Les Frappés

Aux confins de l’Antarctique : solitude et survie d’une médecin avec Claire Lenne

Claire Lenne Season 5 Episode 206

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Claire Lenne est de retour sur le podcast ! Cette médecin urgentiste adepte des missions en milieux extrêmes revient sur Les Frappés pour nous parler plus en détail de la mission qu’elle a réalisé en 2023 en Antarctique, à bord d’un convoi de ravitaillement destiné à la base française de Concordia.

Elle nous explique les risques inhérents à ce type de mission, et la manière dont son rapport au temps a changé au fil des jours passés dans l’immensité blanche de ce désert de glace.

Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille d’aller d’abord écouter le 1er épisode que nous avions enregistré ensemble, l’épisode 199, diffusé le 28 janvier 2025.

Excellente écoute à vous.

🔎 Les livres de Claire sont Docteur Globe-trotter et Tour du monde en blouse blanche. La BD que Claire évoque, "La lune est blanche" est disponible ici. Site de l'Institut Polaire Français.

🎙 Les épisodes qui pourraient vous intéresser :
👉 Épisode #199 - Elle est médecin urgentiste en milieux insolites (Amazonie, Antarctique, Centrale nucléaire...) - Claire Lenne

👉 Épisode 162 - Mettre un terme à une carrière d'officier pour devenir écrivaine et aventurière, avec Linda Bortoletto

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SPEAKER_01

S'il y a vraiment quelque chose de grave, c'est clair que le convoi s'arrête et que là, priorité aux soins. Moi, j'ai de quoi quand même intuber, donc mettre dans le coma. J'ai de quoi mettre une machine qui fait respirer. J'ai de quoi réduire une fracture déplacée, etc. Franchement, j'ai de quoi faire quand même. La difficulté, c'est qu'il y a le fait d'être tout seul, de ne pas avoir d'infirmier, comme on a l'habitude à l'hôpital. Et puis, potentiellement, il faut pouvoir tenir 24, 48 heures, 72 heures, le temps qu'un avion arrive.

SPEAKER_00

Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Claire Lenne est de retour sur le podcast. Cette médecin urgentiste adepte des missions en milieu extrême revient sur les frappés pour nous parler plus en détail de la mission qu'elle a réalisée en 2023 en Antarctique, à bord d'un convoi de ravitaillement à destination de la base française de Concordia. Elle nous explique les risques et inhérents à ce type de mission et la manière dont son rapport au temps a changé au fil des jours passés dans l'immensité blanche de ce désert de glace. Si vous n'avez pas déjà fait, je vous conseille d'aller d'abord écouter le premier épisode que nous avions enregistré ensemble, l'épisode 199 diffusé le 28 janvier 2025. Excellente écoute à vous les frappés

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Fabuleux. Claire, je suis ravi que tu reviennes au micro du podcast pour qu'on fasse un épisode un peu plus approfondi sur une de tes expériences en particulier. Je ne te cache pas que celle qui a suscité le plus de réactions dans la communauté des frappés, c'est clairement ton séjour en Antarctique, ton séjour de trois mois en Antarctique que tu as fait en 2023, si j'ai bonne mémoire, si je ne dis pas de bêtises, et pour laquelle en tout cas il y avait vraiment beaucoup de questions avec grand plaisir pour y revenir donc si je me remémore ce que tu nous avais raconté la fois précédente cette mission en Antarctique ça a été une péripétie presque interminable puisqu'il t'avait mis 17 jours pour atteindre ta destination j'ai plus en tête le nombre d'avions je crois que c'était 7 ou 8 mais je me rappelle que ça avait été épique avant d'arriver Et une fois sur place, 23 jours de plus en tracteur chenille pour rejoindre la base française de Concordia, 1000 kilomètres plus loin à l'intérieur du continent, le tout par moins 40 degrés. C'est à peu près le tableau,

SPEAKER_01

c'est bon

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'est ça, effectivement. Moins 40,

SPEAKER_00

c'était le plus bas qu'on ait eu. On a commencé à moins 5, mais on est descendu jusqu'à moins 40. Donc clairement, une expérience hors normes. Les questions qu'il y a eu dans la... Alors moi, j'en ai plusieurs pour toi, mais j'avais demandé aussi... J'ai un groupe WhatsApp avec une soixantaine, on doit être 70 peut-être maintenant, d'auditeurs hardcore du podcast. Les questions qui sont revenues le plus, c'était autour de... Finalement, du trajet plus qu'autre chose. Et notamment, comment est-ce qu'on s'occupe quand on passe 24 jours dans un tracteur à chenilles

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que tu peux nous expliquer peut-être d'ailleurs ce tracteur, pour qu'on visualise un petit peu

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On parle de quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est une sorte de train sur chenille, donc tu as plusieurs wagons accrochés au tracteur en tant que tel

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment ça se

SPEAKER_01

présente

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, comment ça se présente

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Chacun a un tracteur chenillé et on tracte derrière nous plusieurs containers qui sont eux-mêmes chaussés sur des skis, en gros. Ah, donc c'est un convoi. C'est un convoi, voilà. Sauf que, comme c'est effectivement extrêmement dur pour les tracteurs, c'est extrêmement hostile. En fait, c'est dur, c'est en pente. La neige, elle est dure. C'est vraiment de la neige plus glace quasiment et avec des bosses sans arrêt. Et du coup, le tracteur, il est en permanence à 90-95% de son maximum. Et donc, pour pouvoir l'aider, on est deux tracteurs reliés à tout un convoi, en gros. Donc, la plus grosse difficulté, c'est que quand on démarre le convoi, on a d'un seul coup... En fait, il y a deux tracteurs pour 200 tonnes et au total, il y a 600 tonnes. et donc la plus grosse des difficultés c'est de démarrer en même temps donc il y a un premier tracteur qui prend un petit peu d'élan et dès que l'élingue donc la corde entre nos deux tracteurs se tend moi il faut que je démarre à la seconde près parce que si je démarre pas le tracteur de devant s'embourbe on dit qu'il s'ensouille dans le langage antarctique et si c'est le contraire si c'est moi qui démarre trop tôt je suis toute seule à tracter 200 tonnes donc je m'ensouille aussi

SPEAKER_00

et alors là c'est la cata donc toi t'as T'as toi-même conduit les tracteurs aussi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ouais, ouais. Excellent. Ah ouais, là, c'était vraiment de la médecine très, très...

