Les Frappés

Martin Keruzoré - Mediaman - Volvo Ocean Race & Trophée Jules Verne - L'humain avant tout

Martin Keruzoré Season 1 Episode 23

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Martin Keruzoré est mediaman, ou reporter embarqué, sur les plus grandes courses à la voile du monde. De la mythique Volvo Ocean Race à sa récente tentative de record de tour du monde à la voile en moins de 40 jours à bord de Sodebo, ce diplômé d'école de cinéma écume toutes les mers caméra au poing.

Martin a grandit au contact de la mer et c'est donc naturellement qu'il a réussi à marier ses deux passions, alors que le métier qu'il occupe aujourd'hui commençait à peine à émerger dans l'univers de la voile. Dans cet échange, Martin nous décrit ses expériences en mer et nous livre ce qui pour lui prime lorsqu'il embarque au sein d'un équipage : l'humain !

Un superbe échange avec un passionné qui nous ouvre les portes de certaines des plus grandes épreuves internationales avec authenticité, générosité et beaucoup d'humilité. Merci Martin !

🔎 La vidéo de la Volvo Ocean Race (aujourd'hui renommée "The Ocean Race") que nous évoquons avec Martin c'est ici.  Toutes les infos sur le Trophée Jules Verne c'est par ici. Enfin, voici la page officielle du Maxi trimaran Sodebo et de son skipper Thomas Coville.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #1 - Maxime Grimard - Manager en entreprise, Skipper sur l'Océan
Épisode #12 - Pierre-Larry Petrone - Membre de la Société des Explorateurs Français, équipier professionnel et passeur d'aventures

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Celui qui s'occupait des dérives, il était vraiment à 1m50 de moi. Et quand il a fait tomber la dérive avant de virer de bord, le boot s'est enroulé autour de sa jambe. Donc moi, j'ai jeté la caméra à l'intérieur et j'ai sauté sur le boot et j'ai tiré d'un sens. Il y a un autre gars qui était derrière qui a tiré de l'autre côté pour qu'on sorte sa jambe parce que c'était... Moi, j'ai cru que sa jambe allait se découper en deux sous mes yeux.

SPEAKER_00

Eh bien écoute, salut Martin, bienvenue sur le podcast. Salut Loïc, merci. Très très content de t'accueillir aujourd'hui. Un grand merci d'ailleurs à Maxime, puisque c'est lui qui nous a mis en relation, donc décidément il en aura fait venir du monde sur le podcast. On le salue bien de l'autre côté de l'Atlantique. Écoute Martin, très content de te recevoir aujourd'hui pour que tu nous partages un petit peu ton parcours, plutôt dans l'univers sportif pour le coup, on a eu des entrepreneurs récemment, et notamment dans le domaine de la voile. donc sans trop faire de spoil je te laisse peut-être nous expliquer ce que tu fais aujourd'hui quel est ton métier passion

SPEAKER_02

alors moi je fais un métier qui est un petit peu nouveau

SPEAKER_00

qui est

SPEAKER_02

qui est sorti il y a une dizaine d'années. Ce métier s'appelle le métier de médiaman, ou reporter embarqué. C'est vraiment un terme qui est assez nouveau. Ce métier consiste à participer aux courses au large, sur les bateaux de course, d'être embarqué, immergé avec l'équipage, et de photographier, filmer, raconter l'histoire de l'intérieur. Aujourd'hui, avec les moyens de communication actuels, on arrive à envoyer tous les jours par satellite les vidéos, les photos, les écrits qu'on fait à la terre ferme, pour que le spectateur puisse vivre vraiment en immersion les courses, que ce soit des courses transatlantiques ou même des tours du monde. Excellent.

SPEAKER_00

Et donc, tu disais que ça fait une dizaine d'années que ce métier est apparu. C'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est l'évolution technologique qui a permis ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je pense que forcément, il y a plus de courses depuis une dizaine d'années. Il y a plus de sponsoring, il y a plus de supports. Les bateaux sont de plus en plus diversifiés, des monocoques, des multicoques, avec récemment l'apparition des bateaux bateau à foil et forcément toutes ces courses là le spectateur lambda s'y intéresse de plus en plus et ils veulent de plus en plus forcément suivre ces courses là et avoir des images et on s'est rendu compte que que ce soit des courses en solitaire comme le Vendée Globe on a très peu d'images parce que le skipper il a très peu de temps pour se filmer ou raconter des images avec des moyens qui sont un peu plus entre guillemets low cost ou plus simple avec un simple téléphone ou une simple caméra embarquée Et du coup, sur les courses en équipage, ce métier-là est vraiment arrivé sur la Volvo Ocean Race, sur une édition il y a 10

SPEAKER_01

ans,

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en 2008, si je ne me trompe pas. Et donc, chaque équipage, c'est un équipage de 10 personnes en moyenne, ils intégraient une personne qui était vraiment dédiée aux médias. Donc, cette personne-là devait photographier, filmer, comme je l'ai dit, et n'avait pas du tout le droit d'intégrer la performance du bateau. Donc, il n'avait pas le droit de barrer, pas le droit de régler les voiles. Il était là vraiment que pour filmer c'était un vrai journaliste et forcément pendant cette édition les retombées médias ont été importantes l'histoire a été importante parce que tous les jours il y avait une histoire sur chaque bateau il y avait une dizaine de bateaux et du coup petit à petit d'année en année tous les événements ont un peu copié ce modèle médiatique et aujourd'hui même en France on a des courses avec des médias maintenant embarqués sur les bateaux et moi voilà c'est devenu mon métier ça fait 10 ans que je fais ça et comme tu dis c'est un métier passion c'est C'est

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fabuleux. C'est intéressant la précision sur le fait que tu n'as pas le droit d'être intégré à la performance de l'équipage. J'allais te poser la question justement, donc c'est cool que tu l'évoques. Comment tu gères ça du coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que j'imagine que tu as quand même un minimum de connaissances sur l'univers de la voile. Et comment tu gères, peut-être pour faire un petit arrêt là-dessus, le fait d'être intégré à l'équipage sur des bateaux où il n'y a pas non plus énormément de confort et de place pour pour se déplacer comment est-ce que tu fais pour pas te retrouver au milieu faire en sorte d'être oublié mais en même temps d'être parfaitement intégré à l'équipage

SPEAKER_02

c'est sûr que ça peut être un peu frustrant parce que moi je fais de la voile depuis tout jeune et j'ai commencé à faire ce métier là parce que j'étais marin aussi donc la première course que j'ai fait c'était un tour d'Europe en multicoque pendant un mois et j'étais équipier média mais j'étais aussi équipier d'avant je m'occupais de faire tous les changements de voile sur à l'avant du bateau et donc au début je découvrais ce métier là mais j'avais aussi un vrai travail d'équipier à côté comme n'importe quel marin et après du coup moi j'ai réussi à obtenir un poste sur la Volvo Ocean Race donc sur ce fameux tour du monde en équipage qui était pour moi le graal qui était vraiment la quête c'était mon objectif de vie et professionnel pendant des années donc j'ai réussi à intégrer un équipage sur la l'édition 2017-2018. Et là, forcément, ça reste un peu frustrant de voir tous ces hommes et ces femmes qui manœuvrent pendant des jours, des semaines, des mois. La course dure neuf mois, donc c'est très intense. Et moi, je suis à côté avec ma caméra, un peu tout seul, à aller regarder faire, à aller regarder souffrir, à être fatigué. Alors moi, j'ai plus un rythme de vie qui est plus... T'es rien, j'ai envie de dire, avec un rythme de sommeil qui est différent. Je n'ai pas forcément d'écart. Je peux manger quand je veux, je peux dormir quand je veux. Et forcément, c'est un peu dur à comprendre dès le début, mais après, j'ai ce rôle à jouer à bord et mon emploi du temps reste très rempli avec un gros cahier des charges au niveau médiatique, avec des lives organisés, des conférences. J'ai aussi les montages vidéo à réaliser à bord. Les envois aussi par satellite, ça ne se fait pas à la seconde. On n'a pas de fibre à bord. Ça peut mettre jusqu'à 40 minutes, 45 minutes pour envoyer un simple le fichier vidéo donc tout ça demande du temps et donc au final j'ai pas le temps de m'ennuyer après c'est sûr que tout mon background de marin ça m'aide vraiment à me déplacer sur un bateau, à rester en sécurité pas me mettre en danger pas mettre en danger l'équipe aussi parce qu'ils ont le bateau à faire fonctionner ils doivent pas s'occuper de moi forcément on a un oeil sur les autres quand on navigue mais si j'étais embauché sur ce bateau là c'est qu'ils ont pleinement confiance dans mes capacités de marin et qui savent que je connais la mer, je connais le support sur lequel je vais naviguer, que je reste humble aussi. L'humilité, c'est une grande valeur pour être marin et pour faire ce métier-là. Donc voilà, tous ces aspects-là font qu'on arrive à évoluer, à travailler de ce métier-là aujourd'hui, je pense.

