Les Frappés
Des récits inspirants qui vont te faire passer à l’action ! Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans ta vie 😈
Animé par Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau en judo, ex-Apple, coach, préparateur mental et entrepreneur.
Les Frappés
Pédaler de Annecy à Saïgon puis rentrer par le Transsibérien, avec Pierre Mornand
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Enfant, il s'endormait en imaginant une seule scène : fermer la porte de chez lui et filer vers l'Est, le plus loin possible.
Un jour, il a arrêté de rêver. Et il est parti.
Pierre Mornand a quitté Annecy à vélo pour rejoindre Saïgon. Sept mois de selle, du désert du Kazakhstan par 48 °C aux cols du Pamir à 4 600 mètres, en passant par la boue du Laos. Puis deux mois de retour par le train, d'abord en Mongolie puis à bord du Transsibérien, du lac Baïkal gelé jusqu'à Moscou.
Ce qui m'a le plus marqué en l'écoutant, ce ne sont pas les chiffres. Ce sont ses anecdotes sur les rencontres qu'il a pu faire en chemin : partout, même dans les endroits les plus rudes, on lui a offert de l'eau, à manger, un toit.
Sa conclusion tient en une phrase : l'Homme est globalement bon, et si tu as un rêve, ose le concrétiser.
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Les Problèmes Se Résolvent En Route
PierreTu te mets en route et en fait, tous les problèmes trouvent une solution, soit parce que tu les trouves toi-même, soit parce que les gens te les apportent. Et là, il faut être, encore une fois, prêt à accueillir l'aide des autres et être avenant aussi, je pense, dans ton attitude pour que les connexions se fassent. En fait, si quelque chose te fait vibrer, ose vivre ton rêve. Si quelque chose, vraiment, tu dois vivre quelque chose, il faut y aller.
Pourquoi Se Dépasser Change Tout
LoïcHello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée de nous-mêmes qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre les micros à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi ? Eh bien parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Eh bien, c'est parti. Bienvenue, Pierre, au micro des Frappés. Je suis super content de t'accueillir sur le podcast pour parler de plein de choses, d'aventures, de voyages au long cours, de vélos, mais aussi de causes importantes et un peu plus grandes que ce soit avec son voyage. Donc, Pierre, merci de m'avoir contacté et bienvenue au micro des Frappés.
PierreMerci, Loïc, en tout cas, de me donner la possibilité de parler de ce grand voyage qui m'a bien fait rêver, qui me fait encore rêver.
LoïcJ'imagine. Pierre, tu es où là aujourd'hui ? Tu fais quoi dans la vie ? Qui est
Le Vélo Comme Liberté Et Lien
PierrePierre en fait
Loïc?
PierreAlors là, je suis en face du lac d'Annecy. J'habite Annecy. C'est un bon spot de méditation aussi. J'habite Annecy et j'ai 46 ans. Je suis médecin pédiatre à l'hôpital d'Annecy. Je pratique pas mal de sport outdoor, mais sans être un grand… de l'extrême. Je fais pas mal de sport comme les gens du coin. La natation, du vélo, l'alpinisme, le ski de rando, le skating, il y a le choix sur les temps de repos. C'est juste compliqué de savoir ce qu'on va faire quand on a du temps. Il y a trop de choix. Et puis, concernant le vélo, j'ai commencé à voyager à vélo à peu près vraiment depuis une dizaine d'années, on va dire, avec des voyages entre amis. On a un petit groupe d'amis à partir tous les ans une semaine, surtout en France, parce que la France est quand même chouette, sur des voyages itinérants. Et puis, je me rappelais mes premiers voyages un peu plus roots, avec du matériel pas très adapté. On était partis en tandem avec des copains en Italie jusqu'à Rome, en partant de Livourne, pas de France, mais de Livourne à Rome, avec des vieux tandems qui n'étaient vraiment pas en bon état, des paniers en osier et un peu à la fleur au fusil donc ça c'était mon premier grand voyage qui m'a bien marqué qui est très chouette et puis voilà j'ai petit à petit pris goût à ce mode de
Loïcvoyage Ok et tu dirais que c'est quoi pour celles et ceux qui seraient intrigués par le voyage à vélo mais qui n'ont jamais encore eu l'occasion de le faire, c'est quoi toi les aspects de ce mode de voyage qui t'ont séduit ?
PierreJe trouve que le vélo c'est un bon compromis c'est Ce n'est pas trop lent comme peut être un séjour en mode randonnée. C'est assez rapide, mais pas trop non plus. comme ça peut être le cas avec la voiture ou je ne sais quoi la moto donc voilà c'est au niveau de la vitesse je trouve que c'est un bon compromis et puis pour moi dès que je monte sur un vélo j'ai vraiment cette sensation de liberté d'ailleurs le vélo avec lequel j'ai fait mon grand voyage dont on va parler vers le Vietnam je l'ai appelé Tudo je vais vous lui donner un prénom Tudo ça veut dire la liberté en vietnamien donc il s'appelle Tudo mon voyage bon mon vélo. Et vraiment, quand je monte sur notamment ce vélo et puis même mes premiers vélos de voyage, c'est la sensation de pouvoir aller n'importe où. Je trouve qu'avec le vélo, ce qui est extraordinaire aussi, c'est que ça crée du contact. C'est-à-dire que quand on arrive quelque part, même en France, avec des sacoches, notre barda n'est pas forcément bien rangé, des vêtements qui sèchent sur les sacoches à l'arrière, on s'arrête dans les villages et les gens viennent spontanément nous parler savoir d'où on vient, où on va. Ça intrigue un petit peu, même si maintenant, il y a énormément de monde qui pratique ce genre de voyage. Mais voilà, c'est ce que je vais dire aussi pour ce voyage, c'est que ça crée des contacts, des rencontres qui sont vraiment très riches.
LoïcComment l'idée est née, du coup, de partir de chez toi d'Annecy pour aller jusqu'à Saigon en
D’Un Rêve D’Enfant À Une Cause
Pierrevélo
Loïc?
PierreOui, ça paraît un peu fou comme ça. Encore maintenant, je me dis... Non, en fait, c'est parti. Alors, en fait, c'est un rêve que j'ai depuis que je suis enfant. Je l'ai à peu près chiffré à l'âge de 8 ans. En fait, je me souviens très bien, je m'endormais très régulièrement en imaginant. Donc, c'est entre un rêve et un… Oui, ce n'est pas complètement déconnecté comme un rêve qui, parfois, ne peut pas être réel. C'est-à-dire que j'imaginais partir de chez moi, fermer la porte, vraiment cette sensation de partir, de Montpellier, de fermer la porte de chez moi et de commencer un grand voyage vers l'Est, parce que c'est par là qu'on peut aller le plus loin en partant de chez soi. Et je n'avais pas défini initialement le Vietnam, mais j'imaginais ce voyage, alors initialement pas à vélo, j'avais imaginé en stop, en moto, en sidecar, en différents modes de déplacement. Quand j'étais petit, je regardais beaucoup les atlas, je rêvais de... en regardant les cartes du monde et d'imaginer un petit peu des voyages. Et donc, en fait, ce rêve d'enfant, il m'a animé pendant très longtemps. C'est vrai que j'ai vraiment cette idée de voyage qui revenait régulièrement. Et puis, elle est remontée à mon état conscient, on va dire, en 2023. Je me souviens à peu près avril-mai 2023 où j'ai commencé à écouter pas mal de récits d'aventures. J'ai lu des livres. Je me suis... inspiré de ces gens qui partaient en voyage, aventuriers ou pas aventuriers. Et puis, je me suis dit, pourquoi pas moi, finalement
Loïc?
PierreJe ne suis pas sportif, pas professionnel, mais je fais du vélo, je suis plutôt en forme physique. Donc, pourquoi pas tenter l'expérience
Loïc?
PierreEt donc, en fait, le voyage est venu comme ça. Après, à ce rêve d'enfant, j'ai associé d'autres... d'autres aspects à ce voyage en me disant c'est bien de faire quelque chose de réaliser ce rêve qui est très personnel mais j'aimerais avoir une ligne rouge en fait au cours de ce voyage pour que ça ait encore plus de sens donc c'est là qu'est venue l'idée petit à petit de défendre une cause au cours du voyage donc moi j'avais choisi de défendre la cause de l'accès à l'eau potable pour les enfants parce que mon métier de pédiatre du coup je me suis dit que ça reliait aussi un petit peu la cause que je défendais par mon travail la santé des enfants puis en pédiatrie je suis spécialisé en maladies infectieuses donc l'eau potable c'est le manque d'eau potable c'est des maladies infectieuses encore beaucoup de mortalité notamment chez les enfants donc je me suis dit que ça avait un sens pour moi et donc je suis rentré en lien avec une association qui s'appelle Christina Noble qui était fondée par une femme irlandaise assez incroyable qui a commencé à oeuvrer au Vietnam, à Saigon, maintenant au Vietnam, puis après en Mongolie. Je suis rentré en contact avec eux, et ce qui est assez drôle, c'est que quand j'ai pris contact avec eux en 2024, un jeune Parisien rentrait de voyage à vélo, il avait défendu aussi une cause avec eux, alors c'était pas l'accès à l'Opota, mais c'était d'autres projets, création d'écoles en Mongolie, et du coup, j'ai pu bénéficier aussi de son expérience de voyage, et de son retour avec cette association.
LoïcParce que c'est l'asso, du coup, qui vous a mis en relation ?
