Les Frappés

Béatrice Fierens Gevaert - La marche au long cours comme école de la résilience

Béatrice Fierens Gevaert Season 1 Episode 30

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Béatrice Fierens Gevaert est une randonneuse au long cours belge 🇧🇪 qui vit depuis presque 2 ans en Nouvelle-Zélande 🇳🇿, sans doute LE paradis sur Terre pour tous les amoureux de plein air. Dans cette conversation, elle nous explique comment elle a finalement décidé que le parcours tout tracé sur lequel elle s'était engagée ne lui correspondait pas. Après 5 ans de métro-boulot-dodo à Paris, elle quitte tout pour partir sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, après quoi elle enchaine avec un PVT au Canada. À son retour en Belgique, c'est vers le pays du long nuage blanc (Aotearoa en maori) qu’elle s’envole.

Aujourd'hui, elle contribue activement à faire connaitre cette activité naissante qu'est la randonnée au long cours 🥾 , à laquelle elle s'adonne avec passion dans son nouveau pays d'accueil. Elle nous parle de son changement de vie, ou plutôt de sa lente mise en place, de préparation logistique pour la randonnée sur 3 000km, ou encore de ce qu'elle a appris sur elle-même à travers ses expériences. Pour Béatrice, la randonnée permet surtout de se ré-approprier la notion du temps mais aussi de prendre conscience de nos fabuleuses capacités de résilience. On ne vous en dit pas plus et on vous laisse découvrir ce superbe échange !

Encore merci à Béatrice pour sa disponibilité et son authenticité 🙏🏼 🤩 !

🔎 Béatrice a parcouru le mythique sentier de randonnée au long court néo-zélandais Te Araroa sur une distance de près de 3 000km. Toutes les infos sur ce sentier sont ici. Enfin, elle a mentionnée les 3 sentiers au long court, ou thru hike, les plus connus des USA : le Pacific Crest Trail (PCT), le Continental Divide Trail (CDT) et enfin l'Appalachian Trail (AT).

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #26 - Jeanne Fauquenot - Marcheuse au long court - Prendre le temps de s'écouter pour mieux se redécouvrir

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SPEAKER_01

Et j'ai fait face parfois à des choses un petit peu complexes où il a bien fallu que je m'adapte. J'ai pris conscience qu'on avait beaucoup plus de ressources que ce qu'on pouvait imaginer en nous, sans le savoir, et que quand on était face à l'adversité et au fait de ne pas avoir d'autre choix que de trouver une solution, on en trouvait toujours une.

SPEAKER_00

Et bah c'est parti alors, salut Béatrice, bienvenue sur le podcast.

SPEAKER_01

Merci Loïc, bonjour

SPEAKER_00

à toi. Un grand grand merci pour ta flexibilité et surtout pour ta disponibilité puisque pour la petite histoire, il est, si je ne me trompe pas, 5h45 chez toi en Nouvelle-Zélande.

SPEAKER_01

Oui, tout à fait, le soleil n'est pas encore levé en plus

SPEAKER_00

puisque c'est l'automne ici donc c'est la nuit noire. Ah oui, j'y avais même pas pensé. Ah oui, effectivement, l'autre hémisphère. Merci beaucoup, quelle détermination, tout ça pour un podcast sur les frappés, c'est super sympa en tout cas de nous consacrer un peu de ton temps pour nous partager ton parcours et je te propose peut-être de commencer par ça, de nous expliquer ce que tu fais et comment tu en es arrivé

SPEAKER_01

là. Oui, avec plaisir. Je m'appelle Béatrice, j'ai 32 ans, je suis belge et comme tu l'as bien précisé, actuellement en Nouvelle-Zélande depuis bientôt un an et demi. Alors, ça fait plus ou moins cinq ans que j'ai un peu quitté une vie métro-boulot-dodo, on va dire, par étapes. Donc, auparavant, j'étais en CDI à Paris, dans une galerie d'art pendant cinq ans. Et puis, il y a eu un jour où, pour des tas de raisons différentes, j'ai décidé de quitter ce poste, ce job, de quitter Paris, de rentrer chez moi. Et j'avais une petite idée en tête qui a commencé à germer et à devenir tellement importante que c'était impossible de l'ignorer et celle-là c'était de partir marcher jusqu'à Compostelle au départ donc de mon petit village au centre de la Belgique et c'est un peu comme ça que tout a commencé puisque je suis partie marcher pendant au final 4 mois parce que j'ai l'air de pas vouloir prendre des lignes droites et donc j'ai fait quelques détours aussi sur la route et J'ai marché environ 3000 kilomètres à travers la Belgique, la France et l'Espagne. Et c'était vraiment une expérience incroyable. J'ai encore des étoiles dans les yeux aujourd'hui quand j'y pense, parce que c'était vraiment incroyable, autant au point de vue des paysages que j'ai pu voir, des personnes que j'ai pu rencontrer, puis moi, de ce que j'ai pu découvrir de moi-même, et l'expérience de la marche longue distance est vraiment quelque chose qui m'a plu, mais qui a révélé aussi quelque chose en moi. Ça va au-delà de simplement la randonnée, c'est vraiment une expérience totalement différente, tant d'un point de vue de l'espace et du temps, parce qu'on a vraiment le temps de se rendre compte que la marche, c'est un moyen de transport lent, et on redécouvre un peu tout. Donc voilà, ça, ça a un peu chamboulé, on va dire, ma vie, parce que quand je suis rentrée, j'ai eu beaucoup de mal à reprendre un mode de vie normal on va dire même si j'aime pas trop ce mot mais donc en tout cas retourner dans un boulot 9-17 du lundi au vendredi sans bouger c'était un petit peu difficile et donc de là ça s'est un peu enchaîné en fait j'ai recommencé à travailler parce que j'en avais le besoin tout simplement et puis je me suis rendu compte que ça me convenait pas et donc je suis reparti une première fois puis je suis revenu puis je suis reparti et puis je pense qu'aujourd'hui j'ai accepté le fait que c'était peut-être devenu ma vie en tout cas mon mode de vie de partir comme ça marchait et donc j'essaye actuellement j'essaye un peu de réfléchir justement à comment maintenir ça sur le long terme et à essayer d'en faire un projet un peu plus un peu plus concret puisque là pour le moment c'est simplement des expériences qui se juxtaposent les unes après les autres sans qu'il y ait vraiment un objectif en soi mais il faut bien se rendre compte qu'au final ça fait quelques années que je marche et que donc c'est sans doute devenu mon activité principale.

