Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Traversées en solitaire de la Nouvelle-Zélande et des Fidji, avec Martin Costechareire (1/2)
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Martin Costechareire débarque au micro des Frappés pour un récit hors normes 🌏
Martin a 28 ans, il est naturaliste, spécialiste des reptiles et des amphibiens. Et il vient de passer plus de deux ans à traverser l'Océanie uniquement à pied, en packraft et en voilier. Plus de 20 000 kilomètres, sans (presque) jamais prendre l'avion. Fou 🤯
Dans ce premier épisode, on remonte le fil depuis le début. Comment l'idée est née, son envie de donner une "ligne conductrice" à son voyage, et ce coup de chance incroyable en Tasmanie : une affiche scotchée sur une porte de capitainerie, et Georges, marin français de 74 ans qui vit sur son bateau depuis 45 ans, qui le dépose en Nouvelle-Zélande après 12 jours dans une mer de Tasman déchaînée.
Ensuite, c'est la traversée de la Nouvelle-Zélande du sud au nord. 4000 kilomètres, 7 mois et demi, beaucoup de hors-sentier, des nuits sous des cabanes de fougères, et des rencontres avec une faune qu'on ne voit nulle part ailleurs (dont un "dinosaure" toujours vivant 🦎). On parle aussi de cette rivière glaciaire qui a failli l'emporter, et de la leçon qu'il en a tirée.
Et puis cap sur les Fidji, le kava, les radeaux de bambou et des rencontres bouleversantes.
Voici la première moitié d'un voyage à couper le souffle. L'Australie, c'est pour le prochain épisode 😉
Excellente écoute !
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Chute Dans Une Rivière Glacée
Martinet là en fait je me fais faucher par le torrent donc ça dure quelques secondes où en fait je me retrouve dans une eau c'est de l'eau grise en fait c'est de la glace je tombe je prends appui et je me jette sur la rive d'en face qui est un petit îlot de galets entre les deux torrents donc là je suis en état de choc parce qu'il y a le bruit donc des torrents au milieu de moi
L’ADN Des Frappés
LoïcHello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée de nous-mêmes qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre les micros à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi
Unknown?
LoïcEh bien parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. C'est parti.
Martin Se Présente
LoïcBienvenue, Martin, au micro des Frappés. Très content de te recevoir sur le podcast. On va parler d'aventures, de destinations lointaines, de destinations qui font rêver, en tout cas, qui me font rêver. Vraiment hâte d'entendre tout ça.
MartinMerci. C'est gentil de me donner la parole. C'est un moyen de partager ce qui m'est arrivé, donc c'est sympa.
LoïcGénial. Je sens qu'on va se se régaler. Bienvenue encore à toi, Martin. Avant qu'on démarre tout de suite sur la partie aventure, je te propose de nous expliquer dans les grandes lignes quel a été ton parcours, ce que tu as fait avant de t'élancer vers la Nouvelle-Zélande et
Martinl'Australie. Je m'appelle Martin, j'ai 28 ans, je suis originaire de Vienne, de la vallée du Rhône, au sud de Lyon. Je suis naturaliste de formation et du Du coup, voyageurs au long cours avec ces dernières années à l'étranger. Globalement, dans les grandes lignes, Qui je
Loïcsuis
Unknown?
LoïcFabuleux. Je ne savais pas du tout pour la partie naturaliste. Tu peux nous expliquer en quoi ça consiste et comment tu es arrivé dans cet univers
Naturaliste Et Herpétologue Sur Le Terrain
Unknown?
MartinEn fait, c'est assez variable. On peut travailler aussi bien dans les parcs nationaux, les parcs régionaux, en bureau d'études, en association. En fait, c'est tout ce qui tourne autour de la conservation de la biodiversité. Moi, ma spécialisation, c'est l'herpétologie. Ça tourne plutôt autour des serpents, des lézards, des grenouilles, des tortues. Tous les reptiles et les amphibiens. On va dire que chacun a un peu son domaine de compétences. On est naturaliste de manière générale. Et puis après, chacun a un peu sa spécialisation. On va dire que c'est biologiste de terrain,
Loïcj'ai envie
Martinde dire. C'est la connaissance de la nature et des écosystèmes.
LoïcDonc, typiquement, quand tu tu travailles pour un parc national, ça peut être quoi les missions que tu es amené à réaliser
Unknown?
LoïcDu recensement
Unknown?
LoïcD'autres choses
Unknown?
MartinOui, voilà. Ça peut être des inventaires, des suivis scientifiques.
LoïcPardon, Martin. Un suivi scientifique, ça serait quoi
Unknown?
LoïcComment la population évolue, par exemple
Unknown?
MartinVoilà, par exemple. Ou comment elle peut réagir face au réchauffement climatique. Après, les sujets peuvent être très variés. C'est juste la mise en en place et le suivi de protocoles scientifiques pour le suivi d'espèces ou de groupes d'espèces là par exemple là je me tourne plus vers les bureaux d'études pour les prochains mois et par exemple c'est avant des projets d'aménagement il faut aller sur le terrain pour voir quelles espèces sont présentes recenser les espèces protégées et adapter les projets en fonction
Loïcd'elles
Martinvoilà Après, c'est très large. C'est tout ce qui touche à la préservation et la conservation des espèces dans leur milieu. Ça peut aussi être de la recherche fondamentale.
LoïcC'est assez large. Pour revenir à ma question précédente, qu'est-ce qui t'a amené à faire le choix de ce type d'études
Unknown?
MartinEn fait, de base, je m'intéressais aux animaux. J'ai fait pas mal de stages et de petites saisons en parc animalier, surtout spécialisé dans les tortues. Et en fait, au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ce qui m'intéressait, c'était vraiment tout ce qui touchait à l'écologie, à la biologie des espèces. Et du coup, de fil en aiguille, je me suis intéressé à ça et je me suis lancé dans les études en écologie. Donc voilà, tout
Loïcsimplement. Ok, super. Très clair pour cette partie-là. Merci Martin.
D’où Vient Le Goût Du Voyage
LoïcÇa a été quoi du coup, maintenant qu'on a couvert la partie environnement-écologie, le lien que tu as eu en grandissant avec les voyages
Unknown?
LoïcEst-ce que tu as grandi dans une famille de voyageurs
Unknown?
LoïcEst-ce que tu as été confronté, exposé très tôt à tout ça ou pas du
Martintout
Unknown?
MartinNon, non. Mais... Mes parents ne voyagent pas. Moi, c'était plus... C'était mes grands-parents, plutôt. Mes grands-parents qui étaient... Mes grands-parents maternels qui faisaient le cirque, qui faisaient du cirque, du patin. À une époque où personne ne voyageait, en fait, dans les années 50. Et du coup, ils ont pu... aller un peu aux quatre coins du monde, surtout en Asie, je pense au Japon, Hong Kong, en Inde. Incroyable
Unknown!
MartinC'était plus à une autre époque. C'était les bateaux qui passaient par la mer Rouge pour rejoindre l'Asie. Et du coup, j'ai grandi un peu avec toutes ces histoires-là du grand-père qui était allé un peu à droite, à gauche. les affiches de leurs spectacles en Inde et ça ça m'a je pense ça m'a beaucoup beaucoup inspiré quoi d'avoir écho de leurs aventures très loin et je pense que c'est plus comme ça que le voyage est venu à moi en fait
Loïcdonc voilà tout simplement incroyable incroyable comme histoire et donc c'était tu disais du patin c'est ça leur
Martinspécialité ouais en fait ils faisaient du en fait ils faisaient des numéros de cirque très variés mais ce dont je me rappelle c'est ouais des il y a des photos en fait où ils sont en train de faire des pirouettes avec des patins des trucs de fou genre ou du comment on appelle ça des hula hoop avec des hula hoop au bout de cordes enfin des trucs de cirque quoi et et voilà une époque où je sais que très peu de monde avait la chance de voyager et eux du Du coup, ils voyageaient par ce biais-là, par le biais des cirques. Donc voilà. C'est incroyable,
Loïcc'est vraiment incroyable. C'est typiquement, tu vois, le genre d'anecdote que j'adore découvrir du coup sur le podcast, parce que ça montre une fois de plus qu'en fait, quand on s'intéresse un peu aux autres, on découvre des histoires de famille, des histoires de vie complètement hors des sentiers battus, ce qui est toujours, je trouve en tout cas, ultra intéressant. Sur la partie voyage du coup, donc on va échanger sur... Ça arrive, ça arrive, je vous promets, ça arrive sur la partie tout ce que tu viens de faire, l'Australie. Lille, la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie, il y a énormément de choses. Mais à quel moment est-ce que tu as mis le pied dans cet univers du voyage au long cours, qui est quand même très particulier, on va
Martindire
Unknown?
MartinJe suis parti, du coup, mon tout premier voyage, c'était à 19 ans. ou alors je venais de fêter mes 20 ans au Sénégal avec deux amis. On est partis quasiment en mois faire un petit tour du Sénégal. Et c'est comme ça que ça m'a... C'était mon premier voyage. Et c'était un avant-goût, quoi. Et puis, après, je suis parti à la Réunion avec mon père, peut-être... deux, trois ans plus tard, peut-être deux ans plus tard, pareil, pendant un mois
Unknown?
MartinVoilà, des petits voyages. De base, c'était pour un mariage à La Réunion. Et puis après, je suis resté un petit peu sur place. Mais c'était des voyages, on va dire, courts, quoi. Trois semaines, un mois. Et pas en solo
Unknown?
MartinOui, voilà. C'était pas du tout en solitaire.
LoïcD'accord. Et du coup, comment t'en es arrivé à imaginer l'aventure qui vient de terminer
Unknown?
