Repousser les limites
T'aime la course à pied ... tu cherches une motivation pour sortir courir le mardi! Quel adont; j'ai un nouvel épisode qui sort à chaque mardi. Beau temps ou mauvais temps: on a maintenant notre rendez-vous hebdomadaire!
You love running... you're looking for motivation to go out for a run on Tuesday! What adont; I have a new episode coming out every Tuesday. Rain or shine: we now have our weekly meeting! (Few episodes are in english.)
Repousser les limites
#240 - Jocelyn Corbeil - Skimo, Utmb, PTL, Canadaman, Raid d’aventure, Pierra Menta et l’apnée
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Jocelyn est tout un athlète d’endurance depuis plus d’une trentaine d’années.
Il me raconte tout son parcours sportif, dont comment sa mère l’a aidé à aller dans un programme sport/étude.
Ce qui a littéralement transformé sa vie.
Il est devenu dentiste à son compte.
Il s’est lancé dans les Raid Aventure. C’est devenu rapidement une passion pour lui.
Il en a fait plein partout au Canada et même à l’international.
Il a découvert la course en sentier bien avant que ça devienne populaire par ici.
Il a participé entre autres à la Canadian Death Race, pour se ramasser des points pour aller faire l’Utbm.
Suite à l’Utmb, il a toujours aimé avec des complices comme dans les Raid: il s’est la cé dans la PTL.
Il a découvert le Skimo (ski de randonné) bien avant que ça devienne populaire également. Un sport qu’il affectionne toujours encore, aujourd’hui!
Il a faite à plus Canadaman à Mégantic: un autre évènement coup de coeur pour lui.
Il a même participé avec son fils, une année.
Maintenant, sa nouvelle passion c’est l’apnée. Il me raconte comment ça transformé sa vie, et son côté qui apporte un apaisement dans le corps.
Il vient tout juste d’aller chercher une certification pour l’enseigner.
Un homme de coeur, tellement passionné et dévoué pour les sports d’endurance!
Il est la preuve vivante qu’il y a moyen de perdurer dans le sport d’endurance quand on quantifie bien le dosage et qu’on maitrise bien plusieurs sports!
Toute une source d’inspiration ce Jocelyn!
Bonne écoute!
Bienvenue au podcast Repousser les limites. Votre animateur, JF Dussault, s'entretiendra avec des athlètes d'endurance et collaborateurs qui gravitent autour de la course en sentier et bien plus encore. Abonnez-vous, partagez l'épisode et bonne écoute
UNKNOWN!
SPEAKER_01Bienvenue à Repousser les limites cette semaine, je suis vraiment content, je m'entretiens avec un guerrier que ça fait longtemps qu'il fait de l'ultra-endurance, il a fait quelques fois le Canadaman, il a fait beaucoup de raids d'aventure, il fait beaucoup de skimo, il fait beaucoup d'apnées maintenant, il a fait plusieurs sports, du vélo de montagne, du cycliste, donc... Jocelyn Corbeil, bienvenue sur le podcast et merci beaucoup d'avoir accepté
SPEAKER_02l'invitation. Ah ben, merci
SPEAKER_01beaucoup à toi. Ça fait plaisir. Écoute, moi, je suis curieux de savoir, Jocelyn, comment le sport est arrivé dans ta
SPEAKER_02vie. Comment est-ce qu'il est arrivé dans ma vie, mon sport? Moi, je viens d'une famille qui est sédentaire. Ma mère, mon père, ma soeur, ils ont toujours fumé dans ma tête depuis que je suis tout petit. Le sport, j'ai toujours voulu en faire, mais c'était comme dans une famille de sédentaires, c'était quand même assez difficile. On avait des petits vélos à l'époque, puis on se promenait partout, puis on avait bien du fun. À un moment donné, en sixième année, j'ai un professeur qui nous expliquait les collèges privés où on pouvait passer la semaine à l'école, à vraiment dormir là-bas, puis que là-bas, il y avait plein de sports, le collège Bourget-Arrigaudon, un des collèges, puis c'est ça. Fait que là, je suis arrivé chez nous tout excité. Là, j'explique ça à mon père et à ma mère. Je dis « Hey, il y a des écoles où on peut faire du sport, puis on reste couché à l'école, puis aller au collège privé. » Fait que j'ai dit, je vais aller là, moi. Là, ma mère, elle dit, hein, ben là, mon père, il dit, non, non, ça coûte ben trop cher, les collèges privés, pis ci, pis ça. Fait que là, j'ai parti une guerre entre mon père pis ma mère pendant des années après parce que ma mère, elle disait, ben, s'il veut aller au collège, il va y aller. Pis mon père, il disait, non, moi, je paye pas pour ça. Fait que ma mère, qui avait une petite job de boutique, elle vendait du linge pour les petits messieurs, là, vraiment, veston, cravate et tout ça. à Saint-Jérôme, ben, elle a lâché sa job pour aller faire des bobines de fil à Saint-Jérôme, là, des bobines de fil électriques à la, je me souviens plus comment ça s'appelle, l'usine, là, mais elle a fait ça pendant 5 ans pour me payer le collège, imagine-toi. Wow! J'ai fait du sport à cause du collège, surtout, pis j'en avais... Pis grâce à
SPEAKER_01ta mère,
SPEAKER_02là? Pis grâce à
SPEAKER_01ma mère, exactement.
SPEAKER_02Wow! C'est donc ben cool, ça! Fait que, pis eux autres, ben, Au moins, de cette façon-là, moi, je m'éloignais aussi de la maison où c'était enfumé. On est de la génération où ça fumait partout, dans l'auto, partout. Il y avait juste moi et le chien qui ne fumaient pas.
SPEAKER_01C'était une ambiance plus propice
SPEAKER_02à faire du sport, on s'entend. Exactement, c'est ça. Finalement, j'ai fait mon collège là-bas, j'ai joué au football, j'ai fait tous les sports. Il y avait de l'athlétisme, il y avait du... n'importe quoi. Tu pouvais faire ce que tu voulais
SPEAKER_04là-bas.
SPEAKER_02Le sport, j'en ai fait vraiment beaucoup là-bas. Parce que chez nous, je ne sais pas qui m'a donné cette envie-là de faire du sport, mais ce n'est surtout pas mes parents C'était sédentaire. Peut-être que je ne sais pas. J'ai toujours été un petit peu le petit mouton noir de la famille chez nous.
SPEAKER_01Ça a été quoi le premier sport que tu as vraiment développé un fort intérêt
UNKNOWN?
SPEAKER_02Mes parents m'ont mis sur des skis, puis je savais presque pas skier. Je savais presque pas marcher à l'époque. J'apprenais à marcher, puis ils m'ont mis sur des skis très, très, très, très jeunes. Ah oui? Oui, puis à Saint-Jérôme, à la Côte-Parent, je faisais partie d'un petit club, puis les parents venaient me reconduire là, puis moi, j'étais tout heureux, je faisais du ski là, puis après ça, c'était la zone Laurentienne avec le Mont-Saint-Sauveur, puis j'ai fait ça jusqu'à 18 ans de ski alpin. Jusqu'à ce que j'ai... À l'entraînement, une chute assez incroyable qui m'a paralysé les jambes pendant presque... presque une semaine que je ne sentais pas mes jambes. J'ai eu très, très peur. Puis après ça, j'ai décidé de focusser sur mes études. À partir de 18 ans, 19 ans, j'ai été plus focussé sur les études. J'avais un rêve de devenir dentiste, mais je n'étais pas bon à l'école. Je n'avais pas des bonnes notes. Je n'étais pas dans un milieu où mes parents avaient de l'éducation de façon effrayante non plus. C'était comme pas poussé pour école tant que
SPEAKER_01ça. C'était pas très valorisé non plus, j'imagine.
SPEAKER_02Non, c'est ça, exactement. Puis le milieu dans lequel je vivais à l'époque là-bas, c'était... C'était quand même dur. Je me tenais avec des jeunes que leurs grands frères, ils vendaient de la drogue dans le parc à Saint-Jérôme. On faisait des mauvais coups. Le fait d'aller au collège, ça m'a libéré de ce milieu-là. J'ai pu faire du sport comme je n'en ai jamais fait de ma vie. Ça vient de là. L'origine de pourquoi je veux faire du sport C'était le ski, parce que je trippais sur les skieurs de l'époque qui étaient Ken Reed, Steve Podborski, les Européens. Je regardais les posters avec la neige, les compétitions, les fins de semaine. Ça me faisait tripper. J'ai
SPEAKER_01poussé vraiment beaucoup pour le ski après. Oui, c'est ça. Puis là, tu as eu, disons, une pause ou un break études
SPEAKER_03de sport un
SPEAKER_01peu. Oui. Mais là, éventuellement, le sport est revenu. Oui. Fait que là, je pense qu'en fait, tu as terminé tes études pour être dentiste. Tu as travaillé à ton compte et pour d'autres. Puis à un moment donné... À un moment donné, tu m'as dit ça en pré-entrevue que tu as eu un « reality check » que tu avais mis du poids et que tu étais obligé de te remettre en forme.
SPEAKER_02Exactement, oui, c'est ça. Oui, c'est ça. J'étais passé d'un étudiant qui finit et qui commence sur le marché du travail. Je pesais peut-être 170 livres tout habillé avec tout mouillé. J'étais monté en l'espace de deux ans à 250 livres.
SPEAKER_04Je
SPEAKER_02ne faisais plus de sport, je faisais Je travaillais à trois endroits pour payer mon bureau. Quand tu te vois grossir comme j'étais en train de faire, tu te regardes dans le miroir, mais... tu ne regardes pas longtemps, tu n'es pas fier de ce qui se passe, mais en même temps, tu n'as pas le choix, il faut que tu travailles pour ramasser des sous, pour payer ta clinique, parce que tu as parti un bureau à zéro. Je n'ai pas été comme les autres, un peu comme je disais avec la famille, un petit mouton noir, parce que en sortant de l'école, au lieu d'aller travailler pour quelqu'un d'autre, puis après ça, acheter la clinique, j'ai décidé de partir à zéro en partant. Ça a été les 10 premières années assez tough, mais je m'en rendu compte quand même assez tôt pour faire des bons choix, puis en l'espace de quelques mois, peut-être un an, un an et demi, deux ans, à faire du vélo de la natation, j'ai perdu plus de poids là, puis j'ai pris plaisir à m'introduire à un club de vélo dans notre coin qui faisait des comptes-la-montre toutes les deux semaines, qui avait des comptes-la-montre organisés, puis c'est ça. J'ai vu que j'avais du potentiel à ce niveau-là. Puis, ça m'a juste comme permis de m'affiner avec les années
SPEAKER_01après. Ah, crème, c'est vraiment cool, ça. Puis, le vélo, ça a quand même été une passion pour toi un bon bout de ta vie,
SPEAKER_02là. Ah oui, beaucoup. Vraiment beaucoup. Puis, tu sais, j'allais dans des camps d'entraînement à Virginie. Il y avait des amis, j'avais un jeune ami qui organise des camps d'entraînement à Virginie-Marc-du-Four. Puis, c'est tellement bien organisé là-bas. Tu es encadré. Tu peux rouler avec des pros. Tu en as pour ton argent. Tu vas là-bas. C'était wow. C'était le milieu dans lequel il fallait être si tu voulais rouler
SPEAKER_01vite.
