Les Frappés

Cultiver son mindset, avec le serial entrepreneur (et sportif !) Nicolas Lemeteyer

Loïc Blanchard Season 5 Episode 236

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

0:00 | 1:23:55

Nicolas Lemeteyer a voulu devenir cycliste professionnel entre 16 et 20 ans. Il a quitté l'école pour ça. Ça n'a pas marché, mais ce qu'il a appris sur un vélo, et à travers les sports d'endurance en général, ne l'a jamais quitté.

Cette soif de challenge l'a amené à monter, faire grossir, puis revendre plusieurs boîtes (Youboox, Soan, aujourd'hui Leikar dans le Sporttech), sans jamais lâcher le sport : 12 à 13 000 km de vélo par an, deux Ironman à Nice, 12 heures d'entraînement par semaine.

Ce qui rend cet épisode particulier, c'est la place que Nicolas donne à l'échec. Le chiffre qu'il a partagé qui m'a le plus marqué : Un cycliste perd 95 % de ses courses. Cette réalité, il l'a intégrée très jeune, et elle a façonné toute sa manière d'entreprendre. Quand il rate quelque chose, il le dit sans détour. Il ne cherche pas à repackager la défaite en victoire. Il a en horreur le fameux "l'important c'est de participer". 

Il constate, il apprend, il recommence.

Dans cet épisode, on parle aussi de la crise d'identité après une revente, de longévité (comment tenir dans la durée, corps et esprit), et de pourquoi être clivant c'est finalement être passionné.

👉🏼 Retrouve le livre de Nicolas ici.

Pour suivre Nicolas c'est ici ⬇️
🏃‍♂️ Strava
💼 LinkedIn
🌏 Site internet

🎙 Les autres épisodes qui pourraient t'intéresser :

👉 DE L'ÉCHEC À LA VICTOIRE, LEÇON DE RÉSILIENCE EN MILIEU POLAIRE AVEC THIERRY CORBARIEU

👉 FORGER SON DESTIN AVEC ANTHONY BOURBON

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Deviens Tipeur sur Tipeee
✅ Follow le podcast sur ta plateforme d'écoute
🙂 Parle du podcast autour de toi et partage cet épisode
⭐️ Laisse une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify

Pour prolonger l'épisode 👇🏼
📖 Découvre le Journal des Frappés : les enseignements de mes invités, dossier par dossier
💌 Abonne-toi à la newsletter
📸 Suis-moi sur Instagram

Des suggestions ou envie de partager ton avis ? Envoie-moi un email.

Échec Et Mindset De Progression

Nicolas

Il faut donner de l'importance à l'échec pour se remettre en question, pour progresser, pour être toujours meilleur, pour avoir une courbe d'apprentissage qui ne s'arrête jamais. Et c'est là où on revient au mindset. C'est-à-dire que moi, ça, c'est mon mindset. Mon mindset, c'est de me dire tout le temps « Ok, là, je suis passé à côté. Pourquoi ? » J'essaye de l'étudier, de le comprendre pour progresser. Parce que ce qui m'intéresse, c'est de progresser tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Pas que dans le sport, partout. Dans le vélo, par exemple, un coureur cycliste, dans 95% du temps, même plus, il ne gagne pas.

Loïc

Hello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent, et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre le micro à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi

Nicolas

?

Loïc

Parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, il se pourrait bien qu'une écoute régulière puisse t'entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. allez nickel et bah écoute bienvenue Nicolas au micro défrappé je suis super content de t'accueillir sur le podcast et avant que j'oublie un grand merci à Steph à mon pote Steph qui nous a mis en relation c'était une conférence c'est ça je crois vous vous êtes croisé et à ce moment là il m'a dit il faut absolument que tu

Nicolas

parles

Loïc

à Nicolas écoute bah déjà

Nicolas

merci de m'accueillir et effectivement c'était une on peut appeler ça une conférence dans le cadre

Loïc

de la building factory à Paris ok ok excellent Nicolas je suis je suis trop content de te recevoir une nouvelle fois très très curieux que tu nous en dises plus sur ton parcours on va parler de plein de choses mais en tout cas en préparant l'épisode il y avait une direction assez claire qui est ressortie et on verra à la fin si je me suis trompé ou pas mais j'ai l'impression qu'on va beaucoup parler de sport d'entrepreneuriat et de comment les deux se croisent t'as un parcours ultra riche multifounders très focus sur justement tout cet univers sportif et je trouve ça ultra intéressant ça me parle carrément donc ce que je te propose c'est de commencer peut-être par dans les grandes lignes ce que tu fais aujourd'hui et après on s'intéressera à ton histoire et ton rapport au

Nicolas

sport écoute ouais

L’ECAR Et Le Mouvement Santé

Nicolas

avec plaisir donc

Loïc

en gros moi je m'appelle

Nicolas

Nicolas j'ai 40 ans je vis en Belgique je suis un entrepreneur passionné de sport et aujourd'hui ce qu'on fait chez la carte donc on a monté avec 5 autres associés il y a 2 ans maintenant l'ECAR à la suite de la revente de nos différentes entreprises et l'ambition de l'ECAR en gros c'est de créer un écosystème dédié au mouvement on appelle ça le mouvement pourquoi ? parce que c'est ce qui nous passionne avant le sport je dirais c'est vraiment le fait d'être en bonne santé et de vivre en bonne santé le plus longtemps possible donc le sport en fait partie mais au même titre que simplement d'être en activité de faire attention à son alimentation à son sommeil, à son hydratation, etc. Et donc, il y a deux ans, en partant de ce postulat qui nous passionne, on a monté l'écart et l'ambition de l'écart, ça a été dans un premier temps d'investir dans des boîtes en minoritaire puisqu'on avait, nous, gagné un petit peu d'argent et c'était le moment pour nous de le faire. Et ce qu'on fait maintenant depuis un an, c'est de racheter des boîtes, donc de prendre des participations majoritaires à 100% pour consolider un écosystème aujourd'hui qui est assez fragmenté. et faire émerger du coup un acteur leader dans cette ambition de remettre les gens, on va dire, en bonne santé. Excellent.

Loïc

Voilà ce que je fais aujourd'hui. Excellent. Ton rapport au sport, c'est quoi

Nicolas

?

Loïc

Tu as grandi dans une famille qui était en mouvement, justement pour élargir un peu, comme tu viens de le dire, ce n'est pas forcément que le sport, mais comment tu as mis les pieds dans cet univers du sport et en particulier, si je ne me trompe pas, du cyclisme dans ton cas

Canaliser L’énergie Par L’endurance

Nicolas

? ouais ouais alors en fait je suis pas arrivé tout de suite au cyclisme mais je suis pas du tout issu d'une famille de sportifs il se trouve que moi je suis arrivé au sport parce que j'étais un enfant ultra turbulent avec beaucoup d'énergie et à tel point qu'en gros si tu veux assez vite on m'a diagnostiqué en gros turbulent ou je sais plus quel était hyper actif voilà en gros et je me souviens que quand j'étais petit à un moment donné d'un rendez-vous chez un psychologue où le psychologue avait dit à mes parents il faut lui donner des médicaments pour le calmer parce que c'est en gros un fou il court partout franchement je faisais vriller mes parents parce que je savais pas rester en place 40 secondes Et à ce moment-là, mes parents ont fait un truc, je dirais le seul truc qu'ils ont fait, un des seuls trucs, on va dire, qu'ils ont fait bien pour moi, parce que je suis plus en contact avec ma famille, mais en gros, ils ont dit non, non, il prendra pas de médicaments, on va essayer de le focuser, quoi, de capter son attention. Et donc, du coup, ils m'ont mis à plein d'activités, donc je faisais du sport à ce moment-là, mais je faisais aussi de la musique, je faisais du dessin, j'essayais d'avoir plein d'activités pour capter mon attention. Et j'ai comme commencer en sport plutôt par le judo. Je fais du judo, de la natation, de la gymnastique. Et c'est après que je suis arrivé au triathlon et du triathlon que je suis arrivé ensuite

Loïc

au vélo. Et tu avais quel âge quand ce pseudo-diagnostic a été posé et qu'un psychologue s'est dit la meilleure solution, c'est de le charger en médicaments, ce

Nicolas

petit ? J'étais vraiment tout petit. Je n'aurais du mal à te dire exactement l'âge que j'avais mais j'avais peut-être 6 ans, 7 ans ou 8 ans quelque chose comme ça je me souviens très bien de ça et que ensuite j'ai vraiment commencé à faire vraiment je me souviens on avait une dame qui s'occupait de nous et j'étais constamment tous les jours j'avais une activité différente tous les jours j'avais un truc je faisais quelque chose pour essayer de capter je pense un peu mon attention, mon énergie et que du coup je suis un peu cramé quoi en fait c'était ça la stratégie quoi et je pense que c'est pour ça que j'ai fait beaucoup de sports d'endurance en fait finalement très vite parce qu'il y avait quand même tu vois dans les sports d'endurance il y a ce rapport on se crame en fait beaucoup plus que dans d'autres sports et je pense que c'est pour ça que je suis arrivé très vite finalement au triathlon pour aller chercher ce sentiment en moi de me dire ouais là j'ai plus de j'ai plus rien quoi j'ai plus d'énergie c'est je suis KO, je

Loïc

suis éteint. Ok. C'est intéressant ce choix qui a été fait de faire un combo sport mais aussi musique. Par curiosité, tu es arrivé à trouver une forme de sérénité aussi dans le fait de jouer à un instrument ou une activité sportive, physique

Nicolas

? Il se trouve que la musique, finalement, je n'ai plus trop de souvenirs parce qu'on faisait plein d'instruments différents pour essayer de choisir un peu l'instrument qui aurait pu être l'instrument qu'on utilise sur lequel on se concentre j'ai fait ça au tout début et moi je suis allé plutôt sur le dessin que j'ai continué pendant longtemps et après dans le dessin tu fais de la peinture, de la sculpture tu fais plein de trucs différents et moi ce que je préférais c'était le dessin au fusain

Loïc

c'est ça que je préfère je suis désolé je suis un inculte absolu au fusain c'est quoi

Nicolas

c'est un espèce de petit crayon noir tu vois comme tu vois une craie blanche sauf que là c'est comme un petit morceau de charbon tu vois on dirait ça ressemble à ça ok et en gros tu le tailles plus ou moins pour avoir plus ou moins de détails quand tu dessines et

Loïc

voilà donc à l'inverse d'un crayon c'est quoi l'intérêt c'est que ça te permet de faire des traits beaucoup plus épais si tu le souhaites ou de

Nicolas

ouais tu peux faire des traits plus épais tu peux enfin bon ouais c'est c'est c'est un peu différent effectivement d'un crayon C'est vraiment très taillé. Là, ça ressemble à un petit morceau. Comme un morceau de charbon.

Loïc

Un morceau de charbon, ok. Je vois très bien.

Nicolas

Ok.

Loïc

Ultra intéressant. Du coup, à quel moment est-ce que tu dirais que cette réorientation se focus sur plutôt de l'endurance

Nicolas

?

Loïc

C'était à l'adolescence

Nicolas

?