Fuir L’Hiver Pour L’Australie Vivante
MartinEn fait, c'était la c'était la fin de l'été 2022 donc je finissais mon stage d'études du coup dans les Pyrénées avec du coup des suivis sur différentes espèces de reptiles et du coup début de l'hiver pour un herpétologue fin de l'été début de l'automne l'hiver est en approche donc pour un herpétologue c'est la basse saison quoi Il y a un peu moins de choses à faire, voire pas du tout. Et du coup, j'ai vu l'opportunité d'aller... dans l'hémisphère sud, là où c'est la bonne saison. Et du coup, il y avait des facilités, il y a des facilités de visa pour l'Australie. Du coup, j'ai décidé d'aller en Australie. Je me suis dit que là, j'allais voir tout un tas d'espèces qui me faisaient rêver. C'était une façon de fuir l'hiver en France et d'aller voir des animaux qui me faisaient rêver en ayant en ayant conscience de ce que j'allais voir via ce que j'avais appris en France, je pouvais me rendre pleinement compte de ce que je voyais sur place et c'est quelque chose que je n'aurais pas pu apprécier pleinement si j'étais parti quelques années plus tôt. Donc là, c'était le moment ou jamais. C'était
Loïcl'opportunité. Et sachant que pour quelqu'un comme toi, je suppose que l'Australie en particulier, ça doit être le paradis sur Terre parce que si je ne me trompe pas, il y a une très très forte proportion des espèces sur place qui sont endémiques en tout cas au moins araignées et serpents
La Ligne De Wallace Et Les Espèces Uniques
Martinc'est ça en fait l'Australie est séparée du reste du monde entre guillemets depuis un bon moment il y a ce qui s'appelle la ligne de Wallace donc qui est une ligne imaginaire mais qui est entre l'Asie du Sud-Est et l'Australie et en fait de part et d'autre de cette ligne et bien il y a la mer depuis l'Australie a été séparée du reste du monde depuis un long moment et du coup les espèces australiennes ont évolué différemment du reste du monde c'est comme s'il y avait une sorte de monde parallèle qui s'était créé en Australie de par cette ligne de Wallace et du coup c'est pour ça qu'on retrouve des mammifères à poche comme les kangourous, les wombats, les koalas et ça c'est quelque chose qu'on retrouve qu'en Australie et pas dans le reste du monde du coup c'est intéressant c'est comme si on avait l'opportunité d'aller sur une autre planète mais qui est quand même sur Terre, d'un point de vue biologique, en tout cas pour les mammifères et aussi pour un certain nombre de reptiles. C'est ça qui était excitant pour moi et super intéressant.
LoïcD'accord. Du coup, quand tu es parti à la base, c'était quoi le projet initial
Unknown?
LoïcTu avais déjà en tête ces grandes traversées que tu as réalisées en solitaire, principalement à pied ou en bateau
Unknown?
LoïcOu est-ce que tu y allais d'abord et avant tout pour... plutôt cette observation des espèces. Et ensuite, ça a
Martinévolué. Oui, dans un premier temps, c'était ça. Après, j'avais dans un coin de ma tête l'idée d'une grande traversée. Puisqu'un an avant de partir... pour faire mes gammes en tant que naturaliste et apprendre et identifier les espèces qui m'entouraient en France, j'étais parti à pied de Lyon jusqu'à Finisterre, en Galice, par différents chemins de pèlerinage et différents GR, avec mon appareil photo et ma paire de jumelles, pour progresser en tant que naturaliste dans l'identification des espèces et en passant par des endroits qui me permettaient de voir tout un panel de bestioles intéressantes comme au nord-ouest de l'Espagne c'était le Graal pour moi c'était de photographier les ours je me suis retrouvé nez à nez avec des ours il y en a un qui s'est mis debout devant moi à quelques mètres j'ai pu le photographier comme ça et en fait ça cette petite aventure là de vivre dehors pendant plusieurs mois d'être au contact des animaux comme ça je me suis rendu compte que je pouvais en fait voir une continuité entre les différents écosystèmes être plongé dans la nature et du coup ce qui me permettait d'avoir plus de facilité pour en fait comprendre tout ce qui se passe, ne pas avoir une coupure entre le moment où je vais sur le terrain le moment où je rentre quelque part à l'intérieur, le moment où je retourne sur le terrain, ça fait pas de coupure en fait je vis dedans et je vis avec tout ça donc ça m'a inspiré en fait pour la suite et à le mettre en place à une plus grande échelle plus tard mais en arrivant en Australie de base mon idée c'était juste de m'intégrer dans le pays c'est à dire travailler Et sur mon temps libre, chercher et photographier les animaux qui me bottent le plus.
LoïcAlors, en parlant de photos, je suis allé regarder un peu tes comptes Instagram en préparation de l'épisode. Et énorme claque visuelle. Vraiment, tes photos sont magnifiques. S'il y en a que ça intéresse, regardez le lien qui est en description de l'épisode. C'est beaucoup de portraits d'animaux. Vraiment très, très impressionnant. En tout cas, j'ai vraiment été scotché. Donc, bravo
Unknown!
LoïcTu as suivi une formation ou c'est un style que tu as développé tout seul dans ton coin
Unknown?
LoïcComment tu as fait
Martinça
Unknown?
MartinNon, j'ai appris avec des tutos
LoïcYouTube.
MartinAprès, la photo, c'est comme beaucoup de choses. Il faut juste pratiquer. On pratique, on pratique, on pratique. Et si on ne fait que ça, après, ça... C'est que la technique, elle est simple à apprendre. Après, pour les animaux, c'est plus aller trouver, puis être dans les bonnes conditions pour les photographier. En tout cas, c'est très gentil de trouver mes photos jolies. Je considère que ce sont des beaux portraits, mais ce ne sont pas forcément des très belles photos animalières, dans le sens où ils... c'est simplement des beaux portraits j'aimerais voilà plus faire un petit peu différemment peut-être à venir enfin en tout cas je
Loïcverrais quoi ok bon en tout cas encore une fois s'il y en a qui s'intéressent allez faire un tour il y a vraiment de très très beaux moments capturés j'ai en tête j'en ai quelques-uns en tête notamment avec des renards en train de chasser enfin c'est vraiment vraiment bravo pour un amateur qui apprécie YouTube c'est assez fou à quel moment du coup donc tu disais que t'arrivais en Australie l'objectif initial c'était c'était pas forcément ces longues traversées en solitaire que t'as réalisé par la suite à quel moment est-ce que tout ça a évolué et comment est-ce que le projet de faire
Donner Une Ligne Conductrice Au Long Cours
Loïcplus
Martinque est né bah en fait du coup au bout de un an en Australie j'ai fait un petit peu le topo quoi ouais ça faisait 9-10 mois que j'étais sur place et en fait
Loïcdonc là à ce moment là pardon tu travaillais
Martinexactement j'ai travaillé ensuite j'ai fait un trip à vélo pour m'enfoncer un petit peu dans le désert pour aller chercher un animal qu'au final je n'ai même pas trouvé c'était
Loïcquoi
Martincomme animal
Unknown?
Martinc'est le diable cornu c'est en Molochoridus il s'appelle c'est un lézard extrêmement particulier endémique australien là si tu mets sur internet diable cornu tu vas halluciner c'est C'est un lézard extrêmement particulier. Mais bon, je ne l'ai pas trouvé. Et j'ai fait quelques trips comme ça en Tasmanie, aussi au Cap York, dans l'extrême nord-est, pour photographier le piton vert arboricole. En Tasmanie, c'était plus pour photographier le diable de Tasmanie, le Dysurtigre. Et en fait, au bout de cette première année, j'étais content de mon année en Australie. mais il manquait un petit peu une continuité. Tu vois, j'avais l'impression que mes expériences, elles étaient déconnectées les unes des autres parce qu'entre chaque... Entre chaque... Je ne sais pas, je n'avais pas trouvé une continuité. Je me disais, OK, c'est bien, je suis content, mais comme si j'avais l'impression de m'éparpiller. En tout cas, il me manquait quelque chose. Et du coup, à partir de là, je me suis dit, j'aimerais faire... Exactement ce que j'ai fait cette année, mais avec une ligne conductrice, quelque chose qui... avoir plus ou moins les mêmes expériences, mais qui ferait partie d'un projet plus grand et qui serait la traversée du continent uniquement à pied, kayak ou packraft et en voilier. Comme ça, j'aurais une... tout ce que je vivrais dorénavant, ce serait lié à cette ligne, comme une bonne excuse
Unknown?
MartinVoilà, c'est un peu la réflexion que j'ai eue. J'ai voulu donner un peu plus de sens à mon voyage. C'est ce qui m'est venu en tête à ce moment-là.
LoïcEt pas de vélo
Unknown?
MartinNon, non, je n'aime pas trop le vélo. En fait, j'ai fait du coup le vélo la première année pour aller chercher ce diable cornu. Et en fait, c'était... J'ai eu plusieurs problèmes avec le vélo. Déjà, on ne peut pas quitter la piste. Et ça, c'était un peu frustrant. Et puis, c'est aller vite. Je n'ai pas trop le temps de voir les choses. Ce n'est pas quelque chose qui m'a beaucoup plu. J'ai trouvé ça bien, mais je crois que c'est pas pour moi. Et puis aussi, il y a cette dimension du... Il faut plus de matériel, il faut réparer. Je... Je... Non, j'ai... j'ai pas
Loïcenvisagé le vélo ultra intéressant je crois que c'est la première fois qu'on me dit que le vélo du coup est trop rapide pour les déplacements c'est super intéressant du coup une fois que t'as déterminé que c'est sur ce format là que tu voulais partir vraiment le déplacement dans la durée avec de la lenteur ça a été quoi le point d'arrivée le point de départ et je te pose toutes ces questions parce que c'est tellement énorme cette aventure
Cap Sur La Nouvelle-Zélande Sans Arrivée Fixée
Loïcque je suis que de savoir comment tu l'a
Martinstructuré alors le le point de départ en fait je regardais la carte du monde simplement j'ai vu que la tasmanie était pas très loin la nouvelle zélande bon au final c'est super loin mais j'étais très naïf du coup je me suis dit bon si je veux aller en nouvelle zélande ce que du coup mon visa allait expirer de ma première année en australie il fallait que je quitte le territoire australien et j'avais un visa pour la nouvelle zélande où je te dis il faut aller en Nouvelle-Zélande. Et pour aller en Nouvelle-Zélande, ce qui me paraissait le moins délirant, c'était de partir de Tasmanie. Et du coup, je suis allé en Tasmanie pour chercher un voilier. Et le point d'arrivée, je ne l'avais pas puisque, en fait, c'est tellement... C'était tellement... C'était un petit peu comme, on va dire, un délire de vagabond. Il ne faut pas trop avoir un plan précis. Il faut juste avoir, on va dire, une ligne conductrice qui était... Ok, j'ai envie... de passer, enfin déjà j'ai envie de traverser un continent qui n'en est pas un donc ça n'a pas de sens parce que c'est un continent qui n'en a que le nom puisque c'est des îles qui sont éparpillées au milieu du Pacifique donc je me suis dit ok il faut tu trouveras un voilier t'arriveras sur une île, tu traverseras cette île tu trouveras un autre bateau tu t'emmèneras sur une autre île, tu traverseras cette île tu trouveras un autre bateau et je me dis je le ferai comme ça jusqu'au moment où je serais bloqué ou alors en fonction des opportunités comme la situation n'est pas totalement entre mes mains puisque je n'ai pas de bateau, il faut que je fasse il faut que je sois accepté sur des bateaux donc à partir de là je ne maîtrise pas tout il faut que je l'accepte et du coup il n'y avait pas de point d'arrivée mis à part que je savais qu'à un moment ou un autre j'allais devoir arriver à Darwin, donc au nord de l'Australie, pour trouver un dernier bateau et sortir du continent en direction de l'Asie du Sud-Est, donc Timor-Leste ou Indonésie. Mais entre, on va dire, Hobart et Darwin, je ne savais pas trop où c'est que j'allais pouvoir aller. Ok. Et dans les faits, du coup, il s'est passé quoi
Unknown?
