Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Rémy Coste - Boulanger Meilleur Ouvrier de France, Musher Professionnel, 5x Vainqueur de la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc - La passion de l'excellence
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Rémy Coste est musher professionnel et multiple vainqueur de la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc, LE rendez-vous du chien de traîneau en Europe.
Pourtant, Rémy n'est pas tombé dans cette discipline quand il était petit. Inspiré par son oncle, c'est d'abord vers la boulangerie qu'il s'oriente, jusqu'à décrocher le titre de Meilleur Ouvrier de France en l'an 2000. Il se lance alors dans l'aventure de l'entrepreneuriat en ouvrant au total 7 boulangeries. Après plusieurs années, il sent que la flamme s'éteint petit à petit et décide de changer de vie. Rémy se lance à fond dans le mushing, commence à engranger les victoires, notamment sur les courses de mi-distance à étape (30 à 60km par jour). Avec sa compagne Aurélie, vétérinaire et elle-même musheuse, ils décident même de s'installer en Laponie Suédoise, au plus près des conditions dans lesquelles ils évoluent sur les courses.
Dans cet échange passionnant, Rémy nous ouvre les portes de cet univers fascinant et encore confidentiel qu'est le mushing en compétition. Avec Aurélie, ils entrainent leurs chiens en véritables athlètes de haut niveau : nutrition adaptée, massages, récupération, entrainement en force, d'endurance... rien n'est laissé au hasard pour s'assurer d'une performance optimale le jour J ! Vous l'entendrez, Rémy a une mentalité de battant et le travail qu'il met en place avec Aurélie pour ses chiens est juste incroyable.
Une conversation absolument passionnante sur tous les aspects du mushing, de la sélection des chiens en passant par le matériel, la logistique ou encore l'entrainement des hommes et des chiens.
🔎 Rémy nous a parlé de l'épreuve longue distance de référence dans la discipline, la Iditarod. Pour en apprendre plus sur la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc, dont Rémy est 7x finisher et 5x vainqueur, c'est par ici.
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Le chien, une fois qu'il est attelé, il n'a qu'une envie, c'est de courir et de courir le plus vite possible. Et donc, c'est à nous de détecter, en les regardant courir, si on peut accélérer, si on doit ralentir un peu pour ne pas arriver dans la zone rouge qui fait que le chien, tout simplement, il va s'écrouler de fatigue.
SPEAKER_00Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés
UNKNOWN!
SPEAKER_00Écoute, bienvenue Rémi sur le podcast, ravi de t'accueillir ce soir, d'ailleurs en direct de la
SPEAKER_01Suède. Oui, en direct de la Suède puisque ça fait maintenant 5 ans qu'on est installé ici.
SPEAKER_00Excellent. Écoute Rémi, moi je suis super content que tu puisses prendre un petit peu de temps pour nous expliquer ton parcours, ce que tu fais aujourd'hui et d'où tu viens. J'en dis pas plus, je te laisserai te présenter, mais l'univers dans lequel tu évolues aujourd'hui, l'univers du mushing, c'est un univers que je trouve moi absolument fascinant depuis un moment, mais que je connais au final assez peu donc je suis sûr qu'on va apprendre plein de choses avec toi ce soir mais voilà je te laisse commencer par nous expliquer ce que tu fais aujourd'hui et d'où tu viens
SPEAKER_01donc aujourd'hui ça fait 5 ans maintenant qu'on vit pleinement en Suède on a déménagé en Suède pour vivre pleinement notre passion du chien de traîneau que ça soit l'activité touristique parce qu'on reçoit soit des touristes essentiellement français pour partager notre passion, et puis surtout la compétition, puisque c'est vraiment ce qui nous motive. Et quoi de mieux que la Suède, avec des grands espaces, le froid, des bonnes températures, de la solitude pour pouvoir entraîner les
SPEAKER_00chiens de traîneau.
SPEAKER_01Génial.
SPEAKER_00Et vous êtes où en Suède, par curiosité
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, on est à Lixélé, c'est dans le Vastabotten, c'est au nord de la Suède, c'est à peu près à 1500 kilomètres au nord de Stockholm. On est en Laponie suédoise, dans un endroit qui n'est vraiment pas touristique. Notre premier voisin, il est à 10 kilomètres. Le premier village est à 40. La première grosse ville est à 120 kilomètres de
SPEAKER_00chez nous. Des conditions, un environnement plutôt isolé en tout cas.
SPEAKER_01Oui, on est tranquille. On a la distanciation sociale assurée ici.
SPEAKER_00Excellent, génial. Génial. Écoute, avant qu'on continue sur le mushing, peut-être ce qui serait intéressant, c'est comment est-ce que tout ça a commencé et qu'est-ce que tu faisais avant d'être
SPEAKER_01musher
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est vrai que le mushing, ce n'était pas du tout quelque chose que je connaissais et je suis complètement tombé là-dedans par hasard. Ma première passion, ça a été la boulangerie parce que j'avais un oncle qui était boulanger et à l'âge de 5 ans, je suis de tomber fou à mourir du pain ça a commencé en fait tout bêtement voilà à 5 ans j'étais en vacances chez mon cousin et puis j'ai demandé à mon oncle ouais tonton comment on fait les pains au chocolat et bien il m'a dit si tu veux savoir comment on fait les pains au chocolat tu te lèves à 1h du matin tu descends au fournil et je vais te montrer comment on fait et bien à 5 ans et bien à 1h du matin je me suis levé je suis descendu au fournil j'ai fait des pains au chocolat avec lui sauf que je suis pas remonté mais je suis physiquement pas remonté et Et après, toutes mes vacances scolaires, je les ai passées à travailler dans le fournil parce que j'avais envie d'apprendre, j'avais envie de découvrir. Et ça, ça a été ma passion pendant de nombreuses années. J'ai eu la chance de découvrir de très bons professionnels qui m'ont donné le goût du travail, le goût de se dépasser, d'essayer d'aller chercher l'excellence. Et du coup, en 2000, je suis devenu moi-même après meilleur ouvrier de France. je me suis ensuite installé à Meugeb où on a ouvert 8 boulangeries donc c'était une entreprise qui marchait très très bien qui prospérait mais un jour on va dire que les contraintes de la gestion d'une entreprise sont devenues plus importantes que le plaisir que j'en avais et moi je suis un passionné j'ai besoin de me lever les matins et d'avoir du plaisir à ce que je fais et à partir du moment donné où les contraintes sont plus importantes que le plaisir qui en découle et bien tout simplement j'ai arrêté je me suis dit ce que je fais là me correspond plus j'ai peut-être un petit peu fait le tour et bien j'arrête et je fais autre chose donc quasiment du jour au lendemain j'ai tout arrêté et puis je me suis dit qu'est-ce que je vais faire quelques années auparavant j'avais fait un voyage au Canada et j'avais fait du chien de traîneau