Mais on compte partir en trip vélo en Bavière. Donc voilà, ça va être plus cool. Finalement, je n'ai pas la pression des grosses courses que je m'étais fixée. Bon, tant pis. Après, ça n'empêche pas de faire du sport. Mais c'est vrai que le coup des temps plis annulés, ça m'a... Je me suis dit, d'accord. Combien de temps ça va durer encore
UNKNOWN?
SPEAKER_00ouais c'est vrai que là ça commence à être
SPEAKER_01long et pénible parce que ouais c'est pénible
SPEAKER_00comment vous gérez la dynamique d'équipe du coup parce que vous voyez du coup pas si souvent que ça avec l'équipe de
SPEAKER_01France non on se voit généralement il y a toujours un stage de préparation avant les gros championnats et souvent pareil on fait une semaine en fin de saison on se retrouve là c'est plus cool bon il y a eu une semaine là juste une semaine en septembre dans le Cantal, parce qu'il y a un partenariat avec le Cantal et l'équipe de France de trial, donc c'est là qu'on fait tous nos stages de préparation, et bon moi j'ai pas pu aller parce que je bossais, mais ils ont fait une semaine où ils se sont retrouvés, ceux qui pouvaient venir, et sinon non, après chacun, après on se voit parfois sur les courses, là j'ai vu dernièrement, j'ai il y avait Sylvain Cour, j'ai vu... Voilà, on se voit parfois de temps en temps sur les courses. Et sinon, on se donne quelques nouvelles, certains. Moi, Adeline, j'ai souvent un téléphone. Voilà, on échange des petits mots de temps en temps, mais ça reste... Voilà, après, chacun a sa vie aussi. Chacun a son boulot, sa vie. Donc, ouais, c'est compliqué aussi, quoi. On n'habite pas du tout au même endroit. Nous, dans les Vosges, on est assez retirés, donc c'est vrai que pour se caler des moments c'est mission impossible
SPEAKER_00un peu quoi et quelle différence tu vois du coup entre si tu regardes les membres de l'équipe de France entre les hommes et les femmes peut-être moins sur la partie performance mais plus sur la partie est-ce que tu vois une différence déjà peut-être sur la façon dont les hommes approchent les courses versus la mentalité des filles de l'équipe, des femmes de l'équipe tu vois une différence entre les
SPEAKER_01deux
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, il y a quand même une différence dans... Moi, je trouve ça fou comme ils arrivent à enquiller les séances. Les garçons jouent en stage. Les séances, déjà l'intensité qu'ils mettent. Et les distances. Parce que même, par exemple, on fait une séance le matin. Ils vont toujours avoir des choses en plus. On fait souvent des séances ensemble et tout. Mais les garçons, ils vont peut-être avoir un peu plus. Et l'après-midi... L'après-midi... Ils vont faire leur truc de leur côté. Et puis, nous, les filles, ensemble. Et puis, leur sortie vélo. Sortie vélo récup. Ce n'est pas de la récup, quoi. Ils se tirent souvent la bourre, en fait. Ils sont des gamins, en fait. Des fois, aussi, c'est des gamins. Ils se tirent la bourre. Après, c'est leur façon. Ils aiment ça, quoi. Mais... Ouais, c'est... C'est incroyable tout ce qu'ils arrivent à se mettre. À se mettre, quoi, on va dire. Nous, en fille... Je n'arrive pas à... Comment dire
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non. Après, c'est sûr que les filles, on est quand même différentes. C'est quand même plus difficile, Philippe le dit, c'est plus difficile de gérer des filles que des garçons. Au niveau de l'entraînement, après, c'est partout pareil. On est différents et ça ne changera pas, même dans le milieu du sport. Mais les garçons, oui, on voit qu'ils ne se prennent pas la tête, ils déconnent tout le temps. Peut-être qu'on a un peu plus la pression, je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'ils sont cools. Les garçons, ils sont vraiment cools. Oui, c'est vraiment sympa. Ça se passe bien. Franchement, l'ambiance au sein de l'équipe, c'est super. Parce qu'on est vraiment tous soudés. Même quand on fait des sorties longues, les mecs nous attendent toujours. Ils
SPEAKER_00sont toujours là. Ils sont vraiment cools. Sur tes distances à toi, il y a encore des gros écarts de chrono entre garçons et filles
UNKNOWN?
SPEAKER_00Si je ne me trompe pas, sur le vraiment long, je crois qu'il n'y a plus d'écart, voire ça s'inverse, il me semble.
