Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Marcheur du Nil, une expédition en solo de la source du Nil au Caire avec Claude Cazes
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Claude Cazes a déjà vécu plusieurs vies. Il est passé par la Légion Étrangère 🪓, la Marine Nationale ⚓️, a été professionnel en boxe Thaï 🥊 et a travaillé sur des plateformes pétrolières. C'est aussi un homme de défis, et il en a plusieurs a son actif, dont un record personnel de 1h54 passé immergé dans la glace 😱
Claude est aussi un voyageur, et c'est bien pour ça qu'il se lance dans des expériences professionnelles et personnelles aussi atypiques. Mais c'est aussi un fonceur ! Comme il le dit lui-même, il ne se pose pas trop de questions et suit son instinct. Le dernier défi pour lequel il se préparait ? Marcher 1500km en Antarctique 🥶. Oui mais voilà, il y à beaucoup de facteurs externes qu'on ne contrôle pas. Lorsque le COVID 🦠 a fait son apparition, le projet a du être reporté. Qu'importe, Claude a décidé de basculer sur un autre défi de sa liste.
En 3 mois, il a monté une expédition en solo de la source du Nil au Caire, soit pas loin de 6000 km. Il s'est au passage associé à 7 ONG des pays qu'il allait traverser, pour de la distribution de médicaments. Dans cet épisode, Claude revient avec nous sur certaines des galères qu'il a pu rencontrer (et vous verrez, c'était pas une promenade de santé !) mais aussi sur les meilleurs moments de cette aventure africaine.
Même si la fin de l'aventure a un goût amer du fait de sa détention pendant 2 semaines par la police Egyptienne, c'est au final une incroyable aventure que Claude a bien voulu accepté de partager avec nous.
Merci Claude pour ton temps et ce récit haletant qui illustre parfaitement ce que résilience, détermination et dépassement veulent dire !
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #46 - Lilian Dauzat - Entrepreneur & Aventurier - Maintenir la flamme de la curiosité pour continuer à grandir
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Quand tu vois quelqu'un comme moi, un étranger qui n'a pas de nourriture et qui cherche ou qui demande, il donne sans se poser de questions. Et ça, pour moi, ça a été des moments importants, des échanges importants parce que je n'avais jamais vécu ce genre de choses de toute ma vie avant. Et j'ai trouvé ça formidable de rencontrer ce genre de choses.
SPEAKER_01Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés
UNKNOWN!
SPEAKER_01Bienvenue, Claude, sur le podcast. Merci. Ravi de t'accueillir. Écoute, je suis impatient que tu nous en dises plus sur ton parcours, tes aventures, notamment une aventure toute récente dont tu viens de revenir avec quelques péripéties assez remarquables. D'ailleurs, c'est comme ça que moi, je t'ai découvert. Mais écoute, je n'en dis pas plus. Je te laisse peut-être nous expliquer qui est Claude et ce
SPEAKER_00que tu fais. Oui. Alors... Claude Caz, 39 ans, ancien légionnaire, ancien marin à la Marine Nationale, ancien boxeur pro, Thaï, et ancien technicien sur plateforme pétrolière. C'est une vie atypique et surtout mouvementée où je sais que depuis tout le temps, j'ai besoin de voyager et j'ai toujours cherché et trouvé des métiers qui me permettent de le faire.
SPEAKER_01Excellent. Tu disais ancien légionnaire et dans la marine ouais à quel moment est-ce que t'en es sorti du coup et qu'est-ce qui fait que t'as décidé de revenir dans le civil
SPEAKER_00en fait la marine c'était de 2000 à 2003 j'étais spécifiquement sur le porte-avions Charles de Gaulle j'ai arrêté uniquement parce que parce que il y a des contrats tu fais le début et la fin et puis si tu décides pas de renouveler tu continues ta vie civile Par contre, pour la Légion étrangère, ça a été différent. Ce sont des contrats de 5 ans. Et moi, j'ai décidé d'arrêter avant, tout simplement parce que je suis quelqu'un qui aime la compétition, le challenge et le dépassement de soi et les voyages. Donc, du coup, quand arrivé aux 3 ans dans la Légion, quand on m'a dit qu'il n'y avait plus de mission extérieure et que j'avais déjà fait le tour de tous les stands, de survie du moins pratiquement tous mais j'ai décidé en fait de quitter de quitter la maison de la Légion pour revenir dans le civil et pour rebondir justement à ce moment là sur les plateformes
SPEAKER_01pétrolières waouh ça a été l'appel de l'aventure du coup qui a été plus fort
SPEAKER_00ouais tout à fait
SPEAKER_01ouais excellent et ok donc si je comprends bien après les plateformes c'est là où tu t'es consacré vraiment pleinement euh sport de haut niveau alors je sais pas d'ailleurs si il n'y a eu que le trail dans le haut niveau que tu pratiques mais entre autres le trail et c'est là où les aventures ont commencé si j'ai bien
SPEAKER_00compris il y a une petite passe après après les plateformes qui est de deux ans environ deux ans où j'ai bossé sur Genève en tant que frontalier et après ces deux ans je suis revenu à la maison à Béziers pour pour être plus proche de ma famille. Et puis, c'est quelques mois plus tard où j'ai décidé, en fait, comme à son habitude, c'est-à-dire comme je le fais tout le temps, c'est-à-dire que je m'écoute souvent, surtout dans ce que je ressens. Et à ce moment-là, j'ai eu une envie d'Antarctique. Et franchement, c'est dans la réalité une réelle difficulté de monter une expédition en Antarctique et on expliquera ça un peu plus tard bien évidemment parce que l'Antarctique est prévue pour 2022 mais c'est une réelle difficulté dans tous les domaines que ça soit l'équipement, la logistique le transport la finance, les entraînements c'est une réelle difficulté et c'est toujours mon obsession et mon rêve encore aujourd'hui mais bon il y a eu le Covid qui a suivi beaucoup d'entraînements que je me suis moi-même donné au moment où je m'étais dit que j'allais faire l'Antarctique et donc des tests moi j'appelle ça comme ça, j'appelle des tests parce que c'est vrai qu'après plusieurs mois d'entraînement intensif, je parle de 6 heures d'entraînement par jour au quotidien parce que je J'avais décidé d'arrêter ma vie professionnelle pour me consacrer à justement cet objectif, tout en essayant d'emporter quand même le minimum pour ma famille, même si j'ai la chance d'avoir une compagne qui continue à travailler et qui nous permet entre autres, avec ce que j'amène, de pouvoir subvenir aux besoins. Mais voilà, j'avais besoin de me tester parce que je pense que de toute façon, tout explorateur, tout aventurier ou tout sportif, quel qu'il soit de petit ou très haut niveau, doit se tester pour savoir exactement ce que son corps en termes d'énergie peut lui fournir. pour faire une petite ou longue distance. Et moi, c'est ce que j'ai
SPEAKER_01fait. Comment est-ce que tu te testes justement pour une expé en Antarctique
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je ne suis pas un expert de Béziers, mais je crois que vous n'avez pas trop de glace la plupart du temps. Quel type de test est-ce que tu as imaginé pour pouvoir savoir où est-ce que tu en
SPEAKER_00étais
