Repousser les limites

#230 - Cléo Ascher - Courir dans le plaisir et des défis: aventure de 200km à Hawaï

J-F Dussault Season 3 Episode 230

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Cléo est une coureuse et aventurière assez incroyable.

Elle s’est lancée dans la course à pied, et rapidement elle est devenue bonne avec des temps plus que respectable.

Ceci étant dit, pour elle c’est l’aventure et l’exploration de ses limites et les dépasser qui la motive et l’anime.


Elle a passée 1 an à Hawaï à travailler à distance et instaurer de belles routines positives dans sa vie: dont la course à pied, elle a ramenée au Canada avec elle.


Elle y est retournée quelques années plus tard pour vivre une expérience.

Son aventure de 10 jours en solo à Hawaï à faire le tour d’une Île de 200km et le 10e jour: courir le marathon local.

Une expérience qu’elle m’a racontée, super intéressante et enrichissante.

Une passionnée dans la simplicité!

Bonne écoute!

SPEAKER_00

Bienvenue au podcast Repousser les limites. Votre animateur, JF Dussault, s'entretiendra avec des athlètes d'endurance et collaborateurs qui gravitent autour de la course en sentier et bien plus encore. Abonnez-vous, partagez l'épisode et bonne écoute

UNKNOWN

!

SPEAKER_03

Donc, c'est accepté l'enregistrement, j'imagine

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Ah oui,

SPEAKER_03

OK, c'est beau. OK. Habituellement, il y a un logo enregistrement. Oui, oui, c'est beau. Je n'ai pas réagi tout de suite, mais... Parfait.

UNKNOWN

OK, c'est bon.

SPEAKER_03

Super. Bienvenue à Repousser les limites cette semaine. Je suis vraiment content. Je m'entretiens avec une femme qui a fait plusieurs courses, dont des courses de route, des courses en sentier, deux marathons, puis aussi... le tour d'une île de 200 kilomètres à Hawaii. Donc, Cléo Hachard, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation et bienvenue sur le podcast.

SPEAKER_01

Merci beaucoup à toi de

SPEAKER_03

m'avoir invitée. C'est un plaisir de pouvoir partager. Ah bien, écoute, plaisir partagé. Moi, je suis curieux de savoir, Cléo, comment le sport est arrivé dans ta vie?

SPEAKER_01

le sport est arrivé assez tôt dans ma vie je pense que j'étais en France en primaire 7 ans j'ai commencé par faire du basket donc un sport d'équipe que j'ai absolument adoré extrêmement ludique à la fois ludique, stratégique et puis assez cardio aussi donc j'ai passé des grands moments avec mon club de basket et puis à la licence tout le monde a grandi et pas moi beaucoup moins que les autres donc rapidement en fait j'étais vraiment la plus petite et de loin et puis également on a changé d'école chacune donc tout s'est distendu et puis résultat l'adolescence j'ai arrêté ce sport que j'aime toujours mais il n'y avait plus les conditions qui faisaient que c'était aussi agréable d'y jouer donc j'ai arrêté donc voilà Après, j'ai arrêté pendant une petite période. Et puis, j'ai découvert un autre sport. J'étais fin de l'université. C'est mon conjoint actuel qui m'a fait découvrir. C'est l'escalade. Je ne connaissais pas du tout. Je n'avais jamais été attirée par ce sport. J'ai le vertige. J'ai peur du vide. J'ai peur de manière générale de prendre des risques. Donc, c'était vraiment un sport auquel j'avais pensé et en fait je me suis aperçue que c'est extrêmement pareil extrêmement ludique j'ai vraiment adoré il y a un aspect aussi de réflexion où il faut trouver la bonne solution pour grimper chacune des voies c'est pas forcément la force qui est importante mais ça va être la manière de bouger son corps de tenir les prises de se positionner etc et puis il y a un aspect aussi moi j'aime beaucoup c'est l'aspect nature donc s'entraîner en salle mais dès qu'on pouvait on allait explorer les quatre coins de France pour découvrir de nouveaux sites d'escalade donc passer la journée dans la nature faire du sport ça j'ai vraiment beaucoup aimé on s'était acheté une petite voiture puis on dormait au pied des voies et en fonction de la météo on changeait de site dans la météo site prêté Plus ou moins. Donc, ça, je me suis beaucoup investie dans l'escalade. J'en faisais trois, quatre fois par semaine, voire plus. Mais je suis

SPEAKER_03

curieux de te poser une question. Est-ce que tu as vu Alex Honnold qui a grimpé le gratte-ciel

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, mais... Oui, mais... Mais non. Moi, j'aime mes squelettes sans risque.

SPEAKER_03

Donc... Ouais. Ouais,

SPEAKER_01

ouais. C'est stressant comme... C'est ça. Quand je faisais le scout, c'était toujours... La plupart du temps, en part dehors, quand je devais, c'était encordé, puis pas en tête, donc en moulinette. Donc, tu sais que si tu tombes, tu tombes de pas haut. C'est pas mal plus sécure, ouais. Ouais, donc c'est très sécure. Donc... Moi, paradoxalement, ce que j'aime dans l'escalade, c'est que c'est peu risqué. Mais quand même, l'idée de défier les droits de la gravité apparente, c'est vrai que j'adorais ça. Pouvoir grimper sur un mur ou sur une paroi déversante. Toi-même, tu ne sais pas comment tu fais pour tenir, mais ça tient.

SPEAKER_03

C'est très stratégique, l'escalade.

SPEAKER_01

Oui, il y a du stratégique. Il y a aussi de la intuitif parce que quand tu es sur une barrière des personnes, tu n'as pas forcément le temps de beaucoup réfléchir à comment tu vas tenir la prise. Il faut juste que tu trouves la solution. Donc, il y a beaucoup de l'instinct aussi. Mais effectivement, après de la réflexion sur comment j'aurais pu mieux passer, etc. Donc, oui, il y a les deux. Et puis, il y a un aspect aussi, moi, que je trouve que j'adorais, qui a été très important pour moi, qui a été quasi méditatif dans sens où quand tu fais d'escalade, tu peux pas faire autre chose. T'es à 100% concentré sur ce que tu

SPEAKER_03

fais. Ah ouais, c'est clair. T'es obligé de faire de la pleine conscience.

SPEAKER_01

Exactement.

SPEAKER_03

Tu vas pas préparer ça va être quoi ton lunch

SPEAKER_01

pour

SPEAKER_03

souper demain.

SPEAKER_01

C'est ça, c'est pas possible. Et quand toi tu grimpes, mais aussi quand tu fais grimper l'autre, c'est pareil, t'as besoin d'être 100% là. Donc ça, j'ai beaucoup aimé et puis c'est un sport individuel mais tu le fais en communauté déjà t'es obligé d'avoir un partenaire donc tu le fais forcément à deux donc mine de rien cet aspect duo euh Moi, j'aimais bien aussi. C'est-à-dire que je n'allais pas faire du sport seule. Je suis allée à deux et puis en communauté parce que les gens qui grimpent, ils ont souvent quand même partagé des mêmes valeurs de nature, de se dépasser, mais en même temps, il y a une certaine... Se dépasser, mais dans un certain... Comment ça s'appelle

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

retenu non plus. C'est pas que

SPEAKER_03

l'explosif. Il y a un certain... Il y a un aspect communautaire, fraternité, un peu comme dans le trail running, je trouve. Oui, complètement. Très fort. Il y a beaucoup de respect de la nature aussi, moi, que je trouve vraiment cool de ce sport-là. Pour en avoir fait un peu à Squamish, des endroits de bouldering près de Vancouver, là.

SPEAKER_01

Tout à fait. Respect de la nature, communauté, on se donne des conseils. Et puis, je trouve aussi humilité parce que le mur, tu sais toujours que c'est lui qui va être le plus fort, que ça peut être difficile et que tes limites, tu les vois, tu les sens à chaque fois.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_03

Ok, super ça. Donc, tu as fait quand même longtemps d'escalade? Oui, j'en ai fait

SPEAKER_01

longtemps. Et en fait, on a décidé de venir s'installer au Québec. C'est là qu'on a un petit peu ralenti pour plusieurs raisons. Déjà, à l'époque, quand je suis arrivée au Québec, il y a quand même 20 ans, l'escalade était moins développée que maintenant. notamment à l'extérieur c'était plus de l'escalade traditionnelle donc où c'est le grimpeur qui doit lui-même poser ses propres protections et donc c'est plus risqué moi j'étais moins à l'aise avec ça et puis j'ai eu des enfants et alors là avec une double césarienne et puis le fait que c'est difficile de grimper quand il y a un et puis ensuite deux enfants de bas âge autour de soi donc il y a une très grosse On se pose escalade à ce moment-là pendant sept ans, à peu près, avant qu'on reprenne progressivement qu'il y ait des baby-sitters qui rentrent en jeu, etc.

