Samedi de lire
Chaque semaine, Amélie Boivin Handfield reçoit un auteur.
Entrevue, coup de coeur, chronique littéraire et beaucoup de plaisir.
Samedi de lire
Samedi de lire avec Jacques Goldstyn - 2026
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Chronique littéraire de Suzanne Dion
Merci à tous.
SPEAKER_02Pour la prochaine heure, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie
SPEAKER_03Boivin-Enfield. Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien dans l'émission Samedi de lire et aujourd'hui, j'ai le bonheur de recevoir Jacques Goldstein. Bonjour,
SPEAKER_05comment tu vas? Bonjour Amélie, merci de
SPEAKER_03m'inviter. Ça me fait grand plaisir et j'ai envie de te présenter aux auditeurs alors que tu es né en 1958 à Saint-Eugène-d'Argentenay dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tu es diplômé en géologie de l'Université de Montréal et après avoir exercé ce métier en Gaspésie, en Abitibi et en Alberta, tu illustres en 1981 ton premier livre le petit débrouilleur où apparaissent les personnages de la célèbre bande des débrouilleurs. Comment tu t'es retrouvé à illustrer pour les débrouilleurs? Comment on passe de géologue à illustrateur?
SPEAKER_05En fait, j'ai toujours voulu être illustrateur. C'était mon rêve le plus cher quand j'étais petit. Hélas, il y a un directeur d'école qui faisait la tournée des classes et qui m'a demandé ce que je voulais faire comme métier plus tard. Contrairement à mes amis Sylvain et Jean, moi, je ne voulais pas devenir policier, ni pompier, ni joueur de hockey, mais Je voulais devenir dessinateur. Il m'a dit cette phrase prophétique, si jamais tu deviens dessinateur, tu ne mettrais pas de beurre sur ton pain. Et ça m'a... On m'a expliqué ce que ça signifiait de ne pas mettre de beurre sur son pain. Et donc, j'ai pris peur. Puis je me suis dit, bon, il faut que je me trouve un autre métier. Je ne pourrais pas vivre de ce métier de
SPEAKER_03dessinateur.– Mais tes parents, est-ce qu'eux t'encouragent à faire ce
SPEAKER_05métier-là?– Mes parents m'ont toujours encouragé à faire ce que je voulais en tant que je sois heureux. Mais en même temps, mes parents, surtout mon père, me parlaient beaucoup de science. Lui, il n'a pas eu la chance de faire des très grandes études, mais on allait à la bibliothèque ensemble et on prenait des livres sur l'astronomie, sur la botanique, les champignons, le fond des maires, tout ça. Donc, j'adorais ces livres-là. Et donc, ça a été facile. J'ai étudié en géologie après à l'Université de Montréal. J'ai obtenu mon diplôme, mais je continuais à dessiner dans la marge de mes cahiers. Je dessinais pour le journal de l'école polytechnique, tout ça. Et puis, le hasard a fait qu'un jour, un ingénieur avec qui je travaillais est allé travailler pour une maison d'édition et m'a invité à dessiner le petit débrouillard Au début, j'étais très nerveux parce que j'ai pas d'études, j'ai pas travaillé là-dedans. Et finalement, ça a bien été et puis un an après, j'ai laissé mon emploi pour...
SPEAKER_03Et tu continues depuis 45 ans à
SPEAKER_05illustrer? Oui, oui, exactement.
SPEAKER_03C'est incroyable,
SPEAKER_05hein? Oui, le hasard fait bien les choses.
SPEAKER_03Et t'as toujours autant de plaisir à illustrer ces
SPEAKER_05personnages-là? Les personnages des débrouillards, oui, toujours. Je ralentis un peu parce que, bon, je vieillis puis, bon, j'ai du plaisir à illustrer, à écrire des contes aussi, peut-être un peu plus, parce que ces contes-là, comme L'arbre à gants ou Azada, ça fait seulement dix ans que je les écris. Alors bon, je continue à travailler pour les débrouillards, Québec oiseau, le jardin botanique, des choses comme ça, mais j'ai beaucoup d'histoires que j'ai envie de raconter, donc le temps passe et il faut les faire.
SPEAKER_03– Et t'as aussi été caricaturiste au journal de Gazette sous le nom de Plume de Boris pendant quelques ans.
SPEAKER_05année? Oui, depuis 2016, mais j'ai cessé récemment. Je me suis aperçu que c'était plus facile d'écrire et de dessiner pour les jeunes que de dessiner pour les adultes, parce que c'est pas facile.
SPEAKER_03C'est très polarisant en ce moment. En
SPEAKER_05ce moment, oui. Alors que la caricature, bon, je me lève pas le matin en me disant, tu sais, j'ai envie d'être méchant. Non, non, ça fonctionne pas comme ça. T'as envie un peu de jeter un petit pavé dans la mare, et puis bon, bien, des non, c'est surtout certaines situations, tu sais, en ce qui concerne les changements climatiques, je ne sais pas, la bêtise de, comment je pourrais dire, on a juste à regarder un petit peu au sud, puis on voit notre ami M. Trump, là, qui en fait une nouvelle chaque semaine, et puis, bon, la situation dans le monde, la guerre en Ukraine, au Moyen-Orient, tout ça, alors, il y a des tas de dessins que tu peux faire là-dessus, mais je pense que les éditeurs sont très, très frileux en ce moment, ils ont tellement peur de recevoir une brique ou quelque chose comme ça qu'il y a vraiment une... Ça brime
SPEAKER_03un peu la
SPEAKER_05création, j'ai l'impression. Je ne dirais pas que c'est de la censure, c'est peut-être à un moment donné de l'auto-censure.
SPEAKER_03Oui, c'est ça que j'ai
SPEAKER_05l'impression. Donc, c'est ça. Je trouve qu'il y a peut-être plus de liberté
SPEAKER_03en littérature. Les enfants sont plus ouverts, j'ai l'impression. Je
SPEAKER_05pense que oui. Puis en même temps, les livres que je fais, je ne les fais pas pour les enfants, mais je les fais beaucoup pour moi, pour les adultes Et donc, en fait, quand les adultes, les parents découvrent les livres et puis rigolent un peu, bon, bien, tant mieux. Tant mieux, je suis content.
SPEAKER_03Oui, qu'est-ce que t'as dit? Non,
SPEAKER_05j'allais dire, en gros, les livres, je les fais pour moi. Je les fais vraiment pour moi, pour me faire plaisir à moi. Je ne pense pas, je ne mets pas mon cerveau en me disant« Oh, attends une seconde, est-ce que ça, c'est plus pour les 8-9 ans ou les 6-7 ans?» Non, je ne fonctionne pas dans ce registre-là.
SPEAKER_03Et tu l'as dit, depuis, tu as signé de nombreux albums remarqués à travers tes publications à la Pastèque. Tu continues de bâtir une œuvre essentielle, à la fois humaniste, drôle, profondément sensible, et tu es reconnu pour quelques-uns de tes albums. Tu en as parlé brièvement tantôt, l'art bragan qui a été publié en 2015. Pré des libraires, Pré sorcière, Pré TD de la littérature canadienne pour l'enfance et la jeunesse, Pré du livre jeunesse et biothèque de Montréal. Et ta maison d'édition l'a réédité dernièrement. Oui. Parce qu'il n'y en avait plus. Les gens le cherchaient et il n'était plus disponible.