Loïc

C'était

Nicolas

après ? Alors franchement, j'ai fait pendant 2-3 ans gymnastique, judo... Ah ouais, mais t'as

Loïc

vraiment touché à tout, c'est fou ça

Nicolas

! Gym, j'ai truqué! et d'ailleurs j'aimais bien la gym mais du coup il se trouve que c'est marrant parce que j'adorais la gym donc je faisais tous les agrès différents mais en fait je me suis viré de mon club de gym parce que la coach considérait que j'étais à ce moment là alors que tu vois je faisais déjà d'autres sports à côté elle arrivait pas à me canaliser en fait je me souviens très bien aussi de cette histoire où en gros apparemment visiblement j'aurais abusé du trampoline je courrais dans tous les sens ok excellent des fois tu vois tu te rends pas compte mais visiblement je pense que pour les autres je devais vraiment se dire que j'étais fou tu vois parce que je courais partout etc moi j'ai tu vois je me souviens quand je me suis viré j'avais pas souvenir je me souviens que oui j'avais genre pas écouté quand on me disait arrête de faire ça tu vois et moi je continuais tu vois un peu comme un peut-être comme un fou tu vois mais je continuais je continuais en gros je me suis viré de mon club de gym et c'est à ce moment là que J'ai commencé la natation. Et de la natation, en gros, ils ont fait une initiation au triathlon. Donc, j'ai fait le triathlon. Et du triathlon, en gros, ce qui s'est passé, c'est que là où je vivais, dans le quartier où je vivais, il y avait un club de vélo. Et il y avait plein de gamins, dont mes voisins, en fait, qui faisaient du vélo. Et de là, j'ai commencé à rejoindre le club de vélo. Vraiment la création plus intense, à partir de, je dirais peut-être 9 ans, quelque chose comme ça, 10 ans. Ok, ok. J'ai commencé la compète, en gros, j'ai fait tout de suite des compètes. En fait, tous les sports, tout de suite, j'ai fait

Loïc

des

Nicolas

compètes. Ok, tout ça en Belgique. Je suis très compétitif. Non, non, je vivais en France. Moi, ça fait deux ans que je vis en Belgique. D'accord. Mais je vivais en France et la compète, j'ai commencé tout de suite. Ça, ça a été un truc assez marquant parce que je suis devenu, je pense, compétitif très, très, très

Loïc

jeune, en fait. Oui, c'est clair que ça forge, mais... c'est marrant ce que tu dis sur le fait de finalement ta perception de toi tu voyais pas trop quel était le problème avec cette trampoline ça me fait penser je te partage rapidement une anecdote j'ai fait le tour des Fises qui est un massif en face du Mont Blanc avec ma fille qui avait 3 ans et demi à ce moment là et ma femme en refuge et tout c'était très chouette et on est tombé sur une maman qui faisait un bout avec ses deux enfants et je pense que le petit devait avoir je sais pas peut-être 6 ans et dans ce que tu me racontes là depuis 10 minutes j'ai l'impression de le voir tu vois on On ne l'a vu qu'une soirée, mais il courait partout. C'était un truc de fou. En fait, c'était assez marquant parce que les gens, la maman était parfaitement sereine, le petit, mais il sautait d'un talus. Il y avait une espèce de talus avec une pente qui était quand même assez raide. Elle devait être à 25-30 %. Et il sautait avec de l'herbe et donc il s'éclatait par terre. Mais en fait, ce qui le faisait rire, c'est qu'il glissait jusqu'en bas à ce moment-là. Mais il s'éclatait par terre. Je veux dire, il tapait sur de la terre, sur l'herbe et La maman nous parlait tout à fait sereine et tout. Le petit faisait sa vie, il rigolait, tu vois. Et les gens autour étaient, mais, offusqués. À un moment donné, il y a une dame qui s'est mise à crier. Je lui ai dit, non, mais là, c'est pas possible, il faut qu'il arrête, tu vois. Et le petit, il comprenait pas, en fait. Il est venu voir sa maman, il dit, mais qu'est-ce qu'il y a, maman

Nicolas

?

Loïc

Elle dit, bah oui, mais tu fais peur aux gens, fais attention, tu vois, tu le sais. C'était ultra drôle, parce qu'en fait, tu vois, lui, il s'amusait, il faisait son truc, quoi. Mais pour les gens, c'était pas acceptable, quoi. C'était trop impressionnant. Donc, ouais, j'ai l'impression que quand tu me racontes ça, c C'est un

Nicolas

peu ça. Vraiment, des fois, je repense souvent à ça. Encore aujourd'hui, on me dit que j'ai du mal à tenir en place. Beaucoup moins que quand j'étais jeune. Avec la vieillesse, tu deviens plus calme aussi. Oui. mais tu vois dans mon esprit ouais en fait par exemple Louis je me souviens de quand je me suis fait sortir de la gymnastique du club quand j'y repense je me dis mais franchement je sais pas en plus j'y allais tout le temps à la gym je faisais de la compète j'étais concentré je kiffais tu vois pas trop compris pourquoi après peut-être effectivement peut-être j'étais trop brusque parce que quand t'es turbulent t'es un peu brusque tu fais des trucs un peu avec pas trop de finesse tu vois peut-être que du coup ça dérange ça dérange les gens mais bon bref en tout cas pour répondre à ta question moi je suis arrivé au sport à cause de ce surplus d'énergie que j'avais et le sport avec le temps a canalisé mon énergie notamment les sports d'endurance où ça m'a permis d'être beaucoup plus relax en fait parce que j'avais un peu ma je pense un peu comme une forme de dose d'énergie tu vois et effectivement quand tu fais par exemple je sais pas trois heures de vélo, même si tu es énergique à la fin de tes trois heures de vélo, tu as un peu moins d'énergie qu'avant

Loïc

de

Sport Quotidien Et Agenda D’entrepreneur

Loïc

partir quand même. C'est quoi du coup la place du sport aujourd'hui dans ta vie, maintenant que tu es adulte, très occupé, entrepreneur, ça continue à avoir une place

Nicolas

importante ? Franchement, le sport a conditionné ma vie et comme j'ai commencé très tôt et j'en faisais tous les jours, En fait, le sport aujourd'hui, je continue à en faire tous les jours parce que c'est presque quelque chose qui va me rassurer. C'est-à-dire que je sais que si j'ai fait mon sport, je vais être relax, je vais pouvoir gérer mon stress, la pression ou autre. En fait, je ne me suis jamais, pour être honnête, je ne me suis jamais posé de question du fait d'arrêter le sport ou autre. J'ai toujours continué. Alors après, il y a des sports où tu fais un peu des variantes, c'est plus ou moins intense. Mais par contre, je pense que la seule raison qui ferait que je ne fais pas de sport sur une journée, c'est que je suis vraiment au fond du trou malade. Sinon, je fais du sport tous les jours. Moi, rapport au sport, c'est ça. Je fais du vélo, de la muscu, de la course à pied, un peu de renfort. Le vélo, je continue à faire à peu près entre 12 et 13 000 km par an de vélo. Course à pied, c'est entre 1500 et 2000 km par an de course à pied. Globalement, en moyenne, je fais 12 heures de sport par

Loïc

semaine. C'est un peu la moyenne. Ok, donc carrément actif. On peut clairement dire que le sport, c'est un sujet identitaire. C'est qui tu es et c'est comme ça.

Nicolas

Le sport, c'est 12 heures par semaine, c'est minimum tous les jours, voire plus qu'une heure. Et après, il y a des semaines dans l'année où, par exemple, la semaine dernière, avec des potes, on a fait un petit délire. On a fait Bruxelles, Amsterdam, Bruxelles en vélo. Rien que sur la semaine, j'ai fait 25

Loïc

heures

Nicolas

de sport. Ouais, ouais.

Loïc

Excellent. Et comment tu fais du coup en termes de priorité dans un agenda d'entrepreneurs, investisseurs et qui j'imagine doit être bien bien plein, c'est quoi les premiers blocs que tu places

Nicolas

?

Loïc

C'est le sport d'abord ou c'est juste tellement ancré que quoi

Nicolas

qu'il arrive ? Le bloc, en fait déjà globalement je bloque toutes mes solutions de sport quand même dans mon agenda, donc dans tous les cas elles sont là, elles sont mises dans mon agenda, quoi qu'il en soit de toute façon je ferai du sport et après je peux réajuster si j'ai une galère dans la journée ou autre tu vois mon bloc je vais le décaler ou autre mais si par exemple je fais souvent du sport pendant l'heure du déj le midi tu vois si par exemple j'ai fini un truc à 13h30 j'ai plus le temps d'aller faire mon sport bah c'est pas grave je vais continuer ma journée de taf et je vais m'arrêter à 15h et je vais aller faire du sport et je vais reprendre le taf après plus tard tu vois donc en fait de toute façon il n'y a pas c'est ancré je pars du principe que ça fait partie de mon bien-être pour être en bonne santé mentale et physique donc c'est autant important que je fasse du sport que je fasse un truc pour l'entreprise parce qu'en fait c'est ça qui fait que je serai que je vais rester durable dans le temps en fait ouais

Startup Nation Comme Sport De Haut Niveau

Loïc

et ça dans l'univers dans les sphères entrepreneuriales dans lesquelles tu évolues c'est un sujet auquel tu fais gaffe pour des boîtes tu vois sur lesquelles enfin en tout cas avec des founders que tu rencontres ou d'autres investisseurs est-ce que s'il y a le critère sport qui est coché c'est déjà un petit plus pour toi

Nicolas

? il se trouve que depuis deux ans je rencontre essentiellement des personnes dans le monde du sport donc la question se pose Plus vraiment. Et puis après, déjà avant, si tu veux, finalement, je côtoyais beaucoup de personnes avec les mêmes valeurs que moi autour du sport ou en tout cas le même mindset ou autre. Donc, en fait... Surtout dans l'écosystème entrepreneurial dans lequel j'ai évolué pendant plus de 10 ans, en gros la Startup Nation. Déjà, la Startup Nation, c'est un peu du sport de haut niveau. C'est-à-dire que c'est une forme d'entrepreneuriat ultra particulière qui n'est pas du tout représentative de l'écosystème entrepreneurial français. C'est une minorité, les startups. Puis moi, en plus, j'ai été un peu l'archétype du startupeur parisien qui a fait une dizaine de levées de fonds successives. Tous les ans, je levais de l'argent, j'ai beaucoup recruté, tout est allé très très vite, c'est-à-dire qu'entre les deux boîtes que j'ai faites et que j'ai revendues, entre l'idée, le scale, la revente, à chaque fois j'ai tout fait en 6-7 ans, donc c'est allé très vite, donc je mettais une intensité énorme, je travaillais énormément, moi je voyais à ce moment-là les startups comme du sport de haut niveau, donc c'était ultra intense et les gens que je côtoyais étaient aussi très intenses, donc on se retrouvait quand même. Et souvent, les entrepreneurs un peu excessifs, intenses ou autres, finalement, tu ne sais pas pourquoi on se retrouve à court. On avait les mêmes passions, la course à pied, les triathlons. Très vite, tu vas faire des Ironman parce que ce n'est pas suffisant de travailler déjà au rythme où on allait. Pourquoi ne pas se rajouter une prépa Ironman ? Je pense que c'est

Loïc

un mindset. Quand j'ai quitté Apple, c'était pour créer une boîte avec Steph, que tu as rencontré à Building Factory. On avait monté une boîte qui s'appelait Papyrus. C'était en gros un SaaS HR Tech pour faire la gestion des talents, plutôt pour les PME. Et on a monté ça l'année où ma fille est née. Et six mois après qu'elle soit née, je suis parti faire la PTL, la course dont je te parlais, où je n'ai pas dormi pendant une semaine et j'ai fait 25 000 mètres de dénivelé et 320 kilomètres. Et aujourd'hui, je me dis, mais je suis complètement débile parce que tout ça, c'est des choix en fait. C'est un choix de timing. À quel moment est-ce que je me suis dit que c'était une bonne idée de faire ces trois choses en même temps

Nicolas

?