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait, si tu veux, je le dis parce que c'est la réalité. Je n'ai pas fait les grandes écoles pour ne pas dire que je ne suis pas allé très loin à l'école. J'ai arrêté l'école à 15 ans pour partir travailler tout de suite, moi j'avais aussi ce besoin de je suis plutôt quelqu'un de manuel j'ai démarré par le travail de la maçonnerie générale mais ce que je veux dire avant d'expliquer ça c'est que je réfléchis avec ma propre logique avant de commencer à aller chercher des explications sur internet ou par des médecins que j'ai en contact aujourd'hui donc je me suis dit déjà dans un premier temps si toi tu peux pas aller dans des endroits parce que géographiquement et financièrement ça coûte excessivement cher de se déplacer essaye de faire venir les climats ou l'altitude ou le froid jusqu'à toi et en fait aujourd'hui nous sommes quand même en 2021 et nous pouvons faire plusieurs choses de ce genre là pour pouvoir réaliser des tests donc les tests de l'altitude c'est très simple bien évidemment il y a toujours des gens qui sont pour et il y a toujours des gens qui sont contre ce genre de choses mais moi j'ai voulu tester encore une fois je pense qu'il vaut mieux essayer avant de juger plutôt que de parler d'une chose que l'on ne connait pas et donc j'ai décidé de me mettre un masque en fait dans mes entraînements, un masque qui simule l'altitude donc qui te met en hypoxie pour justement pallier à ces problèmes d'altitude que je éventuellement quand je serai en Antarctique puisque c'est une montée en fait des premiers pas jusqu'à la fin de cette expédition qui sera organisée en Antarctique tu fais que monter en fait tout le long et ça peut aller jusqu'à 2000 mètres donc voilà il fallait pallier ce problème là donc j'ai trouvé le masque qui pour moi c'est comme on a vie personnelle encore une fois qui pour moi fonctionne puisque ça me donne ça m'a donné et ça continue à me donner des résultats donc je continuerai toujours à l'utiliser et en plus j'ai envie de dire qu'aujourd'hui ça fait plus de deux ans que je l'utilise je ne vais pas prétendre non plus à être le premier à l'utiliser mais peut-être sur une longueur sur une période aussi longue il est possible que je le sois dans un deuxième temps pour le froid là c'est un ça a été un peu plus difficile, mais j'ai envie de dire que tout le monde dans sa ville a des sociétés ou des entreprises qui génèrent quelque chose qui est en rapport avec le froid, donc qui ont des congélateurs, qui soient à moins 10, moins 20, ou voire jusqu'à moins 60, selon les entreprises. Et moi, j'ai la chance, sur Bézil, d'avoir dans mes connaissances, quelqu'un qui a une entreprise où il y a des congélateurs, donc de moins 25 jusqu'à moins 60 degrés donc déjà ça ça a été un premier test et puis et puis comme non plus on peut utiliser ça, ce genre de test, que sur une période, qu'elle soit courte, moyenne ou grande. Moi, je l'ai utilisé pendant un temps, mais je voulais quand même tester aussi, parce que tester son corps avec des vêtements, le corps va réagir d'une certaine façon. Par contre, si on teste vraiment sa propre nature avec ce que la génétique nous a donné, c'est-à-dire les poils que l'on a autour de nous, pour les hommes, bien évidemment, sont là pour une raison. Ils sont là pour plusieurs raisons. Encore une fois, je ne suis pas médecin ni scientifique, mais j'ai réfléchi à ma logique. Après ça, j'ai bien évidemment regardé tout ce qui se disait sur Internet et échangé avec des médecins. Les poils sont là pour plusieurs raisons. Les poils sont là pour nous réchauffer, justement, comme les cheveux, quand on est dans le froid. Ils sont aussi là pour conserver l'eau quand on va transpirer et pour pouvoir refroidir le corps. Donc, c'est un peu comme si on était une machine quand on réfléchit bien. Et donc, je me suis dit, allez, on va faire un autre test pour justement voir comment mon corps va réagir à du froid à zéro degré. Et là, tu peux me dire, ou n'importe qui peut me demander, oui, mais sur l'Antarctique, on sera à moins 20, moins 30. Oui. Sauf que si tu ne te testes pas sans vêtements, juste avec un caleçon, de savoir comment ton corps réagit à zéro, tu ne seras pas du tout comment ton corps réagit en moins de 20 avec des vêtements donc moi je voulais faire ce genre de test donc je l'ai fait j'en ai fait plusieurs officiellement tout a été enregistré par des vidéos dans quasi toutes les choses que j'ai faites l'année dernière ou il y a deux ans ont été aussi enregistrées par un huissier de justice parce que je voulais pas qu'à un moment donné les gens me disent oui c'est pas sûr tu l'as pas fait tu si tu l'as voilà moi tout a été répertorié et enregistré comme ça au moins je peux prouver ce que je dis. Et donc, dans mes premiers tests, jusqu'au dernier, avec un travail, parce que j'ai aussi écouté un grand monsieur du froid, qui est autre que Wim Hof, donc c'est l'homme de glace, Iceman, qui dit que avec un travail de respiration, nous pouvons faire en sorte et faire réagir notre corps pour nous faire résister au chaud Au froid, pardon. Donc, du coup, j'ai pris la base de ce qu'il disait, mais je n'ai pas utilisé la façon dont il utilise sa respiration et qu'il vend, bien évidemment, pour tenir dans le froid. Moi, ce que j'ai fait, je me suis, encore une fois, avec ma propre logique, avec mon propre raisonnement, dit, voilà, tu vas utiliser plutôt cette façon-là et la tester. Et je l'ai testée. Et les tests sont concluants. C'est-à-dire que... j'ai réussi au final à tenir dans tous les tests plus d'une heure, 1h01 exactement, dans des glaçons, des pieds recouverts jusqu'à la nuque, comme Wim Hof dans ses records du monde, où je suis resté plus d'une heure sans changement de température interne. Ce qui veut dire qu'il y avait un médecin à côté de moi pendant la durée de ces tests qui prenait la température toutes les 5 minutes. Et il n'y a eu quasi aucun changement. Le changement qu'il y a eu, c'était de 0,3, autant dire rien du tout, sur une heure dans la glace. Donc là, à ce moment-là, je comprends quand même que l'on peut habituer son corps avec des entraînements dans le froid, dans le chaud, dans l'endurance, dans la force. Le corps, en fait, est un outil que l'on peut moduler en fonction des entraînements. Et moi, je compte bien l'utiliser, en fait, pour essayer justement d'utiliser le moins d'énergie, puisque ce qu'il faut savoir, pourquoi on brûle jusqu'à 7000 calories jour, ce qui est énorme, en sachant qu'une personne normale brûle par jour 2000 à 2500 calories jour, 7000 jours sur l'Antarctique, ce n'est pas uniquement parce que l'on va marcher pendant une journée, donc de 8 à 10 ans, ça, ça nous fait brûler des calories, mais pas autant. Ce qui fait brûler le plus, c'est justement le froid. Le froid, le corps va réagir d'une façon à ce qu'on va utiliser nos propres graisses pour brûler cette énergie et la nourriture que l'on a ingurgitée. Donc moi, je me suis dit une chose très simple, c'est entraîne ton corps au froid pour avoir une meilleure résistance et automatiquement tu auras besoin, tu brûleras moins d'énergie et donc ma mangera moins
SPEAKER_01pour pouvoir marcher
SPEAKER_00sur
SPEAKER_01l'Antarctique. D'accord. C'est super impressionnant. Mais du coup, comment est-ce que tu as adapté ces techniques de... C'est Wim Hof,
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Wim Hof, voilà, utilise une certaine façon de respirer. Moi, j'en utilise une autre.
SPEAKER_01D'accord. OK. Donc, c'est quand tu dis que tu as eu des changements, enfin un changement vraiment anecdotique sur ta température interne de 0,3 degré. En fait, tout ça, tu as réussi à le faire avec à travers une technique que tu as développée toi-même sur la respiration uniquement c'est ça exactement punaise impressionnant impressionnant c'est fou de voir comment tu as réussi à te trouver des tests des protocoles etc quelque part un peu fait maison j'ai l'impression avec quand même après derrière tu es allé faire le travail de recherche et tu t'es fait accompagner mais je trouve ça génial tu vois de voir comment tu as réussi dans un environnement à Béziers encore une fois enfin n'importe où en France d'ailleurs il y a quand même peu d'endroits où on peut se présenter préparé pour l'Antarctique en termes de température. Mais je trouve ça intéressant de voir comment tu t'es créé ton propre environnement de
SPEAKER_00test. Oui, c'est ça. Je pense qu'au bout d'un moment, tu sais, quand tu as vraiment quelque chose en tête et que tu t'es donné avec ce rêve un objectif d'y arriver, je pense qu'on est tous capables, quel que soit le rêve, de pouvoir le réaliser de près ou de loin et de il faut juste s'accrocher et persévérer et la force que n'importe qui a pour faire ce genre de choses la première c'est de croire vraiment en soi et en ce que l'on fait sans quoi au bout d'un moment le doute est là et quand le doute est là automatiquement on n'arrive pas à aller au bout on a des difficultés et on n'arrive pas non plus à performer
SPEAKER_01écoute je suis 100% d'accord avec toi ce podcast c'est un peu le podcast de la détermination et de la résilience c'est exactement le message que j'essaie de faire passer à travers toutes ces interviews avec des gens aussi frappés que toi mais du coup comme tu viens de le dire le driver pour toi ce qui a maintenu la flamme c'était ce rêve et la question que je me pose c'est pourquoi l'Antarctique
UNKNOWN?