mais complètement par hasard j'ai fait du chien de traîneau ça m'a plu. J'y suis retourné plusieurs fois en fer, on y est retourné en famille. Et puis, deux ans après, j'ai eu mon premier chien, et puis mon deuxième chien, et puis mes premières portées. Et en même temps que j'avais les boulangeries, en fait, je me suis retrouvé avec une douzaine de chiens à la maison. J'ai commencé à faire du mushing à titre de loisir. Uniquement, on appelle ça dans le jargon du mèche-mèche. C'est C'est simplement aller se promener avec ses chiens, partager l'activité avec eux, les grands espaces, la nature. Et quand j'ai vendu les boulangeries, je me suis dit, tiens, en fait, j'aime les grands espaces, j'aime partager ma passion, j'aime le sport, eh bien, tiens, je vais me lancer là-dedans. Et donc, j'ai passé mon diplôme d'État de mûcheur, puisqu'il faut un diplôme d'État pour pouvoir encadrer cette activité en France. En parallèle, j'ai passé l'accompagnateur en montagne et avec le monitor AVTT qui était mon premier sport à l'origine voilà il y en a un an je me suis complètement reconverti arrêter la boulangerie pour passer au monde du mushing dans un premier temps c'était vraiment à titre professionnel donc j'emmenais des touristes découvrir l'activité c'était sur la station des saisies et puis complètement par hasard un jour l'école qui m'avait formé me dit ah bah Rémi il y a la grande odyssée qui nous offre deux invitations pour pour faire un trophée Grande Odyssée, parce qu'au sein de la Grande Odyssée, qui dure 11 jours, il y a des trophées qui durent 3-4 jours, pour pouvoir faire la promotion de l'école. Est-ce que ça t'intéresse
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je commençais un petit peu à avoir des chiens performants, à avoir des chiens plus typés course, parce qu'il y a une multitude de races qu'on peut atteler devant un traîneau. Et je me suis dit, pourquoi pas
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc, je me suis préparé un petit peu. Et là, dès que j'ai pris le départ de la course, je m'en souviens comme si c'était hier j'ai pris le départ et au bout de 50 mètres je me suis dit en fait c'est ça que je veux faire c'est pas forcément emmener des touristes se promener je veux faire de la compétition je veux partager cet effort avec les chiens je trouve ça merveilleux cette ambiance, cette osmose avec eux et là j'ai mis la main dans la grenage qui fait que très rapidement j'ai fait de la compétition et l'activité professionnelle et au bout de 2-3 ans je me suis dit si je veux vraiment performer vraiment m'améliorer vraiment être bon je ne fais plus que ça et donc je me suis lancé pendant des années à ne faire que de la compétition jusqu'à ce qu'on déménage ici en Suède pour pouvoir avoir un environnement qui est vraiment très propice à notre activité Waouh
SPEAKER_00quel parcours quel parcours et par curiosité en dehors de la grande odyssée quels sont les autres gros événements les grosses compétitions auxquelles tu as pu
SPEAKER_01participer alors nous on s'est vraiment spécialisé parce que dans le monde du mushing c'est un peu comme dans l'athlétisme il y a plein de disciplines différentes ça part du sprint jusqu'à la longue distance et nous on s'est spécialisé dans les dans les courses de mi-distance à étape donc c'est des courses qui durent entre 8 et 11 jours d'accord on court tous les jours on a des étapes tous les jours et les étapes font entre 30 et 60 km par jour nous on s'est vraiment spécialisé là dedans tout simplement parce que ça allie vitesse et endurance et la possibilité d'avoir beaucoup de soins sur les chiens qui pour moi est un élément essentiel c'est à dire qu'on a un pool de chiens par exemple sur la grande odyssée on a 12 chiens et tous les jours on doit être les 6 chiens minimum, 10 chiens maximum en fonction de l'étape. C'est-à-dire qu'en fonction de la durée de l'étape, de la difficulté technique, de la difficulté physique, des fois, il vaut mieux atteler 6 chiens et en laisser reposer 6, mais des fois, il vaut mieux en atteler 8 ou des fois, il vaut mieux en atteler 10. C'est comme si on avait une équipe de foot, on va gérer un petit peu notre équipe en fonction du parcours qu'on a. Le fait de pouvoir faire reposer les chiens, c'est super parce C'est comme des athlètes de haut niveau. Ils produisent un effort physique. Après, ils ont besoin de soins, de massages, d'ostéopathie et de récupération. C'est vraiment le genre de course qui nous intéresse. Les courses principales dans la mi-distance, ça va être la Grande Odyssée qui a lieu en France. Et on a un autre objectif important, c'est la Norvétrel qui a lieu en Norvège. c'est le même profil
SPEAKER_00d'accord mais alors attends si mi-distance c'est déjà des épreuves qui durent en gros une semaine les épreuves de longue distance ça s'étale sur combien de
SPEAKER_01temps
UNKNOWN?
SPEAKER_01les épreuves de longue distance la plus connue ça va être Lady Tarod qui a lieu en Alaska c'est une course qui fait 1600 km ah ouais et donc là c'est 1600 km mais en non-stop avec des checkpoints sur lesquels on a des points de passage obligatoires mais là par contre on peut pas laisser reposer des chiens c'est à dire qu'on part avec un attelage composé de 16 ou 18 chiens d'accord et on ne peut pas avoir de remplaçant on peut enlever des chiens quand ils sont fatigués mais on peut pas avoir de nouveaux chiens qui vont intégrer le team
SPEAKER_00d'accord c'est super intéressant parce que j'avais pas forcément conscience tu vois de cet aspect stratégique sur la gestion des chiens justement de combien t'en emmènes quand est-ce que tu fais les changements combien t'en en a-t-elle, ça rajoute une dimension que je n'avais pas forcément vue. Super intéressant. Et sur la Grande Odyssée en particulier, je reviens sur celle-là peut-être plus spécifiquement parce que moi, c'est celle que je connais le plus. Alors d'ailleurs, dis-moi en tant qu'expert, est-ce que c'est la course la plus connue en Europe, en France à tes
SPEAKER_01yeux
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui, c'est la course la plus médiatique et puis c'est surtout la course la plus difficile techniquement c'est à dire que c'est la seule course qui se déroule intégralement en montagne donc ça veut dire qu'on a beaucoup de dénivelé positif donc ça monte énormément donc c'est à dire que c'est physique pour les chiens mais c'est également physique pour le mûcheur et c'est très dur techniquement parce que tout ce qu'on monte il va falloir le descendre donc il faut avoir du pilotage et c'est pour ça que c'est vraiment cette épreuve qui me tient à coeur parce que parce qu'on ne fait qu'un avec le team. C'est-à-dire qu'on demande à nos chiens de courir, d'être performants, mais il faut soi-même courir et être performant. Et on va vraiment partager l'effort. C'est vraiment pour ça que ce type de course me plaît énormément.