SPEAKER_05Oui, ils l'ont édité dans un plus grand format aussi parce que c'était un tout petit livre dans un petit format. Puis j'aimais bien ce petit format-là qui était tout blanc et qui prenait bien dans les mains. Et ça a été traduit dans pas mal de langues et en espagnol. Et en catalan, ils avaient un format plus grand. Et oh, ça mettait les dessins un peu plus en valeur. Et puis, donc, on a réédité en français dans ce format-là. Mais c'est une belle surprise, Arborgan. C'est vraiment... C'est un bel... C'est un beau livre. Moi, j'allais beaucoup aimer celui-là. Oui, oui. Il y a toute une histoire autour de ça aussi, sur la nature, sur le fait d'être solitaire et de ne pas être malheureux,
SPEAKER_03nécessairement. Oui, parce que ce sont tous des gants qui sont solitaires,
SPEAKER_05Oui, exactement. Et le petit garçon est seul aussi. Et donc, oui, ça s'est bien passé, cette histoire-là. Et puis, ce livre-là, il y a quelque chose d'un peu spécial parce que ma mère est décédée en 2014. Et donc, j'ai travaillé le livre auprès d'elle. Donc, elle s'en allait tranquillement. Et puis, bon, j'ai passé des bons derniers moments avec elle. Et puis, elle a vu le livre se bâtir au fur et à mesure. Et donc, il y a quand même un lien avec Berthold, l'arbre à qui on veut rendre hommage. C'est l'image d'une personne à qui on tient. Dans ce cas-ci, c'est ma
SPEAKER_03mère. Merci pour la petite histoire. Et par la suite, il y a eu Azada aussi en 2017, qui a remporté également deux prix, dont le prix du gouverneur général et également le prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal. Plus récemment, il y a eu Croquis aussi, qui est l'histoire d'un petit garçon qui naît en tant que brouillon et qui va côtoyer d'autres enfants qui sont un peu comme lui. Et tranquillement, pas vite, la couleur va apparaître et il va apparaître dans le village.
SPEAKER_05Oui, exactement. Il va faire sa place. Il songe à un moment donné à se dire, il faudrait que je m'en aille. Je n'ai pas ma place dans ce monde où tout est pareil et tout le monde pense de la même façon et tout ça. Et heureusement, il va rencontrer des camarades, des gens avec qui il va y avoir une communauté d'esprit. Et puis, chaque personnage est vraiment particulier et dit différents, et puis c'est des petits marginaux, et puis bon, ils ont leur place dans leur société, puis ils peuvent influencer. Et souvent, les artistes ou les gens marginaux, comme ça, s'en prennent pour ouvrir les horizons, faire découvrir autre chose. On peut penser dans tous les domaines, la musique, la peinture, les impressionnistes, au début, tu les regardes, mais qu'est-ce que c'est que ces oiseaux-là? Puis en même temps, tu découvres qu'ils arrivent avec une nouvelle façon de voir le monde. C'est un peu
SPEAKER_03ça. Est-ce que tu t'es un peu inspiré de toi?
SPEAKER_05Peut-être un peu dans le sens où, quand on est petit, on est à l'école aussi, peut-être si on est un peu différent des autres dans toutes sortes de domaines, on peut des fois être habité dans un quartier, puis on sent que peut-être on n'a pas les amitiés, on trouve des amitiés dans des livres, on trouve des gens. Pourquoi autour de moi, je n'ai pas ces gens-là? Et puis le temps passe, on va au cégep à l'université, puis là, on découvre des gens qui sont vraiment comme des
SPEAKER_03petites lumières. Qui ont les mêmes intérêts Oui,
SPEAKER_05exactement. Donc, c'est pour ça qu'il ne faut pas désespérer. Il faut dire, bon, bien, écoute, laisse le temps, tu vas trouver un moment
SPEAKER_03donné. C'est un moment à passer. Oui. Ça sera mieux la
SPEAKER_05prochaine, plus tard. Oui, c'est peut-être mon cas aussi. À moi aussi, j'ai découvert des...
SPEAKER_03Je t'imagine, enfant, moi, en train de crayonner pendant que le prof parle en avant.
SPEAKER_05Oui, et puis, j'étais très curieux. J'étais vraiment... C'est pour ça que je... La transmission, pour moi, c'est très important. Quand quelqu'un, par exemple, quand tu as un enfant qui est curieux, qui a envie de découvrir Découvrir des choses. Il peut y avoir une personne qui passe dans ta vie et qui va te dire, tiens, je vais te faire cadeau de ceci. Je vais te partager. Ça peut être n'importe quoi. Il peut te prendre par la main et t'emmener dans une forêt. Tu découvres les champignons. Tu découvres les arbres. Des choses que tu ne voyais pas. C'est un ensemble. Quelqu'un peut te parler aussi. Ça peut être de l'architecture. Pour moi, cette transmission-là est très, très importante. Et ça, je pense que j'étais assez ouvert à ça. Quand je rencontrais des gens, je parlais de mon père, je parlais de ma mère, mais j'ai eu la chance de rencontrer d'autres personnes qui m'ont fait découvrir des choses importantes. Tu sais, il y a des professeurs qui t'ont marqué, par exemple. Et ça, c'est un cadeau pour la vie. Et j'essaye de faire ça dans une moindre mesure avec mon travail, puis aussi avec des enfants que je rencontre.
SPEAKER_03Tu fais beaucoup d'ateliers, je crois, dans
SPEAKER_05les écoles, hein? Oui, je vais dans les écoles, les bibliothèques. Les librairies, moi, je t'écoute. Les librairies, oui, oui. Et puis, oui, oui, j'aime bien ça. D'ailleurs, il y a un livre qui a été publié chez Druide, ça s'appelle Rencontre. Et c'est une collection de... Comment je pourrais dire
UNKNOWN?
SPEAKER_05C'est plusieurs auteurs qui ont collaboré à ce petit livre. C'est des petits récits de 2-3 pages sur... raconter des histoires qui vous sont arrivées à l'école. Des moments qui vous ont bouleversés ou des jolis souvenirs, des choses comme ça. Et moi, je raconte l'histoire de... Bon, quand je vais dans une classe ou dans une école, bon, les enfants sont très content de te voir, et puis bon, c'est une distraction, ils ne feront pas de mathématiques, ils ne feront pas de français, et là, tu vas leur dessiner des choses, tu vas lire des histoires, et tu vas répondre à leurs questions, et puis c'est formidable. Mais quand la cloche de récréation sonne, c'est comme des moineaux, ils s'envolent tous, et puis bon, merci, merci monsieur, mais des fois, il y a un petit garçon ou une petite fille qui va rester, et puis qui n'a pas posé de questions, et puis qui était assez...
SPEAKER_03Attentif.
SPEAKER_05Attentif. Tu voyais très bien. Mais elle vient me voir après et elle dit, est-ce que je peux vous aider à ramasser votre matériel? Ben oui, bien sûr, bien sûr. Et ça, c'est les plus beaux moments parce que là, tu peux sortir tes biscuits, tu rassembles tes crayons, ton matériel, tout ça. Et puis là, elle attendait qu'il n'y ait personne pour poser ses questions. Et ça, c'est des moments très, très précieux.
SPEAKER_03Complètement. Si tu me permets, Jean, qu'on s'arrête et au retour, je veux qu'on parle de ton nouvel album, Nom d'une pipe.
UNKNOWNOui.