SPEAKER_01

Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ouais, c'est clair. Pour l'année 2, j'étais partie m'entraîner chez un ami qui est agriculteur en Normandie, donc j'avais coupé le lin avec lui pour conduire le tracteur. Mais clairement, le tracteur chenier de l'Antarctique, ce n'est pas la

SPEAKER_00

même. Tout ça, les détails de la mission, tu les avais avant de t'engager en tout cas de candidater parce que si je me souviens bien il y a un process de sélection où tu candidates et il y a un certain nombre d'étapes mais c'était assez clair quand même sur ce que tu allais vivre

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors oui et non parce qu'en fait moi je me suis beaucoup renseignée auprès des anciens médecins qui ont fait d'autres missions il y en a deux que je connaissais vraiment bien et une troisième que je connaissais un petit peu mais en fait on a beau essayer de comprendre de creuser etc on ne peut pas se rendre compte c'est impossible et il y a aussi une BD en fait pour ceux que ça intéresse qui s'appelle La lune est blanche, qui est une BD assez incroyable sur le raid antarctique qui présente vraiment pas mal les choses. Mais en fait, tôt ou tard, je pense que j'aurais pu passer des jours et des jours à en discuter. Le vécu, c'est tout autre chose encore.

SPEAKER_00

Tu dirais que c'est quoi qui t'a le plus étonné sur cette mission

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être un aspect que tu n'avais pas forcément imaginé ou dont tu avais connaissance, mais qui a été vraiment décuplé sur place

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

La monotonie, peut-être. C'est vrai. Vraiment, en fait, sur la banquise, sur la côte, il y a vraiment des animaux, etc. Mais alors, dès qu'on rentre dans les... On ne peut pas dire dans les terres, dans les glaces. Alors là, c'est d'une monotonie incroyable. C'est blanc, blanc, blanc tout le temps. Et la seule différence d'un jour à l'autre, c'est la météo. C'est tout. Mais le quotidien est

SPEAKER_00

exactement le même. Typiquement, parce que... si j'ai bien compris ce que tu nous expliquais dans l'épisode précédent en fait ton rôle en tant que médecin c'était vraiment d'être cette médecin embarquée au sein d'un convoi mais une fois à Concordia finalement ta mission était finie il fallait déjà repartir le besoin de médecin était vraiment pour le trajet c'est bien

SPEAKER_01

ça ouais mais alors aussi bien l'aller que le retour d'une part et d'autre part une fois que cette grosse expédition de 23 jours était terminée après je suis encore restée un mois et demi sur la base qui s'appelle Cap Prud'homme et là j'étais à nouveau le médecin de la base Cap Prud'homme c'est une petite base où on est au maximum 20 par contre en permanence il y a des gestes, des actes très dangereux il y a de la manipulation de charges très lourdes de produits dangereux etc et en permanence il peut se produire quelque chose et donc il fallait aussi un médecin sur cette

SPEAKER_00

base là Concordia c'est vraiment très loin à l'intérieur des glaces Cap Prud'homme c'est plutôt sur la J'en ai jamais entendu parler. Je ne suis pas du tout un expert de l'Antarctique, mais c'est plutôt proche des côtes, du

SPEAKER_01

coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, en fait, c'est vraiment sur la côte. Et sans doute que tu as entendu parler du coup de Dumont-Durville, qui est beaucoup plus connu. Et en fait, Dumont-Durville, c'est sur une île. Et donc, les tracteurs ne peuvent pas partir d'une île parce que la glace, elle dégèle en été. Donc, en gros, c'est l'équivalent de Dumont-Durville à 5 km de là, mais sur la côte. D'accord. Et voilà. Donc, c'est pour ça que c'est beaucoup plus petit. Et en fait, quand on est en hiver, on peut aller à pied, c'est une heure de marche en gros. Mais dès que l'été arrive, la glace est trop fragile, il faut y aller en hélicoptère. Et donc, il y a des jours où l'hélico, ça passe, il n'y a pas de souci. Et le médecin du Mont-Durville pourrait venir à Cap-Prud'homme, mais il y a vraiment beaucoup de jours de tempête où c'est impossible et donc, il faut un médecin

SPEAKER_00

de ce côté. D'accord, ok. Et donc, typiquement, dans cette base, qu'est-ce qu'on fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On fait de la recherche

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est de la logistique pour des bases plus en profondeur, justement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, en Antarctique, il y a deux grandes missions. Il y a tout ce qui est scientifique et tout ce qui est logistique en appui aux scientifiques. Et donc, par exemple, la base de Cap Prud'homme, c'est que de la logistique. C'est uniquement, en gros, cette base est vraiment basée, enfin, sa raison d'être, c'est vraiment de déclencher le raid, d'emmener de la nourriture, du fuel et des pièces mécaniques, etc., à Concordia. Donc, c'est vraiment une base avec globalement des mécaniciens en grande partie, qui trafiquent les tracteurs, etc., qui chargent le convoi et qui servent vraiment à ravitailler Donc, il n'y a pas tellement de scientifiques. Ou alors, il y a des scientifiques qui viennent juste à la journée ou sur deux, trois jours pour étudier... Ah, j'exagère un tout petit peu parce qu'il y a un glacier juste à côté. Donc, il y a trois glaciologues qui étaient là en permanence pour étudier le glacier. Mais tout ce qui est ornithologie, etc., c'est vraiment sur

SPEAKER_00

deux mondes urbains. D'accord. OK. Et donc, toi... J'allais passer sur un autre sujet, mais pour finir sur le sujet du trajet, comment, si tu disais que ce qui t'a finalement peut-être le plus surpris ou qui a été le plus challengeant, c'était la monotonie, comment tu pallies à ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il y avait des types qui étaient échangés entre vous

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que vous aviez l'occasion d'échanger ou finalement pas trop parce que c'est tellement intense de conduire ces tracteurs à chenilles qu'on n'a pas le temps de discuter

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que finalement, deux fois 24 jours, c'était

SPEAKER_01

24 jours aussi le retour

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non, c'était 9 jours de montée et 9 jours de

SPEAKER_00

descente. Voilà, Comment est-ce que vous occupez ces journées

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

C'était la grande inconnue de savoir comment j'allais vivre moi-même ces heures et ces heures de solitude. En fait, on est vraiment chacun tout seul dans son tracteur. Globalement, la radio, on s'en sert très peu. On peut communiquer entre nous, mais en fait, l'idée, c'est de ne pas la monopoliser et de pouvoir l'utiliser à tout moment en cas d'urgence. Et puis, il y a aussi une espèce de deal là-bas qui est que ces notre moment dans notre bulle et que finalement ça devient un peu chacun de son beauté et après on partage des moments collectifs à midi et le soir mais pas pendant les heures de trajet et donc on alterne entre trois choses premièrement c'est écouter des podcasts deuxièmement c'est écouter de la musique et troisièmement ne rien écouter du tout et c'est vraiment en permanence on jongle entre ces trois activités là donc les podcasts moi j'aimais beaucoup au début et finalement à la fin j'étais tellement fatiguée des heures et des heures de tracteur enfin et puis du rythme un peu, entre guillemets, effréné, même si le tracteur ne va pas vite. En fait, à la fin, les podcasts, ça m'endormait. Je suis devenue incapable d'en écouter. Donc, c'était surtout de la musique, le plus fort possible pour me réveiller. Et donc, on se refile des clés USB avec une énorme playlist et puis on la change de temps en temps.

