Samedi de lire

Samedi de lire avec Gabrielle English - 2026

Amélie Boivin Handfield Season 13 Episode 33

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Chronique littéraire avec Diane Côté

UNKNOWN

Musique Musique

SPEAKER_00

Pour la prochaine heure, vous écoutez« Samedi de lire» avec Amélie

SPEAKER_03

Boivin-Enfield. Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien. On est à l'émission« Samedi de lire» et aujourd'hui, j'ai le bonheur de recevoir Gabrielle English. Bonjour, comment tu vas? Bonjour, ça va bien. Toi, merci de m'avoir invitée. Ça me fait grand plaisir et j'ai envie de te présenter aux auditeurs, à l'art, tu es autrice, bibliothécaire et maman. Tu as étudié le cinéma au cégep, la littérature à l'université et pour finir, avec une maîtrise en sciences de l'information. Tu es maintenant chef de section à la bibliothèque de Blainville. Comment l'écriture et la lecture est entrée dans ta vie, Gabrielle? Je dirais que dès l'enfance, ma mère travaillait en bibliothèque. Ah, OK. Donc... T'as suivi les traces. Oui, c'est ça. Pas quand j'étais toute petite, là. Elle a commencé un petit peu plus tard, mais ça m'a quand même influencée. Je fréquentais la bibliothèque où elle travaillait. Puis j'imagine qu'avant ça aussi, je me souviens de m'être fait lire des histoires, puis que ça m'a donné envie de lire. Donc ça a commencé là. Mais est-ce que l'équipe d'être auteur un jour, c'était un rêve que tu caressais depuis que tu étais toute petite, de voir ton livre dans les rayons d'une bibliothèque? Bien, j'ai aimé écrire effectivement assez jeune. Je me souviens d'avoir participé au début du secondaire à un concours d'histoire. Mais j'avais... Je ne pensais pas accessible la possibilité d'avoir un livre écrit par moi en librairie. Puis, plus j'ai avancé dans le milieu du livre, plus je savais que c'était difficile de publier. Donc, oui, je ne me suis pas lancée tout de suite. OK. Mais tu t'es lancée en 2023 avec ton premier roman pour adultes, Coeur de papier. Ensuite, en 2024, le roman Jeune adulte, un ciel sans étoiles. Tu es pensée de lectrice passionnée à bibliothécaire puis à autrice. Est-ce qu'il y a eu justement... moment charnière où tu t'es dit, là, je me lance vraiment dans l'écriture d'un premier roman et je tente de le publier? Oui, c'est la pandémie, en fait, qui m'a donné un peu plus de temps, puis peut-être un temps de réflexion. Puis, à un moment donné, j'ai tout le temps eu des histoires qui me venaient dans ma tête, j'ai toujours eu beaucoup d'imagination, mais je ne menais pas ça à terme. Puis là, j'avais du temps, je me suis dit pourquoi pas, malgré, en me disant pas que ça ne devait avoir un résultat de publication, mettons.– S'enlever de la pression par comme ça.– Oui, je me suis dit, je me lance, je commence à écrire l'histoire que j'ai dans ma tête, puis on verra où ça va mener. Tellement que je ne l'ai pas dit à personne. J'écrivais, j'écrivais, puis mon conjoint, il me regardait, il se doutait bien, puis à un moment donné, je lui ai dit, oui, j'essaye d'écrire un roman, mais je l'ai gardé secret jusqu'à temps que je sois acceptée par une maison d'édition.– C'est ça, je crois que tu as mis du temps avant d'oser l'envoyer à une maison d'édition. Qu'est-ce qui te retenait, puis qu'est-ce qui a finalement fait basculer la décision, OK, là, je l'envoie, je prends une chance, ou je l'envoie à plusieurs maisons d'édition?– Bien, c'était les doutes, puis le fait de savoir qu'il y a tellement peu de manuscrits qui sont retenus. Je me disais, pourquoi moi? Oui, c'est vraiment les doutes qui ont fait que j'ai révisé mon histoire peut-être plus longtemps, je ne l'ai pas finie. Mais quand j'ai réussi à le faire lire à quelqu'un, déjà ça, j'ai trouvé ça très difficile la première fois.– C'est qui ton premier lecteur, ta première lectrice? C'est mon mari, mon conjoint. Puis ce n'est pas du tout lui le public cible, mais mon conjoint, il est très bon en français puis il est incapable de mentir. Il va me dire les choses gentiment, mais telles qu'elles sont. Ça m'a aidée à le retravailler. Après ça, je l'ai envoyé et j'ai eu la chance d'être choisie par Saint-Jean. Est-ce que ton travail de bibliothécaire influence ta façon d'écrire ou de penser tes histoires? Je pense que oui, parce que je lis beaucoup et c'est moi qui achète les romans adultes, jeunes adultes. J'achetais aussi le jeunesse avant et le ado. Donc, Je lis, je vois beaucoup de livres. Il y a beaucoup d'intertextes dans mes histoires, de parler d'autres histoires, des personnages avec beaucoup d'imagination. T'as l'idée de qu'est-ce qui peut plaire au lecteur, là? Puis aussi, bien, je pense que oui. Je le vois, là, tous les livres qui... Mais mon but, c'est pas en même temps de... Je ne me dis pas, je fais une recette pour que ça plaise aux gens. Au départ, tu écris le livre que toi, tu as envie d'écrire. Oui, c'est ça. Si tu dis, je sens que ça va plaire aux gens qui vont le lire. Ce qui fait que j'écris des histoires variées. Ce n'est pas évident. Il a fallu que je trouve des maisons d'édition. Différentes à chaque fois. C'est ça, oui. Mais je veux garder le plaisir de l'écrire et ne pas me dire, je le fais pour...– Bien, tant mieux. C'est le fun. Tu vas chercher différents lectorats.– Oui, c'est ça.– Et là, je te reçois aujourd'hui parce que tu viens tout juste de publier ton premier roman jeunesse, Les Constellations de Daphné. Pourquoi avoir choisi d'écrire pour les jeunes cette fois-ci?– Bien, c'est un public que j'aime beaucoup. C'est un public que j'aime à la bibliothèque aussi. Je trouve qu'il y a des belles discussions aussi à avoir.– Est-ce que tu en lis, du roman jeunesse?– Oui, j'en lis aussi. J'en ai apporté, justement, deux.– Pour les coups de cœur.