SPEAKER_03Ici Sophie Lorrain, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield. J'ai toujours en compagnie de mon auteur à inviter de la semaine, Jacques Goulstein. Et Jacques, je veux qu'on parle de ton plus récent album qui s'intitule Nom d'une pipe. Si tu me permets, je vais faire un petit résumé qui raconte l'histoire tendre et espiègle de Marine et de sa grand-mère, une femme attachante qui fume la pipe. Entre café au lait clandestin, odeur de tabac, un récit maritime, un lien complice se tisse au fil des souvenirs et des rituels partagés jusqu'au jour où Marine va céder à la tentation d'imiter sa grand-mère et elle va s'embarquer à sa façon dans une traversée houleuse, disons ça comme ça. D'où est venue l'inspiration de cette histoire-là entre une grand-mère et sa
SPEAKER_05petite-fille? Il y a l'objet, la pipe qui est un bel objet. As-tu
SPEAKER_03déjà fumé la
SPEAKER_05pipe? Non, je n'ai jamais fumé la pipe. Mon père a fumé un peu la pipe et j'aimais bien lui chapardier sa pipe et puis jouer au capitale. Je n'ai jamais mis de tabac dedans. mais juste jouer au Capitaine Haddock avec. C'est agréable parce que j'en ai, j'aurais pu en apporter. Ce sont des bouts de bois que j'ai trouvés au sud de la Madeleine, entre autres, au bord de la mer. C'est un bois qui est sculpté un peu, qui ressemble un peu à une pipe. Je me mets ça dans la bouche des fois. C'est le fun parce que tu peux pointer du doigt, tu peux pointer de la pipe comme ça. Il y a un petit côté un peu intellectuel, un petit peu artiste avec ça. Ce n'est pas comme la C'est pas comme la cigarette, parce que la pipe, on prépare ça, on met le tabac, c'est pincé par pincé, puis on choisit son moment en général. Alors que la cigarette, on allume ça, on en allume une par-dessus une autre, etc. Puis moi,
SPEAKER_03j'ai le souvenir que ça sentait bon. Moi, je me souviens que mon grand-père fumait la pipe et l'odeur
SPEAKER_05de ça. Oui, il y a différents tabacs, bien sûr. Il y a le gros gris qu'on appelle, mon grand-père fumait ça, un tabac en France qu'ils appelaient le gros gris. Et puis, j'étais petit quand je l'ai rencontré. J'avais peut-être deux ans, quelque chose comme ça. Puis une photo où je suis dans ses bras. Puis j'ai l'impression qu'en voyant la photo, j'étais petit, mais la mémoire olfactive est assez exceptionnelle. Et j'ai l'impression de sentir le tabac qui a imprégné ses vêtements ou sa peau. Mais bon, c'est du tabac. Je ne veux pas encourager les enfants à fumer du tabac, mais c'est comme un objet qui est très spécial. Ça fait un peu partie de... Si on regarde des personnages célèbres, des auteurs, Simonon, je pense, Georges Saint, fumé à la pipe.– Capitaine Haddock, t'as parlé tantôt.– Georges Brassens, le chanteur. Oui, Mortimer, le personnage de bande dessinée aussi. Alors, il y a quelque chose avec ça. On pense aux Autochtones, par exemple, le fameux Columet de la Paix. Je pense qu'ils n'allaient pas à la chasse aux bisons en fumant la... Donc, c'était des moments très particuliers. Et cette grand-mère-là fait du bottage, tricote, et puis aide un peu sa petite-fille à faire ses devoirs. Et puis, pour se récompenser, elle salue une pipe. Et cette pipe-là, elle a un signe particulier, c'est que le fourneau de la pipe est sculpté avec un visage. Et ce visage-là, c'est le visage de l'arrière-grand-père de cette petite-fille-là. Et donc, c'est quand même assez bizarre, un objet comme ça qui qui a été sculptée, dans quelles circonstances et tout ça. Donc, l'objet fascine la petite fille. Et elle va succomber un jour qu'elle arrive chez sa grand-mère. Sa grand-mère est partie à l'épicerie et elle voit la pipe. Elle sait comment allumer la pipe. Oh, mon Dieu! Puis là, elle voit l'allumer. Aïe,
SPEAKER_03aïe, aïe. Et avec humour et émotion, tu nous livres justement cette fable intergénérationnelle sur la mémoire, la transmission, mais aussi l'héritage des petites choses qui font des grandes histoires familiales, dont cette histoire-là familiale. Comment tu as travaillé cette Oui, oui.
SPEAKER_05Il y a une chose qui m'a vraiment fasciné. Ma conjointe, mon amoureuse Ginette, elle a grandi sur le plateau Mont-Royal dans les années... et elle est allée à l'école des Saints-Anges, sur le boulevard Saint-Joseph. Et c'est une école, c'est un beau bâtiment, et elle me parlait de cette école-là, où tout était en bois, c'était des sœurs, des religieuses qui s'occupaient de l'éducation, et les planchers étaient cirés, il y avait comme une odeur de cire aussi. Et ce qui me fascinait, c'était que sa... Ginette est allée là, et sa mère aussi est allée là. Donc on remonte aux années 30, et dans mon histoire, j'ai voulu plugger ça, j'ai voulu dire ah ben tiens, la petite pourrait aller à une école et sa mère et sa grand-mère sont allées à la même école et on en voit dans le quartier, on voit ces écoles, j'étais à l'école Notre-Dame-de-Lourdes à Verdun et puis bon en y retournant, c'est quand même extraordinaire parce que là tu vois des générations et des générations qui se sont succédées dans cette école-là et la grand-mère donc est allée à la même école mais elle n'a pas appris exactement la même chose, à l'époque c'était peut-être les arts ménagers. Elle apprenait le français, les mathématiques. Elle peut aider sa petite-fille avec ça, avec ces matières-là. Mais aujourd'hui, on apprend autre chose. L'histoire est enseignée différemment. On parle de biodiversité, de science, de changement climatique et tout ça. Alors, moi, j'aimais bien représenter... Les deux écoles. L'école en 1926 et l'école aujourd'hui en 2026. Et
SPEAKER_03comment tu travailles l'équilibre entre humour, mais aussi sujet sérieux dans tes albums
SPEAKER_05pour enfants? Ah, c'est une bonne question. Je pense que ça vient vraiment tout seul. Ça veut vraiment... C'est un peu comme une conversation qu'on peut avoir avec un ami, et puis on peut rire à un moment donné, et puis on glisse vers quelque chose qui est un petit peu plus sérieux. Alors, je pense que ça louvoie comme ça dans ma tête. Je me dis, ah tiens, ça, j'ai envie de mettre ça à ce moment-là. Oups, ça tombe bien. Je... J'ai pas de recette. Je travaille vraiment avec un cahier de croquis, puis là, je navigue là-dedans. Je rajoute des... des dessins. Il y en a que je vais enlever, tout ça. C'est drôle aussi. Des fois, je vais tester ce cahier de croquis-là auprès de Ginette ou auprès de mes enfants ou auprès de Lily Rose, par exemple, ma petite voisine qui est en face de chez nous. Elle a 5 ans. J'avais testé l'histoire. Elle était assise sur mes genoux. Elle a vraiment adoré quand la petite fille vomit. Ça a été extraordinaire. Elle s'est parce que la petite fille va essayer la pipe
SPEAKER_03elle a le
SPEAKER_05visage tout vert oui oui en fait elle se prend pour un capitaine de navire elle a la pipe dans la bouche et donc tout à coup elle se sent pas très bien elle pense qu'elle a le mal de mer mais en fait elle a le mal de coeur parce qu'elle a fumé la pipe et donc ma petite voisine était et ça ça m'a vraiment fait rire parce qu'elle m'a demandé de recommencer mais t'as pas dessiné le vomi il est où
SPEAKER_03tu sais il va y avoir une conséquence à ça aussi parce que là le feu va prendre dans les trucs de
SPEAKER_05laine de sa grand-maman. Oui, c'est ça. On est en train d'en raconter un peu l'histoire. La petite fille qui fume la pipe, à un moment donné, elle se sent mal. Elle court aux toilettes. Elle jette la pipe et la pipe tombe dans le panier de laine. Et là, la laine commence à prendre en feu. Et on va éteindre le feu avec... La grand-mère arrive sur les entrefaites. Elle dit, je sens qu'il y a le feu. Alors, elle prend le chaudron de
SPEAKER_03potage
SPEAKER_05au poireau. Elle met ça, elle éteint le feu
SPEAKER_03avec ça. Moi, c'est la fin que je trouve magnifique. On ne la dévoilera pas, mais la fin par rapport aux odeurs qui est extraordinaire par rapport aux souvenirs de la grande marine
SPEAKER_05à la fin. Oui, oui. Elle a grandi parce que les parents ne sont pas présents. Donc, il y a une complicité, une connivence entre la petite marine et sa grand-mère. On voit que la grand-mère est présente et l'accompagne pour les devoirs à l'école. Et ça, c'est très très précieux. Si tu peux arriver dans un endroit et puis là, tu es dans le calme et puis elle va t'aider à faire tes devoirs et donc elle grandit. J'aime bien cette image où on voit quand elle est petite et puis là, elle a 20 ans, elle est à l'université et puis c'est grâce à sa grand-mère qu'elle s'est rendue là et c'est ça. Et un jour, la grand-mère vieillit, vieillit et c'est elle qui va prendre soin de sa grand-mère et sa grand-mère va partir un jour et elle va recevoir un paquet et dans ce paquets-là, c'est tout le trésor que sa grand-mère va... C'est tout un héritage, en fait, qu'elle va recevoir. Des patrons de tricots, des livres de recettes et un foulard à moitié brûlé.