MartinAlors, du coup, départ de Tasmanie, arrivée en Nouvelle-Zélande, traverser la Nouvelle-Zélande du sud au nord. Après, une fois que j'étais au bout du nord de la Nouvelle-Zélande, il n'y a rien au bout. Donc, il fallait que je redescende. Je suis redescendu en packraft et à pied jusqu'en port pour aller au Fidji. Donc, traverser des Fidji ouest-est et après est-ouest par une autre voie. Du coup, il fallait que je revienne dans le port par lequel j'étais arrivé vu qu'il y a deux ports au Fidji, ils sont sur la côte ouest après Fidji, Nouvelle-Caïdonie donc Nouvelle-Caïdonie de l'extrême est jusqu'à Nouméa donc là c'était pas très long c'était pour une escale avec un bateau et après Nouméa Brisbane donc au Queensland en Australie Brisbane Alley Springs dans le centre de l'Australie Alley Springs jusqu'au nord-ouest du désert de Tanami donc là il n'y a pas de ville, c'est au milieu de nulle part. C'est à la frontière avec l'Australie occidentale. Et après, rebifurqué nord-est jusqu'à Darwin. Darwin, un dernier bateau jusqu'au Timor-Leste, donc Dili. On a fait une escale de quelques jours. Et après, Timor-Leste, Indonésie. Et arrivée finale... en Indonésie pour un total de... Ça, c'est ce qui était bien. Du coup, j'ai passé la barre des 20 000 kilomètres qui me tenait un petit peu à cœur et plutôt équilibré avec du coup 10 000 à pied et pas craft ou radeau ou kayak, n'importe quoi qui flotte et 10 000 en voilier. Et c'est pour ça que le dernier bateau me tenait à cœur de le trouver quand j'étais à Darwin parce que j'étais à... je crois 17 900 kilomètres un truc comme ça et je me suis dit ah si je trouve un dernier bateau ça fera 20 000 et mon projet il aura la boucle sera bouclée quoi j'aurais pas investi ces deux ans de ma vie pour pas pour rien mais au moins ça donne beaucoup de sens quoi le cerveau humain fonctionne comme ça il faut donner du sens à ce qu'on fait et ça m'a en fait ça m'a soulagé d'arriver au bout de enfin même ça a un peu dépassé mes espérances, je n'aurais pas pensé pouvoir passer par les Fidji, la Nouvelle-Calédonie, etc.
LoïcC'est hallucinant ce que tu nous expliques là. Du coup, les deux années, ça a été le trip au total ou ça inclut aussi la première année en
MartinAustralie
Unknown?
MartinNon, en tout, je suis parti trois mois. Je suis parti le 7 septembre 2022 et je suis rentré pour Noël 2025. Mais le trip, uniquement à pied et en voilier, a duré deux ans et deux mois. Tout
Loïcsimplement. Incroyable. Écoute, Martin, ce que je te propose, c'est qu'on s'en tient au plan qu'on avait défini ensemble avant l'enregistrement. C'est-à-dire qu'on enchaîne sur la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et tout ce qui se passe après, avant ton retour en Australie. Et le retour en Australie et toute la traversée australienne, on fera ça sur un deuxième épisode qui sera diffusé juste après. Parce qu'il y a trop de choses. C'est trop riche. Il y a beaucoup trop.
Une Affiche Au Port Pour Trouver Un Voilier
LoïcSur la Tasmanie, alors moi, je n'y suis jamais allé, mais je n'ai lu pas mal de récits d'aventuriers, j'ai vu des documentaires etc. qui visiblement disent à peu près toutes la même chose, c'est très isolé, très rugueux en termes de climat et très peu il y a très peu d'habitants, donc comment t'as fait pour trouver quelqu'un pour la
MartinNouvelle-Zélande
Unknown?
MartinÇa c'est une histoire un peu délirante j'ai eu une chance j'ai eu une chance incroyable parce que du coup en arrivant en Tasmanie je suis allé au port et puis j'ai un petit peu demandé à droite à gauche et du coup les marins du coin m'ont vite découragé puisqu'ils m'ont dit la mer de tassement est une mer très rude qui est reconnue par les marins comme un endroit assez hostile et il faut c'est pas loin du 40ème parallèle sud donc comment on appelle ça c'est les 40ème ouais rougissant enfin c'est des langage de marin. Et en plus, je n'étais jamais monté sur un voilier. Donc, comme je n'avais pas d'expérience, ils m'ont dit, bon, déjà, cette mer, elle est un peu merdique. C'est l'hiver. Donc, personne ne va se mettre dans cette mer en plein hiver. Il fait froid en Tasmanie au mois d'août. Il neige. Donc, c'est une mer compliquée. Tu n'as pas d'expérience. Et en plus, il fait froid. Donc, personne ne va s'y mettre. Et du coup, je me suis dit, au OK, mon visa expire dans 15 jours. Dans tous les cas, je donne tout pour trouver ce voilier. Si je ne le trouve pas, OK, ce n'est pas grave. Je prendrai un avion et mon projet commencera en Nouvelle-Zélande. Mais bon, là, j'ai 15 jours, donc autant tout donner. On ne sait jamais. Mais bon, il n'y avait pas de voilier dans le port, etc. Et je me dis, OK, je passe à la librairie. Je fais une affiche que je mets sur la porte métallique avec des serflexes. en disant « bon ben voilà, je cherche un voilier pour aller en Nouvelle-Zélande ». Et il y a quelques jours qui passent, et un jour, il y a quelqu'un qui m'appelle, et en français, je te jure, il me dit mot pour mot « Allô Martin, oui je suis à Hobart avec mon voilier, je vais au Chili, si tu veux je te pose en Nouvelle-Zélande ». Comme si je faisais du stop en voiture et qu'il allait, je ne sais pas, qu'on faisait Lyon-Marseille et qu'il me posait à Valence. Le mec allait traverser le Pacifique et me pose en route en Nouvelle-Zélande. Et ce... Ce monsieur, c'était en français, qui s'appelle Georges. C'est un marin qui est connu un peu dans le monde de la navigation. Il avait 74 ans. Et en fait, il vivait sur son bateau depuis 45 ans. Depuis ses 29 ans, il vivait sur son bateau. Et il avait traversé les parcours roulants. Et du coup, lui, ça ne lui faisait pas peur de traverser la mer de Tasman en plein hiver. Et voilà, j'ai rencontré ce gars. Enfin, incroyable. Une chance inouïe, puisque pas grand monde s'aventure dans cette mer à ce moment-là. Et encore moins... encore moins de prendre quelqu'un à bord. Qui n'est pas expérimenté en plus. C'est ça. Là, j'avais l'assurance aussi d'être avec quelqu'un qui sait ce qu'il fait, qui gère son bateau. Parce que c'est quelque chose qui était très rassurant une fois qu'on était en mer. Parce que c'est vrai que c'était quelque chose.
LoïcC'est vrai
Unknown?
LoïcLes conditions étaient rudes
Martinalors
Traverser La Mer De Tasman En Plein Hiver
Unknown?
MartinOui, la... La première nuit, j'avais jamais mis les pieds sur un bateau. La première nuit, on prend 30 nœuds avec des rafales à 35 nœuds. Le bateau, il faisait 11,50 mètres. Et du coup, je me suis fait exploser. Ça va dans tous les sens. C'est une machine à laver, le truc. Et moi, je me suis dit « Waouh
Unknown!
Martin» C'est donc comme ça, une nuit dans un bateau. C'est intéressant, mais... Heureusement, après, c'était que la première nuit, un petit peu la deuxième, mais après, c'était plus calme. J'ai appris que 30-35 nœuds de vent, ce n'est pas la norme. Mais quand on a quitté les côtes, je me suis dit que c'était du costaud. Il y avait des grosses vagues, le temps était froid, le ciel bas, les albatros qui volent en rasemote autour des vagues. C'était une ambiance exceptionnelle quand je j'ai pris une claque de connaître cet environnement ultra je trouvais ultra hostile qu'est la mer
Loïcet Georges lui était serein dans ces conditions
Unknown?
MartinAh ouais Georges il était dans son jardin vraiment moi je vomissais globalement le premier jour et puis il était mort de haine c'est le métier qui rentre il me disait non mais t'es pas malade j'ai vu des gens qui s'étaient malades sur un bateau ils sont pas comme ça alors que moi j'avais vraiment l'impression d'être malade je vomissais pour de vrai mais il me disait il me soutenait que j'étais pas malade enfin bon c'était un sacré personnage ouais ça en
Loïca l'air la traversée a duré combien de temps du coup entre la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande
Unknown?
