Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Celle qui court en souriant avec Sissi Cussot
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Sissi Cussot est une véritable accroc d'ultra trail.
Petite, c'est avec la gymnastique artistique 🤸♀️ qu'elle découvre le sport. Quelques années plus tard, l'athlétisme 🏃♀️ rentre dans sa vie. On peut dire que depuis, elle n'a jamais cessé de courir ! Après deux ans de classes préparatoires et une école supérieure de commerce, elle se lance dans la vie active dans la région de Toulouse et renoue avec une activité physique régulière. Rapidement, ses performances explosent 📈 et elle devient une référence en ultra.
C'est simple Sissi enchaine les courses et les victoires 🥇 depuis 2012 ! Saintélyon, UTMB, Templiers, Eco-Trail de Paris, Intégrale des Causses 😳... En octobre 2021, elle termine 4e de la mythique Diagonale des Fous 🇷🇪 en ayant couru 75km avec une fracture 🦴 au péroné. Une frappée !
Et justement, on a pu échanger avec Sissi sur sa gestion de cette blessure 🤕 en particulier et de nombreuses autres, mais aussi de sa relation à la douleur en ultra. Sissi partage également sa vision du risque et nous explique ce qu'elle trouve dans ces courses longues qui lui donnent la motivation à continuer, année après année, de prendre le départ le sourire aux lèvres.
Sans surprise, une conversation tellement pleine d'énergie et de rires ! Je suis Sissi sur les réseaux depuis un moment donc je m'y attendais et je n'ai pas été déçu 🤩 ! Milles merci Sissi et à bientôt pour le debrief de ta prochaine Diag' !
🔎 Dans cet épisode, nous avons parlé de la Diagonale des Fous, de la mythique course du Tor des Géants ou encore de l'UTMB. Sissi est accompagnée sur ces épreuves par ses principaux sponsors ASICS et i-Run.
🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #27 - Nahuel Passerat - Coureur d'ultra-trail - L'appel de la montagne
Épisode #40 -Louis Saillans - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales) - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger
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Voilà, j'ai ce caractère qui fait que je lâche pas. J'ai eu vraiment du mal à baisser les bras avant la ligne d'arrivée. Puis c'est pour moi aussi la conception de l'ultra. Tu sais que de toute façon, tu vas passer par ces moments de douleur qu'il va falloir gérer. Je pense que quand t'es passée pas loin comme ça, derrière, c'est du bonus, en fait. Voilà, j'ai de la chance. J'ai de la chance d'être là.
SPEAKER_00Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens forces spéciales leur point commun la passion pour leur projet et l'audace de se lancer alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine excellente écoute à vous les frapper Eh bien écoute, bienvenue à Sissi sur le
SPEAKER_02podcast. Merci
SPEAKER_00beaucoup de m'accueillir Loïc. Je suis ravi qu'on ait enfin réussi à caler cette date. Donc merci beaucoup pour ta flexibilité, ta dispo. C'est vrai que ça tombait mal, j'étais en plein déménagement. Toi, tu avais des grosses échéances qui arrivaient. On va parler de ce que tu fais, mais je pense que les gens comprendront vite que tu es quelqu'un d'assez occupé. Donc c'est chouette qu'on ait réussi enfin à trouver une date et merci beaucoup pour
SPEAKER_02ça. Écoute, non, avec grand
SPEAKER_00plaisir. La première question que j'ai envie de te poser, c'est Et comment est-ce que ça va
UNKNOWN?
SPEAKER_00Et comment se passe la convalescence
UNKNOWN?
SPEAKER_02Écoute, en ce moment même, il fait plus de 30 degrés à La Réunion. Donc, on arrive dans l'été. Donc, une convalescence sous les tropiques, ça ne peut qu'aller bien. Non, j'ai de la chance d'être ici. C'est vrai que, comme tous, quand on est hyperactif, se retrouver plus ou moins à l'arrêt, sachant que je ne suis pas complètement à l'arrêt, ce n'est pas évident. Mais c'est vrai qu'on est maintenant à plus de 17 jours de la course donc ça a pas mal évolué je recommence à pouvoir reprendre une activité tu vois j'ai repris tranquillement avec un peu de home trainer j'ai pu aller nager avec un pool boy pour pas trop bouger les jambes donc je suis pas malheureuse disons que si j'avais été immobilisée complètement ça aurait été autre chose mais là c'est vrai que le fait de pouvoir ne serait-ce que pour la tête reprendre une activité puis même pour le corps je pense que c'est indispensable nos corps sont habitués à être constamment en mouvement et de passer de tout à rien comme ça d'un coup, c'est compliqué. Donc, ça va. Je commence à voir que ça évolue dans le bon sens. Et puis, c'est aussi bon pour le
SPEAKER_00moral. Oui, j'imagine. Alors, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas Sissi Cusso, je te laisserai te présenter après et nous expliquer ce que tu fais. Mais en très bref, par rapport à pourquoi est-ce que je t'ai posé cette question, c'est que tu as récemment participé. Tu as fait les grands titres sur... une épreuve de trail mythique qui est la Diagonale des Fous qui se déroule à La Réunion, là où tu vis depuis quelques années
SPEAKER_02maintenant. Non, depuis
SPEAKER_00le début d'année. Depuis janvier. Début d'année. Début d'année. Et donc, tu étais favorite sur cette course et à mi-épreuve à peu
SPEAKER_02près
UNKNOWN?
SPEAKER_02À 80 km de la fin
UNKNOWN?
