Apéro Sexo
Vous écoutez Apéro Sexo, un podcast animé par une professionnelle en sexologie. Ici, on parle de dating, de relations, de breakups, de célibat… Tout au long de la saison, je vais recevoir des expert·es, des invité·es du monde de l’influence, on est là pour vous accompagner dans votre vie sexuelle, dans votre intimité et dans votre vie amoureuse.
Apéro Sexo
#145 Pourquoi la nourriture affecte votre relation amoureuse? avec Ben Boulanger
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Dans cet épisode, je reçois Ben Boulanger, nutritionniste, pour parler d’un sujet qu’on aborde rarement : le lien entre la nourriture… et nos relations amoureuses. On discute de l’impact de notre enfance sur notre rapport à l’alimentation, de l’influence que notre partenaire peut avoir sur nos habitudes, de l’image corporelle, de la grossophobie, des commentaires sur le corps et de la façon dont tout ça peut affecter notre couple… et même notre sexualité.
Comment soutenir son partenaire sans le contrôler? Pourquoi les commentaires « positifs » sur le poids peuvent-ils être nuisibles? Jusqu’à quel point notre rapport à la nourriture influence-t-il nos relations? Bon épisode!!
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Coucou, moi c'est Rosie, professionnelle en sexologie et animatrice du balado Apéro Sexo. Apéro Sexo, c'est un podcast divertissant et éducatif où on parle de sexe, de relations amoureuses et tout ce qui touche à l'intimité. Je veux prendre le temps de remercier Séduction, notre partenaire officiel. Séduction, c'est bien plus qu'une boutique érotique, c'est un espace de découverte, de plaisir, où chacun, chacune est invité à vivre sa sensualité librement. Vous pouvez utiliser le code promo APÉRO 15 sur séduction.ca. Écute sac, nos jeux de conversation intime créés par Apéro Sexo pour les couples, pour avoir une conversation sur votre relation, votre intimité, votre sexualité et vous pouvez utiliser le code promo podcast10. Les liens vers les sites de nos partenaires sont dans la description de l'épisode. Bon épisode! Benoît Blanger, merci d'avoir accepté l'invitation. Tu es nutritionniste et aujourd'hui on va parler du lien entre la nutrition, la nourriture et le couples et les
SPEAKER_03relations.
SPEAKER_01Comme on s'est dit juste avant, c'est fou à quel point ça peut impacter une relation, puis c'est gros. Dans la vie, la nourriture, c'est immense, en fait, là, quand on y pense. C'est l'affaire qu'on passe le plus de temps à faire, à penser, à
SPEAKER_00préparer.
SPEAKER_01Trois fois par jour, minimum. Bien oui, quand même. Quand t'es en relation, évidemment que ça va impacter ta relation. Je voudrais qu'on commence par c'est quoi notre parcours, notre lien à la nourriture. On le sait que ça commence dès l'enfance, mettons. Vraiment. Je suis curieuse aussi de voir comment, toi, ça a évolué avec les années.
SPEAKER_00Ça commence immédiatement. hyper jeune. Je dis tout le temps cette status-là, mais dès l'âge de 3-4 ans, t'es capable d'observer chez les enfants le fait qu'ils ont un rapport avec le corps, du moins, parce qu'essentiellement, ils parlent pas trop, ou c'est le début, justement, du langage. Fait qu'essentiellement, c'est de réaliser que, OK, ça commence tellement tôt, puis ils ont même déjà des réflexes en partie grossophobes de prioriser les corps plus minces versus les corps plus gros. Puis c'est encore une fois, quand je dis ça, les gens pensent des fois, ils se disent, ah, c'est biologique à l'humain. Non, non, ça veut juste dire que dès les premières émissions qu'on écoute, les mots que les enfants entendent, la relation qu'on a avec l'alimentation, dépendamment des familles, va impacter directement le jeune. Encore là, c'est pas de virer fou avec ça, mais c'est de réaliser que ça va les marquer toute leur vie. Si on passe de 3-4 ans à 5-6 ans, le premier contact avec le sport, l'activité physique, nos entraîneurs, nos coachs vont grandement impacter notre relation qu'on va avoir avec, oui, le sport, mais aussi notre corps, puis essentiellement l'alimentation. Puis là vient l'adolescence, qui est un un moment très charnière pour établir ses balises, ses modèles surtout. Ça fait une grosse différence sur qu'est-ce que nos modèles vont valoriser en alimentation, puis même par rapport au corps, le standard de beauté qu'il interprète, qu'il intègre dans nos vies. Moi, dans toute cette période-là, 10 pieds par-dessus la tête. C'était un petit gars qui jouait au soccer, qui se donnait ben trop à récré, qui arrivait complètement trempe en classe, puis qui s'en foutait complètement de quoi il avait l'air. Puis ça a évolué au secondaire beaucoup. Classique, avec l'arrivée des filles. Moi, j'ai eu des blondes super jeunes. J'ai toujours eu des blondes. Un peu en amour avec l'amour, mettons. Fait que là, tu sais, secondaire 1, secondaire 2, l'apparence avait plus d'importance. Puis là, secondaire 3, j'embarque dans l'équipe. J'avais déjà commencé à jouer au football, mais essentiellement, j'embarque dans la plus grosse ligue où je dois commencer à m'entraîner. Puis là, le début du classique gym bro era commence. 15-16, je me fais fider par des trucs catastrophiques aujourd'hui, mais de de Jim Bro sur YouTube, des conseils nutrition qui avaient aucun sens, mais ça reste ma genèse de tout mon intérêt pour la nutrition. Pour les gens qui ont la référence, c'est probablement que tu ne l'as pas, mais Thibault InShape, il est problématique dans plein d'aspects aujourd'hui dans son discours sur la nutrition, mais ça reste quand même que c'est à cause de lui que j'ai commencé à m'intéresser à la bouffe. À partir de ce moment-là, c'est là que le cégep et tout, on rentre en compte de « Ok, il faut vraiment que je me force pour aller en nutrition, ça va être flush. » À partir de ce moment-là, j'avais déjà une optique ou une vision de la qui était biaisé par l'intérêt que j'avais pour la recherche, la science, le comportement alimentaire, puis tout ça a évolué. Mais ça a parti d'une « mauvaise place », dans le sens que c'était pour être plus en forme, plus fort au football, mais c'était aussi beaucoup pour le paraître, puis ça a rapidement évolué. Moi aussi, j'ai eu les classiques standards de beauté à la Channing Tatum, alors qu'essentiellement, aujourd'hui, c'est encore mille fois pire les standards de beauté qu'on présente aux jeunes hommes. Dans le fond, Channing Tatum, c'était pas mal plus atteignable que les gars qu'on voit aujourd'hui sur Instagram. Ça a parti comme un peu tout le monde. Je pense que ce bout-là, il est
SPEAKER_01rough. Puis aussi parce que la nutrition, tout est vrai, ils sont au contraire en ligne. C'est ça qui est difficile de démêler. On le comprend pourquoi chez les jeunes, c'est autant difficile de savoir c'est quoi la bonne chose et la mauvaise chose à faire. Puis après, tu as le rôle de tes parents aussi, leur rapport à la nourriture. Ça, c'est sûr, ça impacte énormément ta vision de la
SPEAKER_00nourriture. Oui, puis jusqu'à tant que tu déménages chez tes parents, c'est probablement eux la dernière, je vais souvent le nommer comme ça dans le couple, mais la dernière barrière qui te protège de la stigmatisation du reste du monde. Pour faire simple, c'est comme de dire qu'il y a une vague qui s'en vient et cette personne-là, ce parent-là ou ce modèle-là, peu importe si c'est ton vrai parent, mais il peut faire office d'un genre de barrière et te protéger un peu de ce flot-là d'informations, surtout de stigmatisation envers le corps, le poids, ce que ça devrait être, ce que ça ne devrait pas être. Quand tu quittes le nid et que tu vas chez ton chum, ta blonde, qui n'a pas du tout le même background souvent que tes parents, positif ou négatif, c'est c'est une autre barrière complètement différente qui peut souvent laisser passer pas mal plus d'eau que ce que tes parents faisaient. C'est souvent au début des relations que ces choses-là s'intègrent ou même à la fin, c'est des ruptures difficiles où il y a eu un début qui était complexe ou axé sur l'apparence, le poids, peu importe, puis qui finit mal. Ça marque à vie dans le sens qu'une relation qui se finit mal, ça peut marquer à vie, mais quand c'est axé sur de quoi tolère ta valeur en tant que personne avec l'image corporelle, c'est hyper, hyper C'est hyper difficile de se relever de ça. Puis l'influence des parents, pour y revenir rapidement, c'est nous, dans nos années, je ne sais pas si tu te rappelles, mais le Biggest Loser, c'était encore something up. Puis on faisait encore la promotion des diètes comme Mince à vie, White Watcher. Ça finissait quand même quand on était ados. Mais il y en a plusieurs qui nous écoutent qui ont soit de notre âge à un petit peu plus vieux, que leurs parents faisaient Mince à vie, White Watcher, et les autres, je m'entends les nommer. Mais c'était comme compter ses points, l'alimentation, c'est une mesure. ton poids, ta réussite, puis comme... Malheureusement, les parents qui vivaient un stigma adulte le projetaient sur leur enfant parce qu'ils voyaient moindrement dans un corps gros leur petit gars ou leur petite fille pour les protéger, je vous le jure. C'était tout le temps de bonnes intentions. Ils les envoyaient faire des diètes. Ils embarquaient dans Weight Watcher. Il y a plein d'enfants qui ont fait Weight Watcher. C'est pour ça que quand tu parles à un adulte et que quelqu'un te raconte que ça fait toute sa vie qu'il essaie de perdre du poids, toi, sur Internet, dans les commentaires, tu fais comme si tu ne le croyais pas parce qu'il vit dans un corps gros. parce qu'elle vit dans un corps gros, cette personne-là, c'est comme, non, tu comprends pas. Les gens dans un corps gros, ils se font dire de perdre du poids depuis qu'ils ont 5-6
SPEAKER_03ans.
SPEAKER_00Par protection de leurs parents. Mais depuis 5-6 ans, leur existence, c'est la forme de leur corps. Imagine à quel point c'est dur à défaire quand t'es dans un bureau, puis c'est la première rencontre
SPEAKER_01nutritionnelle que t'as. Les parents l'ont tellement intériorisé, qu'on le comprend que ça se projette, comme tu dis, c'est pas souvent de mauvaises intentions. Eux, ils ont encore beaucoup été impactés, nous aussi, puis j'ai l'impression qu'il y a quand tu quittes justement le nid familial, c'est là que tu te rends compte que la vérité de tes parents par rapport à la nourriture n'est pas la vérité de tout le monde. Mais j'ai quand même l'impression qu'on est de la génération... Moi, c'était pas super sain, la vision de la nourriture à la maison. Il y avait beaucoup de... Finis ton assiette, sinon t'as pas de dessert. Non, il y aura jamais comme de, entre guillemets, malbouffe à la
SPEAKER_00maison. Une
SPEAKER_01famille grano, un peu? Très axée sur le sport. Et donc, sport, dans leur tête, égalait... mangé sain et qu'on ne pouvait pas déroger. Des trucs que ma mère disait, qu'elle ne dit plus aujourd'hui, mais je me dis que j'ai quand même grandi avec ça. Quand une vulnérabilité, par exemple, a développé un trouble alimentaire, à un moment donné, j'ai dit à ma mère, je ne crois pas avoir cette vulnérabilité-là, mais j'avais quelqu'un dans mon entourage qui vivait un trouble alimentaire et j'étais comme, si j'avais cette vulnérabilité-là, ce qu'elle m'a dit, que elle, sa mère disait, tu me dis la même affaire. Comme tu dis, souvent, ça ne vient pas d'une mauvaise place mais c'est des discours qu'on entend énormément et qui impactent toute une vie.