PierreOui, ils m'ont dit, tiens, c'est marrant, on a un jeune qui rentre de voyage en Mongolie, il est parti à vélo, ce serait sympa que vous rentriez en contact, donc j'ai pris contact avec lui, on ne s'est pas rencontrés, mais on a eu quelques échanges téléphoniques qui m'ont permis aussi de finir d'organiser mon voyage. Et l'autre projet, donc ça, c'était vraiment le projet principal au-delà de mon rêve de collecter des fonds pour cette association au cours de mon voyage par réseau donc famille, amis et puis après ça s'est un petit peu étendu et ça on en reparlera mais ça a bien pris ça a bien marché j'étais assez content et puis j'avais en écoutant des podcasts eu l'idée comme moi j'ai rêvé quand j'étais enfant de partager mon aventure avec des jeunes des collégiens et Et donc, l'idée m'est venue d'un podcast de jeunes d'Annecy qui étaient partis à vélo et qui avaient fait un partenariat avec une école et qui faisaient des échanges avec les enfants au cours du voyage. Et donc, ils parlaient un peu de la richesse de ces échanges, des rêves qu'ils ont pu faire naître chez ces jeunes. Et donc, je me suis dit, bah oui, tiens, c'est une bonne idée. Moi, je vois pas mal de jeunes en pédiatrie, de l'adolescent qui ont pas trop de projets d'avenir avec le... l'environnement actuel, tout le marasme dans lequel on baigne, on va dire, sans être négatif. Et du coup, j'avais envie un peu d'insuffler le goût de l'aventure, de faire découvrir le monde aussi, les différentes cultures à des jeunes collégiens. Donc, le projet est né avec une école d'Annecy, grâce à la femme d'un ami cycliste qui est directrice de l'école. Et on a échangé pendant tout le voyage, en vidéo conférence, avec des jeunes qui en avaient plein les yeux, c'était vraiment
Loïcexcellent donc là c'était clairement c'était du multi-cause t'as réussi à mener de front plusieurs sujets au delà de juste le voyage
Pierreouais alors j'avais un peu peur initialement parce qu'effectivement ces projets créaient des contraintes parce que ça veut dire qu'il faut s'astreindre aussi à échanger moi je suis pas un homme de réseau donc il a fallu créer un compte Instagram poster quelques photos vidéos, relancer la cagnotte pour la collecte en ligne, et puis des visios tous les mois avec l'école. Mais finalement, je me suis rendu compte que dans les moments, parce que dans le voyage, c'est beau, sur le papier, c'est un rêve, mais quand on rêve, on ne pense pas à tous les aléas qui peuvent arriver au cours des voyages, heureusement, sinon on ne partirait pas. Et il y a eu des moments durs, des moments de doute, et en fait, avoir ces fils rouges, ça m'a permis aussi de me... sans me mettre de contraintes, parce que je m'étais toujours laissé à liberté de me dire si jamais ça ne va pas, je rentre... Ce n'était pas un défi sportif. Mais ces filets rouges m'ont permis de me relancer et de me dire que je sais pourquoi je suis là. Même si c'est dur, déjà, je rêve depuis longtemps. Et puis, je l'ai fait en cause. Je suis en ligne avec des jeunes qui ont plein de questions et qui sont avides de découvrir aussi le monde. Donc, c'était chouette de faire ça. Génial.
Itinéraire Vivant Entre Visas Et Cargo
LoïcQuand tu as commencé à préparer ta trace... est-ce qu'il y avait est-ce que pour toi le plus kiff c'était vraiment c'était Annecy Saigon ou est-ce que tu avais des étapes intermédiaires des pays par lesquels tu voulais absolument passer des régions que tu voulais
Pierrevisiter oui j'avais des pays qui me faisaient bien rêver bon il y avait déjà Istanbul qui je trouve une étape clé qui me qui est une ville assez incroyable entre deux continents je me dis voilà c'est un peu un rite de passage entre le l'Europe et l'Asie. Bon, initialement, en fait, ma route, préparer une route avant de partir, finalement, pour ceux qui préparent un voyage, je veux dire, il ne faut pas y passer trop de temps parce qu'elle va changer tous les jours. Elle va changer parce qu'on va rencontrer d'autres voyageurs qui vont dire, ah bah non, on passe plutôt par là. Moi aussi, j'ai vu ça, c'est super. Donc, j'avais préparé un itinéraire qui a beaucoup changé. Notamment, je voulais aller en Iran, initialement. Mon trajet initial, c'était Iran, Turkmenistan, en Ouzbékistan et en fait quand t'arrives en Géorgie en fait là tu te rends compte tu commences à rentrer dans une zone du monde qui est assez complexe encore plus maintenant où il faut poser un peu le pour le contre et ça a été un peu un tir à l'aimant pour moi parce que l'Iran beaucoup de voyageurs m'en ont parlé comme un pays extrêmement beau des gens extrêmement accueillants très très généreux etc et j'avais vraiment envie de voir ce pays Et en fait, comme beaucoup de moments dans le voyage, j'ai laissé parler mon instinct. J'avais commencé à faire le visa en ligne, etc. Puis au dernier moment, je ne l'ai pas senti. Maintenant, je me suis réveillé. Je me suis dit non, je ne le sens pas. Puis il y a l'Iran. Mais en fait, après l'Iran, il y a le Turkménistan qu'il faut traverser, qui est un pays très fermé, un peu la Corée du Nord d'Asie centrale, où il faut payer quelques centaines de dollars pour mettre ton vélo dans une voiture et traverser le pays qui n'est pas très intéressant. Donc finalement, et l'autre rêve que... J'avais ce rêve de partir de chez moi et d'aller vers l'Est. Et j'avais d'autres rêves. J'avais, je ne sais pas pourquoi, un rêve de prendre un cargo sur une mer. Et du coup, il se trouve que sur mon chemin, il y avait la mer Caspienne. Ça tombe bien. Et avec des cargos très, très aléatoires. C'est-à-dire que tu ne sais pas quand il part, tu ne sais pas s'il y en a. Donc, c'est un peu la roulette russe. Il y a des gens qui attendaient une semaine, dix jours au port en Azerbaïdjan, qui n'ont aucun intérêt. mais je ne sais pas du coup je pense que ce côté un petit peu aléatoire aventure m'attirait aussi donc j'avais cette route là et l'autre route sinon c'est passer par la Russie avec un visa de transit pour rejoindre le Kazakhstan qui
Loïcétait possible là encore
Pierreoui c'est encore possible tu prends un visa de 5 jours et puis tu passes bon c'est pas super intéressant cette partie de Russie c'est du désert et je savais que j'allais faire au moins un mois de désert après Cataxton, Uzbekistan, c'est peut-être pas la peine d'en rajouter. Et donc, j'ai été plus attiré par l'Américaine, le cargo. C'était super. Et je pense que c'était, en fait, là aussi, parfois, je me dis que ce voyage était déjà organisé pour moi parce que je suis arrivé au port en Azerbaïdjan. Et je m'attendais à attendre au moins une semaine un bateau. Et je suis arrivé à minuit et on m'a dit, le bateau part à 3h du matin. Donc, j'ai dit, bon, il est pour moi. Excellent. Donc, le port, c'est à Bakou
Loïc?
PierreC'est à bas coût. Le petit point négatif, c'est que les frontières avec l'Azerbaïdjan sont fermées entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan. Tu ne peux passer de Géorgie à l'Azerbaïdjan que par avion. Petite déception, j'ai dû faire un saut en avion d'une heure, complètement ridicule. Petite entorse à mon voyage à vélo. C'était la seule, en tout cas en avion. Mais pour des questions de frontières j'ai dû faire ça et après l'EDI qui m'animait c'était faire la route du Pamir donc au Tadjikistan route entre vous voyez qui fait la frontière Tadjikistan Afghanistan et bon c'est une des plus hautes routes du monde avec des cols haute altitude le plus haut il a 4630 mètres et donc cette route me faisait rêver donc j'avais cet objectif là et puis l'objectif final c'était pas à Saigon en fait initialement ok c'était sur le papier Annecy Hanoï bon même pays mais je vais arriver à Hanoï et juste à Neuil c'est parce que j'étais allé chercher et à un moment dans ma carrière j'étais à des rapatriements sanitaires d'enfants malades à l'étranger et j'étais allé chercher un enfant franco-vietnamien à Neuil mais quand tu pars comme ça tu pars 24-48 heures donc j'étais resté sur place très peu de temps et j'avais été séduit par la ville et je m'étais toujours dit que je retournerais donc le voyage est venu à mon état conscient je me suis rappelé de ça je vais aller à Hanoi à vélo puis finalement pour des questions
Loïcde route on en reparlera peut-être plus tard mais je suis allé un peu plus au sud et donc je suis arrivé à Saigon qui est complètement au sud du Vietnam excellent on n'est pas encore entré dans les détails mais je suis déjà parti voyager rien que les noms la Pamir Highway je sais pas pourquoi j'ai pas souvenir d'avoir lu un récit en particulier tu vois d'un aventurier qui passe un livre entier à parler de la Pamir Highway. Par contre, j'ai eu beaucoup d'invités fascinés par cette route qui y sont allés. Je ne sais pas si c'est né de là, mais c'est un nom qui, moi, tout de suite, c'est complètement évocateur d'exotisme, d'aventure, de vraie aventure entre guillemets. L'aventure où tu as un peu à gérer des galères, l'aventure un peu rude et spartiate.
PierreOui, c'est une route qui est en train d'être asphaltée par les Chinois.
LoïcJ'allais te demander si c'était encore le cas ou si
Pierreça devient alors il y a la plus grosse partie est encore en mode terre sable quand tu dis galère il y a effectivement déjà le revêtement qui n'en est pas en fait mais tu sais ça fait avec le vent et les 4x4 parce qu'il y a quand même pas mal de voitures qui passent en fait c'était des espèces de petites vaguelettes bien dures de ce qu'on appelle la tôle ondulée qui est juste insupportable à vélo Donc, il y a quand même des grosses parties galères pour ça. Et puis, effectivement, c'est assez isolé. Il y a quand même des villages, quelques villes sur le chemin. Mais il faut prévoir un petit peu son eau, sa nourriture. Et pour l'anecdote, on rigolait. Là, à ce moment-là, j'étais avec d'autres voyageurs. C'était très sympa. En fait, je pensais initialement faire ce voyage sur la Pamir Highway, de Dushanbe jusqu'au Kyrgyzstan, seul, en me disant que ce sera mon moment un peu aventure etc. Il se trouve qu'en fait, les voyageurs qui font cette route se regroupent tous dans le même hôtel à touchant B, qui est le Green Hostel. Là, c'est assez drôle, une espèce de QG de voyageurs, notamment des gens à vélo. Et les départs sont un peu par vagues. Donc, tu vas te retrouver finalement assez rapidement à voyager avec les mêmes personnes, même si à vélo, on se réunit, on se sépare, etc. Et donc, finalement, j'ai pédalé sur cette route avec d'autres voyageurs et c'était pas mal au final parce que c'est quand même assez rude comme tu le dis physiquement moralement par moment et l'alimentation on rigolait parce qu'on s'arrêtait dans des épiceries qui étaient une espèce de cave à peine allumée dans les villages on sortait des gâteaux qui dataient de l'ex-URSS de 1980 je crois que les plus vieux c'était 1979 ah non mais vraiment sérieux
Loïc?