– Pour les coups de cœur. Puis, oui, j'en lis et je trouve que c'est une période tellement fertile et tellement pleine d'émotions et de possibilités, de liberté et d'intensité. Quand on écrit... Mais c'est les premiers émois de tout, là. C'est ça, exact. Puis on peut comme... Quand j'écris, je me replonge dans... Dans cette époque-là. Je me mets dans cette... Puis là, je peux redevenir une adolescente, puis imaginer... Puis j'ai créé un personnage que j'aurais eu le goût d'avoir comme amie, tu sais, ou... T'en es-tu un journal intime quand t'étais adolescente? Oui, oui. Juste que... Peut-être surtout enfant. Mettons, peut-être plus rendu, mettons, à... 13-14, mais un peu avant ça, oui. Les as-tu gardés? Non, je pense pas. Je serais gênée, pour vrai, de les relire. Mais c'est beau, moi, je trouve. Mais j'aimais ça, oui. Je racontais des choses à mon journal. Je me souviens, ça me faisait du bien d'écrire ça. De noter. Oui, oui. Si tu me permets, j'ai envie de faire un petit résumé de les Constellations de Daphné. Alors, on suit Daphné, une adolescente de 14 ans, vive et attachante, dont la vie bascule après la mort de sa grand-mère, forcée de déménager dans une nouvelle ville elle doit apprivoiser le deuil, les tensions familiales et un environnement inconnu. Peu à peu, grâce à de nouvelles amitiés et un projet de court-métrage qui rallume sa passion, Daphné retrouve des repères. Entre premier élan amoureux, secret et caille d'identité, elle avance avec humour dans une période charnière de sa vie. Est-ce que ça te convient comme résumé? Oui, c'est parfait. D'où t'es venue l'inspiration de cette histoire-là? Celui-là, je me suis lancée un peu sans plan. Ça m'arrive des fois avec l'idée du personnage de Daphné dans ma tête. Elle est comment, Daphné, dans ta tête? C'est ça. C'est une ado qui a un franc-parler, qui est très justicière, qui va défendre ses amis, qui a aussi un sens de l'humour, etc. Elle ne s'en laisse pas imposer, Daphné. Non, c'est ça. C'est peut-être en partie un mélange de ma fille, d'une ado que... Je me dis peut-être comment elle va être plus tard, mais aussi une amie que j'aurais voulu avoir étant ado ou qu'elle pourrait avoir. Une bonne amie, une... C'est ça, qui a du caractère et qui sait défendre ses amis. C'est elle qui m'est venue en tête. Puis une ado un peu particulière parce qu'elle adore les années 80, Billy Idol, le cinéma. Puis elle ne s'excuse pas d'être particulière. Elle est comme elle est, puis c'est ça. Elle s'assume. C'est ça, exactement. Elle s'assume. Des fois, au secondaire, on se sent à part ou particulier, mais au final... C'est ça qui fait le monde. Oui, c'est ça, exact. Alors, elle est comme elle est, puis c'est à prendre ou à laisser. Et tu parles des chansons des années 80. Chacun des chapitres commence avec une chanson des années 80. Est-ce que c'est toi, parce que t'aimes les années 80, que t'as eu envie de donner ça à Daphné? Oui. En fait, j'adore Billie Agda. J'aime aussi la vieille musique, même plus vieille que les années 80. Puis je sais pas, ça m'a donné envie de présenter une ado qui aimait la musique plus vieille puis je me suis dit que ça pourrait peut-être faire découvrir des chansons aux ados. En tout cas, jusqu'à présent, quand j'en ai parlé à des jeunes, ils étaient intéressés.– Mais on dirait qu'il y a une vague de jeunes qui ont envie de découvrir.– Oui, le rétro, là.– Oui, c'est ça, 70-80, là.– Peut-être avec, tu sais, Stranger Things, puis tout ça, ça donne un goût pour le... découvrir les choses plus... plus d'ancienne, oui, c'est ça.– Et la relation entre Daphné et sa grand-maman est centrale. Qu'est-ce que si vous voulez explorer à travers ce lien intergénérationnel? Je trouve que c'est beau, une amitié intergénérationnelle, qu'on peut s'apprendre plein de choses entre les générations, partager autant les traditions que... Daphné, elle va lui apporter un peu de modernité, de fun. Puis sa grand-mère est adorable aussi. À l'âge, son fou, elle aussi. Oui, oui, elle a quand même... Elle veut être un bon modèle pour Daphné, un modèle de femme forte. Parce qu'elle a élevé la mère de Daphné seule. Oui, c'est ça. Il y a un beau lien entre les deux. Moi, j'ai beaucoup aimé cette relation-là. Et justement, le roman commence avec le décès de la grand-maman Daphné. T'abordes justement les thèmes lourds comme le deuil, mais aussi l'intimidation. Mais c'est un livre qui est très lumineux, je dirais. Comment t'as réussi à trouver l'équilibre entre les deux, en cette noirceur-là, puis le lumineux? Bonne question. Mais c'est ce que tu voulais faire, que ça soit lumineux malgré les sujets lourds? Oui, effectivement. Je voulais que ça soit quand même tout en douceur, puis que... malgré qu'on aborde des choses lourdes, on s'en rend pas tant compte qu'on sort de là avec un sourire, puis voir le personnage de Daphné évoluer à travers, parce qu'on vit tous des choses, c'est la vie. Mais Daphné, elle évolue à travers ses deuils, puis elle en sort grandie avec des nouvelles, des nouveaux amis. Tout ça, sa peine est toujours là, mais... Puis aussi, je pense que j'ai beaucoup d'humour, alors j'avais envie de mettre ça puis de mettre J'ai mis ça un peu dans Daphné, là, ce qui fait que c'est plus léger.– Et ce qui a amené de la lumière, c'est justement à cause du dancing round qu'on appelle TNT, qui, elle, je pense que c'est ça, TNT, hein?– Oui.– Elle, elle va amener le court-métrage. En fait, les jeunes vont participer à un concours de court-métrage. Et ça, c'est la grande passion de Daphné. C'est ça qui va amener un peu de lumière aussi dans son quotidien, là.– Oui, c'est ça. Elle arrive dans cette nouvelle école-là, qu'elle n'a pas du tout envie d'être là, qu'elle rencontre Alex, qui va devenir une de ses bonnes amies. on ne sait pas encore, mais c'est aussi effectivement une professeure exceptionnelle comme il y en a tant qui va savoir semer une petite graine puis donner ce concours-là, présenter le concours de court-métrage que là, Daphné, ça va l'animer complètement puis elle va embarquer toute une petite gang là-dedans. C'est ça, ça va amener comme un attachement qu'elle a à l'école avec la région qu'elle n'avait pas encore grâce à ce concours-là. Puis il faut dire aussi que c'est la ville de sa grand-mère qui est décédée Donc, c'est aussi, le fait qu'elle ne veut pas être là, c'est aussi les souvenirs douloureux et le manque qui lui revient quand elle doit déménager là-bas. Complètement. Si tu me permets, Gabrielle, on s'arrête et au retour, je veux qu'on continue de parler de les constellations de Daphné.

