Samedi de lire
Chaque semaine, Amélie Boivin Handfield reçoit un auteur.
Entrevue, coup de coeur, chronique littéraire et beaucoup de plaisir.
Samedi de lire
Samedi de lire avec Sophie Gagnon-Roberge - 2026
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Chronique littéraire avec Marie-Noëlle Paquette
Merci à tous.
SPEAKER_00Pour la prochaine heure, vous écoutez« Samedi de lire» avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bienvenue dans l'émission« Samedi de lire» et aujourd'hui, j'ai le grand bonheur de recevoir Sophie Gagnon-Reberge, alias Sophie Lee. Bonjour,
SPEAKER_02comment vas-tu? Bonjour Amélie, ça va
SPEAKER_03bien. Merci toi-même. Très, très bien. Très contente de te recevoir à mon micro et j'ai envie de te présenter aux auditeurs. Alors, tu es diplômée de l'UQAM en 2008 en enseignement. Tu as enseigné le français au premier cycle du secondaire. Tu es une grande passionnée de littérature jeunesse. Tu as rapidement cherché tous les moyens possibles pour partager ta passion avec Sous-titrage Société Radio-Canada
SPEAKER_02à lire là avec mes élèves. Donc, une année, je leur ai demandé de chacun me suggérer un livre à lire. Bon, cette année-là, j'avais 96 élèves. Quand même? Oui, qui m'ont fait une liste de 96 livres différents. Donc, c'était beaucoup. Mais je me suis mise à lire vraiment énormément, puis ça a fait en sorte que cette année-là, mes élèves ont lu aussi vraiment plus. Parce que chaque journée, je revenais, je parlais d'un livre que j'avais lu, un tel me l'avait suggéré, puis là, les élèves se sont mis embarqués dans la conversation. Mais là, j'ai comme saturé au point où j'ai... Comme je lisais vraiment beaucoup de livres, ça doit te faire ça toi aussi, là, À un moment donné, on oublie les livres qu'on a lus il y a quelques semaines parce qu'il y a les nouveaux qui sont arrivés dans notre cerveau. Et puis, ça me prenait un espace où je me disais, je vais garder des traces de ça. Et puis, mon copain de l'époque faisait des sites web. Donc, on a créé Sophie Lisa. Puis, c'est devenu ce que c'est devenu
SPEAKER_03maintenant. Wow! Puis,
SPEAKER_02ça fait combien de temps que ça existe? Ça fait 15 ans. On est à 3400 chroniques de livres sur le site. Donc, quand
SPEAKER_03même beaucoup. C'est incroyable. Bravo! Merci! Et au fil des années, tu t'es de plus en plus impliquée dans le milieu littéraire du livre pour adolescents, tant sur les réseaux sociaux que dans les salons du livre du Québec et même ailleurs. Tu offres des formations pour les enseignants ainsi que des ateliers littéraires pour adolescents afin de contaminer le plus de jeunes possible au plaisir de la lecture. Tu es également autrice. Tu as écrit deux livres pour les profs. Propager le plaisir de lire chez les élèves, activités et suggestions littéraires pour tous les goûts. Et quand enseigner la littérature prend tout son sens, repenser l'approche des lectures obligatoires et personnelles. Tu as écrit également pour les ados, derrière l'éclat de ton sourire qui abordait la suicide de ton frère, et la trilogie Petit meurtre entre amis, dérapage, mensonge, apparence, et plus récemment, Mon tourbillon invisible, où tu abordais le TDAH. Comment est née, justement, ta passion pour la lecture et l'écriture? Je pense
SPEAKER_02que ça a toujours été là. Moi, quand j'étais petite, j'étais cachée en dessous de mon lit. Dès que j'ai appris à lire, je cachais des livres, en fait, en dessous de mon lit, puis j'attendais que mes parents éteignent la lumière, je sortais ma lampe de poche, puis je lisais le plus longtemps possible, donc ça a toujours était là en moi. Puis l'écriture était comme liée. Donc, j'ai des carnets de trucs que j'écrivais quand j'étais toute, toute petite. Ma mère tenait un journal intime quand moi, j'avais 4-5 ans. Tous les soirs, je lui racontais ce que je voulais qu'on écrive dedans. Donc, c'est elle qui écrivait. Puis après ça, c'est moi qui ai pris le relais. Puis j'ai toujours gardé, dès que les émotions fortes sont sous forme d'écriture, que ça sort dans mon téléphone sous forme de fragments. Mais l'envie d'écrire n'a jamais vraiment dépassé ça. J'ai étudié en création littéraire au cégep, mais je m'en allais comme prof. Je savais où je m'en allais. Je ne voulais pas être devenir autrice. Puis à la mort de mon frère, c'est vraiment... Bien, il s'est passé deux choses. D'abord, j'ai noté beaucoup, beaucoup de fragments parce que j'avais beaucoup d'émotions. Puis la collection unique est sortie aux éditions Héritage, qui est une collection de livres poétiques à destination des ados sur des sujets qui sont... C'est de l'autofiction. Donc, on travaille vraiment à partir de la matière première. Puis le premier titre de Jonathan Bécotte, j'ai un blanc comme un ouragan, m'a vraiment frappée. J'ai adoré la force de ce texte-là, la forme graphique aussi de la collection. Tellement. Puis j'ai écrit à l'éditeur en disant« Hey, je pense que j'ai un texte pour toi.» Puis j'ai ramassé mes fragments, je lui ai envoyé l'extrait. Puis c'est ça qui a fait le début. Mais moi, je me disais que c'était juste un pas de côté et que je n'allais pas recommencer. Mais ça a comme ouvert une porte, je pense. Et après ça, je me suis mise à avoir d'autres idées en tête et à me dire« Pourquoi pas, finalement?
SPEAKER_03» Et là, tu nous reviens avec un premier roman, mais cette fois-ci pour adultes.« Nos sourires clignotants». Pourquoi avoir voulu tourner cette fois-ci pour les adultes, quand dans le passé, tu étais tournée pour les
SPEAKER_02ados? Oui, c'est encore une question de circonstances. En fait, j'ai vécu une scène, la première scène, le prologue de ce roman-ci, ça se passe dans un bowling, puis j'ai vécu cette scène-là. J'ai joué au bowling, ça ne s'est pas bien passé, puis j'ai pensé à mon père mort en disant« Est-ce qu'il va falloir que je me réconcilie avec toi pour redevenir bonne au bowling?» C'est vraiment niaiseux. Puis j'étais comme« Ah, ça, ça fera un bon début de roman.» Mais en même temps, je ne savais pas comment le tourner pour en faire un roman pour ados. Je ne voyais pas l'ado se dire ça. Je ne le plaçais pas dans ma tête. Donc ça, c'était une partie, puis j'ai rencontré Ingrid, mon éditrice. Je la connaissais déjà, mais on s'est croisées dans le salon du livre, puis elle m'a dit« Tu sais, si jamais t'écris pour les adultes, je serais vraiment intéressée.» Puis là, j'ai dit« Haha, ça n'arrivera pas.» Puis là, je suis repartie, mais j'avais cette scène-là en tête. Fait que deux semaines plus tard, j'ai envoyé 3000 mots, puis ça a été le
SPEAKER_03début. Wow! Est-ce que t'as envie de faire le résumé ou tu veux que je le fasse? Ah, j'aimerais ça que tu le fasses. OK, j'espère que ça va te convenir. Alors, ça raconte l'histoire de Simone, une organisatrice d'expositions partagées entre la Belgique et le Québec, qui mène de France sa vie de mère, son célibat et sa carrière créative. Pour tenir le coup, elle évite surtout une chose, faire face au deuil de son père, disparu un an plus tôt. Mais lorsqu'un appel vient bouleverser son quotidien, Simone n'a plus le choix. Elle doit affronter son passé tout en continuant à avancer. Entre remise en question, vulnérabilité et nouvelles rencontres inattendues, elle entame un chemin à la fois fragile et lumineux.