Loïc

Et au final, quand je rencontre des gens comme toi, d'autres potes, entrepreneurs, etc., qui enchaînent les projets, effectivement, j'ai l'impression que c'est un sujet de mindset. Je ne sais pas si c'est le plaisir de se mettre à la limite à chaque fois ou si c'est la stimulation que ça apporte d'être sur plusieurs sujets qui demandent un gros engagement chacun. Je ne sais pas si tu as un point de vue là-dessus, mais oui, je suis assez d'accord avec toi sur le fait qu'il y a une sorte de trait de caractère commun qu'on retrouve dans ces univers.

Nicolas

Je ne me suis jamais fait ma rétrospective de pourquoi, quelles seraient les motivations autres. Ce qui est sûr, c'est que je pense que c'est vraiment une question de mindset, d'état d'esprit. Ce n'est pas un truc qui s'apprend, qui va venir ou autre. C'est quelque chose que tu l'as ou tu ne l'as pas. Souvent, tu ne te poses même pas la question. Moi, quand j'ai fait des boîtes avec cette intensité énorme, jamais je ne me suis posé la question de est-ce que c'était trop intense, c'est intense ou autre. Je l'ai fait parce que Parce que j'avais ce mindset, c'était un ancrage en moi et ça s'est fait de façon très naturelle. De la même manière que je me souviens très bien comment je suis arrivé à la discipline Ironman. Je faisais beaucoup de vélo, je courais beaucoup. Je me suis dit, tiens, pourquoi pas faire un tri ? J'ai fait un tri olympique. Je me suis dit, ah, c'est cool. Je pense que trois mois après, je faisais un Alpha Ironman. J'ai fait l'Alpha Ironman. Je me suis dit, en vrai, si je ne fais pas un Ironman, je ne peux pas dire que je fais du triathlon. c'est des trucs comme ça tu vois à la con mais du coup qu'est-ce que j'ai fait je me suis fait une prépa bon là pour le coup un peu plus solide quand même pendant 8-9 mois puis j'ai fait un Ironman tu

Loïc

vois t'as fait lesquels de

Nicolas

half et de full j'ai fait half Ironman de Deauville et j'ai fait full Ironman j'ai fait Nice deux fois Nice ouais ok et pareil je suis allé à Nice où les gens me disaient mais non on va pas à Nice pour commencer c'est trop dur le D plus etc choisis toi un Ironman plus simple et tout je dis non mais attends si je fais un un full Ironman en Europe si je fais pas Nice ça compte pas tu vois tu vois je me suis dit je me suis dit le risque si j'en fais un autre autre que Nice c'est que comme je l'ai coché j'aurais plus l'envie de j'aurais plus l'envie tu vois de refaire un parce que je suis un peu comme ça donc je me suis dit bah viens je fais le plus dur tout de suite comme ça c'est fait c'est

Loïc

fait mais je pense c'est un truc si tu l'as pas dans les tripes tu vois le fait de vouloir te mettre une grosse intensité enfin tu disais là tes deux boîtes que t'as vendues c'est aller vite à l'échelle de l'entrepreneuriat mais 6-7 ans de grosse intensité c'est quand même monstrueux donc je pense si t'as pas et de la même manière un Ironman tu vois que tu le fasses en 11-12-13-14 heures enfin peu importe ton temps si t'as pas la flamme au fond de toi qui te pousse à prendre le départ je pense que c'est très très très compliqué donc je comprends ce que tu dis sur le fait que tu te sois jamais vraiment posé la question c'est juste quitter et tu te lances et c'est les schémas que t'as et puis voilà

Nicolas

quoi je pense que c'est ce qui fait peut-être aussi la différence entre les entrepreneurs et ceux qui rêvent d'être entrepreneur. Parce que moi, depuis que je suis entrepreneur, j'en côtoie beaucoup. Personne qui aime trop monter une boîte ou autre. Puis tu sais, genre dix ans après, ils n'ont toujours pas monté leur boîte ou toutes les conditions ne sont pas réunies, bref, etc. Moi, ce n'est pas vrai. Je me souviens quand j'ai fait dix ans dans le privé avant de devenir entrepreneur, le jour où j'ai dit OK, j'y vais, je me suis… Par exemple, je me souviens, je n'ai même pas négocié. Aujourd'hui, les gens veulent être entrepreneurs. Non, mais il faut négocier une rupture co, le chômage, le truc. Je ne me suis pas posé de questions. J'ai claqué ma dème, j'ai monté ma boîte. C'était parti. Maintenant, ça fait 15 ans que je suis entrepreneur. Je pense qu'au final, c'est aussi... On revient un peu au mindset. Si tu te poses trop de questions, au final, tu ne le fais pas. C'est comme ça dans la vie. Souvent, si tu parfois si tu sais finalement le chemin par lequel tu vas devoir passer pour y aller tu vas dire ok c'est trop dur je le fais pas et si tu le sais pas bah en fait tu le fais parce que tu le sais pas en fait ouais toi dernièrement j'ai écrit un bouquin tu vois je me suis fait en tout début je me suis dit allez ce truc là je le fais en 3 mois Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis fixé trois mois. Je commençais à regarder mes ondes d'édition. Du coup, ils me disaient, non, non, mais tu as fumé. Globalement, il faut un an. Je dis, non, non, mais c'est mort dans ce cas-là. Du coup, je vais moi-même m'auto-éditer. Je vais le mettre sur Amazon. Comme ça, je respecte l'objectif de timeline que je me suis fixé. Au final, j'ai mis un an. parce que c'était plus compliqué que prévu

Loïc

ne m'en parle pas des livres ok ouais mais c'est ultra intéressant et pourtant malgré ça là encore une fois je suis complètement d'accord avec toi tu vois quand je repense à cette histoire cette course dont je te parlais la PTL aujourd'hui je comprends toujours pas comment j'ai fait pour finir ce truc et j'ai pris le départ du Tour des Géants qui est un autre gros ultra trail là en septembre et ça m'a replongé un peu tu vois dans l'expérience franchement c'était un trauma de fou la PTL c'était vraiment le le truc le plus dur que j'ai fait de toute ma vie. Et le fait de repartir sur une course qui, je pense, honnêtement, aurait été plus facile, le Tour des Géants, parce que tu as des ravitaux, parce que tu suis des balises, alors que la PTL, c'est un peu la moitié du tracé. Il n'y a pas de balises, tu es hors-sentier, machin. Bref, ça m'a replongé dans tous ces souvenirs un peu pas ouf de la PTL. Et je me demande vraiment comment j'ai fait pour finir ce truc aujourd'hui. Et je suis sûr que si maintenant, il fallait me réinscrire à la PTL, à moins que que ce soit avec des potes tu vois qui a un énorme projet derrière etc j'ai pas envie d'y retourner tu vois mais toi dans ce que tu dis finalement l'expérience l'énorme intensité que t'as mis sur ta première boîte ça t'a pas empêché de repartir en étant un sachant cette fois-ci de repartir sur d'autres expériences entrepreneuriales derrière

Nicolas

non parce que parce que à ce moment-là

Loïc

alors maintenant je le

Nicolas

fais un peu différemment mais à ce moment-là j'avais aimé l'intensité que c'était l'adrénaline que ça a provoqué chez moi. Quand tu fais des startups et que tu fais des levées de fonds successives, à cette époque-là, on pouvait créer des boîtes sans qu'elles soient rentables, mais tu arrivais à vendre un autre asset à des accueils potentiels. Mais ça veut dire qu'aussi, tu es sur une charge de stress constante de trouver du cash, de te dire comment je vais payer mes collaborateurs, etc. Et tout ça m'excitait, me donnait un niveau d'adrénaline énorme Et je pense que c'était ma façon à moi d'essayer de retrouver un peu le sport de haut niveau. Et j'aimais ça, en fait, tu vois. Donc, j'ai fait ça pendant… Ouais, du coup, quand ça s'est arrêté, je me suis dit, j'ai encore l'envie de ressentir ça. Donc, je recommence. C'est ce qui paraît lunaire pour beaucoup, tu vois. Parce que beaucoup se disaient, mais non, mais maintenant, t'es zen, tu peux être plus relax et tout. Moi, j'ai fait ma deuxième boîte. Je pense que j'ai dû la monter, genre, 24 ou 48 heures, je commençais déjà à travailler… sérieux ouais ouais non mais c'est c'est c'est c'est un peu c'est je pense vraiment c'est c'est un mindset souvent les gens ils me disent mais euh tu vois genre mais pourquoi machin moi je sais même pas vraiment expliquer pourquoi en fait c'est juste j'ai fini cette boîte fallait que je repasse sur autre chose go tu vois et j'ai pas ressenti l'envie de la couler douce pendant plusieurs mois tu vois alors que j'aurais pu peut-être qu'un jour j'en aurais envie et si c'est le cas je le ferais mais à ce moment là je me suis dit c'est pas parce que genre j'ai visité une boîte que ça veut dire que je suis à la cool en fait pour moi c'était pas pour moi c'était déjà c'était pas suffisant et pour moi le regard de certaines personnes sur ce qu'ils considéraient ce qu'ils définissaient comme une réussite pour moi n'était pas en gros j'avais pas ma dose dans cette forme de réussite donc je me suis dit non faut que je refasse encore autre chose de plus ambitieux de plus gros

Loïc

tu vois mais pour toi du coup ou quand tu dis que c'était pas assez

Nicolas

pour moi pour

Loïc

ma définition à moi tu

Nicolas

vois ouais ouais ok Donc je me suis dit, non, non, je recommence, du coup. Je recommence.

Loïc

ultra intéressant cette première boîte du coup tu disais à un moment donné quand ça a été le bon moment et tu vas nous expliquer un peu plus en détail du coup l'histoire de tout ça mais t'as juste pas plus réfléchi que ça t'as posé ta dème et c'était parti c'était à quel moment qu'est-ce que tu faisais avant ça c'était quoi ton parcours pro et c'était quoi cette idée de première

Nicolas

boîte alors du coup avant d'être entrepreneur j'ai fait pas déjà pendant quelques années j'ai fait du sport donc de 16 ans à 20 ans j'ai essayé de passer le cyclisme professionnel j'ai même arrêté l'école j'ai fait que ça pendant 4 ans ah oui ok voilà donc tout en une fois c'est un peu mon côté excessif en tout cas jusqu'au boutiste quoi j'ai fait le max que je pouvais j'ai compris que que j'avais plus le niveau sur les 18 derniers mois et que que j'étais arrivé vraiment au taquet de ce que je pouvais faire physiquement donc à ce moment là j'ai décidé de retourner à l'école j'ai fait mon bac en candidat libre, j'ai fait une prépa HEC par admission parallèle, puis finalement j'ai fait l'ESL Lille, et ensuite j'ai commencé à bosser dans des grands groupes sur des fonctions de sales, donc notamment chez Pepsi, chez DHL, et très vite j'ai évolué sur des fonctions de key account management, direction commerciale, donc j'ai fait ça pendant un peu plus de 10 ans, et ensuite la première boîte c'était alors en fait ce qui s'est passé c'est que j'avais rejoint sur les 2-3 dernières années une de mes boîtes c'était les relais qu'il y a là c'était une boîte qui avait été montée par un entrepreneur français qui était le premier entrepreneur français à avoir coté sa boîte au Nasdaq donc à la bourse aux Etats-Unis donc c'était une boîte avec un gros mindset entrepreneurial et c'est une boîte qui s'est fait acheter par UPS qui était donc le concurrent de DHL à ce moment là en gros ça faisait genre 2 ans ou 2 ans et demi que j'étais là dedans je me voyais pas retourner chez UPS parce que j'avais fait 4-5 ans chez DHL et surtout j'avais vraiment côtoyé Denis et ça m'avait j'avais vraiment envie à ce moment là c'est comme ça que je me suis dit pourquoi pas devenir entrepreneur, créer des choses être créatif etc donc c'est comme ça qu'en fait que le move vers l'entrepreneuriat est arrivé et à ce moment là j'avais des clients donc The Body Shop, Yves Rocher qui étaient des clients qui faisaient des flux e-commerce et j'avais identifié pas spécialement moi mais c'était de notoriété que le dernier kilomètre en logistique c'était ce qui coûtait le plus cher et j'ai décidé du coup de monter une boîte de livraison de camions électriques pour faire la livraison du dernier kilomètre en camions électriques c'était vraiment rien de révolutionnaire mais ça a été la première

Loïc

idée de boîte ok qui s'appelait

Nicolas

?