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Ici Sophie Lorrain, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.

SPEAKER_03

J'ai toujours en compagnie de mon autrice invitée de la semaine, Gabrielle English, et on continue de parler de son premier roman jeunesse, Les Constellations de Daphné. Et le Café-Librairie, c'est un lieu qui est chargé émotionnellement pour Daphné. Est-ce qu'on peut dire que c'est un lieu qui est à la fois un personnage en soi dans ce roman-là? Oui, certainement. C'est un lieu qui est rempli de souvenirs à la fois joyeux et tristes, parce que c'est le manque, le fait de revoir revenir dans ce lieu-là sans sa grand-mère. Oui, elle avait tellement de beaux souvenirs. Oui, c'est ça, le partage de la cuisine des croissants. Des livres aussi de suggestions pour des clients qu'elle faisait avec sa grand-maman. Tu vois, j'ai mis des livres. Il y a toujours des livres dans mes romans. Mais comment t'es venue cette idée-là du café-librairie? Est-ce que c'est un lieu que tu imagines, que tu rêves peut-être un jour d'avoir? C'est sûr, mais ça, je pense que c'est le fantasme de beaucoup de de lecteur, un petit café-librairie. Je l'ai imaginé un peu pour me faire rêver. J'ai imaginé, c'est ça, la grand-mère qui s'occupait de son petit café avec la jeune Daphné. Oui. C'est pas mal chouette. Et au début, Daphné est en colère. Selon toi, est-ce que la colère est parfois une étape nécessaire pour avancer, surtout pour une adolescente qui vit une épreuve comme celle-là? Je pense que oui. Quand on écrit, on se met dans la peau de mon personnage. Puis quand je l'écrivais, moi-même, j'étais en colère. Comme si j'étais en colère contre sa mère, de dire, voyons, pourquoi qu'elle me rajoute cette épreuve-là? Puis en plus du deuil, c'est sûr que c'est explosif. À l'adolescence, en plus, où les émotions sont à fleur de peau. Je pense que c'est une étape nécessaire. Puis... Après ça, ça permet d'évoluer vers autre chose, mais c'est important, je trouve, de vivre ces émotions-là, pas de les refouler. C'est mieux de les vivre pour les gérer que de... Mais heureusement, la marque de Daphné est très à l'écoute. Ils ont une belle relation, là. Oui. Elle va être là pour l'épauler, l'accompagner là-dedans. Oui. Tu sais, même si... Au départ, ils ne sont pas toujours d'accord et se sont perdus un petit peu parce que sa mère travaillait beaucoup. Au final, ça va être bénéfique effectivement de se retrouver là-bas et de partager, elle, ensemble ce café-librairie-là qui est justement comme un personnage, un membre de la famille quasiment. Comme si la grand-maman avait manigancé pour que sa fille se rapproche. C'est ça. Au final, elle savait, la grand-mère, qu'en faisant ce move-là, que ça rapprocherait Daphné et sa mère éventuellement. Est-ce qu'il y a une scène que tu as trouvé particulièrement difficile à écrire dans ce roman-là? Je suis quelqu'un de très empathique. dans la vie. Des fois, je regarde les nouvelles puis, tu sais, j'ai vraiment de la peine. Donc, quand j'écris, j'essaie de, tu sais, je vis les émotions puis je dirais que, tu sais, la mort de sa grand-mère. Quand je l'écris, tu sais, j'avais, j'étais triste, là, vraiment. Je me disais, voyons, je suis cruelle de faire souffrir les potentiels lecteurs. Je dirais que cette étape-là puis aussi, tu sais, quand Daphné a je ne veux pas non plus révéler trop de choses de l'histoire, mais quand Daphné découvre certains secrets en lien avec sa grand-mère, là aussi, je me disais, si je le vivais, ça me ferait de la peine. Et dans le titre, on a les constellations et ça a une importance majeure dans la vie de Daphné, puis surtout avec sa grand-maman. Oui, c'est ça. Et même le café, c'est quoi, la grande ours qui s'appelle le café? Oui, c'est la petite ours. La petite ours. Oui. Parce que dans le fond, elle l'a appelée comme ça pour Daphné. Parce que Daphné, elle appelle sa grand-mère sa grande ours. Ah oui, c'est ça, c'est le contraire. Puis l'inverse, elle appelle sa petite ours. Parce que Daphné, elle a des taches de rousseur. Puis sa grand-mère, elle avait l'habitude de lui dire que c'était des petites constellations. Puis Daphné, elle fait un peu d'anxiété à ce que sa grand-mère faisait aussi. Donc, elles ont comme un mantra qu'elles récitent avec les constellations. le nom des constellations jusqu'à temps que Daphné arrive à se poser. C'est une belle idée. Est-ce que tu es justement une fan de planètes, de constellations? Ça me fascine un peu l'espace, mais je n'ai aucune prétention d'avoir des connaissances scientifiques. C'est vraiment juste un intérêt, une fascination, puis c'est beau. Et est-ce que ça a été différent à écrire ce roman jeunesse-là? Parce que c'est une écriture qui est différente que pour les adultes ou les jeunes adultes. Oui, ça a été différent. Mais je ne saurais pas te dire comment ça m'est venu. Je pense que c'est en me mettant dans la peau de Daphné. Puis quand je l'ai soumis à Urtubise, ils m'ont dit que j'avais la bonne voix pour... Soit j'ai un cœur d'enfant, peut-être. Puis aussi, je lis beaucoup de jeunesse aussi Puis j'ai une fille qui va avoir 10 ans. Est-ce qu'elle t'a lu? Elle est en train de lire. Puis elle est vraiment adorable parce qu'elle l'a comme choisie pour un travail à l'école. Mais je dis, là, maman, t'oublies-je pas à prendre son livre pour faire ton travail? T'es comme, non, mais je veux. Elle est fière. Oui, elle est vraiment