SPEAKER_02Ah, mais moi je trouve ça très beau.
SPEAKER_03D'où t'es venue l'étincelle de départ de ce roman-là? Tu l'as dit, c'est le bowling, mais l'histoire Oui. Moi,
SPEAKER_02je fonctionne toujours de la même façon quand j'écris, ce qui est un peu déstabilisant pour mes éditeurs et pour moi. C'est-à-dire que je pars avec une idée de départ, mais je ne sais pas où je m'en vais. Mais j'ai confiance que mon cerveau sait où on s'en va. Et donc, je savais que je voulais travailler le deuil du père parce que c'était cet aspect-là avec l'idée de devoir faire face à l'appartement avidé, mais je ne savais rien du reste. Puis, tout le reste s'est mis en place quand même au fur et à mesure du texte, où je sentais qu'il y avait des choses que je voulais aller explorer. Il y a des choses que j'ai mises en place au début, le travail de Simone, par exemple, par rapport à l'exposition, qui prend tout son sens à la
SPEAKER_05fin,
SPEAKER_02mais je ne le savais pas. Donc, oui, ma façon de travailler, c'est vraiment faire confiance à mon cerveau. Je me dis, mon cerveau sait où est-ce qu'on s'en va. On va le suivre, puis on va vivre ça ensemble. Mais finalement, tout ce qui est dans le livre est beaucoup tiré d'émotions réelles. C'est sûr qu'il y a des points qui me ressemblent à moi. Oui.
SPEAKER_03c'est ça que j'allais dire la prochaine question c'est ça parce qu'on peut faire tellement de parallèles avec toi et je me demandais quelle part de personnel a nourri cette histoire-là
SPEAKER_02en fait Simone c'est une personne fictive c'est vraiment pas moi c'est-à-dire qu'elle a des réactions qui des fois me ressemblent mais des fois pas elle a une vie qui lui appartient c'est sûr que j'ai nourri en fait je me suis nourrie de mes propres émotions donc par rapport au deuil du père par rapport au deuil du frère qui apparaît aussi à un moment donné puis par rapport au déchirement avec les enfants oui c'est ça entre le Québec et la Belgique. Parce que pour la placer, pour écrire pour adultes, moi, ce qui me stressait, c'est de me dire, j'écris pour les ados dans la vie, donc comment je fais pour écrire pour les adultes? Ça, c'est une question qui était pour moi stressante. Je me disais, si le personnage est mère, ça va faire en sorte que j'aurais pas le choix de prendre une posture qui va être différente dans l'écriture. Puis, je voulais qu'elle soit déchirée à un moment précis entre son père, la mort, le déni, mais aussi ses enfants qui avaient besoin d'elle. Puis là, je me disais, les enfants vont habiter chez en Gaspésie. Mais si les enfants habitent en Gaspésie, Simone, qui est à Montréal, peut prendre la voiture et s'en aller en Gaspésie. Une des choses qui m'appartient à moi, c'est que moi, je vis entre le Québec et la Belgique. Mes enfants sont là-bas. Puis on est en garde partagée un mois, un mois. Ce qui amène plein de belles choses et plein de choses difficiles. Mais entre autres, quand mes enfants sont malades ou qu'ils ont besoin de moi, si c'est très, très grave, oui, c'est sûr que je vais y aller. Mais dans le sens où il y a des moments où elles auraient vraiment aimé ça que je sois là. Puis je peux pas y aller parce que ça implique prendre un avion, ça implique plein de déplacements, ça implique des horaires vraiment compliqués. Donc, je voulais amener ça à Simone. Ce qui fait que ça donne l'impression à ceux qui me connaissent un peu que c'est vraiment moi.
SPEAKER_03Oui, moi, j'étais sûre que c'était toi.
SPEAKER_02Je me disais, elle a des jumelles. Oui, non, c'est ça. Je n'ai pas de jumelles. C'est vraiment, j'ai utilisé des parties de ma vie parce que je trouvais que c'était des bons ressorts de fiction, des ressorts dramatiques et intéressants pour elle. Mais Simone, ce n'est pas moi. Ce n'est pas une auto-fiction.
SPEAKER_03Mais quand même avoir une garde partagée entre ces deux pays-là, ça ne doit pas être évident. C'est pas évident. Surtout sur le décalage horaire, je te dirais.
SPEAKER_02La gestion du décalage horaire, puis c'est ça, cet aspect-là de les enfants. Des fois, elles ont besoin de moi, puis je ne suis pas là pour elles. Il y a le décalage qui fait que les six heures de différence font en sorte qu'il y a des moments où on voudrait se parler, mais on ne peut pas parce que moi, je suis dans des écoles, puis elles sont en soirée. Donc, il y a des choses que ça apporte, mais ça crée aussi des choses très lumineuses, je trouve. Comme moi, présentement, et les filles, c'est des ados aussi, comme dans le livre. Je trouve que ça nous sauve aussi le rapport familial. Je ne suis pas leur amie, je reste leur mère, mais comme je ne suis pas là un mois sur deux, ça crée un désir de passer beaucoup de temps ensemble quand je suis là-bas. Ça crée une proximité aussi. On s'écrit beaucoup quand je suis partie.
SPEAKER_03Donc, ça ouvre d'autres portes. Et Simon n'a pas beaucoup parlé du deuil de son frère, du deuil de son père avec ses filles. Est-ce que ça a été ton cas à toi ou ça, c'est de la fiction? Ça aussi, c'est de la
SPEAKER_02fiction. Ça aussi, c'est de la fiction. Moi, mes filles ont su l'histoire réelle. Moi, je ne veux pas trop parler du frère. Non, non. Parce que sinon, ça vende autre chose. Mais j'étais
SPEAKER_03curieuse de voir si tu avais vécu ça, puis ça, ça avait aussi nourri ta
SPEAKER_02création. Oui, oui. C'est sûr que... l'aspect de faire face à ces émotions-là, mais disons qu'il y a des parties de cette histoire-là qui ont des émotions réelles, mais non, j'aurais voulu faire plus de déni que ce que j'ai fait. Mais Simone, elle le fait, puis je trouve ça beau de pouvoir l'accompagner là-dedans, puis c'est comme une autre version, en fait. Je me dis que c'est une version de l'histoire qui aurait pu se passer,
SPEAKER_03mais qui n'a pas été réelle.– Bien oui, c'est intéressant de revisiter ce moment difficile de ta vie, mais d'une autre manière. Et le titre que j'aime beaucoup,« Les sourires clignotants», est-ce que c'est venu rapidement dans le processus d'écriture En
SPEAKER_02fait, ça, c'est un clin d'œil. à mon premier roman ado,« Derrière l'éclat de ton sourire». Dans« Derrière l'éclat de ton sourire», ça parle du deuil du frère, puis à un moment donné, on parle du père qui a un sourire clignotant. Je parle de son sourire clignotant parce que le père est dépressif. Puis, quand j'ai commencé l'écriture de ce roman-ci, comme je savais que je voulais parler du père, j'ai mis« Ton sourire clignotant» comme titre de travail, en me disant« On va trouver autre chose après». Mais quand j'ai voulu trouver autre chose, c'était comme« Ben non». Non, parce qu'il est trop bien, ce titre-là, pour pour le livre. Mais là, j'étais comme, oui, mais ce n'est pas juste le sien. C'est le sourire de plein de gens qui clignotent dans ce livre-là. Donc, c'est pour ça qu'on l'a fait passer au pluriel. Mais c'est un clin d'œil que je me suis
SPEAKER_03fait à moi-même.– Belle idée.– Merci.– Si tu me permets, Sophie, on s'arrête et on retourne, je veux qu'on continue de parler de nos sourires clignotants.