SPEAKER_00

C'est intéressant. C'est plus finalement, j'ai l'impression, c'est plus que juste la capture de la vie à bord. Si tu dis que tu animes aussi des lives, tu organises des points avec la presse, etc. t'es même un community manager embarqué en

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fait c'est à peu près ça c'est vrai que j'avais pas vraiment réalisé jusqu'à ce que tu me le dises mais ouais t'es obligé de regrouper pas mal de capacités et d'expérience dans pas mal de domaines parce que oui il y a un journaliste qui va m'appeler pour que j'aille chercher le skipper pour organiser un live avec la radio ça peut être pareil pour de la vidéo donc tout ça ça se fait pas comme Aujourd'hui, toi et moi, appuyer sur un bouton, m'asseoir dans un canapé avec le Wi-Fi, tout est simple. Il faut que je calcule à peu près les choses avec le satellite. Est-ce que ça va être possible avec la vitesse du bateau, l'état de la mer

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Est-ce que les systèmes d'antenne à bord sont toujours fiables pour pouvoir faire ça en direct

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Si ce n'est pas possible en direct, je vais enregistrer à ce moment-là avec le skipper et après pour envoyer tout ça aux journalistes. Il y a plein de domaines et c'est sûr qu'il faut être... fond dans pas mal de domaines et surtout sur un support dans un bateau où c'est humide, ça bouge il peut faire froid, il peut faire très chaud donc c'est sûr que c'est un petit peu ce travail fait rêver parce qu'on voyage autour de la planète dans des endroits magnifiques mais il y a beaucoup de contraintes techniques, matérielles climatiques et c'est pas les images au coucher du soleil sur la mer plate sous 25 degrés tous les jours c'est pas tous les jours comme ça

SPEAKER_00

Oui, j'ai en tête une vidéo, je la mettrai en description de l'épisode, mais je crois que c'était une vidéo de présentation de la Volvo Ocean Race qui s'appelait« Another day at the office» ou quelque chose comme ça. Oui, exactement. Tu la vois, c'est là. Oui, très bien, je la vois bien. Mais d'ailleurs, parce qu'elle n'est pas toute jeune, cette vidéo, est-ce que c'est une vidéo qui a été faite pour l'édition qu'il y a eu pour la première fois des Media

SPEAKER_02

Man

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Non, non.

UNKNOWN

Cette vidéo a été réalisée, je crois,

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en 2012-2013 à peu près parce qu'il y a une édition justement en fait c'était pour vraiment recruter ces médiamans pour l'édition 2014-2015 et moi j'avais justement postulé pour la petite histoire j'avais postulé à cette édition là j'avais été retenu comme remplaçant mais j'avais pas encore assez d'expérience journalistique pour participer j'étais encore très jeune à l'époque donc c'était pas plus mal par contre l'édition après en 2017 j'ai tout mis en oeuvre pour avoir mes chances et être sélectionné

SPEAKER_00

ça fait rêver ça fait rêver c'est vrai que cette vidéo pour quelqu'un qui pour un voileux qui en plus est intéressé par tout l'aspect média j'imagine que cette vidéo elle a dû faire beaucoup parler parce que pour la décrire très brièvement on voit pour le coup on voit vraiment la vie à bord l'autre côté enfin le revers de la médaille tu vois de ces grandes courses qui font parfois rêver mais où comme tu dis c'est pas tout le temps calme plat heureusement non mais c'est pas des conditions idéale de façon systématique et je crois qu'il y a un équipier à un moment donné qui se prend la baume en pleine tête qui perd les dents enfin

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c'est ça met un petit peu dans l'ambiance quand même ouais ouais c'est ça tous les jours on a en fait quand on fait un reportage à terre c'est à peu près on peut connaître vraiment la météo on a la caméra qui est à côté de nous tout est chargé mais en mer tout est plus difficile c'est déjà plus difficile de vivre de s'alimenter de dormir et donc gérer un outil comme une caméra qui un outil assez fragile avec plein de boutons, l'humidité, changer les cartes, les batteries, faire du montage sur l'ordinateur. Il y a des jours où je ne pouvais même pas ouvrir l'ordinateur tellement ça bougeait dans le bateau et je n'arrivais pas à écrire un email, je n'arrivais même pas à lire sur l'écran tellement c'était violent. Et voilà, sur une course de cette amplitude, on ne peut pas se permettre de casser le matériel dès le début, donc il faut savoir gérer tout ça et ne pas prendre trop de risques. Mais en même temps, cette course qui est la course mythique autour du monde en équipage, il il faut raconter l'histoire, il faut capturer ces moments-là. Il faut savoir bien trouver la balance entre la prise de risque et la sécurité pour pouvoir vivre et raconter cette course-là pendant neuf mois. Ce n'est pas simple, mais c'est sûr que ça reste un rêve et pour moi, ça reste une super expérience.

SPEAKER_00

Justement, sur l'aspect technique, j'ai deux questions. La première, peut-être déjà, comment tu fais

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que ça représente pour toi en termes d'organisation si on rentre un peu dans le détail et tu pars avec je sais pas combien par exemple sur l'Ocean Race avec combien de kilos d'équipement ou est-ce qu'il y a du matos vraiment vraiment spécifique et tu parlais de l'humidité j'imagine qu'entre l'humidité et le sel il n'y a peut-être pas pire combinaison pour du matos électronique et la deuxième c'est techniquement comment est-ce que tu t'es formé parce que ça a l'air quand on parle ça a l'air c'est pas aussi simple que ça entre la gestion des satellites tous les logiciels à maîtriser etc etc Je suppose que tu as aussi un background pas que de

