Apéro Sexo
Vous écoutez Apéro Sexo, un podcast animé par une professionnelle en sexologie. Ici, on parle de dating, de relations, de breakups, de célibat… Tout au long de la saison, je vais recevoir des expert·es, des invité·es du monde de l’influence, on est là pour vous accompagner dans votre vie sexuelle, dans votre intimité et dans votre vie amoureuse.
Apéro Sexo
#146 Les relations amoureuses en étant travailleuse du sexe avec Lola
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Dans cet épisode, je reçois Lola, danseuse et travailleuse du sexe, pour parler de la réalité derrière un métier qui suscite énormément de préjugés. Elle raconte comment elle est entrée dans le milieu, ce que le travail du sexe a changé dans sa vie, les stéréotypes auxquels elle fait face, l'impact sur sa santé mentale, ses relations amoureuses et pourquoi elle est aujourd'hui en processus de sortie.
Est-ce qu'on fait vraiment autant d'argent qu'on le pense?
Comment ça affecte les fréquentations et les relations?
Qu'est-ce que les gens comprennent mal du travail du sexe?
Un épisode qui permet de mieux comprendre une réalité dont on parle rarement.
Bon épisode!
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Coucou, moi c'est Rosie, professionnelle en sexologie et animatrice du balado Apéro Sexo. Apéro Sexo, c'est un podcast divertissant et éducatif où on parle de sexe, de relations amoureuses et tout ce qui touche à l'intimité. Je veux prendre le temps de remercier Séduction, notre partenaire officiel. Séduction, c'est bien plus qu'une boutique érotique, c'est un espace de découverte, de plaisir, où chacun, chacune est invité à vivre sa sensualité librement. Vous pouvez utiliser le code promo APÉRO sur séduction.ca. Et Cutsac, nos jeux de conversation intime créés par Apéro Sexo pour les couples, pour avoir une conversation sur votre relation, votre intimité, votre sexualité. Et vous pouvez utiliser le code promo PODCAST10. Les liens vers les sites de nos partenaires sont dans la description de l'épisode. Bon épisode! Hello! Salut! Donc, Lola, qui est ton nom de... Comment? Ton nom de danseuse? Ouais, mon nom de danseuse. OK, parfait. Fait que là, le but, c'est que je me trompe pas parce qu'on se connaît dans la vraie vie. Oui, on se connaît dans la vraie vie. On se connaît dans la vraie vie. Aujourd'hui, on va parler de ton parcours en tant que travailleuse du sexe, comment t'es rentrée là-dedans, ton pendant, ton après. Parce que là, tu m'as appris que justement, t'étais dans une voie de sortie. Oui, oui, oui. C'est une décision que j'ai prise, ça fait quand même plus d'un an. Ah oui? Que tu prépares ta sortie? Ah oui, j'ai essayé de sortir déjà, puis ça n'a pas marché. OK, OK, OK. On va toutes t'influencer. On va commencer par ton background. Premièrement, nous, quand on s'est connus, tu étais à Concordia, tu faisais tes études dans un domaine en particulier. Et quand tu me dis que tu allais peut-être essayer ça, j'étais comme... Ça fitait pas le stéréotype que j'avais d'une danseuse. Non, c'est sûr. Je pense que les gens ont vraiment une vision des travailleurs, travailleuses du sexe comme étant des gens qui, tu sais... qui ont le même type de background. C'est très stéréotypé, la personne qui provient d'un background socio-économique plus lourd, des choses comme ça. Qui n'ont pas d'études. Le classique père absent, c'est souvent quelque chose qui revient sur les réseaux. Mais non, je te dirais que la grande majorité des gens avec qui je travaille proviennent de backgrounds très différents et font ce travail-là pour des raisons excessivement différentes. C'est quand même un gros melting pot de contexte de vie vraiment spécifique. Mais il y a comme les médias, je pense, qui entretiennent un peu cette idée-là. Ah oui, je veux dire, c'est du clickbait. Ton regard d'euphorie, c'est... Désolée, mais c'est décollissant. Genre, c'est pas du tout représentatif. Je ne veux pas nier que c'est des choses qui peuvent arriver. Autant que je trouve que ça remet le stéréotype vraiment vraiment de là où le travailleur, travailleuse du sexe, vraiment très poignant, des gens qu'on devrait avoir pitié. Qui sont sur emprise, qui ne font pas ça non plus par choix. Oui, bien là, on va rentrer dans l'exploitation sexuelle. Puis là, c'est là qu'on pourrait... On pourrait en parler longtemps. On pourrait en parler longtemps, mais oui, non, c'est ça. Je pense qu'il y a vraiment des visions différentes au niveau du travail du sexe. Tu as les abolitionnistes qui veulent complètement criminaliser milieu, alors que plus l'autre bord du parti, où est-ce qu'ils sont pros des crimes, puis c'est ça, la décriminalisation, c'est pas comme la légalisation, fait que ça enlèverait toute charge, en fait, la décriminalisation enlèverait toute charge de prosecution criminelle au niveau du travail du sexe pour les travailleurs et travailleuses, alors que la légalisation, c'est le gouvernement qui rentre en compte, puis là, c'est un peu moins, je te dirais que c'est pas tout le monde qui est pro ça, mais ça reste que chaque personne a son opinion, là, Chaque travailleur du sexe a son opinion sur s'il veut la légalisation ou la décriminalisation. Mais je te dirais qu'en général, la décriminalisation, c'est plus populaire. Pour les gens du milieu. Pour les gens du milieu. Parce qu'on est sous un modèle nordique. Juste pour contexte, le modèle nordique, c'est que... travailleur-travailleuse n'est pas criminalisé, mais c'est la personne qui achète les services, en fait, qui est criminalisée, et l'objectif, c'est de réduire la demande. Puis aussi, bon, parallèle avec l'exploitation sexuelle, pour réduire les risques d'exploitation sexuelle, mais, tu sais, en général, de réduire le travailleur-travailleuse du sexe comme étant, de dire que tout le monde est exploité sexuellement, ça manque énormément de nuances, puis aussi, je trouve que ça réduit un peu notre autonomie en tant qu'adulte, parce Parce que quand on parle de travail du sexe, puis des travaux du sexe, c'est des adultes. On ne va pas rentrer dans les enfants. Ça, c'est tellement d'exploitation sexuelle. Mais voilà, nuance tout le monde. Nuance, c'est très important. S'il vous plaît, merci. Ça a été quoi ta motivation de... Moi, mettons, j'imagine que ça ne faisait pas partie de ta tête. Puis là, à un moment donné, il y a comme ça. Ah oui. Qu'est-ce qui s'est passé? Gros burn-out. Gros burn-out. Ah oui? Oui, oui, oui. Dans le fond, j'avais une vie très normale. mal. J'ai des études, comme tu dis, j'ai des parents qui m'aiment, blablabla. Je suis quand même très, très privilégière. On s'entend. Puis, j'ai J'ai fait un burn-out, puis j'étais vraiment « depressed », pas bien. Et j'avais déjà des amis dans le milieu. Et là, une amie en particulier m'a dit « Ah, tu devrais essayer, là. Blablabla, ça te ferait un petit coup de cash. Je pense que ça pourrait t'aider. » Puis au début, j'étais très résistante à l'idée. Je ne me voyais pas faire ça. On dirait que ça me rendait super anxieuse parce que je me disais... J'avais surtout peur que les gens de mon nom je pense qu'Envy me voit. Puis là, j'étais comme, wow, c'est vraiment surexposé. Sachant que les clubs de danseuses, tout le monde peut y avoir accès. C'est quand même particulier comme monde. Puis finalement, j'ai booké. Comment tu bookes pour travailler dans des clubs à Montréal? Tu envoies des photos de toi. Topless. Bon, là, je sais, c'est à débattre. Est-ce que c'est correct