Les Frappés

💥Rediffusion💥 Sofia Gonzalez - Athlète paralympique Suisse et fière de l'être !

Sofia Gonzalez Season 1

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Si j'ai voulu partager à nouveau cet épisode enregistré avec Sofia Gonzalez en 2020  🎙 c'est pour plusieurs raisons :

1️⃣ Presque 1 an après cette conversation, Sofia qui a l'époque soufflait à peine sa 19e bougie, est en ce moment même aux JO Paralympiques de Tokyo. L’occasion de lui envoyer plein de bonnes ondes positives 😎

2️⃣ L'énergie dégagée par Sofia et l'humilité avec laquelle elle m'a présenté son parcours et sa philosophie de vie m'ont marqué. À ce jour, elle reste un exemple de résilience, d'acceptation de soi et de détermination que je cite régulièrement.

3️⃣ Enfin, la rediffusion de cet épisode, qui était le 3e que j'enregistrais, me permet de me rappeler où j'en étais en tant qu'host au début de l'aventure et de mieux réaliser le chemin parcouru depuis (et ce qu’il reste à faire 😂)

———

À 19 ans, Sofia Gonzalez nous livre déjà une belle leçon de vie. Cette athlète Suisse amputée de la jambe droite est aujourd'hui membre de l'équipe paralympique Suisse d'athlétisme sur 100m et saut en longueur. Elle revient avec Les Frappé.e.s sur l'événement qui a changé sa vie et le chemin parcouru depuis. On parle des réalités du sport paralympique en Suisse, mais aussi de gestion d'image de soi ou encore de préparation aux JO. Un superbe échange avec une invitée pleine d'énergie, en route pour décrocher les étoiles !

🔎 Dans cet épisode, nous avons parlé des partenaires & sponsors de Sofia
PluSport, Ottoblock, Équipe Suisse Paralympique.

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SPEAKER_01

Il faut faire confiance au temps, il faut croire en soi, il faut vraiment croire en soi et pas penser au regard des autres. Vraiment, c'est aller droit devant, comme un 100m sprint, aller jusqu'à la règle finale et foncer en fait.

SPEAKER_00

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Bonjour Sophia, bienvenue sur le podcast des Frappés.

SPEAKER_01

Bonjour Loïc.

SPEAKER_00

Je suis très heureux de t'accueillir avec nous aujourd'hui. Pour plusieurs raisons. La première, c'est que j'ai adoré ton énergie pendant notre échange pour préparer l'interview. J'ai hâte de voir tout ce que tu vas pouvoir nous partager aujourd'hui. Tu es notre plus jeune invitée pour

SPEAKER_01

le

SPEAKER_00

moment. Tu es également notre première Suisse et première athlète para. C'est le podcast des premières en fait. Donc, écoute, ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par te présenter, nous dire qui tu es, quel est ton

SPEAKER_01

parcours. Oui, alors je m'appelle Sofia Gonzalez, j'ai 19 ans. Je suis étudiante et athlète paralympique suisse. Je suis amputée au niveau de la jambe droite et je porte une prothèse depuis que je suis toute petite, depuis que j'ai 3 ans. Ça fait 5 ans maintenant que je fais de l'athlétisme. et 4 ans au niveau international et Paralympique et tout

SPEAKER_00

ça donc voilà super t'es étudiante

SPEAKER_01

en quoi par curiosité

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

là je finis enfin je suis en dernière année enfin il me reste quelques mois en IB c'est un baccalauréat international ok voilà en anglais français vu que justement j'ai vécu en fait dans ce enfin ma famille est très internationale donc on parle beaucoup de langues et du coup on voulait ce mélange anglais français pour que je garde ça et aussi au niveau du sport le IB est beaucoup plus flexible ce qui me permet justement des fois par exemple pour les championnats du monde en novembre l'année dernière je peux partir une semaine et c'était beaucoup plus

SPEAKER_00

pratique que voilà qu'une maturité top donc ça t'offre de la flexibilité en plus de l'environnement

SPEAKER_01

international ouais exactement mais après la maturité suite c'est aussi un super diplôme c'est juste que pour moi avec mon sport et tout ça le IB me correspondait mieux

SPEAKER_00

comment ça a commencé cette aventure en

SPEAKER_01

athlétisme du coup alors en fait je m'en suis même pas rendu compte mais en regardant un peu en arrière ça fait depuis 2012 en fait ça a été un moment marquant dans ma vie donc j'avais 11 ans on habitait en France à cette époque là avec ma famille et en fait mes parents ont réussi à avoir des billets pour les Jeux Paralympiques de Londres en 2012 et en fait à ce moment là pour moi ça a été vraiment un choc parce que pour moi je me sentais pas seule j'avais quand même mes amis mais je me sentais seule au niveau j'avais pas vraiment vu des gens comme moi amputés avec des prothèses ou alors j'en avais vu mais c'était que des vieux qui étaient en siège roulante et mettaient des fois des prothèses et tout ça et qui faisaient pas du sport qui étaient pas actifs parce que moi j'étais toujours très active encore aujourd'hui je suis même hyper active des fois et du coup on est allé justement aux Jeux Paralympiques de Tokyo en 2012 de Londres pardon et ça a été vraiment un moment pour moi incroyable parce que justement j'ai vu des gens avec un handicap faire du sport de haut niveau et les deux sports qu'on a vu ma mère ne s'est même pas rendu compte elle a pris juste des sports où il restait des places elle a pris l'athlétisme et la natation donc moi à cette époque là je ne pensais pas du tout faire ça et ensuite j'ai grandi tout ça et en 2016 j'ai découvert justement cette lame en carbone en fait qui me permet de courir j'ai découvert cette lame à une ça s'appelle Run and Play Clinic avec Autobock qui est la marque de cette lame c'est une marque allemande et en fait ils nous prêtent pendant un week-end cette lame pour qu'on la teste pour voir comment c'est et tout ça et on a justement un athlète paralympique allemand qui vient en fait nous montrer un peu comment enfin c'est un peu notre coach quoi et à partir de ce week-end bah en fait ça a commencé Sophia elle est devenue une nouvelle personne parce qu'avant bah j'ai jamais pu courir j'ai jamais pu vraiment sauter tout ça même si je participais toujours au sport à l'école ou que ça soit autre part et Et à partir de là, j'ai dit à mes parents, j'aimerais bien une lame. Sauf que problème, ces lames ne sont pas payées par les assurances invaliditées parce que c'est considéré comme un luxe et elles sont très chères. Du coup, ce qu'on a fait, c'est qu'on a essayé de chercher un sponsor. Et donc, moitié, mes parents ont payé la lame et moitié un sponsor qui s'appelle Pushport. Et à partir de là, Ploucheport, c'est une association en Suisse pour les handicapés suisses. Et du coup, à partir de là, je me suis inscrite dans un club d'athlétisme normal. Dans ma tête, ce n'était même pas« j'ai envie de commencer, j'ai envie d'être athlète pour l'Olympique suisse, j'ai envie d'être célèbre». Enfin, pas du tout. Dans ma tête, c'était vraiment« j'ai juste envie de faire du sport, j'ai juste envie de courir, j'ai juste envie d'utiliser cette lame».

SPEAKER_00

parce

SPEAKER_01

que je me sentais libre, je me sentais bien et tout ça et du coup je me suis inscrite dans un club d'athlétisme normal et aussi en fait ce qui m'a incité c'est que ma meilleure amie fait aussi de l'athlétisme elle en fait depuis et qu'elle est toute jeune et tout ça et elle est très très bonne elle a même des médailles suisses et tout ça et du coup pour moi c'était aussi quand on est adolescent on va dire c'était aussi un moment fun certains font du foot, certains font du basket et tout ça, c'était plus un hobby,

SPEAKER_00

quoi.