Martinon a mis 12 jours ah oui quand même ouais donc il y avait lui et il y avait un de ses amis donc un de ses amis qui travaillait dans le port de Barthes qui qui était avec nous. Donc là, Georges me dit un truc avant qu'on parte. Trop drôle. Il me dit « Tu verras, il est bossu, mais il est sympa. » C'est comme s'il y avait un lien entre le fait d'être bossu et de ne pas être sympa. Et du coup, on était tous les trois sur ce bateau. Le vieux loup de mer, le bossu et puis le moussaillon. C'était une équipe à dormir
Loïcdebout. Effectivement, ça pourrait être le début d'une bonne blague ça c'est ça le bossu le loup de mer et l'herpétologue sur un bateau oh là là incroyable incroyable comme anecdote et in fine où est-ce qu'il te dépose en Nouvelle-Zélande
Unknown?
Martinalors il me pose à Nelson donc il me semble que toi t'es allé en Nouvelle-Zélande du coup tu vois où c'est c'est donc le nord de l'île du
LoïcSud yes ouais ouais fabuleux oui j'étais pas allé j'avais pu faire que l'île du Nord mais magnifique pays d'ailleurs incroyable bref ok donc arrivé à Nelson, toi, c'était déjà... À ce moment-là, tu le savais, tu allais faire la traversée sud-nord.
MartinOui, en fait, du coup, là, j'ai eu le premier problème du voyage.
Nelson Et Le Problème De La Continuité
MartinEn fait, quand on arrive en voilier, on ne peut pas arriver où on veut. Il faut passer par... la douane l'immigration etc donc là il y a des ports qui sont affiliés à ça et du coup Nelson en faisait partie parce que du coup après George traçait dans le Pacifique donc il nous a posé rapidement à Nelson il nous a posé on a fait les démarches administratives à bord et puis il est reparti directement il a passé le détroit de Cook pour arriver à Wellington et après à Wellington il est resté quelques jours pour se ravitailler mais il est parti aussi sec c'était à l'image de Georges son départ était fugace et du coup je me suis retrouvé à Nelson avec mon premier problème du voyage qui était ok je veux une ligne continue mais je suis à l'extrême nord de l'île du sud et je veux traverser le pays du sud au nord et du coup j'en ai conclu qu'il fallait que... Il ne fallait pas faire n'importe quoi dans le sens où je n'allais pas aller à pied jusqu'à l'extrême sud puis remonter. Je me suis dit, OK, en stop, je rejoins la petite île au sud de l'île du Sud, donc Stewart Island, en me promettant de repasser par Nelson quand je remonte. Comme ça, je rattraperai, on va dire, ma ligne conductrice. Elle ne sera pas coupée. Elle sera mise en... entre parenthèses les quelques mois qui me sont nécessaires pour traverser l'île du sud mais j'ai pas vraiment le choix parce que j'allais pas faire que la traversée de l'île du nord et je n'allais pas prendre le temps de descendre à pied puis de remonter ça allait il a fallu faire comme un j'aime pas ça mais comme un compromis quoi de dire ok je repasse par Nelson et ça c'est dû au fait que j'arrive en voilier donc je peux pas arriver là où je veux et il faut l'accepter et Et pour ne pas briser mon projet, je me promets de repasser par Nelson. Et voilà. Donc, c'est ce que j'ai fait. Et j'ai commencé... Du coup, je suis allé à Stewart Island au sud de l'île du Sud. La petite île. En stop, du coup. En stop,
Loïcvoilà. Ok. Et comment réagissaient les gens quand tu leur expliquais le projet de faire la traversée en solo, à pied, en hiver en plus
Unknown?
MartinAlors, c'était la fin de l'hiver. Ça commençait à être le printemps. En fait, ils... Alors, en Nouvelle Il pensait que j'allais faire le Terrarora Trail. Donc... c'est quelque chose qui se fait en Nouvelle-Zélande. C'est quelque chose qui est très développé. Je ne sais pas si tu vois ce que c'est. C'est un long chemin de randonnée. Et du
Loïccoup... Pardon Martin, mais qui est d'ailleurs une traversée intégrale de la Nouvelle-Zélande. Le Teararoa Trail. Exactement. Qui est super organisé. Il y a un site internet dédié. On peut réserver les refuges, ses places en tente, dans des bâtiments en durée, etc. Donc c'est bien structuré. C'est
Martinça. Et du coup, quand je disais que j'allais traverser la Nouvelle-Zélande. Ils pensaient que j'allais faire ça. Ils se demandaient juste pourquoi j'avais un bateau avec moi. Ah, mais oui, tu
Loïcavais ton packraft
Martindéjà. Oui, voilà, j'avais mon packraft. Du coup, le packraft ne se voyait pas parce qu'il était dans mon sac, mais j'avais des pagaies. Et du coup, je leur expliquais que je voulais traverser Fjordland.
Fiordland Off-Track Avec Un Sac Lourd
MartinEt là, j'ai beaucoup été découragé dans un premier temps. C'est des choses qui m'ont fait assez peur à cette époque parce que j'avais moins d'expérience, un peu moins confiance en moi pour ces choses-là. Et du coup, on m'assurait que c'était stupide et que je ne me rendais pas compte des choses en allant en packraft dans les lacs de
LoïcFiordland. Ok, donc Fiordland, pour ceux qui ne se situent pas, c'est le
Martinsud. Voilà, le sud-ouest. Parce que du coup, j'ai fait le tour de Stewart Island en allant chercher quelques animaux et que j'ai voulu, qui me faisait rêver. À la fin de Stewart Island, du coup, j'étais en packraft dans la baie en essayant de chercher une autre île j'essayais d'atteindre une autre île en packraft mais en packraft c'est vraiment très petit c'est pas fait pour la mer donc j'ai failli me faire emporter par le courant et renverser par une vague et en fait en rentrant sur la côte il y a un bateau de pêche qui m'a récupéré qui est venu à ma rencontre et je leur ai demandé où c'est qu'ils allaient ils m'ont dit on rentre sur l'île du sud sur l'île principale et là j'ai vu une belle opportunité de rentrer de manière de manière drôle et du coup je suis monté à bord avec eux j'ai pris d'abordage leur bateau de pêche via mon packraft à travers les vagues c'était assez chaotique le pirate et du coup ils m'ont ramené sur l'île du sud et après j'ai longé la côte jusqu'à Fjordland pour commencer à traverser Fjordland
Loïcok c'était quoi les arguments de ceux-là qui te décourageaient c'était principalement la météo l'isolement est-ce que c'était des peurs qu'ils avaient même, t'as souvenir un peu de ce qui revenait
Martinfréquemment
Unknown?
MartinAlors parce que je leur parlais du coup du lac Oroko et donc le lac Oroko il est connu pour être du coup le il est isolé, c'est le plus profond le plus profond et le Je ne sais pas si c'est le plus venteux, mais en tout cas, ce sont des falaises de végétalisés qui plongent à pic dans l'eau. Donc, en fait, le lac peut être tout calme et d'un coup, créer des grosses vagues parce qu'il y a un vent qui arrive des sommets. Et Et du coup, dès lors qu'on se jette en packraft dedans, il n'y a plus de possibilité de s'arrêter. Il faut avancer, avancer, avancer. Et puis, il est très grand. Du nord au sud, il fait entre 35 et 40 kilomètres. Donc, C'était tout ça qui leur faisait dire que ce n'était pas quelque chose de très judicieux à faire jusqu'au moment où la personne qui m'a pris sur son bateau de pêche m'a donné quelques indications. Elle m'a dit « Si tu pars très tôt le matin, vers 5-6 heures, il y a plus de chances que le lac soit calme avant 10 heures du matin. » Donc, il faut vraiment partir à ces moments-là. Et du coup, il m'a donné quelques indications comme ça qui m'ont un petit peu servi. Et puis, aussi, Oroko en maori veut dire le cri du vent.
Loïcah
Martinoui d'accord ça veut dire qu'il y avait quelques quelques indices qui allaient dire que ça allait pas être évident ouais
Loïceffectivement effectivement le packraft j'en ai jamais utilisé moi je vois à quoi ça ressemble c'est c'est lourd
Martinc'est alors le packraft en lui-même faisait 2 kilos et la pagaie elle faisait quasiment 700 grammes donc c'est
Loïcpas lourd d'accord ah oui non effectivement je pensais que ça aurait été plus
Martinbon les pagaies je peux les démonter et le packraft en lui-même on va dire que c'est une grosse tente deux places une grosse tente trois places peut-être en fait ça c'était un gros défi c'est parce que du coup pour Fiordland il fallait partir pour deux semaines d'autonomie et du coup j'avais le packraft j'avais une tente j'avais mon appareil photo j'avais deux semaines de nourriture plus ou moins donc ça il fallait se le trimballer. Ça pesait combien, tu penses
Unknown?
MartinJe n'ai pas pu peser, mais... En faisant les calculs théoriques, j'étais à 27 kilos. Ah oui, quand même. Enfin, au premier jour. Après, on mange. Ça descend un petit peu. Et l'avantage de la Nouvelle-Zélande, c'est qu'il y a de l'eau tous les 100 mètres. Donc, il n'y a pas besoin de trimballer d'eau. Un kilo d'eau suffit. De toute façon, on trouve de l'eau de partout. Donc, je n'avais pas besoin de trimballer moins. Et
Loïcla nourriture,
Autonomie Et Nourriture Minimaliste
Loïctu avais quoi
Unknown?
LoïcDu
Martinlyophilisé
Unknown?
MartinNon, non, non. Moi, je n'ai jamais utilisé de lyophilisé puisqu'en fait... sur un voyage aussi long déjà c'est trop cher et moi je fonctionne toujours avec des soupes ou des bouillons plutôt des petits bouillons de cube avec de la semoule et des flocons d'avoine du lait en poudre, du café du sucre pur des choses extrêmement basiques que je peux retrouver partout, très compactes et très nourrissants.
LoïcPas de
Martinprotéines, du coup
Unknown?
MartinJ'avais des cacahuètes, les trucs qu'on mange à l'apéro. Après, en protéines, le lait en poudre. J'imagine que le lait en poudre, c'est protéiné. Voilà.
Loïcdonc pas de viande séchée par
Martinexemple
Unknown?