SPEAKER_03

Ok, cool. Puis, est-ce que tu fais de l'escalade intérieure

SPEAKER_01

aussi? Oui, oui, oui.

UNKNOWN

Là, j'étais au quotidien.

SPEAKER_01

de manière hebdomadaire, on fait surtout de l'escalade à l'intérieur. La saison de grimpe, quand même, à l'extérieur, au Québec, est relativement limitée. Donc, pour l'instant,

SPEAKER_03

c'est... Est-ce que t'as déjà fait de l'escalade de glace? Non. Non, non, non.

SPEAKER_01

Ouais, ça, c'est un peu intense, hein? C'est ça. Et puis, pareil, j'ai quand même entendu dire qu'il y a des belles chutes qui peuvent être... Assez

SPEAKER_03

douloureuse,

SPEAKER_01

donc ça m'attire un

SPEAKER_03

petit peu moins. OK. OK, oui, je comprends. Puis, à quel moment la course à pied est arrivée pour toi? À moins qu'il y ait eu d'autres sports

SPEAKER_01

avant? Non, il n'y a pas eu vraiment d'autres sports avant. En fait, la course est arrivée... La course a toujours été un petit fil conducteur, mais vraiment... La question me dépensait un petit peu, mais c'était 3-4 kilomètres pour acheter des croissants à la famille, pas beaucoup plus. Et puis, mon conjoint est prof, et donc... les profs ont la possibilité d'avoir des années de ressourcement tous les 7 ans et donc de pouvoir aller potentiellement dans des pays étrangers s'installer pendant un an donc nous on a décidé d'aller à Hawaï juste après la Covid donc c'était en 2022 et moi je travaillais également mais pour continuer à travailler à télétravailler j'avais adapté mes horaires aux aux horaires québécoises. Résultat, je travaillais de 4h30 du matin à 12h30 heure d'Hawaï. Et après, avant que mes enfants rentrent de l'école, j'avais un petit peu de temps. Donc, c'est là où j'ai commencé à courir régulièrement, quelques kilomètres. Et à la fin de mon séjour là-bas, il y avait le marathon d'Onelulu. Je n'ai pas choisi de faire le marathon, mais le 10 kilomètres. Et donc, vraiment, c'était... amateur total, vraiment pour pur plaisir. Je n'avais pas de montre ni rien.

SPEAKER_03

Et je suis arrivée 13e. Et là, je me suis dit, wow, c'est dingue quand même. Pour quelqu'un qui s'entraînait pour le plaisir, mais avec aucune structure sérieuse.

SPEAKER_01

Exactement. Et 13e, ça m'a fait un déchir. Et puis surtout, j'avais tellement de plaisir. Je me rappellerai toujours de l'arrivée de ce 10 km au pied du volcan de Diamond Head à... au Nolulu absolument magnifique un lever de soleil c'était grandiose et une ambiance dingue de ville pendant ce marathon là je me suis dit ça me donne envie de continuer et puis peut-être de le faire un petit peu plus sérieusement donc quand je suis rentrée à Montréal j'ai décidé de m'inscrire à un club de course c'était juste à côté de chez moi donc en allant m'acheter des chaussures j'ai vu ce club exister et de course sur route Oui, course sur route, oui, tout à fait. OK. Donc, là, c'est comme

SPEAKER_03

ça que tout a commencé avec ce club. OK, OK. Donc là, j'imagine la routine s'est installée un peu plus puis tu as commencé à vouloir plus performer, j'imagine, ou être plus…

SPEAKER_01

Alors, performer, c'est un terme qui ne fait pas du tout partie de mon vocabulaire de course. Moi, c'était vraiment pour le plaisir et l'équilibre global. C'est-à-dire que mon travail est important, mais pour pouvoir aussi évacuer tout ce que... Une certaine stress, etc. Aussi, me retrouver... Moi, la course, en fait, mon grand plaisir en course, c'est d'écouter des podcasts, de pouvoir... m'enrichir sur des sujets extrêmement hétéroclites ou tout simplement de pouvoir penser à rien et puis me vider, écouter de la musique ou quand j'ai la chance de pouvoir courir dans la nature. Mais l'aspect performance, pas du tout. Mais en même temps, le fait d'avoir un objectif, je trouve que c'est utile. Ça me permet quand même de d'avoir une certaine rigueur et puis de me dépasser, notamment avec des séances d'intervalle que j'adore, deux fois par semaine, où je vais aller un petit peu chercher mes limites. Et ça, j'aime beaucoup aussi, donc ça fait partie du plaisir. Mais j'ai envie de dire... La course, à la fin, ce qu'on vise, l'objectif, c'est la survie sur CND, mais l'important, en tout cas, le plaisir pour moi, c'est tout l'aspect préparation et puis le

SPEAKER_03

quotidien. Ok, super ça. Puis, à ce moment-là, tu courais environ combien de fois par semaine

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je pense que quand j'ai commencé, je devais courir quatre ou cinq fois par semaine. En fait, moi, j'avais complètement inscrit dans ma routine parce que j'avais quand même des enfants en bas âge. Et puis, rapidement, dans le club de course, les nombres de kilomètres à courir, c'était 10, 12, 14 kilomètres. Donc, pour les caser dans mon agenda, moi, j'avais continué à avoir les mêmes horaires que quand j'étais à Hawaï. Donc, je me levais à quatre heures… 45 du matin, j'allais courir mes 10-12 heures. 14 kilomètres. Et comme ça, j'étais de retour pour le lever de mes enfants, 6h15, 6h30, avant qu'ils aillent à l'école. Donc, en gros, je courais 5 fois par semaine et rapidement, ensuite, j'ai augmenté 6 fois par semaine. J'ai même eu un moment où je courais 7 fois par semaine, mais c'est pas mal aussi de se faire un petit jour de repos. Mais c'est devenu tellement un besoin qu'au Ok,

SPEAKER_03

ok. Puis là, c'était quoi ton objectif après 10 kilomètres, j'imagine, de préparer un demi-marathon?

SPEAKER_01

C'est ça. Mon objectif, j'étais quand même beaucoup aiguillée par mon coach. Et d'ailleurs, c'est ce que je trouvais extrêmement agréable, le fait de rejoindre un club de course. C'est l'idée aussi de mettre et d'avoir un programme défini par une tierce personne. L'idée de mettre son cerveau en pause, de lui faire complètement confiance et Donc, on me disait, prochain objectif, tu devrais courir un semi-marathon. OK, c'est mon objectif, je vais courir un semi-marathon. Le marathon, c'est à tant ou moins de courir un an avant de pouvoir viser le marathon. J'ai suivi ces conseils-là. Ma première année de course, je n'ai fait que des... Mes plus longues distances étaient des des semis. On a couru deux. Et la deuxième année, c'est là où j'ai couru mon

SPEAKER_03

premier marathon. OK. Puis moi, je suis curieuse de savoir comment ça s'est passé, ton premier demi-marathon.

SPEAKER_01

Wow! Alors là, c'était extraordinaire. Donc, pour moi, ça a été vraiment le... Mon coach, je l'ai annulé, ça a été un vrai magicien. Pendant tout l'entraînement, on ne s'était jamais entraîné, je n'avais jamais couru plus de 30 ou 40 minutes à vitesse marathon. Et tout d'un coup, la magie opérant, le premier semi-marathon de courir pendant, en l'occurrence, je pense que je l'avais couru en 1h35, de pouvoir courir pendant tout ce temps-là à vitesse B21. J'avais trouvé ça absolument extraordinaire. Je me rappelle encore, j'avais une playlist que m'avaient faite des amis, mes enfants, mon conjoint, etc., qui était ultra entraînante. Je me rappelle juste danser en train de courir. Je me sentais super bien. Donc, c'était un pur moment de magie et de plaisir. Même si le parcours en tant que tel n'est pas le parcours le plus incroyable qui soit, mais les conditions faisaient que j'étais sur un petit nuage.