Loïc

qui

Nicolas

s'appelait Grinois Grinois ok Ça n'a pas duré très longtemps. Ça a duré un an, un an et demi. On s'est fait racheter par un logicien. Et c'est à ce moment-là que je suis rentré dans l'écosystème. Je parle assez peu de cette voie parce qu'elle a été assez courte. Et c'est à ce moment-là que je suis rentré dans l'écosystème plus start-up. Parce que finalement, en faisant la livraison du dernier kilomètre dans Paris, j'ai côtoyé un endroit qui s'appelait le Nouma, qui n'existait plus aujourd'hui, qui était dans le centre de Paris, en chantier. Il y avait toutes les start-up parisiennes de l'époque. Et c'est comme ça, en fait, que j'ai commencé à rencontrer l'écosystème startup tech. J'ai fait la rencontre de Cyril, qui était le fondateur de Lydia, qui à l'époque s'appelait Bring Con Me, et pas Lydia. Du coup, j'ai rejoint Lydia pendant à peu près neuf mois, un an. Et donc, ça m'a permis de découvrir l'écosystème startup, vraiment, voilà, cet écosystème qui était particulier. Moi, je venais d'un milieu où les grands groupes, tu vois, à l'époque, c'était en costard cravate, rasé, enfin, c'était c'était un autre délire, tu vois, à la Startup Nation. Suite capuche. D'ailleurs, tu vois, je me souviens très bien de la toute première fois où j'arrive chez Lydia. Donc, je me suis dit, je ne vais pas mettre de cravate, je viens quand même en costard. Bon, déjà, j'arrive, tout le monde se fout de ma gueule, tu vois. Donc, mais tu vois, je ne voulais pas lâcher puisque moi, j'avais été conditionné pendant 10 ans à respecter les gens, tu viens en costume et tout. Donc, je continuais à venir comme ça, genre un peu une semaine deux semaines puis au bout d'un moment donné je me dis ok ça devient ridicule genre j'étais le seul en costard tous les jours à en se foutre de ma gueule tu vois et donc je suis venu parvenir tu vois un jour où j'enlève le bas de costume je mets un jean tu vois mais je continue à venir avec une veste de costume tu vois il y a eu une transition comme ça qui a duré un mois tu vois jusqu'au moment où à la fin tu finis par être en mode bah un peu je m'en fous et je viens en jean t-shirt mais ça a pris un bon mois tu vois à me dire ok c'est bon je peux faire ça. Très drôle. C'est marrant, tu as cette transition. Après, tu découvres ce monde des startups, ces rythmes de travail vraiment différents.

Loïc

C'est marrant. En termes de rythme, ça fait plusieurs fois que tu en parles où tu disais que l'univers de la startup nation en particulier est peut-être un peu particulier. Je serais assez partant pour que tu nous expliques s'il y en a qui ne sont pas forcément familiers de... qu'est-ce que c'est que l'écosystème Startup Nation

Nicolas

?

Loïc

Tu nous en dis plus. Et quand tu parles d'intensité, de rythme soutenu, ça correspond à quoi quand on monte une boîte

Nicolas

?

Loïc

Alors, peut-être pas Greenway, mais les suivantes dont tu vas nous parler, il y a Ubox, je crois, et Nextory. Non, Nextory, c'est le rachat, mais il y a

Nicolas

Ubox. C'est le rachat de Ubox. Et après, c'était Swan. Swan. Écoute, en gros, la Startup Nation, c'est quoi ? C'est cet écosystème dont tout le monde parle autour de la création d'entreprises innovantes, souvent dans les nouvelles... c'est ce qu'on appelle des startups puisque tu cherches souvent à travers le caractère innovant des nouvelles façons de gagner de l'argent ou autre donc c'est très souvent des boîtes qui sont dans la tech ou en tout cas dans le digital qui font soit des applications mobiles des software des logiciels etc donc ça c'est c'est un peu cet écosystème et du coup qui ont la particularité de se financer en tout cas au début et parfois même toute la durée de la vie de l'entreprise par des cycles de financement donc c'est des investisseurs privés qui vont investir dans des boîtes dans l'espoir de gagner de l'argent quand tu fais une startup tu la fais souvent avec on va dire le plaid de base qui est de se dire un jour je vais vendre ma boîte je vais vendre ma boîte donc tout est on va dire est considéré dès le début comme se dire il faut que je crée de la valeur je crée un actif qui soit ensuite un actif qui soit vendable donc ça c'est l'écosystème startup et le rythme de travail écoute moi je l'ai découvert chez Lydia et notamment avec Cyril qui travaillait énormément. Je ne sais pas si c'est toujours comme ça chez Lydia et je ne pourrais pas trop te dire si c'est toujours le cas, mais en tout cas, à mon époque, et c'était il y a maintenant 14-15 ans, on travaillait... Je pense que tu arrives à 9h, tu finis à 8-9h tous les jours. Et on travaillait le week-end, globalement. Ça, c'est un peu comme ça que j'ai découvert. Et ensuite, quand j'ai commencé à être moi, Fender, j'avais le même rythme. Parfois, je pense que je commençais plus tôt. J'avais toujours moins un slot de sport dans la journée. Et par contre, je travaillais samedi-dimanche. Je travaillais tous les jours, sauf que je travaillais moins le samedi-dimanche. Je travaillais peut-être 4-5 heures. alors que sur les autres journées je travaillais 8-10 heures tu vois et ensuite tu vois globalement je m'étais amusé à compter notamment chez Swan le nombre de vacances que j'avais pris en 6 ans j'avais pris 5 semaines de vacances en 6 ans donc ça ça te donne une idée donc globalement je travaille environ 60 heures 70 heures par semaine et j'ai pris je prenais une semaine par an de vacances et la plupart du temps c'était pas une semaine c'était plutôt 2-3 jours par ci par là donc ça c'est un peu le rythme que moi je me suis imposé pendant Pendant plus de dix ans.

Loïc

C'est intéressant que tu le partages parce qu'on voit souvent la partie un peu glamour de la chose. Montez sa boîte, c'est génial, tu prends tes propres décisions, c'est ton produit, ton bébé. Quand tu le vends, c'est fabuleux, gros success story. Mais je ne sais pas s'il y a beaucoup de gens qui seraient prêts à s'imposer ce que tu es en train d'expliquer. Des

Nicolas

semaines de gorée, pas de vacances. Il faut dire aussi que... Que ce soit mon cas personnel et tous les entrepreneurs que j'ai pu connaître qui s'imposent le même type de rythme, en fait, on ne voit pas nos journées comme du travail. C'est-à-dire que moi, je ne me suis jamais... Je n'ai jamais vu ce que je faisais comme... Ce que je veux dire, c'est que là, souvent, les gens ont un rapport. C'est un job, c'est un travail. Moi, ce n'est pas un travail. Pour moi, c'est un mode de vie. C'est-à-dire que je suis passionné. J'étais passionné tous les jours. Je ne me suis jamais... Alors oui, il y a des moments où je me sentais cramé, notamment. Je me suis senti vraiment cramé physiquement à la fin de Swan alors est-ce que c'est l'accumulation de 10 années comme ça ou le stress mais bon je dois reconnaître que d'ailleurs je l'ai souvent dit je me suis un peu cramé sur la fin sans jamais faire de burn out mais en tout cas j'ai jamais vu ce que je faisais j'ai jamais eu un rapport à ce que je faisais par rapport au travail ça c'est le premier truc mais je pense que quand t'es vraiment passionné par ce que tu fais t'as pas ce rapport de ah c'est un travail moi j'étais pas je me suis jamais dit c'est un travail donc je me suis jamais dit est-ce que c'est raisonnable de faire ça pendant 10 heures tu vois déjà ce premier truc j'ai jamais défini ce que je faisais comme un la définition traditionnelle d'un salarié qui dirait c'est mon travail autre j'étais simplement passionné par ça et donc je pense que c'est ça qui fait le fait que déjà tu tiennes comme ça pendant longtemps puis ensuite après t'as quand même le côté intérieur l'intensivité est très liée à la pression que t'as mais que t'acceptes aussi c'est à dire qu'à partir du moment où tu crées une boîte que tu fais rentrer des investisseurs privés que tu valorises ta boîte que tu sais que du coup tes investisseurs privés il faut leur faire faire un ROI donc un retour sur investissement donc ils gagnent de l'argent oui t'as de la responsabilité et la pression d'exécuter tu vois mais ça c'est aussi ce que j'aimais c'est à dire que je suis allé dans cet écosystème parce que je savais que c'était ultra intense tu vois c'est un écosystème qui est très dur on dit souvent c'est moins de 1% des boîtes qui arrivent à lever de l'argent donc sur 100 entrepreneurs il y en a un seul qui arrive à faire une levée de fonds et sur ces 1% d'entrepreneurs qui arrivent à faire genre une levée de fonds t'en as seulement de nouveau 10% qui arrivent à faire une série A donc on est plutôt à 0,0 sur 1000 tu vois et ensuite si t'arrives à l'exit je crois que c'est 1% encore donc si tu veux t'es à 0,001% sur les 100 qui sont partis à la base tu vois donc c'est ultra sélectif et moi j'adorais ça parce que en tant que compétiteur pour moi tu vois je visais tout le temps la première place haute donc en fait le fait d'être dans un rapport rationnel aux statistiques de se dire ok je suis dans où est-ce que je me situe dans la tranche moi c'est ça qui

Loïc

m'excitait

Nicolas

ultra intéressant souvent c'est bête pour la plupart des gens ils disent mais c'est n'importe quoi c'est tordu comme état d'esprit mais moi en tant que très rationnel et scientifique c'est vraiment ce qui me caractérise t'es entrepreneur ok t'es dans quelle tranche comment tu te situes je trouvais ça trop cool de me dire ok déjà je fais une levée de fonds ok 1% ok ça c'est cool ensuite pendant longtemps tu vois j'ai mis 7 ans avant de réussir à faire une levée de fonds ce qu'on appelle de Seria donc auprès d'investisseurs donc de Venture Capital où là on dit souvent c'est à peine 10% des 1% qui réussissent pourquoi je faisais ça parce que ça m'excitait de me dire que c'est un truc que personne pourrait m'enlever j'ai réussi ce truc là hum hum

Loïc

Par

Nicolas

contre, ça implique derrière, ça implique intensivité, stress, responsabilité, etc. Mais c'était OK pour moi. On n'a rien sur rien dans la vie. Tu veux gagner une course de vélo, si tu ne fais pas tes 10 heures ou 15 heures d'entraînement par semaine, tu ne vas pas la gagner ta course de vélo. Donc en fait, tu as l'ambition de quelque chose, quel moyen tu te donnes pour y

Loïc

parvenir

Nicolas

?