Martinnon je pense que ça se mange trop rapidement si on me donne de la viande séchée après un des trucs qui était important ça j'en ai pas parlé c'est que avant de prendre le bateau je savais que j'allais traverser la Nouvelle-Zélande de cette manière là et du coup j'avais fait une grosse préparation physique là où je travaillais il y avait une salle de sport et puis aussi j'allais courir Et du coup, j'étais... préparé pour voilà pour trimballer en sac lourd ne pas avoir de risque de tendinite parce que ça je savais que ça peut stopper en projet quoi si on a une tendinite c'est un peu fini donc j'ai fait une grosse préparation physique pour pas me retrouver en difficulté et puis savoir un petit peu de quoi je pouvais être capable c'était un peu comme un filet de sécurité d'être prêt physiquement pour ce genre de trucs C'était une façon de me rassurer aussi.
LoïcOk. Vraiment incroyable, Martin. Franchement, hallucinant ce que tu as fait. Sur ta traversée, du coup, est-ce que tu t'es retrouvé quand même parfois sur la trace du Te Araroa Trail où tu as vraiment été hors des sentiers battus du début à la
Martinfin
Unknown?
MartinAlors oui, sur certaines sections, j'ai été sur le Te Araroa Trail. Je pense notamment sur le plateau des Nelson Lake, donc dans le nord de l'île du Sud. En fait, sur moi, l'idée, c'était de couvrir un maximum d'écosystèmes et de régions différentes et d'aller aussi dans les endroits les plus sauvages de chaque pays, puisque des endroits sauvages, il n'y en a plus énormément dans le monde. Et du coup, pour avoir une vision globale, plus ou moins exhaustif du pays que j'avais traversé, il fallait forcément que je passe par ces endroits les plus sauvages, parce que les endroits les moins sauvages, dans tous les cas, j'allais y avoir accès. Donc, c'est pour ça que j'ai décidé de passer par Fiordland. Après, j'ai décidé de passer sur la côte ouest de la Nouvelle-Zélande pour avoir accès encore à des milieux et des paysages très différents du reste de l'île, avec du coup les Alpes néo-zélandaises qui plongent quasiment directement dans la mer de Tasman
Unknown?
MartinEt du coup, je l'ai construit un petit peu comme ça, en fonction, on va dire, en fonction, on va dire, avoir un itinéraire le plus esthétique possible, c'est-à-dire en passant par des endroits, on va dire, les plus drôles, quoi. On se dira, tiens, pourquoi passer par là, en fait
Unknown?
MartinEt en fonction aussi des écosystèmes, de l'aire de répartition de certaines espèces que je voulais trouver, et puis aussi en fonction de mes capacités physiques et de mes compétences je suis pas du tout alpiniste donc du coup j'ai pas décidé de passer par les cimes des Alpes parce que ça c'est quelque chose que je ne sais pas faire donc voilà et puis comme il y avait le packraft il fallait un peu le rentabiliser du coup je me suis dit bon je vais essayer de traverser un maximum de lacs avec le packraft donc c'est un itinéraire qui s'est construit un peu un petit peu au jour le jour j'avais une idée une idée globale mais Mais après, ça s'est fait petit à
Loïcpetit.
Rencontres Animalières Qui Restent À Vie
LoïcÇa a été quoi la plus belle rencontre que tu as fait avec la faune néo-zélandaise
Unknown?
LoïcEst-ce qu'il y en a une en particulier qui t'a marqué
Unknown?
MartinJe pense que c'est le sphénodon ponctué. Tatouara, c'est un... sur mon Instagram c'est une des premières photos on dirait que c'est un lézard mais ce n'est pas du tout un lézard c'est un animal On dirait vraiment un iguana, mais ce n'est pas du tout un lézard. C'est un animal qui a disparu il y a 66 millions d'années. Ah oui, d'accord. Mais qui n'a pas disparu de Nouvelle-Zélande. La Nouvelle-Zélande est perdue au milieu du Pacifique. Et en fait, il a survécu. Et c'est un animal de l'ordre des rhinocéphales. C'est-à-dire que dans les reptiles, il y a les squamates qui rassemblent les lézards et les serpents. Après, c'est un petit peu compliqué. Il y a les tortues, il y a les crocodiles. Entre tout ça, entre les crocodiles et le reste des reptiles, il y a les oiseaux. C'est un petit peu bizarre. Et puis, il y a les rhinocéphales qui sont représentés par cette espèce qui est le sphénodon ponctué et qui n'a rien à voir avec un lézard. Pourtant, ils ressemblent comme deux bouts d'eau à un lézard. Donc ça, je pense que c'est la plus belle rencontre. Après, il y en a eu d'autres. Il y a eu les kiwis, qui sont des petits oiseaux inaptes au vol. Il y a cinq espèces de kiwis en Nouvelle-Zélande. J'en ai vu trois.
LoïcD'accord. Je ne savais pas du tout qu'il y avait plusieurs
Martinespèces de kiwis. Oui, il y en a cinq en tout. Après, il y a eu d'autres animaux que je n'ai pas pu voir. Après, il y a eu les chasses noires, bien sûr, aussi, qui a été... Il y a une vingtaine d'années, il restait plus que 30 individus dans le monde. Là, elle est toujours en danger critique d'extinction. Il me semble qu'il en reste 200, 200 ou 300 individus qui sont toutes rassemblées dans la vallée de Mackenzie, donc vers le Montcouc. Ça aussi, c'était une très belle rencontre. Il y a eu les Nestor, donc Nestor superbe, en perroquet, avec un plumage rouge. Le Nestor Kea, qui est en le seul perroquet montagnard au monde. En fait, en Nouvelle-Zélande, c'est tellement particulier que toutes les rencontres sont notables. C'est... C'est très particulier. Mais si je dois en retenir qu'un, je dirais quand même le sphénodon ponctué qui me faisait rêver depuis l'adolescence.
LoïcC'est quand même pas commun de tomber sur un dinosaure éteint vivant. Oui, c'est ça. Ultra intéressant. Ça
Décider Sans Émotion Et Prendre Confiance
Loïca été quoi, tu dirais, les grands apprentissages pour toi de cette traversée
Unknown?
LoïcParce que là, on passe finalement sur tout ce que tu as vécu assez rapidement, mais il y a très certainement eu plein de sites où tu as eu à gérer des difficultés, etc. Entre le moment où tu ne prenais pas le moment où tu arrives, ou plutôt même entre le Martin qui est sur l'île de Stewart Island et qui s'apprête à tomber sur Georges, et Martin qui boucle sa traversée intégrale de la Nouvelle-Zélande du Sud au Nord, c'est quoi la
Martindifférence
Unknown?
MartinIl y a eu différentes choses. Je dirais déjà que... J'ai appris qu'il ne fallait pas se battre contre les éléments. Du coup, en Nouvelle-Zélande, il y a eu beaucoup de tempêtes. La météo là-bas est assez compliquée. Et en fait, j'ai appris à m'adapter au fil des mois. Et ça, c'est quelque chose que j'ai gardé pour la suite. C'est-à-dire ne pas être contre le milieu dans lequel j'évolue, mais avec lui, en fait, faire partie du flot. Je ne sais pas comment l'expliquer de manière très pragmatique, mais c'est un peu suivre le flot de ce qui se passe autour de moi. Après, j'ai appris à ne pas prendre des décisions sur le coup de l'émotion, dans le sens où Des fois, on est fatigué, énervé et on veut faire des choses. Avant de prendre une décision qui peut être risquée, je réfléchis en me disant « Est-ce que j'ai faim
Unknown?
MartinEst-ce que je suis à bout de nerfs
Unknown?
MartinEst-ce que je suis triste
Unknown?
MartinEst-ce que tout va bien
Unknown?
Martin» J'ai appris que je pouvais être… que mes décisions pouvaient être impactées par... par mon état, en fait. Du coup, ça, c'est quelque chose que j'avais appris. Et aussi, une dernière chose, c'est qu'en fait, tout était possible. J'avais fini la Nouvelle-Zélande, je me suis dit, OK, là, t'as réussi à traverser la mer de Tasman, t'as trouvé un voilier. Là, t'as fait 4000 bornes en Nouvelle-Zélande en passant par des endroits que t'aurais pas imaginés. Même l'île du Nord, je m'étais lancé le défi de faire sans téléphone sans tente et sans réchaud en construisant mes cabanes avec des fougères en faisant tout à la carte papier ah oui t'étais motivé là ouais et du coup à la fin je me suis dit ok t'es capable enfin tout est possible en fait je me suis dit ok il faut pas avoir peur simplement tout est possible et plus prends tout ce qu'il y a à prendre quoi j'avais encore plus c'était J'avais pris confiance. Ce dont je rêvais, j'avais la preuve que c'était possible. Donc, ça m'a donné
Loïcla confiance. J'imagine. Le détroit de Cook, entre l'île du Sud et l'île du Nord, tu l'as traversé comment, celui-ci
Unknown?
Détroit De Cook Entre Police Et Ferry
MartinPendant une semaine, j'ai essayé de trouver un voilier. Je passais en packraft dans les ports. Donc, à Picton et dans un autre port un peu plus au nord, je me suis fait arrêter par la police. Parce qu'en fait, il pensait que je voulais voler en voilier. Mais c'est la police néo-zélandaise. C'était trop cool parce que du coup, il m'arrête depuis la ligne qui brise les vagues. Donc, il est dans les enrochements, le policier, et puis il me demande mes papiers. Et du coup, moi, je suis allongé dans mon pack rafle, je suis dans mon papier et lui, manque de se casser la figure dans l'eau parce qu'il est sur le brise-lames dans les enrochements et du coup je lui explique mon projet je lui dis que je suis un peu flatté déjà d'être soupçonné de piraterie
Loïcparce que j'ai toujours rêvé d'être pirate
Martinon y revient, pirate je lui dis non non je veux pas voler de voilier je veux simplement trouver un voilier pour aller sur l'île du nord et en fait la conversation se finit il me dit bon bah je vais essayer de trouver un voilier pour toi aussi dans les prochains jours et donc très très sympa ce policier mais bon il m'a quand même demandé de sortir du port et tout parce que ça faisait peur aux gens et du coup au bout d'une semaine sans trouver de voilier j'ai pris le ferry parce que je me suis dit en fait je perdais trop de temps pour une traversée de quelques heures je me suis dit bon bah j'ai essayé je vais bon ça a pas marché je prends le ferry et puis et puis voilà d'accord
LoïcD'accord. Au final, cette traversée, elle t'a pris combien de temps
Unknown?
