Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Des expéditions polaires pour faire changer les regards sur l'état de notre planète avec Vincent Colliard
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Vincent Colliard est un explorateur polaire français qui a grandi au Pays Basque, bercé par le chant de l’océan 🌊 et l'appel de la montagne ⛰
À 18 ans, il se lance dans sa 1ère expédition en solo au Svalbard 🇳🇴 qu’il choisit pour sa (relative) facilité d’accès. C'est le début de 15 ans d'aventures exceptionnelles qui l’amèneront aux quatre coins du globe, à pied, à ski, en kayak ou en VTT. En 2014, Vincent parvient à vivre de sa passion et poursuit son chemin en créant des expéditions toutes plus ambitieuses les unes que les autres.
Récemment, c’est avec sa partenaire Caroline Côté (que j’avais eu le plaisir d’accueillir sur Les Frappés en décembre 2020), qu’il a décidé de tenter une première : réaliser une traversée hivernale Nord-Sud du Spitsberg, en autonomie totale et sans assistance ! Au programme, plus de 1 000 kilomètres à ski, dans la nuit polaire quasi permanente et pendant 63 jours. Avec des traîneaux pesant plus de 180 kilos, la présence d’ours polaires, des températures allant de 0°C à -40°C 🥶 et un vent dépassant les 100 km/h 💨 les conditions de ce défi étaient clairement extrêmes !
Vincent nous partage des anecdotes surprenantes sur cette aventure et revient avec pragmatisme et humilité sur les leçons qu'il a tiré de cette expérience complètement hors norme. Préparez-vous à un échange haletant sur la résilience, le dépassement et la détermination d'un homme au parcours exceptionnel. Un immense merci à Vincent pour son temps !
🔎 Vincent a créé, avec son mentor et ami Børge Ousland, le projet Ice Legacy. Leur objectif est de traverser les 20 plus grands glaciers du monde, sur une période de plus de 10 ans 😳 🤯
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #10 - Caroline Côté - Cinéaste d'aventure, réalisatrice, aventurière professionnelle
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Pour moi, l'approche la plus importante pour préparer une expédition dans l'hiver arctique, c'est d'aller batailler en profondeur dans les détails. Rien ne peut être laissé au hasard parce qu'il y a finalement tellement peu de marge de manœuvre. On a eu des conditions météo dures, très dures. La température, ça va être moins 25 et puis il va y avoir du vent 30 mètres par seconde.
SPEAKER_01Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés
UNKNOWN!
SPEAKER_01Eh bien, écoute, c'est parti alors. Salut Vincent, bienvenue sur le podcast.
SPEAKER_00Salut Loïc, merci pour
SPEAKER_01l'invitation. Eh bien, avec grand, grand plaisir. Je suis impatient que tu nous parles de tes aventures et que tu partages avec nous ton parcours exceptionnel. Je suis très content que Caro nous ait mis en relation. Donc d'ailleurs, un grand merci à Caro pour ça, après votre aventure en commun récente dont tu vas nous parler. Mais écoute, je n'en dis pas plus et je te laisse nous expliquer qui tu es, ce que tu
SPEAKER_00fais. Ok. alors moi je suis explorateur polaire métier qui semble un peu étrange mais depuis que je suis petit je rêve de vivre dans les je rêve de grands espaces et Et de grande nature, j'ai eu la chance de grandir ici au Pays Basque entre les montagnes des Pyrénées et l'océan Atlantique. Donc tout jeune, j'ai été bercé un peu par ces deux éléments qui ont un petit peu construit le fil de ma vie perso et pro. Et... Pour faire court, j'ai lu des livres d'aventuriers quand j'étais adolescent. À cette époque, je faisais un petit peu d'alpinisme, puis je passais pas mal de temps dans l'eau, et je lisais des récits de gens qui partaient dans les régions polaires. Et comme il n'y a pas de banquise ici à Biarritz, c'est peut-être parce qu'il n'y avait pas de banquise que je me suis dit, j'ai eu cette attirance. Je devais avoir 17 ans. Et de là, je suis parti au Spitsberg, au Svalbard donc un archipel d'îles au nord de la Norvège c'était en fait la seule destination qui était accessible pour aller dans l'Arctique dans les hautes latitudes le Svalbard c'est un peu la seule destination qui est accessible au niveau prix et puis il y a quand même des infrastructures, il y a des vols commerciaux assez régulièrement ça appartient à la Norvège et c'était la porte d'entrée, ça a été l'étrier qui m'a un peu qui m'a plombé dans la nuit polaire parce que j'y allais en plein mois de janvier et j'ai le souvenir de fêter mon anniversaire là-bas dans la tente j'avais demandé à la fille de l'hôtel parce que j'étais à la base dans un hôtel j'avais trop peur des ours et puis je lui avais dit est-ce qu'il y a moyen que je mette ma tente juste devant l'hôtel parce que je ne sais pas tirer encore au flingue je n'ai pas d'expérience je n'ai pas grande expérience en plus moi je suis né à 86 donc il n'y avait plus le service militaire non plus en France donc je partais vraiment de zéro surtout quand il s'agit de faire du trek dans un pays où il y a des ours et je me souviens la fille a dit ouais ouais pas de problème mets ta tente et de là j'ai commencé à rencontrer des gens qui étaient curieux ils disaient mais pourquoi il y a un frenchie là qui plante sa tente juste devant l'hôtel puis j'ai eu des connexions comme ça et c'est de là que c'est parti et le virus le virus depuis ne m'a jamais
SPEAKER_01quitté waouh mais du coup à quel âge est-ce que tu t'es lancé sur ce chemin
SPEAKER_00alors j'ai commencé à faire mes premières expéditions perso quand j'avais 18 ans juste après le bac et puis il y avait cette notion en fait moi c'était la notion du dépassement de soi le challenge c'était quelque chose que j'avais ici je me souviens à la fin des cours j'aimais beaucoup aller en montagne ou sur les collines du Pays Basque j'aimais bien gravir des sommets j'avais cet appel que ce soit mer ou montagne d'aller me challenger un peu dans les vagues ou un peu en alpinisme avec une corde, des crampons sur une arête et Mais le seul truc, c'est que l'aventure, de manière générale, elle se terminait à chaque fin de journée. Et c'est là que j'ai commencé à me poser la question. Et si je rentrais pas à la maison, en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et si je prenais mes bagages et puis que je partais plusieurs jours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et c'est de là que, petit à petit, les expéditions ont commencé. Voilà. Jusqu'à aujourd'hui, être en train de faire la traversée des 20 plus grandes calottes glaciaires de la planète... avec un copain norvégien, mais qui était un mentor et un héros quand j'étais adolescent, le Norvégien Borgi Usland. C'est avec lui qu'on a le projet Ice Legacy de traverser les 20 plus grands glaciers de la planète.
SPEAKER_01Excellent. Si je ne me trompe pas, qui a été le partenaire d'expédition de MyCorn pour une de ses aventures au pôle Nord en plein hiver. Pour la première fois qu'on a atteint le pôle Nord en hiver, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, exact. C'est l'idée de Borghé à la base. Et puis Borghé, en fait, Mike, pour la petite histoire, Mike a demandé des conseils à Borghé quand Mike, il a essayé de rejoindre le Pôle Nord en solitaire sans assistance. Et c'est là qu'il a perdu une de ses phalanges. Oui. Et donc, l'expédition n'est pas allée jusqu'au bout. Il est rentré. Et puis après cette expédition, il prévoyait de faire le tour du monde en suivant la ligne du cercle arctique, la fameuse expédition Arctos. Oui. Et il avait fait appel à Borghé pour des conseils, retour d'expérience et pour du matériel. Et de là, eux sont restés. Une fois qu'il a fini son tour, qui était incroyable, Borgé lui a proposé ce que c'était game de tenter la première hivernale sur l'océan Arctique en plein hiver. C'est complètement fou.
SPEAKER_01complètement fou incroyable c'est vraiment fascinant cet univers de l'exploration polaire parce que en tout cas l'image qu'on en a vu de l'extérieur c'est qu'il y a quand même très peu de personnes qui arrivent à en faire leur activité principale et toi si j'ai bien compris c'est le cas donc peut-être que tu pourrais d'ailleurs nous expliquer un petit peu comment ça s'est mis en place et au quotidien ce que ça veut dire qu'est-ce qu'il y a derrière ce terme de métier d'explorateur polaire mais j'ai aussi l'impression que c'est une communauté assez réduite que vous connaissez tous et qu'il y a au final assez peu d'acteurs qui sont à un niveau capable d'entreprendre des expéditions comme celle du Svalbard que tu as fait ou celle de Borghi et de
SPEAKER_00Mike. Oui, l'exploration polaire, c'est finalement une grande... C'est une grande famille, bien que la communauté soit toute petite, mais c'est vrai que c'est une grande famille. Pour arriver à vivre l'exploration polaire aujourd'hui, c'est vrai qu'il faut clairement avoir un état d'esprit un peu entrepreneur. Il faut vraiment qu'il y ait le cœur. Ce n'est pas une question d'heures. Il faut y mettre beaucoup d'heures. Il faut que la flamme soit là. Je crois que ce n'est pas quelque chose qui se force. Aller se challenger sur l'océan Arctique, l'environnement est quand même rude. Je crois que quand on est passionné et qu'on a ce virus-là, on a des chances de après les années d'arriver à en vivre. Moi, j'ai commencé à en vivre en 2014. Et avant ça, j'étais, on va dire, il n'y a pas de fédération, mais j'étais amateur. Donc, j'ai travaillé un petit peu, comme toi Loïc, j'ai fait une école de commerce en France, un peu à distance, une subdeco à Pau.