UNKNOWN– Parfait.
SPEAKER_02Ici Sophie Lorrain, vous écoutez« Samedi de lire» avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03J'étais toujours en compagnie de mon autrice invité de la semaine, Sophie Gagnon-Roberge, et je veux qu'on continue de parler de ton premier roman adulte,« Ton sourire clignotant». C'est une histoire qui est lumineuse, qui aborde la perte, la transmission, l'amour de l'heure et les superpouvoirs des rapports affectifs. Est-ce que tu savais dès le départ que tu voulais aborder tous ces thèmes-là dans le roman? Non
SPEAKER_02plus. Non plus? Non, ça s'est mis au travers. Mon point de départ, c'était vraiment le rapport au deuil, mais je savais aussi que je voulais que ce soit lumineux. Je voulais que Simone soit bien entourée, qu'il y ait quelque chose. Il y avait le deuil et le rapport à la maternité. Pour moi, c'était important. Mais oui, je voulais que ce soit lumineux. Je voulais qu'il y ait des moments doux. Je voulais que ce soit pas juste quelque chose de lourd. Je voulais vraiment qu'on reste dans cet aspect-là de lumière. Mais c'est à
SPEAKER_03ton image.
SPEAKER_02T'es
SPEAKER_03une fille lumineuse. Je pense que t'aurais pas pu faire un livre qui n'avait pas de lumière à l'intérieur. Ça aurait été difficile.
SPEAKER_02Ça aurait été vraiment difficile. Mais c'était quand même conscient d'amener du doux, puis c'est pour ça qu'entre autres, il y a un personnage qui arrive, qui amène un peu de moments plus légers, qui viennent s'agréfer à ça. Simone fait une rencontre qui, pour elle, vient rendre plus léger la façon dont elle traverse ce qui s'en vient.
SPEAKER_03Et ce qu'il y a, nous aussi, c'est beaucoup son réseau d'amis qui est très présent
SPEAKER_02pour elle. Oui, oui. Ses deux amis très proches sont là. Puis ça, c'est drôle parce qu'il y a un, bien, Jules, son ami très proche est fortement inspiré de mon ami Julien, qui a ce caractère-là qui est capable de rentrer dans Simone puis de la recadrer des fois, mais qui fait tellement de bien, justement, parce qu'elle porte une perspective différente puis un certain humour. Donc, oui, lui, j'avoue qu'il a été très inspiré du réel. Est-ce qu'il le sait? Il le sait. Il l'a lu. Puis, on en a fait des blagues parce qu'il disait« Ça ne pourra pas être une référence sur Tinder, Jean, parce que j'ai l'air des fois trop cash dans ton livre. Ça ne passera pas. Il y a trop d'affaires là-dedans qui me ressemblent.» en même temps, oui, non, il le sait et il le savait dès le départ. J'ai quand même demandé la permission. Quand je me suis rendue compte que je m'en allais vraiment dans cette direction-là et que c'était vraiment lui, comment ça sonnait, il le savait.
SPEAKER_03Est-ce que c'est le seul qui t'a inspirée pour un personnage du
SPEAKER_02roman? En fait, je me suis inspirée de certaines personnes quand même réelles, de certains caractères, mais par exemple, la meilleure amie de Simone, c'est un mélange. Mais je me suis rendue compte que, par exemple, sa collègue Raphaël, c'est une vraie Raphaël, c'est Raphaël, de la librairie Le Renard Percher, qui a un aspect très... Elle est adorable. Elle est super gentille. Mais elle est aussi... C'est la personne qui tient les chiffres. C'est elle qui tient la ligne droite au Renard. Puis je me suis rendue compte que je l'avais appelée Raphaël parce que dans ma tête, ça ressemblait à Raphaël. Donc, il y a ça. Puis c'est sûr que la personnalité des deux filles de Simmons sont inspirées de mes filles à moi. Ce qu'elles vivent dans le livre, c'est absolument de la fiction. Mais je me suis basée sur leur caractère pour créer ces personnages-là,
SPEAKER_03oui. Intéressant. Puis est-ce qu'il y a une scène en particulier qui a été difficile à écrire pour toi?
SPEAKER_02Oui. En fait, dans ce livre-là, il y a une scène inutile. Là, je te pose une colle. Mais j'essaie de penser. Quelque part dans le livre, il y a une scène absolument inutile. Puis j'ai un ami qui avait lu le livre avant sa parution, puis il m'a dit, cette scène-là, elle ne sert à rien. Comme pour vrai, tu peux l'enlever. Je ne vois pas où est-ce que tu t'en vas. Je cherche. Mais parce que Simone doit aller vider l'appartement de son père, puis elle ne veut pas y aller. Puis en fait, je je me suis rendu compte que moi, je ne voulais pas l'écrire. Donc, juste avant, il y a une scène où elle a peur d'un ours quelque part dans le bois. Cette scène-là, elle ne sert à rien. Elle ne fait pas avancer l'histoire. Elle ne sert à rien. Le caractère de Simone, on n'apprend pas grand-chose sur elle. À part, elle continue dans son déni et dans le« je ne veux pas y aller». Mais cette scène-là, c'est moi qui ne veux pas aller à la scène suivante. Puis, je l'ai laissée en sachant qu'en effet, j'aurais pu l'enlever du livre après. Je n'avais pas besoin de la laisser là une fois qu'elle a été écrite. Mais pour moi, c'est… pour faire comprendre. Oui, elle est importante dans le côté de je veux repousser. Je vais inventer des affaires pour ne pas être obligée d'y aller. En fait, ça faisait vraiment écho à moi. Puis, tu sais, il y a un mot où elle arrive là, puis elle dit, OK, je suis là, j'ai fait le plus... Tu sais, je pensais que je faisais le plus difficile en me rendant sur place. Puis en arrivant, je me rends compte qu'en fait, non, je n'ai rien fait. Je me suis juste déplacée physiquement. Puis c'est maintenant que le plus difficile est là. Puis en fait, c'est exactement ça. Moi, j'étais derrière mon ordinateur en panique. Je ne savais pas où je m'en allais parce que je savais que j'arrivais dans cette scène-là. Puis je n'avais pas envie de revisiter ce moment-là de ma vie aussi.