SPEAKER_03C'est magnifique comme histoire. J'invite vraiment les gens à le lire. Et moi, j'ai envie de te demander, Jean, qu'est-ce qui vient en premier? Le texte, les images, les deux en même temps?
SPEAKER_05Les deux en même temps. C'est vraiment ça. Quand je pense à l'histoire au tout début, si je suis dans mon lit, bien là, je vois les images. Là, je me lève à toute vitesse et là, je commence à écrire. Et là, des fois, je vois que c'est un peu superflu parce qu'on voit ça dans l'image. Donc, je rature, j'enlève. Et je m'aperçois que c'est vraiment... Tu sais, il y a des gens qui disent« Ah, c'est écrit pour les enfants, c'est facile.» Non, c'est vraiment, il faut être concis. Il faut être précis. Et puis, il ne faut pas les ennuyer avec...
SPEAKER_03Il faut les accrocher parce qu'ils décrochent rapidement
SPEAKER_05les enfants. Exactement. Puis, la richesse des mots aussi. La transmission par partager des mots, si on peut arriver avec un mot qui est un petit peu plus... qui sort des sentiers battus, bien, tant mieux, tu sais. Fait que c'est... Ouais, c'est... C'est fort agréable. Après ça, bien, une fois que toute l'histoire est écrite dans mes croquis, bien là, il faut faire les dessins au propre. Je dirais peut-être que c'est un peu la partie un peu moins intéressante. C'est vraiment...
SPEAKER_03Parce que la création est presque déjà finie, parce que t'as déjà mis dans ton petit cahier ce que tu voulais faire. Il faut juste que tu reproduises à plus grande échelle. À
SPEAKER_05plus grande échelle. Et puis là, il faut mettre le soin, bien travailler l'aquarelle, le dessin, etc. Je dirais que c'est un peu comme, peut-être, c'est intéressant de concevoir des recettes, mais là, à présent, quand tu fais le livre, là, bon, t'es comme un cuisinier, puis là, il faut que tu produises derrière tes fourneaux, puis là, il faut que tu fasses la bouffe pour tout le restaurant.
SPEAKER_03– Et Jacques, t'as un style vraiment de dessin bien à toi, on le reconnaît rapidement. As-tu toujours eu ce style de dessin-là? Moi, j'anime beaucoup dans les écoles, et les enfants me disent tout le temps. Ah, mais ça, ça ressemble aux illustrations des petits débrouillages.
SPEAKER_05Bien, c'est le même illustrateur. Oui. Ah, c'est une jolie question parce que pendant longtemps, longtemps, je trouvais que je n'avais pas vraiment de style dans le sens où, bon, je m'inspirais de Tintin, un peu Astérix, Gaston Lagaffe, Franquin, Sampé, beaucoup. Et puis, je veux dire, je n'avais pas vraiment de style. Et puis, en fait, le temps passe et puis de façon... de façon vraiment subtile. Oui, tu commences à développer un style. Le plus beau compliment, c'est ça. Je me souviens d'avoir fait un graffiti. C'était pas loin d'ici. C'était dans un viaduc. Je pense que c'était sur Christophe Colomb. Il y a une jeune femme qui est décédée dans un accident de vélo. Elle a été écrasée par un camion. Et puis, on allait lui rendre hommage quelques jours après. Ça m'avait vraiment beaucoup ému, cette jeune femme qui qui était morte comme ça. Et puis, j'avais été faire un dessin sur un mur, le soir, la nuit. Et j'avais pris mes gros stylos au feu, j'avais fait un dessin comme ça. Et puis, je n'avais pas signé le dessin. J'avais simplement dessiné une jeune femme qui était en vélo et qui volait dans le ciel au-dessus de Montréal, comme ça. Et le lendemain, il y a la cérémonie, donc je n'ai pas signé le dessin ni rien. Les gens, ils voient le dessin, ils sont un peu étonnés de ça. Et il y a un petit garçon qui est à côté de moi, il dit, mais ça ressemble au dessin de Jacques Goldstein. Alors, j'étais vraiment Wow! Donc, il avait reconnu le...
SPEAKER_03Ton style à
SPEAKER_05toi.
SPEAKER_03Le style, oui. Wow! C'est beau! Oui. Et j'ai envie de te demander, Jacques, penses-tu que la littérature jeunesse peut influencer le choix de vie des enfants?
SPEAKER_05Oui, je pense que oui. Il y a des livres qui vont... Des livres... Ça peut être en littérature jeunesse ou ça peut être des livres destinés aux adultes aussi qu'on va lire à la fin de l'enfance, au début de l'adolescence. et qui peuvent avoir vraiment un changement, qui peuvent vraiment influencer. On peut penser au Petit Prince, on peut penser à des contes, à des nouvelles, par exemple. Moi, je sais que j'ai beaucoup été influencé par, par exemple, Maupassant, par exemple, j'aimais bien, Flaubert, des choses comme ça. Mais des livres jeunesse aussi, quand on trouve que c'est bien présenté, on peut penser au Petit Nicolas, on peut penser
SPEAKER_03à... aux étoiles. Les étoiles, moi, je sais que les profs l'utilisent beaucoup en classe, puis c'est un livre qui parle d'amitié, mais qui parle aussi de religion, puis on peut être amis avec des gens qui n'ont pas la même religion que nous.