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voile. Moi, j'ai fait des études de cinéma après mon baccalauréat parce que j'étais vraiment passionné par l'image, par l'image avant tout. J'ai fait des études de cinéma pendant trois ans où j'ai vraiment compris la rigueur de ce métier-là, la rigueur de l'outil, de la caméra, tout ce qui était réglage, prendre soin du matériel, être organisé. et après ça du coup j'ai réussi j'ai travaillé quelques années à la capitale à Paris où j'ai travaillé vraiment dans le cinéma le milieu de la publicité et donc un milieu très rigoureux où on apprend vraiment les on apprend vraiment les à travailler en équipe en autonomie enfin voilà toutes sortes du toutes les facettes de ce métier là et du coup quand je suis arrivé sur un bateau le premier jour donc presque en parallèle de mes études et bah forcément il y a des surprises parce qu'on se rend pas compte que ça peut bouger au temps, où c'est aussi rigoureux au niveau conditions, d'humidité, tout ça. Donc forcément, je fais des erreurs, on fait tous des erreurs pour apprendre. Et petit à petit, en fait, mon kit média, en fait, petit à petit, il s'affine, il se modifie en fonction des bateaux sur lesquels je vais aller, il se modifie en fonction des endroits du globe où je vais naviguer aussi. Voilà, aujourd'hui, j'ai un kit de base pour une course, par exemple, une transatlantique, un kit qui va faire entre 20 et 30 kilos avec deux caméras, un drone, un ordinateur. Et aujourd'hui, avec ça, j'arrive à faire tout ce que je veux, tout ce que je veux vraiment en termes d'esthétique en termes de storytelling et tout ça et voilà après si c'est des courses à la journée ou plus à la semaine ou sur des bateaux plus grands ou plus petits forcément je vais adapter tout ça mais comme tu dis l'humidité et le sel c'est le facteur qu'on retrouve sur toutes les courses en fait donc forcément j'ai un boîtier j'ai un boîtier photo qui fait de la vidéo et j'ai toujours un caisson étanche et ça peu importe le milieu peu importe les bateaux je l'ai toujours avec moi parce que la météo ça reste incertain même s'il prévoit beau temps et mer plate et pas beaucoup de vent pendant quelques jours peut-être qu'on va avoir un grain et là je vais regretter de ne pas avoir pris le caisson étanche parce que du coup je vais rester trop à l'abri et je ne vais pas être en immersion avec l'équipe quand ils vont être dans ces conditions là donc voilà je préfère prendre plus que pas assez mais forcément les courses aujourd'hui les bateaux on est censé s'en quitter de poids le bateau plus il est léger plus il va vite et bien forcément moi il faut que je sois en accord avec l'équipage et avec cet esprit donc je ne peux pas prendre ce que je veux Je vais prendre deux boîtiers, trois objectifs qui sont étanches, un ordi. Je prends un iPad si mon ordi crache. Et voilà. Et tout ça, en fait, chaque année, je modifie des petits paramètres. Je modifie un peu mon kit. Et voilà, pour évoluer aussi à l'éclair du temps. Aujourd'hui, les choses sont plus légères, plus tropicalisées aussi. Donc voilà.

SPEAKER_00

Et tu disais, tu utilises des

SPEAKER_02

drones

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, le drone, forcément. Le drone... sur la course au large c'est encore une fois c'est apparu avec la fameuse Volvo Ocean Race sur l'édition que j'ai faite c'était presque obligatoire de savoir piloter un drone pour être recruté en fait donc ça j'avais pris connaissance de ce petit

SPEAKER_01

facteur

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et donc sur les deux années précédentes de la course j'en ai acheté un, j'ai commencé à faire du reportage et du documentaire en amenant le drone donc forcément au début c'était en 2015 donc les drones c'était les premiers DJI je m'entraînais sur un terrain de foot avant d'y aller j'ai fait un reportage en Egypte où je faisais décoller le drone mais c'était super aléatoire c'était vraiment pas fiable à l'époque les batteries duraient 7-8 minutes la caméra elle tremblait une fois sur deux quand il y avait trop de vent et petit à petit donc forcément j'ai commencé à faire du drone en mer et quand je suis arrivé sur la Volvo Ocean Race j'avais déjà pas mal d'heures de vol entre guillemets et on a dû faire aussi un stage enfin une licence officielle aussi pour les assurances et tout ça donc voilà et aujourd'hui le drone ça s'est démocratisé c'est moins cher c'est beaucoup plus fiable et même si les bateaux vont de plus en plus vite on arrive quand même à ramener des images aériennes à l'autre bout du globe et ça c'est je pense que c'est une des plus grosses évolutions technologiques de ces dernières années c'est de faire du drone au large quand on est à des milliers de kilomètres de la terre la plus proche ou même un hélicoptère peut pas venir survoler le

SPEAKER_00

bateau c'est clair généralement les plans aériens comme ça sur des voies voilier des courses de cette envergure, ça fait toujours rêver.

SPEAKER_02

C'est sûr qu'en fait, quand on est sur le bateau, on a toujours des plans embarqués et le fait d'extérioriser, d'avoir le bateau au premier plan avec l'état de la mer, le soleil ou peut-être l'île à laquelle on est en train de contourner, ça rajoute vraiment quelque chose en plus pour le spectateur et c'est super pertinent, je

SPEAKER_00

pense. Clairement. Super. Merci pour le point technique, technologique, on va dire. Récemment, tu es parti sur un énorme défis, j'aimerais bien savoir déjà si tu peux nous en parler et nous expliquer un petit peu en quoi ça consistait le trophée Jules Verne et puis après on rentrera peut-être un peu dans le détail sur cette fois-ci pas forcément la technologie mais plus l'humain puisqu'on a un peu effleuré du doigt, tu disais que ton objectif à toi c'est retranscrire fidèlement la vie de l'équipage sans gêner ou avoir un impact sur la performance de l'équipage donc il y aura très certainement des choses intéressantes pour nous à écouter sur un défi de cette envergure

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le trophée Jules Verne, forcément, c'est quelque chose qui parle à tout le monde. Jules Verne, c'était le tour du monde en moins de 80 jours. C'est un trophée qui a été créé il y a quelques années. Je ne vais pas dire de bêtises, je ne vais pas annoncer de date. Il a été créé pour faire le tour du monde en équipage autour de la planète en moins de 80 jours. Il a été remporté lors de la première tentative par Bruno Perron en moins de 80 jours donc déjà l'histoire était bien écrite et donc forcément il y a plusieurs nations qui s'y sont attaquées plusieurs équipages donc plusieurs bateaux et en fait pour faire ce tour du monde il n'y a pas vraiment de règles on peut tenter de se faire ce tour du monde en optimiste ou en petit bateau si on veut mais forcément les armateurs et les équipes aujourd'hui veulent le bateau le plus le plus rapide le plus technologique pour essayer de battre

SPEAKER_01

oui

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le record actuel qui est détenu par Francis Joyon à bord d'IDEC en 40 jours et 23 heures donc déjà en 30 ans on a réduit par deux la vitesse à la voile pour faire le tour du monde ce qui est énorme aujourd'hui les bateaux ils sont encore plus grands plus solides et aujourd'hui les bateaux ils ont des foils donc moi j'ai embarqué en fait sur le Sodebo Ultime 3 un bateau qui est tout jeune qui est très récent qui a un an et demi et donc ce bateau là il a des foils ce qui permet d'aller très très vite en fait dans pas beaucoup de vent on réduit la traînée hydrodynamique en fait donc les flotteurs et la coque ne touchent presque plus l'eau le bateau est vraiment plus aérien il y a seulement les foils donc ces petits impendices ces petits ailerons qui traînent dans l'eau et voilà c'est vraiment la formule 1 des mers aujourd'hui on arrive à faire jusqu'à 1700 km par jour en moyenne si je dis pas de bêtises sur un bateau comme ça donc c'est énorme à des vitesses de 35-40 nœuds donc 80 km heure donc 24h sur 24 jour et nuit donc c'est voilà donc moi j'ai été recruté par cet équipage cette équipe de Sodebo il y a un an et demi pour faire une première course c'était la Brest Atlantique c'était un aller-retour jusqu'en Afrique du Sud et cette année l'ambition c'était de s'attaquer à ce trophée mythique avec 7 autres équipiers à bord donc on était 8 et on a tenté ça donc l'hiver dernier voilà on est parti fin novembre avec une fenêtre météo qui était très intéressante. Sur ce trophée, en fait, il n'y a pas une ligne de départ. En fait, on passe une ligne de départ fictive quand on veut, en fonction de la météo. Donc, dès que les conditions météorologiques sont optimales, le vent bien orienté et tout ça, on peut se permettre de couper cette ligne de départ qui se situe entre Ouessant et le Cap-Lizard, donc entre la Bretagne et l'Angleterre. Et là, on descend à fond tout l'Atlantique. On passe au large du Brésil, de la... de l'Afrique du Sud, on fait le tour de l'Antarctique et on remonte, pareil, par le Cap Horn, le Brésil et l'arrivée avec cette ligne entre Brest et Ouessant. Et malheureusement, nous, cette tentative s'est avortée à un tiers du parcours car on a eu un petit souci technique. Il y a eu une pièce qui était défaillante sur le bateau et du coup, on a dû s'arrêter parce que ça devenait trop dangereux de continuer dans les conditions du Sud où la mer est très chaotique, il fait très froid, on est loin des secours potentiels. Donc, on s'est arrêté été là pour rentrer en Bretagne et retenter dans les années futures.