Loïc

Oui, clairement. Je crois que c'est... Je regardais une petite vidéo avec Teddy Riner il y a quelques jours. Il a dit un truc intéressant. Il disait à la personne qui a interviewé ce qu'on a en plus, on l'a en moins. C'est finalement cette idée. Oui, on n'a rien sans rien. Encore une fois, les gens voient les médailles, mais peut-être moins le chemin qu'il y a eu avant, la décennie, voire plus, de travail acharné. Ça va un peu dans ce sens, finalement. Où est-ce que tu mets les curseurs

Effort, Souffrance Et Valeur De L’échec

Nicolas

?

Loïc

Si tu n'es pas prêt à t'entraîner 15 heures par semaine, ne va pas sur cette course. En tout cas, pas avec l'état d'esprit de te dire que tu vas faire une bonne performance.

Nicolas

Il n'y a pas de secret. Et souvent, je trouve qu'on normalise trop aujourd'hui ce rapport. Il y a deux trucs qu'on normalise aujourd'hui que je ne partage pas et qui me rendent un peu inconfortable. C'est le fait de se dire qu'il ne faut pas trop souffrir. Il ne faut pas être trop excessif. Moi, je ne sais pas, dans le sport de haut niveau d'endurance... si tu souffres pas, tu gagnes pas, déjà, pour commencer. Donc moi, je connais personne qui va faire un tour de France qui aura pas mal aux jambes, si tu veux. Donc le truc de faut pas se faire trop mal, machin ou autre, ok, peut-être, mais dans ce cas-là, ok, mais fixe-toi des rêves dans ce cas-là ou tu seras dans la moyenne. Mais si tu veux être au-dessus de la moyenne, il n'y a pas de secret, déjà, et tu vas devoir faire des sacrifices aussi. Donc ce truc de non, mais je veux un lifestyle autre, non mais il n'y a pas de lifestyle tu vois ça va être dur ça va être ça va être long et puis souvent les gens ils regardent ensuite là où t'es aujourd'hui mais ils obligent genre les 20 ans 30 ans de travail avant tu vois tellement ouais mais moi pendant 20 pays tu vois j'ai pris j'ai quasiment pas pris de vacances tu vois j'ai pris tous ces risques tu vois genre etc enfin donc oui aujourd'hui te dire ah bah ah mais regarde aujourd'hui tu vois t'es plus à la cool t'as l'air plus plus me modéré etc ok mais je peux me le permettre aujourd'hui parce que pendant 20 piges genre j'avais pas de vie sociale enfin c'est ça aussi qu'on oublie de dire on parle beaucoup de sport d'entrepreneuriat mais moi en fait ce qui s'est passé c'est que du coup ma vie sociale je l'ai mis de côté j'allais jamais en soirée alors l'avantage c'est que du coup je buvais pas d'alcool je fumais pas etc mais tu vois moi je vois ça comme un avantage aujourd'hui tu vois parce que je me sens bien dans mon corps aujourd'hui mais J'ai jamais eu ce lien social et ça m'a jamais intéressé.

Loïc

Encore une fois, tout à fait d'accord avec toi. C'est là où je pense que le sport, c'est une école de la vie incroyable. Tu parlais du fait que tu as commencé les compétitions très jeune, que tu as carrément pris la décision à un moment donné d'arrêter l'école, d'essayer de passer dans l'univers pro, en cyclisme. Tout ça, ça t'inculque une discipline, des mécaniques, des mindsets qui, je pense, sont utiles. Dans ton cas, ça a été dans l'entreprenariat, mais dans la vie en général, c'est incroyable le sport pour ça je pense à partir du moment où comme tu dis on fait face à une certaine difficulté parce que voilà le niveau est important les entraînements s'enchaînent etc mais c'est parce qu'il y a cette difficulté que du coup on se forge je pense tu vois de la confiance en soi de la capacité à être un peu plus

Nicolas

résilient

Loïc

et le sport d'endurance apporte

Nicolas

énormément tu vois genre ouais là de je te racontais l'expérience qu'on a refaite dernièrement avec deux copains Bruxelles, Amsterdam, Bruxelles c'est marrant parce que tu vois on a fait quoi je crois à peu près pas loin de 500 km de vélo 500 bornes en deux jours on faisait 20 heures par jour de vélo enfin 10 heures par jour quasiment 10 heures par jour et en fait ce qui est marrant quand je repense à cette expérience c'est Oui, c'est dur physiquement, mais ce qu'il y a encore de plus dur, c'est passer à certains moments, quand tu es dans le sport d'endurance, c'est le cerveau qui prend le relais et l'impact de toutes les nuisances autour. C'est-à-dire que si, par exemple, dans ces moments-là, tu as des nuisances de, je ne sais pas, tu as un peu de vent, tu commences à avoir faim, tout de suite, ça te met dans des énergies négatives. Et tu vois, par exemple, à un moment donné, sur ce périple-là, tu as forcément des moments de moins bien. Et ce qui est marrant dans un groupe aussi, c'est qu'il y en a un qui est en feu, les autres, il y en a un qui est moins bien. Ce n'est jamais les mêmes et jamais au même moment, ça ne fait que tourner. Ça tourne comme ça. Et je me souviens de moi, à un moment donné, mon moment le moins bien, c'était après 17 heures de vélo. En gros, tu vois, j'étais à trois heures de Bruxelles et tout. Et genre, je n'en pouvais plus. J'avais mal aux mains. J'avais même plus mal aux mains qu'aux jambes. Enfin bref, à cause des cocottes de vélo. Enfin bref. Et à un moment donné, je m'arrête. Vraiment. je pose pied à terre et là tu vois donc le groupe s'arrête et tout et là je dis vas-y je vais prendre un train genre ça me saoule j'en peux plus tu vois tu vois et en fait du coup c'est énorme le cerveau à ce moment là parce que du coup genre ok t'es sûr et tout bref tu vois j'étais en mode ok j'abandonne ce truc putain à 3h ça fait chier et tout et finalement je me reprends moi-même tout seul et je me dis non mais c'est mort et tout putain je peux pas m'arrêter maintenant c'est pas possible tu vois et donc du coup je remonte sur le vélo et là genre je me mets 20 minutes d'intensité c'est à dire que je me mets en danseuse et lui je repars à 30 à l'heure tu vois genre en mode et en fait je me suis mis ce choc un peu d'endorphine tu vois en me disant ok genre je me mets 20 minutes d'intensité du coup il restera en gros plutôt que 2h40 tu vois et en gros mon cerveau s'est remis dans une énergie positive tu vois et c'est là où tu te rends compte à quel point aussi tu vois le groupe le rapport à la résilience à l'endurance à tout ça le fait d'avoir un mal, etc. Ça nous a permis à la

Loïc

fin de finir ensemble ce truc. Tu apprends plein de choses. Oui, clairement. Et le lien entre, finalement, c'est ce que tu dis, le lien entre mental et physique, tu vois, où nerveusement, physiquement, tu avais l'impression d'être au bout et puis tu as cette espèce de secousse mentale et en fait, non, il y en a encore. Il faut absolument, je t'enverrai le lien, je ne sais pas si tu l'as déjà lu, mais il y a un livre qu'un pote, un ancien invité du podcast qui est devenu un pote m'a offert qui s'appelle Endure de Alex Hutchinson c'est sur c'est un américain chercheur qui explore un peu les liens entre le mental et la performance physique ultra intéressant tu vois qui parle des plafonds de verre typiquement pendant longtemps on pensait que physiquement l'homme n'était pas capable de courir le miles je crois que c'est en dessous de 4 minutes un truc comme ça et puis en fait un jour dans les années 50 il y a un mec dans le monde qui est arrivé quelques mois plus tard un deuxième ailleurs dans le monde au aucun lien entre les deux. Et puis en fait, deux ans plus tard, il y en avait des centaines, alors qu'il n'y avait aucune innovation technologique, rien qui pouvait expliquer ça, si ce n'est la barrière était tombée. Et voilà, ils donnent plein d'exemples comme ça, des équipes de rugby à qui on fait faire des tests. Et puis au moment où ils disent, justement des tests sur des vélos indoor, où ils crachent, c'est énorme. En termes de boîte, vraiment, ils les poussent à bout. Et puis au dernier moment, au moment où les gars disent, c'est bon, j'arrête là, ils sortent une carotte qui est... En fait, il y a un genre de... de prize money tu vois ou non vas-y donne 10 secondes à fond il y a 500 dollars à la clé et en fait les gars sont capables de pousser genre 800 watts pendant 10 secondes alors qu'ils venaient d'annoncer qu'ils étaient épuisés tu vois donc ultra intéressant et ça me fait vraiment penser à ce que tu viens d'expliquer ça me fait

Nicolas

penser

Loïc

à ça c'est comme

Nicolas

à l'Ironman tu vois c'est souvent tu marches sur

Loïc

le

Nicolas

marathon tu te dis ok j'arrête et au final et en fait tu te rends compte que ce qui te paraît à

Loïc

certains moments

Nicolas

impossible enfin moi c'est ça que j'aime dans le sport d'endurance dans ces moments comme ça où tu tapes 20 heures de sport c'est que il y a toujours des moments où tu dis c'est bon c'est terminé et finalement tu repars et finalement tu réussis et avec le recul tu te dis putain mais en fait si je m'étais arrêté la première fois que mon cerveau m'a dit c'est terminé j'aurais pas réussi alors qu'en fait je peux donc en fait je pense qu'on a des ressources qui sont énormes qu'on utilise souvent qu'une toute petite partie et que comme on est dans une société où on normalise maintenant le fait de non mais tu vois il faut pas trop être excessif etc etc tout n'est pas obligé d'être dur dans la vie tu vois genre t'es pas obligé de souffrir ce genre de choses du coup en fait les gens ils deviennent fainéants ils deviennent fainéants et d'ailleurs c'est la preuve je crois que c'est quoi la proportion des gens qui arrivent même juste à faire que 10 000 pas par

Loïc

jour c'est une minorité ouais j'ai vu une stat un posting d'il y a pas très longtemps je crois qu'il y a 50% des collégiens il me semble que c'est collégiens le test ce qui est hallucinant qui ne sont pas capables de courir plus de 2 minutes je sais pas si tu