ou pas correct? Mais c'est ça qu'il faut faire. La grande majorité du temps, il faut que tu envoies des vidéos de ton corps. Ce n'est pas tant sexuel. C'est juste que tu tournes, tu montres ton corps, tu montres ta poitrine, tu montres tes fesses, mais tu gardes ta culotte. Puis, tu envoies tes photos. Non, par texto. À quelqu'un que tu ne connais pas. Puis là, tu te dis, bon, bonjour, mon nom est Lola. Et là, tu dis, j'aimerais booker telle journée, telle journée. Puis là, la personne au bout du fil, on appelle ça les managers, les managers de club, vont dire oui ou non. S'ils ont de la place, s'ils n'ont pas de la place. Puis, c'est comme ça que ça fonctionne. Puis la raison pourquoi on envoie les photos avant, c'est que les managers peuvent faire une présélection. Puis de là, de dire, OK. Eux, ils ont un standard. Je veux dire, Montréal, c'est très... au niveau du travail du sexe et des clubs, c'est quand même super raciste et très fatphobique. Si t'es blanche, mince, t'as beaucoup plus de chances de te faire engager, qu'une personne, mettons, une personne noire, par exemple. Ça, c'est vraiment important de le mentionner. De là mes privilèges aujourd'hui en parlant du travail du sexe. C'est comme ça que tu bookes. Tu te pointes à ton shift. Ils vont prendre des photos de toi, photos de tes pièces d'identité aussi, pour... une raison probablement pour se protéger en tant que club, mais aussi s'il y a une situation dangereuse ou peu importe, tu es blessé, au moins, ils ont accès à tes vraies informations. Tu payes ton cover. Les danseuses, un peu comme les masseuses érotiques aussi, payent l'établissement pour être capable de travailler. Étant travailleur indépendant, c'est ce que tu fais. Je te dirais que ça varie en fonction du club et en fonction de l'heure que tu arrives. Plutôt que tu arrives, moins que tu vas payer cher, tôt étant entre 5 et 7 heures. C'est quand même relativement tôt. Tu as des chiffres de jour aussi. Tu as 3 heures de l'après-midi aussi. Plus que tu arrives tard, plus que ça va augmenter. Je te dirais que ça peut partir à 20 piastres sans le tip. 20 $ cover, puis ça augmente jusqu'à... Ça peut te coûter jusqu'à 100 quelques piastres juste pour travailler un shift. C'est quoi le tip? Tu tips aussi? Oui, il faut que tu tips le DJ. Il faut que tu tips des fois les bandes sur. Il faut que tu tips le manager. Fait que tu sais... Ouais, ouais, ouais. Fait que t'arrives pis ça te coûte déjà quelque chose. Ah oui, 100%. Ouais, c'est jamais gratuit. Y'a-tu des fois que tu pars pis t'es comme, mais si t'y es avec le cover pis tout, t'en fais pas grand-chose. Ah ouais, t'es dans le négatif, là. Ouais, ouais, on aime pas ces journées-là. Mais ça arrive. Ah oui, ça arrive. Ben oui, ben oui. Les gens pensent que... Je pense que l'image des clubs pis des clubs de danseuses, c'est genre throwing money on stage, blablabla. T'sais, mais Chris, c'est pas de même à Montréal, là. I wish le tipping culture à Montréal, là. Pouf, fais du guys, à niveau 5, ça presse. Non, ce n'est pas du tout comme ça. Contrairement aux États-Unis, à Montréal, de la manière dont ça fonctionne, parce que même au travers du Canada, la fonction du club est différente, tout dépend des provinces et des places. Mais à Montréal, dans le fond, c'est ça. Tu peux te faire de l'argent sur le stage, les gens, mais ce n'est pas comme ça que tu fais ton argent. Dans le fond, l'objectif, c'est de vendre des danses. Tu t'assoies avec les clients, tu leur jasses, blablabla, tu vends l'idée d'aller prendre une danse, puis s'il dit oui, ce qu'on veut, tu l'amènes en arrière, dans la cabine, qu'on dit, puis là, on va lui expliquer les consignes, fait que, par exemple, je te dirais qu'à Montréal, ça varie, une chanson, en général, c'est 20$, une chanson est en 3 minutes, fait que tu dis, bon, ben, c'est 20$ la chanson, tu peux me toucher les seins, les fesses, pente les jambes, nous, on enlève le haut, on n'enlève pas le bas, puis tu... tu pars la danse, en fait. Tu pars ton timer, tu danses pour eux. Des fois, tu jases, des fois, tu danses. Tu sais, c'est un peu comme tu t'adaptes en fonction de ton client et de ses besoins. Puis ça peut durer six minutes comme ça peut durer trois heures de temps. Tu sais, jamais un peu... Tout dépend du client. Ce qu'il veut, tu peux quand même passer pas mal de temps. Lui, il reste habillé intégralement. Ah oui, oui, oui! Parfait. Lui, il reste habillé. Toi, t'enlèves ton top. Puis là, ils ont le droit de toucher tes seins, tes fesses. Qu'est-ce qui arrive quand ils respectent pas les règles? Ben, c'est frustrant. Tu sais, souvent, t'as plusieurs méthodes. Souvent, si tu Tu le sens un peu qu'il est un peu sketch ou genre la personne est un peu saoule. Tu ne le sais pas. Si après ça, il va te faire de la merde, tu peux les faire payer d'avance. Ok. Fait que, mettons qu'il dit, je veux 5 chansons. 5 chansons, c'est 100$. Bien, il va te donner ton 100$. Puis après ça, s'il te fait chier, bien, tu t'arrêtes la danse. Puis toi, au moins, tu pars avec l'intégralité de ton argent. Il y a les bains dessus aussi. Donc, souvent, il y a de la sécurité qui va marcher au travers des cabines. Regarder une fois de temps en temps, voir si tout est correct. Euh, Mais tu peux toujours demander de l'aide. Est-ce que c'est parfait? Non. Est-ce que des fois, il y a des clients qui n'ont pas été corrects avec moi, qui ne se sont pas fait mettre dehors? 100 %. Mais écoute, tu sais... Souvent, s'il y a quelque chose qui se passe, tu arrêtes la danse et tu vas demander de l'argent. Souvent, ce qu'on fait, c'est qu'on fait un extra charge. On va demander plus d'argent pour le dédommagement. Mais ça n'enlève pas l'agression. Pour toi, et je suis consciente que tu ne peux pas parler pour tout le monde, c'est quoi le pourcentage de « ça se passe bien, tout va bien » à « non, ça ne va pas du tout »? C'est combien de clients qui sont corrects? Je te dirais que la grand-mère sont corrects, en tout cas avec moi. Par contre, ça dépend tellement de ta fenêtre de tolérance. Évidemment, à tous les jours de ta vie, ta fenêtre de tolérance change. C'est un peu la même chose pour les chiffres. Quand tu rentres pour ton chiffre de job, tu ne sais jamais quel genre de client tu vas faire face, mais aussi, ça va dépendre de ton taux de fatigue. Il y a des soirées où est-ce que on m'a donné un bec dans le cou, ça me fait chier, je leur dis d'arrêter, mais C'est tolérable. Je ne vais pas me fâcher plus que ça. Je vais leur demander poliment de ne pas le faire. Parce que moi, je n'aime pas ça qu'on me donne les becs. Je trouve ça nasty. Keep your microp for yourself. Mais il y a d'autres fois, on me le fait et j'ai vraiment pogné les nerfs. Je me suis levée debout et j'ai arrêté complètement. Ça va vraiment dépendre de ma fenêtre de tolérance. Mais je te dirais qu'en général, les gens sont quand même respectueux. Encore une fois, je dis respectueux, mais ça dépend de la personne, ça dépend de la danseuse. Mais quand tu pognes une pomme pourrite, son pourrite en esti. Mais j'imagine que il y a comme un ménage qui peut se faire dans le sens que ceux qui, justement, ont fait des affaires, ils ne reviendront plus dans le bar, mettons. Oui, tu as une blacklist. Oui, c'est ça. Mais tu sais, je te dirais qu'en général, les clubs... Ça dépend lesquels, mais c'est rare que j'ai vu des clients vraiment être complètement bannis. C'est plus les filles, en fait, qui se font complètement