SPEAKER_00Au-delà du fait que ça te plaît, je crois que tu ne l'as pas mentionné sans doute par humilité, mais tu l'as déjà remporté, la Grande Odyssée, à plusieurs reprises d'ailleurs.
SPEAKER_01Oui, c'est la sixième fois cette année-là. j'ai
SPEAKER_00dit 6 fois donc oui c'est jamais arrivé je crois il me semble avoir eu des articles t'es le seul à avoir
SPEAKER_01non le record était de 3 fois et ouais là ça fait la 6ème fois et puis on est en train de se préparer pour essayer d'en remporter une 7ème
SPEAKER_00fois excellent alors justement comment tu te prépares à ce genre d'épreuve quand t'as un niveau de technicité aussi important parce que le terrain tu nous disais que tu vis maintenant en Suède moi je suis allé qu'une fois en Suède mais ce que j'avais pu en voir c'est c'est relativement plat c'est pas forcément ce qu'on retrouve dans les Alpes donc comment tu fais pour toi et enfin pour te préparer toi mais également les chiens à ce genre d'épreuve technique
SPEAKER_01alors déjà on s'entraîne on s'entraîne toute l'année c'est à dire qu'une grande odyssée pour nous elle se prépare dès l'arrivée de la précédente c'est à dire qu'à partir du moment donné où on a franchi la ligne d'arrivée moi la première chose à laquelle je pense avec ma compagne Aurélie qui est aussi meucheuse vétérinaire et meucheuse c'est que dès qu'on a passé la ligne d'arrivée on se dit bon voilà ça c'est fait on le met de côté maintenant qu'est ce qu'il faut faire Qu'est-ce qu'il faut mettre en place pour être meilleur l'année prochaine
UNKNOWN?
SPEAKER_01Parce que le but, il est là en fait. Ce n'est pas forcément de remporter une nouvelle fois la course. Ce qui est important, c'est d'analyser ce qu'on a fait. Qu'est-ce qui a été
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ça, on le met vite de côté. Mais qu'est-ce qui a pêché
UNKNOWN?
SPEAKER_01Où est-ce qu'on peut s'améliorer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qu'on a vu sur nos concurrents qui pouvaient être intéressants
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qu'on peut mettre en place
UNKNOWN?
SPEAKER_01Qu'est-ce qu'on peut changer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Donc, on fait le debriefing en général quasiment tout de suite et lors du voyage de retour qui dure quand même 3 jours parce qu'on a 3600 km à faire pour rentrer chez nous on se fait un petit débrief et on se dit on va pouvoir changer telle chose sur la nourriture, telle chose sur l'éducation des chiens, telle chose sur je sais pas moi la logistique du camion parce que la logistique était importante qu'est-ce qu'on va pouvoir changer aussi sur l'entraînement et Et ça, dès qu'on arrive à la maison, on travaille en ayant comme point de vue la grande odyssée de l'année d'après parce que ça reste vraiment aujourd'hui notre objectif principal. On a d'autres objectifs annexes. L'année prochaine, on va faire les championnats du monde qui ont lieu en Suède et la Norway Trail. Mais l'objectif numéro un pour nous, c'est la grande odyssée. L'entraînement, il est très varié. On fait beaucoup, beaucoup de travail en libre. Quand on dit en libre, c'est que je prends 15-20 chiens avec moi et je les emmène en VTT. Moi, je suis en VTT, je roule à une certaine allure et eux se mettent derrière moi. Ils me suivent à la même allure que moi pour pouvoir travailler de l'endurance. Parce que comme chez un athlète humain, c'est exactement la même chose. Comme chez un athlète humain, on travaille 80% d'endurance et après 20 de fractionner pour pouvoir augmenter notre niveau et la meilleure des solutions qu'on a trouvées c'est ça on prend un VTT on fait 30 à 60 km par jour ça nous entraîne nous et ça les entraîne eux et ensuite on va faire du travail plus spécifique à l'attelage où on va atteler les chiens en général un quad sans moteur mais très lourd c'est un quad qui fait 400 kg et on va là travailler l'appui
SPEAKER_00puissance.
SPEAKER_01Ce qui fait que quand on va arriver aux premières neiges début novembre, on on aura travaillé l'endurance on aura travaillé la puissance et ensuite il n'y aura plus qu'à travailler le spécifique avec la glisse du traîneau et le pilotage
SPEAKER_00ok c'est fou de voir que évidemment quand on voit le niveau de ces courses la grande odyssée c'est un peu une des références si je ne me trompe pas dans l'univers du mushing ça paraît évident de dire qu'il y a une grosse préparation derrière mais je ne pensais pas que c'était En gros, tu finis l'édition N, tu es déjà en train de préparer quelques jours plus tard l'édition N
SPEAKER_01plus 1. On pense quasiment qu'à ça. Par exemple, une journée comme aujourd'hui, elle a démarré à 4h du matin pour les premiers entraînements. J'ai terminé les derniers entraînements vers midi. parce qu'on a quand même une quarantaine de chiens à entraîner donc on a plusieurs groupes de chiens qui ont des niveaux un petit peu différents avec des plus expérimentés des plus jeunes donc on leur fait pas forcément faire la même chose au même moment et puis le soir en général c'est plutôt l'entraînement spécifique humain parce qu'on est aussi suivi par un préparateur physique pour travailler tout ce qu'on va avoir besoin sur la course c'est à dire beaucoup de cardio beaucoup de fractionnés et puis des gestes spécifiques comme de la trottinette parce qu'on patine énormément et essayer de refaire ces mêmes gestes tout le long de l'année pour être le plus performant possible le jour J
SPEAKER_00ok et alors t'as parlé d'entraînement physique pour les chiens spécifique mais j'ai une question il me semble encore une fois je connais très peu l'univers du mushing, mais si j'ai bien compris, il y a quand même aussi une notion de, quand tu assembles ta team, tu ne mets pas juste, un peu comme en sport, tu ne mets pas juste des profils de chiens qui sont forts physiquement ou forts techniquement. Il y a aussi une notion de travail en meute, si j'ai bien compris, avec une sorte de hiérarchie sociale entre les chiens eux-mêmes.