UNKNOWN

Voilà.

SPEAKER_01

Excellent. Et en fait, il y a une autre anecdote, c'est qu'il y a un des anciens médecins du RAID qui m'a envoyé très gentiment une clé USB avec plein, plein, plein de documents à mettre dans mon tracteur. Sauf que moi le jour du départ c'était très compliqué parce qu'on m'avait annoncé mon avion au départ de la Réunion qui devait partir le mardi à 14h et finalement je reçois mon billet d'avion enfin le lundi et le lundi je regarde l'heure et je dis mais non en fait c'est le départ dans 2h et donc c'était un prendre bas de combat mais inimaginable et donc j'ai fait mes bagages vraiment en 5 minutes top chrono j'ai pris les affaires trempées qui sortaient de la machine à laver et j'ai couru à l'aéroport comme une dératée et Et donc, j'ai oublié cette fameuse clé USB, j'ai oublié mes baskets, j'ai oublié plein plein de choses parce que je ne pouvais pas, voilà. Donc, la clé USB, je l'ai retrouvée au retour et heureusement, quelqu'un m'en a fini une là-bas avec plein d'autres documents

SPEAKER_00

aussi. Ce sera l'occasion d'y retourner du

SPEAKER_01

coup. Oui,

SPEAKER_00

exactement, oui. Si on passe sur les sujets actes médicaux, qu'est-ce qui... Alors, là tout de suite, je pense à plein de choses qui semblent évidentes, mais qu'est-ce qui justifie la présence d'une médecin au sein du convoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce qu'il peut y avoir comme acte

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ou est-ce qu'il y a déjà eu des actes médicaux qui ont dû être pratiqués pendant ce type de raid, dans ta connaissance

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Alors, des actes, vraiment, je crois qu'il n'y en a pas eu tant que ça. Par contre, il y a eu des mals de dos importants, il y a eu l'histoire d'hémorroïdes aussi, qui n'est pas très grave en soi, mais quand on reste assis sur un tracteur pendant des heures, ça devient vite très compliqué. Il y a eu une infection majeure il y a quelques années

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ce n'était pas moi, mais globalement, il y a peu d'actes. C'est plus un petit peu de la biologie du quotidien, mais on sait que tout peut dégénérer vraiment très vite. Il suffit d'avoir, je ne sais pas, une grosse tempête, quelqu'un qui chute d'un escalier, une hypothermie. En fait, ça peut très vite être très grave. Donc, c'est vraiment la précaution d'avoir un médecin parce que globalement, il ne se passe rien. Mais alors, le jour où il se passe quelque chose, c'est très

SPEAKER_00

vite très grave. Oui, c'est ça ce que tu expliquais dans l'épisode précédent. C'est qu'il y a plein de choses qui sont extrêmement compliquées. au-delà du fait que c'est très isolé, du fait des températures, par exemple, certains tuyaux en plastique cassent comme du verre. Donc, tu disais qu'il y a quand même plein de paramètres techniques qu'il faut prendre en compte. Avec quel type d'équipement médical est-ce que toi, tu es monté dans ce convoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que tu étais vraiment équipé si jamais il se passait quelque chose d'un peu sérieux pour pratiquer des actes

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu avais quand même ce qui il

SPEAKER_01

fallait

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Clairement, oui. En fait, on a neuf caisses de matériel,

SPEAKER_00

de

SPEAKER_01

grosses caisses. Alors, l'espace est extrêmement contraint, donc on cache une caisse à tel endroit, une caisse à tel endroit, une caisse à tel endroit, et puis on a une liste pour le jour venu, s'il y a une urgence vitale, trouver directement la telle de fille, etc., pour aller chercher un coup à droite, un coup à gauche. Mais s'il y a vraiment quelque chose de grave, c'est clair que le convoi s'arrête et que là, priorité aux soins. Donc, moi, j'ai de quoi quand même intuber, donc mettre dans le coma j'ai de quoi mettre une machine qui fait respirer j'ai de quoi réduire une fracture déplacée etc franchement j'ai de quoi faire quand même la difficulté c'est le fait d'être tout seul de ne pas avoir d'infirmier comme on a l'habitude à l'hôpital et puis potentiellement il faut pouvoir tenir 24, 48 heures 72 heures le temps qu'un avion arrive un petit avion chaussé sur des skis que la météo soit compatible que l'avion soit disponible qu'on lui dame une piste d'atterrissage d'urgence etc waouh

SPEAKER_00

Et donc, ça veut dire que j'imagine que vous avez des abris que vous pouvez utiliser, des sortes de tentes un peu extrêmes que vous pouvez monter ou tout doit se faire dans les chenilles, dans les

SPEAKER_01

tracteurs

UNKNOWN

? Oui, c'est à l'intérieur.

SPEAKER_01

Parce qu'une tente à moins 40, ça ne sert à rien. En gros, ça serait dans la salle à manger. Il y avait un petit canapé où on s'installait pour manger. Là, potentiellement, je peux allonger un malade. Mais en même temps, je dis ça, mais ce n'est pas vrai parce qu'il n'était pas très accessible, ce canapé. Donc, ça aurait sans doute été sur la table de la salle à manger. La règle, de toute façon, c'est de la débrouille. On fait le mieux possible avec ce qu'on a, mais c'est sûr

SPEAKER_00

que c'est de la débrouille. Quand tu dis table de la salle à manger, c'est une fois à la

SPEAKER_01

base

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non, dans le convoi.

SPEAKER_00

Ah, dans le convoi, vous aviez

SPEAKER_01

un... D'accord. En fait, il y avait trois containers principaux qui nous servaient à vivre et tous les autres, c'était des containers où on transportait des choses. Et donc, dans les containers principaux, on avait une petite salle à manger et il y avait deux dortoirs de quatre lits et un dortoir de deux lits et un groupe électrogène, une douche, un toilette, un robinet avec de la Oui,

SPEAKER_00

donc des conditions très, très spartiate. Clairement, clairement, oui. OK. Et donc, dans le convoi, vous étiez

SPEAKER_01

nombreux

UNKNOWN

? On était dix.