bannir pour des raisons assez hors normes. Genre quoi? Tu peux te faire bannir parce que, genre, mettons... je ne vais pas nommer l'emplacement, mais j'ai une de mes amies, une personne que je connais, qui s'est faite renvoyer parce qu'elle a pris du poids. Fait que, tu sais, tu ne sais jamais quand tu vas perdre ta job. Des fois, ton manager peut avoir une mauvaise journée, puis là, tu arrives mal coiffé, puis il va faire « Chris, ton car ne vient plus ». Fait qu'il y a vraiment de l'insécurité au niveau de ton emploi. Tu ne sais jamais quand tu vas perdre ton emploi. Tu ne sais jamais pour quelles raisons. Tu sais, j'ai des amis qui étaient en... nice parce que, ben, ils ont pogné les nerfs après un client, puis plutôt que prendre partie avec la travailleuse du sexe, ben, ils ont décidé de prendre partie avec le client, puis là, c'était comme, ben là, you're on ten nice, on va te renvoyer. Tu sais, c'est comme, c'est ça, en fait, genre, c'est... Ouais, c'est ça. C'était quoi ta vision du milieu, puis c'est quoi ce que c'est réellement? J'imagine que t'avais quand même une idée de ce que ça pourrait être. Ouais. Qu'est-ce que les gens pensent qu'au final, il a gangsté? Ben, ils pensent que, tu sais... Je pense qu'on a tous des préjugés face au travail du sexe. Je veux dire, avec tout le portrait médiatique que ça a, je veux pas dire que c'est normal, mais je peux comprendre la vision des gens. Mais en général, je te dirais, le fait que c'est des gens, des personnes qui proviennent, qui ont pas de parents, qui sont des addicts, qui sont très désorganisés, qui qui n'ont pas de but d'envie. C'est souvent ça qui revient. Je te dirais que ce n'est pas vrai. Les gens qui travaillent autour de moi sont très créatifs, sont super éduqués. Encore une fois, genre, que ça soit le cas ou pas, c'est full valide. Puis c'est ça que je trouve important, c'est que même si t'es une personne qui est super privilégiée, qui est travailleur, travailleuse du sexe, ça n'empêche pas que la personne moins privilégiée que toi, qui provient d'un background moins privilégié, ça enlève rien à son expérience en tant que travailleur, travailleuse du sexe. C'est ça l'affaire. J'ai l'impression qu'on essaie de hiérarchiser l'expérience ou même le travail. Il y a vraiment une hiérarchie de comme, oh, danseuse, sugar baby, c'est comme en haut, mais les personnes qui font du full service sont comme en bas. Puis, c'est ça qui m'énerve. Les gens oublient que le travail du sexe, c'est un spectrum et pas une hiérarchie. Et éviter de placer, justement, les personnes de différents backgrounds dans ces espèces de... Tu sais, c'est très compartimentalisé. Puis, je trouve ça dommage parce que, encore une fois, c'est super nuancé. Puis, mon expérience n'est pas pareille que celle-là d'une autre personne. Mais, je pense que par ta personne, on dirait que moi, c'est toi que je connaissais le plus dans le milieu Ça m'a aussi, par la vision que les médias ou ce qui était entretenu dans les médias traditionnels, même les séries, les films, on dirait que toi, t'as comme tout brisé ça parce que t'es complètement pas ce que les gens pourraient penser. Comme tu dis, t'es quelqu'un d'éduqué, t'es quelqu'un qui a fait ça par choix et non par obligation, ce qui n'est pas du tout l'image qu'on essaie d'entretenir. Moi, je pense que ça a brisé plein de préjugés, stéréotypes que j'avais. Une des raisons aussi pourquoi je voulais te recevoir au podcast, c'est de défaire cette image même si, oui, ça existe, comme tu dis, mais qu'on voit toutes les personnes qui font ça comme étant ce type de personnes-là, c'est pas vrai. C'est nuancé. Puis aussi, je veux dire, un autre exemple, je bois pas d'alcool. J'ai commencé à travailler, ça fait longtemps que je bois pas, puis quand j'ai même commencé dans le milieu, je buvais même pas. J'ai toujours été à jeun, même si j'étais super dépressive. Ça reste que j'ai été capable de traverser aussi ce monde-là. Il y a plein de personnes autour de moi aussi qui ne boivent pas sur le travail. L'idée qu'ils font tout ça pour l'alcool, la drogue, est-ce que c'est vrai? Est-ce que ce n'est pas vrai? C'est nuancé. Ce n'est pas une boîte où il faut mettre tout le monde là-dedans. Je pense que c'est important pour les gens à l'extérieur de poser des questions, de s'informer et de former son opinion, pas juste en se basant sur les... les films, puis qu'est-ce qu'il voit dans les médias, puis... C'est ça. Puis aussi, se renseigner sur les autres types de travail du sexe. Là, je suis danseuse, c'est ce que je connais, mais se renseigner sur le full service, sur la domination, le sugar baby. Je pense que ça peut être full pertinent pour former son opinion puis de comprendre pourquoi ces personnes-là font ce travail-là. Parce que dans tous les cas, le travail du sexe, oui, ça peut être un choix, mais ça peut aussi ne pas être un choix, puis c'est valide. Puis c'est ça, c'est C'est très
SPEAKER_01nuancé. L'autre
SPEAKER_00stéréotype réjoui qu'on entend beaucoup, c'est comme « Ah, tu vas faire tellement de cash. » Ça fait que ça, c'est quoi la réalité financière? Puis là, on va parler de ta réalité à toi, de danseuse, puis de toi aussi en tant que danseuse, parce que ça varie. C'est quoi... véritablement le montant que tu peux avoir à la fin de ta soirée. Puis aussi, comme on en a parlé souvent, c'est fucking exigeant, puis non, tu ne travailleras pas 7 jours sur 7 ou 5 jours sur 7. Financièrement, mettons, c'est quoi de ton vécu, ton expérience de « Ah oui, je vais faire, justement, je suis en burn-out, je vais me faire une petite pause de cash, puis ça va être ça. » Au final, j'imagine que tu as aussi compris que tu peux burn-out de ça aussi. Ah oui, le burn-out du travail du sexe is real, puis c'est C'est tellement pas assez parlé. Il y a beaucoup de personnes autour de moi qui sont des travailleurs du sexe, qui sont en burn-out, mais qui sont tellement rattachées au milieu parce qu'on n'a accès à aucun filet social. Absolument. De là l'ostracisation. Tu ne peux pas aller voir le gouvernement et faire « Allô, moi je suis une travailleuse du sexe et j'ai besoin d'aide. » Ils vont faire « Non. » C'est un vrai enjeu, le burn-out du travail du sexe. Puis le problème, c'est vraiment un cycle. Oui, mettons, tu peux te faire beaucoup d'argent. Je ne vais pas parler de mes montants à moi, mais tu peux te faire 2000 piastres et plus en une soirée. Si tu as un bon client, tu te fais tiper en crise. Il passe des heures avec toi dans le VIP. Mais aussi, tu peux partir négatif 80. Tu ne le sais jamais. C'est toujours une surprise. Évidemment, c'est sûr que les gens vont penser que les soirs de fin de semaine, c'est plus payant. Reste à voir. Je trouve que des fois, la semaine aussi, ça peut être super intéressant parce que Tu as des clients qui viennent de l'extérieur. Il y a ça aussi. C'est vraiment un essai-erreur. Étonnamment, moi, travailler les mercredis, j'haïs ça. Je ne me fais pas d'argent les mercredis. Ça ne marche pas pour moi, mais j'ai des amis pour qui c'est merveilleux les mercredis. C'est leur meilleure soirée. Il faut vraiment découvrir c'est quoi ces meilleures soirées. Quel club Quel club, en fait, est le mieux pour tes besoins? C'est vraiment personnel. Toi, tu varies-tu d'établissement ou tu as comme... Oui, ça m'arrive. Je te dirais que j'essaie de passer quand même un long moment à une place, puis après ça, je vais changer si je change, j'ai le besoin. Mais