SPEAKER_00

Techniquement, qu'est-ce qui s'est passé exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est au niveau d'un des folles qu'il y a eu un

SPEAKER_02

souci

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

En fait, il faut savoir que déjà quand on part sur un tour du monde, une tentative comme ça, on a une chance sur dix de le battre. De par l'histoire, on sait très bien qu'il n'y a personne qui l'a battu du premier coup parce que soit ils n'ont pas eu de chance avec la météo, soit le bateau a été abîmé en mer, donc on On est conscient des risques et on est conscient qu'on part et qu'on va peut-être pas arriver jusqu'à la ligne d'arrivée. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que c'est une petite pièce qui soutient, qui maintient le safran. Le safran, en fait, c'est le gouvernail. C'est ce qui permet d'orienter le bateau. C'est un peu la direction du bateau. Et il y a une pièce qui a été défectueuse et qui a pris du jeu et qui s'est affaiblie, qui a qui n'arrivait plus à tenir à 100% le safran. Du coup, on n'arrivait plus à diriger le bateau correctement et on ne pouvait plus aller à 100% des capacités du bateau. C'est quelque chose qui arrive. Il y a plusieurs bateaux qui ont eu cette maladie parce qu'on a beau s'entraîner sur l'Atlantique, là, les mers du Sud, là où on a cassé cette pièce, c'est quelque chose qu'on n'arrive pas à imaginer. Les ingénieurs et les architectes aujourd'hui ont du mal à calculer et à... à calculer en fait une mère qui est très aléatoire, très brutale, très désordonnée et cette pièce-là du coup qui avait été dessinée en conséquence n'a pas réussi à servir comme elle devait le

SPEAKER_00

faire. Et d'un point de vue humain, qu'est-ce que tu retiens de positif de cette expérience même si tu dis que ça a été avorté après un tiers à peu près du parcours

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Avec quoi est-ce que tu es reparti dans tes valises pour une prochaine tentative que tu pourrais exploiter

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Moi, si je fais ce métier-là, forcément, c'est pour raconter des histoires et ramener de belles images, mais c'est vraiment aussi le côté humain qui prime au-dessus de tout. Du coup, nous, ça faisait un an qu'on préparait le projet, donc il y a un an, on a rencontré tout l'équipage, on a travaillé ensemble, on s'est entraînés ensemble, on a fait de la prépa physique, on a passé beaucoup de temps ensemble, que ce soit à terre ou sur l'eau, et forcément, il y a une relation qui c'est comme une famille ou vraiment des amis et on échange beaucoup et dans les moments difficiles ou dans les bons moments forcément on est là et on a réussi pendant ce tour du monde ce demi-tour du monde on a réussi à créer quelque chose de très fort il y a Thomas Coville qui est le skipper de Sodebo depuis maintenant plus de 20 ans il a réussi à réunir ce groupe On a chacun notre personnalité. Quand on nous voit, on peut penser que ça ne peut pas marcher parce qu'on est plus ou moins expérimentés. On n'a pas forcément le même âge, même si on est tous assez jeunes. Il a réussi à trouver le bon compromis pour créer un groupe qui est vraiment fort et qui est performant et qui est humainement très intéressant. C'est vraiment un groupe qui est... Moi, ça fait 10 ans que je fais ça et j'ai rarement vu un groupe qui était aussi solidaire et aussi intéressant. Moi, ce que je retiens, c'est ça. C'est le groupe qui a été formé, qui n'a pas choqué, même dans des conditions difficiles qu'on a eues dans le Sud, avec l'abandon. On a toujours été performants, toujours le sourire, toujours le petit mot qui va bien quand il y avait quelqu'un qui était malade ou quelqu'un qui était moins en forme. On est toujours là pour s'entraider. C'est cette entité-là qui est belle et que je pense avoir plutôt... Je suis content de ce que j'ai mis en image, de ce que j'ai réussi à raconter avec ce groupe. Il y a encore plein de choses à raconter et j'ai envie de continuer avec ce groupe, cet équipage avec Thomas pour finir ce chapitre ou continuer sur plusieurs années et moi c'est ça que je retiens, c'est vraiment cette entité qu'on a réussi à créer tous ensemble, tous les 8 et forcément aussi toute l'équipe à terre tous les techniciens aussi qu'on voit pas forcément mais qui sont derrière nous, qui nous ont mis en main un bateau qui était super et voilà c'est vraiment ce groupe des 8 mais aussi de toute l'entité, de toute l'équipe la terre avec qui on a vécu et je trouve ça passionnant c'est un sport mécanique mais c'est un sport d'équipe mais aujourd'hui c'est pour ça que je fais ce métier là sans aucun

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doute ça fait rêver en tout cas on sent la passion et par curiosité tu vois une différence en termes de d'expérience humaine entre des courses comme la Volvo et le trophée Jules Verne où tu parlais tout à l'heure de simples sorties à la journée c'est quoi qui varie d'après toi en termes d'interaction selon les différentes courses

SPEAKER_02

je pense ce qui varie en fait c'est la brutalité de la course et l'exigence du support va permettre de plus souder ou non un groupe et de créer ce lien je pense parce que forcément sur la Volvo on passe 8 mois en course ensemble le projet il dure un an et demi avec les entraînements forcément c'est super fort mais on n'a pas les mêmes à bord il y a plusieurs nationalités il y a des gens qui ont plus ou moins d'expérience tu peux avoir les vieux briscards on appelle ça dans le milieu c'est des mecs ou des femmes ils vivent que pour cette course là ils ont fait 8 Volvo Ocean Race donc ça fait 15 ou 20 ans qu'ils font que cette course et ils en ont vu du pays donc forcément ils arrivent dans l'équipe avec peut-être une autre humilité ou une autre expérience alors sur le projet avec Thomas Coville on avait on avait tous cette énergie la moyenne d'âge c'est 36 ans donc forcément on avait tout cette naïveté cette énergie, cette envie d'aller décrocher de quelque chose ou de se battre pour quelque chose qu'on connaissait un peu inaccessible mais on avait les cordes pour y aller on avait les cordes pour gagner on avait ouais ouais on était jusqu'à ce qu'on arrête on voyait très bien qu'on avait le potentiel on était largement en avance et donc je pense que ouais ouais ce qui fait la C'est vraiment la brutalité et le milieu dans lequel on évolue et le support aussi. Il faut savoir qu'aujourd'hui, les trimarans qui font 32 mètres de long, avec les foils, c'est violent. Le bruit des foils résonne en permanence. Le bateau va très vite. Il faut s'imaginer que c'est comme si on évoluait pendant 40 jours à l'arrière d'un smear morgue sur l'autoroute. On vit là-dedans, on dort là-dedans, on mange. Avec le chauffeur qui fait des embardés c'est comme ça tout le temps en permanence donc forcément ça use moralement ça use physiquement et nous on doit continuer à vivre à travailler dans cet environnement un peu hostile