SPEAKER_02Sans être un athlète olympique. Parce que... disons que j'avais passé l'âge d'être à cause des études. J'ai décidé d'aller plus aux études par rapport dans le sport, mais ça va peut-être être mes garçons plus tard qui vont pouvoir réaliser ce qu'ils ont commencé vraiment jeune à s'entraîner. Eux autres sont partis du début pour progresser sportivement, monter le VO2 max et tout ça. Moi, c'est trop tard. Toi,
SPEAKER_01dans le fond, ton désir aussi d'entrepreneuriat, c'est un certain compromis de vie à faire pour une couple d'années aussi.
SPEAKER_02Ben oui, c'est certain. Mais tu sais... Le fait de faire ces sports-là, le métier de dentiste, il y en a qui n'aiment pas aller chez le dentiste, mais pour le dentiste, c'est quand même une job qui est quand même assez stressante, parce que tu deals avec des gens qui sont hyper stressés, qui n'ont pas dormi pendant une semaine avant leur rendez-vous, parce que là, ils pensent juste à ce qui va se passer, puis finalement, tout va bien. Mais toi, pendant que tu fais ton traitement, tu fais de la psychologie avec ton patient. C'est vrai, hein? À la fin d'une journée, je peux te dire, quand tu as vu tous tes patients de ta journée et que tu as dealé avec, j'ai besoin d'être tout seul et de me défoncer à faire d'autres choses.
SPEAKER_01C'est clair. Quand tu allais courir dans le bois,
SPEAKER_02après, tu allais te ressourcer, j'imagine. C'est sûr. Ou sur le vélo, faire des intervalles, n'importe quoi, sur mon Compute Trainer, ici dans le sous-sol, chez nous. Regarde, j'avais besoin de me retrouver tout seul et d'évacuer le surplus. C'est ça.
UNKNOWNHum hum.
SPEAKER_01Comment c'est arrivé pour toi? Je pense qu'il y a les raids d'aventure qui sont arrivés avant le trail
SPEAKER_02running. Oui. J'ai travaillé fort. Étant donné que je n'étais pas un athlète olympique, il y avait les catégories maître en vélo. Puis... Dans les mètres A, c'était les 30 à 39 ans à l'époque. Je ne sais pas si ça fonctionne encore comme ça aujourd'hui. Mais jusqu'à 32, 33, 34 ans, je dirais, j'ai essayé d'arriver premier dans les courses contre la montre pour devenir champion québécois en contre la montre. Puis sur trois ans, je suis arrivé deux fois troisième à moins de... d'une seconde et demie de la première
SPEAKER_01place.
SPEAKER_02Fait que j'ai comme arrêté le vélo parce que j'ai eu une proposition après d'aller faire des raids aventure avec un ami qui m'a demandé « Hey, tu viendrais pas avec nous faire des raids aventure? On aurait besoin de toi, vélo, pis ci, ça. » Fait que je dis « Ah, peut-être j'essaierais ça. » Pis oui, finalement, j'ai adopté ça pis j'ai complètement arrêté le vélo après. Ben, le vélo de compétition
SPEAKER_01après. Pis les raids
SPEAKER_02aventure, c'est tellement le fun à faire.
SPEAKER_01Je pense que c'est là que tu as connu Sophie Limoges aussi, qui est quand même une personne marquante, je pense, dans ton parcours
SPEAKER_02sportif. Ah oui, avec Sophie, dans les raids, c'est le partenaire de... C'est le partenaire que tu veux avoir dans ton
SPEAKER_01équipe.
SPEAKER_02Psychologique, c'est une personne qui est tellement forte mentalement que t'as vraiment besoin d'une personne comme celle-là pour aller loin avec une bonne équipe,
SPEAKER_01exactement. Puis c'est quoi les expériences les plus marquantes pour toi en Red d'aventure que t'as faites? Les Reds? La plus marquante que j'ai faite... Dans les plus marquantes, en fait. Il y en avait une au Québec, tu m'as dit que vous aviez rassemblé
SPEAKER_02toute une équipe. Oui, au Québec, ça avait été vraiment le fun parce qu'il y avait un champion finlandais qui était dans le coin ici que je connaissais, que j'avais vu dans des raids d'expédition au Brésil. Hirokako, il s'appelle. Il était ici de passage au Québec. Il cherchait du monde. Il cherchait une équipe. Il cherchait à faire une équipe pour participer à un raid d'aventure que Daniel Poirier organisait avec Endurance Aventure. Puis c'était Eco Endurance Aventure internationale. C'est une course comme ça qu'il avait fait. Ça durait un week-end complet. C'était sur 3 jours, 3-4 jours. Puis là, il y a un ami qui m'appelle, Stéphane Barre. Il dit « Hey, Justin, ça te tenterait-tu? Il y aurait une fille que je pourrais te présenter. Elle s'appelle Sophie Limoges. Elle est super bonne. Puis il y aurait Hiro Kako dans notre équipe, fait que là quand j'ai entendu Hiro Kako j'ai dit ben oui je veux faire partie de cette équipe là c'est certain fait que finalement on a fait team les 4 ensemble puis on a gagné la course
SPEAKER_01ok, fait que c'était où cette course là au Québec?
SPEAKER_02c'était dans le coin de Magog, dans le lac Memphremagog puis un peu alentour
SPEAKER_01ok ah ouais, puis c'était combien c'était une couple de jours?
SPEAKER_02il y avait une étape de nuit il y avait 2-3 étapes de jour La première étape, c'était vraiment le fun parce qu'ils nous amenaient au large en bateau, puis il fallait sauter à l'eau dans le milieu du lac, puis rejoindre la rive pour partir de Red. On partait, on se pitchait en bas d'un bateau pour s'en aller dans la nature par la suite. C'était
SPEAKER_01vraiment le
SPEAKER_02fun. Daniel organisait tout le temps des affaires comme ça, lui lui, ça faisait des années qu'il organisait des courses, qu'il faisait des courses internationales, puis il prenait toujours quelque chose de particulier à chacune de ses courses, dont ça, ça en était un, comme de sauter d'un bateau pour aller faire le start de la course. Finalement, c'était bien organisé, c'était vraiment le
SPEAKER_01fun. Puis, un autre personnage marquant qui a été connu au début du trail running québécois, c'est Dan Desrosiers. Tu me disais qu'il a fait son red avant Je pense que c'était JP, c'est-tu ça?
SPEAKER_02Il appelait ça le J-Challenge. Oui, c'est ça. Le J-Challenge, ça commençait le vendredi. Ceux qui faisaient le J-Challenge, c'était les trois étapes. C'était la traversée du lac Memphremagogue du... du nord au sud, ça partait de Magog, puis ça finissait à Newport, en kayak. Le lendemain, je me souviens pas si c'était le vélo ou si c'était la course à pied, mais en tout cas, il y avait le vélo, puis ça partait à Jay Peak, il fallait pousser le vélo jusqu'au sommet, puis après ça, redescendre jusqu'en bas, puis c'était une affaire de fou, les descentes, après, c'était incroyable, puis je me sens que c'était sur une centaine de kilomètres, le vélo de montagne,
SPEAKER_01puis
SPEAKER_02Daniel il disait toujours, mettons, c'est 80 kilomètres, mais c'était jamais 80, c'était genre 110 kilomètres. Puis après ça, le lendemain, c'était soit, c'était la course à pied sur une cinquantaine de kilomètres aussi, 50, 50, 60 kilomètres, mais c'était jamais une bonne distance. En sentier, oui, dans J-Peak encore, alentour. Ça se passait tout alentour de J-Peak. C'était vraiment le fun d'organiser, puis c'était trois jours vraiment
SPEAKER_01intenses. Puis ça, c'est avant qu'ils organisent à Saint-Donat, 30 en blanc et tout ça. Oui. C'est les premiers événements qu'ils organisaient finalement.
SPEAKER_02Exactement. C'est pas mal dans les premiers mois. J'avais vu l'événement quand j'étais en vélo justement en train de faire le tour de J-Peak à vélo de route. J'avais vu qu'est-ce qu'ils font là, cette gang-là à se promener comme ça. C'était la fin de semaine. C'était l'année avant que je venais de voir. C'était l'année que j'ai découvert que ça existait le J-Challenge. Je l'ai vu. vu parce que j'ai vu les participants faire l'événement. Mais c'était vraiment bien organisé. C'était beau. Dan Desrosiers a organisé des belles choses.
SPEAKER_01C'était le fun. Je crois que tu as participé à Saint-Donat aussi.
SPEAKER_02Je faisais... À Saint-Donat, non, je n'ai pas fait Saint-Donat. Je ne l'ai pas fait,
SPEAKER_01celle-là. Tremblant, d'abord?
SPEAKER_02Même
SPEAKER_01pas. Tu ne courais pas en trail à cette époque-là?
SPEAKER_02Je courais entre elles, mais je n'ai
SPEAKER_01pas fait
SPEAKER_02ceux-là.
UNKNOWNOk, ok.
SPEAKER_02Oui, je n'ai pas fait ceux-là. Puis
SPEAKER_01comment
SPEAKER_02c'est arrivé? On parle des années... C'est quelle
SPEAKER_01année, ça? Je me souviens pas trop, là, mais... Ben, je pense que ça a été jusqu'en 2015, moi, je pense. Ah, mais J-Challenge, c'est avant 2010, en tout cas, ça, c'est ça. Ouais, c'est ça, c'est ça, exact. Autour de 2008, je crois, ça approche 20 ans, à peu
SPEAKER_02près, là. Ouais, c'est ça. Mais tu sais, il y a eu 2009, la Canadian Death Race, et puis après ça...