SPEAKER_03

Puis, c'était quel événement au juste?

SPEAKER_01

C'était Longueuil.

SPEAKER_03

Ah oui, oui, oui. Qui est au printemps, je crois? C'est ça, oui. Exactement. OK, OK, oui, oui, j'ai déjà couru cet événement-là. Super, ça! Bien, Krim, pour quelqu'un qui n'est pas dans la performance, c'est quand même un bon temps pour un premier demi-marathon, je trouve.

SPEAKER_01

Oui, mais moi, je ne me rendais pas compte. J'avais appliqué les temps, les vitesses que mon coach m'avait dit. Puis c'est juste en revenant, je pense, au club de course. Moi,

SPEAKER_02

j'ai fait 1,35.

SPEAKER_01

Wow, 1,35, c'est ton premier?

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_01

Je n'avais aucune référence, en fait, de ce qui était... C'était quoi, en gros, les temps, moyens, etc. Donc, c'est peut-être le petit que je me suis dit, ah ouais, tiens, c'est peut-être... Les journées,

SPEAKER_03

ce que c'est bien, ça doit être bien. Mais moi, je suis curieux de savoir, de ce que je comprends, l'idée d'avoir un coach est arrivée quand même rapidement pour toi.

SPEAKER_01

Oui, c'est arrivé rapidement. c'est vrai à partir du moment où je me suis dit tiens j'ai envie de le faire sérieusement et surtout je pense que c'est arrivé rapidement mais c'est aussi une question de hasard je suis allée m'acheter des chaussures j'ai vu qu'il y avait un club de course je pense que la personne qui m'a servi c'était déjà à l'époque ce coach là il a réussi à me convaincre que ça pourrait être intéressant de m'inscrire au club moi je suis toujours prête à tester nos belles choses donc je me suis dit ok let's go je vais tenter ça donc Une fois que j'y ai goûté, j'ai adoré faire partie de ce club, être coachée. J'ai une confiance absolue dans ce coach. C'est

SPEAKER_02

vraiment agréable.

SPEAKER_01

de suivre finalement un plan qui

SPEAKER_03

est tracé pour soi. Je ne vais pas me poser de questions. Oui, mais je trouve ça intéressant de la façon que tu l'as amené parce que c'est vrai qu'il y a quelque chose qui est un peu sécurisant dans le fait de suivre un plan. En même temps, il y a comme un plus grand lâcher-pris, j'ai l'impression. Parce que tu ne te poses pas la question de qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui. C'est dans le plan, c'est là, puis parfait, ça va être ça, puis ça va fonctionner selon l'objectif que je prépare.

SPEAKER_01

Ah oui, mais tu as tout à fait raison. Et puis, moi, dans la vie, en tout cas, je pense qu'on a tous, on a 15 000 décisions à prendre sur tout, au travail, avec les enfants. Puis là, d'avoir un domaine où on n'a pas à se poser de questions, pour moi, c'est un grand luxe. Et puis, en plus, le fait que je les fasse complètement de mon confiant, ça fait que c'est encore plus agréable. Mais effectivement, tu as raison.

SPEAKER_03

Super! Après ton demi-marathon, tu as continué, tu dis que tu as fait deux demi-marathons, je pense, dans la même année? C'est ça.

SPEAKER_01

Après, le petit train du Nord, j'étais attirée par l'aspect nature, etc. J'ai couru, j'ai beaucoup aimé. En 1h28, j'ai re-regardé mes temps, parce que moi, tout ça, c'est Pour moi, comme je te dis, ce n'est pas le plus important. Donc, j'avais un petit peu progressé.

SPEAKER_03

Donc, la première année, j'ai couru ces deux semis-là. OK. C'est très bon comme deuxième demi-marathon à 1h28. Non, mais il y a des gens que ça va prendre 5-10 ans de progression avant de briser un an

SPEAKER_01

et demi. Moi, je suis très loin de ça. Oui, mais tu as raison. Moi, je me sens très chanceuse. Il y a un côté parce que je ne m'entraîne pas plus que les autres. Je ne fais rien de plus que les autres. Je pense qu'effectivement, il y a peut-être des prédispositions qui font que. Mais

SPEAKER_03

Mais il y a probablement aussi le basketball que t'as fait une bonne partie de ton enfance-adolescence qui a quand même forgé... De la rapidité, parce que le basketball, c'est un peu des intervalles.

SPEAKER_01

Oui, oui, effectivement. Il y a peut-être un petit peu de ça. Oui, je ne sais pas. En même temps, le basket, j'en disais, mais ce n'était pas non plus la haute compétition. Ça résoutait le basket municipal.

UNKNOWN

Oui.

SPEAKER_03

Super, puis comment c'est venu à l'idée pour toi de courir un marathon? C'était-tu vraiment quelque chose auquel tu aspirais faire?

SPEAKER_01

Non, pas du tout. À la base, j'ai toujours trouvé que c'était un petit peu, j'allais dire insane, mais oui, absurde de pouvoir un marathon risquer de se blesser. Pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Mais en même temps, il y a quand même un aspect symbolique, mythique, etc. Donc, je me suis dit, pourquoi pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Je vais tester. À chaque fois, je vais expérimenter, puis je verrai si ça me plaît ou pas. Donc, la deuxième année, l'idée, c'était aussi de voir moi, est-ce que ça me plaît de courir, de m'entraîner pour un marathon

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

» Ça a été plus ça. En même temps, quand ils ont un club de course, celui-là, c'est quand même l'un des objectifs ultimes, j'ai envie de dire. C'était assez naturel, finalement, la deuxième année

SPEAKER_03

d'essayer de viser cette distance. C'est quand même aussi plus de temps d'investissement, du moins pour les longues sorties. Ça monopolise un petit peu plus les temps libres

SPEAKER_01

c'est vrai effectivement tu as raison c'est un petit défi de plus mais en même temps j'ai c'est surtout des sorties longues la fin de semaine mais on s'était mis d'accord avec mon conjoint sur en fait je lui avais posé la question avant de m'entraîner pour le marathon en disant est-ce que tu serais prêt qu'une matinée par semaine par fin de semaine je le consacre à m'entraîner pour le marathon et donc résultat c'est toi qui t'occupes des enfants donc une fois qu'on s'était mis d'accord. Moi, je ne culpabilisais pas d'aller courir parce qu'on s'en était parlé, on s'était entendu là-dessus. Donc, ça a bien fonctionné.

SPEAKER_03

Puis, comment tu as trouvé ça, faire des plus longues sorties comme 30 kilomètres?

SPEAKER_01

Moi, j'aime beaucoup. Les sorties longues, Surtout, c'était pour préparer un marathon à l'automne. Donc, c'était beaucoup en période estivale. Donc, j'avais le temps d'aller dans la nature, explorer des parcs à proximité de Montréal, etc. Donc, moi, sortie longue, j'adore.

UNKNOWN

Merci.

SPEAKER_01

Je me sens bien.

SPEAKER_03

Ok, super. L'entraînement de ce que je comprends aussi, ça s'est quand même bien

SPEAKER_01

passé? Oui, oui, oui. Non, ça s'est très bien passé.

UNKNOWN

Puis...

SPEAKER_01

Oui, c'est juste impliqué à prendre. Pareil, les enfants, ils comprennent bien que pour que leur mère soit heureuse, soit patiente avec eux, il faut qu'elle aille se défouler un petit peu. Donc, tout le monde comprend que c'est quelque chose qui était important pour moi. Et moi aussi, je suis persuadée que pour être une bonne mère, pour être une... une professionnelle aussi pleinement compétente, il faut aussi s'accomplir dans d'autres points de sa vie plus personnels. Donc, Donc, j'étais aussi très à l'aise sur le fait que peut-être pendant une petite période de trois mois, j'allais prendre plus de temps pour moi et peut-être un petit peu moins

SPEAKER_03

être avec les enfants qu'on voit. Oui, puis une chose que je trouve qui est assez magique du sport, c'est quand on se priorise comme ça, bien, tout notre entourage immédiat en bénéficie aussi parce qu'on est plus disponible, on est plus heureux, on prend soin de nous.

