Les Frappés

Cindy Montornes - Voyageuse, marcheuse au long cours et rescapée - Croquer la vie à pleine dents !

Cindy Montares Season 2 Episode 68

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Cindy est une dévoreuse de vie !

Elle fait partie de ces personnes qui avancent en suivant leur propre chemin, qui n'hésitent pas à sortir des sentiers battus pour vivre leurs rêves 🤩 et qui forcent l'admiration du fait de  leur humilité, de leur résilience et de leur détermination. Elle est l'une des membres fondatrice de l'association Les Marcheurs Fous.

En 2015, Cindy décide de partir pour 2 ans de pérégrinations autour du monde 🌍. Elle traverse plus de 15 pays, fait des rencontres extraordinaires et vit l'Aventure. À son retour, elle décide de se reconvertir professionnellement et devient saisonnière dans les stations d'hiver 🥶. Le temps qu'elle parvient à se dégager le reste de l'année, elle va le mettre à profit assez rapidement pour se lancer dans un projet colossal : parcourir les 4300 kilomètres du Pacific Crest Trail, l'un des trois sentiers de randonnée 🥾 longue distance mythiques des États-Unis 🇺🇸. En 162 jours, elle va ainsi rallier la frontière canadienne 🇨🇦  depuis le Mexique 🇲🇽.

Après son PCT, Cindy se projetait sur d'autres itinéraires. Oui mais voilà, un bloc de neige ❄️ de plus de 600 kilos en a décidé autrement. Lorsque les secours la dégagent enfin, le bilan est lourd : 3 côtes cassées, plusieurs vertèbres écrasées, une double fracture du bassin et une fracture du sacrum 😞  ... Cindy est opérée et doit rester allongée pendant 45 jours. À sa première tentative, elle n'arrive même pas à s'asseoir dans son lit tant la douleur 🤕 est forte. C'est le début d'une longue convalescence, pas encore terminée, qui sera pour Cindy un véritable apprentissage de la patience. Pourtant vous l'entendrez, elle est loin de s'être laissée abattre ! Elle nous parle de son état d'esprit de battante et de comment elle a décidé de gérer les conséquences de cet accident 💪🏼

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #37 - Manon Petit-Lenoir - Championne Olympique de la Jeunesse en Snowboardcross - Surmonter les blessures et se battre pour ses rêves

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SPEAKER_00

Là, derrière ça, on m'annonce que pendant 45 jours, je ne pourrais pas me lever, je ne pourrais pas marcher, je ne pourrais pas m'asseoir. Là, j'avoue que j'ai quand même une petite larme qui a coulé. De toute façon, il n'y a pas le choix. Donc soit on l'accepte et tout se passe mieux, soit on s'énerve, soit machin, et le temps prend plus long. Je ne suis pas arrivée à m'asseoir le premier jour. C'était un effort vraiment surhumain.

SPEAKER_01

Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnelles ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

Eh bien, écoute, bienvenue sur le podcast, Cindy. Merci. Écoute, moi, je suis ravi de te recevoir. Une membre des Marcheurs Fous de plus. Décidément, on va devenir le podcast officiel de l'assaut, j'ai l'impression. Mais super que tu aies pu prendre un peu de temps après cette période de fin d'année très chargée pour toi. Donc, vraiment,

SPEAKER_00

merci pour ça.

SPEAKER_01

Avec plaisir. Écoute, moi, je suis impatient que tu nous en dises plus sur ton parcours, ce que tu as déjà réalisé, quelques épreuves que tu as pu traverser. Évidemment, là, je fais du teasing, mais j'ai eu la chance d'échanger avec toi directement avant. J'ai pu un peu découvrir tout ça et j'ai trouvé que c'était juste hyper inspirant. Je suis ravi, encore une fois, que tu sois là pour nous en parler. Ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, nous dire qui est

SPEAKER_00

Cindy. Qui est Cindy

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Cindy, voilà, c'est Cindy. j'ai 41 ans depuis 6 ans j'ai décidé de changer un petit peu de vie par rapport à ce que je faisais avant donc j'ai quitté ma vie de train train quotidien, boulot bureau, ordinateur pour d'abord voyager pendant 2 ans autour du monde 2 ans sans rentrer en France et au moment du retour je me suis dit que ces 2 ans à vivre dehors, à faire des randos un peu partout à l'autre bout du monde, diminuer des treks un peu plus grands et donc revenir après deux ans dans un travail les fesses sur une chaise devant un ordi toutes les journées c'était pas possible donc j'ai tout lâché voilà et j'ai commencé à faire des saisons à la montagne parce que je me suis dit que c'était un bon compromis et voilà donc commencer une autre vie j'ai commencé à marcher un peu plus parce que forcément j'avais un peu plus de temps donc sur des treks de 10 jours je suis passé à 40 jours l'année de mon retour avec le GR10 ah oui qui était en fait un entraînement pour le PCT que j'avais en tête depuis quelques années donc j'ai fait le GR10 en 2017 le PCT en 2019 2020 l'année du Covid, j'avais prévu de partir au Kyrgyzstan, j'avais en tête un petit sommet qui me dans un coin de ma tête que malheureusement j'ai pas pu faire rester en France, je me suis dit au départ je me dis tiens il y a quelques treks que t'as toujours voulu faire en France comme la GTJ, la grande traversée du Jura la traversée de la Vanoise la grande traversée du Mercantour, le GR20 je me dis je vais en profiter pour faire ça et après je me suis dit finalement pourquoi je les enchaîne pas tout à pied puisque je savais que j'avais la capacité de marcher sur des grandes distances après le PCT et donc j'ai appelé ça My Crazy Project et ce qui fait qu'en 2020 je suis partie à pied depuis chez moi en Franche-Comté jusqu'en Corse j'ai pris le bateau pour la traversée même si on m'avait suggéré pédalo ou paddle et j'ai terminé par le JR20 voilà ça c'est pour 2020 et ensuite cette année pas de rando 2021 avec un petit accident l'hiver dernier ça va bientôt faire un an d'ailleurs petit accident double fracture du bassin fracture du sacrum écrasement de L2 fracture de L5 et 3 côtes et récemment on a découvert aussi une luxation du

SPEAKER_01

coccyx

SPEAKER_00

ah oui tu l'as pas fait à moitié ça non plus non mais je fais jamais rien à moitié je sais pas la demi-mesure je connais pas Et donc voilà, cette année, vacances un petit peu plus soft, j'ai pris ma voiture, j'ai chargé mon vélo, j'ai chargé mon paddle, et j'ai fait des mini-randos, des randos d'une journée, en alternant paddle, vélo et rando quand même, parce que j'arrive pas à ne pas en faire.

SPEAKER_01

ouais excellent punaise alors je sais pas si ça parle à tout le monde les acronymes que t'as utilisé mais tu vas pouvoir nous en dire un peu plus mais pour celles et ceux qui connaissent quand tu parles du PCT notamment c'est juste absolument énormissime et ton crazy project alors moi j'ai fait que le GR20 dans tous les circuits que t'as mentionné mais le GR20 pour rappel c'est déjà quand même de mémoire 170 kilomètres Et tu te rappelles du dénivelé positif

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je n'ai plus en tête, c'est plus de 10 000.

SPEAKER_00

Je crois qu'on est autour des 9 ou 10 000, je

SPEAKER_01

pense. Oui, je crois que c'est ça. Mais ça, c'était juste une section de ton projet. Donc, ça en dit long sur l'envergure de ce que tu as mis en place. Peut-être que tu pourrais nous en dire déjà un petit peu plus par le premier gros défi sur lequel tu t'es lancé, le PCT, qui m'a toujours fasciné.

SPEAKER_00

ouais ben en fait c'est j'ai découvert ce sentier il y a quelques années une dizaine d'années à peu près j'avais acheté un livre qui s'appelait Rando autour du monde et là dedans il y avait genre 4-5 lignes donc pour info le livre Rando autour du monde il y a plusieurs pays avec une rando un peu phare par pays et des autres qui sont mentionnés pour savoir ce qu'on a envie de faire et sur les Etats-Unis il y avait quelques lignes sur le John Muir Trail, le JMT et le PCT. et PCT, 4260 ou 80 kilomètres, quelque chose comme ça. Et je me dis, je veux faire ça, simplement. J'ai lu un demi-paragraphe qui parle d'une rando qui est très longue, qui est aux Etats-Unis, qui remonte toute la Californie, l'Oregon, et voilà, je veux faire ça, c'est tout. Ça a commencé comme

SPEAKER_01

ça. Oh, finesse. Donc là, la particularité, en fait, c'est que le PCT, c'est Pacific Crest Trail, tu couvres en fait toute la côte ouest des Etats-Unis

SPEAKER_00

exactement ça part de la frontière mexicaine de Campo exactement on remonte toute la Californie en traversant quelques déserts beaucoup de parcs nationaux Joshua Tree après on arrive sur Yosemite dans l'Oregon on a des parcs nationaux aussi et on traverse l'état de Washington par le parc des cascades également pour tout ce qui est de la partie Sierra Nevada 2019 aussi on reste bien sur les crêtes et c'était une année record en termes de neige ce qui fait que ça a compliqué un petit peu la donne ah ah ah