Pierrebon là ceux-là je les ai pas mangés parce qu'ils étaient gris au lieu d'être couleur chocolat mais Niveau nourriture, il faut avoir l'estomac solide. Par contre, c'est des paysages absolument incroyables, des sommets à 5000-7000 autour de toi. C'est complètement
Loïcdingue. Une fois que trace initiale Annecy Hanoï, tu disais, sur le papier, ça représentait quelle distance et est-ce que tu es arrivé déjà à peu près à estimer combien de temps il te faudrait pour ça ?
PierreAlors, la distance Annecy-Hanoï, je ne sais plus exactement. Peut-être que c'était dans les 15 000, 16 000, quelque chose comme ça. Et le temps, en fait, au niveau du timing, initialement, je m'étais dit que j'arriverais à ma destination finale à peu près pour les fêtes de fin d'année. Fin 2024. Fin 2024. tout à fait parce que j'ai des amis qui avaient émis le rêve le souhait de me dire tiens on se retrouvera à Hanoï pour passer Noël bon je trouve que ça s'est pas fait mais finalement heureusement parce que je suis pas arrivé à Hanoï et j'avais cette contrainte alors tu parlais aussi de peut-être de contraintes d'itinéraire etc j'avais en tête quand même de passer la Pamiragoua justement avec ses cols à 4600 mètres avant le début de l'hiver Et en fait, l'hiver, dans l'Indie centrale, peut commencer assez tôt, c'est-à-dire début septembre, commencer à avoir de la neige. Et d'ailleurs, j'avais cette contrainte en me disant, il ne faut pas que j'arrive trop tard sur la route du Pamir, parce que je n'avais pas non plus 40 000 tonnes d'affaires. Et d'ailleurs, pour l'anecdote, j'avais préparé un sac avec mes affaires chaudes, collants, bonnets, gants. Et en fait, j'ai perdu ce sac après, je pense, en Géorgie. J'ai perdu pas mal de trucs sur mon voyage. Et donc, je n'avais pas grand-chose. Et voilà, j'avais cette contrainte-là. Et il se trouve que quand j'ai fini la Pamir Highway en Kyrgyzstan, le dernier jour au Kyrgyzstan, en fait, effectivement, les températures ont chuté, mais drastiquement. On a eu une espèce de pluie-neige. Et le lendemain, moi, j'étais passé en Chine. J'ai des amis qui étaient encore au Kyrgyzstan qui m'ont envoyé des photos. C'était recouvert de neige. Donc, finalement, j'ai pas mal géré le timing. et donc voilà j'avais prévu d'arriver finalement je suis arrivé à Saigon fin novembre ce qui m'a permis ensuite la deuxième partie du voyage qui s'est faite en train bus pour revenir après je suis remonté tout le Vietnam et puis je suis passé en Chine Mongolie etc
Pamir Highway Et Déserts À 48 Degrés
Loïcoui parce que là on a parlé de vélo mais c'est un truc qui moi clairement me fascine aussi d'ailleurs j'ai relu les aventures de Michel Strogoff il n'y a pas très longtemps tu t'es fait un retour par le transsibérien incroyable déjà c'était parce qu'il me semble qu'il y a la ligne directe la ligne intégrale est extrêmement longue mais tu peux grimper en chemin et je crois qu'il passe à Irkout tu as moyen de faire des sections toi tu as fait quoi du
Pierrecoup
Loïc?
Pierrec'était un autre rêve dans le rêve je ne t'avais pas tout dit dans mes rêves, mais les autres rêves, sur le retour, c'était de voir le lac Baïkal en hiver. Je ne sais pas pourquoi, c'est des rêves d'enfant, mais ce lac, le plus grand lac du monde, qui fait 700 km de long, avec 1,6 km de profondeur par endroit, c'était quelque chose qui m'a fait complètement rêver, notamment par Sylvain Tesson, qui avait passé plusieurs mois dans une cabane en mode ermite avec ses ours et sa vodka dans les forêts de Sibérie. C'est un lac qui me faisait rêver, et prendre ce train à Transsibérien. Effectivement, le Transsibérien, si tu fais l'intégral, je crois que c'est 8 ou 9 jours de Vladivostok à l'extrême est jusqu'à Moscou. Mais en fait, les Transsibériens, on en a plusieurs par jour. C'est vraiment un moyen de déplacement pour les Russes mais aussi les Chinois qui traversent leur pays pour les ouvriers, pour les militaires. C'est cosmopolite dans ce train. Ce n'est pas un train touristique. Il l'est surtout avant la guerre il l'était l'été voilà des touristes qui viennent faire des parties transsibériens mais il est il est utilisé par les locaux et en fait tu montes dans le train un peu quand tu veux voilà t'en as plein donc tu peux monter descendre t'arrêter un jour deux jours repartir avec un autre train qui ont des standings différents pour bien regarder parce que il y en a qui sont assez assez rudimentaires et le mien était plutôt plutôt pas mal une petite salle de bain dans le wagon etc ah c'était la classe populaire mais qui était franchement suffisante et bon bah c'est extraordinaire moi je suis dépris de Irkousk à Moscou donc
Loïcaprès t'as fait ça doit être quoi les trois quarts de la ligne
Pierreen fait ouais c'est la moitié en fait c'est 4 jours 4 nuits ok ouais mais super expérience et même si les gens parfois se disent mais ça doit être un peu monotone bon moi comme c'était un Bref, je pense que j'ai vraiment kiffé ce moment. J'ai beaucoup aimé, je pense que j'ai appris à aimer les longs déplacements sur ce voyage, et donc à regarder les paysages, le Sibérie tout blanc, à parler avec les locaux, parce que les gens sont extrêmement sympas, contrairement aux trains chinois. J'ai eu pas mal de contacts dans le wagon, à manger des enjuvés, à boire le café le matin, ou voir du vieux cognac avec des militaires à la tête un peu bizarre. Ça, c'était un moment... En plus, je me suis dit que c'était le moyen. Des militaires qui, je pense, n'avaient pas vu que des trucs super dans leur vie, avaient mis des attaques au fusil et étaient à moitié bourrés à 9h du mat. On voit un peu de tout, mais des gens hyper sympas qui viennent d'Ouzbékistan, de tous les pays de l'ex-URSS. Le temps passe super vite et il y a quelque chose que j'ai beaucoup apprécié pendant ce voyage, c'était d'écrire. J'ai beaucoup écrit et ces moments de trajet, ça a m'a permis de faire mon journal de bord. Et je suis revenu avec sept carnets.
LoïcAh oui, tu as bien écrit. Oui. Avec un objectif de publication derrière ?
PierreÉcoute, je ne sais pas ce que j'en ferais. Alors, j'avais un journal de bord en ligne, ce qu'on appelle Artstep. Et puis, des carnets manuscrits. Effectivement, j'aimerais bien... Mon idée serait de faire une BD de voyage, par exemple. j'ai pas mal rêvé aussi étant jeune avec des récits de voyage en forme de BD qui associent des photos et du texte donc puis le moralisé c'est toucher les jeunes donc je me dis que ça pourrait être dans la continuité de mes projets mais bon je suis pas graphiste je suis pas dessinateur
Loïcdonc
Pierrebon mais ça
Loïcse trouve ça ça se trouve si t'as déjà le diamant brut après pour le tailler ça se trouve c'est ça ultra intéressant mais c'est c'est C'est intéressant ce que tu partageais sur le fait que finalement, c'est vraiment un outil de transport plus qu'une attraction touristique. Ça m'a rappelé en fait un épisode de podcast. Alors, tu disais que tu as écouté beaucoup de podcasts. Je ne sais pas si celui-là te parlera. Et je cherche là depuis tout à l'heure, mais je n'arrive pas à le retrouver. Un épisode de podcast français d'une jeune femme qui était partie avec sa grand-mère. Ah oui, je l'ai écouté. Ça te parle ? Exact. Désolé pour le podcast. Je ne sais plus qui... Où est-ce que j'ai entendu ça ? Mais c'était génial.
PierreJe l'ai écouté il n'y a pas très longtemps, figure-toi. Et c'est vrai
Loïcqu'elle partageait ça. Elle voyait des scènes de vie. C'est vraiment un train pour les Russes plus qu'une attraction pour les touristes.
PierreComplètement. Après, c'était un peu spécial. C'était la période de guerre. Autant dire qu'il n'y avait pas de touristes. Mais sous les réseaux de voyageurs, je ne suis pas le seul à prendre le transsibérien. En fait, ils roulent. En Russie, à part le passage de la frontière qui était un peu chaud un peu sportif j'ai eu un interrogatoire musclé pendant deux bonnes heures avec des militaires russes blafards pas très sympas qui m'ont bien intimidé l'accueil en Russie il était incroyable j'ai vraiment rencontré des locaux qui étaient très heureux de revoir des Européens qui n'avaient pas vu depuis longtemps ils aiment beaucoup la France et du coup même certains parlaient français et sur le lac Baïkal j'ai été accueilli par un couple Sergeï et Anastasia qui m'ont fait vivre encore un rêve pendant trois jours sur ce lac ils parlaient français j'étais hyper heureux on a bu du bain rouge ensemble on a mangé du fromage j'étais à moitié en France à moitié en Russie et donc la Russie j'ai pas senti du tout cette insécurité cette surveillance que j'ai pu sentir en Chine c'était vraiment présent partout
Loïcet en Chine parce que t'es passé par où en
PierreChine
Loïc?