SPEAKER_03Mais ça me fait penser à une scène où justement, Simone est dans la voiture avec les trois filles. Oui. puis ils s'en vont justement à l'appartement, puis là, elle fait plein de détours, puis là, les filles dans l'auto font« Maman, qu'est-ce que tu
SPEAKER_02fais là?»– Bien, c'est très Simone. C'est vrai que ça fait écho aussi, mais tu sais, c'est des moments où elle ne veut pas aller plus loin, puis elle se force, là, les filles vont la ramener sur le droit chemin, en effet. Mais tu sais, c'est ça, c'est très Simone préfère le déni à affronter la réalité, là, mais elle n'aura pas le choix, puis je pense que c'est bien aussi. Moi, ça m'a aidée, en fait, je me rends compte qu'en ayant écrit ça, j'ai revisité les émotions du deuil. J'ai revisité les émotions que j'ai vécues à ce moment-là précis où mon père est mort. La relation avec le père est quand même très réelle. Les petits fragments où on raconte la relation avec le père, c'est quand même vraiment tiré du réel et de la réalité de ce que moi, j'ai vécu. Donc, j'ai revisité la perte et le sentiment de la façon dont le père de Simone meurt est quand même particulière. Elle n'est pas super bien. Ça m'a permis d'aller creuser ça aussi tout n'est pas réel. Il y a de la fiction. Mais ces émotions-là sont vraies,
SPEAKER_03oui. Et qu'aimerais-tu que les lectrices et lecteurs retiennent de Simone une fois le livre fermé? Ah, c'est
SPEAKER_02beau. La partie lumineuse, la partie, tu sais, quand on affronte, puis Simone, sa façon d'affronter, ça va être aussi d'aller chercher dans ses forces à elle. Puis quand j'ai trouvé comment elle allait justement parler à ses filles de son père, puis de ce qu'elle avait vécu, d'aller chercher dans sa force à elle, je trouve que c'est ça. S'il y a un message à retenir, c'est, tu sais, les forces sont là, il faut juste être capable d'aller les chercher pour les utiliser de bonne
SPEAKER_05façon.
SPEAKER_03Et dans un précédent roman, j'ai dit tantôt, tu abordais le suicide de ton frère. Dans le roman, Simone a également perdu son frère par suicide. C'est important pour toi de parler de ce sujet-là. Puis même la fille de Simone a une certaine dépression, elle ne va pas bien. Je pense que c'est un... En tout cas, j'ai l'impression que pour toi, c'est comme un devoir que tu te fais d'aborder ce sujet-là qui peut être parfois houleux, difficile à traiter.
SPEAKER_02Oui, bien, en littérature jeunesse, on dit souvent qu'il ne faut pas avoir justement... pas parler de suicide. Moi, je Ça, je
SPEAKER_03pense qu'il
SPEAKER_02faut qu'on en parle. C'est ça. Moi, je pense que les ados ont aussi besoin qu'on en parle, mais surtout qu'on parle de ceux qui restent, en fait, parce qu'il y a l'aspect, tu sais, parler de… pas nécessairement du suicide en tant que tel, mais de ce que ça fait à ceux qui restent. Parce que je pense qu'il faut y penser aussi, puis il faut être capable de traverser ça quand ça nous arrive. Donc, oui, puis… mais ce n'était pas prévu. Je n'avais pas… ça, ce n'était pas un sujet qui était prévu. C'est arrivé comme ça.
SPEAKER_03Est-ce que ça arrive souvent que tu te fais surprendre dans
SPEAKER_02l'écriture? Oui. Ah oui? Oui, oui. Mais puis dans ce cas-ci, c'est une phrase précise que j'écris dans le texte, puis quand je l'écris, j'ai fait« et ok». bien, je n'aurai pas le choix. On va y aller. Mais oui. Mais pour vrai, c'est un peu ésotérique, mon rapport à l'écriture. J'ai l'impression, là, tu sais, moi, si tu me demandes de faire un plan, je vais te faire un plan, mais probablement que ça ne ressemblera à rien de ce qui va être là après. Parce que j'ai vraiment l'impression que je place des choses au début, puis mon maîtresse m'a dit, tu sais, fais-toi confiance, là, tu sèmes des graines, il faut juste que tu les regardes pousser. Puis c'est ça. Je place des choses au début qui, pour moi, n'ont pas nécessairement de sens, puis au fur et à mesure, ça prend tout son sens aussi. Puis j'ai juste à le voir, comment ça éclore. Et
SPEAKER_03quelle a été la réaction de ton entourage? Je pense à tes filles, peut-être à ton ex. On va penser peut-être que c'est eux. Oui. Est-ce qu'ils t'ont lu avant que ça soit
SPEAKER_02publié? Non. Ils m'ont donné la permission. Ma plus vieille a lu le début, puis justement, elle a reconnu son caractère, le caractère de sa soeur. Elles ne m'ont pas lu encore. Mon ex n'a pas l'intention de me lire, le père de mes filles, mais j'ai dit, ah, je m'inspire un peu de notre vie, est-ce que c'est correct pour toi? Puis lui était comme, oui, pas de problème. Donc, tu sais, ça, mon entourage, ma mère l'a lu aussi avant, parce que je voulais être sûre, il y a le personnage de la mère aussi qui est inspiré d'elle, puis je voulais être sûre que c'était correct avec elle la façon dont c'était présenté. Parce que justement, je joue avec le réel, même si c'est de la fiction. Puis c'est ça qui est un peu difficile parce que, tu sais, elle s'est fait demander par la famille, par des amis, qu'est-ce qui est vrai? Ça, est-ce que c'est réel? Ça, est-ce que c'est réel? Parce qu'il y a des gens qui pensent me reconnaître aussi à travers ça. Puis là, ils se disent tout ça est vrai, alors que ça ne l'est pas nécessairement. Donc, le problème avec le livre, c'est que je joue avec ces frontières-là. Est-ce que le livre va être disponible en Europe? Il est disponible, je pense, en numérique en Europe, mais je ne sais pas. Pour le reste, je t'avoue que... Ce
SPEAKER_03n'est pas prévu pour l'instant.
SPEAKER_02Ce n'est pas prévu pour
SPEAKER_03l'instant. OK. Ça va rester de ce côté-ci, de l'autre côté-ci. Et comment ton écriture a-t-elle évolué depuis tes débuts en tant qu'autrice? Est-ce que ça a été plus facile d'écrire ce roman-là pour adulte que pour ado? Non. Il n'y a rien de facile dans
SPEAKER_02l'écriture. Non. Je pense que ce qui a évolué, c'est que je me fais plus confiance dans le sens où je comprends plus mon processus de création. Je sais que moi, j'écris de... J'ai pas besoin de beaucoup de réécriture parce que quand j'écris, si j'avance dans le livre, c'est que ce qui est en arrière est correct et bon. Puis que si ça bloque puis j'arrive plus à écrire, c'est qu'il faut que j'aille retravailler quelque chose en arrière. Donc, une fois que le texte est final, je veux dire, je vais retravailler. C'est sûr qu'il y a des coquilles, des phrases, des synonymes, des trucs, des répétitions. Mais le cœur du livre OK. Oui. Puis là, maintenant, je comprends plus ce processus-là. Je sais que quand je bloque, c'est parce qu'il faut que j'aille en arrière. Tu sais, je comprends plus comment je fonctionne, mettons.– T'es mécanique.– Mais ce n'est pas plus facile.