SPEAKER_01

Et donc, combien de temps est-ce qu'il s'est passé entre le moment où tu as découvert ce sentier dans ce livre, Rando autour du monde, et le moment où tu as fait ce premier pas aux Etats-Unis, à la frontière mexicaine

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je crois qu'il a dû se passer à peu près 50, parce que j'ai acheté ce livre en 2014, quand je partais en Islande pour faire le trek du Lord Manalogar. Et c'est à ce moment-là que j'ai découvert le PCT. En 2015, j'ai voyagé pendant mes deux ans donc un peu partout je suis passée par les Etats-Unis mais c'était compliqué d'organiser cette grande randonnée au milieu de mon voyage de deux ans sachant qu'il faut quand même un petit peu d'équipement spécial et il faut un permis également pour faire cette randonnée donc je suis rentrée en France après ça dans ma reconversion j'ai eu deux semaines de vacances durant lesquelles j'ai fait le GR10 et je me suis dit l'année prochaine je me lance à l'EPCT parce que si

SPEAKER_01

je ne peux plus attendre et alors du coup à quoi est-ce que ça ressemble la préparation pour un PCT ou la phase peut-être tout ce qu'il y a avant qu'est-ce que ça implique de se lancer sur un monstre pareil

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je suis vraiment, même si mon ancien métier, c'était de la logistique, je ne suis vraiment pas une pro de la planification quand il s'agit de voyage ou de rando. Pour le PCT, par contre, il y avait l'étape permis, déjà, qui était obligatoire. Donc, ça commence, il y a une première session au mois d'octobre et une deuxième session au mois de janvier. Le PCT, c'est 50 départs par jour du 1er mars jusqu'à fin mai. C'est pour limiter l'impact sur la nature. Parce qu'il y a quand même énormément de monde qui fait cette randonnée. Et moi, je me souviens, j'avais à l'époque un problème de connexion. Donc, j'étais allée chez mon frère pour me connecter parce que je savais que la demande de permis, c'est très courtisé. Quand on clique, on a un compte à rebours. Après, on a un numéro de liste d'attente. Et moi, j'étais chez mon frère et j'ai cliqué à la seconde d'ouverture des permis. Et là, j'ai mon numéro dans la liste d'attente qui était 400 quelque chose. Et là, je fais rapidement un calcul dans ma tête. Je fais, OK, donc pour l'instant, il ne donne que 35 sur les 50 permis par jour. 35 par 31 jours. Je voulais partir au mois d'avril. Je fais le calcul. Je dis, c'est sûr que j'aurai un départ au mois d'avril. Et là, déjà, même avant d'avoir, je sautais comme une puce partout en attendant mon tour. Et une fois que ça a été validé, j'étais chez mon frère, mais j'ai une vraie pile électrique. C'était impressionnant. Et donc voilà j'ai eu mon permis il a été validé par la suite au mois de janvier mais une fois que la première étape est faite même si on le reçoit qu'au mois de janvier on sait qu'on l'a ensuite il y a l'étape visa évidemment que j'avais un petit peu anticipé déjà j'avais demandé donc ça implique un rendez-vous à l'ambassade des Etats-Unis et pour le reste le matos de rando je l'ai toujours eu je l'avais déjà quoi rapide calcul je marche toujours avec les mêmes chaussures je fais grosso modo 1000 km avec une paire de chaussures donc voilà il m'en fallait 4 pour le pour le parcours et vraiment je suis partie non Comme si je partais d'une rando de deux semaines, c'est quasiment la même

SPEAKER_01

chose. Petite question, c'est pratico-pratique, mais pour le visa, je ne t'ai pas encore demandé, mais ces 4300 kilomètres, tu les as faits en combien de temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Au total, j'ai mis 162 jours, sachant que j'ai été blessée, que j'ai bu de l'eau qui était contaminée, j'ai dû m'arrêter, j'ai passé une nuit à l'hôpital aux Etats-Unis. Et en fait, au moment où j'ai démarré, je sortais de ma saison d'hiver, j'ai vraiment enchaîné, j'ai terminé de travailler le 15 avril, ma saison d'hiver, en me demandant à terminer plus tôt que d'habitude, et j'ai commencé à marcher le 25 avril.

SPEAKER_01

Ah ouais, oh

SPEAKER_00

punaise. Entre temps, en plus, le temps de préparer mes affaires, j'ai eu mon grand-père qui est décédé à ce moment-là aussi, donc j'ai eu vraiment 10 jours assez speed. J'ai pris l'avion, je suis arrivée aux Etats-Unis, et voilà, une nana que j'avais rencontrée l'été d'avant quand j'étais aux Etats-Unis, à Yellowstone, était de San Diego, elle m'a dit, moi je t'héberge, je te conduis le lendemain au départ de la rando. Et je suis partie comme ça, quoi. Vraiment, à un peu à l'arrache quand même je suis partie avec toutes mes affaires une paire de chaussures en rab et c'est tout enfin de quoi un petit peu manger des trucs qu'on a du mal de trouver aux Etats-Unis quand même que j'avais un peu anticipé et que je me suis envoyé quand je suis arrivée là-bas depuis San Diego je l'ai envoyé un peu plus loin sur le parcours pour quand j'en aurais besoin avec la deuxième paire de chaussures et ouais

SPEAKER_01

c'est tout quoi comme quoi on se surcomplique peut-être un peu les préparatifs quand on se lance sur des projets donc c'est cool de voir que bon quelque part t'étais préparé quand même parce que tu savais où t'allais et voilà tu savais je pense à quoi t'attendre t'as pas découvert l'univers de la rando à travers le PCT mais c'est intéressant de voir que voilà tu j'ai l'impression que du coup l'organisation elle s'est faite aussi un peu en cours de route sur par exemple la troisième et quatrième paire de chaussures t'as géré ça en cours de route au fur et à mesure c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ouais exactement les chaussures ça a été toute une histoire parce que aux Etats-Unis ils ont pas le modèle que j'utilise en Gore-Tex et ils ont une autre membrane du coup ça fait que les chaussures la membrane était plus épaisse elles étaient trop petites j'ai marché quelque chose comme 500 km avec des chaussures trop petites avant de pouvoir chaque ville où je passais je me disais je vais pouvoir en racheter des autres et il y avait pas ce que je voulais ça fait 10 ans que je marche avec le même modèle la même marque de chaussures et je change pas parce que j'ai zéro ampoule j'ai jamais eu de douleur, rien du tout et je reste là dessus donc du coup au bout d'un moment j'ai commandé sur Amazon et je me suis fait livrer plus loin une paire de chaussures et du coup en prenant une pointure au dessus mais en retrouvant la membrane Gore-Tex et du coup elles étaient trop grandes donc ça changeait pas grand chose dans les descentes j'avais le pied qui glissait et qui allait en butée sur l'avant et ça jusqu'à Ashland et à Ashland j'ai trouvé un magasin et j'ai réussi à trouver les chaussures qui m'allaient et j'ai marché jusqu'à la fin après.

SPEAKER_01

Oh, punaise. Du coup, la question initiale, je viens de me souvenir pourquoi est-ce que je t'ai demandé tout ça, c'est par rapport au visa. Donc, en fait, tu as un visa spécial quand tu pars sur ce genre d'aventure, parce que je crois que le visa touristique, c'est normalement 90 jours aux États-Unis,

SPEAKER_00

non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En fait, c'est l'ESTA, c'est une autorisation électronique de 90 jours. Et le visa, le visa touristique, moi, j'ai un visa B1, c'est un visa de touriste. J'ai le droit de passer six mois par an aux États-Unis pendant... ce visa est valable 10 ans, mais il est payant. Le ESTA est gratuit de 90 jours. Mais 90 jours, c'est trop court pour le

SPEAKER_01

PCT. Oui, oui, oui. À moins que tu le tentes en courant, mais bon, là, c'est un autre type d'aventure.

SPEAKER_00

Oui, il y en a un qui a bâti le record cette année. Il a couru l'équivalent de deux marathons par jour. Et du coup, je ne sais plus en combien de jours il le fait, mais je crois à 50, 50 jours. Oh punaise,

SPEAKER_01

oui. Oui, un autre délire mais alors du coup ce PCT qui était la première aventure de cette envergure en tout cas que tu faisais et puis qui est quand même un sentier mythique tu le dis il y a tellement de gens qui veulent le faire qui ont été obligés de mettre en place un système de quotas etc à quoi est-ce que ça a ressemblé pour toi même si je pense qu'il faudrait peut-être qu'on ait 4 heures d'épisode juste pour ça mais À quoi est-ce que l'aventure a ressemblé pour toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Que ce soit ce que tu retiens, peut-être les moments clés qu'il y a eu pendant le voyage

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais pas. C'est vraiment un tout, en fait. En fait, on commence à marcher et... quand on va faire un trek d'une semaine, deux semaines, on sait qu'il y a un début, il y a une fin. Là, clairement, quand on commence à marcher, on ne pense pas à la fin. Ce n'est pas possible, c'est trop loin. Le premier truc qu'on va avoir en tête, ça va être Kennedy Meadows, qui est à 700 miles, ça fait 1200 kilomètres à peu près. C'est la porte d'entrée de la Sierra Nevada. Et c'est à peu près le seul truc auquel, le seul objectif qu'on a, parce qu'on ne peut pas penser au Canada quand on commence de marché. Et après, c'est juste un quotidien. C'est presque un mode de vie. Entre 4 et 6 mois, c'est tous les jours le même rituel. Le matin, on se lève, on prend le petit déjeuner, on démonte la tente et on avance. Et le soir, on monte la tente, on se fait à manger et on dort et on recommence. C'est Pendant tout ce temps-là, ces 4 à 6 mois, on revient vraiment aux essentiels qui sont... Les priorités quand on fait ça, c'est dans l'ordre, ça va être marcher, manger, boire, dormir, et il n'y a rien d'autre qui compte en fait.