fière. Ça fait que c'est touchant. Est-ce qu'il y aura une suite à Les Constellations de Daphné? Parce que comment ça se termine? Il pourrait y avoir une suite et moi, j'aurais envie qu'il y ait une suite. Il pourrait. OK. Il y a une porte-voix. ouvertes éventuellement, si le livre connaît un bon succès. C'est ça, exactement. Oui. On en avait discuté avec mon éditrice. Donc, si ça fonctionne bien, je pense que c'est pas impossible. Mais ça va être entre leurs mains à ce moment-là. Et tu dirais à peu près que ce serait pour quel lectorat à peu près? Moi, je dirais peut-être dès 10 ans, si on est un bon lecteur. Oui, tout à fait. Ma fille, justement, va avoir 10 ans, puis c'est une bonne lectrice, puis elle est en train de lire. Il est pas très gros, là, puis... puis il n'y a rien qui peut être dérangeant pour un parent. Non, il n'y a pas de thématique. On parle de deuil, on parle des choses que... dès les albums jeunesse, on peut parler, donc des sujets qui font partie de la vie. Il n'y a pas de thématique inappropriée pour des jeunes de 10 ans. Et même si on est un adulte, on a beaucoup de plaisir à lire. Moi, j'ai eu beaucoup de plaisir et ça m'a rappelé justement mon adolescence en lisant. Merci. Et je crois que le 20 mai, tu vas sortir aussi un roman qui s'intitule La rue des souvenirs marquants. Oui, tu es très bien renseignée. Est-ce que tu veux nous en parler? Ça me racontait quoi, cette histoire-là? Oui, tu sais, quand je disais que des fois, je me... C'est ça, je pense... J'ai une histoire, puis des fois, elles sont différentes l'une à l'autre. Donc là, c'est avec Saint-Jean, l'éditeur de Cœur de papier. Et c'est une autre histoire complètement. C'est du réalisme magique. Donc, c'est l'histoire de Dorothée. Dorothée est dans une relation plus ou moins positive et elle s'est oubliée au fil du temps. Et... Un jour, il y a un phénomène étrange qui se produit. Elle commence à voir ses mains devenir grises. Et tout d'un coup, un soir de tempête, sa peau devient entièrement grise. Et elle est transportée dans le gris monde. Une version déformée de notre monde où les règles ont absolument... Il n'y a aucune règle. C'est un peu loufoque. Et se retrouvent là, dans le gris monde, les gens qui errent dans leur vie qui se sont perdues, qui se sont oubliées, qui ont oublié leur couleur, en quelque sorte, qui se sont effacées. Et elle se retrouve sur sa rue des souvenirs marquants. Et là, dans chacune des bâtisses, se trouve un souvenir marquant de sa vie qu'elle va devoir revisiter pour parvenir à rentrer chez elle puis à regagner son authenticité, à vivre, dans le fond, qu'est-ce qu'elle a refoulé et à régler, reprendre en main sa vie. Oui. C'est intriguant. Merci. Et il y a aussi de la romance. Donc, dans ce monde-là, elle rencontre Léo. Et Léo, ça fait un moment qu'il est là et qu'il erre dans le gris monde. Et ensemble, ils vont défier un peu les lois de ce monde-là. Et voilà, donc il y a une romance aussi. Fait que c'est pour un public adulte, celui-là. Oui, c'est adulte, oui. Et je te vois en parler, t'as les yeux brillants. J'ai l'impression que là, depuis que t'as commencé, t'es plus capable d'arrêter d'écrire. Je pense que t'as vraiment ouvert une passion dévorante. Oui, effectivement, je trippe. Tant que j'ai des histoires dans ma tête et que je les écris... puis que les éditeurs en veulent bien, je pense que je vais continuer, puis j'ai toujours eu beaucoup d'imagination, fait que là, c'est comme un endroit pour le déverser, si on veut.– Mais comment t'arrives à trouver du temps pour écrire, parce que t'es chef de section dans une bibliothèque, t'es maman, de trouver du temps là-dedans pour écrire?– C'est un défi, mais ça, c'est la question qu'on me pose souvent, ma famille, mes amis, et en salon du livre. Je dirais qu'effectivement, il faut être passionné, parce qu'il faut mettre le temps. Parce que ça prend du temps à écrire, réviser, corriger, puis il faut être passionné. Moi, toutes les étapes, j'aime ça. Corriger, réviser. Il faut aimer ça parce que c'est du travail. Mais je me réserve du temps le soir. Des fois, je suis trop fatiguée. Des fois, la fin de semaine. Puis parfois, je me prends une journée de congé ici et là pour me concentrer là-dessus. Mais c'est sûr que je dois être assidue. Puis je dis toujours que j'écoute peu de télévision.– OK. C'est sûr que... Fait que ton passe-temps, c'est l'écriture. C'est ça. Pis mes enfants sont rendus quand même assez grands pour faire leurs choses pendant que j'écris à côté ou je réveille. Fait que je rapille un peu... Du temps ici et là, là. Oui, c'est ça. Pis quand j'ai des vacances, j'en ai plus que mon conjoint. Pis mes enfants sont à l'école, fait que des fois, je me mets des petites vacances d'écriture. OK, c'est intéressant. Pis la routine d'écriture ressemble à quoi? Tantôt, tu parlais un peu de plans. Tu fais toujours des plans ou pas tout le temps? Non, pas tout le temps. Je suis pas du type très plan. Des fois, j'ai une idée de départ, des thématiques puis des personnages. Puis je commence à écrire puis ça m'amène à un endroit. Oui, c'est ça. Des fois, je sais même la fin, le début puis... des péripéties, puis je brode... Autour de ça. Oui, c'est ça. OK. Intéressant. Puis ça se fait à l'ordinateur, à la main? À l'ordinateur. À l'ordinateur. OK. Intéressant. Oui. Mais si tu me permets, Gabrielle, on s'arrête et au retour, je veux qu'on parle de tes coups de coeur littéraires.