SPEAKER_00Je pense que ça change de plus en plus quand même. Les jeunes parents font beaucoup moins ça, sont beaucoup plus renseignés. Possiblement qu'on n'avait pas la sensibilisation ni l'information pour nous permettre comme parents de faire ces choix-là avant. Mais dans nos bureaux aujourd'hui, eux autres aussi sont mal pris dans le sens que les femmes qui arrivent cinquantaines soixantaines qui me disent encore qu'ils veulent avoir le corps qu'il y avait quand il y avait 20 ans puis là on pense tout le temps que c'est une blague puis essentiellement c'est premier degré son rêve ça serait de claquer des doigts peu importe le malheur qu'elle pourrait vivre ça serait de tomber dans le corps qu'elle avait quand elle avait 20 ans puis souvent je fais l'exercice de leur demander à 20 ans t'avais-tu une bonne appréciation corporelle puis là ils réalisent au contraire qu'ils essayaient de perdre du poids aussi à 20 ans. Les enfants, ça leur ennuie. Les parents aussi. Je pense qu'il y a plein de contextes de vie comme ça, socio-économiques, littératie nutritionnelle. Tes connaissances en nutrition, on les imite, qui influencent ça et qui font que tu es né dans un milieu où ça va être extrêmement sain ou extrêmement toxique. Même chose après ça, quand tu te fais un chum et une blonde et que tu arrives dans un autre milieu. Nous, on appelle ça des environnements alimentaires. La famille, c'est un environnement alimentaire. Le couple, c'est un environnement alimentaire aussi. C'est les gens avec qui tu manges au quotidien ou avec qui tu fais des choix alimentaires essentiellement. Quand tu changes de ce milieu-là, ça va impacter. Toi, tu peux être la personne qui implique ce changement-là ou tu peux le recevoir. Le contexte des parents, ça fait tout le temps mal au cœur parce que pour défendre les parents depuis le début, c'est à cause que quand tu leur parles, ils peuvent se sentir coupables à vie de ça. Quand tu martèles un peu trop le message de « Hey, t'as scrappé ton enfant et sa relation avec l'alimentation, possiblement pour toujours parce qu'un trouble alimentaire, on le dit souvent, puis il les gens qui le vivent avec, qui nous écoutent, le savent à 100%. On ne parle jamais d'éliminer le trouble. On ne parle jamais de le faire disparaître. Puis ça, c'est en partie à cause de la culture des diètes qui est toujours présente dans nos vies qu'on va toujours se faire un peu répéter. On va avoir du trigger toute notre vie. Et donc, même si on réussit à apaiser à un niveau où, essentiellement, c'est comme s'il n'y avait aucun trouble, c'est flat, flat, flat, flatline, mais il va toujours avoir ces petites bosses-là sur la route. Il va tout le temps avoir des petits triggers, des petits... Puis au fait qu'au final, ça va toujours se réveiller, ça va toujours un peu de parler dans l'oreille. On l'imagine beaucoup plus comme une petite voix ou un démon qui est sur l'épaule qu'on réussit à muter le plus possible, mais de tout le temps garder en tête qu'il est présent. Ça veut dire qu'à n'importe quel moment de nos vies, tu pourrais avoir un trouble jeune, puis l'avoir pendant toute ta vie, avoir une mauvaise séparation, puis il revient. Ce n'est pas de penser que tu es maintenant à l'abri de tout trigger avec l'alimentation. Tu es juste plus fort, plus capable de te protéger, d'y répondre à la petite voix. C'est pour ça qu'on agit jeune. C'est parce que tu veux Je ne veux pas avoir ces effets-là
SPEAKER_01ou ces cicatrices-là tout au long de la vie. Comme tu dis, on a l'environnement familial, le milieu familial qui est notre environnement, notre lien avec la nutrition. Après, tu arrives en relation. On recommence un peu à zéro parce que tu as ton bagage, tu as celui de ton partenaire. Des fois, ça peut être malsain ce que vous créez ensemble. Peut-être que toi, tu avais un background qui était sain et l'autre personne, pas du tout. Finalement, tu arrives dans une relation. Aussi, dans le dating, dans les relations, il y a toujours ce désir-là de
SPEAKER_00plaire. C'est là que vient l'appréciation
SPEAKER_01corporelle. Oui. L'image corporelle entre en jeu dans ce nouvel environnement-là versus avec ta famille. Tu peux avoir ce désir-là, mais en relation, on s'entend que c'est encore pire.
SPEAKER_00Tu ajoutes la sexualité, l'intimité là-dedans, qui est très vulnérabilisant pour quelqu'un qui a de la difficulté avec son appréciation corporelle que tu n'avais pas avec la famille. Tu pouvais toujours te cacher, mettre un plus grand chandail, éviter certains moments, mais là, en relation, ce n'est pas nécessairement ça le but, d'éviter ça à l' infini. C'est des stigmas que je n'ai jamais vécu et je ne prétends pas vivre non plus. Je ne prétends pas parler d'expérience, mais qu'on observe même en recherche, que ce soit au niveau de la satisfaction sexuelle dans les couples en lien avec les comportements alimentaires. Tout ça, c'est étudié à Québec même, littéralement. Il y a vraiment beaucoup de recherches dans ce domaine-là parce que c'est extrêmement complexe. Une des façons d'expliquer à quel point c'est complexe, c'est d'imaginer, par exemple, que moi, je veux analyser utiliser tes caractéristiques personnelles sur ton comportement alimentaire. Bon, c'est facile. On n'a pas nécessairement à ajuster autre que pour l'environnement autour de toi. En fait, c'est facile. C'est hyper dur, mais c'est simple. Quand il y a un partenaire et qu'on veut juste voir l'effet du partenaire, il faut créer un modèle statistique. Je ne rentre pas dans l'explication, mais il faut que tu crées un modèle statistique qui permet d'avoir l'effet du partenaire en enlevant l'effet des caractéristiques de l'individu. Fait qu'à quel point la personne va être influencée au niveau de ses comportements par que ce soit les croyances, l'attitude, lui-même, ses propres comportements ou ses caractéristiques, par exemple, la forme de son corps. On va en reparler, mais les couples asymétriques, le fait d'avoir une personne qui valorise la santé versus le poids, versus les habitudes, c'est tous des contextes qui viennent clasher puis qui peuvent rendre, dès le départ d'un couple, la fin beaucoup plus
SPEAKER_01difficile. Puis on peut penser aussi que c'est difficile de changer, justement, t'arrives, par exemple, d'un milieu familial sain, d'un rapport à la nourriture sain, t'arrives en relation, et l'autre, c'est pas ça. Comment tout déconstruire ça? Je veux dire, c'est le travail d'une vie, parce que la personne, veut, veut pas, c'est sévérité par rapport à la nourriture, puis comme tu dis, c'est dur à défaire. Fait que c'est quoi, comment on devrait dealer ça, selon toi, quand on arrive, puis on se rend compte qu'on est en train de recréer
SPEAKER_00un milieu malsain? Je pense qu'un point clé, à se rappeler, puis je sais pas si ça va répondre à ta question, mais c'est d'avoir comme point central du couple, tout, sauf, parce que justement, je ne suis pas un thérapeute de couple, mais tout sauf le poids et l'apparence corporelle. Littéralement, tout est meilleur que ça, probablement. Peut-être pas l'argent et le pouvoir, mais on s'entend. Essentiellement, c'est vraiment d'avoir en tête le fait que si une partie même de notre relation est purement basée sur justement, je ne sais pas moi, la forme de notre corps, l'attirance physique même, ou tu sais, plus dans un côté aussi diet habitude alimentaire, tu sais, des fois, des gens qui sont dans une forme de trouble, puis leur relation les réconforte dans le trouble parce que ça vient comme la valider d'une certaine façon. Fait que, tout ce genre de gimmick-là, où le moment où ça pose problème, c'est pas dans le moment présent. Parce que les deux, vous appréciez votre corps, les deux, vous êtes dans ce vibe-là présent où tout est correct. C'est souvent dans ces moments-là que les gens commencent à faire des commentaires sur le corps, sur le poids des autres positivement, mais qui va vraiment backfire plus tard. Puis plus tard, c'est que c'est inévitable, notre corps va changer en vieillissant. Je parle pas juste de prendre du poids, je parle pas juste notre corps va changer en vieillissant, c'est inévitable, c'est le propre de l'être humain. Fait que si tes valeurs de base de ton couple, la force de ce couple-là, c'est par rapport à l'apparence corporelle seulement, t'es fait. Ça va éventuellement venir se désagréger puis tu comprendras même pas pourquoi tu l'aimes de moins en moins, que t'as plus CNR, tout ça, mais c'est qu'il va manquer cette genre de fondation-là, ce pilier-là là, qui étaient pourris au départ, qui étaient vraiment gangrénés et qu'on veut éviter à tout prix. C'est pour ça qu'il y a des contextes où des couples se rencontrent et se... Je ne vais pas dire ça, mais je vais mettre des guillemets visuels. Ça l'a dit aussi, c'est catastrophique. Mais où ils veulent se reprendre en main, qu'ils veulent changer leurs habitudes de vie, plutôt, je devrais dire. C'est là que c'est risqué parce que des fois, les deux parlent de deux endroits différents. Les deux ont des sensibilités différentes au TCA, au trouble alimentaire. Puis là, ils partent dans la pente glissante, les deux. Puis là, après Ça peut rapidement nuire au couple sur le long terme, surtout si, encore une fois, on valorise l'apparence de l'autre. Même dans un contexte, c'est positif. La personne a la meilleure de ses habitudes de vie, elle perd du poids, son corps change, puis tu ne fais que valoriser ce corps-là. En ce moment, la personne, tu ne lui fais pas du bien. Tu augmentes sa peur d'en prendre. Parce que tu viens lui dire, ce que tu étais avant, ce n'était pas correct. Je le sais que ça fait chier de se faire dire ça, parce qu'il y a plein de gens, encore une fois, ça part d'une bonne intention. Les commentaires positifs sur le poids et sur le corps, les gens à qui je dis qu'il ne faut plus en faire, ça les fait profondément chier parce qu'ils se disent « Ben voyons, on ne peut plus rien dire. Je voulais juste dire qu'elle était rendue belle parce qu'elle a fait des efforts et qu'il faut récompenser les efforts. » Non, non. Juste le fait que tu donnes ça des efforts, juste le fait que tu le valorises et que tu lui démontres à quel point sa valeur dépend de ce qu'elle a l'air. « Ben non, elle n'a pas l'air de... Ce n'est pas ça pour moi. » Mais on dit que tu t'en fous de ce qu'elle a l'air et c'est bien plus comment elle sent aujourd'hui son niveau d'énergie, son intelligence. Tu sais, mille affaires. Parce que quand je parlais plus tôt de à quel point le corps va évoluer dans la vie, c'est pas juste, mettons, le temps. C'est genre la maladie, la santé mentale, la prise de médication, une grossesse. Ça pourrait être un podcast complet, l'appréciation corporelle durant la grossesse et la relation avec l'homme. Il y a de la recherche là-dessus. Il y en a plein de couples qui se défont après ces moments-là. C'est souvent parce que la base, essentiellement, il y avait un pilier que c'était l'apparence corporelle.