SPEAKER_01Alors, oui et non. Oui, parce qu'on peut parler de meute quand on va parler de chiens nordiques. Alors, En fait, on va avoir deux grandes familles qu'on va atteler devant les traîneaux. Il y a les chiens, ce qu'on appelle nordiques. Donc, en général, les chiens nordiques, c'est ce que connaît monsieur et madame tout le monde. C'est le Husky de Sibérie, c'est le Groenlandais, c'est le Malamute. En amour, c'est un gros chien, les oreilles droites, la queue en panache et du poil. C'est ce qu'on peut retrouver dans les livres de Jack London. Mais il n'y a pas que ça. Et nous, ce n'est pas avec ça qu'on court. Nous, on court avec ce qu'on appelle des Scandinavian Hund. Scandinavian parce qu'ils ont été inventés en Scandinavie. Hund parce que ça veut dire chien. Et ces chiens-là, ça a été le croisement de multiples races pour obtenir les chiens les plus performants possibles en compétition de chien de traîneau. Si on veut faire un résumé, c'est un peu plus compliqué que ça, mais on prend un chien nordique, par exemple un Husky de Sibérie, on le fait reproduire avec un chien plus fort, plus puissant, plus rapide, donc tous les chiens qui sont issus de la chasse, un braque, un setter, un pointer, un lévrier greyhound, et on obtient un scandinavian hound. Donc ça ne se fait pas sur une génération, ça se fait sur plusieurs générations. Mais une fois qu'on a obtenu ça, on a un chien qui a cette capacité de tracter qu'a le chien nordique, avec cette capacité d'aller vite qu'a un chien de chasse. Et là, on obtient entre guillemets le chien parfait pour le chien de traîneau, c'est-à-dire un chien fort, puissant, endurant et surtout très proche de l'homme. C'est là la grosse différence avec du chien nordique. Du chien nordique, on va parler d'une meute Parce que comme une meute de loup, il y a un dominant, des dominés, et il y a un rapport de hiérarchie qui s'installe dans le groupe. Alors que dans le Scandinavian Hund, on ne parle pas de meute, on parle de groupe de chiens dont le meucheur est le point de référence. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de notion de dominant-dominé, il y a simplement un groupe de chiens dont nous, on est le point de référence, et ils n'ont aucune envie c'est d'être avec nous et de nous faire plaisir.
SPEAKER_00Ce qui enlève quand même un gros niveau de complexité à gérer par rapport à une
SPEAKER_01meute. Déjà, ça enlève beaucoup de tensions au niveau des chiens, ça enlève beaucoup de tensions au niveau du mûcheur et surtout, ça nous permet de faire un travail qu'on pourrait faire très difficilement avec des chiens d'ordique. Ce matin, par exemple, je suis parti avec 16 chiens derrière mon VTT et on va se promener dans les forêts suédoises. On peut rencontrer des oiseaux on peut rencontrer des rênes on peut rencontrer des élans mais les chiens ne vont pas s'enfuir ils n'ont qu'une envie c'est de rester autour de nous parce qu'en fait ce qui leur fait plaisir c'est qu'on partage quelque chose ensemble
SPEAKER_00Mais du coup, le fait d'utiliser des Scandinavian Hounds, alors vous, c'est ce que vous faites, mais en tout cas, le fait d'utiliser un attelage qui n'est pas un attelage de chien nordique, est-ce que c'est viable sur des courses aussi un peu plus longues et extrêmes comme celles qu'il y a en Alaska, où il y a parfois des formats, des preuves où il y a un peu moins le choix, il faut que ce soit des chiens
SPEAKER_01nordiques
UNKNOWN?
SPEAKER_01quelle que soit la distance, que ce soit du sprint à la longue distance, elles ne sont plus gagnées par des chiens nordiques. On va avoir soit du Scandinavian Hund pour le sprint à la mi-distance, et ensuite, quand on veut aller dans de la longue distance, on va utiliser ce qu'on appelle des Alaskans. Pour monsieur et madame tout le monde, quand ils vont le regarder, ils vont se dire, ah oui, c'est un whisky. Non, ce n'est pas un whisky de Sibérie. C'est en fait la même chose... Exactement la même chose qu'un Scandinavian Hund, sauf que le pourcentage de chiens de chasse est un peu moins important à l'intérieur. Donc physiquement, c'est un chien qui ressemble plus à un chien nordique. Il a des oreilles droites, il a un petit peu plus de poils. Ça va être un chien un peu plus primitif, mais par contre avec des capacités qui sont bien plus importantes que des chiens nordiques.
SPEAKER_00D'accord. C'est vraiment passionnant. Je n'avais vraiment pas du tout vu cet aspect. Encore une fois, gestion un peu tactique quand même de l'équipage que tu mets devant le traîneau. Et ça, toi, avant d'arriver à la conclusion que tu voulais travailler avec des Scandinavian Hounds plutôt que des chiens nordiques, c'est quelque chose qui était très clair pour toi dès le début ou ça s'est construit au fur et à mesure de tes
SPEAKER_01épreuves
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, ça s'est construit au fur et à mesure parce que comme tout le monde, quand j'ai commencé l'activité, on on pense à Husky de Sibérie, et il se trouve que la première personne que j'ai rencontrée avait des malamutes d'Alaska, et donc j'ai pris des malamutes d'Alaska, mais sans avoir de connaissance de la race, sans avoir de connaissance de l'activité, je l'ai pris parce qu'il fallait commencer par quelque chose, et je me suis retrouvé avec des malamutes d'Alaska. Mais très rapidement, je me suis rendu compte quand même qu'au niveau du caractère, au niveau de ce qu'on pouvait faire avec eux Au niveau de la performance, surtout, ce n'est pas du tout le genre de chien que je voulais. Moi, ce que je voulais, c'était partager pleinement quelque chose avec mes chiens, que ça soit facile à vivre, qu'on puisse faire plein d'activités, aller faire du vélo avec eux, aller faire du trail avec eux, aller faire de la natation avec eux. Et puis surtout, une fois qu'on les a tels, être performant, c'est-à-dire aller vite et aller loin. Donc rapidement, je me suis rendu compte que... la race dans laquelle je m'étais lancé n'était pas forcément très adaptée à ce que je voulais. Donc, j'ai commencé à évoluer, à me renseigner à droite, à me renseigner à gauche, à aller voyager en Alaska pour aller chercher mes premiers Alaskans, à aller en Scandinavie pour aller chercher mes premiers Scandinavian Hund. Et puis, voilà, rencontrer le maximum de gens dans le milieu pour apprendre. Il y a telle personne qui va être bonne en animal alimentation, je vais aller la voir pour essayer d'apprendre l'alimentation. Telle personne est bonne en entraînement, donc je vais la voir pour l'entraînement. Quand on veut apprendre, mais si on a n'importe quel métier ou n'importe quelle passion, il vaut mieux aller voir tout de suite les meilleurs et s'adresser à ceux qui gagnent et s'adresser à ceux qui maîtrisent la discipline depuis des années pour essayer de progresser le plus rapidement possible.