UNKNOWN

OK.

SPEAKER_03

Ici Mélissa Perron, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield. On est maintenant rendu au segment d'écoute-cœur littéraire de mon autrice invitée de la semaine, Gabrielle Inglisch. Et Gabrielle, je pense que tu veux commencer avec Fille-mère de Ingrid Falaise. Oui, un livre que je viens tout juste de terminer et qui m'a profondément marquée. Moi aussi, ça m'a marquée. Je l'ai lu cet automne, puis j'y pense encore. Oui, c'est fâchant. Ah, complètement. J'étais un peu révoltée. Oui, donc ça se passe... dans les années 60. Et je trouve que c'est aussi un sujet que j'ai peu vu, il me semble, abordé en littérature, la vie de ces filles-mères-là qu'on juge comme coupables alors que c'est des victimes. Surtout dans ce cas-ci. Surtout dans ce cas-ci, sans leur révéler l'histoire. Mais, donc, c'est l'histoire de Marie à 14 ans qui découvre qu'elle est enceinte. Et puis, donc, au lieu d'être accompagnée, aimée, supportée dans ce grand désarroi qui est de tomber enceinte à 14 ans alors qu'on a de la vie devant soi, l'espoir et l'envie de s'émanciper dans les années 60. Donc, elle va être envoyée dans un couvent. Et puis, c'est tout ce qu'on martèle sur elle. C'est ça, la honte, le péché. Il y a aussi... Elle en parle même son nom. C'est ça qui est terrible là-dedans. Oui. On les appelle pécheresses. Je ne me rappelle pas tous les termes, mais c'est épouvantable. C'est épouvantable. Puis en plus, sachant que c'est inspiré d'une histoire vraie. Celle de sa belle-maman à Ingrid Falaise. Ça m'a vraiment... C'est vraiment venu me chercher. J'ai encore des frissons à en parler. Et puis... Oui, c'est terrible. Il ne faut pas qu'on oublie ce qui s'est passé à cette époque-là. Non, effectivement. Ça a l'air loin, mais ce n'est pas si loin que ça. J'ai vraiment eu de la difficulté à comprendre le personnage de la mère qui devrait être aimante, accompagner sa fille. Moi, je serais outrée de... Je ne serais pas contre elle. Ce n'est pas elle la... C'est une victime. Exact, c'est ça. Complètement. Oui, c'est un grand livre. Moi, je le recommande. C'est vraiment excellent. Je pense qu'il est tout petit. Je l'ai lu d'une traite en pleurant. On rappelle le titre, c'est« Filles mères» de Ingrid Falaise. Je pense que tu en as un deuxième que tu aurais envie de nous présenter. Oui, complètement différent. Oui, on change de registre. Je lis des types de lectures différentes. Celui-là, c'est« Le sang des innocents» de S.A. Cosby. Un auteur que j'ai découvert cette année et dont j'ai lu trois livres jusqu'à maintenant parce que c'est vraiment un auteur excellent. Si vous ne l'avez pas lu, je vous le conseille. Celui-ci, c'est quand même assez dur. C'est un polar. On suit Titus, un policier qui essaie tant bien que mal de faire le bien, de rester droit et de faire face au racisme et à l'inavidité. l'inacceptable, l'inconcevable, plutôt, avec, dans le fond, le meurtre. d'adolescent noir. Donc, c'est son enquête. Mais ce que j'aime aussi de cet auteur-là, c'est que la profondeur de ses personnages, la complexité humaine est tellement bien représentée. Les enjeux qui vivent aux États-Unis, tout ça. Donc, c'est vraiment un auteur... J'étais soufflée en finissant ce livre-là. Moi, je ne l'ai pas lu, mais je m'en suis beaucoup, beaucoup fait parler en me disant qu'il fallait absolument que je lise ce livre-là. C'est vraiment quelque chose. C'est vraiment un auteur. Puis j'ai lu aussi, c'est ça,« Le roi des cendres», je ne me trompe pas. Et« Les chemins de la route oubliée». En tout cas, j'ai lu, il m'en manque un, je pense que je n'ai pas lu de cet auteur, en français tout le moins. On rappelle le titre, c'est« Le sang des innocents» de S.A. Cosby. Oui. Voilà, on y va avec un troisième, parce que tu as une belle pile à présenter aux auditeurs. Oui, j'ai apporté peut-être un peu trop de livres. On va y aller dans le jeunesse. Donc, j'ai adoré aussi La chose d'Elisabeth Barry-Lessard, un roman que ma fille a lu aussi. Donc, d'après moi, elle ne vint y plus. Et on y parle, on suit Pauline et on y parle de santé mentale, de pauvreté, qui est aussi un sujet, je trouve, peut-être un peu moins abordé en roman jeunesse, qui est vraiment intéressant. Et donc, c'est la vie d'une adolescente et les défis liés à son père Paul, un père très aimant, tout ça, qui a des petits défis, dans le fond, lui-même, et qui vont l'amener à devoir envoyer Pauline chez sa grand-mère, qui, à première vue, est plus ou moins sympathique, mais finalement, elles vont apprendre à se connaître. Et j'ai adoré son écriture, c'est vraiment le fun, ça se lit super vite. Ma fille a adoré ça aussi, elle a acheté le deuxième avec son argent, et je vais le lire aussi. C'est vraiment une belle lecture. Une série, je pense qu'ils sont rendus à deux ou trois tomes. Il y en a deux, en tout cas, c'est