SPEAKER_00ça c'est une question très difficile parce que je fais partie de cette catégorie de personnes qui, dans leur vie, ne se posent pas trop de questions sur ce qu'ils ressentent, mais qui vont aller le réaliser sans trop perdre de temps, voire dans l'immédiat. Je suis un peu un fonceur. Je fonce à tête baissée et uniquement après, je vais regarder ce qui va se passer. Bien évidemment, aujourd'hui, j'ai 39 ans, donc avant de foncer, je réfléchis un peu, je prends quelques températures, mais pas trop longtemps quand même, parce que j'ai toujours ce sentiment, cette attraction qui m'attire dans tel ou tel endroit ou de faire telle ou telle chose, parce que c'est ça et pas autre chose ou pas autrement. Donc voilà, je ne me pose pas trop de questions.
SPEAKER_01Ce qui parfois, j'imagine... c'est ta façon d'aborder les choses évidemment mais peut-être parfois sur certains défis il vaut peut-être mieux tu vois être tout de suite dans l'action foncer et pas trop se donner le temps de la réflexion parce que parfois il y a des projets qui sont vraiment beaucoup plus gros que nous qui peuvent un peu faire peur c'est ça et dans ces situations il vaut peut-être mieux tu vois tout
SPEAKER_00chousse on y va
SPEAKER_01à fond en fait ce qu'il faut se dire en
SPEAKER_00fait aussi c'est que il y a des moments pour s'arrêter, réfléchir et poser les choses et avancer. Mais il y a d'autres c'est ce que je pense encore une fois, c'est que mon opinion, il y a des moments où il ne faut pas réfléchir, il ne faut pas se poser et il ne faut pas attendre, il faut le faire au moment où on le ressent parce que moi, je suis parti encore une fois de cette catégorie de personnes qui n'aiment pas avoir des regrets ou des remords et je préfère mille fois le faire au moment où je le sens et je le ressens plutôt que ne pas le faire au moment ou attendre trop longtemps et ne pas l'avoir fait à la période où je le pensais parce qu'entre le moment où tu le ressens et le moment où tu le fais il y a quand même deux poids deux mesures et un temps se passe et justement on a aussi une répercussion autour de ce que l'on dit, ce que l'on fait et de comment on réagit autour de nous et donc je pense sincèrement que quand on pense et que l'on ressent quelque chose de très fort à un moment donné, je pense qu'il faut vraiment y aller parce que c'est comme un appel en fait de soi-même
SPEAKER_01pour aller quelque part très beau message et l'Antarctique justement même s'il y avait l'appel et que tu t'y es préparé de la meilleure façon possible la réalité c'est que t'as été rattrapé par entre autres le Covid et donc si je me trompe pas un petit peu au dernier moment t'as réorienté ton projet et t'es parti sur un extrême opposé
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00c'est ça euh comme je viens de le dire là juste maintenant je rebondis sur ça effectivement il y a ce que l'on ressent et ce que l'on a envie de faire et donc on part on fonce pour faire ce genre de truc et il y a ce qui se passe autour de nous et la plupart du temps ce qui se passe autour de nous on n'a pas le contrôle sur ça on a le contrôle de sa propre vie et donc de ses choix mais on n'a pas le contrôle de tout ce qui se passe autour de nous donc on part pour faire quelque chose et on voit qu'en face de nous il y a un obstacle ou il y a un retard Je pense qu'à ce niveau-là, il faut rebondir sur autre chose. Et moi, c'est ce qui s'est passé pour l'Antarctique. Quand j'ai eu l'agence de voyage qui organise justement le Groenland et l'Antarctique, il me dit, voilà, le Groenland, ça ne va pas être possible. Et donc, Antarctique, il va falloir reporter aussi. Donc, moi, à ce moment-là, je me dis, bon, OK. Je ne me dis pas, ouais, t'es dégoûté ou ce genre de truc. Non, du tout. Je rebondis. Je me dis, bon, il faut que je trouve une autre expédition pour 2021 parce que je suis prêt physiquement et mentalement à partir, à faire quelque chose physiquement et mentalement, mais aussi humainement. C'était vraiment important pour moi. J'ai plusieurs années d'expédition en tête. Sincèrement, j'en ai plein dans la tête. Je suis capable d'écrire plein de scénarios sur plein de choses à faire. Mais là, il y en avait deux devant moi. Je voulais absolument marcher le London Hill et pour pas dire le plus long ou l'un des plus longs le plus long étant l'Amazonie donc 7400 km et comme je connaissais un peu l'Amazonie du par la Guyane avec la Légion étrangère je m'étais dit bon c'est compliqué pour la période au moment où je le suis et puis c'est compliqué sur le moment là par contre pour le coup il faut vraiment préparer ce genre d'expédition parce que c'est compliqué On rentre dans des endroits et des pays qui sont excessivement dangereux, voire plus que ce que j'ai fait, ou d'une autre manière en tout cas. Et donc là, il vaut mieux avoir une bonne organisation et un bon suivi. Et donc là, je rebondis sur le Nil. Et c'est vrai que je pense sincèrement, entre 70 et 80% des Français à qui on va poser la question, si je vous dis le Nil vous pensez à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00ils vont tout de suite répondre l'Egypte et j'ai fait partie de ces 70-80% jusqu'à ce que je m'intéresse à cette expédition et jusqu'à ce que je la monte et au moment où j'ai réfléchi je me suis dit bon je vais partir sur le Nil on va partir à la chasse à l'information et là je découvre qu'il y a justement quelques années de ça une équipe de 3-4 personnes néo-zélandais et britanniques qui ont monté cette expédition et donc qui ont fait ces plus de 6000 kilomètres le long d'une île d'une façon ou d'une autre à pied, en bateau, des fois en véhicule parce qu'on n'a pas le choix de traverser des zones dangereuses animales ou humaines et donc ils l'ont quand même fait en groupe donc les plus de 6000 kilomètres de sa source au Burundi jusqu'en Égypte et là on apprend du moins moi j'ai appris à ce moment là que la source du Nil n'est pas comme certains documentaires le disent en Ouganda c'est à dire au lac victorien mais au Burundi où justement il y a des chercheurs et des scientifiques qui ont trouvé cette source parce qu'ils avaient les instruments et l'équipement adéquat pour suivre cette source là donc à ce moment là je me dis bon c'est combien de kilomètres
UNKNOWN?
SPEAKER_00c'est quand même 6000 il y en a qui disent 6600 il y en a qui disent 6800 bon en tout cas dans ces eaux là c'est plus de 6000 donc c'est le plus important et je me dis une phrase que je me dis à chaque fois en fait que je veux faire quelque chose si eux ils y sont arrivés je peux y arriver aussi tout simplement je pense qu'il faut réellement partir dans ce type de mentalité quand on décide de faire quoi que ce soit qui pour nous est une difficulté on a chacun notre niveau de difficulté qui est totalement différent pour une personne qui faire 10 kilomètres, c'est une difficulté qui est énorme. Pour quelqu'un d'autre, 6000 kilomètres, comme pour moi, c'est un autre niveau. Mais on a chacun nos difficultés et je pense que si tout le monde fonctionne comme ça, il arrivera toujours à faire ce qu'il fait. Et donc, une phrase que M. Horn dit, et moi, j'adore cette phrase-là, c'est une personne, et je crois vraiment à ça, une personne ordinaire est capable de faire des choses pas ordinaires, il suffit qu'il s'entraîne, c'est
SPEAKER_02tout.
UNKNOWNHum hum.
SPEAKER_00Et donc, à ce moment-là, je monte cette expédition en moins de trois mois, tout compris l'équipement, la logistique, la communication, les contacts, tout. Ce qui est fou, puisque quand je discute avec d'autres explorateurs et aventuriers, ils m'ont dit, Claude, tu as fait un truc de fou. En moins de trois mois, il y avait un budget prévisionnel qui était d'un environ 20 000 euros, puisque là, je le cite, cette expédition, le but ultime de cette expédition n'était pas que je marche plus de 6 000 kilomètres de sa source à son embaucheur, mais qui était pendant cette expédition que moi, je puisse apporter des médicaments à la population africaine dans le besoin par le biais d'ONG local avec qui j'étais en contact et que j'ai rencontré tout le long de mon chemin parce que pour moi, la santé est primordiale, surtout en avec ce que l'on vit en ce moment, et que sans la santé, en fait, on ne peut rien faire. Donc, en plus de ça, donc de ces médicaments qui ont été apportés et acheminés, et je vais y revenir plus tard, c'était de les aider aussi par un moyen financier, grâce à mes sponsors, et je les remercie, pour les aider, ces ONG, dans leurs propres actions qu'ils avaient, puisque la plupart des ONG que nous avons aidées, moi et mes sponsors, étaient des ONG qui aidaient des orphelins ou des enfants abandonnés c'est à dire que leurs parents n'étaient pas décédés mais voilà ils ont été abandonnés et des femmes vulnérables c'est à dire des femmes qui étaient par contre aussi abandonnées par leur famille ou leur mari avec des enfants et pour moi c'était vraiment important d'aider plutôt des ONG locales et pas des ONG internationales que tout le monde connaisse et que l'on voit à la télé, je ne vais pas les citer, qui eux sont déjà aidés, je ne dis pas qu'ils ne font pas un travail formidable, d'ailleurs tant mieux qu'ils soient là, parce que ça en aide un plus grand nombre, mais je voulais aider toutes ces petites moi qui n'étaient pas connues, tout simplement.