Pierredu coup je suis arrivé en Chine par le Kyrgyzstan donc au nord du nord ou est par la zone des
LoïcOuïghours. Oui, c'est ça que j'allais te demander. J'imagine que là, la surveillance, ça
Pierredevait être intense. Partout, en fait. Il n'y avait pas que là. Alors là, effectivement, c'était un peu n'importe quoi. Déjà, ce qui était drôle, c'est que j'arrive du Kyrgyzstan, donc j'avais traversé quand même pas mal de pays, on va dire sous-développés, un peu sous-développés. Et tu dis, tu arrives en Chine, la première puissance du monde, ou la première Exoco, j'en sais rien, maintenant ils en sont, tout est super moderne, on arrive à la frontière chinoise, tout était en panne côté chinois, plus d'électronique, donc on a dû attendre trois heures à la frontière que les Chinois relancent leur système électronique pour qu'on passe, et ensuite on te met dans un bus, parce qu'il ne faut pas que tu vois ce qui se passe dans des camps un peu bizarres, donc tu peux à ta parade rouler pendant trois kilomètres, alors que tu as roulé avant, très bizarre, et puis la Chine en général, moi je suis arrivé par le nord au ouest et ensuite comme j'avais un visa que d'un mois pour la Chine sachant que j'avais quand même 7000 km à faire pour rejoindre le Laos complètement au sud je pouvais pas pédaler 7000 km en un mois donc j'ai pris un train de Kashgar la capitale du Xinjiang jusque dans le Sichuan vers Pandiwa Kunming et ensuite j'ai repris le vélo mais bon on parlait de la surveillance chinoise c'est déjà dans le train c'est des wagons comme le Transsibérien t'as des couchettes ouvertes sur le couloir et la police passe régulièrement te prendre en photo pendant que tu dors ou pendant que tu manges demander ton passeport ça c'était que pour moi c'était le seul étranger vérifier tes papiers x fois ça durait 3 jours 3 nuits et après dans les hôtels parce que j'avais pas trop le droit de camper en jeunesse c'est un peu compliqué t'as des caméras vraiment partout sur la route il y a des caméras vraiment tous les 100 mètres donc j'allais dans les hôtels et une fois à l'hôtel j'ai vu arriver 3 flics à 21h dans ma chambre pour savoir ce que je faisais là où j'allais, qui j'étais éplucher mon téléphone enfin voilà c'est vraiment c'est spécial quoi un peu d'ailleurs quand même de voyageurs que j'ai croisés qui soit n'allaient pas en Chine soit rebroussaient chemin parce qu'ils trouvaient ça un peu
Loïclourd quoi ouais je comprends ouais ok et du coup au retour quand t'as voulu rejoindre Irkoutsk pour le transsibérien t'as repris un train du Vietnam jusqu'à la Mongolie
Pierrealors ouais du coup j'ai je suis reparti d'Hanoï après les je suis resté pas mal de temps au Vietnam un mois et demi pour bien visiter du sud au nord les montagnes j'ai fait un peu de moto parce que je vais faire un petit peu de moto dans les montagnes vietnamiennes c'est sympa puis après j'ai pris un bon ça a été en plusieurs plusieurs morceaux mais je suis monté à Pékin en bus puis train donc bon j'avais pas trop aimé la Chine mais je suis quand même retourné en me disant j'ai une mauvaise une mauvaise des mauvaises impressions la première fois mais je vais je vais quand même voir si côté Pékin grande ville c'est pas différent effectivement déjà Pékin c'était plus sympa c'est une ville internationale où les les Chinois sont un peu plus ouverts mais pareil il y a de la surveillance partout euh mais bon j'ai pu aller sur la muraille de Chine et tout c'était super et ensuite deux trains pour rejoindre la Mongolie même trois et là j'étais en Mongolie dans un train mais je pense que c'est le plus beau train que j'ai eu sur tout le voyage c'était un train tout en bois à l'intérieur avec des samovars tu sais c'est des réservoirs d'eau chaude pour que les gens puissent se faire du thé des nouilles etc donc dans les wagons t'as ça là c'est un samovar qui s'est chauffé au feu de bois donc il y a de l'odeur dans ce train, ça craquait partout. Je pense qu'il était 35 degrés, super chaud. Et en été, on a traversé toute la Mongolie en plein hiver. Il faisait moins 35 dehors et 35 à l'intérieur. C'était vraiment incroyable. Donc, t'es en t-shirt, short, et dehors, il fait moins 35. Enfin, c'était complètement lunaire. Et donc, après, à Ulaanbaatar, j'ai pris un bus pour rejoindre la Russie jusqu'à Ulaanbaatar, qui est une ville au bord du Daïbaïkal. Là, j'ai repris un morceau de transit je n'ai rien
Russie Chine Frontières Et Surveillance
Pierrepour la Yerkouz. Ah oui, d'accord.
LoïcDécousu. Oui, décousu. Et le passage de la frontière, tu disais, un peu musclé, c'est un peu le seul moment du voyage où tu as eu une expérience comme ça, humaine, pas fabuleuse ?
PierreOui, il y en a eu deux, mais là, entre voyageurs, on échange pas mal d'informations. C'est vrai que c'est chouette, les réseaux, c'est chouette. En même temps, il y a beaucoup de messages filtrés, mais on m'avait dit, attention, quand vous arrivez en Russie, du coup du fait du conflit avec l'Ukraine ils sont un peu dissuasifs envers les Européens donc des questions qui peuvent être très politiques que pensez-vous de la guerre est-ce que la Crimée est russe et puis ils screenent toutes tes photos ton Facebook ton Instagram pour voir s'il n'y a pas si tu n'intéresses pas à des sujets qui ne leur plaisent pas donc moi en Mongolie j'avais pris le temps de bien nettoyer mon téléphone parce que je le savais et effectivement je suis arrivé à la frontière tout le monde est passé très vite les russes les mongols ils sont passés comme ça puis le roi on m'a fait signe Coco viens dans un bureau et puis là ça a duré deux heures avec quatre quatre militaires une traductrice qui me parlait en anglais et un gars qui a épluché mon téléphone mais à une vitesse incroyable je pense qu'ils ils sont vraiment ils sont vraiment bien bien affûtés pour ça et puis à me poser des questions sur mon travail Alors moi, j'ai un passé un peu dans l'armée en plus, donc j'ai un peu peur. Ah bon
Loïc?
PierreAh ouais
Loïc?
PierreOuais, j'étais médecin militaire dans une autre vie. Et il se trouve que j'ai, avant de partir dans ce voyage, j'ai fait une mission sur un bateau militaire français vers Gaza pour aller soigner des Gazaouis après l'attaque, enfin, le début de la guerre avec l'Israël. Et donc, c'était assez récent. Il y a eu pas mal... Enfin, il y a des articles dans les médias, etc. Et donc, le gars, il me pose des questions et il me dit... Et puis là, il tombe sur un profil d'un ami sur Facebook qui avait laissé le drapeau ukrainien, tu sais, sur son profil en mode « Je défends l'Ukraine ». Donc là, il est devenu dingue et il me dit « Ouais, c'est qui
Loïc?
PierreC'est qui, machin
Loïc?
PierreEt toi, t'as un lien avec l'armée
Loïc?
PierreT'as fait l'armée
Loïc?
Pierre» Je lui dis « Bah non, non, jamais. » Donc j'ai allègrement menti. Et puis là, ils sont partis tous les quatre. J'ai dit « Bon, s'ils vont chercher sur Internet, je suis mal. » Et en fait, ils sont revenus au bout d'une heure. Donc tout ça, ça dure longtemps et puis c'est pesant et ils me font sortir des locaux un pas militaire et là ils me tapent dans le dos ils se retournent vers moi avec un grand sourire tout va bien bienvenue chez nous bon voyage en Russie c'est trop bizarre ce changement de comportement après on m'a expliqué qu'en fait ils avaient aussi des consignes de dissuasion probablement des caméras où on regarde un peu ce qu'ils font mais en fait en dehors des locaux où il n'était plus sous les caméras bon je ne sais pas si c'est ça mais en tout cas, il a changé de comportement et il était hyper gentil. Moi, ça n'a pas été un super moment. J'imagine. Le bus m'attendait. J'avais peur que le bus reparte sans moi. Là, les Russes, hyper gentils, ils sont venus m'offrir à manger. C'était compliqué. On descendait du bus pour m'acheter à manger.
LoïcC'était touchant. Ok.
PierrePunaise. Il y a eu une autre frontière, ça peut durer longtemps, mais entre Kazakhstan et Uzbekistan, où je pense qu'ils voulaient un petit bac chiche, puisque le douanier, le militaire, a décrété que mon passeport était faux. On se retrouvait manu militari dans un bureau avec des militaires armés. Je ne comprenais rien à rien. J'ai dit, lâchez prise, j'attends que ça passe. Sauf que j'avais laissé mon vélo, pas attaché dehors avec mon portable on verra dans le voyage il y a des trucs que tu ne contrôles pas et puis je suis reparti sans rien sans rien payer avec des
Loïcsourires et voilà c'est intéressant ce que tu dis sur cette capacité à lâcher prise ça c'est quelque chose que tu avais déjà avant ou que tu as développé dans le voyage
Pierreje pense que je ne l'avais pas trop avant plutôt en mode contrôle on va dire prévoyant effectivement et ouais non le voyage m'a clairement appris plein de choses et à vivre l'instant tel qu'il est à profiter de l'instant et puis tu veux pas savoir ce qui va se passer même dans l'heure qui suit bon tu vas me dire mon quotidien ça peut être le cas mais on a quand même tous une routine qui se crée dans nos métiers quels qu'ils soient même si le mien c'est pas trop la routine ça change tout le temps mais voilà on a la vie quotidienne qui nous prend là tu te lèves tu te dis bon bah en fait je ne sais pas ce qui va se passer et qui je vais rencontrer quelle galère je vais avoir peut-être que ma route va changer donc oui j'ai clairement appris ça je me suis laissé porter par mon instinct par les rencontres qui m'ont nourri clairement tout le temps enfin voilà globalement moi j'ai eu de la chance que j'ai pas eu d'insécurité à part ces moments frontières mais j'ai jamais été agressé j'ai jamais ressenti le danger de la part de l'homme en dehors des autos mobilistes qui, je pense, ne connaissent pas les cyclistes dans la plupart des pays. Donc ça, c'était des frayeurs, mais je n'ai jamais été agressé, je n'ai jamais fait un... Voilà. Donc ça, c'était vraiment ce que je voulais aussi voir de mes yeux et partager avec les jeunes avec qui j'étais en lien, c'était que on a de plus en plus peur de l'autre, on craint d'aller vers l'autre, pour généraliser, ce n'est pas le cas de tout le monde, mais je trouve qu'on a cette tendance à se refermer un peu sur soi. Et en fait, déjà que il y a une attitude qui fait que la personne va se mettre en contact avec toi. J'ai découvert ça, c'est-à-dire que si tu n'es pas souriant, fermé, la tête baissée, les gens ne vont pas forcément venir te voir. Et si tu relèves la tête, tu souris, tu fais un petit geste de la main, là, en général, les contacts, ils se font. Et combien de fois on est venu m'apporter de l'eau fraîche dans le désert, me donner de la nourriture, me déposer une pastèque sur mon vélo en Ouzbékistan
Loïc?