SPEAKER_00

comment tu gères le sommeil

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

alors toi tu disais que t'es peu impacté en tout cas t'as pas de car à faire sur ces courses mais dormir à l'arrière d'un semi-remorque avec des embardés de façon aléatoire comment tu fais pour t'adapter et te mettre en condition quand c'est sur des durées aussi

SPEAKER_02

longues

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Oui, c'est sûr que c'est un petit peu particulier. Après, sur la Volvo Ocean Race, donc là, je n'avais pas le droit de toucher à la performance. Sur le trophée Jules Verne, vu qu'il n'y a pas vraiment de règles à ce niveau-là, moi, j'étais équipier aussi à part entière, donc je devais être présent sur des manœuvres. Donc sur chaque manœuvre, j'étais sur les colonnes de winch pour régler les voiles, pour border, pour remonter les foils. Donc ça, c'était un élément qui était un peu nouveau par rapport à mes expériences précédentes, sauf mon premier tour de rampe et donc forcément ça rentre en jeu parce que il y a une journée où il peut y avoir zéro manœuvre donc là je peux être vraiment dédié à faire mon travail de média et une autre journée quand on peut être le long de la côte portugaise ou brésilienne par exemple et bien là on peut en faire des empannages pendant toutes les 3-4 heures donc là je dois être présent et en empannage c'est une heure de travail sur les manivelles par exemple donc moi il faut que je prenne le temps pour faire ce travail d'équipiers et aussi à côté le travail pour raconter les histoires parce que je peux pas me permettre de louper une journée d'histoire ou d'image Donc tout ça, ça se décide un peu au fil du temps, au fil des milles et au fil de la traversée. Et forcément avec l'expérience aussi, j'ai appris à gérer ma fatigue, mon stress, ma gestion du travail. Et du coup, j'essaye quand même d'être présent sur le pont le matin au lever du soleil et au coucher du soleil parce que c'est des lumières qui sont assez rasantes, des lumières assez chaudes que j'aime beaucoup moi ma capture avec la caméra parce que la journée quand on est sous les tropiques par exemple la lumière est trop brutale, trop blanche trop contrastée je trouve pas ça très esthétique donc du coup je vais peut-être passer plus de temps à dormir ou faire une grosse sieste la journée être de veille et présent sur le pont le matin et le soir et la nuit aussi ça peut être intéressant par exemple si il y a la pleine lune aujourd'hui on a des caméras qui nous permettent de filmer avec de nuit des capteurs qui sont presque plus sensibles que l'œil humain, donc ça c'est super intéressant. Et donc voilà, j'essaie de jongler avec tous ces paramètres pour essayer de ne pas me mettre dans le rouge non plus, ne pas être trop fatigué pour ne pas me blesser ou pour négliger quelque chose. Donc je jongle avec tout ça pour avoir un rythme de vie qui soit en accord avec le temps que je vais passer en mer, par

SPEAKER_00

exemple. Oui. Et tu as déjà une histoire en tête quand tu prends le

SPEAKER_02

départ

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Sur le trophée Jules Viard, l'histoire elle est ouais elle est claire parce que comme je t'ai dit j'ai passé beaucoup de temps avec l'équipage avant Thomas nous a donné aussi sa vision du groupe et la vision de cette tentative pour l'anecdote tu vois quand on est parti on a quitté le ponton l'après-midi donc le mardi après-midi pour passer la ligne de départ le mercredi dans la nuit on s'est retrouvé tous ensemble comme une équipe de foot tu vois la tête au centre et il nous a dit avec beaucoup d'émotion les gars j'ai envie qu'on s'éclate on va faire le tour du monde pour s'éclater je sais que ça va le faire on est là pour se marrer on va tout donner donc forcément quand le chef il te dit ça bah toi le scénario il est écrit et chacun a ça dans sa tête donc forcément moi derrière la caméra j'ai ça tout le temps et forcément le mec que je vais aller embêter pour l'interview pour l'histoire il a ça aussi il a compris comment le groupe fonctionnait depuis quelques mois et voilà il va pas me raconter des choses trop techniques parce que nous on est là pour raconter sur ce projet là l'humain comment on vit sur un bateau comme ça lancé à ces vitesses là autour du monde et voilà après il y a des événements où il y a des courses où c'est un peu plus aléatoire mais sur ce trophée Jules Verne c'était clair net et précis quand on partait là dessus c'était le mood un peu était déjà écrit et après il n'y avait plus qu'à suivre la ligne la ligne

SPEAKER_00

un peu

SPEAKER_02

narrative et ça allait se passer comme ça s'est

SPEAKER_00

passé c'est intéressant j'ai l'impression en tout cas moi je ressens vraiment un peu la différence entre le trophée Jules Verne où les mots que tu utilises c'est des mots très forts de cohésion, de fun, de groupe quelque part j'ai l'impression qu'il y avait une espèce de symbiose entre vous que vous aviez appris à fonctionner un peu comme un comme une équipe une vraie équipe et de l'autre sur la Volvo où ça donne plus l'impression que c'est beaucoup de talent toujours beaucoup d'expérience mais un patchwork beaucoup plus diversifié beaucoup plus varié et peut-être moins de moins d'esprit de cohésion moins d'esprit d'équipe alors je ne sais pas si c'est une perception qui est fausse mais c'est ce que j'ai l'impression de

SPEAKER_02

retenir là ouais ouais t'as pas tort je pense que sur la Volvo comme j'ai dit il y a des mecs à bord ça fait je sais pas c'est la cinquième sixième fois qu'ils font cette course donc le fait aussi d'avoir peut-être la barrière de la langue avec différentes nationalités c'est pas la même chose là on était sur Sodebo il y avait un francophone mais qui est qui est bilingue français parfaitement et forcément c'est un peu plus facile sur la Volvo forcément on parle tous anglais à bord mais le le néo-zélandais il est peut-être moins émotif que le français et l'australien pareil donc forcément ça fait des c'est pas la même chose après justement c'était aussi à moi de d'aller titiller un peu ce point de l'émotion et de de d'aller gratter et de trouver la petite le truc sensible qui pouvait justement les faire craquer et du coup c'était assez intéressant et j'ai réussi à certains points avec des avec des choses à des moments un peu critiques et dans des quand on est fatigué quand il fait je peux aller chercher ça. C'est un super exercice que j'adore. Mais c'est sûr qu'au final, sur la Volvo, il y a les équipiers qui peuvent changer. On ne retrouve pas forcément les mêmes d'une étape à une

SPEAKER_01

autre.