SPEAKER_01D'accord, donc il y a vraiment une grosse dimension au-delà de l'aspect sportif, je trouve que c'est intéressant que tu le soulignes, parce que évidemment qu'au fur et à mesure que tu vas nous en parler, je pense que ça va être assez clair pour tout le monde que d'un point de vue mental et physique, ce que tu as fait, c'est juste dingue. Mais c'est intéressant de savoir que parmi les motivations qui t'ont amené à prendre le départ, à créer le projet très rapidement, il y avait quand même cet aspect d'aide. Oui, tout à fait. Excellent. Alors du coup, tu apprends que tu ne peux pas partir en Antarctique. Ça faisait combien de temps que tu le préparais
UNKNOWN?
SPEAKER_01Plus d'un an, c'est
SPEAKER_00ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00L'Antarctique, oui, plus d'un an. Et puis, comme je t'ai dit, j'ai toujours plein d'idées et il a fallu que je rebondisse très très rapidement parce qu'en plus comme je suis pas bête j'ai quand même regardé les gens qui l'ont fait avant moi et justement ils étaient partis le 31 mars pour partir sur cette expédition mais eux ça a duré beaucoup plus longtemps je crois de mémoire que ça a duré quelque chose comme 9 mois mais 9 mois parce qu'ils n'ont pas fait que marcher, ils se sont aussi arrêtés sur le chemin pendant quelques jours avec des locaux chez l'habitant c'est aussi pour ça que ça a duré aussi longtemps, à l'inverse de moi où c'était vraiment plus une marche, il y a eu quelques échanges bien évidemment avec des locaux, j'ai été chez l'habitant aussi quelques fois mais très très peu, puisque moi, mon objectif était surtout d'avancer de pays en pays pour rencontrer ces ONG et surtout voir ce qu'avec l'aide qu'on allait leur apporter, voir de mes propres yeux tout ce qui allait être fait.
SPEAKER_01Alors moi, la première question que je me pose, c'est comment tu as fait, puisque bon, ça faisait un bon moment que tu t'entraînais pour l'Antarctique avec toutes ses spécificités et puis notamment, enfin surtout la météo. Comment est-ce que tu as fait pour au-delà de l'aspect logistique et financement, comment est-ce que tu as fait en trois mois pour tout de suite être clair sur ce qu'il allait falloir que tu mettes en place pour une météo et des conditions climatiques qui n'ont juste absolument rien à voir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Totalement. Alors du coup, la chance que j'ai, c'est que je suis un sudiste et que on va dire les températures, elles ne sont pas celles de l'Afrique. Attention, on n'a pas du 40 à 50, voire plus selon certains pays que j'ai traversé mais il fait quand même très chaud donc moi la chaleur j'ai jamais eu aucun problème même quand je travaillais sur plateforme pétrolière je voyageais sur l'Afrique de l'Ouest j'ai jamais eu soucis avec la chaleur donc c'est pour ça aussi que je me suis dirigé vers cette expédition et pas une autre en plus de pouvoir aider ces ONG c'est que tout ça me parlait donc je savais que j'allais traverser de la savane je savais que j'allais traverser des marées de la jungle, de la forêt, du désert. Et donc, qu'est-ce que j'ai fait
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'ai fait une chose très simple et très logique. J'ai regardé avec l'outil qui est très bien, c'est Google sur Internet et j'ai fait mes propres recherches pour savoir les périodes que j'allais traverser, le moment, à peu près le temps que j'allais mettre pour traverser tel ou tel pays et quel est le climat à ce moment-là. Et Et toutes ces informations m'ont permis de me dire que justement, si l'autre équipe avant moi l'avait fait en groupe à cette période-là, c'est qu'il y avait une bonne raison. Et effectivement, après avoir regardé et pris toutes ces informations, c'était le bon moment. Le 31 mars était un bon début, le bon début de cette expédition parce que quand on arrive au Burundi, le climat est favorable. On est sur des températures qui se rapprochent de celles du sud de la France. Et en Tanzanie... c'est la même chose après. Et en Ouganda, les températures commencent un peu à augmenter. Mais du coup, quand on a marché sur le Burundi et la Tanzanie, on commence aussi à s'acclimater à tout ce qu'il va y avoir. Et c'est exactement ce qui se passe. Le corps, comme je l'ai dit tout à l'heure, est une machine et il s'adapte très, très vite. Et quand j'arrive en Ouganda, je m'adapte. Et comme il fait plus chaud que dans les deux autres pays, je commence à m'adapter aussi à ce qui devait arriver normalement sur... sur le sud Soudan et le Soudan et l'Egypte sauf que j'attends que tu me poses la question de savoir entre guillemets si j'ai des anecdotes ou de savoir qu'est-ce qui s'est passé sur le chemin pour te raconter un peu tout ce qui s'est passé de bon comme de moins bon
SPEAKER_01Eh bien écoute, ça tombe très bien que tu me tendes la perche, puisque après la partie préparation, c'était la suivante, c'était qu'est-ce qui s'est passé en réalité, puisque j'imagine bien que cet itinéraire prévu en tout cas des 6000 kilomètres, tu as dû en vivre des anecdotes.
SPEAKER_00Oui, je tiens quand même à préciser à tous les auditeurs, c'est qu'il y a quand même deux poids, deux mesures, c'est-à-dire que quand on va préparer une expédition, et je sais pour tous les gens qui veulent le faire… n'importe où dans le monde, il faut savoir que les informations que j'ai prises, bien évidemment, c'est de la théorie. C'est-à-dire que comme je n'y suis pas allé physiquement et que je ne connaissais pas, ça ne restait que de la théorie. On a bien évidemment des informations qui peuvent être rapportées selon certains sites ou selon certaines choses à la réalité, mais tant qu'on ne le vit pas réellement, il faut rester sur ça. Ça reste de la théorie sur ces points-là au niveau du climat, mais pas que sur les gens sur place, ce que l'on peut lire en fait sur les réseaux sociaux ou sur internet ou dans les journaux télévisés ou ce que l'on veut reste de la théorie parce que on sait très bien qu'il y a certains médias qui modifient un peu ou qui accentuent la réalité ou qui vont exagérer ou qui vont amoindrir justement ou ce genre de choses et rien ne vaut en fait le fait d'y être allé et de voir par soi-même les choses. Donc moi j'ai fait face justement dans cette expédition, on va la nommer puisqu'il y a le film qui va sortir et qu'on parlera après qui s'appelle Marcheur du Nil, il y a la réalité, c'est-à-dire qu'on est confronté quand on y est à une réalité, la réalité du terrain. La réalité du terrain, elle est simple. Je pensais que j'allais être confronté à tous ces changements de climat, changements de terrain et tout ça. Je l'ai été. Mais civilisé. C'est-à-dire que je n'ai pas tant rencontré d'animaux sauvages que ça, malgré que j'ai été dans des pays où justement les animaux sauvages restent quand même en liberté ou dans des parcs nationaux qui sont en liberté. Je n'en ai pas rencontré tant que ça. donc du coup quand on voit dans certains documentaires que les gens voilà tout ça c'est pas tout à fait vrai dans la réalité si on rentre pas ou si on traverse pas un parc national et que l'on est accompagné dans ce parc national on va pas réellement voir des animaux de sauvage comme les lions ou les éléphants ou ce genre de choses ça peut arriver bien évidemment parce que comme ils sont en liberté il y a quand même des guides qui surveillent les limites entre guillemets de ces parcs et qui font en sorte donc de garder ces animaux dans le parc mais il peut arriver bien évidemment des moments où on va les rencontrer moi j'ai eu cette chance pendant mon expédition de pouvoir justement rencontrer certains animaux sur mon chemin qui étaient