Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Perrine Fages - Avocate, athlète d'ultra-endurance (UTMB, EnduroMan, IronMan...) - Se découvrir à travers le sport et l'aventure
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Perrine est avocate et adepte d'aventures sportives d'ultra-endurance.
Après des débuts en équipe de France d'équitation 🐎 Perrine se consacre à ses études pour devenir avocate. Jusqu'à ce qu'un déclic se produise à ses 30 ans, c'est d'ailleurs son travail qui occupe l'essentiel de son temps 🕰 à tel point qu'elle décrit sa vie d'alors comme n'étant plus saine.
Le fameux déclic (et comme vous pourrez l'entendre, sacré déclic 🤯 !) c'est le marathon de Paris, sur lequel elle se lance après avoir côtoyé des collègues de travail qui s'y préparaient. Elle accroche immédiatement à ce format assez long. C'est le début d'une frénésie d'aventures sportives qui va la mener sur les plus grandes épreuves de la planète 🌍 !
En quelques années, alors qu'elle devient expat' au Quatar puis aux Émirats arabes unis, elle enchaine à un rythme infernal : Marathon de Paris, IronMan de Nice, EnduroMan, Championnats du Monde IronMan de Kona à Hawaï, BikingMan, UTMB, ou encore Tor des Géants... en 2018 lors de sa préparation pour l'Enduroman, qui consiste pour la petite histoire à courir 🏃♀️ 140km au Royaume-Uni, à traverser la Manche à la nage 🏊♂️ puis à rouler 🚲 près de 300 km jusqu'à Paris, elle enchaine les semaines de 80 heures 😳. Aujourd'hui, elle détient encore le record féminin de l'épreuve en 67 heures et 21 minutes.
Mais plus que des chronos, ce qui m'a fasciné dans notre échange c'est l'approche de développement personnel 🌱 que Perinne décrit. Elle aborde chaque épreuve, chaque aventure, comme une occasion d'en apprendre plus sur elle-même. C'est la curiosité et cette envie de découverte qui continuent de la pousser à s'inventer de nouveaux défis. Aujourd'hui, Perrine le dit clairement : elle vit sa vie idéale ☀️
Merci Perrine pour ce fabuleux témoignage, on se donne RDV en 2022 du côté de Cham' 😉 !
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #36 - Stéven Le Hyaric - Ancien coureur cycliste élite, aventurier professionnel - Traverser l'Himalaya à vélo pour se trouver
Ultra Talk - Perrine Fages - Une femme ultra ordinaire !
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Disons que 1000 km à vélo, c'est quand même douloureux. Tu as des douleurs avec ton matériel, avec tout ça. Et là, tu commences à prendre la résilience, à être tout seul sur ton vélo la nuit et à faire un effort de 60 heures.
SPEAKER_02Hello Hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens, des forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Bienvenue Perrine sur le
SPEAKER_00podcast. Bonjour, merci de nous
SPEAKER_02recevoir. Je suis ravi, ravi que tu puisses nous consacrer un petit peu de ton temps. Merci beaucoup d'ailleurs, parce que je sais que tu es extrêmement occupée. Donc c'est génial que tu sois avec nous ce soir en direct d'ailleurs. Alors des Émirats, c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non, d'Arabie
SPEAKER_02Saoudite. D'Arabie Saoudite, à chaque fois
SPEAKER_00je
SPEAKER_02me trompe.
SPEAKER_00C'est
SPEAKER_02moins présent. En direct d'Arabie Saoudite, pour nous parler un petit peu de ton parcours et de ton de ce que tu fais puisque tu nous en diras plus mais tu gères plusieurs casquettes et puis il y a quand même dans sur un de ces univers dans lequel tu évolues le sport il y a quand même des choses absolument incroyables que tu as fait que tu as fait sur ces dernières années moi je suis vraiment curieux de savoir comment est-ce que tu en es arrivé à te lancer dans toutes ces disciplines complètement folles et comment est-ce que tu fais pour gérer pour gérer les deux puisque tu n'es à moins que je me trompe tu n'es pas sportive professionnelle tu as un métier à côté ouais mais voilà j'en ai déjà un peu trop dit donc euh Ce que je te propose, c'est tout simplement de nous expliquer. D'ailleurs, je suis curieux de savoir comment est-ce que tu te présentes quand on fait des choses aussi folles que ce que tu
SPEAKER_00fais. Qu'est-ce que tu dis pour te présenter
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, je m'appelle Périne. Je suis française, européenne. Je vis au Moyen-Orient depuis six ans. J'y suis allée pour mon travail. Je suis avocat.
UNKNOWNJe travaille pour...
SPEAKER_00avocat d'entreprise maintenant avant j'étais avocat d'affaires dans des cabinets d'affaires à Paris maintenant je suis tournée vers l'entreprise parce que pour plusieurs raisons ça me permet d'avoir plus de temps pour moi c'est différent de la vie en cabinet à Paris que j'avais en tout cas et je fais je dédie tout mon temps libre on va dire à ma pratique sportive pour des défis soit à pied soit à vélo soit en agence et et plutôt tourner vers la longue distance voilà en général et l'aventure
SPEAKER_02on va dire oui tu nous en diras plus mais effectivement la notion d'aventure moi c'est quelque chose qui m'avait marqué quand j'avais découvert tes premiers exploits je crois d'ailleurs que c'est avec l'Enduroman peut-être est-ce que ça a été la première grosse course que t'as
SPEAKER_00faite
UNKNOWN?
SPEAKER_00non pas vraiment en fait on va dire que moi j'ai commencé j'étais comme je disais en cabinet d'affaires je travaillais énormément j'avais une équipe pas du tout saine dans le sens où tu sais ce que c'est t'as 30 ans, t'es à un gros poste tu travailles jour et nuit, et le seul moment de divertissement que t'as, c'est d'aller boire des coups avec tes copains, et il y a un moment où tu te dis... Et puis tout le reste, c'est quand c'est que je suis en vacances. Et moi, je partais quand même en vacances, j'arrivais à partir, et je partais, j'allais grimper des montagnes, j'allais plonger à éclairer en Papouasie, tu vois, et j'avais vraiment ce côté-là de voyage, et petit à petit, en fait, j'ai commencé à marcher, à monter, à grimper des montagnes, et je me suis dit... bon déjà je rentrais au bureau j'étais déphasée moi j'atterrissais à 6h du mat le lundi à Roissy je prenais ma douche et j'allais au cabinet et j'étais complètement décalée quoi et j'entrais d'Inde j'entrais de Papouasie j'entrais de plein de fois de partout et je commençais à me poser des questions sur ma vie puis bon on a tous je veux dire si on commence tous le sport d'endurance et tout à 30 ans c'est qu'on a tous aussi enfin je veux dire je suis pas la seule quoi alors c'est ces questions là et je me disais ma vie elle est pas saine et puis je commençais à grimper des sommets beaucoup plus haut à m'intéresser vraiment à la montagne et me dire il faut que je sois fit quoi tu vois il faut que je me mette au sport alors moi le sport j'ai connu ça quand j'étais enfant j'étais athlète de haut niveau en équitation donc si tu veux je m'étais dit je ne referai jamais du sport parce que je veux dire moi pour faire un sport c'était pour gagner j'étais en équipe de France donc je ne me voyais pas refaire un sport et puis il y avait des gens dans le cabinet qui se préparaient au marathon de Paris et j'ai dit bah tiens je suis allée les voir et j'ai trouvé ça fou je me suis dit mais attends ils sont pas très forts ils finissent le marathon et c'est incroyable ce qu'ils font je suis en admiration totale devant eux déjà parce qu'ils ont bossé comme des tarés pendant 12 semaines pour ça donc déjà moi j'adore la rigueur donc en fait je me dis bah attends ils se préparent eux pour faire leur marathon comme ça ils se préparent autant que moi je m'entraînais en équipe de France moi j'aime beaucoup ça c'est ce rigueur d'arriver à quelque chose, de fixer un objectif et de bosser comme un taré pour l'avoir, quel que soit ton objectif, tu