MartinJ'ai mis sept mois et demi. Waouh, quand même. Ouais, parce qu'il y a eu des... Il y a eu beaucoup de moments où, en fait, là, sur les lacs néo-zélandais, des fois où j'étais bloqué, je suis resté bloqué trois jours sur une plage parce que vent violent. Des fois, là, une semaine pour trouver un voilier qui n'est jamais venu, donc ça m'a pris du temps. Après, tous les passages off-track dans la forêt néo-zélandaise, c'est à coup de 4 km par jour max. Donc, ça a pris... Ça a pris du temps. 7 mois et demi, 4000 bornes, ce n'est pas un gros ratio. Je crois que ça va faire du 14-15 kilomètres par jour. D'accord.
LoïcEt curiosité tout à fait intéressée, tu es passé par des lieux de tournage du Sien des Anneaux ou pas
Martindu tout
Unknown?
MartinNon. Je crois savoir où c'est. Je crois que c'est à l'ouest de l'île du
LoïcNord. Il y a eu plusieurs lieux de tournage en réalité, mais parmi ceux qui ont été le plus utilisés, je crois qu'il y avait le lac Taupo, il y a au-dessus de Queenstown, donc il y a eu plusieurs endroits qui aujourd'hui sont d'ailleurs assez connus pour ça. Bref, Martin, tu parles de tout ça avec beaucoup de légèreté, beaucoup de modestie, d'humilité, mais tu as quand même eu des moments de galère, des moments où tu t'es fait peur de l'adversité, parce que dans tout ce que tu décris, c'est quand même assez monstrueux ce que tu as réalisé.
MartinPas douter dans le sens où... douter par rapport à quoi au fait que je
Loïctermine
Unknown?
LoïcOui, de manière générale. C'est quand même ultra ambitieux de faire une grosse partie off-track, en solo. Ce n'est pas commun.
MartinNon, je n'ai pas douté sur la faisabilité du projet dans le sens où si j'étais bloqué à un endroit, tout simplement, je pouvais faire demi-tour. Il y a eu deux reprises où j'ai été bloqué une fois par un glacier, une fois par une une falaise là le long de la mer simplement je prends un jour ou deux pour faire demi-tour et je trouve un autre passage donc je pouvais pas vraiment être bloqué après il y a eu plusieurs fois où je me suis vraiment fait peur mais sur la Jamais je ne me suis dit « Tiens, peut-être que j'abandonne. » Parce que je prenais beaucoup de plaisir à faire ce que je faisais. Ce quotidien en nature, ce n'était pas inconfortable. Ce n'était pas du tout inconfortable. Je n'ai pas eu de doute sur les fondements du projet.
LoïcD'accord. Et pour les quelques fois où tu t'es fait peur, c'était lié à quoi la météo
Unknown?
Loïcça
La Rakaia River Et La Leçon De Sécurité
Martinbon moment je suis désolé si tu entends ce passage mais une fois c'est pour ça que je te parlais des décisions sous le coup de l'émotion en fait une fois j'étais du coup j'étais off track depuis depuis trois jours j'étais assez fatigué j'ai J'arrivais perpendiculairement à la Rakaia River, une grosse rivière de l'île du Sud qui est bien connue. J'étais au niveau, là où elle prend sa source, au niveau du glacier, en bas du glacier. J'avais souvent entendu parler que les rivières... néo-zélandaises peuvent gonfler extrêmement rapidement et moi je voyais que le ciel était noir au niveau du glacier et c'était la fin de journée et j'étais fatigué et je me suis dit il faut vite vite vite que je traverse cette Rakaia cette Rakaia River pour passer de l'autre côté sinon je vais être bloqué en fait et je vais pas pouvoir aller rejoindre la côte ouest parce que dans un premier temps il fallait que je traverse cette rivière et ensuite que je traverse les Alpes et Et du coup... dans cette fin de journée où j'étais éreinté la rivière était torrentielle et je la remonte en me disant bon je vais essayer de trouver un endroit où je peux la traverser je trouve un endroit où le torrent se divise en deux bras et du coup assez restreint je suis dit allez je traverse et j'avais mon packraft dans le sac donc j'aurais pu sortir le packraft et avec la panique et la peur et le bruit, j'essaye de traverser la rivière à pied et je ne me rends pas vraiment compte de la puissance et du coup je commence à faire un pas, deux pas trois pas dans la rivière et là en fait je me fais faucher par le torrent donc ça dure quelques secondes où en fait je me retrouve dans une eau c'est de l'eau grise en fait c'est de la glace pendant quelques secondes je me retrouve sous l'eau je prends appui dans le fond parce qu'il n'y a pas énormément de fond je me suis fait faucher mais j'avais de l'eau à la taille donc je tombe, je prends appui et je me jette sur la rive d'en face qui est un petit îlot de galets entre les deux torrents Donc là, je suis en état de choc parce qu'il y a le bruit des torrents au milieu de moi. Je viens de tomber dans une eau à quelques degrés. Je suis imbibé d'eau et je suis tremblant et je ne sais même pas trop ce qui se passe. Je vois toujours ce ciel noir au niveau du glacier en me disant « Ah merde, je crois que la rivière va monter. » J'ai fait une erreur de base qui est sous-estimer la puissance d'une rivière néo-zélandaise. Je sais qu'il beaucoup de décès à cause de ces rivières. Là, ça a failli m'arriver à moi. Je n'arrivais pas à y croire. Et là, je trépigne sur cet îlot en me disant « Mais qu'est-ce que je fais
Unknown?
MartinEst-ce que je traverse le deuxième bras
Unknown?
Martin» Je me dis « Mais non, ce n'est pas possible, c'est trop risqué. Est-ce que je retraverse le même bras
Unknown?
Martin» Mais alors que je suis tombé au premier aller, c'est stupide de retraverser le même bras. Je me dis « Mais qu'est-ce que je fais
Unknown?
MartinEst-ce que je prends le temps de gonfler le packraft
Unknown?
MartinEst-ce que la rivière va monter
Unknown?
Martin» je me dis bon bah dans tous les cas si tu te rejettes dans ce torrent tu vas te faire emporter pour de vrai et du coup là j'avais les mains je sentais plus mes mains et en fait je tremblais mais en point où je sais pas le corps se met en mode survie et je tremblais puis il y avait du vent il y avait peut-être 50 km de vent et là je sors le packraft je me dis ok la solution la plus safe c'est de sortir le packraft de le gonfler et de ne pas regarder la rivière parce que je sais pas pourquoi j'avais cette part anneau de cette rivière qui gonfle et je regardais rien d'autre que mes mouvements pour gonfler le packraft et retraverser au final le même bras le même bras que j'avais traversé à pied et pour me mettre, pour bivouaquer pour dormir sur l'autre rive et attendre le lendemain pour pour retraverser la rivière quoi que là c'était vraiment en mode il faut juste que tu on s'en fout de traverser la rivière il faut juste que tu survives quoi il faut juste que tu il faut juste que tu te mettes à l'abri il faut juste que tu te réchauffes parce que c'est c'est une situation dans laquelle déjà j'aurais jamais dû me retrouver et euh Et là, c'était juste ne pas trop réfléchir, juste jouer sécurité.
LoïcImpressionnant. Tu étais en hypothermie à ce moment-là déjà,
Martintu penses, ou pas encore
Unknown?
MartinNon, je ne pense pas. C'était en début d'hypothermie, mais après, je me suis réchauffé suffisamment rapidement pour ne pas... Pour ne pas faire une vraie crise d'hypothermie. En fait, je pense que c'est le choc d'être tombé dans de l'eau, je ne sais pas, à faire quelques
Loïcdegrés. Oui, c'est sûr que ça a dû être violent. Et le lendemain, tu as pu traverser
Unknown?
MartinOui, voilà. Du coup, le lendemain matin, en fait, là, j'ai utilisé le packraft dès le début. Et en plus, la rivière n'était pas montée de la nuit. La rivière n'avait pas du tout monté. Donc, j'avais paniqué pour rien. C'était juste que j'étais fatigué, j'avais paranoïé. La rivière n'était pas montée. Et du coup, j'ai utilisé le packraft pour... pour traverser et puis tout s'est bien déroulé et puis
Loïcvoilà. Un bon rappel, une super anecdote qui nous rappelle une fois de plus que parfois il vaut mieux ralentir pour aller plus vite et que c'est ultra important surtout quand on est solo. Alors je ne sais pas s'il y a beaucoup de gens qui se mettent dans des setups équivalents aux tiens aussi extrêmes, mais l'importance de s'auto-scanner avant de prendre une décision. Waouh
Unknown!
LoïcBon, maintenant que la traversée de la Nouvelle-Zélande est derrière toi, qu'est-ce qu'il s'est passé
Unknown?
MartinTu as marqué un temps de pause
Trouver Un Bateau Vers Les Fidji
Martinavant d'enchaîner
Unknown?
MartinOui et non. Non dans le sens où dès le premier jour où j'arrive, je vais au port et je cherche un voilier. Donc là, je cherche un voilier dans les montagnes de l'île du Nord. J'ai rencontré un chasseur qui était aussi marin et qui m'a dit tu arrives à la saison idéale pour aller dans les îles du Pacifique, donc Fidji, Tonga. Et du coup, je me mets en tête d'un voilier pour aller au Fidji. Dès le premier jour où j'arrive. Et oui, je prends une pause un petit peu forcée parce qu'en fait, ça me prend du temps de trouver le voilier. Ce n'est pas comme Tasmanie, Nouvelle-Zélande où en cinq jours, j'avais trouvé mon voilier. Là, ça m'a pris... Ça m'a pris 15 jours, 3 semaines pour trouver le voilier. Plus après, comme c'était un voilier un peu merdique, avec un faux marin pour le coup, on est resté un mois au port à réparer le bateau. Et après, en gros, il y a eu un mois et demi entre le moment où je me suis arrêté de marcher et le moment où on a pris la mer. Donc... à la fois oui et à la fois non
Loïct'aurais pu sinon envoyer un petit message à Georges pour lui demander tu vois s'il faisait pas un
Martindétour Georges il était Georges il devait être en Amérique du Sud ou que sais-je et voilà ça aurait été pas mal il aurait fallu que Georges en fait me suive petit à petit ça aurait été royal le
Loïcbateau assistance ok donc la traversée vers Fidji ça se passe comment
Unknown?