un peu sortis on va dire de leur zone dite de frontière comme des éléphants, ça a été des moments magiques que j'ai vus de mes propres yeux, puisque je n'avais jamais vu d'éléphant en vrai, et surtout très proche de moi. On commence à comprendre un peu tout ce qu'on avait vu sur National Geographic, c'est-à-dire quand il y a des éléphants qui ont les oreilles un peu, si tu veux, qui bougent, qui sont ouvertes à vous, un peu comme un chou, on comprend en fait que c'est une façon de se méfier de l'homme, ce genre de choses. On comprend que quand il y a des hippopotames qui ne sont pas loin parce qu'encore une fois on a regardé ce genre de documentaire on comprend aussi que il ne faut pas s'amuser avec eux ce ne sont pas nos amis ils sont mignons mais ce ne sont pas nos amis ils sont très agressifs d'ailleurs une petite anecdote sur ça sans pour autant les avoir dérangés entre guillemets parce qu'il y avait quand même une distance entre eux et moi il y a un mâle, le mâle dominant qui protège justement sa tribu qui se sentait menacé et qui a, dans la barque où j'étais, la pirogue exactement, est venu proche de nous et en dessous et a essayé de nous soulever. Donc ça c'est la réalité. Et une fois qu'on est soulevé et qu'on est mis dans l'eau, comme il est là pour protéger justement sa tribu, lui tout ce qu'il veut en fait c'est vous attaquer, ça fait partie de son instinct et de vous mettre entre guillemets dans un contexte où vous ne pouvez plus bouger, entre guillemets. Donc, ils viennent, ils vous attaquent. Ça, c'est la réalité. J'ai aussi rencontré des crocos, des crocodiles, très peu, parce que, justement, dans les chemins où je suis allé, il y a beaucoup de civilisations, et quand il y a des civilisations, il n'y a plus de crocodiles. Parce que, comme il y a des civilisations et des habitants, il y a peut-être des années de ça, les hommes ont été attaqués et pour éviter justement ça ils ont fait la chasse aux crocodiles et donc du coup à chaque fois qu'il y a une civilisation il n'y a pas de crocodiles ou quasi pas de crocodiles les crocodiles maintenant savent que quand il y a une civilisation ils ne s'approchent pas ou sinon ils vont être chassés et puis après oui il y a des animaux qui sont fous on les connait ce sont les babouins qui sont au niveau de ces pays là la Tanzanie le Ouganda ils sont là ils sont sur le chemin et pareil aussi tant qu'on s'approche pas trop près et qu'ils se sentent pas menacés ils vous attaquent pas encore une fois petite anecdote moi j'étais en train de marcher justement à un moment donné dans un parc et puis il y a pareil le mâle dominant qui s'est mis à me poursuivre et donc j'étais avec mon sac et j'étais en train de courir en fait pour les nous faire attaquer par un babouin euh et puis et puis écoute suite à ça les rencontres humaines socio-culturelles avec les habitants ont été extraordinaires parce que les africains en général sur une grosse majorité vraiment pour pas dire 90 ou 95% ils sont généreux, ils sont accueillants ils sont tout ce qu'on veut et tout simplement parce qu'ils savent ce que c'est en fait la misère ils savent ce que c'est d'avoir la moindre chose donc du coup quand ils voient quelqu'un comme moi qui était censé à moitié parce que j'avais quand même des réserves de nourriture dans mon sac à dos mais j'essayais de gérer ma propre nourriture avec ce que je trouvais ou chasser ou pêcher sur le chemin quand ils voient quelqu'un comme moi un étranger qui n'a pas de nourriture et qui cherche ou qui demande et bien ils donnent sans se poser de questions ils donnent d'une façon où très généreuse où ils vous donnent des fruits et des légumes ou alors ils vous demandent de vous arrêter tout simplement et ils vont vous cuisiner à manger et ça pour moi ça a été des moments importants des échanges importants parce que j'avais jamais vécu ce genre de choses de toute ma vie avant et j'ai trouvé ça formidable de rencontrer ce genre de choses sur mon chemin aussi j'ai rencontré des tribus des tribus avec qui j'ai échangé ça a été des échanges très courts puisque comme je te le disais pour moi c'était vraiment la marche il fallait que j'avance le plus rapidement possible je m'étais donné à peu près une trentaine de kilomètres par jour ce que j'ai effectué tout le long il y a eu quelques fois où j'ai fait peut-être 20 ou 25 mais c'est très très rare et par contre il y a eu quelques fois aussi où j'ai fait 40 voire 50 kilomètres par jour parce que c'est énorme surtout avec un sac à dos à roulettes d'une quarantaine de kilos parce que il y a des jours en fait où on se réveille où on est en pleine forme parce que la veille on a bien mangé on avait la nourriture qu'il fallait on a bien dormi et du coup à ce moment là je décidais d'avancer en faisant un petit footing tu vois des footings de 3-4 heures qui me faisaient faire ces kilomètres là voire 5 heures max ou des marches où je me sentais bien aussi et je faisais des marches donc des marches courses où voilà en 5-6 heures j'atteignais mon quota quotidien et ça me suffisait en fait pour après chercher un hôtel dans certains pays puisque dans certains endroits des pays comme au Burundi ou en Tanzanie je dormais en extérieur en Ouganda ça a été le cas quelques fois pas tout le temps parce que la police il y a la police qui est quand même présente en Ouganda et qui comprennent pas en fait pourquoi un étranger en fait dort dehors pour eux c'est pour eux, c'est que les étrangers ne dorment pas dehors, donc du coup, à ce moment-là, on me demandait de me diriger dans un hôtel, ce que je faisais, puisque je ne voulais pas avoir de problème non plus avec la police.
SPEAKER_01C'est intéressant ce que tu dis sur la distance parcourue. D'ailleurs, tu m'as fait penser, tu m'as fait me rappeler un souvenir avec la Légion. La première fois que j'ai fait le GR20, on était tombé sur... Je ne sais plus quelle branche ou section de la Légion et basé en Corse je crois que c'est à Calvi c'est Calvi exactement et en fait on était tombé sur un groupe de légionnaires qui faisait le GR20 par contre ils n'avaient pas le droit de le faire par le sentier donc c'était un peu la particularité donc ils crapahutaient ils n'étaient pas en paquetage complet mais ils devaient avoir peut-être une quinzaine de kilos dans les sacs
SPEAKER_00chacun
SPEAKER_0110-15 kilos et ils faisaient donc le GR20 mais pas par le sentier parce que ça devait être trop facile de suivre le sentier balisé exactement ça me fait penser à ça mais en tout cas c'est intéressant ce que tu dis sur les rencontres et je reviens sur ce que tu nous expliquais un petit peu plus tôt que c'est toujours bien de se renseigner d'avoir la théorie en tout cas des avis tu vois dans les médias ou sur des sites officiels de ce qui se passe dans certains pays tout à fait mais la réalité c'est souvent très différent et on en parlait avec un invité juste avant Lilian qui a fait un an de vélo avec ses filles en bas âge et sa
SPEAKER_00femme
SPEAKER_01et il expliquait que quand ils avaient commencé à regarder tu vois pour préparer la logistique etc pour traverser les pays où ils voulaient se rendre au début quand tu lisais le Mexique notamment quand tu lisais sur les sites de l'état français les points sécurité tu vois sur le Mexique bah ça faisait ça faisait peur et pourtant quand ils sont arrivés au Mexique comme c'était juste après les attentats qu'on a eu au Bataclan les premières questions qu'on leur posait au Mexique c'est est-ce que vous quittez la France parce que vous avez peur c'est devenu trop dangereux d'accord tu vois donc je trouve que c'est intéressant c'est vraiment une question de point de vue, en fait.