vois, et j'ai trouvé ça vraiment incroyable, et finalement, j'ai trouvé pas mal de corrélations avec ce que je faisais quand j'étais plus jeune, et j'ai dit, allez, tiens, je vais faire un marathon, et puis j'ai fait un marathon, deux, trois, et puis après, à ce moment-là, j'ai commencé à avoir une vie beaucoup plus saine, et à m'inscrire à la salle, et à rallonger les distances, et à ce moment-là, je crois complètement explosé. J'en avais marre d'être en cabinet d'affaires. Et j'ai dit, je vais partir. Bon, pendant 6 mois, je n'avais pas trop quoi faire. J'ai dit, tiens, je vais arrêter. Qu'est-ce que je vais faire de ma vie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et puis, je me suis dit, essaye l'entreprise parce que déjà, ça va être différent. J'ai vu une offre d'emploi chez Beansport. Donc, ça se rapprochait du sport. Et j'ai postulé. Je suis allée là-bas. J'ai adoré. Et en fait, ils m'ont proposé un poste au Qatar. Donc, j'ai dit, allez, j'en ai marre de Paris, j'en ai marre de là, j'ai fait le tour. Et en partant au Qatar, j'ai rencontré, à cette époque-là, à Paris, j'avais des amis qui faisaient du triathlon et ils m'ont dit, pars avec un vélo, tu vas avoir du temps là-bas, tu ne connaîtras personne et en plus, les horaires sont assez cools là-bas. Enfin, cool, tu commences à 7h du mat et tu finis à 15h, tu vois, donc ça te fait vraiment du temps pour t'entraîner. Puis Doha, c'est un endroit, tu veux, depuis Doha, tu peux aller dans plein de pays dans le monde et ils m'ont dit mais toi au triathlon tu vas adorer alors moi je voulais pas faire de triathlon parce que je trouvais que le vélo les tenues elles étaient moches c'était du vélo je faisais du vélo à Paris tu vois et puis je suis partie avec mon petit vélo au Qatar et là ma pratique du sport elle est devenue complètement démesurée parce qu'en fait je suis partie sans famille seule et J'ai décidé de... de tirer le plus d'avantages d'être en Qatar, de mon rythme de vie, de travail qui me permettait de libérer beaucoup de temps pour m'entraîner. Là-bas, certes, ce n'est pas un cadre, il n'y a pas de montagne, tu fais du vélo sur de la route, c'est chiant, mais il y a beaucoup d'infrastructures pour faire du sport. Donc, en fait, je me suis dit, vas-y, tu as toujours rêvé de te réentraîner comme à fond, comme quand tu étais jeune, comme une athlète de haut niveau, alors attends, niveau bien sûr, bah vas-y fais-le quoi et donc je me suis mis à me dire allez bah là on est en décembre, je vais monter sur mon vélo pour la première fois avec des pédales automatiques et je vais faire un Ironman en juin à Nice tu vois et voilà et puis tous mes copains avec qui on s'était lancé là-dessus, on devait faire le semi Ironman d'Aix ils m'ont dit non non mais t'es folle, tu peux pas faire Nice tu vas pas y arriver, t'as jamais fait de vélo de ta vie et puis surtout t'auras jamais monté un col puisque au Qatar je ne pouvais pas rentrer entre temps j'ai commencé mon boulot et puis je me suis dit non mais moi ce week-end je prends mon vélo je fais 180 kilomètres j'avais déjà fait 30 une fois je fais 180 kilomètres si j'y arrive je m'inscris sur l'autoroute toute seule chose que tout le monde ne fait pas ici et donc bon j'ai fait mes 180 kilomètres en beaucoup de temps Je suis rentrée, c'était vendredi matin, le week-end, j'ai dormi tout week-end. Je me suis réveillée juste à la veille de bosser et je me suis inscrite à l'aéroport de Nice. Après ça, j'ai pris un coach de vélo, j'ai fait un programme d'entraînement comme je le faisais pour le marathon et Nice s'est très bien passé. Là, en juin, je fais Nice. L'été, j'ai fait deux extrêmes Ironman à demi-distance, à semi-distance. En novembre, je suis sur l'Ironman. Je suis la troisième de l'Ironman de l'Ankawi. La même année. L'année d'après, je pense que j'en ai fait six. C'est fou, là. Donc, en fait, c'est parti dans tous les sens. J'ai beaucoup aimé l'Ironman parce que ça m'a permis de me rendre compte que, voilà, t'as ce côté, c'est vrai. Même si t'aimes pas Ironman, tu peux pas nier que... bah que ça te donne vraiment euh t'as vraiment l'impression que t'es capable de tout tu vois et euh et puis surtout euh t'es tellement fière de toi de ta prépa de tes sacrifices de parce que c'est vrai que tu t'entraînes beaucoup tu parce qu'on passe de voilà de comme beaucoup de gens de nos vies au bureau bah après t'as des gens qui ont des familles à gérer etc et qui arrivent quand même à mener à bien leurs Ironman leurs entraînements Ironman bah chapeau quoi et forcément tu passes la nuit t'es fière de toi et euh Parce qu'au moment où tu passes la ligne, tu te rappelles de tout ça, de tous les moments où t'en as chier pour ta prépa, où les gens disaient que t'étais débile, tous les moments où t'as douté. Et voilà, c'est une super fierté. Moi, je pense que la machine Ironman, c'est une bonne chose. Après, il y a un moment où j'en ai eu un peu marre, forcément. J'ai eu ma qualif pour Kona un peu miraculeusement. Et je me suis dit, une fois que t'auras fait Kona... si tu veux, si t'as Kona, bon, ça, j'en reviendrai dessus après, mais si tu veux, c'est facile d'arriver, c'est facile d'arriver à un certain niveau et de progresser très vite, mais après, il y a un plateau,
SPEAKER_01et pour
SPEAKER_00reprogresser après derrière, là, il faut avoir envie, tu vois, et puis, moi, j'en avais un peu marre, donc moi, je me lasse assez vite, j'aime bien faire des nouveaux trucs, donc voilà, j'ai décidé un jour, là, j'arrête Ironman, j'en ai marre, et en même temps, je me posais des questions aussi, et puis j'ai tapé sur Internet, j'ai dit, mais qu'est-ce qu'il y a de plus gros, qu'est-ce que c'est le gros des triathlons et j'ai tombé sur l'enduromane et et là je me suis dit c'est chaud quand même je sors toujours dans les derniers clous en natation mais là il faut quand même traverser la manche et puis en fait il se trouve que mon coach je lui envoie un message et je lui dis j'ai envie de faire l'environnement il me dit j'ai un copain qui l'a fait il est anglais mon coach et c'est très anglais l'environnement et il me dit la traversée de la manche en général c'est très anglais il me dit j'ai un copain qui l'a fait il détient encore de l'environnement sans combinaison on va lui demander s'il pense que tu peux être prête parce qu'évidemment moi je veux pas me préparer pour dans 10 ans tu vois donc là on est genre en octobre et je lui dis bah non mais je vais te faire en juin quoi et il me dit bon bah on va voir d'accord Donc là, on appelle un coach spécialisé dans les traversées de la Manche. On lui dit, voilà, Périne, voilà, elle est libre en natation. Est-ce que tu penses qu'on peut la préparer pour ça en juin