SPEAKER_01

Oui, c'est clair. Effectivement, pour des enfants heureux, il faut des parents également qui sont heureux, qui ont cet équilibre. Je pense qu'il me paraît

SPEAKER_03

important

SPEAKER_01

d'avoir du temps pour chacun

SPEAKER_03

de soi. Puis, le marathon, je crois que c'était Toronto, c'est ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Oui, c'était Toronto. Je crois que Toronto, c'était l'un des événements de course du club. C'était dans les deux ou trois marathons que plusieurs personnes du club s'étaient fixées de courir. Moi, j'aimais bien. C'est une ville que j'adore. Je connaissais déjà des parties du parcours, etc. Donc, ça a été... On est partis à plusieurs du club ensemble et puis... Les deux jours de préparation, on l'a vécu à plusieurs. J'ai aussi beaucoup appris pendant cette période de préparation. Je ne me suis pas vraiment posé la question de comment vivre ces deux jours précédents. Là, le fait de le vivre à plusieurs, ça a été aussi un apprentissage sur... les bonnes pratiques de préparation. Donc, j'ai beaucoup aimé le

SPEAKER_03

avant-marathon autant que le marathon en tant que tel. Super, oui. Puis, c'est quelque chose aussi qui est différent de courir un demi-marathon puis un marathon. Carb loading pour un demi-marathon, c'est plutôt rare que j'entende ça. Mais pour un marathon, c'est un classique. Oui, oui, oui. Puis ça fait une différence le jour J si tu réussis à quand même

SPEAKER_01

bien

SPEAKER_03

optimiser ça.

UNKNOWN

Il paraît.

SPEAKER_01

Après, mon expérience est suffisamment limitée pour ne pas avoir pu tester différentes manières de faire cette préparation-là. Mais en tout cas, cette fois-ci,

SPEAKER_03

ça va bien fonctionner. Puis moi, je serais heureux de savoir comment s'est passé ton mariage. Oui,

SPEAKER_01

alors mon coach m'avait fixé comme défi objectif de faire ce premier marathon en dessous de 3 heures. Au final, je suis arrivée à 3 heures et 32 secondes. Donc, je n'ai pas complètement relevé le défi, mais j'étais quand même très heureuse d'être là. d'avoir expérimenté ça. J'ai adoré le parcours. Et puis, ça a été une très belle expérience. Et puis, en même temps, quand je suis arrivée, 3h32, Il y a mon conjoint qui m'a dit, mais ton objectif, c'était trois heures, en dessous de trois heures. Pourquoi tu n'as pas accéléré pour les 32 secondes qui te manquaient

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et là, sa question, j'ai trouvé ça génial parce que ça montrait toute l'absurdité de deux mondes, en fait, entre le monde des gens qui courent, qui savent que 32 secondes, c'est beaucoup finalement. Faire mieux sur un marathon de deux secondes, ben oui, certes, c'est sur 32 secondes sur trois heures, mais... Pour les gagner, ce n'est pas si simple que ça. Et puis, quelqu'un d'externe, c'est rien en fait. Juste, je cours plus vite sur les 500 derniers mètres. Donc, j'ai beaucoup aimé sa remarque. Et puis, en même temps, c'était assez proche de moi, ma propre… pour un temps c'est sympa ça met un objectif mais il y a un côté complètement absurde de courir pour gagner quelques secondes quelques minutes d'année en année donc Donc, à la suite du marathon, j'étais très heureuse, mais je me suis dit... En gros, j'ai fait ce que je voulais. J'ai testé, expérimenté un marathon. J'aime bien ça, mais courir pour un temps, ce n'est peut-être pas non plus l'élément qui me motive le plus. Et par la suite, j'ai peut-être plus envie de courir en nature, donc d'expérimenter le trail plus que le... la course sur route. L'année prochaine, ma troisième année, je vais plus... Je vais continuer à courir un petit peu sur route, mais en explorant plutôt l'aspect sentier. Donc, voilà.

SPEAKER_03

Ok, super. Moi, j'aimerais ça faire du push sur un truc que t'as dit qui m'intéresse beaucoup. Les gens que je vois souvent qui courent juste pour un temps ou qui sont trop obsédés de ça, à un moment donné, leur motivation s'écroule parce que c'est pas tant une motivation saine. Même un marathonien élite ou un olympien, Je pense qu'il faut que le plaisir soit dominant avant de courir pour un temps parce que c'est pas vraiment quelque chose qui est très très sain.

SPEAKER_01

Oui, je suis tout

SPEAKER_03

à fait d'accord avec toi. Mais c'est ma perspective, je comprends qu'il y a des gens, pour d'autres personnes aussi, c'est comme un pilier de motivation, puis c'est correct, mais je pense que si ça devient trop seul focus, il y a quand même un danger, puis il peut y avoir une facture à payer, entre guillemets, d'être trop focus sur ça, mais... Mais ça reste ma perception.

SPEAKER_01

Je la partage entièrement. Pour moi, le plus important, c'est de courir pour le plaisir au quotidien. Puis comme je le disais, finalement, le temps où... au marathon ou à n'importe quelle autre course, c'est juste un petit plus éventuel, mais qui peut ou n'arrivera pas, mais le plaisir,

SPEAKER_03

il doit se faire

SPEAKER_01

au

SPEAKER_03

quotidien. Oui, puis pour revenir aussi à ce que tu disais, 32 secondes, c'est quand même... Bien, c'est pas beaucoup, mais c'est quand même gros, parce que des fois, ça a l'air de rien, mais... sur 3 heures et tout, mais tu sais, on est brûlé après 30 km, après 35, pis c'est mental cette épreuve-là, pis faut que tu continues à te conditionner, à garder cet effort-là consistant, pis des fois d'en demander plus, pis en plus pour un premier marathon qui est clairement un Qualified Boston, C'est vraiment excellent. Je pense que

SPEAKER_01

tu as de quoi d'être fière de ça. Oui. Fière, je ne sais pas. Je suis contente, mais fière... J'ai l'impression d'avoir suivi un plan et que le magicien, ce n'est pas moi, c'est mon coach. Moi, je ne fais qu'exécuter et... Effectivement, si ça

SPEAKER_03

donne trois heures, c'est peut-être... Non, mais c'est parce que... Est-ce que tu sais à quel point c'est rare des gens que leur premier marathon... réussissent à se qualifier pour Boston. Il y a des gens, ça fait dix marathons qu'ils courent, qu'ils veulent arriver à ce stade-là, puis il manque encore quelques minutes, puis... Oui, bien...

SPEAKER_01

Oui, je... J'imagine. Mais une fois, je me sens très chanceuse. Je sais pas quoi dire. Chanceuse, reconnaissante de mon corps, de mon courage, de tout.

UNKNOWN

Mais...

SPEAKER_01

je ne fais pas grand-chose de plus que tous ceux qui courent comme moi avec les mêmes intensités et la même volonté, la même détermination et la même rigueur aussi. Effectivement, je suis

SPEAKER_03

reconnaissante de ça. En tout cas, je voulais juste partager que je connais quand même des gens qui acceptent et qui n'y arrivent pas. C'est quand même très, très bien. Donc, super. Fait qu'après ton année qui était beaucoup centrée autour du marathon, t'as décidé d'aller plus courir en sentier,

SPEAKER_01

tu disais? C'est ça. Et puis, j'avais envie d'autres expériences.

UNKNOWN

Également, ben, tu sais que...