SPEAKER_01Le souci, c'est c'est que socialement, c'est ça qui est au centre. Si on pense juste, comment on rencontre les gens dans la vie maintenant, les actes de rencontre, les actes de rencontre liés à l'attirance physique. À la base, il y a ça. Puis, veux, veux pas, en relation, tu vas entretenir ça parce que tu vas passer des commentaires, que ce soit positif ou que ce soit des commentaires grossophobes sur les autres autour de toi, puis inconsciemment, ça va rester dans ta tête. Je trouve qu'il y a des partenaires qui sont full protecteurs. Moi, j'ai été en couple avec un gars pendant huit ans qui n'a jamais passé un commentaire, jamais sur mon corps, et je me je me suis toujours sentie aimée, pas par ça. J'ai été en relation avec un autre gars que, au contraire, moi, j'étais comme, tu peux pas me dire des commentaires, je me sens objectifiée, j'étais comme au lit, tu peux rien me dire, dis-moi pas ça, je me sens pas bien, c'est quoi le moment que mon corps va changer? Fait qu'il y a des partenaires qui protègent ça, pis au contraire, il y en a des partenaires qui le détruisent, pis je pense que des fois, c'est difficile à le voir, parce que comme tu dis, ça va être peut-être dans 10 ans quand ton corps va changer que tu vas te rappeler ce
SPEAKER_00qu'il te disait avant. Ben oui, exact, pis c'est insidieux, pis j'en ai plein des couples que je connais qui se font des commentaires, qui se font des pics, puis ils me disent tout le temps, ben non, Ben, nous autres, c'est des blagues, puis les deux, on accepte la blague, puis je comprends qu'aujourd'hui, c'est une blague parce que les deux, vous vous entraînez à côté, vous avez des corps minces, puis c'est parfait comme ça. Qu'est-ce qui se passe s'il tombe malade? Qu'est-ce qui se passe s'il a besoin d'une médication pour le guérir, va devoir lui faire prendre du poids, puis réalistement, ça va arriver ou ça peut arriver, puis même si on parle que toute la vie se passe super bien, le vieillissement va quand même faire que tout ça va changer. Pour moi, c'est comme ne pas se préparer à la suite de la relation. C'est prendre un risque. Tu disais tantôt que ça fait partie du couple. C'est vrai parce que c'est comme le truc initial. C'est le spark. C'est l'étincelle de départ. Ça ne veut pas dire que c'est ça qui alimente le feu tout le long. Au contraire, il ne faut pas que ce soit l'étincelle. Il ne faut pas que ce soit à coup d'étincelle que tu tiennes ton feu. Il faut que tu crisses des bûches là-dedans. J'ai fait une
SPEAKER_01métaphore. Il faut faire tellement attention parce Parce que je pense qu'il y en a aussi beaucoup qui le nomment comme « Ah, pour moi, la transphysique, c'est donc important. » Mais je pense que ça, c'est à questionner beaucoup. Puis, c'est que ça va te... C'est pas possible pour toi non plus. Parce que si tu valorises ton partenaire pour ça, comme tu
SPEAKER_02dis, ça va changer. Mais
SPEAKER_00le monde, ils se projettent énormément. Je dis à côté ici, dans un autre podcast, mais pour moi, c'est important de véhiculer ce message-là. Mais les personnes qui font le plus de commentaires sur le corps des autres sont sept fois, dix fois plus violents avec eux-mêmes. C'est les pires. C'est eux autres qui sont... Puis justement, ils extériorisent ça ou ils projettent ça sur les autres parce qu'eux ne seraient pas bien dans la situation dans laquelle toi, t'es. Quelqu'un qui manque le gym pendant un mois, sa blonde a accouché, il s'en occupe, il se réveille la nuit, tout ça, fait qu'il s'entraîne moins, peu importe. La personne qui va le voir arriver au gym avec un changement corporel qui va l'écoeurer, c'est le premier à avoir peur de vivre ça puis pouvoir même peut-être se restreindre d'accomplir ça dans sa vie, de faire en une famille, peu importe. tellement par peur de vouloir pas changer son apparence corporelle. Ça aussi, j'en connais plein, des gens que c'est tellement important pour eux, le corps dans lequel ils sont, même pas nécessairement, on parle de corps idéalisé, au contraire, souvent, c'est des gens qui doivent travailler extrêmement fort, faire des efforts cauchemardesques pour garder un corps de rêve. Essentiellement, ces gens-là sont prisonniers de leur mode de vie, sont prisonniers parce qu'ils n'ont aucune marge de manœuvre. Ils doivent maintenir ce niveau-là d'entraînement, ce niveau-là de rigueur en termes de nutrition. puis ils ne peuvent pas se permettre de trouver autre chose parce qu'ils savent que ça va le faire varier, genre la grossesse. Puis ça, c'est hyper touché comme sujet parce que quand tu tombes enceinte, il y a encore plus de variables qui font qu'émotionnellement, tu deviens comme une éponge puis ça devient très réactif. Fait que si tu avais juste une petite bribe de ça, je te garantis qu'elle va venir te pincer juste là où il faut pour bien te faire chier.
SPEAKER_01Puis je pense qu'il faut accepter malheureusement qu'on est tous et toutes teintés par ça puis qu'on a tous et toutes intérieurement de la grossophobie. une fois que tu te l'avoues à toi-même, je pense que tu peux travailler là-dessus, parce qu'il y en a plusieurs qui vont dire que non, mais au final, comme tu dis, les gens vont entretenir des discours dans leur tête, les gens vont projeter ça avec leur partenaire, puis comme tu dis, surtout quand là, en ce moment, vous dites « Ah, on est jeunes, on a le corps qu'on veut, fait qu'on se permet ça, mais t'entretiens ça sur des
SPEAKER_00années, là. » Puis tu détermines que dans ton couple, il y a une partie de la valeur d'autre personne qui est ce qu'elle apporte, que ce soit visuellement, corporellement, puis non, tu veux pas ça. Oui, Oui, c'est l'étincelle de départ. Oui, ça fait partie probablement du romantisme. Mais ce n'est pas ça que tu veux qu'ils maintiennent ton couple. Ce ne sont pas les fondations solides sur lesquelles tu veux bâtir ça. Pour tous ceux qui le font en ce moment même, je ne suis pas en train de dire que votre couple est voué à
SPEAKER_03l'échec,
SPEAKER_00mais je suis en train de dire que vous devriez faire attention et faire un effort conscient de peut-être ensemble même déconstruire ça. On devrait peut-être arrêter de faire des commentaires comme ça parce que ce n'est pas une bonne idée sur le long terme. Vous êtes présentement en processus de changement d'habitude de vie. Toi et ton partenaire puis vous êtes en train de faire des commentaires pour vous, je vais mettre des gros guillemets, motiver, de savoir que c'est le contraire de la motivation, puis qu'à long terme, ça va probablement plus vous mener vers l'échec ou l'arrêt que le maintien. C'est comme de faire, OK, probablement qu'on devrait, au moins à partir de maintenant, en connaissance de cause, arrêter, puis modifier notre discours, mettre l'emphase sur autre chose que le poids, etc., etc. On pourrait faire des solutions.
SPEAKER_01De se rappeler aussi, de se poser la question pourquoi j'aime mon ou ma partenaire, puis que tu travailles aussi à ne pas avoir la réponse automatique de son physique. Je pense que juste ça, puis aussi pour que l'autre se sente valorisé, quand, tu sais, veux-vous pas, en relation, on se donne des compliments, puis je pense que c'est important d'arrêter de donner des compliments sur le physique. Moi, je l'ai dit à des partenaires, justement, où je trouvais ça tellement triggering que je me sentais objectifiée. J'étais comme, tu peux pas faire ça, tu sais, tu peux pas, je me sens pas bien. Fait que c'est ça, je pense que de se caler l'autre là-dessus, puis de réaliser aussi que, ah mais non, mais j'aime mon partenaire, pas pour l'attirance physique, puis de le réaliser, je pense que ça peut aider à pas en entretenir ça. Quand tu arrives en relation aussi, comme on disait, là, les deux, vous arrivez avec votre bagage et... Forte
SPEAKER_00chance que ce ne soit pas le même. Oui. Avant qu'on change, je veux juste faire l'avocat du diable de nos détracteurs qui vont dire qu'on ne peut pas dire que notre blonde est belle, tout ça. Pas en tout. C'est comme avec les enfants. De plus en plus, on dit aux autres, aux parents, de ne pas juste faire des commentaires sur l'apparence de la petite fille ou peu importe. « T'es belle, t'es belle, blablabla, t'as un beau sourire. » Puis de mettre l'accent sur autre chose. Je pense que, justement, c'est de se call out quand c'est la seule chose sur laquelle tu fais reposer... les compliments, puis que ça soit sur rien d'autre. Je pense qu'il y a une façon, pas de faire un commentaire sur le corps ni le poids, mais une façon de dire à quelqu'un qu'on la trouve belle sans que ce soit aussi stigmatisant. Je veux comme mettre ces bases-là pour nos détracteurs qui vont avoir l'impression qu'on ne peut plus rien dire. Mais essentiellement, on peut dire plein de choses. Puis tout part essentiellement de l'intention. Puis le fait que tu le verbalises à ton chum, par exemple, c'est parfait parce que justement là, c'est en connaissance de cause puis il va pouvoir l'adapter. Mais avant ce moment-là, là, est-ce que ce chum-là, c'était la pire personne du monde pour te dire que t'étais belle tout le temps? Ben non, on n'est pas en train de dire ça. C'est le côté de juste dire, OK, il faut s'en parler, il faut le verbaliser, puis c'est ça qui va mener à une meilleure communication
SPEAKER_01dans le couple. Puis aussi, se déculpabiliser dans le sens où on vit dans une société grossophobe, on vit dans une société de culture des diètes. No shit que ton discours intérieur soit pas
SPEAKER_00positif. Que ton réflexe soit relié à l'apparence. No shit que ton réflexe, ce soit de penser que le monde est ruled par les personnes personne belle, c'est correct. Puis moi, je le dis tout le temps, je suis le premier à faire de l'enseignement puis de la sensibilisation là-dessus à tous les jours. Je suis le premier à avoir une racine grossophobe. Tout le monde, là, c'est impossible de ne pas l'avoir. C'est qu'est-ce que tu fais avec ce réflexe-là? Est-ce que tu laisses impacter tes relations, justement, ton comportement, tes actions avec les autres, ou au contraire, tu es capable d'y répondre puis de moduler après ça en fonction, en connaissance de cause.