SPEAKER_05– Exactement. Dans ce livre-là, Les étoiles, je n'ai pas utilisé le terme juif ni le terme islam, donc on voit bien qu'ils appartiennent à deux communautés différentes, mais je pense que c'est très important, surtout en ce moment, ce qu'on vit sur la planète, avec les problèmes au Moyen-Orient, puis l'islamophobie, l'antisémitisme, puis moi je pensais que c'était quelque chose qui allait en régression, puis je suis atterré de voir que c'est des démons qui reviennent encore. Je me dis, peut-être que mon petit livre peut éveiller des consciences, puis de montrer que oui, on peut être très très différent, on peut appartenir à deux communautés différentes, mais on peut avoir des points en commun qui nous rassemblent. Dans ce cas-ci, c'est les étoiles, c'est l'astronomie, Et pourquoi pas? Pourquoi pas? Il faut rêver à ça, tu sais, parce que c'est trop facile de succomber à la méchanceté et puis au sectarisme et puis pour séparer les gens, tu sais. Puis on peut accomplir tellement de choses extraordinaires. Donc, je dirais peut-être que, je dirais que, bien y penser, j'aime bien l'arrogant, mais je pense que Les Étoiles est peut-être le livre dont je suis le plus
SPEAKER_03fier.– Bien, merci, Jean. Si tu me permets, on
SPEAKER_05s'arrête
SPEAKER_03et au retour, je veux qu'on parle de tes coups de cœur littéraires.
SPEAKER_00Ici Mélissa Perron, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03On est maintenant rendu au segment des coups de cœur littéraire de mon auteur et illustrateur invité de la semaine, Jacques Goldstein. Jacques, qu'est-ce que tu as envie de présenter aux auditeurs?
SPEAKER_05Un coup de cœur? Des livres que j'aime bien? Oui. Au point de vue illustration, j'aime bien, comme je mentionnais, j'aime bien Sampé. J'aime bien Pierre Pratt. J'aime bien sa ligne. J'aime bien son dessin. Je ne suis pas capable de dessiner comme lui. Les couleurs sont extraordinaires. J'aime bien Marianne Dubuc. des histoires toutes en douceur, des histoires qui... On a envie d'être parmi ces personnages. Là aussi, il y a de la transmission dans ces
SPEAKER_03dessins. Lits-tu beaucoup tes
SPEAKER_05collègues? Il faut vraiment que j'ai un coup de cœur. Il faut vraiment que ce soit comme ça. Mais je ne suis pas un... J'ai des amis qui s'y connaissent bien mieux que moi. Je ne suis pas vraiment une bête de bibliothèque à ce compte-là. C'est vraiment le hasard ou les circonstances qui font que je vais... Je vais découvrir des nouveaux livres. Sinon, j'aime bien... Qu'est-ce que je pourrais vous raconter? J'aime bien Gabriel Leroy, par exemple. J'aime bien Félix Leclerc. Il écrivait bien.
SPEAKER_03Oui. Est-ce qu'il y en a un en particulier que tu as beaucoup aimé de
SPEAKER_05Félix? Des petites nouvelles. Pieds nus dans l'aube, par exemple. Et c'est tout en douceur. C'est bien raconté. C'est le Québec d'une certaine époque aussi. Et puis, des gens qui vivent des fois à la campagne. Pas nécessairement dans la pauvreté, mais dans une certaine forme de simplicité, simplicité volontaire. On peut voir, tu as l'impression de voir, par exemple, de voir des tableaux de Marc-Aurel Fortin, tu as l'impression, dans Charlevoix. Autrement, qu'est-ce que j'ai envie de vous faire découvrir comme histoire, comme livre? J'aime bien la poésie de Joséphine Bacon.
SPEAKER_03Ah oui?
SPEAKER_05Oui. Je trouve que c'est très simple. C'est quelque chose qu'on peut présenter à des enfants aussi. C'est tout simple. C'est comme des haïkus un peu. C'est vraiment... Ça se déguste très, très bien.
SPEAKER_03Moi, ce que j'aime bien, c'est qu'on a souvent le côté en français et l'autre côté en inu.
SPEAKER_05En inu, exactement. C'est ça. Et ça, c'est quelqu'un avec qui j'aimerais bien travailler. Oui. Donc...
SPEAKER_03Mais pourrais-tu, justement, par exemple, avec Joséphine ou avec un autre poète, toi, faire les illustrations, puis personne ne fait les poèmes?
SPEAKER_05Oui, oui, tout à fait. Avant de dire, j'ai pensé à une histoire, c'est un peu un scoop, je pensais à une histoire, et puis je pense que je vais la contacter, parce que j'ai besoin d'aide. Mais j'ai pensé à une histoire, puis peut-être qu'à quatre mains, on pourrait avancer plus vite. Mais j'aimerais bien
SPEAKER_03ça. T'aimes ça faire des collaborations, parce que je sais que dernièrement, il y a peut-être à peu près un an, t'as fait une collaboration avec Stéphane Laporte, avec un cadeau de Noël en novembre, qui est une très belle histoire qui a inspiré l'histoire de
SPEAKER_05Stéphane. Et toi, tu as fait les illustrations. Oui, oui. Mais en fait, ça, c'est vraiment un hasard incroyable parce que Stéphane écrit des chroniques. Et il y a 20 ans à peu près, j'ai lu sa chronique sur son enfance, sur tout ça déconfitueux. Il voulait devenir joueur de hockey dans la Ligue nationale. Et puis bon, ça ne s'est pas réalisé parce qu'il a des problèmes aux jambes. Et donc, il a écrit cette chronique-là. Et je lui avais écrit à l'époque, je lui avais envoyé une lettre que j'avais postée à la presse et puis bon je n'ai pas eu de nouvelles mais bon tant pis parce que je disais j'ai envie d'illustrer cette histoire-là j'en ai pleuré quand j'ai lu cette histoire et donc il y a 2-3 ans il m'a contacté et il m'a dit j'aimerais bien que tu illustres mon histoire je dis ah ben ça a valu la peine d'attendre il m'a dit non j'ai jamais vu ta lettre t'as jamais reçu la lettre que j'avais envoyée à la presse non j'ai jamais vu ça alors c'est un hasard incroyable qu'on se soit rencontré Alors, oui, il y a des gens comme ça. Il y a des fois, on va lire des textes et on se dit, ah, ça, j'aimerais bien
SPEAKER_03ça. Et quand tu collabores avec des auteurs, est-ce que tu as tout le texte au complet et après, toi, tu fais les illustrations ou en cours de travail, tu as un petit bout de texte, tu commences à illustrer un autre petit
SPEAKER_05bout et tu illustres? Dans le cas avec Stéphane, c'est que j'ai fait vraiment des croquis. Je travaille toujours avec un cahier de croquis. Alors, des dessins très, très rapides. Et puis, je détermine les moments forts dans le livre. Il n'y a pas de fils qui nous ont, qui a préparé les textes et tout ça. Non, non, j'y étais vraiment à l'instinct un peu, puis je suis retourné voir Stéphane, on a regardé ça ensemble, et puis ça marchait bien. Sauf que moi, j'avais imaginé son enfance dans une maison à trois étages. C'était une belle maison que j'avais dessinée, puis c'était vraiment très chouette, puis il m'a dit, mais ma maison, elle ressemblait pas du tout à ça, tu sais. Je lui ai dit, ah non, non, non, non. Alors, bon, OK. Alors, il dit, attends, je vais t'emmener dans ma maison d'enfance. Alors, sa soeur habite toujours dans cette maison-là. C'était Notre-Dame-de-Grâce. Et donc, il m'a fait visiter la maison. Il m'a montré sa chambre, où est-ce que c'était. Et la maison n'a pas trop changé. C'est assez étonnant. Il n'y a pas eu de bouleversement. Il n'y a pas eu de transformation de mur et des choses comme ça. Donc, la cuisine est pas mal pareille, sa chambre et tout ça. Donc, j'ai pris une photo et puis j'ai dessiné en m'inspirant de là. Je suis retourné plusieurs fois, d'ailleurs, pour voir. Et c'est ça. Stéphane tenait vraiment à ce que ce soit ça. Même dans le livre, il y a des tableaux, par exemple, dans son salon. Il y a des tableaux. D'ailleurs, le salon, c'est le salon d'époque, avec les jeux divins, la vieille télévision, tout ça. Alors, oui, la télévision électro-home, puis c'était vraiment fait comme ça. Et les tableaux, c'était des tableaux qui étaient faits par ses tantes, qui étaient des artistes qui étaient vraiment très doués, puis qui enseignaient d'ailleurs au Cégep du Vieux Montréal, tout ça. Et donc, Stéphane a conservé les tableaux, et puis j'ai redessiné ces tableaux-là, ces tableaux abstraits aussi. Donc, je pense que ça lui a fait plaisir. Puis en même temps, il y a un côté, c'est vraiment, c'est