SPEAKER_02Exactement. Exactement
SPEAKER_00à mi-course au 80ème kilomètre à peu près 75-80. Oui. Mi-course, tu as fait une chute et tu t'es fait une fracture du péronné et tu as fini malgré ça avec un chrono et une place loin d'être dégueu si on peut dire ça vu les circonstances peut-être est-ce que tu peux nous en dire un tout petit peu plus sur ce qui s'est passé et comment t'as géré
SPEAKER_02ça ouais alors effectivement c'est vrai que je chute souvent donc je m'attendais à faire quelques petites chutes et je m'étais préparée psychologiquement Je savais que je ne pourrais pas terminer cette course sans un seul bobo. Mais c'est vrai que je ne m'attendais pas à autant de souffrance. En fait, ce qui s'est passé effectivement, c'est que j'étais très bien en début de course jusqu'à à peu près Plaine des Mers, qui est à peu près 75, je crois 75-80 kilomètres. Où là, effectivement, j'ai fait une grosse chute. Alors, j'en avais fait d'autres petites avant, mais pas sans gravité. C'est vrai que sur ce genre de course, c'est compliqué de... Alors, il y en a qui me disent, je ne fais pas de chute franchement chapeau parce que moi faire une course sur un terrain de jeu comme ça et pas chuter j'en suis pas capable donc j'en avais fait des petites avant mais sans gravité mais là c'est vrai que j'ai vraiment lourdement chuté en fait comme j'avais une main encore un peu fragile parce que je m'étais fracturé le quatrième métacarpien il y a un mois tout juste en Corse j'avais la main encore avec une autre chute donc j'ai pris le départ en me disant il faut vraiment que je protège ma main et que je fasse attention même si j'ai vraiment tout à fait en mesure de courir parce que c'était plus ou moins consolidé et voilà j'avais plus les douleurs que j'avais auparavant mais c'est vrai que du coup en chutant à pleine des mers j'ai voulu protéger ma main et ce qui fait que je suis tombée sur tout mon corps de l'autre côté à droite donc j'avais très mal partout mais surtout aux côtes en fait c'est vrai que la jambe au départ ne me faisait pas très mal c'est surtout les côtes j'ai tapé très fort sur les côtes à droite il s'avère que j'ai aussi une fracture sur de la côte mais ça je l'ai su qu'il y a peu de temps sur le coup j'étais plutôt perturbée par ça et tu vois par tout le genou voilà les petites douleurs que j'avais à côté j'avais tapé aussi la hanche mais la jambe à ce moment là ne me faisait pas plus mal que ça donc si tu veux quand je suis arrivée au ravitaillement d'après j'ai mis du froid j'ai essayé de faire ce qu'il fallait pour essayer de repartir en me disant bon c'est sur le quand tu tombes comme ça tu te dis toujours c'est un choc ça va repartir ce n'est pas grand-chose. Enfin, tu ne t'arrêtes pas à la première chute parce que ce n'est pas le but d'un ultra non plus. Au premier bobo, tu sers un peu les dents pour commencer. Donc, quand je suis repartie, je me suis dit, bon, ce n'est pas grave, c'est des hématomes, c'est des petits bobos, ça va passer. Sauf que plus j'avançais, plus la douleur était intense, plus je me rendais compte que ce n'était pas juste un petit coup et que j'avais dû me faire vraiment mal. Après, quand tu commences à rentrer dans ma fatte, abandonner à Mafate je sais pas si tu connais la réunion et comment sont les cirques mais abandonner dans le cirque de Mafate tu peux pas à part refaire venir un hélicoptère c'est vraiment compliqué donc c'est vrai qu'est arrivé à peu près le centième kilomètre au niveau de Roche-en-Cré la douleur était vraiment devenue insupportable au point de me demander est-ce que ce qui serait pas plus raisonnable que j'abandonne maintenant parce que j'arrivais plus du tout à courir les descentes étaient devenues hyper compliquées j'arrivais enfin limite tu sais j'étais obligée de me mettre en travers pour descendre parce que la pose du pied me faisait vraiment très très mal au niveau du tibia donc à ce moment là je savais pas du tout ce que j'avais il y avait plusieurs hypothèses peut-être périostite peut-être peut-être le choc qui m'avait fait mal peut-être frature de fatigue enfin tu vois j'avais tout en tête dans ma tête ça faisait un petit peu des nœuds en me disant bon t'as quelque chose mais tu sais pas ce que c'est et en même temps je me disais si ça se trouve c'est pas très méchant donc tu vas pas faire venir un hélico peut-être que c'est qu'une petite tendinite après tu sais il y a aussi le fait qu'on n'ait pas de bâton donc les releveurs au niveau de l'avant du pied sont très sollicités donc voilà forcément quand tu es dans cette situation un peu la tête dans le guidon à être focalisée sur l'arrivée, te dire j'avance coûte que coûte, voilà les douleurs elles sont normales, tu ne sais plus je pense au bout d'un moment en ultra ce qui est douleur normale et ce qui est douleur anormale parce que de toute façon tu sais impossible de faire un ultra 160 km Et c'est vrai que, bon, moi, j'ai tendance à être un peu dure au mal et à préférer serrer les dents. L'abandon, j'ai beaucoup de mal avec l'abandon. Et c'est vrai que pour moi, tant que je peux mettre un pied devant l'autre et continuer à avancer, je me dis, eh bien, tu continues à avancer, tant pis, tu vas moins vite, mais tu vas aller au bout. Donc, voilà. Il s'est quand même posé la question à Roche-en-Cré, qu'est-ce que je fais
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que je peux continuer
UNKNOWN?
SPEAKER_02J'ai contacté mon assistance pour leur en parler parce que je n'en avais pas encore parlé auparavant. avant et puis voilà je leur dis je suis vraiment en souffrance d'une intensité telle que je me demande si je vais pouvoir continuer quoi sauf que à Roche-en-Cré de toute façon pour sortir de là t'es obligé de te faire quand même tout le sentier Cayenne pour revenir à Debrat Debrat t'es encore un peu dans la cuvette il faut reprendre il faut quand même refaire pas mal de kilomètres pour sortir de Mafate donc je me suis dit ensuite après j'ai aussi ai reçu des messages de soutien de gens qui me sont proches et qui m'ont aussi fait relativiser et je me suis dit tu peux pas abandonner maintenant c'est pas possible il faut que tu continues de toute façon dans tous les cas il faut que t'avances tu sors de ma fat et puis après tu sais comme c'est t'avances d'étape en étape tu sors quand je suis sortie de ma fat j'étais au kilomètre donc deux bras c'est 120ème kilomètre ma fat c'est quasiment 125 quand t'es en haut de Dodane 125 tu te dis il m'en reste plus beaucoup il en reste quand même pas mal en niveau temps ça fait beaucoup mais si tu veux j'étais déjà sortie enfin abandonnée pour moi c'était déjà plus dans ma tête et je m'étais dit t'as fait tant t'as fait autant de kilomètres comme ça t'as réussi à serrer les dents certes la douleur était vraiment d'une forte intensité mais voilà ne sachant pas ce que j'avais j'avais vraiment en tête de tant pis pour le résultat parce que c'est vrai que là j'étais sortie du classement je me faisais doubler par pas mal de monde et je savais que je n'étais plus du tout en mesure de... Enfin, en tout cas, moi, je ne pensais pas être en mesure de pouvoir même pas jouer un top 5 à ce moment-là, même si je ne connaissais pas trop les écarts. Donc voilà, je me suis mise en mode automatique en essayant de gérer comme je pouvais ces douleurs. Et puis voilà, finalement, la tête a pris le relais. Et c'est là qu'on se rend compte qu'on est quand même incroyablement solide dans la tête. Et on se rend compte que... voilà, la tête, à un moment donné, peut faire avancer le corps. Alors, bien sûr, je précise que je n'avais pas la jambe coupée en deux, que je n'avais pas une fracture ouverte, que j'avais... Ce sont des suppositions qu'on a faites aussi avec les médecins qui m'ont examinée et qui m'ont suivie. Probablement, en tombant, il y a dû y avoir une petite fissure que... à laquelle je n'ai pas trop prêté attention au départ, parce que j'avais mal ailleurs, et probablement avec les chocs qui se sont accumulés, en plus la diagonale des faux, je ne sais pas si tu connais le parcours, mais tu fais beaucoup de sauts, donc il y a beaucoup d'impact, avec le fait qu'on n'ait pas les bâtons, qu'il y ait beaucoup d'escaliers, tu retombes assez violemment, et je pense que l'accumulation des chocs ont fait que la fissure probablement est devenue plus importante, et qu'on s'en met à une petite fracture, c'est pour ça que j'ai passé une radio dès l'arrivée de la course parce que j'arrivais plus du tout à marcher donc j'étais obligée de prendre les béquilles et la radio a montré qu'il y avait une petite fracture mais c'est pas la fracture que t'as quand t'as un accident de voiture je précise parce que c'est vrai qu'il y a eu énormément de médiatisation autour de ça et beaucoup de journalistes qui n'ont pas pris le temps de m'appeler pour avoir justement tu vois les explications et je pense qu'il y a des gens j'ai l'impression qui ont cru que j'avais vraiment la grosse fracture et que j'ai continué tout. Et c'est pour ça que j'ai eu quelques réactions un peu démesurées d'inconscience, déraisonnable, etc. Sauf que, voilà, c'est pas... Et je me suis pas fait moi-même un... Comment dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Un bandage pour tenir les deux os, pour qu'ils tiennent ensemble. Ça s'est pas du tout passé comme ça. Voilà. Mais malgré tout, c'est vrai que la fin de course a été douloureuse, qu'il a fallu... Voilà, j'ai ce caractère qui fait que je lâche pas j'ai vraiment du mal à baisser les bras avant la ligne d'arrivée