SPEAKER_01Ah, c'est ça, t'étais là avec Sophie,
SPEAKER_02hein? On était là, ouais, j'étais là quand Sophie, elle avait gagné, ouais, exactement,
SPEAKER_01c'est ça. OK, ça s'était bien passé pour toi?
SPEAKER_02Ah, hé
UNKNOWN! Euh... Euh...
SPEAKER_02Mettons que le premier leg, il y a cinq legs, la Canadienne de Trace. Le premier leg, il se fait super bien. Tu pars de Grand Cache, puis tu t'en vas vers là-bas. Puis après ça, de là-bas, tu reviens à Grand Cache. Mais avant d'arriver à Grand Cache, tu as une descente de fou qui te descend de la montagne en haut dans une ligne d'hydro qui descend vers la ville de Grand Cache. Mais c'était tellement steep. Incroyable, comment c'était steep. Fait que ça descendait, pis plus tu... Si tu te ralentissais, tu te faisais mal. Si t'allais vite, ça faisait moins mal, mais t'allais vite, fait que t'avais peur, fait que tout le temps, comme un peu, c'est break. Mais moi, quand je suis arrivé à Grande Cache, là, j'étais complètement démoli. J'avais plus de quad, mes dents, mes jambes étaient finies. Le leg d'après, là, je l'ai marché, je te mens pas, là. C'était pénible. Pis après ça, ça a recommencé tranquillement, pas vite, là, à bien aller, là, mais oui, finalement, Finalement, ça a été une belle course, un bel événement. Je ne sais pas si ça va encore avoir lieu. J'imagine que oui.
SPEAKER_01Oui, oui, ça existe encore. Je sais qu'ils ont même un 200 000 aussi à star dans ce
SPEAKER_02coin-là. Ah oui, oui, oui. Parce que c'est le fun, parce que le prix de présence à la fin, il donne un token, une pièce d'argent, comme un dollar. Mais c'est vraiment, vraiment bien fait. Dans un petit casing, tu as ton nom de marqué avec le temps que tu as fait, puis tout. C'est ça ton cadeau de finisher, si on peut dire.
UNKNOWNHum hum.
SPEAKER_01Ah, c'est cool ça. Puis, c'était-tu la première longue distance en trail
SPEAKER_02running comme ça que tu faisais? Oui, parce que moi, j'avais l'intention, j'avais peut-être dans l'intention de peut-être m'inscrire pour l'Ultra Trail du Mont-Blanc. Puis, cette course-là donnait 3 ou 4 points à l'époque parce que ça marchait comme ça. Ça prenait 5 points pour faire, pour s'inscrire à l'UTMB. Puis, tu ne peux pas faire 5 courses de 1 point. Il fallait que tu en fasses, mettons, je pense que minimum une de 3 points ou 4 points, puis une autre de 1 point pour
SPEAKER_01avoir 5 points. Ça, juste pour contextualiser un peu, c'est avant l'ITRA.
SPEAKER_02Oui, ça, tu parles de 2009. Oui, c'est ça. Puis après ça, Dan Desrosiers, une de ses courses à Dan donnait sa course qu'elle a organisée à Moab, elle donnait un point, elle, pour l'UTMB.
SPEAKER_01OK, OK. Ah oui, il semblerait que ça a été une édition
SPEAKER_02légendaire, ça. Oui, oui, oui, ça a été. Vraiment, oui. C'était tellement beau là-bas. C'était vraiment beau. Vraiment beau là-bas, dans le désert de roches
SPEAKER_01et tout ça. C'était vraiment beau. Oui, oui, oui. OK. Donc, tout ça t'a mené à l'UTMB, finalement.
SPEAKER_02Après ça, oui, l'UTMB. Exactement. En 2010, UTMB. qui pouvait éclater dans... dans les glaciers. Si ça éclatait, tous les gens qui étaient dans la vallée en bas auraient pu périr. Ils ont arrêté la course à cet endroit-là, à 20 kilomètres après le départ. Ça, c'est plate parce que là, j'avais comme... Il y avait des gens du Japon, de partout. Ça pleurait. Les gens disaient « Non, on ne peut pas arrêter ici. » C'était tellement bordélique. 3000 personnes qui arrivent dans une ville, c'est Surtout
SPEAKER_01que c'est un village, Chamonix, c'est pas
SPEAKER_02bien grand. Non, c'est ça. À 20 kilomètres plus loin, c'était Saint-Gervais où la course allait arrêter. Puis à Saint-Gervais, c'était encore plus petit. C'était tout petit, tout petit. Les gens, quand ils arrivaient là, c'était le gros bordel à ramener le monde de là-bas jusqu'à Chamonix. Après, les autobus et tout ça, c'était vraiment
SPEAKER_01bordélique. Fait que là, cette édition-là a été reportée en 2011, c'est ça? Oui,
SPEAKER_02exact. C'est ça.
SPEAKER_01ça fait que 2011 là tu l'as couru pour de
SPEAKER_02vrai ouais là j'ai fait mon premier UTMB après ça je l'ai refait en 2013 et en 2013 j'étais là toute la semaine avant la course pis euh j'avais été voir le départ de ceux qui partaient pour la petite trottinette à Léon. Puis là, je me disais, ils sont fous. Ils partent pendant une semaine à courir à 300 kilos avec 30 000 mètres de déplus. Dans une semaine, ils partent dimanche. Il faut qu'ils soient revenus dimanche. C'est sur 7 jours. Là, tu te dis, c'est fou. Il fallait que j'aille voir ce départ-là. Puis j'avais été voir ça. Puis c'est ça. Moi, dans ma tête, c'était impossible tu te dis, voyons, c'est impensable de faire une affaire comme ça, mais il y avait des gens qui le faisaient et qui le réussissaient. Donc, c'est faisable d'une certaine façon. Puis, au départ de l'UTMB en 2013, avant le départ, devant l'église là-bas, le triangle de l'amitié, je pense qu'ils appellent ça, je suis assis, il y a un Français à côté de moi, il s'appelle Vincent Gauthier. Là, je regarde son dossard, puis là, je vois Gauthier, G-A-U TI, pas de H. Fait que là, je fais comme, « Ah, ben, chez nous, on met un H à Gauthier. » « Ah, ok, ça se peut. » On se met à se parler, moi pis lui, pis là, on se dit, « Hey, Crim, moi, j'avais l'impression que je le connaissais, ça faisait 15 ans, ce gars-là. Pis lui-ci, on avait l'impression qu'on était proche-proche. Fait que, c'est ça, ça reste le même. Pis, la course à part, on fait notre affaire, pis j'avais pris le numéro de son ressort avec mon appareil photo, à l'époque, parce que c'était pas des cellulaires c'était des appareils photo fait que j'avais pris son dossard en photo pis on fait notre course à la fin j'arrive pis je reviens au Québec pis là je regarde le gars que j'ai pris son nom pis son dossard pis là je me rends compte que dans le résultat en 2013 crime on a fini à 15 minutes d'intervalle on s'est jamais vu pendant toute la course on s'est jamais vu croisé nulle part. Puis c'est ça fait que là, c'est quand même le fun tu sais, finir à peu près dans le même temps. Puis sur mon Facebook dans l'année où c'était la préinscription pour le prochain UTMB, j'ai marqué sur Facebook, j'ai marqué est-ce que des gens intéressés à faire la PTL avec moi. Moi dans ma tête c'était comme lancer une idée en l'air comme ça sans que, tu sais c'était comme une joke dans le fond parce que dans ma tête c'était impossible de faire ça. Puis, qu'est-ce que je ne vois pas répondre le lendemain? Je rouvre l'ordinateur, je vois mes messages. Là, Vincent Gauthier, il me dit, pourquoi pas? Fait que là, je dis à ma blonde, je dis, hey! Il serait prêt à faire la PTL avec moi. Je dis, qu'est-ce que je dis? Elle me demande, elle dit, ça te tente-tu de le faire? Ben, je dis, ça serait un rêve, tu sais, de faire une affaire de même, de fou, là. Elle dit, ben, si ça te tente, fais-le. Fait que là, j'ai rejoint Vincent. Pis Vincent, il a dit, ouais, ouais, on s'inscrit. Pis il est venu ici au Québec pour courir avec moi pour voir si on fitait ensemble. Ah, ouais. Il se connaissait pas, là. Ah, ouais, ouais. Il est venu ici à Victor. On a fait des choses ensemble. Pis on a vu qu'on était compatibles. Pis finalement, on s'est inscrits pour la PTL ensemble l'année d'après.
SPEAKER_01Oui, parce que c'est quand même une semaine que vous partagez ensemble. C'est quand même un travail d'équipe.
SPEAKER_02Un travail d'équipe assez intense parce que ce n'est pas balisé. Il n'y a pas de ravito. C'est une trace GPS. Il n'y a pas de chemin à terre. Tu passes à travers les champs, les pierriers et tout. Tu vas au sommet, en haut, tu redescends, tu remontes, tu redescends. De faire une expédition comme celle-là avec quelqu'un que tu ne connais pas, c'était comme un peu... un peu osé,
SPEAKER_01si on peut dire. Oui, oui, oui. Mais en même temps, tu me disais que le premier lien avec lui, ça a été comme si vous vous connaissiez depuis 15 ans.
SPEAKER_02Exactement. Ça a passé.
SPEAKER_01C'était vraiment fou. Ça devait être la fun, finalement,
SPEAKER_02avec ce gars-là? Oui, c'était le fun, certain. On est des amis depuis ce temps-là. Ma famille, on fréquente sa famille. On va les voir à peu près aux deux ou trois années. On est restés vraiment proches. C'est vraiment le fun. Ça a permis de découvrir un inconnu. C'est ça. Ça enlève des limites. Je veux dire, Il y en a qui se limitent à... Ils se mettent des limites dans leurs possibilités, puis il ne faut pas s'en mettre des limites n'importe. Dans n'importe quoi. J'ai eu la même expérience avec la Pyramenta en scalpiniste en 2018. En 2018, c'était la même affaire. Je devais faire la Pyramenta avec quelqu'un ici au Québec, puis il s'est blessé un mois avant la course. Là, je me suis dit, je suis prêt à faire la Pyramenta. On avait le dessin en tout pour participer Fait que j'ai dit, « Bon, bien, il faut que je me trouve un partner. » Là, j'ai demandé à un de mes amis qui est suisse là-bas, je dis, « JP, veux-tu le faire avec moi? » Puis JP dit, « Non, je ne peux pas, je travaille cette semaine-là, mais je vais le mettre sur mes réseaux, peut-être que quelqu'un va répondre. » Fait que finalement, le lendemain, il y a quelqu'un qui a répondu, Patrick Soumy, un suisse que je ne connais pas, il dit, « Moi, je peux y aller.