SPEAKER_01

Pas couvert que pour moi non plus. Je trouvais qu'il y avait un côté assez égoïste. Couvert pour un temps, fierté personnelle, tout ça, oui, bon, OK. Mais j'en avais dit aussi quelque chose de plus... Plus pour autrui. Et je suis tombée sur un podcast qui parlait d'une course, la course CRIO, qui est une course, il y a plusieurs distances, mais pour lever des fonds, pour offrir des aventures sportives à des enfants atteints de cancer. Et moi, ça me rejoignait beaucoup. Mon père est décédé d'un cancer. J'ai des amis proches qui sont décédés aussi de cancer ou qu'on en a eu un. Donc, la cause me touchait. Et puis le fait aussi que le sport peut permettre à des enfants de retrouver une certaine confiance en eux, esprit même de communauté, etc. Je trouvais ça vraiment intéressant. Et puis le fait que ce soit en plein hiver sur le lac Saint-Jean, il y avait une des courses qui était notamment la nuit, Ça m'a convaincue. Donc, je me suis inscrite à cette course qui a lieu en février, en 35 kilomètres, qui s'appelle L'Étoilé. Qui est la

SPEAKER_03

traversée du lac, finalement. Exactement. Je pense que c'est sur la largeur, si je ne me trompe

SPEAKER_01

pas. Non, mais ils ont changé de trajet à plusieurs reprises. Les premières éditions, il y a eu beaucoup de... peu de personnes qui finissaient cette course-là. Les conditions ont été, certaines années, assez extrêmes. Donc, j'étais bien curieuse de... Pareil, d'expérimenter cette course, mais surtout ce qui m'intéressait et ce que j'ai adoré, c'est la préparation à cette course. Et surtout, l'aspect que je retrouvais aussi un petit peu dans l'escalade et même dans d'autres sports comme le surf, d'humilité. C'est-à-dire que je pouvais me préparer autant que je le pouvais, mais au final, la nature aurait toujours son dernier mot. C'est-à-dire que les conditions, le jour J, vous pouvez faire que la course prendrait une tournure... que je n'avais pas forcément imaginé. Donc, je me suis vraiment préparée à chaque niveau de température. S'il faisait moins 30, s'il faisait moins 35, s'il faisait moins 25. Donc, j'avais mon équipement, mes habits, mes stratégies pour chaque à 5 degrés près. Je savais exactement comment il fallait que je m'habille pour bien vivre une course sur 35 kilomètres. Et puis, le jour J, finalement, Finalement, ça a été effectivement Dame Nature qui m'a décidé autrement. Il a fait finalement trop chaud. Donc, moi, j'avais rencontré plein de personnes qui avaient couru la course les années précédentes, justement, pour essayer de me préparer au mieux. Et puis, il y avait tout décrit à quel point il avait fait froid, il était gelé, ta-ta-ta-ta-ta-ta. Donc, là, le froid, c'était bon, j'étais parée. Mais là, sur la chaleur, je n'étais pas préparée. Donc, dans le

SPEAKER_03

sens… Surtout en hiver

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

Québec.

SPEAKER_01

C'est ça. Et donc, là, quelques jours auparavant, il avait fait particulièrement chaud. Donc, la neige avait beaucoup ramolli. Et le jour J, il faisait moins 5 degrés, juste comme ça. Donc, la neige n'était pas du tout dure, alors que normalement, elle aurait dû être… Elle avait été tapée, mais en fait, ça ne donnait rien. Donc, les 35 kilomètres, je m'étais préparée un petit peu à courir en raquette, mais là, 35 kilomètres… C'était impossible de faire autrement qu'en raquette. J'étais quand même beaucoup moins habituée avec tous les pieds qui s'enfonçaient, etc. Et puis, il y avait aussi un temps limite que j'ai dépassé, mais qu'ils ont reculé au fur et à mesure de la course parce que sinon, ils auraient éliminé trop de personnes. Et là, je suis allée chercher... J'ai beaucoup aimé, mais je suis allée chercher très... très loin dans mes ressources. Et ce que j'ai bien aimé, je dis toujours, ce type d'expérience-là, ça permet aussi de se découvrir. Parce que je m'étais imaginée quels seraient mes facteurs de motivation si ça devenait dur, que je pensais à mon père, à mes amis, que voilà... Au final, vivre quelques heures de course pénible, ce n'était rien par rapport à ce qu'ils ont vécu. Et en fait, sur le moment, ce n'est pas du tout à eux que j'ai pensé, c'est à mes enfants en disant« je ne peux pas abandonner, je leur dis toujours persévérer, donc là, ça doit être extrêmement dur, je ne peux pas revenir à la maison et dire« non, désolé, c'était trop dur, je n'ai pas fini». Donc, ça a été une épreuve vraiment très intense. J'ai mis plus de cinq heures. Je ne pouvais plus marcher. J'ai passé la ligne. Je ne pouvais vraiment plus mettre un pas devant l'autre. Mais j'ai... j'ai beaucoup aimé j'ai beaucoup appris et puis donc j'étais très contente de la faire et puis effectivement la cause pour laquelle je la faisais j'étais j'ai été fière d'avoir couru pour cette cause là donc ça ça a été ma première je veux dire course en sentier donc pas de dénivelé mais par contre forte intensité en termes de

SPEAKER_03

conditions

SPEAKER_01

félicitations donc Donc voilà, pour la

SPEAKER_03

première course. OK, super ça. Est-ce qu'ils ont gardé le format de 35 km malgré la météo chaude et tout

SPEAKER_01

ça? Le jour J, oui. Après cette année, je

SPEAKER_03

pense

SPEAKER_01

que oui, le format continue.

UNKNOWN

OK.

SPEAKER_03

Oui, non, mais ma question, c'était pour toi, si la distance ou le parcours

SPEAKER_01

a changé. Non, ils n'ont pas changé la distance, mais par contre, le temps limite, effectivement, ils l'ont rallongé, le cut-off. Donc, ils n'ont pas éliminé les coureurs, même si je pense que le temps limite, c'était 4 heures et quelques. Donc, même ceux qui sont arrivés une heure plus tard, ils n'ont pas éliminé sur les... durant

SPEAKER_03

la course. Ok, ok, super ça. Puis, qu'est-ce que tu suggérerais à quelqu'un qui veut se préparer pour ça par

SPEAKER_01

curiosité? Je pense effectivement de tester équipement à chaque... à chaque degré de température, c'est quand même pas mal. Et également, courir en raquette dans la neige, donc prévoir les pires conditions qui ne sont pas forcément les plus froides, celles qu'on pense, mais d'être surtout prêt à changer ses plans le jour J, donc être à l'aise de courir raquette ou sans, moins 30 ou moins 5.

UNKNOWN

Et donc...

SPEAKER_01

Une grosse préparation

UNKNOWN

?

SPEAKER_03

être

SPEAKER_01

adaptatif je pense c'est ça exactement

SPEAKER_03

ok super ça ça a bien commencé ta saison de course

SPEAKER_01

c'est ça je voulais vivre des expériences j'en ai vécu et donc par la suite j'ai continué sur le trail donc je me suis dit toute l'année ça va être du trail donc j'ai fait plusieurs petites courses de trail j'essaye moi aussi de me trouver des coachs en trail etc et donc j'ai adoré tous les week-ends, j'allais courir dans la nature, etc. À Montréal, je pourrais sur le Mont-Royal pour avoir du dénivelé autant que possible. Ce que j'ai beaucoup aimé aussi, c'est l'apprentissage de faire la différence entre une préparation course en sentier versus course sur route, puis à quel point, finalement, le fait d'être dans une communauté, on prend les normes rapidement de la communauté pour acquise, notamment La course sur route, le fait de courir un 30 kilomètres par exemple par semaine ou un 20 kilomètres pour les sorties longues, déjà, c'est une belle distance. Mais là, les gens d'un autre club, le week-end, ils couraient un 50 kilomètres. Le dimanche ou le samedi, un 50 kilomètres, un 60 kilomètres. En fait, les échelles changent complètement et... Et ça paraissait dans cette communauté complètement normal finalement de courir un 50 kilomètres une fin de semaine. Donc, se rendre compte à quel point finalement ce qui nous paraît exigeant ou qu'on est dans une communauté peut être beaucoup plus relativisé dans une autre et inversement. donc je trouve que c'est intéressant de voir cette différence en termes de de référence finalement et Donc, ça, j'ai beaucoup aimé. Puis, effectivement, après, l'ambiance est très agréable aussi, très sympa. Je me rejoins aussi beaucoup sur le fait que, rarement, les gens, pas pour un temps, mais peut-être pour une position, être le premier, le deuxième, ça, ça me rejoint encore moins, j'ai envie de dire. Mais... mais aussi pour le plaisir et pour l'aspect nature. C'est sûr que c'est assez similaire à

SPEAKER_03

mes propres motivations. C'est ça, je reconnais aussi tes motivations d'escalade, d'aller dans le week-end dans la nature. Aller courir 30 kilomètres avec des amis un samedi, c'est un peu la même vibe.