Loïctu disais que t'étais avec un marin moins expérimenté vous mettez combien de temps comment est-ce que tu réussis cette fois-ci à trouver une solution
Martinalors on était 5 il y avait ouais en fait c'était en marin mais il avait jamais pris il avait jamais fait de haute mer quoi et il avait pas il avait jamais sorti son bateau du port non plus ah donc c'était un catamaran de 15 mètres et qui donc c'était en néo-zélandais sa femme chinoise avec leur fille Et après, en roumain, qui venait de Bali. qui nous a rejoints pour faire l'écart, mais lui non plus n'avait jamais navigué. Merveilleux. Et du coup, en fait, premier jour, on quitte le port, puis comme il fallait longer les côtes néo-zélandaises, le nord, on s'ancre au niveau du Nil, on se réveille le matin, on s'est échoué. Et comme on est en catamaran, on s'est juste posé sur la plage. Il n'y a pas eu de problème de quilles, comme sur en monocoque où on se serait cassé la figure. Là, on s'est juste posé sur la plage, mais du coup, on était échoué. Et ça a annoncé, en fait, la traversée. Premier jour, on s'échoue. Bon, un
Loïcpeu chiant. Oui, sachant que si on ouvre une carte, Nouvelle-Zélande-Fidji, j'ai l'impression que c'est au moins l'équivalent de Tasmanie-Nouvelle-Zélande,
Martinà peu près
Unknown?
MartinNon, c'est moins loin et on a mis 10 jours. On a mis 10 jours, ouais. Et c'est un peu moins loin. Ouais, c'est un peu moins loin. et puis aussi la mer est plus calme quand même j'ai tout de suite senti ça n'a rien à voir puis les vents sont bons et puis en plus il fait meilleur plus on va vers le nord plus la température se réchauffe c'est plus agréable alors que Tasmanie île du sud on est toujours sur un parallèle où il fait froid
Traverser Les Fidji Entre Villages Et Jungle
Martindonc voilà ok
LoïcUne fois que tu arrives à Fidji, tu l'expliquais un peu plus tôt, tu n'avais pas forcément de plan rigide, très arrêté. Mais oui, comment tu décides d'organiser la suite
Unknown?
LoïcSurtout maintenant que tu avais ce bagage néo-zélandais, on va dire, où tu avais déjà réalisé cette traversée, avec peut-être du coup une curiosité différente.
MartinAlors, du coup, on est arrivé à l'ouest et il fallait que je trouve, je me suis dit au ok, la saison cyclonique commence au mois de novembre, on est arrivé du coup début août, et je me suis dit, ok, courant octobre, il faut que tu reviennes dans ce port pour trouver un bateau, un nouveau bateau pour aller en direction de l'Australie. Donc, l'équation, c'était ça, c'était je suis ici, il faut que je revienne ici avant, enfin, courant octobre, et que j'aille faire le maximum d'îles. Au début, Vitilez-vous d'ouest en est. Après, Vanoualez-vous d'ouest en est, Tavenis, et puis quelques îlots aux alentours en fonction de ce que je découvre sur le moment, l'aire de répartition de certaines espèces. Les Fidji, ce n'est pas un grand pays comparé à la Nouvelle-Zélande, mais il faut faire une traversée plus ou moins
Loïcexhaustive du pays. Mais du coup, ton packraft, tu l'avais encore à ce moment-là
Unknown?
LoïcParce que pour la Nouvelle-Zélande, ça avait tout son sens. Mais au Fidji, où c'est principalement des îles, j'imagine que tu n'étais pas aventuré à faire des traversées intérieures au risque de te voir dériver, de finir je ne sais pas où dans le Pacifique.
MartinEn fait, du coup, ce que j'ai fait, c'est que j'ai posé toutes les affaires chaudes que j'avais pour la Nouvelle-Zélande et le packraft. Comme je savais que j'allais revenir dans ce port pour trouver un voilier, j'ai laissé dans un casier. Et en fait, en traversant les Fidji, c'est beaucoup de jungle. À l'ouest, je remontais des cours d'eau plutôt secs. Mais à un moment, sur Vanu Alevu, il y a eu une très grosse rivière. Et en fait, j'avais vu des Fidjiens qui avaient ce qu'ils appellent des bilibili. C'est des radeaux de bambou. qui sont utilisés par les paysans, en fait, pour trimballer leur récolte via les cours d'eau. Et donc, comme je n'avais pas mon packraft et qu'il y avait une grosse rivière devant moi, je me suis dit, pour finaliser mon intégration en tant que bon Fidjien, je bois le kava, je fume le souki, et maintenant, il me faut mon bilibili. Et du coup, j'ai entamé la fabrication d'un bilibili avec un gars d'un village, et j'ai pu descendre une rivière avec... Billy Billy pendant quelques jours et ça a fait office de packraft bien que ça ait été beaucoup plus lent je faisais du 1 km par heure c'était drôle je coulais un peu mais ça avançait j'étais très fier
Bilibili, Kava Et Chocs Culturels
Loïcpar rapport à la Nouvelle Zélande ça a été quoi les grosses différences sur cette deuxième phase de l'aventure
Martinau Fidji il y avait beaucoup plus cette humaine en fait puisque en Nouvelle-Zélande c'est le territoire il est réparti on va dire les zones pour les humains et les zones pour le sauvage donc on peut passer plusieurs semaines enfin plusieurs jours même plusieurs semaines sans croiser d'humains alors qu'au Fidji en fait la population est répartie sur toute l'île via des petits villages et du coup je pouvais croiser des villages de quasiment tous les jours. Et comme c'est petit, il n'y a pas une grosse distance. Du coup, les Fidjiens sont extrêmement accueillants. Ça fait partie de leur culture d'inviter les étrangers chez eux. Donc, en fait, je pouvais être chez eux. J'étais invité chez des familles tous les jours, tous les deux, tous les trois jours. En fait, au Fidji, ça a été très rare, mis à part dans les petites poches de jungle, de ne voir personne pendant plusieurs jours. Alors qu'en Nouvelle-Zélande, c'était un quotidien. Là-bas, ça, c'est la grosse différence. Et puis aussi la météo. La météo au Fidji, c'est très agréable tout le temps. Il fait un peu chaud, mais c'est tout à fait OK. Il n'y a pas de tempête. Il n'y a pas de pluie. Il n'y a pas de vent. Ça aussi, c'est une grosse différence.
LoïcAlors, je t'ai déjà posé la question un peu plus tôt, mais je suis toujours ultra curieux dans ce genre de situation, comment les gens y réagissaient quand tu leur expliquais, un, ce que tu avais déjà fait, et deux, ce que tu étais en train de faire
Unknown?
LoïcAu
MartinFidji, en fait, ils hallucinaient, ils pensaient que c'était très très loin, en fait, je leur disais d'où j'arrivais, ils pensaient que c'était très très loin, mais c'était à, je sais pas, des fois à 150 kilomètres, donc tu vois, ça nécessite quelques jours de marche, et en fait, pour eux, les distances étaient un petit peu ouais enfin des grandes distances et aussi il y avait ce truc de dans certains villages en fait ils pensent que il y a ils sont très croyants donc il y a le diable qui se cache ici et là ils disent mais attends tu n'as pas croisé le diable dans la rivière etc et moi j'aurais expliqué que non j'avais pas eu pas eu vent enfin pas vu de diable donc il y avait cette peur là de de la de ce qui pouvait se cacher en fait dans la forêt ou dans la rivière et puis mais c'était une bonne carte de visite en fait comme il me voyait arriver il voyait un occidental arriver avec son sac avec le j'ai souvent une tête de mec qui s'est perdu alors que je suis pas perdu et du coup il savait souvent il savait souvent m'aider et me dire mais d'où tu arrives qu'est-ce que tu fais et du coup bah ça c'est ça m'était... ça a toujours été un gros avantage de bénéficier de la gentillesse des gens on n'a jamais eu d'accueil hostile on ne t'a
Loïcjamais pris pour le
Martindiable
Unknown?
Martinj'ai eu peur à certains moments le tout premier village il y a eu un enfant d'enfant de 3 ans qui a disparu et le truc c'est que juste avant avant ils me demandaient si j'ai croisé le diable, je dis que j'ai pas croisé le diable, après il y a une dame qui arrive en pleurs, son enfant a disparu, et après l'ambiance était un peu bizarre, parce que surtout on buvait un peu de cava, et l'ambiance un peu bizarre, mais après le lendemain ils ont retrouvé l'enfant, et il était à 3 km du village, donc pour eux ça faisait aucun doute, c'était le diable, mais sur le moment je me suis dit, oula, mais j'espère qu'ils ne pensent pas que c'est moi le diable, vu que j'arrive de la rivière, ils ont pas l'habitude de voir du monde, mais bon, il n'y a pas eu de problème il y a eu au Fidji des actions comme ça où sur le moment il n'y a pas du tout la même culture il a fallu se remettre un petit peu comprendre un peu comment ça fonctionne pareil les premiers jours je remontais la rivière et d'un coup j'entends du bruit derrière moi je me retourne et là je vois trois gars en slip, avec des épieux immenses, des grandes lances, mais des lances de deux mètres, me courir, me sprinter dessus. Et là, je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe
Unknown?
MartinJe me suis dit, waouh, c'est une action de film, quoi. Et en fait, ils sont arrivés à mon niveau, et puis on a commencé à discuter, et très très sympa, et en fait, simplement, ils avaient vu mes traces de chaussures dans la rivière, et du coup, ils se sont dit, mais qui c'est
Unknown?
MartinQu'est-ce que c'est
Unknown?
MartinEnfin, qui c'est, quoi
Unknown?
MartinEt du coup, ils avaient juste couru pour me rejoindre et pour voir qui j'étais. Et en fait, c'était des chasseurs de poissons. C'était vraiment un tout petit cours d'eau. Et pourtant, avec leur lance, ils arrivaient à projeter leur lance super fort dans l'eau et à transpercer des poissons qui faisaient même pas 10 centimètres. C'était impressionnant à voir. Plein d'actions comme ça. Je me suis dit, waouh, c'est différent ici.