SPEAKER_03– OK. Puis est-ce que le regard de ta communauté en ligne, ça, philippe.ca, influence ta façon d'écrire ou de
SPEAKER_02publier?– Bien là, c'est très stressant pour celui-là. Disons qu'il ne faut pas penser à la communauté parce que, justement, je m'en vais complètement ailleurs. Puis de dire, j'écris un récit psychologique pour les adultes, c'est comme vraiment bizarre pour la fille qui… La poésie pour ados a passé. Elle est recommandée, mais c'est beaucoup les médiateurs qui vont la recommander. Ce n'est pas tant les ados qui vont la chercher, mais la série Petit meurtre entre amis fonctionne très bien. Les ados viennent la chercher, mais c'est une autre facette de moi qui est tellement différente qu'il ne fallait pas que je pense à ça en l'écrivant. Il y a eu un moment quand même où j'écrivais en parallèle Nos sourires clignotants puis le troisième tome de Petit meurtre entre amis. Et là, c'était très schizophrène dans ma tête parce que justement, c'était deux formes d'écriture. Mais en même temps, je pense que ce que je garde de la plume ado, c'est l'intensité. Tu sais, ça va vite, là, dans nos soins de clignotant. Il n'y a pas tant de descriptions de temps mort. Bien, il y a une scène qui ne sert à rien, mais à part celle-là, tu sais, il y a comme un rythme, une intensité que je trouve qui est très liée à la littérature ado que j'ai gardée dans la plume adulte. Donc, tu sais, on pourrait se retrouver aussi, mais, tu sais, mes lecteurs ados ne vont pas aller lire celui-là non plus parce que c'est...– Ou peut-être plus tard.– C'est différent.
SPEAKER_03Peut-être plus tard, oui, oui.– Si tu me permets, Sophie, on s'arrête et au retour, je comprends. parle de ton ou de tes coups de coeur littéraires.
UNKNOWNParfait.
SPEAKER_06Ici Mélissa Perron, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03On est maintenant rendu au segment des coups de coeur littéraires de mon autrice invitée de la semaine, Sophie Gagnon-Roberge. Qu'est-ce que tu as envie de présenter aux auditeurs comme coup de coeur? Dans les dernières
SPEAKER_02lectures que j'ai faites, il y a entre autres Comment Charlotte captura la mer, qui est un album à destination des enfants, je dirais 4-8 ans, mais c'est vraiment large parce que c'est très très beau en fait. C'est l'histoire de Charlotte, une petite fille qui chaque été va voir sa grand-mère sur le bord de la mère, puis elle adore ces moments-là qui sont vraiment très précieux pour elle. On sent vraiment leur complicité. Puis là, Charlotte, elle voudrait ramener la mère chez elle. Elle veut regarder ce sentiment-là, cette émotion-là pendant toute l'année. Mais c'est pas comment faire pour capturer la mère. Comment on fait ça? On peut pas ramener la mère. On peut pas ramener la grand-mère non plus. Comment on gère ça? Puis en fait, elle va se faire un bocal à la mère. C'est comme une espèce de peau maçon. Au lieu d'être une boule qu'on verse à l'envers, elle se fait un bocal avec une espèce de peau maçon où elle met des coquillages, des algues, du sable puis de l'eau de mer. Puis c'est vraiment ça qu'elle va ramener après. Puis je trouve que c'est une belle façon de montrer aux enfants comment on peut garder des souvenirs de petites choses, comment on peut ramener ces émotions-là aussi. Puis en fait, ce qui m'a vraiment attirée dans le livre, c'est le travail extraordinaire de l'illustratrice Catherine Petit qui a vraiment réussi justement à capturer la mer dans ses illustrations. Catherine, elle travaille vraiment à la main. Elle a pris l'aquarelle, qui est un médium qui a quand même beaucoup de transparence. C'est elle-même qui m'a expliqué ça. J'ai l'air d'avoir l'air brillante, mais parce que c'est ça, ça permet la transparence, puis on voit vraiment la mère dans chacune des pages, et c'est assuré que même les scènes qui se passent à l'intérieur, il y a toujours une fenêtre qui montre la mère. Donc, elle est là, il y a des clins d'œil faits dans les chevelures aussi, des personnages. Il y a plein de petits détails qui font en sorte que la mère est vraiment présente partout, tout au long du livre, puis ça m'a vraiment séduite. Moi, la couverture, je la trouvais extraordinaire. J'ai commencé le livre, puis j'ai été happée par cette histoire-là. Donc, pour moi, c'était un coup de très récent.
SPEAKER_03– Tu me donnes vraiment envie de le lire. C'est publié chez quel éditeur?
SPEAKER_02– Alaska.– OK. Intrigant.– Merci.– Puis, il y a un ajout avec les éditions Alaska. Là, on peut mettre, il y a comme une application qu'on peut utiliser, puis ça fait partie, il y a comme des images qui vont prendre vie aussi. Ça, c'est cool. C'est un petit ajout intéressant aussi. Sinon, j'ai aussi Piscine-Versailles. Là, on est pour les plus vieux. La Piscine-Versailles, c'est adolescente, mais comme 14+, quand même, parce que les thématiques sont quand même ardues. Puis, c'est Julie Etu qui a publié ça chez L'Homéac. Et moi, Julie Etu, c'est C'est comme une autrice qui est apparue dans mon radar l'année dernière avec« Laissez brûler l'oreiller rose», je pense, qui était aux éditions 2. Je trouvais qu'elle avait une écriture vraiment particulière. C'est très littéraire, mais en même temps, ça reste accessible aussi. Puis dans« Piscine Versailles», c'est l'histoire de Amour. On est en 1993, puis Amour travaille à la piscine municipale pendant l'été. La piscine Versailles, mais c'est vraiment un quartier défavorisé. Donc, les jeunes qui viennent, souvent, ils n'ont pas nécessairement à manger. Comme l'été, il n'y a pas d'école pour les nourrir non plus. Ils ont des réalités familiales plus difficiles. Il y a une enfant, entre autres, avec qui elle va s'attacher. Puis, Amour, elle tient un carnet. Puis, elle va offrir un carnet à cette petite fille-là aussi pour lui permettre de partager ses émotions à travers ça. Puis, Amour, on comprend dès le début qu'il y a eu un clash avec sa meilleure amie. Ils ont vécu une soirée difficile dans un party ou clairement, c'est parce qu'il y a quelque chose qui est traumatique d'amour, mais on ne sait pas ce que c'est. Puis tout au long du livre, on a des petits indices qui vont réapparaître, qui vont nous guider. C'est vraiment sa façon de rendre ces personnages-là un peu poqués. Je trouve que c'est très, très sensible. C'est très authentique. Son ado, son personnage principal, on y croit dès le départ. Puis on a envie de l'accompagner. On s'intéresse aux enfants qui sont là aussi. Sa façon de représenter, elle va faire amener, elle va faire genre de la Honda Civic dans le sable. Elle a un petit côté un peu rough un peu brut de décoffrage, mais vraiment aussi une sensibilité par rapport au mot, par rapport à son environnement, une empathie pour les enfants qui l'entourent. Ça m'a vraiment transportée. C'est une toute petite plaquette. Moi, quand je lis, ça va peut-être te stresser, mais quand je lis et que j'aime un passage, je plie des pages.