SPEAKER_00Justement, quels seraient toi tes conseils maintenant que tu es clairement plus expérimenté et clairement l'un des meilleurs avec entre autres tes six titres de champion de champion, de vainqueur de la Grande-Olyssée. Quel conseil est-ce que tu donnerais, toi, à quelqu'un qui voudrait se lancer dans le mushing
UNKNOWN?
SPEAKER_01Déjà, il faut prendre les bonnes lignées de chiens. Aujourd'hui, il existe des lignées de chiens qui sont très stables, d'abord dans leur tête, dans leur caractère, qui sont faciles à vivre, qui n'ont peur de rien, qui s'habituent à tout. et qui ont un potentiel physique très important donc après bien entendu il va falloir l'exploiter on a un potentiel mais si on l'entraîne pas ça va pas donner grand chose alors déjà choisir les bonnes lignées prendre son temps prendre son temps et surtout le plus important aujourd'hui avant de parler d'entraînement nous on parle d'éducation nous par exemple ici en Suède on reçoit des groupes de mûcheurs qui ont envie d'apprendre, qui ont envie de progresser. La semaine prochaine, on a une dizaine de personnes qui vont venir pour découvrir ça. La première chose que je vais leur dire, c'est qu'on va parler d'éducation. On ne va pas parler lignée de chien, on ne va pas parler d'entraînement, on ne va pas parler de nourriture, on va parler d'éducation. Parce qu'à partir du moment donné où les chiens ont une bonne éducation, on peut tout faire avec eux. Alors que si on a le meilleur chien du monde, mais qui n'écoute rien et avec lequel on ne peut rien faire, on ne peut pas lui faire faire des exercices appropriés. La différence d'un athlète humain à un athlète canin, c'est qu'un athlète humain, on peut le prendre entre quatre yeux et lui dire, aujourd'hui, tu vas faire du fractionné, tu vas faire ce que j'ai fait tout à l'heure, tu fais une minute à fond, une minute de repos, une minute à fond, une minute de repos, mais un chien, on ne peut pas lui expliquer ça. Donc, il faut trouver des méthodes, il faut trouver des subterfuges pour obtenir la même chose mais avec un groupe de 10 15 20 chiens donc pour ça il faut avoir des chiens qui sont complètement à l'écoute avec lequel on a tout le temps la maîtrise on peut pas se dire je pars en VTT avec 20 chiens et puis au bout de 5 minutes j'en ai perdu la moitié parce qu'ils ont vu s'envoler un oiseau à 50 mètres voilà
SPEAKER_00Donc l'éducation, éducation d'abord et ensuite les bonnes lignées. Et sur les lignées, comment est-ce que tu trouves ce genre d'informations sur les lignées performantes ou qui correspondent à ce que tu cherches
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est très simple, il suffit de regarder qui a gagné les courses pendant les 20 dernières années. Il faut aller chez eux, il ne faut pas avoir peur de poser des questions. savoir comment ils entraînent, comment ils nourrissent, pourquoi ils choisissent ce type de chien-là. Quand on veut faire des portées, leur poser la question, de savoir, tiens, j'ai une bonne chienne, je cherche un mâle, qu'est-ce que tu penses de celui-là
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ils vont nous dire, il a tel caractère, ça va avoir telle incidence sur la génération. Donc, il ne faut pas avoir peur de poser des questions, de se débrouiller, et
SPEAKER_00de se
SPEAKER_01remettre en
SPEAKER_00question alors pour revenir sur les courses alors là on verra pas la vidéo sur le podcast mais je vois que derrière toi t'as une sorte de planisphère pas vraiment l'Alaska mais presque du coup ça me fait te poser la question suivante comment est-ce que tu gères la partie logistique quand tu dois te déplacer avec une dizaine de chiens un traîneau etc et par exemple pour l'Alaska est-ce que tu te rends sur place en avant pour qu'ils s'acclimatent comme des athlètes. Ça m'a l'air d'être une partie, sans trop avoir les pieds dedans, quand même assez importante à gérer.
SPEAKER_01La logistique est très compliquée. Nous, en plus, on court avec deux athlèges. Par exemple, quand on se déplace sur la Grande Odyssée, on se déplace avec 24 chiens. 24 chiens, deux traîneaux, la nourriture, les croquettes, la viande, tout le matériel. Nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a pris un camion pour chevaux. qu'on a réhabilité pour le transport canin donc on a une partie appartement pour pouvoir y vivre à l'intérieur et après là où il y avait les chevaux on a mis des cages à chiens et on a mis une table de massage qui nous permet de transporter 24 chiens et surtout de pouvoir soigner ces 24 chiens parce qu'en fait avant chaque étape et après chaque étape les chiens ils sont checkés au niveau ou ostéopathiques, ils sont massés avant, ils font leur étape et ensuite on refait ça après. Pour être sûr que l'attelage, les chiens qu'on va sélectionner pour l'étape sont en parfaite condition pour pouvoir être le plus performant possible. Il y a un dicton dans le mushing qui dit qu'on gagne une course avec le chien qu'on laisse au camion. C'est très simple. Ça veut dire que quand on a un doute sur un chien, il vaut mieux ne pas le prendre et le laisser se reposer et ne partir qu'avec des chiens sur lesquels on est 100% sûr. En sachant que comme c'est une équipe, par exemple si on a une équipe de 8 chiens, on ira toujours à l'allure du plus faible. donc ce qui est important en fait dans l'équipe c'est d'avoir un groupe très homogène et ça sert absolument à rien d'avoir un super chien à l'intérieur d'un groupe moyen parce que ce super chien il ne va rien apporter du tout et peut-être même que ça sera le maillon faible parce qu'il va vouloir aller plus vite que le reste du groupe se fatiguer et finalement ça sera lui qui va craquer en premier donc le but du jeu c'est d'avoir un groupe le plus homogène possible et ça c'est très compliqué et c'est très long alors maintenant moi j'ai commencé la compétition en 2012 l'année prochaine on est en 2022 donc ça va faire 10 ans et même si j'ai gagné beaucoup de courses je ne peux pas dire qu'aujourd'hui j'ai eu jusqu'à présent un groupe complètement homogène en me disant j'ai 12 chiens de même niveau qui peuvent passer dans toutes les positions possibles et sur lesquelles je peux compter sur n'importe quelle étape. Ce n'est encore jamais arrivé. Peut-être que ça va arriver pour 2022, on y travaille. On n'a jamais eu un team aussi fort pour la saison prochaine, mais ce ne sera peut-être pas encore cette année, parce que c'est vraiment très compliqué d'avoir un groupe de 12 chiens complètement homogènes.