Pierreje ne voulais pas la prendre mais il y avait des gens hyper généreux en Turquie c'était incroyable donc pour venir au lâcher prise je pense que un voyage comme ça c'est clairement initiatique et tu découvres les bienfaits de ce lâcher prise
Loïcça ne doit pas être évident du coup le retour entre guillemets à notre réalité notre routine après 7 mois au final
Pierrealors 7 mois de vélo et deux mois de retour, donc neuf mois. Oui, c'est vrai que ça peut poser des questions. Après, je me remercie d'être rentré en train, justement, enfin, train-bus, pour avoir ce retour progressif à la vie normale, entre guillemets. Le
Loïcsas, vous avez compris.
PierreOui, exactement. Il y a des moments où, voilà, je disais, des moments où j'étais un peu découragé, fatigué, notamment au Vietnam, où tu as la période de fête de fin d'année, tu dis, bon, pourquoi je suis là seul loin de la famille il y avait de la neige du soleil à Annecy les gens voyaient des photos de ski de rando j'étais là qu'est-ce que je fais là à manger des nems et en plus j'étais malade comme un chien et à un moment je me suis dit tu sais il y a des flashs en fait je peux prendre un avion et demain en 7h je suis à Genève et en fait clairement rapidement je me suis dit mais non fais pas ça tu vas tu vas tu vas tu vas péter un cap quoi et tout ça pour dire que le retour progressif en train bon déjà j'ai vécu des super rêves dans ce voyage en train et puis j'ai eu le temps de me dire bon ok là dans tant de semaines je suis en France ok va falloir reprendre le boulot boulot que j'aime beaucoup mais voilà il faut quand même s'y remettre et du coup ça s'est fait vraiment assez naturellement bon je te dis pas que ça a été simple mais j'imagine il y a eu 2-3 mois tu vois au fait tu reprends ta vie et là tu te dis bon OK, c'est quoi la suite
Loïc?
PierreComment concilier
Loïc?
PierreC'est un peu ma question actuellement. Comment arriver à concilier ce goût de l'aventure, d'autres voyages éventuellement, ce que le rêve fait naître d'autres rêves
Loïc?
PierreEt puis, ce travail que j'ai envie de poursuivre parce que c'est un super beau travail. Il y a du sens et je n'ai pas arrêté. Comment arriver à associer les deux
Loïc? Il faudrait que je te mette en relation. Je ne sais pas si tu as écouté ces épisodes, mais j'ai reçu une médecin qui... Comment la qualifier ? Une médecin de l'extrême ? Non, je ne sais pas. En tout cas, une médecin qui a la bougeotte, c'est sûr.
PierreJe
Loïcl'ai écoutée. Tu l'as écoutée ? Claire, Claire Lenne. Ultra intéressant. Et j'en ai rencontré une autre, Inès, sur une course à étapes au Maroc, qui vit à Tahiti, qui fait des rapatriements sanitaires principalement, mais qui est aussi située sur des cours. volontaire sur plein de courses un peu partout dans le
Pierremonde. Écoute, ça faudrait peut-être nous donner des idées. Claire, oui, c'est elle qui travaille en Suisse,
Loïcd'ailleurs, je crois. Alors, peut-être... Ah non, tu as dit écouter un épisode avec quelqu'un qui a fait la patrouille des glaciers, c'est ça, non ? Claire, ça date d'il y a un moment, mais elle nous parlait de ses missions dans
Pierrel'Antarctique. Médecin des
Loïcconvois qui se rendaient jusqu'à du Mont-Durville...
Pierretu
Loïcvois tu me fais rêver aussi c'est incroyable tu vois elle nous expliquait toutes les contraintes déjà elle a mis je crois deux semaines avant de pouvoir prendre le départ de l'expédition parce que c'est je ne sais plus combien d'avions des bateaux assez incroyable et avant ça elle avait fait des missions sur des plateformes pétrolières avant ça dans la jungle en Amazonie
Pierrec'est extra assez hallucinant après moi je suis pédiatre donc c'est à peu près limite je suis moins polyvalent qu'un médecin généraliste urgentiste mais mais Non, mais il y a moyen de concilier
Loïctout ça. Est-ce que, du coup, le fait d'avoir mis par écrit ces sept, neuf mois de voyage dans sept carnets différents, est-ce que ça a contribué, tu dirais, à adoucir, on va dire, ce retour à la réalité ?
Écrire Pour Tenir Le Cap
PierreOui, c'est une bonne question. Alors, effectivement, ce qui m'a beaucoup aidé, alors déjà... effectivement, de relire mes récits. Là, maintenant, je rêvais de partir en voyage quand j'étais petit. Maintenant, quand je m'endors, je rêve de mon voyage par période. Et en fait, je pense que le fait d'avoir écrit a ancré vraiment en moi des souvenirs très précis. C'est-à-dire que je revis des journées, mais peut-être à l'heure près de ce qui s'est passé. Et c'est marrant parce que quand j'ai un blocage, ça m'arrive de me relever et d'aller chercher dans mes carnets pour, tu sais, me dire « Ah oui, ça… » Donc oui, ça a clairement adouci. Les carnets sont sur mon bureau pour l'instant et il faut que je me mette peut-être à en faire quelque chose. Et puis pendant le voyage, en fait, ça a rythmé mon voyage. En fait, je ne suis pas du tout un écrivain à la base. Ce qui est drôle, c'est quand on fait ses voyages à vélo entre amis. Dans le groupe, on a une amie, Agnès, qui à chaque début de voyage me dit « Allez, qui fait le journal de bord tel jour
Loïc?
Pierre» c'est un peu, pas une contrainte, je dis, ah c'est bon, j'ai plutôt envie de boire une bière le soir que d'écrire, mais on faisait ces carnets, et en fait, au début du voyage, j'ai pensé, je dis, bon, et ben, en fait, on m'a offert un carnet où chaque personne de ma famille et d'amis avait mis une petite phrase sur les pages, tu vois, donc que je découvre au fur et à mesure, et je me suis mis à écrire. Et en fait, en roulant, t'as quand même du temps, les phrases se constituaient dans ma tête, de ce que j'allais écrire et elle s'associait j'ai beaucoup aimé faire de la photo elle s'associait à ce que je voyais et aux photos que je faisais et en fait le soir ça coulait de source j'écrivais tout ce que j'avais dans la tête qui s'était mis bout à bout donc en fait c'était un plaisir et les moments où j'étais pas tout seul où je roulais avec des gens ça arrivait que je roulais avec des gens pendant 7 à 10 jours bah finalement ce temps seul pour écrire ça me manquait parce que c'était devenu un peu une drogue et je pense que ça a aussi à poser mes émotions, tu vois, les moments où j'étais fatigué, où j'étais un peu dans le doute, j'écrivais que ça n'allait pas. Et en fait, j'ai découvert que le fait d'écrire, ça, déjà, ça
Loïcallait mieux. Ça répond à une autre question que j'avais, que j'allais avoir pour toi. En partie, je pense, mais j'allais te demander, mais surtout pour les sections où tu as roulé seul, à quoi tu penses pendant... Pendant tant de temps, en fait. Alors, j'imagine qu'il y a énormément d'observations de ce qui se passe autour de toi, d'émerveillements face au paysage, d'étonnements face aux rencontres, mais à quoi tu penses quand même en dehors de
Pierreça
Loïc?
PierreOui, alors il y a effectivement l'émerveillement, rester alerte à tout ce que tu peux voir, aux gens qui te font des signes, etc. Ça dépend vraiment des endroits et des pays. Tu vois, je pense qu'en Turquie, les gens viennent te chercher sur la route pour aller manger chez eux il y a des jours où j'ai mangé 3-4 fois toutes les 2 heures parce que c'était quand même incroyable donc là tu peux là t'es vraiment immergé dans l'accueil local et t'as pas envie d'en perdre une miette finalement parce que c'est génial et que c'est ça que tu cherches quand tu vas voyager moi c'était clairement ça c'était rencontrer des gens et partager des moments avec eux et donc ils
Loïcvenaient vraiment t'arrêter sur
Pierrela route c'était dingue je me souviens d'une famille qui était là j'étais avec un allemand ce moment là Félix on a roulé une semaine ensemble et c'est la journée on a mangé 4 fois je pense toutes les 2 heures on mangeait et quand tu manges là-bas c'est pas 3 cacahuètes et un verre de thé c'est à dire que cette famille là ils étaient en train de partir de chez eux les enfants dans la voiture machin et là ils nous font des grands signes au début tu te dis bon on y va on y va pas on y va donc ils font sortir toute la famille de la voiture et là hop ils sortent le banquet quoi Les femmes, c'est très cloisonné. Les femmes à la cuisine, les hommes dehors. Les femmes se mettent en cuisine. Je ne sais pas comment les gens peuvent avoir autant de nourriture chez eux en stock. Je pense que moi, je me dis, si quelqu'un arrive chez moi à l'improviste, il aura des spaghettis et au mieux de la sauce bolognaise. Mais eux, c'est des plats de viande, des salades, etc. Pendant ce temps, le grand-père nous massait les jambes avec de la crème parce qu'il avait vu qu'on avait des coups de soleil, qu'on avait les jambes un peu abîmées. Après, il s'installe sur des canapés pour faire la sieste et puis dors chez nous ce soir parce qu'il n'y a pas de raison en fait moi je les ai questionnés sur les Turcs mais pourquoi c'est quand même étonnant pour nous cet accueil et en fait certains m'ont dit nous les étrangers qu'on voit sur notre route ils sont envoyés par Dieu c'est un honneur de vous avoir et on doit vous enfin c'est on doit vous accueillir on doit vous soigner tu vois c'est ce parabole quoi évanger c'est quand même incroyable et c'est limite gênant mais en fait eux c'est leur façon de faire on s'arrêtait beaucoup dans les mosquées aussi parce que les mosquées c'était plutôt une question pratique, t'as de l'eau t'as un peu de frais, t'as souvent des salles en fait ils t'autorisent à te mettre au frais pour faire la sieste t'obliges pas à prier et une fois dans une mosquée on s'est fait inviter à un enterrement il y avait une famille qui faisait l'anniversaire, parce qu'ils font des fêtes à 10 ans de l'enterrement, à une semaine, un mois, un an. C'était la fête à un mois. On a été aux premières loges avec la famille qui nous a nourris. Et c'est complètement naturel.
