Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
16 000 kilomètres à la rame pour le climat - Bernard Gerbeau [Odyssée Climat]
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Prévue fin 2026, l’Odyssée-Climat est une aventure sans précédent : plus de 16000 kilomètres à l’aviron, reliant la Martinique à la Nouvelle-Calédonie via le canal de Panama et Tahiti. Il s’agit de la plus grande expédition jamais réalisée par des équipages mixtes et transgénérationnels. Ce projet audacieux associe défi sportif, exploration scientifique et mobilisation mondiale pour le climat.
Portée par les Papys Rameurs – dont Bernard fait partie – l’Odyssée-Climat est bien plus qu’une expédition. C’est un appel collectif à agir pour préserver notre planète, une preuve que solidarité et audace peuvent transformer les plus grands défis en opportunités d’avenir.
Pour suivre l’Odyssée Climat c'est par ici 👇🏼
📸 Instagram
💼 LinkedIn
👍 Facebook
🌏 Site internet
Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Devenir Tipeur sur Tipeee (fr.tipeee.com/les-frappes)
✅ Suivez le podcast sur votre plateforme d'écoute
🙂 Parler du podcast autour de vous et partagez cet épisode
⭐️ Laissez une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify
💌 Abonnez-vous à la newsletter
Pour suivre Les Frappés sur les réseaux 👇🏼
📸 Instagram
💼 LinkedIn
📹 YouTube
🌏 Site internet
Des suggestions ou envie de partager votre avis ? Envoyez moi un email.
C'est le 9 août 2021. C'est la sortie du rapport du GIEC sur le climat. Je lis des extraits un peu partout et je suis atterré. J'ai 72 ans et je n'ai rien vu de toute ma vie. Je n'ai rien compris de ce qui se passait par rapport au climat. Ça me bouleverse. Je me dis que je fais partie de cette vie où les 30 glorieuses ont avancé sans vraiment se poser de questions sur ce qu'on faisait à la planète Terre.
SPEAKER_00Hello, hello, vous écoutez les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires. des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Prévu fin 2026, l'Odyssée Climat est une aventure sans précédent. Plus de 16 000 kilomètres à l'aviron reliant la Martinique à la Nouvelle-Calédonie via le canal de Panama et Tahiti. Il s'agit de la plus grande expédition jamais réalisée par des équipages mixtes et transgénérationnels. Ce projet audacieux associent défis sportifs, exploration scientifique et mobilisation mondiale pour le climat. Porté par les papyrameurs, dont mon invité Bernard fait partie, l'Odyssée Climat est bien plus qu'une expédition, c'est un appel collectif à agir pour préserver notre planète, une preuve de plus que solidarité et audace peuvent transformer les plus grands défis en opportunités d'avenir. Excellente écoute à vous. Toutes mes excuses pour la qualité audio de mon côté, il y a eu un problème au moment de l'enregistrement que je n'ai pas détecté, donc on n'est clairement pas sur les habituel des frappés j'en suis vraiment désolé la bonne nouvelle c'est que bernard a bien plus parlé que moi Fabuleux. Écoute, Bernard, quand tu es bien installé, tu me dis, on se lance. Quel âge tu as, toi
UNKNOWN?
SPEAKER_00Moi, j'ai 35 ans. Mais tu es
SPEAKER_02vachement
SPEAKER_00jeune, dis-donc. Je ne sais pas. Enfin bon, je suis vachement jeune, mais je n'ai pas traversé l'Atlantique à la
SPEAKER_02rame. Arrête un peu. Je vais t'expliquer pourquoi je l'ai fait.
SPEAKER_00Écoute, en tout cas, Bernard, je suis vraiment ravi de te recevoir au micro des Frappés. Merci beaucoup Merci beaucoup à votre agence de m'avoir contacté. MVY. Exactement. MVY. Si vous cherchez des agences RP pour des projets engagés, j'ai l'impression qu'ils sont là. Donc Bernard, une fois de plus, bienvenue. Je pense que ça va être un épisode particulièrement intéressant vu l'envergure du projet dans lequel vous vous lancez avec toute l'équipe. Toi, tu es là aujourd'hui, mais c'est un projet qui est porté par une équipe assez nombreuse quand même, j'ai l'impression.
SPEAKER_01Oui.
SPEAKER_00et puis hâte que tu nous racontes tout ça peut-être en guise d'intro nous expliquer dans les grandes lignes toi ton parcours avant qu'on bascule sur le projet en
SPEAKER_02tant que tel oui mais bon bonjour Loïc bonjour à tout le monde alors moi je suis Bernard Gerbeau j'ai 76 ans bientôt 77 j'ai fait une carrière j'ai commencé dans l'aviation militaire le transport aérien, j'étais navigateur et commandant de bord et j'ai fait une vingtaine d'années. A la suite de ça, j'ai repris, j'ai quitté, j'ai repris des études, j'ai fait une école de commerce, j'ai travaillé dans les petites et moyennes entreprises comme responsable commercial et directeur marketing et puis j'ai repris d'autres études, j'ai fait un master en commerce international, ce qui m'a permis par la suite de faire du conseil en entreprise sur surtout au niveau stratégie et développement. Et j'ai quand même décidé de prendre ma retraite à 66 ans, donc ça fait 10 ans. Et tout simplement parce que j'encadrais déjà une équipe dans un club dans le sud-ouest, à Marmande. J'encadrais une équipe de rameurs et de rameurs. Et un matin du mois de juin, il faisait un temps magnifique je rejoignais le club et je me suis arrêté sur le brot de la route en me disant mais qu'est-ce que tu fais là
UNKNOWN?
SPEAKER_02mais tu vas faire quelque chose qui te plaît à côté tu as un job et puis tu n'as plus envie de faire ce job tu as envie d'encadrer des gens bon mais c'est ce que j'ai fait j'ai appelé j'ai appelé les gens qui étaient propriétaires d'entreprise avec moi puis je leur ai dit que je partais en fin d'année voilà Et puis, en même temps, je me suis formé différemment. J'avais un projet depuis deux ans de faire un programme de sport santé pour les personnes qui avaient des problèmes de santé. J'avais téléphoné à la Fédération Française d'Aveyron, je leur avais parlé de ce projet, et ils m'avaient dit« on ne peut rien faire pour toi Bernard, parce qu'on n'a rien de prévu à ce niveau». Je pense que j'ai dû planter la petite graine, parce qu'au moins deux ans après, ils m'ont appelé en me disant ça y est on a fait une formation voilà donc par rapport à ça j'ai passé à 66 ans j'ai passé un diplôme professionnel d'aviron plus un diplôme de coach aviron santé voilà un petit peu le parcours professionnel et puis le début de parcours retraité actif
SPEAKER_00ouais c'est clair que parce que là tu l'as pas encore évoqué mais il y a eu aussi une traversée de l'Atlantique en en binôme, si je ne me trompe pas
UNKNOWN?
SPEAKER_00Non,
SPEAKER_02on était quatre. Vous étiez quatre
UNKNOWN?
SPEAKER_02On était quatre. Pour comment c'est venu, d'abord, c'est que depuis... On l'a fait en 2019. Mais en 2018, on s'est posé la question, parce que je faisais régulièrement une épreuve sportive qui est assez intense. C'est le tour du lac Léman à l'Aveyron. C'est une course. Ce n'est pas une randonnée, c'est une course. 25 équipages qui se tirent la bourre. Et puis, ça met entre... pour la moyenne des équipages, entre 17 et 18 heures. Voilà. C'est assez intense. C'est même absolument épuisant. Et je l'ai fait cette fois. Tu l'as fait 7 fois, d'accord. 7 fois, je l'ai fait. Je connais un Allemand qui l'a fait 45 fois. Ah ouais
UNKNOWN?
SPEAKER_02Là, c'est... Chapeau,
SPEAKER_00chapeau. Tu pars de Genève
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_02on part de Genève, on revient à Genève. On passe par le nord, par Lausanne, tu vois
UNKNOWN?
SPEAKER_02puis on fait le tour, puis on rentre.
SPEAKER_00Ah d'accord, c'est le sens des aiguilles d'une montre.
SPEAKER_02Oui, c'est ça, totalement.