SPEAKER_03tel quel. Les gens qui l'ont connu enfant vont se rappeler des souvenirs en voyant cette maison-là. Oui, exactement. Ah, c'est intéressant. Et je suis curieuse de savoir, est-ce que la lecture occupe une grande place dans ta
SPEAKER_05vie? Oui, oui, il faut absolument. Je me réserve certains livres, par exemple, quand je vais me coucher. J'ai une pile de livres à côté de mon... Des fois, je vais lire plusieurs livres aussi en même
SPEAKER_03temps. Qu'est-ce que tu lis en ce
SPEAKER_05moment? Je suis curieuse. En ce moment, je lis un petit livre qui s'appelle L'ami retrouvé. Je pense que c'est Ullmann qui a écrit ça. C'est un Allemand qui a écrit ça. Et c'est l'amitié entre un petit garçon. Ça se passe à l'époque nazie, dans les années 30. Et c'est un petit garçon, c'est deux petits garçons qui vont à la même école. Et il y en a un qui qui est d'origine noble, vraiment, qui est d'une noblesse allemande très importante. Et l'autre, c'est un petit garçon juif, son père est médecin, etc. Et puis, il se découvre des passions communes pour la poésie, pour l'écriture, pour les balades à la campagne, pour la collection des vieilles pièces de monnaie, l'architecture, des choses comme ça. Mais c'est vraiment assez spécial. Ça doit être comme ça dans les années 30, dans certains milieux intellectuels. Mais tous les séparent, parce qu'il y en a L'un qui est d'une grande noblesse prussienne et l'autre est vraiment un pauvre... Il n'est pas pauvre parce que son père est médecin. Et donc, il y a l'avènement du nazisme qui va les séparer, en fait, complètement. Et le petit garçon qui est d'origine noble, qui est des militaires dans sa famille, va être omnibulé par Hitler qui leur promet des victoires, qui leur promet de rétablir l'Allemagne, etc. Et donc, ces deux enfants-là sont... sont séparés et puis et puis en fait je vais pas donner le punch du livre mais ce sont deux grands coeurs deux enfants qui sont comment je pourrais dire qui sont purs mais qui vont être séparés par des par le fascisme et tout ça et ils vont se retrouver un peu ils vont se retrouver à la fin en fait parce
SPEAKER_03que ça me fait penser un peu à
SPEAKER_05ton histoire les étoiles oui il y a un lien avec les étoiles oui Oui, c'est vrai. Il se retrouve à la fin. Mais disons que dans l'histoire de Ullman, l'ami retrouvé, il y en a un qui va mourir. Il y en a un qui va mourir et l'autre qui va survivre. Oui, c'est ça. Donc, c'est une très, très jolie
SPEAKER_03histoire. C'est intriguant. Ça me donne envie de le lire.
SPEAKER_05Oui. Mais oui, vas-y. Non, non, non, c'est ça. Donc, j'aime bien lire aussi... Je suis en train de lire, par exemple, le livre de... Comment il s'appelle? Sioui. J'oublie son prénom. J'aime bien les histoires qui... Jean Sioui? Oui. Et qui ont rapport avec le monde des Autochtones aussi. Puis de voir aussi comment je pourrais dire le regard que les jeunes Autochtones aujourd'hui peuvent avoir sur le passé. Parce que c'est quelque chose qui a été effacé à un moment donné. Bon, Ça a été... Et là, ils redécouvrent, en fait, toute la richesse de leur passé. Michel-Jean aussi, Cocoum, qui est extraordinaire. Ça aussi, c'est quelque chose de... Comment je pourrais dire? C'était presque honteux, à un certain moment donné, de dire que, bon, tu avais des origines autochtones. Et puis, tu t'aperçois qu'il y a une beauté dans ce qu'il faisait, une communion avec la nature. Et puis, mon Dieu, on n'était pas capables de réaliser ça. Certaines personnes... était capable de voir, de distinguer cette richesse-là qui était en train de partir parce qu'il y avait un développement à tout crin. Il fallait construire des barrages, il fallait exploiter le bois, il fallait creuser des mines. Les géologues, on en sait quelque chose. En géologie, on apprenait comment aller chercher le fer, l'or, l'argent, le cuivre, etc. Mais on ne nous apprenait pas à réparer la nature après. Donc, Et donc, c'est ça. Quand je lis des ouvrages aujourd'hui qui ont rapport avec cette période-là, et puis les Autochtones qui reprennent conscience
SPEAKER_03de leur...– Leur racine.–
SPEAKER_05Leur racine, leur richesse, de ce qu'ils ont apporté, et puis de leur mode de vie, moi, ça me bouleverse
SPEAKER_03beaucoup.– Bien, merci beaucoup, Jacques, pour les belles suggestions. On s'arrête pour la chronique littéraire et on se retrouve pour la conclusion.
SPEAKER_02Vous écoutez« Samedi de lire» avec l'auteur invité d'Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03C'est maintenant le temps de la chronique littéraire en compagnie de Suzanne Dion. Bonjour Suzanne, vous allez
SPEAKER_04bien? Oui, très bien.
SPEAKER_03Et on commence ce mois-ci avec le« Bézohar» de Pascale Montpetit, publié chez Québec Amérique dans la collection 3.
SPEAKER_04Pascale Montpetit, cette comédienne que nous aimons, nous partage un passé très douloureux qu'elle explique avec une verve qui nous fait souvent sourire. En racontant son histoire, elle prend de la distance avec une enfance qui aurait pu Sa mère l'a presque abandonnée parce qu'elle était surchargée et devait elle-même trouver des moyens de survivre. Cette femme a eu quatre enfants en cinq ans et son mari requerait certainement plus d'attention encore que ses quatre enfants. Alors, ce mari va s'occuper de la petite Pascale, mais il va s'en occuper mal. Actes et discours incestueux, dévalorisation, ce père fantasque qui a fini par se suicider. provient lui-même d'une famille de 10 enfants, dont 8 ont été hospitalisés en psychiatrie. D'abord, médecin de famille, ce père se spécialisera lui-même en psychiatrie, mais il contribuera à embrouiller sa fille qui devrait se reconstruire de thérapie en maladie, en démarche de toutes sortes, dont des voyages où elle fait preuve de sa détermination. C'est ce parcours que nous raconte Pascal Montpetit dans un style très vivant, avec ce regard sur elle-même et sur son environnement qui ne tombe jamais dans celui d'une victime ou de la rancœur, par exemple, mais plutôt dans celui d'une femme qui se restructure à partir de ce qui lui a été donné, travaillant à combler les manques dans le présent. Sincérité, courage, générosité, humour, même face au tragique, c'est une belle histoire bien écrite qui ouvre sur la complexité des parcours de l'expérience humaine.