qu'est-ce qui te rattache à une place? C'est souvent, bien évidemment, l'argent, mais aussi si t'as des clients réguliers. Ça, c'est quand même intéressant. Plus que t'as de clients réguliers, plus que t'as de la chance de te garantir de l'argent. Puis tu sais, tu peux les texter, faire comme « Hey, je travaille ce soir, veux-tu venir me passer me voir? » Fait que là, ils vont venir, puis là, c'est cool. C'est quelqu'un que tu connais, fait que t'es déjà en confiance d'une certaine manière. Fait que tu le sais un peu à quoi t'attends Mais oui, c'est très up and down comme milieu. Puis sachant en ce moment aussi le contexte économique, je veux dire, ce que je me faisais il y a trois ans, ce n'est pas pareil comme ce que je me fais aujourd'hui. Oui, en quelque sorte, je travaille bien fort, mais ça reste que je trouve qu'aujourd'hui, les gens sont un petit peu plus vernis. Ils sont genre, il faut que tu me convainques un peu plus pour aller danser avec toi, ce que je comprends. Et de là, le burn-out. t'es rattaché à un travail qui est très physique, très émotionnellement investi et très grugeant. Puis, si tu as une soirée, mettons, t'as vraiment besoin d'argent, il faut que tu te fasses ton rent money, bien là, tu te pointes, là, c'est pas bon, là, tu capotes, c'est super anxiogène, tu te reviens le lendemain, t'es fatigué de la veille parce que ça t'a rendu anxieux. Puis, c'est ça, plus que tu pousses, plus que tu travailles, oui, tu te fais de l'argent, mais plus que tu t'épuises, il faut vraiment trouver une balance. Il faut vraiment prendre des breaks. C'est dur de prendre des breaks parce que ce n'est pas tout le monde qui a accès à un deuxième emploi. C'est ça. C'est rarement parlé, le burn-out du travail du sexe. Comment toi, tu as trouvé ton équilibre? C'est quoi que tu t'es dit, tant de jours semaine, c'est correct? C'est quoi le max de jours que tu peux faire pour toi? Moi, personnellement, mon max, je ne fais plus ça parce que je suis rendue une vieille croûte. Non, ce n'est pas vrai. Mon max, c'est quatre jours. J'ai déjà fait du quatre jours semaine. Je trouve que c'est énorme du quatre jours semaine. Trois, c'est quand même pas pire. Deux, maintenant, deux, c'est mon max. Je suis vraiment rendue. Mais ouais, deux, je trouve ça bien. J'imagine qu'il y en a qui sont capables d'en faire cinq sans souci, puis d'autres que ça va être un... 100%. Moi, je connais des personnes qui font deux jours semaine puis sont bien capables de subvenir à leurs besoins. Puis je connais d'autres mondes qui sont à quatre jours semaine parce que, justement, c'est un peu plus variable. Tu sais, c'est comme chacun a son espèce de workload puis de work schedule. Mais oui. Mais tu sais, ça aussi, je ne l'ai pas mentionné, mais j'ai quand même un deuxième emploi qui est aussi dans le monde du fitness. Fait que je suis complètement crevée physiquement parlant, by the way. Mais oui, je suis fucking privilégiaire. Ça n'a pas toujours été le cas. Par contre, j'ai vraiment fait ce travail-là 100% que ça a été vraiment vraiment mon « mean of survival » pendant longtemps. Puis là, venu le monde du fitness, au moins, j'ai un deuxième « income » de là que je travaille moins au club. Mais je dois quand même subvenir à mes besoins. Ça fait combien de temps que tu as commencé? Je pense que ça fait trois ans. Trois ans? Oui. Trois ans. Est-ce que tu as pensé pendant un bout le faire beaucoup plus longtemps que ce que tu... Parce que là, tu me dis que tu veux sortir tranquillement. Est-ce qu'à un moment donné, tu t'es dit, je vais faire ça longtemps. Est-ce qu'il y a un moment où c'était vraiment pour toi ton long-term plan? Non, je pense que ça n'a jamais été mon long-term plan. Pourquoi tu penses? Je trouve que c'est trop exigeant. Je pense qu'honnêtement, c'est un des jobs les plus difficiles qu'il n'y a pas. Là, je parle du travail du sexe en général. C'est difficile, pas juste par sa physicalité, mais par tout le fardeau émotionnel que ça vient avec. Ça vient avec... Tu es tellement isolée de la société. C'est fou. Je dis ça, puis genre... je suis une personne blanche, je suis québécoise, je travaille à Montréal, je parle français, je parle anglais, je suis vraiment privilégiée, je tiens à le dire et à le répéter, mais ça reste que c'est quand même isolant. Faire ces taxes, c'est un chiot, c'est super stressant, parce qu'il n'y a pas de cause qui dit « Ah, moi je travaille du sexe, je peux déclarer comme je veux. » Non, c'est parce que oui, on déclare nos taxes, c'est un autre préjugé qu'on ne déclare pas nos taxes, on les déclare comme tout le monde. Puis, c'est ça, c'est vraiment isolant, puis c'est vraiment une expérience que tu peux vivre seulement avec d'autres personnes qui font du travail du sexe. Puis, c'est juste... Même avec ta famille, c'est un gros secret que tu dois garder avec tes amis. Tu sais, c'est... Je trouve que le fardeau émotionnel est vraiment gros. C'est vraiment ça qui me... Si c'était accepté de tous, ça serait probablement différent au niveau de mon expérience et de l'expérience de tout le monde, mais ce n'est pas le cas. Il y a tout ce qui l'entoure qui apporte une lourdeur. Même si... ça se passe bien, le travail en tant que tel, mais après, tu as le travail en tant que tel qui est difficile, physiquement exigeant, émotionnellement drainant. Tu dois te vendre à chaque fois. Tu dois charmer des gens qui ne t'intéressent pas. Littéralement. Tu charmes pour la job. Tu joues une game. Oui, c'est une game. C'est fou l'exigeant. C'est du acting. Je suis une actrice. Oui, sérieusement. Il y en a qui sont plus faciles, il y en a qui sont ça va être plus difficile. Après, t'as les privilèges qui rentrent en jeu et tout ça. Mais je veux dire, de charmer... Genre, aller en première date, les gens, ça les épuise. T'imagines-tu comme charmer quelqu'un qui... Genre, comme... Juste pour donner une image de à quel point ça peut être drainant. Puis après, t'as tout l'aspect physique. C'est quelque chose. Oui, oui, oui. Puis je pense que les gens pourraient penser que deux jours se mènent, c'est pas beaucoup. Puis toi, t'es comme... Ah non, non, non. Deux jours se mènent, c'est quelque chose. C'est ça l'affaire. C'est pas un 9 à 5 gang, là. Genre, tu te passes 7 heures, des fois 8 dans des souliers qui sont 8 pouces, tu fais des stages, tu dois être une danseuse. T'es une tu fais des stages, tu performes, tu dois danser, tu dois te déshabiller nu devant des étrangers, tu dois te vendre, donc c'est une seller job à 100%, tu dois toujours être sur ton 31, tu dois être charmante, tu dois t'adapter, c'est beaucoup d'adaptation, tu es dépendante du besoin du client, c'est... tu sais... en même temps, tu sais... tu sais jamais combien que tu vas te faire. Fait que t'as le stress financier qui vient avec ça. T'as aussi le stress de perdre ta job parce que tu sais jamais si tu vas faire quelque chose que finalement, tu sais, qui va te faire envoyer. Fait que c'est quand même très insécurité. Cette insécurité-là au niveau de l'emploi est présente. Puis, c'est ça, tu sais, tu peux, tu sais jamais aussi, tu vas rentrer avec un client, est-ce qu'il va t'agresser, est-ce qu'il va pas t'agresser, tu sais pas. Tu sais, j'allais dire tantôt, c'est comme chaque chiffre, chaque chiffre, il peut arriver quelque chose. Puis, tu sais, tantôt, ce que tu disais de, bon, est-ce que le club va prendre ton côté ou non? Toi, en tant que personne plus privilégiée, des