SPEAKER_01Je
SPEAKER_00me souviens, c'était la seule école... On avait fait un tour de France sur différentes écoles avec ma mère et je me souviens, je ne voulais pas aller dans les autres endroits. Je m'étais dit non, c'est seulement Pau parce que Pau a une position géographique. Je m'étais dit, les cours de marketing, que ce soit à Chambéry, que ce soit à Toulouse ou que ce soit à Pau... En fait, c'est vrai qu'il y a une pyramide, il y a un classement en France. On aime bien classer les écoles de commerce, mais en fait, au final... Pour moi, ce qui était important, c'était d'avoir la position géographique optimale. Pau, c'était proche des montagnes, proche de l'océan. C'était la bonne combinaison. Et puis ensuite, j'ai pu faire tout un programme un petit peu à distance. J'ai rejoint Borghé pour faire une expédition. Le premier tour du pôle Nord à la voile, en une seule saison, en passant à travers le passage du Nord-Est, qui relie, on va dire, l'Atlantique Nord... jusqu'au détroit de Béring mais en passant par l'est puis ensuite continuer à faire le tour en revenant par le passage du nord-ouest donc du Pacifique à l'Atlantique en passant par le nord du continent américain et je me souviens que j'ai fait cette expédition alors que je devais être à l'école mais j'ai envoyé des dossiers donc il y a eu un bon échange aussi avec l'école à ce niveau là j'ai eu des profs là qui ont été vraiment cool et ils s'étaient clairement rendu compte que moi ça allait être ma vie et donc c'était une opportunité incroyable et depuis c'est suite à ça que C'est suite à la rencontre avec Borghé, à cette expédition, qu'on a commencé à partir en expédition ensemble. Mais j'ai continué, j'ai travaillé après un petit peu, j'ai travaillé un peu en Alaska, sur des bateaux de pêche, également en Norvège, pour pêcher la morue en hiver. Je m'étais dit, OK, il faut que je trouve un métier temporaire qui me laisse suffisamment de temps pour construire mes propres expés à côté, mais que ça soit court, intense, je puisse gagner suffisamment d'argent et également je gagne en expérience parce que c'est vrai que la pêche à la morue au mois de février au Cap Nord à côté du Cap Nord en Norvège en fait c'est parfait tous les ingrédients sont là c'est mouillé il fait froid le bateau il glace il y a la gestion de l'humidité c'est là que j'ai commencé à comprendre pourquoi c'était important de porter de la laine et pourquoi les pêcheurs les pêcheurs d'Islande les pêcheurs norvégiens les pêcheurs d'Alaska portent tous de la laine donc ça contribuait en fait au final c'était un peu dans la continuité des explorations que j'ai fait par la suite
SPEAKER_01c'est super intéressant de voir comment t'as articulé tout ça et t'es allé chercher ces expériences comme tu dis qui d'un premier abord on voit pas forcément la connexion mais Mais oui, maintenant que tu l'expliques, j'imagine que te confronter aux conditions du Cap Nord en février ou janvier, ça a dû être intéressant. Et alors, la laine, par curiosité, c'est quoi exactement qui fait qu'il y a un intérêt à porter de la laine quand c'est huide
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, aujourd'hui, dans les expéditions polaires, la première peau qu'on porte, que ce soit en haut ou en bas… et même les chaussettes, tout est en laine. Et même les mitaines, les mitaines feutrées. Beaucoup de l'équipement qui est en contact avec la peau, c'est de la laine. La laine, c'est finalement... C'est une... une fibre extraordinaire, naturelle, qui va tolérer très bien les variations de température et qui va se comporter vraiment bien quand tu tombes dans l'eau, par exemple, ou que tu transpires, la laine va rester chaude. Je me souviens, les pêcheurs disaient, si tu tombes à l'eau, si tu as un gros pull en laine, c'est la meilleure fibre pour te garder au chaud. C'est que même mouillé, même trempé, la laine, elle va te garder au chaud. à l'inverse du synthétique et à l'inverse par opposition parfaite au coton en fait si on se met à courir dehors avec un petit t-shirt de coton puis qu'on a le bas du dos qui commence à être trempé c'est pas le même feeling mais là sur des températures quand on est en expé sur l'océan arctique et qu'il y a des températures de moins 40 la marge d'erreur là elle est très très faible c'est vrai que tout à l'heure j'allais courir à la côte des basques que je cours en coton ou que je cours en laine il n'y a pas une grande différence. Mais dès qu'on va chercher un peu les extrêmes, avec le climat, c'est là qu'on se rend compte que porter de la laine, c'est extrêmement important. Et donc, je voyais tous ces gens qui étaient sur les bateaux de pêche, et puis leur première peau en bas, en haut... les gants, plus un gros pull, tout
SPEAKER_01était fait de laine. Et par-dessus, ils mettaient le cahouet de pêche. Ok. C'est super intéressant. Je n'aurais pas cru que tu vois dans l'univers de la pêche, il y avait ce système des couches aussi, avec la première couche qui tient au chaud et qui évacue l'humidité. C'est super intéressant. Et le fait que ce soit du mérino ou pas, ça a un intérêt, ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est vrai qu'on entend beaucoup dans l'univers du trekking la laine spécifiquement de mérino.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00Si je ne me trompe pas, le mérino, c'est de la Nouvelle-Zélande. C'est un mouton qui vient de la Nouvelle-Zélande. Et c'est vrai que quand on pense... En fait, moi, je pense que toutes les laines, tous les moutons qui sont dans un environnement où c'est humide et où il pleut beaucoup... vont développer, je pense, naturellement, une laine qui va être excellente pour les sports de plein air.
SPEAKER_01Ce qui ferait sens.
SPEAKER_00Non, mais en fait, c'est vrai que souvent, il y a les réponses, on les a
SPEAKER_01dans la nature. Oui, génial. Et alors, peut-être avant qu'on rentre dans le détail, puisque tu parlais d'extrême, et là, clairement, récemment, tu as fait quelque chose qui coche un certain nombre de cases en termes d'extrême. Tu dirais qu'il t'a fallu, et j'imagine que ce n'est pas forcément un processus fini, mais il t'a fallu combien de temps avant d'engranger suffisamment de connaissances, comme par exemple ce détail avec l'haleine, pour te sentir à l'aise dans des environnements aussi isolés, hostiles, extrêmes que ceux où tu évolues en expédition
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je crois qu'il m'a fallu 15 ans pour vraiment me sentir bien. Aujourd'hui, je crois que la dernière expédition qu'on a fait avec Caroline, là où on a fait la première traversée hivernale du Spitsberg, puis en partant de la ville de Longue-Urbine, donc sans assistance de motoneige ni de dépôt préorganisé avant le départ, j'ai réalisé que c'était la... Ça a été là un petit peu. J'ai 35 ans aujourd'hui. Il m'a fallu bien 15 ans pour arriver à me sentir vraiment confortable. Quand il y a une grosse dépression sur la carte et que ça tourne gris, marron, noir, puis qu'il y a des changements de température. Un matin, on a eu moins 38 et je pense qu'on avait passé la barre des moins 40 pendant la nuit. Deux jours après, il on avait des gouttes d'eau à l'intérieur de la tente tout commençait à se humidifier à être trempé parce qu'il faisait zéro quasiment 40 degrés d'écart en deux jours et moi j'avais jamais connu ça auparavant pendant toutes les expés que j'ai fait auparavant donc l'hiver arctique pour être prêt pour faire quelque chose je crois dans l'hiver arctique moi je dirais que c'est ça ça m'a pris
SPEAKER_0115 ans
SPEAKER_00punaise ok bon tu vois Loïc pour apprécier en fait pour se dire c'est cool de me sentir bien dans un environnement où on n'est pas censé être où on n'est pas censé vivre mais d'en profiter en fait c'était ça qui était parce que bien sûr que c'est vrai que tu peux un kamikaze il peut aller se jeter sur l'océan arctique soit tu vas au carton soit tu vas à l'extrême souffrance et moi l'extrême souffrance non ça me j'avais plutôt envie de je suis pas du tout malheureux dans ma vie et puis je suis très heureux et bien dans mes pompes alors j'avais envie d'en profiter et j'ai envie de profiter de l'expérience donc c'est vrai que ça demande quand même pas mal de préparation mentale et puis matérielle quand on arrive à être confortable par moins 40
SPEAKER_01c'est cool c'est clair c'est vraiment intéressant parce que tu vois je trouve que ça et j'aime bien poser cette question généralement aux invités comme toi qui ont fait des choses clairement hors normes parce que je trouve que ça permet justement de voir ce qu'il y a derrière le rideau tu vois c'est à dire qu'on pourrait se dire bon Vincent et Caro viennent de faire une première hivernale c'est juste fou quand je regardais vos stories vos lives je me dis bon ouais c'est difficile de se rendre compte tu vois tout ce qu'il y a eu avant le cheminement pour en arriver à comme tu dis gérer des écarts de température de 40 degrés croiser des ours et savoir comment réagir parce que je crois que ça vous est arrivé plusieurs fois bon tu vas nous dire j'arrête de faire du teasing mais je trouve que c'est vraiment intéressant tu vois de t'entendre dire que ça a été un cheminement que tu as mis en place tu as eu des tu t'es créé des milestones, des expériences qui, mis bout à bout, t'ont permis, te permettent aujourd'hui de dire, ben voilà, 15 ans plus tard, je suis confortable sur l'océan Arctique par moins 40. Et
SPEAKER_00tu vois, et puis, ceci dit, nous, avec Caro, on n'a pas été, on a été seulement, ben, une dizaine de kilomètres sur de la banquise. On a été sur de la glace de Fjord, mais qui ne bougeait pas. Et puis ensuite, on a été un tout petit peu sur de la banquise d'océan. Mais aujourd'hui, moi, je ne suis pas confortable sur de la banquise d'océan. Donc, de la banquise qui bouge vraiment beaucoup. Et ça, en hiver, je ne suis pas encore
SPEAKER_01là.