SPEAKER_01Oui. Non, non, très bien dit. Puis je pense que c'est un travail actif d'une vie parce qu'on vit dans une société
SPEAKER_00grossophobe. Exact. Ce n'est pas d'essayer de voir une fin à ça. C'est d'essayer de voir des
SPEAKER_01outils différents, puis de bâtir là-dessus. Comme on disait en relation, t'arrives avec ton, ta partenaire, vous avez les deux un background différent, un rapport à la nourriture différent, puis au début, vu qu'il y a tout le temps cette idée-là de plaire, puis qu'on est tous et toutes grossophobes, je sens que on va entendre souvent, il y en a qui veulent pas manger devant quelqu'un, il y en a qui vont commander de la salade au lieu de prendre une pizza, il y a tout ça qui arrive dans les débuts de relation, puis le souci avec ça, c'est quand que tu fais ça dans les débuts, bonne chance pour t'en
SPEAKER_00sortir
SPEAKER_01après. J'imagine que tu as entendu
SPEAKER_00ça beaucoup dans les couples qui ont... Dans les débuts de relation, il y a d'autres aspects dus à la pression sociale que tu as d'être la meilleure version de toi-même. Le classique, je deviens la meilleure version de moi-même. Devant l'autre, souvent, c'est la meilleure version idéalisée que tu as de toi-même, pas la version de toi-même. Ça passe par justement vouloir être le plus mince possible dès que tu tombe sur les app de rencontre. Ça passe par justement choisir des choses que tu n'aimerais pas au restaurant pour plaire, pour démontrer au lieu de montrer c'est quoi ta personnalité, qu'est-ce que tu aimerais réellement manger. Le choix des activités même. Est-ce que tu fais une run date si tu n'as jamais couru de ta vie? Je pense qu'il y en a plein qui le font bien de rester eux-mêmes dans ces contextes-là, mais je pense que pour partir sur des bonnes bases, il faut que tu te questionnes sur c'est quoi mon billet en lien avec la culture des diètes dans ce que je choisis de faire ou de présenter à à mon partenaire. Même les photos qu'on choisit, ces apps de rencontre, je ne parle pas par expérience parce que je suis heureux et marié, mais essentiellement, les photos que tu mets là-dessus, il y a un gros choix réfléchi de qu'est-ce que tu montres, comment tu le montres, pourquoi tu le montres. Puis après ça, ça va teinter les gens que ça va attirer, le reste de la relation, l'interaction que tu vas avoir. Il y a plusieurs choses à faire attention, mais souvent, ça revient à rester soi-même et à se concentrer sur le plus possible qu'est-ce que j'ai à présenter moi comme unique personne qui est beau, justement, la beauté dans
SPEAKER_01l'unicité. Je pense que de partager aussi son background et son lien à la nourriture, je pense que ça peut vraiment être une bonne idée. Je veux faire le parallèle avec le rapport à l'argent. On vient tous aussi d'un milieu différent, avec un rapport à l'argent différent, puis à un moment donné dans le couple, on va en parler. Le tabou tombe un peu, puis on en parle, mais je pense que le rapport à la nourriture, on peut faire un parallèle avec ça, parce que comme l'argent, c'est énorme dans une relation, c'est énorme dans une vie, puis Si tu n'en parles pas, je pense que ça peut laisser justement des blessures s'accumuler, des commentaires que l'autre va passer, sachant qu'il va penser que ça ne t'impacte pas, ça
SPEAKER_00t'impacte. Ce qui est tough, par contre, c'est qu'avec l'argent, dans un one night, il n'y aura aucun moment où tu vas parler de tes placements et de tes finances, à moins que ce soit un weird one night. Mais le corps, ce que tu présentes à l'autre, ta sensibilité à des commentaires sur le corps, je comprends qu'une première date, tu ne veux pas arriver, salut, moi c'est Ben j'ai un TCA depuis que j'ai 4 ans je comprends, mais s'il y a un moment où tu te retrouves vulnérable dans des positions d'intimité c'est sûr que tu vas être mis face à ces traumas-là ce passé-là avec la relation avec ton corps et l'alimentation j'ai l'impression qu'il y a un côté inévitable, il y a un travail à faire avec soi-même avant même de le présenter à l'autre parce que si tu tombes sur la mauvaise personne ça se peut que ça dérape assez vite c'est peut-être aussi de s'écouter, prendre son temps puis de vraiment y aller à son rythme et d'avoir connu assez l'autre avant de se mettre dans ces positions-là. Probablement que les gens qui vivent avec ces traumas-là et autres prennent plus le
SPEAKER_01temps, mais c'est clé. Je pense aussi que les arbres de rencontre, comme on a dit, c'est tellement lié sur le physique. Si pour toi, tu es sur une arbre de rencontre, c'est super vulnérabilisant et c'est blessant parce que le rapport à ton image corporelle, ta confiance en soi, tu n'es pas obligé d'être sur les arbres de rencontre. Si les arbres de rencontre te trigger et on s'entend que pour beaucoup, c'est ça, je pense que c'est correct de ne pas adhérer à cette façon-là d'aider parce que Comme tu dis, ça va te faire plus de mal que de bien aussi. Tu vas accumuler ces blessures-là. Il y en a beaucoup pour qui les affaires de rencontre, c'est difficile à cause de
SPEAKER_00ça. Évidemment. La peur de tomber sur la mauvaise personne. Comme je te dis, je ne l'ai jamais vécu honnêtement, mais c'est un chiot qui ne me marquerait probablement pas dedans tellement j'en
SPEAKER_01ai peur. C'est ça. Après, tu arrives en relation et tu habites avec la personne. Les choses avancent. Vous commencez à passer plus de temps ensemble.
SPEAKER_00Ça devient un environnement. alimentaire.
SPEAKER_01Exactement. Tu crées ton environnement à deux. Je sens que pour beaucoup, il va y avoir, et je suis la première, Manger différemment ou à agir différemment devant l'autre personne, surtout en début, j'ai l'impression, mais ça risque souvent. Si tu es au resto
SPEAKER_03et qu'il y a
SPEAKER_01un dessert et qu'il y en a un qui dit non, là, tu viens d'ouvrir quelque chose. Ça trigger tout le
SPEAKER_00monde. Tout le monde va avoir ces différences-là. Même l'exemple le plus flagrant, ça serait moi qui est végé et je me fais une blonde qui mange la viande. Le choix qu'elle va faire à notre première date va en dire long quand même sur ses habitudes. alimentaire versus les miennes. Je ne pense pas que ça doit être un frein, surtout quand c'est des préférences comme ça, comme dessert, pas dessert. C'est quelle intention tu y prêtes? Est-ce que le fait qu'elle mange de la viande et que toi, tu es végé, l'intention qu'il y a derrière, c'est que c'est une meurtrière? Probablement que ce couple-là... Même affaire pour le dessert. Je ne sais pas, moi, prendre une entrée ou un drink, je veux dire, boire de l'alcool, ça aussi, c'est un autre thing. Est-ce que la personne se rendit sans alcool ou avec alcool? Surtout dans la génération où elle prend un dessert. Est-ce que l'intention que tu y accorde, c'est « elle ne prend pas soin d'elle, elle ne prend pas soin de sa santé » ou c'est littéralement juste « on est au restaurant et elle profite de ce moment-là pour boire un verre avec moi, elle profite du moment pour avoir du plaisir alimentaire essentiellement ». Pour moi, l'action a peu d'importance. Tant que ça vient de toi et que c'est ce que tu veux faire et que c'est ce que tu aimes faire, c'est bien plus dans l'interaction avec l'autre de l'intention que tu y portes. Qu'est-ce que tu penses que ça cache? Parce que depuis le début, on ne m'a pas parlé, mais la valeur de la santé, encore une fois, je je suis catastrophique, je me déguisais non-stop à leur compte en audio, mais la valeur de la santé, on l'associe énormément au poids. Ou même, c'est justement un choix au restaurant, un snapshot d'une journée absurde de faire un lien avec la santé, mais bon. Mais souvent, les gens qui vont avoir ces commentaires-là pour le corps de leur partenaire, de se permettre d'avoir des commentaires, tout ça, ils vont toujours justifier en disant « Ah, mais c'est parce que moi, ma valeur principale, c'est la santé. Il faut que ma partenaire, elle ait un rapport où elle valorise la santé. » Laisse-moi en douter quand même Surtout après soit une première date ou un début de relation où tu ne sais pas du tout ses habitudes de vie. Ou encore une fois, si par exemple, c'est littéralement juste la forme de son corps qui te fait associer au fait qu'elle est en moins bonne santé, ce qui a été bien démontré dans la recherche comme étant complètement faux, qu'on ne peut pas juste à la vue faire un scan de la santé d'une personne. J'ai bien, bien, bien des doutes sur ce genre d'argumentaire-là comme étant pas nécessairement invalide ou que tu n'y crois pas toi. Je pense que tu y crois
SPEAKER_01que
SPEAKER_00c'est la santé. Mais c'est ça le souci. Les gens y croient. C'est discours-là. Oui, oui, exact. Mais essentiellement, mon doute, c'est de remettre en question non, non. Toi, en ce moment, ce que tu me parles, c'est de quoi elle a l'air par rapport à toi, puis ça, c'est un autre aspect de la recherche, mais de quoi elle a l'air par rapport aux autres. On parlait des coupes asymétriques tantôt. Ça, c'est hyper intéressant dans la recherche parce que les femmes qui ont des poids élevés dans les coupes asymétriques, quand justement une coupe asymétrique, c'est juste un corps mince avec un corps gros, par exemple, peu importe le sexe, mais quand c'est la femme qui est dans le corps gros, énormément une augmentation de la stigmatisation beaucoup plus marquées chez ces femmes-là, beaucoup plus de comportements restrictifs envers la bouffe, des compulsions alimentaires, des réactions face au stress conjugal alimentaire. Face au stress conjugal, l'alimentation est quand même une option assez courante pour faire la gestion des émotions. Mais ces couples-là qui sont différents, c'est beaucoup dans le jugement des autres, du reste de la société qui va impacter leur propre vision de leur corps. Le stigma envers ces couples-là est vraiment, vraiment plus grand. Ça, c'est c'est fou quand même de penser ça, que c'est pas juste toi par rapport à la société, c'est toi par rapport à ton partenaire par rapport à la société. Qu'est-ce que les gens vont dire de lui qui sort avec
SPEAKER_01moi? Ça ajoute un autre branche à déconstruire. Puis comme tu dis, les gens qui ont cette vision-là, ces discours-là, c'est qu'ils y croient. Fait que, mettons, tu prends un dessert, t'es pas en santé, tu prends pas soin de toi. Fait que, t'entretiens ça, tu le projettes. Mais je pense que le travail à faire, c'est de réaliser que toi, t'as ce discours-là pour toi. Puis toi, ça que depuis des années, tu te dis non, moi, je ne prendrai pas de dessert pour telle ou telle raison, c'est la santé, puis tu y crois. Fait que là, tu extériorises ça. Fait que c'est difficile dans un couple après, pour la personne qui vit ça, de ne pas juger.