UNKNOWN»
SPEAKER_02J'ai été en Suisse, l'ai rencontré, j'ai débarqué à la gare, puis il m'accueillait là-bas, on se connaît pas, deux inconnus, on va faire une des courses les plus dures au monde de ski alpiniste, puis avec un inconnu, même affaire. Pas de limite. Puis Patrick est devenu mon meilleur ami encore. Je veux dire, c'est tous des meilleurs amis. Après, quand tu vis des émotions comme ça, après, c'est fou les liens qui se
SPEAKER_01tissent. J'aimerais ça que tu me parles de c'est quoi plus précisément la Pyramanta.
SPEAKER_02La Pyramenta, c'est comme le Tour de France du ski alpiniste. Le Tour de France de vélo, mais du ski alpiniste. OK. Juste pour te dire, la dernière journée au départ de la course, c'est 4 jours. La Pyramenta, c'est 4 jours. À tous les jours, tu as... Au bout de 4 jours, tu as 10 000 m d'ascension de fait. Puis tu as fait à peu près une centaine de kilomètres en distance. OK. Au bout de 4 jours. Donc, à tous les jours... tu montes à peu près 2500 à 3000 mètres d'altitude, puis tu fais à peu près 20 à 30 km de distance par jour. Le premier jour, ça se fait. Le deuxième jour, le matin, tu as mal au cœur, tu te dis « qu'est-ce que je fais ici au départ? » Le troisième jour, c'est un peu la même affaire. Puis le quatrième jour, c'était le fun parce qu'à cet endroit-là, le quatrième jour, tu as plusieurs platons de départ. Tu as les pros qui sont en avant, les 20 meilleures équipes au monde qui sont là à Après ça, tu as les 50 équipes des semi-pros, si on peut dire. Puis après ça, tu as les blaireaux comme nous autres en arrière qui font la même course que les pros en avant. Mais la dernière étape, ils nous mettent tout ensemble pour le départ. On part un mass start. On est tout le monde en même temps. Ça part tout un départ. Puis là, avant le départ, ils nous disent… il y a à peu près 10 000 à 15 000 personnes qui vous attendent en haut. Ah, oui. Là, ce que tu vois pendant le Tour de France, les personnes qui sont alignées sur les bords de route, c'est la même chose, mais dans le skimo. Ah, oui. C'est revoir ça, la pierre en même temps, c'est incroyable. C'est vraiment incroyable. Puis je veux y retourner encore cette année, la refaire pour une dernière fois parce que je veux revivre ça. Puis il y a une amie que je ne sais pas si tu la connais, Catherine Poudrier, mais je l'ai fortement... Ça, ça sera une bonne personne pour toi aussi à interviewer parce que c'est tellement une bonne personne. Puis j'aimerais faire cette course-là avec elle en équipe mixte. Puis c'est ça. Je l'ai J'ai fait aussi ça trois fois, la Pyramenta. Je l'ai fait la dernière fois avec mon fils, en plus, parce que la personne que je devais le faire avec est tombée malade, puis mon fils a pu la remplacer.
SPEAKER_01Fait que
SPEAKER_02c'est quand même
SPEAKER_01assez incroyable, ouais. Wow, ça devait être magique de vivre ça avec ton
SPEAKER_02gars? Ouais, avec Antoine, mon plus
SPEAKER_01vieux,
SPEAKER_02exact.
SPEAKER_01Aïe, aïe. Ouais. Puis... Là, je suis curieux, par exemple, parce qu'on a changé un peu de sujet, mais ton premier UTMB, j'imagine que ça a dû être quand même assez difficile?
SPEAKER_02Le premier UTMB...
SPEAKER_01Pas celui-là de 20 kilomètres, le premier
SPEAKER_02complet. Oui, le complet. En 2011, sur le départ, ils nous disent que le parcours va être raccourci à cause des conditions météo et du terrain. On part dans la tête que ça va être plus court. C'était supposé être 165 km au lieu de 185 km. Puis, on part avec cette idée-là, tout le monde, bon, bien, ça va être plus court. Tout le monde est un peu déçu parce que là, on s'attendait à faire plus, puis finalement, ça ne sera pas possible. Fait qu'on fait l'UTMB, rendu au deux tiers de la course, peut-être un peu plus au centre, à peu près au deux tiers de la course, un peu moins que le deux tiers. Là, on arrive à une zone de transition, puis ils nous disent, finalement, bien, votre cours ça ne sera pas 165 km comme supposé parce que finalement, la section qui est là, on ne peut pas passer. Il faut passer ailleurs. Le 165, on devait faire 185. Ils nous ont donné 165. Mais là, finalement, la course, au deux tiers de la course, on apprend que ça va être 195 km à peu près à faire et non plus 165. Là, tu as géré en fonction de 165, mais finalement, ça a été plus long. Il y a eu beaucoup d'abords cette fois-là, mais c'était quand même une belle course.
SPEAKER_01C'est quoi qui t'a motivé de retourner là? J'imagine que ça doit être l'ambiance de l'événement et la beauté des lieux.
SPEAKER_02L'ambiance. Le vibe que tu as la semaine avant la course. Il y a toutes les autres courses. Il y a la TDS. Il y a tous les autres événements. Il y a la PTL qui part. Il y a... C'est magique. C'est très commercial. Tu peux voir le sac à dos de l'année prochaine de telle marque avec les souliers de telle marque. Puis tout de suite, tous les représentants sont là. Les gens sont le fun. C'est fou. C'est vraiment fou. Le départ, c'est quelque chose de magique à vivre une fois dans ta vie. C'est incroyable. La musique qu'ils jouent, l'ambiance, les gens... Les... C'est indescriptible.
SPEAKER_01Ouais, ouais, ouais. Puis toi, tu l'as fait trois fois, je pense, l'UTMB,
SPEAKER_02hein? J'ai fait 2010, 2011, 2013. Mais 2010, ça s'est arrêté assez rapidement. Ah,
SPEAKER_01ouais,
SPEAKER_02OK. 2011 et 2013.
SPEAKER_01Et après ça, tu as fait la PTL.
SPEAKER_02Après ça, en 2014, la PTL avec le français, mon ami Vincent
SPEAKER_01Gauthier, oui,
SPEAKER_02exact. OK, OK. Puis là, bien, pour mes 60 ans, cette année, je vais avoir 60 ans, j'avais comme... J'ai toujours eu envie, depuis 2014, de refaire la PTL. Puis là, je me suis dit, il faut que je fasse ça avant 60 ans, puis je vais avoir 60 ans au mois de septembre. Donc, La course a lieu au mois d'août et je me suis trouvé deux partenaires, dont mon ami avec qui j'ai fait le Suisse, Patrick, qui va être un partenaire, puis un ami ici du Québec, Marco Binette, qui est venu me chercher au départ pour faire mon premier raid aventure à vie, que je ne connaissais pas ça du tout. C'est comme deux personnes qui ont marqué un peu mon parcours de découverte de ces sports-là. si on peut le dire. Parce qu'ils ne connaissaient pas les grosses compétitions. Si je n'avais pas eu Patrick, je n'aurais pas pu faire la Pyramenta en 2018 pour le ski alpiniste. Et si Marco ne m'avait pas introduit au raid d'aventure, je n'aurais jamais connu les raids d'aventure. J'ai amené deux personnes qui, je pense que ça va faire une bonne équipe en plus. On est des bons joviales personnes.
SPEAKER_01C'est cool. ça. Puis je sais que t'as fait aussi, c'est vrai, il y a Bear Mountain que t'as fait à l'époque, puis là, on s'entend les courses Nord Face à l'arrêtant
SPEAKER_022019. Ah
SPEAKER_01oui, c'est ça, je savais pas quand t'es allé s'arrêter, ouais. Ouais, bien, Bear Mountain, en tout cas, ça a été la dernière édition 2019, puis de ce que j'ai compris, c'est que post-pandémie, Nord Face s'est
SPEAKER_03retiré un peu de ces
SPEAKER_01événements-là. OK. Fait que toi, t'as fait ça avant que ça soit populaire, avant que ça soit le meeting des Québécois, parce qu'à un moment donné, il y avait 10, 12, 15% des participants, c'était des Québécois.
SPEAKER_02Oui, mais je ne sais pas c'est en quelle année, là. J'essaie de regarder, c'était
SPEAKER_01quand, là? Ça fait une vingtaine d'années de ce que tu me disais, parce que...
SPEAKER_022007, je te dirais, à peu près. 2007, là, j'avais un ami qui avait été faire Bermonton, le North Face Endurance Challenge, que ça s'appelait, là, le 50 000 qu'on faisait, là. Puis
SPEAKER_01c'était à Dean Karnazes, qui était la grande image de North Face. Oui,
SPEAKER_02exactement, c'est ça. Puis j'avais un ami ici à Victo, que lui, il avait été, puis il m'a dit, il faut que tu viennes l'année prochaine. C'était le seul Québécois, lui, qui était là à l'époque. Puis l'année d'après, puis sur deux ans à peu près, je te dirais, deux, trois ans, il y avait juste moi puis lui qui étaient là-bas à faire Bear Mountain, faire le 50 000. Mais c'était tellement de belles courses là-bas. Et après ça, il a commencé à en avoir d'autres, puis d'autres, puis d'autres. Puis là, à un moment donné, c'est venu comme la manne, les gens du Québec, ils se ramassaient tous là-bas, tous ceux qui courent elle
SPEAKER_01cherchait ça. Oui, oui, puis c'était rendu, moi, je l'ai fait en 2019, puis il fallait se prendre plusieurs mois d'avance pour trouver un spot à dormir
SPEAKER_02proche
SPEAKER_01de la course. Oui, oui, oui, sûrement, c'est sûr. Ah non, ça, c'était une belle course. Le matin, ça part à Noirceur, à Frontal.
UNKNOWNOui, oui, oui, oui.
SPEAKER_01Je suis content d'avoir connu cette course mythique-là quand même. Je sais qu'il y a eu quand même beaucoup de Québécois qui sont devenus hôtes en trail running, qui ont participé là. Il y a Sophie, entre autres. Il y a Rachel Paquette. Les premières générations
SPEAKER_02de trail runners québécois. Oui, oui, oui. Il y a même une année, il y avait Pat Godin qui était là. Oui, oui, oui. Moi, Rachel Paquette. J'ai une photo encore ici. Je pense qu'on est une quinzaine, je te dirais. Facile. J'avais vu quelque chose de vraiment impressionnant là-bas. Moi, ça m'a vraiment impressionné ce que je te raconte. Oui, oui, certainement. J'attendais le départ du 50 000. dans ma voiture, puis il faisait noir parce qu'on partait à la noirceur. On pouvait stationner proche du départ au début avec notre automobile. On n'avait pas besoin de prendre l'autobus, faire de la navette. On pouvait stationner vraiment près du départ.
SPEAKER_01Dans le temps que le trail running était encore plus obscure.
SPEAKER_02Oui, c'est ça, mais il y avait bien moins de monde aussi. On pouvait stationner juste à côté, mais après ça, on n'avait pas le choix d'aller par autobus. Il y avait trop de monde. Je suis dans la vallée de ma Golf. J'étais en train de manger des bananes, puis je ne sais pas quoi. Puis là, je vois une petite voiture arriver en avant de moi, puis c'est une BMW, une petite BMW. Puis là, je vois une fille sortir de l'auto. Elle s'en va chercher son assort, elle revient. Puis juste avant le départ, je vois une jambe, un moignon avec un soulier de course à côté de l'auto. Fait que là, je fais comme « Hein? Qu'est-ce que c'est ça? » Fait que là, je vois la fille qui est en train de se préparer. Puis là, elle était debout à côté de sa voiture. Elle venait de changer sa jambe parce qu'elle était amputée. Puis sa jambe, c'était comme les... les lames de carbone qu'on voit les gens courir avec ça, tu sais, les petites lames de carbone qu'ils peuvent courir. Oui, oui, oui. Là, je vois ça, puis elle a ça, puis là, je me dis, je ne sais pas si elle sait dans quoi qu'elle s'en va, mais c'est vraiment, ça va vraiment être difficile pour elle, tout à l'heure, dans toutes les roches, puis tout ça, elle s'en allait pour le 50 000. OK, moi, au départ, je m'installe en arrière d'elle, parce que je veux voir comment elle court. Je suis juste en arrière d'elle, puis le départ est lancé. Je ne suis pas capable de la suivre. Elle court comme une gazelle, mon gars. C'était vraiment des deals. Elle s'en va.
UNKNOWNPuis...
SPEAKER_02je fais ma course, à un moment donné, on arrive dans des pierriers, oups, je la dépasse, parce que là, ça allait un petit peu moins bien pour elle. Fait que, c'est ça. Là, je la dépasse, puis je la revois plus. Puis, après l'événement, je mange, je fais tout ça, puis je m'en vais, puis je vais voir les photos de l'événement après. Puis là, je vois les photos, puis je vois elle qui est en train de sprinter pour arriver à l'arrivée, mais sa figure est complètement défaite, puis tu vois qu'elle sprint là, elle s'en venait là comme hyper rapide, puis la face toute déconfit, elle était maganée, la fille, vraiment débile. Je ne sais pas si tu te souviens, mais on avait un temps maximum pour faire cette course-là. Je pense que son temps, il restait à peu près 10 secondes pour passer le fil d'arrivée pour que ça soit dans les temps. À l'arrivée, c'était comme, pour elle, un gros événement. Puis tu chercheras sur Facebook, pas sur Facebook, mais dans les choses, c'est Amy Palmiero, la fille Amy Palmiero. Puis elle, avec une université américaine, c'est eux autres qui ont mis sur le marché la première lame de carbone pour les athlètes.
SPEAKER_01Ah oui! Fait que toi, t'as vu ça pas mal en
SPEAKER_02grande primeur. Je le sais pas, mais elle c'était une athlète déjà au départ mais elle avait eu un accident de moto fait que Amy Palmiero fait que l'accident de moto elle s'est dit moi j'arrête pas de courir fait que faut faire de quoi pour que je cours encore fait que c'est ça elle était en avant pis je me dis que ça m'a vraiment marqué ça quelqu'un qui veut vraiment quelque chose même encore elle court elle fait des marathons pis tout ça
SPEAKER_01aujourd'hui ouais pis ça moi ça m'impressionne tout le temps la la résilience des
SPEAKER_02gens. Exact.
SPEAKER_01Parce que, tu sais, c'est facile de dire « Ah, je n'ai pas le temps de m'entraîner aujourd'hui. » Mais quand tu vois quelqu'un comme ça qui repousse ses
SPEAKER_02limites, c'est vraiment impressionnant. C'est impressionnant. Puis ça, là, quand tu fais un événement après dans n'importe quoi, tu as juste à penser aux photos que tu as vues de cette fille-là qui est en train de faire son finish parce qu'elle veut finir dans le temps. Tu te dis « Je pense que je n'ai
SPEAKER_01pas mal à la tête. » C'est ça. Je n'ai pas... J'ai aucune bonne raison de ne pas aller courir aujourd'hui. Non. Exactement. Aïe, aïe. Écoute, ça m'amène sur un sujet que tu m'as parlé aussi en pré-entrevue que je trouve super intéressant. Tu as fait plusieurs levées de fonds pour le cancer,
SPEAKER_02entre autres. Oui, on a fait la montée pour l'espoir au Mont Glycine, ici, dans le coin de Victoriaville. C'était ça. C'était pour ramasser des fonds dans le festival des couleurs du Mont Glycine. Oui, c'est ça. On organisait ça là. Pendant 24 heures, les gens pouvaient monter et descendre la montagne comme ils voulaient. On pouvait ramasser de l'argent pour faire des montées et des descentes. C'était ça c'était juste
SPEAKER_01participer
SPEAKER_02faire un
SPEAKER_01événement participatif ben chapeau parce que vous avez fait des méga levées de fonds ça m'impressionne pour vrai
SPEAKER_02ouais on a ramassé des 50-60 000$ pour des causes qui étaient surtout pour le cancer ben c'est ça ouais
SPEAKER_01On salue Sophie qui va écouter
SPEAKER_02l'épisode, c'est clair. Sophie qui avait monté 50 fois la montagne en 24 heures, montée et descente quand
SPEAKER_01même. Qui connaît tout le nom des roches dans le trail par cœur. À ce moment-là, oui, elle les connaissait pas mal toutes, je pense. Cool, super ça. Tu me disais aussi que vous avez aidé concrètement une maison de fin de vie à avoir du budget pour se lancer.
SPEAKER_02Exactement, c'est ça. On a ramassé des fonds pour faire les plans, pas les plans, mais voir le côté administratif de qu'est-ce que ça prend pour partir une maison de fin de vie dans notre coin. On a aidé à amener le budget pour qu'ils puissent mettre le projet concret en réalité. Exact, c'est ça.
SPEAKER_01Félicitations, c'est vraiment...
SPEAKER_02C'était vraiment une fun affaire, puis il y avait des gens, c'était vraiment compétitif, même, à un moment donné, les gens montaient puis descendaient, c'était qui qui en ferait pas le plus, là, fait que... On a peut-être parti un peu le phénomène des... Comment t'appelles ça? C'est les courses sur 24 heures, là, de monter et descendre ou faire une boucle, là, pendant
SPEAKER_01autant de temps. Ouais, les backyard ultra, un peu. Ouais, c'est ça. Ok. Super ça, puis... Sinon, le Canadaman, ça a été quand même un événement
SPEAKER_02assez marquant pour toi. Moi, je n'avais jamais fait de triathlon. Il y avait Daniel Poirier qui organisait le Canadaman. Je m'étais toujours dit, tant qu'à faire un triathlon, je ferais le Canadaman parce qu'à la fin, on monte le Mont Mégantic en course à pied. Je me suis dit, ça va être mon sésame, l'ascension du Mont Mégantic à la fin. Mais tout ce qui est avant, je peux te dire que la nage, ce n'est pas domaine. La course à pied me débrouille, mais c'est plus en forêt. Je pourrais dire que je ne suis pas un marathonien. Le vélo, j'étais fort, mais j'en ai perdu beaucoup du temps. L'acquis était parti pas mal. C'est tellement un bel événement. Je l'ai fait deux fois. La deuxième année, je l'ai fait avec mon plus vieux, Antoine. Lui, il avait 10 ans. 18 ans qu'elle a fait
SPEAKER_01ça au Canadaman. Wow! Ouais, ouais, c'est impressionnant, je l'ai croisé à la course des 100 B7, pis il me racontait ça, qu'il avait fait ça avec toi, pis ça devait être vraiment spécial d'accompagner ton gars à 18 ans, pis faire ça par fils, là.
SPEAKER_02Ben, je l'ai pas vu longtemps parce que lui était déjà parti en avant. Ah ouais? En vélo, ouais, c'est sa force,
SPEAKER_01là. OK, fait que lui avait d'autres ambitions,
SPEAKER_02là. Ah ouais, lui, il voulait pas se faire clencher par son père.
UNKNOWNIl disait ça, là.
SPEAKER_02Puis en plus, la dernière montée, j'y avais donné Sophie Limoges pour faire l'ascension jusqu'en haut. Fait qu'il était en bonne
SPEAKER_01compagnie. C'était... Ah, c'est vraiment cool, ça. Super. Puis là, tu fais encore beaucoup de skimo, je crois? Oui. C'est pas mal ton sport numéro un, ce que je considère. Bien, il y a l'apnée aussi qui est pas mal
SPEAKER_02présente. Oui, le skimo, j'ai amené ça dans la région ici au début. C'était dans les années... 2014, 2012 à peu près, entre 2012 et 2014. Je montais la montagne à Glissoun, puis le monde, tous les gens qui montaient dans les chaises, ils disaient, voyons, qu'est-ce qu'il fait là, lui, à monter à pied? C'est pas connu, là, je veux dire, personne, c'était Daniel Poirier qui m'avait dit, hey, Justin, il faut que t'essayes ça, tu vas aimer ça, le skimo, puis si, j'ai essayé ça, puis je suis tombé en amour avec ça aussi, là. Moi, j'aimais ça, je viens du ski, puis, tu sais, je Je l'ai dit au départ que c'était la première affaire que j'ai appris à faire, le ski alpin. Mais les montagnes ici sont petites. On est toujours dans les chaises. Le fait de faire le skimo, je ne suis jamais dans les chaises. Je suis toujours en train de faire quelque chose. Je n'ai jamais froid. Je suis habillé comme en ski de fond. Même quand il fait moins 30, tu n'as pas besoin d'être habillé. Tu n'as pas froid. Tu ne grelottes pas dans les chaises en montant. Ça rend les petites montagnes tellement agréables. C'est ça, le ski. Oui, puis l'apnée, l'apnée en eau profonde, ça c'est un autre domaine complètement parce que lui, je peux dire que je suis un... fils du film Le Grand Bleu, si on peut dire. Je ne sais pas si tu as vu ce film-là. C'était un film mythique pour les apnéistes. À l'époque, c'est sorti dans les années 80. Moi, l'eau, j'ai toujours aimé l'eau, jouer dans l'eau, faire plein de choses dans l'eau. Je n'aime pas nécessairement faire des longueurs dans une piscine, mais faire de l'apnée, c'est d'autres choses. C'est vraiment un monde. Pas en 2000, mais en... Vers 1998, à peu près, j'ai été dans un resort dans le sud. Puis, c'était pour aller faire du snorkeling, surtout, voir les poissons dans la mer et tout. Puis, j'avais vraiment choisi mon resort pour ça. Puis, sur le bateau, il y avait David De Carrera qui était là, qui dit que, bon, je m'appelle David De Carrera. Il dit, je fais partie de l'équipe d'apnée d'Italie. Je suis ici en ce moment avec le champion du monde. et il dit, si vous voulez, à tous les jours, deux fois par jour, je vais pouvoir vous montrer comment faire du freediving, de l'apnée en eau profonde. J'avais été initié par lui à l'époque. Ça a toujours resté dans ma tête et il faut que je fasse ça un jour. Finalement, j'ai fait mes formations dans les années 2019-2020 pour apprendre c'est quoi le freediving parce que j'avançais en âge et je me disais, si je vais dans l'eau, je retire mon souffle, est-ce que je peux avoir des problèmes au niveau de mon cerveau, manque d'oxygène et tout ça? Puis tu apprends que non, il y a zéro risque de problématiques au niveau du cerveau en faisant de l'apnée parce qu'on va avoir beaucoup plus à avoir envie de respirer avant de manquer d'oxygène. Tu as envie de respirer parce que ton CO2 dans ton sang augmente, mais tu ne peux pas l'échanger parce que tu ne respires pas. C'est ça qui est difficile à tolérer, mais ton niveau d'oxygène L'oxygène dans ton sang reste toujours élevé. Il descend tranquillement, mais la tolérance au CO2, elle arrive avant que tu manques. d'oxygène. Fait que tu as besoin de respirer à un moment donné, puis il faut que tu respires. Fait que il faut que tu reviennes à la surface. Puis l'apnée, bien, c'est ça. Moi, jouer dans l'eau, c'est comme... Je m'imagine que ça doit être comme être dans l'espace. J'ai toujours voulu d'être un... Quand j'étais petit, je voulais être un astronaute. Je voyais se promener dans les airs, puis le stylo, il se promène partout comme ça. Ils sont en apesanteur. Fait que dans l'eau, c'est un peu le même principe. Fait que c'est une belle sensation de relaxer l'apnée, c'est incroyable. Ça n'a pas besoin d'être extrême. Tu peux juste vivre l'apnée à 3 mètres. Dans le fond d'une piscine de 3 mètres, 4 mètres, il y a des gens qui sont bien. Il y en a qui vont plus profond. Oui, on va plus profond. Il y a des techniques pour y arriver. Mais l'apnée, c'est la plus belle chose que j'ai jamais faite de tous les sports que j'ai fait à
SPEAKER_01date.
UNKNOWNAh oui? Oui.
SPEAKER_01Pis tu presse combien de temps sous l'eau
UNKNOWN?
SPEAKER_01Environ.
SPEAKER_02Les gens, ils demandent ça souvent, tu sais, le temps que tu restes, mais c'est pas ça nécessairement qui est important. Oui, tu peux faire 5-6 minutes, là, facile, là. Puis ça, n'importe qui peut arriver à ça en s'entraînant pour le faire. C'est d'apprendre à tolérer le CO2. Oui, ça s'apprend. Ça s'apprend. On n'a pas besoin d'être inné, tu sais, de trouver... Parce que tout le monde commence par... Si je te demandais de faire 3 apnées dans la prochaine 15 minutes, tu verrais que la première apnée que tu vas faire, au bout de 30 secondes, tu vas te dire « il faut que je respire ». La deuxième apnée que tu vas faire, tu vas faire 1 minute 15. La troisième apnée que tu vas faire, tu vas peut-être faire 2, 3 ou 4 même minutes. Ah oui? Oui. Notre cerveau, c'est fou comment l'adaptation, comment on peut, mais ton oxygène, lui, il reste stable et tu n'en manqueras pas. C'est de l'adaptation.
SPEAKER_01Toi, tu descends jusqu'à quelle profondeur?
SPEAKER_02Là, je suis rendu dans les 60 mètres en ce moment. Ah oui! Même là, la profondeur, ce n'est pas nécessairement ça qui est important dans ce que moi je recherche. Oui, c'est le fun d'aller creux, parce que c'est des sensations qui sont vraiment incroyables, la pression qu'on peut ressentir. Mais nous, on appelle ça... admettons C'est quand même assez difficile à expliquer en quelques mots, mais il arrive un certain point où, en profondeur, moi c'est à peu près à 13 mètres en profondeur, je vais être neutre. Ça veut dire que si j'ai une corde en avant de moi, puis que je lâche la corde, je vais rester là. Je ne remonte pas, je ne descends pas. Si je vais un mètre plus bas, puis que je lâche la corde, je me mets à couler. Il n'y a rien qui m'arrête. Si je ne palme pas pour revenir en haut, ça fait descendre. Fait que moi, tous les apnéistes qui deviennent accros à l'apnée, puis qui deviennent des junkies, si on peut dire, de l'apnée, puis qui veulent en faire de plus en plus, puis de plus en plus longtemps, c'est que tu palmes jusqu'à ton point de flottaison neutre, puis tu continues à palmer jusqu'à, mettons, de 13 mètres à 20 mètres, puis rendu à 20 mètres, tu te laisses descendre sans bouger rien du tout, à part que compenser tes oreilles Là, tu es en chute libre, qu'on appelle. La chute libre, c'est comme descendre en parachute, mais dans l'eau. Fait que tu vas de plus en plus creux, sans forcer.
SPEAKER_01Aïe, aïe, ça doit être fou comme sensation, ça.
SPEAKER_02C'est la sensation la plus capotée qui est le fun à vivre, là. C'est incroyable. On appelle ça le free fall, la chute libre. T'es sûr? OK. Là, quand t'arrives au fond, là, t'as beaucoup de pression qui t'emmène vers le fond. Fait que là, faut que tu palmes beaucoup pour revenir à la surface parce que là, il faut que tu combattes cette pression-là. Cette pression, c'est ça, exact.
SPEAKER_01Puis, à un certain point, c'est pas... J'imagine, les premières fois, ça devait être un peu inconfortable parce que tu penses à l'oxygène pis tout ça.
SPEAKER_02Non, c'est tes oreilles qui passent plus à un moment donné.
SPEAKER_03Ça passe plus,
SPEAKER_02ça fait mal à tes oreilles, fait que là, à ce moment-là, OK, la compensation, ça passe plus, fait qu'il faut que t'arrêtes pis tu remontes. Pis c'est ça, c'est beaucoup d'apprentissage, il faut que t'apprennes à te connaître beaucoup, savoir l'été techniques qu'il faut faire pour descendre profond. C'est ça. Toi,
SPEAKER_01tu as découvert ça
SPEAKER_02dans ton voyage dans le sud? J'aimais toujours ça, jouer dans l'eau, comme je te disais, puis aller crue dans l'eau, mais j'étais tout le temps limité par mes oreilles. C'est ça. Même quand j'ai fait la formation en eau profonde, c'était mes oreilles qui ne passaient pas. Je n'ai même pas pu passer mon premier niveau parce que je n'allais pas à la profondeur visée qui était de 12 mètres. Puis à 12 mètres, si tu ne fais pas ça, tu n'as pas de certification J'ai travaillé pendant plus qu'un an pour être capable d'arriver à ça. Puis, j'ai compris quelque chose à un moment donné. Je suis passé de 10 mètres à 30 mètres dans un week-end. Juste à comprendre quelque
SPEAKER_01chose.
SPEAKER_02À me comprendre. Quand tu descends, tu es dans le silence. Tu es dans le moment présent. Tu n'as pas le droit à l'erreur sans que ce soit extrême. C'est hyper sécuritaire parce qu'il y a des techniques qu'on a. Il y a des gens qui surveillent. C'est hyper sécuritaire. Mais au début, si tes oreilles ne passent pas, c'est c'est à la limite. Tu ne peux pas. La plupart, je te dirais 90% des gens ne sont pas capables de descendre. Si ils ne descendent pas, ils ne manqueront pas
SPEAKER_01d'oxygène.
SPEAKER_02Oui, oui, oui. Encore tout
SPEAKER_01frais. Oui, oui, oui. C'est quoi, toi, je suis curieux de savoir, tu as piqué ma curiosité avec ça, c'est quoi, toi, qui a été l'élément déclencheur pour réussir à débloquer
SPEAKER_02ça? C'est ma conjointe qui a analysé... qui me regardaient pendant que, quand on fait l'apnée, il y en a un qui plonge, puis il y a l'apnéiste de sécurité qui reste à la surface. Puis quand l'apnéiste remonte, il tire sur la corne, ça dit à l'autre de descendre. la pénis de sécurité va descendre pour faire le dernier 10 mètres avec le plongeur. Elle, elle me disait, quand tu fais la sécurité à quelqu'un, tu vas plus profond que quand c'est ton tour à toi d'aller profond. Qu'est-ce que tu fais pas correct? Qu'est-ce que tu fais différent? Là, j'ai commencé à penser, puis finalement, c'était simple. C'est que dans mes oreilles, je ne laissais pas l'eau aller jusqu'au tympan. Il y avait une bulle d'air qui se faisait dans mon oreille. Puis cet air-là compressait, puis ça m'empêchait de compenser mes oreilles. OK. C'est ça mon problème.
SPEAKER_01Puis ça, tu peux pas mettre des bouchons ou quelque
SPEAKER_02chose? Non, non, non, non, non,
SPEAKER_01non. Non, parce que ça fait trop de pression, j'imagine.
SPEAKER_02Tu peux avoir des accidents causés par ces bouchons-là, justement, parce que s'il y a de l'air, il faut toujours que le conduit auditif externe de ton oreille soit rempli complètement d'eau, juste, il faut pas qu'il y ait d'air, parce que l'air va comprimer. Puis si ça comprime, ça peut faire des problèmes au niveau de ton tympan, c'est ça.
SPEAKER_01Ok, ok. Wow! C'est quoi que tu donnerais comme conseil à quelqu'un qui veut essayer
SPEAKER_02ça? De faire un cours. De jamais faire ça tout seul. Faut jamais faire ça tout seul. Faut toujours être avec quelqu'un quand on fait ça. C'est la première règle. C'est de toujours être avec quelqu'un. Que tu sois dans ton bain, n'importe où, tu veux faire un statique, t'sais, t'es comme en surface, pis t'essaies de rester longtemps dans l'eau, sans bouger, pis tu calcules ton temps, fais jamais ça tout seul. Toujours avec quelqu'un, parce Parce qu'un blackout, ça peut arriver. Puis si tu fais un blackout dans l'eau et qu'il n'y a personne, ben, du coup, ouais. Ouais, ouais, ouais. C'est dangereux. jamais tout seul, puis de faire une cours, une formation.
SPEAKER_01OK. Toi, tu es allé te faire former, tu as fait beaucoup de formations là-dedans.
SPEAKER_02Oui, j'ai fait mes formations de base, 2, 3, 2, 3 et 4. Puis, j'ai été, cette année, au mois de janvier, j'ai été à Dahab, en Égypte, rencontrer une amie qui donne le cours pour devenir instructeur. Catherine Chouinard est là-bas et elle est Instructor Trainer. Elle donne des cours pour former des instructeurs. J'ai passé un mois là-bas pour apprendre à donner la formation d'Aïda. AIDA, l'organisme international qui permet les formations
SPEAKER_01d'apnée. OK. Ah wow, super ça. Fait que j'imagine qu'éventuellement, tu vas coacher des gens pour faire
SPEAKER_02ça? Bien, moi, mon but, c'est... Je m'en vais vers la retraite tranquillement. Ce serait d'amener des gens à... Découvrir cette passion-là. Quelqu'un qui aime jouer dans l'eau, qui veut relaxer, qui fait du yoga, c'est tous des acquis assez importants pour vraiment faire en sorte qu'on apprécie le moment présent quand on est dans l'eau et qu'on... qu'on apprend à se connaître énormément. C'est très relaxant. Puis moi, ça me fait du bien parce que je suis dentiste, puis dentiste, c'est quand même un peu stressant, comme je l'expliquais tantôt. Quand je suis en apnée, je te dis, je reviens d'un week-end d'apnée, puis j'en ai jusqu'au mercredi à planer. Je suis... L'esprit complètement libéré, puis
SPEAKER_01c'est ça. OK! C'est super, ça. Moi, je suis curieux. Ça serait quoi ton conseil que tu donnerais à un auditeur pour perdurer aussi autant d'années dans le sport d'endurance? Parce que c'est quand même plutôt rare que j'ai la chance de m'entretenir avec quelqu'un qui, ça fait 30 ans, qui fait des sports de ce genre-là. Puis, tu sais, tu t'enlignes pour refaire la PTL. Ça m'impressionne beaucoup, beaucoup. Ça serait quoi ton conseil
UNKNOWN?
SPEAKER_01à quelqu'un pour perdurer pendant plusieurs années dans le sport comme
SPEAKER_02ça? Un, il faut que la passion soit là en partant. Il faut que tu le fasses pour toi-même. Oui, oui, oui. Puis aussi, c'est de le faire pour soi-même et d'essayer de... Moi, j'aime ça me battre contre moi-même. Il y a d'autres personnes alentour de moi, mais je ne m'en occupe pas tant. J'essaie de faire mes choses, mais ce que je pourrais donner comme conseil, c'est de ne pas trop en faire. De ne pas trop en faire parce que souvent, je vois des gens qui s'enlignent plusieurs ultras dans un été. J'en ai vu beaucoup des athlètes comme ça en Europe en faisant de l'UTMB. J'en ai connu qui ont même des pros qui ont en ligne, puis en ligne, puis en ligne, puis en ligne, des ultras, tu sais, ils se donnent pas tant de récupération, ils finissent toujours, à un moment donné, blessés, OK? Puis, la PTL, quand je l'ai fait, en 2014, Durant tout l'été, je n'ai pas pu m'entraîner parce que je m'étais fait une entorse à Bear Mountain, justement, à la cheville. Pendant tout l'été, après, ça m'a handicapé, même que trois semaines avant le départ de la PTL, j'avais appelé mon partenaire avec qui je faisais ça. J'ai dit, Vincent, je ne peux pas faire la PTL parce que je n'ai pas été capable de m'entraîner sur ma cheville avec un packsack sur le dos. C'était tout le temps trop pesant, ma cheville ne t'a fait pas, puis... Fait que finalement, il m'avait dit, tu peux pas me faire ça. Fait qu'il me dit, non. Il dit, non, non, tu me fais pas ça. Il dit, on va le faire en type rando. Fait que moi, pendant tout l'été, j'ai fait le minimum. J'ai quasiment rien fait. OK, je te le dis, pour préparer la PTL, j'avais quasiment rien fait en volume. J'avais fait de la muscu, oui, mais presque pas de volume parce que j'étais pas capable de supporter. Puis finalement, j'ai été là-bas. On a fait la PTL. Puis on a fini quand même 20e sur à peu près 100 équipes, je te dirais. Puis ça a super bien été. Finalement, ma cheville, elle a toffé toute la semaine. Puis j'en avais vraiment pas fait beaucoup pendant tout l'été. J'y m'étais reposé. Moi, ce que je peux donner un conseil, c'est souvent les gens arrivent à leur compétition de fin de semaine, puis ils ont travaillé, ils travaillent, ils font l'entraînement. Ils arrivent à la compétition, ils sont déjà trop brûlés, ils sont déjà fatigués. Puis moi, je dirais, t'es pas un athlète d'élite,
SPEAKER_01Ou
SPEAKER_02tu peux faire deux entraînements par jour, puis dormir trois fois par jour, ça te
SPEAKER_01tente.
SPEAKER_02On est mieux d'arriver sur reposé que sous reposé. Pour, un, éviter les blessures. Puis l'autre chose que j'ai vue à Bear Mountain, c'est des gens qui, ça, ça m'a marqué, qui s'empiffrent d'ibuprofène ou d'acétaminophène avant le départ. Avant le départ, ils se bourrent d'anti-inflammatoires.
UNKNOWNÇa...
SPEAKER_02c'est super dangereux parce que s'il arrive un petit pépin où le signal d'alarme, tu n'es pas capable, tu ne peux pas l'interpréter parce que ton cerveau est gelé.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_02tu vas arriver à un moment donné où ça va faire mal, puis quand ton acétaminophène ne fera plus effet, ça va faire encore plus mal, puis ça peut même compromettre ton affaire. Même à la PTL, je n'ai pas pris une Tylenol dans ma semaine quand j'avais fait la PTL. Puis je peux te dire que j'en aurais pris. Mais je voulais savoir, je voulais savoir quand arrivaient mes systèmes, mes... mes signaux d'alarme pour me dire « Regarde, fais quelque chose de différent. » Non, ça, de se reposer et ne pas prendre de médication pour le
SPEAKER_01fun. Super, c'est clairement des bons conseils. On a vu, il y a des athlètes qui sont morts à prendre des Advil sur des courses parce que justement, ils n'entendaient pas ces signaux-là.
SPEAKER_02Oui, et c'est dangereux aussi pour le foie et les reins. Exact. C'est parce qu'on est déshydraté souvent dans ces courses-là. Les reins ne fonctionnent plus. C'est juste... Si tu es obligé de prendre des médicaments pour commencer ta course, ne fais pas ta course. Fais d'autres choses. Fais du cross-training. Ne fais pas ta course. Ça va juste t'envoyer dans le décor.
SPEAKER_01Le mur... Puis, est-ce qu'il y a des choses dans le sport que tu n'as pas accomplies que tu aimerais
SPEAKER_02accomplir? Dans le sport?
UNKNOWNOui. Ben...
SPEAKER_02Refaire la PTL. Oui, c'est sûr, parce qu'il y a une cloche. Il donne une cloche à la fin pour la PTL. Je
SPEAKER_01ne sais pas si tu as déjà vu ces cloches-là. Oui, j'ai déjà vu ça, mais je ne savais pas qu'il y en donnait, par exemple.
SPEAKER_02Il donne la cloche à tous les finishers. Moi, je veux une deuxième cloche. Parce que j'ai un ami, mon ami suisse, qui m'avait référé mon ami Patrick, justement. Lui, il a terminé la PTL 15 fois.
UNKNOWN15 fois? Oui.
SPEAKER_02Waouh
UNKNOWN!
SPEAKER_02C'est JP Lutti. C'est un ami suisse, puis c'est tellement une bonne personne. C'est un montagneur. Lui, il organise les courses. Il organise pas les courses. Il est souvent là comme bénévole pour baliser les parcours en Suisse un peu partout.
SPEAKER_0115 fois, ça doit être presque
SPEAKER_02un record. Je le sais pas, mais il doit être vraiment proche de ceux qui en ont le plus. C'est certain. Un rêve, c'est ça. Tu sais, Je ne peux pas dire... J'ai la chance de dire que mes rêves dans le sport, c'est plate à dire, mais je les ai pas mal toutes faites, je te dirais. J'ai fait les rêves d'expédition au Brésil, en Argentine, au Chili. On est partis de l'Argentine pour traverser la Cordillère des Andes à pied, en kayak, en vélo. Puis pour finir en kayak sur le bord du Pacifique, pour finir au Chili, c'est quand même pas rien. Ah ouais. tellement beau. Toutes les images que j'ai dans ma tête, c'est incroyable. Fait que, tu sais, des volcans... Je ne sais pas. Il y a une chose que je veux faire avec ma conjointe, avec ma femme. C'est comme un accomplissement de fin de carrière pour moi, que je vais à la retraite bientôt. On veut partir avant la PTL, deux ou trois semaines avant la PTL. On va probablement partir de Chamonix pour aller à en passant par les refuges de Moyenne-Montagne. Pas le parcours populaire touristique, mais passer par les cabanes de Moyenne-Montagne et faire des glaciers un peu pour faire la traverse jusqu'à Zermatt de Chamonix. Ça, on va faire ça avant que je fasse la PTL. Ça, c'est un rêve. Ça va être la fin juste avec elle.
SPEAKER_01Ah, c'est cool, ça. Sinon, il y a une autre chose aussi que tu es vraiment fier, c'est que ton plus jeune qui fait des compétitions présentement.