SPEAKER_00Tu vois, Loïc
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui. Pour le Svalbard, on était, mine de rien, on était sur un glacier. Donc, moi, avec toutes les expériences de glacier, avec Borgé, le projet Ice Legacy, de traverser les 20 plus grands glaciers de la planète... Là, j'ai pu accumuler de l'expérience à ses côtés, mais sinon, toujours sur l'océan Arctique, c'est tellement un endroit brutal où tu peux partir à la dérive et te retrouver sur de la glace fine, où ta glace est entourée d'eau. Moi, j'ai un de mes amis qui a failli perdre la vie, un très très bon pourtant, Thomas Ulrich, et puis il est parti la même année que Mike et Borgé faisaient la première hivernale de la rue jusqu'au pôle Nord de nuit. Lui, il partait un tout petit peu plus tard en solo. Et il est parti du Cap Articheski, qui est une toute petite île un tout petit cap avec juste devant après t'as finalement que la banquise du pôle nord et il est parti là il y a une dépression qui est arrivée il avait pas trop le choix parce que l'hélico s'est posé et puis là c'est 3500 ou 4000 euros l'hélico par jour d'attente donc il a dit ok c'est bon je m'engage il y a une dépression qui est arrivée quand il était encore sur la bordure un peu de l'océan arctique donc la bordure entre la bonne glace et puis l'océan qui est pour moi la pire zone de la terre Et la banquise a été extrêmement fine. Et donc, il est parti à la dérive avec sa tente. Et puis, l'eau a commencé à rentrer dans la tente. Les sacs de couchage ont pris l'eau. Là, on parle de l'eau salée. Donc, assécher là, c'est plus possible. Et là, tu peux partir dans le grand bleu, en fait, à la dérive. Donc, là, tu vois, il faut encore avoir un set de skills qui soit… Encore plus haut pour aller en hiver sur l'océan
SPEAKER_01Arctique. Écoute, en tout cas, moi, je serais curieux de savoir si tu pouvais nous expliquer ce que vous avez réalisé avec Caro. Alors, Caro, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas Caroline Côté, on l'a eu sur le podcast. Alors, je ne me rappelle plus du numéro, mais c'est aussi une exploratrice. Elle est québécoise. C'est une exploratrice professionnelle et traileuse, ultra traileuse. Enfin, voilà, quelqu'un qui est plutôt engagé dans tout ce qui touche aux activités outdoor et qui est aussi, je crois, photographe d'expédition. C'est un petit peu son rôle quand elle embarque sur des expéditions plus importantes. Et donc récemment, vous avez fait quelque chose ensemble d'assez fou, une première hivernale. Donc, est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer comment le projet, on va peut-être commencer par le début, comment le projet s'est créé, s'est organisé et combien de temps à l'avance
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est ça que je trouverais
SPEAKER_00intéressant. On a commencé à parler du Svalbard depuis Je pense, si mes souvenirs... Bien un an avant le départ. OK.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00À la base du projet, on voulait partir en Patagonie. OK. Le corona a malmené la vie, nous a malmenés. Alors, on a essayé de penser à d'autres projets. Donc, on a mis la Patagonie de côté et on a réfléchi à faire, essayer de faire un projet original qui n'avait pas été fait auparavant. Beaucoup de choses avaient été faites dans le passé au Svalbard. Donc, moi, je savais qu'il restait, je m'étais renseigné avec Borges puis avec tous les copains norvégiens qui sont bien au courant, est-ce que quelqu'un a fait la première traversée hivernale en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que c'est une expédition qui se fait pas mal, mais les gens, généralement, la majeure partie des expéditions partent de Longyearbyen. Longyearbyen, c'est la capitale de l'île principale de l'archipel du Svalbard. Longyearbyen, c'est au milieu de l'île Et donc, les gens se font amener souvent en motoneige jusqu'à la pointe nord. Et la pointe nord, c'est le départ de l'expédition pour filer ensuite au sud. Et ensuite, dans le sud, ils se font récupérer en motoneige et ils rentrent jusqu'à Longue Urbine. Donc, soit ça, soit il y a des expéditions qui organisent des dépôts à l'avance. donc pareil là il y a l'intervention de motoneige ou de chien de traîneau pour aller placer les dépôts et nous on s'est dit mais en fait on s'est engagé dans ce projet mais on ignorait qu'on allait se faire battre de la sorte vraiment donc on est parti moi j'avais quasiment 180 kilos dans mes deux traîneaux et le but c'était de partir de la ville à ski et rentrer en ville sur les skis et ne recevoir aucune aide pendant les 63 jours, on était parti avec 70 jours de nourriture et il a fallu que deux longues urbines on parte pour rejoindre la pointe nord et finalement la pointe nord c'était notre point de départ donc il a fallu je pense quasiment 3 semaines de ski avec 80% dans le noir dans l'obscurité pour atteindre en fait notre point de départ et c'est là le 22 février qu'on atteignait notre point de départ et c'est là que la course contre l'hiver démarrait puisqu'on voulait arriver coûte que coûte avant le 21 mars dernier jour le 20 mars en fait dernier jour de l'hiver
SPEAKER_01et de la pointe sud vous auriez eu Vous avez eu combien de temps à nouveau pour rejoindre Longerby
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et de la pointe sud, on a mis... On a dû mettre deux semaines, je pense. Ah ouais. En gros, c'était ça. C'était trois semaines pour monter et puis ensuite peut-être un mois, un peu moins d'un mois pour descendre. Non, un mois pour descendre et puis ensuite pour remonter jusqu'à la ville un autre, ouais, peut-être près de deux semaines.
SPEAKER_01Et tout ça dans le noir complet, tu disais, en février, Svalbard
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, donc là, on est à 60, 79, 80 de latitude nord et effectivement le 2 février il y a seulement une lueur avec un peu de jour mais on a les trois premières semaines on a beaucoup skié à la frontale donc là c'était vraiment l'ambiance de se retrouver de monter sur un plateau une grande calotte glaciaire il faisait bien moins il faisait bien moins 30 et là dans l'obscurité avec la frontale en fait ce qui C'est là que ça a été intéressant parce qu'on ne le sait pas, mais ça rejoint un peu ta question de tout à l'heure. Combien de temps il faut pour se préparer pour faire une expédition en hiver dans l'Arctique
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pour la petite histoire, nous, on dormait, on avait nos sacs de couchage, on dormait dans un grand sac poubelle qui faisait la taille d'un sac de couchage pour empêcher toute la condensation de notre corps pendant qu'on dort, que ça aille contaminer le sac de couchage et qu'on se retrouve avec des blocs de glace à l'intérieur du
SPEAKER_02sac
SPEAKER_00mais ça en fait quand on le sait pas et qu'on démarre une expé dans la nuit sans soleil donc aucun moyen de sécher si tu te mets à utiliser ton carburant pour sécher ton sac de couchage t'es tué en fait et puis là tu dois te faire ravitailler et nous la dernière chose qu'on voulait c'était se faire ravitailler parce que pour moi l'essence pure d'une belle aventure c'est quand on se démerde soi-même on se débrouille tout seul et on n'a pas de ravito on n'a pas d'assistance du monde extérieur en fait c'est là pour moi que le mot vraiment aventure il prend tout son sens
SPEAKER_01waouh tu sais tu me fais penser je sais pas si il y a une sorte d'engouement maintenant pour ces aventures complètement en autonomie en solo mais on a eu récemment sur le sur le podcast on a eu Andy et Thierry qui sont partis faire la traversée de l'Islande qui est aussi une traversée assez bien organisée bien documentée mais ils ont eu la même approche que toi c'est à dire qu'ils sont arrivés à l'aéroport ils ont rejoint le point de départ à pied ils ont fait leur traversée et à l'arrivée ils ont rejoint l'aéroport à pied
SPEAKER_02ils se
SPEAKER_01sont tournés à l'aéroport à pied donc exactement et en autonomie totale donc ils avaient eux ils avaient des bon il n'y avait pas de neige en Islande puisqu'ils l'ont fait là il y a quelques semaines avec succès d'ailleurs mais ils avaient des chariots sur deux roues et avec des brancards donc c'est c'est intéressant tu dirais qu'il y en a de plus en plus de ce genre d'approche de l'expédition d'autonomie totale de retour à quelque chose de plus d'assumer sans aide
SPEAKER_00extérieure
SPEAKER_01ben
SPEAKER_00Non, je n'ai pas l'impression. Je pense que c'est mieux médiatisé aujourd'hui.
SPEAKER_01Oui.