et puis c'est pour moi aussi la conception de l'ultra tu sais que de toute façon tu vas passer par ces moments de douleur qu'il va falloir gérer alors c'est pas il y a plusieurs types de douleurs il y a la douleur que t'as parce que tu vas au bout toi même au niveau fatigue il y a la douleur parce que t'as une blessure il y a la douleur musculaire parce que à un moment donné le corps est fatigué, alors tu vois je pense qu'il faut faire le tri un peu dans toutes ces typologies de douleurs qui se mélangent un petit peu aussi quand t'es rendu à plus de 100 km de course et puis des heures et des heures aussi passées sur les sentiers mais de toute façon tu sais quand tu prends le départ d'une course de 160 km sur toutes ces courses à la Réunion c'est pas pour rien qu'elle s'appelle la Diagonale des Fous tu sais qu'à un moment donné tu vas serrer les dents alors moi j'ai serré les dents pour d'autres raisons euh mais écoute j'ai aucun regret aujourd'hui on est à plus de deux semaines et puis je vois que le corps est quand même une belle machine qui se répare quand on lui laisse le temps et j'y pensais aussi tu vois quand j'ai continué je savais que derrière j'allais en payer les conséquences je savais que le risque de continuer n'était pas vital que j'allais pas en mourir je savais que derrière il y aurait des conséquences de blessures etc et qu'il faudrait du temps mais je savais aussi que le corps allait se réparer Et qu'en soi, ce n'était pas si grave que ça. Et que voilà, j'avais envie quand même d'aller au bout parce que pour moi, ça en valait la
SPEAKER_00peine. Oui, c'était une décision mesurée. Puis bon, il faut quand même… C'est vrai qu'on a parlé de cet événement très spécifique, mais quand on regarde ton parcours en général, on comprend très vite qu'en termes d'ultra distance et d'efforts dans la durée, gestion de blessure, tu as carrément l'expérience. Donc voilà, on doute bien que quand tu prends cette décision… ma fat de dire bon ben finalement je vois que ça tient j'ai pas la jambe pliée en deux comme tu dis ben voilà on se doute bien que tu prends cette décision j'allais dire en toute connaissance de cause pas vraiment parce que tu sais pas exactement ce que t'as mais en tout cas c'est une décision qui est mesurée
SPEAKER_02tout à fait tout à fait c'est pas je te cache pas c'est pas la première fois que je fais une course dans des conditions de souffrance parce que je suis blessée c'est arrivé notamment au championnat du monde à Annecy en 2015 tu vois j'avais eu l'honneur de porter le maillot de l'équipe de France cette année là et Et en fait, j'avais une fissure du tendon fibulaire. Le tendon fibulaire, c'est un petit tendon qui stabilise les chevilles. J'avais une petite fissure sur le tendon. C'est pareil, je ne savais pas sur le moment de la course, mais j'ai souffert de la même manière. Donc, je sais que je suis capable de serrer les dents et d'aller au bout. Après, il y a un côté très frustrant parce qu'effectivement, tu sais que tu n'es pas au max de tes capacités et qu'il y a un problème mécanique qui fait que même si physiquement, tu es en mesure d'aller plus vite et que tu peux pas parce que à un moment donné le corps quand il est pas pleinement en bonne santé à ce moment là tu vois j'ai essayé de me dire peut-être que c'est l'hématome que ça va passer mon corps va s'habituer etc mais je voyais bien que ça allait en s'empirant mais écoute non aucun regret et puis encore une fois ça fait partie de cette discipline de se dire il y a les risque, il y a une prise de risque. C'est des parcours qui sont aussi exigeants, qui sont avec des endroits où tu sais que, voilà, si tu as un manque de vigilance, tu peux chuter. Moi, ce que je doutais le plus, c'était la chute beaucoup plus grave. Je sais qu'il y a parfois des accidents graves. Donc, tu vois, moi, je ne perds jamais à l'esprit qu'il peut y avoir des choses bien plus graves sur ce genre de parcours. Quand tu vois qu'on passe parfois à côté d'endroits où tu as le vide, c'est à ces moments-là où au moment là je
SPEAKER_00pense que c'est
SPEAKER_02justement le plus vigilant possible et quand tu te dis que tu t'en sors entre guillemets qu'avec une blessure qui va
SPEAKER_00se soigner finalement c'est pas si grave c'est clair justement sur cette note tu le disais en rigolant c'est quelque chose que le fait que tu chutes souvent et en fait la question que j'ai c'est est-ce que tu chutes souvent ou est-ce que t'es peut-être la seule traileuse qui en parle aussi ouvertement parce que c'est vrai que souvent, je te suis sur Instagram depuis un moment et tu mets des stories où on voit les petites tues ou des compilations tu te rébuches, est-ce que c'est quelque chose qui est vraiment on va dire que c'est ta touche ou je ne sais pas tu penses à autre chose ou tu es en train de chantonner ou est-ce que c'est quelque chose qui arrive du fait des terrains hyper techniques sur lesquels tu cours quelque chose qui arrive à tout le monde sauf qu'on n'en parle pas généralement
SPEAKER_02alors je pense qu'effectivement c'est un qui fait qu'on peut être amené à faire des petites chutes. Après, je me suis posé la question, est-ce que ça vient de moi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que c'est tout le monde
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que je fais un focus dessus
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc, tu vois, j'ai posé des questions, pas plus tard qu'hier soir, tu vois, j'étais avec des amis très là, mais comment vous faites pour ne pas tomber
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et il me dit, non, mais nous, on n'est pas tombés de la cour. Comment c'est possible de faire un jack sans tomber une seule fois
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc, je pense que tu as deux typologies de coureurs. Oui, tu as les coureurs qui tombent rarement, même sur des portions techniques alors il y a peut-être aussi ceux qui prennent un peu moins de risques tu vois pour rigoler ils me disaient oui mais en même temps on n'a pas les mêmes allures c'est vrai que quand tu vas un peu moins vite tu fais peut-être un peu plus attention voilà t'es peut-être un peu moins amené à tomber mais je pense que alors il y a plusieurs choses oui je suis un peu tête en l'air voilà je sais que j'ai tu vois quand j'étais jeune à l'école j'avais vite les pensées qui devaient et parfois j'étais pas très attentive j'ai eu des accidents de voiture parce que conduire des heures au bout d'un moment j'ai les pensées qui commencent à je le sais tu vois j'ai à un moment donné c'est mon caractère qui est un peu comme ça donc peut-être qu'effectivement quand je suis sur les sentiers il y a un moment donné où je relâche un peu la vigilance et puis il y a aussi le fait je pense ma foulée est assez particulière peut-être un peu trop rasante et je me suis rendu compte qu'il fallait peut-être que je travaille un peu ça aussi peut-être un peu plus lever les pieds et puis très souvent quand je tombe c'est sur des portions un peu assez finalement un peu moins techniques parce que forcément quand le terrain se prête un peu plus à la course on relâche un peu la vigilance et puis on allonge un peu la foulée et on fait un peu moins attention donc voilà il y a un peu tout ça ça fait que j'ai pas mal de cicatrices sur les jambes mais aujourd'hui j'en rigole parce que Parce qu'il faut mieux en rire qu'en pleurer. Et puis, ce n'est pas des choses très graves, même si sur le coup, tu peux te faire des grosses frayeurs. Après, parfois, je vois en course des chutes qui... Ça me fait plus peur des fois de voir des gens à la prise de risque qu'ils peuvent prendre que moi quand je tombe. Mais voilà, après, c'est sûr qu'on fait un sport, on sait que ça peut arriver. Mais tu sais, dans les descentes très engagées, moi, je ne suis pas du genre à prendre des risques. je préfère perdre du temps même en compétition je préfère perdre du temps et faire attention plutôt que je vois des fois certains coureurs je suis admirative de certains coureurs qui descendent comme des cabris dans des endroits je me dis mais comment ils font quoi quand tu vois certains chronos ouais c'est ça j'en suis pas capable mais je te dis c'est ça qui est paradoxal c'est qu'en fait bien souvent je tombe là où tu dis mais en fait pourquoi je tombe ici voilà il n'y a aucune difficulté mais ouais justement je pense en en parlant avec d'autres c'est vrai que c'est bien souvent là où tu relâches tu relâches et puis tu accélères un peu et puis voilà quoi tu fais moins
SPEAKER_00attention et alors tu parlais du fait que à un moment donné le fait de serrer les dents justement fait partie intégrante de l'ultra c'est vrai que quand je vois bon bah là il y a eu t'as quand même enchaîné deux blessures il y a eu la main là il y a eu la fracture sur la diague mais il y en a eu il y en a eu Il y en a eu d'autres avant, tu nous parlais de 2015. Qu'est-ce qui fait que tu arrives à garder cette flamme et cette énergie hyper positive
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, j'encourage tout le monde à te suivre sur Instagram. Tes stories, à chaque fois, c'est des boosts d'énergie. Tu as tout le temps le smile, tu es tout le temps en train de rire. Là, moi, j'ai la chance, je te vois, il y a la vidéo, mais les gens ne le verront pas, mais tu as le smile depuis le début. Qu'est-ce qui fait que tu arrives à garder cette patate au fil des ans et en dépit des galères par définition qu'on ne peut pas forcément toujours prévoir
UNKNOWN?