SPEAKER_01

Complètement, oui. Petit à petit, courir en nature, c'est aussi... Rapidement, l'idée de voyager en nature, donc faire des week-ends en nature où je porte de quoi dormir et puis dormir dans un trois toits, trois murs et puis dans la nature et puis se faire deux étapes comme ça d'affilée. Donc, les courses de sentier sont devenues des week-ends un petit peu nature, exploratoire de voyage, de découverte Et mon objectif était... à la fin c'est le trail du Grand Luc donc à l'automne 35 km moi c'était un petit peu ma course phare de l'année et donc j'ai couru cette course en famille chacun met sa distance et c'est là où je me suis dit le trail j'adore courir en nature mais j'ai pas forcément envie de continuer à courir à faire des courses de trail parce que j'adore courir sur des sentiers qui est plat, j'adore monter, grimper, déniveler positif, j'adore ça, mais alors les descentes, Je déteste. Je ne sais pas descendre encore. Donc, je voyais les gens qui me dépassaient, qui avaient des grands sourires, qui faisaient des pas immenses en descendant. Et moi, je souffrais pour essayer de ne pas me tendre la cheville à chaque rocher. Donc, je me suis dit que c'était quand même dommage de passer à côté de ce plaisir-là qui a l'air d'être immense, mais j'ai l'impression de passer à côté d'un des plaisirs du trail et bon donc je me suis dit course de trail c'est peut-être pas ce que ça que je vais vouloir continuer à faire en nature oui mais peut-être pas des courses peut-être pas des courses comme ça en tout cas où il y a des dénivelés

SPEAKER_03

important. Ok, ok. Puis sinon, est-ce que t'as fait d'autres courses que le Grand-Duc pour te préparer à

SPEAKER_01

ça? Oui, j'avais fait plusieurs autres courses. Alors, il y avait la clinique du coureur,

SPEAKER_03

je pense. Qui est quand même une course relativement

SPEAKER_01

technique. Oui, oui, oui. Je m'étais perdue. Mais je pense que c'est apprentissable aussi. Ils sont un petit peu idiots quand ça arrive, mais je pense que c'est un apprentissage nécessaire. Et oui, j'avais dû faire deux, trois... En tout cas, vous ne m'en faites pas force, c'est mon... les noms, mais je crois le Massif du Sud aussi. Donc, j'en avais faussé...

SPEAKER_03

Ouf! Massif du Sud, c'est quand même un endroit assez technique, ça aussi, là. Très... Il y a beaucoup de racines et des sentiers

SPEAKER_01

très techniques.

UNKNOWN

Oui, oui, oui.

SPEAKER_01

Mais encore une fois, j'ai peu de références. J'ai du mal à juger. En gros, j'aimais bien, mais pas envie de m'y consacrer pour que ce soit un objectif pour les

SPEAKER_03

années qui suivent. Je comprends. Je suis curieux de savoir comment s'est passé ta course finale du 13 Grand-Duc.

SPEAKER_01

ça s'est bien passé dans le sens où mon objectif numéro un c'était de ne pas me blesser j'ai atteint mon objectif Objectif numéro deux, c'était de savoir effectivement si je voulais continuer là-dedans, etc. Donc, la réponse est non, mais par contre, j'ai une réponse. Et sinon, j'ai adoré, en dehors des descentes, j'ai adoré le tracé, les montées, le petit plat final où j'ai pu me faire plaisir aussi. Donc, très belle ambiance. Je trouvais que c'était un petit peu tard dans la saison, qu'il n'y avait pas les couleurs flamboyantes de l'automne. Les feuilles étaient déjà toutes tombées, mais

SPEAKER_03

sinon, c'est une course que je recommanderais, c'est sûr. Ok, super ça. Puis, ça a été quoi après ça, tes objectifs? Je sais qu'il y a eu le tour de l'île d'Hawaï qui est arrivé à quelque part après ça.

UNKNOWN

C'est ça.

SPEAKER_01

Effectivement, on avait décidé de retourner à Aoi pour des questions vraiment pratico-pratiques. Actuellement, les billets étaient à des prix... Défiant toute concurrence, mes enfants voulaient y retourner, revoir leur école, etc. On avait décidé de passer les vacances là-bas. Si on passe les vacances, moi, je vais rallonger de deux semaines. Je vais quand même courir le marathon d'Honolulu. J'avais deux semaines auparavant seule à Hawaii. Et là, je me suis dit, en fait, voyager en courant, ça pourrait être une belle occasion de redécouvrir cette île que je trouve absolument magnifique, mais autrement que ce que j'ai pu la découvrir quand j'y habitais. Donc, je me suis dit, OK, pourquoi pas faire le tour de l'île d'Oahu, où est située Honolulu. Ça fait un petit peu plus de 200, 210 kilomètres. et de finir par le marathon 10 jours, 200 km c'est parfait, 20 km par jour et l'idée c'était de m'arrêter à un endroit un petit peu à une plage à la fin de chacun de ces journées là pour allier plaisir de la course et puis plaisir de la natation aussi des plages qui sont absolument magnifiques sur place donc

SPEAKER_03

Moi, je suis curieux de savoir, c'était quoi ta stratégie d'endroit pour dormir? Est-ce que tu avais déjà planifié

SPEAKER_01

un itinéraire? Oui. Alors, en fait, ma stratégie, c'était je résidais, je logeais dans l'auberge de jeunesse d'Honolulu. Et en fait, chaque jour, j'allais en voiture à mon point de départ et ensuite, je faisais de l'autostop pour revenir à ma voiture. Donc, je courais les 20 kilomètres, je Je faisais du stop et ensuite, je revenais sur... Donc, finalement, je rayonnais. Je ne dormais pas à chaque fois sur

SPEAKER_02

place.

SPEAKER_01

Ah, ok. Donc, l'idée derrière ça, c'était de ne pas porter des sacs trop lourds. Et l'autre élément, en fait, c'était un de mes objectifs aussi de voyager en courant, c'était de rencontrer des gens. Et le fait de faire du stop, bon, ce n'était pas toujours concluant. Parfois, j'ai dû prendre le bus et parce que je n'avais pas trouvé de personnes qui me prennent en stop. Mais sinon, l'idée, c'était quand même aussi de favoriser les rencontres. Donc, j'aimais bien cette idée de provoquer aussi la rencontre à travers le stop. Mais de manière générale, l'idée de voyager en courant, c'était de… C'est ça, de provoquer des rencontres avec des locaux. Parce que quand on voyage, quand on court finalement, les gens nous sentent vulnérables. Et donc, de manière presque… Beaucoup plus naturelles viennent à notre rencontre discuter, etc. Et je trouve que ça fait toujours place à des belles rencontres. Surtout si... Moi, ce que j'aimais bien faire, c'est exprimer ma vulnérabilité aux gens que je croisais. J'étais dans un petit village, allait demander de l'eau, même si je savais qu'il y avait une épicerie deux kilomètres plus loin, juste pour créer des occasions, des prétextes d'aller parler parler à des gens et puis les gens se lient très facilement et dès qu'ils voient qu'ils peuvent aider, ils le font. Donc, c'est ça aussi l'idée de voyager en

SPEAKER_03

courant. C'est vraiment cool, ça. Ça a été quoi ton plus grand apprentissage de cette expérience-là?

SPEAKER_01

Oui, alors, il y a une phrase vraiment qui m'a... j'ai dû entendre dans un podcast quand je courais qui était une phrase de Sénèque qui dit peut-être à déformer un petit peu désolé pour les puristes mais nous n'osons pas parce que les choses sont difficiles mais nous trouvons les choses difficiles parce que nous n'osons pas. En tout cas, moi, comme j'ai compris cette phrase-là, c'est souvent on se met des barrières à nos projets parce qu'on pense qu'il va y avoir des obstacles, que ça va être dur, etc. Mais en fait, c'est une fois qu'on se lance, on voit que tous les obstacles, on arrive à les tourner, trouver des solutions, ça va peut-être prendre du temps. L'étape que je pensais être facile finalement, c'est l'horreur parce que je traverse une autoroute de 6 voies, qu'il fait super chaud, que c'est brillant, c'est ultra dangereux, etc. Mais au final, je vais trouver une solution et ça va bien se passer, etc. Donc, l'idée d'être un petit peu... audacieux quand on a des projets, des passions qui nous tiennent vraiment à cœur et pas d'imaginer toutes les pires choses qui peuvent arriver et de se mettre soi-même des bâtons dans les roues. Donc, il y a une petite... une street-arteuse que je n'aime pas bien, donc une personne qui fait des street-arts, qui avait écrit une phrase aussi que j'aime beaucoup, on n'est jamais mieux asservi que par soi-même. Donc, je trouve que souvent, c'est soi-même qui sommes nos propres limites à ce qu'on peut faire. Et puis, notamment chez les femmes, moi, ma mère m'a beaucoup dit à chaque fois que je voulais faire quelque chose, mais attention, les risques que tu prends, c'est sûr que c'est c'est pas trop dangereux donc on se met soi-même beaucoup de barrières les gens autour de nous moins au Québec mais je trouve beaucoup plus ça aussi en France en tant que femme on nous rappelle à chaque fois à quel point on est vulnérable ben non je trouve que il faut se faire confiance et puis il faut oser et on voit qu'en fait c'est pas ça on trouve souvent des solutions et oui il y aura des obstacles et oui il y aura des défis mais dans la plupart des cas, ça sera... On trouvera des manières de les