certain, parce que j'ai les deux chez moi. Mais peut-être qu'ils vont en avoir un troisième. Vraiment super bon et rigolo. C'est la chose d'Elisabeth Barry-Lessard. Voilà, on y va avec un quatrième maintenant. Si on reste dans le jeunesse. La série La fille renard de Andy Sagard. Ça, c'est du bonbon. C'est du cosyféminin. C'est une petite fille renard. C'est une série de trois livres. Et là, j'ai amené le troisième, qui va se trouver à devenir une sorcière de thé dans une boutique sur pattes. Là, il y a une boutique avec du thé, des gâteaux. C'est plein de personnages fantaisistes, d'aventures, de thé. C'est adorable, vraiment excellent, puis super bien écrit. Je conseille ça aussi, je pense, neuf ans et plus. Fait que c'est la série La fille renard de Andy Sagar. Oui. Et on termine avec un petit dernier. Oui, un dernier. Donc, Mon nom ne suffit pas de Jodie Picou. Il est magnifique. Il y a comme des fleurs sur le côté du livre. Il est beau et bon et tout à la fois. C'est une lecture... Là aussi, il y a un peu de frustration en lisant ça, il faut dire. Donc, ça part du... C'est une fresque historique. On suit Emilia Bassano en 1581, qui serait une poète, si je me souviens bien, elle a bien existé, mais l'auteur extrapolé est parti du concept que ça pourrait être elle derrière William Shakespeare. Parce que je crois qu'il y a vraiment des soupçons que William Shakespeare n'aurait pas tous écrit ce qu'il a écrit et que on sait qu'il y a beaucoup d'auteurs femmes qui n'ont pas pu publier parce qu'elles étaient des femmes. Ça, c'est... C'est connu, là. C'est connu. Et dans le présent, on suit Melina Green, une jeune dramaturge qui crée une pièce de théâtre et leurs deux vies sont liées. Dans le fond, c'est son aïeul, Emilia Bassano. Donc, on fait des bons dans le temps et on se rend compte que même dans la modernité, il y a encore des freins au travail des femmes dans certains milieu, dont là, le milieu du théâtre. Et c'est vraiment bon, c'est bien écrit, c'est touchant, c'était quelque chose d'être une femme en 1500. Donc, oui, je le recommande aussi.– Ça fait que c'est Mon nom ne suffit pas de Judy Picoum, publiée chez Saint-Jean, ton éditeur de romans pour elle.– Oui, c'est ça.– Merci beaucoup, Gabrielle, pour les belles suggestions. On s'arrête pour la chronique littéraire et on se retrouve pour la conclusion.– Merci. Ici Mélissa Morlun-Dupuis, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield. C'est maintenant le temps de la chronique littéraire en compagnie de Diane Côté. Bonjour, tu vas bien? Oui, je vais très bien, Amélie. Merci. Et toi? Bien oui, très bien. Et on commence ce mois-ci avec La femme coupée en deux de Julie Foster,

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publiée au Quartanier. Alors, La femme coupée en deux, c'est le premier roman très surprenant de cette jeune autrice française. Surprenant par sa grande qualité d'écriture, mais aussi par la profondeur de la réflexion et la finesse des personnages. personnages. C'est un roman d'une grande technique qui se lit, mais comme un suspense. La femme coupée en deux, c'est Louise, une adolescente tiraillée entre son père et sa mère suite à leur séparation et des rapports plutôt malsains qu'ils entretiennent. Nadia, la mère, est une femme de théâtre qui a quitté sa fille et son mari pour s'installer à Bristol en Angleterre. Louise, elle, est restée à Lyon avec son père et elle travaille dans un musée d'art contemporain après avoir étudié à l' École du Louvre. La mère et la fille se retrouvent lors d'un mariage, mais ce sera la dernière fois qu'elles se voient puisque la mère va décéder dans un accident de voiture peu de temps après. Sa mère lui laisse en héritage les droits d'auteur de la pièce et Louise doit se rendre à Bristol pour négocier avec un ancien collaborateur, Joe Griffin, que Louise soupçonne d'avoir été l'amant de sa mère. Cette pièce, la pièce de la mère, ça s'appelle Les enfants perdus. C'est, selon Louise, inspiré de son journal intime qui racontait son éveil sexuel et que sa mère aurait lu sans son autorisation. Cet événement avait vraiment brisé leur lien. Durant son séjour à Bristol, Louise comprend que ce que l'on peut interpréter lorsqu'on est enfant, ça va influencer notre vie d'adulte, mais des fois, il y a une distance importante entre ce qui s'est passé et ce que l'on en retient. Les relations mère-fille ont été le sujet de nombreux romans, mais Julie Foster a trouvé le moyen de nous présenter cette relation sombre et dure avec délicatesse et beaucoup de beauté. C'est un tour de force pour un premier roman d'une actrice que j'ai bien l'intention de On rappelle le

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titre La femme coupée en deux de Julie Foster, publiée au Quartanier. On poursuit avec ça les rivières de Patrice Gain, publié chez Albain Michel.