SPEAKER_01

Et ensuite, j'ai commencé à faire mes premières compétitions, tout ça, parce que justement, push-port ou Suisse Paralympique, on me dit, ben, pourquoi tu tenterais pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et tout ça, c'était que des tests, c'était même pas dans l'idée, voilà, Sofia va devenir une ambassadrice, Sofia va devenir peut-être Suisse, Sofia va peut-être faire les Jeux Paralympiques de Tokyo, enfin, dans ma tête, c'était... Il y avait rien de tout ça. Et ensuite, ça s'est enchaîné, c'est allé très, très vite. Et voilà. Et ensuite, l'équipe sport olympique a cru en moi. Ils ont décidé de me prendre pour ma première compétition internationale aux championnats d'Europe. J'ai fait une quatrième place. J'étais hyper heureuse. J'ai fait un des meilleurs temps à cette époque-là.

UNKNOWN

Ça, c'était quand?

SPEAKER_01

C'était en 2018. C'était à Berlin. C'était les championnats d'Europe. et c'était un truc de ouf juste l'expérience d'être En fait, de faire partie de quelque chose qui est plus grand que toi-même, que ce soit de courir pour la Suisse, pour ton pays, d'être avec des gens qui ont un handicap, mais qui ne sont absolument pas comme handicapés, parce que moi, je déteste le mot handicapé. Je n'aime pas du tout ça. Enfin, je ne m'y réfère jamais, en fait. Pour moi, j'ai juste une prothèse. Enfin, voilà, c'est tout. Et ouais, c'était incroyable de rencontrer d'autres personnes, des Et aussi de courir avec des filles qui ont exactement la même amputation que moi et qui couraient au même niveau que moi, à la même vélocité, tu vois. Parce que vu que je m'entraîne dans un club où c'est tous des valides, ils n'ont pas d'amputation, ils n'ont pas de protège, ils ne sont pas en siège roulant, tu vois. Je suis la seule. Des fois, c'est dur parce que je ne fais pas les mêmes temps ou alors ils vont un peu plus vite et c'est frustrant des fois c'est bien quand même parce que du coup ça te met dans une position d'inconfort j'ai lu au début c'était très dur pour moi parce que je me sentais pas à l'aise je me sentais pas à ma place je me cachais et franchement maintenant en regardant un peu ma progression maintenant je me fiche genre c'est incroyable c'était pas du tout moi au début j'arrivais sur le stade à te dire j'avais besoin de 30 minutes pour changer ma prothèse parce que justement je voulais pas qu'on me voit Et maintenant, je fais ça en deux secondes, je vais courir, je me dis, je m'en fiche. Les gens me regardent, ok, cool, mais c'est pas pareil. Mais je pense que le sport, ça aussi, je pense que c'est un thème qu'on va discuter. Le sport, c'est quelque chose qui peut te changer, qui peut t'aider. Et moi, ça m'a beaucoup aidée pour être la personne que je suis aujourd'hui et m'aider à grandir, à m'accepter, à être fière aussi de qui je suis. et montrer que je peux le faire, je peux être comme tout le monde, je peux faire du sport à un autre niveau.

SPEAKER_00

Waouh, c'est juste hyper inspirant tout ce que tu viens de nous dire. Avant qu'on continue peut-être sur le sport et les thématiques du dépassement, de la résilience, de la détermination qui sont celles du podcast, par curiosité, ta prothèse, on parle de quel prix, pour avoir une idée, parce que c'est intéressant de voir que ça a été quelque part, peut-être qu'il y a un peu une barrière

SPEAKER_01

aussi. Oui, bien sûr. Moi, justement, quand j'étais allée en 2012 aux Jeux Paralympiques de Londres, j'ai vu... justement, les gens couraient avec des prothèses à l'athlétisme dans le stade. Et pour moi, c'était inimaginable d'avoir une lame, en fait. À l'époque, c'était vraiment... C'était que pour les sportifs qui étaient déjà dans ça ou alors des gens justement qui avaient eu un accident mais qui étaient déjà sportifs avant. Et justement, ce qu'ils ont fait avec cette clinique, c'est qu'ils offrent la possibilité à des gens lambda, si tu veux, pour... Je sais pas, par exemple, il y avait de toutes sortes. Il y avait une mame qui voulait essayer ça parce que justement elle voulait courir avec ses enfants il y en avait un qui allait faire un peu de course de jogging moi j'étais jeune j'avais envie de courir et tout ça et le prix justement d'une prothèse comme ça c'est 15 000 francs ah oui quand même donc en euros ça ferait peut-être un petit peu

SPEAKER_00

moins ouais ouais 13 500 peut-être c'est quand même

SPEAKER_01

un sacré budget ouais voilà donc c'est pas un truc où voilà enfin même si on habite en Suisse et qu'on croit que les Suisses ont beaucoup d'argent avec nos banques et tout ça bah c'est quand même un budget quoi mes parents enfin ils ont ils ont quand même dû dépenser des des trucs pour moi que justement d'autres parents ne devaient pas parce que pour des protéines ou alors pour souvent par exemple je casse les pantalons assez souvent à cause de ma prothèse et du coup par exemple je m'achetais des pantalons ce qui est un coût et 15 000 francs comme ça c'était pas possible donc seule solution trouver des sponsors mais ça c'est un peu partout j'ai aussi parlé avec d'autres athlètes que ce soit en France que ce soit en Allemagne que ce soit en Espagne et tout ça et c'est sponsor ou alors la marque te sponsorise mais ouais c'est très compliqué

SPEAKER_00

Et donc cette prothèse, aujourd'hui tu n'en as toujours qu'une, ou c'est un intérêt d'en avoir plusieurs

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, en fait, moi, mes deux disciplines que je fais, c'est le 100 mètres sprint et le second longueur. Du coup, il faut avoir deux lames différentes pour chaque discipline. Au début, vu que le coût était trop cher, je n'utilisais qu'une. Mais ensuite, vu que je commençais à être assez forte et tout ça, Autobock, qui est la marque allemande de ces prothèses, elle m'a contactée. Ils ont un siège en Suisse et ils m'ont sponsorisé. et du coup je suis hyper triste et tout ça ouais je suis hyper contente et du coup ils m'ont offert une lame pour le 100 en longueur aussi parce qu'elle est différente en fait vu que c'est des lames en carbone si je peux un peu expliquer je sais pas si vous arriviez à visualiser mais sinon vous allez sur Google et vous cherchez lame de sport protège donc déjà c'est tout noir en fait c'est tout fait en carbone et la différence entre celle du 100m sprint et du 100 en longueur c'est en fait la résistance parce que pour le 100m sprint il faut qu'elle soit pas dur, mais pas trop quand même. Alors que pour le son en longueur, vu qu'on met tout notre poids et qu'on saute dessus, il faut vraiment que ça nous expulse. Et du coup, ils arrivent à mettre comme une dureté plus dure dans

SPEAKER_00

le carbone.

UNKNOWN

D'accord. Ah, donc là, ta lame...

SPEAKER_00

Pardon, ta lame pour le saut en longueur, c'est ton côté d'appui au moment du saut, en

SPEAKER_01

fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, exactement. Ah, ok, ok. Mon pied droit, ma lame, du coup, je saute sur celle-là pour le

SPEAKER_00

saut en longueur.

UNKNOWN

D'accord.

SPEAKER_00

Ok, d'accord. D'accord, d'accord.

UNKNOWN

Ah oui, c'est intéressant, ça.

SPEAKER_01

D'accord. Mais tout le monde le fait. Il y a plein d'athlètes... Je n'ai pas vu un athlète qui fait sur sa bonne jambe, on va

SPEAKER_00

dire.

SPEAKER_01

D'accord. On fait tous sur la prothèse.

SPEAKER_00

Oui. Et combien ça pèse une lame à peu près, pour avoir une idée

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

1 ou 2 kilos ah ouais c'est hyper léger ouais ça dépend vu que c'est du carbone c'est léger moi par exemple celle de 100 mètres elle est un peu plus lourde que celle du sur longueur parce que justement j'ai parlé avec mon orthopédiste et vu que faut que je saute et faut pas qu'elle soit trop lourde parce

SPEAKER_00

qu'après elle peut te faire descendre c'est intéressant du coup il y a l'aspect un petit peu de technologie à gérer aussi selon les épreuves

SPEAKER_01

Justement, on va dire, si je compare un peu les athlètes valides et les athlètes paralympiques, c'est que eux, par exemple, ils n'ont qu'à changer de chaussure. Nous, il faut changer de chaussure gauche, pour moi, dans ce cas-là, et de prothèse. Et c'est un très long processus. Au début, justement, tu perds du poids, tu prends du poids, tu prends du muscle. Ensuite, nous, on a des blessures aussi, des fois. Par exemple, Je ne sais pas, si on se blesse un petit peu, ça peut être vraiment pas sympa. Parce que c'est des petites blessures dans les prothèses. C'est comme des cloques, si tu

SPEAKER_00

veux.