SPEAKER_01

donc une femme initialement j'étais la seule femme pour la montée et puis 9 hommes et puis finalement à la descente il se trouve qu'il y a une autre femme qui a remplacé un des hommes donc on était

SPEAKER_00

deux sur la descente

SPEAKER_01

ok ok

SPEAKER_00

Et du coup, quand vous partez, tu disais 200 tonnes par tracteur, c'est énorme. Là, l'idée, c'est que vraiment, vous partez en autonomie totale. Vous avez une marge de manœuvre quand même dans votre organisation

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Vous prévoyez des jours en plus ou finalement, vous n'avez pas trop l'option de le faire parce que vous êtes déjà tellement chargé qu'il n'y a plus de place pour

SPEAKER_01

des jours en plus ou des vivres

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui. La règle d'or, c'est en Antarctique, pas de pronostics. C'est formel parce qu'il se passe tout le temps des problèmes en fait la vie normale en Antarctique c'est pas tout va bien et une fois tu entends un problème il y a des problèmes tout le temps et on les résout tout le temps donc on ne sait pas quand est-ce qu'on va arriver on sait que statistiquement parlant souvent on met 10 jours à la montée mais en fait les tracteurs ils ont des problèmes la météo peut nous paralyser pendant 3 jours d'affilée et que si c'est à pleine tempête on ne peut plus avancer on doit attendre donc nous on prévoit l'aléa en permanence et nous finalement on a eu un gros gros aléa sur la descente on a eu une dameuse qui s'est cassée complètement et donc elle ne rouler plus. Et en fait, on a un traîneau en plus sur lequel on a fait monter la dameuse. Alors, les gars sont hyper débrouillards en Antarctique et ils ont un peu la réponse à tout. Et donc, on a fait monter la dameuse cassée dessus. Et en fait, on avait deux dameuses. Une qui damait, qui aplatissait la neige au début du convoi et une autre qui redamait à la moitié du convoi parce que le convoi défonce la piste. Et donc, finalement, heureusement, c'était un peu sur la fin de la descente. Donc, heureusement que c'était à ce moment-là. Mais oui, on a perdu une dameuse.

UNKNOWN

OK.

SPEAKER_00

de la débrouille ça j'imagine que ça doit clairement faire partie aussi de tes qualités de ce que ça t'apporte dans une équipe là on parle de l'Antarctique mais encore une fois s'il y en a qui n'ont pas écouté ton épisode précédent foncez t'es quand même une habituée des missions en milieu insolite j'ai en tête les centrales nucléaires en Chine l'Amazonie enfin il y a eu quand même plein d'autres choses avant donc je suppose que ça ça doit être quand même un trait de caractère les débrouillardistes ils qui est un peu essentiel pour n'importe quelle personne qui fait partie de ce genre d'expédition. Oui, clairement, il faut savoir sortir de nos standards et globalement, si on attend d'avoir un scanner sous la main, on peut l'attendre très longtemps. Ces 10 personnes, c'était quoi leur rôle

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Toi, tu étais évidemment, je pense, un pilier indispensable pour le côté sécurité et médecine, mais les autres membres du convoi, c'était quoi leur mission

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

ce qui est drôle c'est que moi je suis dans la théorie indispensable dans la pratique je ne le suis pas du tout et je suis même la moins utile de l'expédition puisque je suis vraiment là au cas où il y a un problème mais souvent il n'y a pas de problème donc finalement les 9 autres gars étaient bien plus utiles que moi ce qui est étrange mais c'est comme ça et donc les autres il y avait un chef d'expédition il y avait alors tout le monde est chauffeur de tracteur tôt ou tard et puis les autres il y en avait un qui était informaticien et qui gérait l'électricité etc mais la majorité ils étaient mécanos en fait Tous les soirs, quand on arrêtait le convoi, il fallait faire la maintenance du tracteur, mesurer sa consommation, refueler, gérer la pression des chenilles, gérer les petits problèmes qui surviennent en permanence. C'est pour ça que moi, en tant que médecin de l'expédition, le soir, quand mon convoi s'arrête, je n'ai pas ces compétences. Donc, le médecin est cuisinier de l'expédition. Parce que finalement, c'est les compétences les plus faciles. Le soir, je ne vais pas me tourner les pouces pendant qu'ils font leur marche. Je

SPEAKER_00

t'avais demandé d'ailleurs la dernière fois si la légende était vraie, qu'on mange très bien dans les bases françaises en Antarctique. Tu m'avais dit oui. Est-ce que si je pose la question à tes neuf compagnons à l'aller et au retour, ils répondraient la même chose

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne sais pas si tu as cuisiné au retour aussi ou pas.

SPEAKER_01

C'est un gros gag parce que moi, je ne cuisine pas. Ce sont mes amis qui me connaissent qui rigolaient bien de savoir que j'étais cuisinier. Mais le travail était très facilité. parce que c'était du surgelé à réchauffer. Ah oui, d'accord. Il paraît que tous les médecins ne s'en sortent pas aussi bien tous les ans, et qu'il y en a qui se débrouillent pour servir des plats congelés ou brûlés. D'ailleurs, petite anecdote, c'est qu'il n'y a pas besoin de congélateur en Antarctique, donc on laissait nos plats surgelés à l'extérieur. Et à l'inverse, le frigidaire, qui est à plus 4 degrés, c'était un chauffage, bien sûr, puisqu'à l'extérieur, il fait grand froid, qu'en fait, on chauffe à 4 degrés. Donc, c'est le seul endroit du monde, sans doute, où le frigo est un chauffage.

SPEAKER_00

parce que du coup c'était quoi l'écart de température entre l'intérieur des chenilles enfin l'intérieur des tracteurs et ou des containers et l'extérieur

SPEAKER_01

honnêtement on chauffait bien à l'intérieur et le matin quand on rentre dans le tracteur il fait froid mais en fait ça chauffe très vite et en plus on a des vitres en je sais pas une sorte de pénétrigax qui fait que ça chauffe vraiment à l'intérieur moi on m'avait dit que je serais souvent t-shirt et franchement c'était vrai c'est complètement étrange mais

SPEAKER_00

c'est vrai et ça d'un point de vue médecine ça peut pas être source de problèmes des écarts aussi énormes parce que si t'étais en t-shirt c'est qu'il devait faire je sais pas autour de 20 degrés peut-être

SPEAKER_01

alors moi j'étais très fière de moi parce que je trouvais que je tolérais bien le grand froid et en fait je me suis rendue compte en arrivant à Concordia que je tolérais bien parce que je passais finalement 5 ou 10 minutes dehors pas plus quoi et en fait je passais dehors pour faire les transferts de mon tracteur au conteneur et du conteneur au tracteur mais finalement quand on est arrivé à Concordia il y avait absolument toute la base de Concordia qui qui nous attendait dehors en tenue intégrale. Et donc là, on a pris une heure à se serrer dans les bras. C'est vraiment un moment extrêmement festif. Et en fait, là, j'ai eu le froid de ma vie. J'étais absolument congelée. Et donc, j'ai découvert que non, je ne tolère pas plus que ça. C'est juste que je n'étais plus sortie jusque-là.