fois, j'imagine que tu te dis, OK, moi, je peux le faire, mais je sais que la fée à côté, que le gars a dépassé ses limites, elle, elle va le laisser passer. Bien, c'est ça. C'est ça la réalité. Puis, il y a des fois, j'ai eu vraiment, tu sais, moins maintenant, mais dans le passé, que j'avais vraiment besoin d'argent parce que, justement, c'était mon seul mean of survival. Puis, j'ai laissé passer des choses que, honnêtement, je savais que c'était hors limite. Oui, oui. Tu as envie de pleurer, quasiment, mais tu te calmes et tu essaies de gérer la situation le plus calmement possible. Il y a aussi une autre affaire, tu ne sais jamais comment le client va réagir. Moi, j'ai eu des clients que je savais que si je réagissais plus agressivement, je ne savais pas si j'allais me faire être en danger, me faire puncher dans la face. Il y a ça aussi. Tu ne sais jamais comment. On se rappelle, je danse 99 % pour des hommes. Tu sais, encore une fois je veux pas mettre tout le monde dans mes paniers mais comme oui c'est pas ben tu t'exposes à chaque fois malgré que les femmes aussi sont pas parfaites si on pourrait y en revenir je peux dire aussi que les femmes dans les clubs de danseuses sont pas toujours gentilles c'est quoi le pourcentage 90-10? ouais un peu moins mais ouais il y a plus en plus de filles qui viennent dans les clubs ce qui est vraiment nice mais aussi genre c'est pas toujours pour c'est pas toujours sont pas toujours fines je vais le dire de même Mais aussi, est-ce que c'est moins le genre des personnes qui vont être payantes? Sorry, ladies, mais vous n'êtes pas payantes. Aussi, c'est comme seulement une danse. Ça me fait vraiment plaisir de faire ta danse, mais je vais aller voir Éric au bout de la table. Je sais qu'il va m'en prendre cinq. Non seulement ça, mais je trouve aussi que les filles sont un petit peu plus hors limite. Elles aiment bien pousser les boundaries. J'ai l'impression que parce que tu es une fille, elles ont plus le droit de faire des choses que tu ne te tolères pas. Ça reste que les consignes sont les mêmes autant pour une fille que pour un gars, on s'entend. On fait aussi des danses de couple, ce qui peut être cool, ce qui peut être gossant, parce que, encore une fois, pas tout le monde est gentil. Qu'est-ce qui se passe? Les clubs de danseuses, en général, c'est quand même underground. Je trouve que les gens se montrent un peu plus sur leurs vrais angles et ce n'est pas toujours beau à voir, je dois dire. Comment de travailler dans un club a changé ta vision des hommes? Pas pour le mieux. I'm sorry, y'all. Pas pour le mieux. Pour vrai... autant qu'il y a des hommes qui sont super. J'ai rencontré des hommes qui sont mariés, qui ont des copines, qui sont super loyales à leur relation parce que non, je ne pense pas que prendre une danse à un club, c'est tromper sa blonde. On va se calmer, Chris. Je trouve que c'est un petit peu exagéré. Ça reste que c'est une forme de entertainment, on s'entend. Mais autant que j'ai vu des hommes qui sont très violents, agressifs qui sont dégueux, qui ont des propos misogynes absolument horribles, qui pensent que les femmes ont trop de droits. Moi, je me suis déjà fait payer pendant une heure pour me faire râler que les femmes ont trop de droits et que c'est à cause de ça que la société est en train d'être en flamme. C'est très dramatique, mais ça reste que les incels, ils vont là aussi parce qu'ils veulent avoir quand même accès à une forme d'intimité parce que c'est vraiment ça le travail. J'en vois de toutes les couleurs, mais mais ça m'a vraiment fait un pas de recul. J'avais déjà un pas de recul, puis je pense qu'en général, les filles, les femmes ont un pas de recul au niveau des hommes, mais là, ça m'a pas été vraiment là. Penses-tu que ça t'a donné un portrait plus réaliste ou que ça t'a biaisé? C'est dur à dire. Réaliste, peut-être. Biaisé, peut-être. Ouais. Je pense pas que... Je pense que ce que ça m'a fait réaliser, c'est de surtout ne pas prendre pour... À qui? C'est dur à expliquer parce que ça reste quand même que le but de la job, c'est de vendre l'intimité puis de vendre une fantaisie puis de performer. Comment les gens me perçoivent, c'est pas la vraie moi. Comment je rencontre les personnes à l'extérieur, c'est quand même différent que quand je suis au club. Mais ouais, mettons que je vais pas pursue men à l'extérieur du travail, mettons dans ma vie personnelle, sur les délignes ou genre, tu sais, je vais essayer que ça vienne un peu plus naturellement plutôt que moi pursue parce que... Non, je trouve ça... Mais parlons de ça. Comment d'être danseuse a impacté ta vie relationnelle? Ouais. Quand même, pour vrai. Ben, j'imagine. Ouais, ouais, ouais. Quand même. Ça me... Je pense que... C'est drôle à dire, mais j'ai toujours été quelqu'un qui n'est pas très... Je ne suis pas que je ne suis pas pudique, parce que c'est quand même drôle à dire, parce que je me déshabille devant des étrangers, mais je suis quand même quelqu'un qui est réservée au niveau de sa vie sexuelle. Je ne suis pas, mettons, je ne suis pas gauche à droite. Oui, oui. Puis, je pense que ce que ça m'a fait réaliser, c'est que... J'ai un peu plus la misère à m'ouvrir maintenant plus qu'avant parce qu'on dirait que j'ai la misère à faire confiance puis je suis un peu plus comme bras de distance ou au moins être sûre que la personne avec qui je suis me met en sécurité. C'est vraiment ça. Parce que dès que tu le dis à la personne que t'es un travailleur, travailleuse du sexe, la vision que cette personne a de toi change à 100%. Même s'ils disent que non, ça va quand même impacter leur vision. Que ce soit pour le positif ou pour le négatif, je dis pas que c'est ça impacte leur vision automatiquement négativement, ou qu'ils vont avoir une vision plus glamour de toi, mais ça reste que c'est une grosse réalité que l'autre personne doit porter, parce que là, c'est toute une remise en question sur, ok, mettons que je dois être quelqu'un, puis la personne sait ce que je fais, c'est comme, comment je me sens par rapport au fait que Lola se fait toucher, que Lola, genre, elle se déshabille devant des étrangers, qu'elle peut potentiellement se faire agresser, Est-ce qu'elle est sécuritaire? Il y a tout ça aussi. C'est quand même un... Ton ou ta partenaire doit quand même prendre ça en considération. Parfois, c'est quand même... Pas marcher sur des oeufs, mais quasiment... Tu veux être sûre que la personne se sente en sécurité. Je peux m'imaginer que ce n'est pas pour tout le monde. Il y a aussi des gens qui ne veulent pas être avec des travailleurs du sexe parce que ce n'est vraiment pas quelque chose qui les attire. Autant que je trouve qu'il faut déconstruire un peu ces préjugés, autant que je peux respecter C'est quoi les réactions que t'as eues généralement? J'ai eu des gens où est-ce que je suis allée en date puis qu'à la deuxième date, tu sais... je suis comme, ben, faut que je te... Tu sais, là que, mettons que je voyais que ça pouvait potentiellement avoir une troisième date, je vais leur dire, je vais attendre au moins la deuxième. Des fois, la première, je vais le dire, mais comme, je date pas assez pour avoir une statistique complète par rapport à ça. Mais tu sais, ça m'est arrivé de le dire à la deuxième, puis tout de suite, la personne était comme, non, ça a pas marché. Il était comme vraiment pas à l'aise avec ça. Puis, je respecte ça, tu sais. Puis, d'une autre manière aussi, j'ai été avec