SPEAKER_00

Excellent

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Et petite question, qu'est-ce qui fait que ça a été Saint-Jacques-de-Compostelle la première longue itinérance

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors ça, c'est une bonne question. Figure-toi que ça fait plusieurs fois que j'essaye de me rappeler comment m'est venue cette idée et en fait, je n'arrive pas à trouver l'origine. Je te dis, c'est vraiment une petite graine qui s'est plantée un jour en moi. Sans doute que j'ai dû lire quelque chose à ce propos ou rencontrer quelqu'un qui l'avait fait et qui m'en avait parlé, mais je ne me rappelle plus exactement d'où c'est venu. Simplement, c'est une idée qui a vraiment grandi de plus en plus et en fait à un moment ça devenait alors je vais pas dire obsessionnel parce qu'il y a un aspect négatif si je dis ça mais vraiment j'y pensais tout le temps et je me disais non il faut que je le fasse, il faut que je le fasse, je commençais à me renseigner ce qui est intéressant avec Compostelle c'est qu'en fait il n'y a pas un seul sentier c'est vraiment une espèce de toile d'araignée qui se tisse à travers l'Europe et j'aimais bien cette idée de partir de chez moi et donc j'ai commencé un peu à regarder les différentes possibilités il y a quatre grands itinéraires en France lequel je vais choisir, comment le rejoindre en Espagne, par où je vais passer est-ce qu'il y a des lieux particuliers que j'ai envie de visiter et donc à force de me renseigner c'est devenu tellement concret en fait que je me suis dit en fait maintenant il faut juste que je le réalise et voilà et c'était une bonne première expérience parce que d'un point de vue on va dire logistique c'est très facile c'est à dire que c'est des chemins balisés avec énormément de possibilités de logement sur la route, on doit pas trop se soucier du ravita c'est pas compliqué d'un point de vue technique on rencontre plein de gens donc c'est assez évident à mettre en oeuvre et oui je sais pas quoi te dire plus que simplement c'était une

SPEAKER_00

évidence je te posais la question parce qu'au moment où ton épisode maintenant que ton épisode est disponible ça fait déjà du coup quelques semaines qu'on a l'épisode de Jeanne, Jeanne Faucneau qui est sorti et qui elle aussi est une marcheuse au long cours et qui a elle aussi commencé par Saint-Jacques de Compostelle et qui nous expliquait qui nous expliquait que en fait exactement ce que tu viens de nous dire que logistiquement c'est assez c'est assez peu contraignant il y a pas mal de similitudes entre ce que tu as décrit et ce qu'elle nous a partagé notamment sur le fait qu'elle a fait de longs détours je crois qu'elle a fini par faire je crois que ses détours étaient en Espagne essentiellement quelque chose comme des 2400 kilomètres. Et elle parlait aussi de la réappropriation du temps, des choses que tu as mentionnées. Donc, c'est vachement intéressant de voir que j'ai l'impression qu'en tout cas, pour vous deux, ça a été la porte d'entrée dans l'univers de l'itinérance et de la marche au long

SPEAKER_01

cours. C'est super d'entendre ça. Écoute, j'irai écouter l'épisode, ça m'intéresse. En plus, il me semble que oui, je vois un peu qui c'est de loin. Et ce sera intéressant d'entendre son vécu par rapport à ça et son expérience. Mais oui, je pense que c'est... C'est des choses assez flagrantes pour toutes les personnes qui marchent justement sur des longues distances. Il y a un peu toujours ces mêmes thématiques qui ressortent. Mais donc très

SPEAKER_00

intéressant. Merci. Peut-être sur la partie, avant qu'on parle de la marche et de ce que tu fais actuellement en Nouvelle-Zélande, sur la partie changement justement, puisque tu disais que tu étais dans un environnement où tu avais un emploi entre guillemets classique. Comment est-ce que tu as accepté le fait que ça ne te correspondait plus et comment est-ce que tu as osé franchir le pas et changer un

SPEAKER_01

peu ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, ça n'a pas du tout été du jour au lendemain. Donc, ça faisait cinq ans que j'étais dans le même poste, qui me plaisait beaucoup d'ailleurs. Et bon, simplement, c'est travailler cinq ans dans une petite structure. À partir du moment où on commence à avoir fait le tour, à avoir d'autres aspirations, à vouloir continuer à découvrir et à apprendre. Donc, j'avais simplement l'idée de changer de job au début. Et donc, j'ai commencé à chercher, mais j'avais une idée très spécifique de ce que je voulais. Et alors, est-ce une chance

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

une malchance, ça a peut-être été une opportunité, mais je n'ai pas trouvé ce que je voulais, ça ne marchait pas. Là où je postulais, je n'avais pas de réponse. Je travaillais dans le domaine de l'art et de la culture, donc ce n'est pas un domaine où il y a énormément non plus de possibilités. Et donc, quand cette idée de Compostelle est venue, déjà, ça a pris du temps, puisque je t'ai dit, c'est une petite idée qui a germé et qui, à un moment, est devenue très importante, et donc je l'ai concrétisée. Mais donc, à ce moment-là, j'ai prévenu mon employeur que j'allais partir et on s'est mis d'accord pour faire une rupture à l'amiable, une rupture conventionnelle et du coup il y a eu plusieurs mois entre le moment où je lui ai annoncé et le moment où je partais parce que je voulais pas justement partir du jour au lendemain, je voulais que ça se passe bien donc ça déjà c'est une première chose ça a pris du temps et puis à la base je pensais revenir après ces 3-4 mois et simplement retrouver un job et continuer ma vie et d'ailleurs c'est ce qui s'est passé passé dans un premier temps. Je suis rentrée à Bruxelles et je me disais, bon, ok, ça va bien se passer. Et puis, entre-temps, j'ai postulé pour un PVT au Canada, donc un permis vacances-travail, qui est ce visa d'une année pour les Belges. Les Français ont deux ans, mais pour les Belges, c'est une année. Ou donc, on peut se rendre au Canada et on a la possibilité de travailler. C'est un visa pour le Canada qui est sur deux... tirage au sort, parce qu'il y a un quota, donc il y a un certain nombre de visas qui sont délivrés chaque année, et comme il y a plus de candidats que de visas, il y a un tirage au sort. Et en fait, j'ai reçu la réponse, alors pour pas que je me trompe chronologiquement, mais je pense en fait que j'avais postulé... Ah non, attends, excuse-moi. On est réfléchissant en te le racontant maintenant. En fait, c'est pendant que je cherchais un autre job, que j'avais postulé pour ce PVT à Canada, en disant si ça ne marche pas, je partirai. Puis je n'avais pas eu de réponse. Quand j'ai décidé de partir faire Compostelle, j'ai reçu la réponse une semaine avant de