SPEAKER_03On rappelle le titre Le Bézoard de Pascal Monpetit, publié chez Québec Amérique. On poursuit maintenant avec le Cercle des jours de Ken Follett, publié chez Robert Laffont.
SPEAKER_04Voilà une autre fiction historique de Ken Follett, le roi du genre, je crois. L'histoire du Cercle des jours se situe au néolithique et retrace la construction de Stonehenge, ce cercle d'immenses monolithes dont on questionne toujours les secrets de la construction. Stonehenge s'est construit alors qu'on ne connaissait pas la roue, que l'on n'utilisait pas d'animaux pour tracter quoi que ce soit. Or, les pierres immenses de Stonehenge proviennent d'un lieu situé à 30 kilomètres de l'édifice. D'où le questionnement, comment ont-ils fait? Comme pour ses autres romans, Les Piliers de la Terre, qui se situait au Moyen-Âge, et la Trilogie du siècle, basée sur des événements du XXe siècle, Ken Follett s'appuie lui-même sur des faits historiques. Il emploie des consultants historiques, mais Mais ici, les faits sont plus des hypothèses que des faits vérifiés, disons, en tout cas en partie. Il présente quatre communautés différentes, les mineurs, les chasseurs-cueilleurs, les éleveurs vivant en communauté et les agriculteurs plus attachés à la propriété. Il y a des caractéristiques qui sont issues de recherche et sur lesquelles il s'appuie, mais il doit en inventer beaucoup. Les événements se placent lentement, donnent des explications plausibles de la construction de Stonehenge et des communautés vivant à cette époque, mais on en est moins convaincu de l'ensemble de la vie de ces gens-là comparativement au roman qu'il a écrit précédemment.
SPEAKER_03OK. On rappelle le titre Le Cercle des jours de Ken Follett, publié chez Robert Laffont. On poursuit avec Guidir Eliasson, Barque d'ombre, publié chez La Peuplade.
SPEAKER_04Les éditions de La Peuplade publient beaucoup d'auteurs étrangers que que je qualifierais de grande qualité. On dit que Gildar Eliasson est un auteur majeur en Islande. Moi, je ne le connaissais pas. C'est un romancier et un poète considéré comme un maître de la nouvelle et ce sont ici, justement, de courtes histoires, 21 histoires d'une dizaine de pages chacune. Il y a beaucoup de solitude dans ces histoires, peu de communication entre les personnages. Les récits sont parfois tristes, parfois drôles, parfois très émouvant. Il laisse de la place à notre imagination, à notre capacité de les compléter. Souvent, ce qui s'y passe est complètement inattendu. C'est une écriture simple, poétique. Chaque histoire est un monde qu'il vaut la peine de revoir, de relire au gré de nos goûts. C'est une lecture tranquille, profonde. En quelques pages, on se retrouve dans un monde différent d'une autre, mais qui nous questionne sur notre propre
SPEAKER_03vie. Alors, c'était Barque d'ombre de Girdir Eli publié à la Peuplade. Et l'on change complètement de registre avec les rituels de la cueilleuse indigène, bien vivre et s'épanouir au fil des saisons de Isabelle Simard, publié chez Flammarion Québec.
SPEAKER_04Isabelle Simard a déjà publié les quatre saisons de la cueilleuse indigène, livre qui a eu un vrai succès. Ce livre-ci suit aussi les saisons et présente différents rituels pour les équinoxes, les solstices, les pleines lunes de différents mois C'est un beau livre, beau graphisme, belles illustrations, beau cadeau à faire à qui s'intéresse au rituel. Moi, j'aime beaucoup quand même les rituels car ils nous procurent un moment d'arrêt dans nos différentes obligations, nos horaires surchargés. Ce sont des moments où on se pose, profite du moment, prenons conscience de ce qu'on vit. Nous en avions plusieurs traditionnellement, Noël, Pâques, les mariages, les fiançailles, les funérailles. Ils étaient presque tous liés à la religion. Alors, en mettant la religion de côté, on les a abandonnés. Et là, on est un peu en manque de rituels. Il faut donc s'en imaginer d'autres pour rythmer nos vies. Ce livre propose de nombreuses idées pour ritualiser différents moments de l'année. Je regrette, cependant, qu'il n'y ait pas davantage d'idées pour ritualiser différemment les événements qu'on ritualisait avant. Autrefois, oui.
UNKNOWNAlors,
SPEAKER_04ce serait bien de faire le lien entre la tradition et puis les nouveaux rituels. Ce sera peut-être le sujet d'un autre livre d'Isabelle Simard.
SPEAKER_03On rappelle le titre Les rituels de la cueilleuse indigène de Isabelle Simard, publié chez Flammarion Québec. Et on termine avec Manon sous le marronnier de Jean-François Beauchemin, publié chez Québec Amérique.
SPEAKER_04Je propose un autre Jean-François Beauchemin, toujours semblable à lui-même et toujours différent aussi. Il n'y a pas ici de de véritables histoires, peu de personnages. Il y a le narrateur, Manon, sa compagne, Bening, sa tante et Freeman, son chien. Et puis, quelques habitants de son village qui apparaissent de temps en temps et dont les noms sont très amusants. On a affaire ici à une série de très courts textes, une ou deux pages, remplies d'images, de chaleur, de réflexions sur la vie, sur la mort, sur ce qui se passe au quotidien dans la nature. Ils parlent de tout et de rien, il y a toujours un oiseau, un âne, une vache. Tout ça se passe très lentement. Le mieux est de vous lire un de ses courts chapitres. Ça s'appelle« Aimer de son mieux». Les après-midi de grande chaleur, je vais parfois dans la forêt dormir à l'ombre d'un arbre, tandis que Manon, Tante Benigne et Freeman restent à flâner sous la véranda. Quelques heures délicieuses passent et ensuite, Manon, partie à ma recherche avant le repas du soir, vient me secouer doucement l'épaule. À ce moment, elle s'allonge à mes côtés et alors, c'est chaque fois la même chose, je ne sais pas pourquoi cette question m'arrive, mais enfin, je demande, est-ce que je peux Que souhaites-tu faire du reste de ta vie? On sent aussitôt sa nonchalance innée se déclencher. Mais je ne veux rien faire de ma vie, répond-elle toujours. Ce que je souhaite simplement, c'est de sans cesse vivre auprès de toi et de percevoir les effets mystérieux du temps qui passe. Il y a eu l'autre jour ce petit complément dans sa réponse. Bon sang, je m'étonne qu'on ne s'émerveille pas à chaque instant de ce miracle qui vous permet de respirer, de bouger à l'aide d'un corps, de sentir en soi la pensée elle aussi se mouvoir, de s'attacher aux gens, de s'intéresser aux bêtes, de ressentir mille émotions, de pleurer, de rire, de deviner l'amour passé en soi-même. Mais je m'étonne aussi de la grossièreté de certains esprits, de la sécheresse de certains cœurs. Ce sont des mots qui m'ont fait bien réfléchir. J'ai dit« Je m'inquiète toujours pour toi, avec ta sensibilité de jeune chevreuil, comme tu dois beaucoup souffrir quelquefois. Mais voyez comme Manon sait comment vivre.
UNKNOWN»
SPEAKER_04« Puisque j'ai aimé de mon mieux, a-t-elle répondu, je n'ai pas tant souffert. Ça n'a peut-être été que de la chance, mais l'amour m'aura à la longue beaucoup aidé.
UNKNOWN»
SPEAKER_04Ce sont de petits joyaux comme ça qui se succèdent. Il y en a plus de 100.