UNKNOWN

Et à cause de ça, on ne peut plus s'entraîner. Ou alors, on doit faire une pause.

SPEAKER_01

Donc, c'est ça. C'est un peu cet aspect par rapport où il faut vraiment se dire que nous, on a un truc en plus à gérer.

SPEAKER_00

Oui. Oui, clairement.

UNKNOWN

Ça, c'est sûr. Et alors...

SPEAKER_00

Si on revient à ce que tu disais par rapport au fait que voir les Jeux paralympiques, ça a été en quelque sorte la révélation pour toi. Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête à ce moment-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que tu t'es

SPEAKER_01

dit

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Vraiment, dans ma tête, là, je me sentais bien. Même mes parents m'ont dit qu'ils se sentaient bizarres. C'était eux qui étaient en minorité. Alors que d'habitude, dans la société, c'est moi qui me sens bizarre tu vois c'est moi qui suis en minorité et à ce moment là dans cet environnement là bah moi j'étais à ma place tu vois Donc, c'était vraiment... Je me suis sentie bien, je me sentie libre, en mode... Si les gens me regardaient, ben... Enfin, ils me regardaient pas, en fait, parce que, du coup, c'était tout à fait normal. T'avais des gens avec des prothèses, t'avais des gens avec des sièges roulants, t'avais des aveugles, t'avais vraiment de tout, quoi. Et c'est mes parents qui se sentirent un peu bizarres et tout ça. Mais c'était marrant parce que ma maman, je me souviens, elle m'a fait un commentaire, ça, ça me restera marqué à toujours. Elle m'a dit, ah, t'aimerais pas essayer, t'aimerais pas peut-être devenir athlète

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

tout ça, et tu vois, moi, à l'époque, j'étais un peu, enfin, j'étais pas timide, mais j'étais là, adolescente, un peu, oh non, maman, arrête, arrête, enfin, un peu gênée, tu vois, et à cette époque-là, c'était, je pense, c'était une révélation interne, mais que je me suis pas vraiment rendue compte, parce que dans ma tête, enfin, quand j'étais là, je me suis pas dit, je vais être athlète paralympique, tu vois, c'était vraiment plus quelque chose, je pense, dans ma tête, qui s'est débloquée, émotionnelle, qui s'est dit, ok, si eux peuvent le faire, je pourrais tenter aussi, tu

SPEAKER_00

vois. Oui. Et à quel moment est-ce que c'est devenu une réalité, ça, pour toi, le rêve

SPEAKER_01

paralympique

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense aux championnats

SPEAKER_00

d'Europe. Oui. Tu te rappelles d'un moment en particulier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comme d'un déclic

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense quand j'étais à la fin de ma course. où j'ai dit ok je l'ai fait tu sais genre juste de se dire t'as fait ta première course par olympique en tant qu'athlète suisse par olympique donc je pense que c'était ça ouais parce que en fait le truc c'est que l'équipe suisse par olympique doit décider de te prendre tu vois Tu dois faire les temps et tout ça en tant qu'athlète, mais c'est le comité qui décide. Et ça, c'est dans tous les comités. Enfin, le comité aussi suisse olympique, ils font ça, tu vois. Parce qu'il faut regarder le niveau budget, il faut regarder le niveau place, il faut regarder aussi si tu as été une bonne athlète durant ta saison et tout ça. Et le fait qu'ils me prennent, tu vois, j'étais jeune, j'étais la plus jeune du groupe. Enfin, j'étais hyper contente, quoi.

SPEAKER_00

Aujourd'hui, tu es toujours la plus jeune

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Dans l'athlétisme, oui. Mais dans l'équipe paralympique, non. Il y a par exemple des majeurs qui sont un peu plus jeunes que moi. mais moi je me considère toujours comme la jeune du groupe je suis un peu quittatine et tout ça voilà j'ai beaucoup d'enthousiasme c'est ça aussi je pense qu'ils ont aimé c'est même si je suis arrivée en 4ème place pour moi c'est comme si j'avais gagné en fait et j'étais hyper contente moi je suis très expressive sur les photos ça se voit justement ils prennent un photographe à chaque fois pour des photos officielles et sur toutes les photos j'ai comme une gosse qui est là genre

SPEAKER_00

ouais la banane

SPEAKER_01

Oui, exact. Je pense que ça aussi, je l'ai aimé. Je m'entends hyper bien avec le comité. Ils aiment ce que je fais. Ils disent que c'est super et tout ça. J'aide un peu, on va dire, le comité suspens olympique parce qu'avant, ce n'était pas très connu du tout. Même encore maintenant, presque personne ne connaît. C'est aussi, je pense, un but chez moi que plus tard, même si peut-être je ne travaille pas dans ça alors que j'y ai pensé de peut-être travailler... je ne sais pas, dans des communautés comme ça. Franchement, d'aider et de faire évoluer ça, parce que c'est hyper important,

SPEAKER_00

je trouve. Alors, justement, quelle évolution tu as pu voir en Suisse sur la connaissance du milieu paralympique et peut-être les différences même entre la France et la Suisse

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais pas si tu en as vu, mais ça m'intéresserait de

SPEAKER_01

savoir. Ah oui, bien sûr. Alors, en France, j'ai vécu 5 ans à Lille, au nord de la

SPEAKER_00

France.

SPEAKER_01

C'était une super expérience. Là, je n'ai jamais... fait du handisport mais j'en ai entendu parler et c'est vrai qu'ils sont beaucoup plus avancés ils connaissent en fait ils savent que ça existe ils savent que c'est un truc bien et tout ça et en Suisse on va dire déjà le sport c'est pas un truc hyper important en fait C'est pas comme en France ou en Suisse, que voilà, Coupe du Monde, un truc de malade, tu vois. Et du coup, c'est vrai que c'est dur de faire intégrer ça dans les médias et tout ça. Maintenant, bon, ça commence à avancer et le Parc Olympique, c'est toujours en second plan, quoi.

SPEAKER_00

Même

SPEAKER_01

si maintenant, ça a été un peu plus parlé. Moi, par exemple, justement, je vois qu'on me contacte de plus en plus pour les radios, pour la télé et

SPEAKER_00

tout

SPEAKER_01

ça. Pour le podcast. Voilà, le podcast. Mais c'est vrai, moi, je suis plutôt côté suisse. Romande, donc là, on parle français. Oui, parce qu'en Suisse, on parle plusieurs langues, voilà. On est multilingues. Et côté allemande, il y a une autre fille, mais elle a deux prothèses. Et elle aussi, elle essaye justement de faire plus parler de ça et d'essayer... de faire avancer un peu ça et de faire connaître. Les gens, ils savent juste la connaissance. C'est de la culture générale de savoir qu'il y a des athlètes paralympiques en Suisse parce que sinon, même si on est un petit pays en Suisse, il ne faut pas se dire qu'on n'en a pas.

SPEAKER_00

Justement, tu peux nous dire à peu près combien il y a de l'équipe paralympique suisse et combien d'athlètes à peu près aujourd'hui

UNKNOWN

? Je ne sais pas si tu as ça ou peut-être un athlétisme?

SPEAKER_01

Alors en athlétisme, on est... 6. pour toute la Suisse non non non j'ai compté que les parce qu'en fait en Suisse pour l'athlétisme t'as 6 personnes qui sont debout entre guillemets on a un aveugle 3 qui ont des prothèses où moi je fais partie une qui a qui a comme un spasme dans le bras ensuite t'as tous les sièges roulants et ça en Suisse Par contre, on est très, très fort pour l'athlétisme, pour les sièges roulants. Donc ça, on est beaucoup. Donc je ne saurais pas du tout te dire parce que maintenant aussi, il y a des nouveaux et tout ça. Mais on est peu. Parce que par exemple, pour Rio, ils ont été, je ne sais pas, une centaine, 200, je ne suis pas sûre.