SPEAKER_00Comment tu suis le niveau de performance de chaque chien quand on a plus de 40
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce que tu arrives vraiment à te rappeler d'où on est chacun
UNKNOWN?
SPEAKER_01Déjà, on note tout. Les plannings d'entraînement qu'on fait pour nous, on le fait aussi pour les chiens. Tout est noté avec en plus le temps qu'ils font, la température qui a une grosse incidence sur leur performance. Comme sur un athlète humain, on a un planning d'entraînement avec l'objectif qui est en ligne de mire mais il faut savoir s'adapter avec la météo avec le moral des chiens c'est à dire que pareil on en discutait tout à l'heure mais un chien on peut pas le prendre entre 4 yeux et lui dire bon il y a les championnats du monde dans 6 mois il va falloir faire des sacrifices t'arrêtes les carrés de chocolat t'arrêtes de regarder le foot à la télé le soir tu te couches tôt et on va faire des sacrifices pendant 6 mois pour pouvoir gagner une médaille le chien il s'en fout ce qu'il veut lui la seule chose qui lui fait plaisir le chien c'est de courir c'est de courir et de courir vite parce que c'est là qu'il s'éclate mais pour ça il faut que tout tout soit un jeu pour lui Il ne faut pas qu'il y ait une notion de travail, une notion d'obligation. Il faut que tout ce qu'on mette en place ressemble à un jeu pour que le chien s'éclate. Et si le chien s'éclate, il est performant et il a envie de courir.
SPEAKER_00Tu disais qu'il faut que pour le chien, tout soit un jeu. C'est quelque chose que j'avais lu. Je ne sais pas si c'est spécifique aux chiens nordiques ou pas, mais j'avais cru comprendre qu'il y avait une notion aussi de gestion d'effort parce que dans certains cas, les chiens pouvaient s'épuiser par plaisir, mais s'épuiser, continuer à courir et aller au-delà de leurs limites. Est-ce que c'est vraiment le cas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Est-ce qu'il y a ça que tu dois
SPEAKER_01gérer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui. On a ce qu'ils appellent le« will to go». c'est vraiment l'envie d'y aller, l'envie de courir. Et le chien, il ne fait pas dans la demi-mesure. C'est-à-dire qu'un athlète humain, il peut se dire, bon, allez, là, ça va être un peu dur aujourd'hui, on va y aller mollo, ou je n'ai pas trop envie, on y va tranquille. Non, non, non, le chien, une fois qu'il est athlète, il n'a qu'une envie, c'est de courir et de courir le plus vite possible. Et donc, c'est à nous de détecter en les regardant courir si on peut accélérer si on doit ralentir un peu pour ne pas arriver dans la zone rouge qui fait que le chien tout simplement il va s'écrouler de fatigue c'est à dire qu'il ne va pas lever la patte et dire là je suis un peu fatigué il faudra ralentir non le chien il court et quand il n'en peut plus il s'arrête donc le boulot du mûcheur c'est certes de piloter le traîneau mais c'est surtout d'observer ses chiens et de les regarder on regarde le cul de nos chiens pendant des dizaines et des dizaines et des dizaines de kilomètres pour observer leur façon de courir voir s'ils sont bien voir si on peut accélérer ou au contraire s'il faut ralentir un petit peu parce qu'il y en a un qui est un petit peu dans le dur et qu'en ralentissant un tout petit peu pendant quelques kilomètres comme un athlète humain il va se refaire la cerise et puis il va pouvoir réaccélérer
SPEAKER_00plus long Et toi qu'est-ce que tu regardes spécifiquement comme signaux sur tes
SPEAKER_01chiens c'est surtout la manière dont ils vont se projeter dans le harnais et l'amplitude des mouvements il faut savoir qu'aujourd'hui sur des courses de mi-distance on est aux alentours de 27-28 km heure de moyenne sur des distances de 40-50 km donc ça veut dire que le chien a besoin de beaucoup d'amplitude et s'il commence à manquer d'amplitude ça veut dire que soit il est fatigué soit il commence à avoir un problème musculaire une liaison musculaire soit il peut apparaître des tendinites soit des blocages articulaires qui font qu'il va avoir moins d'empattement donc moins de vitesse donc en fait on passe notre temps à les regarder courir et aujourd'hui quand j'ai 10-12 chiens attelés devant mon traîneau je peux dire celui-là il commence à un petit peu fatiguer donc on va ralentir un petit peu ou alors en rentrant de l'entraînement ou en rentrant de la compétition tout de suite je dis à Aurélie qui qui est en train de passer des examens pour devenir vétérinaire ostéopathe. Il y a un smog aujourd'hui que je sens un petit peu moins bien. J'ai l'impression qu'il a un peu moins d'amplitude. Il est un peu bloqué au niveau de l'épaule droite. Tu peux regarder. On lui fait une séance d'ostéopathie. On lui fait du massage. On lui donne 2-3 jours de repos. Et ensuite, c'est reparti.
SPEAKER_00C'est vraiment des athlètes
SPEAKER_01de haut niveau. C'est vrai qu'il y a Nous, toute notre année et toutes nos journées sont dédiées aux chiens. C'est-à-dire qu'on se lève très tôt le matin en pensant à l'entraînement. On fait l'entraînement, on fait le nourrissage, on fait les soins, on prépare le matériel. On essaye de trouver des nouvelles techniques d'entraînement d'année en année. On essaye de ne pas se reposer sur nos acquis et toujours se remettre en question.
SPEAKER_00Tu disais que les journées commencent tôt, notamment pour le nourrissage. Qu'est-ce qu'il y a de spécifique
UNKNOWN?
SPEAKER_00On rentre vraiment dans les détails, mais je trouve que c'est super intéressant. Qu'est-ce qu'il y a de spécifique avec l'alimentation pour des chiens de performance comme
SPEAKER_01tu as
UNKNOWN?