SPEAKER_03Moi, je
SPEAKER_02souligne. Même chose, même peut-être pire, souligner. Mais c'est ça, je corne les pages des livres que j'ai il y a un passage que j'aime, puis là, je peux voir après mon exemplaire du livre, comment il est corné, tu sais, ça me donne, est-ce que l'écriture était vraiment belle? Puis, bien, ce livre-là est corné, mais comme vraiment, parce qu'il y a plein de phrases où j'ai fait, c'est vraiment beau, c'est vraiment beau, ça me parlait, je lisais des phrases à mon ami qui était à côté de moi pendant que je lisais, parce que j'étais comme, tu comprends pas, comme c'est vraiment bien écrit, tu sais, c'est vraiment, puis je trouve ça beau, parce que des fois, c'est pas quelque chose auquel on fait attention en littérature pour ados aussi, bien, en littérature pour ados, en littérature pour adultes non plus, là, tu sais. Mais ça, je trouvais que, oui, il y a vraiment des belles, belles
SPEAKER_03phrases là-dedans. Ah, mais tu me donnes vraiment envie
SPEAKER_02de lire. Je pense que c'est dans le troisième. Oui, en fait, c'est le dernier de Clémentine Bovet, qui est une spécialiste de la littérature, jeunesse. La fille, elle est prof à l'université en Angleterre. Elle fait des traductions, elle écrit. Elle est hyper gentille, vraiment, vraiment intéressante à écouter parler de la littérature, du rapport à la littérature, du rapport à l'enfance. fonce aussi. Puis elle a sorti une série de livres autour de Pierre Bayard. Pierre Bayard, c'est un vrai chercheur français sur la littérature où, en fait, il essaie de mieux comprendre ce qui se cache dans les livres. Puis là, elle a créé un personnage qui s'appelle Pierre Bayard détective dans une France un peu fictive où il y a des chevaliers des lettres qui sont les personnes les plus importantes parce qu'ils comprennent les livres, ils analysent les livres, c'est les personnes les plus importantes. Mais Pierre Bayard n'a plus le droit de faire son travail parce que lui, il fait des enquêtes vraiment étranges. Puis, des fois, ils cherchent des affaires qui n'ont pas rapport, puis ils sortent des théories un peu bizarres à propos de livres, donc des théories dont on n'a pas besoin, selon les grands chevaliers, tu comprends. Mais là, le premier tome, c'est sur Le Petit Prince, puis moi, Le Petit Prince, je l'ai enseigné quand j'étais prof, puis à la fin, je l'ai tellement enseigné que j'en pouvais plus. Tu sais, souvent, mes élèves l'avaient déjà lu quand ils étaient plus jeunes, leur réenseigner, montrer l'intérêt du Petit Prince à des ados de 12-13 ans. Des fois, c'est pas la chose la plus évidente. Puis là, il dit qu'il y a un mystère dans Le Petit Prince. Il y a quelque chose par rapport au narrateur qu'on n'a pas vu. Puis c'est basé sur des vraies recherches de chercheurs sur Le Petit Prince. Et là, mon rêve, c'est de retourner enseigner Le Petit Prince, que je ne pourrai plus jamais lire de la même façon. Ça a tout changé mon rapport au texte. Puis c'est vraiment comme, faites gaffe à ce que vous lisez. Il y a des indices dans le texte, des fois, qu'on laisse passer parce qu'on est trop sûr de d'autres choses. Ça a retourné. J'ai trouvé ça extraordinaire. Le deuxième tome, c'est sur Peter Pan. J'ai peut-être... un peu moins aimé parce qu'il a un côté un peu fantastique, puis je trouve que c'est peut-être pas sa force à Clémentine Bovet, le fantastique. Mais c'est encore là super intéressant. Elle amène d'autres choses encore là entre la relation entre Peter Pan et le capitaine Crochet. Qu'est-ce qui fait qu'entre les deux, c'est autant la guerre? Qu'est-ce qui nourrit ça? Il y a des indices dans le texte qui peuvent nous l'expliquer. Encore là, ça change ma perspective du livre. Puis le dernier qui vient de sortir, c'est Code Petite Sirène. Puis là, on s'intéresse au conte de la Petite Sirène de Anderson. Et là, Pierre Bayard est dans une croisière, puis les va croiser de l'agente secrète danoise, qui a besoin de démystifier un code secret, mais c'est tellement bien fait. Puis on floue vraiment le rapport au réel aussi dans ce livre-là. C'est hallucinant. Pour moi, c'est comme une écriture qui rappelle celle de Daniel Pénac, qui va parler aux plus jeunes grands lecteurs avides. À peu près quel âge, mettons, minimum? C'est ça qui est difficile, parce que, mettons, quelqu'un, une très, très grande lectrice-lecteur pourrait lire à 10-11 ans parce qu'ils vont y trouver des choses, mais les adultes aussi peuvent lire des choses. C'est ça, c'est très... C'est publié en jeunesse, mais c'est sûr que si t'aimes pas lire au départ, va pas là, parce que c'est compliqué, là. Puis les personnages, tu sais, ils s'appellent Minupil, Botcase, justement, il y a plein de choses qui vont se passer. Pour moi, il y a un côté très Daniel Pénac là-dedans, mais c'est très, très riche. Puis là, chaque tome qui passe, on est comme, elle creuse aussi son univers, on sait qu'il va en avoir cinq. J'ai vraiment
SPEAKER_03hâte.– Ah là, tu me donnes vraiment envie de lire ça. J'ai pas du tout entendu parler de ce livre-là, alors j'ai très, très envie de le lire.– Bien voilà. Et je l'ai dit au début de l'émission, Sophie, tu lis à peu près 250 livres par année. Est-ce que tu lis surtout du jeunesse ou tu arrives à lire des trucs
SPEAKER_02adultes qui allient pour ton plaisir personnel? Mon plaisir personnel se trouve en jeunesse aussi. En fait, c'est ça. Je lis de l'adulte généralement quand je prends des vacances. Une semaine à Noël, une semaine l'été, par exemple, où là, je vais aller lire de l'adulte. Mais sinon, c'est très, très rare parce qu'ils en publient tellement de littérature jeunesse, littérature ado, que moi-même, je n'arrive pas à passer à travers toute la production Puis c'est tellement diversifié que c'est ça, il y a des fois, comme toi, j'imagine, il y a des livres que je lis parce que c'est pour mon travail, parce que je dois faire quelque chose avec, puis que voilà, ceux-là, je n'ai vraiment pas le choix. Mais il y a aussi des livres que je vais chercher juste pour moi, juste parce que ça me tente, juste parce que j'ai envie de découvrir cette plume-là ou de suivre tel auteur. C'est rare que j'avance dans les séries, par exemple. Je vais lire souvent les premiers tomes, puis après les suites, on n'a plus besoin de moi pour les présenter. Donc, c'est rare que je vais poursuivre des séries, mais il y en a quelques-uns où j'avance. Il y a le quatrième tome, de la série Nevermore, qui pour moi, les amateurs d'Harry Potter, il faut regarder Nevermore, pas Nevermore de Mercredi Adams, mais un autre, de Morgan Crowe. Et en fait, le quatrième tome vient de paraître après cinq ans d'attente. Puis ça, c'était une lecture bonbon dans laquelle je me suis jetée avec tellement de bonheur. Là, j'avais l'impression d'être en vacances. Puis je trouve que des fois, on a l'intention, on la regarde un peu de haut, la littérature jeunesse, mais il y a là-dedans des telles perles puis des livres aussi qui viennent nous déranger, qui viennent nous nourrir aussi de façon littéraire. Donc, je pense que c'est ça. Je n'ai pas besoin de sortir de ça, en
SPEAKER_03fait. Mais je comprends parce que moi aussi, mes lectures personnelles, c'est uniquement en vacances parce que le reste du temps, c'est pour le travail. Mais ça n'empêche pas qu'on a du plaisir et qu'on découvre des trucs qu'on n'aurait pas lus si on n'avait pas eu à les lire pour le travail. C'est ça, exactement. Si tu me permets, Sophie, on s'arrête pour la chronique littéraire et on se retrouve pour la conclusion de l'émission.