SPEAKER_03Il va finir par juger, puis c'est ça qui est tough.
SPEAKER_01Même s'il le dira plus, il y a tellement une grosse déconstruction à faire, puis comme on disait tantôt, ça va être à vie, parce qu'on vit dans une société
SPEAKER_00grossophobe. Puis je pense qu'il y a peut-être un éventuel, une finalité triste à ça, de dire que si ces gens-là changent jamais, ils vont rencontrer des gens qui valorisent la même chose qu'eux, puis qu'ils vont comme se... Ils peuvent être heureux ensemble, c'est pas ça que je veux dire, mais ils vont techniquement se pourrir ensemble, d'une certaine manière, fait que Est-ce que réellement c'est le mix qui vient à être négatif versus juste finalement de faire ce chemin-là par soi-même pour après ça être capable de rencontrer? Je pense que c'est pas tout le monde qui sont rendus là, c'est pas tout le monde qui sont non plus dans un podcast où je parle qui vont avoir ces perceptions-là du corps et autres, mais c'est un aspect vraiment, vraiment central du couple, surtout parce que c'est supposé représenter comme l'intimité, le soutien, l'amour, puis justement l'apparence ou le jugement, puis tout toutes ces sphères-là reliées avec le visage des autres, c'est là, comme je disais tantôt, la dernière barrière du stigma social. Si ton partenaire, c'est une trappe ouverte à ce stigma-là et que lui-même le partage et lui-même te le partage, ça va être horrible parce que lui, tu lui faisais confiance. C'est lui à qui tu as le plus été proche. C'est lui à qui, justement, le discours, tu le valorises encore plus. Plus tu es émotionnellement attaché à quelqu'un, plus ce qu'il va te dire va t'impacter au niveau biochimique dans le cerveau. c'est d'autant plus important d'avoir cette vision-là douce par rapport au corps. Je dis ça et il y en a plein des contextes où la blonde tombe enceinte, le corps change et il se passe des affaires catastrophiques
SPEAKER_01après. Comment, dans une relation, quand l'autre personne a un rapport à la nourriture qu'on sent qu'il y a des racines grossophobes, comment on accompagne cette personne-là? Ça peut être en amitié comme en relation, honnêtement. Comment, sans devenir... la police alimentaire de l'autre. Comment on deal ça? Parce qu'on s'entend qu'il y en a pour plusieurs qu'il y a un cheminement qui a déjà été entamé, disons. On va dire qu'il est terminé, parce que comme on sait, ça va être toute la vie. Veux, veux pas, t'arrives en relation, puis là, tu te rends compte, oh mon Dieu, ça peut venir du milieu familial, ça peut venir de la société. Comment on deal ça? Comment on accompagne cette personne-là?
SPEAKER_00La première chose qu'on dit tout le temps, c'est que t'es pas obligé d'intervenir. Puis souvent, on se sent obligé d'intervenir. Quand t'es au gym puis que t'as une amie, tu sens qu'elle glisse vers le trouble alimentaire, tu sens que t'as un proche, un frère, une soeur, peu importe. Nous, les professionnels, on le répète tout le temps. Tu n'es pas obligé d'intervenir. Il ne faut pas que ce soit sur le fardeau parce qu'au final, quand un professionnel va intervenir, lui-même, si la personne ne veut pas être aidée, ne pourra pas la forcer à être aidée. Toi, si tu ne te sens pas assez proche de la personne pour pouvoir avoir cette main-là sur la manivelle, essentiellement, tu es mieux de ne pas y participer. Par contre, tout ce que tu vas dire, puis tout ce que tu vas encourager, valoriser, en termes de ne pas valoriser la culture des diètes par exemple, ou le poids comme valeur d'une personne, ou comme juste des commentaires sur le corps et autres, puis d'encourager l'alimentation à alimenter nos vies et non la restreindre, tout ça va être positif. Mais essentiellement, plus elle va glisser, plus ça va être difficile pour toi d'avoir ce discours-là face à elle, puis encore une fois, on n'est pas obligé d'intervenir. Par contre, tu peux toujours en parler au reste de l'entourage à voir justement s'il n'y a pas déjà des trucs qui sont mis en marche. Parce que quelqu'un qui vit avec un TCA sévère, ce n'est pas du jour au lendemain qu'elle va changer et que son corps va redevenir, entre guillemets, plus gros qu'elle était et qu'elle va justement être en meilleure santé. Ça va prendre du temps. Ça se peut qu'elle se fasse dire non-stop « Hey, ça va-tu? Es-tu correct? » alors qu'elle est déjà dans un processus où elle limite borderline et qu'elle, à chaque fois, se le fait rappeler. Il y a vraiment des contextes spécifiques, un peu comme la santé mentale, mais j'allais dire un peu comme la santé mentale où C'est difficile d'en parler. Ce qui est dur avec soit l'anorexie ou les TCA, c'est que c'est visible. Il y en a qui sont invisibles, mais il y en a qui sont visibles. La santé mentale, c'est invisible. Tu ne vas pas te faire gosser avec ça non-stop, mais quand c'est visible, je te garantis qu'il va y avoir des gens qui vont être mal placés et qui vont finir par t'en parler. Pour ça, je dis, il ne faut pas se sentir obligé d'intervenir, mais quand c'est dans la relation, par contre, il y a quand même un layer où la personne te fait confiance et tu as probablement la proximité de pouvoir parler de ces sujets-là, mais c'est toujours dans l'ouverture. Parce que plus tu vas être contre, plus tu vas la repousser. C'est comme un genre d'aimant. Il faut vraiment que tu sois juste prêt à accueillir ce qu'elle va te dire, ce qu'elle va penser, la rediriger vers des sources qui vont être meilleures, des modèles qui vont être meilleurs pour lui partager de l'information. Des fois, justement, tu pourrais rencontrer un nutritionniste sans dire que c'est pour régler un TCA ou autre, mais vraiment juste de dire que ça pourrait être intéressant pour ton sport, pour ce que tu vas accomplir, ou tes moments de fatigue que tu as. Souvent, on parle de mettre l'accent sur ce qui est comportemental ce qui est le bien-être, ce qui est l'énergie puis pas l'énergie genre les chakras l'énergie que tu ressens au quotidien versus tout ce qui est santé, poids même santé je veux dire on parle pas là de dire aux gens tu devrais manger ça pour être en meilleure santé on parle vraiment de bien-être de comment tu te sens, de ton énergie on veut rester dans ce côté-là très sensation, comment la personne vit au quotidien que de tomber dans ce lien-là un peu boboche que tu vas faire entre santé poids, mal-bo bouffe, riche en gros sel, sucre,
SPEAKER_01etc. Mais j'aime beaucoup le conseil que tu donnes de... Assure-toi de créer un environnement sain autour de cette personne-là, puis fais peut-être le travail de réaliser que, ah oui, toi aussi, t'as des choses à déconstruire. Puis je pense que ça permet, dans un couple, justement, de quand la personne va être prête, parce que ce processus-là, de le vivre, de le comprendre puis d'en parler, ça sera pas du jour au lendemain. Il y a pas tout le monde qui est prêt rapidement à le faire. Je pense que tu vas créer un environnement d'ouverture à, OK, quand l'autre va être prête, on va pouvoir en parler. Et je pense que c'est la meilleure façon d'accompagner parce que on n'est pas tous des psys, on n'a pas toute une formation là-dedans, encore moins dans quelque chose d'aussi... Tu sais, tout ce qui est troubles alimentaires, on le sait, c'est comme les racines sont loin. Il y a vraiment beaucoup à déconstruire. Il y a un gros travail, puis comme tu as dit, c'est le travail d'une vie. Ça se peut que tu ne sois pas la meilleure personne pour
SPEAKER_00accompagner. Tu n'es probablement pas. Tu n'es sûrement pas. Mais tu es la meilleure pour soutenir. C'est ça que la recherche souvent dit dans les conclusion, quand tu dis établir l'environnement, c'est un environnement comme émotif, mais c'est un environnement physique aussi. Par exemple, tu veux justement, même si on parle de changer ses habitudes de vie positivement, parce que l'exemple des TCA, il est plus niché, on va dire. Si tu veux changer tes habitudes de vie avec ta partenaire, c'est de mettre un environnement où ça va le favoriser. « Veux-tu venir marcher avec moi? On fait-tu ce déplacement-là en bus, un déplacement à vélo, un déplacement actif? » « Ah, tu proposes de cuisiner ce soir, on cuisine ça ensemble. On essaie cette nouvelle recette-là. » Tu comprends? C'est dans le soutien, la proposition, établir l'espace où tu fais des choix différents sans vouloir contrôler. Il y a vraiment cette ligne mince entre la volonté de contrôler l'autre, son alimentation, pour tes propres fins, genre la fin de « je veux qu'elle perde du poids, je veux qu'elle soit en meilleure santé », versus de mettre un environnement, d'établir un environnement physique qui va favoriser la santé à long terme pour les gens qui vivent dedans. Ça, je pense que c'est le conseil le plus général, mais pour moi, il veut tout dire pratiquement. Même dans tous les autres types de relations, c'est pareil. Dans une famille, c'est pareil. Maintenant, si on parle d'obésité infantile, par exemple, on ne fait plus des interventions aux enfants au Québec. On fait des interventions aux familles. C'est comme ça que ça fonctionne parce qu'on vient changer l'environnement alimentaire de l'enfant. On n'est pas en train d'y dire de faire 12 séries de push-ups à tous les soirs ou de faire 150 minutes d'activité physique ou de manger 5 porçons de fruits et légumes, on crée un environnement avec la famille où, par exemple, on va changer les recettes, on va encourager à intégrer tel type d'aliments, diminuer la fréquence des restos. N'émette les changements que tu peux faire en famille, mais ça va être dans une optique de changer son environnement et non d'essayer de viser l'individu pour le changer lui. Parce qu'au final, il faut que ça parte de lui. Si la motivation est seulement externe, jamais l'habitude va être maintenue dans le temps. Ça aussi, c'est un marqueur important du changement d'habitude
SPEAKER_01de vie. Puis si on parle de le sport parce que ça on s'entend que aussi ça va beaucoup ça va être quelque chose qui va revenir dans une relation dans le sens où il y en a un qui fait du sport il y en a un qui en fait pas ou il y en a un qui en fait à un niveau d'athlète comment on deal ça j'ai l'impression que le problème c'est surtout qu'on associe sport égal tu vas être en
SPEAKER_00santé ce qui est complètement faux dans le sens que c'est complètement vrai mais à certains niveaux le sport c'est loin d'être la santé pour les extrémistes qu'on voit sur les médias sociaux On est une bonne partie à avoir dépassé ça. Je m'inclus là-dedans, du sens que le sport professionnel, ça n'a jamais été pour la santé. Dans les relations de couple, c'est un peu comme avec l'alimentation. Encore une fois, c'est de mettre l'environnement autour de ce qui peut permettre à l'autre d'aller bouger. Quand on parle d'une mère avec des enfants ou une famille, je parle tout le temps des couples hétéros, mais excusez, c'est mon réflexe. Mais dans ces milieux-là, c'est de permettre à l'autre aussi de pouvoir aller bouger. Si tout le temps, la personne, toi, qui est capable de s'en 3-4 heures par jour parce que tu prends toi ton temps et que tu ne fais plus rien dans la maison et que c'est eux qui vont chercher la garderie, qui font les lifts, tout ça, essentiellement, tu as beau dire « moi, je m'entraîne et pas toi », c'est de ta faute que la autre personne ne bouge pas. Souvent, c'est à la longue que ça va se développer, ces genres de racines-là un peu insidieuses où tu ne t'en rends pas vraiment compte, mais tu es en train d'établir un setup de vie, une routine qui ne te favorise que toi dans ta possibilité de « prendre soin de toi » ou de prendre du temps pour toi
SPEAKER_01Il y en a qui s'en passent par le sport,
SPEAKER_00il y en a qui s'en passent par autre chose. C'est pour ça que je le nomme comme ça. Ça peut être le mouvement, ça peut être plein de choses différentes, la méditation, on émite, mais il faut que les deux aient la chance égale de prendre soin d'eux. Parce que ça, c'est un aspect clé aussi du couple, de s'oublier dans un couple, possiblement, puis de permettre à l'autre de s'épanouir, puis pas soi-même. Ça aussi, ça backfire plus tard. Je ne suis pas thérapeute du couple, mais essentiellement, il y a cet aspect-là dans les habitudes de vie où on doit... Oui, nous faire le choix conscient de « je veux prendre du temps pour prendre soin de moi », mais il y a aussi l'autre qui doit faire sa part pour te laisser la chance de le faire.