LoïcOui, j'imagine. Des trucs qui m'ont surpris. Je suppose que tu as dû l'être un paquet de fois. Justement, d'ailleurs, en parlant de surprise, j'ai l'impression que c'est un patchwork deal. Est-ce qu'il y a un endroit en particulier qui, toi, t'as vraiment marqué pour son côté sauvage
Unknown?
MartinLe plus sauvage
Unknown?
MartinÇa dépend un peu de... L'île qui était la plus merveilleuse pour la biodiversité, c'était l'île de Taveni, donc à l'extrême est des Fidji, donc à l'est de Vanu Alevu, où là, il n'y a pas d'espèces... exogènes, en fait, introduites, de mammifères exogènes introduits par l'homme. Et du coup, c'est là-bas où j'ai pu trouver le boa du Pacifique, qui est un super serpent. Donc, pour ça, c'était une île très sauvage, puisque conservée. Mais... comme elle est toute petite j'ai pas eu des sections de plusieurs jours dans la forêt ou donc des moments sauvages au Fidji peut-être à Vitilevou dans l'Est là il y a des Comme j'ai traversé d'ouest en est, mais dans le centre, quoi, en passant par les plateaux du centre et après du centre jusqu'à la côte est par les jungles. Là, il y a eu plusieurs jours en forêt qui étaient bien, bien, bien sauvages, quoi. Mais c'est des zones sauvages un peu à relativiser dans le sens où c'est pas des grosses îles non plus. Donc... Donc, on va dire que c'est des poches de sauvages qui restent.
LoïcCe qui doit être incroyable à découvrir, surtout pour quelqu'un avec ton background académique. Et d'ailleurs, en parlant de poches de sauvages, sur toute cette aventure globale de la Tasmanie jusqu'au Fidji, il y aurait pu y avoir des espèces dangereuses pour toi, si tu l'as rencontré
Unknown?
MartinNon, je ne pense pas. le marin qui m'a récupéré le gars qui à Stewart Island là où j'essayais de rejoindre l'île en packraft c'est une grosse zone à grands requins blancs et ça je l'ai appris après donc ça aurait potentiellement pu être dangereux mais bon je pense pas que j'entends souvent dire que les requins n'attaquent pas donc je considère pas que c'était quelque chose de dangereux après sur terre Non, il y a eu une plante vénéneuse qui s'appelle Urtica ferox. Ah oui, le
Loïcnom déjà, ça pose la base, Urtica
Martinferox. Et ça, elle m'a bien engourdi une jambe. Mais voilà, ce n'est pas dangereux. C'est anecdotique, il n'y a pas d'animaux en Nouvelle-Zélande, il n'y a pas d'animaux... dangereux au Fidji non plus pas de serpents non plus non non non il y a en Nouvelle-Zélande il n'y a pas de serpents au Fidji il y a des serpents marins mais les serpents marins ils sont venimeux mais ils sont absolument pas il n'y a aucune chance de se faire mordre on peut les attraper à la main ils ne mordent pas et après il y a le boa du Pacifique qui est un boa donc les boas ne sont pas venimeux J'ai pu en attraper un. Ils ne mordent même pas. C'est des animaux super sympas. Il n'y a pas d'animaux dangereux. Après, je n'étais pas en mer. J'imaginais qu'il y a tout un tas de méduses, tout un tas de trucs un petit peu plus dangereux en mer. Mais moi... Moi, je n'étais pas là-dedans. Au milieu terrestre, il n'y a rien de dangereux. Bon, tant
Loïcmieux. Une fois que tu arrives au bout des Fidji, ça t'a pris combien de temps
Unknown?
LoïcEt surtout, tu en es où vis-à-vis de toi-même
Unknown?
LoïcParce que la Nouvelle-Zélande qui avait pris énormément de temps déjà, tu as vécu cette expérience seule avec toi-même en gros. Les Fidji, c'était un peu la deuxième phase. Tu en ressors dans Quel est ton esprit
Catamaran Difficile Et Pression Avant Les Cyclones
Unknown?
MartinAlors, les Fidji, en fait, là, à la fin des Fidji, je me suis dit « Ok, là tu peux réussir ta traversée du continent en fait je me suis senti comme bloqué au milieu du Pacifique parce que les Fidji sont au milieu du Pacifique et je me suis dit ok si tu trouves un voilier et que t'arrives en Australie après tu auras entre guillemets plus qu'à traverser l'Australie à pied et t'auras réussi ton pari en fait et du coup c'était plus ça en mode là j'ai fini la première moitié de mon voyage et j'étais un petit peu comment dire un peu dos au mur parce que la saison cyclonique arrivait donc ce qui m'a je me suis dit j'ai pas eu trop le temps de faire le topo en fait je me suis dit ok maintenant c'est maintenant ou jamais que tu peux avoir l'occasion de réussir de réussir ce que tu avais projeté donc je me suis pas du tout posé ou quoi à ce moment là j'étais plus dans le un peu dos au mur un peu le couteau sous la gorge en me disant ok il faut vraiment que je il faut vraiment que je trouve un dernier enfin un bateau quoi puis j'avais pas mal de ce problème de problèmes à ce moment là puisque en fait j'ai eu déjà des problèmes avec l'ancien capitaine qui voulait pas me laisser débarquer qui m'avait fait croire que mon visa était lié à son bateau de base on devait aller au Vanuatu ensemble et quand j'ai vu comment c'était de passer la traversée avec Dorian donc le roumain qui était avec moi qui avait le même âge que moi et qui on s'était bien entendu on a voulu quitter le voilier et sans aller au Vanuatu parce que ce n'était pas possible s'il s'était passé à bord pendant la traversée. Tu ne nous
Loïcas pas tout
Martindit, du coup, sur ces péripéties. Oui, il y a eu plein de trucs. On a déchiré plusieurs voiles. On a eu des pannes de moteur, donc pas d'électricité, pas de radar, tout dans le noir pendant une nuit. On a fait hypercuter un bateau de pêche chinois. Il y a eu beaucoup de choses qui ne sont pas du tout OK en mer. Et du coup, il y a eu des moments où le bateau n'était pas contrôlable à 13-14 nœuds on a fait des pointes à 19 nœuds avec un catamaran de 15 mètres en surfant sur des vagues et là le bateau n'est pas contrôlé et n'est pas contrôlable par le capitaine donc forcément quand on arrive et qu'on est enfin arrivé à terre que le bateau est dans un état il est explosé le bateau il y a des voiles qui sont déchirées des voiles qu'on a dû découper qu'on a dû couper parce qu'elles étaient déchirées elles étaient prises dans le mât enfin il y a eu plein de problèmes comme ça et du coup nous on a voulu débarquer avec Dorian et là il nous a posé tout un tas de problèmes surtout à moi qui n'ai pas voulu céder à ses coups de pression j'ai juste fui le bateau en fait comme j'avais l'aval du consulat français j'avais je suis parti mais quand j'ai dû revenir en fait moi j'avais le lien le lien de sa position et il était toujours dans les parages, vers le port. Donc, j'avais ce problème-là. Il fallait que je fuie ce capitaine-là qui m'en voulait, qui voulait me poser des problèmes. Il avait demandé à la marina de m'interdire l'accès au
Loïcport. Ah oui, bien nocif.
MartinC'est ça. D'accord. C'était un gros... Ils étaient devenus un petit peu fous. Et puis, mon passeport était déchiré aussi. Quand je suis revenus donc en fait il fallait enfin mon passeport était dans un mauvais état ce qui pouvait pas me permettre d'arriver en Australie donc j'aurais pas pu prendre un avion il fallait à tout prix que j'arrive en voilier quoi et du coup j'étais je suis vraiment dit ouh là là j'ai tout un tas de problèmes et la saison cyclonique arrive et il faut vraiment trouver des solutions quoi et donc voilà j'ai J'étais dans cette optique-là. J'avais plein de problèmes. J'avais plein de problèmes et à la fois, j'étais très proche de revenir en Australie.
UnknownDonc, voilà.
Martinok
Loïcexcellent enfin excellent non pas à ce moment là mais t'as compris mais ok bah écoute vraiment Martin je te le disais un peu plus tôt je suis super impressionné par la manière la manière dont tu partages tout ça par ce que t'as réalisé aussi c'est vraiment encore une fois c'est un des grands plaisirs de ce podcast c'est de pouvoir découvrir des gens comme toi qui sont finalement par rapport à d'autres beaucoup moins visibles pas du tout sous le feu des projecteurs et qui, pour autant, réalisent des aventures incroyables. Alors, chacun son aventure à son niveau, mais toi, il se trouve qu'en l'occurrence, c'est une aventure vraiment d'envergure que tu as vécue où tu t'es mis clairement hors de ta zone de confort, pour prendre des termes un peu clichés, avec une grosse aventure en solitaire, beaucoup de hors-sentier, vraiment ultra
Martinimpressionnant. Après, il y a eu du sentier aussi. Je n'étais pas off-track tout le temps. C'était Il y a eu tout un tas de voies différentes qui ont été empruntées.
LoïcOui, mais au-delà de l'aspect hors-sentier, ce qui je trouve est très impressionnant, c'est que finalement, cette aventure, tu l'as construite pour toi. Ça a été ta manière de le faire. Tu aurais très bien pu « simplement » suivre le terroir et basta tu vois mais t'as décidé toi de te forger ta propre expérience et je trouve ça juste génial voilà et encore une fois très inspirant quelle que soit d'ailleurs l'intensité de l'aventure toi il se trouve que ça a été du long cours mais voilà un vrai appel à suivre ses propres rêves voilà Martin ce que je te propose on arrive au bout de ce premier épisode on a couvert énormément de choses de la Tasmanie jusqu'au Fidji le prochain épisode sera consacré du coup à cette traversée de l'Australie qui s'annonce aussi exceptionnelle voilà est-ce que toi il y a un dernier message un dernier point que tu voudrais souligner avant qu'on conclue
Clôture Et Annonce De La Traversée Australienne
Martinnon je crois qu'on a on a fait la première on va dire la première moitié du voyage donc voilà et quelle première
Loïcmoitié fabuleux bah écoute une fois de plus merci beaucoup Martin je vous donne rendez-vous à toutes et à tous pour le prochain épisode qui sera diffusé d'ici une semaine et puis d'ici là Martin porte-toi bien à plus salut