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et donc, on détermine un programme toujours très rigoureux avec des étapes en disant, par exemple, en janvier, il faut que tu sois capable de faire 20 bornes. En février, il faut que tu sois capable de faire 30. Et donc là, on bosse et tout. Et là, si tu veux, on parle de l'aéronautique L'entraînement Ironman qui est difficile parce qu'on a nos vies. Bon, pour certains, il y a une famille et tout. Mais là, on n'avait pas... Vraiment, mon coach, il m'a dit, si tu veux y arriver, là, on a vraiment... C'est-à-dire que tu ne vas pas prendre de vacances, tu ne vas pas voir ta famille et tout. Il faut que tu te débrouilles pour qu'ils viennent à un moment sur une course ou quelque chose. C'est fini, tu vois. En fait, moi, je vivais en plus dans un hôtel où il y avait toutes les infrastructures. Donc, je n'avais rien à faire. En gros, si tu veux... sortais du boulot, je m'entraînais, mais j'avais pas des papiers à faire, tu sais, tous les trucs de la vie qui te prennent du temps, j'allais pas voir des gens dans un café, j'allais pas chez le médecin, c'était prévu avant dans mon entraînement, tu vois, j'allais pas amener ma voiture au garage, c'était dans mon programme d'entraînement, tous ces trucs qui te prennent du temps dans la vie, tout était tellement organisé, et c'est limite si en janvier on avait pas le programme heure par heure de ma vie jusqu'en juin, tu vois, et voilà, et on a tenu, ça s'est fait, et de là, si tu on avait inséré dedans des courses d'ultra distance à vélo pour que ça me fasse pour parce que si tu veux t'entraîner sur du très long tout seul c'est dur quoi donc on avait dit moi j'aime bien les courses parce que j'aime bien me confronter avec des gens et puis ça me fait voyager aussi et donc j'ai dit on va faire des courses pour que ça me rende l'entraînement un peu ludique et donc j'ai découvert l'ultra distance comme ça il y avait une course à Oman et donc Oman c'est juste à côté du Qatar et donc j'ai dit on va faire cette course du à distance à vélo donc 1000 bornes moi je me dis bon ben voilà 1000 bornes à vélo ça va bon en fait c'est quand même disons que 1000 kilomètres à vélo euh C'est quand même douloureux. Il y a des choses que, et ça, c'est dans tous les trucs ultra-distance, il faut quand même te rendre compte que tu as des douleurs avec ton matériel, avec ton cuissard, avec tes épaules, parce que tu n'as jamais fait plus de 200 bornes. Voilà, et plein de choses. Et là, tu commences à prendre la résilience, à être tout seul sur ton vélo la nuit, pendant de très longues périodes, et à faire un effort de 60 heures. Donc, J'ai découvert une tradistance à vélo. J'ai adoré. J'étais inscrite avec une copine qui a explosé au bout de quelques kilomètres. Au début, au milieu, au premier tiers. Du coup, j'ai fini toute seule. J'ai adoré. Je me suis dit, je suis bonne à vélo en triathlon. Par exemple, quand je fais des courses de vélo, j'en ai fait quelques unes je ne sais pas rouler en groupe donc je me fais toujours sortir du groupe et les courses de cyclisme je n'ai jamais été forte là-dedans parce que les triathlètes ils roulent tout seuls et là je me suis dit mais attends mais ça c'est un truc pour moi il faut arriver à gérer le sommeil et tu roules tout seul il n'y a pas de drafting donc j'ai mis ça un peu de côté en me disant je vais en refaire d'autres j'en ai refait une d'ailleurs en Corse où j'ai été deuxième on a de Bikingman juste après un mois après et voilà et puis j'ai préparé... Je suis allée nager dans des lacs gelés pendant un week-end à Manchester. C'est marrant d'organiser tout ça. Tu appelles tes gens, tu essaies de gérer un kayak, parce que la natation, c'est compliqué. Tu ne prends pas tes baskets et tu vas courir. C'est dangereux. Tu ne peux pas rester 10 heures dans l'eau. Sauf si tu es courageux et que tu restes au bord. Il faut avoir un bateau tout de suite ou un kayak. J'avais un organiser ça, j'ai fait tout un lac, un tour d'un lac célèbre de 30 km en Angleterre, donc ça c'était tout ça, c'était dans ma prépa Enduroman, et voilà, et puis l'Enduroman arrive au mois de juin, et comme tu m'en as discuté, déjà la première fois j'échoue à quelques kilomètres des côtes françaises. Et là, le pilote me sort de l'eau et je ne comprends pas trop ce qui se passe. Et il m'explique qu'en gros, il y avait une météo vraiment pourrie. Les courants avaient changé et qu'en gros, je n'avais pas nagé assez suffisamment. J'avais nagé trop lentement parce qu'on s'était fait ralentir par le vent pour que je puisse atteindre la côte. Et en gros, je nageais dans le vide, quoi. et là si tu veux t'es en temps bon de s'effondre parce qu'en fait si tu veux la natation c'est pas un Ironman qui attend si tu veux Si tu bouges, tu avances, tu finis toujours par pencher la ligne d'arrivée. Là, tu peux tourner les bras pendant des heures, tu n'y arriveras jamais. Ce n'est pas la peine. C'est comme si on disait, pour finir ton marathon, il faut que tu sois au maximum à 10 km heure. Sinon, la ligne d'arrivée, déjà, si tu es à 9, la ligne d'arrivée, elle recule. Et si tu es à 8, jamais tu ne l'atteindras. Et donc, à cause du vent et tout ça, bref. Et ça, c'est dur. C'est dur à encaisser. Heureusement, même beaucoup maintenant j'ai fait beaucoup d'alpinisme et ça m'est arrivé de traverser le monde entier et d'arriver au pied d'un 7000 et d'être quasiment au sommet et qu'on me dise non on rentre et il reste 100 mètres et non on rentre parce que sinon tu vas mourir donc je sais ce que c'est j'ai déjà vécu ces moments difficiles face aux éléments donc je pense que ça ça m'a beaucoup aidé à accepter et puis après je sais pas il y avait mon coach, il y avait ma meilleure amie mon papa m'attendait à Calais et je pense que pour les gens qui m'avaient soutenu cette année je me devais de finir la course et j'ai fini la course ce qui était vraiment très bizarre parce que je suis arrivée sur les champs comme si j'avais réussi et ma famille, mes amis ils étaient trop contents pour moi parce qu'ils s'en foutent eux ils font pas de sport et que pour eux c'était pareil que j'avais réussi mais pour moi ils savaient que j'avais complètement échoué et c'était très très bizarre et le lendemain j'étais vraiment dans un état merde putain j'ai fait tout ça pour rien et Et c'était vraiment très bizarre. Et en fait, j'ai discuté le soir. Je m'étais sur Internet et je me rends compte que, si tu veux, quand tu pars en bateau pour traverser la Manche, il y a d'autres bateaux qui partent aussi. Et il y avait une fille, une Américaine, qui aussi préparait sa traversée de la Manche. Et elle a nagé en même temps que moi. Elle faisait juste la traversée. Et elle me dit, Périne, j'ai échoué. Le météo était merveilleux. Bon, bref, elle a eu d'autres problèmes. Et elle me dit, moi, je reste à Douvres. Je reste et je recommence. J'arrive J'attends jusqu'à ce qu'il y ait un bateau qui soit libre et que je réussisse. Et je lui dis, mais moi, je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas faire ça. Je viens de me taper. Toi, tu ne t'es pas tapé 140 bornes à pied et 300 bornes à vélo. Et moi, j'avais presque fait toute la traversée. Elle s'est fait un peu moins. Elle me dit, écoute, on est en juin. Il y a des bateaux souvent en août où c'est des bonnes fenêtres. Il y a des bonnes conditions météo. Fais-le en août. Parce que je lui dis, moi, je ne le referai pas dans un an. Je ne me retape pas un an d'entraînement. Elle sacrifie tout dans ma vie. Il me dit, fais-le en août. Et je dis, mais t'as raison. Et là, d'un coup, tout s'est éclairé, quoi. Je dis, mais évidemment que je vais le faire en août. Et je connaissais des gens qui avaient échoué. Il y avait Ludo, il avait refait l'année d'après. Mais moi, pour moi, c'était genre, un an après, c'est nous. Et j'arrivais pas à vivre... En fait, j'arrivais à me dire, j'ai échoué, je le retrouverai pas. Mais j'arrivais pas à me dire toute ma vie, je vais être avec cet échec-là et pas avoir retenté. Enfin, c'était bizarre. Et il y a Après, là, ça s'est éclairé. Donc, j'ai appelé leur gars. Et là, je me suis dit, mais comment je vais faire pour mes vacances
UNKNOWN?
SPEAKER_00Enfin, comment je vais faire pour mes vacances
UNKNOWN?
SPEAKER_00Où je vais trouver mon argent
UNKNOWN?
SPEAKER_00Enfin, qui va venir m'aider sur la course
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que tu as des gens qui t'aident pendant une semaine quand tu n'as que deux personnes. Moi, c'était vraiment léger. Mais bon, comment je vais redemander à des gens de t'aider
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et puis, leur gars m'a dit, mais ouais, je vais te trouver un bateau et puis tu vas battre le report. Et tu vas y arriver. Ah oui
UNKNOWN? Tu vas y arriver.