SPEAKER_03

partir,

SPEAKER_01

en fait. Ah oui. L'avantage, c'est qu'une fois que tu reçois la réponse, tu as encore une année pour décider de partir. OK. Et donc, à ce moment-là, je me suis dit, je ne vais pas y penser. J'ai un projet en cours. On va d'abord concrétiser ça et profiter de ces quatre mois. Et donc, en fait, quand je suis rentrée, je me suis dit, bon, parfait. Je n'ai pas tellement envie de retourner dans un boulot normal. Je vais partir au Canada puisque j'en ai la possibilité. Donc là, c'est la première fois où... Mais de nouveau, ce n'était pas dans un objectif de long terme. Donc, à chaque fois, c'est des choses qui se sont passées où je me suis dit, oui, c'est que quelques mois. Donc, je suis partie au Canada. Au Canada, j'ai énormément randonné à droite, à gauche. Je suis vraiment passée de l'Ouest à l'Est, Colombie-Britannique, Yukon, Québec. Enfin, voilà, je me suis fait plaisir. Et là, cette fois-ci, je suis rentrée à Bruxelles et je me suis dit non, mais bon, allez, maintenant, c'est fini. Il faut passer aux choses sérieuses. Il y a toujours un peu cette... On a cette image de la société qui veut qu'on soit dans une case, qu'on fasse les choses dans l'ordre. On fait des études, on trouve un boulot. C'est un CD on s'installe, enfin voilà. Donc, je pense que j'ai mis du temps à un peu déconstruire ça et à me dire que ce n'était pas le seul chemin possible. Donc, je rentrais à Bruxelles en me disant, cette fois-ci, c'est la bonne, je m'installe. J'ai complètement changé de domaine de boulot et en fait, je n'ai pas du tout trouvé quelque chose qui m'épanouissait. Donc, j'ai travaillé six mois dans une première boîte et puis, j'ai trouvé un contrat d'un an dans une autre… Là, c'était une association, donc je passais du côté… de l'autre côté de la barrière on va dire et ça ne me plaisait pas au fur et à mesure où les jours passaient je me disais non mais c'est vraiment pas ça il n'y a plus rien qui m'inspire je pensais qu'à une seule chose à chaque fois que j'avais des vacances je partais marcher et j'avais toujours cette idée en tête de la Nouvelle-Zélande puisque c'est aussi un pays où il y a un PVT et surtout j'avais entendu parler de quelques années auparavant quand j'étais je pense que c'était au Canada la première fois que j'ai découvert ça j'avais entendu parler du Théararoa qui est donc la raison pour laquelle je suis venue en Nouvelle-Zélande. Voilà, le fameux. Et en fait, je digresse un peu, je me rends compte, pour répondre, on reviendra sur le terreur après, mais pour répondre à ta question, je pense que c'est vraiment ici, en Nouvelle-Zélande, avec un peu tout ce que j'ai mis en place et tout ce que j'ai vécu aussi, que je me suis rendu compte et que j'ai fini par accepter que, en fait, je n'avais pas besoin de rentrer dans les caisses. Et si un boulot, on va dire,« normal», ne me convenait pas, c'était pas grave et je pouvais moi trouver la façon qui me convenait de vivre et de gagner de ma vie et c'est évidemment pas simple, je te disais je pense avant qu'on commence l'enregistrement que j'essaye pour le moment de réfléchir à comment faire en sorte que ça marche sur le long terme mais c'est ici vraiment j'ai vraiment eu un coup de coeur pour la Nouvelle-Zélande il y a une ambiance quelque chose qui se qui me fait dire que bah oui en fait j'ai le droit de vivre les choses différemment et de créer des projets qui justement m'épanouissent me rendent heureuse et c'est pas grave si ça correspond pas à l'image que la société a d'un trentenaire qui devrait être bien installé dans sa vie donc voilà mais c'est vraiment pas quelque chose qui s'est passé du jour au lendemain c'est par petites touches j'avais je te dis toujours cet objectif de revenir dans la vraie vie en le disant je me rends compte à quel point c'est un peu idiot c'est à dire qu'il n'y a pas de vraie vie de fausse vie mais on est tellement façonné dans un certain modèle de société surtout par rapport au travail donc voilà c'est encore quelque chose qui est en construction d'ailleurs je pense que ça se sent dans ma réflexion qui n'est pas forcément linéaire qui part dans tous les sens mais oui c'est important je pense de se dire c'est pas forcément du jour au lendemain il y a des gens pour qui ça marche des gens pour qui c'est vraiment une fracture immédiate et pour moi c'est pas du tout ça c'est vraiment un cheminement et c'est peut-être pour ça que la marche me convient bien et surtout la marche au cours parce que c'est une comparaison assez banale finalement mais j'ai vraiment l'impression que c'est ça c'est un chemin il y a des hauts et des bas il y a des moments où on se perd on se fait plus trop et puis il y a des moments où ça va super bien et on avance et tout paraît évident. Et donc, oui, ça prend du temps, mais au final, ça se construit petit à petit et ce n'est pas forcément la destination qui importe le plus, c'est aussi la façon

SPEAKER_00

d'y arriver. C'est un beau message, ça. C'est un beau message. En tout cas, c'est super, c'est à la fois énergisant, rafraîchissant et surtout très inspirant de voir cette notion d'acceptation que tu as évoquée plusieurs fois. Et c'est vrai que pour en avoir discuté avec quelques invités, des amis autour de moi, avoir moi-même des réflexions sur l'épanouissement au travail, qu'est-ce que ça veut dire, la notion même de travail dans la société, c'est juste génial de voir que toi, petit à petit, petit pas par petit pas, tu as appris à t'écouter et à accepter le fait que les cases classiques, pour toi en tout cas, ça ne correspond pas nécessairement et que tu vis ta vie, je n'aime pas trop dire différemment, parce qu'en fait, tu vis une vie qui est la tienne et qui n'est pas une vie que tu as. qu'on essaie de nous faire voir comme étant la voie classique ou la voie royale par rapport aux études que tu as fait, ta famille, ton pays, etc. Donc, c'est super inspirant. En tout cas, moi, ça me donne envie d'en savoir plus sur comment tu t'organises aujourd'hui. C'est-à-dire que tu as évoqué quelques projets, le fait de pérenniser ton activité autour de la marche. Donc, à quoi est-ce que ça ressemble aujourd'hui, quelques années après t'être lancé sur le chemin vers ta nouvelle vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

aujourd'hui c'est pas du tout encore je finance mes marches grâce à une activité qui est liée directement à la marche actuellement c'est plutôt je fais des jobs saisonniers j'épargne un maximum pendant 2-3 mois pendant lesquels je réfléchis aussi à un projet que j'ai envie de mettre en place et puis après une fois que la saison est terminée ou une fois que le moment est venu je pars et puis les sous que j'ai pu mettre de côté je les utilise à la concrétisation de ces projets alors je dis ça mais c'est très récent puisque je te disais que vraiment le moment où j'ai commencé à accepter l'idée que je voulais rester sur le long terme dans ces projets de marche c'est depuis la Nouvelle-Zélande et donc ce n'est que depuis on va dire un an et demi que ça mais on va dire qu'actuellement c'est tout à fait le cas pour le moment. Je suis venue en Nouvelle-Zélande pour faire le tiers à Roa. Je n'étais pas censée rester en Nouvelle-Zélande, mais il y a une toute petite pandémie mondiale qui a un peu changé les plans de tout le monde. Je ne vais pas me plaindre, parce qu'en ce qui me concerne, c'est plutôt une bonne nouvelle, puisqu'en Nouvelle-Zélande, on est assez épargné. Avoir la possibilité de rester ici, c'est génial, mais je ne vais pas m'étendre là-dessus, parce que ce serait un petit peu pas sympa de ne pas penser à mes... à mes compatriotes et amis en Europe qui ont bien du mal. Je pense à vous et je suis de tout cœur avec vous. Effectivement, pour moi, après le TRROA, j'ai Et sachant que j'allais rester ici, je me suis dit, bon, il faut que j'en profite. Et donc, j'ai décidé de refaire des projets ici de randonnée. Et donc, c'est exactement comme ça que j'ai pu le faire. Donc, j'ai commencé à travailler, c'était à la fin du printemps pour nous, donc en octobre. J'ai trouvé un job de saisonnier dans un vignoble. Donc, tout ce qu'il n'y a plus, Benel, quand on voyage... en Nouvelle-Zélande ou en Australie d'ailleurs et donc je me suis dit bon ben voilà maintenant je travaille trois mois à fond je mets un maximum d'argent de côté et en février en été je repars et donc actuellement c'est ça et donc je ne sais pas si je pourrais faire la même chose en Europe on en revient un peu à la notion qu'on a du travail et peut-être aux barrières qu'on se met mais c'est sûr que ça me paraît beaucoup plus simple ici de faire des petits jobs saisonniers et de pas partir que si je rentre, que ce soit en Belgique, en France, ou en Europe en général, j'ai plus de mal à m'imaginer parcourir les régions pour trouver des jobs saisonniers, travailler trois mois et partir. Alors pourquoi