SPEAKER_02Toi, en
SPEAKER_01étant en relation, en étant une athlète, comme tu m'as dit, tu t'entraînes 5 heures par jour, comment vous avez ensemble créé un environnement qui fait en sorte que vous deux, c'est sain, votre rapport au sport et tout ça
UNKNOWN?
SPEAKER_00Il y a un aspect clé de ça qui est le fait qu'au départ, quand on s'est rencontrés, j'étais déjà dans ce contexte-là. Ça fait sept ans que je m'entraîne à ce volume-là, honnêtement. Ça a toujours été ça. Nos fondations du couple étaient sur le fait que je veux aller aux championnats du monde, je veux être un athlète professionnel, je veux m'entraîner ce nombre d'heures-là, de temps par jour. Mais il y avait quand même, par exemple, le deal qui est venu avec le temps, avec le fait d'avoir une maison, le fait d'habiter ensemble, peu importe, puis d'avoir un chien ensemble. de faire comme, OK, si moi, je m'occupe de tout pendant que toi, tu t'entraînes, c'est quoi qui revient de ça? Puis au départ, c'était d'avoir la classique optique de, OK, si je fais plus d'argent, je paye une plus grande partie de telle affaire et autre de par ma job ou par mon entraînement. Mais après ça, c'est comme, ah non, ça, c'est vraiment toxique parce que là, c'est que moi qui bénéficie de vivre, de vivre de ma passion, de prendre soin de moi essentiellement puis de me dépasser alors qu'elle, elle peut juste comme ramasser les miettes de tout ça. On a On a eu ces discussions-là de remettre ça en perspective et que ce n'est pas parce que j'ai des aspirations personnelles qui, dans le sport professionnel, sont toujours égoïstes, mais qui sont grandes, que ça doit nuire à elle, sa propre vie, sa propre capacité à vouloir prendre un après-midi complet avec ses amis et ne pas être obligé de s'occuper du chien et des trucs comme ça. Ce n'est pas facile. Ce n'est pas simple et on en a souvent discuté. La relation avec le sport est complètement différente de moi et ma blonde. Ma blonde faisait du sport avant juste pour, entre guillemets, maigrir ou juste pour maintenir un poids. En fait, je pense que dans sa tête, elle se disait toujours que c'était pour la santé, mais elle ne bénéficiait pas d'aucun plaisir à le faire, fait qu'elle avait arrêté après le secondaire, puis jusqu'à relativement récemment, c'était dur pour elle de réintégrer le mouvement. Là, elle le fait aujourd'hui, puis elle le réintègre vraiment au quotidien depuis, je sais pas moi, un an, un an et demi, parce qu'on a mis d'autres bases, d'autres motivations sur lesquelles appuyer cette envie-là de mouvement, que ce soit de l'intégrer avec une commission, de l'intégrer avec le fait de sortir le chien, le fait qu'on passe du temps ensemble. Maintenant, on fait des courses ensemble, des choses comme ça. Il y avait plein de... Les raisons pourquoi on bouge, c'est pas obligé d'être la santé, c'est pas obligé d'être... J'aimerais vraiment ça que ce soit pas juste la santé ni le poids de manière générale.
SPEAKER_01Mais c'est tellement ça pour beaucoup, puis on le sait. Puis après, quand t'arrives en relation, justement, puis tu vois que l'autre a ce rapport-là au sport, ou toi, tu as ce rapport-là au sport, c'est pas facile, parce que comme on dit, tu y crois profondément aussi Il y a beaucoup à déconstruire.
SPEAKER_00Je le vois beaucoup passer sur les réseaux sociaux. Je ne vais vraiment aviser personne. Je vais faire attention. Des couples qui veulent se remettre en forme, qui documentent ça. Des gars qui font des talking heads où ils parlent justement de la valeur de la santé dans leur couple et autres. J'ai tout le temps un petit hic dans le sens que je comprends que oui, le mouvement pour toi, c'est important. La saine alimentation, c'est important. C'est vrai que ça doit être une valeur commune pour les deux pour que tu sois heureux dans ton couple, mais je prendrais le temps quand même de me poser la question, est-ce que ça passe par l'apparence corporelle? Est-ce que ça passe par la grosseur du corps? Est-ce que ça passe... Parce que justement, je pense que ça peut être plus nébuleux qu'on pense. T'as-tu déjà sorti avec un gars, un gym bro, tu sais, du monde de même? Non. Parce que justement, c'est vraiment une... Je pense que c'est une niche, mais tu sais, moi, je suis trop entouré de ça au quotidien. Mais c'est des couples où ça vient valider le trouble pratiquement. C'est vraiment... se retrouver dans un... dans un genre de fond de baril où tu fais comme genre, ouf, OK, quelqu'un d'autre comme moi, on peut faire exactement la même chose puis entretenir notre relation malsaine avec l'alimentation
SPEAKER_01parce
SPEAKER_00qu'on le fait
SPEAKER_01ensemble. Ah, c'est mal. Ou glisser vers avoir une relation saine puis là, tu vois la personne que tu aimes le plus puis tu rentres là-dedans puis dedans, tu sais, c'est là que le milieu qui était sain à la base, l'environnement qui était sain parce que comme on sait, tu sais, comme tu disais, d'être attaché à quelqu'un, d'aimer quelqu'un, c'est de valoriser souvent ses pensées puis sa façon de faire. Fait que je pense Je pense qu'il y en a aussi beaucoup qui étaient initialement, qui avaient fait un travail ou qui avaient été dans un milieu familial sain. Puis là, tu arrives. Puis aussi, c'est parce que l'autre personne ne veut pas à tous les jours. Tu vois cette personne-là qui, « Moi, je veux être la meilleure version de ma mère. Moi, je veux prendre soin de moi. » Puis valoriser ce mode de vie-là. Je pense qu'on devient vulnérable en relation à tomber
SPEAKER_00là-dedans. Puis la comparaison est énorme. En couple, c'est constant. Tu es mis face à ces habitudes de vie direct dans ta face tous les matins et tous les soirs.
SPEAKER_01Vous faites l'épicerie, puis c'est comme... Ça aussi, c'est une autre affaire que je voulais qu'on parle. Faire l'épicerie en couple, c'est quelque
SPEAKER_00chose. Nous autres, c'est une tâche séparée quand même. Déformation professionnelle de nutritionniste. Moi, je cuisine, puis je fais l'épicerie. Puis Eliane, elle fait plus le ménage, le nettoyage des trucs comme en fond, puis mettons, le outdoor, le
SPEAKER_01jardin. La charge mentale, le niveau nourriture est séparé, mais mangez-vous la même chose?