des gens ou est-ce que... C'est vraiment pas un problème. Il était pas jaloux ou jalouse. C'était vraiment comme... Il y a vraiment pas de soucis. J'ai aussi eu des relations à distance, justement, avec une personne aussi. Là, c'était un peu plus difficile parce que c'était à distance. Comment... Fait que t'as été en relation en étant travailleuse du sexe. Comment t'as rencontré cette personne-là? Au club. Ah ouais? Ah ouais? Est-ce que c'est peu commun de dater... C'est vraiment pas commun. Pensez pas que vous pouvez dater les... C'est vraiment pas commun, je tiens à le dire. Je connais d'autres personnes à qui c'est arrivé, mais je vous dirais que c'est des contextes tellement spécifiques que statistiquement parlant, c'est genre moins d'un pour cent. Mais ça enlève quand même une lourdeur de l'expliquer. Déjà en partant, ça c'est fait. Mais après... Je pense que toi, il était en visite. C'était pas un régulier. Non, c'était pas une personne qui venait d'ici, même pas citoyen canadien. C'était vraiment un gros pur hasard, je tiens à le dire. C'est littéralement l'exception. C'était à distance, ce qui est quand même différent. C'est drôle parce que j'avais une autre de mes amis aussi qui était un peu dans la même situation que moi. C'est pas que c'est c'est impossible. Ça peut arriver de rencontrer des clients. Je trouve que ce n'est pas le best, personnellement, parce que ça reste qui part avec une vision de toi qui n'est pas de toi. Mais bon, écoute, on ne peut pas... On s'appelle, tu es une actrice. Oui, je suis une actrice. Je suis 100 %. Tu prends mon amour avec ton personnage. Oui, quasiment. Mais des fois, on n'est pas juste un personnage. Des fois, on peut quand même donner des bits de soi-même. Je trouve que le girlfriend experience aussi est super, super populaire dans les clubs pour les personnes qui se sentent plus seules ou qui sont veuf, par exemple, qui cherche à avoir une connexion plus girlfriend. Mais c'est ça, on s'est rencontrés au club, puis finalement, écoute, ça a été une relation à longue distance, ça fait que j'ai voyagé, il a voyagé, des choses comme ça. Est-ce que ça l'a fini à cause de ta job? Non, pas du tout. Vraiment pas. Ça n'a aucun lien. C'était juste rough. C'est sûr que je savais qui était la réponse, mais je trouvais ça important parce qu'on entend ça des fois comme, ah non, genre, t'es travailleuse du sexe, oublie ça de tu ne pourras pas être en couple. Ah ouais, je sais. Tout le monde est comme, non! Genre, tu ne vas jamais trouver l'amour. Il n'y a personne qui veut toi. Je trouve qu'en général, les personnes autour de moi sont mariées et ont des long-term committed relationships. C'est vraiment fréquent. Et aussi, je pense que les... En même temps, je suis peut-être biaisée parce que, je ne sais pas, mais je trouve que les personnes autour de moi qui sont en relation sont souvent monogames. Les personnes de travail du sexe autour de moi, même des full service sont monogames. Fait que, tu sais, c'est comme... C'est très... On a des relations très saines, très normales. On est très loyales. Je pense que c'est des personnes qui sont très brillantes et qui savent leur worth. Tu sais, on n'est pas... Tu sais, c'est ça. Mais je pense qu'on est tellement fantastiques qu'il y a certaines personnes qui ne peuvent pas handle le fait qu'on est full fantastiques. Mais c'est ta job, comme tu dis. Je veux dire, tes monogames, ça ça ne changera pas parce que c'est ça ta job. Non, ça ne changera pas. Je ne trompe pas mon partenaire parce que c'est ta job. Pour moi, Je ne suis pas investie émotionnellement avec mes clients. Oui, je peux l'être, mais c'est tellement sous un contexte relationnel, économique, que ce n'est pas moi. Je suis investie parce que c'est un service et ils me payent pour ça. Ce n'est vraiment pas pareil. Même se faire toucher, il y en a que je comprends pour qui c'est vraiment hors de question, mais ce n'est pas non plus... Ça fait partie de la job. Je ne peux pas faire comme « tu ne peux pas me toucher parce que mon job ne veut pas ». Ça n'a pas rapport. On ne peut pas faire ça. Aussi, encore une fois, si la personne n'est pas à l'aise, ne sois pas avec une personne qui est une travailleuse du sexe. Mais sens-tu que ça te nuit relationnellement? Sens-tu que ça l'aimit? Non? Oui, puis non. Ce qui me nuit, en fait, c'est la vision des hommes. Mais je ne pense pas que ça me nuit au niveau relationnel. Je pense que c'est plus au niveau de la vision des gens. Je trouve que c'est complexe. Parce que l'affaire avec être travailleur du sexe, c'est que c'est un secret. C'est pas pour tout le monde que c'est un secret. Moi, ma famille ne le sait pas. Ma mère le sait, par contre. J'ai une excellente relation avec ma mère. C'est vraiment important pour moi d'avoir cette relation-là avec ma mère et qu'elle le sache parce que c'est une forme de protection que j'ai, mais aussi parce que j'ai besoin que... J'ai vraiment besoin de ce support-là et je savais que j'avais accès à ce support-là, ce qui n'est pas tout le monde que ça, premièrement. Mais C'est que tu le caches pour les autres et non pour toi. Ben oui, c'est ça. C'est pas ta honte. Non, j'ai pas honte. Aujourd'hui, on filme pas ta face parce que t'as peur de ce que ça pourrait... Ouais, occasionner, c'est sûr. Mais il y a rien qui a rapport à toi. Non, je m'en fous. Si c'était pas après ça que j'aurais de la facilité à me trouver un travail à l'extérieur du travail de sec, je m'en fous que les gens voient ma face. Je suis full ouverte sur ma job. Mais c'est juste que si je veux me trouver un emploi, mon futur employeur voit mon visage. Ta famille. Ma famille voit mon visage. C'est ça. qui arrive, c'est vraiment un coming out quand tu dois annoncer aux gens autour de toi que tu fais ça comme travail. Parce que les gens vont complètement avoir une vision autre de toi qui va être quasiment du dégoût, ou pas nécessairement du dégoût, mais qui va changer leur perspective de toi parce qu'ils vont te voir sous un angle sexualisé. Autant que c'est valide, autant que c'est plate parce qu'après ça, c'est un fardeau. Après ça, c'est là, avec tes relations, que ça peut être compliqué parce qu'eux aussi doivent porter ce secret-là. Genre Moi, que ce soit une personne que je fréquente ou mon ancien partenaire, c'était ça. Il n'y a personne autour de lui qui savait que j'étais travailleuse du sexe. Je ne veux pas dire que c'est un fardeau, mais ça reste quand même un secret que ma mère, que mon partenaire, que certains de mes amis doivent porter pour moi. Pour toi, mais pour la société. Au final, pour toi, c'est ça. Il y a un secret à entretenir parce que tu sais que sinon, l'image va changé de toi, la réaction des gens pis tout ça. Pas toute ta famille le sait. Pis tu sais, là, toi, t'as eu la chance que, tu sais, t'as eu le soutien de ta mère pis tout ça, mais je veux dire, il y en a que tu dois perdre des gens, là. Oui, oui, oui, oui. Même toi, je m'imagine, t'as perdu des amitiés aussi. Oui, ben, tu sais, oui, ben, je pense que j'ai été chanceuse, tu sais, de pas perdre des amitiés à cause de ça ou pas perdre... Mais tu sais, je le sais que si j'avais à le dire à mon père, je veux même pas m'imaginer. Je capote. Juste y penser, ça me fait crisper en dedans. Euh, Parce que, je ne sais pas, je n'ai pas envie qu'il voit sa fille comme étant... Malgré que je pense que mon père comprendrait, autant que je n'ai pas envie qu'il change sa perspective de moi.