SPEAKER_01

ça a été facile pour toi l'ajustement enfin l'ajustement le le fait de prendre ses habitudes tu vois et de revenir à des choses beaucoup plus simples et essentielles sur une période aussi longue ça s'est fait comment pour

SPEAKER_00

toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

je dirais naturellement enfin moi perso c'est justement là que je me sens bien en fait c'est là que je m'épanouis le plus je suis juste je fais ce que j'aime faire je suis dans la nature je vois des paysages magnifiques il y a l'effort que j'aime l'effort aussi et j'aime l'effort long je suis pas femme d'un effort intense et court j'aime un effort qui soit quand même assez soutenu et que ça dure longtemps sinon j'y trouve pas mon compte donc là sur le PCT j'y ai trouvé mon compte mais à la fin on arrive et on a pas vraiment envie que ça s'arrête en fait Parce qu'on passe de 10 à 14 heures de marche par jour quasiment à rien quand on s'arrête. Et en plus, on se retrouve dans la civilisation qu'on n'a pas vue, dormir enfermé. Moi, je me souviens, ma première nuit à Vancouver, au milieu de la nuit, j'étais dans une auberge de jeunesse. Je me suis réveillée, j'avais chaud et j'avais l'impression de ne pas arriver à respirer. L'auberge, en plus, on ne pouvait pas ouvrir la fenêtre là où j'étais. C'était pas... Leur retour à la civilisation, ils demandent toujours un peu

SPEAKER_01

d'adaptation et c'est un peu compliqué, quoi. Ouais. Wow. Et même si ton quotidien, tu le dis, était tourné autour de choses relativement simples, marcher, manger, boire, dormir, tu dirais qu'il y a quand même eu des challenges, que ce soit... peut-être plus sur le plan physique tu vois parce que pour enchaîner pour enchaîner des journées comme ça de 14 heures enfin entre 10 et 14 heures sur plusieurs mois avec un niveau de confort qui est assez différent de ce qu'on a généralement dans nos sociétés l'ajustement physique il a été évident aussi pour toi enfin

SPEAKER_00

naturel

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

clairement enfin le premier jour le premier jour où je marche je me souviens parce que j'écris toujours un journal quand je pars en rando comme ça et je l'ai Je l'avais rouvert il n'y a pas très longtemps. Et le premier jour, c'est vrai qu'on a mal partout. Déjà, à peine j'ai commencé les tendinites au tendon d'Achille que je m'étais faite au travail, elles se sont réveillées au premier arrêt quand je m'arrête pour recharger en eau. Puis après, un coup la hanche, un coup les genoux, un coup le dos. Et je crois que j'écris, je me souviens, mais c'est comme si mon corps entier se réveillait et chaque partie se relaie pour réclamer son truc au fur et à mesure mais après c'est juste on avance il faut un certain temps encore pour s'habituer c'est à dire que les douleurs disparaissent au bout de deux semaines deux semaines faciles

SPEAKER_01

ah ouais quand même Il y a

SPEAKER_00

quand même deux semaines. Pendant les deux premières semaines, il n'y a pas un jour où on marche, où on a mal nulle part. Ce n'est pas possible. Après, moi, je n'étais pas non plus super entraînée quand je suis partie. Comme je te disais, je sortais d'une saison d'hiver avec deux tendinites au tendon d'Achille. Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour m'entraîner sur cette saison-là. Je crois que j'étais montée bosser deux fois dans la saison à pied. Ça fait 900 mètres de dénivelé dans la neige. Et c'est tout. Parce que j'habite à 2000 en hiver. Je ne peux pas trop aller courir La raquette, ce n'est pas le bon endroit. Je ne faisais pas de ski de rando à cette époque-là. En partant tranquillement

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

sérieusement je pense que physiquement c'est quelque chose que tout le monde peut faire après mentalement c'est une autre paire de manches ouais accepter en fait dès le départ la douleur on l'accepte elle est là point ça sert à rien de se focaliser dessus et de ne penser qu'à ça en marchant parce qu'on va pas du tout apprécier ce qui se passe autour elle est là ok on la laisse dans un côté de la tête et puis on avance quoi et finit par disparaître

SPEAKER_01

et ça c'est quand même enfin c'est quand même fascinant c'est pas la première fois que j'entends des gens qui font des efforts sur du vraiment du long tu vois qui parle de des capacités d'adaptation du corps en fait et du fait qu'on a des douleurs qui sont voilà qui restent des douleurs donc des signaux en fait qui finissent par disparaître et pourtant même si tu vois je fais un peu de sport donc ça m'arrive tu vois je parle pas de blessure mais vraiment d'être dans des phases où tu te mets un peu dans le dur je trouve que psychologiquement c'est quand même pas évident de se dire que on part sur tu vois potentiellement une semaine deux semaines de douleur et que ça va finir par disparaître enfin je pense que comme je l'ai pas vécu tu vois j'ai vraiment du mal à m'imaginer me dire ok bon bah là tous les matins je me lève j'ai mal partout je remets mon sac je repars et ça va durer deux semaines

SPEAKER_00

quoi après c'est pas des courbatures je Je ne suis pas sensible aux courbatures. J'ai cette chance. Mais c'est vraiment des douleurs. La hanche, je me souviens.

SPEAKER_01

Articulaire,

SPEAKER_00

en fait. Oui, articulaire. Sur le GR10, j'avais déjà eu le problème. Les genoux, ce n'est pas nouveau. Quand j'étais plus jeune, je courais pour le plaisir 3-4 fois par semaine. Et j'avais dû arrêter à cause de mes douleurs et genoux. Les tendinites au tendon d'Achille, c'est vraiment autre chose. Là, pour le coup, au bout d'un peu plus de 100 miles, je me suis arrêtée. J'ai pris 9 jours parce que c'était ça. où je pouvais pas finir c'est sûr le jour où je m'arrête de marcher je me souviens j'ai mon sac je peine quand même à avancer parce que ça commence à faire vraiment mal et là j'ai un mec un randonneur à la journée qui devait avoir entre 60 et 70 balais qui passe à côté de moi et qui me dit vous voulez que je vous porte votre

SPEAKER_02

sac

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ah ouais il a bien vu que j'avais du mal je sortais juste de Eagle Rock qui est vraiment au tout début du PCT c'est un rocher qui ressemble à un aigle en train de s'envoler. Et là, j'ai dit, bon, OK, il faut que je fasse quelque chose. Donc, je suis arrivée à Warner Springs, des Trail Angels, chez qui j'avais passé la nuit. Quand ils ont su que j'étais blessée, ils sont venus me chercher. Il y avait deux autres nanas qui étaient blessées déjà là-bas. Ils nous ont laissé rester chez eux comme ça tous les jours. On avait la piscine, on avait des bières, il y avait un billard. Ils nous laissaient la maison pour eux. Moi, au bout de cinq jours, je suis partie. j'ai dit vous êtes géniaux je vous adore mais vous êtes des trail angels vous êtes là pour loger les gens qui sont de passage moi au bout de 5 jours je suis partie je me suis reposée encore un peu plus dans ma tente un peu plus loin dans un camp et j'ai commandé des semelles des petites talonnettes et je me dis ok donc demain tu repars bon pendant tous ces jours je faisais des étirements je mettais de la glace et je me dis ok tu repars mais tu fais pas plus de 15 miles sur ta journée de départ. Donc pour faire ça, je me dis tu vas pas partir trop tôt, je suis partie à 9h30 ou 10h et je commence à marcher et ça se passe plutôt pas trop mal, les talons je les sens un peu moins. Première pause, de nouveau, dès que je m'arrête un petit peu, je les ressens et je me dis bon, il faut réfléchir. il faut avancer, t'as des bâtons, tu les portes, voilà, c'est moi aussi, je promène mes bâtons souvent, je me dis, peut-être commence par utiliser tes bâtons, un coup de boum du tigre sur chaque talon, et j'ai avancé, évidemment, j'ai pas pu me tenir à mes 15 miles, j'ai dû faire 20 miles pour la journée de reprise, j'arrive pas à m'arrêter, en fait, que je suis partie, je suis partie, et après ça, ça a été fini, je pense que le mental, il a fait, ok, vous, les talons, je vais plus entendre parler de vous, et c'est fini, et voilà quoi, et j'ai fait, donc là, j'étais à, à cette époque-là, à 130 kilomètres, et j'en ai fait 4000