SPEAKER_00Sachant que, pardon, c'est méga intéressant, parce que j'avais, enfin là c'est une question très intéressée, j'avais à un moment donné un projet quand je vivais en Suisse de le faire, et j'avais commencé vraiment un tout petit peu à m'enseigner, il n'y a pas, d'un point de vue législation, il n'y a pas quelque chose, une obligation à rester très proche des côtes dans une tranche particulière
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il faut
SPEAKER_02être à 300 mètres des
SPEAKER_00côtes. 300 mètres, d'accord. Maximum, voilà. Soit à côté suisse ou
SPEAKER_02français. Voilà. D'accord, ok. Donc, et puis, alors, quand je l'ai commencé, c'était il y a une douzaine ou 14 ans, je ne me rappelle plus exactement, parce que je l'ai fait cette fois, mais à peu près tous les deux ans. D'accord. Et en fait, il n'y avait pas de GPS à l'époque. Donc, on le faisait à la carte. En carte marine, c'était très intéressant. Moi, je n'avais pas de problème. J'avais un diplôme, effectivement, de navigateur aérien. C'était beaucoup plus facile. Et il y en avait qui se perdaient quand même. Ah oui
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, parce que tu connais un petit peu le lac Léman. Ça paraît calme et en 10 minutes, tu peux avoir une tempête qui se
SPEAKER_01lève.
SPEAKER_02Et c'est arrivé quelques fois. Et sur les 7 fois, 2 fois, elle a été repoussée. c'est à dire qu'on a une fois on a coupé on est allé jusqu'à l'autre bout du lac à Montreux et puis on est revenu par le même côté parce que le côté français était complètement sous les orages et une autre fois on a coulé carrément ah oui carrément d'accord heureusement j'avais vu le coup venir et on s'était rapproché du bord on était à 10 mètres lorsqu'on a coulé d'accord Le lac Léman, mine de rien, j'ai vu des vagues de 1m50.
SPEAKER_00Ah oui, trop pire. c'est dur à imaginer quand on est allé moi toutes les fois que j'y suis allé c'était relativement calme tu vois l'autre côté tu vois les berges à peu près partout que tu sois c'est un peu dur d'imaginer que ce soit la tempête mais c'est vrai que j'ai souvent entendu dire
SPEAKER_02ça ouais bon c'est comme
SPEAKER_00ça ok donc cette fois le tour du lac Léman donc là c'était en aviron en kayak
UNKNOWN?
SPEAKER_00oui donc en
SPEAKER_02aviron en aviron ok en aviron et puis en fait je l'avais une dernière fois où je l'ai fait c'était un ou l'autre trois fois avant C'était en 2018 et il y avait un gars que je rencontrais, un Suisse que je rencontrais régulièrement quand j'y allais parce que lui aussi le faisait. Et puis, ce coup-là, il n'avait pas pu avoir de bateau, donc je l'ai pris avec moi. Donc, on a fait la course ensemble. Le lendemain, tous les équipages se retrouvent à manger. Donc, il y a 25 équipages de 5, des remises de trophées et tout ça. Et puis, Et je lui ai dit« Comment t'as passé ton année
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Il me dit« Très très mal.» Je lui ai dit« Qu'est-ce qui t'arrive
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Et il me dit« Écoute, j'avais vu une annonce, quelqu'un qui cherchait un partenaire pour traverser l'Atlantique. Je suis allé le voir. Il habite Nantes. Je suis allé le voir trois fois. On a commencé à faire des entraînements et tout. Et finalement, il ne m'a pas choisi. Il a choisi un autre. Je lui ai dit« Je voulais absolument le faire.» Je lui ai dit« Ça ne te suffit pas ce que tu fais
UNKNOWN?
SPEAKER_02»« Non, non.» Bon, je lui ai dit, tu vois ma main, tu tapes dedans. Il a tapé dedans. Je lui ai dit, on va le faire. Et c'est parti comme ça.
UNKNOWNVoilà. Alors...
SPEAKER_02c'est quand même quelque chose qu'il faut réfléchir une fois qu'on s'est laissé le
SPEAKER_00défi. C'est clair. Là, ce n'est pas le tour du lac Clément. Non, ce n'est
SPEAKER_02pas le tour du lac Clément. Et alors, je lui ai dit, écoute, on va aller voir le gars avec qui tu devais le faire et que tu n'as pas pu le faire. Et on va lui demander des conseils. Voilà. Donc, on a pris rendez-vous. On est allé le voir. On est revenu le voir à deux autres reprises parce qu'on pourra finir les choses. Ce n'est pas si facile que ça de monter un projet de ce style et puis la troisième fois qu'on y va il me dit vous partez tous les deux
UNKNOWN?
SPEAKER_02je dis non non non Je lui ai dit, à mon âge, j'avais 71 ans. Je lui ai dit, à mon âge, je ne veux pas laisser quelqu'un dans la difficulté s'il m'arrivait quelque chose. Donc, on va le faire à quatre.
UNKNOWNAh bon?
SPEAKER_02Je lui ai dit, ouais, on va le faire à quatre. Et les deux autres, vous les avez
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je lui ai dit, j'ai rendez-vous la semaine prochaine avec deux, je pense que ça va marcher. Il me regarde, il me dit, tu es sûr que vous n'avez pas besoin de moi
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je lui ai dit, mais tu n'en as jamais parlé. Mais il me dit, ça me tente. Voilà, donc on l'a embarqué, et puis on a trouvé le quatrième. En fait, un voulait que ce soit quelqu'un qui connaissait déjà les traversées, notamment à la voile, l'autre voulait que ce soit un rameur, et moi je leur ai proposé quelqu'un d'autre, en leur disant, moi j'ai rencontré quelqu'un il y a quelques semaines, avec qui j'ai beaucoup discuté, il rame pas, il fait pas de voile, mais il fait du vélo à outrance, et il a un autre... Un autre avantage, c'est qu'il est infirmier psy. Donc, rien que pour nous soigner, ce serait bien. Alors, ils ont rigolé. Et puis, finalement, ce gars a accepté. Et c'est Philippe Michel, IACA, qui va retraverser avec moi c'est
SPEAKER_00lui c'est à ce moment là que j'ai votre dossier de presse sous les yeux du projet Odyssée Climat et il parle à plusieurs reprises des papyrameurs c'est à ce moment là que le nom est né c'était pour cette traversée
UNKNOWN?
SPEAKER_02oui tout à fait parce qu'en fait moi j'étais déjà grand-père Philippe Michel également il y a Philippe Soukani sa fille attendait un bébé, et puis l'autre, elle venait juste aussi, elle accouchait juste après au même moment. Alors j'ai dit, écoutez, on est des papys. Alors, là, ils ne voulaient pas. Papy, ça faisait trop vieux. Je lui ai dit, mais c'est vachement sympa, dans le sud-ouest, papy, c'est quelqu'un de sympathique. Et voilà comment, à la première interview, j'ai balancé les papyrameurs. Donc, ils ont été
SPEAKER_00coincés.
SPEAKER_02Une fois que c'était publié, c'était fini. Ce qui est incroyable, c'est que qu'en fait, on a eu une quarantaine de parutions presse, écrites. Je crois qu'on a eu 19 radios et 17 télévisions qui nous ont suivis. Et chaque fois que les journalistes venaient, ils disaient, on peut avoir une interview
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je dis, oui, mais pourquoi nous
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce qu'on n'est pas les premiers à traverser, à tenter la traversée. On n'est pas les premiers, il y a déjà au moins 60 équipages français qui l'ont fait, il y a eu une bonne centaine d'anglais. Et tous vont donner la même réponse, oui, mais personne de
SPEAKER_00votre âge. C'est quand même incroyable. Attends, par contre, juste sur ce point, parce que c'est vrai que là, t'en parles comme si c'était une évidence qu'à 70 ans, on se lance dans une traversée atlantique, mais toi, c'était quand t'as pris ta retraite, je sais pas pour les autres s'ils en avaient déjà discuté, mais c'était ta conception de la retraite, tu savais que tu voulais être potentiellement actif, te lancer dans des grands projets, des aventures, même si t'avais pas en tête que ça allait passer à l'Atlantique.