SPEAKER_00et j'ai appelé mon coach, j'ai dit c'est bon on a un bateau et j'ai dit par contre c'est la merde parce que lui il pouvait pas lui traverser aussi, il m'a dit t'inquiète on va y arriver et on a réussi et voilà et ça s'est fait et les conditions étaient encore pires la deuxième fois mais seulement j'avais vraiment je pense le mental je pense qu'il me manquait quelque chose la première fois j'avais peut-être un truc qui au fond de moi je me disais je suis pas assez bonne nageuse et la deuxième fois je me disais je suis pas assez bonne nageuse mais je vais y arriver et c'est ça qui était différent je pense bon et puis les conditions étaient mauvaises aussi ou pires mais il y avait l'expérience et l'expérience c'est quelque chose d'hyper important et une fois que t'as l'expérience ça aide donc voilà donc l'enduroman c'est fait et puis après j'ai franchi la ligne et je me suis dit mais ouais super c'est ouais je l'ai fait et en fait c'était vraiment un truc d'ego et je me suis rendu compte que c'était un truc d'ego parce qu'en fait je prenais plus de plaisir à traverser un pays toute seule sur mon vélo que ouais je sais pas tu vois je me suis dit mais en fait t'avais besoin de trouver avec des gens je pense que tu l'as pas fait pour les bonnes raisons c'est ce que je me disais et là si tu veux là ce qui s'est passé c'est que j'ai enchaîné j'étais déjà qualifiée pour Kona mais je faisais plus du tout d'entraînement Ironman donc je suis allée à Kona mais genre c'était j'avais pas prévu de refaire l'Enduroman mais j'avais payé tout à Kona et tout donc je suis arrivée à Kona j'étais cramée mais j'étais cramée j'étais morte quoi donc j'ai fait Kona mais genre en mode je crois que mon maximum sur mon cardio c'était 120
SPEAKER_02tu vois parce que c'était combien de temps après l'Enduroman Kona
UNKNOWN?
SPEAKER_00c'était un mois après mais entre temps moi j'étais allée me balader en Éthiopie faire des ultradistances j'avais envie de profiter de la vie c'est de me lever le matin et d'aller faire ce que je voulais avec mon niveau pas d'avoir un programme d'entraînement mais en fait ton corps bon il va bien et puis en fait tu as le contre-coup et donc Kona j'étais cramée en rentrant de Kona je m'arrête chez un copain à Tokyo faire la fête bref et là je m'arrête après à Taïwan en rentrant encore tu vois c'était vraiment je faisais des stops sur trois semaines déjà et donc une semaine après Kona j'étais au départ d'un ultra à vélo 2000 200 kilomètres parce que c'était la finale de BikingMan tu sais j'en avais fait deux dans l'année donc c'était le troisième et il y avait un voilà il y avait le championnat enfin si tu veux en gros si je finissais la course je pouvais être championne bon bref c'était encore et du coup je faisais cette course à Taïwan mais là elle est morte morte morte donc la course se passe elle se finit je finis la première fille enfin la seule qui a réussi à finir d'ailleurs et puis voilà et puis là je me dis bon on va se composer un peu Et puis, en fait, qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_00Donc là, on est genre en fin octobre. Et là, qu'est-ce qui se passe
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a UTMB qui fait une course au Mal aussi, qui est juste à côté de chez moi. Et là, je me dis, UTMB, c'est génial, je ne connais pas ça. Je ne suis pas du trail, moi. Je me dis, c'est con, parce que là, c'est un peu tôt dans le calendrier. On avait dit qu'on se proposait jusqu'à l'année prochaine.
UNKNOWNJe me dis, ouais, mais bon...
SPEAKER_00c'est 130 kilomètres mais si tu le fais doucement il y a beaucoup de dénivelé mais si tu le fais doucement un trail ça fait pas mal tu vois je vais marcher et donc je m'inscris sauf qu'en fait un trail c'est super dur et ça fait très mal et même si c'est à 4 kilomètres ça et donc Oman a été ma découverte du trail et ouais c'était incroyable j'ai adoré cette course qui a été difficile et surtout j'ai vraiment beaucoup ri parce que j'ai été tellement tellement loin de m'imaginer ce que c'était que le travail et le mal que ça pouvait te faire encore, surtout quand tu n'es pas préparée du tout, du tout, du tout. Je pense que je n'avais pas couru depuis. Et voilà, donc là,
SPEAKER_02ça a été ma grande découverte.
UNKNOWNVoilà, et après j'ai enchaîné là-dessus. Waouh!
SPEAKER_02punaise quel parcours moi je crois que la première question qui me vient c'est quand on voit tu vois l'intensité et puis surtout la fréquence à laquelle tu as enchaîné des épreuves enfin quand même pour le rappeler s'il y en a qui n'ont pas en tête quand tu nous parles de Kona en fait Kona c'est les championnats du monde du label Ironman donc Ironman c'est un triathlon c'est une marque de triathlon pour rappel c'est 3,8 km de nage 180 de vélo et un marathon donc 42,2 le tout enchaîné quand même et donc Kona c'est un peu c'est le Graal pour les triathlètes mais quand je vois du coup et puis l'Enduroman bon tu nous l'as pas dit tu nous l'as pas précisé mais l'Enduroman si j'ai bonne mémoire c'est quand même plus de 30 km la manche c'est 30 km à
SPEAKER_00nager moi j'ai nagé 60
SPEAKER_02voilà avec les courants c'est ça parce que tu fais quasiment il y a des moments où tu fais du sur place
SPEAKER_00la course à pied fait 130 et le vélo bon le vélo ça Ça va, c'est 200, 300. Oui.
SPEAKER_02Mais bon, tu fais tout ça à la file. Oui, mais c'est ça, c'est le rythme. Et puis surtout, j'ai l'impression que c'est arrivé assez soudainement. Tu vois, il y a eu ce marathon de Paris et boum, tout s'est
SPEAKER_00déclenché. Oui, tout ça,
SPEAKER_02ça a eu lieu en 2 ou 3 ans. Et ça, tu vois, c'est incroyable. Et la question que je me pose, du coup, c'est qu'est-ce qui remplissait ta vie avant ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce qu'entre le temps, l'énergie et les émotions que tu as sans doute apporté,
SPEAKER_00qu'est-ce qu'il y avait avant
UNKNOWN?