SPEAKER_02

Donc

SPEAKER_01

finalement, on n'a pas... Pareil, je suis très frileuse, donc ça ne faisait rien de ma famille et mes amis. Mais en fait, déjà, on est très bien équipés. Et puis en fait, dès qu'on est à l'intérieur des bases ou des tracteurs, c'est bien chauffer, on n'a pas froid du

SPEAKER_00

tout. Et sans parler nécessairement de médecine ou de sujets sérieux, mais à titre individuel, quelqu'un qui part sur ce type d'expédition où c'est à la fois très londe, spartiate, il fait très froid, ça serait quoi les sujets de vigilance d'un point de vue vraiment médical, mais personnel, sans nécessairement avoir un médecin impliqué

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

À quoi il faudrait faire attention

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

L'exposition de sa peau, les yeux

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ah oui, sur le plan physique, l'exposition de sa peau effectivement parce qu'en fait le froid au début ça fait très mal et en fait si on ne se recouvre pas et bien ça fait plus mal du tout parce que le froid est anesthésiant et en fait c'est là où ça devient vraiment grave notamment pour le bout du nez et donc les mécanos qui passent une heure ou plus dehors ils se surveillent un peu les uns les autres et s'ils voient que l'autre a le nez tout gelé et bien en fait ils lui disent faut que tu rentres là même si tu sens rien faut que tu rentres va te mettre au chaud et tu reviens quand t'es réchauffé et effectivement le fait de remettre le bout du nez au chaud d'un coup on ressent la douleur la morsure du froid ça c'est un piège après bien sûr les enjolures le froid des pieds, le froid des mains les coups de soleil il faut se méfier si on reste un peu longtemps dehors parce que bien sûr il y a un énorme reflet et puis il y a peu de couches d'ozone là-bas

SPEAKER_00

le fait de respirer tu vois quand il faisait moins 40 au plus froid le fait de respirer cette aire en direct c'est problématique

SPEAKER_01

ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

en fait moi j'avais quand même tellement froid partout que Au début, on essaye de dégager le nez pour respirer de l'air pur et non filtré à travers un tissu. Même le bout du nez, il faut le protéger. L'air est quand même respiré à travers la cagoule. Après, l'air est hyper sec. À moins de 40 degrés, l'air est tellement sec que ça donne soif. C'est vraiment impressionnant. On se réveille plusieurs fois la nuit pour boire, boire, boire. Une espèce d'envie frénétique. C'est drôle parce qu'on se déshydrate juste en respirant. en

SPEAKER_00

fait ce que tu évoquais sur les extrémités enfin le froid qui est anesthésie ça me fait penser quand j'étais j'ai vécu un hiver à Montréal et on m'avait dit de faire attention à ça on m'avait dit ah mais fais gaffe tous les ans il y a des gens qui se brûlent en fait parce qu'ils restent dehors sans gants il fait un peu froid moins 15 moins 20 et en fait quand ils rentrent ils passent l'eau sous les mains pour se réchauffer ils sentent rien donc ils mettent plus chaud et en fait ça peut faire des brûlures au premier degré

SPEAKER_01

ouais

SPEAKER_00

c'est vraiment bête ouais ouais ok et donc tu disais une fois à Concordia donc 3 jours sur place là tu as des missions qui te sont attribuées en tant que médecin où l'idée c'est vraiment de se reposer de recharger les batteries avant de repartir pour le trajet retour

SPEAKER_01

alors moi j'étais plutôt un peu privilégiée parce que d'une part je ne connaissais pas Concordia donc il y avait 1000 trucs à découvrir donc j'ai pu découvrir et puis j'ai pu me reposer aussi mais en fait comme on a altitude à 2000... Alors, normalement, on est à 3200 mètres d'altitude, mais en fait, il y a une pression atmosphérique si basse, elle était à 660 quand on est arrivé, que c'est un équivalent à 3800. Donc, en fait, on ne dort pas bien, on ne se repose pas bien. Mais déjà, juste de sortir de son tracteur et du bruit ambiant, ça fait un bien fou. Mais par contre, les gars, ils avaient quand même toute une maintenance des tracteurs à faire et puis surtout, ils avaient beaucoup de déchargements des containers. Alors, ils étaient aidés par la base de Concordia. Mais globalement, il y a deux jours de décharge et puis recharge des déchets de Concordia qu'on redescend à la côte mais il y a un jour complètement off voilà ok

SPEAKER_00

Oui, sachant que tu disais qu'il y a plein de choses à faire à Concordia, j'ai des photos sous les yeux. En fait, c'est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est principalement deux gros bâtiments cylindriques, c'est

SPEAKER_01

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, mais en fait, pour le coup, là-bas, il y a vraiment beaucoup, beaucoup d'activités scientifiques. Et donc, moi, j'ai été fascinée par tout ce qu'on m'a expliqué sur les différentes expériences. Il y a bien sûr la glaciologie qu'on imagine bien, avec notamment un forage de plus de 3 km de profondeur pour remonter le climat, parce qu'on mesure la glace datant de plusieurs milliers d'années, de 800 000 ans. et là ils sont en train de faire un fourrage qui remonte jusqu'à 1,5 million d'années pour retrouver les petites bulles d'air de l'époque qui sont piégées dans la glace ça c'est le plus gros projet sans doute le plus connu mais après il y a plein d'autres projets, il y a de l'astronomie parce que par exemple on profite de la nuit continue pour pouvoir observer des étoiles en continu pendant 4 mois et sans être du tout embêté par la lumière du jour c'est fascinant, il y a des projets sur la médecine comment le corps s'adapte à des endroits aussi extrêmes, donc c'est des projets qui sont menées par l'ESA, l'Agence Spatiale Européenne, parce que potentiellement, ça pourrait être représentatif des voyages vers Mars. Il y a des projets... C'est inimaginable. Il y a une anthropologue aussi qui étudie les rapports humains. C'est vraiment

SPEAKER_00

très, très varié. Il me semble que tu avais croisé Thomas Pesquet, non, à Concordia

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, exactement, oui.