Nicolas

visualises le truc on devient fainéant je l'ai lu aussi ça c'est affolant et puis on normalise le fait que de plus en plus je le vois on normalise le fait que non mais c'est pas grave si t'as pas réussi c'est pas grave si c'est tu vois genre bah moi je dis bah si c'est grave en fait mais en fait pourquoi c'est grave le fait de pourquoi c'est grave quand tu réussis pas quelque chose parce que si c'est pas grave t'apprends pas à perdre dans le sport tu passes plus de temps à perdre dans le vélo par exemple un coureur cycliste qui fait une compétition par semaine un super coureur cycliste il va gagner 4 fois 5 fois dans l'année donc 95% du temps même plus il gagne pas et en fait c'est parce que tu sais t'apprends à ne pas gagner que tu sais apprendre à gagner en fait donc c'est super important c'est super important tu vois donc il faut donner de l'importance à l'échec pour se remettre en question tu vois pour progresser pour être toujours meilleur pour avoir une courbe d'apprentissage qui s'arrête jamais c'est ça qui est cool en fait et c'est là où on revient au mindset c'est à dire que moi ça c'est mon mindset c'est de me dire tout le temps ok là je suis passé à côté genre pourquoi j'essaye de l'étudier de le comprendre pour progresser parce que ce qui m'intéresse c'est de progresser tout le temps tout le temps tout le temps tout le temps pas que dans le sport par mais on est dans un truc où maintenant les jeunes ne courent plus les gens ne font même pas 10 000 pas et limite maintenant je vois sur les réseaux sociaux d'un côté tu as tous les réseaux ultra healthy où on parle de longévité ça t'en a de plus en plus mais de l'autre côté par opposition tu as aussi ces nouveaux influenceurs qui normalisent le fait de genre j'adore être gros et je trouve ça cool

Loïc

d'être gros ouais effectivement là on est sur des sujets ce qui est étonnant c'est que ça et en parler de ça en plus de tout ça comme tu le dis c'est que ça devient des sujets vraiment clivants tu vois où il y a énormément de charges émotionnelles etc et ça rend les discussions un peu compliquées parce qu'après on te dit oui mais c'est mon identité etc d'accord mais je suis d'accord avec toi je suis plutôt perplexe face à ça qu'autre chose et pour revenir sur ce que tu disais un peu plus tôt tu dis que t'es convaincu qu'on a tous un potentiel un peu clairement un peu fou en nous et qu'il y a On en a toujours finalement encore un peu sous la pédale quand on pense que le réservoir est vide. 100% d'accord avec toi. Et j'ai pléthore d'exemples sur ce podcast qui confirment ça. Là, on parle pas mal d'entrepreneuriat et de sport, mais je reçois des invités où c'est vraiment focus uniquement gros défis sportifs, grosses aventures, etc. Et dans la plupart des cas, tu te rends compte que tout le monde se prend un mur et les histoires cool à raconter, c'est quand le mur, on a trouvé une manière de le contourner ou de l'escalader alors qu'on n'a plus les bras en état de le faire donc on le fait avec les dents. Et je trouve que ça, c'est les réussites qui inspirent et qui te poussent toi après derrière quand tu es face aussi à ton mur à toi, quelle que soit la taille du mur, à te sortir les doigts en

Nicolas

fait. Je trouve souvent l'exemple de quand tu pars en vacances, tu as deux options possibles. Soit tu pars en vacances, tu vas au Club Med. Soit tu pars en vacances, tu choisis une destination, tu y vas et tu reviens. À la fin, quand tu vas dans une soirée bah t'auras beaucoup plus d'histoires à raconter quand t'es peut-être parti un peu à l'arrache et avec le recul tu vas toujours adorer raconter les histoires de galère que t'as eu ou tu t'en es sorti ouais c'est clair et t'auras beaucoup plus d'histoires à raconter que de dire ah j'étais au Club Med c'était la cool c'était trop bien oui c'était trop bien mais ok genre il s'est pas passé un truc

Loïc

cet été tu vois ouais je suis d'accord là tu vois pour petit partage rigolo j'avais pris deux jours au moment d'enregistre là parce que je sentais que j'avais besoin de recharger un peu les batteries et donc je dis aux gens au taf je vais prendre mon vélo et puis en fait je pars de la maison et je vais rouler jusqu'à un observatoire qui est un refuge observatoire au sommet d'une montagne dans le Verdon et donc ça fait 2007 de dénivelé et puis je dors là-bas et puis je reviens le lendemain et les gens étaient un peu perplexes sur mon approche de la recharge de batterie surtout que je me suis pris la grêle c'était abominable mais oui du coup il y a des histoires à raconter je

Nicolas

suis d'accord avec toi parce qu'il y a des gens pour qui la recherche de batterie c'est se glander tu vois au pied dans une île les pieds au chaud ou autre et d'autres qui moi je sais que ma recherche de batterie c'est l'outdoor c'est d'être dehors de faire de ressentir l'air tu vois le soleil s'il pleut la pluie tu vois de ressentir l'impact que ça a sur mon corps aussi tu vois tu prends la pluie tu prends la grêle t'as froid genre t'as l'impression de tes mains elles bougent plus mais finalement elles finissent par rebouger tu vois tu sais de quoi je parle tu vois et tu vois et à chaque fois on a tous ces moments là t'as les pieds qu'on peut plus tu les mets dans une bassine d'eau chaude l'eau le sang recircule et ça repart en fait si tu veux et j'aime bien ces moments d'intense d'intensité où tu tu mets aussi à épreuve ton corps et de voir toujours à quel point genre en fait bah non tu repars et entre temps t'as progressé t'as amélioré ta VO2 etc etc tu vois c'est super intéressant ouais clairement clairement mais tu vois on revient toujours à ce côté mindset je pense que c'est des il y a une partie des gens peut-être qui vont nous écouter qui vont dire ah ouais ouais carrément ça me parle et une autre partie qui vont dire mais c'est quoi ce truc je comprends rien du tout alors je parle pas du tout alors toi tu dois avoir une audience très sportive

Loïc

ouais voilà j'allais te le dire j'ai 80% de l'audience la dernière fois que j'avais posé un peu quelques questions qui fait du sport plus de 3-4 fois par semaine donc voilà là normalement a priori on parle il y a des gens à qui ça parlera tout ça mais ouais ultra intéressant et je suis d'accord avec toi je pense vraiment le sujet c'est avant tout un mindset et s'il y a des gens qui sont ok et à qui ça fait plaisir de partir comme tu dis glander sur une plage très bien mais bon c'est vrai que moi personnellement en tout cas et je pense que beaucoup de gens sur le podcast ne se reconnaissent pas forcément là-dedans si on revient à l'entrepreneuriat Nicolas parce que je surveille l'heure je sais que tu es ultra busy donc on va essayer d'être efficace justement, revenons à l'entrepreneuriat et faisons lien avec le mindset, ces fameuses étapes et ce que tu expliquais où tu aimais bien te situer par rapport aux statistiques.

Exits Et Le Vide D’après

Loïc

Au moment où tu as réussi ces deux exits sur tes deux boîtes, d'ailleurs, si tu peux nous les présenter en une phrase chacune, ça serait cool. Il se passe quoi dans ta tête quand ça y est, tu as signé

Nicolas

?

Loïc

Et je dis ça, je n'ai jamais vendu de boîte, donc je ne sais pas, est-ce que c'est un process qui est ultra long et du coup, tu as le temps de t'en rendre compte ou ça va très vite

Nicolas

?

Loïc

Ça se passe comment

Nicolas

? Alors, la première boîte, c'était une application de lecture en streaming donc qui en a un Spotify de la lecture la seconde c'était un éditeur de logiciel qui permettait de faire des devis factures pour les et de se faire payer pour les entreprises ça c'est pour répondre à la première question la deuxième question c'est processus MLA donc de rachat c'est toujours plusieurs mois quand même globalement entre le moment où t'as une prise de contact et le moment où t'as l'argent sur un compte il peut se passer quand même 6 mois 8 mois tu vois entre 6 et 8 mois ça c'est à peu près

Loïc

à la moyenne. Et là, tu relâches déjà

Nicolas

pendant ces 6-8 mois ? Non, tu relâches pas parce qu'à n'importe quel moment, ça peut dropper des deux côtés, c'est-à-dire qu'à n'importe quel moment, toi, tu peux dire ok, non, on arrête, ou la carrière en face, donc tout peut s'arrêter, même jusqu'au moment de la signature, même si tous les documents juridiques ont été signés, donc ça peut dropper à n'importe quel moment, donc tu relâches jamais justement, t'es vraiment très concentré dans le processus. Et ensuite, qu'est-ce qui s'est passé une fois que j'ai j'ai vendu comme je t'ai dit la première je suis reparti tout de suite sur un autre projet je me suis pas du tout j'ai pas kiffé je me suis rien acheté enfin tu vois je vais continuer ma vie comme avant la seconde j'étais beaucoup plus fatigué beaucoup plus fatigué et du coup je suis parti pendant une semaine ou deux faire du vélo au Portugal enfin là j'ai eu un peu un besoin de me ressourcer aller te mettre du dénivelé dans les

Loïc

jambes pour

Nicolas

te ressourcer on en revient à la même chose beaucoup de plus d'ailleurs en Portugal donc moi c'était ça ma façon de me ressourcer de me retrouver un peu avec moi-même et après pour le coup après la deuxième session j'ai eu une grosse période de solitude de je savais pas quoi faire de manque de sang je savais plus quoi faire de ma vie tu vois je savais pas vraiment ce que j'allais comment j'allais entreprendre j'ai eu toute une quête qui a duré à peu près un an quand même donc entre temps je m'occupais tu vois je faisais du conseils, du mentorat j'investissais dans des boîtes etc mais j'avais pas mon équiguide tu vois comme on dit je cherchais un petit peu vraiment cette forme d'alignement intérieur etc que je trouvais pas ça ça a pris beaucoup de temps et ça m'a d'ailleurs beaucoup ça a été assez dur à gérer parce que c'était la première fois que je ne savais pas vraiment ce que je faisais, pourquoi je le faisais etc depuis toute ma vie en fait et le pire c'est que dans ce moment là t'entends tout le temps les gens autour de toi mais c'est trop bien t'as hésité tu dois être fier machin moi j'étais pas fier en plus et j'étais perdu donc c'était un peu un sale moment pour être honnête et puis je me suis retrouvé du jour au lendemain bah moi en plus j'ai pas fait l'accompagnement de session donc je suis parti c'est mes associés eux qui sont restés pendant un an ou deux chez l'acquéreur qui nous avait acheté donc moi je suis littéralement le lendemain de la signature j'avais plus de mail plus de réunion plus rien quoi ah oui fini ça je l'ai pas anticipé au début je m'étais dit ok c'est trop bien c'est ce que je veux puis dès le lendemain matin tu te réveilles là tu te rends compte que t'as plus de messagerie pro t'as plus rien tu prends ton café il est 9h t'étais là tu tournes le rôle tu dis tout ça mais en fait, c'est quoi maintenant ? Qu'est-ce que je fais ? » Et c'est trop marrant parce que ton téléphone ne sonne pas non plus. Enfin, moins, tu vois, quand même. Et t'es là, tu fais « Wow, putain, c'est un peu bizarre cette étape. » Donc non, ça n'a pas été simple, pour être honnête. Et d'ailleurs, la plupart des entrepreneurs avec qui je parle qui ont hésité ont quand même tous vécu des moments de transition. L'après-exit, comme on l'appelle, qui n'est pas si simple que ça. Il y en a très peu qui sont en mode un peu on the fire, partir dans tous les sens ou autre. Souvent, tu as plutôt des... ces petits passages un peu de solitude, de te poser la question de c'est quoi l'étape d'après maintenant ? Ce n'est pas la même chose de vendre une boîte à 30 ans, 35 ans, 40 ans que de vendre une boîte à 65 ans. Je pense que l'âge joue aussi beaucoup dans comment tu te sens après un exit.