SPEAKER_02

Ça aussi, ça peut jouer. Après, c'est sûr que ça fait trois ans que ça s'est passé, la Volvo. J'ai peut-être aussi un peu évolué. Je suis plus mature. Ça c'est sûr mais ouais ouais c'est sûr que c'est différent et je pense aussi la Volvo c'est c'est des étapes qui durent 3 semaines donc il y a 11 étapes qui durent en moyenne 3 semaines du coup c'est presque plus intense on est beaucoup plus mouillé on est beaucoup plus exposé aux éléments même si les bateaux vont moins vite c'est des monocoques mais du coup c'est peut-être ouais c'est plus c'est plus dur à ce niveau là et et du coup ouais c'est un autre esprit c'est un autre esprit je

SPEAKER_00

pense parce que t'as combien entre chaque étape de 3 semaines

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

on a entre 1 semaine et 2 semaines de repos donc on arrive à repartir relativement frais sur l'étape d'après et du coup peut-être que les histoires sont plus liées pareil en fait c'est comme si on faisait pas un reset à chaque fois mais c'est une nouvelle étape avec un nouveau trajet des conditions météo différentes sur un trophée Jules Verne on sait qu'on part on va quitter le départ on quitte le port de l'Orient et là on rentre dans 40 jours mais pas avant sauf si on a eu une casse comme ce qui s'est passé donc c'est une autre mentalité

SPEAKER_00

aussi c'est super intéressant et t'as déjà eu des situations pas forcément compliquées mais tu disais que t'aimes bien aller chasser un peu les émotions et visiblement les exemples que t'as donné en tout cas c'est dans des moments un peu plus exigeants de conditions où il fait froid ou d'humidité ou des moments où il y a beaucoup beaucoup de vent t'as déjà eu à devoir mettre un stop sur la caméra pour gérer une situation parce que ça devenait vraiment trop intense ou tu te rendais compte qu'émotionnellement de l'autre côté de la caméra ça commençait à flancher peut-être un peu trop

SPEAKER_02

il y a eu plusieurs petites anecdotes comme ça il y a une fois donc je filmais moi j'étais à l'intérieur du bateau près de la sortie et on était en train de faire un virement de bord et en fait quand on vire de bord il y a les dérives donc ce qui permet au bateau de ne pas déraper c'est des grosses dérives qui pèsent plusieurs centaines de kilos et à chaque virement de bord la dérive elle descend et l'autre monte et là en fait du coup celui qui s'occupait des dérives il était vraiment à 1m50 de moi et quand il a fait tomber la dérive avant de virer de bord en fait pour faire simple il y a le bout qui permet de relever ou de descendre la dérive c'est enroulé autour de sa jambe et la dérive est tombée et ce bout là c'est tendu autour de son mollet et sa presse que ça aurait pu sélectionner la jambe ça mais ça après ça a écrasé son mollet c'était et plusieurs centaines de kilos autour de autour du mot là donc moi j'ai jeté la caméra à l'intérieur et j'ai sauté sur le bout et j'ai tiré d'un sens il ya un autre gars qui était derrière qui a tiré de l'autre côté pour qu'on sorte sa jambe parce que c'était moi j'ai cru que sa jambe allait se découper en deux sous mes yeux quoi donc j'ai fait ça et après on l'a rallongé à l'intérieur après il ya une le médecin du bord qui s'est occupé de lui. Et quand je suis rentré à terre, j'ai expliqué un peu l'histoire à un des producteurs de la Volvo Ocean Race et tout, parce qu'il se dit, putain, c'est bizarre. Du coup, Nick Dana, il voyait très bien, il est sorti en béquille avec la jambe bandée, on voyait son mollet qui était sectionné en deux, presque. Il dit, mais Martin, t'as pas filmé tout ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Je lui dis, bah non, du coup, je le raconte. Il fait, ouais, non, t'as abusé et tout, fallait filmer, ton taf à bord, c'est de filmer, machin. Et du coup, j'ai raconté ça à l'équipe avec qui j'étais. Sur cette étape-là, j'étais avec les Américains. Et le team manager des Américains, il est allé voir le producteur de la Volvo en disant, mais vous ne vous rendez pas compte, si Martin ne faisait pas ça, le gars, il pouvait perdre sa jambe. Et donc, il y a des moments comme ça qui sont un peu compliqués. Et après, niveau émotions, quand je filme et que... Ouais, il y a eu des... toujours sur la Volvo Ocean Race, j'avais récolté sur l'étape d'avant, sur le stopover d'avant, le moment où on était à terre, sur chaque famille, j'avais récolté des petits messages des familles de chacun des équipiers pour les diffuser aux équipiers au milieu de l'étape où c'était le plus dur. Et là, on était 2-3 jours avant de passer le Cap Horn. Dans le Pacifique Sud, il faisait 2 degrés, c'était vraiment dur, on était vraiment tous à bout. et là du coup je passe à chacun des équipiers je vais les chercher je les installe à mon petit bureau et je leur montre sur l'iPad la vidéo de leur famille donc forcément ils regardent ça avec le casque ils partent tous en pleurs c'était un peu le but recherché mais voilà je voulais créer un peu de enfin je voulais créer un peu de dramatique à ce niveau là et puis ils étaient contents d'avoir des news de leur famille et il y a un des équipiers chinois qui était avec moi avec qui je m'entendais super bien j'avais récupéré des images de ses grands-parents et il voit ça et il me dit que qu'il a reçu un mail il y a deux jours et que son grand-père était décédé et là du coup du coup là je pose la caméra et pareil moi je parle on pleure et tout parce que Je ne connaissais pas son grand-père, mais j'avais passé beaucoup de temps avec lui. On avait fait une étape en Chine, il m'avait fait rencontrer un peu son pays, ses coutumes, donc c'était super fort. Et là, j'étais super mal et c'était un peu dur.

SPEAKER_00

Ces liens que tu créais à bord, c'est des liens qui restent après coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est-à-dire qu'au fur et à mesure des courses, tu arrives à les entretenir ou c'est généralement ça s'estompe assez rapidement au fur et à mesure que les équipages changent, les courses s'enchaînent

SPEAKER_02

Après, c'est sûr que malheureusement, ça s'estompe parce que chaque année, il y a une groupe course majeure. Pour moi, en tout cas, chaque année, j'ai un gros challenge où je pars sur un nouveau projet, ce qui demande beaucoup de préparation. Mais forcément, aujourd'hui, je revois des équipiers avec qui j'ai passé neuf mois et ça ne change pas. Même aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, avec Instagram, on reste en contact. Pour l'anecdote, on a toujours le groupe WhatsApp de... de l'équipage franco-chinois avec qui j'ai passé plus des trois quarts des étapes sur la Volvo Schenriss en 2017. Et ce groupe-là, on est toujours en train d'échanger, raconter des histoires. On se chambre les uns les autres. On souhaite encore nos anniversaires alors que ça fait plus de trois ans. Donc non, non, ça reste. Il y a Kevin Escoffier, forcément. Tu as dû entendre parler avec son naufrage sur le Vendée Globe. J'ai navigué avec Kevin pendant un an. Donc forcément, quand j'ai entendu cette histoire-là, ça m'a choqué. j'étais mal forcément il y a des liens très forts dès qu'on se revoit Kevin je l'avais vu juste avant le départ on était à la crêperie ensemble même des étrangers on reste toujours en contact on se retrouve à l'autre bout du monde sur un événement on va boire une bière ensemble on allait boire une bière à l'époque on avait le droit de boire des bières au bar mais non non il y a toujours des liens super forts après oui ça s'estompe un petit peu c'est sûr mais tout ce qu'on partage en mer c'est super fort donc non Ça ne peut pas s'effacer, c'est sûr. Ça ne s'effacera

SPEAKER_00

jamais. C'est beau. Ça donne envie de se lancer dans des aventures sur l'eau. Du coup, par rapport à ce que tu viens de nous expliquer... Tu disais que tu avais navigué sur... En tout cas, pour le trophée Jules Verne, c'était un bateau de saut des baux. Tu dirais que c'est quoi, toi, ce que retirent les équipiers ou tous ces hommes et ces femmes qui ont des expériences fortes, comme tu viens de les décrire, en mer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu dirais que c'est quoi les... Je ne saurais pas te dire le terme français, mais les soft skills, les compétences de comportement ou les traits de personnalité qui ressortent et qui sont utiles dans la vie ou je ne sais pas si on peut dire utiles mais en tout cas qui te permettent de dire ça c'est un marin, une marin qui a vécu quelque chose de fort en mer et je le vois parce qu'il agit ou elle agit comme ça