SPEAKER_01Ça dépend les course, après les garçons, ils sont quand même un niveau au-dessus, morphologiquement, c'est bien connu, on ne peut pas non plus comparer à 100% un homme avec une femme, on n'est pas fait pareil, un homme c'est censé être quand même plus puissant, même un très très bon coureur et une très très bonne coureuse, l'homme sera quand même au-dessus, après c'est vrai que les écarts se diminuent de plus en plus liés à... c'est proportionnel avec la distance, on va dire. Inversement proportionnel avec la distance. Les femmes, c'est vrai qu'on gère plus, on a plus de régularité, on a plus de réserve. Je vois en course, ils partent tous à fond. Et puis, on en ramasse au fur et à mesure, nous, les filles. Ils gèrent mal leur effort, en fait. À un moment donné, il n'y a plus rien, parce qu'ils sont partis comme des balles. Ils ne sont pas réguliers. Et c'est souvent ça. qu'on remarque les femmes on est plus régulière et les hommes ça a du
SPEAKER_00mal ça passe ou ça casse en fait c'est un peu ça intéressant intéressant bah écoute on se rapproche déjà de la fin Sarah moi j'ai une dernière question si tu regardes du coup tes 10 années tes 10 années dans le monde du trial et tous les changements les changements que t'évoquais ce serait quoi le conseil que t'aurais envie de donner à quelqu'un qui voudrait se lancer aujourd'hui alors en trial ou pas dans le sport mais peut-être la chose que toi tu retiens de ces 10 dernières années
SPEAKER_01moi ce que je retiens c'est rester rester tel qu'on est d'accord pas voilà être conscient de ses capacités savoir pourquoi on court ça je pars toujours du principe qu'il faut savoir la raison pour laquelle on court pourquoi on fait de la compétition courir pour soi et non pas pour les autres euh pas trop écouter les on-dit toujours vérifier ses sources et puis analyser savoir ce qui fait du bien ce qui nous fait du bien parce que ce qui nous fait du bien peut faire du mal à l'autre et inversement donc pas être sans arrêt en train de regarder le voisin, l'assiette du voisin parce qu'il faut tester, se connaître et surtout aussi aller progressivement la progressivité c'est gage de longévité je pars du principe que il ne faut pas se lancer sur un 50 bornes la première année il faut y aller progressivement moi j'ai commencé par des 20 bornes progressivement une fois qu'on sait gérer les 20 bornes on se lance sur un 30 bornes et moi je prends le principe que pour pouvoir aller au-dessus il faut savoir gérer à 100% un 30 km parce qu'un 30 km c'est une gestion déjà d'alimentation d'hydratation de l'effort parce qu'il faut quand même courir aller vite et pendant 30 bornes donc déjà si on gère ça de A à Z je pense qu'on peut se permettre d'aller au-delà et pareil 40 bornes il y a les progressivements 50 bornes et puis et pas déjà des il y en a qui disent dans deux ans je veux me lancer sur un ultra je dis ben vas-y mais on en reparle dans dix ans quoi je parle toujours du après se dire que il n'y a pas que les ultras dans la vie parce que puis ça la tendance change quand même parce que avant c'était toujours toujours plus dire si on fait pas un ultra ben on a rien fait un 30 bornes ben c'est nul en fait c'est ça le risque c'est de plus avoir conscience de la distance et des trucs traumatisme qu'on affiche aussi au corps. Il faut avoir conscience de ça. Et savoir s'octroyer des temps de repos aussi. Mais voilà, il y a beaucoup de choses à prendre en compte, mais il faut aussi s'auto-analyser, avoir la capacité de s'auto-analyser. C'est extrêmement important. Et s'écouter.
SPEAKER_00Complètement d'accord. Surtout sur ce que tu dis, sur le fait qu'on a tendance à oublier qu'un 30 km, c'est déjà monstrueux. Je parle d'expérience. Moi, j'ai fait cette erreur. Je me suis lancé... Je ne suis pas un gabarit particulièrement fin ni léger. Ma première vraie course, ça a été la Saint-Élion. En termes de choix pas très malins, c'est exactement ça qu'il faut
SPEAKER_01faire. On peut se lancer des défis, mais il faut assumer les conséquences. Il y en a qui sont blessés et qui n'arrivent plus à revenir. C'est sûr, c'est beau. Après, c'est aussi la dérive des réseaux sociaux, mais malheureusement, c'est les gens, ils font beaucoup de choses pour se montrer pour les autres. Voilà. Il y aurait beaucoup de choses à dire de ce côté-là, mais il faut... Quand on regarde les grands champions, enfin, moi, c'est ce que je regarde, ce que j'analyse, on voit... je vois Nico Martin, Sylvain Cour, qui sont quand même des très bons coureurs, Julien Rancon, ils ne sont pas sur les réseaux sociaux tous les 4 matins, il y a autre chose à faire aussi, si on veut s'entraîner aussi, bon, ça prend du temps, et puis voilà, on n'entend pas beaucoup parler, et puis quand ils sont sur une course, ils sont là, et ils montrent qu'ils sont là, et qu'ils sont prêts, donc oui, il y a beaucoup de choses à revoir pour certaines personnes, après je ne juge pas, tant que les gens sont heureux, moi c'est ce que je veux, c'est tant mieux, mais il faut faire attention, et être conscient, vivre en pleine conscience aussi, je pars toujours du principe, c'est un schéma global, c'est une hygiène de vie générale, et moi je dis, ce qui est le plus important dans une vie, c'est le détail, il y en a qui rigoleront quand ils vont écouter, mais le détail, c'est ce qui fait que la vie est belle, et c'est ça qui fait que, qui apporte plus. C'est
SPEAKER_00le détail. Très beau message. C'est ce qu'on retiendra du coup. Merci beaucoup Sarah, une deuxième fois pour ton temps pour le podcast. Tout le meilleur pour la suite Sarah et encore merci à toi.