SPEAKER_00mais quand on pense aux explorateurs à Nansen, à Mutsen il y a déjà 100 ans 150 ans qui faisaient des expéditions mais complètement farfelues les gars en fait ils partaient de chez eux sans savoir s'ils allaient rentrer à la maison mais en fait ce qui était beau c'est que c'est un peu comme les vikings avec le Valhalla ils acceptent en fait ils acceptent complètement la mort et c'est là que c'est beau parce que finalement ces gens moi je trouve qu'aujourd'hui c'est pour ça, c'est raison de plus en fait pour partir en autonomie complète sans assistance parce que quand on voit ce qu'ont fait les anciens sans Instagram et sans les réseaux sociaux et sans le bullshit quand on voit ce qu'ils ont fait avant ouais ils partaient les gars partaient des fois pour 3 ans puis ils allaient hiverner en Antarctique sans information sans carte c'était des fous furieux quoi
SPEAKER_01et
SPEAKER_00ça aujourd'hui si on veut essayer de marcher un peu humblement dans les traces de ces grands personnages historiques il faut essayer d'envoyer la soudure le plus possible parce qu'ils ont fait des choses
SPEAKER_01tellement folles c'est clair d'un point de vue, tu parlais de l'équipement tu disais que l'équipement est particulièrement important c'était clairement pas la même chose à l'époque vous d'un point de vue logistique qu'est-ce qui a été sans peut-être rentrer dans trop de détails parce qu'avec deux très et 180 kg, j'imagine qu'il y avait du matos derrière toi. Mais à quoi est-ce que tu fais attention quand tu prépares une telle expédition, une première en autonomie totale
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est quoi qui a été déterminant d'un point de vue matériel, préparation, cartographie, navigation
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je crois que de manière générale, pour moi, l'approche la plus importante pour préparer une expédition dans l'hiver arctique, c'est d'aller d'aller vraiment batailler en profondeur dans les détails. Mais des détails qui sont... Rien ne peut être laissé au hasard parce qu'il y a finalement tellement peu de marge de manœuvre. Tout doit être pensé pour être réparé. Tout peut casser. Il faut avoir absolument tout pour pouvoir le réparer, que ce soit la petite vis pour les fixations des skis, la colle qui va bien. Les fils électriques par moins 40, ils pètent. Il faut avoir des fils électriques qui soient suffisamment souples. On ne le sait pas, mais... Un outil, par exemple, un petit détail, mais sans une brosse, type brosse à cheveux, mais sans une brosse, on est cuit en fait. Il n'y a pas moyen de faire une expédition en Arctique sans une brosse. Nous, on s'est retrouvés certains jours avec Caro à brosser notre manteau, notre pantalon, nos chaussures, une heure et demie par jour dans la tente. Et ça, quand on ne le sait pas, on ne peut pas s'imaginer. Mais à la fin de la journée, on monte le camp, on commence à enlever toutes nos couches, démarrer le réchaud, faire de l'eau. Et pendant ce temps, on est en train de brosser la glace qui s'est accumulée sur tous nos vêtements. Pareil, une petite cuillère avec un long manche pour mettre à l'intérieur des bottes de ski parce que les bottes de ski, il y a aussi de la glace dedans. Donc, il faut aller gratter la glace pour l'enlever. Sinon, le truc, ça devient un bloc de glace. Et voilà. Donc, du coup, il faut vraiment, vraiment aller… J'ai l'impression que c'est un peu comme aujourd'hui quand on parle de nutrition. Quels sont les bons produits
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quels sont les mauvais produits
UNKNOWN?
SPEAKER_00Le bio, le greenwashing, un peu tout ça. Et puis, en fait, on achète du bio. Puis, parfois, c'est du bio alors qu'il n'y a que l'appellation qui est bio. Mais derrière, il faut en fait aller chez le producteur aller voir comment ils nourrissent ces animaux pour s'assurer de la qualité en fait et là pour une expédition arctique c'est pareil il faut aller vraiment en profondeur sur Surtout, que ce soit la navigation, le réchaud, les skis, les pots à skis. Si tu n'as pas les pots à skis sur toi, quand tu vas changer des pots courtes aux pots longs, si la glue n'est pas chaude, jamais ça ne va coller sur les skis à moins 40. Tu vas tirer ta luge si elle fait 180 kg. Si tu n'as pas d'accroche sous les skis, tu ne tires plus ta luge.
SPEAKER_01Mais les pots, vous en aviez combien du coup
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que 60 jours d'expédition par moins 40, vous avez dû les user quand
SPEAKER_00même, non
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, chacun, on avait une paire de longues, une paire de courtes et on avait un jeu en plus long et court. Mais là, c'est pareil, la peau synthétique, il faut s'assurer qu'elle va faire 1000 kilomètres, ça va tenir. Puis il y a des fois, on est passé dans des rivières parce qu'on n'a pas eu, bien sûr, on a eu des températures froides, mais on n'était pas tout le temps du tout à moins 35, moins 40. On a eu beaucoup de journées où il faisait plus doux, surtout quand on était proche des fjords. Mais il y a eu parfois où on a skié sur des rivières gelées, mais le dessus de la rivière, il y avait de l'eau. Et là, on passait là-dedans avec les peaux. Mais ça veut dire qu'une fois qu'on remonte en altitude, la peau, elle est pleine de glace. Donc là, le soir, avec le couteau, il faut arracher cette glace puis ça enlève des petits des poils en fait de la peau si là la peau elle a pas été pensée en amont pour être suffisamment solide elle
SPEAKER_01tiendra pas
SPEAKER_00donc c'est tout ça je
SPEAKER_01suis quand même surpris que vous ayez planifié tout ça en un an seulement tu vois avec justement ce niveau de détail où absolument rien ne peut être laissé au hasard c'est l'expérience ou c'est au final c'est au final une durée classique pour pour des gens expérimentés comme vous
SPEAKER_00deux
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, de mon côté, je dirais, c'est toutes les expéditions, c'est les neuf expéditions que j'ai faites ensemble avec Borgé qui m'ont grandement, énormément servi, qui pour moi, lui, est à mes yeux le plus grand explorateur polaire vivant. Et ensuite, les copains norvégiens, c'est avec eux également que j'ai appris... Donc... donc ouais c'est ces 15 ans qui ont servi là je crois pas mal à cette expédition mais donc c'est pas un an en fait c'est pas une préparation d'un an on s'est mis à bosser sur le projet un an auparavant plus ou moins mais moi je crois que c'est surtout tout ce que j'avais pu apprendre avec ces Norvégiens parce que l'école norvégienne est excellente
SPEAKER_01on en revient à cette idée de c'est l'expérience engrangée au fur et à mesure qui vous a permis finalement d'aborder plus sûrement en tout cas avec un max d'efficacité un projet comme
SPEAKER_00celui-là ouais tu vois Loïc il y avait des fois moi j'avais les doigts même si on avait couvert le réchaud avec de la mousse la bouteille de carburant de notre réchaud c'est du métal et puis si tu mets tes doigts dessus et qu'il fait beaucoup trop froid tes doigts ils collent et puis tu attrapes des gelures au bout des doigts, donc on essaie de couvrir toutes les parties métalliques, de les couvrir avec de la mousse, mais moi ça n'a pas empêché qu'avec le froid j'ai eu des craquelures au bout des doigts, mais là c'est pareil, pour se protéger les doigts, il faut mettre un tape bien spécifique, un tape avec des trous pour que ça soit aéré, pour que la chaleur, quand tous les doigts sont collés les uns aux autres dans la moufle, il faut qu'il y ait quand même un échange de chaleur. Donc, on ne peut pas mettre du duct tape sur chacun des doigts, sinon ça isole les doigts et là, les gelures, ça va dégénérer.
SPEAKER_01Donc, oui, c'est tous ces petits détails. Et d'un point de vue électronique, vous aviez du matériel avec vous
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que je pense, si c'est le cas, comment est-ce que vous avez rechargé
UNKNOWN?
SPEAKER_01Puisque habituellement, c'est le solaire qui est utilisé, mais vous, dans votre cas, ce n'était pas vraiment une option.
SPEAKER_00Pas de solaire pour nous, effectivement. Et donc, on avait demandé à... à cause du corona il y a des batteries militaires qui sont utilisées des batteries de combat qui servent pour la communication et nous on a essayé de récupérer ces batteries là c'est les mêmes batteries que Borgé et Mike ont utilisées sur leur dernière expédition et moi je les avais également utilisées avec Borgé et elles tiennent vraiment bien c'est des batteries au lithium donc c'est sûr que c'est pas clean euh Mais ils ont aujourd'hui des modèles rechargeables. Ça a été vraiment le combat pour se faire livrer ces batteries-là pendant le corona. Donc, c'est tombé à l'eau. Alors que le carton était prêt, mais le carton était aux États-Unis. Donc, pas moyen de recevoir le carton. Alors, on a contacté une entreprise en Norvège pour leur demander s'ils voulaient bien commander ces batteries, des piles en fait, des grosses piles, les mettre ensemble, les relier et nous faire une sortie 12 volts pour qu'on puisse recharger notre équipement et ça c'est des batteries qui tiennent bien ils disent que ça fonctionne jusqu'à moins 40 mais nous avant moins 40 dans l'attente moi je me souviens d'avoir borgé au téléphone en lui disant écoute on a un problème là on n'arrive plus rien à recharger et le froid il y a des jours il faisait vraiment froid et donc on soupçonnait que la tension des batteries baisse qu'on soit en dessous de 12 volts puis on n'arrivait plus à recharger donc il fallait avoir les batteries sur soi ces batteries militaires qui nous avaient été construites On s'en partageait avec Caro. On les chauffait le soir à l'intérieur du sac de couchage le plus longtemps possible pour pouvoir recharger. Mais le mois de février, dans l'obscurité, ça a été vraiment compliqué de charger. Très compliqué. Donc, on a très peu filmé. On a gardé le peu d'énergie. C'est pour ça qu'on a abandonné les réseaux sociaux aussi. On devait envoyer une photo par jour et on s'est dit, maintenant, soit on devient deux aventuriers Instagram et puis on n'ira pas au bout de notre projet. Ou soit maintenant... on oublie les réseaux sociaux et puis on se focalise sur avancer, survivre et puis essayer de tenir avec nos batteries juste pour envoyer notre position et puis recevoir la météo donc voilà
SPEAKER_01ouais j'imagine que les priorités ont vite été revues du coup si vous avez pu la possibilité de recharger quoi que ce soit parce que dans ce cas de figure spécifiquement du coup sur ce point de l'électronique qu'est-ce qui est devenu essentiel les téléphones satellites j'imagine vos GPS si vous en aviez