SPEAKER_00

mais

SPEAKER_01

ouais on est pas beaucoup on est un petit pays donc alors que la France tu vois genre je sais pas je peux pas te dire de bêtises mais 500 un truc comme ça plus je sais pas enfin ouais

SPEAKER_00

après c'est sûr que la population est un peu plus importante en France donc j'imagine que la représentativité aussi des gens avec des prothèses ou en fauteuil n'est pas la même ok alors si on revient un petit peu tu parlais de mindset de mental au tout début qu'est-ce qui a changé pour toi entre le moment où tu as fait tes premières entrées sur ce stade dans ton club d'athlétisme et où tu mettais une demi-heure à changer ta prothèse et maintenant où tu t'en fiches tu vas et puis tu fais tes cours La

SPEAKER_01

chose principale, c'est que je ne me cache plus. J'ai une prothèse cachée où il y a de l'esthétique dessus, avec une couleur de peau. Et maintenant, j'en ai une autre aussi où on voit plus, où c'est carbone, noir. On voit justement le genou. C'est très robotique, tu vois. Et du coup, ce mindset-là, il a changé, on va dire, où je n'aurais jamais pensé porter une prothèse comme ça. Pour moi, c'était à chaque fois que j'allais chez l'orthopédiste, c'était esthétique, esthétique, esthétique. Genre, je ne veux

SPEAKER_00

pas

SPEAKER_01

faire une prothèse sans esthétique. Et même au niveau vestimentaire, je ne mettais que des pantalons, jamais de short. Je n'avais même pas acheté un short. Normalement, il n'y avait pas un short. Et je pense que ça a beaucoup changé parce que du coup, maintenant, j'ai des shorts, j'ai des robes. Voilà, je m'en fiche. Mais je pense que ça a aussi été... Je pense que le mindset qui a changé le plus, c'est de m'accepter moi-même, d'en parler, de ne plus me cacher. Juste le fait de faire le podcast avec toi, tu vois, Loïc, j'aurais jamais imaginé faire ça... il y a 5 ans tu vois la petite Sophia voulait justement se cacher je voulais pas me cacher dans le fait que j'avais honte de moi et tout ça mais c'est juste je pense que j'avais trop envie d'être comme tout le monde justement être avoir deux jambes et tout ça Même si je savais, j'avais une prothèse et tout ça, ça ne me dérangeait pas du tout. Je ne changerais pour rien au monde d'avoir une prothèse parce que ça m'a donné tellement de possibilités justement de pouvoir faire du sport à haut niveau, de rencontrer plein de nouvelles personnes. Il y a plein d'avantages, même s'il y a des fois des petits inconvénients, mais il y en a tellement peu que les avantages prennent sur dessus. Je

SPEAKER_00

pense que c'est ça qui a changé. Et ce mindset, quel a été l'impact du sport, à ton avis, sur ce changement de mindset et le fait qu'aujourd'hui, tu es fière d'avoir une prothèse

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Le sport a tellement aidé. Je pense que c'est grâce au sport. Sans le sport, je ne suis pas qui je suis aujourd'hui. Je pense que le sport m'a ouvert tellement de possibilités, m'a ouvert... ce que j'ai en moi en fait de me dire ok je peux être fière de moi je fais du sport à haut niveau malgré que j'ai une prothèse je peux en parler en fait c'est un plus au lieu de dire j'ai qu'une prothèse je fais aussi du sport à haut niveau et je fais ça et je fais ça donc c'est un truc le sport a tout changé en moi ça m'a donné ma confiance en moi que j'ai aujourd'hui ça m'a donné aussi l'occasion de me montrer qui je suis par exemple sur les photos aussi sur les réseaux sociaux avant je me cachais j'avais jamais une photo de moi où on montrait ma prothèse et maintenant voilà on me voit moi en train de courir avec ma lame et tout ça on me voit moi avec une prothèse de couleur on me voit moi avec tu vois avant j'aurais jamais imaginé mettre un poste avec ma prothèse c'était hors de question

SPEAKER_00

Tu as vu le regard des gens évoluer autour de

SPEAKER_01

toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui et non. On va dire que pendant mon adolescence, ça a été dur. Je voulais être comme tout le monde. Je voulais être... avoir deux jambes, être jolie, tout ça. Et du coup, on va dire que je n'ai pas eu de harcèlement parce que c'est trop fort pour le dire. C'est vrai que des fois, je me suis sentie un peu délaissée ou un peu mise de côté, ce qui est normal parce que je suis différente. Au final, je suis différente. Je n'entre pas dans les cadres de la société. Et je pense que le fait que moi, j'ai changé ou j'ose en parler, je l'accepte à 100%. Les personnes le ressentent et l'acceptent aussi, tu vois. Par exemple, justement, la semaine dernière, en cours, j'ai des cours de bio et on parlait justement des... des mines en fait on parlait que justement les gens étaient amputés à cause des mines parce que tu sais les mines impersonnelles et tout

SPEAKER_00

ça

SPEAKER_01

et du coup mon prof qui sait que j'ai une prothèse m'a dit ah tu aimerais pas nous en parler un petit peu ton expérience un peu ce serait intéressant et moi mes amis je leur en parle mais pas trop non plus ça dépend parce que des fois il y a des choses aussi par rapport au sport ça fait beaucoup tu vois c'est moi je suis très enthousiaste et j'ai vu que et un commentaire que j'ai eu c'est ah mais c'est trop bien que tu l'acceptes comme ça que tu nous en parles et c'est vrai que c'est la première fois qu'on me dit genre justement le fait que moi j'en parle tellement ouvertement et que on fiche que je dis voilà j'ai une prothèse et qu'est-ce qu'il y a tu vois bah eux aussi ils se disent bah cool elle est enfin voilà c'est Sophia basta il n'y a pas Sophia l'amputée c'est juste Sophia c'est tout

UNKNOWN

– Sous-titrage FR 2021

SPEAKER_00

Et ça, cette espèce, enfin, pas de prise de conscience, mais cette acceptation du fait que tu as une prothèse et que voilà, c'est comme ça, qu'est-ce qu'il y a, comme tu dis

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça s'est fait petit à petit ou, je ne sais pas, tu as été coachée pour faciliter ça ou c'est tes parents qui t'ont accompagnée là-dessus

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense que ça s'est fait petit à petit. De base, je l'acceptais. Mes parents m'ont toujours enseignée que je pouvais tout faire que j'avais pas de limites que vraiment ils m'ont inscrit à tous les sports que je voulais faire j'ai fait de l'équitation quand j'étais jeune j'ai fait du tennis, je skie enfin vraiment et jamais jamais j'ai fait un de ces sports adaptés tu vois alors que maintenant je fais un sport adapté et du coup ces sports je les ai toujours fait avec ma prothèse normale on a jamais dit ah parce qu'elle a une prothèse faut qu'elle fasse ça différemment tu vois Et maintenant aussi, grâce au sport, on va dire, j'ai une coach mentale qui m'a beaucoup aidée. C'est une psychologue slash coach mentale qui m'aide beaucoup parce que même si j'ai confiance en moi, des fois, il y a des petites choses que j'ai encore, on va dire... À surmonter, c'est des petits trucs. Je pense que pas tout le monde, même si je dis que j'ai confiance en moi, pas tout le monde a toujours 100% confiance en soi. Ce n'est pas possible. Il y a des moments où tu te sens un peu moins bien ou tu as moins confiance en toi dans cette situation. Et elle m'a beaucoup aidée. C'est vrai que parce que du coup, d'un point de vue un peu extérieur, on fait plein d'exercices et tout ça. et ouais non c'est hyper intéressant je suis contente parce que c'est vrai que la vie avant en se cachant c'est compliqué ça te bouffe aussi de l'intérieur tu vois des trucs bêtes justement à penser ah non je peux pas faire ça parce que justement les gens ils vont le voir enfin là je peux être moi même je me dis je m'en fiche c'est pas grave de toute façon on le voit c'est vraiment je me suis De toute façon, on voit pourquoi tu veux encore plus le cacher, tu vois. Et ce qui a été important pour moi aussi, je pense, c'est qu'avant, dans les sens et tout ça, où justement, tout le monde voulait être pareil. Les filles, elles voulaient être toutes belles, minces, avec les cheveux lisses et tout ça. J'essayais d'être comme ça, mais je me dis, au final, je suis différente et c'est ce qui fait ma force. Et ouais, pourquoi le cacher maintenant

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Parce que de toute façon... je suis différente, j'ai changé, le sport m'a apporté beaucoup de choses et voilà, il faut l'accepter au final.