SPEAKER_01

autres. Oh punaise, ah ouais. C'est dur, franchement, c'est compliqué d'imaginer parcourir une telle distance à pied quand tu ne l'as jamais fait. Je t'ai dit, ma seule expérience longue, je crois que c'est le plus long, c'était le GR20, clairement, ou peut-être le Kongsleden, mais bon, 200 km max, quoi. Et là, partir sur plus de 4000, franchement, chapeau. Mais du coup, j'ai une question qui me vient, parce que tu l'as dit, tu t'es retrouvé chez ces trial angels, je ne connaissais pas le terme, qui t'ont accueilli quand ils ont su que tu étais blessé. Comment ça se passe les liens sociaux du coup est-ce que j'avais cru comprendre qu'il y avait un système de communauté où les gens prennent des espèces de enfin des sortes de noms sur les trails donc t'as quand même des moyens de communiquer avec les autres personnes qui font le même circuit que toi avec des je sais pas des refuges à certains

SPEAKER_00

endroits alors il y a sur tout le PCT je crois il y a deux ou trois refuges ah oui c'est pas beaucoup c'est vraiment que de l'attente par contre

SPEAKER_01

il y a une application qui

SPEAKER_00

je ne vais pas dire IGN, mais ça s'appelait Good Hook, ils ont changé de nom, Good Hook, et il y a tout le PCT qui est dessus, et dessus sont marqués les points d'eau, les points d'intérêt dans les villes, s'il y a un magasin de sport, parce que tu as besoin de matos, les hôtels, un peu les tarifs, les endroits où on peut bivouaquer, s'il y a de la place pour une tente, deux tentes, trois tentes, toutes ces infos, on les a, grâce à cette application, on Donc ça, c'est top. Et du coup, pour la communication, il y a quand même beaucoup de gens qui font ce sentier. Et les bivouacs, on les fait stratégiquement, surtout sur la partie Sud-Californie et Nord-Californie, où il y a de l'eau. Et du coup, forcément, on se retrouve toujours à plusieurs... Moi, sur mes 162 jours de PCT, je pense que des nuits seules, vraiment seules dans ma tente, avec personne autour de moi il n'y en a pas plus que 20 ah ouais ouais c'est il y a du monde toujours il y a vraiment que sur la fin parce que déjà plus on avance dans le sentier moyennement parce qu'il y a quand même beaucoup d'abandons je crois que le pourcentage de personnes qui le commencent et qui le terminent il est autour de 40% et du coup

SPEAKER_03

quand

SPEAKER_00

on arrive vers la fin il y a de moins en moins de monde la Californie du Nord fait un gros tri et l'Oregon aussi Après, ceux qui sont là et ceux qui passent ça, on va au bout. En général, ils n'avancent pas sur les

SPEAKER_01

blessures. Oui. Parce que du coup, tu as un sens. Tu dois prendre le départ au Mexique et finir au

SPEAKER_00

Canada. Alors, non, ça peut se faire dans les deux sens. D'ailleurs, jusqu'à maintenant, il n'y a pas de quota dans l'autre sens. Et moi, pour l'année à laquelle je l'ai fait, justement, avec les chutes de neige record qu'ils ont eues en 2019, il y a beaucoup de gens en partant du sud quand ils sont arrivés à Kennedy Middle la porte d'entrée de la Sierra ils ont ce qu'ils appellent flip flopper ils ont pris des moyens de transport pour rejoindre la frontière canadienne et le faire ensuite dans l'autre sens parce qu'il y avait vraiment beaucoup de neige dans la Sierra Nevada et arriver trop tôt c'était des grandes journées dans la neige moi du coup mes 9 jours de repos à cause de mes tendinites m'ont permis d'arriver à un bon timing je pense que j'ai eu le timing vraiment bien pour passer la Syrah il y avait encore beaucoup de neige mais par contre ce qui avait fondu, les rivières étaient traversables parce qu'il n'y a pas de pont sur toutes les rivières 90% des rivières on les traverse en mettant les pieds dedans donc on peut avoir de l'eau jusqu'au genou mais on peut avoir de l'eau aussi jusqu'à la poitrine

SPEAKER_02

et

SPEAKER_00

de l'eau jusqu'à la poitrine avec un fort courant le plus haut que j'ai eu c'était à peine au dessus des hanches mais là c'est déjà quand même pas mal haut ouais très froid et beaucoup de courant en plus c'est là où la fonte de neige qui descend et donc là il y a des endroits il y a des troncs donc c'est en équilibre dessus pour traverser il y a des endroits où on passe dedans donc il y a des techniques surtout la partie Syrah cette année là beaucoup ont constitué des groupes parce que c'était dangereux à cause de la neige parce que c'était dangereux à cause des rivières à traverser Et du coup les gens y allaient par groupe en fait. à Kennedy Meadows moi que je suis arrivée à cette époque là on rencontre plein de gens sur le sentier et on voit bien avec qui on a plus ou moins le même rythme il y a des gens qu'on va pas croiser de la journée mais finalement tous les soirs on se retrouve à peu près donc forcément il y a des affinités et quand on a attaqué les Syrah moi j'avais deux allemands avec moi un suisse et deux américains et c'est moi qui menais le groupe parce que c'était moi qui avais j'étais la seule à avoir de l'expérience de marche dans la neige en fait

SPEAKER_01

ah ouais il y a des gens qui se lancent qui ont pas forcément l'expérience

SPEAKER_00

c'est vrai moi ça c'est quelque chose que je trouve pas très raisonnable on va dire il y en a quand même beaucoup qui se lancent qui savent pas trop dans quoi ils se lancent et qui comptent sur les autres parce qu'ils savent qu'il y a la trail family mais enfin moi je pars là-dedans, moi je me dis, je suis capable de me débrouiller toute seule, sinon je n'y vais pas. Mais tout le monde n'y va pas avec le même état d'esprit, en fait. Il y en a certains qui vont en comptant sur l'aide des autres. Donc ça marche ou ça ne marche pas.

UNKNOWN

Oui. Mais voilà. Intéressant.

SPEAKER_00

J'ai mené mon groupe, du coup, sur tous les cols, c'est moi qui couvrais la route, parce que c'était dans la neige. Là où normalement il y a un sentier, c'était juste dans la neige, il fallait faire les traces tous les matins. C'est en général assez épuisant.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_01

Oui, j'imagine, faire la trace dans la neige. J'imagine que tu n'étais pas non plus complètement équipée pour évoluer dans la neige. Tu n'avais pas de raquettes, par

SPEAKER_00

exemple. Non, je n'avais pas de raquettes. Sur la partie Syrah, par contre, j'avais acheté des crampons juste avant la Syrah. Sur place, il y a de quoi acheter ce qu'il faut. Et c'est là qu'on est le plus chargé parce que la rentrée dans la Syrah, déjà, il y a le bear canister qui est obligatoire. Là, on a coupé la caméra, mais je te montre, c'est ce qu'ils appellent les boîtes à ours, tu sais, pour mettre ta nourriture, pour pas que les ours, ils viennent te voler ta nourriture. Donc ça, ça fait déjà un kilo vide. Piolet et crampons. Plus dix jours de

SPEAKER_01

nourriture.

UNKNOWN

Ok.

SPEAKER_01

ouais donc là t'es à quoi t'es à plus de 20 kilos sur le dos

SPEAKER_00

non

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

non non comme ça je devais être à entre 16-18 à peu près

SPEAKER_01

d'accord

SPEAKER_00

ouais quand même ça fait du matériel ouais enfin du matériel léger même pas 18 je pense vraiment 16 quoi pour le coup il y a moins de problèmes pour l'eau autant dans le désert je me suis trouvé à porter 6 litres d'eau des fois sur une journée autant là l'eau on en trouve un peu partout

SPEAKER_01

quoi

SPEAKER_00

ouais donc ça compense au niveau

SPEAKER_01

chargement ouais punaise quelle aventure ça fait rêver si tu devais je sais pas si c'est possible tu vois sur un voyage aussi long et tu l'as dit c'est plus le tout j'ai l'impression qui t'a marqué mais si toi est-ce qu'il y a un souvenir qui vraiment t'a

SPEAKER_00

marqué

SPEAKER_01

euh

SPEAKER_00

La traversée de la Sierra, vraiment, déjà la Sierra Nevada, c'était magnifique. C'était dans la neige, il y avait des lacs à moitié gelés, d'autres où on voyait vraiment bien le reflet des montagnes. C'est vraiment sauvage, c'est très beau. Et puis, surtout, c'est des sentiers aussi, on est vraiment loin de toute civilisation. En France, quand j'ai fait My Crazy Project, on va croiser un village au moins une fois par jour. Là, c'est la Sierra, les 10 premiers jours on est que dans la montagne et pour aller se ravitailler au bout du 10ème jour on fait 16 miles hors sentier pour aller récupérer sur un parking et faire du stop et nous ramener à la civilisation pour qu'on puisse acheter à manger après j'ai l'ascension du mont Whitney qui était pas mal aussi, que j'ai fait pendant le PCT.