SPEAKER_00ouais juste non les GPS moi j'avais des on avait des piles ok sur le GPS et puis moi j'aime en navigation et puis sur le terrain j'aime très peu l'utiliser j'essaye de l'utiliser le moins possible parce que tu vois je considère que les anciens toujours pour revenir un peu aux anciens qui ont fait des choses extraordinaires eux n'avaient pas tous ces moyens de communication qu'on a aujourd'hui et puis même si aujourd'hui je crois que c'est toujours j'embarque moi toujours un GPS avec moi mais c'est vrai que ça fausse, ça entrave énormément nos sens Parce que quand on est sur une calotte glaciaire, on peut naviguer avec le vent. On attache un petit fagnon sur ses bâtons de ski. Si on fait une route plein nord et on sait que le vent est est, on sait qu'on doit avoir en permanence le fanon qui est à 90 degrés devant tes skis, en fait. Donc, il y a le soleil. Une fois que le soleil est sorti, on a commencé à utiliser beaucoup le soleil pour naviguer. Mais sur des grands, grands espaces, moi, je préfère zigzaguer peut-être un tout petit peu plus qu'être en permanence sur mon GPS. Et à suivre, au final, c'est comme si tu suivais un peu un chemin balisé. Donc, le but, c'est de jouer avec le vent, le soleil, les ombres, les marques sur la neige pour pouvoir naviguer. C'est quand même super fiable. Et de temps en temps, jouer également avec le compas. Parce que c'est vrai que le compas, pas de batterie, donc tu fais une économie de poids. Et donc voilà, moi je m'étais dit, on prend que quelques batteries de GPS. comme ça au moins quoi qu'il en soit ça nous forcera
SPEAKER_01à l'utiliser le moins possible mais après de toute façon sinon t'avances plus une fois que t'es trop lourd et
SPEAKER_02oui oui
SPEAKER_01oui parce que là sur les 180 kilos si tu devais les répartir en catégorie en tout cas pour tes deux traîneaux à toi c'était quoi qui prenait le plus de poids en tout cas les gros tu vois les gros domaines je sais pas trop comment qualifier ça mais les grandes catégories en termes de répartition de
SPEAKER_00poids un kilo un peu plus d'un kilos par jour de nourriture donc là il y a 70 jours donc on doit être peut-être à 80 kilos de nourriture tout en déshydraté non non déshydraté seulement le soir et après un porridge avec beaucoup d'huile un gruau de l'avoine le matin avec des amandes, du chocolat un mix genre de fat bomb en fait et puis ensuite pendant la journée des snacks moi j'avais même pris du poisson des petits filets de macro que j'avais mis pas sous vide mais dans des petits sachets plastiques avec un petit tape de peinture très léger pour pas que ça fuit donc ouais Là, il y en a pour un kilo, un kilo deux. Et dans ce kilo-là, il y a bien... Pour moi, en tout cas pour ma part, il y a bien 600 grammes, quasiment un demi-kilo d'avoine par jour avec de l'huile. Et ensuite, il y a pas mal de carburant. Là, on avait 35... on avait 35 bouteilles chacun avec Caro, on avait 70 bouteilles en tout même 2000 litres donc je dirais pas loin de 20 kilos pas loin de 20 kilos d'essence chacun et le reste après de l'équipement ce qui a pris aussi du poids c'est qu'il fallait qu'on réalise il fallait qu'on filme pour un documentaire qui sortira en fin d'année et ça ça a été également très lourd plus le poids des
SPEAKER_01batteries je me souviens que Caro quand elle Elle nous expliquait, parce que je lui avais demandé en quoi est-ce que son rôle de photographe d'expédition du coup, changeait la donne pour elle quand elle partait avec des groupes. Et elle nous avait expliqué, alors je ne l'ai plus en tête, mais le poids du matos qu'elle emmenait. Elle emmenait, je me rappelle qu'elle nous avait expliqué qu'elle emmenait des bornes, qu'est-ce que c'était exactement
UNKNOWN?
SPEAKER_01Des bornes Wi-Fi ou je ne sais plus exactement quel terme, mais en gros de quoi avoir une connexion à
SPEAKER_00internet on avait un iridium go qui est comme un petit routeur internet qui permet de se connecter au satellite mais ça on a même à la fin là c'était tellement la course qu'on l'a même laissé On a même laissé ce routeur-là, qui nous permettait aussi de communiquer avec le monde extérieur. Mais comme on a laissé pas mal de matériel, parce qu'on a fait des dépôts, mais qu'on a fait nous-mêmes en cours de route, qu'on récupérait après quand on revenait sur nos pas. Et on a laissé beaucoup de matériel. Et même Caro, je me souviens, on avait un objectif 24-70, beaucoup trop lourd. Donc ça, on l'a laissé dans un dépôt on a creusé dans la neige, on a mis ça dans un sac puis on a récupéré ça au retour on a laissé le drone finalement, on a beaucoup de notre matériel vidéo on a laissé, on est juste parti avec le minimum parce que après le premier mois d'expédition on s'est rendu compte que l'équation elle était on pouvait pas on pouvait plus se voiler la face en fait, en se disant non il faut qu'on garde le drone pour faire des belles images non il faut qu'on garde le 24-70 ça fait un bokeh de malade sur les photos et sur les vidéos et non nous l'hiver l'hiver arctique et puis les conditions météo elles nous ont clairement dit elles nous l'ont mis sur les yeux elles nous ont dit si vous voulez arriver le 21 avril avant le 21 mars à la pointe sud et faire la première il va falloir être super léger donc on a laissé beaucoup de matériel en route qu'on a récupéré
SPEAKER_01après sur le chemin du retour donc c'est que vous aviez pris du retard ou c'était simplement dans les calculs qu'il y avait eu vous aviez peut-être mal ajusté qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné vous vous êtes retrouvé à faire ce choix
SPEAKER_00on a eu des conditions météo dur, très dur
UNKNOWN?
SPEAKER_00Tu ne peux jamais vraiment savoir sur un archipel qui est placé aussi haut avec de la banquise au nord et de l'océan libre. Il y a des grosses variations de température. On a essuyé quelques dépressions assez fortes. Je n'avais jamais connu... Un jour, on a fait 27,5 km. On s'est posé, on a monté un camp. on était dans le sac de couchage on venait de manger et on a appelé notre copain météorologiste Lars Ebessen à Oslo et il nous a dit ok il y a un coup de vent qui arrive la température ça va être moins 25 et puis il va y avoir du vent 30 mètres par seconde donc ça fait 30 mètres par seconde on est pas loin des 60 nœuds donc on est au delà des quasiment on est dans les 100 km heure mais 100 km heure de vent à moins 25 pareil moi j'avais jamais connu ça auparavant parce que soit là des pression elle arrive et c'est une masse d'air chaud donc du coup il va y avoir du vent mais la température va considérablement remonter ou soit il fait que moins 40 et c'est un anticyclone et il n'y a pas du tout de vent Mais là, on était entre les deux et donc on ne comprenait pas ce qui nous arrivait. Donc ça, on a été obligés de se lever, de paquer la tente à plus de 23h le soir et de skier toute la nuit pour descendre en altitude et remonter un camp à 6h le matin. On envoyait un message à Lars en disant ça y est, on est safe. Puis on faisait une sieste avant que la dépression arrive. Donc là, les conditions météo, elles nous ont clairement ralenti. Comme la fois où on est passé de... mais quasiment moins 40 à zéro et une nuit où on s'est fait complètement ensevelir sous la neige et il a fallu creuser un tunnel pour sortir de la neige c'était fou et on a dû creuser peut-être 1m50 pour sortir de la tente et cet endroit c'est le Cap Sud et Lars et les copains norvégiens m'avaient dit faites vraiment attention au Cap Sud parce que c'est vraiment une toute petite pointe comme un mini Cap Horn où les dépressions quand elles arrivent vous vous allez être sur un plateau donc en altitude mais les dépressions qui arrivent de l'océan là c'est comme si vous étiez sur un bateau en plein océan il n'y a pas de barrière vraiment pour stopper le vent et c'est là que ça a été tout ça on l'a filmé donc c'est cool elle l'a filmé Carole a été vraiment bonne pour ça et moi je me souviens qu'on a passé donc la nuit à pelleter parce qu'à 11h du soir Carole elle se réveille elle me réveille elle me dit me dit, mais il y a un problème là, on est en train de se faire ensevelir, puis il n'y avait plus aucun bruit, alors que dehors, là, ça soufflait à 20 ou 25 mètres par seconde, et en fait, une partie de la tente, un côté de la tente était complètement en train de se faire
SPEAKER_02recouvrir,
SPEAKER_00et les copains norvégiens m'avaient dit, j'ai un copain, un gars très très fort là, qui était aussi dans les forces spéciales, il était, lui, il avait été obligé de couper la tente et de sortir par le toit de la tente tellement il s'était fait ensevelir. On redoutait, nous, on redoutait vraiment cet endroit. Et surtout, là, en hiver, on... On se sentait vraiment tout petits. On était vraiment des petites poupées. On s'est vraiment fait malmener. On a fait une sieste de 50 minutes. Et on a enchaîné pour déblayer la neige le matin et repartir. Et on était à deux jours de faire la première hivernale. Mais on pouvait quasiment... On dormait vraiment peu sur la fin. On était deux
SPEAKER_01zombies. S'il y a une journée que tu dois retenir de ces 63 jours, ce serait
SPEAKER_00laquelle
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est le 20 mars. Ça, c'était aussi complètement débile. Le 20 mars... donc un jour avant d'arriver on était dans une grosse dépression mais qui venait de se calmer on savait qu'elle se calmait un petit peu le matin puis qu'elle reprenait en intensité l'après-midi donc on avait une matinée là où il fallait qu'on paque le camp le plus rapidement possible puis c'était une dépression qui était extrêmement c'était de l'air chaud donc qui était beaucoup chargé en humidité et ça nous a mis de la glace un petit peu sur toutes nos habillés. Ça a même mis de la glace à l'intérieur des arceaux de la tente. on les passe dans des espèces de petites chanels à l'intérieur de la tente, et là, ces arceaux-là, il y avait de la glace, donc on n'arrivait pas à casser les arceaux en morceaux pour plier la tente, et on voyait les nuages, les gros nuages de l'océan en train d'arriver, puis ils commençaient à rouler sur le sommet des montagnes, et on s'est dit, il faut qu'on se casse d'ici, parce qu'on va se faire botter le cul, Et donc, on est descendu de ce plateau-là le plus rapidement possible. Et on est arrivé en bas. Là, les vents du plateau accéléraient. Les espèces de vents catabatiques, en fait, qui sont un peu en hauteur. Et puis, quand ils partent en vallée, les vents accélèrent énormément. Et on a essayé de tirer notre traîneau dans une moraine. pour essayer de caper le mieux possible vers la pointe sud pour y arriver le plus tôt on était à 7 km à peu près de la pointe sud à 7 km moi je savais même pas si on allait y arriver je me disais mais c'est fou et Caro j'ai le souvenir de me tourner et Caro elle était au sol en train de ramper et je me suis dit et elle pouvait plus tenir debout et moi j'étais vraiment rarement je me suis retrouvé comme ça avec des espèces de vents catabatiques ou Donc, on a été obligé de se dérouter et de prendre le vent dans le dos. Et dans le dos, on était assis sur nos traîneaux et sur un lac gelé. Et on s'est fait pousser sans avoir d'aile, sans avoir aucun kite. C'est là que je me suis dit, mais là, on a eu peur. On a eu vraiment peur de ne pas pouvoir arriver à remonter au vent. Et donc, le temps est passé, la dépression s'est calmée un petit peu, et il y avait un énorme bouclier dans le ciel, un grand bouclier, comme un gros front, comme un cyclone. Du coup, on a réussi à arriver au Cap Sud, mais... Je me souviens, c'était vraiment... On était au bout de nous-mêmes et c'est là que je me rendais compte que des fois, j'aime bien parler de résilience et j'aime bien parler du dépassement de soi, mais en fait, quand vraiment tu as les pieds profonds dedans, c'est vraiment un confort.