SPEAKER_00Exactement. Et petite anecdote, du coup, sur l'Ouganda, parce qu'après, on va passer sur les zones qui sont un peu plus risquées, dangereuses que j'ai vécues. Quand j'ai franchi la frontière ougandaise par la Tanzanie, en fait, je suis arrivé devant le lac Victoria et je m'étais posé une question à ce moment-là. Encore une fois, c'est ce que je dis, c'est que quand on décide quelque chose, puisque moi, j'avais communiqué sur sur le fait de tout faire à pied, les plus de 6 000 kilomètres. Sauf que du moment que j'use ma propre force, c'est-à-dire la force de mes bras ou de mes jambes, je m'étais dit que je restais cohérent dans ce que je faisais. Donc je suis devant le lac Victoria et là, je regarde en fait sur mon GPS que du point où je suis ou au point où je dois aller à pied par la route, donc qui est une route parallèle au lac Victoria, il y avait sur la route quelque chose comme 350 400 km peut-être même un peu plus et par la voie des eaux seulement 150 km et là je me dis attends il n'y a pas à réfléchir je me dis il faut faire ça par la voie des eaux tu vois et puis ça serait intéressant de pouvoir essayer un autre moyen tu vois et donc là je trouve un pêcheur qui est là et je lui demande et je lui propose justement s'il est ok en fait pour m'accompagner sur sa pirogue pendant le temps qu'il faut. Je ne sais pas, au début, je ne savais pas combien de temps ça allait mettre. Et lui, il me dit, je connais très bien. Il faudra mettre 3 jours et 2 nuits pour arriver au point où vous voulez aller. Et je lui dis, est-ce que c'est faisable pour vous
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il me dit oui. Donc du coup, après, le monsieur, bien évidemment que je le paye le montant dont il pêche normalement les poissons pendant 3 jours. Et puis, on prend de la nourriture sur le bateau. Et pendant 3 jours et 2 nuits, on vit sur le bateau, on dort sur le bateau, on pagaille sur le bateau. et ça a été vraiment une expérience folle et j'avais jamais vécu ça de toute ma vie et encore une fois une très très belle expérience donc voilà je voulais vraiment citer cette petite anecdote et là maintenant je rebondis vite fait avant de te parler des choses horribles et mauvaises sur des choses qui sont beaucoup plus belles parce que je tiens quand même à préciser à nos auditeurs que cette expédition pour moi a été magnifique dans l'ensemble même si je vais raconter des choses qui sont horribles parce que le plus important pour moi dans cette expédition était vraiment d'apporter ces médicaments à titre significatif à ces ONG qui travaillent avec des cliniques et des hôpitaux et cette aide financière à toutes ces personnes qui avaient besoin qui faisaient partie donc de ces ONG et j'ai pu voir et passer du temps avec ces gens là à chaque fois j'ai au moins passé un jour et une nuit avec ces ONG pour pouvoir pouvoir mieux échanger, mieux comprendre aussi leurs besoins. Et d'ailleurs, aujourd'hui, après cette expédition, ça n'a pas été un contact d'une seule fois, donc d'un one shot. Aujourd'hui, j'ai toujours contact avec eux et je vais continuer tant que je le peux à les aider d'une façon ou d'une autre. Et du coup, voilà, c'était beau. Vraiment, ces moments avec eux... Voilà, c'est des choses du quotidien que nous, on a ici en tant qu'occidentale et qui, pour nous, sont normaux. C'est-à-dire, je tire mon mitigeur et j'ai de l'eau. Là-bas, les enfants et les femmes, en fait, doivent faire des kilomètres à pied et pieds nus, bien évidemment, pour aller chercher de l'eau pour la journée. Donc, le lendemain, ils font exactement la même chose. Et surtout, ce n'est pas de l'eau potable. Ça, c'est important de le dire. Ils ont un réel besoin d'avoir de l'eau potable. Après, bien évidemment que leur corps s'est habitué puisqu'ils grandissent avec certaines eaux. Mais ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'il y a encore aujourd'hui en Afrique des enfants qui meurent de gastro à cause de l'eau. Parce qu'il y a les bactéries qui sont dedans et qui vont tuer des enfants parce qu'ils n'ont pas les médicaments. Et moi, c'est ce que je souhaitais leur apporter avec les médicaments que je leur apportais grâce à un partenaire pharmacien. C'était vraiment pouvoir leur apporter cette chose-là, même si c'était à titre significatif parce que je n'avais pas non plus un conteneur de une tonne avec moi. J'avais juste mon sac à dos de 40 kilos. Mais je tenais vraiment à apporter ce geste-là parce que pour moi, c'était vraiment trop important. Mais mis à part ça, c'est des moments magiques et magnifiques de voir vraiment ces enfants grandir, s'épanouir échanger, sourire surtout parce qu'ils vivent avec le strict minimum, mais vraiment je parle pas que de nourriture et d'eau je parle de vêtements, je parle d'éducation au niveau scolaire, ils vivent vraiment avec le minimum ils ont pas école tous les jours malheureusement parce qu'ils peuvent pas voir, il y en a qui ne ne vont pas à l'école pendant un temps et ces ONG essaient de leur donner ce genre de choses et ça c'est vraiment très important et de leur apporter bien évidemment tout ce qui est vital pour leur vie. Donc voilà, ça c'était un point super important pour moi et c'est pour ça que je souhaitais le dire maintenant parce qu'on va passer sur des choses qui sont très difficiles à raconter et à entendre aussi pour nos auditeurs. Donc voilà, la partie... La partie, on va dire, moins belle de cette expédition, c'est aussi le Sud-Soudan, quand je le franchis, où après seulement 10 km de la frontière, je suis avec un guide, parce que là, je sais que je franchis un pays qui est à risque et dangereux, et qui n'est pas en zone rouge, mais là où j'allais marcher, c'était quand même en zone orange, et pas très loin des zones rouges. Donc, Je prends un guide avec moi et seulement après quelques kilomètres, en fait, un carambolage de voiture dû à un chaos créé par des terroristes armés qui étaient là et qui s'évissaient en fait sur la seule route principale allant sur Djouba. Et les gens, apeurés en fait, se rentraient dedans et carambolage de je ne sais pas combien de voitures et les gens étaient accidentés. Et c'était... C'était horrible de voir ça parce que déjà dans un accident, ce n'est pas beau à voir dans n'importe quelle circonstance. Mais là, d'en voir blessé et certains qui n'ont pas survécu après qu'on soit parti, je ne souhaite à personne de vivre et de voir ce genre de choses. On a essayé avec le guide en arrivant dans ces accidents de donner les premiers soins. Ça, c'était important pour moi et pour lui. Seulement, voilà, en écoutant les locaux qui parlaient, qui disaient, oui, ils sont pas loin, on peut pas rester, alors qu'ils étaient blessés à terre, ils perdaient leur sang, mais ils avaient peur qu'ils viennent prendre leur vie, en fait, tout simplement, et malgré leurs blessures et leurs pertes de sang, ils voulaient absolument partir, et pour eux, c'était leur priorité, puisque c'était vital. Donc voilà, ça, c'était ma première rencontre horrible, et donc, pour éviter que moi aussi, je fasse partie de ces victimes-là, et après avoir essayé d'aider un maximum de personnes, tant que l'on pouvait, on est revenu sur l'Ouganda, où j'ai pris un vol pour me diriger directement sur Khartoum, au Soudan. Et là, ça va être la deuxième plus mauvaise rencontre, sauf que là, elle a été un peu plus physique. Je fais la rencontre après trois jours au Soudan, dans un campement qu'il y a non loin après quelques kilomètres je pose mon campement et puis je décide de dormir comme je le fais tout le temps normal à l'extérieur je trouve quelque chose on est dans le début du désert et puis là il y a deux personnes qui viennent m'agresser à la machette et c'était horrible j'ai pas réfléchi sur le premier que j'ai vu en fait ils étaient venus une première fois sans rien et puis ils ont attendu en fait que je m'endorme et ils sont revenus une deuxième fois avec des machettes sauf que à ce moment là j'ai qu'une seule personne en face de moi je réfléchis pas je lui saute dessus je le maîtrise le premier sauf qu'il y a le deuxième qui arrive derrière et qui me met un coup de machette dans le dos et puis là c'est eux qui me maîtrisent je me retrouve moi à terre et à ce moment là je pose aucune résistance et je leur donne exactement ce qu'ils veulent c'est à dire uniquement l'argent et Et puis voilà, ça a été vraiment horrible de vivre et traumatisant de vivre ce genre d'expérience, mais j'en retiens quand même beaucoup de choses. Je sais que je ne referai pas les mêmes erreurs et surtout, si je peux donner des informations à certaines personnes qui veulent traverser comme moi ces pays-là, je vous dirais vraiment, essayez d'avoir d'avoir un contact dans ces pays-là, essayer d'être accompagné. Puisque oui, moi, pour cette expédition, j'avais décidé de faire cette expédition tout seul, tout le long, j'ai été tout seul, sauf ces 10 kilomètres que j'ai fait avec ce guide. Mais après cela, j'ai été tout seul tout le long. Et c'est vrai que ça peut être dangereux, que ce soit avec les animaux ou l'humain. Mais aujourd'hui, je sais que l'humain est beaucoup plus dangereux que les animaux. que sont les animaux et donc voilà il faut vraiment essayer d'avoir un maximum de contacts il y a plein d'agences en fait qui sont spécialisées dans ce genre de choses au niveau de la sécurité humaine et il faut prendre contact avec eux pour faire cela et éviter justement que ce qui m'est arrivé à moi ça arrive à d'autres et donc voilà tant mieux si dans ce podcast ça peut aider d'autres personnes
SPEAKER_01et toi tu étais en contact avec alors là tu étais seul tu l'as dit mais est-ce que Est-ce que tu étais également en contact auprès, je ne sais pas, de... L'ambassade. Oui, les ambassades. Je ne sais pas si c'est que les ambassades qui gèrent ça, mais notamment avec les ambassades.