SPEAKER_02Tu sais, je relativise beaucoup. C'est des petites galères, finalement. Il y a bien pire dans la vie quand tu penses à des maladies, quand tu penses à... Moi, je côtoie des gens qui sont amputés, qui arrivent à garder cette joie de vivre avec une jambe en moins. J'ai des connaissances qui sont passées par des cancers très graves ou qui ont perdu des proches qui ont des cancers très graves. Donc, tu vois, il suffit vraiment d'ouvrir les yeux autour de toi et de te dire... je suis pas malheureuse quoi donc voilà et puis je dis toujours des fois je vois je crois des gens dans la rue qui ont l'air triste et tu sais tu te dis ben tu leur renvoies un sourire et tu reçois un sourire et moi de recevoir un sourire juste ça ça me rend de bonne humeur alors je me dis si toi tu donnes un sourire à quelqu'un peut-être que l'effet va être le même comme un effet miroir en fait donc voilà c'est un cercle vertueux quand t'es positif avec les gens les gens sont positifs avec toi et puis voilà c'est ma personnalité j'ai toujours été plutôt d'un naturel plutôt joyeuse et positive et voilà il suffit comme je te disais il suffit de regarder autour de soi j'ai aussi tu sais eu un petit déclic quand j'ai eu 19 ans je t'en parlais tout à l'heure j'ai eu un accident de voiture grave honnêtement je sais pas comment aujourd'hui je suis encore de ce monde parce que j'ai eu ce jour là vraiment une bonne étoile j'ai eu une chance monstrueuse de m'en sortir et je pense que quand il t'arrive quelque chose comme ça tu réalises qu'on est rien sur cette terre et que toujours au lendemain, tout peut basculer. Et je pense que quand t'es passé pas loin comme ça, tu te dis derrière, c'est du bonus, en fait. Tout ce que je vis là, voilà, j'ai de la chance. J'ai de la chance d'être là. Et je pense que quelque part, c'est dommage de passer près de la mort pour réaliser ça. Mais toutes les personnes qui sont passées par ce genre d'épreuve, je pense vivent les choses un peu différemment par la suite. Que ce soit toi qui les vives ou quelqu'un de proches, voilà, ça te fait aussi, on peut voir les choses différemment, et puis on a la chance de faire un beau sport, tu vois, je me rends compte encore, je m'en suis rendue compte encore sur la Diagonale des Fous, ce partage entre les gens, les coureurs, le partage avec les spectateurs, tu vois, c'est fort en fait, et moi quand on m'encourage sur les sentiers, j'ai juste envie de leur renvoyer un grand sourire pour les remercier, et Et c'est naturel. Je ne me force jamais à le faire parce que ça me fait du bien. Parce que tu vois les gens qui te remercient aussi de la même façon en te renvoyant aussi un sourire.
SPEAKER_00Et c'est chouette. Tu dirais que c'est ça qui fait que tu continues de prendre le départ de courses qu'elles soient hyper réputées, j'allais dire mythiques, mais tu fais... J'ai l'impression d'ailleurs que tu n'as pas forcément de spécial tu ne fais pas que du très long ou du très technique parce qu'il me semble que tu étais à l'Eco Trail à
SPEAKER_02Paris
SPEAKER_00c'est ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00en juillet en juillet donc c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00qu'est-ce qui fait que tu continues de prendre le départ de ce type de course et ce partage avec les spectateurs qui au final est assez sur un parcours comme la Diag bon je n'ai jamais eu la chance d'y aller mais je ne sais pas s'il y a des spectateurs tout le long mais est-ce que c'est pour ces petits moments de partage que tu as l'occasion d'avoir sur le parcours
UNKNOWN?
SPEAKER_00est-ce qu'il y a autre chose
UNKNOWN?
SPEAKER_00qu'est-ce qui fait
UNKNOWN?
SPEAKER_02alors comme tu le disais c'est vrai que moi j'aime bien varier les distances j'aime bien varier les typologies de course je prends du plaisir simplement quand je cours alors c'est pour ça que tu me fais courir sur le bitume sur le sentier c'est sûr qu'aujourd'hui j'ai fait ce choix de courir en nature parce que c'est ce qui me plaît le plus mais à la base c'est vrai que ce que j'aime c'est l'effort et l'effort dans le sport et dans ce sport qui est la course à pied donc tu Je me régale autant sur du 30 km, du 50, du 80, du 100, de l'ultra. Après, c'est vrai que je pense que je vais être un peu plus… Comment dire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Mes distances de prédiction, là où je vais un peu mieux m'exprimer par rapport à mes prédispositions, ce sera plus le long parce que je ne suis pas du tout rapide. Tu me mets sur un 10 km. Alors bon, je ne sais pas quelle est la définition de pas rapide. En tout cas, à mon sens, je ne m'estime pas super rapide. mais j'aime ça mais c'est vrai que tu vois je me sens limitée dans mes capacités de progression en tout cas sur des courses de 10 ou de semi-marathon après c'est vrai que je me prépare plus spécifiquement pour ce genre de distance mais tu vois j'adore les crosses par exemple les crosses les distances courtes Valonie où tu voilà t'as le goût du sang dans la bouche et t'as l'huile lactique dans les bras j'adore ça mais c'est vrai que c'est pas là où je vais être le plus la plus performante mais c'est des choses que j'adore aussi donc ouais l'Ecosse Rail de Paris, c'est un 80 km roulant qui est urbain, pour le coup, que j'aime beaucoup. La Santé Lyon, une course que j'affectionne aussi énormément. Après, c'est vrai qu'avec les ultras, c'est un type d'épreuve vers lequel je m'oriente plus maintenant. J'ai trouvé dans l'ultra autre chose, c'est-à-dire qu'on est dans une gestion, beaucoup plus avec plein de paramètres, autre chose que purement la capacité la capacité intrinsèque en fait et ce qui fait que tu peux jamais à l'avance faire de pronostics tu vois sur qui va gagner et tout peut tu vois la course elle peut basculer jusqu'à l'arrivée tout peut se passer en fait et ça j'adore tu vois rien écrit à l'avance tu peux très bien partir dixième et puis gagner la course on a vu Ludo Pommeray sur l'année où il a gagné l'UTMB à un moment de la course il devait être je sais pas 30 au final ils gagnent la course t'imagines le scénario et moi c'est vrai que j'adore ce côté pas écrit à l'avance et surtout le fait que à l'arrivée c'est pas forcément celui qui est le plus fort et le plus rapide parce qu'il y a d'autres composantes qui rentrent en ligne de compte la gestion du sommeil la gestion de l'alimentation la gestion de l'effort sur la durée parce que celui qui passe premier au 30ème kilomètre Bien souvent, ce n'est pas celui qui gagne à l'arrivée parce qu'il faut gérer son effort sur 20, 30 heures d'effort. Et tu vois, c'est tout ça que j'aime. Et puis après, tu as aussi la gestion de l'équipement. Si tu prends un coup de froid et que tu ne prends pas le temps de te couvrir et que tu te retrouves à 3000, après tu as mal au ventre, tu es obligé de t'arrêter, tu n'arrives plus à t'alimenter. Tu vois, c'est tous ces trucs-là, je trouve qu'ils sont assez chouettes et qui font qu'on est dans une course… assez ludique parce qu'on n'est pas là à courir c'est pas péjoratif mais à courir bêtement et à penser que à son chrono et un départ et une arrivée il faut penser à plein d'autres choses s'hydrater manger s'habiller ralentir parce que tu te dis je vais trop vite je suis en train de me mettre dans le rouge et puis lever les pieds pour pas tomber ça c'est quelque chose qu'il