SPEAKER_01Et justement, comment vous l'avez géré ça sur 63 jours d'expédition à deux
UNKNOWN?
SPEAKER_01Comme tu l'as bien dit, visiblement, vous avez quand même été pas mal secoués. Donc, comment est-ce que ça s'est passé en termes de partenariat entre vous deux tout au long de l'expédition et en termes individuellement de gestion de l'humeur, de l'énergie et de la motivation pour continuer à avancer ensemble
UNKNOWN?
SPEAKER_00La première chose qui nous a bousculé avec Caro, c'est le virus. parce qu'on a dû être obligés d'annuler tous nos plans, comme beaucoup de gens. On a été obligés d'annuler nos plans, et ensuite d'essayer de reconstruire un projet qui était suffisamment ambitieux pour nous, et puis il y avait l'attrait d'une première. Et donc ça nous a déjà bousculés, et ensuite tout le long on n'a jamais été sûrs de pouvoir démarrer le projet jusqu'au bout avec les quarantaines les entrées en Norvège tout a été compliqué Et donc, ça a été beaucoup, beaucoup de travail administratif et de préparation. Puis, c'est vrai que c'est quand même pénible aujourd'hui, des fois, de te préparer sur un projet. Mais il y a une force, comme la force du virus, qui est au départ incontrôlable, plus forte que nous. Puis moi, au début, j'avais envie d'abandonner. Je me disais, mais non, j'en ai marre de faire des projets qui vont capoter. Donc, je préfère dépenser mon énergie dans autre chose. Et à partir du moment où on a réussi à être tous en Norvège et à démarrer à ski, on s'est dit il faut vraiment qu'on perde beaucoup de sang pour qu'on arrête l'expé parce que sinon on était mort de faim. De travailler tellement la préparation dans les moindres détails, d'aller batailler avec le diable pour être sûr qu'on réussira. Ça a Et puis, au fur et à mesure que l'expédition, elle s'est déroulée, c'est devenu un peu notre bébé, puis on tenait à ça, on a tenu à ce projet énormément. En fait, j'imagine que c'est les premiers kilomètres qui sont durs, mais une fois que tu en as fait, sur les 1100 qu'il y avait à faire, une fois que tu en as fait 200, 300, 400, 700, plus tu vas dans les kilomètres, plus ça te motive et moins tu veux lâcher l'affaire, en fait, parce que tu te dis que peut-être ça va marcher, en fait. Et Et voilà. Donc, on s'est dit« Ok, on met le couple de côté avec Caro. On n'est plus un couple pendant l'expé.» Puis de toute façon, c'était tellement intense qu'on a dû s'embrasser à peine une dizaine de fois en deux mois. C'était ridicule.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_00et c'est la même chose aussi au début on dormait l'un à côté de l'autre parce que c'était plus cool mais sauf qu'à dormir les deux la tête l'un à côté de l'autre le côté opposé de la tente il faisait bien plus froid donc du coup les zips étaient couverts de glace donc plus moyen d'ouvrir les zips donc là on a passé toute une soirée au briquet et à la brosse pour enlever, pour essayer de faire marcher les zips sans les casser. Donc, on s'est dit, ben non, en fait, il faut qu'on dorme. Toi, t'as la tête là-bas et moi, tête bêche. Donc, on s'est dit, OK, le couple, les émotions, les bisous dehors. Et on doit juste être deux robots. Et puis, il y avait cette première hivernale qui nous... ça nous tenait trop à cœur le matin on se levait et on était motivé même si c'était dur waouh en fait qu'est-ce qui serait plus dur si on met ça dans une balance l'amertume de la défaite ou l'amertume de ne pas aller au bout ou vas-y on se motive et puis ça fait mal mais c'est pas grave on se donne le maximum de ce qu'on peut et tu sors victorieux et puis là maintenant on en profite et ça reste un souvenir avec lequel on peut se
SPEAKER_01marrer quoi ouais non c'est clair c'est clair et c'est chouette tu vois d'entendre de t'entendre dire que voilà quelque part c'est ça a été tellement compliqué à mettre en place que vous aviez cette rage tu vois d'aller au bout quand vous êtes lancé et que ça vous a ça a été la flamme qui vous a tenu jusqu'au bout et moi je trouve que c'est un beau message aussi parce que comme tu le dis vous vous avez été impacté enfin vous avez pas été les seuls à être impacté par le virus mais d'un autre côté de voir que malgré ça vous avez réussi à monter une expédition hivernale une première Osvalbard je me dis que bon du coup moi j'ai un peu moins d'excuses tu vois pour les conséquences du Covid dans ma petite vie de tous les
SPEAKER_00jours ouais mais après du coup c'est vrai que c'est là que l'état d'esprit rentre en compte c'est aussi la raison pour laquelle tu vois Caro on a pu faire vraiment une bonne cordée tous les deux parce qu'elle a mené le côté ultra ces expériences ultra-marathon, que moi, je ne comprenais pas du tout il y a un peu plus de deux ans. Je me suis dit, mais c'est complètement barjot. Pourquoi vous courez une nuit entière sans à la frontale
UNKNOWN?
SPEAKER_00Vous êtes complètement taré. Et en fait, je l'ai compris par la suite, parce que cet état d'esprit, c'est finalement, quand on a décidé que les jours pouvaient faire 36 heures... Si on s'arrange et qu'on fait des petites siestes, ça peut marcher, en fait. Puis quand on l'a vécu, on se dit, c'est vrai que courir un 80, un 100 ou plus, et puis passer une nuit à courir, quand on a l'état d'esprit, on a fait le switch dans sa tête, c'est en fait à la portée de n'importe qui qui est motivé, en fait. Et donc ça, moi, ça m'a beaucoup aidé dans cet expo. Moi, j'apportais plus le côté... expérience polaire et matérielle. Et donc, du coup, c'était un bon mariage des deux compétences.
SPEAKER_01Super. Alors, j'ai encore pas mal de questions en tête, mais il y en a une qui m'intéresse beaucoup, c'est qu'est-ce que toi, tu as appris du coup dans cette expédition
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que tu es arrivé avec ce bagage de 15 années d'expérience précédente, 9 expéditions avec Borghi, c'est ça, tu en avais déjà fait 9
UNKNOWN?