SPEAKER_00J'étais plus dans mon travail, ça c'est sûr. Je passais plus de temps avec mes amis. Et puis, comme je te dis, c'était mes voyages. Et préparer mes voyages, organiser mes découvertes, c'était quelque chose qui me prenait beaucoup de temps. Donc, c'est vrai que... J'ai remplacé, on va dire, les voyages par le sport. Mais qui, du coup, a plus rempli mes semaines. Le voyage, c'était plus le week-end et les vacances. Et le sport, j'avais beaucoup de courses. J'avais beaucoup de vacances aussi au Qatar. J'avais presque autant de vacances qu'en France. Donc là, ça, c'était pas mal. Mais oui, j'avais pas... Ces émotions, tout ce que je vis dans le sport. J'avais d'autres choses. Les amis, la famille, c'est
SPEAKER_02différent. waouh en tout cas moi j'avais je pense que la première fois que j'ai découvert un peu ton parcours c'était en écoutant un podcast justement où tu devais être je pense que t'étais juste après avec Arnaud sur Ultratalk juste après l'enduroman
SPEAKER_00peut-être oui oui oui et
SPEAKER_02t'expliquer ouais et t'expliquer en fait tes semaines et je me revois encore je sais plus exactement ce que t'expliquais dans le détail mais je me revois encore monter dans l'ascenseur en sortant de chez moi et me dire mais en t'écoutant et me disant mais c'est pas
SPEAKER_00vrai mais comment elle fait ça c'est plus le gars quoi mais
SPEAKER_02bon quand même parce que tu l'as fait pendant un moment tu vois et au moment où je t'écoutais j'étais en pleine préparation de mon premier Ironman et tu vois j'étais déjà en train de tirer la langue avec mes je sais pas je devais je pense que j'étais même pas à 10 heures d'entraînement par semaine tu vois et je tirais la langue et je me disais punaise c'est dur et là je t'entends et tu nous dis que tu fais des semaines de 80 heures entre le boulot et le sport tu vois et je sais pas enfin qu'est-ce qui fait que ça a tenu in fine si tu dis que tu t'es rendu compte que c'était peut-être de l'ego une fois que t'as eu franchi la ligne mais avant ça c'était quoi du coup
SPEAKER_00qui te moi je suis assez tenace je veux dire c'est un objectif je pense que j'aime autant la prépa que la course en FM j'adore tout organiser ouais je suis un peu je suis un peu chiante
SPEAKER_02quoi est-ce que t'es le genre de triathlète aussi qui analyse les datas
SPEAKER_00qui récupère tout alors je suis pas du tout data mais quand j'étais je faisais de l'aéronautique j'étais obligée de l'être tout allé par TrainingPix logiciel et mon coach les a analysés alors là c'est là où on va revenir sur le est-ce qu'à un moment t'encore lâches pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je pense qu'après, on va dire Oman, après tout ça, cette année 2018 qui était vraiment intense, je pense qu'après ce moment-là, je ne pouvais plus suivre un programme d'entraînement, ça me saoulait. Et j'ai arrêté tout ce qui est Garmin et compagnie. Je n'avais plus rien sur moi. Je n'arrivais plus à m'entraîner avec ça. Et il y a Steven, mon compagnon, qui me dit« Périne, t'es cramée. Ton corps est mort.» Parce qu'en fait, si tu veux, j'ai dit« Mais non, t'as vu tout ce que j'ai enchaîné.» Mais j'ai enchaîné tout ça parce que j'ai pas fait du sport depuis que j'ai... Il y a des gens qui font du sport aussi, des athlètes de haut niveau qui font du sport, qui sont cramées. Mais eux, ils font ça depuis qu'ils ont 20 ans et tout ça. Sauf que moi, j'ai fait tout ça en compensé. Et en fait, c'est un truc que tu veux pas t'accepter toi-même, c'est que t'es morte. Et puis, en fait, ça me fait dire que tu es cramé complet, ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter le sport ou que tu es à jeter à la poubelle. Ça veut juste dire qu'il faut faire des choses différemment. faire ce dont t'as envie pendant un moment et si tu parce qu'il y a des gens ils aiment s'entraîner pour avec des performances etc moi aussi moi j'oppose pas d'ailleurs la performance et le plaisir parce que souvent il y a plein de gens qui disent je vais faire la course pour le plaisir quand tu finis dernier t'as les boules désolé tout le monde a envie de faire une course pour le plaisir mais personne n'a envie d'être donc il y a un moment il faut être aussi honnête il ne faut pas l'opposer tu es content de faire ta course quand tu as réussi à faire le résultat que tu voulais par rapport à l'entraînement que tu avais fourni il y a des jours où tu vas à une course qui n'est pas du tout préparée tu sais très bien que tu ne vas pas gagner mais tu fais ton chrono par rapport à ce que tu avais donné en entraînement là tu es content moi je suis plutôt comme ça donc qu'est-ce que j'ai fait après tout ça et bien je me suis dit plutôt que d'aller faire des courses pourquoi pas, au final, maintenant que j'avais fait ces trucs d'ultra-distance et que je savais que je pouvais rouler toute seule dans n'importe quel pays avec mon vélo, et pourquoi pas revenir à ce que j'aimais, aller voyager dans des pays un peu improbables, faire des trucs un peu originaux, et bien pourquoi pas faire ça avec mon vélo, en y rajoutant un peu une notion quand même de vitesse. Et voilà, et donc j'ai commencé à me tracer des lignes, alors tiens, je vais faire, je vais aller du Rwanda en Uganda le plus possible avec mon vélo tiens avec Stéphane on va faire une trace de hiking on va le faire avec nos vélos de gravel et on va voir ce que c'est que d'aller poser un vélo de gravel à 6 mètres dans Saint-Nicis
SPEAKER_02ça c'était
SPEAKER_00l'Himalaya c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00voilà pourquoi on ne va pas traverser au Tibet on a toujours voulu aller au Tibet faire du vélo en haute altitude c'est quelque chose de très très difficile Et donc, réunir un peu mes anciennes passions de la montagne et du voyage avec, finalement, le sport. Et là, j'ai... Et mon coach, il ne me suivait plus. J'avais dit, je ne veux plus que tu me suives parce que je ne peux plus m'entraîner avec toi. Enfin, ce n'est pas à cause de lui, mais il m'a dit, j'ai vu tes photos en Uberna, Perrine, je te revois sourire parce qu'on avait réussi à s'entraîner et tout. Et il voyait bien que ça me complait, quoi. Et il me dit, je te revois sourire, c'est ça que je veux voir chez toi. Et voilà. Donc, j'ai trouvé ce qui me plaisait à ce moment-là. Après, tout change. Comme je t'ai dit, j'aime toujours un petit peu ça. J'ai envie de refaire du train à distance à vélo en course, même si je n'aime pas trop la mentalité et l'ambiance. J'aime beaucoup le train. Donc voilà, c'est un peu au gré des envies. Et puis aussi, c'est vrai de la vie parce que le Covid change le boulot et tout ça. Donc comme tout le monde, tu m'adaptes aussi à ma situation et au
SPEAKER_02contexte. C'est super intéressant ce que tu dis sur cette espèce de shift que tu as fait pour quelque part renouer un peu avec ce qui alimentait ta flamme avant à travers les voyages, la découverte et pas forcément juste des épreuves. preuves très normées type Ironman tu vois avec des chronos etc très organisées mais d'ailleurs c'est intéressant c'est peut-être pas pour rien que vous êtes compagnons d'aventure et dans la vie mais c'est aussi ce que Steven nous racontait sur son épisode tu vois où lui il a eu le sentiment un peu à un moment donné d'exploser en vol avec le vélo et de se redécouvrir et de s'autoriser à avoir une pratique différente et si je me souviens bien ça a vraiment le déclic ça a été un séjour au Népal et puis après ce premier projet avec l'Himalaya donc c'est vraiment intéressant de voir j'imagine qu'il n'y a pas de hasard si vous vous entendez bien et que vous faites ça
SPEAKER_00ensemble mais après j'y ai toujours là maintenant j'ai un plan d'entraînement j'ai tu vois il y a des périodes où ça revient par contre là je ne sais pas trop où je campe parce que à la fois j'ai envie de faire un marathon en moins de 3 heures et à la fois j'ai envie de faire préparer un trail vraiment bien et peut-être le marathon des sables et en même temps on a un projet aussi de traverser l'Arabie donc il faut que je me pose parce que si tu me fais faire ça ne va pas mais l'envie en tout cas là elle est là et j'arrive j'arrive à remettre une montre j'arrive à voilà à refaire des plans d'entraînement et ça revient donc tu vois c'est pas genre je ne vaux plus et puis voilà encore une fois moi je ne suis pas du tout pour reposer enfin en tout cas je pense que c'est pas le noir blanc et la performance et le plaisir et on a tous une définition différente je pense que du coup on ne peut pas discuter entre personnes parce que chacun voit les choses différemment et le définit différemment c'est une question
SPEAKER_02Oui, tu parlais de cycle et d'envie qui est toujours là, de prendre un dossard sur des courses. Tu viens quand même de faire l'UTMB et le
SPEAKER_00Thor. J'ai pris une claque. Cette année, j'ai déménagé. En gros, je n'avais pas couru en montagne depuis Kilimanjaro en décembre. et en gros après j'ai déménagé je suis venue ici c'est un peu compliqué tout ça et en début fin juillet non en juillet je me suis remise à m'entraîner bien tu vois à tapis ça à la forme ici là il fait 50 degrés donc j'arrivais à courir quand même ici dehors et tout je me dis ça va suffire tu vois pour le PMB ça va c'est 560 kilomètres et je me dis ça va suffire je me suis bien entraînée franchement je m'étais moins entraînée j'ai déjà été à des ultras beaucoup moins d'entraînement je veux dire je dis ça va aller et en fait si tu veux comme j'avais pas fait une seule montée ou descente depuis un an j'ai une quadri qui ont lâché à mi-parcours mais j'ai été dans une douleur comme rarement j'ai eu tu vois et c'est bizarre parce que c'est pas une course c'est pas difficile l'UTMD enfin on l'avait fait l'année d'avant avec Steven je sais pas et je sais pas et j'ai pris une claque et si tu veux j'avais tellement mal et tout le monde me disait arrête et tout et avec Steven on se regardait on rigolait parce que Steven et moi c'est très bien que toute la douleur que j'allais avoir pendant les 80 c'était génial parce que ça allait être le meilleur des blocs d'entraînement pour le top 10 jours après tu vois et moi je le sais parce que je connais mon corps et je sais que c'est vraiment et donc là je me disais allez tiens le coup tiens le coup tiens le coup et juste il ne faut pas se laisser parce que sinon là c'est con il faut juste qu'on reste dans la douleur musculaire en fait quoi et là ça va aller et donc c'est passé quoi bon ça a été un peu lit parce que j'ai un moment j'étais un petit peu périostique mais vraiment limite quoi on était vraiment à un kilomètre c'était foutu quoi tu vois et puis et puis voilà et c'était et moi je savais que j'allais récupérer je savais que c'était vraiment si j'avais pas fait l'UTMB j'aurais jamais fini le temps jamais jamais jamais et tu vois il y a des quand tu t'entraînes il y a des choses tu peux pas zapper quoi tu peux pas zapper sur ça des courses comme ça, tu ne peux pas zapper les mômes, je ne dis pas que tout le monde, mais bien sûr qu'il y a la plupart qui sont parisiens et qui n'ont pas la montagne autour et qui font des TMB, mais ils sont allés dans l'été courir ou ils sont allés à Foucault, j'en sais rien, tu vois. Et ça, je ne le reprendrai plus parce que c'est débile, parce qu'en plus, honnêtement, j'avais des attentes à l'UTMB, j'avais des attentes de chrono, j'avais des Je me suis bien évoquée. Je pense que c'est la première fois où j'avais des attentes de chrono en travail. J'en ai toujours, mais je me plante toujours. Parce que j'annonce un chrono, mais je sais que je me plante énormément. Mais là, honnêtement, je pensais que ça allait aller.