SPEAKER_01

Qui fait combien, du coup, celui-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je connais pas du tout de

SPEAKER_00

nom. C'est le plus haut sommet des lower... Or, Alaska, c'est le plus haut sommet des Etats-Unis, ou le deuxième, je sais plus. Il fait 4400, quelque chose.

SPEAKER_01

Ah, quand même,

SPEAKER_00

ouais. Ouais, donc là, on était partis à une heure, moins le quart du matin, à peu près. Et on était partis pour le lever de soleil, sauf que dans le groupe il y en a une qui a commencé à se sentir pas très bien autour de 3400 mètres et je lui dis mais tu sais demain en fait on a un col à 4000 mètres et là on est à 3004 t'as vraiment des symptômes je l'écoutais parce que j'essayais de la faire parler pour suivre un peu il avait du mal à respirer, elle était essoufflée très rapidement et elle trouvait tous les prétextes pour qu'on s'arrête parce qu'elle avait besoin de souffler ce qui fait qu'on a On a commencé l'ascension à 4 ans. et l'allemand est resté avec elle j'ai dit il faut pas qu'elle monte plus haut ça reste de la haute montagne et même si on est sur un sentier de randonnée c'est dangereux donc l'allemand est redescendu avec elle et moi j'ai continué avec l'allemande qui était avec moi qui m'avait pas dit c'était son anniversaire ce jour là donc je lui ai offert le sommet du Whitney on a raté le lever du soleil mais c'était quand même une super expérience mais là par contre c'était crampon piolet

SPEAKER_01

ouais je

SPEAKER_00

savais pas du tout qu'il y

SPEAKER_01

avait un sommet à 4000 plus de 4000 aux

SPEAKER_00

US tu vois comme quoi si si et ensuite sur la descente j'ai profité d'une belle journée pour apprendre à l'allemande comment s'arrêter avec un piolet quand on glisse dans la neige et qu'il faut s'arrêter parce que il faut connaître la technique c'est bien beau de dire j'ai un piolet et des crampons mais si tu glisses et que t'as pas le réflexe de te mettre tout en poissu sur le il y a une technique il y a des endroits si on glisse on peut aller très loin

SPEAKER_01

c'est génial le mont Whitney ok mais il me semble que c'est pas le mont Washington qui est assez haut aussi aux Etats-Unis ou super venté un peu comme notre mont Ventoux où il y a des conditions un peu extrêmes au sommet

SPEAKER_00

je sais pas te dire

SPEAKER_01

vraiment je sais pas mais parce qu'il me semble que j'avais vu sur le je sais pas si je sais plus j'avais vu un reportage Netflix en fait j'y pense parce que j'avais vu un docu sur Netflix je sais plus si c'était le PCT ou l'Appalachian Trail qu'un gars a tenté il a tenté le record en courant et il passait par au pied d'un sommet je crois que c'était le Mont Washington mais je suis plus sûr enfin bon bref j'ai regardé ça

SPEAKER_00

quand on a fait l'ascension du Whitney la semaine d'avant il y avait un mec qui était venu en week-end de Las Vegas qui voulait faire l'ascension sauf qu'il a glissé et il l'a retrouvé une semaine après ah oui c'est un glacier au dessus c'est

SPEAKER_01

la haute montagne

SPEAKER_00

c'est exactement

SPEAKER_01

ça ouais Punaise. En tout cas, ça fait rêver comme aventure. C'est cool que tu aies pu un peu nous expliquer à quoi ça a ressemblé. Moi, je sais qu'en tout cas, ça fait longtemps que j'entendais parler du PCT, mais sans vraiment avoir rencontré quelqu'un qui m'explique à quoi ça a ressemblé dans son cas. Donc, chouette que tu l'aies fait avec nous. Et du coup, moi, je serais curieux de savoir comment s'est passé le retour à la civilisation après ces 162 jours tu te contentais de choses assez simples et où tu pouvais être dehors et finalement penser que à toi et à ton effort de la journée

SPEAKER_00

et ben déjà comme je te disais ma première nuit j'ai compliqué

SPEAKER_03

difficile

SPEAKER_00

de

SPEAKER_03

dormir

SPEAKER_00

et surtout ben moi je suis du coup je me suis posé deux ou trois jours à Vancouver et c'est une grande ville donc le premier jour je sors pour déjà m'acheter des habits de ville parce que ben forcément sur le PCT j'avais un pantalon, un t-shirt que des fringues de rando et voilà donc je vais m'acheter un jean un t-shirt à Vancouver et je rentre à l'auberge et en fait j'avais plus envie de sortir il y avait trop d'agitation trop de tout je suis restée dans l'auberge après je voulais plus sortir il y avait trop d'activités ça m'allait pas et le soir il y a D'autres... PCT finisher qui arrive dans l'auberge donc là on se retrouve entre nous quand on parle de choses on se comprend parce qu'on a vécu la même chose moi pour info j'ai terminé le PCT il y avait une tempête de neige ils nous ont fait sortir à deux jours il me restait deux étapes ils nous ont fait sortir à Rainy Pass il y avait les rangers parce que c'était trop dangereux euh donc là je me suis posée deux nuits pareil on est resté chez des trail angels mais on était 40 randonneurs à être plantés là parce qu'on avait de la neige jusqu'à la taille c'était tempête de neige ceux qui ont essayé d'y aller ils sont revenus c'était pas possible et donc quand on décide de repartir le mec qui nous dépose il part faire du ski de rando quand même moi le dernier call dernier jour de PCT je le passe il fait nuit noir, il fait 22h30 j'ai de la neige jusqu'au milieu des cuisses et ça descend fort de chaque côté

SPEAKER_03

pour

SPEAKER_00

pas glisser on voit pas jusqu'où ça va mais finalement c'est peut-être pas plus mal et on plante l'attente je pense qu'il doit être 23h, il fait moins 18 c'est l'horreur le lendemain je peux pas enfiler mes chaussures tellement elles sont gelées et on repart et on arrive après à Vancouver et tu vois quand tu parles de ça ça impressionne un peu et tout mais quelqu'un qui ne l'a pas vécu quand on arrive comme ça à Vancouver les gens ouais vous avez fait le PCT ouais mais ouais c'est bien voilà c'est tout quoi puisque là on était entre nous on pouvait parler de notre expérience de ce qu'on avait vécu et on se comprenait donc ça ça m'a fait un petit peu de bien ensuite je suis revenue sur Seattle comme j'ai beaucoup voyagé j'ai des amis un peu partout donc une fille avec qui j'avais fêté le nouvel an 2015-2016 en Malaisie elle était sur Seattle donc je suis passée la voir ensuite une fille avec qui j'ai voyagé en Colombie et en Équateur était à je me souviens plus du nom une ville un peu plus loin aux Etats-Unis donc j'ai passé une semaine chez elle à manger parce que plus les jours avancent plus on est à ventre sur patte je pense que sur la fin je devais être à plus de 6000 calories par jour et j'étais sec comme un coucou non on a C'est violent. On est vraiment, sur la fin, on est un ventre sur pattes. la dépense énergétique sur toute la première partie vraiment on va puiser dans nos réserves alors moi j'en avais au départ t'as des mecs qui étaient déjà secs au départ donc là ils perdent beaucoup de muscles moi ça m'avait bien asséché mais il y a rien à m'en donner le corps les réserves il en a plus et il faut manger donc quand on s'arrête de marcher on se dépense moins mais le corps il a quand même ce besoin de manger donc j'ai passé une semaine chez ma pote Aspocam c'était à manger en plus c'était Nana qui adore manger donc voilà Et du coup, je partais en balade. J'avais besoin de marcher quand même tous les jours un peu aux alentours. Et après, retour Seattle et retour en France. Voilà. Pour attaquer direct sur la saison d'hiver. J'ai dû... J'ai attaqué ma saison mi-novembre et je suis rentrée mi-octobre en France.

SPEAKER_01

Ah oui, ça a été...

SPEAKER_00

Sans transition presque. Entre temps, j'ai eu le temps de faire une mission test pour Decathlon. Rando dans la neige. Et je me suis retrouvée encore une fois à faire un bivouac par moins 18 degrés.

UNKNOWN

Le classique. Excellent.

SPEAKER_01

Et du coup, tu nous parlais de ton projet que tu as réalisé récemment, ton My Crazy Project. Il est né quand, du coup, ce projet par rapport au PCT

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il est né en confinement 2020. Je suis confinée à Tignes. Et j'ai toutes ces randos que j'avais voulu faire. On me dit, tiens, comme cette année, on ne va pas pouvoir voyager, tu vas toutes les faire. Puis pourquoi pas les enchaîner, en fait, finalement. Et quand on sait... on a la capacité de marcher sur cette grande distance et pendant longtemps. Après, il n'y a plus grand-chose qui nous arrête. Et voilà. Donc, j'ai commencé à regrouper, de prendre une carte. Je fais, OK, GTJ, c'est par là, un bout de GR5, un bout de GR55, un bout de la GTM. Et puis après, chercher des connexions en passant par les GR et tout enchaîner. Donc là, pour le coup, c'est j'ai rien compris ça faisait 1350 km ce qui est pas ouf par contre en terme de dénivelé je crois que j'avais la moitié du PCT parce que le PCT a cette particularité que c'est un sentier qui est entièrement faisable à cheval quasiment donc il n'y a jamais vraiment de grosse pente nous on en a eu parce que avec la neige on n'était pas sur le sentier donc on tirait un peu tout droit dans la pente mais Et sinon, normalement, je le voyais sur la partie sud en Californie, on va faire le tour des montagnes, c'est des sentiers en balcon qui montent avec une légère pente. C'est super agréable, du coup, et on peut suivre le sentier de loin. Pour référence que j'ai fait le GR10, le GR10, ça descend en zigzag au fond de la vallée, puis ça remonte en zigzag de l'autre côté, mais on ne va pas faire le tour de la montagne en balcon. Ça ne marche pas comme ça en

SPEAKER_02

France.