SPEAKER_02Pas vraiment. Par contre, j'ai toujours été attiré par ce sport, l'aviron que je pratiquais quand j'avais 14 ans que j'abandonnais pendant 30 ans pendant ma vie professionnelle sur lequel je suis revenu par la suite et en fait c'est un sport qui permet de vraiment vivre quelque chose en équipage avec une notion très spécifique, l'aviron c'est que c'est pas une équipe c'est un équipage c'est à dire que s'il y en a un seul qui fonctionne pas dans l'équipage, l'équipage n'a aucune chance de gagner Voilà, il y a quand même cet esprit de compétition qui nous habite, et si on n'est pas effectivement prêts tous à un bon niveau, ça ne marche pas. Donc ça oblige chacun à se remettre en question, à essayer de trouver ce qu'il faut pour aller vers l'autre et fonctionner avec l'autre. Voilà, donc ça m'avait beaucoup plu de dire ça, et puis quand on s'est réunis pour la première fois tous les quatre avant de partir, j'ai dit il faut que même qu'on fasse ça pour quelque chose. Alors, à l'époque, il y avait beaucoup de... Il y avait quelque chose contre l'agisme. Voilà. On disait qu'on voyait partout que les personnes qui étaient à la retraite, elles ne pouvaient plus faire grand-chose, elles étaient presque gênantes. Donc j'ai dit, écoutez, on va essayer de faire quelque chose pour montrer que des personnes âgées sont capables de faire ce qu'ils ont envie, au moment où ils ont envie, et puis que finalement on va montrer qu'est-ce que c'est que le bien vieillir. Et dans le bien vieillir, il y a une notion qui est la notion du sport, de la pratique sportive pour bien vieillir. Ce n'est pas la seule, mais il y a au moins ça. Donc voilà, on est parti sur cette idée du bien vieillir. Et en plus, on s'est dit, si on fait un truc comme ça, que vraiment la presse veut nous suivre, on va faire un truc, c'est que le bateau, on s'est cotisé pour l'acheter, et puis on s'est dit après on va le vendre et on offrira le prix de ce bateau à une association qui lutte pour les personnes âgées ou pour le sport voilà comme on est passé dans
SPEAKER_00l'idée incroyable j'en envoyais à mes soeurs pour leur dire je suis en train d'échanger avec un papy qui a fait le train d'Atlantique à 71 ans et qui s'apprête à faire là je fais un peu de teasing pour les gens qui les écoutent mais à faire un défi encore plus dingue incroyable et donc avant qu'on bascule sur le lycée climat cette transatlantique donc 39 jours on disait 39 jours et 20 heures alors vous êtes dans quel état à l'arrivée
SPEAKER_02alors d'abord d'abord au départ au départ on est parti de puerto rico c'est un port qui a au sud de la grande canaria et on devait aller donc à martinique au moment de partir on était le 9 décembre et les prévisions météo étaient vraiment très défavorables Il nous donnait... à venir dans les 12 heures des vents qui sont sur l'échelle de 6 à 8 sur l'échelle de Beaufort, ce qui est juste en dessous de la tempête, c'est quand même assez délicat. Donc c'est dit, on part ou on ne part pas. Alors sur les quatre, il y en a un qui ne voulait pas partir, et puis deux qui hésitaient. Alors moi je leur ai dit, écoutez, c'est simple, on part en autonomie complète, c'est c'est-à-dire qu'il n'y a personne qui nous suit. On a quand même une chance, c'est que dans trois jours, devant nous, il y a une course qui s'appelle la Talisker, qui va partir, et eux, ils sont accompagnés de bateaux. Donc on ne sera pas trop loin, on sera une centaine de nautiques au sud, mais si on a un problème, ils pourront peut-être nous aider. Et c'est ce qu'on a fait, on est partis, comme prévu, 12 ou 14 heures après le... le vent a monté, les vagues ont monté, et on s'est pris six jours entre 6 et 8 Beaufort, avec des vagues des fois de 8 mètres, avec des ferlantes. Donc, ça calme tout de suite. Et je vais te dire, en plus, je vais te dire, ça calme parce qu'il n'y en avait qu'un qui connaissait la mer, les trois autres, on ne connaissait pas. Voilà. Donc, on s'était entraîné à la Rochelle, mais ce n'était pas pareil. Alors, chose amusante, au moment où on est passé au sud de la Gomera qui était une autre île d'où partait la course la Talisker ils nous ont repéré sur leur radar et puis ils nous ont envoyé une invitation en disant vous pouvez faire la course avec nous alors on a répondu gentiment que c'était gentil mais enfin bon on continuait sur notre chemin, on n'avait pas tout à fait le même chemin parce qu'ils allaient à Antigua et puis finalement pendant trois semaines on était devant eux et ils ont Ils ont cru qu'on allait vraiment continuer à être devant eux. En fait, non, il y a trois bateaux qui nous ont dépassés. Mais on était contents parce qu'on étonnait. Et puis... D'après ce que faisaient les autres équipages, on se disait, on va faire entre une cinquantaine de jours, entre 45 et 60 jours. Et puis on s'était dit, on va quand même forcer, on va leur montrer qu'il faut qu'on fasse quelque chose. Moi, je suis moniteur d'aviron, donc je les ai un petit peu poussés à ramener d'une certaine manière, à la fois pour s'économiser, et puis pour avoir quand même comme il faut. On ne dormait pas. Je veux dire, le bateau ne s'arrêtait pas. On ramait deux heures, on s'arrêtait deux heures. On ramait deux heures, on s'arrêtait deux heures. Donc, chacun ramait 12 heures par jour.
SPEAKER_00Sachant que vous étiez... Toi qui as
SPEAKER_02fait du sport, tu te reconnais un petit peu ce que ça
SPEAKER_00donne. Oui, c'est absolument énorme. Surtout que la phase de repos, j'imagine que tu n'es pas... Forcément, tu es dans une petite cabine. Ça ne va pas être très confortable. Je suppose que vous devez la fermer pour qu'elle soit hermétique, donc il doit faire chaud. Oui, tu as tout compris. Est-ce
SPEAKER_02qu'il y a quand même une pose de rame sur un navire comme ça, pour quatre
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, alors, ce bateau existe, parce qu'il y a un fabricant en Angleterre, il en a même deux, qui font des bateaux comme ça. Par contre, effectivement, il y a deux petites cabines. Alors, comme on est quatre, il y en a deux qui rament et deux qui se reposent, qui mangent, ainsi de suite. Ce n'est pas vraiment évident, parce que le bateau est secoué dans tous les sens, surtout au début. On s'en est pris partout. On n'arrivait pas à tenir debout sur le bateau. On ne faisait que chuter. Quand on allait prendre nos places, quelquefois on était obligé d'y aller à genoux parce qu'on ne pouvait pas tenir. Donc ça a été très épuisant. Pour te donner un ordre d'idée, la nutritionniste qu'on avait eue avait prévu que pour un sportif à peu près lambda qui s'entraîne régulièrement mais sans plus, il faut à peu près 2200 kcal par jour. Nous on était à 4500 et en fait il n'y a pas eu assez. Tu sais très bien que la récupération, c'est et le sommeil qui était coupé, donc ce n'était pas toujours évident, et l'alimentation. Manger des lyophilisés pendant deux mois comme ça, c'est vraiment fatigant. À la fin, il n'y a plus d'appétence. Personnellement, puisque tu m'as posé la question, en arrivée, j'avais perdu 13 kilos. Et mon compagnon avait perdu, je crois que c'était 6 ou 7, les deux autres avaient perdu 2 kilos.
SPEAKER_00Et moralement, à l'arrivée, après quasiment 40 jours ensemble sur le bateau, un effort 12 heures par jour dans un confort inexistant, psychologiquement, mentalement, tu étais comment toi
UNKNOWN?