SPEAKER_00Oui, toujours la même chose. C'est toujours la même chose. C'est moi, ma vision de la saine alimentation, c'est pas du tout dans la restriction. Puis même au niveau de l'alimentation qui alimente la performance, c'est vraiment des proportions d'assiettes où t'intègres, oui, de la qualité alimentaire, donc d'avoir des sources de protéines, de glucides, de fruits et légumes et autres. Fait que c'est sûr qu'elle, elle a été influencée par ça parce que c'est la plus grande fan de fast-food, de bonbons au monde, ma blonde. C'est la number one connoisseur. Mais pour moi, c'était de... jamais qu'elle pense... On s'entend, j'en parle souvent, elle m'entend raconter ça assez souvent, mais c'était de jamais qu'elle pense que j'ai un jugement par rapport à ça ou que parce que j'en consomme moins, ce n'est pas parce que je n'aime pas ça ou autre. Il y a vraiment cet aspect-là de je veux vraiment que ce soit... Oui, on peut avoir vraiment du plaisir alimentaire et complètement s'en foutre, mais c'est dur à établir dans un couple. Sérieux, je pense que ce n'est pas facile pour personne parce que je dis tout ça et je ne le sais pas moi essentiellement comment elle peut se sentir. Je suis sûr qu'elle a déjà senti, je suis sûr parce que c'est quasiment impossible, mais qu'elle a déjà senti un jugement au fait que moi, je suis très routinier dans ma façon de m'alimenter et elle, c'est très freestyle. Mais à chaque fois que je le sens, qu'elle ressent ce jugement-là, je viens défaire le nœud. Je viens essayer de remettre les balises. En ce moment, moi, la raison pourquoi je mange ça, c'est parce que vu que je vais courir tantôt, je n'ai pas le goût de me sentir lourd. Ce n'est pas par manque de plaisir pour manger ça. Si on si on est la veille de ma journée de repos, puis que j'ai envie de manger ça par plaisir, j'y montre aussi, je le mange quand on fait ces fois-là, mais en plus, comme nutritionniste, c'est full biaisé, c'est vraiment compliqué, mais je sais pas les autres, justement, dans leur couple, si c'est égal, ça, ou s'il y a quelqu'un, parce qu'on dirait que moi, c'est comme de facto, vu que c'est mon domaine, c'est comme si on parle d'éducation, si je vais fermer ma gueule puis
SPEAKER_01je vais l'écouter, tu comprends? Fait que, hé, prof! Ouais, mais l'affaire, c'est que, mettons, dans ton cas, toi, t'avais déjà un travail de déconstruire, t'avais déjà cette vision-là. Mais, mettons, un Jim Brew, justement, qui va sortir avec quelqu'un qui a un rapport à la nourriture beaucoup plus dans le plaisir et pas dans calculer toutes ses portions, peu importe, mettons, si t'embarques pas là-dedans, c'est sûr que ça t'impacte. Puis là, à un moment donné, j'imagine qu'il vient là, OK, mais ça va juste plus pratique que je mange sa viande hachée, son riz, puis les
SPEAKER_00tomates, tu sais. Fait que c'est tough! Ça doit être difficile. Si tu l'aimes vraiment, tu peux être acteur de changement dans sa vie puis lui faire réaliser que sa rigidité ne le mène pas à se rapprocher de ses objets. objectifs qui l'éloignent. De valoriser le fait que c'est la longévité des changements qui crée réellement quelque chose et pas du tout l'intensité. Fait que d'être parfait à la gramme près à tous les repas, ça sert absolument à rien. C'est l'habitude long terme que tu crées. Je ne suis même pas en train non plus de dire que les habitudes de vie qui favorisent la saine alimentation, ce n'est pas important. Je fais de la recherche en promotion des saines habitudes de vie. On ne parle que de ça. C'est juste que souvent quand les gens vont m'entendre parler de ça, ils vont juger par tout de suite que je parle de poids ou de forme du corps ou de masse adipeuse, alors qu'au final, non, non, je te parle d'intégrer le mouvement dans ton quotidien, je te parle d'avoir des assiettes complètes qui vont te donner de l'énergie, favoriser ta digestion, bien faire te sentir. Némit, c'est comme, c'est beaucoup plus large que ça, puis ça l'inclut le plaisir alimentaire. Pas ça peut inclure, ça l'inclut la saine alimentation, le plaisir alimentaire. C'est important même parce qu'on le sait, quand on ne l'inclut pas dans le changement, il vient un temps où on est on répond à des questionnaires, puis on finit par être insatisfait de notre diète, de notre alimentation, puis on arrête de la suivre, on arrête de garder ces changements-là. Fait que si on veut s'assurer que ce soit des changements à long terme, puis comme on le disait, c'est les changements à long terme qui créent un vrai impact, bien, il faut s'assurer d'intégrer le plaisir. Encore une fois, je suis full biaisé dans ma façon de l'approcher dans mon couple, mais je pense que dans les couples, de manière générale, c'est d'avoir aussi des modèles ou des gens qui nous partagent l'information en nutrition, qui nous fait du bien et qui nous permet de développer cette saine alimentation-là, pas de manière rigide, pas de manière axée sur la santé ni le poids. Tu as tout le temps à opter pour
SPEAKER_01ça. J'ai envie de dire aussi de ne pas embarquer si, justement, on va prendre le Jim Crow parce que c'est un exemple assez que tout le monde a,
SPEAKER_03de
SPEAKER_01ne pas embarquer dans son affaire. Parce que moi, je me dis, si on fait le parallèle avec tantôt, si on parlait des troubles alimentaires, la personne, le Jim Crow en ce moment, il n'est peut-être pas prêt à se faire dire que la façon dont il fait les choses n'est peut-être pas dans ce qu'il pense être l'atteinte de la santé optimale. mal. Mais si t'embarques dans son affaire, veux, veux pas, c'est de confirmer ses comportements. Oui, puis là, j'ai dit gym bro, peu importe les personnes qui vont
SPEAKER_00se mettre... J'en suis un, j'en suis un day one, le fait que je vais toujours en être un, j'en fais
SPEAKER_01partie. Mais si on parle du stéréotype de vraiment calculer sa bouffe et tout ça. Si t'embarques dans cette parce que c'est plus simple, parce que t'es vulnérable à ça parce que t'es avec la personne, tu confirmes, veux, veux pas, cette vision-là, et ça va inévitablement t'impacter à un moment ou à l'autre, versus si tu crées un milieu pour toi, et qu'il lui le voit ou elle le voit, je pense que c'est beaucoup plus ça qu'on vise, mais je suis d'accord que ça peut être complexe, vous êtes là à faire, tu sais, tu dois faire des repas, deux repas différents, vous allez faire, tu sais, je le comprends que ça peut être complexe.
SPEAKER_00Ah, et puis quand même tu veux juste abandonner et te plier à ça. Je pense que comme tu l'as nommé, c'est d'établir l'environnement et de faire l'effort qu'à un moment donné, lui joigne ou se laisse influencer par ça parce que je te le confirme qu'à long terme, ça ne mène pas à la longévité. Je ne sais pas si tu as déjà vu quelqu'un de 70 ans compter ses macros. Moi, pas encore. De manière générale, on veut développer des habitudes alimentaires qui vont perdurer dans le temps. Tu peux être l'acteur de changement de ton couple. Si la personne en vaut la peine, ça vaut la peine des efforts d'établir cet environnement alimentaire sain qui va favoriser ces comportements. C'est plus
SPEAKER_01facile à dire qu'à faire. Oui, absolument. C'est un travail d'une vie aussi. J'aimerais ça qu'on termine avec le lien de la sexualité, la nutrition, l'alimentation, autant par rapport à l'image corporelle, mais autant par rapport à si tu tombes en relation et que tu commences à mal te nourrir, comment ça peut impacter ta vie intime, ta vie sexuelle, ton image corporelle
SPEAKER_00aussi? La première chose que j'ai envie que les gens retiennent de ce Ce coin-là de la discussion, c'est la sous-alimentation. Se sous-alimenter va éventuellement... Puis tu es tombé dans un syndrome de sous-alimentation, va éventuellement diminuer ta libido, puis ton désir sexuel. Puis il y a beaucoup, beaucoup d'athlètes qui le vivent. Puis je ne veux pas le normaliser, mais je veux comme... C'est-tu le bon mot, normaliser? Je veux dire que ça arrive souvent, beaucoup plus souvent qu'on pense, puis que ce n'est pas nécessairement normal. C'est probablement symptomatique d'un surentraînement ou d'une sous-récupération relativement lié à une sous-alimentation. Pour les gars et les filles qui sont dans des contextes sportifs, même pas d'athlètes, juste de « je suis tellement préoccupé par la bouffe que je veux toujours manger le moins possible et que skipper des repas est ma religion », essentiellement, ça se peut très bien que si tu maintiens ça depuis vraiment longtemps, tu es tellement sous-alimenté qu'au niveau hormonal, ton corps veut « diminuer » sa volonté, sa capacité de procréer et va diminuer ta libido. D'être dans un état où tu as l'impression que t'en as pas du tout, ça peut être normal, ça peut être 100% normal, c'est pas ça que je dis, mais si t'en avais déjà eu, puis depuis cette nouvelle phase-là du gym, de la diète et autres que t'as, ça l'a grandement diminué, ben pose-toi des questions sur ton apport alimentaire, parce qu'un trop grand déficit énergétique pendant trop longtemps, ça l'a diminué, voire l'a réduit à rien. L'exemple parfait, c'est les bodybuilders, que ce soit gars ou filles, qui, oui, on s'entend, ceux qui prennent des stéréoïdes anabolisés, ils se scrappent, mais finalement, eux autres aussi, ils ont plus du tout de libides dos à une trop faible masse
SPEAKER_01adipeuse corporelle. Ça, c'est l'aspect très physiologique. Après, t'as l'aspect très d'image corporelle. On s'entend dans la sexualité, comme on a dit. Dans ton milieu familial, tu te fais te cacher, tu mets un t-shirt et on n'en parle plus. Dans l'intimité, t'es nue devant quelqu'un, puis je pense que c'est un sujet à parler, l'image corporelle. Puis moi, comme je disais, il y avait un partenaire qui me triggerait beaucoup, puis il y en avait un qui pas du tout. Puis je pense que d'en parler, c'est vraiment important, puis ça peut être étape par étape de « Hey, j'aime pas ça quand tu me touches là » ou « Je suis pas prête à ça ». « Hey, j'aime ça que, tu sais, j'ai envie de dire si la lumière tamisée à cette étape-là, c'est quelque chose qui pourrait te faire... Tu sais, à nommer, puis dans le but, évidemment, d'atteindre un rapport à son corps positif, à l'image corporelle,
SPEAKER_00mais... De le prendre où t'es rendu.
SPEAKER_01De le prendre où t'es rendu, puis d'accepter que oui, en ce moment, c'est encore difficile, puis de le nommer à ton ou ta partenaire. Puis moi, un truc que j'ai fait, c'est d'y dire, arrête de faire des commentaires sur mon corps, arrête, tu sais, ça me trigger. Peut-être que tu le faisais avec Chosebin avant, puis il n'y avait aucun souci, même si, comme on a dit, je pense pas que c'est la meilleure façon de faire, mais si on est honnête, il y en a beaucoup qui, dans la sexualité, vont utiliser des mots comme ça pour valoriser leur partenaire, puis écoute, ça, ça leur appartient, mais je pense que de l'avouer à son, sa partenaire...
SPEAKER_00— Ouais, ouais, vraiment. Il y a un aspect de communication là-dedans qui est hyper clé pour qu'elle t'accompagne là-dedans aussi, puis tu sais, on le voit du côté féminin dans notre discussion, mais de plus en plus, on parle d'insécurité puis de désappréciation corporelle chez les gars aussi. Avec la montée de nos idéaux, de nos standards de beauté qui sont de plus en plus inatteignables. By the way, les gars, ils ont eu ça depuis toujours. Ça doit être un peu nouveau pour nous autres ou plus présent. C'est juste bienvenue dans le game. Mais ça nous affecte quand même. Je vais me mettre dans le game. C'est clair qu'il y a vraiment aspect à se prendre là où tu es rendu. On ne peut pas aspirer du jour au lendemain à avoir une relation saine avec notre corps. La vérité, c'est un peu comme on parlait tantôt, c'est un travail très continu qui va être bien parfois super facile. Vous avez des journées, je suis sûr, vous levez, vous regardez dans le miroir, tout pourrait fêter. N'importe quel morceau de linge, puis n'importe qui pourrait te croiser, te faire un commentaire, 10 pieds par la tête, c'est encore, il serait. Puis il y a des journées, si la même affaire que tu portais hier, c'est horrible, c'est dégueulasse, tu te détestes. Il n'y a rien changé entre les deux journées. Puis ça, c'est notre perception de notre propre corps qui est souvent affectée, mais il n'y a absolument rien changé. Même si tu penses que tu es bloated, même si tu penses que tu as gonflé avec la... Non, je te le jure, il n'y a rien. C'est ton cerveau, la façon dont il perçoit son corps par rapport... C'est très physique. C'est par rapport au reste des objets et à comment les émotions viennent influencer ce que tu vois. Essentiellement, c'est directement... Ça va directement affecter ta capacité à te sentir bien et te trouver belle, alors que ça n'a pas rapport avec ton corps. Souvent, on laisse, après ça, nos comportements être affectés par ces sensations là, on saute un repas, ou on déjeune moins, ou on... Dans le but de, je sais pas, changer quelque chose à court terme, mais encore une fois, c'est jamais les changements à court terme. Fait que je sais plus si je m'en arrive ou si c'était là, par contre.