faut que je travaille encore mais c'est vrai que dans l'ultra tu vois t'as tous ces des choses qui peuvent aussi bien sûr valoir sur du question 70, 80 kilomètres. Mais c'est vrai que sur du très long, il se passe aussi beaucoup de choses dans la tête de chacun. C'est un voyage intérieur quelque part. Tu passes par tous les états. Ton corps te surprend constamment. Tu passes du pire comme le meilleur. Tu vis des émotions que tu ressens nulle part ailleurs. Il y a des moments où tu es euphorique. Il y a des moments où tu as envie de pleurer. Voilà. Souvent, on me demande à quoi tu penses quand tu cours pendant 34 heures. Ce qui est un peu contradictoire, c'est qu'à la fois, parfois, tu penses à plein de trucs. Tu fais du tri dans ta tête, tu prévois des choses. Tu as presque envie d'avoir un bloc-note pour prendre des notes parce que tu penses à plein de trucs. Et à la fois, parfois, tu penses à rien du tout. Et quand tu te refais la course, tu te dis non, mais attends, là, il y a un trou. Tu as un trou dans ta course parce qu'à ce moment-là, je pense que tu étais juste concentrée sur... sur tes appuis, sur ta foulée et c'est comme une petite déconnexion en fait et c'est vrai que 34 heures ça peut paraître long il y a des gens qui me prennent pour des fous dire tu vas courir pendant 34 heures deux nuits blanches mais quand t'es dedans ça passe très vite Franchement, quand tu es dedans, sauf si vraiment tu n'es pas bien, comme les 80 derniers kilomètres que j'ai fait à la DIAX, ce n'est pas passé vite du tout. Mais c'est vrai qu'en temps normal, parfois, tu sais, je suis des amies sur Lifetrail, je suis le petit point. Et puis, tu te dis que toi, dans ta vie de tous les jours, tu as le temps de faire un petit déj, enfin une nuit, un petit déj. le repas du midi ta journée le soir tu te recouches tu te dis mais il est encore en train de courir tu te refais une nuit tu te réveilles le matin tu te dis il est encore en train de courir et c'est là que tu te rends compte tout ce que tu fais dans une journée pendant que ces gens là qui font des ultras comme moi j'ai fait à la diag sont encore en train de courir donc quand tu vois ça de l'extérieur ça peut paraître complètement dingue mais je t'assure que quand t'es dedans c'est pas du tout la même la même vision des choses
SPEAKER_00c'est super intéressant que tu parles de la notion de temps parce que justement j'allais te poser la question moi j'ai pas eu j'ai pas encore eu le courage de m'aligner sur des ultra ultra mais j'ai fait une Saint-Élion la plupart des gens m'avaient dit ah bah tu verras c'est une course ce sera long donc t'auras le temps de faire de l'introspection ce sera un super moment et en fait une fois que j'ai eu passé l'arrivée donc j'ai mis un peu plus de 9h ouais bon voilà donc là ça c'est pas vrai bref tout ça pour dire que à l'arrivée j'ai pas eu le sentiment tu vois d'avoir vécu un truc fou de m'être retrouvé avec moi même et c'était il y a quelques années et souvent je me pose la question quand j'entends quand j'écoute des podcasts d'ultra trailer où je lis des récits de femmes comme toi qui font vraiment du très très long je me pose la question si c'est dû à la distance à la distance durée est-ce que c'était entre guillemets trop court ou est-ce qu'il n'y a pas peut-être le facteur le fait de ne pas avoir été isolé puisque forcément moi je courais un peu enfin j'avais tout le temps du monde autour du moi tu vois j'étais jamais vraiment seul donc je ne sais pas toi quelle est ton expérience est-ce que cet état que tu décris tu vois d'introspection de pensée qui divague est-ce que c'est quelque chose que tu retrouves à partir d'une certaine distance durée ou alors il faut que tu sois seul ou pas forcément c'est quand tu mets tes baskets et boum
SPEAKER_02Alors, je pense qu'il y a une question de typologie de course. Parce que moi, par exemple, voilà, Saint-Élion, comme tu le décris, moi, je l'ai couru, j'ai dû la faire sept fois cette course. Et je n'ai jamais ressenti la même chose que sur un ultra en montagne. Donc, je pense qu'il y a,
SPEAKER_01en
SPEAKER_02fait, déjà, c'est une course de nuit. Donc, ce n'est pas pareil. Tu n'as pas la
SPEAKER_01vision.
SPEAKER_02Et tu sais que quand tu as les yeux et l'évasion et des paysages à avec des lignes d'horizon. Tu as un côté qui... Ces paysages, ça fait un peu rêver. Je pense que tu vois, tu as les pensées qui divaguent beaucoup plus de jour et dans ce type de paysage montagneux que de nuit, où là, tu es beaucoup plus concentré sur tes appuis. La Saint-Élion, c'est une course, tu n'as pas... Voilà, j'entends dire, elle est belle, cette course. Elle n'est pas belle, on court de nuit. Donc, on ne peut pas vraiment dire qu'elle est belle au niveau des paysages. l'affaire de jour peut-être mais elle a ceci de particulier que t'es ouais t'es dans seul avec ta entre guillemets ta souffrance quand tu souffres à un moment donné c'est sûr que sur 80 km t'as quelques douleurs normales de courbature mais tu dois quand même toujours être hyper concentré parce que c'est de nuit parce que voilà et je pense que le fait qu'il n'y ait pas c'est pas forcément tant au niveau de la durée de la course je pense que c'est plus par rapport au type de course tu sais quand tu fais des ultras ou tu fais des ascensions qui durent deux heures parce que la diagonale des fous parfois t'as des montées qui sont tellement raides et tellement longues que bien sûr tu cours pas dans toutes les montées c'est pas possible donc t'es en mode marche dynamique t'as beaucoup plus le temps ton cerveau il a beaucoup plus le temps de réfléchir parce que t'es moins concentré sur tes appuis sur ce genre d'effort quand t'es en montée donc je pense que ça te le fera plus si t'es sur ce type d'ultra montagneux où tu vas faire des ascensions de 1h, 1h30, 2h et tu vois ça me le fait beaucoup plus en montée qu'en descente parce qu'en descente encore une fois ton cerveau il est plus concentré sur une vigilance et t'es moins tu divagues moins t'es moins rêveur ce qui est tout à fait normal donc Et après, c'est vrai que c'est aussi quand tu es sur des allures un peu plus réduites, quand tu es un peu plus dans le rouge, parce que du coup, le fait d'utiliser tes pensées t'aide pour positiver. et je pense que quand t'es amené aussi à te focaliser sur des choses positives c'est que t'en as besoin parce que ton corps il en a besoin pour aller chercher l'énergie et les ressources pour continuer à avancer et c'est vrai que voilà quand t'es je pense que quand t'es un peu dans le dur c'est là où tu vas te retrouver un peu plus avec toi-même où tu vas essayer d'aller chercher du positif des choses qui nous appartiennent à chacun c'est vrai qu'on est tous un peu différents quand on est dans le mal on a tous nos petites méthodes et nos ressources pour essayer d'aller mieux mais c'est vrai qu'il faut persévérer il ne faut pas s'arrêter à ces moments difficiles parce qu'en ultra il y a toujours un moment donné où la roue tourne et tu passes du pire au mieux et il faut juste patienter serrer les dents et essayer de trouver ces petites ressources pour que la roue tourne
SPEAKER_00Cool, bon. Du coup, c'est ce qu'il me reste à faire, trouver un ultra montagne pour essayer de vivre
SPEAKER_02ce
SPEAKER_00genre
SPEAKER_02de sensation. Viens à la réunion, viens faire une petite mascarène.