SPEAKER_00

Et donc, du coup, sur le My Crazy Project, La GTJ, le dénivelé était correct. Après, quand j'ai attaqué GR5, j'ai fait une partie du tour de l'Ubaï aussi pour rejoindre le Mercantour. Là, il y a des gros dénivelés. Je crois que ma plus grosse journée en dénivelé... Aux Etats-Unis, je faisais des grandes distances à pied avec un dénivelé correct. Pour un fois, sur la fin, j'étais entre 30 et 33 miles par jour. Ça fait entre 48 et 53 kilomètres, je crois, à peu

SPEAKER_01

près, par jour. C'est énorme

UNKNOWN

!

SPEAKER_01

C'est

SPEAKER_00

énorme. Et voilà, sur ces distances-là, je... grand max, j'avais 2000 mètres de dénivelé. En France, on ne peut pas... Si on fait cette distance-là, on va se retrouver à 4000-5000 de dénivelé dans nos montagnes, Yannou, en tout cas. Et du coup, ma plus grosse journée sur My Closet Project, je crois que c'était 42 kilomètres et j'étais à 2500 de dénivelé. Là, c'est... En rando, avec un gros sac, c'est compliqué de... On peut toujours aller plus loin, mais... Mais voilà, là, moi, j'avais... C'était bien.

SPEAKER_01

J'étais en forme. Je me pose une question. Le GR20, je ne sais pas trop d'où ça vient, cette réputation d'être un sentier difficile. La première fois que j'en avais entendu parler, on m'avait dit que c'était le sentier de randonnée le plus difficile d'Europe. Je n'ai jamais trop su sur quels critères, sur le dénivelé, j'imagine. Mais toi qui as vu pas mal de sentiers, qu'est-ce que tu en penses

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je pense que c'est la technique. Il est beaucoup plus technique. Il y a quand même beaucoup d'endroits on va mettre les mains. Moi, le premier jour, mon premier jour sur le GR20, je fais l'étape et j'arrive à un endroit où c'est que ça descend un petit peu dans les rochers et ça remonte de l'autre côté. Il y a un câble ou une barre en fer pour se tenir là. Et donc, je m'arrête et je regarde un peu pour voir comment j'appréhende le truc. Et là, il y a un mec en face de moi qui est dans l'autre sens qui me dit« Ouais, ouais, c'est par là». Je lui dis« Ouais, ouais, je regarde juste, voilà quoi». Et du coup, il me dit« Bon courage

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

» Je dis« Vous aussi, mais vous, vous êtes sur la fin.» Parce qu'il était dans l'autre sens. Moi, c'était ma première étape. Pour moi, c'était son dernier jour. Et il me dit« Moi, j'ai commencé hier, mais je fais demi-tour. C'est trop dur. Ce n'est pas de la rando, c'est de l'alpinisme.» et voilà je pense que c'est vraiment la technicité la partie noire il y a quand même beaucoup de caillasses moi quand je suis arrivé sur le GR20 j'étais en forme j'avais des bonnes jambes par contre les trois premières étapes j'ai arrêté de marcher à midi parce que mes genoux ils en avaient assez de la descente dans les caillasses physiquement mes jambes elles pouvaient aller plus loin niveau musculaire par contre mes genoux étaient cassés de ces descentes dans la caillasse et que ça roule et qu'il faut se retenir en permanence

SPEAKER_01

Ouais, c'est vrai que ça monte fort, ça descend fort, ça s'enchaîne, puis le terrain, il est un peu, surtout au nord, comme tu dis, il est quand même un peu, bon, au style, c'est peut-être un peu fort, mais c'est escarpé, les rochers sont bien coupants, donc c'est vrai que moi, je garde un souvenir du nord, c'était plutôt engagé, en tout cas, surtout que nous, on doublait les étapes, donc on avait essayé de le faire un peu plus vite, parce qu'on n'avait pas assez de temps, mais ouais, cool, bon, intéressant. Un intéressant en tout cas ça semble assez clair tu vois en termes d'état d'esprit que t'aimes bien te lancer sur des projets quand même d'envergure partir sur du long enfin voilà que t'as cet état d'esprit un peu de la recherche de l'effort du coup je serais curieux de savoir tu nous parlais un peu en introduction d'une blessure que t'as eu récemment on en avait un peu discuté en off parce que c'est vrai que c'est pas forcément des événements super heureux mais ça en dit long quand même souvent sur l'état d'esprit des gens et donc j'aime bien aller poser des questions quand les invités sont ok parce que je trouve que c'est aussi ça tu vois les leçons intéressantes à retenir donc si t'es ok est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu ce qui t'est arrivé et puis comment est-ce que comment est-ce que tu le gères puisqu'il y a eu quand même pas mal de conséquences sur ta pratique de la rando notamment

SPEAKER_00

ouais comment c'est arrivé je vais faire court je me suis pris un gros bloc de neige sur moi, qui m'a écrasé. Quand j'ai eu les secours au téléphone, le PGHM m'a dit qu'ils avaient évalué entre 600 kilos et une tonne, ce qui m'est tombé dessus, par rapport à la densité de la neige. J'étais sur du dur. Si j'avais été dans de la neige, je pense que ça se serait passé différemment. J'étais prise entre le sol qui était une terrasse en bois et la neige qui m'a aplati dessus. Je suis tombée sur mon côté droit. les genoux un peu pliés en je vais pas dire position de fœtus mais comme quand on dort sur le côté quoi et j'ai eu la chance d'avoir le coude qui s'est mis contre mes côtes donc côté gauche avec la main au niveau de la bouche donc le coude c'est ça qui m'a pété les trois côtes mais la main au niveau de la bouche m'a permis de me faire une petite poche d'air pour respirer quand j'étais en dessous rester calme se concentrer sur la respiration le temps qu'on nous déneige enfin qu'on me déneige ça a prendre une dizaine de minutes c'est que là on me dit ça va ouais ouais ça va ouais tu peux bouger et là en fait je me rends compte que non Donc, premier réflexe, c'est bouger les pieds dans les chaussures. Donc ça, ça marche déjà. Par contre, je ne m'arrêtais plus. J'avais peur que ça s'arrête. Oh, finesse