SPEAKER_02alors moi je dois être bizarrement constitué parce que en règle générale j'ai jamais peur et ça se passe très bien j'ai été le seul à ne pas être malade donc ça aussi ça fait du bien je voyais les autres malades bon je vous disais au moins tu tiens le choc par contre je suis tombé le dixième jour et je me suis éclaté le coccyx alors t'imagines un petit peu pour ramer avec un coccyx 6 éclatés ils ont été sympas mes camarades ils m'ont dit ça ça m'est arrivé le soir vers 20h ils m'ont dit tu fais pas tes tournées tu dors alors j'ai dormi jusqu'au matin 6h et à 6h j'étais à nouveau sur le siège Et j'ai serré les dents. Voilà. J'ai serré les dents. Puis tu sais, je me suis beaucoup rappelé de lectures que j'avais faites quand j'étais ado. Notamment Antoine Saint-Exupéry, Terre des Hommes, Titaniel, tout ça, qui raconte des histoires d'hommes, des trucs incroyables. Eh bien oui, c'est peut-être ça le dépassement de soi, c'est aller jusqu'où on ne sait pas qu'on va. Voilà. Et Et donc, on est arrivé. Moi, j'avais le mental, les autres aussi. On était tous très fatigués, c'est sûr. Une chose étonnante, c'est sur les quatre, il y en a trois qui ont eu le mal de terre à l'arrivée. Moi, je croyais que le ponton, il était sur... Le ponton sur le canal est arrivé, je croyais qu'il était sur Boudin. Ah non, non, on m'a dit qu'il est bien sur béton. Ah bon, d'accord.
SPEAKER_00C'est marrant que tu parles de ça. J'ai vu une vidéo d'une arrivée, je pense que c'était une transat, je ne suis pas sûr, ça devait être une transat, d'un gars qui l'a fait en solo. Il monte sur le ponton et on voit vraiment les toutes premières images. Il y a une espèce de perche qui est fixée dans la prolongation d'un des piliers du ponton et il est incapable de tenir debout sans se tenir à cette perche en fait comme tu dis comme s'il était sur un ponton flottant mais on voit bien que s'il lâche la perche c'est pas possible ça marche
SPEAKER_02pas alors je te dire il y en a un il a eu pendant une journée il y en a un autre il a eu toujours ce mal de terre pendant 15 jours moi je l'ai eu pendant 3 semaines et le pays il a eu pendant 4 mois oh punaise c'est un truc de dingue et ça m'a rappelé que lorsque je faisais le tour du lac Léman un jour il y avait eu beaucoup de tempêtes aussi sur le Léman on était arrivé secoué et je me rappelle il y avait un bateau qui était arrivé juste après nous il y avait un gars il n'arrivait pas à se lever du bateau d'abord donc ils ont été obligés de l'aider et quand ils l'ont lâché sur le ponton il est tombé Je ne peux pas te dire de vous. Il avait le mal de terre aussi. C'est des choses qu'on apprend à nos dépens, mais ça fait
SPEAKER_00sourire après. Ça fait des histoires. Ça fait des histoires pour vos petits-enfants qui sont plutôt hors du commun, on va dire.
SPEAKER_02Oui, c'est hors du commun. Ce n'est pas extraordinaire, mais bon, c'est des choses qu'on peut raconter.
SPEAKER_00C'est peu commun, en tout cas, à vos âges. Je vois moyenne d'âge à l'époque de la traversée, 65 ans. C'est c'est relativement
SPEAKER_02peu commun. Alors il y a eu ça, c'est-à-dire que lorsqu'on est arrivé, qu'on a traversé, déjà on avait calculé au départ qu'effectivement, on avait regardé, si ça se trouvait, si on traversait, on serait l'équipage le plus âgé. Et c'est ce qui est arrivé. Donc on a été l'équipage le plus âgé qui ait jamais traversé un océan, avec un peu plus de 65 ans de moyenne. Et puis le lendemain, on a appris, alors on ne le savait pas du tout, on a appris qu'on avait battu le record de vitesse sur cet itinéraire. On avait mis 39 jours et 20 heures, à savoir que c'est un peu prisé, il y a quand même un club des moins de 40 jours. Donc 39 jours et 20 heures, et l'équipage qui détenait ce record sur Puerto Rico, la Martinique, il l'avait fait en 52 jours et 20 heures. Donc, Et quand on a appris qu'ils étaient anglais, on était très contents. Voilà. Un petit rivalité,
SPEAKER_00le crutch. Excellent. Ça fait une très belle intro, on va dire, Bernard. Et du coup, une super transition sur Odyssée Climat. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce projet démentiel
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je rappelle, juste avant que tu démarres, la traversée que vous avez faite c'est à peu près, alors en miles marins ça doit faire 3500, un truc comme ça mais ça fait un tout petit peu plus de 5000 kilomètres ça faisait 5007 5007 pour être tout à fait précis gardez ça en tête, vous qui nous écoutez pour pouvoir comparer en termes d'envergure avec Odyssée Climat que Bernard va nous présenter
SPEAKER_02maintenant Alors Odyssée Climat d'abord pour moi c'est une date c'est le 9 août 2021 c'est la sortie du rapport du GIEC sur le climat je lis des extraits un peu partout et je suis atterré j'ai 72 ans et j'ai rien vu de toute ma vie, j'ai rien compris de ce qui se passait par rapport au climat ça me bouleverse parce que vraiment j'ai rien suivi, je me dis je fais partie de cette de cette vie où Les 30 Glorieuses, on ne se posait pas de questions. On avançait sans vraiment se poser de questions sur ce qu'on faisait à la planète Terre. Donc, ça m'a agacé. J'ai téléphoné à des amis que je sais un petit peu écologistes. Qu'est-ce que vous faites pour la planète
UNKNOWN?
SPEAKER_02On ne sait pas. Tout le monde dit qu'on ne sait pas ce qu'on peut faire. En dehors, deux ou trois m'ont dit qu'il faut trier les déchets. Je ne sais pas que ça fasse quelque chose pour le climat. Et puis, j'ai cherché. Alors, j'ai passé trois jours et quasiment trois nuits à chercher ce que je pouvais faire. Donc, Wikipédia, partout, je cherchais. Alors, j'ai commencé à trouver des choses qui se font en France, mais également à l'étranger. Et toutes ces choses qui se font, en règle générale, en dehors des grandes ONG, tout ce qui se fait, ce sont des petites choses locales qui sont très bien, mais qui sont très limitées et auxquelles il y a un manque de... de communication. Donc je me suis dit, qu'est-ce que je peux faire avec ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02J'ai des enfants, j'ai deux filles, j'ai des petits-enfants. Maxime, à l'époque, il devait avoir 17 ans, et Brune, elle devait avoir 9 ans. Donc je me dis, je ne voudrais pas qu'un jour mes petits-enfants me disent« Eh papy, t'as vu la poubelle que tu nous laisses
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Donc ça, je ne supporte pas. Donc j'ai« J'appelle Yaka.» Et puis je lui dis« Il faut que je te rencontre, j'ai un vrai problème. Je vais le voir.» Donc Yaka qui avait traversé l'Atlantique avec moi. Juste, pourquoi on l'appelait Yaka
UNKNOWN?
SPEAKER_02Parce que sur les quatre qui vont traverser l'Atlantique, il y en a trois qui s'appelaient Philippe. Donc quand je me retournais, je dis« Bon, Philippe va faire ça.» Ils se retournaient tous. Je dis« On ne va pas durer comme ça longtemps.» je vous débaptise, ou alors vous choisissez vos surnoms. Donc, ils ont chacun choisi un surnom. Et Philippe Michel a choisi Yaka. Donc, Yaka, allons-y. Donc, je l'appelle. Il me dit, tu viens tout de suite. Donc, je vais le rencontrer. Il habitait sur Mérignac. Moi, j'étais sur le bassin d'Arcachon. On se voit. Et puis, je lui explique. Il m'écoute. Il me dit, et alors
UNKNOWN?
SPEAKER_02Je lui dis, il faut qu'on fasse quelque chose. On ne va pas rester comme ça. On va faire quelque chose, on ne peut pas se permettre de rester. Il me dit, ouais, tu as raison. Je lui dis, bon, je ne sais pas trop ce qu'on pourrait faire. Je n'avais pas terminé ça, il me dit, on va traverser le Pacifique. Je le regarde, j'éclate de rire parce que quand on avait traversé l'Atlantique, on s'était dit, il ne nous reste plus que le Pacifique et l'Indienne, on aura fait le tour du monde. Et là, ça ressort, ça ressort, on va traverser le Pacifique. Et je le regarde, je lui dis, non. Il me dit,« T'as peur
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Je lui dis« Non. Est-ce que tu te rends compte que le défi climatique pour l'humanité, c'est le plus grand défi qu'elle ait jamais eu à combattre
UNKNOWN?