SPEAKER_00Il faudrait que j'ai une étape intermédiaire avant, mais est-ce que tu connais d'ailleurs Nahuel Passerat
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, j'ai vu que tu as fait un podcast
SPEAKER_00avec lui. Oui, justement, parce que quand tu parlais d'ultra montagne, tout de suite, ça m'a fait penser à lui. Je ne sais pas si tu as déjà pu échanger avec lui ou lire certaines de ses interviews, mais... Lui, pour le coup, il ne se définit pas comme ultra-trailer, il se définit comme ultra-montagne. Il ne fait pas de ultra-trail, il fait d'ultra-montagne. Pour lui, le Thor des géants, visiblement, c'est trop plat. D'accord, d'accord. Le dernier parcours, je crois, qu'il a conçu, qui s'appelle la Pika Pika, c'est 105 kilomètres pour 15 000 mètres de dénivelé, peut-être, quelque chose comme ça. Vraiment, vraiment gros, gros dénivelé.
SPEAKER_02Impressionnant.
SPEAKER_00Voilà, ça me fait
SPEAKER_02penser à ça. Bref. Après, tu parlais tout à l'heure, tu sais, des courses à ambiance, etc. Moi, je ne connaissais pas la Diagonale des Fous. Je n'avais jamais couru cette course. J'en avais beaucoup entendu parler. Et effectivement, je t'assure que quand tu as un public en furie comme il y a ici, ça te porte, mais d'une force. J'en profite pour, encore une fois, remercier tous les réunionnais et puis tous ceux qui étaient là sur bord de la course. C'est vraiment à vivre une fois. Tu sais, on me l'avait beaucoup dit, tu verras, c'est une ambiance comme nulle part ailleurs. Le plus impressionnant, c'est le départ à Saint-Pierre, qui
SPEAKER_00est... Ouais, j'ai vu
SPEAKER_02les vidéos, c'est fou. C'est dingue, non, mais vraiment, pendant 6-7 kilomètres, les gens sont à fond, et je suis certaine que dans ces gens, il n'y a pas que des coureurs, il y a des gens qui viennent nous supporter parce qu'ils sont admiratifs, parce que, voilà, et puis je me suis rendu compte aussi que les femmes pour les femmes très coureuses sont aussi très solidaires tu vois il y a énormément de soutien des femmes pour les femmes et c'est hyper touchant et c'est sûr que quand tu fais une course comme ça avec un public qui te porte et une course où tu vas avoir personne tu vis pas du tout les choses de la même manière alors tu choisis pas forcément tes courses en fonction de ça bien sûr mais en tout cas je pense que quand tu vis une course comme la Diagonale des Fous, t'as envie d'y revenir pour goûter à ça. T'as envie de revivre ce truc qui est incroyable, vraiment incroyable. C'est... C'est vraiment chouette de l'avoir vécu une fois. Je suis contente. Et pour ça aussi, je suis contente d'être allée au bout parce que ça aurait été dommage de ne pas aussi vivre l'arrivée, à la redoute, cette dernière descente. Et les speakers que tu entends quand tu es en train de démarrer la descente et quand tu penses que tu as des proches qui t'attendent en bas, c'est assez magique.
SPEAKER_00On le voit quand on parle en tout cas. Tu as des étoiles dans les yeux. Ça fait envie. Et tu as réussi du coup à garder ton rythme au départ
UNKNOWN?
SPEAKER_00Parce que 6-7 kilomètres avec une foule des deux côtés en folie, ça ne doit pas être évident de rester, entre guillemets, de garder les pieds sur terre. Est-ce que tu n'étais pas un peu enflammée, partie trop fort
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, on est tous partis vite. Il y a aussi le fait que, tu sais, il y avait des vagues cette année et moi, je suis partie dans la première vague. Donc, j'étais vraiment juste devant. Il y avait Benoît Girondel à côté de moi. Et j'avais vraiment peur de me faire piétiner. On ne se rend pas compte, mais derrière, ça pousse, ça pousse. Les coureurs, ils ont tellement des fourmis dans les jambes que ça part très vite. Et quand tu pars devant, si tu ne gardes pas un rythme rapide, tu risques quand même de te faire un peu marcher dessus. Donc, je m'étais mise un peu la pression en me disant, garde un rythme pour ne pas tomber au départ. Et puis, en fait, je t'avoue qu'à ce moment-là, tu ne te poses pas la question, tu profites en fait. Tu te dis, bon, c'est tous ces trois. Alors oui, on les a fait vite quelques trois premiers kilomètres mais c'est pas ça qui c'est pas ça qui
SPEAKER_01te met dans le
SPEAKER_02rouge c'est pas déterminant non non j'ai vite ralenti d'ailleurs tu vois je passe troisième au premier ravito il y avait déjà deux féminines qui étaient passées devant là pour le coup on a fait un petit bout de course ensemble et moi je me suis dit je les ai laissé partir en me disant attention c'est pas maintenant qu'il faut se mettre dans le rouge et Emilie qui a gagné après la course m'a dit je suis partie beaucoup trop vite je l'ai regretté parce que je l'ai redoublé dans la nuit je suis passée en tête au niveau du volcan jusqu'à Marla tu vois j'étais en tête et quand elle m'a redoublé je lui ai dit ça va mieux elle m'a dit ouais ouais je me suis refait la cerise j'étais pas bien je suis partie trop vite donc oui l'euphorie fait que de toute façon t'as envie de profiter tu dis je m'en fiche je savoure ça va être 3-4 kilomètres et puis après une fois que t'arrives dans les champs de Cannes là ça se calme un peu il y a un peu moins de monde et puis tu te remets dans ton rythme et puis de toute façon quand les premières bossent les déniveler à rire là de toute façon t'es obligé de réventir un petit peu donc mais au début t'as envie de profiter et je pense que tout le monde est un peu dans le
SPEAKER_00même état d'esprit tu tapes
SPEAKER_02dans les mains de tout le
SPEAKER_00monde tu fais des sourires à tout le monde
SPEAKER_02c'est rigolo génial
SPEAKER_00génial quand on parle cette diagonale c'est un super mix j'ai l'impression à la fois d'éléments hyper positifs tu vois le public au départ les émotions à l'arrivée le plaisir de courir dans des paysages complètement fous même si je n'y suis jamais allé c'est vrai que c'est ce que tout le monde dit et quand on voit les photos les vidéos la diag ça a l'air d'être complètement incroyable et à côté de ça l'autre partie du mix la douleur dans ton cas la blessure et c'est un petit peu le fil rouge j'ai l'impression depuis le début de cette conversation quand tu nous parles de l'ultra il y a à la fois cette notion plaisir douleur plaisir douleur ou en tout cas plaisir obstacle est-ce que tu dirais que du coup cette dernière diag ou en tout cas la la première pour toi, mais cette dernière édition, c'est la plus représentative des ultras que tu as pu faire à ce jour, du fait justement de ce mélange.