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Et voilà, les secours, l'hélicoptère a dû mettre une heure et demie, je crois. Une heure et demie, deux heures à arriver. Transfert immédiat sur l'hôpital de Chambéry. Avec donc tout diagnostic, les multiples fractures que j'ai énumérées tout à l'heure. et là on se retrouve dans la chambre avec le chirurgien qui vient me voir qui me dit voilà machin je vous opère demain matin, vous avez une vertèbre, c'est une vraie crêpe. Il me dit, vous avez une vertèbre qui a été écrasée de deux tiers, comme une crêpe. J'ai dit, c'est con, la chandeleur, c'était la semaine dernière. Le chirurgien me répond, j'ai pas osé vous la faire. J'ai dit, moi j'ose, franchement. Opération le lendemain. Là, derrière ça, on m'annonce que pendant 45 jours, je pourrais pas me lever je pourrais pas marcher, je pourrais pas m'asseoir c'est à dire 45 jours d'alitement strict je crois que t'as une fracture du bassin donc tu connais ça aussi Et du coup, là, j'avoue que j'ai quand même une petite larme qui a coulé. Ça ne dure pas longtemps. Au départ, 45 jours, ça paraît énorme. Mais après, je me dis que 45 jours, ça fait 6 semaines, 6 semaines et demie. De toute façon, il n'y a pas le choix. Soit on l'accepte et tout se passe mieux. Soit... Soit on s'énerve, soit machin. Et le temps est beaucoup plus long. Et voilà quoi. Donc voilà, on fait comme on peut. Le lendemain, ils sont quand même venus pour que j'essaye de... Parce qu'avec l'opération du dos, il fallait quand même que je bouge un petit peu. Donc ils m'ont demandé d'essayer de m'asseoir. J'avais pas le droit de m'asseoir à plus de 45 degrés en fait. Et le premier jour, c'était un effort vraiment surhumain. Je suis pas arrivée à m'asseoir le premier jour. je transpirais des grosses gouttes c'était un effort comme si j'avais fait je sais pas quoi et pas moyen le deuxième jour on recommence ça va un peu mieux le troisième jour j'arrive on m'apporte un espèce de comme un stepper avec un manche là où c'est que je suis agrippée dessus et que j'arrive à soulever mes fesses du lit à être légèrement en appui sur les jambes mais faut pas que j'y sois trop longtemps parce que voilà donc chaque jour un peu plus et après transfert en centre de rééducation Ça a duré deux mois et demi. Donc rééducation couchée. Dès le début, il fallait que je trouve à m'occuper. Donc un peu d'ordi, un peu de vidéos sur Internet. Je n'ai pas pris la télé parce que je n'aime pas ça. De la lecture, beaucoup de musique. et au départ j'ai une gourde de thermos je l'utilisais comme halter pour m'occuper ah ouais la détermination il fallait que je fasse quelque chose et après j'ai réussi avec la kiné à négocier une halter une fois qu'ils ont eu vérifié les côtes que j'avais cassées donc je te cache pas que le premier jour où j'ai eu l'halter j'ai tout donné et puis au milieu de la nuit je me suis réveillée j'avais l'impression qu'on m'enfonçait des couteaux les côtes tellement j'avais forcé en fait et voilà mais tant pis c'est pas grave c'était bien Et voilà, et donc après, 45 jours à le taire tous les jours, plus je faisais quand même des exercices avec les jambes, peut-être pas les deux premières semaines, mais après quand je sentais que ça allait mieux, je mettais mon lit dans une forme où ça me pliait un peu les jambes, et puis j'essayais d'écraser pour contracter mes muscles, garder un peu de quadris, garder un peu d'ischio, je faisais des contractions de mollets, tout ce que je pouvais faire, je le faisais en fait. Après, il n'y a pas de secret. La première fois que je me suis levée et que je me suis vue dans une glace, les muscles ont fondu. Ça va très vite. Très honnêtement, quand je me suis vue dans la glace, j'ai eu l'impression de voir ma grand-mère avec toute cette peau flasque qui pend. Bref. Voilà. ouais j'ai eu le passage fauteuil roulant aussi qui a pas été simple c'est à dire qu'un jour la kiné elle arrive avec un fauteuil roulant elle me met dedans moi qui étais la première à dire mais vous allez voir que je serai en fauteuil vous allez me chercher partout j'irai me promener partout jamais vous allez me trouver entre ce qu'on dit et puis quand on se trouve dedans mentalement se retrouver dedans c'est pas simple pour tout le monde en tout cas pour moi ça l'a pas été en fait c'est surtout que le premier jour où j'ai été dans le fauteuil c'était la première fois que j'avais le droit de m'asseoir on m'a demandé en étant assise de monter une fois une jambe puis une fois l'autre Et là, je me suis rendue compte de l'effort mental que ça me demandait et de la concentration pour que j'arrive à contracter des muscles que j'avais perdus et lever. Et j'avoue que ça m'a mis un coup au moral. Donc voilà, ça a duré une journée. Je me suis un peu énervée sur la kiné aussi. Elle avait de la compassion et je déteste ça en fait. Le genre de truc que je déteste, j'ai jeté le premier truc que j'avais sous la main. Et le lendemain, ma rebelote fauteuil donc borné sale caractère je refuse de sortir de la chambre par contre je reste assise dans la chambre et l'exercice que j'ai pas pu faire la veille qui était vraiment dur et ben je me force à le faire et continuer et continuer et continuer Et ensuite, la transition fauteuil a duré une semaine, deux semaines peut-être. Ensuite, j'ai eu le droit de me lever. J'ai eu droit à un appui 50% sur chaque jambe. C'est-à-dire que je n'avais pas le droit de marcher parce que forcément, on a un transfert d'un poids sur un côté ou l'autre. Mais je pouvais rester debout. Je pouvais rester debout, je pouvais faire des squats aussi. Ça ne change pas le Soit d'un côté ou de l'autre. Donc là, le premier jour, j'ai fait 100 squats le matin, 100 squats l'après-midi. C'était le week-end de Pâques et je n'avais pas de kiné. Moi, j'avais négocié. Elle m'avait mis un petit matelas dans la chambre. Et j'ai commencé à faire du gainage, des squats, des pompes. Tout ce que je pouvais faire, je le faisais en fait. donc une grosse séance le matin, une grosse séance l'après-midi, on m'avait dit, mais il ne faut pas que vous forciez, je ne voudrais pas que les courbatures vous bloquent dans la rééducation, ne vous en faites pas, les courbatures, je m'en occupe, occupez-moi de me faire avancer, et ça va se passer, et j'ai eu zéro courbature, de 45 jours couchés à 200 squats par jour, j'ai eu zéro courbature, je pense que mentalement, les muscles, ils se sont dit, ça fait 45 jours qu'on ne fait rien, si là, on se plaît un tout petit peu, ça va être fini, donc on se tait, et on a Merci à tous. pense qu'il s'est passé quelque chose comme ça et

SPEAKER_03

voilà

SPEAKER_00

on m'a dit le corps a la mémoire de l'effort et des muscles aussi je pense que c'est vrai aussi et voilà quoi donc beaucoup de détermination beaucoup de bonne humeur j'ai aucun souvenir de m'être ennuyée même pendant mes 45 jours couchés je disais j'ai regardé des vidéos d'une des personnes qui m'inspire beaucoup c'est Courtney Dow Walter Et dans une de ses vidéos, je ne sais plus, c'est un podcast, en vidéo d'ailleurs plutôt, le mec lui demande quelles sont pour elle les trois choses qui la font avancer, les trois qualités qui font un bon trailer. Et elle, elle répond« persistence, patience, internal drive». Et ça, je me suis gardé ça comme un mantra. La persistance, la patience et un moteur interne. On fait les choses pour soi. Il ne faut jamais faire les choses pour les mauvaises raisons, pour bien paraître, pour X choses.

UNKNOWN

Enfin...

SPEAKER_00

Dès l'instant où on fait les choses pour soi, c'est toujours mieux. Quand on les fait pour la mauvaise raison, ça ne marche pas. La motivation ne peut pas rester et on n'avance pas de la même manière. Donc ça a été mon mantra pendant toute ma rééducation. Et quand je suis sortie, on m'avait dit, on m'avait bloqué à d'abord 100 mètres de dénivelé et une demi-heure de marche par jour. Donc, j'ai tout de suite négocié 200 mètres une heure. Et j'ai mon meilleur pote qui était sur Annecy. Je suis allée le voir. On s'est fait notre premier rando que j'ai fait avec lui. Et c'était 400 mètres. Ce n'était pas fait exprès. La route était fermée. Donc, on a dû faire plus à pied.

UNKNOWN

Mais voilà.

SPEAKER_00

J'étais obligée. Donc, au début, je n'avançais pas très vite avec toujours un peu de douleur. Des douleurs que j'ai perdues un peu, mais qui mais qui sont quand même toujours là mais maintenant j'arrive à marcher un peu plus le kiné le chirurgien cet été m'a dit 1000 mètres n'allez pas me faire 1000 mètres de dénivelé quand même donc du coup j'ai fait 950

SPEAKER_03

mais

SPEAKER_00

voilà j'ai besoin de cet effort long et intense et Et du coup, pour essayer de contrebalancer un peu, je me suis mise un peu au vélo. Moi, qui ai toujours dit à la kiné, je disais, le jour où vous vous mettez sur un vélo en échauffement de kiné, c'est même pas la peine, je fais demi-tour, on se fait chier sur un vélo. Et je me suis mise à aimer le vélo. Et là que je suis à la montagne, ça me manque de ne pas pouvoir aller faire... J'ai un vieux vélo qui est très lourd, un vieux VTT D4, mais je faisais des sorties d'entre 50 et 75 kilomètres. En fait, il me faut un effort assez long pour que j'y trouve mon compte. À l'heure actuelle, je ne peux pas marcher pendant 12 heures et commencer à cadeau, ce n'est pas possible. Le vélo, j'arrive à retrouver un effort au bout d'un certain temps. La satisfaction de l'effort, j'arrive à la retrouver dans le vélo. donc voilà mais je pense que c'est plus une addiction à l'effort finalement que réellement la marche même si j'adore la marche je sais pas là j'ai acheté des skis de rando j'ai vraiment beaucoup forcé ces deux dernières semaines au niveau travail du coup je fais une petite pause ton podcast part toujours de résilience il y a des fois il faut savoir accepter de faire une pause pour pouvoir mieux repartir derrière je sais le faire mais Mais par contre, il faut que j'aie atteint la limite pour accepter que c'est trop. Je ne sais pas m'arrêter avant la limite. Là, j'ai eu un jour en service, j'ai tiré, tiré, tiré, tiré et je ne pouvais plus marcher. Je ne dis pas au bout de combien d'heures de travail dans la semaine ça s'est arrivé, mais c'est arrivé. Donc là, je suis un petit peu ménagée. Je prends sur moi. Jusque-là, j'allais faire du vélo à la salle de sport. mon Dieu, grand jamais, du vélo, en plus, sans que le paysage y défile, mais jamais de la vie, je ferais ça. Eh ben oui, je le fais, et voilà. et là du coup ça fait deux semaines maintenant que je ne suis pas retournée à la salle de sport faire du vélo et ça me manque j'ai besoin il faut que je trouve quelque chose à compenser donc je fais des pompes je fais du gainage je fais ce que je peux faire mais ça va revenir tu parlais de mindset moi ce qui m'est arrivé même quand j'étais couchée à aucun moment dans ma tête ça ne reviendra pas comme avant dès le départ ça va revenir tu vas pouvoir remarcher et j'ai