SPEAKER_02»« Ah oui, il me dit. Et alors
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Je lui dis« C'est simple. On va repartir de Martinique.» on va traverser la mer des Caraïbes, on va traverser le canal de Panama. De Panama, on va aller jusqu'à Tahiti. Ah ben dis donc, c'est pas tout, je lui ai dit. On va pousser jusqu'en Nouvelle-Calédonie. Il faut qu'on montre quand même que le défi, il est énorme et qu'on doit faire ce qu'il faut pour pouvoir y répondre. Alors il me dit, eh ben d'accord. Voilà comment quelqu'un qui ne sait pas faire de la vie qu'on n'avait jamais fait est capable de faire
SPEAKER_00ce genre de défi. Moi, je suis toujours étonné. On était en 2021, là, c'est
SPEAKER_02ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ouais, ouais, c'est vrai. En 2021, le 9 août. Le 9 août 2021. C'était trois jours après. Voilà. Donc, on décide de ça. Alors, on commence à réfléchir. Je lui dis, tu sais, là, on est dans l'utopie, donc il faut qu'on construise un petit peu. Et c'est ce qu'on a fait pendant des mois. On a construit, qu'est-ce qu'on peut faire et tout ça. Alors, On a repris un petit peu le système qu'on avait fait pour l'Atlantique. Par contre, il y a tellement de choses qu'on s'est rendu compte qu'il fallait qu'on ait des réponses professionnelles et non plus des réponses d'amateurs. Voilà. Donc, on s'est mis à beaucoup travailler là-dessus. D'abord, la distance... en tirant un trait tout droit de Martinique à Nouvelle-Calédonie, ça fait 16 000 kilomètres.
SPEAKER_00Sachant que jamais vous allez faire un tri tout droit, donc ça sera
SPEAKER_02bien possible. Jamais. Donc, on peut estimer qu'on va être entre 18 et 20 000 kilomètres. Voilà, en fonction de l'état de la mer, des masses nuageuses, des orages, tout ça, voilà. Donc, on a pris de suite un routeur. Donc, on est allé voir, on a discuté avec lui. Par rapport à l'itinéraire que j'avais prévu, il me dit« Ouais, c'est très bien, parce qu'il connaissait bien, il connaît bien le Pacifique.» Il dit, bon, par contre, ce ne sera pas 16 000. Je lui dis, oui, on se doute. Il nous a dit, vous allez mettre entre 18 et 20 000 facilement.
SPEAKER_00Un routeur, Bernard, si jamais il y en a qui ne sont pas familiers, son rôle, c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00C'est justement de vous construire l'itinéraire par rapport... Non, il ne construit pas l'itinéraire.
SPEAKER_02Par contre, il nous apporte une aide de connaissance météo parce que lui, il reste à terre. Il est basé en Bretagne. c'est celui d'ailleurs qui est le suiveur et le routeur officiel du Vendée Globe et en fait on a un ou deux contacts par jour nous on peut avoir des approches météo mais à 8-10 jours lui il a un grand système qui lui permet de voir jusqu'à quatre jours voire trois semaines. Donc, ça permet d'anticiper sur ce qu'on va avoir. Donc, c'est ce qu'il nous a dit. Il nous a dit, on communiquera et puis, vous prendrez les décisions, moi, je vous donne mon point de vue. Voilà. Donc, voilà le rôle d'un routeur. Le routeur, parce que c'est un petit peu un... Comment dirais-je
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est le petit sein qui nous suit. Voilà.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_00OK. ok donc quand tu parles de ça à Michel à Yaka il te propose un projet complètement démentiel finalement vous acceptez vous commencez à travailler dessus parce que c'était assez évident pour toi que tu voulais qu'il y ait une vraie approche professionnelle entre guillemets donc le routeur vous l'avez dans la poche en termes d'équipage
SPEAKER_02alors d'abord le une telle distance personne ne l'a jamais faite donc je me suis dit surtout À mon âge, je me suis dit, je ne vais pas risquer de me casser sur un truc comme ça. On va couper en trois étapes puisqu'on partait de Martinique, on allait jusqu'à Panama. Je me suis dit, à Panama, on change, on prend un autre équipage. On refait l'alimentation parce qu'on est incapable d'amener à manger pour aussi longtemps qu'il pourrait être entre 7 et 8 mois. 7 et 8 mois de mer. Donc, on va faire ça, on va aller jusqu'à Tahiti, ce sera la plus longue étape, on rechangera également d'équipage et on refera le refueling alimentaire et on ira jusqu'en Nouvelle-Calédonie. Donc ça nécessitait de réfléchir aussi quelle vitesse on allait pouvoir tenir, quelle distance par jour on pourrait faire. Alors en se basant sur ce qu'on avait fait sur l'Atlantique, on avait fait à moyenne 123 km par jour. Avec des vents qui étaient un petit peu favorables. Par contre, l'Atlantique, au niveau de la mer, même s'il y avait eu des tempêtes, ce n'est pas du tout le même genre de mer que le Pacifique. Donc, je suis beaucoup renseigné, j'ai rencontré des gens qui l'avaient fait, le routeur nous a donné aussi ses impressions. Et j'ai basé, j'ai revu l'itinéraire en comptant 90 km par jour, le 223 ce qui fait à peu près entre 7 et 8 mois donc je me suis dit il faut quand même qu'on tienne cette vitesse les bateaux à 4 c'est bien mais c'est petit et les vagues du Pacifique sont nettement plus grosses donc j'ai cherché si on pouvait avoir un bateau à 6 ou à 8 il n'en existe pas comme je voulais donc il faut le faire fabriquer voilà donc j'en parlerai un petit peu après donc on était parti sur l'idée de trois équipages qui allaient se suivre et j'avais décidé que ce serait huit à bord de manière à pouvoir tenir à certaines vitesses à savoir qu'un bateau d'aviron surtout quand ils sont gros comme ça on avance très peu vite c'est pour ça qu'on essaie de prendre les bons courants les courants qui nous portent et les vents qui nous poussent Et à ça, on peut gagner 2 à 3 km heure, pas plus. Ce qui fait qu'on met du temps.
SPEAKER_00Un bateau de 8, ça veut dire qu'il y a 4 rameurs en permanence
UNKNOWN?
SPEAKER_02Oui, c'est ça. 4 rameurs en permanence, 4 qui se reposent. C'est exactement ça. Il faut les préparer aussi, je vais en parler après. Le bateau, déjà, Avant de tout ça, on a décidé pourquoi on allait faire ce défi. En fait, ce que l'on voulait, c'est qu'il y ait... il y ait des gens dans le monde entier qui soient au courant de ce qui peut arriver, de ce qu'il faut faire. L'idée, c'était de dire, tout seul, personne ne peut rien faire pour le climat. Lorsqu'on est plusieurs, lorsqu'on est ensemble, c'est sûr que ça va beaucoup mieux. Donc, notre idée, aussi, c'est comme au niveau de la communication, moi, j'avais perçu qu'il y avait quand même une défaillance au niveau de la communication générale. Je me suis dit, on va se positionner en nouveau mode de... un nouveau média, un nouveau mode de communication pour dire aux gens tout ce qu'on fait et pour dire aux gens surtout tout ce qui se fait dans le monde. L'idée c'est de dire Tous les jours, on va faire un rapport de la journée passée. Qu'est-ce qu'on a eu à bord
UNKNOWN?
SPEAKER_02On a vu des dauphins, on a vu des oiseaux, on n'a rien vu, on a croisé des bateaux, ceci, cela. La vie à bord, on s'est engueulé, on ne s'est pas engueulé, il y a tout ça. Et puis de dire qu'il y a aussi, tous les soirs, chaque fois qu'on passera ça, il y aura une entreprise, une association, que ce soit pour le climat, pour la biodiversité, pour les énergies renouvelables, qui pourra porter son témoignage de ce qu'ils font et de ce qui fait avancer la lutte contre la dégradation du climat. Voilà. Donc ça, on commence à avoir des liens avec ce genre d'association ou d'entreprise et gracieusement, ils pourront passer leur message. Ça, c'est allé très vite. On s'est dit, c'est pour ça qu'on le fait. Deuxième chose, on on s'est dit, les équipages, il faut absolument qu'il y ait des hommes, des femmes, et si possible, des trois générations. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_02La Terre est habitée par plusieurs générations, par des hommes et par des femmes. Donc, il y aura effectivement, les équipages seront constitués de femmes, d'hommes, et de gens entre 18 et 78 ou 80 ans, ça dépendant à quand est-ce qu'on va partir, parce que je serai à bord, évidemment.