LoïcC'est vrai que pour nous, Français et ou Occidentaux, ce n'est pas le schéma par défaut auquel on est habitué.
PierreNon, du coup, ça, j'ai appris aussi pendant le voyage. J'essaie de le garder un petit peu, d'être plus aussi... attentionner quand sur mon trajet je vois des gens, il y a pas mal de gens qui voyagent tu vois, je vais voir avec le bord de la route j'essaie d'aller les voir, leur demander si ils ont besoin de quelque chose, bon je le fais pas tous les jours mais c'est vrai que là-bas la Turquie c'est complètement incroyable mais après quand tu roules tu penses à c'est très variable, soit t'écoutes des podcasts beaucoup, des livres audio tu peux rêver de choses qui paraissent complètement banales moi j'en souviens notamment la traversée des airs à Kazakhstan, au Zbékistan tu vois Là, c'était vraiment rude. Tu sais, tu as 400 km de route droite, il fait 48 degrés, tu es brassé dans les tourbillons de sable, tu en manges, tu en respires, etc. J'ai passé des heures à regarder juste mon guidon et le premier mètre de goudron pendant des heures. Et là, tu te retrouves à rêver. Moi, je rêvais de mon travail, de la climatisation, de mon fauteuil à roulettes dans mon bureau avec un café à la main tu as des trucs complètement débiles euh parce qu'en fait
Loïct'es dans le dur quoi ouais et maintenant que t'es assis sur le fauteuil à roulettes est-ce que tu repenses avec envie au désert
Pierreet aux tempêtes de sable ouais j'avais trop rêvé le fauteuil à roulettes en fait je préfère mon vélo mais euh mais repartir un an tout de suite c'est compliqué non mais voilà tu penses en fait ce qui est assez incroyable c'est que cet ascenseur émotionnel que tu vis euh quasiment tous les jours euh C'est-à-dire que tu peux passer d'un moment d'extase, d'émerveillement, de joie, devant un paysage, une personne qui va te faire un sourire, juste un sourire, t'offrir quelque chose. Et des moments où tu descends assez bas. Tu te dis, mais en fait, qu'est-ce que je fais là
Loïc?
PierreC'est quoi ce bazar
Loïc?
PierreJe suis dans la boue au Laos. Je suis passé après un typhon au nord Laos. J'avais de la boue jusqu'aux genoux. Mon vélo qui n'avançait plus. J'ai perdu mes sandales dans la boue. C'est quoi le sens de tout ça
Loïc?
PierreRapidement, le rêve revient, les projets, l'association, etc. Cet ascenseur émotionnel qui est assez incroyable à vivre. Ce que j'ai appris et ce que j'ai ressenti pendant ce voyage aussi, c'est que j'ai retrouvé ma capacité à m'émerveiller et à m'interroger comme si j'étais redevenu un peu enfant. Tu imagines un enfant de qui découvre le monde autour de lui et qui demande c'est quoi ça c'est quoi ça pourquoi etc et qui va être heureux avec pas grand chose en fait c'était moi pendant un an de voyage quoi en dehors des moments difficiles mais j'étais je pense que j'avais le smile globalement la plupart du temps et avide de comprendre ce que je voyais que ce soit les cultures les gens comment ils vivaient donc je me posais plein de questions et ça c'était c'est un truc complètement
Loïcincroyable comment t'es arrivé à le partager ça avec les collégiens qui te filaient parce que c'est quand même moi j'adore échanger avec des gens qui font des choses comme toi de l'aventure, globalement tous les invités du podcast mais c'est vrai que j'ai une petite appétence quand même pour les aventuriers et les aventurières mais inversement paradoxalement je pense que c'est compliqué d'arriver à intellectuellement je comprends ce que tu expliques sur le lâcher prise etc mais quand t'as pas fait 7 mois 9 mois dans cette espèce de bulle enfin finalement où ta routine devient le voyage et plus ton boulot je pense que c'est compliqué d'imaginer de vraiment ressentir ce que ça peut faire donc comment tu leur expliquais ça à ces collégiens d'Annecy avec qui t'échangeais régulièrement
Pierreouais on fait des visios tous les mois et écoute je pense que je parlais vraiment objectivement de ce que je vivais avec des anecdotes et puis je leur parlais de ce côté émerveillement joie etc mais aussi des difficultés parce que ça j'avais été inspiré aussi par des livres et des podcasts certains podcasts tu t'écoutes des gens ils te racontent un voyage t'as l'impression que ça a été extraordinaire tout le temps tu dis c'est un peu bizarre quand même parce que voilà et je me retrouvais plus dans les récits de gens qui partageaient aussi leurs galères et leurs états d'âme donc je leur ai voilà je leur parlais de ça en fait c'est la vraie vie quoi c'est voilà on ne peut pas idéaliser non plus Et en fait, quand on communiquait avec les collégiens, c'était surtout eux qui avaient plein de questions. En fait, moi, je me laissais porter par leurs questions qui étaient extraordinaires. Vraiment, ça a été une joie de faire ça avec eux. C'était des sixièmes, cinquièmes, donc des questions qui pouvaient être très pratiques. Comment tu dors
Loïc?
PierreComment sont les gens
Loïc?
PierreDes questions de la vie quotidienne. Donc ça, c'était pour moi leur faire découvrir le monde parce qu'ils ne savaient pas un tel pays, comment les gens vivaient, ce qu'ils mangeaient, etc. Et ils avaient aussi des questions qui m'ont épaté, parce qu'ils avaient un niveau de connaissance. Je pense que les profs préparaient un peu avec eux avant, mais ils avaient des questions sur le pays, sur les traditions, etc., qui étaient incroyables. Donc moi, en fait, au fur et à mesure, je me dis « Bon, il faut que je prépare un peu ma conférence, parce qu'ils vont me poser des calls. » Et c'était le cas. Je ne savais pas répondre. Du coup, j'allais voir après, puis je leur répondais la fois d'après. donc voilà j'ai vraiment partagé objectivement puis en dehors des collégiens j'ai écrit mon journal sur Polar Step je sais pas si tu connais cette application et pareil j'ai vraiment écrit parfois quand ça allait pas et les gens ont apprécié aussi justement, merci de partager aussi les moments moins drôles parce que ça fait partie du voyage et c'est leur petit message aussi mais des à passer
Loïcau-delà. Dans les causes que tu as associées à ce voyage, il y avait, tu le disais au début de l'épisode, l'accès à l'eau.
Eau Potable Dans Le Delta Du Mékong
LoïcÇa a été quoi la réalité ? Qu'est-ce que tu as vu là-bas ? C'est quoi les challenges auxquels doivent faire face les gens qui sont dans le détail du
PierreMekong
Loïc?
PierreLe détail du Mekong, c'est une zone qui est très peuplée comme beaucoup d'endroits en Asie c'est un peu la terre nourricière de l'Asie le Mekong mais en fait l'eau du Mekong qui sert à beaucoup de toutes les populations des villages qui vivent dans cette zone est de plus en plus polluée et non potable pour plusieurs raisons pour tous les produits liés à l'agriculture qui se déversent dans l'eau pesticides et autres et un effet du réchauffement climatique qui fait que l'eau du Mekong est de plus en plus salée. Ah oui
Loïc?
PierreOui. Et du coup, tout ça fait que l'eau n'est pas potable et que beaucoup de gens n'ont pas la possibilité d'acheter de l'eau minérale ou autre et donc attrapent des maladies et les premières victimes des maladies infectieuses type typhoïdes et autres sont les enfants parce qu'ils déshydratent rapidement et ils peuvent mourir si on ne traite pas, si on ne réhydrate pas. Donc, c'est des gens qui n'ont pas accès aux soins. Donc, l'association Christina Nobel, l'objectif, c'est d'équiper toutes les écoles du Delta du Mekong avec des collecteurs d'eau de pluie sur les toits des établissements et un système de filtre assez basique parce qu'il ne faut pas non plus... dans des systèmes trop techniques qui ne pourront pas réparer. Là, c'est des filtres vraiment faciles à réparer et à entretenir pour que les enfants puissent boire de l'eau propre dans les écoles et pas devoir acheter des bonbonnes d'eau minérale qui coûtent très cher, c'est des fontaines. J'ai passé trois jours avec l'association qui est basée à Saigon. C'est pour ça que finalement, j'ai trouvé ça le plus logique sur mon trajet de ne pas arriver à Neuil mais finalement d'arriver à Saigon en vélo parce que j'ai pu aller rencontrer l'association et arriver à vélo dans leurs locaux rencontrer les enfants qui m'ont préparé un accueil mais je ne m'attendais pas du tout à ça avec des danses, des chants, des banderoles voilà et j'ai pu leur remettre j'avais aussi financé des kits vélo casque pour des enfants parce qu'ils se déplaceraient un peu à vélo encore là-bas, les gens qui n'ont pas les moyens de s'acheter des motos et autres On a eu une petite cérémonie de remise des vélos et casques à 10 enfants avec qui j'ai pu rouler dans la cour. Certains, je pense, commençaient le vélo. Il n'y a pas eu d'accident, mais on a frôlé les accidents. Après, ils m'ont emmené visiter des écoles dans lesquelles allaient être mis en place ces systèmes de filtres d'eau pour rencontrer les directeurs d'établissements et comprendre un petit peu ce qu'ils allaient se faire. Je suis en lien avec eux. Ils m'envoient des rapports sur l'avancée du projet donc ça a déjà bien avancé et puis la collecte moi j'avais fixé avec eux une collecte de 7000 euros 7000 euros ça permettrait de financer je ne sais plus combien de systèmes de filtres d'eau et des vélos et en fait on est arrivé à 12000 euros c'était une super satisfaction pour eux, pour moi et du coup ils ont pu élargir aussi l'installation de ces filtres d'eau dans les écoles grâce à ça.