SPEAKER_00

Et cette coach, tu parlais d'exercice, peut-être avant qu'on revienne sur l'aspect un peu plus sportif, préparation et autres, tu aurais un exercice ou deux en particulier, sans peut-être rentrer trop dans les détails de ce que tu as partagé avec ta coach, mais un exercice ou deux qui t'a vraiment marqué, qui pourrait être utile

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, bien sûr. Justement, le fait où je dis que je suis Sophia, juste Sophia, je ne suis pas Sophia qui a la prothèse, c'est vraiment, je pense, elle m'a aidée avec cet exercice où j'ai dû… mettre sur un papier en fait tout ce que je suis par exemple Sophia la fille à ses parents Sophia l'amie d'Otel Sophia la sportive et ça m'a beaucoup aidé parce que du coup dans ma tête c'était vraiment les gens ils vont pas m'apprécier parce que j'ai une prothèse alors que c'est pas du tout ça tu vois et je suis arrivée à un point vraiment où je me détestais parce que je me dis cette personne ne m'aime pas parce que j'ai une prothèse et c'est horrible de dire ça c'est horrible de penser que j'ai un blocage alors que c'est moi-même qui me met ce blocage alors que la personne peut-être se dit elle s'en fiche tu vois elle a une prothèse et tout et elle m'a beaucoup aidée à justement me dire en fait je suis Sophia la personne ou même pour qui je suis et pas pour est-ce que j'ai une prothèse ou pas c'est pas grave on s'en fiche il y en a ils ont des lunettes il y en a je sais pas ils ont des lunettes ils ont deux pieds gauches, des trucs comme ça. Donc, c'est un exercice et franchement, je recommande à tout le monde de le faire, de juste citer tout ce qu'on est dans la vie. Je ne sais pas, Sophia l'étudiante ou est-ce qu'on est je ne sais pas, Loïc qui fait des podcasts ou Loïc le sportif, des trucs comme ça. C'est intéressant et ça permet aussi justement de se poser, de se dire, ok, je suis tout ça, mais tout ça fait que je qui je suis aujourd'hui. Il n'y a pas que Sophia, la porteuse de prothèses.

SPEAKER_00

c'est un bon exercice effectivement comme tu dis ça peut permettre de se détacher de peut-être certaines étiquettes qu'on croit qui prennent plus de place qu'est-ce qu'elles en prennent réellement top super merci d'avoir partagé on verra si on a des retours de gens qui ont fait l'exercice à leur tour alors si on revient sur l'aspect la dimension sportive C'est quoi tes prochaines grosses échéances

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou à court ou moyen terme, d'ailleurs. Tu parlais de Tokyo. Il y a eu une espèce de lapsus révélateur, peut-être. Est-ce que Tokyo est sur la liste

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Bien sûr. Tokyo était supposé être sur la liste il y a quelques mois. Mais je pense que tout le monde le sait. Il y a eu le confinement et le virus. Et tout ça a aussi fait qu'un tel grand événement que sont... les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques ont dû être déplacés dans une année. Donc ça, on va dire que c'est... Pardon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Non, non, vas-y, vas-y, pardon, je te laisse

SPEAKER_01

finir. On était déplacés dans une année, donc en 2021, alors qu'ils étaient supposés être en 2020. Et ouais, c'est toujours sur ma liste. Ça a toujours été un rêve pour moi, juste de participer à des Jeux Paralympiques, ensuite de gagner et de faire ma meilleure performance, tu vois. Et ensuite, maintenant avec cette année un peu compliquée, j'ai pu quand même faire quelques compétitions. En Suisse et une à l'international en Allemagne. maintenant on est entré dans la saison d'hiver donc voilà maintenant on commence à se préparer justement les muscles la force tout ça

SPEAKER_00

donc

SPEAKER_01

l'hiver tu cours

SPEAKER_00

quand même il y a quand même des événements alors je

SPEAKER_01

ne sais pas normalement il y a des compétitions indoor mais avec maintenant à partir de 50 personnes en Suisse quand on est dans un espace restreint il faut mettre des masques pour un événement je veux dire dans les magasins il faut déjà mettre des masques du coup je sais pas si ça va être annulé mon coach me dit que oui qui pense certainement et même moi je me dis que ça va être compliqué enfin je me dis même enfin voilà on va devoir mettre nos masques et juste pour courir on va l'enlever on va courir on va arriver à la ligne d'arrivée ils vont nous donner un autre masque c'est au lieu du trophée ou du bouquet de fleurs ils vont nous donner un

SPEAKER_00

masque

SPEAKER_01

tu vois donc ouais voilà exactement donc je sais pas du tout enfin on verra en soi ça impacte pas trop on va dire ma saison parce que les compétitions indoors c'est toujours des 60 mètres tu vois et donc moi je fais des 100 mètres donc je les fais quand même parce que c'est justement pour garder un rythme on va dire de compétition pour faire des compétitions quand même et tout ça mais on verra je sais pas du tout sinon on continue à s'entraîner comme on peut c'est pas joli on va dire ça ne s'arrête pas et Et j'espère qu'en tout cas, après, en mars et tout ça, il y aura des compétitions extérieures, justement, avant Tokyo, justement, pour se qualifier et refaire les temps et tout ça. Parce que, pour l'instant, un peu personne n'a pu se qualifier. Enfin, il n'y a pas eu beaucoup de compétitions, donc...

SPEAKER_00

Oui. Comment tu as réagi immédiatement quand tu as appris la nouvelle pour Tokyo

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et peut-être, qu'est-ce que tu as appris depuis ou comment est-ce que tu as fait évoluer ton mindset vu la situation avec le

SPEAKER_01

Covid

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors moi, je n'y pensais pas du tout. Pour moi, ça allait avoir lieu, vraiment. Je me suis dit qu'il y avait trop d'enjeux, on va dire, financiers au niveau du pays, enfin… on va dire, jamais... Enfin, à part dans la Deuxième Guerre mondiale, ils ont annulé les Jeux, tu vois. Donc, moi, je me suis dit, on est en guerre, tu vois. Ils ne vont pas annuler. Et je me suis vraiment dit, ils vont trouver une solution. Enfin, il va y avoir des règles et tout ça, mais ils vont trouver une solution. Et ensuite, ils ont dit, c'est déplacé. Déjà, j'étais contente qu'ils n'aient pas annulé parce qu'ils auraient pu dire, c'est annulé, tu vois, parce que du coup, on ne va avoir que trois ans pour les prochains, tu vois. Ça aussi, c'est un truc où il faut

SPEAKER_00

se dire c'est vrai

SPEAKER_01

bon point voilà j'avais jamais pensé à ça ah oui bah oui c'est bête à dire mais il faut quand même penser à des trucs comme ça et après bon moi j'étais contente quand même parce que enfin j'étais enfin oui j'étais en forme mais j'étais pas enfin je pense que je serais allée et j'aurais donné le meilleur de moi-même mais je savais que ma préparation n'était pas parfaite, tu vois. Alors qu'on avait prévu, enfin, on avait vraiment prévu un plan d'attaque, mais incroyable. En mode, j'avais fini les études, enfin, pas mes études complètes, mais j'avais fini cette année-là d'études. Ensuite, j'allais partir à Zurich m'entraîner avec l'équipe, on va dire l'équipe nationale et tout ça, le Paralympique, l'athlétisme. Et ensuite, on allait être prêts et tout ça. Il y allait aussi y avoir les championnats d'Europe juste avant, tu vois. pour, on va dire, nous préparer à avoir une compétition internationale. Mais du coup, tout ça a été annulé. Et franchement, je me dis, au final, moi, j'ai eu de la chance parce que chez moi, j'ai un jardin. En Suisse, ça n'était pas super. Enfin, on pouvait quand même aller se balader, aller en forêt et tout ça. Mais dans d'autres pays, j'imagine l'Espagne et la France, on ne pouvait pas sortir juste pour aller faire