UNKNOWNVoilà.
SPEAKER_02Donc ça c'est quelque chose de précieux parce que... Parce qu'en fait, on ne fait pas les choses tout seul. Il faut absolument que l'on soit ensemble pour pouvoir faire front à ce genre de défi. Donc, il y aura une formation très spécifique pour ça, parce que tu imagines qu'il y a un défi sportif, il y a un défi climatique et il y a un défi humain. Le défi sportif, il est ce qu'il est. Hein
UNKNOWN?
SPEAKER_0218-20 000 kilomètres, on tente un truc, mais on se remplace, c'est réaliste. C'est réaliste, voilà. Et j'espère que ce sera réalisable. Le défi climatique, pour ça, on a pris trois options à montrer au niveau du climat par rapport à ce que l'on pouvait faire. Premièrement, on va faire quelque chose pour la biodiversité. Quoi exactement
UNKNOWN?
SPEAKER_02Il y a plein de choses qu'on peut faire, c'est-à-dire que On peut faire des relevés de température, de salinité aux endroits où on passe, parce que les climatologues se servent de ça. Il y a également des organismes comme l'IFREMER ou l'IRD qui étaient intéressés par notre passage, parce qu'on s'est offert ce qu'on appelle être... un navire d'opportunité. C'est-à-dire qu'on n'est pas des scientifiques, mais s'ils ont des relevés à faire, on peut les faire. Voilà, ils nous expliquent comment, on achète le matériel, on fait ce qu'il faut. Donc, par rapport à ça, c'est simple, on va faire des relevés de ça. On va faire également, ça c'est pour une partie de la biodiversité, parce qu'il y a aussi un organisme qui voulait qu'on fasse des relevés d'algues, notamment par rapport à de l'aspiration une ligne maritime qui est totalement bio il y a plein de choses qui sont sur la table sur lesquelles il va falloir que l'on puisse être formé pour pouvoir leur apporter cette aide il y a également je ne l'ai pas dit encore mais il y a la fondation Presse Albert II de Monaco qui est notre partenaire et qui pourra éventuellement nous confier quelque chose à faire au moins on va partir la deuxième chose c'est qu'on va faire également des relevés de plastique il existe aujourd'hui des cartes relevées de plastique mais qui ont été faites par les satellites donc ils ont une vision jusqu'à 1-2 mètres de profondeur et pas plus nous ce qu'on peut faire c'est des relevés à 50 voire 100 mètres donc ça va leur apporter également une autre façon de voir la mer et puis troisième on a choisi un troisième objectif c'est qu'on veut montrer aussi qu'il y a un danger énorme sur eux, notamment sur le trajet qu'on va faire, c'est la montée des eaux. La montée des eaux, il y a énormément d'îles qui sont concernées. Et donc, dans les quatre villes où on va passer, c'est-à-dire à Fort-de-France, à Panama City, à Papeete et puis à Nouméa, on va organiser des colloques et des conférences avec des gens qui sont des des spécialistes, de manière à essayer de voir comment on peut faire pour que les gens se préparent, qu'ils aient une certaine résilience, éventuellement anticiper certaines choses. Voilà donc ces points-là. Et puis le troisième défi, c'est le défi humain. Alors le défi humain, c'est quelque chose de... Si les gens ne touchent pas du doigt, c'est certainement le plus gros défi que l'on va relever. L'idée est de bien penser que lorsqu'on se retrouve sur... Même pas tout ce bête carré à vivre.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_02des hommes, des femmes, des jeunes, de trois générations, il peut y avoir des conflits. Donc, par rapport à ça, c'est se dire comment on fait pour se préparer aux conflits de manière à ce qu'il y en ait le moins possible. Est-ce que les gens rentrent dans une dynamique de valeur qui fasse que l'esprit d'équipe et l'entraide fonctionnent tout le temps
UNKNOWN?
SPEAKER_02Donc, il y aura énormément de formations, non seulement techniques par rapport à l'aviron, mais techniques aussi parce qu'il faut apprendre plein de choses à faire sur le bateau et puis également il y aura une formation par des par des psychologues qui va être énorme Mais non, on ne peut pas se permettre de partir en prenant des risques. J'ai lu plein d'histoires d'amis qui traversaient un océan et qui arrivaient en étant fâchés à mort ou en s'étant donnés des coups de couteau. Donc ça, c'est quelque chose qui ne va pas. On va éviter ça. Exactement, tu as compris. Donc là, il faut essayer d'éviter. Donc ce qu'il y a de bien, c'est qu'en fait, on sait très bien où on veut aller. On sait très bien pourquoi on le fait. Il y a des objectifs comme ça qui sont un petit peu magiques, qui nous portent. Ça me rappelle la traversée de l'Atlantique, après les sept premiers jours de tempête, là, ça s'est un peu calmé. Donc on s'est arrêté, puis les autres m'ont dit« si on s'arrêtait une demi-journée pour être tranquille». Et là, je les ai regardés, je leur ai dit, vous vous rappelez l'objectif qu'on a
UNKNOWN?
SPEAKER_02C'est montrer que le bien vieillir, c'est faire du sport, c'est agir. Ils m'ont regardé, ils m'ont dit, bon d'accord. On a continué. Voilà. C'est ça que je dis, des fois, il y a des objectifs qui nous portent à un moment donné. Voilà. Et on ne peut pas faire autrement. Tu sais, il y a des gens qui me disent, mais c'est vachement risqué ce que vous allez faire. Et là, je les regarde, viennent dans les yeux et puis je leur dis tu crois pas que c'est beaucoup plus risqué de ne rien faire
UNKNOWN?
SPEAKER_02c'est clair ça c'est sûr et puis les gens ont l'habitude de certains risques qu'ils prennent sans le savoir déjà le fait de vivre le fait de respirer mais tu vas à ton travail à pied tu peux te faire renverser par une voiture t'as plus de probabilité que nous de nous faire renverser par une
SPEAKER_01baleine
SPEAKER_02effectivement mais oui c'est clair voilà alors tu sais je crois qu'il faut relativiser les choses voilà et alors on se prépare beaucoup on fait on va faire un stage ce qu'on a dit un stage d'amarinage c'est à dire que les gens vont partir une semaine en mer avec un skipper à la voile juste pour apprendre la mer qu'est-ce que c'est que naviguer qu'est-ce qu'on va rencontrer ils vont tous rencontrer le mal de mer donc déjà ça va leur ça va leur montrer que c'est pas si facile facile que ça, et puis après on va faire aussi des stages de survie, parce que c'est hyper important de savoir ce qu'on peut faire lorsqu'il arrive quelque chose à
SPEAKER_01bord,
SPEAKER_02et notamment pendant ce stage de survie, on apprend qu'à bord d'un bateau qui traverse un océan, le plus grand danger c'est le feu, le feu à bord, et heureusement qu'on avait appris ça, parce qu'on en a parlé, on s'est préparé, et nous on a eu le feu à bord, et En fait on l'a vu tout de suite, ça sentait le cramer donc on a coupé le courant. On voyait que c'était à l'intérieur de la cabine où il y avait les instruments donc on a il a fallu démonter tous les panneaux de la cabine parce que c'était un double et puis on a rallumé et j'ai eu la chance de voir tout de suite où est-ce qu'il y avait un faux contact et les fils qui brûlaient mais on ne s'est pas affolé on a fait on a appliqué moi j'avais passé 20 ans dans l'aviation on applique des procédures ça a été sans problème mais ce type de stage nous prépare à se dire ben oui il faut qu'on imagine tous les risques que l'on va rencontrer, comment on fait pour pouvoir minimiser ces risques. Et on se prépare à d'autres risques, et il y aura des risques qu'on ne peut pas imaginer, mais qui risquent d'arriver.