SPEAKER_01Mais... Mais il y a pas tout le monde qui
SPEAKER_00a cette... Tu sais, toi, t'as eu comme la chance que t'as eu le soutien de ta mère pis tout ça, mais il y en a que c'est un secret, secret, secret, secret. C'est isolant. Ils vont même pas le dire à leurs amis. Non, c'est full isolant, là. Même le partage à des gens, encore une fois, c'est un privilège, comme tu dis. Il y a des gens qui ont pas ce privilège-là, qui viennent... qu'ils ont vraiment besoin de cet argent-là, mais qu'ils doivent vraiment le garder secret. Puis de là aussi, travailler dans les clubs, ça peut être vraiment complexe. Tu sais, un autre exemple aussi, c'est pas juste ta famille et tes amis, mais c'est aussi ton aspect académique. Il y a des personnes autour de moi qui sont à l'école, qui ont des bourses et des études, que s'ils apprennent, bien, des bourses et des études, mais tu sais, mettons que, genre, t'as une bourse, puis c'est pas assez pour couvrir, pour mettons, ton PhD, fait que là, tu dois danser. S'ils apprennent que t'es travailleuse du sexe, tu peux la perdre, cette bourse-là. Puis là, je vois les gens dire « Ah oui, mais elle a une bourse, elle est payée à faire ses études. » Je pense que les gens qui sont payés à faire leurs études savent que t'es pas payé 100 millions de dollars, là, on s'entend. Il y a beaucoup de gens qui font du travail du sexe pour subvenir aux besoins, pour faire leurs études aussi. Fait que si autour d'eux, ça se fait apprendre, ça peut mettre en péril leur éducation aussi. Fait que ça, là, c'est pas simple à naviguer. C'est, tu sais, Oui. Tu travailles au club, tu ne sais jamais qui peut te voir. Il y a ça aussi, c'est une exposition. Oui, tu fais du in-person. Moi, personnellement, je suis vraiment plus in-person qu'online. Mais ça reste que, genre, tu ne sais jamais qui va rentrer dans un club pour X raisons. Ça peut être autant ta prof, autant ton oncle, ton cousin, un ancien ami de ta famille. Tu ne le sais jamais sur qui tu vas tomber. Sais-tu déjà arriver de, justement, quelqu'un qui rentre, qui ne fallait pas, qui te voit, puis tu es parti? Jamais. À part non jamais il y a eu une fois par contre il y a quelqu'un qui m'a reconnu vraiment random d'ailleurs c'est un gars qui fréquentait une de mes amies ça fait longtemps puis il est venu me voir puis il était comme hey insert my real name puis là j'étais genre t'es-tu sérieux comme pas ici puis aussi je savais pas qui cette personne était fait que le fait qu'il vienne me voir utilise mon vrai nom dans un contexte comme ça j'ai probablement j'ai trouvé ça super irrespectueux mais aussi ben ça m'a fait peur j'étais genre Qui es-tu? D'où sors-tu? Finalement, c'était correct, mais c'était vraiment la seule fois. Knock on wood, parce que ça me fait peur quand même. Malgré que là, ça fait tellement longtemps. Ça fait une couple d'années que je fais ça. Rendu là, s'il y a quelqu'un qui me voit, je veux dire, je ne suis plus vraiment rattachée au corporate world, à part si... Là, j'essaie justement de te faire ma sortie, on va s'en parler, mais à part si c'est mon futur employeur, je cavoterais un peu, mais... On en a parlé, mais là, tu es en processus de sortie, mais je veux savoir, avant, on t'a dit que tu as essayé sortir une fois et ça n'a pas marché. Commençons par ça. Justement, la fatigue burnout TDS, c'est vrai. C'est tellement exigeant et c'est dur de s'en sortir parce qu'il y a quand même un aspect monétaire qui te rattache énormément. Comme n'importe quel job. Surtout aujourd'hui, on s'entend que l'épicerie ne s'est pas donnée et les loyers ne s'est pas donnés. Je pense que c'est valide de vouloir vivre une vie confortable, ou du moins d'être capable de subvenir à ses besoins. Puis, bref, avec mon autre travail, qui est justement dans le monde du fitness, je travaille beaucoup avec mon corps. Puis, j'ai essayé de m'en sortir en prenant plus de chiffres, en m'investissant plus dans ce domaine-là. Mais ça a vraiment, c'est vraiment trop, j'ai trouvé ça trop difficile parce que, tu sais, aussi que le monde du fitness, en général, bon, Est-ce que je suis bien payée? Non, pas tellement. Ce que tu fais, c'est que tu en prends plus. Mais à un moment donné, c'est demandant et tu peux aussi faire un burn-out. En tout cas, bref, c'est juste que c'était... Je me suis rendue compte, au bout du compte, que c'était mieux de retourner et de faire un shift et au moins de m'assurer une certaine sécurité financière sans me brûler physiquement. Dans tous les cas, je me brûle physiquement. Bref, ça n'a pas fonctionné. Puis là, j'ai essayé de changer de club. Ça m'a aidée. Ça fait que Des fois, changer de club, ça peut quand même faire du bien. Ça remet une routine. Tu rencontres des nouvelles personnes. Ça remet un peu un contexte. Pour vous, quand vous allez dans un club, ce n'est pas routinier, mais pour nous, c'est vraiment routinier comme travail. Ça devient super redondant. Ça m'avait aidée un peu. Puis là... Là, ces temps-ci, je suis vraiment plus dans une écoeur en titre profonde. Je trouve ça vraiment exigeant. Je suis moins de bonne humeur. On dirait que j'ai envie de taper tout le monde. Quand tu es rendu là, tu te dis peut-être que j'ai besoin d'avoir un pas de recul. Mais c'est dur d'avoir un pas de recul quand tu es rattaché à ce milieu-là. De là pourquoi je veux retourner un peu plus dans un monde... J'ose dire normal, mais ça m'énerve un peu d'utiliser ce mot-là. Normal, mal aux yeux de la société, genre ne fasse un style. Pour ma santé mentale, pour ma santé physique, pour mon futur aussi, parce que, encore une fois, je savais que je ne voulais pas faire ça long-term, malgré que je connais des personnes qui veulent faire ça long-term, c'est super valide, props to them, mais moi, je... je me vois un peu plus avoir un avenir. J'aimerais peut-être avoir des enfants. Je ne sais pas encore, mais ça reste que c'est une possibilité que je veux me laisser avoir. J'ai l'impression que pour moi, personnellement, si je suis encore dans ce travail-là, ça ne serait pas possible. Juste le congé de maternité. Il est absent. Moi, j'en ai vu des filles enceintes danser. Puis, c'est... autant que c'est super valide, autant que ça reste que c'est une réalité. Il faut comprendre que ce n'est pas tout le monde qui a accès à un soutien financier d'un travail, que tu as un congé maternité payé. C'est ça. Mais tu appréhendes ça de retourner à un 9 à 5? Oui, quand même. Ça me fait peur. C'est drôle à dire, mais le travail du sexe, ça devient un certain confort. Tu retombes facilement là-dedans. C'est un claquement de doigts, là. Ben non, mais comme rester à n'importe quel job, là. Ouais. Même si tu te dis, ah, tu sais, je suis tannée, je reste ici, c'est simple, c'est facile. Ben, c'est vraiment ça que ça devient, c'est simple, c'est facile. Tu connais la route. C'est très routinier, là. Même pour ceux qui pensent que ce n'est pas, c'est full routinier. Fait que, je ne sais pas jusqu'à quel... Même là, je suis comme, ah, ouais, je vais voir comment je me sens, mais tu sais, je vais quand même peut-être faire un shift par-ci, par-là. Tu sais, non, si vraiment je veux m'en sortir, il faut vraiment que je me détache au moins un bout. Puis au pire, je retournerai si c'est vraiment ce que je veux. Puis ça serait valide. Mais pour l'instant, je pense que j'ai vraiment besoin de prendre un pas de recul. En prenant un pas de recul, y a-t-il des choses, tu penses, qui vont te manquer de ce milieu-là? La communauté. Vous savez pas à quel point les travailleurs, travailleuses du sexe, c'est des personnes incroyables. Incroyables! Sérieusement, c'est une expérience que tu partages avec des gens qui... C'est vraiment un fardeau émotionnel que tu partages avec des personnes. C'est unique. C'est tellement isolant. C'est fou l'isolant que tu finis par te... Je vais vraiment m'ennuyer de la communauté. Même, c'est drôle, juste un exemple. J'ai changé de club récemment. Ça fait un petit bout déjà, mais à l'ancien club, je m'étais quand même fait des personnes, des amis, des personnes que tu vois, que tu t'entends bien, que c'est sécurisant, que ça devient un peu ton... ton système de sécurité un peu. Le fait de changer de club, tu t'ennuies d'eux. Tu as envie d'y voir. Il y a vraiment ça aussi. Je ne sais pas comment l'expliquer. Ça va vraiment me manquer. Même si je suis à l'extérieur du travail du sexe, ça reste que le travail du sexe va toujours rester en moi. C'est une expérience que j'ai eue et que j'ai vécue et que je sais commencer. Ça m'a changée comme personne. Je pense que pour tous les gens qui se sont sortis du travail du sexe parce que aussi, j'ai des amis qui s'en se sont sortis, puis j'utilise ce terme-là parce que c'est dur à s'en sortir, quand tu veux t'en sortir, ça peut être difficile, mais qui ont, qui sont épanouis maintenant dans leur nouveau travail, puis que, tu sais, que je suis super fière d'elles, fait qu'il y a ça aussi, genre, tout est valé dans notre expérience, autant que tu veux rester, autant que tu veux t'en sortir, même si c'est difficile, je pense que j'encourage tout le monde à poursuivre leur choix, Qu'est-ce que ça t'a apporté de positif? Je pense que ça m'a permis d'apprendre beaucoup sur moi, sur mes limites, sur ma sexualité, sur... T'affirmer, moi, je dirais aussi. Moi, m'affirmer. Puis aussi sur l'essence de la communauté. C'est quoi avoir une communauté? Puis, tu sais... Je pense qu'en général, les gens recherchent une communauté. C'est super normal en tant qu'humain, je pense. Je veux dire... Puis aussi, de découvrir son sentiment d'appartenance, c'est super intéressant. C'est full valorisant. Aussi, ma relation à l'argent a vraiment changé. Je suis curieuse de t'entendre là-dessus.