SPEAKER_03Ça s'intitule Manon sous le marronnier de Jean-François Beauchemin, publié chez Québec Amérique. Merci beaucoup Suzanne pour les belles suggestions.
SPEAKER_04À la prochaine.
SPEAKER_01Ici Audrey Willenmy, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03On est déjà rendu à la conclusion de l'émission en compagnie de mon invité de la semaine, Jacques Goldstein. Et Jacques, avant que tu quittes, je veux qu'on parle de ton plus récent ouvrage aussi que tu as publié, Arrêter, je veux descendre, publié chez Bayard Canada, où on retrouve la joyeuse bande des débrouillards. Les amis se soutiennent, mais se conseillent pour le meilleur et quelquefois pour le pire. Et quand Van ajoute son grain de sel avec ses inventions, gare aux étincelles, d'où te vient l'inspiration pour cette série de livres avec les
SPEAKER_05personnages des débrouillards? Donc, ça fait très longtemps que je collabore avec le magazine des débrouillards. Donc, on me donne une carte blanche pour deux pages d'aventure avec les personnages des débrouillards. J'ai une page d'invention avec Van. Et donc, tout ça se mélange un peu. Et comme j'ai carte blanche, je peux parler de toutes sortes de sujets. La présence de l'intelligence artificielle, par exemple. Est-ce que c'est bien? Est-ce que ce n'est pas bien? puis bon, il faut qu'il y ait du punch. Alors, au début, on peut être enthousiaste de ça. Ah, mon Dieu, c'est formidable tout ce que ça va apporter. Puis là, on s'aperçoit qu'on est un peu comme des apprentis sorciers, puis oh, bon, ça va déraper. Donc, ça peut parler de...
SPEAKER_03– Mais dans ce cas-ci, est-ce que c'est le regroupement de toutes ces petites deux pages-là dans ce livre-là?– Oui, oui, exactement.
SPEAKER_05Donc, c'est des petites aventures de deux pages qu'on met en album ensuite. Et donc, ça me permet de parler de changement climatique, de consommation, de surconsommation. Et puis, je peux aborder aussi des thèmes comme, par exemple, le travail des enfants, par exemple. Ça peut être quand même assez sérieux. Il y a un petit peu les consciences de voir que, bon, on est privilégié ici. Tu sais, j'en ai fait une il n'y a pas longtemps sur la simplicité volontaire. Alors, l'empreinte carbone, par exemple. Est-ce que c'est de la chance d'avoir, je ne sais pas moi, une immense maison et puis d'avoir un camion, une auto, une voiture électrique, une moto, un vélo électrique et puis un si doux. Non, non, c'est pas ça le bonheur dans la vie. Et donc, ça me permet de faire des bandes dessinées un peu sur ce sujet-là. Deux fois, j'invite aussi des personnages comme Donald Trump qui vient faire un tour. Il y a Poutine, Xi Jinping et puis Kim Jong-un. C'est assez étonnant parce que quand j'étais petit, si on m'avait demandé qui était le chef ou le dirigeant dirigeant de la Corée du Nord, j'aurais été bien embêté. Mais quand je vais dans des écoles, des élèves de quatrième année, si je dessine Kim Jong-un, les enfants le reconnaissent tout de suite. Même chose pour, on dessine Donald Trump, tout le monde sait c'est qui.
SPEAKER_03Mais c'est qu'avec l'Internet aujourd'hui, puis avec tous les médias partout, les enfants sont comme pris là-dedans, continuellement. Même s'ils ne veulent pas, ou s'ils ne regardent pas les nouvelles, ils sont au courant quand même. Exactement.
SPEAKER_05Puis il y a les parents aussi qui sont là. Je ne sais pas, ils doivent maugrer des fois. Mais la culture de l'image images, avec l'Internet, etc. C'est assez puissant, ça. Peut-être un souhait, là, ce serait peut-être d'apprendre à se détacher un petit peu de cette emprise de l'Internet. C'est des outils extraordinaires. C'est vraiment formidable. Tiens, l'autre matin, je me posais la question. Il y avait un paquet de corbeaux qui étaient devant chez nous. Une cinquantaine de corbeaux. Mais je me dis, mais qu'est-ce qu'ils font, là? C'est incroyable. Ils sont tous... Grâce à Internet, en deux coup de clavier, pif, j'ai la réponse. Avant, qu'est-ce que j'aurais fait? Il aurait fallu que j'aille à la bibliothèque. J'aurais pas trouvé la réponse nécessairement facilement, mais il aurait fallu que j'attende de rencontrer un ornithologue qui aurait pu me dire, les corbeaux, l'hiver, quand il fait très froid, ils aiment ça de se rassembler dans le même arbre. Ça leur donne un sentiment de chaleur. Alors, ah oui, c'est vraiment comme ça. Donc, l'Internet donne tellement de réponses, c'est incroyable. Je me dis, le souhait, ce serait qu'on s'en détache, d'apprendre à fermer peut-être l'ordinateur pour pouvoir aller dans le champ en arrière chez nous, d'aller peut-être avoir la chance d'aller peut-être un petit peu à la campagne un peu, puis d'aller...
SPEAKER_03Dans la nature. Dans la nature, d'aller se
SPEAKER_05promener un petit peu, puis de, comme on disait hors micro, d'aller essayer de repérer peut-être une grenouille, une petite couleuve ou quelque chose comme ça, puis apprendre à s'allonger dans l'herbe, puis à regarder le vent dans les feuilles. J'ai tellement
SPEAKER_03hâte au printemps. Ah, t'es pas tout seul, moi aussi, j'ai très très hâte. Est-ce qu'il y a un nouveau projet qui s'en vient pour toi, Travinti? sur quelque
SPEAKER_05chose déjà? Oui, un prochain livre qui s'en vient, c'est justement sur un petit garçon qui... Un petit garçon, c'est un projet avec Martin Braud de La Pastèque, et c'est un petit garçon qui s'en va à l'école, qui prend le métro, et puis, bon, il ne voit pas des choses très agréables. Le métro tombe un peu en ruine, on le voit des fois, puis il arrive dans le métro, puis les gens sont sur leur téléphone cellulaire, ils parlent fort, ils écoutent la musique fort il laisse pas la place à la dame qui est enceinte pour s'asseoir le vieux monsieur aussi avec son paquet d'épicerie alors il voit tout ça il est habitué à voir ça mais il réalise pas que c'est terrible tout ça et il s'en va à l'école et puis bon ben en traversant la rue il voit les automobilistes qui s'engueulent un peu il y a les cyclistes etc c'est pas un monde qui est très agréable et en fait ce qui va se passer c'est que l'histoire va évoluer et ça va évoluer et ça va évoluer pour le mieux. Je pense qu'il va réaliser qu'on peut rendre le monde meilleur. Il peut y avoir des choses plus agréables si chacun met un petit peu de bonne volonté. Très hâte de lire ça. Oui, moi aussi, j'ai hâte de lire ça parce que je suis en train
SPEAKER_03de tout démêler. Merci beaucoup, Jacques,
SPEAKER_05d'être allé à l'émission. Merci, Amélie. C'était très chouette.
SPEAKER_03Et j'invite les gens à se procurer ton plus récent album, Nom d'une pipe. Merci beaucoup à vous à la maison. Passez une excellente semaine. Je vous retrouve la semaine prochaine pour une autre émission. Et entre-temps, vous pouvez nous suivre via Facebook Instagram et sur toutes les plateformes de podcast. Bonne semaine! À la semaine prochaine!