UNKNOWNDonc, j'étais un peu vexée.
SPEAKER_00J'étais vexée, mais en même temps, j'étais contente parce que je savais que le tort allait se passer. En fait, bizarrement, ça m'a mis une grosse claque et en même temps, ça m'a mis une confiance de fou pour le tort. Et quant au tort... Oh
UNKNOWN!
SPEAKER_00Tu vois, c'est bizarre parce que l'année dernière, j'ai fait la Swiss Fix, qui est plus ou moins le même format, en plus court. Mais bon, l'année dernière, j'étais coincée en France. Donc déjà, j'étais toujours en train de courir dans la montagne. On avait fait avec Steven le GR20 en 4 jours. On avait fait une semaine avant aussi, 10 jours avant, on avait fait l'UTM Beroz. Donc déjà, musculairement, j'étais beaucoup plus préparée. Et en plus, je ne sais pas, je l'avais pris vraiment très cool en disant la Swiss en dormant quatre heures par nuit, par étang. et puis là tu expliques, t'as des conditions qui sont exceptionnelles, tu vas dans un refuge on te demande dans quel champ tu veux dormir t'as ta petite couette t'as ton petit repas qui est délicieux tu prends ta petite douche et limite si t'as pas les petits chaussons il y a le carré de chocolat sur ton lit c'est des conditions en train t'arrives au tord des géants tu bouffes le même repas pendant 4 jours et encore quand t'en files parce que t'es pas italien alors t'es pas sérieux en premier t'arrives au lendemain pour dormir, tu leur dis bonjour, excusez-moi, en fait, est-ce que je peux dormir
UNKNOWN?
SPEAKER_00Ouais, dans deux heures. En fait, dans deux heures, je vais repartir. Je rentrais, en fait, c'est une course, tu vois. Donc là, tu te retrouves à dormir par terre, à moitié sous la flotte, au milieu des gens qui te marchent dessus. Ce n'est pas du tout les mêmes conditions.
UNKNOWNJe ne sais pas pourquoi...
SPEAKER_00Pourquoi c'est si dur, le Thor
UNKNOWN?
SPEAKER_00Pourquoi c'est plus dur que la Swiss Pix, alors que la Swiss Pix est plus technique, je dirais, et que finalement, le Thor, il y a des passages qui sont techniques au début, mais après, ça reste que du chemin. Je pense que les descentes du Thor sont plus dures. En fait, le Thor, c'est fait pour te fracasser en deux. Et si tu veux, le Thor, j'étais contente parce que j'étais... J'ai fait la course au niveau que j'avais pour cette course-là. Je suis restée à premier quart avec des gens. J'étais avec des gens de mon niveau. Après, j'étais contente aussi parce que tous les gens autour de moi, la plupart n'étaient pas à leur premier. Ou alors, elles ont tous échoué au premier. J'étais contente d'arriver à finir pour la première fois, d'en finir dans un très bon temps. Enfin, très bon temps, c'est pas que je n'ai pas gagné, mais un temps qui, même si c'était beaucoup plus long que ce que j'aurais aimé faire, c'était bien je suis contente de moi j'ai donné ce que je pense que j'aurais pas pu pour un premier j'aurais pas pu faire beaucoup j'aurais aimé mais je pense qu'avec l'entraînement que j'avais et voilà et le tort des géants c'est donc 350 kilomètres et 30 000 de dénudés cette année une balade c'est à dire qu'en fait tu es tout le temps il y a 26 montées et descentes tu es tout le temps en train de monter et de descendre si bien que quand la course s'arrête t'as un mal de terre c'est à dire tu t'arrêtes j'étais au restaurant avec mes parents mais j'avais déjà eu ça à la sous-spique donc En fait, si tu es tellement content en train de monter sur tes bâtons, de descendre
SPEAKER_01quand même, quand
SPEAKER_00ça s'arrête, il y a tout qui
SPEAKER_02tourne pendant
SPEAKER_00presque une journée entière. Tu as des vertiges comme ça et tu as tout qui tourne. C'est un truc de fou. Un peu comme si tu avais passé du temps sur un bateau. Donc, sur ces courses-là, si tu veux... une des grandes difficultés c'est la gestion du sommeil et le sleep deprivation donc le manque de sommeil et ça les marins connaissent bien et les ultra les athlètes d'ultra-endurance connaissent bien et voilà et ça t'amène moi il y a une nuit où j'étais le problème c'est que faut pas en arriver au moment où tu tombes de sommeil faut essayer d'anticiper quand même alors on te dit qu'il faut dormir quand t'as sommeil le problème c'est que là tu peux le faire à vélo tu te mets au bord de la route et tu dors à peu près bon t'es au bord de la route quand t'es en train si t'es à 20 bornes en pleine nuit dans le col où il fait froid, tu ne peux pas t'arrêter, parce que tu auras trop froid, parce que tu vas te mettre en danger, parce qu'il pleut, parce que j'en sais rien. Donc, il faut que tu ailles jusqu'à la prochaine base de vie, mais parfois, elle est dans 4 heures. Et 4 heures, quand vraiment tu n'as pas sommeil, c'est horrible. Et en fait, là, tu as des moments, moi, il y a une nuit où j'étais, je voyais, c'est le début de la nuit, mais je voyais qu'il y avait une vache qui était loin, Et d'un coup, j'ouvrais les yeux et je suis à côté de la vache. Je me suis transportée. En fait, je pense que j'ai dormi. J'ai une autre lumière là-bas et je suis là-bas. Et après, j'entends quelqu'un qui me dit, mais pourquoi tu descends par là
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et je dis, mais je vais à la rivière. Pourquoi tu vas à la rivière
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et c'est là où c'est dangereux, tu vois. C'est là où tu es attiré par des trucs. Et donc là, heureusement, il y avait un autre athlète qui... et là je me suis dit oh t'es en train de partir et finalement je suis arrivée avec genre 20 minutes de retard parce qu'après au moins je me suis retrouvée assise pendant un moment et je sais pas ce qui s'est passé et en fait je suis arrivée qu'avec 20 minutes de retard donc je pense que pendant ces moments là où je me télétransportais en fait je pense que je marchais en dormant je dormais
SPEAKER_01en marchant
SPEAKER_00et voilà ok j'étais pas trop en retard tu vois même en m'étant arrêtée et ça c'est bon il y a plein de gens qui après t'as aussi des hallucinations tu vois comme les rochers en fait ça c'est des hallucinations visuelles les rochers qui voient des choses tu crois que c'est des gens bon ça c'est encore autre chose ouais j'ai un copain qui avait fait l'UTMB c'est dangereux parce que tu peux aller suivre quelque chose et tomber tu vois dans un moment alors ce qu'il y a de bien en ultra c'est que généralement la nuit les autres concurrents sont extrêmement bienveillants et qu'il y a toujours des petits anges gardiens tout à route et qui sont des gens qui sont là qui voient que t'es pas lucide et qui restent derrière toi et qui sont là et ça c'est c'est incroyable en ultra quoi t'as des scènes de bon t'as plein de gens qui en ont rien à foutre mais je veux pas dire que c'est le monde de Bibi Mais t'as des gens, il y a des scènes d'humanité qui sont tellement incroyables que ça, à chaque frais, il y a une histoire. Je suis épatée parce que moi, je pense que la vie, si, ça va arriver de prendre soin de personnes aussi. On a sauvé une japonaise une fois, mais je pense beaucoup moins que ce que les gens l'ont fait pour moi.