SPEAKER_00

Qui était là, du coup, dans le cadre d'une des missions, justement, d'adaptation du corps à ce type de milieu, je suppose

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Exactement. Il a eu pas mal de prises de sang, une IRM du cerveau... pour voir comment son corps s'adapte à ce milieu extrême, à la fois le froid, l'isolement, l'attitude. Et donc, effectivement, pour vraiment dans l'idée d'envisager des missions sur Mars. Il y avait aussi des études sismologiques, donc c'est vraiment intéressant. Il y a des sismomètres qui enregistrent tous les tremblements de terre. Et un tremblement de terre, un séisme qui aurait lieu au Japon, se répercute en 10 minutes en Antarctique. Et puis nous, en fait, là-bas, les signaux sismiques ne sont pas du tout perturbés par les usines, les voitures, etc. Et l'activité humaine, c'est extrêmement pur. On enregistre aussi le glacier qui se craque éventuellement. Il y a des projets, vraiment, c'est passionnant, la variété.

SPEAKER_00

Je vois qu'il y a de la musique. mesures du champ magnétique terrestre avec des séries d'antennes énormes. Je mettrai le lien vers cet article. Je ne sais pas si c'est un article de Mer et Marine sur la logistique polaire en Antarctique. C'est assez intéressant. Il y a des photos notamment d'un convoi. Comme ça, les gens pourront voir. C'est une ligne droite à perte de vue sur une étendue parfaitement plate et blanche. En termes de monotonie, ça parlera aujourd'hui. Oui, oui. OK. Et donc, pour nos amis complotistes, est-ce que tu peux nous confirmer qu'il n'y a pas un mur secret au Pôle Sud ou une base militaire ou que sais-je

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu n'as pas vu

SPEAKER_01

ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ah non, je ne savais même pas

SPEAKER_00

que tu disais ça. Non, je te dis ça parce que je suis tombé, on m'a envoyé il n'y a pas très longtemps. Apparemment, il y a un YouTuber qui est connu dans la sphère complotiste qui est allé en Antarctique pour vérifier par lui-même que que le soleil ne se couchait jamais à la période de l'année à laquelle il y allait. Donc, ça a été un peu relayé par des grands médias. C'est comme ça que j'ai découvert ce sujet. Donc, je me suis dit que j'allais pouvoir te demander

SPEAKER_01

confirmation. Oui, je confirme. Au final, malgré l'immensité parcourue entre acteurs, mais finalement, quand on prend sur la carte, ça reste une petite partie de l'Antarctique. Par exemple, on s'est très peu approchés du Pôle Sud, du vrai Pôle Sud. Et donc, ça en dit long sur l'immensité de ce continent-là.– Sous-titrage FR 2021

SPEAKER_00

excellent je refais un tour sur les questions de la communauté des frappés je pense que c'était un petit peu les services il y avait une des questions c'était pourquoi est-ce que tu as dit oui à ce type de mission en sachant en connaissant un petit peu en avance ce dans quoi tu as été engagé pourquoi pourquoi dire oui à 24 jours dans un convoi de tracteur chenille par moins 40

SPEAKER_01

alors moi je pense qu'il y a vraiment la fascination pour la découverte et c'est surtout ça j'avais envie de découvrir Découvrir Antarctique, découvrir ce qu'on voit, ce mode de vie tellement lointain. Et puis d'ailleurs, je m'estime extrêmement chanceuse d'avoir eu accès à ce contrat-là. Mais voilà, c'est vraiment le plaisir de découvrir avant tout. Et puis je pense qu'il y a aussi toute une part de défi. Moi, je suis assez réceptive aux côtés des filles et de se dépasser, de se confronter aussi à là où on n'a jamais été. Les rencontres aussi, ça me touche beaucoup. La vie en communauté, le fait d'habiter ensemble et puis de finalement mieux se connaître les uns les autres. avec à la fois toutes les joies et tous les défis aussi. Ce n'est pas facile tous les jours. Mais tout ça, ça m'a fascinée.

SPEAKER_00

C'est ce que j'allais dire. Ça serait super intéressant d'échanger avec un anthropologue, une anthropologue qui a pu mener un peu des recherches dans ce type d'environnement. Parce que là, je suis en train de voir que toi, tu as fait une mission de trois mois, mais finalement, tu as quand même beaucoup bougé. Mais si j'ai bonne mémoire, tu m'avais dit qu'il y a des gens qui restent bien plus longtemps. Finalement, une année complète complète,

SPEAKER_01

c'est assez standard, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, effectivement, je pense que une partie de ceux qui viennent en Antarctique viennent pour un an entier, et il y en a même d'ailleurs qui reviennent. Moi, par exemple, les gars du Red, ils revenaient tous les ans depuis, il y en a un, ça faisait 26 ans qu'ils revenaient. Alors à chaque fois, c'est sur trois mois, mais c'est incroyable. Et au moment où j'étais, il y avait deux anthropologues qui travaillaient justement sur les habitants de l'Antarctique au sens hyper large, et y compris les marins qui viennent, qui travaillent sur le bateau, qui déposent des hivers et des campagnards d'été en Antarctique. C'était vraiment, ils étudiaient un peu tout le monde avec des études, des entretiens très longs. D'ailleurs, ils ont fait une étude assez amusante aussi sur qu'est-ce qu'on emmène dans sa valise quand on va en Antarctique.

SPEAKER_00

Voilà, c'est des sujets de recherche infinis. Parce que là, je vois qu'en hiver, donc à Concordia, il y a une capacité d'accueil qui est de 50 à 70 personnes l'été, mais qu'en hiver, il y a finalement très peu de monde, 13 à 15

SPEAKER_01

a

SPEAKER_00

priori. Ouais, ils étaient 12

SPEAKER_01

cette année, ouais. 12, ah ouais, punaise. et puis souvent il y a une femme ou deux femmes alors cette année si je ne me trompe pas je crois qu'il y a eu trois femmes et que c'était un record trois ou quatre mais en tout cas c'était vraiment un record absolu dans l'histoire

SPEAKER_00

de Concordia sachant que là pour le coup quand l'hiver s'installe il n'y a pas vraiment d'option enfin ils sont absolument complètement isolés c'est même pas c'est pas possible d'y aller en avion le fait qu'il fasse nuit en permanence j'imagine ça va être compliqué d'atterrir