UNKNOWNVoilà. Donc,
SPEAKER_02préparateur mental également on aura besoin tu connais puisque c'est ton métier aussi tu imagines de quoi on a
SPEAKER_00besoin ce que j'allais dire c'est entre tes explications et la claquette que j'ai sous les yeux qui liste à peu près tout ce que tu viens de dire en fait tu n'es plus du tout à la retraite c'est clairement un job à temps plein
SPEAKER_02j'imagine alors oui on s'est même posé la question de savoir si on ne crée pas une entreprise pour ça Mais on veut garder quand même le côté... le côté amateurisme, amateur, mais en faisant les choses professionnellement. Ce qui veut dire qu'on fait appel aussi à beaucoup d'entreprises qui savent faire des choses que nous, on ne sait pas faire. Donc, de manière à sécuriser un petit peu cette traversée, il faut absolument qu'on arrive au bout parce qu'on voudrait bien qu'il y ait énormément de gens qui nous signalent qu'ils vont faire quelque chose. Pour te donner un ordre d'idée, lorsqu'on avait traversé l'Atlantique, il y avait eu une enquête qui avait été faite par un organisme spécialisé à la suite, et en fait, rien qu'au niveau des médias, je ne parle même pas des réseaux sociaux, rien qu'au niveau des médias, à l'époque, il y avait eu 39,5 millions de Français qui avaient été impactés par ce qu'on faisait. Ce qui représentait à l'époque 60%. C'est énorme
UNKNOWN!
SPEAKER_02Moi, je n'aurais jamais cru ça
UNKNOWN!
SPEAKER_02C'est énorme. Alors on s'est dit, si on a quelque chose qui ressemble même au dixième de ça, autour du monde, parce que ça va être une communication mondiale, ça peut bouger beaucoup de monde. Voilà. Et ce qu'on voudrait, c'est ça. Ce qu'on souhaite, c'est assez simple, c'est qu'en fait, on veut susciter l'envie d'avoir inspiré. Il faut que les gens comprennent que... même à leur niveau, ils peuvent faire quelque chose. On n'est pas là pour dire faites la même chose que nous. Chacun peut trouver en fonction de ce qu'il fait. Donc, nous, notre idée, c'était de dire on veut inspirer, d'après notre défi, pour que vous puissiez en faire d'autres. On veut susciter l'envie que vous puissiez faire quelque chose pour le climat de la Terre. Et en final, on va les inciter à s'engager réellement. Ils s'inscriront un petit peu quelque part, dire oui, je vais faire quelque chose. Je ne voudrais pas lancer des paris, mais j'espère bien qu'il y aura des millions et des millions de personnes au travers du monde qui vont se lancer grâce à ça. Des personnes et des entreprises. Ce n'est pas un acte politique que l'on fait, mais ça revient à faire réfléchir un petit peu tous les politiques qui dirigent des pays sur Terre. Quand on voit comment ils s'étaient engagés il y a 5 ans et comment aujourd'hui tout fout le camp c'est quand même quoi dirais-je c'est inquiétant voilà donc si ça peut recentrer un petit peu les idées on
SPEAKER_00sera content écoute en tout cas moi je suis convaincu que c'est quand on découvre des projets comme le tien tu vois qui sont comme tu dis là encore en tout cas d'un point de vue organisation gérée par des amateurs vous n'êtes pas payé vous n'êtes pas des pros même si vous y Je passe énormément de temps, mais c'est clair que c'est un message qui est hyper positif, clairement porteur d'espoir et qui donne envie de se lancer aussi, qui montre que c'est possible. Parce qu'encore une fois, je le disais tout à l'heure, si vous faites ça, si vous partez dans deux ans comme prévu, toi tu auras 78 ans, Yaka 75. Donc voilà, à un âge où… Oui, on pourrait faire autre chose. La présence populaire, c'est qu'il faut en faire le moins possible,
SPEAKER_02tu vois. Oui, mais écoute, ce n'est pas encore le cas. Tant pis si je te déçois, mais ce n'est pas encore le
SPEAKER_00cas. Et du coup, là, vous en avez tout en termes de préparatifs. Qu'est-ce qui est prêt
UNKNOWN?
SPEAKER_00Qu'est-ce qui reste à
SPEAKER_02faire
UNKNOWN?
SPEAKER_02Alors, ce qui est prêt, c'est qu'on a construit tout le projet et on a pris toutes les parties du projet. Elles sont écrites et elles sont avancées. Par exemple, pour le bateau, on a aujourd'hui deux chantiers navals qui peuvent nous faire ce bateau. Ce que je souhaitais, c'est que pour être cohérent avec l'histoire du climat, la biodiversité et tout ça, je voulais que ce bateau soit fait en matériaux qui soient biosourcés ou alors recyclés et en tout cas totalement recyclables. Donc, il y a deux chantiers en France qui sont capables de le faire. On n'a pas encore choisi entre les deux parce qu'il y a d'autres choses qui vont faire que ces deux chantiers en fait ont tous les deux une équipe de course à la voile qui font des traversées océaniques un depuis 20 ans l'autre depuis 15 ans c'est des gens qui savent ce qu'ils font c'est des équipes des fois qui ont 50 personnes derrière eux pour faire ce genre de choses donc on est en train de négocier avec eux aussi de savoir s'ils peuvent nous accompagner à savoir comment on va être en taux si on a des problèmes, eux, ils ont l'habitude de gérer ce genre de choses, voilà, qu'ils puissent nous suivre, venir éventuellement lancer quelque chose dans une situation de crise. Donc, ce ne sera pas du tout amateurisme. C'est vraiment des spécialistes qui vont faire ça. Ça, c'est pour rassurer un petit peu, pour dire, ben oui, on ne s'en lance pas à faire n'importe quoi. Donc, il y a ça. Et, Les plans du bateau sont quasiment finis. On a déjà les préplans. On n'a plus qu'à faire des améliorations. Là aussi, on a trouvé un cabinet d'architectes navals qui sont des jeunes, qui ont une idée totalement différente de ce qui se fait aujourd'hui. Ça m'a beaucoup plu. On les a invités à montrer ce qu'ils savaient faire. Ils montrent qu'ils peuvent construire des bateaux sans moule. Parce que le moule, ça prend une Des fois, deux mois à fabriquer, c'est deux mois de perte. C'est quand même un bateau qui va nécessiter entre huit mois et un an de construction. Ce sont des chantiers qui fabriquent les IMOCA que l'on voit sur le Vendée Globe. Ce sont des choses qui doivent bien fonctionner. Il y a ça de fait. Il y a l'équipe à terre qui va nous suivre pour faire plein de choses, c'est-à-dire les retransmissions déjà de ce qu'on va envoyer, suivant la totalité, on a le routeur, on aura une équipe effectivement de communication renforcée, tout ça c'est prêt. Ce qui n'est pas prêt encore, c'est les candidats qui se sont déjà portés volontaires, il y en aura d'autres. Je n'ai pas ouvert le, comment dirais-je, cette voie de candidature tout simplement parce qu'on n'a pas suffisamment d'argent pour l'instant je ne veux pas que les gens se mettent en tête qu'ils vont faire des choses et qu'ils soient déçus après donc aujourd'hui sincèrement ce qui nous manque c'est un partenaire financier ou des partenaires financiers donc il y a un budget qui est assez conséquent parce que il y a la préparation des gens ça va durer un an et demi il y a la traversée Ensuite, il y aura quelques autres choses qui vont être faites au niveau des entreprises, c'est-à-dire qu'on va faire des conférences. Ça fait plus de trois ans. Donc, ça fait un budget sur trois ans qui est assez conséquent, qui n'est pas au niveau de ceux qui font les courses à la voile, mais qui s'en rapprochent tout de même. Donc... Aujourd'hui, il faut qu'il y ait des gens qui croient à ce projet, qui se disent oui, ils vont faire quelque chose de bien, et pour eux, pour leur entreprise, et pour... et pour les terriens et pour la planète et pour la biodiversité c'est clair que si on n'a pas cet argent d'ici deux ans on arrêtera ce projet j'ai pas envie de m'embarquer à 80 ans je peux débarquer à 80 ans mais pas
SPEAKER_00m'embarquer et tu peux juste pour qu'on se rende compte un peu parce que clairement le projet c'est un projet d'envergure là à ce jour il vous manque combien sur le budget que vous avez Pour démarrer
SPEAKER_02le projet, il nous faudrait déjà un million et demi. La construction du bateau, la formation des gens. Après, c'est autre chose, c'est de la communication, c'est de la gestion. Il y a beaucoup plus que ça derrière, mais il faut commencer par là. Nous, ce qui nous préoccupe aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas un seul chantier qui est capable de construire un bateau comme ça en six mois. Donc on est obligé d'attendre un an. Mais comme on ne peut pas attendre que le bateau soit construit, on achète un deuxième bateau, un plus petit, comme celui qu'on avait pour traverser l'Atlantique, et on commence déjà à former les gens, et à faire des sorties. Le bateau sera à La Rochelle, qui va soutenir ce projet également. Il y a quelqu'un qui m'a dit il n'y a pas longtemps, mais... Quelqu'un qui me dit« Pourquoi vous faites ça
UNKNOWN?