Loïc

Je pense que c'est là aussi un sujet d'identité. J'ai eu pas mal d'invités qui sont des anciens sportifs de haut niveau, qui étaient des anciens sportifs de haut niveau, et avec certains, on parlait de ça, justement, de comment tu tournes la page. Et c'est Steven Le Diaric, d'ailleurs, que tu dois connaître dans l'univers du vélo, qui m'en parlait. Je ne sais plus où est-ce qu'il avait chopé ce chiffre, mais il disait que en gros, il y aurait eu des recherches un peu là-dessus, psy, et qu'il faut entre 6 et 7 ans pour tourner la page d'un truc aussi intense que le sport de haut niveau finalement qui t'a construit qui est un pilier de ton identité et quand tout s'arrête brutalement finalement un peu comme ton exit ce que tu dis du jour au lendemain t'as plus tes mails on te contacte plus t'es plus le CEO t'es l'ex je suppose que ça doit être un peu les mêmes schémas en fait comment tu remplis tout ça comment tu retrouves du sens je suis pas trop surpris si tu me dis que ce que tu vois autour de toi c'est que c'est pas... Ce n'est pas forcément un walk in the park. C'est un peu un truc un peu

Nicolas

hard. Oui, et puis souvent, les gens sont loin de... de comprendre un peu par où t'es passé vois juste ah t'as pris un chèque mais c'est pas le chèque qui fait de toi c'est pas le chèque qui te définit en tant que personne

Loïc

qui fait que t'es

Nicolas

heureux ou autre donc en fait ça enlève pas le fait de que même si t'as pris ton chèque et que t'es peut-être un peu plus confortable en termes d'euros sur ton compte bancaire que tu te poses toujours la question de qu'est-ce que je fais comment Comment j'occupe mon temps ? Comment je suis passionné ? Comment je trouve de la joie ? C'est quoi l'étape d'après ? Et tu te poses un milliard de questions. C'est un processus qui est long. Et moi, j'ai... En fait, le truc, c'est que tu as aussi beaucoup d'entrepreneurs qui font des dépressions après. Moi, ça ne m'est pas arrivé parce que j'ai accepté ce moment-là. C'est-à-dire que je l'ai pris en l'acceptant, en me disant « Ok, je sais que ça prendra le temps que ça prendra. Et ce n'est pas grave, entre-temps, je ferai des trucs. » Mais je ne l'ai pas mis de côté en me disant « Non, non, mais ça n'est pas là. » tu es toujours à chaque fois très rationnel de comment je prends une situation, comment je la gère et c'est aussi pour ça que je te disais à un moment donné, moi j'ai essayé de faire un burnout mais ça n'est pas arrivé, en revanche j'étais très épuisé mais ce qui a fait que je ne suis pas passé au burnout, parce que souvent on utilise le burnout mais le burnout c'est vraiment, c'est littéralement que tu ne peux plus aller travailler, moi ce n'était pas mon cas je continuais à aller travailler et j'étais cramé mais ce qui a fait que j'ai arrivé à ne pas passer cette étape de burnout, c'est que je pense pour le coup, c'est mon rapport là à l'effort à extrême endurance c'est au côté très rationnel de me dire ok là t'es dans le dur c'est un peu comme tu fais le Mont Ventoux ça fait 20 km t'es parti pour 2 heures tu vas avoir des moments de moyens donc comment tu les gères tu vas gérer ton hydratation à un moment donné tu vas mouliner un peu plus tu vas gérer ton truc pour aller jusqu'au bout dans les moments où j'étais vraiment cramé je me disais ok comment je l'ai je modifie un peu les différents curseurs pour passer ce truc, parce qu'il faut tenir. Voilà.

Longévité Et Intensité Mieux Dosée

Loïc

Aujourd'hui, tu dirais que c'est quoi ce qui a remplacé cette intensité de créer sa boîte, la faire grossir, lever, les exits

Nicolas

?

Loïc

Est-ce que tu as un rythme qui est différent, un focus qui a un peu changé

Nicolas

? J'ai quand même un rythme différent, on va dire. Aussi parce que je me suis mis dans une situation où pour le moment, je n'ai pas de staff. Ce qui a fait que j'avais beaucoup d'intensité, c'est beaucoup le personnel. Donc, à un moment donné, j'ai recruté plus de 100 personnes. Donc, c'était quand même toujours des problèmes à gérer. Là, j'ai moins ces problèmes-là. En revanche, je continue à travailler quand même beaucoup. Je suis très loin des 35 heures en France. D'ailleurs, je pense que je ne l'ai jamais arrivé toute ma vie. Et je suis encore très loin de prendre 7 semaines ou 10 semaines de congés payés. Par contre, maintenant, si pendant 3 semaines, je pars quelque part et je travaille quand même ou autre, c'est plus un rapport comme ça, mon temps ou autre. Mais dans... en valeur absolue je continue à travailler beaucoup plus que 35 heures et 8 semaines de congés payés si on transpose par rapport à un rapport employé tu vois et puis après voilà du coup il y a toujours une forme d'intensité en revanche je suis passé à une phase de ma vie maintenant à 40 ans où je suis très sensible à la longévité donc comment je vais gérer je sais que je serai entrepreneur tout le temps j'adore ça et justement mon truc c'est de me dire comment justement genre je passe à côté des burnouts enfin tu vois tous ces trucs là je les passe ça m'arrive jamais donc du coup t'as la longévité aussi de ton esprit dans ton métier dans ta pratique au sport et donc c'est plutôt ça qui m'intéresse aujourd'hui c'est comment je vais gérer ça dans la durée de manière à ce que par exemple à 60 ans je continue à faire 10 000 km par an de vélo et que je sois parfait parce que j'aime tellement le vélo que j'ai pas envie envie d'arrêter un jour donc en fait je suis quand même conscient que maintenant je rentre dans une phase où attention gère ton truc

Loïc

etc. C'est marrant parce que c'était la conclusion d'un épisode que j'ai fait il y a quelques jours avec Olivier Maria je ne sais pas si tu le connais il n'est pas dans le cyclisme il est plutôt dans le enfin il a été dans le cyclisme beaucoup cyclisme bikepacking il a fait la RAF etc. C'est plutôt un coureur à pied maintenant il a traversé la France en courant de l'île de Dunkerque à Marseille en 11 jours en sandales il court au minimaliste il a déjà fait des semi pieds nus etc il court comme ça depuis des années et donc il expliquait que les 2-3 dernières étapes c'était absolument abominable il avait des douleurs au tendon d'Achille ça lui prenait à peu près 40 km par étape avant que ça passe etc et la conclusion de son épisode c'était maintenant il avait finalement la même approche que toi c'était de se dire bon là c'était un truc un peu extrême mais ce sur quoi il a envie de se concentrer c'est finalement comment est-ce qu'il peut continuer à être actif, endurant etc sans se déglinguer et que du coup sa pratique continue d'évoluer par rapport à ça et ouais comme lui c'est vraiment l'enjeu, après j'adore avoir des

Nicolas

trucs extrêmes une fois de temps en temps quand même mais moins qu'avant c'est à dire qu'avant je recherchais tout le temps Maintenant, j'aime l'avoir plusieurs fois, deux, trois fois dans l'année pour me reconnecter aussi. En fait, finalement, mon corps se rappelle ce que c'est que les trucs extrêmes. Je trouve ça cool. Mais 90% du temps, maintenant, ce que je veux, c'est plutôt être vraiment dans l'efficience de façon à m'assurer que mon corps et mon esprit tiennent

Loïc

tout le temps. C'est clair. Tu as un petit défi extrême

Nicolas

?

Loïc

en tête là même si tu dis

Nicolas

que t'en fais moins qu'avant non j'ai pas de défi j'ai pas de défi extrême là je m'étais fixé ce truc là de 500 bornes en deux jours j'avais jamais fait 250 km par jour de vélo tu vois genre avant ça je crois que ma plus longue distance était 220 bornes une fois j'avais fait un Paris de ville ouais mais là de faire 250 plus 250 donc là j'avais jamais fait donc ça c'était c'était c'était c'était marrant voilà j'en suis pas encore rendu à à faire les trucs là comme tu parlais de la RAF ou autre là je vois des gars qui font allez je pense que le 300 km en une fois tout à fait 250 ça c'est facile mais par contre ceux qui font les 1000 bornes ou autres les 2005 ouais c'est clair là tu rentres encore sur autre chose tu rentres encore tu rentres encore dans un autre

Loïc

pratique la race cross américain j'ai travaillé avec Arnaud on était en même temps chez Apple avec Arnaud Mandany on en parlait un peu en off là je sais que tu le connais euh et il avait fait la première fois que je l'ai rencontré chez Apple il avait fait je crois que c'était peut-être un ou deux ans avant qu'il avait fait la RAM donc la Race Across America et donc la Race Across America c'est 4004 je crois et il avait le record français je crois qu'il a mis 12 jours et même maintenant tu vois que j'ai interviewé quasiment 300 personnes sur le podcast qui font des trucs j'arrive toujours pas à concevoir ce truc tu vois de 400 bornes plus de 400 bornes par jour 12 jours d'affilée tu vois C'est

Nicolas

dingue. 400 bornes par jour, c'est... T'imagines ? Je sais pas quel D plus

Loïc

T, mais ça veut dire que c'est... C'est fou, quoi. De mémoire, il roulait... Ça fait un moment que j'ai plus réécouté son épisode, mais il devait rouler, je pense, 20 heures par jour, facile,

Nicolas

un truc comme ça. C'est un truc que tu peux pas... Tu le fais peut-être à 22, 23, 24 km heure, donc en termes de vitesse moyenne, c'est peut-être ce genre de choses, mais par contre, c'est l'effort et là pour le coup c'est c'est fou le cerveau là je pense pour le coup c'est vraiment là où c'est dans ces trucs là où tu te rends compte à quel point ton cerveau encore plus dans le vélo parce que le vélo c'est un truc où c'est un sport un peu porté où t'as le temps de te rendre compte que tu vas te cramer tu vas faire des semi tu vois ce que je veux dire t'as le temps de te rendre compte d'un truc c'est pas comme en course à pied où ça peut être vraiment à la seconde secondes tu peux te blesser ou autre en vélo c'est une forme d'un peu plus de temps avant de te tromper du truc et donc t'as vraiment le temps aussi de dire putain non mais là je suis en train de me cramer non mais là je suis en train de me cramer tu répètes ça pendant une heure tu vois t'as le temps d'avoir ce type de processus tu vois quand même quoi donc ton cerveau il a quand même vraiment cette capacité de cette capacité là je trouve

Loïc

et

Nicolas

donc faire ce qu'il a fait ça doit être vraiment fou quoi plus je trouve même d'un côté scientifique quoi de se dire, putain, comment tu arrives à repousser ce cerveau qui... On a tous dit, tiens, un ange gentil, un démon, comme on dit. Et donc là, tu as ton cerveau qui doit te dire plusieurs fois, mais pourquoi tu fais

Loïc

ça

Nicolas

?

Loïc

Je pense, oui. Je pense à lui l'y arriver plusieurs fois. Clairement. Écoute, c'est fascinant, ça fait partie de ces parcours où tu te dis, mais comment c'est humainement possible

Nicolas

?