LoïcC'était un super partenariat. L'accès à l'eau, typiquement quelque chose qu'on oublie un peu chez nous, qui est un acquis, mais ce qui n'est pas le cas pour la grande majorité des gens dans le monde. En
Pierreme penchant un peu sur le sujet, j'ai plus les chiffres en tête, mais c'est un des objectifs de l'OMS que toute la que tous les habitants de la Terre aient accès à l'eau potable. Je crois que c'est l'objectif 2035. C'est demain. Et en fait, tu regardes, il y a 2 milliards de gens sur Terre qui n'ont pas accès à l'eau potable. Et puis, je n'ai pas l'impression que ça s'améliore. Donc, ce que j'ai fait, c'est une goutte d'eau, il faut peut-être le dire, dans le problème actuel. On peut dire que ça ne sert à rien, mais c'était aussi une façon pour moi de donner un peu à sens à ce voyage
Loïcet de m'engager en
Pierrequelque chose mais effectivement c'est un problème existentiel
Loïcdans beaucoup de pays complètement mais d'ailleurs qui nous touche de plus en plus aussi il n'y a pas très longtemps j'ai reçu Rémi Camus l'aventurier mon copain d'ailleurs qui avait descendu le Mekong alors je ne sais plus d'où il était parti le Mekong j'ai découvert ça en échangeant avec lui le Mekong c'est hallucinant en fait la longueur du fleuve ça part du c'est en Chine exactement Exactement, c'est ça. En fait, il y a deux rivières chinoises qui se rejoignent. Alors, je ne vais pas tenter de les prononcer. Et puis, en fait, moi, je n'ai plus leur nom en tête. Mais qui se rejoignent dans une ville. Et à partir de cette ville, qui s'appelle quelque chose comme Komko ou Kuomko. Et à partir de là, en fait, ça devient le Mekong. Mais c'est au beau milieu du désert du centre de la Chine. Oui, c'est ça. Et donc, Rémi avait descendu une partie du Mekong en... Comment on appelle ça ? En packraft ou... Non, pas en packraft, en speed... comme Mike Horn avait fait en Amazonie tu sais c'est une sorte de planche qui est devant toi donc t'es complètement immergé en
Pierrefait t'es dans l'eau c'est
Loïcextrême ça ouais et bon il disait que le niveau de pollution était absolument hallucinant et il y a peu de temps il est revenu sur le podcast pour un autre épisode où il a fait une descente du Rhône en kayak pas craft pour faire des analyses et cartographier la présence des pifaces
Pierredepuis la
Loïcsource du Rhône donc en Suisse jusqu'à l'embouchure en Camargue et bon bah là ce qu'ils partagent c'est effrayant tu vois c'est chez nous c'est une pollution qui est invisible en plus à l'inverse je pense de l'Asie du Sud-Est où il y a beaucoup beaucoup de plastique donc des choses qui se voient en plus des choses qui ne se voient pas mais chez nous c'est le pifas
Pierremais bon tout ça pour le temps Non mais ce que tu dis c'est effectivement c'est pas la peine d'aller très loin pour palper et en fait ce projet moi cette idée de défendre Axel au potable. Enfin, initialement, c'était cette prise de conscience que l'eau allait devenir une denrée rare aussi, mais pas très loin. Je me souviens avoir fait des voyages à vélo dans le sud de la France fin août, début septembre, où en fait, j'avais visé des gorges à priori extraordinaires et en fait, il n'y avait pas une goutte d'eau dans les rivières. Dans les villages, les fontaines étaient fermées parce qu'on était en restriction. Je me suis dit, mais en fait, déjà, ici, c'est compliqué en Afrique en Asie c'est décuplé bon donc j'ai pu voir en tout cas une partie de ce qui allait se faire grâce à cette association qui est assez incroyable quand tu vois un peu ce que cette femme a fait d'ailleurs il y a un film sur sa vie qui est assez dingue et voilà donc j'ai l'impression que en tout cas c'est pareil c'est l'humanitaire tout ça ça fait poser des questions moi j'avais fait des missions militaires déjà bon quand tu rentres tu dis quel est le sens de ça est ce que vraiment ça va changer la face du monde je pense pas vraiment mais mais en tout cas moi pour moi ce qui est important c'est de savoir où allait l'argent aussi donc d'avoir ce lien et continuer à suivre le projet et j'ai l'impression que l'association Christiane Nobel est quand même très sérieuse voilà donc il faut travailler les locaux aussi c'est important pour moi c'est que c'est pas les anglais des français qui qui vont donner la bonne conduite. Là-bas, je suis allé dans les bureaux, c'est que des vietnamiens qui travaillent. Ça paraissait
Loïcsérieux.
Conseils Simples Et Prochains Rêves
LoïcQuestion qui va être, je pense, difficile. S'il y avait une partie de ton voyage que... qui représenterait pour toi vraiment l'expérience globale que tu as vécue, que ce soit d'un point de vue des rencontres, de l'aventure, du dépassement, du dépaysement. En fait, si tu devais recommander un endroit que tu as pu voir toi à vélo à quelqu'un qui n'a pas entre 7 et 9 mois,
Pierrece serait quel coin
Loïc? Oui, c'est difficile. Déjà, la Turquie pour les
Pierrerepas. Je vais essayer de répondre à ta question, mais cette question me l'a beaucoup posé au retour, qu'elle qu'est-ce que t'as préféré et en fait c'est voilà c'est chaque en fait ça dépend quelle référence enfin sur quelle référence tu te bases quoi si c'est l'alimentation les rencontres et autres mais je peux dire de plusieurs endroits ou non un
Loïcseul non mais vas-y si tu veux faire une shortlist
Pierreoui voilà la Turquie ça a été effectivement incroyable au niveau bon ça associe un peu tout finalement rencontres donc comme je te disais hein l'accueil l'accueil des Turcs incroyables tu manges bien les paysages tu vois je suis passé en Cappadoce je travaille avec les mongolchers qui décollent au-dessus de toi des bivouacs dans les canyons incroyables donc là ça c'était vraiment vraiment super bon ce qui est moins chouette c'est les chiens errants mais ça c'est pas que la Turquie
Loïcouais c'est un peu tous les des Balkans en fait non ?
PierreDès les Balkans, Turquie, Géorgie. Le pire, c'est la
LoïcGéorgie.
PierreAh oui, vraiment
Loïc?
PierreAh oui. je ne sais pas ce qu'ils ont les chiens géorgiens mais ils sont clairement enragés en plus des automobilistes qui ont des volants à droite et qui roulent à droite et qui décalent sans regarder donc tu as le double danger soit tu te fais croquer par un chien qui te course soit tu rentres dans une voiture qui t'arrive en face donc là il y a deux moments où j'ai le voile j'ai l'espèce de mon sang c'est un peu mon corps s'est vidé de mon sang et je me suis dit le voyage est terminé c'est fini à quelques secondes et puis tu Tu fais un mouvement de... Tu lèves les jambes pour éviter le chien, tu fais un mouvement de guidon, ça passe. Bon, ben voilà, ça continue. Non, mais donc, pour revenir sur ta question, la Turquie. Après, sur le côté aventure, je te parlais de la Pamira, c'est sûr que là, c'était le côté aventure, pas extrême, mais un peu dur, en altitude, dans ces paysages très montagneux. qui sortent vraiment de ce qu'on voit. J'ai aussi beaucoup aimé le Laos, si je peux donner un autre pays. J'étais déjà allé au Laos il y a 20 ans. L'état des routes n'a pas trop changé. Je te disais, je suis arrivé au Laos. En plus, je n'ai pas bien calculé l'histoire. C'est qu'il y a eu un typhon au Nord-Vietnam en octobre. Je ne sais plus, septembre. Mais je n'y avais pas pensé. Comme le Laos, personne n'en parle beaucoup. Dans les médias, on parlait beaucoup du Nord-Vietnam parce que c'est très touristique. Mais bien sûr, ce typhon n'est pas resté au Nord-Vietnam. Il il a atteint aussi le nord Laos, et en fait, je suis arrivé, je suis passé de la Chine au Laos, j'étais content de quitter la Chine, parce que j'en avais un peu marre, mais en fait, je crois que j'ai flingué mon vélo en arrivant là-haut, j'avais de la boue, je ne me sortais pas, mon vélo n'avantait plus, j'avais le frotté à la brosse à dents, tous les 100 mètres, parce qu'il y avait aussi sa brosse à dents, mon cher Tudor, pour le nettoyer, bref, je mettais de la musique pour pas entendre les bruits qu'il faisait après être passé dans la boue, mais par contre... les gens sont d'une gentillesse mais absolument incroyable ils ont rien mais alors là c'est très pauvre c'est peu touristique non
Loïc?
Pierrec'est peu touristique parce que c'est un pays qui est enclavé t'as pas de côtes donc ça attire les gens un peu routes tu vois qui font un combo Laos-Thailand parce qu'ils vont un peu à la plage voilà ou s'ils ont des gens qui vont vraiment chercher l'aventure parce que je te dis les routes c'est vraiment pas terrible mais les gens ils sont souriants partout tu as des hordes d'enfants qui te courent après, certains qui m'aidaient à pousser le vélo, ils te donnaient à manger, ils n'ont rien. Le soir, j'arrivais dans des endroits où j'avais trop faim parce que j'avais roulé 100 kilomètres, je ne sais pas combien, c'était dur. Mais en fait, là, tu vois qu'ils n'ont rien parce que tu n'as même pas de riz, c'est une soupe avec de l'eau et quelques légumes. Et pour avoir du riz, il fallait que vraiment, je montre que j'avais très faim. Mais c'est des gens... hyper gentil et j'ai beaucoup aimé les paysages
Loïcdu Laos aussi c'était vraiment chouette ok quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer sur un voyage au long cours que ce soit à vélo ou pas et que ce soit dans les destinations par lesquelles toi t'es passé ou
Pierrepas conseil technique ou
Loïcnon ouais quelque chose peut-être que t'aurais aimé que toi on te partage avant le départ ouais
PierreJe pense de ne pas trop chercher à préparer, justement, comme on disait au début. Est-ce que tu parlais de Michael en un moment
Loïc?