SPEAKER_00

ses courses. Oui, la Suisse était un peu plus

SPEAKER_01

relax, on va dire. je me dis c'est injuste pas tout le monde a eu les mêmes règles pas tout le monde a eu les mêmes restrictions donc au niveau entraînement aussi moi j'ai peut-être pu faire plus alors que quelqu'un en Espagne ou en France a pu faire moins parce que justement ils n'avaient pas le droit d'aller dehors courir ils n'avaient plus accès à leur salle de musculation plus accès au stade plus accès à une piscine si ils étaient nageurs ou tout ça tu vois Donc, je me dis, franchement, c'est mieux. C'était une bonne décision. En plus, moi, j'habite à 30 milles de Lausanne, où il y a la communauté olympique.

SPEAKER_00

Donc,

SPEAKER_01

j'ai pu suivre ça de près. Et ouais, je pense que c'était la bonne décision. Maintenant, de toute façon, on ne peut pas faire recours. C'est eux qui ont pris la décision, tu vois. Oui, clairement. Et je pense qu'il faut prendre ça avec de la positivité, en fait. Juste se dire, tu as une année en plus, donc... Autant s'en servir et encore plus s'entraîner, être encore meilleure. Et je me dis, ouais, je peux être encore mieux que ce que j'avais planifié, en fait. Parce que j'ai plus de temps, je peux être... ça

SPEAKER_00

c'est de la résilience bon exemple de résilience et de détermination du coup comment il a évolué ton plan parce que ton année supplémentaire avec ton coach comment est-ce que vous l'avez

SPEAKER_01

restructurée c'est toujours un peu flou enfin on l'a restructurée en mode ouais ouais c'est compliqué enfin si tu veux c'est compliqué de faire un plan si on sait pas si les compétitions vont avoir lieu parce qu'en athlétisme Tu vois, on fait un plan où on va du plus bas au plus haut, entre guillemets, où justement, par exemple, là, on n'est pas au plus bas, mais je veux dire, on monte en puissance, tu vois. Et vu qu'on n'a pas de compétition, on ne peut pas mettre une date où on se dit, OK, à ce moment-là, il faut être à ta puissance maximale. On sait juste qu'en août, il faut que je sois à ma puissance maximale. Mais faire sur une année, c'est long, tu vois. Il faut faire des compétitions entre deux. Donc, pour l'instant, c'est entraînement à fond. Quand

SPEAKER_00

tu dis entraînement à fond, ça

SPEAKER_01

représente quoi comme charge par semaine

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ça représente six entraînements par semaine, sauf le dimanche. Maintenant, en hiver, j'ai commencé à faire deux fois par semaine la muscu. En puissance, on met plus de poids sur les machines pour augmenter. Après, les autres entraînements, c'est sur stade. C'est de la vitesse, c'est de la technique. c'est des séries et tout ça donc voilà maintenant avant c'était un peu on essaye de reprendre l'entraînement de faire les compétitions quand même et maintenant on va dire on a pris comme une petite pause une semaine pour justement se dire ok maintenant on commence la saison d'hiver et la saison d'hiver ça va être entraînement à fond et on verra s'il y a des compétitions qui vont arriver

SPEAKER_00

Ok. C'est un peu

SPEAKER_01

l'incertitude, j'ai l'impression. Oui, parce que justement, il y avait ces championnats d'Europe qui étaient importants parce que ça permet de faire une compétition internationale avant une grande compétition qui sont les Jeux. Et ça, on ne sait pas si on va l'avoir avant les Jeux. On ne va peut-être qu'avoir des compétitions normales, lambda. Moi, en tout cas, j'espère que j'aurai des compétitions suisses parce que moi, je fais des compétitions suisses avec des valides où justement, je suis la seule avec une prothèse et des compétitions internationales dans ma catégorie. Parce que nous, en paralympique, on est séparés par catégories d'handicap. Par exemple, je ne vais jamais courir avec quelqu'un qui est en siège roulant. Donc, eux, ils sont dans leur catégorie, siège roulant. Nous, on est par catégorie de prothèse. Donc, moi, je cours avec celles qui n'ont qu'une prothèse à gauche ou à droite. Après, il y a une autre catégorie, par exemple, quand tu as les deux

SPEAKER_00

prothèses. D'accord. Donc, c'est roulant, une prothèse ou de prothèses, des

SPEAKER_01

catégories. Et prothèses, par exemple, une prothèse au-dessus du genou, une prothèse en dessous du genou, tu vois, ça dépend de ton population. Ensuite, tu as les sièges roulants aussi qui sont en catégorie. Donc, par exemple, ça dépend où tu es paralysé, tu vois. Vu qu'en siège roulant, on utilise les bras, tu peux avoir plus de force si, par exemple, tu es paralysé plus

SPEAKER_00

bas. D'accord, d'accord, oui.

SPEAKER_01

Donc ça aussi, c'est des différents. Après, tu as les aveugles qui sont aussi, ça dépend comment tu vois. Tu as ceux qui ont aussi les bras, amputation du bras. Et il y en a encore plein d'autres, mais je ne saurais pas tous te les dire.

SPEAKER_00

Et donc toi, tu fais en Suisse uniquement des compétitions avec des gens qui, enfin des non-paralympiques, des non-paras. d'ailleurs petite question parce que tu disais tout à l'heure que tu n'aimes pas le terme handicap et tu ne te considères pas comme quelqu'un en situation de handicap comment tu dis quoi du coup parce que du coup

SPEAKER_01

ça ne me dérange pas qu'on me le dise mais moi je ne vais jamais te dire je suis handicapé après bien sûr il faut l'utiliser ce terme parce que c'est quand même le terme qui, on va dire, nous représente. Moi, je préfère un peu Paralympique ou… On dit sport, c'est un très beau mot. En France, ils l'utilisent très souvent, alors qu'ici, on l'utilise un peu moins, tu vois. Mais ouais, où je dis valide et invalide. Ok, ok. Enfin, t'inquiète, je ne serai

SPEAKER_00

pas… Non, mais je préfère

SPEAKER_01

demander

SPEAKER_00

parce que, tu vois, quand on parle de prise de conscience, c'est typiquement le genre de… C'est le genre de détail qui, en fait, n'en est pas vraiment un, quoi. Eh bien, c'est ça. Donc, c'est toujours intéressant de poser la question. On va dire handisport, du coup. Donc, il n'y a qu'en Suisse où tu fais des compétitions avec des non-handisport, enfin, de non-handisport. Et à l'international, c'est forcément

SPEAKER_01

handisport. Oui, dans ma catégorie, oui.

UNKNOWN

Dans ta catégorie, OK.