SPEAKER_01Le type de nourriture qu'on va leur donner, il faut que ce soit des croquettes qui soient très énergétiques. L'essentiel de leur énergie, ils le puisent plutôt dans la matière grasse que dans le sucre, au contraire de l'être humain, même s'ils en Donc, c'est des croquettes très grasses qui sont couplées avec de la viande, du poisson, pas mal de compléments alimentaires, au même titre qu'un sportif de haut niveau. Et surtout, ce qui est important, c'est le moment où on va donner la nourriture par rapport à l'entraînement ou par rapport à la compétition. On va dire que c'est un petit peu comme en ultra-trail. Je crois que 80% des gens qui abandonnent un ultra-trail, c'est à cause de problèmes gastriques ou intestinaux. Pour le chien, c'est un petit peu la même chose. Donc, on fait très attention sur... sur les heures des repas, les heures des hydratations qui précèdent un entraînement ou la compétition.
SPEAKER_00Est-ce qu'il y a une notion de prise de poids volontaire avant une épreuve aussi longue que ce que tu t'apprêtes à faire en Alaska ou même pour
SPEAKER_01l'Odyssée
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non. Comme sur un athlète humain, on fait très attention au poids. Ils sont pesés régulièrement. On les regarde tous les jours à et à plusieurs parce que quand on est toujours devant un chien on a tendance à plus vraiment voir s'il grossit ou s'il maigrit alors que si on regarde à plusieurs on peut se dire attention là t'as vu là il me semble un petit peu gros hop ça nous permet tout de suite de le peser et donc les croquettes la viande les compléments alimentaires tout ça c'est pesé chaque gamelle est pesée chaque gamelle est individuelle donc ils ont un régime individuel pour chaque chien Et on fait attention que les chiens ne prennent pas de poids, c'est-à-dire qu'ils ont leur poids de forme. Il faut qu'ils restent sur le fil du rasoir, un petit peu comme un athlète humain. Trop gros, un, ils sont moins performants, et deux, ils peuvent avoir des problèmes articulaires. Si tu vas courir et que tu prends 5 kilos, la première chose qui va arriver, c'est que tu vas avoir mal aux chevilles, aux genoux et au dos. Et eux, c'est exactement la même chose. Donc, on fait attention à ça. Et puis, s'ils sont trop maigres, ils vont manquer de force. et puis ils risquent de tomber malade. Donc il faut toujours être sur le fil de rasoir et faire très très
SPEAKER_00attention à
SPEAKER_01ça.
SPEAKER_00Trouver le bon équilibre. Alors peut-être pour finir sur le mûcheur, on a beaucoup parlé des chiens, mais je serais curieux de savoir toi, comment est-ce que tu, d'une part comment est-ce que tu te prépares, alors tu nous as parlé de la préparation physique, mais est-ce qu'il y a d'autres éléments de la préparation sur lesquels tu investis du temps et de l'énergie pour l'Odyssée puisque tu disais que c'était ton objectif principal mais peut-être pour l'Alaska aussi puisque c'est la première fois que tu vas la faire
SPEAKER_01cette course en Alaska pour l'instant on n'a pas c'est plutôt la Norvège qu'on vise et on vise peut-être de partir en Alaska d'ici deux ans pour faire une course qui est assez célèbre là-bas qui s'appelle l'ONAC c'est un peu le championnat nord-américain donc Mais le problème, c'est que se déplacer en Alaska, là, ce n'est plus pareil parce que là, il ne suffit plus de prendre que notre camion. Il y a un petit océan qui nous sépare. Donc, ça demande une logistique très importante parce qu'il va falloir déplacer tous les chiens en avion. Donc, c'est compliqué, c'est très cher. Et arrivé sur place, il va falloir trouver un véhicule pour pouvoir transporter tout ça. Donc, c'est un projet qu'on a qui qui ne se fera peut-être pas tout de suite, mais on attend d'avoir l'attelage parfait pour être sûr que ce ne soit pas le déplacement
SPEAKER_00pour rien. C'est possible, tu penses, d'arriver au point où tu te dis, là, c'est l'attelage parfait, parfaitement équilibré et super, je ne sais plus le terme que tu utilisais, je ne l'ai plus en tête, mais qui fonctionne vraiment en
SPEAKER_01symbiose
UNKNOWN?
SPEAKER_01Oui et non, je n'espère pas, parce que si un jour ça arrive, ça veut dire qu'on n'aura plus rien à apprendre et plus rien à proposer. progresser. Et dans ce cas-là, s'il n'y a plus rien à apprendre et qu'on ne peut plus progresser, je crois qu'il faut passer à autre chose et se lancer dans une autre aventure. Je crois que ce qui est vraiment primordial, c'est de gagner. Je suis compétiteur dans l'âme, donc quand je prends un dossard et que je vais sur une compétition, c'est pour gagner, ce n'est pas pour être deuxième ou troisième. Mais par contre, ce qui m'intéresse le plus dans tout ça, C'est tout le travail qu'on va mettre en place jour après jour, semaine après semaine, pour progresser, pour aller chercher le petit détail qui va faire que ça va faire la différence. Si on a gagné six fois la Grande Odyssée, ce n'est pas forcément parce qu'on a l'attelage le plus rapide. C'est parce qu'on fait attention à tout un tas de détails qui vont faire la différence sur une course de 11 jours.
SPEAKER_00Sur cette prochaine grosse épreuve en Norvège, qu'est-ce qu'il y a de spécifique sur lequel tu es en train de te préparer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Pour la Norvège, c'est un petit peu différent que la Grande Odyssée puisque c'est un petit peu plus court. Ça ne dure que 7 jours au lieu de 11. Le dénivelé est beaucoup moins important. Sur la Grande Odyssée, on peut avoir 2000-2500 mètres de dénivelé positif, ce qui ne nous arrive pas en Norvège. Ça veut dire que c'est moins dur physiquement par contre c'est plus rapide donc on travaille les chiens différemment pour le mois de mars parce que la Norway Trail a lieu au mois de mars que pour la Grande Odyssée qui a eu lieu au mois de janvier au mois de janvier on va plus travailler la puissance et l'endurance parce que les étapes sont plus longues et plus dures alors que pour la Norway Trail on va travailler plus de la vitesse pure et pas mal de fractionnés pour pouvoir pour pouvoir augmenter notre vitesse
SPEAKER_00d'accord et donc toi en tant que musheur j'imagine que tu t'adaptes aussi à l'effort est-ce que tu es moins sollicité sur une course qui est plus rapide et où il y a moins de dénivelé que sur une course très
SPEAKER_01technique c'est un petit peu moins dur physiquement la Norway Trail pour nous par rapport à la Grande Odyssée par contre on fait attention à la notion de poids parce qu'on est sur le traîneau donc ça veut dire qu'il ne faut pas oublier que c'est un sport de trait c'est à dire que ce sont les chiens avant tout qui nous tractent donc on fait attention au poids du traîneau on fait attention au poids du matériel qu'on amène à l'intérieur parce qu'il y a du matériel obligatoire et puis on fait attention à notre poids à nous une différence de 2-3 kilos on voit des différences sur la vitesse
SPEAKER_00des chiens et toi ton poids forme en tant qu'athlète
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est aux alentours de 70 kilos
SPEAKER_00et le traîneau pèse combien
UNKNOWN?