SPEAKER_00Exactement, c'est que les ambassades qui gèrent ça. Et oui, tout à fait, j'étais en contact avec l'ambassade. Sauf que je ne vais pas en parler là, sur le Soudan, parce qu'ils n'ont pas été droits avec moi et pas... pas sympa du tout, puisque après l'agression, voilà, sur la rencontre que j'avais faite avec l'ambassadeur lui-même au Soudan, il y avait des choses qui avaient été dites sur justement s'il devait se passer quelque chose, un numéro qui avait été donné en cas d'urgence, et ces personnes-là n'ont pas réagi comme ils devaient le faire, comme elles ont dit qu'elles le feraient, et donc voilà, j'ai été déçu, ça a été la première fois où j'ai été déçu de l'ambassade, et ça ne sera pas la dernière, puisque avec ce qui va venir, vous allez comprendre par contre ce que je peux dire sur le Soudan et là pour moi ça reste aussi important que les ONG et tous les enfants et femmes vulnérables que l'on a pu aider au travers de cette expédition c'est que j'ai fait la rencontre aujourd'hui je le dis comme ça de ma famille soudanaise c'est à dire c'est des gens après mon agression qui m'ont maintenu en sécurité chez eux où je suis resté pendant un mois chez eux, où ils m'ont donné à manger, à boire, et un toit sur lequel je pouvais dormir, et maintenu en sécurité, ça c'était important, puisque là-bas en fait il y a beaucoup de gangs, beaucoup de mafias, beaucoup de gens malveillants, Et avec eux, on a planifié justement l'avancée du Soudan, puisque je ne pouvais plus le faire à pied à ce moment-là. Je devais avancer avec véhicule. Et même en véhicule, ça reste dangereux. Donc, il fallait le planifier. Et on a mis un mois justement pour planifier de Khartoum jusqu'au nord. On parle quand même de 1 000 à 1 200 kilomètres. Et avec les arrêts qui allaient bien sur plusieurs villes sur le chemin. Jusqu'à franchir la frontière. frontière soudanaise pour aller en Égypte. Et puis là, écoute, c'est ce qui a fait que tu es venu vers moi puisque tu as dû entendre ce qui s'est passé, entre guillemets.
SPEAKER_01Exactement.
SPEAKER_00Et je franchis la frontière et puis je fais la rencontre d'un général qui a la responsabilité des frontières, des allées et venues, très gentil, très respectueux, très courtois, vraiment qui a été à l'écoute. mais qui devait quand même vérifier tout mon sac et savoir exactement pourquoi j'étais là, ce qui est tout à fait normal. Donc moi, je n'ai opposé aucune résistance, ce qui était normal de lui expliquer les raisons de ma venue, puisque je venais quand même du Soudan, mais pour eux, ce n'était pas anodin. Et puis, il a très bien compris, et à ce moment-là, il me dit, écoutez, on va vous donner un visa touriste, et ça sera suffisant, après lui avoir expliqué ce que je devais faire en détail, ça sera suffisant pour faire ce que vous faites. Et si vous avez un problèmes, ne vous inquiétez pas, demandez-leur de m'appeler et moi je leur expliquerai. Je dis bon ok, le monsieur c'est quand même un général donc je vais quand même me fier à ce monsieur et puis je pars. Je fais environ un peu plus de 800 kilomètres pour arriver à une vingtaine de kilomètres du Caire où je me fais arrêter comme très souvent sur le chemin. Il faut savoir qu'en Égypte, du sud au nord, dans les routes principales, il y a des checkpoints tous les 5 kilomètres donc j'étais arrêté tous les 5 kilomètres sur mon parcours des 800 kilomètres qui était normal en fait c'est juste des checkpoints ils prennent les informations et puis après ils vous laissent passer et puis c'est fini donc voilà je me fais arrêter là à ce moment là et puis là par contre on m'amène à un commissariat et puis on me fait subir un interrogatoire bon je réponds à toutes les questions et comme je connais très bien ce que je fais et surtout j'ai des preuves de ce que je fais comme mon GPS qui est un tracker et donc qui enregistre tous les passages où j'ai été dans tous les pays et Je leur montre pour leur prouver que ce que je dis est vrai. Et donc, à ce moment-là, ils me disent« Bon, ok, le Caire est à peine une vingtaine de kilomètres, on va vous accompagner jusqu'à votre hôtel.» Bon, je me dis« Ok, il n'y a pas de souci.» Sauf que j'étais loin de me douter en fait que je débutais une détention dans mon hôtel. Alors, on peut dire une détention ou une assignation à résidence, c'est la même chose. Une détention dans mon hôtel, Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors sur le coup, je ne savais pas. Je ne l'ai su que plus tard. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce qu'après que ces personnes qui m'ont interrogé ont appelé le général de la sécurité intérieure. Le général leur a dit qu'il faut qu'il ait un permis pour faire ce qu'il fait. Et je ne comprends pas comment le général à la frontière l'a laissé passer sans lui faire avoir ce permis-là. Donc, comme l'erreur n'était pas de moi, mais du général qui m'a laissé passer avec un visa touriste, eux ils s'en foutaient un peu qu'il ait fait une erreur ou pas pour eux je devais avoir un permis et surtout il y avait quand même pour eux quelque chose de suspicieux puisque j'avais du matos tel qu'un téléphone satellite ou du GPS qui est du matériel militaire pour eux et j'étais suspicieux parce que peut-être espion je te répète uniquement ce que l'on m'a dit peut-être espion et voilà donc qu'est-ce qu'ils font ils m'assignent un résident dans mon hôtel, donc en détention dans mon hôtel, pour attendre le retour de l'ambassade pour savoir si je suis une personne bienveillante ou malveillante. Sauf que cette détention durera 14 jours. Pourquoi elle durera 14 jours
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que l'ambassade, du début jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'à ce que je rentre en France, ils n'ont jamais répondu à personne. Donc là, c'est quelque chose de fou, puisque automatiquement, quand dans les premiers jours, la sécurité intérieure d'un pays appelle l'ambassade et qu'il ne répond pas, je comprends que je devienne suspicieux à leur jeu. C'est normal, je pense que même moi, je suis à la place de ce général à la sécurité intérieure, je me mets à sa place et l'ambassade de son pays ne répond pas. Donc bien sûr que je vais trouver ça suspicieux. Donc bref, ça aura duré 14 jours. 14 jours, pour moi... et pour tout ce qui s'est passé, l'ambassade aura fait l'autruche. Le consulat a rien fait jusqu'à un certain moment où je décide d'utiliser les réseaux sociaux pour pouvoir me faire aider et me faire sortir de cette situation qui durait trop longtemps. Parce que pendant 11 jours, les 11 premiers jours, je suis resté silencieux en essayant de gérer la situation par moi-même, en allant les peu de fois au moment où autorisé à aller deux fois au consulat et deux fois au ministère égyptien après ça je n'avais le droit à rien du tout comme un détenu donc c'est vraiment la même chose et même pas sortir pour aller m'acheter à manger non il fallait que je me fasse livrer et donc comme je n'avais aucune réponse jusqu'à ce que on m'explique à un moment donné que j'étais détenu voilà et c'est pas et c'est pas le consulat qui me l'a dit c'est les autorités égyptiennes donc je décide d'utiliser les réseaux sociaux Donc là, je fais une vidéo, mais plusieurs qui font des milliers de vues et qui sont partagées par des personnalités publiques. J'ai ma ville et les élus qui m'aident aussi à sortir de là. Ça remonte jusqu'au sénateur de l'Hérault, ça remonte jusqu'au ministre des Affaires étrangères. Et c'est ce qui a fait que... Voilà, c'est allé très loin. Et c'est ce qui a fait qu'au final, j'ai été, je ne vais pas dire libéré, parce que ce n'est pas le mot du tout, puisque... si j'avais été libéré, j'aurais plus, du début jusqu'à la fin, des policiers qui dorment devant la porte de mon hôtel 24h sur 24, 7 jours sur 7 pour éviter que je m'échappe. Donc, en fait, c'est comme des matons qui sont devant la porte d'une prison et tu n'as pas le droit de sortir tant qu'on ne te donne pas l'autorisation pour aller marcher ou dans une cour. C'était exactement la même chose. Et au final, pour m'accompagner jusqu'à l'aéroport où je serai mis en attente à côté d'une grande cellule où il y a des interrogatoires avec tous les détenus. C'était à ce niveau-là. Je n'ai pas été libéré jusqu'à la fin. Par contre, j'ai été accompagné jusqu'à la fin par la police pour que je puisse prendre cet avion-là.