SPEAKER_02ces phases d'hallucination ça me fait souvent halluciner c'est toujours hyper impressionnant je trouve d'autant plus que t'en es conscient ou consciente j'ai un copain qui a fait l'UTMB il y a quelques années qui disait qu'il voyait des casseroles dans les arbres et en fait il avait l'impression de reculer quand il marchait en avant
SPEAKER_01donc au
SPEAKER_02final il se mettait à reculer il marchait en arrière des trucs complètement dingues et ouais je pense que c'est difficile de s'imaginer en fait ce que ça fait tant qu'on n'a pas vécu le manque de
SPEAKER_00sommeil comme tu le décris tu vois de la même manière à vélo moi j'ai un vélo Steven il pousse et ça me fait très peur moi à vélo j'essaie de m'arrêter parce que j'ai eu des hallucinations à vélo notamment en Corse où je voyais des animaux mais bon le problème c'est qu'après quand il y a vraiment un sanglier tu t'arrêtes pas alors que c'est vraiment un sanglier Steven,
SPEAKER_02lui, il continue
UNKNOWN?
SPEAKER_02Même
SPEAKER_00s'il est dans les arrières
UNKNOWN?
SPEAKER_00Steven, il pousse beaucoup quand même. Il pousse que moi. Moi, à vélo, je suis moins à l'aise. Je... je me dis qu'on se met quand même trop en danger et c'est vrai que je m'arrête mais je me rappelle une fois à Taïwan à Taïwan je suis en train de tomber de sommeil et là j'étais dans un col non en fait j'avance et sur la carte il y avait marqué qu'il y avait un village à 20 km donc j'ai dit c'est bon et j'avance et en fait je vois sur mon Garmin que la carte et la map que j'avais est fausse et que c'est un col un col de 20 bornes quand t'es mort j'arrive même plus d'aller... C'est genre une heure ou deux heures minimum. Et là, j'envoie un message à mon coach. C'est de la torture en fait. Et donc du coup, le problème, c'est que j'étais sur une route qui n'avait pas de bas côté ni à droite ni à gauche. Donc déjà, c'est extrêmement dangereux. Donc en fait, je pouvais m'arrêter nulle part. Et donc, il n'y avait aucun moyen pour moi de m'arrêter. Et là, je me dis pendant je ne sais pas combien de kilomètres parce que je ne sais pas combien de temps cette route va durer. Je ne peux pas dormir donc j'ai poussé mon vélo parce que j'arrive même plus à pédaler et j'ai envoyé des messages à mon coach je me disais je pense que cette fois je vais pas m'en sortir je me disais Ryan je pense que cette fois je vais pas m'en sortir parce que je tombe et je me rappelle je disais le truc j'avais la tête qui tapait contre le vélo et je me disais il faut que j'avance et je pouvais plus Et là, heureusement, au bout de 10 kilomètres, mais ça faisait déjà un moment, j'ai vu un espèce de petit rond-point, mais c'était même pas un vrai rond-point, et là, il y avait quand même des plots autour, donc je me suis mis au milieu avec ma couverture de survie, et là, j'ai dormi une demi-heure et je suis partie. C'est ce moment où je me dis, là, je peux pas dormir, mais c'est pareil en trail, parce que tu peux pas dormir en haut d'un col, c'est trop dangereux, jamais. Faut pas s'engager sur un col si t'as vraiment le moment où tu tombes de sommeil. Mais là, c'est pas enfin si tu veux là moi je te parle beaucoup entre 4 jours où t'es vraiment déjà sur la 3ème nuit c'est plus extrême que par exemple sur les 170 bornes où là t'es sur la 2ème nuit c'est là où t'as des débuts d'hallucinations en fait c'est sur la 2ème nuit que ton ami a eu ou que moi j'ai déjà eu aussi à Aubagne etc mais c'est plus voilà les hallucinations et tout mais tu vas pas normalement tomber sur la 2ème nuit c'est la 3ème nuit et puis avant moi je faisais cette erreur là pareil je continuais je continuais et puis après je parlais maintenant je gère différemment le sommeil je me force à dormir une heure et en plus je dors assez facilement partout mais je m'impose il ne faut pas que j'oublie de dormir parce que sinon je sais que ça ne sert à rien et puis le temps que tu perds quand tu es mal comme ça au final tu ralentis tellement en avançant quand tu dors il vaut mieux t'arrêter de dormir et repartir tout ça c'est des erreurs que tu fais des erreurs en outre t'en fais à chaque fois et j'en fais encore mais t'apprends et l'expérience
SPEAKER_02c'est important c'est clair sur la notion de sommeil tu vois parce que tu as utilisé le mot torture et clairement pour en avoir discuté avec notamment avec deux anciens commandos marines donc deux anciens des forces spéciales la notion du manque de sommeil en fait c'est quelque chose qui cotoie au quotidien notamment pendant leur stage de sélection qui dure 9 semaines et de mémoire je crois que Teddy nous disait qu'il dormait 4 heures par semaine tu vois et ça dure 9 semaines et ils ont des épreuves bon alors ils ont quand même les week-ends mais ils ont des épreuves systématiquement ils sont en permanence trempés en permanence ils dorment dehors par terre enfin c'est un truc de fou et c'est ce qu'il expliquait qu'en fait tu peux plus te cacher nulle part quand t'es complètement en manque de sommeil il y a tout qui ressort en fait tu vois et c'est c'est là où ça devient hyper, hyper compliqué. Moi, je serais peut-être curieux de savoir, parce que là, on a parlé de plein, plein d'épreuves différentes et de tout ce que tu as mis en place au fil des années, comment est-ce que tu as un peu réorienté ta pratique. Mais s'il y avait toi, peut-être, tu vois, un apprentissage, une chose que tu retires vraiment de cette espèce de, alors peut-être pas boulimie parce que c'est une notion un peu péjorative, mais de toutes ces expériences que tu as engrangées très, très, très vite, ce serait quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Un apprentissage sur toi, évidemment, parce que comme tu l'as dit, plusieurs fois déjà, chacun a une pratique différente
SPEAKER_00sur moi ça m'apprend que j'en ai encore beaucoup à apprendre parce que j'ai l'impression que je me découvre à chaque fois de plus en plus je ne sais pas dans quel sens ça va évoluer je ne sais pas encore ça m'a apaisée quelque part aussi dans le sens où Ça m'a apaisée, mais en même temps, si ça s'arrêtait, je ne sais pas comment je vivrais sans maintenant. Sans sport, je passerais bien. Il y a des gens qui disent que je ne peux pas passer une semaine sans m'entraîner. Alors moi, j'y arrive très bien. Je fais bien de choses, mais j'y arrive très bien à ne pas m'entraîner pendant une semaine. Mais sans projet. Sans projet en tête. Je ne sais pas comment je vivrais sans ça. Mais j'aurais autre chose dans ma vie. Je pense que... Oui, je serais comblée par autre chose. Oui, ça m'a beaucoup appris sur moi. Je me rends compte de... Ça m'aide aussi dans ma vie professionnelle aussi, la résilience, etc. Ça m'aide... aussi à relativiser les choses je pense que je suis quelqu'un de très stressé donc je pense que me retrouver dans des situations parce que là on parle de course mais tu sais quand on fait des trucs des aventures avec Steven c'est pas la même chose quand t'es sur une course t'as un problème tu téléphones on vient te chercher quand t'es sur une aventure ta vie qui est en jeu euh et là c'est autre chose et donc moi je suis quelqu'un de très stressée de nature je suis quelqu'un de très peureux j'ai peur de tout tout ce qui est nouveau ça me fait peur mais par contre la peur m'a jamais empêchée quoi que ce soit au contraire la peur elle m'a toujours donné envie d'aller chercher par exemple tu vois ce week-end on va dans le désert et j'ai peur de conduire dans les dunes et du coup mes copains ils se moquent de moi ils me disent mais Périne t'es pas capable de conduire dans les dunes je dis mais j'ai trop peur, il y a plein de gens et tout, en plus, je vais passer pour une idiote et tout. Ils me disent, non, mais si tu veux, on conduit. Mais non, c'est moi qui le