SPEAKER_03

contourner. Donc, c'est vrai. L'apprentissage que... Oui, oui, oui. Clairement, puis, tu sais, moi, je me rappelle d'une citation qui dit, tu sais, il n'y a pas de... Il y a... C'est en sortant de notre zone de confort que notre zone d'inconfort s'agrandit. Puis c'est tellement vrai. Puis je pense que ça fait quand même certain sens avec ce que tu dis. Parce que, tu sais, si tu restes dans... On est tellement dans une société que tout peut être facile, tout peut être simple. Mais si on décide de tout le temps faire le minimum, bien, je pense qu'à un moment donné, on va se contenter de des... Du minimum, puis on va développer peut-être la paresse, puis des... des réflexes un peu faciles, mais quand tu décides volontairement de te confronter, de sortir de cette zone-là, puis de trouver des défis qui sont plus grands que toi, bien, tu te rends compte que les capacités qu'on a sont bien plus grandes. Le problème, c'est les limites qu'on s'impose, parce qu'on a tout le temps des capacités plus grandes que ce qu'on croit avoir, mais il faut vivre cette adversité-là pour les

SPEAKER_01

découvrir. Oui. Non, je tout à fait d'accord avec toi mais il y a aussi un autre aspect c'est je pense qu'à partir du moment où on est passionné on veut vraiment quelque chose on se rend peut-être moins compte de on se met aussi moins de barrières cette audace on l'a plus parce que moi quand j'ai conçu ce voyage là c'était Je ne voyais pas ça comme audacieux. C'est en parlant avec les gens, notamment, une fois que j'étais sur place, qui étaient« Waouh, tu fais ça, mais tu ne fais pas…» Me montrer à quel point ça leur paraissait audacieux, alors que moi, ça me paraissait… Non, c'est juste que je pourrais. Mais je pense que c'est parce que ça me tenait tellement à cœur que je ne voyais pas toutes les… En tout cas, moins, tous les obstacles qu'il pouvait y avoir et qu'il y a… En tout cas, je me sentais la force de pouvoir y faire face parce que ça me tenait

SPEAKER_03

particulièrement à cœur. C'est vraiment cool, ça. Puis, moi, je suis curieux de savoir comment ça s'est passé, ton marathon, dix jours plus tard après avoir cumulé quand même tous ces

SPEAKER_01

kilomètres-là. Oui. Bien, Là, pareil, il y a toujours mon coach qui est derrière tout ça. Son conseil, c'était de courir 45 minutes par kilomètre, qui est quand même beaucoup plus lent que la vitesse que je cours d'habitude. Et donc, d'être dans une zone de courir le courir confortablement donc ça a été vraiment du plaisir du début à la fin Après, la fatigue des dix jours précédents, je n'en ai pas souffert. Je n'ai pas eu vraiment l'impression que ça m'affectait tant que ça, en tout cas à cette vitesse-là. Mais par contre, le fait de courir à un rythme agréable, confortable pour moi, ça fait que le marathon, c'était un plaisir décuplé. Mais quand même, un marathon, ça reste long. Au bout d'un moment, je commençais à... Même si ce n'était pas de la fatigue physique, au bout de trois heures, tu cours, tu cours. Je commençais à bien connaître les endroits de Nubu. Ça doit être très joli. Ça fait long. Et là, je me suis amusée. En tout cas, amusée. Mais en fait, ça me donnait beaucoup d'énergie à sourire à tout le monde. Aux bénévoles, aux autres coureurs, à les encourager, etc. Et en fait, ça a été au début une... C'est devenu une stratégie parce que les gens étaient tellement réactifs dès que je me mettais à avoir un grand sourire que finalement, j'avais beaucoup plus de support de la foule en ayant cet énorme sourire, en les saluant, etc., que ça a été finalement un moment de... plaisir, de sourire, de... de joie, de reconnaissance aussi, d'avoir la chance de pouvoir courir ces 40 kilomètres. Ça reste quelque chose d'extraordinaire. Je sais que tout le monde ne peut pas le faire. Et moi, je suis très reconnaissante de pouvoir avoir ce plaisir-là dans la vie. Ce que j'aime beaucoup aussi dans le marathon de Donnelu, c'est que c'est extrêmement inclusif. C'est un marathon où il n'y a pas d'heure limite, de temps limite. Il n'y a pas de cut-off. Et résultat, on croise des personnes de tout âge. Moi, sur la ligne de départ, il y avait un garçon, il avait 12 ans. Je pense que la personne la plus âgée qui a terminé, elle avait 96 ans. Donc, c'est très inclusif et Résultat, je suis contente qu'avec les gens avec lesquels je pourrais partager une certaine valeur. On court tous et quels que soient nos âges, nos performances, nos capacités, on est tous dans cette fête

SPEAKER_03

sportive. Je me demandais, le fait que tu as couru comme 10 jours toute seule, j'imagine un peu plus dans ta bulle et tout ça, le Le fait de courir avec une foule et autant de gens, ça devait quand même être

SPEAKER_01

déstabilisant un peu. Oui, effectivement. Oui, il y a un côté extrêmement entraînant de courir avec tant de personnes autour de soi. Après, on reste tout seul quand même, je trouve.

SPEAKER_02

en

SPEAKER_01

cours en marathon on reste seul en plus le début du marathon il pleuvait etc donc tout le monde était un petit peu en train d'essayer de s'abriter chacun dans sa bulle euh Donc, oui, moi, je trouve que c'est génial de finir avec cet événement collectif et puis de réintégrer le monde après 10 jours un petit peu plus d'autarcie méditatif et autre. Mais... Oui,

SPEAKER_03

c'est une belle manière de finir le tout, je trouve. Super ça. Puis, le fait aussi que tu courais plus lent que ton rythme habituel de la marathon, est-ce que pour toi, ça a changé quelque chose? Tu sais, si tu compares, mettons, à ton marathon de...

SPEAKER_01

De

SPEAKER_03

Toronto, que tu as fait vraiment à ta pleine capacité de ce moment-là, versus l'autre, lequel a été le plus agréable pour

SPEAKER_01

toi? En termes de... Le premier, je pense, le premier marathon, ça reste le premier. Donc, effectivement, c'est un moment fort.

UNKNOWN

Il y a une...

SPEAKER_01

forcément de la fierté à la fin donc je pense que ça restera un marathon incomparable par rapport à tous les suivants après le fait de courir pour le plaisir déjà en fait c'est pas si facile que ça pendant les premiers kilomètres en disant ok non je cours pas pour le temps ça reste quand même c'est pas le mindset l'état d'esprit habituel donc j'ai dû un petit peu me restreindre ce qui a créé je pense une petite quand même en toute honnêteté une petite frustration mais positive c'est-à-dire que je me suis dit bah tiens cette année je vais essayer quand même de courir pour le temps question de de voir et puis de où je peux aller. Je dis que le temps, ce n'est pas important, mais en même temps, ça peut être une expérience en tant que telle de courir une fois vraiment avec ça en tête. Mais le fait de courir aussi en dessous finalement de ses capacités, déjà, ça donne vraiment confiance en disant 40 kilomètres, c'est tout à fait... faisable si on prend son temps et ça reste un plaisir festif et c'est ça qui est aussi important dans le marathon c'est le fait de courir tous ensemble avec des gens qu'on ne connait pas mais qui ont quand même tous des histoires On sait que derrière un marathon, il y a une histoire personnelle qui est forte. Moi, avant de courir des marathons, je me rappelle qu'à chaque fois que j'allais encourager des marathons, que je voyais des marathons, je pleurais, juste en m'imaginant l'histoire de chaque personne derrière ce marathon. Parce que c'est des gens qui ont sacrifié, qui se sont dépassés, qui ont certainement sacrifié certains éléments de leur vie, en tout cas, qui ont osé. Donc, je trouve qu'il y a quelque chose de collectivement et individuellement très très fort dans chaque marathon même si c'est pas seulement au courant mais en tant qu'observateur c'est C'est des

SPEAKER_03

événements que j'aime beaucoup. Ça nous prouve encore une fois que les capacités qu'on a sont souvent plus grandes que ce qu'on peut s'imaginer. Si on m'aurait dit il y a 20 ans« tu vas courir un marathon un jour», je n'aurais jamais cru à ça. C'est clair. Quand je l'ai fait, j'ai fait« ok, cool». Puis là, je me posais la question, ça veut dire que je suis capable de courir un marathon, il y a plein de choses que je me disais pas être capable de faire, que je vais être capable de faire. Moi, ça a ouvert beaucoup le champ des possibilités, en tout cas pour moi.