UNKNOWN

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SPEAKER_01

Et je suis en train d'essayer de déconstruire ça, mais c'est vrai que j'ai l'impression qu'on a plus d'attentes vis-à-vis de moi quand je suis proche de chez moi pour avoir de nouveau un vrai boulot, mais avec des gros guillemets, parce que je pense que, au contraire, je me sens plus utile maintenant que je travaille dans le domaine de, on va dire de l'agriculture au sens large parce qu'au moins j'ai l'impression que ce que je fais ça apporte, voilà concrètement là je suis en train de cueillir du raisin et concrètement dans quelques années ce sera une bonne bouteille de vin et plein de gens pourront en profiter donc c'est finalement ça a aussi plus de sens que les derniers boulots que je faisais à Bruxelles où j'étais derrière un ordinateur à faire des tableaux Excel, bon ben au final le sens je le trouve beaucoup plus dans quelque chose de concret que je fais avec mes mains mais de nouveau je digresse donc

SPEAKER_00

voilà actuellement c'est intéressant parce que pardon je rebondis sur ce que tu dis c'est vrai que tu vois aussi tout de suite le résultat de ton travail tu vois quand j'étais en Nouvelle-Zélande moi typiquement je travaillais sur une ferme laitière et je trouve que la satisfaction du travail accompli elle est immédiate en fait parce que parce qu'en fait tout ce que tu fais l'énergie que tu déploies dans ton travail quand il est manuel sur le terrain ça se voit tout de suite tu vois donc Je suis assez d'accord avec ce que tu dis sur le sens et le fait que l'énergie que tu investis va finalement bénéficier à quelqu'un que ce soit à travers une bouteille de vin, de lait, un fromage. Je me reconnais assez dans ce que tu

SPEAKER_01

dis. C'est marrant, je rebondis juste là-dessus, mais il y a aussi de nouveau cette réappropriation du temps. En travaillant sur le vignoble, j'ai vraiment commencé la saison au début du printemps. Il n'y avait rien, c'était à peine ça commençait à repousser et puis là maintenant c'est la fin de l'été c'est les vents d'orange et donc j'ai vu aussi toute l'évolution de rien du tout les vignes commencent à pousser puis il y a la floraison et puis il y a les raisins qui poussent etc et c'est exactement le même sentiment que quand je marche au long cours et que tu marches pour plusieurs mois au travers des saisons tu redécouvres vraiment les saisons des choses très simples qui sont vraiment à l'origine de tout mais dont tu n'as plus du tout conscience quand tu vis en ville parce que c'est éclairé 24h sur 24 que tu te lèves tous les jours à la même heure etc quand je pars randonner ou quand je travaille dehors et bien l'heure du lever du soleil a son importance clairement je me lève je randonne beaucoup plus tôt en été je fais des beaucoup plus longues journées en été qu'en hiver tout simplement parce que quand il fait noir à 16h t'as pas envie de marcher encore avec une lampe torche pendant 3h donc c'est marrant aussi il y a un peu un lien je me retrouve, c'est presque une continuité de mes randonnées, de travailler dans des choses qui sont liées au sol et à la nature donc ça me convient bien

SPEAKER_00

super alors justement parlant de randonnées tu as évoqué plusieurs fois un sentier qui moi me parle beaucoup le Terraroa mais est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer nous décrire ses principales caractéristiques pour celles et ceux qui le connaîtraient

SPEAKER_01

Avec grand plaisir. Alors, le tiararoa, c'est un sentier à longue distance en Nouvelle-Zélande. Le nom est en fait en maori, qui est donc la langue des habitants maoris. autochtone de la Nouvelle-Zélande, et ça signifie le long chemin. C'est un sentier qui fait environ 3000 kilomètres, qui traverse la Nouvelle-Zélande, les deux îles de la Nouvelle-Zélande, du nord au sud, donc de la pointe nord du pays, qui est le Cape Rhinga, à l'extrême sud, le village de Bluff. C'est un sentier qui est intéressant parce qu'il parcourt vraiment des paysages et des terrains très différents, Au nord, le point de départ, c'est sur la plage et on commence par environ une centaine de kilomètres sur la plage. Ensuite, ça traverse des forêts pluviales, très denses, très vertes, très boueuses aussi. Ça passe sur l'île sud par des montagnes avec le point culminant est à 1920 mètres, je pense. Ça traverse aussi des terrains volcaniques puisque la Nouvelle-Zélande est connu aussi pour ses volcans et donc ça passe par plusieurs parcs nationaux où il y a des volcans donc c'est très varié ça passe aussi par pas mal de villes entre autres dans l'île nord qui est la plus peuplée des deux et c'est un sentier qui entre guillemets est assez jeune dans le sens où officiellement il n'existe en tant que tel que depuis 2011 donc ça fait 10 ans c'est très jeune on On le compare parfois à ses grandes sœurs américaines que sont le Pacific Crest Trail, la Palatial Trail et le Continental Divide Trail. Mais la grande différence étant qu'il est toujours en train de se construire. Donc, l'itinéraire n'est pas fixe. Il change encore un peu d'année en année, alors pas beaucoup. Franchement, c'est la même ligne. Mais ce qui se passe, c'est qu'en Nouvelle-Zélande, il y a beaucoup de terrains privés encore qui sont souvent des fermes. Donc, il faut avoir des accords avec les propriétaires. Il y a aussi, parfois, l'itinéraire change à cause de problèmes, on va dire, naturels, c'est-à-dire qu'il y a une maladie qui touche des arbres en Nouvelle-Zélande qui s'appelle le kauri dieback, qui touche des arbres natifs, que sont les kauris, et qui, comme c'est une petite bactérie qui est transportée, si les gens marchent dans la forêt où cette maladie est présente, en fait, ils vont la transmettre, la disperser, parce qu'ils vont emporter avec eux sur leurs chaussures ou sur leurs vêtements cette petite bactérie, et puis l'amener dans d'autres forêts. Et donc, actuellement, le chemin change souvent dans ces parties-là, qui sont dans le nord de l'île du Nord, parce qu'ils essayent de contenir cette maladie, pour éviter qu'elle se propage. Certaines forêts sont fermées au public, or le sentier passait auparavant par ces forêts. Il y a des choses qui sont encore en train de se mettre en place. Il y a certaines parties du chemin... où c'est encore de la route, il faut marcher le long de grandes routes, ce qui n'est pas le plus agréable. Mais d'un autre côté, c'est aussi magnifique, parce qu'étant donné que c'est un sentier très jeune, les Néo-Zélandais commencent à s'y intéresser beaucoup, et donc ont envie de le partager, de le faire connaître. Il y a des gens, beaucoup de volontaires, de bénévoles, qui s'occupent de maintenance, maintenant j'ai des mots qui me viennent en l'anglais et pas en français. Maintenir. Oui, comment on dit

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

La maintenance du sentier, ça se dit en français

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, l'entretien.