SPEAKER_01Punaise. Alors, celle-là, d'histoire, elle est incroyable. Incroyable, mais vraie. Ouais, incroyable, mais vraie, ouais. Écoute, c'est... Bon, sans forcément... Parce que j'imagine, en tout cas, ça se comprendrait qu'il y ait pas mal de frustration de ton côté, le simple fait de pas vraiment comprendre pourquoi il n'y a pas eu de réponse venant de l'ambassade, alors que t'étais... T'avais besoin de support, tu vois. J'imagine bien que ça crée pas mal de frustration, mais sans forcément commenter ce que l'ambassade a fait ou pas, mais comment est-ce que toi tu as géré du coup cet imprévu, tu le disais un peu plus tôt il y a plein de choses en expédition qu'on ne contrôle pas, là pour le coup tu ne contrôlais absolument rien donc comment est-ce que tu as géré toi ces 14 jours
SPEAKER_00mentalement
UNKNOWN?
SPEAKER_00En fait comme j'étais dans un hôtel, il y avait quand même une française qui vivait dans cet hôtel et qui parlait égyptien, ça a été ma traductrice pendant tout le long puisque les policiers ne parlaient pas anglais comment j'ai géré ça j'ai essayé pendant un temps jusqu'à ce que je fasse les vidéos qui étaient virales sur les réseaux sociaux de ne pas dire toute la vérité à ma famille parce que j'avais pas envie de les inquiéter j'ai quand même une compagne et des enfants qui sont encore petits donc je voulais pas les apeurer ou ce genre de choses ni ma famille et mes amis et donc en fait j'ai maintenu je me suis mis une pression en fait et Et donc, voilà ce qui m'a valu de m'affaiblir, de m'amégrer psychologiquement aussi, de m'atteindre à un certain moment jusqu'au point stop qui m'a dit c'est bon, c'est maintenant, utilise ta dernière carte qui sont les réseaux sociaux. Et voilà. Donc, entre autres, ce qui m'a maintenu, c'est tout ce que je viens de te dire et surtout, c'est le soutien de cette personne que je vais citer quand même parce qu'elle le mérite. Elle s'appelle Lina qui m'a aidé et m'a soutenu sur le moment et pour te dire que c'est vraiment incompréhensible pour tout le monde c'est que même le patron de l'hôtel n'avait jamais entendu ce genre d'histoire auparavant jamais et ce sont des égyptiens mais aujourd'hui j'en veux pas j'en veux pas au gouvernement égyptien ou aux égyptiens en général c'est vraiment pour moi les fautifs c'est l'ambassade s'ils avaient répondu dès le départ il n'y aurait pas eu tout ça après oui il y a une frustration à ce niveau-là, de toujours pas savoir encore aujourd'hui quels ont été les tenants et les aboutissants, pour savoir pourquoi ils n'ont jamais répondu. La frustration aujourd'hui, elle est plus physiquement, pour moi, je parle du petit athlète que je suis, je dirais, de ce manque qui est sur les plus de 6000 km à faire. Il me manquait les 178 km à faire de Duquerque pour arriver jusqu'à la mer Méditerranée. Donc ça, oui, effectivement, ça a été une petite frustration, une pilule que j'ai avalé bien évidemment au moment où j'ai revu ma famille et l'émotion était là et voilà ça a été beaucoup plus facile mais bon pour moi le job a été fait j'ai vu les ONG j'ai donné ce que j'avais à donner et puis ben voilà ça a été le plus important
SPEAKER_01super message et du coup du début à la fin tu disais que pour certains ça a pris 9 mois toi t'as eu même si voilà il te manquait ces 170 km qui sont franchement en lègue vu les distances que tu as parcourues et ce que tu as dû gérer. Ça t'a pris combien de temps au final pour aller de la source jusqu'à cet hôtel
UNKNOWN?
SPEAKER_00Quatre mois et demi, en sachant qu'il a fallu que je saute la partie sud-soudanaise et une petite partie du Soudan, à cause des conflits ethniques au niveau... et dangereux ça a été la seule partie que j'ai dû sauter puisque c'était vraiment trop dangereux et moi j'avais pas organisé et fait cette expédition au péril de ma vie même si à un moment donné ça a été le cas mais tant que j'ai pu avoir moi les actions et le choix de dire je vais sauter cette partie là parce que c'est au péril de ma vie je l'ai fait après qu'on m'ait attaqué sur le chemin c'est des choses qu'on contrôle pas donc tu subis les choses ce
SPEAKER_01que je trouve fascinant dans tout ton récit c'est que en fait que ce soit le meilleur ou le pire ça a été l'homme tu vois c'est à dire que tu as commencé par nous raconter globalement enfin toutes les choses incroyables qui se sont passées les moments de partage les découvertes ces trois jours avec ce pêcheur c'est complètement improbable qui sont qui visiblement sont des expériences tu vois qui t'ont vraiment marqué tu parlais de ta famille soudanaise donc il y a vraiment le meilleur où il y a en fait ça a été ces rencontres mais le pire c'est ça qui est fou je trouve c'est que ça a aussi été des rencontres pour le coup un peu moins bonnes ou la façon dont d'autres personnes ont décidé de porter assistance ou pas c'est un peu la leçon que je retiens de tout ce que tu viens de nous partager c'est que c'est vraiment c'est l'homme qui fait la différence dans toute expédition
SPEAKER_00tout à fait et puis pour finir j'ai envie de te dire comme je t'ai dit tout à l'heure il y a Luffy Sous-titrage ST' 501 le 13, 15 et 16 octobre et donc j'ai envie de dire allez les voir puisque ça reste quand même une belle histoire et puis ça a été réalisé par Anne-Flore Tarnot qui est franchement qui a fait un travail formidable sur une chose qui est importante aussi c'est que je me suis filmé vu que j'étais tout seul avec ma GoPro et il y a eu quelques éléments très peu d'éléments mais quelques éléments filmés au téléphone mais franchement avec le travail qu'elle a fait je l'ai vu là hier pour une prémisse en fait et c'est un super boulot donc voilà il y a ça et puis voilà comme l'aventure Claude Caz puisque c'est le nom de mon association ne s'arrête pas là l'aventure Claude Caz continue avec je l'espère pour 2022 fin 2022 une marche sur l'Antarctique pour 3 choses il y a toujours l'aspect physique pour moi j'ai toujours besoin de me dépasser et de voir comme je l'ai dit au début de me tester encore une fois sur plein de choses mais il y a aussi deux autres aspects qui sont environnemental et scientifique
SPEAKER_01excellent bah écoute c'est tout le malheur que je te souhaite entre guillemets de pouvoir faire cette marche en Antarctique et puis je ne manquerai pas je vais m'organiser du coup pour que cet épisode soit sorti juste avant ton film comme ça si on a des gens du côté de Béziers qui nous écoutent à ce moment là et bien écoute ce sera ce sera l'occasion pour eux de venir découvrir tes aventures avec l'expédition Marcheurs du
SPEAKER_00Nil oui super et puis j'allais oublier putain si je fais mon premier mon premier gros trail de 80 km je l'ai dit ou pas je
SPEAKER_01sais plus on l'a dit en off mais vas-y
SPEAKER_00vas-y voilà donc c'est mon premier ultra officiel quand je dis officiel c'est parce que je me suis tellement testé sur plein de choses où j'ai J'ai fait 480 km à vélo en 24 heures, des 90 km à pied en 24 heures aussi, mais sans nourriture et sans eau. Pareil, c'était des tests. Je me suis testé sur pas mal de choses, mais là, ça va être le premier de 80 sur les Templiers qui est fin octobre. Aussi, c'est du 24-26 octobre. Voilà, je l'ai dit.
SPEAKER_01Les Templiers qui est, pour celles et ceux qui connaissent pas une des références, je crois que ça a été le premier ultra-trail en France. La distance, c'est 80 kilomètres, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est ça. Donc qui est un peu une référence historique dans le monde de l'ultra-trail. Je mettrai tout ça aussi en description, comme ça, s'il y a des gens qui veulent aller te suivre, ce sera possible. Et je voulais te remercier pour ce superbe partage, même si on a fini par les éléments moins sympas, mais c'est quand même la réalité des expéditions parfois. Moi, je trouve que le message global, il juste hyper positif et ça donne envie de se lancer alors peut-être pas tout de suite en tout cas pour moi dans des 6000 kilomètres un grand grand merci pour ce super moment de partage Claude et tout le meilleur pour la
SPEAKER_00suite merci aussi à toi à bientôt