Bain Froid, Respiration Et Leçon D’échec

Nicolas

Peut-être dernièrement, j'ai fait un il y a 3 jours je viens de penser à ça j'ai fait un truc que j'ai complètement échoué alors du coup c'est trop marrant tu vois je vais essayer de faire l'histoire assez vite je dis échoué parce que c'est doublement marrant donc je voulais faire un bain froid tu vois donc c'est les trucs t'es dans un bain à zéro et tout ça faisait longtemps que je voyais ça bref je me suis dit tiens je vais

Loïc

tenter

Nicolas

ce truc donc zéro degré l'eau donc zéro degré tu te fous là-dedans tu t'immerges là-dedans tu vois donc je voulais faire ce truc et donc je vais je vais à un cours et en fait, début du cours, tout un processus autour de la respiration, etc. Donc, je fais le processus, je vais dans le bain, j'échoue. Et là, pourquoi j'échoue ? Parce que genre, je me fous, je m'immerge jusqu'à mes mollets et là, ça te glace le sang et tout, quoi. Et là, direct, mon cerveau, il a vrillé et genre, en gros, j'ai pas réussi à m'immerger et tout, tu vois. Alors, deux trucs qui étaient super intéressants là-dessus, c'est à qui point, à ce moment-là, je pense que c'est le cerveau qui a vrillé. Vraiment, j'ai senti, tu vois, genre, sort de là et tout, genre, t'étais pas prêt à ça. Donc, du coup, j'ai pas réussi. Ensuite, ce qui était super intéressant en enseignement, c'est que j'avais absolument pas compris à quel point tout ce processus autour de la respiration, etc., était super important parce qu'à ce moment, au moment où mon cerveau, tu vois, genre, vrit, la meuf qui était là pour m'accompagner, elle me dit, non, respire fort, machin et tout, et à ce moment-là, j'arrivais même plus à gérer ma respiration, enfin, bref, genre, complètement, je genre le truc qui fonctionne pas donc c'est là où tu prends conscience aussi de cette notion de projection la projection pour faire quelque chose est super importante moi j'avais pas bien compris ce processus autour de la respiration donc je le faisais à l'arrache en me disant juste non mais là je viens pour faire un bain glacé j'avais pas capté le processus de projection donc c'est super important et du coup pour finir il y a des trucs super marrants quand je dis j'échoue et c'est là où c'est marrant ça revient à tout ce que j'utilisais depuis en gros une c'est genre les autres personnes autour de moi et dont la coach ils étaient là en mode non mais t'as pas échoué tu te rends pas compte t'es sorti de ta zone de confort t'as fait un truc et tout tu vois et ce truc de comme si le fait que moi je dise j'échoue pour eux c'était ils ont reçu ça comme c'est quelque chose de négatif et moi je leur ai dit mais alors déjà un c'est pas négatif d'échouer enfin tu vois tu le reçois comme genre un message négatif que je renverrais mais moi en fait quand je te j'exprime le fait d'avoir échoué. Déjà, c'est juste rationnel parce que je ne me suis pas assis dans le bain. Donc, c'est factuel. Donc, tu peux te raconter l'histoire que tu veux. Ça n'est pas arrivé. Donc, voilà. Et ensuite, ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave. Tu vois ce que je veux dire ? Oui, je n'ai pas réussi. Ça fait chier. Du coup, ce n'est pas grave. Je vais recommencer. Tu vois ? Et ça m'amène à ce truc autour de quand je te disais maintenant on normalise le truc. Tout est positif, machin et etc. Non,

Loïc

mais ce n'est pas grave d'avoir échoué. C'est OK

Nicolas

?

Loïc

Oui, l'apprentissage passe par là. Quand tu regardes un enfant, moi je suis papa depuis quelques années et je vais bientôt l'être une deuxième fois. En fait, ce n'est que des échecs, des apprentissages. Ils n'arrivent pas à marcher, ils tombent, ils se cognent, ils ne prononcent pas les mots correctement, ils n'arrivent pas à tenir un verre. Mais ils apprennent. Et s'il n'y a pas ça, oui. Mais comme tu le dis, c'est la sémantique qui aujourd'hui visiblement pose problème. Je suis d'accord avec toi.

Nicolas

on

Loïc

apprend en se plantant en fait c'est

Nicolas

évident mais bon tous les sportifs je pense que tu les interviews et ils vont te dire ils ont probablement plus appris dans des processus où ils ont échoué parce qu'ils sont obligés de se remettre en question que quand tu gagnes tout tu réfléchis pas trop à ce moment là t'es dans le feu t'es dans l'énergie ultra positive tu te remets pas en question puis le jour où t'as un caillou dans la chaussure tu te dis putain mince ça arrivait comment cette histoire ouais

Loïc

Tu ne sais plus forcément comment réagir en termes de schéma mentaux. Un échec.

Nicolas

D'où le fait d'accepter cette notion d'échec. D'accepter ces mots-là aussi. Le fait de dire un truc négatif avec une négation, ce n'est pas forcément négatif. C'est juste une façon d'exprimer. En fait, ce qui est important, c'est ce que tu en

Loïc

fais. Clairement. Encore une fois, je vais citer Teddy Riner qui disait qu'il irait resté, je ne sais plus, peut-être une dizaine d'années, 10 ans, 12 ans, invaincu. Il y a plusieurs interviews où il explique que le plus beau cadeau qu'il a reçu en judo, c'est une défaite contre un Japonais qui, justement, est venu casser ce truc et, quelque part, même enlever cette pression. C'est bon. Il a perdu ce truc de « je suis invaincu, c'est qui je suis, le fait d'être invaincu ». C'est terminé. Maintenant, je peux passer à autre chose, me concentrer sur comment améliorer mon judo, etc. C'est intéressant, tu vois. tu pourrais dire ah c'est abominable il a perdu c'est terrible c'est la fin de son règne bah non en fait c'est lui le considère comme le meilleur truc qui lui soit arrivé donc ouais encore une fois le mindset est

Nicolas

il faudrait faire un truc scientifique scientisé autour du mindset je trouve que c'est ça vraiment qui est passionnant et souvent tu vois t'as tout plein d'initiatives là comme ton podcast etc où on essaye de comprendre je pense les énergies justement comment t'es arrivé à ça mais et t'as quand même une grosse partie finalement qui qui repose sur cette notion de mindset. Et après, le reste, tu peux le rationaliser, mais au tout début, tu as ce dénominateur qui n'est pas du tout rationnel parce que le mindset, ça ne veut rien dire. Tu ne peux même pas le rationaliser. Mais par contre, je pense que le mindset, c'est un truc qui se conditionne par l'éducation, par ce que tu as vécu. Et ça va tameler ce truc. La façon dont ton cerveau va fonctionner, il ne va pas fonctionner de la même manière en fonction de ton passif et et l'éducation que t'as eu je pense tu vois mais c'est un peu comme ça que je l'explique tu vois quand je vois des personnes qui ont eu des parcours genre tu vois des ouais tu vois que ce soit à l'école jamais d'échec qui se sont jamais confrontés à la compétition ou autre tu vois genre et c'est marrant tu vois en week-end t'es là tu fais un jeu de société t'as ceux qui sont des des joueurs ultra compétitifs même sur un jeu de loi tu vois et t'as ceux qui vont dire « Non, mais ce n'est pas grave, l'essentiel, c'est de participer. » Rien que ça, tu vois ce que je veux dire ? Et quand tu cherches à comprendre et que tu poses des questions, tu te rends compte que tu n'as pas eu la même vie. Parce que tous ceux qui disent « Non, mais l'essentiel, c'est de participer », pour la plupart, ils n'ont jamais fait de compète. Et à côté, tu as les compétiteurs, tu vois ce que je veux dire, qui ont fait de la compète, qui veulent gagner en fait. Parce qu'en fait, tu ne sais même pas pourquoi tu veux gagner. Tu veux gagner, c'est comme ça. C'est même un jeu de loi.

Loïc

il y aurait peut-être une idée de boîte à monter sur ce sujet de mindset tu vois avec toutes ces boîtes j'ai acheté un Oura Ring il n'y a pas longtemps je trouve ça absolument fascinant tu vois de checker un peu ces paramètres ces bio paramètres et tout mais on reste sur du bio sur Waouh c'est pareil sur Waouh ouais ok bah voilà tu vois mais on reste sur

Nicolas

des

Loïc

des paramètres bah je sais pas d'ailleurs ça aurait été possible que Waouh ils en

Nicolas

fassent possible ouais non je suis sur le bracelet mais c'est vraiment la même chose que la bague que t'as quoi

Loïc

mais on vient pas mesurer tu vois enfin d'ailleurs est-ce que c'est mesurable j'en sais rien je suis sûr qu'il y a un truc à faire là-dessus tu vois ce mindset genre c'est quoi comment est-ce que tu vas déterminer ta progression où est-ce que t'en es etc sur des sujets de plus mentaux quoi et ouais passionnant absolument passionnant bah écoute Nicolas un immense merci c'était génial je me suis régalé c'était ultra intéressant d'en apprendre plus évidemment sur ton parcours mais en particulier sur ton rapport au sport l'entreprenariat comment t'as mixé les deux et puis sur ces sujets de mindset.

Conclusion: Assumer D’être Clivant

Loïc

Est-ce qu'il y a un mot de la fin

Nicolas

?

Loïc

Quelque chose que tu voudrais souligner pour conclure cet échange

Nicolas

? Je dirais que j'aime bien en ce moment dire que tu parlais à un moment donné le fait d'être clivant. Je trouve ça cool d'être clivant que ce soit dans le sport ou dans la vie parce qu'en fait, c'est un moyen de se fédérer autour de soi parce que tu as ceux qui ne t'aimeront pas et tu as ceux qui vont adorer ton énergie ou ton mindset. Mais en général, quand tu n'es pas clivant et que tu es un peu entre deux, ça me fait un peu penser à François Bayrou. Tu es un peu l'entre-deux. Et il ne se passe pas vraiment grand-chose. Et tout à l'heure, tu disais que c'est un peu clivant. Oui, c'est clivant. Et alors ? C'est cool d'être clivant. C'est bien. Ça fait avancer les choses. Le mot de la fin, c'est « soyez et soyons plus clivants » Et ça ne veut pas dire qu'on ne se respecte pas les uns les autres. Ça ne veut pas dire que les personnes qui ne sont pas d'accord ou qui n'ont pas les mêmes façons de penser ne sont pas dans la vérité. Personne n'est dans la vérité. Chacun doit trouver sa façon d'être, sa façon d'exister, son rapport aux choses. Et en fait, moi, ce que j'adore dans le côté client, c'est le côté passion. C'est d'être passionné. J'adore les personnes passionnées. C'est trop cool à regarder les gens

Loïc

passionnés. C'est vrai. C'est clair. Non, c'est

Nicolas

vrai. Des fois, tu comprends pas trop mais mais au moins tu te dis putain il est passionné et c'est cool parce que la personne elle est dans son truc elle va jusqu'au bout et les gens passionnés pourquoi ils sont passionnants c'est que ils vont jusqu'au bout de leur délire tu vois et là on revient à ce truc de ce sujet en ce moment que je trouve de normaliser non mais il faut si c'est trop compliqué abandonne c'est pas grave t'as essayé tu vois bah non les gens passionnés ils font pas qu'essayer ils sont tellement passionnés qu'ils sont qu'ils vont ils vont moins

Loïc

essayer de craquer le truc ça j'adore voilà excellent merci énormément Nicolas je te souhaite une excellente continuation et puis peut-être pourquoi pas un jour un épisode débrief de ta RAF si tu te lances la RAF 2005

Nicolas

c'est parti peut-être

Loïc

un jour merci Nicolas merci à toi salut

Nicolas

Ciao!