SPEAKER_01

L'entretien, merci, c'était le mot que je cherchais. Donc oui, de l'entretien du sentier, etc. Et ça fait que la communauté qui se construit autour de ce sentier aussi est très active et très dynamique. Et donc voilà, ça permet de découvrir la Nouvelle-Zélande de long, enfin de long, pas en large, mais de long en long, on va dire, et de rencontrer plein de gens. C'est une expérience super intéressante puisque justement, ça varie beaucoup en fonction de l'endroit où on se trouve. Donc l'île Nord étant beaucoup plus peuplée, on passe par beaucoup plus de villes, donc on rencontre beaucoup plus de personnes et entre autres des locaux. Là où l'île Sud est plus sauvage, on est plus souvent en montagne ou dans des endroits reculés, on passe moins par des villes, donc il faut aussi porter plus de nourriture. Et on est plus dans la montagne et le challenge physique c'est vraiment un sentier exceptionnel que je recommande à toute personne qui aime la marche et qui voudrait

SPEAKER_00

découvrir la Nouvelle-Zélande ça m'a fait me remémorer des petites randos que j'avais fait dans l'île du Nord par rapport à ce que tu décrivais cette maladie dont j'ai plus loin en tête mais qui touche les Kaoris et je me rappelle qu'il y avait des sections entières de petits parcs nationaux qui étaient équipés de passerelles. C'est-à-dire qu'en fait, on ne marchait jamais sur le sol de la forêt. Je crois que c'était aussi en partie parce que les Kaoris, de mémoire, ont les radicelles qui remontent vraiment à ras du sol. Et donc, ça les endommagerait. Mais c'est intéressant. C'est un peu malheureux de voir qu'ils sont toujours en train de se battre avec cette maladie qui touche les Kaoris, qui sont de très très beaux arbres d'ailleurs. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est un Un petit peu les baobabs de la Nouvelle-Zélande, non

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Comment tu décrirais ça

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Énorme, très gros tronc, peu de feuillage

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tout à fait, et très haut surtout. C'est moins massif que des baobabs, mais c'est très haut, très grand. Et en fait, c'est... J'ai plus le mot en tête, comme on dit quand c'est typique d'un pays. Endémique. Merci, endémique. C'est une espèce endémique de Nouvelle-Zélande, donc on les trouve qu'ici. Donc en fait, s'ils disparaissent ici, ils disparaissent de la surface de la terre. Et oui, c'est très beau de se balader dans ces forêts de caories. Il y en a encore certaines qui sont accessibles, heureusement, entre autres grâce à ces passerelles que tu décrivais. Et on se sent tout petit dans ces forêts parce que les troncs sont si grands et les feuilles ne commencent à pousser que très très haut et donc c'est hyper impressionnant on regarde vers le ciel on voit que ces énormes troncs avec c'est très impressionnant c'est presque des cathédrales qui s'élèvent en forêt donc oui il faut faire tout ce qu'on peut pour les sauver donc respecter ces interdictions malheureusement et on espère qu'un jour on viendra à bout de cette

SPEAKER_00

maladie clairement clairement et alors si on en revient au Au sentier, là, tu nous as bien fait rêver. Comment est-ce que ça se passe d'un point de vue logistique

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est-à-dire, est-ce que tu as l'obligation de dormir en refuge, comme sur certains grands itinéraires

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu vois, je pense au GR20 où tu n'as pas le droit de dormir ailleurs qu'à proximité immédiate des refuges. C'est la même chose sur le Terra Roy

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça dépend des sections

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment est-ce qu'ils ont organisé

SPEAKER_01

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, alors ça dépend tout à fait des sections. C'est un itinéraire qui s'étend sur 3000 kilomètres, donc forcément, ce n'est pas partout pareil. En Nouvelle-Zélande, il y a différents types de terrains, on va dire. Il y a ce qu'on appelle du conservation land, qui est public, qui appartient à l'État et sur lequel, en règle générale, on peut camper où on veut, en respectant évidemment les règles de base et ça c'est principalement tout ce qui est parcs nationaux parcs régionaux et donc surtout dans l'île sud par exemple dans les montagnes généralement on peut camper où on veut donc ça c'est super tu prends ta tente tu trouves un chouette spot près d'une rivière ou d'un lac avec une vue de fou et voilà et tu te fais plaisir après il y a aussi beaucoup de private land donc c'est des propriétés privées mais qui parfois ça peut être des énormes, donc des grandes étendues de prairies ou de forêts qui, en fait, sont privées. Et c'est quelque chose, je pense, d'assez spécifique à la Nouvelle-Zélande. C'est lié à son histoire. Et donc, dans ces cas-là, on ne peut évidemment pas camper où on veut. et en fonction de où ces propriétés se situent soit on va devoir trouver un camping soit on va devoir simplement aller jusqu'en ville parce qu'il n'y aura pas d'autres possibilités et aller en auberge de jeunesse ou de nouveau en camping ou alors il y a parfois des refuges également mais donc ça c'est peut-être la seule c'est la chose à laquelle il faut penser au préalable c'est à dire que quand on se lance dans une section si c'est une section où on peut camper n'importe où finalement pas besoin de préparer ça tellement à l'avance mais si on ne peut pas il faut repérer au préalable tiens où est-ce que je peux dormir ça veut dire des journées de combien de kilomètres est-ce que je préfère faire 45 ou 2 fois 20 parce que parfois on n'a pas le choix entre une toute petite journée ou une très longue journée et donc ça demande un peu plus de préparation mais l'avantage c'est que comme c'est un grand sentier avec des randonneurs qui viennent de partout pour le faire, les ressources disponibles sont assez grandes et très facilement accessibles donc déjà il y a un site internet mais il y a aussi plein de communautés donc avec les réseaux sociaux, des groupes Facebook où les gens échangent leurs bons plans, leurs suggestions leurs conseils et il existe des notes officielles qui justement répertorientent pardon, tous les hébergements possibles en fonction de ce que vous préférez, camper, dormir en dur, dormir chez l'habitant, parce que justement il y a aussi ce principe qui est très commun, très populaire aux Etats-Unis pour les sentiers que j'évoquais tout à l'heure, qui est ce système de trail angels, donc anges du sentier littéralement, qui sont donc des personnes qui sont également randonneurs ou pas, qui ont marché sur ces de sentiers ou pas mais qui ont envie d'apporter leur aide et qu'ils le font de manière gratuite généralement et c'est simplement ça peut aller de tiens le sentier passe devant chez moi je vous offre le café quand vous