SPEAKER_02

toujours

SPEAKER_00

avancé comme ça donc ça prend le temps que ça prend mais il n'y a pas de raison que je n'arrive pas à refaire ce que je

SPEAKER_01

faisais avant ça je trouve toujours que c'est quand j'ai des invités qui ont des histoires comme la tienne ou des exemples vraiment concrets de notre difficulté par laquelle ils passent et la façon dont ils réagissent je trouve que c'est toujours hyper inspirant surtout quand il s'agit de blessures parce que par définition souvent c'est imprévisible Il y a souvent beaucoup d'émotions qui surgissent quand il t'arrive une galère comme ça, que tu te retrouves avec une tonne de neige sur la tête. Mais ce que je trouve fascinant, c'est la capacité à rebondir. Et tu me fais un peu penser à une autre invitée que j'ai eue, qui a aussi une galère, qui est Manon Petit-le-Noir, qui est une championne olympique de la jeunesse en snowboard cross. Et qui a fait, alors je ne me rappelle plus exactement, mais qui s'est fait sur une fin de saison de mémoire, qui a eu une grosse, grosse blessure avec... trauma crânien etc et qui a passé une grosse période dans un corset donc perte d'autonomie totale elle pouvait absolument plus se déplacer etc et en fait elle disait la même chose que toi c'est à dire que pour elle à aucun moment ah oui elle avait aussi un risque d'opération etc donc c'était un truc potentiellement il y avait des conséquences vraiment vraiment graves et ce qu'elle disait c'est comme toi qu'à aucun moment en fait elle s'est dit bah c'est fini je remonterai plus sur une planche de snow et dès qu'elle appuie elle faisait comme toi un peu de muscu les moindres choses qu'elle pouvait faire pour l'aider pour aller dans le sens de récupérer ses capacités physiques elle le faisait et je trouve que c'est juste fou de voir cet état d'esprit que vous démontrez que ce soit elle ou toi à travers la façon dont vous gérez la

SPEAKER_00

blessure je pense que c'est vraiment un état d'esprit je ne suis pas du tout une sportive de haut niveau ou quoi que ce soit mais en termes de détermination je pense que je sais pas même en rando des fois je me souviens une fois sur le PCT où j'avance et quand il y a un vent mais je me suis rendu compte plus tard que c'était la plus grande ferme à vent des Etats-Unis donc c'est pas par hasard qu'elle était placée là moi je marchais face au vent dans le sable en plus c'est assez compliqué et là et j'avance et j'avance en anglais mais je vais le faire en français j'étais là et j'avance et je fais c'est quoi monsieur le vent je suis plus têtu que toi et je vais avancer Et voilà. Qu'est-ce que j'ai eu aussi en rando qui m'est arrivé vraiment avancer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

J'ai traversé le Grand Canyon, c'était en 2018. Et je n'ai pas pu avoir les permis que je voulais pour pouvoir dormir au milieu du canyon. Donc je me suis retrouvée à le faire en trois jours. J'ai eu des permis pour les deux autres camps pour pouvoir camper. Et là, sur la fin du deuxième jour, je m'arrête du coup de marcher assez tôt, il fait super chaud, c'est le Grand Canyon, c'est au mois d'août, et là il y a une nana qui s'assied à côté de moi, je discute un peu avec elle, et je me rends compte qu'elle me dit« ouais mais on s'est croisés ce matin, nous on courait, on est partis de la rive nord, on a traversé le Grand Canyon en courant, et on leur fait de l'autre côté, et là j'attends parce qu'en fait j'ai perdu ma pote, elle est loin derrière moi, je commence à m'inquiéter. Là, je me rends compte en fait qu'il y a une casquette Ironman finisher, donc c'est déjà pas n'importe qui. Et là, je me dis, mais les meufs, elles sont en train de faire l'aller-retour du Grand Canyon en une journée, et toi, là, tu fais la traversée en trois jours, quoi

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

j'étais obligée de revenir de l'autre côté parce que j'avais ma voiture j'ai dit non mais demain je reviens en une journée en fait hors de question que je reprenne j'avais les permis pour dormir de l'autre côté j'ai dit non non demain je traverse tout en une journée pour info c'est pas très grand c'est 24 ou 26 miles avec 1800 des plus et 1800 des moins parce que la difficulté en fait quand tu vas faire un sommet tu commences par la montée tu finis par la descente là quand c'est un canyon forcément tu t'attaques le matin tu descends et en fin de journée tu tapes la montée à ressortir quand t'es en pleine canyon et je dis non je peux pas en fait elles font ça l'aller-retour en une journée et toi t'as fait en 3 jours c'est hors de question je reviens en une journée et le lendemain j'ai tout donné et j'ai tout traversé en une journée évidemment

SPEAKER_01

excellent

SPEAKER_00

mais ouais c'est les déterminations et le goût de repousser un peu ça à cette époque là j'avais pas encore fait de peut-être ma plus grande distance à pied c'était sur le GR10 en une journée je devais être ouais peut-être 35 km je pense ouais 35 j'ai demandé une fois 42 km à pied dans l'Oregon mais il y avait pas beaucoup de dénivelé dans l'Oregon hum

SPEAKER_01

alors à quoi ressemble du coup la suite pour toi il y a eu ces deux énormes projets bon avec plein de choses entre mais il y a eu le PCT puis ton Crazy Project la blessure qui est arrivée récemment une convalescence qui est encore en cours tu te projettes sur quoi du coup pour la suite

SPEAKER_00

alors je me projette normalement normalement ça aurait été le CDT cette année sans la blessure CDT qui est un des trois grands chantiers aux Etats-Unis donc on a parlé du PCT, le CDT c'est la même chose mais par le milieu donc là du coup c'est Nouveau-Mexique Colorado un petit peu de Wyoming et Montana donc ça fait c'est pas 4000 km c'est 5000 la blessure fait que je vais pas me lancer là dedans cette année parce que si j'ai un souci c'est mieux d'être en France je connais le prix d'une nuit à l'hôpital aux Etats-Unis maintenant donc non du coup il y a un sentier qui ouvre cette année en France qui s'appelle l'Exatrec qui part du nord-est de la France à la frontière avec le Luxembourg qui va traverser les Vosges, le Jura, les Alpes, les Baronies Provençales, qui bifurque sur les Pyrénées et qui termine à l'océan Atlantique. Ça fait 3000 kilomètres. Donc j'ai ça en tête. Je ne sais pas si j'en serai capable ou pas quand viendra le moment venu. Mais si ça, ça ne marche pas, je pense que je me porterai sur une itinérance à vélo. Ok. Voilà,

SPEAKER_01

pour essayer autre chose.

SPEAKER_00

Ah oui, donc le vélo, tu l'as carrément adopté, là. Ouais, ouais. J'espère que la kiné à qui j'ai fait tant de sermons en disant que le vélo, c'était nul, que jamais de la vie, j'en ferais, qu'on se faisait chier dessus, elle ne va pas écouter ce podcast.

UNKNOWN

Parce que...

SPEAKER_00

mais ouais j'ai commencé à prendre du plaisir en vélo et pour finir le vélo commence à me manquer en plus que je peux pas en faire donc c'est que du coup si je peux pas faire d'itinérance à pied j'en ferai en vélo c'est sûr j'ai besoin de cette itinérance où c'est qu'on est focalisé sur juste avancer et avancer plus loin et plus loin et plus loin et plus loin encore

SPEAKER_01

Excellent. Franchement, c'est tout ce que je te souhaite, que ce soit à vélo ou dès que possible. CDT, c'est Continental

SPEAKER_00

Divide

SPEAKER_01

Trade, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Exactement, ça suit la ligne de partage des eaux. Exactement, super. Écoute, punaise, c'était vraiment génial comme conversation. Déjà, encore une fois, merci d'avoir accepté de nous partager un peu ce à quoi a ressemblé ton PCT c'était trop bien de partir avec toi sur les sentiers américains et puis franchement un grand grand merci avec beaucoup d'authenticité je vais y arriver et d'humilité d'avoir partagé la façon dont tu gères cette grosse blessure quand même et puis écoute tout ce que je te souhaite c'est que ce soit rapidement derrière toi mais vu les efforts que tu déploies pour que ce soit le cas je me fais pas trop de soucis et puis ce que je te propose c'est qu'on se fasse un épisode débrief une fois que t'auras fait pour de bon la CDT ou l'exatrec

SPEAKER_00

ouais bah sans soucis ouais c'est CDT ouais si c'est pas cette année forcément ça va être l'année d'après

SPEAKER_01

ça sera la prochaine ouais bah écoute vraiment un grand grand merci Cindy pour ton temps et excellente fin de convalescence et puis je te dis à bientôt du coup

SPEAKER_00

alors ouais à bientôt tiens au courant

SPEAKER_01

ça marche salut

UNKNOWN

Oh oh oh