SPEAKER_01

ouais il n'y a absolument aucun moyen d'évacuation et même s'il y avait un truc grave on ne peut rien tenter il n'y a rien de tenté par un tracteur les tracteurs ils gèlent à cette température là en hiver et puis par les avions les avions aussi gèlent alors il y a eu une année je vous supplie je vous en avais parlé sur le premier podcast au vrai pôle sud il y a une base et il y a une femme qui s'est diagnostiquée elle-même à un cancer du sein c'était la médecin qui s'est diagnostiquée à un cancer du sein donc elle ne pouvait pas être évacuée elle ne pouvait pas avoir accès alors ils ont trouvé une solution c'était de lui larguer par parachute des caisses de chimio qu'elle s'est faite elle-même voilà c'était une

SPEAKER_02

histoire complètement

SPEAKER_01

dingue oh putain la seule chose faisable pendant l'hiver il n'y a rien

SPEAKER_00

d'autre de faisable et donc est-ce que pour les personnes les hivernants est-ce que les rôles sont dupliqués avec l'exemple que tu viens de donner admettons que je ne sais pas quelle était l'issue pour cette médecin mais j'espère que c'était une issue positive mais si jamais il devait se passer quelque chose de grave est-ce que les rôles sont dupliqués est-ce qu'on prévoit une médecin plus un infirmier très très calés ou des sortes de back-up

SPEAKER_01

en fait

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Non, il n'y a pas ça. Par contre, le médecin, dès qu'il arrive sur base, il essaye assez rapidement de former une petite équipe qui l'aiderait le jour venu. Bien sûr, ces aides n'auront jamais un diplôme d'infirmier, enfin un niveau d'infirmier encore moins haut de gamme, mais par exemple, s'il se retrouvait à devoir faire une chirurgie, finalement, il y aurait des gens non diplômés qui pourraient l'aider à faire l'anesthésie, etc., à lui servir des médicaments, enfin voilà, à lui... à lui servir en stérile, etc. Mais si ça lui arrive à elle, sur 12 personnes, il n'y a aucun rôle

SPEAKER_00

de dupliqué et chacun

SPEAKER_01

est relativement

SPEAKER_00

indispensable. Wow

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Intellectuellement, ça doit être hyper stimulant dans ce type d'univers parce que de ce que tu me racontes, de ce que j'ai pu un peu lire sur certains récits d'expédition, en fait, tu es tout le temps en train d'apprendre quelque chose. Tu arrives avec ton expertise, mais tu ne peux pas te cantonner à ce que tu connais, en

SPEAKER_01

fait. Oui, c'est vrai que c'est toute une Moi, c'est vrai, quand je suis arrivée, j'ai été fascinée par ce monde-là et j'ai beaucoup lu et regardé de films aussi, et notamment sur les expéditions, sur les autres bases, sur les expéditions majeures qui ont eu lieu, sur les découvertes. C'est vrai que c'est un monde dont on ne parle jamais, mais avec une histoire, avec un grand H, une histoire fascinante. Par exemple, il y avait une base à plusieurs kilomètres de Dumont-Durville qui a brûlé. Ils étaient trois, je crois. Je ne sais plus. Je ne sais plus combien ils étaient, mais la base a brûlé. Donc, ils sont trois. ça aurait pu être vraiment catastrophique et finalement par chance ils ont pu être évacués par un bateau qui passait pas très loin donc ça ça s'appelle Port Martin et maintenant j'ai eu la chance de pouvoir y aller à Port Martin je crois que c'est à 80 km du mont Durville et puis on voit vraiment la base brûler et puis comme là-bas il n'y a rien qui se détériore on a retrouvé les caisses de dynamite d'autrefois les cadavres de chiens qui les aidaient pour traîner les trineaux etc

SPEAKER_00

incroyable

SPEAKER_01

je

SPEAKER_00

viens de voir qu'il n'y a que 3 bases qui opèrent toute l'année une base européenne donc c'est Concordia une base américaine et la base russe qui s'appelle Vostok je prends sans doute mal

SPEAKER_01

mais je pense qu'il y en a un peu plus parce qu'il y en a une sur le pôle sud pile poil et McMurdo c'est une base américaine aussi je crois qu'elle est ouverte toute l'année Dumont-Durville elle est aussi ouverte

SPEAKER_00

toute l'année ok

SPEAKER_01

Oui.

UNKNOWN

Wow.

SPEAKER_01

Fascinant. Peut-être que tu parles des bases dans les terres. C'est possible qu'il n'y en ait que

SPEAKER_00

trois. Concordia, c'est au niveau

SPEAKER_01

du Dôme C,

SPEAKER_00

c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, c'est ça. C'est peut-être ça, au cœur du continent. C'est ça, exactement. C'est Vostok, Amundsen, Scott pour les US et Concordia. Tout ça t'a donné envie de potentiellement repartir en Antarctique ou dans ce type d'environnement, mais pour plus longtemps.

SPEAKER_01

alors je me suis au début en fait j'ai fait des yo-yos au début je me suis dit ah oui ça me donne envie de passer un an et d'essayer de voir comment je m'adapte et puis de vraiment être encore plus immergée dans la science antarctique et puis finalement plus le temps passait plus je me suis dit ah non non j'ai envie de rentrer chez moi et au contraire je suis admirative de ceux qui restent un an là-bas parce que vraiment ça me paraît être un défi autrement plus important que le mien donc pourquoi pas y retourner mais pas tout de suite pas

SPEAKER_00

tout de suite non et alors Alors là, question vraiment très terre-à-terre, et je ne sais pas si tu es autorisée à en parler, s'il y a des choses que tu ne peux pas trop partager, mais d'un point de vue contractuel, salaire, etc., comment ça se passe

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu te mets en freelance

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu deviens salariée d'un institut français

SPEAKER_01

temporairement

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, c'est l'Institut Polaire Français qui nous recrute quasiment tous. Et l'Institut Polaire Français a des grosses contraintes budgétaires assez terribles. Donc, il y a globalement Globalement, on n'y va pas pour le salaire là-bas. On est au SMIC et plus prime. Un peu tous à la même enseigne. Après, on dépense très peu là-bas aussi. On est nourri à l'OG Blanchy et pas beaucoup de loisirs

SPEAKER_00

payants. Vous êtes payé en souvenirs et en expériences

SPEAKER_01

inoubliables. Oui. On est nourri. De toute façon, on dépense. Les assurances mutuelles et tout qui continuent de courir en France,

SPEAKER_00

c'est tout. Une Quelle expédition

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Pour les frapper, on a couvert toutes les questions.