SPEAKER_01

D'accord. Oui, parce qu'en fait, il n'y a pas assez de compétitions handisport à l'international. Enfin, déjà là, cette année, j'étais étonnée d'en pouvoir faire qu'une, tu vois. Parce que d'habitude, on en fait moins 5 ou 6. On va à Paris. On va… en Espagne on va en Italie enfin tu vois des trucs comme ça et des fois on va même à Dubaï voilà quoi comment te dire et ouais ouais c'est cool ça et en Suisse ouais il n'y a pas enfin il n'y en a qu'une où justement les gens en e-sport viennent chez nous parce qu'on a quand même une compétition en e-sport en Suisse mais c'est qu'une donc je ne peux pas commencer je ne peux pas préparer ma saison avec une compétition en e-sport en Suisse elle est à Notwil près de Lucerne

SPEAKER_00

près

SPEAKER_01

de Lucerne ok Ouais, c'est là où il y a le centre, en fait, paraplégique

SPEAKER_00

en Suisse. D'accord. Je ne savais pas. Au pied du Pilatus, du coup. Ouais, exact. Top. Ok, du coup, puisqu'on est sur les jeux... Quel impact ça a eu sur peut-être tes cercles d'amis, le fait que toi, tu sois en train à 19 ans de préparer les Jeux et peut-être que pour d'autres, c'est à peine la sortie de l'adolescence. C'est des projections complètement différentes. Oui, le regard, la jalousie. Je ne sais pas si c'est la jalousie, mais en tout cas, peut-être le regard, le fait que vous ne parliez pas vraiment des mêmes choses. Si toi, tu t'entraînes six jours par semaine, j'imagine que tu as peut-être moins le temps de faire d'autres choses que des gens autour de toi de ton âge font. Comment est-ce que tu gères ça, socialement

SPEAKER_01

parlant

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

On va dire que j'ai eu mon adolescence où j'ai pu aller à des fêtes, j'ai fait des anniversaires et tout ça. C'est vrai que maintenant, on va dire que ma vie est très planifiée. Moi, je suis... Comme te dire, par exemple, vendredi, je suis sortie des cours, j'ai foncé à l'entraînement, je suis revenue chez moi, je me suis préparée et je suis allée à un anniversaire. Donc, c'est vraiment, tu vois, en mode, il faut balancer, on va dire, ta vie sociale. ta vie avec tes amis, ta famille et ta vie de sportive où tu ne peux pas rater un entraînement pour l'anniversaire. C'est hors de question, tu vois. Donc, ouais, des fois, c'est compliqué aussi. Enfin, le regard, tu vois, le fait... Enfin, je parlais de jalousie parce que je l'ai eu. Ça a été très dur pour moi juste de me dire qu'il y a de la jalousie parce que pour moi, c'est quelque chose... c'est pas que je le mérite mais dans le sens où si tu veux la même chose en plus de toi je sais pas comment expliquer mais c'était vraiment ça pour moi c'était vraiment je me dis mais oui j'ai la chance de faire des jeux mais que d'autres personnes pourront peut-être jamais parce que justement c'est beaucoup plus dur pour d'aller aux jeux olympiques parce qu'ils sont beaucoup plus tu vois les sportifs il y en a beaucoup plus alors que aux jeux par olympique on est beaucoup moins parce que justement il faut être handicapé Tu vois, déjà pour participer. Et du coup, pour moi, je ne comprenais pas cette jalousie. Je me disais, oui, j'ai la chance. Je sais que c'est quelque chose d'incroyable, mais je ne comprends pas cette jalousie parce que je me dis... Si tu veux faire ça, je ne sais pas, appuie-toi une jambe. Mais vraiment, je ne comprenais pas. Et ouais, on n'a peut-être des fois pas les mêmes centres d'intérêt. Des fois, c'est pour ça que je te dis que j'en parle, mais sans trop dire non plus... si j'ai un nouveau sponsor tu vois ils vont peut-être le découvrir sur mes réseaux sociaux parce que c'est quand même des choses un peu délicates où je me dis est-ce qu'elles vont peut-être penser que voilà je narre que tu vois voilà maintenant j'ai une nouvelle vie de sportive et tout ça alors que je suis quand même encore Sophia tu vois je suis encore votre amie je suis encore la fille de mes parents et tout ça mais ouais des fois c'est dur des fois il faut faire des sacrifices comme par exemple on peut pas aller à certaines fêtes on peut pas aller à certains endroits ou des choses comme ça parce que moi je veux aller à l'entraînement ou j'arrive hors tas ou des choses comme ça mais au final c'est mon choix tu vois c'est moi qui l'ai fait je suis hyper heureuse de l'avoir fait parce que ça m'a appris tellement de choses ça m'a donné plus que ça m'en a pris et voilà

SPEAKER_00

C'est un beau message, ça. Mais c'est vrai que c'est exactement la raison pour laquelle, enfin, une des raisons principales pour lesquelles je voulais démarrer ce podcast, pour justement qu'on échange avec mes invités sur la partie cachée de l'iceberg. C'est-à-dire que bien souvent, tu vois les gens, tu vas aux Jeux Paralympiques, tu fais des trucs fous, tu as des sponsors, tu as des lames dernier crise, mais en fait, ils ne voient pas les six entraînements par semaine, ils ne voient pas le fait que, voilà, c'est ma on est dimanche c'est ton seul jour libre bah tu t'es levé sans doute peut-être un peu plus tôt pour faire un podcast tu vois c'est ouais c'est le revers de la médaille que bien souvent on voit pas donc c'est intéressant c'est intéressant de t'entendre le dire clairement

SPEAKER_01

ouais mais moi aussi enfin au début je me suis dit ah ce monde il va être tout rose tout beau mais pas du tout enfin il y a il y a de la compétition enfin entre athlètes aussi il y a bah tout ça au niveau voilà financé même si on a des sponsors c'est dur c'est très cher de faire du sport en plus moi qui ai des lames des fois le sponsoring comme ils donnent tout va vers les lames, tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et du coup, comment je fais pour m'acheter une nouvelle paire de chaussures

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Comment je fais pour m'acheter des habits de sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tu vois, j'ai aussi besoin de ça. Parce que le fait que, par exemple, un athlète, on va dire, valide, a du sponsoring, lui, il pourra l'utiliser pour tout, tu vois

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tout son programme, par exemple, que ce soit des entraînements, que ce soit des camps d'entraînement. Et moi, j'ai ce côté financier en plus, qui sont les lames. Maintenant, bah... heureusement j'ai été sponsorisée tu vois mais au début ça a été compliqué parce que ouais on voit pas tout ça on le montre pas sur les réseaux sociaux sur les interviews oui tout va bien nos entraînements se passent bien alors que voilà des fois on a tous des difficultés que ça soit athlète paralympique ou athlète olympique je veux pas dire que même si eux ils ont du sponsoring des fois aussi c'est dur je pense que chaque vie d'athlète est fait de haut et de bas et voilà voilà

SPEAKER_00

Et aujourd'hui, financièrement, sans forcément rentrer dans les détails, mais tu es dans une situation où tu as suffisamment de sponsoring

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui et non. Cette année, oui, parce que j'ai dépensé dans les cours d'entraînement et tout ça. Mais l'année prochaine, ça va être compliqué parce qu'il y a plein de nouvelles choses qui vont arriver. Tout ce qui est cours d'entraînement, il faudra que je paye aussi mon coach, les prothèses, il faudra que je renouvelle les prothèses. Donc oui, je suis quand même ambassadrice, mais ils ne te donnent pas non plus cinq lames par année. La

SPEAKER_00

durée de vie d'une prothèse,

SPEAKER_01

c'est de combien de temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, en fait, ça dépend. Une prothèse, c'est fait en deux parties. C'est le socket où, en fait, on met ta jambe. Et là-dedans, et celle-là, en fait, il faut la changer. Ça dépend, en fait. Pour un adulte, c'est une fois par année parce que soit tu grossis, tu maigris, tu changes... Tu prends du muscle ou ton adaptation change, en fait. Et le bas, qui est la lame, en fait, celle-là... Ça dépend, en fait. Si la dureté diminue, on va dire, vu que tu l'utilises beaucoup, il faudrait la changer. Mais je sais qu'il y a des athlètes de hyper haut niveau, par exemple, un athlète allemand que je connais hyper bien, lui, il n'aime pas du tout les changer parce que, justement, il aime la sensation de que ça soit très souple,

SPEAKER_00

en fait,

SPEAKER_01

ça. Je pense que ça dépend de chacun. Après, si elle est cassée, il faudrait la changer. C'est très rare qu'on lui casse, à part si vraiment tu vas dessus. Et bon, souvent, on se longueur des fois elle se casse on met tout notre poids dessus mais je saurais pas te dire il n'y a pas vraiment de date de péremption