SPEAKER_01c'est un traîneau un peu spécial un peu léger il fait 8 kilos
SPEAKER_00Ah ouais, d'accord. Parce que je repense à l'entraînement avec le quad où tu disais que le quad fait à peu près 400 kilos. C'est vraiment pour du travail de puissance, ça n'a rien à voir avec un poids simulé de
SPEAKER_01traîneau. C'est la guerre facile. En fait, on essaye de travailler phase par phase pour que le jour où on arrive sur la compétition on ait des chiens puissants, endurants rapides en toutes circonstances
SPEAKER_00d'accord et tu parlais de dernière question un peu technique mais je suis vraiment curieux le matériel obligatoire dans le traîneau ça varie selon les courses
UNKNOWN?
SPEAKER_00oui
SPEAKER_01ça varie selon les courses c'est en général du matériel de sécurité donc ça va être dans les Alpes c'est un arbat obligatoire une pelle, une sonde à neige, couverture de survie, des bottines pour les chiens, un nécessaire de secours humain et canin. C'est essentiellement du matériel de sécurité. Il faut l'avoir, mais il faut que ça soit le plus léger possible parce que quand on fait une course de ski alpinisme, il y a du matériel obligatoire à emporter. On l'emporte, mais on fait le plus léger possible.
SPEAKER_00waouh et alors dernière question pour finir là dessus si toi tu te projettes sur cette épreuve en Norvège de quoi est-ce que tu as vraiment hâte qu'est-ce que t'aimerais pouvoir partager avec tes chiens
UNKNOWN?
SPEAKER_01Ce qu'on partage, c'est de se lever le matin, prendre son VTT, aller faire 30-40 km avec eux, quel que soit le temps, qu'il fasse froid, qu'il fasse chaud, qu'il fasse un petit peu de pluie. Justement, c'est là qu'on se dit... Là, je suis en train de m'entraîner, c'est dur, c'est compliqué, mais si je le fais aujourd'hui, les autres ne vont pas le faire et c'est ça qui fera la différence demain. Avant, dans le milieu du mushing, on entraînait les chiens l'hiver et puis quand on arrivait à l'été, on ne les entraîne pas parce qu'il fait trop chaud, parce qu'on n'a pas les bonnes conditions, etc. Alors que maintenant, on a des techniques d'entraînement qui font qu'on peut entraîner. En Suède, l'été, il fait chaud, il fait 25, il fait 30 degrés, même en Laponie, mais ça ne nous empêche pas de nous entraîner, parce qu'on leur fait faire de la natation, parce qu'on leur fait faire du travail en libre, qui n'est pas un entraînement attelé, donc l'effort n'est pas du tout le même, et quand on fait 30-40 kilomètres, on fait 30-40 kilomètres, doucement, parce qu'on travaille de l'endurance, et on fait ça le long d'une rivière, comme ça, tous les 4, 5, 10 kilomètres, quand il fait chaud, les chiens se jettent à l'eau, ils se rafraîchissent, ils reviennent avec moi, et on est partie.
UNKNOWNSuper!
SPEAKER_00Et toi, le mushing, tu disais que c'est ton activité à temps plein. Est-ce que tu arrives à en vivre du fait des courses que tu
SPEAKER_01gagnes
UNKNOWN?
SPEAKER_01Alors, les courses nous coûtent très très cher. On ne gagne pas notre vie en faisant de la compétition de chien de traîneau. Les déplacements, le matériel, la nourriture et les soins qu'on apporte aux chiens sont vraiment très importants. Donc, on On ne gagne pas du tout notre vie avec la compétition. On gagne notre vie parce qu'entre chaque compétition, on accueille des touristes sur notre site en Laponie où on va leur faire partager notre passion du chien de traîneau, mais notre passion du chien de traîneau de sport. Quand ils viennent ici, ils ne viennent pas faire un raid à la Jack London. Non, ils vont venir faire du traîneau avec des attelages de course. C'est les mêmes attelages qu'on utilise nous en compétition c'est les mêmes traîneaux qu'on utilise en compétition et on va faire 30 40 km entre 26 et 30 km en
SPEAKER_00moyenne.
SPEAKER_01Donc, du sportif. Oui, ce qu'on veut, en fait, c'est leur montrer que le traîneau, ce n'est pas forcément qu'une aventure, c'est d'abord un sport. Chez nous, on ne fait pas des balades de chiens de traîneau, on vient faire du sport de traîneau. On veut vraiment leur montrer que les chiens, ce sont des athlètes et que pour piloter un traîneau, il faut aussi être sportif.
SPEAKER_00Écoute, oui, moi, c'est clairement ce que je retiendrai de notre conversation. On arrive au bout mais j'ai trouvé ça absolument passionnant j'avais pas du tout en tête tu vois cette dimension forcément sportive oui puisque ça semble évident quand on regarde ne serait-ce que la durée d'une épreuve comme la grande odyssée on se doute bien que quand même il y a une dimension ne serait-ce que physique importante mais j'avais pas du tout imaginé tu vois le détail la complexité de la préparation le choix de la lignée la recherche d'efficacité le mélange entre puissance et endurance enfin c'est juste passionnant de voir comment est-ce que toi t'abordes tout ça et au final de voir que c'est beaucoup plus complexe et stratégique que simplement comme tu dis une petite balade en chien de traîneau donc écoute moi je voulais te remercier infiniment pour tous ces détails que t'as bien voulu partager avec nous le partage de ton parcours que moi j'ai trouvé absolument incroyable et je mettrai en description tous les liens vers vers votre site, notamment, et votre compte Instagram, comme ça. S'il y a des gens qui veulent aller se frotter, non pas à la balade en chien de traîneau, mais à la discipline sportive elle-même, ils auront tout ça. Ah, super. Un grand, grand merci, Rémi. Tout le meilleur pour la suite. Une excellente préparation pour la prochaine édition de La Grande Odyssée et toutes les autres courses sur lesquelles tu vas t'aligner. Et encore merci pour ton temps et ce super moment
SPEAKER_01d'échange. Merci à toi et c'est toujours un plaisir de partager notre passion.
SPEAKER_00Merci Rémi.