SPEAKER_02

je pense qu'il faut être très généreux et toujours se soucier un peu du voisin tu vois si je me blesse par exemple bah il y a quelqu'un qui va venir m'aider, ou... Enfin, même sur un petit bobo lambda, tu vois, il va venir me donner ses conseils, ou aller chercher le médecin du bord, ou des choses comme ça. Et s'il voit que je me nourris mal, il va venir se poser la question, ou il va venir m'en parler. Ou si j'ai pas le moral, forcément il va s'interroger, et si ça traîne trop, essayer de trouver une solution avec les autres. Je pense qu'il faut être très généreux, il faut être professionnel aussi avant tout, parce que il faut garder aussi cette rigueur et cet esprit de faire un avancer un bateau. Pour un marin, s'il est sur le bateau, c'est parce qu'il est aussi compétent. Il a cette expérience-là, donc il faut être professionnel et peu importe les jours, du court terme ou du long terme, il faut être compétent et apporter son expérience au profit de l'équipage. Donc ça, c'est important. Généreux, compétent, forcément avoir un petit peu de... savoir vivre en groupe. Un petit poil d'humour aussi, ça ne fait pas de mal. C'est toujours bien. Il y en a toujours un ou deux dans l'équipage qui est là pour raconter la petite blague, la petite anecdote. Dès qu'on n'a pas trop le moral ou dès qu'on ne fait pas un bon classement, il y a toujours quelqu'un qui est là pour nous retirer vers le haut. Je n'arriverai pas à te dire comme ça, mais c'est vraiment un mélange de... de compétence. Je pense comme dans une société ou dans une entreprise, un bon manager, un bon collègue, je pense que c'est les mêmes valeurs. C'est les mêmes valeurs qu'on retrouve sur un bateau, à huis clos,

SPEAKER_00

c'est la même chose. Et toi, peut-être dernière question sur le plan, on va dire, compétence, comportement. Tu disais tout à l'heure que quand tu avais fait ta première candidature sur la Volvo, tu n'étais peut-être pas aussi mature que ce que tu es aujourd'hui. Tu dirais que cet univers de la voile avec ses exigences et ses challenges, en quoi est-ce que ça t'a changé au fil des

SPEAKER_02

ans

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

J'ai... forcément côté journalistique savoir raconter une histoire dans des conditions comme ça c'est pas quelque chose qu'on apprend à l'école c'est quelque chose qu'on apprend vraiment sur le terrain comme un reporter de guerre et donc là on est obligé de passer du temps en mer passer du temps avec des personnes aussi qui peuvent être compliquées le skipper à côté de toi il est pas forcément très loquace, faut savoir lui tirer les verres du nez et ça pareil ça s'apprend pas comme ça on peut être parfois maladroit au début si dès le premier jour on va pas aller poser des questions directement des questions intimes sur la famille ou sur sur le passé voilà donc ça c'est tout ça c'est quelque chose qu'on apprend avec le temps avec l'expérience forcément sur un bateau bah aussi on apprend avec les conditions forcément on apprend aussi avec la météo la météo on devient plus aguerri moins sensible aussi au froid, aux mouvements, Si certains ont le mal de mer, moi, j'ai la chance de ne pas trop l'avoir. Donc tout ça, on évolue, on grandit. Par contre, il y a quelque chose qui ne change pas, je pense que c'est vraiment l'humilité. On est quand même sur un milieu comme à la montagne, un milieu qui est très compliqué à gérer et qu'on ne pourra presque jamais gérer ou jamais appréhender comme on l'aimerait. Donc il faut rester humble et ne pas prendre trop de risques. Forcément, de temps en temps, j'ai envie d'aller à l'étrave du bateau, aller faire des images avec l'eau autour, mais de temps en temps, c'est trop dangereux. Il faut savoir placer ce curseur et avec l'expérience je pense qu'aujourd'hui que j'ai acquis le curseur petit à petit je sais vraiment où le mettre et j'ai pas assez de frustration de ne pas avoir osé mais je sais que j'ai bien fait pour ne pas avoir pris ce risque là et ne pas me blesser sur le long terme pour mettre en péril la course ou l'équipage donc voilà je pense que c'est les valeurs qu'il faut retenir et le côté humain il faut vraiment être un mec bien sympa facile à vivre pas difficile et savoir se faire accepter à bord aussi parce qu'on est un peu la quatrième roue du carrosse. On est la personne qui ne sert pas à faire marcher le bateau sur la Volvo Ocean Race. Donc, on peut être un peu le boulet et forcément, il faut faire comprendre aussi qu'on est dans l'équipage, qu'on a un intérêt à être là, qu'on sert le sponsor, qu'on sert la course. Et ça aussi, il faut le faire comprendre à certains équipiers. pour la petite anecdote c'est bien sur les premiers jours de course ou les premiers moments passés ensemble si le gars il est dehors en train d'avoir froid le car est long tu lui proposes un petit café ou tu prépares le repas quand lui il va rentrer quand il va être hors car tous ces petites choses là c'est des petits points gagnés des petits points bonus qui vont après te permettre d'aller avoir une interview avec lui quand ça sera plus dur au lieu qu'il t'envoie balader c'est des petits points marqués c'est des petites techniques qui sont toujours bonnes

SPEAKER_00

à prendre c'est vachement intéressant en tout cas j'entends beaucoup de parallèles dans ce que tu t'écrivais sur la notion de risque notamment avec le milieu de la haute montagne tu vois sur cette jauge où mettre le curseur j'ai l'impression un peu que c'est la même chose waouh c'est intéressant tu vois parce que c'est vrai que spontanément on pense surtout à l'aspect technique les bateaux tu l'expliquais au début ça n'a plus rien à voir avec les bateaux d'il y a ne serait-ce que 10-15 ans. Aujourd'hui, on parle surtout, tu vois, moi j'ai les foils en tête parce que je trouve que visuellement, c'est ça qui marque vraiment. Mais je trouve que c'est vachement intéressant de t'entendre parler de l'humain en fait. Parce que si les bateaux se résumaient à du technique, on mettrait juste des bateaux hyper sophistiqués, un autopilote et puis point barre. En tout cas, moi ce que je perçois comme étant vraiment la beauté de ce qui se passe à bord, c'est ce que toi tu racontes et tu racontes l'humain. Tu ne racontes pas le design du bateau, même si ça peut jouer. Donc, c'est intéressant de te l'entendre

SPEAKER_02

dire. Oui, carrément. Et puis, c'est par là qu'on peut se différencier et que le Mediaman a son intérêt, je pense. Forcément, sur le Vendée Globe, les marins solitaires, ils se filment eux-mêmes. Mais nous, du coup, on a ce recul et cette vision globale de l'équipage, du bateau, pour apporter ce côté un peu journalistique plus pensée, peut-être, et plus écrit aussi. C'est sûr que c'est intéressant et c'est ce qui fait la valeur ajoutée de notre métier, je pense, aujourd'hui sur les courses au large.