SPEAKER_01donc clairement tu nous disais que pour toi c'est le plus grand explorateur polaire je crois que c'est même ce que Mike Horn disait dans un de ses livres il me semble donc qu'est-ce que toi t'as appris à travers ces 63 jours
SPEAKER_00alors j'ai appris le fait de l'avoir fait avec Caro j'ai appris que quand on part en expédition puis qu'on est un couple j'ai appris que c'est vraiment important de mettre ses émotions amoureuses de côté mais vraiment c'est vrai que des fois tu peux avoir tendance si tu vois ta chérie puis elle passe sur un pont de neige au dessus d'une crevasse c'est pas une raison pour mettre double de précaution en fait c'est pas une raison pour la stresser elle encore plus c'est pas une raison pour il faut se dire non on étudie le terrain ensemble et c'est pas parce qu'elle va se retrouver dans une position de danger qu'il faut que moi tu vois je me dise ok il faut que je sois deux fois plus alerte et là on peut vite avoir tendance à en faire trop parce qu'on aime une personne alors qu'on pourrait soi-même se mettre en danger ça c'était la première leçon puis ensuite on en avait déjà parlé quoi qu'il en soit avant de partir c'était important là qu'on soit juste qu'on soit clair et net qu'on soit juste deux partenaires d'expert et puis je crois que c'est important de de mettre son égo de côté et puis de parce que le but en fait le but c'est vraiment c'est vrai que c'est génial d'accrocher une première mais le plus important finalement dans tout ça je crois que c'est de rentrer à la maison sain et sauf c'est de rester des amoureux ou c'est de rester des potes et ensuite c'est de décrocher une première et ça c'est le gâteau sur le c'est la cerise sur le gâteau mais à la base voilà moi dans ma tête ces objectifs ils sont vraiment importants quand on part en expé et et puis donc quand il y a une situation c'est bien d'en parler et je crois que l'ego pour ça c'est bien de le mettre de côté et d'essayer de penser à une équipe sinon il faut faire les choses vraiment tout seul mais à partir du moment où on est deux je pense qu'il faut arriver à identifier les compétences de l'un de l'autre et puis essayer de jongler mais intelligemment en fait parce que c'est vrai que dans des situations où on est poussé au bout de soi-même dans le plus grand... quand ça devient vraiment inconfortable, c'est souvent le naturel qui revient au galop. Puis on a envie d'envoyer chier l'autre, et puis on a envie de... Tu vois, on a envie de gueuler un bon coup, et puis des fois, il y a des choses qui énervent. Mais je crois que tout ça, je crois que le fusil, là, il faut le... Le canon, là, il faut le remettre, il faut le mettre vers soi, là. Il faut regarder le canon en face, ou la vérité. Il faut se dire, en fait, pourquoi j'ai envie de gueuler, là
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est parce que soit j'ai faim, soit j'ai soif, soit Soit j'ai froid, soit je suis fatigué, soit je suis anxieux, soit stressé, soit tout ce qu'on veut, mais c'est souvent le problème qui vient de soi, en grande partie. Et donc, je crois que c'est ça qui est important quand on veut faire une XP. Mais à vrai dire, je pense que moi, ça me sert beaucoup, c'est dans la vie de tous les jours. Après avoir vécu ces expériences, je me dis, il faut... L'ego, c'est bien, puis ça peut faire avancer, mais c'est vraiment une question de dose. pour pas écraser les autres non plus et puis avec Caro il y avait un autre truc je me souviens c'était clair c'était pas de reproche faut pas se faire de reproche ça sert à rien ça sert absolument à rien en fait et ouais J'en suis aussi convaincu que ça soit dans la vie de tous les jours ou quand on construit des projets, quand on fait une connerie. Je crois que c'est important de se partager la responsabilité. Qu'on soit un couple qui se divorce, qui divorce, ou un couple qui s'engueule, ou qu'on soit des partenaires d'expédition qui ne s'entendent pas, plus. Mais je crois que le plus important, c'est d'aller essayer de... d'essayer de comprendre puis d'aller trouver une solution plutôt que d'aller faire des reproches Caro au départ de l'expédition elle est partie avec très peu elle avait très peu de nourriture parce qu'elle avait l'expérience de l'ultra trail donc elle est partie très léger mais on s'était dit moi je vais pas fliquer ce que tu fais puis toi tu vas pas non plus fliquer ce que je fais on part ensemble chacun on doit s'entraider moi je te donne mon avis si tu me poses la question mais sinon Chacun doit rester très libre. Donc, elle, elle est partie. Je l'ai clairement vue. Moi, je me suis dit, elle va avoir faim. Mais... Je lui ai juste donné mon opinion. Je lui ai dit, tu sais, Caro, c'est vrai que c'est très léger ce avec quoi tu parles, mais... Et puis elle, elle me disait, ouais, t'es filé de macro, ils vont sentir, les ours, ils vont sentir. Mais voilà. Donc, on était chacun, chacun faisait comme il l'entendait. Et puis, Caro, elle a manqué après, au bout de presque un mois, elle a commencé à manquer de nourriture. Et puis, moi, j'ai commencé à lui donner un petit peu de mes rations. C'est bien évidemment c'est pas la raison pour laquelle on a réussi l'expé parce qu'elle a la tête dure mais comme du marbre mais effectivement ça a dû contribuer un petit peu ça a aidé un petit peu le fait de lui donner et là je me suis dit c'est vrai que ça sert à rien de dire ah ben tu vois je te l'avais dit t'aurais dû embarquer plus de nourriture non en fait c'est quoi on est les deux au milieu de l'hiver où on se fait brasser par les éléments à quoi bon C'est bon faire un reproche. Ouais. Tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et puis si on avait eu un ours et puis sa théorie du macro ou des odeurs, l'ours serait venu. Moi, je ne crois pas du tout à cette théorie. Puis c'est comme faire ses besoins, aller à 100 mètres de la tente et faire ses besoins, faire ses selles le matin. L'ours, il sent aussi bien que ça soit à 100 mètres ou dans la tente. Donc nous, les jours où il faisait mauvais, on faisait ça dans la tente, dans le vestibule de la tente. Donc si sa théorie avait marché sur le macro, tu vois, j'espère qu'elle m'aurait Je ne t'aurais pas dit... Je crois que ça ne sert vraiment à rien. Je pense juste qu'il faut arriver à tirer l'expérience pour un autre projet d'expédition ou dans la vie de tous les jours et se dire comment on peut changer pour améliorer.
SPEAKER_01C'est un super beau message. Super. Et alors sur les ours, puisque tu les as mentionnés, vous n'en avez pas croisé, mais en revanche, vous avez vu des traces à plusieurs reprises, je crois.
SPEAKER_00On a croisé...
SPEAKER_01Vous en avez croisé.
SPEAKER_00Ah oui. Oui, dont un qui devait être à une centaine de mètres de nous. Donc, on a clairement pu le voir. Et puis, ça a été... ouais c'était un moment magique moi j'avais l'impression d'avoir 5 ans en fait j'avais l'impression que tout d'un coup c'était le flash c'était la raison pour laquelle j'aime aller dans les régions polaires c'est pour vivre des moments en symbiose avec la nature c'est vrai que combien de fois dans une vie même d'explorateur polaire combien de fois dans une vie tu vas pouvoir skier et puis voir un ours qui marche et puis tu skies tu te passes l'un à côté de l'autre donc ouais donc là c'était un moment de danger au début mais on était bien préparé à un moment de magie lui il s'est arrêté il nous a jaugé un peu et puis nous on faisait la même chose on s'arrêtait et puis on le regardait et puis dès qu'il marchait un peu nous on remarchait un peu et voilà c'était juste une très
SPEAKER_01belle rencontre waouh excellent
SPEAKER_00mais après on a eu les chocottes il y a eu plein de fois de nuit à la frontale au départ là on a vu des yeux verts dans la nuit avec le faisceau de la frontale éclairé puis on a vu deux yeux verts puis on était là oh et donc là on faisait moins ouais sachant
SPEAKER_01que t'es obligé d'être armé au Svalbard ouais donc vous aviez ça à portée de main pour des raisons de sécurité
SPEAKER_00ouais un fusil un calibre 308 donc un calibre suffisamment gros pour abattre un ours si besoin en défense ultime on va dire et une fusée
SPEAKER_01éclairante ok ok punaise, quelle aventure qu'est-ce que c'est du coup la suite pour toi quand on revient d'une première comme ça hivernale qui je crois a laissé des traces d'ailleurs je sais pas si vous êtes complètement remis mais je me rappelle avoir vu des postes en tout cas pour Caro c'était hallucinant la perte de poids j'ai plus en tête combien vous avez perdu mais c'était quand même important si je me souviens bien
SPEAKER_00ouais c'était important et ça nous a donc le manque de nourriture avec les conditions météo étaient tellement dur, qu'on a manqué de nourriture et On a perdu tous les deux beaucoup de poids. Moi, je ne me suis jamais retrouvé comme ça dans ma vie. Il y a eu des matins, je sortais de la tente et puis j'avais peur de perdre l'équilibre et de tomber, de m'écraser sur la tente. Donc, je prenais vraiment mes distances. Caro, elle a eu des fois où elle tremblait et puis elle n'arrivait pas à dormir tellement elle avait faim. Moi, mon ventre, il était tout gonflé quand je suis rentré. J'ai mais je m'étais attrapé la peau comme ça j'avais la peau mais j'arrivais plus à attraper tu sais Et j'avais l'abdomen qui était gonflé. Ça me faisait penser à ces photos horribles de pauvres gens et d'enfants qui sont mal nourris et ils sont extrêmement maigres et ils ont pareil l'abdomen gonflé. Moi, je n'avais jamais expérimenté ça, mais on est tellement allé loin dans l'effort, à répétition et avec en plus mal nourri. Parce que c'est ça le truc, c'est facile de dire... peut toujours dire bah ouais mais il faut prendre plus de nourriture certes mais quand on part en autonomie complète il y a un moment donné où on peut pas passer on peut pas tirer pendant 70 jours 2 kilos de nourriture par jour c'est juste pas plus possible donc il y a trouvé ce ratio entre suffisamment de nourriture pour tenir et pas trop lourd pour pas être paralysé par son traîneau donc on est rentré vraiment faible je me souviens quand on avait des petites interviews ou sinon on parlait avec des gens tous les deux on avait du mal à se concentrer parce qu'on était en permanence j'avais l'impression la nourriture m'avait tellement manqué que j'arrivais plus à me concentrer correctement sur autre chose que chercher en permanence à manger
SPEAKER_01Ah
SPEAKER_00oui
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et donc j'avais mal au ventre, j'ai eu mal au ventre énormément. les premières fois, puis de la difficulté à dormir, pareil, parce que j'avais besoin... J'avais besoin, ouais, de me... de me goinfrer, quoi. J'avais besoin de m'empiffrer, juste... C'est comme si j'avais peur, en fait. J'avais l'impression d'avoir peur de manquer de nourriture, donc tout ce que je pouvais prendre, alors que je savais pertinemment qu'il y avait un supermarché à côté, à Longuerbine, mais j'avais besoin, j'avais eu tellement ce manque que j'avais besoin... C'était presque devenu comme, tu sais, un geste... mécanique, en fait. de me nourrir alors que j'avais plus besoin, puis j'avais plus faim, puis j'avais mal au ventre, mais je continuais de manger. Et ça, c'était vraiment bizarre à contrôler. Donc, il a fallu du temps pour se remettre correctement sur le droit chemin.