SPEAKER_01

Alors attends, j'ai une petite correction. En fait, il y a aussi beaucoup de scientifiques qui sont envoyés par le CNRS, leurs instituts de recherche propres. L'Institut polaire français gère vraiment la logistique, mais

SPEAKER_00

pas la recherche. D'accord, très clair. Et par curiosité, Toutes les recherches qui sont effectuées là-bas sur place, est-ce que c'est des choses qui sont partiellement ou totalement publiques

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'on peut suivre un petit peu le travail des équipes sur place

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors

SPEAKER_01

oui, il y a un blog. Il y a le blog de Terra Deli, par exemple, qui raconte un peu la vie des hivernants. Ils doivent écrire peut-être tous les 15 jours, 3 semaines. Ce n'est pas très rapproché, mais ça permet de voir la ponte des Manchots, par exemple, la ponte des zones Manchots, etc. Je ne sais pas s'ils parlent tant que ça des résultats de recherche incroyable

SPEAKER_00

je suis dessus ouais bah là écoute il y a des des graphes sur les températures des ah c'est fascinant punaise c'est fou je savais pas qu'il y avait super le blog officiel du district de Terre Adélie un des 5 districts des terres australes et antarctiques françaises voilà fabuleux et bah écoute ça me fera de la

SPEAKER_01

lecture super et après il y a régulièrement des hivernants qui restent toute l'année et puis en fait qui font leur blog propre alors c'est vrai qu'il faut tomber dessus une fois ou alors par le bouche-à-oreille connaître, mais ensuite il y en a vraiment plusieurs, des météorologues, des glaciologues, etc., qui racontent un peu leur quotidien et à la fois sur le plan scientifique et à la fois sur leur découverte de

SPEAKER_00

l'environnement. Est-ce qu'il y a des choses, toi, d'un point de vue médecine

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je pense que tu as été assez clair sur le fait que tu n'as pas eu nécessairement à pratiquer, tu n'as pas eu de situation à gérer critique, mais Est-ce qu'il y a quand même malgré tout des choses, que ce soit sur le plan humain, logistique, que tu as apprises de cette expérience et que tu penses pouvoir mettre à profit potentiellement de prochaines missions dans des milieux insolites, même si ce n'est pas des milieux de grand

SPEAKER_01

froid

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Sur le grand froid, j'ai quand même appris. On avait fait un stage d'une semaine avant de partir à Chamonix dans les hauteurs. Donc là, j'ai quand même pas mal appris sur les pathologies du froid, etc. Après, sinon, sur les autres plans, pas tant que ça, je pense. Après, j'avais déjà une expérience quand même de médecine adaptée. En

SPEAKER_00

quoi, pardon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

En tractologie. Tu es prête pour une traversée de la Mongolie en tracteur ou ce genre de

SPEAKER_01

choses

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Après, j'ai appris plein de choses sur le plan scientifique, en glaciologie, les courants de l'Antarctique, en ornitho, etc. Mais c'est vrai que ce n'est pas forcément reproductible sur d'autres contrats.

SPEAKER_00

Excellent. Claire, un grand merci pour ce focus sur ta mission en Antarctique. S'il y a des gens qui sont intéressés je t'avais mis en relation avec une ancienne invitée du podcast Tiffen qui est médecin je ne sais pas si vous avez pu échanger mais typiquement je pense que ça l'intéresserait énormément ce genre de mission mais s'il y a des gens qui veulent en savoir plus potentiellement envoyer une candidature que ce soit pour de la médecine ou juste des mécanos ou cuisiniers sur ce type d'expédition est-ce que toi tu as des ressources que tu recommandes qui t'ont été utiles à

SPEAKER_01

toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Vraiment cette BD La lune est blanche je la trouve très exceptionnelle même pour la culture générale au niveau grand public. Et puis vraiment, elle est très bien dessinée. Il s'appelle Emmanuel Lepage, l'auteur. Et vraiment, c'est beau. C'est une BD de qualité qui est assez épaisse. Donc ça, c'est super. Et puis après, clairement, l'Institut Polaire Français recrute. Ils recrutent surtout d'ailleurs des métiers qu'on appelle tech dans le jargon antarctique. Donc électricien, plombier, mécano, cuisine, etc. Et vraiment, il y a de la place pour, je ne vais pas dire pour tout le monde, mais en tout cas, il n'y a pas besoin de faire 10 ans d'études et de la recherche de haut niveau pour aller en Antarctique. il se trouve d'ailleurs qu'il y avait deux mécanos qui étaient avec nous qui ont tout appris sur le tas qui n'ont pas de diplôme de mécanos mais qui sont hyper débrouillards et jeunes motivés et qui ont fait leur preuve et vraiment je trouve que c'est moi c'est un message que j'essaye de faire passer notamment au collège lycée qu'en fait quand on enfin vraiment il y a de la place pour tout le

SPEAKER_00

monde excellent et ben voilà le message est passé allez-y renseignez-vous et potentiellement est-ce que toi on peut te contacter via des réseaux ou autre ou ouais

SPEAKER_01

Facebook, c'est le plus actif.

SPEAKER_00

Sinon, il y a Instagram, mais je ne fais pas beaucoup, et LinkedIn aussi. Ok, excellent. Les liens sont en description de l'épisode à nouveau. Merci beaucoup, une fois de plus, Claire. C'était un plaisir d'échanger à nouveau, d'en apprendre un petit peu plus sur cette mission en Antarctique. Clairement hors normes. Et puis, écoute, je te souhaite une bonne... Au moment d'enregistrer, je sais qu'il y a eu un cyclone à La Réunion, donc bonne... Un bon retour à la norme, on va dire, après cet épisode météorologique compliqué, si j'ai bien compris. Et je te dis à très

SPEAKER_01

bientôt. Oui, à très bientôt.

UNKNOWN

Merci beaucoup, Loïc. Salut. Merci de m'écouter à côté. Au revoir.

SPEAKER_00

Merci d'avoir écouté ce deuxième échange avec Claire jusqu'au bout. Pour rappel, si vous ne l'avez pas déjà fait, je vous conseille vraiment d'aller écouter le premier épisode qu'on avait enregistré ensemble, l'épisode 199 sorti le 28 janvier 2025. On parlait évidemment de sa mission en Antarctique, mais aussi de nombreuses autres missions, de son approche de la médecine et de son parcours de vie en général. Merci une fois de plus à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir le podcast, l'une des meilleures manières de le faire, c'est tout simplement d'en parler à un maximum de personnes autour de vous. Et si vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez rejoindre toutes celles et ceux qui ont décidé de soutenir financièrement, cette fois-ci, le podcast sur Tipeee. Ça se passe sur le site tipeee.com slash les-frappés. Le lien est en description. Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas. Excellente semaine à vous. A bientôt pour un nouvel épisode. Ciao les frappés.

UNKNOWN

Ciao!