SPEAKER_00

C'est quoi, toi, l'histoire que tu as pu immortaliser, dont tu es le plus fier

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est difficile, ça, comme question. Forcément, sur la Volvo Ocean Race, chaque médiaman, on devait tourner de bateau sur la course autour du monde pour justement... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

On tournait de bateau chaque étape pour ne pas avoir de routine et trop s'ancrer dans une histoire et dans un équipage pour apporter tout le temps un peu d'originalité ou de nouveauté dans un équipage. Mais du coup, moi, ce que j'ai fait, j'ai tourné entre quatre bateaux mais j'ai quand même fait les trois quarts de la course sur le bateau franco-chinois avec qui je m'étais beaucoup entraîné j'avais forcément plus d'affinité et ce bateau là forcément a gagné la Volvo Ocean Race après neuf mois de course donc j'ai de par ma présence j'ai écrit une partie de cette histoire là une partie de la victoire et donc forcément j'en suis fier quand on a passé la ligne d'arrivée en juin 2018 en Holland et que j'étais sur le bateau et qu'après c'était le triomphe c'était fabuleux, j'ai un super souvenir mais forcément cette tentative du trophée Jules Verne aussi j'en suis super fier parce que j'ai réussi à raconter ce que je voulais j'ai eu beaucoup de retours de spectateurs ou de marins même de marins renommés qui ont une grosse expérience et qui ont des grosses équipes et ils nous ont dit c'est la première fois que je vois une course ou une tentative racontée comme ça on se sentait vraiment intégré au groupe et à cette aventure et c'est super valorisant j'ai un copain qui m'a dit qu'Armel Lecléache lui avait dit ça donc non non ça fait plaisir et c'est que le début j'espère

SPEAKER_00

bah écoute on te le souhaite en tout cas mais c'est clair que c'est une sacrée reconnaissance et du coup c'est la question suivante et peut-être celle par laquelle on va finir c'est c'est quoi la suite pour toi quand on a goûté à la Volvo Ocean Race, au Trophée Jules Verne, et qu'on est relativement jeune, puisque tu viens de passer la trentaine, déjà super reconnu dans le milieu. Sur quoi est-ce que tu te projettes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce qui continue de te faire rêver

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

C'est sûr que même quand je suis rentré de la Volvo en 2018, je m'étais dit, comme je te l'ai dit, c'était mon rêve ultime sur lequel j'ai travaillé pendant 5 ans. Qu'est-ce que je vais faire. Et j'avais participé à une conférence la rentrée d'après et un journaliste m'avait demandé qu'est-ce que tu veux faire maintenant que tu as fait la Volvo, que tu as gagné la Volvo, entre guillemets. Et je lui ai dit, mettez-moi sur un ultime, donc un trimaran à foils. Et c'est ce que j'avais envie de faire. Et quelques semaines après, Thomas Coville m'appelle pour participer à la Brest Atlantique en 2019. Et ensuite, le trophée Jules Verne en 2020. Déjà, c'était j'ai pas eu le temps de beaucoup réfléchir je suis direct reparti là dessus à fond pendant ça fait deux ans que je suis avec eux maintenant et c'est top et donc forcément le trophée julien ça restera pour moi aujourd'hui mon objectif mon objectif de marin et en termes médiatiques aussi parce que c'est un trophée mythique qui est vraiment dur à aller chercher en termes sportifs et forcément au niveau humain et en termes d'histoire c'est quelque chose de très fort aussi et j'ai un goût d'inachevé forcément quand tu t'arrêtes à la moitié t'as envie de repartir, de continuer donc ça c'est dans les tuyaux pour les années à venir avec le même équipage et en attendant je vais partir sur un tour d'Europe organisé par The Ocean Race au mois de mai et juin prochain avec un équipage avec un projet portugais, un équipage français, portugais avec des anglais aussi. Il y a un tour d'Europe aussi en multicoque, avec des petits multicoques qui font 50 pieds aussi cet été. Et après, on verra. J'aime bien aussi la montagne. J'ai eu la chance d'être recruté non pas par mon expérience de montagnard, parce qu'elle est très faible, mais plutôt par mon sens de l'histoire. J'ai fait l'ascension du Mont-Blanc il y a un an et demi avec un super groupe pour des belles valeurs de diversité. Donc ça, c'était super. Et depuis, la montagne ne me quitte pas beaucoup et j'aime j'y retourne souvent et j'adore parce que ça reste très nouveau pour moi donc pourquoi pas faire un peu de montagne et de l'histoire en montagne dans les années à venir

SPEAKER_00

excellent excellent ouais encore une fois c'est marrant ce parallèle entre la montagne la haute montagne et la mer ça me fait penser à l'échange on a eu je crois que tu le connais d'ailleurs Pierre Larry sur le podcast et son histoire c'est un petit peu ça aussi c'est c'est Il a alterné entre haute montagne et course au large.

SPEAKER_02

C'est vachement intéressant. Je pense que les valeurs sont communes. L'humilité de ces milieux-là. Et je pense encore plus en montagne. Peut-être parce que je ne connais pas vraiment la montagne, mais l'humilité me paraît primordiale si on veut vivre et s'amuser dans ces milieux-là. C'est sûr que c'est magnifique. Ça me fait rêver J'y étais encore il y a quelques semaines. J'étais bluffé par la pureté, encore plus sans remontée mécanique. J'étais bluffé par la pureté du paysage, du bruit. L'océan, c'est pareil. Ces trois dernières années, j'ai passé plus de 200 jours en mer. C'est que de la flotte et des nuages, mais tous les jours, c'est différent. Tous les jours, je me pose... à contempler l'horizon. Pour moi, ce n'est pas pareil. Tous les jours, ça change. Je trouve ça magnifique. C'est le seul endroit où on est encore libre aujourd'hui, je

SPEAKER_00

trouve. Ça donne envie de se lancer sur une transatlantique ou une aventure sur l'eau

SPEAKER_02

un peu plus longue. Il faut oser. Chacun peut faire sa petite expérience, faire une petite transatlantique ou même traverser la baie en face de chez lui. Il faut y aller. Il faut juste sortir de sa zone de confort et y aller il ne faut pas avoir de

SPEAKER_00

regrets c'est ce que j'allais te demander qu'est-ce que tu aurais envie de partager pour celles et ceux qui voudraient se lancer alors pas forcément que sur le métier de médiaman puisque tu dis que c'est un métier nouveau donc il y a très certainement plein de choses qui sont encore en train de s'organiser autour de cette activité mais si il y a un mot de la fin une fois que tu nous as raconté toute ton expérience qui commence à être particulièrement fournie maintenant ce serait quoi le message que tu aurais envie de partager

UNKNOWN

?

SPEAKER_02

Le message, c'est un peu classique. Il faut croire en ses rêves et se donner les moyens d'y réussir et sortir de sa zone de confort. Il ne faut pas hésiter. Aujourd'hui, on voit tellement de choses sur la toile, sur les réseaux, de personnes qui nous font rêver, de jeunes aventuriers qui ont tout plaqué pour faire un tour du monde en vélo ou traverser l'Atlantique à la rame ou des choses comme ça. et moi je suis une personne lambda comme toi ou comme les autres donc faut c'est sûr qu'il faut négliger un peu le confort si on veut partir là dessus faut pas avoir peur de mal dormir de mal manger mais derrière la retombée qu'on a la reconnaissance personnelle qu'on a et la joie qu'on a derrière tout ça c'est pas quantifiable ça a pas de prix donc faut y aller faut sortir et y

SPEAKER_00

aller go super bah écoute un grand grand merci Martin, merci beaucoup pour ton temps, merci pour ces partages en tout cas moi tu m'as bien fait rêver vraiment et encore une fois c'était super t'entendre parler de l'aspect humain et pas juste de termes techniques ou l'avancée technologique des bateaux mais vraiment de ce qui fait la différence aussi bien sur le plan journalistique que toi en termes d'expérience et c'est vraiment l'humain donc vraiment top pour ces partages et écoute qu'est-ce qu'on peut te souhaiter, on peut de souhaiter de nouvelles belles grandes courses et un trophée Jules Verne de la ligne de départ à la ligne

SPEAKER_02

d'arrivée plein d'aventures sur terre ou

SPEAKER_00

sur mer merci beaucoup Martin et tout le meilleur pour la

SPEAKER_02

suite merci beaucoup Loïc, à

SPEAKER_00

plus tard, ciao Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao!