Apéro Sexo
Vous écoutez Apéro Sexo, un podcast animé par une professionnelle en sexologie. Ici, on parle de dating, de relations, de breakups, de célibat… Tout au long de la saison, je vais recevoir des expert·es, des invité·es du monde de l’influence, on est là pour vous accompagner dans votre vie sexuelle, dans votre intimité et dans votre vie amoureuse.
Apéro Sexo
#140 Pourquoi les femmes ont 'peur' des hommes? avec Léa Clermont-Dion
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Dans cet épisode, je reçois Léa Clermont-Dion pour parler d’un sujet qui suscite énormément de réactions : les relations entre les hommes et les femmes en 2026. On discute du mouvement masculiniste, du fameux « not all men », de la peur que plusieurs femmes ressentent au quotidien, mais aussi de dating, de charge mentale et de ce que les hommes ne voient pas toujours de la réalité féminine.
Pourquoi autant de femmes se sentent-elles constamment sur leurs gardes? Pourquoi certaines conversations entre hommes et femmes semblent-elles tourner en rond?
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Coucou, moi c'est Rosie, professionnelle en sexologie et animatrice du balado Apéro Sexo. Apéro Sexo, c'est un podcast divertissant et éducatif où on parle de sexe, de relations amoureuses et tout ce qui touche à l'intimité. Je veux prendre le temps de remercier Séduction, notre partenaire officiel. Séduction, c'est bien plus qu'une boutique érotique, c'est un espace de découverte, de plaisir, où chacun, chacune est invité à vivre sa sensualité librement. Vous pouvez utiliser le code promo APÉRO sur séduction.ca. Et Cutsac, nos jeux de conversation intimes créés par apéros sexos pour les couples, pour avoir une conversation sur votre relation, votre intimité, votre sexualité. Et vous pouvez utiliser le code promo podcast10. Les liens vers les sites de nos partenaires sont dans la description de l'épisode. Bon épisode! Aujourd'hui, je reçois Léa Clermont-Dion dans le cadre de la campagne On s'écoute. Donc, c'est une campagne de prévention des violences sexuelles en enseignement supérieur qui s'intéresse aux liens entre les discours masculins et la banalisation des violences à caractère sexuel. Donc aujourd'hui, on va parler de violences sexuelles, dating, de peur, de colère, de charge mentale, puis tous les réflexes qu'on développe comme femmes pour protéger notre sécurité et notre intégrité physique au quotidien. Et avec les discours masculinistes qui sont en hausse, on en entend de plus en plus, je pense que c'est important qu'aujourd'hui on ait cette conversation-là parce qu'on avait l'impression d'avoir acquis tellement de choses, puis là on est comme « Oh shit, non, finalement, on a fait 800 pas de Absolument. On fait 800 pas en arrière, c'est
SPEAKER_01sûr. Puis, on dirait que, des fois, le recul me permet de constater ça. C'est-à-dire que j'y pense à tous les jours, pratiquement, puis je suis comme, non... Ce qui se passe, ce n'est pas normal. Ce qui se passe, ce n'est pas anodin. C'est alarmant et je ne veux pas être alarmiste, mais c'est sans précédent. Moi, le fait qu'un individu comme Andrew Tate dise, et si on retirait le droit de vote des femmes parce qu'elles ont voté en majorité pour Kamala Harris au lendemain des élections présidentielles américaines, je me dis, on est dans un drôle de monde. Mais c'est un monde qui change, un monde qui se transforme. Nos sociétés vont tant vers... tendent vers l'autoritarisme, le fascisme, la montée des violences. Donc, les femmes payent le prix en situation de crise économique, géopolitique et tout. Donc, nos droits sont menacés.
SPEAKER_02Mais ça fait peur que nos droits soient menacés. Tu sais, des droits tellement acquis, mais qui ont été tellement difficiles à acquérir aussi. Puis là, c'est comme si tout ce qu'on pensait acquis, puis qu'on était comme, c'est bon, tu sais, genre, le droit, tu sais, c'était pas un thing qu'on se disait, ah, un jour, dans notre vie, peut-être qu'on va perdre jamais. Ça fait que ça fait vraiment
SPEAKER_01peur. Ça fait peur. Puis tu sais, moi, quand je me suis dit féministe, j'avais comme 14 ans puis j'étais extrêmement naïve. C'est normal que j'avais 14, mais j'avais l'élan de dire, OK, l'égalité, on la veut. Puis on est bien en ce moment, on veut l'égalité, on va la garder. Mais je ne pouvais pas imaginer ce que deviendrait notre société. Quand tu dis menace des droits à l'avortement, c'est réel. Je comprends que ça s'est passé aux États-Unis, Roe v. Wade, la révocation, mais il y a quand même un effritement, je dirais, de nos droits ici aussi au Canada. En matière de justice reproductive, d'accès à l'avortement, c'est encore compliqué. Juste le fait qu'il y a des gens qui réagissent vraiment de manière assumée, vexatoire à nos prises de position, comme c'est le cas, moi, je trouve ça fascinant. Tu sais, dans une école secondaire au Québec, on m'avait invitée par le comité de parents pour parler de masculinisme.
SPEAKER_02Il y a eu cinq plaintes. Ah oui? Des parents?
SPEAKER_01Des parents. Ils veulent pas. Certains veulent pas. Donc, tu sais, il y a plein d'exemples, là. Euh... Puis moi, je trouve ça fou. Je trouve ça fou de voir ça. Je pensais pas qu'on se rendrait là.
SPEAKER_02Trouves-tu que plus qu'on vieillit, plus qu'on réalise qu'on est dans un monde d'hommes?
SPEAKER_01Attends un peu. Hé, voyons, c'est quoi qui se passe? Ça, c'est ma
SPEAKER_02sonnerie de téléphone.
SPEAKER_01Ah, mon Dieu. C'est ma sonnerie de téléphone, tout le monde. Je m'excuse. Mais c'est drôle. C'est drôle de sonnerie? Ah oui, OK. Tu vas parler de masculinité toxique et de hockey. On y reviendra, ma sonnerie. Tu veux-tu qu'on C'est drôle que tu dis ça, qu'on est dans un monde d'hommes, puis là, on a la sonnerie des Canadiens. En fait, qu'est-ce que tu veux dire par monde d'hommes? Par une société patriarcale?
SPEAKER_02Moi, j'ai l'impression que je le vis au quotidien, mettons. J'ai la peur des hommes au quotidien, tout le temps. Je marche dans la rue. Je suis tout le temps aux arrières de tout. Oui, pour la sécurité, mais aussi, j'ai toujours peur de me faire marcher sur les pieds, de moins me faire écouter. Je
SPEAKER_01te
SPEAKER_02comprends. Oui. Plus je vieillis, plus je réalise, plus je suis consciente de tout ça. Je pense que plus jeune... il y avait
SPEAKER_01moins... Je suis tellement d'accord avec toi, c'est-à-dire que moi, quand j'étais ado, je n'avais pas peur de personne. Vraiment pas. Je n'avais pas la conscience de ces violences-là. J'étais naïve à ce point-là. Mettons, exemple, je n'avais jamais fait de voyage. Je suis partie au Burkina Faso avec mon ami Maïka Sondarji avec qui on se livre le podcast. Puis après, j'étais partie au Maroc seule un mois. J'avais genre 18 ans. Quand même. Je n'avais aucune part, aucune... peur, c'est fascinant puis je me suis retrouvée dans des situations en voyage qui étaient franchement dangereuses, exemple je m'étais retrouvée dans une médina en train d'être suivie par 10 garçons genre complètement fous puis il était 11h du soir puis je cherchais mon hôtel puis je suis comme qu'est-ce que tu fais là? qu'est-ce que tu fais là? alors bref j'avais pas cette conscience là puis en fait la vie m'a montré qu'il fallait avoir être plutôt craintif, craint Parce que la violence, elle existe. Puis la menace, elle existe, etc. Puis à un moment donné, j'ai réalisé c'était quoi ça. Et là, j'ai eu peur. Puis cette peur-là m'a habitée longtemps comme n'importe quelle femme. Je veux dire, tu parles de la peur dans la rue. Moi, pas plus tard qu'il y a une semaine et demie à côté de chez nous, j'ai eu peur. J'ai eu une situation où physiquement, je me suis sentie menacée. Donc... Plus on vieillit, plus on est conscient, je pense, effectivement, de cette menace-là. Puis après, il y a aussi le sentiment de, je ne sais pas, des cœurs entiers, de toujours, moi, répéter la même hostie d'affaires. Je m'excuse, un gros sac hostie d'affaires. Plus capable de toujours répéter la même cassette tout le temps. Euh... J'ai l'impression de parler dans le vide. Et où, ce que je trouve des fois frustrant, puis ce qui est plus pernicieux, c'est des fois l'impression de ne pas être écoutée. Et comprise aussi. Et comprise par... Tu sais, certains hommes...
SPEAKER_02Oui, il y a trois jours, j'étais dans un bar.
SPEAKER_01C'est frustrant.
SPEAKER_02On descend, on va fumer un joint. On était moi, une de mes amies, puis un gars. Puis on vit notre vie, on fume. Puis là, il y a comme un gars qui arrive avec sa blonde. Puis il est comme « Ah, qu'est-ce que vous faites? » Puis on est comme... Tu sais, on ne le connaît pas, là. On fume un joint. Il est comme « Ah, je peux-tu en avoir? » On y donne. Puis là, il a commencé à être vraiment bizarre, puis avec des yeux. Tu sais, là, les yeux qui, genre... Il te déshabille pis il veut te faire peur, là. Fait que là, je suis comme... Tu sais, je dis à moi pis mon ami pis l'autre gars qui est avec nous, je suis comme... Tu sais, on s'en va, là, comme je suis pas bien. Pis là, l'autre gars, il est comme... Mais voyons, je suis comme... Tu sais, tu peux pas expliquer un regard à quelqu'un...
SPEAKER_01Ils comprennent pas, tu sais,
SPEAKER_02c'est... J'ai mal expliqué mon histoire, mais en gros, ce que nous, on ressent comme peur ne se fait pas ressentir par eux, donc c'est difficile de voir qu'il y a une situation de peur, tu sais. Mais... C'était genre, la façon dont il me regardait, c'était comme, je veux te faire peur en ce moment. Puis c'était un regard, tu sais le regard qu'il déshabille?
SPEAKER_01Oui. Ça. Bien, ça là, je suis contente qu'on en parle ici parce que j'en parle pas assez. Puis c'est le côté invisible. Oui. des rapports de domination que c'est compliqué pour les autres de comprendre. C'est comme si quelqu'un m'explique le racisme que la personne subit, peut-être que ça va être difficile. Mais je peux écouter, par contre. Puis je peux essayer de comprendre. Tu sais, moi, il y a plein de circonstances qui m'arrivent comme ça, que je me dis j'aimerais ça lever la main, puis qu'on m'écoute pour vrai. Puis des fois, je garde ça en moi. Puis on garde ça, nous, comme femmes, en nous. On le vit. Le regard dont tu parles, il va te hanter. Puis tu te dis, ah, encore
UNKNOWN!
SPEAKER_01On est encore là. Je trouve que, par contre, plus on est jeune, plus on est vulnérable quand même dans l'espace public. Le nombre de fois, quand j'étais ado, où je me suis fait reluquer, checker par des exhibitionnistes et autres, c'est tellement dégueulasse et fatigant. C'est difficile à transmettre aux autres. Je vais donner une anecdote très concrète. Moi, l'année passée, où je vivais, j'ai... j'ai vu un geste d'exhibitionniste sur la rue d'un individu qui avait des comportements problématiques dans ma ville que j'avais constatés. Et j'étais comme, c'est pas possible pour moi de ne rien faire par rapport à ce geste-là, qui peut avoir l'air anecdotique, mais pour moi, qui est grave, parce que, excuse-moi, mais il suit une jeune femme, puis là, j'étais en auto, puis là, j'avais mes enfants, je pouvais pas arrêter. J'étais comme, comment je réagis à ça? J'étais tellement fâchée. Ça vient vraiment me chercher. Et là, écoute, je suis allée au poste de police. Puis j'ai dit, « Bien, voici ce qui s'est passé. » Puis là, c'est comme, « Bien, madame, vous n'avez pas pris tes photos. » Je suis comme, « Non. » J'avais mes deux enfants qui gueulaient en arrière. Puis je n'ai pas arrêté mon char pour prendre en photo cette ordure qui suit des filles, le pénis dans la main. Désolée. Puis ça m'avait vraiment frustrée de cette réponse. Puis en fait, là, on m'avait mis un peu le fardeau de faire, « Bien, la prochaine fois, vous prendrez une photo. » Puis tu sais, ce gars-là, il m'avait déjà aussi ciblé. Puis il était super provocateur. Et c'est un monsieur. puis à un moment donné, je me retourne dans une autre circonstance, j'étais à la piscine, puis je me check avec mes enfants dans le pataugeoir. Là, je suis comme, qu'est-ce que je fais avec ça? Je vais voir le sauveteur, j'essaie d'expliquer, puis c'est comme, mais rien n'est fait. Rien n'est fait, puis je ne peux rien faire. Je fais mes recherches et je découvre que cet individu-là est avocat de la défense au palais de justice de Montréal. Et ce, depuis des années. Il a déjà été candidat en politique. Moi, j'ai ça dans mon petit bagage de vie, puis je suis comme, je fais quoi avec
SPEAKER_00ça? J'en
SPEAKER_01parle autour de moi, puis j'ai l'air comme encore une fois de la gossante, mais je suis comme, guys, il faut que je sois une témoin active, c'est important. Alors, tu sais, là, je suis comme, qu'est-ce que je peux faire? Je rencontre le barreau. Je rencontre le barreau pour leur dire, mais encore une fois, as-tu des preuves? Puis je le comprends, je le conçois, je ne suis pas folle non plus, je conçois, mais finalement, cet individu-là, qu'est-ce que j'ai pu faire? Rien. Rien. J'ai laissé ça aller. C'est juste une frustration. Après, moi, de me sentir pas en sécurité dans ma ville, dans la rue, de sentir aussi que les jeunes femmes autour de moi ne sont pas en sécurité, c'est des événements comme ça qui, au fil d'une vie, gossent.
SPEAKER_02Ben oui. Pis t'sais, tantôt on disait, tout ça qui est comme invisible, là t'as donné un exemple qui semble, peut sembler banal, mettons, pour d'autres personnes, pour des hommes généralement.
SPEAKER_01Ben moi je trouve pas ça banal du tout.
SPEAKER_02C'est absolument pas banal, pis pour tout le monde devrait être alarmé par ça. À la base. Mais j'ai l'impression que si... T'sais, tantôt quand tu disais, pour le racisme, je peux écouter. Je vais peut-être pas le comprendre parce que j'en vis pas. J'ai l'impression que c'est la même chose, t'sais, avec les femmes et les hommes, pis parce qu'ils le vivent pas on dirait qu'ils sont pas capable d'avoir d'empathie sauf si c'est quelqu'un de leur entourage qui vit quelque chose. Je trouve ça dommage qu'on ne soit pas capable de s'écouter et de se croire. Il faut que ça arrive et que ça touche personnellement. Ta blonde, ta fille, ta soeur, pour que là, ça soit
SPEAKER_01comme... C'est l'empathie à géométrie variable. Si ça t'arrive près de toi, tu vas le comprendre, etc. Oui, c'est dommage. Aussi, c'est qu'on a tellement dévalorisé, je trouve, le témoignage dans la vie. C'est comme, ça, c'est un témoignage, on ne peut pas généraliser. Ça, c'est une année on ne peut pas généraliser, on ne peut pas même, à la limite, faire des constats généraux, il faut tout le temps la grosse étude, etc. Oui, mais non. Parce que là, à un moment donné, c'est comme, il faut rester à l'écoute de ce qu'on nous dit. Parce que c'est à travers cette espèce de ces petits échantillons de la vie de tous et chacun qu'on va comprendre le problème général puis le continuum des violences. C'est, en tout cas, bref. Alors, est-ce que à un moment donné, donné, c'est qu'il y a aussi un monde de prédateurs dans lequel on vit. Il n'y a pas juste des prédateurs, évidemment, mais ça fait partie de l'équation. Puis ça, c'est ça qui, je trouve, rend inconfortable quand on est dans l'espace public.
SPEAKER_02En ce moment, il y a comme un mouvement où il y a plusieurs femmes qui ne veulent plus d'être des hommes. Il y a comme un mouvement de... c'est assez tough d'être des hommes et vivre dans un monde d'hommes, mais on s'empêche aussi peut-être... Quand je suis retournée sur le marché du célibat, j'étais comme ouf, dater des hommes, c'est rough.
SPEAKER_01Est-ce que tu datais des femmes
SPEAKER_02aussi? Non. Mais ça m'est déjà arrivé par le passé. Les situations qui m'arrivaient avec un homme ne seraient pas arrivées avec une femme ou avec des amis, peu importe. Comment on s'en sort de ça? On a tous... comme une espèce de peur des hommes, mais d'un autre côté, on veut relationner avec l'individu derrière. Comment on sort de ce monde-là? Dans ma tête, des fois, je suis comme « Ah, j'haïs les hommes, je trouve ça trop difficile. » Mais après... je ne sais pas comment dealer avec au
SPEAKER_01quotidien. Oui, c'est ça. En fait, si tu es toujours intéressée par la jante masculine en date, peut-être que... En tout cas, moi, c'est une bonne réflexion. Il n'y a pas de réponse magique. Je pense que si on le savait, on l'appliquerait. Moi, concrètement, comment je le gère, très, très concrètement... C'est qu'on dirait que je suis passée de « je ne mets pas du tout de limite » à « je deviens… » comme un peu un être humain moins agréable qui met beaucoup, beaucoup de limites et qui pense à ses besoins. Je vais le dire très strictement puis platement, comme j'ai été dans des relations où ça ne marchait pas. C'est que j'acceptais des trucs qui ne fonctionnaient pas pour moi. J'ai eu un ex qui est devenu pratiquement masculiniste il y a des années de cela. Est-ce que j'aurais pu dire masculiniste à l'époque? Non, parce qu'on ne le disait pas de la sorte, mais c'est des situations qui n'était pas acceptable dans les propos, les commentaires et j'acceptais ça. Le temps a passé et je suis allée de l'autre côté. Tu sais, par exemple, le père de mes enfants est extrêmement quand même doux puis à l'écoute, etc. Mais, c'est de mettre ses limites. Puis, tu sais, moi, il y a une affaire qui est claire dans mes relations, c'est que Je ne peux pas être avec quelqu'un qui ne prône pas l'égalité dans sa vie intime. Alors, c'est dit. Ou comme, mettons, mes limites, là, mettons, quand moi, j'ai voulu avoir des enfants, j'étais comme, je le dis. Moi, je veux des enfants. Si tu ne veux pas d'enfants, va t'en. Tu sais, c'est comme... Et en fait, juste de s'assumer, pour moi, c'est une... c'est quelque chose d'émancipateur, finalement. Puis ça m'a servi, après. Tu sais, dans le revirement de situation, je pense que c'était ça que ça me prenait. Puis c'est pas parfait, puis c'est un apprentissage, puis un réapprentissage, etc. Puis voilà, mais j'ai plus de patience. Fait que je peux plus laisser passer des affaires qui fonctionnent pas, là, comme...
SPEAKER_02Mais dirais-tu que...
SPEAKER_01Comme je ne peux plus, tu sais. Mais j'ai 35 ans aussi, puis j'en ai, tu sais, j'ai eu différentes histoires dans ma vie, etc. Mais j'ai aussi eu des modèles de liberté. Puis ça, ça m'a quand même beaucoup aidée. Je donne l'exemple de mes deux grand-mères. J'ai une de mes grand-mères. Mes deux grand-mères se sont divorcées dès que c'était possible. Je pense que c'est 1968, la loi sur le divorce. Les deux ont quitté leur mari. L'une d'entre elles était avec son mari qui avait 20 ans de plus qu'elle, puis elle était là avec son chambreur après 20 ans plus jeune. Fait qu'il y avait 40 ans d'écart entre les gars. Mais tu sais, elle était bien. C'était son choix. Une autre de mes grand-mères aussi a quitté la relation. Elle vivait librement. C'est cool quand même d'avoir des modèles comme
SPEAKER_02ça. Est-ce que ça complexifie quand même la chose?
SPEAKER_01Oui, moi, je ne suis pas facile. C'est ça, dans ton métier, dans ta vie relationnelle. Je ne suis pas facile. Souvent, je dis bonne chance à la personne qui va être en couple avec moi parce que... Premièrement, je ne suis pas dans un idéal familial, hétéronormatif. Je n'ai jamais imaginé ma vie comme ça. C'est-à-dire, j'ai des enfants, mais pour moi, ce n'est pas ça l'idéal d'être, je ne sais pas comment le dire, mais d'avoir une vie conventionnelle en banlieue, etc. Je le célèbre, mais moi, j'ai tout dans un modèle qui est trop, je dirais, cadré, etc. Par exemple, c'est pas que dans l'intimité avec son conjoint ou conjointe, c'est pas ça. C'est juste de dire, ben moi, mettons, je vais dans des événements le week-end, des conférences, des ci, des ça. Ah, c'est encore moi? Ben oui. C'est qui qui m'appelle, ça? Un numéro masqué, on peut-tu le savoir? C'est-tu l'hôpital? Non, bon. En tout cas, alors, c'est ça. Si c'est ça, on dirait que moi, quand on m'impose un cadre, j'étouffe. Comme la notion de mariage, peut-être que je pourrais me marier un jour, mais moi, ça m'étouffe. Je te jure, je suis comme... Je ne respire pas. On dirait l'idée du contrat, d'abord de repenser au mariage dans sa forme contractuelle. Genre, je trouve ça beau, les célébrations d'amour, puis j'aime ça, puis je trouve ça cute, puis je suis romantique, mais l'idée d'un contrat m'étouffe. Même si ça peut protéger aussi la femme, on s'entend. Bref, ce n'est pas clair ce que je te dis, mais il n'y a rien de clair pour moi là-dessus.
SPEAKER_02Serais-tu heureuse d'être célibataire
SPEAKER_01toute ta vie? Non, quand même pas. Non? Non, non. C'est drôle parce que je regardais un documentaire sur l'INA, les archives françaises. C'était comme un documentaire sur des personnes seules qui étaient vraiment misérables. Les années 80, c'était un peu pathétique le truc. Je ne trouve pas ça misérable d'être seule, mais je suis quand même bien plus en couple. De mon côté, mais vive les gens qui sont... Oui, il y
SPEAKER_02en a qui sont capables, mais je me demandais parce que, comme tu dis, c'est compliqué. Tu es une personne qui a des... Mais ce n'est pas compliqué. Tu as juste des standards, des limites, des besoins.
SPEAKER_01Je suis un peu compliquée parce que des fois, je pars dans une chire que j'écris, que j'ai un projet. Ma vie professionnelle prend beaucoup de place. Ça peut gosser du monde.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_02Parce que t'es une
SPEAKER_01femme? Ben, probablement.
SPEAKER_02Ben,
SPEAKER_01merci de le
SPEAKER_02nommer. Non, mais je pense pas qu'il y a aucun homme qui me dirait « Ah, non, moi, c'est difficile d'être en relation, je travaille beaucoup. » Non.
SPEAKER_01Mais moi, on me dit tout le temps que je travaille trop. Fait que tout le temps, tout le temps, on me dit que je travaille trop. Depuis que je suis adolescente, on me dit « T'en fais trop, tu travailles trop. » Je pense sincèrement que j'ai plein d'homologues masculins qui travaillent autant que moi, puis on leur dit jamais. C'est comme suspect. « Ah, t'as deux enfants, tu travailles de même, t'es partout. » Je suis comme « Ouais, puis Oui. Ça va super bien, là. Comme, toi, t'es bien gérée. Je délègue. Tu sais, comme, je suis capable.
SPEAKER_02Pis sens-tu que t'as ces commentaires-là, mais que le père des petits-enfants les a
SPEAKER_01pas, tu sais? Euh... Oui, mais il est moins workaholic, là. Ça règle la question.
SPEAKER_02Mais je pense qu'on intériorise quand même que si... on travaille plus qu'un 8 à 4, mettons, genre en tant que femme. On travaille trop. Notre carrière prend trop de place. Directement. Puis un homme, c'est vraiment pas ça qu'on a pensé. C'est plus, ah ben, il travaille.
SPEAKER_01Oui, exactement. Puis tu sais, mine de rien, si j'avais pas fait ça, je veux dire, est-ce que j'aurais une place à l'université? La réponse est non. J'ai eu deux bébés durant mon doctorat. C'était nécessaire que j'en fasse plus parce que esti, j'allaitais, je changeais des couches pendant que des gars de mon âge n'avaient pas d'enfants puis écrivaient des travaux en chillant puis en fumant une top le soir bien relax. Moi, je changeais des couches puis je faisais des nuits blanches puis j'avais un procès. Ça fait que c'est normal que j'en faisais plus que les autres, mais c'était mon choix de
SPEAKER_02vie. C'est ton choix de vie puis je pense
SPEAKER_01que... Mais c'est quand même des barrières systémiques qu'il faut se garder en tête. Oui, moi, je pense
SPEAKER_02qu'on intériorise quand même beaucoup d'affaires par rapport à ça parce que Je pense qu'une situation pareille, si t'étais un homme, il y aurait beaucoup moins de regards, de jugement extérieur, de comme, ben là, c'est too much, comment tu peux vraiment être mère et être à l'école, genre... On
SPEAKER_01se le fait tout le temps ramener.
SPEAKER_02En tout cas, ça, c'est clair. Les gens sont vraiment sévères pour ça, sur cet aspect-là.
SPEAKER_01Oui. C'est sûr que je ne suis pas la mère qui va faire tout le temps des bricolages. C'est sûr que je ne serai pas la mère qui va toujours... Je donne beaucoup à mes enfants et j'essaie de compenser. On a une super belle relation. Mais non, je ne vais pas être la personne qui va être à tous les pique-niques d'école. Ça se peut que la semaine, je travaille un peu. Je te dis, on en demande beaucoup aux femmes dans ce contexte-là. Ce n'est pas pour chialer, mais... Oui. En fait... Une
SPEAKER_02culpabilité de ne pas être ce qui serait attendu que tu sois en tant que
SPEAKER_01mère. Non, moi, je n'ai aucune culpabilité. Genre, zéro culpabilité. Puis... c'est drôle parce que autant il y a tellement d'injonctions à l'égard des femmes dans leur, justement, leur maternité, leur non-maternité, le choix de parentalité, tout ça, là, c'est comme, c'est sans cesse. À partir du moment où t'es enceinte ou pas enceinte, il y a tellement de conseils non sollicités puis de pression qui est mise. Moi, je m'en suis toujours complètement foutue. Même avant, moi, je voulais pas d'enfant quand j'étais plus jeune puis je le disais haut et fort puis j'étais comme, ben, je veux pas d'enfant. Faut faire que ça règle la question. Puis à un moment, donné, à 27 ans, j'étais comme, je veux des enfants. Je change d'idée, je veux avoir des enfants. Mais il y a bien du monde qui était comme, comment tu peux dire ça, que tu ne veux pas d'enfants? Je suis comme, en quoi ça te regarde si je veux des enfants ou pas? Comme ça ne te regarde pas. Genre, tu ne vas pas gérer ma vie. Mais après, quand tu as des enfants, là, c'est comme... La pression. Comme la pression de tout faire parfaitement. En plus, avec les réseaux sociaux, moi, je suis comme, pour vrai. Mais je n'ai jamais, je ne me suis jamais sentie la voix, cette injonction. Mais je... ça me passe vraiment...
SPEAKER_00Je m'en
SPEAKER_01fous. Comme ce n'est pas dans mes priorités. En fait, j'ai pas cette espèce de cliché de cette perfection-là attendue des femmes qu'on nous renvoie beaucoup par la publicité parce que c'est par ça. Je suis comme « Ah man, le capitalisme gosse.
SPEAKER_02» C'est ça. On réalise très tôt, je trouve, dans la vie qu'on a une charge mentale de plus que les hommes sur plein d'aspects. T'entends parler d'une sécurité et tout. Mais aussi en devenant mère, je pense qu'il y a plein de charges mentales qu'on ne savait pas nécessairement qu'elles existaient et que finalement, il faut que je me rappelle de telle ou telle affaire, il faut que je me rappelle de son rendez-vous chez le nanana. L'as-tu
SPEAKER_01vécu? Oui, oui, oui. Mais nous, on avait quand même, nous, on a une relation avec le part de mes enfants très égalitaire quand même, tu sais. Il y a beaucoup de... Un bon partage des tâches, je l'avoue, même qu'il en fait presque plus. Mais en même temps, non, la charge est quand même aussi dans ma cour complètement. Puis tu sais, juste la... Quand on porte l'enfant, tu sais, puis qu'on allaite, etc., ou pas. On fait ce qu'on veut, mais c'est physique, là. – Oui.
SPEAKER_02C'est
SPEAKER_01un don de soi pendant au moins deux, trois ans qu'on donne beaucoup. C'est magique quand même ce qui se passe, mais c'est épuisant aussi. Je vais donner un exemple. Juste la santé reproductive post-accouchement, ça peut venir avec des complications. Moi, j'ai eu des kystes ovariens, j'ai eu des enjeux de santé. Ça aussi, ça fait partie du caractère invisible, le fardeau qui revient après et qu'on oublie. Il faut fonctionner comme si de rien n'était, mais souvent, notre santé est quand même affectée, modifiée, etc. Puis c'est moins pris en charge aussi par nos instances. J'en ai pas encore vraiment parlé, mais j'ai eu toute la naissance de ma fille, c'était vraiment quelque chose avec la COVID, etc. Puis après, les enjeux de santé. Ça fait que ça aussi, ça fait partie de la recherche mentale et physique qui revient dans notre cours puis qui fait en sorte que si il y a des inégalités qui persistent malgré tout, qui vont rester, je pense.
SPEAKER_02C'est quoi qui... Dans la campagne, je pense que vous avez fait beaucoup de recherches. C'est quoi qui est ressorti par rapport aux violences sexuelles qui sont en hausse, qui sont très alarmantes? C'est quoi les conclusions de
SPEAKER_01ce qui se passe? OK. Oui, parce que la campagne, on s'écoute, juste pour mettre en contexte, parce que peut-être que tout le monde ne sait pas c'est quoi, on s'écoute, c'est une campagne de prévention des violences à caractère sexuel, donc en enseignement supérieur. Alors, on cible vraiment les vax dans la campagne. Puis, en fait, ça fait trois ans qu'on s'y intéresse et voilà. D'abord, ce que j'ai envie de dire, c'est qu'il y a quand même une prévalence des violences à caractère sexuel en milieu d'enseignement supérieur, donc dans les cégeps et l'université, quand il y a de l'alcool consommé. Ça, c'est sûr que c'est un facilitant. Donc, c'est un aggravant, je dirais un facteur aggravant. On observe donc que dans des contextes festifs, il y a plus d'agressions sexuelles qui sont commises. Puis, on est préoccupé par ça, évidemment, parce que, bon, il y a des initiations qui existent encore, même ces fêtes d'accueil qu'on dit qui existent encore, même si c'est comme interdit, etc. Donc, il y a ça. En enseignement supérieur, il y a aussi la question du rapport d'autorité qui persiste. Donc, le prof, le chargé de cours, la personne qui est responsable de ton avenir professionnel et étudiant, c'est là que ça se passe aussi au club Boblesque. Il y a encore des violences qui sont perpétrées. Mais là, cette année, on s'intéressait plus à la question des violences sexuelles qui sont banalisées par le masculinisme. Donc, je ne peux pas te dire qu'il y a un lien corrélatif entre masculinisme et augmentation des violences. Je ne le connais pas et on n'a pas fait d'études là-dessus. Mais ce qu'on remarque, c'est que 75 % des jeunes vont remettre en doute la crédibilité des victimes d'agressions sexuelles donc qui vont
SPEAKER_0215
SPEAKER_01à 25
SPEAKER_02ans
SPEAKER_01c'est la chaire des violences sexistes et sexuelles de l'UQAM qui a fait cette recherche puis qui adhère à des mythes qui vont remettre en doute Alors, tu sais, elle ment, elle veut de l'argent, etc. Donc, c'est du victim blaming, autrement dit. C'est énorme. Puis nous, ce qu'on fait comme lien, c'est des discours, des mythes qui sont présents dans les discours masculinistes. Donc, nécessairement, si on banalise, peut-être qu'on n'est pas capable de reconnaître l'acte de violence ou l'agression sexuelle et on ne va pas considérer. Donc, ce que tu disais en début de podcast, on recule, c'est aussi dans les perceptions. Si on n'est pas capable de reconnaître ces une violence sexuelle, si on n'est pas capable d'écouter les victimes, on s'en va où? 10 ans après mito, on s'en va où? Et donc, ça, c'est un constat qu'on a fait... Autre constat dans toute cette question, c'est qu'avec la loi 22 qui a été implantée il y a quelques années dans les universités et les cégeps, il y a des guichets uniques. Donc, chaque université et cégep, tu peux porter plainte pour violence à caractère sexuel. Tu n'as pas besoin de passer par le processus judiciaire. Ça existe comme service et ce n'est pas connu de tout le monde.
SPEAKER_02Oui, c'est la première fois que j'entends
SPEAKER_01ça. C'est ça. C'est un espèce de système para-judiciaire qui permet quand même d'offrir un encadrement si on a été victime puis qu'on veut être écouté. Puis ça, tu vois, c'est un service qui n'existe pas beaucoup. Donc, dans la campagne, on veut mettre ça de l'avant. Parce qu'on se rend compte que les victimes ne savent pas non plus où cogner nécessairement, à quelle porte cogner. Puis le système de justice, évidemment, est un peu rébarbatif pour beaucoup de personnes. Puis on comprend pourquoi. Donc, voilà un petit peu. Mais écoute, on peut en parler longuement. Il y a beaucoup, beaucoup de constats à faire.
SPEAKER_02C'est bientôt la fête des pères. Si vous ne le savez pas, je vous l'apprends à l'instant. Et pour l'occasion, du 8 au 21 juin, Séduction offre 20% de rabais sur une sélection d'articles parfaits pour les hommes. Et on sait que... En tout cas, sinon, je vous l'apprends. Je vous apprends beaucoup de choses aujourd'hui. Les hommes, en général... ont moins tendance à utiliser des jouets sexuels. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est quand même une tendance. Mais, ça me fait toujours rire parce que je suis comme, la gang, c'est juste pour augmenter vos sensations ou faire découvrir autre chose. Il y a tellement de produits qui peuvent être utilisés en couple ou en solo, puis je trouve que c'est un beau moment, la fête des pères, pour être comme, hé mon cher, voici, pas à votre père nécessairement, mais plus comme à votre chum, voici des jouets pour toi. Donc, vous avez tout ce qui est jouets sexuel, vous avez de l'huile à massage, des jouets pour couple, des essentiels bien-être, des accessoires pour le plaisir masculin, vous avez une grande sélection qui est en rabais. Puis si vous êtes comme, là, vous êtes sur le site de séduction, puis vous êtes comme, ah, mais moi aussi, il y a comme d'autres choses que je veux. J'aimerais ça me gâter. Regarde, apéro sexo 15. Non, c'est pas vrai, c'est apéro 15. Apéro 15? Puis vous passez votre commande. Voyons. C'est simple, non? Je vous laisse à l'épisode. Ce que je réalise concrètement aussi, moi, l'affaire qui me fâche le plus d'être sur les réseaux, c'est qu'on a accès aux commentaires de tout le monde. Dès qu'un extrait de podcast, peu importe quel contenu est partagé par rapport à ce sujet-là...
SPEAKER_01Il y a toujours quelque chose qui se passe, un backlash.
SPEAKER_02La section commentaires me fait tellement peur parce que je réalise que... C'est capoté. C'est capoté, puis je réalise que ces gens-là qui l'écrivent, le pensent véritablement et agissent en conséquence dans leur vie, avec leurs partenaires ou avec toutes les autres femmes qui les entourent. Puis c'est ça qui fait peur. C'est ça que... Je parle du consentement, ce qui est comme la base. Puis j'ai un reel où j'expliquais que c'était pas... Le consentement semble être acquis pour tout le monde, puis en fait, vraiment pas. Puis dans la section commentaires, c'est juste la preuve qu'il y a beaucoup d'hommes qui le comprennent pas.
SPEAKER_00C'est triste.
SPEAKER_02Ben oui, c'est triste. Puis c'est genre, c'est Martin 45 ans. Dans le sens, c'est
SPEAKER_01pas des ados non plus de 12 ans. Donc toi, tu vois les commentaires. Ben oui. C'est quoi ton éthique par rapport à ces
SPEAKER_02commentaires-là? J'ai une communauté qui répond beaucoup à ça. Il y a plein de monde qui...
SPEAKER_01C'est une grosse communauté.
SPEAKER_02Les gens sont impliqués. C'est nice. C'est impossible de répondre à tout le monde. Si c'est trop violent, je peux fermer la section commentaires. Ça m'est arrivé. Comme tu le sais que ça se peut que je génère de la marde. En fait, c'est sûr. C'est sûr. C'est
SPEAKER_01sûr. Mais oui, c'est sûr. Ah, mais ça, j'aime ça que tu le dises, qu'on est consciente de ça.
SPEAKER_02Ah oui, oui, je suis consciente.
SPEAKER_01On dirait que moi, je suis rendue, je m'en fous. Là,
SPEAKER_02je suis comme, OK, bye. Ah, oui, bien, c'est pas... J'en suis consciente, mais ça ne me dérange pas d'en parler. Il va y avoir des notes all-men dans les commentaires, c'est sûr. Ça va être ça. Tout l'épisode, on va régénéraliser sur les hommes parce que c'est ce qui se passe réellement et c'est ce que nous, on a vécu aussi. Je pense qu'on parle aussi de notre vécu expérientiel.
SPEAKER_01Oui, puis tu sais, il faut... C'est comme à un moment donné, ce n'est pas parce qu'on dit ça qu'on est misante nécessairement. Tu vois ce que je veux dire? Si ça revient tout le temps, ce n'est pas... C'est juste... Anyway, c'est un partage, mais j'aime le fait que tu soit à l'aise avec l'adversité. Puis en fait, moi, je me pose des questions par rapport à ce sujet-là, de cette adversité en ligne, parce que j'ai l'impression qu'il y a quand même plusieurs personnes et jeunes femmes qui ne voudront pas prendre la parole. Donc, je... Je me questionne par rapport à cette violence-là. Est-ce qu'on est rendus comme qu'on... Est-ce que ça nous affecte? Est-ce que c'est... On n'est pas un petit peu détachés de ça? Est-ce que c'est inquiétant d'être détachés comme ça? C'est parce qu'on est tellement habitués.
SPEAKER_02Moi, ce que je réalise, c'est que les gens qui se fâchent par rapport à ça se reconnaissent, j'imagine, parce qu'il y a plein d'hommes qui vont consommer le contenu d'apéro par rapport à ça, puis que ça va être sans souci. Ils sont capables de reconnaître que ça existe. Mais il y a un groupe de personnes qui n'est pas capable de reconnaître que ça existe. Fait que c'est là le problème, tu sais, de pas croire le témoignage. Tout ce qu'on dit depuis le début, c'est que j'ai l'impression que pour une partie des hommes, c'est comme si on inventait ça. Pourquoi, je sais pas. Mais à chaque fois, je suis comme... Honnêtement, si le chapeau de fée est porte-le, si on pense à autre chose,
SPEAKER_01là. Ben oui, exactement. Mais c'est quand même spécial parce que je trouve que la violence en ligne est plus forte que jamais. Ah, c'est terrible. Ben oui. C'est comme terrible. Puis tu sais, C'est comme pas normal que moi, je regarde mes affaires et je suis comme... Ah! OK. OK. OK. Tu sais, c'est comme ça ne m'affecte même plus. Alors que, tu sais, l'impact, il est important, là, des super violences ou de l'hostilité, puis de toujours se faire ramasser. Mais en même temps, tu vois, je pense que l'aspect de la résistance qui est important d'être souligné, comme par exemple, tu parles de ta communauté, puis en ligne, il y a quand même... des gens extraordinaires qui ont des propos tellement brillants, tellement le fun. Moi, ça, ça me donne bien un gros
SPEAKER_02espoir. Je trouve que c'est quand même lumineux. Moi, ce qui me décourage, c'est que ça va toujours être des femmes qui vont prendre la parole pour défendre. Très, très rarement, des hommes vont... Tantôt, tu disais, c'est bien que tu sois capable de le nommer et tout ça, mais les femmes ont plus de facilité de, entre guillemets, se mettre des hommes à dos, mais les hommes ne vont jamais faire ça. Ils ne vont jamais... Jamais, on s'entend. plusieurs personnes vont pas prendre parole pour ne pas mettre des hommes à dos. Fait que c'est encore nous les puffines, c'est toujours
SPEAKER_01ça. Moi, c'est pour ça que pour On s'écoute, je voulais aussi des gars, je voulais pas juste des filles, parce que ça touche tout le monde, le masculinisme. Puis on veut parler aux gars de région, aux gars qui sortent du plateau un petit peu. C'est pour ça que je trouve important que ça soit pas juste sur le fardeau des filles, les épaules des filles, ce fardeau-là, parce que c'est
SPEAKER_02Oui, absolument. Est-ce que dans ta vie relationnelle, le retour du dating t'a fait réaliser plein de peurs ou de mises en garde ou de sécurité à mettre en place en détente des hommes que tu ne connais pas?
SPEAKER_01Moi, je
SPEAKER_02ne date
SPEAKER_01pas. Ça règle la question. Je n'ai jamais daté de ma
SPEAKER_02vie.
SPEAKER_01Comme littéralement. Tu rencontres des gens où? Je rencontre des gens dans... n'importe où, dans des événements, des trucs comme ça. Je ne suis pas sur les... Je n'ai jamais été sur les applications de ma vie. Le concept de dame m'effraie. Comme littéralement, je pense que je serais vraiment nulle. Mais je rencontre dans la vraie vie, mais je suis une personne âgée avec son iPad qui est comme... Je prends une photo. C'est ça. Je ne me verrais pas être sur une app. Je ne saurais même pas quoi faire et je pense que je serais full anxieuse et je serais vraiment nulle et je serais comme OK, bye.
SPEAKER_02Mais même si tu rencontres dans la vraie vie, est-ce que tu vis avec une peur dans les premiers moments seuls avec la personne? Ça, non. T'as facilement confiance?
SPEAKER_01Oui, mais je reconnais le salaud. De plus en plus, j'ai mon radar à salaud, il est rendu pas mal pas pire. Mais, ça m'a pris tout un... En fait, pas une péripétie, mais c'est sûr que... Quand j'ai vécu mon procès, ça ne m'a pas laissé indemne. Ça a laissé des marques et des cicatrices. On dirait qu'à partir de ce moment-là, j'étais comme, je suis prête. Mais, je vais te donner un petit exemple. Ce n'est pas parce que je me sens plus à l'aise de reconnaître les salauds que je n'en rencontre pas. Un moment donné, j'étais à Paris et je l'ai raconté sur un autre podcast. Je vais le redire parce que c'est complètement ridicule. J'étais sur une terrasse et il y a un gars qui me crouse et il me dit, « Ah, la pétasse d'Amérique J'étais comme, pardon. Le télé. Je veux savoir comment tu réagis dans ces situations-là. C'est pas drôle. Là, moi, j'ai figé. Je ne suis pas top. J'aimerais ça... C'est sûr que je ne vais pas entamer une relation avec cette personne-là ou quoi que ce soit. Of course. Mais je suis mal à l'aise et des fois, il m'arrive de juste, ça me frustre parce que je n'arrive pas à trouver le bon terme. Tu sais, c'est comme tu te dis, ah merde, j'aurais dû répondre ça ou j'aurais dû faire ça. Puis quand ça t'arrive, des fois, ça dépend. Il y en a qui ne figent pas. Moi, j'ai figé. Parce que je me suis dit, c'est complètement ridicule. Complètement ridicule. C'est ça qui est gossant. C'est un paradoxe. Mais en termes, par contre, de relations, c'est difficile Mais tu sais, mettons, ces interpellations-là, comme complètement inacceptables, tu fais comme... Mais non, ça ne vient pas de se passer pour vrai. C'est trop, trop. Alors voilà. Mais tu sais, j'aimerais ça un jour trouver mon mojo. Mais c'est parce qu'ils nous surprennent en fait. Ils nous surprennent, on ne s'y attend pas. Ils nous
SPEAKER_02provoquent. Oui, c'est comme un jeu presque. Mais tu sais
SPEAKER_01le negging, tu connais?
SPEAKER_02C'est quoi ça déjà?
SPEAKER_01En fait, c'est une technique de drague qui est de diminuer et de mépriser l'autre. Qui était particulièrement... mise de l'avant par un livre comme The Game ou qui a été mise de l'avant aussi par les pick-up artistes, les masculinistes. Puis ça, moi, c'est quelque chose que je vois d'emblée. Comme ça, par contre, tu m'en passeras pas une. Je la connais, ta technique, puis elle est nulle. C'est de dire, mettons, je te regarde, puis là, t'es comme « Ouais, ça te va pas bien ton chandail. » Ou tu sais, des petites affaires comme ça où « Ouais, ça te va pas bien les cheveux de même. » C'est ça. C'est
SPEAKER_02quelque chose,
SPEAKER_01hein? C'est vraiment
SPEAKER_02nul.
SPEAKER_01Ouais. J'utilise les gros mots aujourd'hui. C'est minable. C'est nul. C'est minable. Oui. Ça, c'est une volonté de contrôle. Donc, on tente par la relation de contrôler l'autre. La personne ne va pas nécessairement dire je veux contrôler l'autre, mais c'est ce qu'elle veut faire. Et en soi, c'est problématique. C'est de te dire, tu es un tas de marde, pour mieux te contrôler, te manipuler. Et ça fait partie pour moi des drapeaux rouges dans une relation.
SPEAKER_02Y a-t-il plusieurs débuts de relation que tu as quittés par... des commentaires comme ça ou des trucs du genre.
SPEAKER_01Oui, vraiment. Puis en fait, moi, c'est ça, c'est « bye ». C'est comme automatiquement. Mais ça, j'aime ça parce que j'ai cette capacité de comme quand je suis tannée puis écoeurée, c'est « bye ». Comme c'est fini, c'est terminé, on se dit au plaisir et je n'ai pas de la misère à faire, je m'en
SPEAKER_00vais
SPEAKER_01à un certain moment donné. Quand c'est des petites niaiseries, je veux dire, quand c'est une relation de couple, ça fait longtemps que tu es avec, c'est un peu différent. Mais les histoires d'aventure, comme on pourrait dire, moi, c'est comme non. puis j'ai pas beaucoup de tolérance.
SPEAKER_02C'est quand qu'il y a eu un switch de t'étais tolérante, tu sais, tout passait presque à comme c'est terminé, c'est fini,
SPEAKER_01bye-bye? Euh... Je dirais que c'est après une relation qui était particulièrement toxique où j'ai tellement eu de peine, tellement eu de tristesse, puis que là, j'ai comme fait, OK, moi, je suis au bout du bout du bout du tunnel. Puis là, si je me relève pas, ben, ça ne va pas aller. Je pense que c'est quand on sombre dans les bas-fonds de notre existence, quand on pogne un mur pour vrai. Parce que ce que je te raconte là, c'est des bagatelles, c'est des niaiseries, mais quand t'as vraiment de la peine, une vraie peine d'amour, ça fait mal. Puis quand tu te dis, oh my God, c'est une relation qui était pas saine pour moi, qu'on se nourrissait pas, on s'élevait pas, on se nuisait, on était dans le contrôle, c'est fou comment ça peut t'affecter. Puis moi, je me suis dit, plus jamais. Plus jamais, mais après, tu sais, ça revient des fois, ces élans de relation de malsaine, entre guillemets. Mais pour vrai, à un moment donné, j'ai comme fait... J'avais 25 ans, j'ai comme... Non. Je m'arrête mieux.
SPEAKER_02Est-ce que ces blessures-là ont impacté tes relations futures dans le sens où t'essayais de créer une dynamique pour plus contrôler la relation?
SPEAKER_01As-tu laissé aller facile? Ah, c'est intéressant. En fait... Puis tu me dis que je parle trop de moi, là. Non, non, moi, c'est ça que tu veux. En fait, non, moi, ça a créé un effet, par contre, pas super cool qui était d'être froide. Mécanisme de défense, pas parler, pas communiquer. Juste être dans le contrôle de vouloir une relation comme XYZ, mais pas me laisser aller de peur de me blesser. Puis ça, ça a été un peu problématique pour moi dans les dernières années. Cette incapacité à ressentir mes émotions, à les nommer et à les connaître et à les exprimer, les partager. Moi, mes enfants, à l'école, ils apprennent à nommer des émotions. Puis là, il y a comme une espèce de fiche avec des bonhommes, comme X, Y, Z, machin. Puis tu sais, c'est comme, j'ai regardé ça, je suis comme, hé, moi, j'ai pas appris à faire ça. Pas en tout, là. Je suis vraiment pourrie. Pourrie, là. Je sais même pas c'est quoi je vis. Je suis pas super. Pas super top. Vraiment pas. J'ai plein d'amis qui ont cette capacité à s'analyser puis à analyser les autres. Moi, je suis comme degré zéro. Je suis comme fâchée, contente. C'est fatigant, là. Ça, ce manque d'intelligence à identifier nos besoins, nos émotions, plus la barrière, le fait de dire je veux pas avoir de peine, donc je m'ouvre pas.
SPEAKER_02Ben oui, absolument. Mécanisme de défense classique.
SPEAKER_01C'est ça. Ou même, limite, je me suis demandé si j'avais une personnalité évitante. J'étais comme « Coudonc, je suis fiant. » Un peu. Tu
SPEAKER_02ressens-tu ou tu ne ressens pas?
SPEAKER_01Je ressens trop. Donc, je ne veux plus ressentir. Ça, c'est mon affaire. Mais là, j'apprends à ressentir. J'apprends à avoir des vagues d'émotions. Je me dis que c'est correct. Mais avant, j'étais juste submergée. À force de trop ressentir, tu te dis que tu ne ressentirais plus. Ça fait que tu te gênes. C'est drôle parce qu'on est en train de finaliser un livre. Ça s'appelle « Parlez-moi d'amour ». C'était justement pour mes 35 ans. Je m'étais dit que j'étais un peu poche. J'aimerais ça comprendre. J'ai demandé à plein d'autrices... participer à ce livre-là. Ça va sortir le 12 août chez Cardinal. Je trouvais ça assez intéressant d'entendre les différentes perspectives là-dessus. Puis de constater que je n'étais pas équipée. Vraiment. Pour
SPEAKER_02être en
SPEAKER_01relation? Non, pour justement comprendre les affects. Les relations en général.
SPEAKER_02En amitié, c'est-tu plus facile?
SPEAKER_01Beaucoup plus facile pour moi. Incomparable, incomparable, incomparable. Amitié, ça va super bien. C'est quelque chose pour moi qui est naturel. C'est ça. Mais c'est peut-être aussi le fait que je... J'ai pas nécessairement eu des modèles clairs d'amour réussi, 100
SPEAKER_02%. Est-ce que tu dirais que c'est surtout dans ta relation avec les hommes?
SPEAKER_01L'amour ou l'amitié ou quoi?
SPEAKER_02Tout. Est-ce que t'as un... un laisser-aller difficile, même en amitié masculine? Non. C'est vraiment relationnel?
SPEAKER_01Non, j'ai pas cette difficulté-là. J'ai quand même des amigas que j'apprécie beaucoup, puis de toutes sortes, en fait, mais... C'est vraiment les relations de... Je ne sais pas. Oui, d'intimité. Ça a été difficile pour moi pendant un certain temps. Mais là, je pense qu'il y a aussi... C'est ça. C'est le cumul des fois d'échecs qui fait en sorte que tu es comme... On dirait que ça ne me tente plus. Mais là, je suis sur un bon mood, je dirais. Je trouve que je vieillis aussi. Plus on vieillit, plus on mûrit, plus on devient mature.
SPEAKER_02Est-ce que ça te fait peur de... ou le jugement des autres de vieillir en étant seule en ce moment, ça te fait-tu peur,
SPEAKER_01ça? Non. Bien non, j'ai mes enfants, puis tu sais, je suis heureuse, là. Je suis vraiment, vraiment bien avec ça. Je suis... J'ai des amis. Il faut revoir la solitude. C'est-à-dire que moi, je ne suis pas seule. Jamais seule. Je suis entourée. J'ai des personnes super autour de moi. La communauté est importante. Il ne faut pas sous-estimer ça. Les amis, la famille, nos ex, etc. Tout ça, ça peut être un tool fun. Faire société,
SPEAKER_00c'est
SPEAKER_01ça. Moi, je ne suis jamais seule. Jamais, jamais. Oui, je suis seule. Je suis bien seule aussi dans la vie. Mais j'ai cette capacité à... relate avec les gens. Puis moi, je trouve que ça rend heureux. Tu sais, en Grande-Bretagne, il y a le ministère de la solitude, là, parce que c'est un enjeu important de santé publique, etc. Puis c'est vrai. Une vraie solitude, c'est pas cool. Ça fait mal. Là, je te parle pas de comme une solitude choisie. Je te parle d'une solitude imposée ou non désirée. Ça, c'est triste. Tu sais, c'est vraiment, vraiment triste. Je vois beaucoup de personnes âgées
SPEAKER_02aussi
SPEAKER_01qui sont
SPEAKER_02seules. Mais je pense aussi qu'on a le mot solitude facile dès qu'on n'est pas en relation parce que c'est
SPEAKER_01comme... Ah non, c'est ça, là. On
SPEAKER_02hiérarchise beaucoup nos relations interpersonnelles, le couple étant en haut, là.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_02Ensuite, t'as comme les amitiés comme s'ils étaient beaucoup moins importantes. Puis je pense que les gens peuvent ressentir plus de solitude en n'étant pas en relation. Mais si t'es capable de voir tes autres relations interpersonnelles aussi importantes, tu le vis moins. Puis c'est ça que j'entends dans ton discours. C'est comme, OK, j'ai peut-être pas un chum, mais j'ai un entourage présent. Je m'entoure. Donc cette solitude-là profonde, je la ressens
SPEAKER_01pas. Exactement, exactement, puis c'est ça qui est, je trouve, beau là-dedans, c'est de revoir finalement nos configurations, tu sais, de vie, puis d'essayer de revoir nos modèles, en fait, de, effectivement, de vie, de famille, etc., tu sais, de reconcevoir la famille autrement aussi, des fois, ça peut être, ça peut être bien. Oui, mais tantôt, tu disais que tu n'aimes pas vivre non plus dans des... Ah non, mais on peut, tu sais, c'est juste vivre et laisser vivre librement, mais je crois beaucoup à la communauté, je crois beaucoup à à la solidarité. Ça, je pense que ça aide. Hier, j'étais à Rivière-Rouge, très loin dans les Laurentides. Ça m'a pris trois heures de me rendre là. C'est un bel endroit. Mon père n'habite pas très loin. J'étais comme, il y a une communauté ici, le fun. On a beau être dans la forêt, bien loin, il y a du monde qui se tiennent ensemble. Le monde, ils sont bien ensemble. Même chose, j'étais en Gaspésie. Je suis comme, wow, il y a quelque chose qui se passe ici. C'est cool, ça. De voir les communautés qui sont ensemble. C'est
SPEAKER_02tellement riche. Ça permet tellement de revoir tout notre rapport à... mettre le couple sur un piédestal, je trouve. On a vraiment ça, là, je dirais. D'autant plus quand tu vieillis. T'as une obsession. Ben oui. Pis en plus, t'imagines, t'as des enfants. Fait que là, c'est comme... Je suis très heureuse d'annoncer qu'il y a quelques mois, on a sorti l'édition Tentation, qui est une édition d'action sexue. Comme vous savez, Kutzak a plein de jeux de conversation pour couple, et celle-là, l'édition Tentation, c'est notre première édition d'action. C'est une édition à jouer dans la chambre à coucher, avec votre partenaire, pour éveiller le désir, éveiller l'excitation. C'est une édition qui vous accompagne avec des actions précises à faire sur votre partenaire. C'est mon édition coup de coeur, je suis complètement fan, je trouve que ça permet de redécouvrir son, sa partenaire, ça permet d'explorer aussi le corps au complet et c'est divisé en différents thèmes. T'as du thème le plus doux vanille au thème le plus kinky. Donc voilà, je vous laisse à l'épisode mais avant, vous avez le code promo podcast10 si vous voulez l'édition Tentation ou d'autres éditions qui sont disponibles sur apérosexo.com. Bonne nuit
SPEAKER_01Ça, c'est un autre sujet. Le matchage. Toujours essayer de se matcher.
SPEAKER_02Les gens veulent-ils te matcher?
SPEAKER_01Non. J'ai pas envie qu'on me matche. Ça sera pas possible. Mais c'est fou quand même. Dès qu'on voit quelqu'un qui est célibataire ou autre, c'est comme « Ah oui, on va te matcher, on va te matcher, on va te matcher. » C'est comme « Hey man, c'est pas de nos affaires pour vrai.
UNKNOWN» « Why? »
SPEAKER_01c'est quoi l'objectif là pourquoi on veut faire ça est-ce que la personne est en détresse et veut se matcher ça c'est une autre affaire tu sais mais comme c'est correct mais même moi j'ai fait ça avec ma grand-mère justement j'étais comme mais pourquoi tu n'es pas en couple grand-maman puis elle était comme mais je suis bien
SPEAKER_00je suis
SPEAKER_01comme mais pourquoi ben j'ai été amoureuse là c'est fini c'est correct c'est correct tu sais Mais voilà. Mais en même temps, il y a des belles familles. Ça se dit, moi, je crois aussi à la famille. Je crois qu'il y a des belles familles unies, puis c'est beau, puis c'est le fun, puis c'est lumineux, puis ils font chier. Non, c'est pas vrai. Non, non, ils sont cute, puis on les aime beaucoup. J'ai plein de familles autour de moi qui sont extraordinaires.
SPEAKER_02Est-ce que t'appréhendes quand même, parce que là, tantôt, t'as dit que tu voulais pas être célibataire toute ta vie, que relationner avec les hommes, ça va être complexe? Je
SPEAKER_01pense pas à ça. Non?
SPEAKER_02Tu vis ta
SPEAKER_01vie? Je vis ma best life, c'est correct. Je pense pas à ça. C'est pas quelque chose qui revient comme... Puis, en fait, non, c'est drôle à dire, mais je... Wow! 35 ans... Belle indépendance, je me sens bien. Je ne pense pas à ça. C'est cool. Je suis libre de ce genre de truc. Ça ne me vient pas à l'esprit du
SPEAKER_02tout. Parce que ce n'est pas un monde.
SPEAKER_01Je pense que les personnes trouvent ça cute. L'aspect d'être bien dans sa peau. Je pense que ça, ça marche bien. Les gens, ils sont plus attirés vers ça qu'il y a quelqu'un qui est angoissé et qui veut constamment se
SPEAKER_02matcher. Oui, mais c'est aussi d'être bien seule. C'est de choisir aussi des gens dans le futur qui vont être un ajout positif et pas quelque chose que tu as besoin pour combler un vide. Parce que justement, tu sais, tantôt, on parlait des gens en détresse, en célibat. S'il y a ce pattern-là de tout le temps être avec quelqu'un, on devient moins sévère en termes de critères. Et donc, on a quelqu'un mais qui ne fit pas nécessairement versus quand tu fais ta vie comme tu la veux, parfaite, la prochaine personne qui va entrer dans ta vie va être quelque chose de positif ou non. Oui, oui, oui.
SPEAKER_01Aussi, par contre, je veux juste spécifier quelque chose. Je trouve ça vraiment le fun d'être en amour. Moi, je suis très romantique et je trouve ça beau. En fait, en général, des sentiments d'amour, d'amitié, c'est des émotions qui sont... Pas des émotions, mais c'est des états qui sont quand même chouettes. C'est le fun, ça. Moi, je trouve ça vraiment, vraiment agréable. Ça m'est arrivé. Ce n'est pas quelque chose auquel je ne rêve pas ou quoi que ce soit du tout. Moi, j'aime ça. Ça nous nourrit. C'est les liens sociaux, finalement. Encore une fois, on y revient. Sans amour, on n'est rien. On peut aimer de différentes façons. En tout cas, je vais donner un exemple vraiment niaiseux. Je me rappelle l'amour que j'avais pour mon chat qui est mort. C'était un grand amour, mais ça fait partie de la vie aussi,
SPEAKER_02là, tu sais. C'est les affects. Un moment donné, je parlais à mon psy, puis j'étais comme, c'est quoi la ligne entre je suis bien seule et j'aime relationner puis être avec quelqu'un? Parce qu'il y a ça aussi, tu sais, je lui nommais que j'avais ce désir-là d'être en relation, puis il était comme, mais c'est correct et c'est normal.
SPEAKER_01Et c'est correct et c'est normal, puis c'est beau.
SPEAKER_02Pourquoi pas? Ben oui, il fait le parallèle de comme...
SPEAKER_01Moi, j'aime ça, tenir quelqu'un par
SPEAKER_02la main. Ben oui. C'est correct. Non, exact. Mais on... Ce désir-là de vouloir être en relation a été un petit peu présenté comme... Ah ben là, si tu veux être en relation, t'es pas bien tout seul. Je pense que les deux peuvent coexister. D'être bien seul, mais aussi de désirer être en relation. Parce qu'on est des humains qui
SPEAKER_01relationnent. Oui, tout à fait. Puis... En même temps, tu vois, des fois, c'est correct dans une vie d'avoir des changements puis des moments d'un peu de crise qui font en sorte que tu revois tout, puis que tu revois ta vie. Puis moi, ça m'est arrivé à certains moments dans ma vie de faire qu'est-ce que je veux, où je m'en vais, qui est cette personne qui va m'accompagner, qu'est-ce que j'ai envie de choisir pour le reste de ma vie ou dans différents moments charnières. Et voilà, mais tu sais, je pense que c'est encore une fois la notion de liberté de dire, bien, je suis libre d'être avec quelqu'un, je suis libre d'être avec seul. Mais une chose, par contre, moi, qui me déprime, c'est les relations fictives, c'est-à-dire les relations artificielles. T'es dans une relation, mais t'es pas en relation. Ça, là, t'sais, des couples qui s'aiment plus, là, ça me fait capoter. Genre, ça me fait capoter. Puis je comprends que c'est, encore une fois, des fois, un contrat mutuel de dire, bon, on vit ensemble, puis on est correct, t'sais. Mais moi, c'est... C'est ça, c'est comme... On dirait qu'être dans deux fantômes dans la même pièce, comme bête, froid, sans intimité, genre non, pas possible.
SPEAKER_02Ce que je réalise, c'est que tout le monde a comme un rapport différent à l'amour. Je suis dans ton équipe là-dessus. Moi, c'est comme... je veux quand même vivre une connexion exceptionnelle avec quelqu'un. C'est ça. Mais d'en avoir parlé un peu à des gens dans les derniers temps, je réalise aussi qu'il y a des gens qui, ce qui pour nous est le pire cauchemar, d'être froid en relation, puis avoir l'amour comme il était avant, pour plusieurs, ça va quand même être le choix qu'ils vont faire. Oui. Consciemment. C'est ça. Pour plein de raisons. Pour les enfants. C'est valide
SPEAKER_01aussi. Oui, exactement. C'est ça. C'est tout à fait valide. Puis même, à la limite, j'aimerais ça être comme ça. comme ça. – Oui, je comprends. – Esprit que j'aimerais ça être cette personne-là. J'aimerais ça. Ça serait plus simple. Pourquoi tu serais plus simple? Mon Dieu, que ça serait plus simple. – Je sais. – Ah, j'aimerais ça. – Oui, mais bon, écoute. – Écoute, mais j'ai jamais... J'ai toujours été un peu complexe. Pour la petite histoire, puis là, après, il faut que j'arrête parce que ça va me faire une mauvaise réputation, mais quand j'étais enfant, mes Barbies... – Oui. – Je ne sais pas si je devrais... Je ne sais pas si je vais le dire. OK, je le dis. Mes Barbies étaient comme... Il y avait des décapotables. Puis là, il y avait comme des chums qui passaient. C'était genre, jamais en couple.
SPEAKER_02J'adore! Les Barbies, dès le plus jeune âge, avaient la liberté.
SPEAKER_01Oui, oui. Puis c'était comme, quand même, j'avais genre 6 ans. Ma soeur, elle, ses histoires, c'était autre chose. C'était comme tout le temps, elle s'occupe des animaux. Sa Barbie s'occupe des animaux. Puis elle est très care, ma soeur. Moi, c'était comme, genre un peu plus, elle fume une taupe, puis elle décrisse, là.
SPEAKER_02Pourquoi
SPEAKER_01tu penses que vraiment tôt, c'est venu
SPEAKER_02cet éveil-là?
SPEAKER_01Très bizarre. Très tôt, là. Moi, genre à 4-5 ans, j'étais comme, ça prend de l'indépendance financière. Il faut quitter notre mari qu'on n'est pas heureuse. Je n'ai aucune idée d'où ça vient. C'est vraiment très étrange. Comme inné. C'est vraiment bizarre. Ça ne me vient pas d'histoires que j'ai vues. Ben oui, probablement un peu. Un mélange d'histoires, mais c'est comme si c'était dans mon feu intérieur. complètement étrange. Parce que souvent, c'est plus... En tout cas, moi, maintenant, c'est vraiment plus
SPEAKER_02tard,
SPEAKER_01là, ça. Ah non, non, moi, c'était... C'est ça. C'était dès l'enfance. Très, très, très
SPEAKER_02jeune. Moi, c'est la liberté financière qui s'est venue plus tard, mais tellement importante, je trouve. Comme c'est... Ça, c'est comme important aussi. C'est comme un top vraiment important. Mais je l'ai réalisé vraiment plus tard, par exemple.
SPEAKER_00Cet
SPEAKER_02aspect-là. Ça a été d'être en relation avec quelqu'un qui faisait beaucoup d'argent, puis de « rely » là-dessus. Puis là, quand ça s'est terminé
SPEAKER_01d'être... Ah, moi aussi, j'ai toujours vécu ça. Puis je suis comme, oh boy, ça, c'est un cadeau empoisonné. Ah oui, absolument. Cadeau empoisonné.
SPEAKER_02C'est le plus beau cadeau. Moi, cette rupture-là, ça a complètement changé ma personne. Tout ce que j'admirais de lui, je l'ai incarné à la place. J'étais comme, OK, mais c'est
SPEAKER_01ça, l'enfant. Ah oui, écoute, moi, j'aimerais pas ça être avec un gars riche. En fait, c'est parce que je trouve que ça crée un pouvoir dans la relation.
SPEAKER_02C'est souvent l'homme qui l'a... généralement.
SPEAKER_01Je te paye, je te donne l'argent. Ça donne un petit rapport mercantile aux choses que je trouve qui est moins cute puis qui amène des affaires un peu moches des fois dans le rapport de... Tu serais pas à l'aise avec
SPEAKER_02le contraire?
SPEAKER_01Oui. Mais... Pas tout à fait. Je pense que j'aime mieux l'égalité. Comme j'aime bien comme quand les modes de vie se répondent. Puis des fois, c'est parce que l'argent, ça crée toujours des problèmes aussi, là, un petit peu dans des relations. Fait que c'est sûr que si le rythme de vie n'est pas égal, bien, c'est un peu gossant aussi. Mais moi, vraiment, vraiment, être avec, mettons, un millionnaire, tu sais, je suis désolée, mais ça serait pas trop pour moi parce que, je sais pas, on dirait que j'aurais l'impression de me faire... qu'il y a un rapport de pouvoir Mais ceci dit, je respecte aussi les personnes qui sortent avec des millionnaires, si elles le désirent. Moi, je n'ai aucun problème avec ça. C'est juste, moi, personnellement, ça me stresserait. C'est ça.
SPEAKER_02Un autre rapport qui est difficile, je trouve, c'est la sexualité avec les hommes. Je trouve que c'est un bon exemple de à quel point on est loin de l'égalité. Genre, les corps orgasmiques, mettons. As-tu vécu beaucoup de... Pas de violence, mais de... Dans ta sexualité, t'as-tu vécu à quel point on n'était pas perçus de la même façon sexuellement que les hommes, que beaucoup les relations sexuelles tournaient autour de leur plaisir
SPEAKER_01à eux? As-tu beaucoup vécu ça? OK, ça, c'est une autre affaire, là. Puis je suis comme un peu... plate là-dessus, bien moi, c'est tolérance zéro. Je veux dire, c'est... Encore une fois, c'est ça. Les gens vont me découvrir. Moi, c'est comme tolérance zéro. C'est comme égalitaire aussi là-dessus. Sinon, ça fonctionne juste
SPEAKER_02pas. Mais comment t'en
SPEAKER_01parles? Ça, c'est incarné en moi. Comme c'est total. C'est comme ça. C'est même pas j'en parle pas, je le vis. Si c'est pas sur la même longueur d'onde, c'est bye. Dans le sens où on n'est pas sur la même longueur d'onde, on n'est pas en lignée, tu n'es pas dans cette lignée-là. C'est-à-dire du respect, du plaisir égal par ailleurs. C'est pas comme un... Ce n'est pas comme une discussion que j'ai, on dirait que c'est instinctif. Puis je pense que le consentement dans ce type de relation-là, là, je parle de consentement, pas dans le sens de donner son consentement, mais dans le consentement, une relation vraiment d'égalité, de plaisir, moi, de mon côté, ça se fait intuitivement. Alors, je remarque dès le début d'une relation. Est-ce que c'est comment la personne me prend, comment la personne me regarde, comment la personne me traite, etc. Puis quand l'intimité arrive, Bien, je le vois, tu sais.
SPEAKER_02Mais t'as-tu dit que t'es bye souvent?
SPEAKER_01Bien,
SPEAKER_02oui. Oui, parce qu'avec mes expériences, si j'avais été... Comment? Si j'avais donné ces affaires-là, j'aurais pas couché à grand monde dans ma vie.
SPEAKER_01Ah oui, OK. Oui, c'est ça. Bien, écoute, oui, effectivement, bye. Ah oui? Écoute, bye. Depuis toujours? Mais c'est parce que ce qui est pas pire... Oui? Oui, depuis toujours. Mais ce qui est le fun, c'est aussi que... On dirait que je préconise aussi des fois le détachement. À partir du moment où on ne sait pas c'est qui la personne qui est devant nous, je ne m'amourrache pas. Je reste lucide. Je reste lucide. Je ne suis pas dans un schéma de dépendance affective. Alors, je suis indépendante et j'observe. Si je vois que ce n'est pas ce qui me convient, puis qu'il n'y a pas de respect dans ce truc ou que ce n'est pas égal par ailleurs, je suis comme, bien, bonne continuation et au
SPEAKER_02plaisir. Mais tu es bonne. Je trouve ça difficile de s'affirmer. Puis même dans un contexte, moi, c'est tout comme, dans quel contexte je m'affirme? Est-ce que ça me met dans une position de danger? Est-ce qu'on est chez nous? Est-ce qu'on
SPEAKER_01est ici? Ah oui, mais c'est pour ça que je veux dire, attention, moi, les inconnus, wow, là, comme non. Il faut connaître un peu. De mon côté, il faut apprivoiser. Je fais attention quand même. Encore une fois, ça vient d'un tempérament. J'ai eu des expériences, par contre, qui n'étaient pas le fun. J'en ai eu aussi. Mais, finalement... On dirait que ça fait partie de mon tempérament de ce côté-là, par contre, je l'avoue. Parce que des fois, mes amis me le disent aussi, ça. Ta réaction, de dire « Ah, wow, tu fais ça » ou comme « Tu t'assumes, on me le dit.
UNKNOWN»
SPEAKER_01Puis c'est ça, ça fait partie de... Mais c'est beau, je pense qu'on devrait... Je suis contente d'être comme ça. Bien oui, absolument. Je suis bien là-dedans.
SPEAKER_02Moi, j'ai l'impression que j'ai ça dans plein de facettes, mais sexuellement, je trouve ça vraiment difficile. Ah, OK. Oui, vraiment d'être perçue comme gossante. Genre trop... Ah ouais, hein? Oui, oui. J'aime
SPEAKER_01pas ça. Ah ben là! Mais il faut pas, là. Non? Non, non, vraiment pas, là. C'est pas d'être gossant, hein? Non. C'est de s'assumer. La
SPEAKER_02personne qui réagit mal, c'est encore plus le babaye, tu sais. Mais...
SPEAKER_01Ouais,
SPEAKER_02je
SPEAKER_01trouve ça tough. OK. Mais après... Toi, t'as quel âge? 26. Ah, OK, c'est ça, là. Donc là, on parle pas de la même génération, là. Oui, mais si, toi, c'est depuis toujours. Ah oui, ben oui, oui, oui, c'est sûr et certain. Mais tu sais, quand j'étais ado, je veux dire, j'ai vécu des situations où j'étais comme, OK, ça, c'était non, comme vraiment pas.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_01Oui, non, c'est comme... On dirait que c'est en moi, cette affaire-là. J'aime cet aspect-là. Puis on dirait que ça me rend plus heureuse.
SPEAKER_02Bien, j'espère. Tu es alignée avec ce que tu ressens, tu le nommes et tu t'affirmes. Je suis très alignée.
SPEAKER_01C'est le fun, ça, d'être alignée.
UNKNOWNVraiment?
SPEAKER_01Après, comme je disais, moi, mes béboles, c'était plus par rapport à exprimer mes émotions. Tu sais ce que
SPEAKER_02j'allais dire? J'allais être très alignée,
SPEAKER_01mais les émotions... Les émotions, c'est à travailler. Je pense que je vais apprendre avec mon fils, avec son petit carton. Oui, oui, c'est ça. Fais les exercices. 2, 3, 4. Tu sais, les petits exercices d'émotion. Mais tu vois, on a chacun notre jardin secret puis nos apprentissages dans l'intimité, en fait. Tu sais, c'est vraiment nos apprentissages dans l'intimité qu'on n'a pas de cours à l'école pour ça puis qu'on le découvre. Tu sais, on découvre nos personnalités en le pratiquant. En le pratiquant, en le relationnant. Oui, oui. Vraiment. Oui, c'est ça. Mais moi, je trouve que j'ai quand même un petit modèle secret. Bien, il n'est pas secret pendant tout, mais mettons, Jeannette Bertrand,
SPEAKER_00elle, elle s'assure.
SPEAKER_01Hum, hum. Puis elle s'assume partout, je veux dire, dans sa vie intime. Mais ça n'a pas toujours été le cas. Elle n'a pas toujours été comme ça. Mais je pense qu'elle est enlignée, physiquement, mentalement, par rapport à ces choses-là. Bon, elle, évidemment, elle exprime très bien ses émotions. Je veux dire, elle est quand même top. Mais tu vois, elle a 101 ans maintenant. Puis tu sais, elle parle d'intimité. Puis c'est beau à voir, tu sais,
SPEAKER_02elle s'assume. – Bien oui, vraiment.
SPEAKER_01– Elle parle de sa sexualité, Jeannette,
SPEAKER_02librement. – Je sais, bien oui. Je sais, on
SPEAKER_01l'aime. On l'aime beaucoup. On l'aime beaucoup. Tu sais, tu l'inviterais ici, puis tu aurais une discussion comme tu aurais l'impression d'avoir
SPEAKER_02une amie de ton âge.
SPEAKER_01Oui, je suis sûre. Oui. C'est
SPEAKER_02hot. Ça va être sur la liste. Je finis souvent mes épisodes par une confession sexue. C'est-tu déjà fini? Oui, ça fait genre une heure et quart. Je
SPEAKER_01peux-tu te dire une chose? Bien oui. Je pense que tu serais une bonne psychologue. C'est-tu quelque chose qui est
SPEAKER_02dans le... Non, pas vraiment. Bien, j'en fais un petit
SPEAKER_01peu. Parce qu'elle était vraiment une bonne écoute, puis tu... tu comprends tout le
SPEAKER_02monde
SPEAKER_01on dirait ah mais
SPEAKER_02c'est fin mais j'aime mieux faire du podcast qu'être psychologue ok j'adore genre moi tu sais tantôt quand on disait qu'on avait de la misère avec le small talk pis tu sais n'importe quoi on se serait rencontré dans un événement pis on aurait jamais eu une conversation comme on a eu aujourd'hui mais c'est ça même si on avait une discussion de femmes oui c'est ça mais c'est pour ça que le podcast moi je me considère la plus chanceuse du monde j'ai des conversations comme profondes avec des gens à toutes les semaines
SPEAKER_01donc t'es nourrie là
SPEAKER_02oh mon dieu mais quel rêve quel rêve puis on parle pas beaucoup de tu sais là on est allé un peu dans comment tu relationnais puis tout ça puis c'est pas des choses que les gens partagent nécessairement surtout pas moi non mais ils vivent leur relation c'est encore quelque chose que t'apprends pas vraiment de comment être en relation puis tout ça puis de recevoir des gens je réalise que tout le monde vit différemment ces relations puis c'est plein de règles non écrites de bobos différents de mécanismes de défense puis c'est l'humain est tellement complexe
SPEAKER_01ah c'est c'est quand même intéressant oui
SPEAKER_02vraiment Vraiment.
SPEAKER_01Je trouve ça fascinant de voir comment les gens configurent leurs relations, comment ils gèrent ça. Tu vois, mettons, moi, cette affaire-là, ce que je te raconte, pour moi, c'est tellement évident. C'est comme ça. Mais je me rends compte que des fois, c'est pas tout le monde qui pense comme ça. Je sais que je me suis rendu compte des fois que je suis un peu extraterrestre dans mon truc. Mais c'est ça, on en parlait avec les autres et tout. Oui, c'est ça.
SPEAKER_02Moi, c'est comme en comparant les histoires, les récits, les gens célibataires, comment ils vivent. Tu sais, tu vas avoir comme tellement de... Tout est comme un spectre, là, tu sais, puis il y a comme mille et une affaires à explorer, puis tu te rends compte que les gens relationnent tous tellement différemment. Puis que ça vient souvent, tu sais, de quelque part.
SPEAKER_01Mais c'est ça, mais c'est la confiance en soi aussi. Il y a quelque chose qui est à développer, c'est la confiance en soi. Puis, en fait, avant que tu poses ta dernière question, tu sais, je me pose, tu me disais d'où ça vient, puis comment ça, que t'es comme ça, mais je pense qu'il y a un élément parmi d'autres, c'est, mettons, ma grand-mère. Une de mes grand-mères que j'ai nommée, elle était tellement forte, elle était tellement comme bien dans sa peau, elle s'aimait, elle s'aimait, elle croyait à ses moyens, puis ça, ça m'a marquée. Le fait que ça soit ma grand-mère aussi, c'est comme une figure qui est un peu extérieure à moi, puis j'étais comme, elle est bonne, ça va bien ses affaires, puis elle n'a pas besoin de qui que ce soit pour être bien avec elle-même. Elle ne dépendait pas du regard de l'autre. Puis ça, je pense que c'est important. Et c'est ça qui a... Moi, mettons, je ne dépends pas du regard de l'autre. que ce soit comme... Tu sais, des fois, on parlait du fait qu'être femme, on est sexualisé, ci, ça, ça. Moi, ça, ça m'énerve. Donc, tu sais, c'est comme... Tu peux, mais c'est pas ça qui va me donner une valeur. Tu sais, la valeur, elle vient de mon... de mon intérieur, finalement, tu sais, de... de l'éducation. Puis, tu sais, mettons, je regarde ma fille qui a 5 ans, bientôt 6, puis elle se regarde dans le miroir, puis des fois, elle fait comme... Je suis belle. Ou tu sais, elle se dit des affaires de même. Puis là, elle se regarde, puis elle se fait des petites danses, puis elle c'est pour des clés d'épreuve. Oh, wow
UNKNOWN!
SPEAKER_01ça j'aime ça la
SPEAKER_02confiance en soi c'est quelque chose de vraiment important parce que ça va vraiment dicter comment on va être dans le monde je pense moi c'est ma mère mon modèle même financier je me rappelle que mon beau-père qui avait plus de moyens tellement tôt il m'a dit j'espère que tu sais que la maison c'est 50-50 le chalet c'est comme c'est pas parce que tu fais plus que je vais toutes les affaires de même puis ma mère elle a grandi dans un monde d'hommes parce qu'elle est dans l'événementiel sportif oh wow Oui. Puis ma mère, à un moment donné, j'y avais dit, pourquoi tu parles autant fort? Puis elle a dit, bien sinon, je ne me fais pas écouter aussi. Quand on était dans la COVID ensemble, puis je la voyais faire ses meetings, j'étais comme, pourquoi tu gueules? Puis elle a dit, bien, t'oublies ça. Sinon, oublie ça, personne ne m'écoute. Oui, surtout sportif. Oui, oui, oui. C'était comme, elle, ça a été mon modèle, puis c'était la confiance, puis de réaliser aussi que comme, c'est seulement les personnes qui manquent de confiance, qui sont mal à l'aise avec elle, tu sais. Puis c'est pas... Ça va intimider ceux qui...
SPEAKER_01C'est sûr que ça intimide. On ne peut pas dire que ça n'intimide pas. Mais tant mieux. Des fois, il y en a qui ne veulent pas m'approcher et je suis comme, c'est correct. On va se reprendre dans une autre vie. Ce n'est pas grave. Aussi, les commentaires dénigrants sur soi-même, moi, je ne tolère pas. Ou même sur autrui. C'est comme, arrête. Arrête la grime de la jalousie. Ce n'est pas bon. Sois fière de toi. Ça va bien aller.
SPEAKER_02Vraiment. C'est tough. La confiance, ça se construit sur une
SPEAKER_01vie. C'est ça. C'est une affaire d'éducation. Oui, c'est tough. Les insécurités reviennent, mais on est capable. C'est une
SPEAKER_02bonne chose que ta fille voit des trucs comme ça qui semblent banals, mais c'est excellent pour
SPEAKER_01la confiance. Mon fils, c'est pas en confiance comme ça. Il va falloir que je travaille là-dessus. Déjà, il se trouve gros. Il y a 7 ans, ça n'a pas de bon sens. Il faut travailler là-dessus. Ça dépend aussi des tempéraments. Peut-être aussi que c'est dans les tempéraments. Il y a des vulnérabilité, je veux dire.
SPEAKER_02Complètement. Ben oui. Tu pourrais élever deux enfants de la même façon.
SPEAKER_01Je les élève un peu de la même façon, en fait. Puis c'est très différent.
SPEAKER_02Fait que, voilà. Ben, la confession sexuelle, ça peut être n'importe quoi. Ça peut être de nature ta pire date, de nature
SPEAKER_01ce
SPEAKER_02qui t'a surpris au lit. Ça peut être une appréhension que tu as par rapport à tes enfants qui vont vivre dans ce monde-ci.
SPEAKER_01Ah, mon Dieu! OK, ouais. OK, ben là, je vais juste réfléchir, là, parce que Tellement
SPEAKER_02de choses à dire. Les confessions sexues, présentées par Séduction.
SPEAKER_01Pis t'sais, on veut pas nécessairement être glauque, là, comme on veut pas.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_01C'est une confession ou un constat?
SPEAKER_02Ça peut vraiment être un constat. C'est vraiment un segment libre.
SPEAKER_01Moi, je vais dire quelque chose. C'est comme une petite montée de lait ou quelque chose à dire. Parfait. Je trouve que des fois, dans l'antiféminisme qui existe, on a tendance à dénigrer évidemment les féminismes. Et ça se fait aussi par le fait et le préjugé qu'on dit que les féministes n'aiment pas avoir des relations sexuelles. Et je trouve ça tellement ridicule. C'est comme un discours qui revient. Et après, on les attaque aussi sur leur sexualité, mal baisée, trop baisée, ci, ça, ça. Je veux juste... remettent à l'ordre du jour que c'est encore un contrôle du corps de la femme, puis une espèce de volonté de mise sous silence, puis on en revient au sexe. Et les féministes peuvent être libres sexuellement et émancipées. Donc, c'est juste un petit rappel collectif. C'est ça que
SPEAKER_02je voulais dire. C'est pas
SPEAKER_01une confidence sexue, mais vous comprendrez ce que je veux
SPEAKER_02dire
SPEAKER_01par là. Merci infiniment. Merci, ça a passé en 4 secondes, puis je t'ai juste à dire à tous les auditeurs, je m'excuse, je suis sur la morphine parce que j'étais
SPEAKER_02malade, mais ça va. Bien là, moi, je te trouve
SPEAKER_01bien normale, mais je suis un peu dans d'autres contextes. Oui, mais c'est parce que j'avais des douleurs. Je ne prends pas de la morphine tout le temps et je n'en fais pas la promotion. C'est un médicament qu'on prend quand on a certains problèmes
SPEAKER_02que je n'aimerais pas, mais voilà. Merci beaucoup. Merci à toi. Tant que je ne suis pas sur le fontanel. Voilà. Bye! Je tiens à remercier nos partenaires officiels qui rendent Apéro Sexo possible. Sous-titrage Société Radio-Canada