SPEAKER_03

passez

SPEAKER_01

ou j'ai une chambre d'amis venez dormir prenez une douche lavez votre linge on vous préparera le repas enfin voilà donc et ça c'est bon en Nouvelle-Zélande c'est encore comme je disais c'est un sentier jeune donc ça se développe encore mais les Kiwis, comme on les appelle, donc les locaux, les Néo-Zélandais, sont ravis de pouvoir accueillir chez eux des randonneurs, de pouvoir discuter de leur pays, de pouvoir éventuellement donner des conseils parce qu'eux-mêmes ont fait le sentier ou parce qu'ils connaissent très bien la région. Et ça, c'est principalement dans l'île du Nord puisqu'elle est davantage peuplée et on passe davantage par des villes et des villages, que ça donne lieu à des rencontres géniales où deux heures avant Tu n'avais pas connaissance de cette personne et le lendemain, tu ressors de là avec plein d'histoires, des anecdotes. Tu as bu une bonne bouteille de vin et tu as mangé un bon repas avec eux. Ils te laissent leur numéro en me disant si tu as besoin de quoi que ce soit, tu nous appelles. C'est génial et ça fait partie aussi de cette aventure de marcher au long cours, je pense, parce que quand tu pars un week-end ou une semaine, tu n'as pas forcément le besoin ni l'envie d'ailleurs d'aller comme ça chez des inconnus. parce que c'est un peu ta petite parenthèse en montagne et tu es d'abord là pour profiter de la nature mais quand tu pars sur plusieurs mois et que tu prends une douche une fois par semaine parce que le reste du temps t'es en pleine forêt ou en pleine montagne quand t'es accueilli par des gens qui t'offrent tout alors qu'ils ne te connaissent pas c'est magique donc ça fait partie de l'expérience aussi donc voilà pour répondre à ta question logistique c'est vraiment ça dépend des endroits mais il y a beaucoup de ressources qui sont disponibles pour organiser ça et ça me permet de dire aussi une chose assez par rapport à Nouvelle-Zélande qui est assez spécifique il y a en Nouvelle-Zélande un réseau de cabanes non gardées donc les huts en anglais qui est assez formidable et qui je pense est unique au monde ou en tout cas développé de cette manière là et à cette échelle je pense que j'ai jamais entendu parler de ça ailleurs donc c'est vraiment plein de vraiment des cabanes enfin des refuges mais qui sont donc pour la plupart non gardés qui sont en accès libre mais pour lesquels tu payes tu participes aux frais mais c'est assez raisonnable tu as la possibilité soit de payer par nuit soit d'acheter pour l'année un pass qui te permet d'accéder à plus de je pense que c'est 900 cabanes éparpillées partout en Nouvelle-Zélande oui c'est pour ça que je dis à cette échelle je pense que ça n'existe nulle part ailleurs et donc principalement c'est une cabane en bois certaines sont récentes et donc bien isolées d'autres sont plus vieilles les plus vieilles d'entre elles d'ailleurs ne sont pas en bois mais sont en métal comme des petits hangars de ferme avec quelques matelas généralement un poêle à bois pour se chauffer une table, des bancs mais donc tu as cette... cette certitude d'avoir toujours un abri où passer la nuit. C'est particulièrement intéressant en hiver ou quand la météo n'est pas au beau fixe. Et donc, c'est partout en Nouvelle-Zélande, parfois sur des sentiers très accessibles, parfois complètement dans l'arrière-pays, sans sentier, où si tu veux y accéder, tu dois tracer ton propre chemin et être bien préparé pour justement retrouver cette cabane. C'est aussi un super moyen de rencontrer d'autres randonneurs. Ça donne lieu parfois à des soirées très sympathiques où on se raconte des histoires en buvant un thé chaud ou un whisky, ça dépend des circonstances. Mais ça, c'est vraiment une des découvertes que j'ai eues en Nouvelle-Zélande qui me fait aimer ce pays. Pour la randonnée, c'est merveilleux parce qu'à la fois, ça donne des possibilités d'avoir un abri, etc. Mais surtout, parfois, ça te donne des idées de randonnée simplement parce que tu ouvres la carte et tu te dis oh bah il y a une cabane là j'ai jamais été ici j'y allais enfin c'est fou donc ça c'est vraiment quelque chose qui est génial et sur l'île sud le TRRA passe par pas mal d'endroits où il y a des huts justement ces cabanes donc ça c'est super parce que aussi en termes d'organisation tu sais que quoi qu'il arrive tu vas avoir un endroit où passer la nuit il y en a régulièrement donc tu sais que tu peux marcher jusqu'à la suivante et puis ah bah j'ai encore de la ressource je vais encore marcher 2-3 heures pour atteindre la cabane d'après ou alors je suis fatigué je m'arrête là donc ce système de HUD c'est vraiment super et sur le TRRA ça simplifie aussi beaucoup les choses et puis bon quand t'es dans les montagnes c'est sûr que tu peux aussi simplement camper et là on en parlait tout à l'heure c'est l'hôtel aux 10 milliards d'étoiles donc voilà ça demande un peu d'organisation mais comme c'est quelque chose d'officiel il y a pas mal de ressources Et au final, on s'y retrouve assez facilement.

SPEAKER_00

Super. Et c'est quoi la plus longue période que tu es passée, du coup, entre deux hôtes ou généralement sur le terroir roi, sans pouvoir te ravitailler

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, sur le terroir roi, la section la plus longue, c'était huit

SPEAKER_00

jours

SPEAKER_01

pour moi. Huit jours, OK. Sachant que dans ces cas-là, tu prends toujours… Enfin, j'avais en fait dix jours de nourriture parce qu'il faut prévoir au cas où il y a… problème et que tu dois attendre une journée dans une hutte parce que le temps est mauvais sachant qu'en Nouvelle-Zélande la météo est vraiment imprévisible tu peux alors c'est pas le seul pays où c'est le cas mais tu peux vraiment avoir les quatre saisons en une journée ça change très vite d'autant plus quand tu es en montagne parce qu'en général déjà en montagne ça change très vite donc en Nouvelle-Zélande tu dois toujours être préparé à éventuellement faire face à une tempête et devoir attendre une journée dans une hutte donc avoir de la nourriture en plus. Il y a aussi pas mal de traversées de rivières sur les sentiers en Nouvelle-Zélande. Donc, contrairement à l'Europe, j'ai l'impression où la plupart des rivières, il va y avoir un pont si elle est assez profonde. En Nouvelle-Zélande, il y a des rivières où tu dois les traverser à pied et ça va du petit guet où tu peux sauter de caillou en caillou, mais aussi des rivières plus larges, plus plus profondes où parfois tu as de l'eau jusqu'à la taille et tu dois marcher sur 5-6 mètres voire plus pour arriver de l'autre côté et évidemment après des pluies torrentielles tu ne fais pas ça parce que c'est très dangereux donc c'est une des choses qu'il faut qu'il faut connaître en Nouvelle-Zélande et qui parfois t'oblige à attendre justement une journée que le niveau de la rivière baisse après une grosse Donc toujours avoir un ou deux jours de nourriture en plus. Donc oui, dix jours de nourriture, c'était un sac assez lourd, je

SPEAKER_00

dois l'avouer. Et du coup, alors là, on rend dans du très spécifique, mais pour tout te dire, je suis en train de préparer une traversée de la Suisse. Et jusqu'à présent, j'emportais généralement, tu vois, quand j'ai fait le GR20 ou mon trip sur le cercle polaire ou au Népal, j'emportais du lyophilisé quand je savais qu'il n'y avait pas de possibilité de me ravitailler. Mais j'aimerais bien changer et emporter des aliments un peu plus... Enfin, un peu moins industriels, en tout cas. Donc, je me pose toujours la question, quand je vois des gens comme toi qui marchent sur des centaines, des milliers de kilomètres, qu'est-ce que tu manges exactement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Surtout sur cette section, tu vois, de 8, 9, 10 jours. Qu'est-ce que tu