SPEAKER_00

mais toi en tout cas tu les changes tous les 3-4 ans c'est ça à

SPEAKER_01

peu près si j'ai bien compris pour l'instant non pour l'instant ma première lame je l'ai depuis 5 ans 5 ans ah ouais ok tu vois c'est ce côté financier encore une fois de rêver de changer mais c'est ça le problème et ma lame là que j'ai reçu c'est pour son longer donc celle-là je vais pas la changer elle me sera utile encore pour Tokyo et ensuite j'ai une autre lame pour courir aussi celle-là je l'utilise encore et ça fait un an

SPEAKER_00

que je l'ai ok c'est intéressant que ta coach soit pas je pensais enfin tu l'as pas dit du tout mais je supposais que ta coach faisait partie de la fédération

SPEAKER_01

en fait alors moi c'est très compliqué parce que que j'habite en Suisse romande tout est en fait que ce soit Suisse olympique ou Suisse paralympique tout est vraiment en Suisse allemande enfin en Suisse le sport est beaucoup plus en Suisse allemande enfin en tout cas pour l'athlétisme donc tous les comités sont Berbe, Zurich

SPEAKER_00

c'est marrant parce que le comité international est à Lausanne c'est bizarre

SPEAKER_01

ça c'est le comité

SPEAKER_00

olympique

SPEAKER_01

ah oui

SPEAKER_00

exact c'est marrant

SPEAKER_01

que la fédération suisse ce soit pas c'est marrant mais tout est en suisse allemande de base la suisse elle est suisse allemande ensuite il y a le côté français le côté italien et voilà mais ouais donc tout est de cette partie là même si enfin moi je viens de Zurich en fait ma maman est zurichoise donc je parle suisse allemande ça a été un truc de plus parce que au niveau du coach enfin il parle un petit peu français mais tu vois au niveau de la communication c'est dur tu vois ça aussi ça a été quelque chose que j'ai dû surmonter parce que moi je suis la petite suisse romande qui habite près de Lausanne au lac Léman et tout ça et j'arrive ils sont tous suisse allemand tu vois Donc, si tu m'intégrais, je connais, mais si je n'aurais pas parlé socialement, je pense que ça aurait été

SPEAKER_00

compliqué.

SPEAKER_01

Oui, c'est

SPEAKER_00

vrai que les mentalités, il y a des différences parfois.

SPEAKER_01

Oui, il y a des différences. Mais du coup, je te disais, pour les coachs, il y a le coach national qui habite justement vers Zurich, que je m'entends super bien avec. On communique par WhatsApp et tout ça, email. Et lui, avant le confinement, je le voyais une fois par semaine les samedis où j'allais à Zurich m'entraîner. C'était comme un entraînement collectif avec tous ceux qui faisaient de l'athlétisme en para. Sauf que maintenant, ça a été un peu annulé. Tu verras, c'est tout ça et les restrictions. Et lui, je le vois pour les compétitions internationales parce que du coup, c'est le coach qui nous accompagne. Et voilà, en fait, pour les compétitions internationales.

SPEAKER_00

Donc lui, c'est le coach physique, en fait. Ça, c'est pour la préparation physique et le plan d'entraînement. Mais il n'a pas un rôle de coach d'accompagnateur mental ou de préparation mentale.

SPEAKER_01

exactement après mon coach mental c'est une psychologue enfin la coach mentale elle je la vois à part ensuite j'ai mon coach de mon club en fait d'athlétisme donc c'est un club valide et avec lui j'ai commencé du coup et lui c'est lui qui me fait des plans d'entraînement et lui je le vois du coup 6 fois par semaine du coup les 2 fois de muscu c'est encore un autre coach d'accord c'est très compliqué c'est En fait, le problème, c'est qu'en Suisse, tu n'as pas vraiment de centre, tu vois. Alors qu'en France, tu en as. Tu as des vrais centres sportifs où c'est écrit centre olympique ou centre

SPEAKER_00

paralympique. Oui, en France, on a l'ICEP. Voilà,

SPEAKER_01

exactement. Et ici, il y en a un qui est un Macollan, mais c'est un peu perdu. Et le problème, c'est qu'il y a des coachs, mais c'est plutôt pour les jeunes, tu vois. Il n'y a pas vraiment pour les pros. Les pros sont à Zurich, les sont à Berne. Et il y en a même qui sont à l'étranger parce que leur coach, il a... il est parti donc ils vont à l'étranger s'entraîner mais ils sont quand même des athlètes suisses donc ouais c'est compliqué en Suisse je te dis le sport c'est important mais en même temps ça prend pas autant de place que en France ou en Espagne tout ça

SPEAKER_00

tu vois bon bah j'ai l'impression qu'il y a une opportunité de business pour toi

SPEAKER_01

un peu

SPEAKER_00

plus tard un

SPEAKER_01

centre para à Lausanne sur le lac peut-être on verra je sais pas

SPEAKER_00

Ok, écoute Sophie, on arrive déjà à la fin. Si tu regardes tout ton parcours depuis les Jeux de Para de Londres, où tu as eu cette espèce de déclic, de révélation, jusqu'à aujourd'hui, si tu regardes ce qui a fait la différence pour toi, qu'est-ce que ce

SPEAKER_01

serait

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ce qui a fait la différence

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense que c'est moi et en même temps ceux qui me soutiennent. Ma famille... mes amis qui ont été toujours derrière moi et je pense sans eux aussi même si au final c'est tout moi qui l'ai fait entre guillemets parce que c'est moi qui ai décidé d'aller faire du sport c'est moi qui ai décidé de sortir de me montrer de dire voilà je fais du sport avec une prothèse je pense le soutien qu'il y ait des gens qui croient en toi que ce soit ma famille ou même le comité suisse paralympique le fait qu'ils fassent confiance à une jeune suisse romande qui n'avait encore fait aucune compétition internationale qui n'avait encore fait aucun bon temps enfin j'avais fait des temps mais c'était pas voilà ouais ils ont cru en moi et je pense le soutien et que les gens croient en toi et même que sur les réseaux sociaux les gens les trouvent ça incroyable que j'aurais jamais pensé pour moi vraiment au début je me suis dit c'est un coup de poker soit les gens les aiment soit ils aiment pas et en fait je me rends compte que que les gens, ils apprécient beaucoup, que ça les inspire. Alors que pour moi, j'ai vraiment pas l'impression que j'inspire quelqu'un. Pour moi, c'est normal, tu vois. Alors que, ouais, c'est inspirant ce que je fais. Donc, je me dis tant mieux. Et si je peux faire ça, franchement, je suis hyper contente.

SPEAKER_00

Quel dernier conseil tu pourrais donner à des jeunes, para ou pas d'ailleurs, mais qui réfléchiraient à se lancer plus sérieusement dans le sport

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je leur dirais vraiment d'y aller. Même s'ils disent au début ou ils ont plein de craintes et tout ça, qu'ils ne veulent pas trop. Il faut juste faire le premier pas et se lancer. Même si au début, c'est dur parce qu'on n'est pas aussi bon que les autres, on a de la concurrence ou on a le regard des autres et tout ça. Il faut faire confiance au temps. Il faut croire en soi. croire en soi et pas penser au regard des autres vraiment c'est aller droit devant comme un 100m sprint aller jusqu'à la règle finale et foncer en fait juste y aller et se lancer

SPEAKER_00

Génial. Écoute, super conseil. Merci beaucoup encore une fois, Sophia, pour tous ces partages, très personnels d'ailleurs. On n'a pas juste parlé sport, on a aussi parlé de mindset et d'image de soi quelque part. Donc vraiment, merci, merci beaucoup de t'être ouverte comme ça sur le podcast. Merci beaucoup. Et on te souhaite tout le meilleur pour la suite et on suivra de près tes performances d'ici Tokyo et puis pour les prochains.

SPEAKER_01

exactement ouais parce que je compte pas m'arrêter là moi j'aimerais faire encore Paris 2024 du coup venir en France Loïc et si j'arrive Los Angeles 2028

SPEAKER_00

excellent super bah écoute Sophia on te souhaite tout le meilleur avec tout l'esprit je suis sûr que ça donnera de grandes choses merci

SPEAKER_01

beaucoup