SPEAKER_02Alors, ça a été différent dans le sens où les douleurs étaient dues à une blessure. Mais je prends par exemple l'exemple de l'UTMB que j'ai vécu en 2019. Il a été très, très, très douloureux aussi. Tu pourras visionner le film où tu me verras dans le dur, mais vraiment dans le dur, dans la montée du Grand Col Ferré. Je suis limite lucide, tu vois, tellement je ne suis pas bien dans la montée. Et je n'ai jamais trop réussi à retrouver des sensations, des bonnes sensations sur la fin de course. Donc... Elle est représentative dans le sens où, de toute façon, tu sais que tu ne pourras pas terminer un outre sans douleur. Après, comme je disais tout à l'heure, tu as différents types de douleurs. Tu as celles qui sont normales parce que tu as mal aux jambes. Tu as celles qui sont dues à des petits bobos comme des ampoules, comme un genou qui tiraille, des choses comme ça. Tu as celles qui sont dues à une fatigue parce que tu as sommeil, parce que tu t'es mal alimenté parce que tu ne t'es pas bien hydratée, parce que tu n'es pas assez préparée aussi. Et du coup, ton corps est en train de subir et qu'il y a plus de contraintes que ce que toi, tu es capable d'encaisser. Et puis, il y a ce que là, moi, j'ai vécu malheureusement sur cette diag, ce qui est frustrant parce que le reste allait très bien. Tu vois, je suis arrivée à la hausse super fraîche, super lucide, en forme. J'avais passé la nuit, tout était bien, pas de douleur de ventre. C'est la première fois que je... J'ai fait un ultra de 34 heures sans mettre une seule fois ma veste. J'ai fait toute la course en manche courte. Je n'ai pas eu froid du tout, alors que j'appréhendais beaucoup le froid. Tout allait bien, mais il y a eu cette souffrance de blessure. J'en viens à me dire que... C'est hyper rare, je pense, de faire une course aussi longue sans passer par cet état de douleur que tu dois être amenée à gérer. Maintenant, voilà, elle est plus ou moins importante. Elle est plus ou moins intense. Elle est plus ou moins grave. Tu arrives plus ou moins à la gérer. Mais j'ai vécu, voilà, des... des courses douloureuses mais c'est vrai que celle-ci elle était je pense que tu vois en arrivant la première chose que j'ai dit à mon assistante c'est j'ai encore poussé le curseur de l'acceptation de la douleur encore un cran au-dessus de ce que j'avais encore jamais fait tu vois euh mais après tu sais pas le problème c'est qu'à un moment donné tu sais pas où ça peut s'arrêter la seule chose que tu te dis c'est bah ça s'arrête quand je vais aller à l'hôpital là au moment où ton corps il dit complètement stop bien sûr je ne souhaite à personne de pousser la machine jusque là et puis c'est pas du tout l'exemple que je veux donner à ce moment là j'étais pas du tout en train de me dire tu vas aller à l'hôpital parce que c'était une douleur de blessure et c'était pas voilà j'allais pas m'évanouir j'étais pas en train de faire une hypo j'étais pas mais tu vois quand même tu te dis mais jusqu'où en fait on est capable d'aller et de serrer les dents et en même temps tu sais aussi qu'on est pas tous fait pareil on a pas tous la même capacité d'accepter la douleur voilà faut juste se respecter les uns les autres et comprendre que certains auraient peut-être mis le clignotant avant parce que parce que accepter d'avoir mal aussi longtemps il y en a qui n'aiment pas ça et ça je le comprends tout à fait c'est moi qui suis conçue comme ça et c'est vrai que moi jusqu'à maintenant j'ai toujours réussi à repousser encore un peu le seuil de la douleur et puis j'ai ce caractère un peu entêté c'est que je vais jusqu'au bout des choses et il faut pas avoir la dent de l'ego ou quoi que ce soit parce que justement je l'ai lu à certains endroits pour moi L'ego, c'est justement de mettre le clignotant parce qu'on n'est plus capable de rentrer dans la course. Justement, il faut mettre son ego de côté dans ces moments-là et se dire« Eh bien, ce n'est pas grave. Mon objectif, c'est de changer. Je ne suis plus dans une course. Je ne suis plus dans une performance de place, mais je reste dans une performance personnelle qui est ce que je me suis fixé, c'est-à-dire franchir la ligne d'arrivée. Après, on a tous nos raisons d'avoir envie d'aller jusqu'au bout ou pas. Moi, j'avais mes raisons d'avoir envie d'aller au bout parce que c'était un accomplissement de pas mal de choses personnelles voilà des mois ici passés sur l'île du partage d'entraînement avec des copains des raisons aussi de changement de vie qui ont fait que voilà j'avais besoin d'aller au bout de ce défi et puis en plus cette année je courais aussi pour une petite fille qui est passée par une maladie grave j'avais son nom sur mon sac avec son dossard et voilà c'était important pour moi d'aller aussi au bout pour ça Mais voilà, c'est vrai que c'est passé aussi par beaucoup de souffrance. Mais comme je disais aussi beaucoup, et comme je l'entends, la souffrance, tu te dis toujours qu'elle est temporaire, alors qu'abandonner, c'est un truc qui te suit toute ta vie. Donc maintenant, avec du recul, je me dis, t'aurais abandonné, là tu t'en voudrais complètement, et tu te serais dit, mais pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Pourquoi le corps aujourd'hui s'est réparé, il va bien
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et ces questions, je me les ai supposées quand Quand je me suis arrêtée à Roche-en-Cré, je me suis arrêtée peut-être une demi-heure. Quand je me suis dit, mais tu ne peux plus là. Ce n'est pas possible. Je souffrais trop. Je n'avançais plus. Je me suis arrêtée. J'ai mis les jambes dans la rivière. Et puis, oui, j'ai dû m'arrêter 20 minutes. Et dans ces moments-là, tu te poses ces questions. Avant d'entendre tout ça, il faut se poser toutes les questions. Parce que des fois, tu prends des décisions un peu trop hâtives. Et une fois que c'est fait, tu ne peux pas faire marche arrière. Donc... Voilà, c'est vrai que j'ai croisé quelques coureurs qui parfois regrettaient d'avoir pris cette décision. Donc, surtout, si c'est un conseil que je peux donner, c'est dans ces cas-là, posez-vous les bonnes questions. Et c'est sûr qu'il ne faut pas se mettre à manger. Il faut se dire qu'on n'a qu'un corps, on n'a qu'une vie. Il faut se demander est-ce que c'est vital
UNKNOWN?
SPEAKER_02Est-ce que je prends des risques pour ma santé ou pas
UNKNOWN?
SPEAKER_02Et si ce n'est pas le cas, est-ce que je suis capable de serrer les dents et d'aller jusqu'au bout tout en sachant que derrière, il y aura des conséquences
UNKNOWN?