SPEAKER_01

emportes

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors... Donc, effectivement, moi, j'emporte très peu de lyophilisé. Généralement, j'ai juste un ou deux lyophilisés dans le fond de mon sac qui sont en cas d'urgence. Alors, qu'est-ce que on va aller dans le très spécifique généralement le matin on est sur de l'avoine c'est pour moi le meilleur rapport poids énergie que j'ai pu trouver et donc je me fais un porridge en rajoutant des graines, des fruits secs, des noix et donc simplement en rajoutant de l'eau bouillante en fait et ça ça tient bien au corps et c'est assez nutritionnel alors certes c'est peut-être un peu lourd mais c'est le moins lourd que j'ai trouvé et qui tient aussi bien au corps qui est facile à préparer parce qu'il y a trois aspects importants dans la nourriture que tu prends très comme ça, il y a évidemment le poids la valeur nutritionnelle et que ça ne te demande pas trop de combustible pour être préparé parce qu'évidemment tu dois aussi porter soit des petites bouteilles de gaz soit de l'alcool à brûler en fonction du type de réchaud que tu utilises ou alors il y a des gens qui ne mangent pas chaud, qui ne prennent pas de réchaud mais ça c'est une autre catégorie, je ne fais pas partie de ce type de randonneur pas encore en tout cas, mais donc Donc, du coup, le matin, avoine, ça, c'est le top. Le soir, j'aime beaucoup le couscous, moi. Parce que, de nouveau, pareil, c'est assez léger. Ça demande juste un peu d'eau bouillante et je trouve que ça tient bien. Et je le pimpe, on va dire, avec des tas de choses dedans. Donc, je rajoute des légumes déshydratés que je trouve ici, parfois, dans les super marché ou en magasin spécialisé. Le top du top, si tu as la possibilité, évidemment, c'est d'avoir chez soi un déshydrateur et de faire ça soi-même. Mais sinon, il y a généralement moyen de trouver des légumes déshydratés ou quelque chose dans le genre. Les épices aussi, ça te change un repas. D'avoir un peu de curry, un peu d'ail, je ne sais pas, en fonction de ce que tu aimes, un mélange d'herbes de Provence ou je ne sais pas... ça te change un repas aussi parce que j'ai remarqué que moi je fais partie des personnes qui ont besoin de variété dans leur repas donc je peux pas manger tous les jours la même chose et en même temps je ne peux pas non plus porter 45 types de nourriture différentes donc le secret dans ces cas là c'est les épices tu changes les épices t'as l'impression d'avoir un nouveau repas et donc oui je rajoute aussi par exemple des cacahuètes ou des raisins secs ou des lentilles pour les protéines c'est pas mal donc les lentilles c'est celle qui nécessite le moins de cuisson et ma petite astuce dans ces cas là en fait c'est que je mets les lentilles dans l'eau froide je fais bouillir l'eau puis je laisse bouillir peut-être pendant 30 secondes une minute je sais pas puis je coupe mon gaz et je laisse simplement les lentilles gonflées dans l'eau bouillante et j'attends 10 minutes et puis elles sont cuites ça permet d'économiser ton combustible mais de quand même avoir quelque chose qui a un bon apport nutritionnel donc ça c'est pour le soir je dis Je dirais en général couscous lentilles que j'agrémente de différentes épices et d'autres petites choses pour le plaisir. Et alors, à midi, le déjeuner, c'est un peu le repas où c'est le plus compliqué. Ici, en Nouvelle-Zélande, j'ai surtout mangé ce qu'on appelle des wraps, des espèces de tortillas, là, tu sais, dans lesquelles je mets principalement soit du beurre de cacahuète avec, en fait, des flocons de noix de coco ou quoi un truc qui tient bien au corps aussi parfois quand les sections sont pas trop longues pour les premiers jours j'en porte j'en porte du frais genre des poivrons de l'avocat du houmous enfin ce genre de choses pour faire un truc un peu sympa mais évidemment ça ça ne marche que pour les premiers jours et quand tu dois pas porter 10 jours de bouffe parce que voilà mais donc ouais le beurre de cacahuète dans le c'est pas mal et puis grignoter des noix et des fruits secs le long de la journée c'est ce qui marche le mieux pour moi après je suis toujours encore en train d'essayer des nouvelles choses et donc voilà parfois t'essayes, ça marche, ça marche pas et au fur et à mesure des années t'apprends à te connaître aussi ce dont t'as besoin en termes de quantité, de calories de type de nourriture mais je dirais que ça c'est un peu ma base. Et surtout, le chocolat pour le soir, très

SPEAKER_00

important. Ah, merci. Cool. Bon, maintenant que tu l'as mentionné, comme ça, j'ai une bonne excuse pour l'ajouter dans ma liste pour

SPEAKER_01

mes prochains trips. Non, mais c'est indispensable. Je ne comprends pas les gens qui ne randonnent pas avec du chocolat et qui ne viennent pas me dire mais ça fond, etc. Non, non, il y a toujours moyen. C'est indispensable. En tant que bonne belge, je suis obligée de manger du chocolat de toute

SPEAKER_00

façon. Génial. Bon, super. C'est sur la liste. Non, mais c'est tout bête, mais tu vois... J'ai un peu l'impression qu'il y a deux catégories de sportifs. En tout cas, il y a ceux pour qui l'alimentation, c'est fonctionnel. Et puis, il y a ceux qui l'utilisent aussi comme petit moment de plaisir. Et pour en avoir fait l'expérience, tu t'expliquais que toi, tu as du mal à manger tout le temps les mêmes plats. Moi, quand je suis parti au Népal, je m'étais dit que je n'allais pas manger de viande parce que l'endroit où j'étais, ça ne fait aucun sens. Les gens sur place n'en mangent pas. Il y a d'un point de vue religieux… Il y a des complications qui font que la viande est transportée et abattue à des centaines de kilomètres, transportée sans chaîne du froid. Donc, j'ai mangé pendant trois semaines ce qu'on appelle des dalbates. C'est-à-dire, ce qui est relativement varié. Donc, j'avais de la chance. C'est une grosse soupe de lentilles, un peu de riz, ce genre de choses. Mais c'est vrai qu'au bout de trois semaines, j'avais un peu eu ma dose de dalbates. C'est pour ça que je te demandais, parce que sur 3000 kilomètres, on n'a pas parlé de la... de combien de temps ça a représenté pour toi en termes de marche, mais j'imagine que varier la nourriture, ça a aussi un impact sur à quel point est-ce que tu profites de l'expérience générale de la marche au long cours.

SPEAKER_01

Tout à fait. Je pense que c'est très individuel, mais pour moi, c'est hyper important. Comme tu disais, la nourriture, ce n'est pas seulement fonctionnel, mais ça doit aussi être un plaisir, ça doit être réconfortant quand on a besoin. C'est sûr qu'après une longue journée de marche, si en plus il fait froid, il pleut, etc., oui j'ai besoin d'un truc bon qui me réconforte et c'est pas seulement pour reprendre de l'énergie enfin si c'est reprendre de l'énergie mais dans tous les sens du terme et donc effectivement alors là je t'ai donné ma base mais j'ai évolué j'ai changé aussi justement au fur et à mesure des 3000 km j'ai testé plein de trucs je suis passée du couscous aux nouilles chinoises, aux pâtes, aux riz le matin je suis passée de l'avoine, il y a un moment j'achetais du pain parce que j'en pouvais plus de l'avoine et donc c'était lourd mais j'avais besoin de changer j'ai un peu passé j'ai testé plein de choses et je me suis rendu compte qu'effectivement j'avais besoin de varier principalement aussi en fait on en revient un peu à la logistique mais sur l'île sud de la Nouvelle-Zélande pour le TRRY il y a des endroits qui sont très isolés et où on te conseille d'envoyer à l'avance tes colis de ravi parce que c'est difficile de se ravitailler là-bas ou alors c'est très cher ou il y a très peu de choix et donc tu dois préparer un ou deux mois à l'avance ces colis alors déjà c'est compliqué parce que tu dois faire tes courses et acheter 30 jours de nourriture alors je pense que les gens qui étaient derrière moi dans la queue du supermarché se demandaient pourquoi j'ai acheté 10 pots de beurre de cacahuète et 50 barres de céréales mais soit et tu dois prévoir tous tes repas à l'avance, comme ça. Et donc, ça faisait déjà deux mois que je marchais, deux mois et demi que je marchais quand j'ai dû faire ces colis. Et donc, je me suis simplement dit« Oui, bon, je vais prévoir ce que je mange maintenant et je vais le prévoir pour quatre semaines dans quatre colis différents et ça ira très bien.» Sauf que lors du dernier colis, en fait, j'en avais marre de manger toujours la même chose. Il n'y avait plus de surprises. En plus, je savais ce que j'allais découvrir là-dedans. Enfin, c'était horrible. Et donc, quand je suis repartie le mois dernier... euh... Je me suis dit, dans les colis que j'envoie à l'avance, il faut qu'il y ait de la variété, pas seulement pour les différents repas, mais aussi pour les différents colis, pour que j'ai l'impression d'encore découvrir quelque chose, de presque faire ma course au moment où j'ouvre le colis et de toujours prévoir quelque chose qui sorte un peu de l'ordinaire pour justement avoir cette variété et un peu cet aspect de surprise et de réconfort. Et donc oui, effectivement, il y a des gens pour qui c'est moins important. Sur les randonnées longues distances, tu commences à croiser pas mal de ce qu'on appelle les ultralight hikers, qui sont ces randonneurs qui sont vraiment à la recherche d'avoir le plus petit sac possible, d'avoir un poids de base du sac à dos qui est très faible, et donc qui sont à la chasse de chaque gramme qui n'est pas indispensable, et donc tu rencontres comme ça des randonneurs qui randonnent sans réchaud, qui mangent froid tout le temps, en faisant tremper par exemple leur couscous ou leur avoine pendant la nuit, Alors, je suis très admirative de ces personnes-là. D'une part, c'est génial, ils ont des sacs beaucoup plus légers, donc évidemment, c'est moins dur pour le corps, ça leur permet de faire de plus longues journées, d'aller plus vite, etc. Mais moi, à la fin de la journée, j'ai besoin d'un truc réconfortant, un repas chaud, le matin, j'ai besoin d'un café, surtout quand il fait froid, que tu n'as pas envie de te lever. Voilà, un truc réconfortant et je trouve que pour le moral, c'est important. Donc, je pense que je ne pourrais pas ne pas avoir cet aspect là dans mes randonnées mais ne jamais dire jamais peut-être qu'un jour je reviendrai