fais. Donc, c'est à la fois, j'ai envie d'y aller, d'apprendre un nouveau truc. Et voilà, donc c'est marrant parce que ça me permet de passer pour une autre, etc. Et ouais, j'ai l'impression de devenir une meilleure personne humainement aussi. Tu rencontres des gens et je te dis, ces scènes-là de vie, que t'es en course ou que t'as quand là moi ici c'est un pays qui est très particulier l'Arabie Saoudite c'est à la fois effrayant quand je parle pas à rien bien sûr mais quand je parle un peu dans la pampa toute seule là j'ai peur mais bon là c'est justifié une fille toute seule ils ont jamais vu une fille toute seule donc t'as tout le monde qui te suit qui vient, qui revient qui te prend en photo qui... et à côté de ça t'as des scènes d'humanité qui sont incroyables c'est à dire que Tu sais, je suis dans ma voiture parfois ou j'attends ou je suis sur mon vélo et je suis un peu stressée. Je me dis qu'est-ce qu'ils me veulent et tout. Et là, en fait, les gens, ils arrivent, ils te donnent à manger. Ils t'invitent dans leur salon extérieur pour que tu dormes là. Ils ne parlent pas du tout anglais. Donc, ils essaient de t'expliquer tant bien que mal. Et tu as des scènes de générosité et tout ça. Et tu es confrontée. Je pense que je n'ai jamais été confrontée à autant de générosité ici. Et pourtant, à la fois, parfois de stress. Il y a des situations où tu sais Je ne sais pas si tu devrais être là. Ce n'est pas les Émirats, ce n'est pas le Qatar. Ça n'a rien à voir. Mais c'est vraiment un pays qui est chouette pour ça, en tout cas, pour ses moments de vie et toutes les aventures qu'on a vécues quand on était au milieu du lac Baïkal avec Steven et qu'on était coincés. On était vraiment dans la merde et on s'est retrouvés dans une gamme de pêcheurs. Et voilà, tous ces trucs-là qui disent comment moi, je peux arriver à vivre des choses comme vous. C'est incroyable. Je... finalement j'ai la vie que j'aurais vraiment rêvé d'avoir
SPEAKER_02waouh c'est beau
SPEAKER_00ça
SPEAKER_02C'est beau et je pense qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui se le disent ou qui se créent les conditions pour que ça arrive. C'est du boulot. Oui, clairement. Moi, c'est ce que je retiendrai vraiment de cet échange. Quand on voit ton palmarès, au-delà du palmarès et de la performance, vraiment, je pense que c'est plus cette notion de vivre sa vie pleinement. Parce que moi, ces épreuves me parlent. C'est clair que quand je vois tout ce que tu as mis en place, moi, ça me fait rêver. Pas pas forcément les chronos d'ailleurs j'en ai aucun en particulier en tête mais c'est plus les expériences que tu as vécues mais d'un autre côté je pense que c'est aussi pour moi c'est hyper important de partager de faire découvrir on va dire la partie immergée de l'iceberg tes 80 tes semaines de 80 heures tu vois ces peurs que tu affrontes et qui tu vois qui sont là mais qui en même temps te drive et je pense que voilà tu l'as très bien dit il n'y a pas enfin l'un va pas sans
SPEAKER_00l'autre ah bah ouais non mais là c'est vrai que tu vois par exemple sur l'Arabie tout le monde nous dit on va venir c'est calme c'est trop beau mais je pense que les gens ils se rendent pas compte tu viens ici y'a pas d'hôtel tu vois c'est là on est en train d'essayer de mettre en place un projet avec Stéphane ici c'est compliqué tu te fais arrêter de parler tout le temps et voilà y'a une logistique dans les projets surtout les aventures c'est pour ça que les gens font des courses parce que tout est organisé t'as pas tous ces trucs là quoi et moi parfois moi aussi je suis contente de faire des courses pour ne pas avoir à me taper tout ça mais à la fois ça me plaît aussi de monter mon projet moi-même et du coup c'est bien aussi qu'on le partage tous les deux avec Steven maintenant parce qu'avant c'était plus solitaire même si j'ai une vie assez solitaire parce que je suis expatriée mais j'ai un gros noyau d'amis en France et ma famille c'est de venir souvent sur les courses, etc. C'est vrai que, voilà, aujourd'hui, c'est la Lille-Gemelle maintenant. Après, c'est vrai que... on vit tous des vies différentes, peut-être que moi, la mienne va s'orienter différemment dans quelques années, peut-être que je vais, voilà, je sais pas, j'ai une famille, je n'en sais rien, et peut-être que tout ça m'apparaîtra ne plus avoir trop de sens, tu vois, on est tous différents, mais en tout cas, aujourd'hui, c'est l'équilibre qui me convient le mieux, même si, voilà, moi aussi, ça me fait chier d'être en bureau toute la journée, et en même temps, ça me permet de vivre tout ça, donc c'est l'équilibre qui me convient, parce que sinon, j'aurais choisi de, tu vois, peut-être de faire comme Stéphane, qui on fait son métier mais moi je ne veux pas vivre avec me dire comment je vais faire ce mois-ci etc on est tous différents donc aujourd'hui c'est un équilibre et c'est facile pour personne
SPEAKER_01et
SPEAKER_00ouais je suis contente d'en
SPEAKER_02être là alors peut-être pour finir sur une touche qui nous laissera rêveur ça serait quoi l'épreuve enfin s'il y en a une d'ailleurs je ne sais pas s'il y en a une mais ça serait quoi l'épreuve ou l'aventure idéale ou peut-être même quelque chose sur lequel tu es en train de travailler déjà avec Steven pour la
SPEAKER_00suite bah non je pense que l'aventure idéale je ne la connais pas encore parce que souvent je fais des trucs que l'année d'avant je ne savais même pas que ça existait mais en tout cas ça serait dans un pays que je pourrais découvrir au monde ou un endroit que je pourrais découvrir au monde et Ouais, à pied ou à vélo ou peut-être un moment de nageant. Non, je n'ai pas d'aventure idéale en tête. En fait, chaque aventure m'amène à une autre après. Je ne sais vraiment pas d'une année sur l'autre. Je suis-t-il à cette année
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est un peu dans tous les sens. Ça, c'est le gros truc que je veux faire parce qu'en général, quand j'ai envie de faire un truc, je ne vais pas le faire assez rapidement.
SPEAKER_02excellent cool bah écoute je serais curieux de voir comment chaque petite aventure tu vois quelle je serais curieux de voir comment l'enchaînement va continuer à se faire parce que c'est vrai quand on voit les énormes noms des courses que t'as déjà que t'as déjà tu vois
SPEAKER_00coché en tout cas sur l'année prochaine peut-être il y aura le marathon des sables ah et pour balancer un peu les secrets on a envie avec Stéphane de
SPEAKER_02faire un travail tous les deux à
SPEAKER_00De très longue distance et vers Chamonix.
SPEAKER_02Je vous laisse.
SPEAKER_00Excellent. Cool. Voilà. Et à deux. Génial. voilà
SPEAKER_02donc ça c'est pour l'année prochaine on va voir super bah écoute un immense merci Perrine je m'étais dit qu'on essaierait de rester dans les une heure comme ça ça te laisse du temps pour préparer la sortie du week-end ouais mais voilà en tout cas vraiment un immense merci c'était juste dingue d'avoir de t'entendre nous expliquer ce qu'il y a derrière le rideau tu vois Perrine Perrine Fage qu'on connait enfin que moi je connaissais à travers tes résultats mais je voyais pas bien tu vois ce qu'il y avait en termes d'organisation ce qui te drivait ce qui faisait que t'en étais arrivé à faire tout ça et bah ton histoire je trouve enfin moi c'était c'était un un très beau moment de partage t'écouter les yeux grands ouverts dommage qu'on voit pas la vidéo mais voilà vraiment un grand grand merci pour pour ton temps et écoute bah éclate-toi bien ce week-end et je te souhaite prendre plein de plaisir pour la suite des aventures et puis on se donne rendez-vous pour l'année prochaine vers Chamonix alors pour regarder ce qui
SPEAKER_00se passe bah ouais Avec plaisir.
UNKNOWNMerci beaucoup. Merci, Périne.