SPEAKER_01Maintenant que vous êtes revenu et peut-être encore en train de vous retaper, quelle est la suite du coup pour vous ou pour toi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je ne sais pas si vous prévoyez de repartir ensemble du
SPEAKER_00coup
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, on aimerait bien repartir ensemble. On se disait qu'aujourd'hui, on est changé sur ça et on se disait maintenant que là, on n'est plus ensemble, Caro, elle est à Montréal et puis moi, je suis ici à Biarritz. C'est là que tu te rends compte aussi quand les choses te manquent, tu te rends compte à quel point elles étaient appréciables et à quel point la dynamique était bonne. Et puis le fait de ne pas s'être fait de reproches, le fait d'avoir mis l'ego de côté, ça a créé en fait encore plus de connexions entre nous. Et on se dit« Ah, vas-y, maintenant qu'on a mis à l'épreuve plein de choses, on est juste… Maintenant, on dirait qu'on est juste prêts pour faire mieux.» donc ouais ça serait cool parce qu'on se connaissait pas beaucoup avant de partir tu vois sur ces 63 jours
SPEAKER_01d'expert
SPEAKER_00ouais j'imagine qu'après 63 jours comme vous les avez vécu c'est clair que ça rapproche moi jamais je serais parti avec moi étant habitué à partir avec Borghier jamais je serais parti avec quelqu'un que je connaissais pas sur un aussi gros projet mais là c'était vraiment l'état d'esprit de Caro qui me fascinait son approche ultra trail guerrière où finalement, elle court la nuit, elle fait une petite sieste par terre posée sur le goudron, puis elle repart. Et moi, quand j'ai vu ça de mes yeux, je me suis dit, ah ouais, non, elle est spéciale, la fille. Donc, c'est ça qui m'a encouragé où je me suis dit, bon, quand on va, s'il faut brosser une heure et demie par jour, elle va...
SPEAKER_01Elle va couper avec ça.
SPEAKER_00Est-ce que vous avez retrouvé Borghé à l'arrivée
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, Borghé, il est venu à l'arrivée nous féliciter et puis célébrer un petit peu avec nous. C'était vraiment un grand moment. Pour moi, j'avais l'impression que c'était une belle page de ma vie perso qui se tournait parce que j'ai eu la chance d'apprendre avec lui mais j'ai été souvent en expé avec lui. Donc Donc là, j'étais vraiment fier de pouvoir mener à bien cette expédition avec quelqu'un d'autre sans avoir son soutien, en ayant le soutien d'une autre personne que je connaissais très peu. Et puis pour moi, lui, il est vraiment le descendant de Amundsen et puis de Nansen, ces deux grands explorateurs norvégiens. Et... C'est extraordinaire. C'était un grand moment. c'était un peu un rêve c'est le rêve de quand t'es ado tu regardes au dessus de toi quels sont les gens qui t'inspirent puis avec en forçant les portes, si les portes veulent pas s'ouvrir des fois c'est vrai que un petit pied de biche pour s'aider à ouvrir la porte il faut pousser un peu la porte c'est un peu comme l'ours quand tu veux briser la glace pour aller voir s'il y a pas un petit phoque caché force fort ces petites opportunités en fait qui au final peuvent te changer la vie et moi c'est vrai que la rencontre avec Borgé puis tout mon apprentissage avec lui ça a clairement changé ma vie alors que qu'il soit là à la fin de cet expé puis qu'on ait réussi c'était une boucle qui se fermait donc c'était super
SPEAKER_01super et justement j'allais te demander tu vois fort de cette dernière expérience et de tout ton parcours ces 15 dernières années qu'est-ce que toi t'aurais envie de partager tu vois peut-être le message du sages, forts de ce que toi, tu as pu voir, même si sans doute que tu partirais explorer d'autres choses. Quel serait l'adage qui te semble important
UNKNOWN?
SPEAKER_00L'adage important, je crois que c'est de ne pas se reposer sur ses lauriers, vraiment. Il y a toujours des mecs plus forts, des mecs, des filles, il y a toujours plus fort que soi. Il y a toujours moyen d'aller chercher auprès de gens puis d'apprendre comme l'histoire des pêcheurs avec la laine tu sais c'est vrai qu'on peut croiser les expériences je crois que quand on pense qu'on connaît un sujet en fait c'est là que c'est là que ça devient pas bon je pense qu'il y a toujours moyen de s'améliorer il y a toujours moyen de mettre à l'épreuve son état d'esprit il y a toujours moyen d'aller chercher plus loin pour s'améliorer que ce soit en expédition ou dans la vie de tous les jours. Donc les acquis, je pense que c'est bien en permanence les remettre en question. et puis moi je crois qu'il ne faut pas avoir peur de parler de ses échecs je crois qu'il y a beaucoup de gens qui ont réussi dans leur vie en passant d'un échec à un autre en gardant l'enthousiasme en gardant la flamme il ne faut pas hésiter à être honnête avec les expéditions qui ont foiré tout simplement je crois qu'aujourd'hui aussi les réseaux sociaux c'est toujours plus, plus, plus. Il ne fait pas moins 40, il fait moins 60. Il y a toujours une surenchère. Je pense également que c'est important aujourd'hui de voir que les aventuriers qui sont des durs à cuire, vraiment, c'est les ours blancs, c'est les saumons qui remontent des rivières pour aller pondre leurs œufs à la rivière. Et puis, il faut passer les aigles, il faut passer les ours, il faut passer les pêcheurs, puis remonter toute la rivière pour aller pondre. C'est vrai que c'est des histoires qui sont quand même inspirantes et qui doivent, nous, nous inspirer l'humilité. Et que dans tout ça, on est... je crois aujourd'hui c'est vrai que les expéditions puis l'égo c'est bien mais il faut essayer je pense de tout ça ça nous sert dans un but concret à essayer de protéger un petit peu le milieu naturel c'est vrai qu'à changer ses habits moi je me rends compte que c'est la plus grosse leçon de ma vie que j'ai appris en expédition je pense que c'est ces endroits je les aime pourquoi parce qu'ils me challenge pourquoi j'aime me challenge LG parce que ça me rend heureux. C'est comme ça que je fonctionne. Mais ces endroits-là que j'aime énormément, ils sont profondément en train de changer. Et aujourd'hui, je me dis que ça donne vraiment envie de changer ces habitudes de consommation. Et c'est vrai qu'avec... Enfin, on lui fait du mal à la planète, la planète s'en remettra. Et je trouve que le but des expéditions, en dehors du fait que ça soit un but personnel et parce qu'après coup, on est bien dans ses pompes, c'est d'aller... Aujourd'hui, je pense que c'est d'aller un petit peu au-delà et de parler de l'environnement. Et je crois que c'est ça qui est vraiment important. Et moi, toutes ces expéditions, elles m'ont vraiment ouvert les yeux où j'ai envie aujourd'hui d'avoir une vie... Tu sais, qui tend vers la simplicité. De plus en plus. Parce que je vois les rivières, on les pollue. Les rivières, on en fait des barrages. Les saumons ne peuvent plus remonter. Mais il faut voir qu'est-ce qu'on fait à... C'est vrai que le saumon, il n'a pas de compte Instagram, le saumon. Puis l'ours blanc non plus, il n'a pas de compte Instagram. Mais pourtant, il participe énormément à la stabilité de tout un écosystème. Et je crois que ce sont eux les héros, en fait, au final, des plus belles aventures, des plus belles traversées je sais qu'il y a eu un gars un gars que j'ai rencontré au Svalbard il a accroché un tag il a marqué un petit renard arctique c'est une femelle Puis elle est partie du Svalbard, plein nord sur la banquise en direction du pôle. Et puis après, elle a fait un énorme virage. Elle est allée finir au Canada en passant par le nord du Groenland. Puis là, moi, j'ai l'impression des fois de me pignoler sur Instagram avec mes pauvres petites traversées. Et je me dis franchement, quand tu entends ce genre d'histoire, c'est tellement beau. Et aujourd'hui, l'Arctique est profondément en train de changer. Parce que c'est vrai que l'impact de l'homme est tellement important que tous ces héros, le saumon, le renard arctique, l'ours blanc, ou que ça soit dans l'Arctique ou dans la forêt amazonienne, peu importe le milieu, c'est vrai que je crois qu'aujourd'hui, c'est vraiment bien de changer un petit peu notre fusil d'épaule et d'aller vers des expéditions qui ont un but environnemental.
SPEAKER_01Super message. Écoute, en tout cas, ce que je retiendrai, en tout cas, ce que j'apprécie énormément, c'est que tu aies pris le temps de nous partager ton approche de l'expédition et je trouve que c'est super parce que ça rend le sujet un peu plus accessible et très certainement que ça contribuera à ce que peut-être des prises de conscience de certaines personnes qui écouteront ce que tu viens de nous partager ou en tout cas la volonté peut-être de s'engager, d'aller un petit peu plus loin et comme tu dis, pourquoi pas changer ses habitudes. Donc, moi, je voulais te remercier vraiment pour ton authenticité, ton humilité et puis pour tout ce que tu as bien voulu nous partager que j'ai trouvé absolument fascinant. Donc, voilà, un grand, grand merci. Écoute, je suis impatient du coup de voir la sortie de votre film avec Caro. Fin
SPEAKER_00d'année, tu nous as dit. Fin d'année, ouais. Six épisodes, six épisodes qui sortent au Canada d'abord et 6 épisodes d'une demi-heure et puis après qui viendront en France en Europe je l'espère
SPEAKER_01génial super et bah écoute on attend ça avec grande impatience une fois de plus un grand grand merci Vincent merci à Caro encore une fois aussi pour la mise en relation et tout le meilleur pour tes prochaines aventures du
SPEAKER_00coup merci à toi aussi Loïc au plaisir de partager encore avec toi dans le futur et et puis les projets à venir.
SPEAKER_01Génial. Merci,
SPEAKER_00Vincent. Merci. Et à bientôt. À bientôt. Bye.