SPEAKER_01— Bien, pour valider ton point que les hommes commencent, en gros, ou ont de plus en plus de discours, je te confirme que dans la communauté gay, c'est depuis toujours aussi, puis je trouve que ça confirme aussi ce qu'on dit depuis le début, que le milieu, l'environnement dans lequel tu grandis, que ce soit communauté, que ce soit couple, que ce soit famille, il y a des standards. Puis la communauté gay, c'est ceux qui sont le plus touchés. Les études le démontrent. Donc, il y a cette performance-là dans cette communauté-là, puis je pense qu'on a tendance à penser que les hommes, ça ne les impacte pas. Pas du tout, mais je pense que le souci, c'est qu'il y a beaucoup d'hommes qui intériorisent que ça ne les impacte pas, mais au final, vraiment. Je pense que, comme on dit depuis le début, c'est de prendre conscience qu'on a tous un fond de grossophobie, puis de travailler là-dessus toute notre vie pour ne pas le projeter sur les autres, chez nos enfants aussi, comme on a
SPEAKER_00dit en début d'épisode. T'as vraiment raison sur la communauté gay de manière générale, parce qu'en plus, pour justement avoir des clientèles dans cette communauté-là, il y a même un aspect dangereux de produits dopants, d'utilisation de substances, de suppléments dans le but d'atteindre des corps qui sont littéralement impossibles à atteindre, mais qui se sont idéalisés. Je pense que les gars hétéros non plus sont pas à l'abri de ça, parce qu'on est tous dans la comparaison, on est tous dans la performance, puis je pense qu'il faut vraiment... Mais du moment que tu tiens à ta relation puis à ton couple, je pense qu'il faut que tu en discutes de ça, puis il faut que tu sois... Puis c'est dur, on n'est vraiment pas les meilleurs non plus pour parler de ça, puis je pense que pour tout le monde, c'est un chemin à faire, mais surtout si ça vous impacte, puis si ça vous touche depuis longtemps, puis comme on parlait tantôt de s'ouvrir sur même son passé, puis c'est trauma, c'est important, parce que même si on revient aux travaux de recherche que je lisais avant de venir ici, les Les femmes, ça a été spécifiquement visé pour les femmes, mais les femmes qui ont des IMC plus élevées vont souvent avoir des passés traumatiques reliés à plein de contextes, même sexuels. Ça a été bien démontré quand même. Je pense qu'il faut vraiment faire attention avec ces contextes-là de vie. Si la personne n'est pas prête à t'en entendre parler, qu'elle te décalisse de ta vie. Honnêtement, elle ne vaut pas la peine que tu prennes du temps pour cette personne-là. C'est correct d'être gêné et de s'ouvrir, mais je pense que c'est mieux pour toi de penser à toi dans cette situation-là que de te demander
SPEAKER_01si l'autre va te juger ou non. Puis de se rappeler aussi que tout le monde a un rapport différent à son corps. Je pense que d'en parler, même si vulnérabilisant, va tellement être bénéfique parce que, comme tu dis, la gang, vos corps vont changer. De se remémorer que l'autre personne aussi a son passé. On le dit tout le temps, mais la communication en couple, c'est bien important. Même si c'est vulnérabilisant, ayez la discussion qui peut sembler difficile à avoir, mais qui, au final, va tellement être bénéfique que je je pense, pour la longétivité de votre rapport à... Oui, de votre relation, mais aussi que vous, ça va être... Vous allez évoluer dans un milieu positif si
SPEAKER_00vous en parlez. Pour vos futures relations même, pour tout le reste.
SPEAKER_01Pour vos enfants aussi, j'ai envie de dire. Sur celles qui veulent avoir des
SPEAKER_00enfants. Souvent, moi, je le dis, il y a des gens qui sont capables de me répondre quand je leur parle d'appréciation corporelle, puis surtout quand on parle de médication, Zempik et tout ça. Ça, c'est un autre sujet. Edwin et un couple, les chirurgies bariatriques et la médication. C'est vrai. Beaucoup plus de couples qui se laissent, qui se laissent après. En tout cas, Pourquoi je disais ça? Merde.
SPEAKER_01Les parents, enfants, t'as dit, il y a beaucoup de monde qui viennent me
SPEAKER_00dire... Il est un peu... Recommence la phrase. Qu'est-ce que...
SPEAKER_01J'ai dit, pour vos enfants, de
SPEAKER_00faire attention. Je suis capable de dire à quelqu'un tout ça, lui faire prendre conscience de tout ça pour lui-même. Puis... il peut me répondre « Moi, honnêtement, mon propre bien-être, je m'en fous. » Cette personne-là est prête à vivre dans le regard des autres pour le restant de sa vie. Elle est capable de me dire ça, mais j'ai dit « All right, fais-le pour tes enfants. » Parce que ça, je te garantis que ça, ils sont prêts à tout faire. Ils sont prêts à tout changer leur discours. Si je suis capable de leur démontrer que c'est pour leur fille ou leur gars, ça vient vraiment changer quelque chose dans leur regard. Tu réalises que si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour les gens qui vont devoir manger, qui vont devoir compter tes macros, qui vont devoir peser
SPEAKER_01ta bouffe qui vont... Oui. Non, non, absolument. Puis je pense que de réaliser que t'intériorises ça, veux, veux pas, fais en sorte que tu vas faire des comportements, tu vas dire des affaires. À un moment donné, veux, veux pas, il va quelque chose qui va slip, puis là, tu vas avoir dit un commentaire qui, si t'avais travaillé sur toi, t'aurais travaillé ce discours-là interne, bien, t'aurais pas extériorisé ces pensées-là, ces valeurs-là devant
SPEAKER_00tes enfants ou tes proches, peu importe. Ou t'aurais repris, ou t'aurais changé la façon que tu parles. Depuis le début, je parle de corps gros, de personnes grosses, c'est une façon la moins stigmatisante possible qu'on a de parler de cette communauté-là et de ne pas dire la grosse, le gros. Même que ce soit si on parle d'obésité, l'obèse ou peu importe. L'obésité, c'est une maladie. On peut la classifier, on ne peut pas la voir. On peut la diagnostiquer, on ne peut pas la voir. Il y a vraiment tout ce genre d'apprentissage-là sur le discours qui fait une différence. Je le sais que c'est têteux, les mots. Ça fait une différence. Je ne te dis pas ça de de ma tête, je te dis ça, quand on l'évalue en recherche, est-ce que les mots font une différence? La réponse, c'est énormément. Il faut, je pense, faire attention, que ce soit dans des contextes comme la grossophobie ou le racisme ou l'homophobie, c'est tout un peu des stigmas, en fait. C'est important la façon dont on en parle, c'est important la façon dont on encadre nos jeunes dans le sport. Moi, j'ai travaillé dans une équipe où on a fait des outils d'enseignement pour les entraîneurs parce qu'ils sont les modèles de plusieurs jeunes jeunes, quand même, pour s'assurer que les entraîneurs qui coachent nos jeunes aient des valeurs qu'au Québec, en tout cas, on juge saines en termes d'alimentation, puis de promotion des saines habitudes de vie. Je pense que ça passe par là, puis je pense que ça passe par les adultes qui, peut-être, n'ont pas eu le parcours rêvé avec leurs propres parents, mais qui peuvent changer ça aujourd'hui.
SPEAKER_01C'est un travail actif, parce qu'on vit dans une société grossophobe, ça tombera pas dessus de devenir soudainement plus affecté
SPEAKER_00par ça. Je pense pas qu'il faut espérer ça, malheureusement. Heureusement, je pense que même si ça ne fait pas longtemps que je suis dans le milieu de la vulgarisation scientifique en nutrition, tu réalises rapidement que tu ne vas pas changer... En tout cas, c'est peut-être pas le bon mot, changer, mais je pense que tu peux influencer. Ma mission, ça serait d'influencer le discours autour de la nutrition et du corps au Québec. Je pense pas que tu peux le changer et que ça soit fait et qu'à un moment donné, on dise, bon, ça, c'est fait. Salut, bonne soirée, comme un peu avec n'importe quel
SPEAKER_01enjeu, par contre. Absolument. Merci énormément, Ben. On peut te retrouver sur toutes les plateformes,
SPEAKER_00j'imagine. Oui, toutes les plateformes. Je vais faire un shout-out spécial à Marie-Lou, côté chercheur en nutrition. slash comportement alimentaire conjugal. Catherine Bégin, qui est la GOAT au Québec, de ça, elle va jamais voir ça, mais le fait que je nomme qui c'est la GOAT, les gens qui la connaissent vont la reconnaître. Leurs travaux de recherche sont beaucoup retentis dans ce que j'ai dit aujourd'hui, fait que mention spéciale à
SPEAKER_01eux. Puis c'est un sujet, comme on a dit, je pense qu'il aurait pu avoir une série complète. Je pense qu'on réalise à quel point, puis comme je t'ai dit avant qu'on parte l'épisode, en préparant les lignes directrices, j'étais comme, oh mon Dieu, c'est fou à quel point la nutrition, l'alimentation, puis le couple, c'est énorme comme sujet, puis j'avais même pas pensé à quel point. Merci d'avoir accepté l'invitation parce que j'ai jamais parlé de ça au podcast et je pense que c'est une conversation qui va faire du bien
SPEAKER_00aux gens qui nous écoutent. J'espère. Si vous avez plus de
SPEAKER_01questions, mettez-les en commentaire et autres, ça va nous faire plaisir. Merci encore. À la semaine prochaine. Bye! Je tiens à remercier nos partenaires officiels qui rendent Apéro Sexo possible. Si t'as envie de pimenter ta vie sexuelle ou de mieux te connaître, chez Séduction, on t'écoute, on te guide et ils ont tout ce qu'il faut pour t'accompagner dans ta sensualité, dans ta sexualité. Et Cutsac, nos jeux de conversation intime créés pour les couples ou les gens qui commencent à se fréquenter. Puis vous, nos auditeurs, auditrices, vous êtes là à toutes les semaines. Je tiens à vous remercier d'être là au rendez-vous. Je suis excessivement reconnaissante de vous avoir. On se voit la semaine prochaine.