SPEAKER_01Ici
SPEAKER_03Mélissa Morlun-Dupuis, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie
SPEAKER_04Boivin-Enfield.
SPEAKER_03C'est maintenant le temps de la chronique littéraire en compagnie de Marie-Noël Paquette. Bonjour, comment tu vas? Ça va très bien, Amélie, toi-même? Très, très bien. Et on commence ce mois-ci avec la poétesse de Ying Chen, publiée chez Le Meac.
SPEAKER_01Oui, c'est un livre qui nous ramène au temps des grandes dynasties, plus spécifiquement la dynastie Song. C'est une période marquée par un tournant important dans le domaine des sciences et des technologies. Et c'est pendant cette période également qu'émerge le talent de la poétesse Li Qing Zhao. J'espère que je le prononce correctement. Et donc, sortant des carcans très stricts reliés à l'écriture de la poésie de l'époque, elle se plaît à rédiger des poèmes simples axés sur l'attente, l'amour et les sentiments. Et leur forme est plus intuitive, tournée vers le personnel et la musicalité des rimes. Et l'autrice Ying Chen s'est penchée sur l'histoire de cette poétesse ainsi que son leg. Elle le fait en racontant sa vie à la principale intéressée. C'est intriguant. Par exemple, un soir, pendant le repas, votre papa, qui lisait seulement vos dissertations que lui vantait votre instituteur, vous a tout à coup annoncé que son collègue ami, un lettré influent, avait lu vos poèmes avec intérêt. C'est une citation du livre, juste pour vous montrer un peu de quel type de narration il s'agit. Et donc, le roman est peuplé de chapitres nommés parenthèses où l'autrice et la poétesse s'interpellent, réfléchissent, interagissent et confrontent parfois leurs perceptions à un monde de distance. C'est un roman en doux, lumineux, à l'ambiance suspendue. C'est un peu à l'image que je me fais de la Chine de cette époque, en somme.
SPEAKER_03On rappelle le titre« La poétesse» de Ying Chan, publié chez Le Meac. Et là, on y va maintenant avec« L'amulette» de Michael McDowell. C'est publié chez Alto.
SPEAKER_01Oui, j'ai plusieurs choses à mentionner autour de cet auteur et de ses livres, et plus spécifiquement, bien sûr, autour de l'amulette. Premièrement, vous ne pouvez pas le voir à la radio, mais la couverture du livre est magnifique avec ses enlumineurs. Complètement. Tous les livres publiés par les éditions Alto pour cet auteur présentent ce visuel distinctif, reconnaissable entre toutes les autres parutions de l'éditeur. C'est un souci du détail pour un format de poche qui en fait un objet abordable à entreposer dans sa bibliothèque. C'est très joli. Deuxième élément, les textes de cet auteur remontent aux années 80. La mulette a même été son premier livre publié en 79. Et bien que ce soit son plus récent titre, vous pouvez en trouver déjà plusieurs autres, dont la fameuse série Blackwater. Qui est très bonne. Oui, effectivement, avec une fin un peu particulière. Et troisième élément ici, et justement, c'est mon opinion personnelle à la suite de mes lectures des autres œuvres en français de l'auteur. Pour moi, McDowell représente bien l'adage que je modifie un petit peu. La lecture est un voyage et pas une destination. Je vous partage cette impression car je considère que l'auteur maîtrise le sens de l'histoire, mais ses fins m'ont souvent laissé un peu perplexe ou un peu sur ma faim. Et pour un roman de plus de 500 pages, je pense qu'il faut en être averti. Cela dit, j'y retourne toujours car le voyage en vaut vraiment la peine. Dans l'amulette, la prémisse est simple. Quiconque tombe en possession de cet intrigant collier tuera avant de mourir lui-même, à rien de moins. Et c'est Joe Howell qui l'a mise en circulation car elle tient la terre entière responsable de la condition de son fils. Alors qu'il s'entraîna en vue d'être envoyé au Vietnam, son fusil lui explose au visage, le laissant défiguré et carrément légume. Sarah, sa belle-fille, sera la première à soupçonner le bijou de jouer un rôle dans l'accumulation des morts qui accablera une petite ville de l'Alabama. Le portrait que dresse l'auteur de sa région natale des années 60, de la vie de ses habitants, est vraiment intéressant. Il réussit à créer une ambiance enveloppante qui nous amène à tourner les pages, toujours avec une touche d'humour noir. Un bon moment de lecture pour ceux qui souhaitent se lancer.
SPEAKER_03On rappelle le titre et l'amulette de Michael McDowell, publié chez Alto. On poursuit maintenant avec« À toi, sinon qui» de Lauriane Derouin, publié chez Stanké.
SPEAKER_01L'autrice qui rédige habituellement du théâtre pour adultes ou adolescents sort un premier roman qui met en vedette un personnage tombé dans les failles du système. En effet, Tania a des parents inaptes à s'occuper d'elle et elle finit par abandonner l'école et erre sans but. En fait, ce n'est pas tout à fait vrai. Son amitié indéfectible avec Liberté, à la vie et à la mort, est tout ce qui compte pour elle. Malheureusement, elles se retrouvent séparées alors que Tania entre en centre jeunesse. Les parents de Liberté l'emmènent à Toronto, sûrement contre son gré, c'est certain. Son plan est clair à Tania. Elle sortira du centre de jeunesse et ira retrouver sa meilleure amie. Et c'est ce qu'elle fait, accompagnée de son nouveau compagnon, Golden Enki. Ce jeune homme semble aussi seul au monde qu'elle. Il est doux, aimable et aide Tania à garder le cap. Ensemble, ils vivront un voyage haut en couleurs dans la ville ontarienne. Ils y rencontreront plusieurs personnes qui soutiendront leur entreprise, chercher une aiguille dans une botte de foin. J'ai pas pu m'empêcher d'y voir un peu de la bête de David Goudreau, Peut-être par le thème, une jeune fille assez poquée qui essaie de se débrouiller comme elle peut. Tania n'a pas été choyée dans la vie, mais elle était incroyablement dégourdie. J'apprécie l'humanité de l'histoire, malgré les moments plus difficiles qui se retrouvent également.
SPEAKER_03On rappelle le titre à toi, sinon qui, de Lauriane Derouin, publié chez Stanquet. On y va maintenant avec Saint-Nicolas des Marais, de Alex McCann, publié chez Alto.