UNKNOWNBien, tu sais...
SPEAKER_00Ça change ta vision de l'argent énormément, je pense. Parce que l'argent du travail du cycle, c'est fast money, hard money. On le sait tous. Ça a changé ma vision de l'argent, peut-être pas pour le mieux, mais de se dire genre « Ah ouais, je vais m'acheter une nouvelle cafetière à 300$. Ça peut être une heure. » Tu comprends? T'essaies de relativiser tes achats en fonction du nombre de danses que tu donnes, ce qui n'est pas possible. c'est plus négatif, bon, à laisser à l'audience. Mais t'as un autre côté, comme tu dis, oui, genre, argent rapide, mais pas argent facile. Ah non. Mais aussi pas, je veux dire, t'es pas millionnaire parce que t'as fait du... Non, non, non. Il y a cette vision-là aussi, des fois, que tu roules sur l'or parce que t'es travailleuse du sexe. Pas du tout, pas du tout, pas du tout. Non, non, non. Puis même si on roulerait sur l'art, il faut que les gens comprennent qu'on travaille énormément fort. Puis les personnes, travailleurs du sexe qui roulent sur l'art, ne pensez pas que c'est une job facile, que ce soit en ligne, que ce soit en personne. C'est vraiment, vraiment, vraiment, vraiment exigeant comme travail. Fait que, tu sais... Ça va-tu te manquer d'avoir ce temps libre-là, par contre? Ouais, quand même. Tu sais, un 9 à 5, 5 jours semaine. Ouais, ça va me manquer. Tu sais, t'as une liberté que... Tu sais, tu choisis ton schedule. Genre, tu sais, t'as vraiment cette liberté de travailler quand tu veux, de prendre un break. Si tu veux pas rentrer un soir, tu rentres pas. Bon, ça dépend des clubs. Il y en a qui vont faire genre, t'es renvoyé! Parce que t'es pas disponible. Mais oui, cette liberté-là, tu sais, de pouvoir profiter de tes journées, tu sais, de... Mais ça reste que genre... C'est ça. C'est quand même isolant malgré tout, mais c'est ça. Oui, ça va me manquer, la liberté, puis la communauté, puis de... Ouais. Je pense que je connais la réponse, mais regrettes-tu d'avoir... Pas du tout! Pas du tout. Oh my God, jamais je ne regretterais ça. Je pense que ça fait partie de moi. Ça m'a changée. Ça... autant au niveau des clients, autant au niveau des autres danseuses que j'ai côtoyées, des gens absolument incroyables. Je pense que c'est full... valorisant comme milieu, même si les gens pensent que ça peut pas toujours... Ce n'est pas toujours valorisant. Se sentir épanoui puis empowered par le travail du sexe, c'est déjà super privilégié. Pensez pas que tout le monde qui travaille au travail du sexe se sente empowered par ça, parce que c'est pas vrai. Il y a des moments que je ne me suis pas du tout sentie empowered, mais ça reste que tu peux quand même avoir accès à ce feeling-là. Je trouve que ça te donne un portrait de la société super intéressant parce que tout le monde se confie à nous. Nous, on a des secrets que personne n'a. C'est vraiment spécial. Je pense que le fait d'avoir de l'intimité mêlée à de la nudité, les gens, surtout les hommes, ne se sentent pas en confiance de partager leurs secrets. C'est vraiment intéressant comme approche et comme discussion. Ça, oui. Non, je ne regrette vraiment pas. Je trouve que c'est incroyable. Merci pour cette incroyable conversation. Merci à toi. On va être rendus à la conclusion Les confessions sexues, te rappelles-tu? Ça peut être ce que tu veux, ta pire expérience, ta plus belle expérience, n'importe quoi. Les confessions sexues, présentées par Séduction.
UNKNOWNEuh...
SPEAKER_00Ça peut-tu être pas relié à ma job? Absolument. OK. C'est drôle, j'y ai pensé. Est-ce que je finis avec une drôle de note ou quelque chose de plus sérieux? Si tu décides, ça va dans tous les sens. Fais avec un truc drôle. OK. Mes plus gros orgasmes, je ris énormément. Ah oui? Oui. Ah oui? Oui, je te jure. Je suis ricaneuse. Ça te fait rire? Oui, genre je suis ricaneuse. Mais je comprends pas. Quand j'ai un orgasme Puis là, tu ris. Oui, je ris. Je suis sur le bord de venir. Puis là, je ris énormément. OK, moi, je pleure des fois. Hein, pour vrai? Oui, des fois, je pleure. Tu me pleures. Oui, tu me pleures. Plus pleure que rire. On s'assemble. Mais c'est pas le fun de rire, par exemple. Oui, c'est vraiment agréable. Mais écoute, rends-le. Ah oui? Oui, je te jure. Mais t'es quand même une ricanoise. Oui, je ris énormément dans la vie. Oui, c'est bon. Très bon. Merci, Lola, pour cette belle conversation. C'était cool, toi. ben oui parce qu'on avait déjà fait un podcast ensemble live mais là on est allé complètement ailleurs pis je pense que c'était important de parler de tout ça pis aussi parce que Je trouve que tu es une bonne porte-parole de ça. Ah, merci. Et que tu as une vision positive aussi de ça. Oui, il faut. Puis ça brise beaucoup de préjugés et stéréotypes que les gens peuvent avoir. Ah oui, 100%. Il faut, il faut. Renseignez-vous. Même ma perspective, c'est full unique. Si vous avez l'occasion de poser des questions ou du moins d'aller dans des contextes de club, évidemment, ne partez pas des entrevues dans un contexte de club avec les danseuses, mais posez des questions, soyez curieux faites vos recherches, peer review si possible. Essayez pas de trop tomber dans les discours médiatiques abolitionnistes. Essayez de... C'est ça, de vous ouvrir un peu l'esprit.
UNKNOWNVoilà. Merci, Lola. Hé, merci! Bye!
SPEAKER_00À la semaine prochaine! Je tiens à remercier nos partenaires officiels qui rendent Apéro Sexo possible. Si t'as envie de pimenter ta vie sexuelle ou de mieux te connaître, chez Séduction, on t'écoute, on te guide et ils ont tous qu'il faut pour t'accompagner dans ta sensualité, dans ta sexualité. Écu de sac, nos jeux de conversation intime créés pour les couples ou les gens qui commencent à se fréquenter. Puis vous, nos auditeurs, auditrices, vous êtes là à toutes les semaines. Je tiens à vous remercier d'être là au rendez-vous. Je suis excessivement reconnaissante de vous avoir. On se voit la semaine prochaine.