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Patrice Gain, il est surtout connu pour ses romans policiers. Mais ici, il publie vraiment un roman noir où il raconte l'histoire de Jess, une adolescente de 16 ans, seule au monde, rejetée par sa mère qui ne l'a jamais aimée et qui devient la victime d'un viol collectif organisé par son petit ami. Vraiment, elle a la vie dure. Complètement ravagée, elle se promène dans la cité avant de retrouver sa maison. une fois tout de suite après le viol, où sa mère la gifle en la traitant de pute et en la mettant dehors. Elle est poursuivie aussi par Jordan, le petit ami dégueulasse qui veut faire de l'argent avec elle en la prostituant. Sombre vie, disons. Elle marche jusqu'à une station-service où elle pense se jeter sous les roues d'un camion. Elle est sauvée par une fille qui s'appelle Nina, qui l'amène dans une petite communauté où elle découvre le calme de la nature entre montagne et rivière. Mais malgré la beauté qui l'entoure, elle devra continuer de fuir. Elle a froid, elle a faim, elle dort à la belle étoile ou dans des campements de fortune. Et à force de se faire violenter, elle devient violente à son tour et tue de sang froid les hommes qui veulent profiter d'elle. C'est un roman dur, profondément humain, par contre, où la nature est plus qu'un simple décor. On appelle ça des romans de, je ne connaissais pas l'expression, nature writing. Alors, ça en est un. Elle devient la nature nature devient un personnage et les montagnes, les rivières et les saisons font évoluer l'histoire et servent la trame narrative. C'est une histoire très rude, mais empreinte aussi de douceur et de joie que Jess saura partager avec sa fille, une petite fille autiste qu'elle élèvera toute seule après le décès de son amoureux. C'est un livre où on est constamment bousculé. On est entraîné dans des zones inquiétantes, mais comme Jess, on continue d'avancer au fil des années et on garde espoir d'un jour trouver le calme et la sénérité de la nature. C'est un livre bouleversant, un livre très, très intense.

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J'ai l'impression que c'est un livre qui nous habite longtemps après la lecture. Oui, oui, en effet. On rappelle le titre« Seules les rivières» de Patrice Gaine, publié chez Albain-Michel. On poursuit maintenant avec« La morsure du lac» de Florence Menet, publié chez Druide.

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Alors, tout le monde comme nous qui habite une grande ville agitée et bruyante a probablement un jour rêvé de s'installer dans un coin de campagne idéalement dans une belle forêt au bord d'un lac. L'héroïne du roman de Florence Meunier l'a fait, elle. Eleonore, une autrice de romans qui a enfin connu le succès, après avoir publié plusieurs ouvrages qui n'ont pas été reconnus, elle a de l'argent et elle décide de réaliser son rêve et d'acheter une maison au bord d'un lac dans les Hautes-Laurentides pour elle et son conjoint Christian. Celui-ci, c'est un clientèle à Montréal. Le projet, c'est qu'ils mettent fin progressivement à sa pratique en ville pour ouvrir un bureau dans la maison de campagne. La morsure du lac, c'est un roman noir de suspense qui se divise en trois intrigues. La plus bouleversante, c'est l'histoire de l'amour toxique qu'Éléonore a vécu avec le père de sa fille. Celui-ci, un professeur d'université malveillant et narcissique, réussira à détruire toute sa confiance et va la rendre profondément malheureuse. Même si elle a réussi à sortir de cette relation difficile, elle est encore fragile lorsqu'elle s'installe à la campagne dans ce village où elle est perçue comme une étrangère. Elle rencontre Jeanne, sa voisine, une femme âgée, qui a longtemps été professeure et qui aurait causé des problèmes à une famille du village, une famille qui habite juste à côté de chez Eleonore et qui élève des chiens retoileurs, des chiens inquiétants, pour notre héroïne qui aime se promener dans la forêt. Même si elle est bien entourée de son conjoint psychologue et de sa grande amie, Eleonore aura de la difficulté à apprécier la nouvelle vie qu'elle s'est organisée. Elle finira par douter de ce qui lui arrive et à remettre en question sa décision, car les vieilles blessures sont tenaces et refont surface, souvent sans prévenir. Hum, intriguant. Oui, tout à

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fait. On rappelle le titre« La morsure du lac» de Florence Menet, publié chez Druide. Et là, on termine avec« Cher» de David Solé, publié chez Albain Michel.