PierreJ'avais une citation de lui, je ne l'ai pas complètement en détail, mais en fait, avant de partir, tu as 5% de solutions à tes problèmes. Enfin, je ne sais plus comment il dit les choses, mais en fait, les problèmes se résolvent une fois en route. Donc ça, si on me l'avait dit avant de partir, parce que je me posais forcément 40 000 questions comme tout le monde, mais en fait, il y a un moment, certaines personnes me disaient, ben, mais en fait prends ton vélo, pars et tu verras quoi, mais en fait c'est vrai tu te mets en route et en fait tous les problèmes trouvent une solution, soit parce que tu les trouves toi-même, soit parce que les gens te les apportent et là il faut être encore une fois prêt à accueillir l'aide des autres et tu vois être avenant aussi je pense dans ton attitude pour que les connexions se fassent donc voilà en fait si quelque chose te fait vibrer c'est sûrement une banalité que je vais dire, mais si quelque chose te fait vibrer, ose vivre ton rêve. On a tous des contraintes, ça peut être familial, professionnel, etc. Mais je pense que si quelque chose, vraiment, tu dois vivre quelque chose, il faut y aller. Et que c'est pas la peine d'être un grand aventurier, un grand sportif. Moi, j'ai vu des gens partir avec des vélos, des vieux vélos qui étaient au fond de leur garage. Ils sont allés jusqu'au fin fond de l'Asie avec. Donc, tout est possible pour donner une petite anecdote d'autres j'ai vu un tchèque aussi qui roulait en fixie sur la route du Pamir donc un vélo sans vitesse en rétro pédalage pour freiner tout le monde se demandait s'il arrivait et en fait j'ai vu son vélo arriver au Kyrgyzstan il l'avait laissé dans une auberge et il a fini le gars quoi donc voilà c'est un peu l'extrême et donc ne pas hésiter et puis à partir et garder cette capacité de s'émerveiller de tout parce que ça aussi c'est une banalité mais moi ce que j'ai vu en tout cas pendant le voyage c'est que l'homme est bon quand même accueillant, solidaire et que plus l'endroit où tu es est hostile tu vois je pense au désert où quand je suis arrivé là-bas je me dis mais comment je vais survivre là-dedans et en fait plus l'endroit était hostile plus les gens étaient attentionnés et solidaires ça fait du bien d'entendre ça et tu vois mes premiers kilomètres dans le désert au Kazakhstan j'ai dit mais ça va pas être possible tu vois la route droite avec les bruits de chaleur. Je vois une main sortir d'une voiture avec une bouteille d'eau glacée, et ça, ça s'est répété je ne sais pas combien de fois. C'est vrai
Loïc?
PierreOui, parce qu'en fait, les gens font aussi des centaines de kilomètres en voiture, ils voyagent avec des glacières remplies d'eau, et en fait, ils s'arrêtent, ils t'en offrent, ils t'offrent de la nourriture, ils prennent ton numéro de portable, alors je trouvais ça un peu intrusif, mais en fait, c'est juste pour savoir si t'es bien arrivé au bon endroit, si t'as besoin de rien. J'ai encore des Kazakhs et des Oupéks qui m'appellent maintenant pour avoir je vais. Donc, en fait, l'homme est bon. Je crois encore en l'humanité et ne pas avoir peur de l'autre, justement. D'oser aller, d'oser demander. Je pense qu'on n'en tire que de positif. C'est des banalités, tout ce que je dis, parce que tout le monde dira la même chose, je pense, mais c'est ce que j'ai
Loïcsenti. Ça fait du bien de l'entendre. Encore une fois, je suis assez d'accord avec toi sur le fait que c'est une impression. Je ne sais pas si tout ça est mesurable mais j'ai aussi le sentiment que de plus en plus tu vois on est dans un en tout cas les messages qu'on entend sont plutôt anxiogènes et plutôt invitent plutôt à se replier sur soi en communauté qu'autre chose et donc c'est intéressant finalement parce que quand on voyage comme tu l'as fait toi avec juste son vélo il y a une notion je trouve d'ailleurs tu me diras ce que tu en penses mais on se rend un peu vulnérable aussi tu vois t'as pas de point fixe tu dépends finalement quand même pas mal dans certains coins de l'aide de l'autre ouais Tu ne parles pas la langue, tu es dépendant d'un visa, du bon vouloir d'un douanier, d'un garde-frontière. C'est intéressant de voir qu'entre 7 et 9 mois, 7 mois de vélo et tes 2 mois de voyage sas, on va dire, c'est ça ton expérience.
PierreOui, et puis avec ce que j'ai dit aux jeunes aussi, c'est que cette générosité, elle venait de toutes les générations que j'ai pu rencontrer. Ce n'est pas que les vieux tu peux dire bon voilà il ya ne il ya aussi peut-être des générations qui sont moins moins comme on incline à wayne ou un solidaire où tu as plus aux pieds sur eux et je pense au cambodge alors après bon c'est l'asie c'est aussi des cultures différentes mais une journée j'étais vraiment dans le dur il est chaud j'en pouvais plus et au moment je rêvais ce bord de la route s'est allongé je rêvais d'un vu frais et là il ya un jeune je pense qu'il avait 14 ans c'est il arrive, grand sourire, il me dépose... un jus frais. Mon rêve, bam, un jus frais, une grande bouteille d'eau, et puis un grand sourire, et là-bas, ils saluent avec les deux mains jointes, et plus ils mettent les mains hautes, plus ils ont de respect pour la personne qu'ils saluent. Donc, quand tu les mets au-dessus de la tête, c'est pour Dieu, donc va pour Bouddha, donc voilà, mais c'est pas Bouddha, mais au milieu du visage, déjà, grand respect, ils s'inclinent, ils ne me disent pas un mot, ils s'en vont. Et, même expérience, quelques kilomètres plus tard, je vais un peu plus loin, où un jeune vient me déposer des lingettes. C'est plus ce qu'il avait vu, j'étais sale, je pense. Mais deux sandwiches, de l'eau, et pareil, pas un mot. C'est vraiment... Donc là, ça, je vais partager avec les jeunes. En fait, tu vois, c'est aussi, je trouve que c'est chouette de voir ça à la part d'ados. Donc voilà, j'espère que chez nous, c'est encore possible. J'espère. Il y a un autre conseil que je peux donner, c'est plus technique, c'est de partir léger. Moi, c'était un objectif de mon voyage, c'est de vivre un peu, je dis en dénuement, je n'avais pas rien, mais si j'avais un vélo, j'avais vraiment... épuré au maximum jusqu'au jour de départ je me vois encore enlever un caleçon et j'avais pris une brosse à dents d'enfant parce qu'elle était plus petite et en bois et que c'était n'importe quoi mais bon c'est psychologique mais n'empêche j'avais un vélo super léger et ben dans les montées ou dans les moments où tu dois le porter t'es content d'avoir un vélo pas trop lourd j'ai croisé des voyageurs qui avaient des vélos de 50 kilos en fait on envoyait la moitié de leurs affaires rapidement parce qu'ils voyaient bien que t'as pas besoin de grand chose alors que moi j'avais des citations qui me qui revenaient dans ma tête il y avait Ruffin qui dit le poids c'est la peur
Loïcj'allais te demander est-ce qu'on
Pierreemporte ses peurs quand il préparait son voyage sur les chemins de Saint-Jacques plus t'as un gros sac ou des grosses sacoches plus t'en mets donc je croisais des gars qui avaient deux sacs de couchage un pour l'hiver un pour l'été voilà et puis c'est Tissot-Tesson qui disait aussi on dispose de tout ce dont on a besoin quand quand on décide de ne rien posséder. Enfin, tu vois, un peu des choses qui m'ont aidé à me dire, finalement, ça, tu l'enlèves, ça, t'en as pas besoin. Je te dis, j'ai perdu plein de trucs et puis, en fait, j'ai manqué de rien, quoi.
LoïcLa suite, c'est quoi, Pierre ? Il y a autre chose qui arrive ? Est-ce qu'il reste des rêves encore ? Parce que là, tu as quand même coché beaucoup de cases.
PierreOui, c'est vrai que là, déjà, j'ai encore du mal à me dire que j'ai vécu ces rêves-là. C'est une sensation assez incroyable de vivre un rêve. C'était la première fois, en tout cas pour moi. Oui, j'ai d'autres projets de voyage. Alors moi... un très long mais je pourrais pas il y a aussi le travail et pour l'instant j'ai pas du tout décidé d'arrêter de travailler en fait j'aimerais bien faire une partie de l'Amérique du Sud à vélo sur la Panamérica donc la Panamérica ça va de l'Alaska à la Patagonie donc pour ça il faudrait peut-être un an et demi deux ans donc c'est pas possible et de faire un voyage à vélo en Amérique du chute vers la Patagonie, donc il y a la Carretera Austral qui m'attire bien, il y a là aussi comme nom la route Augusto Pinochet, moins glorieux, mais qui fait 1300 kilomètres au sud Chili, et qui passe dans les fjords en Patagonie. Voilà, après, pourquoi pas le Quatre-Nord à vélo, pas mal de petits projets comme ça, mais qui ne sont pas du tout définis, mais aussi voyager en France je veux dire voilà des copains on est rentrés d'un séjour en nos bras closer tu vois c'est pas loin mais c'est magnifique tu manges bien les gens sont sympas et c'est des paysans donc voilà découvrir un peu plus la France aussi il y a des choses que pourquoi pas faire un tour de France à vélo finalement aussi connaître plus son pays quoi qui est
Loïcmagnifique ouais on va avoir de la chance excellent et bah écoute Pierre un immense merci pour ce beau moment d'évasion c'était passionnant d'en apprendre plus sur comment est-ce que t'as réussi qu'est-ce que t'as vécu comment tout ça s'est enchaîné le voyage dans le voyage avec le transsibérien vraiment un beau moment d'évasion
Pierremerci beaucoup et bien peut-être ça va me relancer pour l'écriture d'une BD ou
Loïcd'un livre tu vois ça me donne envie de me
Pierreremettre
Loïcdedans merci à
Pierretoi Loïc merci beaucoup Pierre à bientôt à bientôt
LoïcAbonne-toi!