SPEAKER_02» Ce que je viens de vous expliquer, c'est vrai, il y a tout ça. Le monsieur nous disait« Pourquoi vous faites ça, vous, à votre âge
UNKNOWN?»
SPEAKER_02Il me dit, les jeunes, oui, ils sont forcément intéressés. Forcément, en plus, c'est eux qui vont devoir gérer ça. Les gens de mon âge, la personne a une cinquantaine d'années, les gens de mon âge, il y en a qui s'intéressent, d'autres qui ne croient pas. À votre âge, on n'en voit plus qu'il y en faut. Mais ici, voilà. On n'est pas des fossiles.
UNKNOWNEt...
SPEAKER_02Et on apprend, et alors il y a une chose qu'on apprend en faisant ce genre de projet, et de tentative, surtout parce qu'il y a le côté sportif aussi. Et sur le côté sportif, les gens me disent on va se dépasser, je dis ça c'est certain que tu vas te dépasser par rapport à ce que tu faisais si tu faisais pas quelque chose comme ça. Et quelqu'un me dit mais de combien
UNKNOWN?
SPEAKER_02Mais on sait pas. Alors là aussi je renvoie à des lectures de Saint-Exupéry, que je trouve était un très très un penseur et puis quelqu'un aussi qui fonctionnait avec beaucoup d'humanité et il fonctionnait en équipe, eh bien, on peut se dépasser de 15%, on peut se dépasser de 50%, on peut se dépasser de 300%, de 1000%, on ne le sait pas encore. On ne le sait pas. Voilà. Donc, c'est un apprentissage. Et puis, la vie en mer, elle n'est pas... elle est plutôt monotone. S'il n'y a pas de tempête, s'il n'y a pas d'attaque d'orques, on va s'ennuyer. Donc, c'est aussi un moment d'introspection et on passe des moments fabuleux. La nuit, sous la voûte céleste, lorsqu'il n'y a pas de nuages, ça... Ça permet de réfléchir, de penser à soi. Et on se rend compte, moi, pour la traversée atlantique, ça a été ça, en tout cas, qu'on n'a pas besoin de grand-chose pour se sentir bien et bien
SPEAKER_01vivre.
SPEAKER_02Donc, le retour, quand je suis revenu, moi, je savais déjà que je voulais diminuer beaucoup de choses que j'avais ou de manière que je faisais. Alors, je n'ai pas diminué autant que je pensais, parce qu'on est toujours repris par la vie, mais j'ai quand même diminué. C'est une forme de résilience et de préparation à ce qui va se passer. Et je ne sais pas si ça t'est arrivé dans tes pérégrinations, mais lorsqu'on On se retrouve dans un coin de nature, calme, tranquille, ce qui n'est rien. on pense beaucoup aux autres et en même temps, on est obligé de penser à
SPEAKER_00soi. Oh là là
UNKNOWN!
SPEAKER_00Quel projet incroyable
UNKNOWN!
SPEAKER_00Donc, comme d'habitude, s'il y en a qui veulent se renseigner, tous les liens sont en description vers le site internet. Oui. Est-ce qu'en guise de conclusion, il y a quelque chose
UNKNOWN?
SPEAKER_00Alors, tu as fait passer plein de messages très forts sur l'inspiration, le fait d'oser se lancer.
SPEAKER_02Avant ça, je voudrais dire que toute personne qui est sportive, quel que soit son sport, peut faire ce défi avec nous. On se charge de leur apprendre à ramer. Ce n'est pas ramer pour être champion olympique, c'est ramer pour arriver au bout. Donc, on apprend à ramer efficace et à ramer... au minimum, de manière à pouvoir tenir 12 heures par jour. Il faut que les gens comprennent qu'il faut une certaine forme de respect à bord, de respect pour tous, qu'il y ait également une idée que si jamais il y a quelque chose qui se passe, on est une équipe. chacun des 8 personnes aura un rôle à bord donc chacun est important il y en a qui feront de la navigation il y en a qui s'occuperont de faire éventuellement des dépannages de matériel il y en a qui s'occuperont de la santé il y en a qui s'occuperont de faire de la communication de faire des photos, de faire des vidéos on va amener des drones à bord donc on va pouvoir communiquer comme il faut par rapport à ça tout le monde a un rôle à bord et tout le monde est au même niveau la seule règle c'est que c'est la règle de la mer c'est qu'il y a quelqu'un à bord quand même qui prend une décision mais il les prend en fonction des avis de tout le monde parce que chacun est engagé là-dedans et il n'y a pas de possibilité de dire d'abord ce sont des volontaires ce ne sont pas des gens qui sont salariés même s'il y aura un défraiement parce qu'il y a quand même des gens qui travaillent encore donc il faut voir un petit peu comment ils vont pouvoir entre guillemets vendre ça à leur entreprise mais je ne doute pas que des entreprises qui auront des employés qui veulent faire ce genre de défi seront contentes d'en profiter après il y a quand même des valeurs énormes qui sortent d'un tel projet voilà alors moi ce que comment dirais-je pas en guise de conclusion parce qu'on en est qu'au début donc c'est à guise d'ouverture je veux dire qui aujourd'hui peut penser qu'il peut vivre tranquillement sereinement en pensant à ce qui risque d'arriver. Est-ce qu'il faut faire le truche
UNKNOWN?
SPEAKER_02Ou est-ce qu'il faut se mobiliser
UNKNOWN?
SPEAKER_02Moi, je crois que il faut que chacun apporte sa pierre à cet édifice. Et c'est sûr que tout seul, on se dit que ça ne sert à rien. Et c'est presque vrai. Mais si on est 10 millions, on va être une vraie force.
SPEAKER_00complètement d'accord avec toi Bernard et puis comme tu disais j'espère bien que tu vois ce témoignage ça va être la petite boule de neige qui va faire que grossir et qui va déclencher des passages à l'action dans plein de projets divers et variés en tout cas un très grand merci pour tout ce que tu as bien voulu partager c'était super intéressant très inspirant et puis ce que je te propose c'est qu'on se donne rendez-vous au moins pour une des étapes intermédiaires ou à l'arrivée à
SPEAKER_02Nouméa avec plaisir et pourquoi pas les deux. Exactement. Merci beaucoup Bernard. Je te remercie Loïc et puis pour tous les auditeurs, bonne chance et puis pensez à votre vie et à celle des autres.
SPEAKER_00Merci d'avoir écouté cet échange avec Bernard jusqu'au bout. J'espère que comme moi, vous l'aurez trouvé aussi intéressant qu'inspirant. C'est quand même incroyable de se lancer dans de tels défis à l'âge qu'il a. Une preuve de plus que finalement, les limites sont celles qu'on s'impose. N'hésitez pas à partager cet épisode à un maximum de personnes autour de vous et à parler du podcast de manière générale. C'est une excellente manière de remercier tous ces invités qui, comme Bernard, prennent un petit peu de leur temps pour nous partager leur parcours. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast, c'est possible sur tipeee www.tipeee.com c'est à partir de 1€par mois un immense merci à toutes et ceux qui ont franchi le pas et qui ont décidé de soutenir le podcast financièrement excellente journée à vous, je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode, ciao les frappés