SPEAKER_02Oui, il y a Maxime qui fait partie de l'équipe de Skimo Canada. Il fait partie de cette équipe-là. Il est U20. Il vient de gagner les championnats nord-américains à Kicking Horse qui ont eu lieu il y a peut-être deux ou trois semaines de ça. Il est devenu champion nord-américain de la course... régulière de skimo. Il a fini troisième à la verticale. Puis, c'est ça. Mais il est champion nord-américain, toute catégorie confondue.
SPEAKER_01Wow! À 20 ans. Écoute, si tu écoutes le podcast, on le félicite. Mais moi, je te félicite aussi d'être une inspiration pour tes gars. Et d'autres gens dans ton entourage?
SPEAKER_02Oui, c'est sûr qu'on a sûrement aidé un peu à ça, mais on ne les a jamais forcés à faire le sport. Ils ont toujours été par leurs propres moyens à toujours s'améliorer dans ce qu'ils font. Ils aiment le ski, ils aiment le vélo, ils aiment tous les sports. Mais surtout le skimo, je pense qu'il va commencer à vraiment focusser sur les verticales. Exactement.
SPEAKER_01Parce qu'il a fait plusieurs
SPEAKER_02Coupes du monde. Il est allé en Europe l'année passée, cette année, faire des Coupes du monde chez les jeunes, chez les juniors, chez les U20. Il a même fait des courses pro avec les élites. Puis il finissait pas au dernier, il finissait au milieu de Pâques. Fait que quand même, à 20 ans, c'est déjà quand même beaucoup. Puis là, il est allé dans l'Ouest face aux championnats nord-américains, mais la semaine d'avant, il il l'a passé avec un entraîneur de l'équipe d'Espagne, de Skimo. Il y a eu beaucoup de conseils, beaucoup de techniques amenées pour que justement, ça soit encore plus efficace dans ces courses qui vont venir l'année prochaine sur la Coupe du
SPEAKER_01monde. OK. Ça doit être une grande fierté
SPEAKER_02pour toi, ça. Ah oui, c'est vraiment... Moi, je ne veux pas aller voir ces courses parce que je suis trop... Je suis vraiment trop stressé pour lui puis je suis pas capable de me contenir fait que j'aime mieux envoyer ma femme avec lui à l'autre bout du monde puis qu'elle gère tout ça puis que moi je regarde les résultats
SPEAKER_01bon ben super puis
SPEAKER_02sinon
SPEAKER_01C'est quoi que tu aimerais accomplir de plus en apnée que tu n'as pas réussi encore à ce
SPEAKER_02jour? Moi, j'aimerais... En apnée, c'est sûr que je veux aller profond encore. J'ai un chiffre dans ma tête, mais les chiffres sont... Variable, si on peut dire. Ce n'est pas obligatoire, mais le chiffre du 100 mètres est dans ma tête. Je vais à 100 mètres de profondeur sans apport d'oxygène de l'extérieur. Mais la plus grosse chose que j'aimerais réaliser, je crois, c'est de former des gens pour leur donner un peu la passion que j'ai de ce sport-là.
SPEAKER_01De transmettre ta passion.
SPEAKER_02De transmettre cette passion-là à des gens. Puis dans le sport, de faire de l'apnée, c'est... C'est bénéfique parce que moi, je ne le vois pas. Je continue à m'entraîner en même temps que je fais de l'apnée. Puis, je ne vois pas le fait de faire un entraînement en apnée. Ça ne m'amène pas des inconvénients. Je ne suis pas moins performant. Je ne sais pas si... Je suis moins performant parce que je fais de l'apnée. Parce que je ne sais pas si le fait de faire de l'apnée, mon corps est habitué... à sécréter de l'érythropoyétine. Tu connais l'hormone qui fait augmenter le nombre de globules rouges? Oui, oui, oui. Parce que tu manques d'oxygène. Oui, oui. C'est ça. Le dopage dans le sport, c'est souvent ça. Ils vont se piquer à l'érythropoyétine pour faire augmenter le taux de globules rouges de leur sang. Mais moi, je n'ai pas besoin de me doper parce que le fait de faire de l'apnée fait produire mon corps plus de globules rouges.
SPEAKER_01c'est ça la clé pour perdurer dans le sport finalement
SPEAKER_02moi je pense qu'il faut que tu fasses tellement de choses différentes jamais faire tout le temps la même affaire parce que le coureur qui fait de l'asphalte à tous les jours qui fait le même mouvement répétitif il va se blesser
SPEAKER_01ça finit par créer de l'usure parce que moi il y a personne que j'ai entendu qui faisait 8000 km par année qui a fait ça pendant 25
SPEAKER_02ans non je pense que non si t'as à courir comme ça ben t'es mieux de courir dans le bois, où il y a des racines et que le terrain est inégal. Au moins, ça te permet d'être tout le temps sur un terrain varié. Ton corps, il n'use pas juste d'une seule façon. Je pense que c'est ça. Perdurer, c'est s'aimer aussi d'une certaine façon. Il ne faut pas faire quelque chose pour montrer qu'on est bon sur les réseaux sociaux. Il y en a qui font beaucoup pour les réseaux sociaux parce qu'ils sentent une valorisation. « Ah ouais, t'es donc bien hot, toi, tu fais ça. Ah ouais, t'es une machine, toi. » Mais tu sais, moi, je veux pas carburer par les réactions des autres envers ce que je peux faire. J'aime autant garder mes choses. Même avant de faire l'entrevue, j'étais comme tellement... ça me tentait pas d'exposer tout ce que je fais parce que j'ai pas besoin de dire tout ça à tout le monde alentour. Oui, je vais dire que j'ai fait tel événement, mais je dirais pas que j'ai fini 47e sur... C'est pas ça qui est important. La première affaire qui est importante pour moi, j'ai-tu eu du plaisir dans ce que j'ai fait? J'ai-tu eu du plaisir à aller à 60 mètres au fond? Je me suis fait peur, puis j'ai eu la chienne. Tu as aimé ça? Non, j'ai pas aimé ça. Ben, pourquoi tu fais ça? Tu sais, écouter, s'aimer, puis... That's it. Je pense que c'est juste ça dans le fond et de ne pas
SPEAKER_01trop en faire justement. Je suis tellement d'accord avec ta philosophie parce que moi, les gens qui me posent la question « En combien de temps je devrais courir mon premier marathon? » Écoute, la première chose que je leur dis maintenant, c'est que tu devrais plus le finir avec le sourire qu'un temps. Parce que sur ton lit de mort, tu vas t'en contre-crisser que tu as couru ton marathon à 3h33. Mais si tu l'as terminé avec le sourire, ça, tu vas t'en rappeler.
SPEAKER_02Non, parce que finir ses coudes, c'est jamais le fun. Finir ses coudes, c'est vraiment pas cool. C'est ça. Peut-être que des gens ont besoin de frapper un mur pour après comprendre. Je ne sais pas. Mais il y en a aussi qui aiment performer pour performer
SPEAKER_01aussi. Clairement, puis on a toutes des motivations qui sont différentes aussi. Moi, je respecte ça, mais je pense qu'à la base, c'est quand même... une des choses essentielles, que ça reste plaisant. Exact, c'est ça. Il
SPEAKER_02faut que ça soit
SPEAKER_01plaisant. Il faut que ça soit
SPEAKER_02plaisant. Il n'y a personne qui m'envoie dans le fond, il n'y a personne qui m'oblige à aller faire la PTL. Il n'y a personne qui... Là, j'ai un projet dans ma tête, peut-être pour dans deux ou trois ans, d'aller faire la Pacific Crest
SPEAKER_01Trail. Ah
SPEAKER_02oui, ok, ok. Ça, c'est comme... C'est loin, mais c'est beaucoup de planification, c'est beaucoup de préparation, c'est beaucoup de logistics c'est beaucoup de plein de choses qu'il faut apprendre avant de te lancer dans ces choses-là je me vois faire ça si tu me demandais tantôt un rêve qui me reste à faire ça serait de faire une chose comme celle-là parce que ça allie une phobie que j'ai c'est la chaleur, puis il y a des déserts à traverser après ça tu vas dans le froid parce que tu montes dans les montagnes qui sont hautes c'est comme ça, partir pendant 2 à 4, 5, 6 mois loin de tes proches ça m'attire et en même temps ça me répulse c'est beaucoup de c'est ça faut être prêt mentalement et pas juste la personne qui le fait mais l'environnement dans lequel tu vis aussi il faut que tu sois prêt à accepter
SPEAKER_01ça il faut que tu sois déterminé aussi
SPEAKER_02ouais c'est
SPEAKER_01ça super en tout cas merci pour pour l'image positive aussi que tu envoies dans le sport depuis autant d'années. J'aimerais vraiment saluer ça, puis continue d'être aussi inspirant, puis d'être une personne
SPEAKER_02remplie d'humilité. Ah, en tout cas, c'est ça. C'est peut-être un défaut, mais c'est ça. Je garde mes choses en réalité souvent juste pour mes... C'est ça, aujourd'hui, quand je notais toutes les choses que j'ai faites, tu te rends compte que, hé, c'est quand même une feuille de route quand c'est quand même assez remplie. Je n'avais jamais fait le processus de voir qu'est-ce que... c'est quoi... d'où ça part tout
SPEAKER_01ça. Oui, c'est sûr que ça fait comprendre conscientisé que t'en as peut-être fait plus que tu pensais,
SPEAKER_02hein? Oui, c'est ça. J'en ai fait beaucoup, puis en même temps, pas beaucoup en ligne. Je sais pas si tu comprends.
SPEAKER_01Oui,
SPEAKER_02oui, oui. Mais c'est sûr, j'arrive à 60 ans, fait qu'il y a plusieurs années là-dedans.
SPEAKER_01Mais comme une grosse course par année, en moyenne, à peu
SPEAKER_02près.
UNKNOWNExact, c'est ça. Oui. Oui.
SPEAKER_02j'en faisais pas plus que ça. Grosse. Dans le temps, il y avait des gens que je côtoyais pendant l'UTMB. Juste dire ça comme ça en finissant. Tu croises des gens que tu fais l'UTMB et tu parles avec les autres. Deux semaines après, l'UTMB s'en allait faire le tord des géants. Imagine-toi. Deux semaines après. Il y en a même qui ont fait la PTS et qui ont fait le tord des géants en ligne. Comment tu veux récupérer? Comment tu veux perdurer dans
SPEAKER_01le temps? Non, non, non. C'est de l'usure que tu ajoutes sur ton corps, c'est
SPEAKER_02sûr. Exact. En tout cas, merci
SPEAKER_01beaucoup. Merci beaucoup à toi.
SPEAKER_02Ça fait plaisir.