SPEAKER_02Mais voilà, je pense que c'est important de se poser ces questions pour
SPEAKER_00soi-même. C'est un super message. C'est étonnant parce que depuis le début de la conversation, il y a plusieurs moments où tu m'as fait penser à d'autres invités que j'ai déjà eus, certains dans le trail, mais la plupart dans un univers qui n'a absolument rien à voir, c'est des anciens des forces spéciales qui disaient quasiment mot pour mot ce que tu as dit plusieurs fois sur le mental, le physique, le fait que le physique peut avoir ses limites le mental le mental en a moins en tout cas elles sont beaucoup beaucoup beaucoup plus loin et sur le fait le fait de je crois même que c'est un des alors pas un adage mais c'est c'est quelque chose qu'on leur rabâche assez souvent notamment au commando marine pendant le stage de sélection le fait de d'abandonner que t'abandonnes que la la période douloureuse en tout cas les souffrances sont temporaires l'abandon il est à vie donc c'est assez marrant de voir peut-être que tu aurais fait une bonne commando, qui sait. En tout cas, je suis complètement d'accord avec toi sur le fait que c'est... c'est pas évident cette notion d'abandon parce que j'en ai aussi pas mal enfin pour en avoir discuté dans un autre univers dans l'univers du judo où tu peux aussi je sais pas si t'es familière mais tu peux aussi l'abandon existe c'est à dire que si tu te retrouves étranglé ou qu'on te fait niquer le bras tu peux voilà il y a un moment donné où tu peux abandonner la même chose si t'es blessé tu peux décider d'abandonner un combat et j'en faisais comme j'en faisais au niveau forcément c'est un sujet qui à un moment donné arrive sur la table tu vois c'est comment est-ce qu'on gère ça et moi le conseil que j'avais trouvé juste génial c'est que quelle que soit la situation c'est nous sur le tapis qui sommes maîtres de la décision mais ça veut dire aussi que c'est à nous d'endosser l'entière responsabilité tu vois et d'être complètement ok avec ça et je trouve que c'est juste génial ce que tu dis parce que oui quelle que soit la décision que tu prends il y aura toujours des gens qui retrouveront des choses à dire d'ailleurs je serais surpris que ces gens là ce soit les mêmes que t'es croisé sur les sentiers de la diag c'est peut-être pas les mêmes à mon avis mais mais je trouve que c'est important le message que tu renvoies l'idée c'est pas de dire si vous avez mal continuez à avancer mais c'est bien de dire prenez une décision en toute connaissance de cause une décision qui soit mesurée par rapport à vous pas par rapport à un chrono à l'image que ça va renvoyer ou autre ça on s'en fout un peu c'est plus par rapport
SPEAKER_02à soi exactement et puis on se connait on est seul à se connaître bien et et tu vois des fois tu peux écouter les conseils des gens tu peux et puis c'est important aussi tu vois de prendre les avis des autres mais nous seuls c'est nous qui gérons notre corps c'est nous qui ressentons les choses et voilà moi j'arrive à concevoir qu'à un moment donné tu dis je suis allée au bout là c'est bon je peux plus je peux pas faire plus j'arrête là mais voilà il faut aussi accepter que des fois on peut se dire je peux continuer et Et on en est tous capables. Et c'est vrai que c'est facile de mettre le clignotant, d'abréger ses souffrances et de dire, voilà, j'arrête. Pour moi, c'est la facilité. Voilà. Et j'aime pas les choses trop faciles. Après, j'aime bien quand même quand les courses, elles se passent bien, sans accrocs et que tu te dis, ah, j'ai fait la course parfaite, j'ai pris le départ, je suis allée jusqu'à l'arrivée, j'ai pas eu de problème. Mais sur du très long, c'est quand même super rare. Il faut y croire, on s'en entraîne pour ça, on s'entraîne pour justement vivre ces moments beaux d'euphorie où tu dis tout va bien, je vole, j'ai la foulée légère. C'est aussi pour vivre ça qu'on s'entraîne dur, on ne s'entraîne pas dur pour vivre des moments de souffrance. Mais voilà, il faut garder à l'esprit que ça peut arriver et qu'on est aussi capable de les gérer et la
SPEAKER_00tête c'est le gérer, c'est ça qui est beau. Yes, génial. Excellent. Eh bien écoute, peut-être pour finir là-dessus, comme je pense que c'est assez clair pour tout le monde, tu as un paquet d'années d'expérience derrière toi dans la gestion de ce qui va bien en course, mais aussi de ce qui se passe moins bien. Quel conseil est-ce que tu donnes à la Sissi de l'année prochaine qui va reprendre le départ de la Diag
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je fais plein de suppositions, mais j'imagine que ça va être le
SPEAKER_02cas. Oui, c'est sûr. J'ai trop de frustration et du coup, les 80 kilomètres où j'ai beaucoup souffert, Je n'ai pas pris assez de plaisir à mon goût. En plus, ma fat, je m'étais dit, j'attendais vraiment avec impatience ce passage parce que j'adore et je m'étais dit, tu vas te régaler, ça va être génial. Le sentier des Anglais, j'adore et je n'ai rien savouré parce que j'étais vraiment focus sur ma jambe tellement j'avais mal. Donc, bien sûr que si tout va bien, après, il reste un an. D'ici là, il peut se passer beaucoup de choses. Mais voilà, c'est dans les projets de l'année prochaine. Je vais continuer à travailler Pour ne pas tomber, déjà. Je vais essayer de réfléchir à ma foulée. Peut-être qu'il y a des choses à modifier. Je ne sais pas. Réfléchir à essayer de modifier un peu et puis être un peu plus vigilante, peut-être. Puis peut-être qu'en même temps, je suis faite comme ça. Et puis, il faut peut-être que j'apprenne à bien tomber et que j'apprenne à bien tomber aussi. Parce que du coup, je me suis rendue compte que maintenant, j'arrivais aussi bien à me rattraper. Parce qu'il y a le fait de tomber, il y a aussi bien tomber. Donc... Oui, c'est clair. Voilà. Et... Après, non, je pense que je ne changerai pas grand-chose au niveau préparation parce que je pense que j'ai fait les choses à peu près comme il fallait. Et après, en même temps, tu ne sais jamais si tu en as fait trop, si tu n'en as pas fait assez. Mais j'ai eu quand même la chance d'être sur place pour me préparer. C'est un avantage incroyable de pouvoir s'entraîner dans la chaleur. Du coup, je n'ai pas du tout subi la chaleur. J'étais bien. Je pense que pour ça, c'est un avantage. Après, voilà, moi, j'ai juste envie de faire une course pleine en me disant t'as été t'avais toutes tes capacités t'as pas de regrets à avoir c'est ce que j'aurais aimé c'est comme ça que j'aurais aimé que ça se passe cette année franchir la ligne en me disant même si j'avais été à la même place ou même 5ème ou même 10ème mais me dire bah voilà t'as fait ce résultat mais en fait t'as pas de regrets à avoir t'as fait une course pleine t'as fait ce que t'as pu t'as fait ton maximum et puis tu préparé en conséquence donc donc tu aurais pas pu faire mieux bon là malheureusement je peux pas dire ça parce que pour moi j'étais pour moi j'ai été amoindri à cause de cette de cette jambe donc voilà ce que j'aimerais c'est me dire franchir la ligne en me disant ben tu t'as fait ce que tu as pu au niveau préparation t'es arrivé en forme et puis tu t'es pas fait gros bobo donc ton résultat c'est celui que tu as que tu fais quand c'est au max donc pas de regrets et voilà c'est C'est ce que j'espère. Et puis du coup, j'espère aller au Maïdo quand même parce qu'on n'a pas eu le Maïdo. Et depuis tant qu'on me parle du Maïdo, il va falloir que j'aille la faire cette montée quand
SPEAKER_00même. Génial. Écoute, c'est tout ce que je te souhaite. On arrive au bout. Un immense merci pour ton temps, pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous. Je suis sûr qu'il y aura plein de tips, plein d'enseignements que les gens pourront retirer de ce bon moment de partage. Et écoute, je te dis à l'année prochaine. pour le débrief de la Diag en mode course
SPEAKER_02complète. Allez, allez, ça marche.
UNKNOWNOn fait ça. Rendez-vous l'année prochaine. Merci beaucoup. Bonne compétence. Merci, à bientôt.