SPEAKER_00

à ça super alors écoute merci beaucoup pour ces précisions sur la nourriture en tout cas moi j'ai quelques pistes maintenant que je vais pouvoir explorer pour la suite de mes tripes donc c'est super d'avoir ton retour d'expérience de façon plus générale je regarde l'heure parce que je sais que tu vas devoir aller travailler à un moment donné peut-être pour finir là-dessus qu'est-ce que toi tu retires de ton expérience sur le terrain roi en particulier et peut-être l'itinérance en général que tu aurais envie de partager avec celles et ceux qui nous écoutent qui seraient ou pas déjà des marcheurs

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors déjà je pense qu'il y a beaucoup de gens quand je les rencontre et qu'on en vient à parler de ça qui me disent« waouh, moi je pourrais jamais faire ça» etc. Je pense que la marche a ce côté génial que c'est accessible à tous et Et qu'en fait, il suffit de commencer à marcher, de mettre un pas devant l'autre et ça ira. Je dis souvent que ce n'est pas une question de si on va y arriver, c'est plutôt quand on va y arriver. Parce que je pense que c'est juste une question de se connaître et savoir être humble avec son corps et avec soi-même et commencer doucement par des petites étapes, des petites journées, des petites randos. Et qu'au final, petit à petit, on va pouvoir aller plus loin, aller plus vite, aller plus haut et faire des choses plus difficiles mais qu'à la base c'est vraiment accessible à tous et il y a ce côté le corps est incroyable le corps s'adapte tu commences à marcher, tu as des courbatures de fou tu passes une nuit et déjà ça va mieux c'est fou, la machine se répare elle-même très simplement donc il y a clairement le fait que tu peux y arriver et simplement au fur et à mesure tu vas pouvoir faire plus et il y a il y a vraiment aussi, c'est le thème du podcast, mais la résilience, s'adapter aux circonstances, s'adapter à soi et aux autres, c'est quelque chose qui fait partie intégrante de ce type de périple. Je l'ai remarqué dernièrement, on n'en a pas parlé, mais après le TRROA, j'ai eu l'idée de repartir marcher ici en Nouvelle-Zélande, et le mois dernier, je j'étais dans cette traversée que j'avais cette fois-ci dont j'avais construit l'itinéraire moi-même et donc qui était une expérience très différente parce que beaucoup plus solitaire et j'ai fait face parfois à des choses un petit peu complexes où il a bien fallu que je m'adapte et c'est là que j'ai pris conscience qu'on avait beaucoup plus de ressources que ce qu'on pouvait imaginer en nous sans le savoir et que quand on était face à l'adversité et au fait de ne pas avoir d'autre choix que de trouver une solution, on en trouvait toujours une. Et ça, c'est une leçon assez incroyable que j'essaye de garder dans ma vie de tous les jours. Et je ne sais pas pourquoi, c'est plus difficile. C'est-à-dire que quand on est face à une difficulté, on a tendance à se dire« Ah non, mais ce n'est pas possible, je n'y arriverai jamais.» Et si je fais le parallèle avec mes randonnées, en fait, il y a des tas de fois que ce soit pour gravir un sommet, pour traverser une rivière, justement, ou simplement parce que j'étais crevée, j'en pouvais plus, ou que je faisais face à une situation un petit peu difficile, j'ai toujours trouvé les moyens de m'en sortir, d'y arriver, d'aller au-delà de la fatigue, d'aller au-delà de la peur, d'aller chercher en moi les ressources nécessaires pour venir à bout de ces difficultés. Et donc, en fait, il faut se faire confiance et il faut qu'on... Enfin, c'est même pas accepter, mais se rendre compte que on a en nous la capacité de vaincre tout ça, de surmonter ces obstacles. Et c'est quelque chose qui me semble assez évident quand je randonne, mais qui devrait l'être tout autant dans la vie quotidienne. Et je pense que ça, c'est une belle leçon de ces périples où justement, on est capable de tellement de choses, mais on se met des barrières, on part du principe que ça ne va pas marcher, alors qu'en fait, on a toutes les cartes en main pour que ça

SPEAKER_00

réussisse. C'est un super message. J'adore ça, cette notion du fait qu'on a tous en nous cette capacité à surmonter tout un tas d'obstacles, mais qu'on ne réalise pas forcément. C'est un très beau message. Merci beaucoup, Béatrice. J'aurais adoré qu'on puisse s'échanger encore plus longtemps, mais il faut bien que tu ailles travailler un peu pour mettre des sous de côté pour tes prochains trips. mais en tout cas un très très très grand merci c'était juste génial moi tu m'as fait rêver voyager en Nouvelle-Zélande je repars avec pas mal de tips notamment sur l'alimentation donc c'est super chouette et puis on a aussi parlé tu vois de notion de dépassement de résilience d'apprendre à se connaître de reprendre le temps et je trouve qu'en ce moment en tout cas encore une fois pour moi ça fait vraiment du bien ça fait du bien à entendre c'est super énergisant donc je te remercie une nouvelle fois je te souhaite une excellente journée tout le meilleur pour la suite de tes trips je mettrai je mettrai en description ton compte Instagram c'est le mieux pour pour celles et ceux qui voudraient te

SPEAKER_01

suivre tout à fait alors il n'est pas totalement à jour pour le moment mais oui ok c'est là où je poste le plus régulièrement et où on peut avoir de mes

SPEAKER_00

nouvelles donc c'est parfait super bah écoute je mettrai ça j'en profite au passage pour dire un grand merci et un petit coucou à Jean-Lin qui nous a très gentiment mis en relation donc Merci Jean-Lin, c'est grâce à toi tout ça. Et écoute Béatrice, je te souhaite tout le meilleur pour la

SPEAKER_01

suite. Merci beaucoup Loïc, c'était un plaisir d'échanger avec toi et je me réjouis d'entendre les nouveaux épisodes des Frappés et je te souhaite bonne continuation dans tous tes

SPEAKER_00

projets. Merci Béatrice, salut.

UNKNOWN

Salut.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pros ou persos. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'à Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

UNKNOWN

Ciao!