SPEAKER_01

Mais je trouve que ta réflexion est bonne, ça montre qu'est-ce qu'on est capable de faire ou pas, mais je trouve qu'il y a un moment où il faut plus poser la question de est-ce que je suis capable ou pas, mais c'est est-ce que j'aime ça ou pas. C'est-à-dire que pour ir un certain kilomètre, peut-être que je serais capable, mais est-ce que j'ai vraiment envie de le faire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Est-ce que c'est vers là que j'ai envie de mettre mon énergie et mon temps, etc. Aussi, de switcher cette... de cette pensée en disant oui peut-être que si je m'y mettais je serais capable mais est-ce que j'ai envie de me prouver encore quelque chose ou alors j'ai juste envie d'expérimenter quelque chose et puis d'apprendre sur moi-même ou d'apprendre sur les autres là aujourd'hui je suis plus dans l'état d'esprit non pas me prouver des capacités que je ne l'ai obligé pas, mais plutôt d'expérimenter qu'est-ce qui me plaît particulièrement.

SPEAKER_03

Et voilà. Ok, super ça. Puis, c'est quoi tes prochains défis par

SPEAKER_01

curiosité? Prochain défi, il y a Cet automne, il y a quand même un marathon de petits trains du Nord, donc je vais essayer d'aller sous la base des trois heures. Et puis, je pense que l'idée de voyager en courant, je ne vais peut-être pas le refaire cette année, même si je vais peut-être faire quelques week-ends en courant, etc. Mais je pense que c'est quelque chose que je vais continuer à explorer parce que je trouve que c'est effectivement très agréable de découvrir un paysage, une ville, une culture en courant, que ce soit le Japon ou autre terre un petit peu lointaine que je connais un petit peu moins, mais qui, malgré tout, chaque bout de paysage a son intérêt. Je pense que je vais continuer à explorer ce volet

SPEAKER_03

l'élan. Puis, est-ce que l'aspect de courir en nature est encore là

SPEAKER_01

aussi? Ouais, ouais. Moi, courir en nature, oui. Mais si c'est courir en nature, c'est pas faire de course de trail. C'est-à-dire que ça va être pour moi, donc à mon rythme. Et puis, avec les itinéraires qui aussi... le relief, parce que pour Central, c'est souvent quand même beaucoup de dénivelé. Et... Et ça, il y a un volet qui me

SPEAKER_03

plaît bien, mais il y a un volet que

SPEAKER_01

j'aime un petit peu moins.

SPEAKER_03

Des descentes en panne. Voilà. Puis sinon, est-ce qu'il y a des destinations que tu as que tu aimerais aller faire un marathon un jour, autre, ou est-ce qu'il y a d'autres courses qui sont sur ta bucket list que tu veux absolument faire un jour?

SPEAKER_01

Il n'y a pas une course en particulier qui est sur ma bucket list. Je pense que toute course qui, dans un endroit que je ne connais pas, pas trop urbain, mais ça peut être aussi très urbain, comme Chicago, que je ne connais pas, que j'aimerais bien découvrir. Donc, que le marathon puisse être le prétexte de découvrir une ville ou un endroit... de manière privilégiée ça je pense que oui donc il n'y en a pas une en particulier mais je pense que je pourrais embarquer sur sur

SPEAKER_03

beaucoup

SPEAKER_01

hum hum

SPEAKER_03

Ok, super ça. Puis moi, je suis curieux de savoir, en terminant, qu'est-ce que tu recommanderais à quelqu'un qui prépare son premier marathon ou qui veut préparer son premier marathon puis en profiter puis avoir du plaisir? Ça serait quoi ton meilleur conseil?

SPEAKER_01

Déjà, s'il veut avoir du plaisir, effectivement, c'est de garder ça à l'état d'esprit. C'est-à-dire que pour moi, c'est le plaisir qui doit être à la base de tout puis de la motivation et au final de la performance. Et puis... L'autre conseil, c'est de se faire accompagner par un coach ou de faire partie d'un club de course. Moi, je trouve que c'est quand même, en termes aussi bien de motivation que d'apprentissage, on peut télécharger des plans de course, on peut regarder, écouter plein de podcasts, mais quand même, cette dynamique... dans le club de course et... ou d'un coach je trouve que c'est irremplaçable en tout cas moi ça fait une énorme

SPEAKER_03

différence et c'est vraiment la recommandation que je ferais super recommandation pour vrai je suis très d'accord avec tout ça donc écoute Cléo merci beaucoup à toi et félicitations pour ton parcours super inspirant c'est vraiment ton projet d'Hawaii c'est vraiment vraiment cool je trouve ça vraiment inspirant

SPEAKER_01

Merci beaucoup. Si ça peut m'inspirer d'autres. Moi, sur le Hawaii, ce que j'ai envie que les gens retiennent, c'est qu'il n'y a rien de difficile là-dedans. Organiser un voyage en courant 20 kilomètres ou n'importe le nombre de kilomètres que les gens veulent, c'est... Il n'y a rien d'extraordinaire, mais par contre, ça permet vraiment de découvrir un endroit de manière autrement, plus connecté à la nature, parce que c'est autre chose que quand on se déplace, même en vélo ou en moto, chaque bout de paysage, on se les remémore, on se les... En tout cas, on en profite beaucoup plus. Les rencontres, c'est sûr que ça les facilite. Et puis, c'est aussi un moyen de se découvrir ou de découvrir effectivement différemment soi-même ou dépendre de la culture locale. Je pense que j'espère pouvoir en inspirer d'autres. Ce n'est pas compliqué à organiser. Il suffit juste de se prendre le puis

SPEAKER_03

d'en avoir envie. Super, ouais, ben, vraiment, vraiment super ta recommandation, là. Puis, ouais, puis je pense que t'as raison, c'est tellement... J'ai une amie, moi, qui disait ça, qu'elle allait faire des marathons dans des villes, justement, pour découvrir des villes, puis je trouve ça intéressant, cette approche-là, parce que c'est vrai qu'il y a quelque chose qui est un peu exploratoire, là, d'aller découvrir, je sais pas, peut-être New York, Chicago, peu importe quelle ville, c'est quand même intéressant. Ou sur d'autres continents

SPEAKER_01

même. Puis au-delà des courses toutes tracées, faire une course selon ses propres centres d'intérêt, si c'est... en fonction de chacun d'entre nous. Effectivement, est-ce que c'est le Japon? Est-ce que c'est les Alpes

SPEAKER_03

japonaises? Oui, puis c'est vrai qu'on n'a pas nécessairement besoin d'un événement pour se motiver.

UNKNOWN

C'est ça.

SPEAKER_03

Super. Écoute, merci beaucoup à toi et bonne continuité.

SPEAKER_01

Merci

SPEAKER_03

beaucoup. Oui, bonne chance avec le petit train du Nord qui est un marathon assez rapide s'il n'y a pas de canicule

SPEAKER_01

chaleur. Oui, effectivement.

UNKNOWN

Merci.

SPEAKER_01

À cette époque de l'année, effectivement, c'est un bon temps et puis un beau moment dans l'année et puis un parcours très agréable. Donc, merci beaucoup.

SPEAKER_03

Super, merci à toi.