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Alors, ce livre-là a reçu le Booker Prize. C'est le prestigieux prix littéraire britannique qui est remis chaque année à un auteur de fiction qui écrit en anglais, mais un ouvrage qui doit être reconnu pour ses qualités littéraires et son originalité. Tous ces critères-là vont bien aux livres chers. L'histoire débute à Budapest où vit Yitzvan, un adolescent de 15 ans qui ne connaît personne, n'a aucun intérêt ou volonté de faire quoi que ce soit. Il ne surprend vraiment par sa passivité, son indolence. Quand on lui pose une question, il répond toujours« ok» ou« je sais pas». Lorsqu'une voisine plus âgée s'intéresse à lui, il répond à ses avances pour connaître une expérience sexuelle et aussi parce qu'il n'est pas capable de refuser. Et puis, il devient dépendant au sexe. Et lorsque la voisine le rejette, il insiste pour l'avoir et il rencontre son mari avec qui il a une dispute qui finit très mal. Edivan se retrouve en prison et ensuite il s'engage dans l'armée. Le roman se passe sur à peu près 40 ans, alors on fait des grands bouts. On le retrouve quelques années plus tard à Londres où il travaille comme portier d'une boîte de striptease. De fil en aiguille, il devient chauffeur d'un riche homme d'affaires suédois et il entame une relation avec Hélène, la femme de son patron. Encore une fois, la relation est initiée par la femme et c'est bien malgré lui parce qu'il ne veut jamais rien. C'est le hasard qui fait que le riche Marie décède, puis laisse la place à Edivan qui mène enfin la grande vie, devient père. Et alors qu'on sent enfin qu'il va éprouver un sentiment sincère pour son fils, un terrible accident met fin à la vie de château. C'est la chute brutale, la faillite et le retour en Hongrie dans l'appartement de sa mère. Edivan est un personnage étrange. On ne parvient jamais à le comprendre vraiment. Il est terne, sans rien d'attachant, il ne semble jamais à sa place, puis on ne peut pas dire qu'il soit vraiment intéressant. Mais on se demande pourquoi il nous fascine autant. C'est ce paradoxe qui constitue le charme de ce roman impossible à lâcher, qui occupe nos pensées longtemps après l'avoir fini. Et qu'on comprend pourquoi il a remporté ce prix-là. Oui, oui, mais c'est étonnant. On est surpris tout le long du roman, puis on se dit, mais il va-t-il arriver quelque chose? Il va-t-il se passer quelque chose avec lui? Puis, ça traîne, ça traîne, mais on veut savoir, fait qu'on est captivés quand

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même. OK, on rappelle le titre cher de David de Soleil a publié chez Albain Michel. Merci beaucoup, Diane, pour les belles suggestions. Ça m'a fait plaisir. À

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la prochaine!

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Vous écoutez Samedi de lire avec l'auteur invité d'Amélie Boivin-Enfield.

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On est déjà rendu à la conclusion de l'émission avec mon autre invité de la semaine, Gabrielle Inguich. Et j'ai envie de te demander, Gabrielle, est-ce qu'il y a une histoire que tu rêves d'écrire, mais que tu n'as pas encore osé aborder? Non, je dirais que j'ai toujours plein d'histoires qui me viennent en tête. OK. Mais pour savoir laquelle je vais écrire, j'attends que ça marine un peu, puis je vois s'il y a des couches de sens qui se rajoutent par-dessus. Des fois, c'est des idées qui sont trop faibles pour faire tout un roman. C'est juste une idée passagère que des fois, sur le moment, tu te dis, wow, c'est donc bien une bonne idée. Mais quand, avec le temps, ça fait comme, finalement, il n'y a pas tant de profondeur à ça. J'ai des idées, j'ai des fichiers, des fois, avec des petites trames et tout ça. Mais pour l'instant, les idées que j'ai vraiment envie d'écrire et qui me restent en tête, que je pense qu'il y a de la substance, je les écris. Il y a toujours d'autres livres d'écrit qui vont être éventuellement publiés peut-être cet automne? Oui. Ah oui? Mais tu ne peux pas en parler, c'est ça? J'ai signé deux autres contrats. En jeunesse, jeune adulte, adulte? Jeunesse, oui. Avec les éditions Planète Rebelle. Est-ce que tu penses que c'est vraiment un créneau que tu vas développer davantage? Je pense que oui. J'aime vraiment ça. Oui, j'adore. Puis j'ai vraiment hâte de rencontrer des lecteurs jeunesse aussi. As-tu commencé? Parce que je pense que tu es allée au Salon du Livre de Québec avec les Constellations de Daphné. Comment a été l'échange avec les jeunes? J'ai fait juste une petite plage horaire. Je n'ai pas encore eu le temps de voir beaucoup de gêne. Je vais attendre le prochain à Montréal pour en voir plus, mais c'était le fun. As-tu l'intention peut-être d'aller faire des rencontres dans les écoles pour aller les voir, ces lecteurs-là? J'aimerais ça, mais là, c'est le temps. Il faut faire des choix. Vu que je travaille à temps plein, je ne pourrais pas. Il faudrait que je prenne congé pour ça. Là, je prends déjà congé pour écrire. Mais j'aimerais ça, un jour, faire ça, je pense. Aller rencontrer des enfants. On te le souhaite. Merci. Est-ce que tu es active sur les réseaux sociaux justement pour les jeunes qui vont lire La Constellation de Daphné, qui auront envie de te faire des commentaires suite à la lecture? Oui, j'ai un compte Instagram sur lequel je partage mes lectures parce que c'est ça, je suis une grande lectrice aussi. Alors, j'aime partager sur ce sujet-là puis sur les bibliothèques. Donc, s'ils cherchent mon nom, Gabrielle English, c'est gabie.englishbookstop. Ça, c'est sur Instagram? Oui, sur Instagram. Est-ce que tu es sur Facebook? Non, j'ai juste mon compte personnel, puis je suis pas sur TikTok. J'ai essayé, mais... C'était pas pour toi. J'ai eu plus de difficultés avec ce contenu-là. Merci beaucoup, Gabrielle, de venir à l'émission. Merci de m'avoir invitée. Et j'invite les gens à se procurer ton plus récent roman Les Constellations de Daphné. Merci à vous à la maison. Passez une excellente semaine. Je vous retrouve la semaine prochaine pour une autre émission. Et entre-temps, vous pouvez nous suivre via Facebook, Instagram et sur toutes les plateformes de podcast. Bonne semaine! À la semaine prochaine!