SPEAKER_01J'aime me faire raconter des histoires et celle-ci ne m'a pas déçue. Nico est le nouveau gardien de phare. Sa mère vient d'être mise en terre, non sans laisser à son fils un héritage que plusieurs qualifient de surnaturel ou carrément de diabolique. Après tout, elle était une sorcière. Nico prend autant soin des marins en guidant leur navire qu'en leur ouvrant sa porte la nuit venue. Au village côtier, sa présence est tolérée, tout comme celle des nombreux orphelins rejetés par la communauté et dont les soins sont assurés. Sous-titrage Société Radio-Canada Et la plupart le resteront très longtemps. Cette touche surréelle rappelle un peu le conte. Et c'est ce que je vous décris, ce n'est que le début. Cet avari qui est le froid attisera la colère et la haine du village envers Nico. Guidé par la peur, une série d'événements s'enclencheront et mèneront à une confrontation finale entre Nico et le village de Saint-Nicolas-des-Marins. Mais, comme je le mentionnais, le livre emprunte au conte, tout en restant très littéraire et même poétique parfois. Je me suis laissé porter par l'histoire comme par une vague.
SPEAKER_03On rappelle le titre Saint-Nicolas-des-Marins de Alex McCann, publié chez Alto. On y va également avec un autre livre de chez Alto,«Inondables» de Marilyn Busque-Dubois, publiée chez Alto.
SPEAKER_01Il s'agit d'un premier roman pour l'autrice qui a choisi de prendre le crayon pour nous raconter son expérience des inondations survenues à Baie-Saint-Paul dans Charlevoix en mai 2023. Et elle le fait de manière originale en conviant la nature et sa magie à son récit. Son parcours recourt au vocabulaire utilisé couramment pour parler de la science du vivant. Par exemple, enraciner, fuir, ramifier, absorber, muer, migrer. Par leurs habiletés surprenantes et leurs grandes de résilience, l'autrice trace le parallèle entre la nature et son vécu, en plus de s'en inspirer. Les mystères et beautés évoqués tout au long du roman ajoutent une poésie à l'histoire ainsi qu'une réflexion sur notre rapport à notre environnement. Une réflexion sur comment nous devrions appréhender notre place dans cet écosystème. D'ailleurs, l'éditeur Alto décrit cet ouvrage comme une auto-éco-fiction. Loin d'être moralisateur, le propos de l'auteur nous pousse plutôt à changer notre lunette en cette période de changement climatique. Par ailleurs, son histoire L'histoire de Sénistré nous entraîne dans un parcours semé d'embûches, on le devine, pour retrouver son chez-soi. Ou du moins, ce qu'il en reste. On y perçoit la détresse, mais aussi la solidarité, les absurdités et la résilience de ceux qui vivent le drame. J'ai beaucoup apprécié ma lecture, la plume de l'autrice, la justesse des émotions et son raisonnement sur l'environnement.
SPEAKER_03On rappelle le titre inondable de Maréline Busque-Dubois, publié chez Alto. Et là, on termine avec« Touche pas à mon cadavre» de André Marois, publié chez Héliotrope Noir.
SPEAKER_01Oui, on reste dans la crue des eaux avec ce nouveau roman d'André Marois. Petit aparté pour ceux qui ont lu« La Sainte Paix», on y retrouve le personnage de Jacqueline. Ah, super! Toujours aussi fringante du haut de ses 70 ans passés. Cette histoire se déroule de nouveau à Mandeville, un soir où la rivière sort de son lit à la suite d'une pluie diluvienne. Et ce soir-là, Roger tente tant bien que mal de rentrer chez lui alors que la visibilité est très difficile avec la pluie, la noirceur. Il aperçoit une faible lueur qui vacille devant lui. Qu'est-ce que c'est? Roger le découvre trop tard quand il percute de plein fouet un cycliste et son vélo électrique. Il s'arrête, constate qu'il a carrément roulé sur cette personne et qu'elle n'est plus de ce monde. Quelles sont les options? Appeler la police ou cacher son méfait en embarquant les preuves dans son pick-up? À partir de ce moment, le sort de Roger est scellé. Il deviendra malgré lui intimement le lié à celui de Jacqueline. Auront-ils de la chance face à l'inspecteur Mazin qui rôde et questionne? Je ne vous en dis pas plus, mais disons que cette histoire est un cas classique de bras pris dans le tordeur. André Marois nous livre à nouveau une histoire noire, comme il en a le secret.
SPEAKER_03On rappelle le titre« Touche pas à mon cadavre» de André Marois, publié chez Eliotrope Noir. Merci beaucoup, Marie-Noël, pour les belles suggestions. Ça me fait plaisir.
SPEAKER_00Vous écoutez Samedi de lire avec l'auteur invité d'Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03On est déjà rendu à la conclusion de l'émission avec mon autrice invitée de la semaine, Sophie Gagnon-Roberge. Et qu'est-ce qui s'en vient pour toi dans les prochains mois? As-tu déjà commencé à travailler sur un nouveau livre?
SPEAKER_02Bien, je suis toujours quand même en écriture, oui. Donc, là, j'ai commencé le quatrième tome de la série Petit meurtre entre amis. Puis, il y a une nouvelle série ado qui va sortir à l'automne sur laquelle je travaille en ce moment et qui est vraiment, je pense, très intéressante. dans un autre registre. Donc, on change encore, mais j'ai beaucoup de plaisir à le faire, puis je fais confiance à mon cerveau pour m'amener à bon
SPEAKER_03port. C'est intrigant tout ça. Puis concernant le plus récent livre, Nos sourires clignotants, est-ce que tu as commencé à avoir des commentaires de lecteurs?
SPEAKER_02Oui, j'ai quelques retours quand même, puis de gens justement qui sont touchés par l'histoire, par l'émotion, par la lumière. Oui, c'est ça que je me fais ramener aussi, puis par le rapport à l'art à Simone. Puis moi, je trouve ça vraiment intéressant parce que c'est aussi ce que j'ai eu plaisir à écrire tout son rapport aux expositions, son rapport à l'art, sa façon de ramener ça dans son quotidien.– Mais
SPEAKER_03est-ce qu'il y a un lien avec toi, justement, les expositions? Parce que j'essayais de faire le lien,
SPEAKER_02non?– Non, non, non, pas du tout. À part que j'aime beaucoup aller dans des musées, puis quand je vais dans des musées, j'aime prêter attention à les œuvres elles-mêmes, mais aussi comment on les a mises en valeur. Puis je trouvais que c'était une belle façon de... Ça me prenait un travail où Simone était capable et qu'il fallait qu'elle soit attendue, qu'on accepte que quelqu'un travaille sur deux continents, puis qu'elle soit pas tout le temps là. Donc ça lui prenait une couleur un peu particulière, puis Puis je trouvais que ça, ça pouvait le
SPEAKER_03faire. Et est-ce qu'il y a des projets pour toi qui s'en viennent bientôt à part l'écriture?
SPEAKER_02Bien, je suis toujours en lien avec des écoles. C'est-à-dire que là, je m'en vais dans les écoles, je vais donner des formations, je vais faire des animations. Donc, c'est ça qui s'en vient. Puis les salons du livre à venir. Où tu
SPEAKER_03propages le plaisir de la
SPEAKER_02lecture? Oui. En fait, avec les ados, je débarque avec 250 livres, mais c'est eux qui décident de quoi on parle. Donc, on va vraiment essayer d'aller trouver le livre qui va les intéresser chacun d'eux.
SPEAKER_03Donc, voilà. Et tu t'occupes de la programmation du Salon du livre de
SPEAKER_02Québec? Programmation du Salon du livre de Québec. Puis conseillère à la programmation de Salon de l'île de Montréal aussi. Donc, oui. Et tu écris dans le journal Les Libraires aussi? J'écris dans Les Libraires, oui. Tu me rappelles qu'il faut que je finisse mon prochain article. Donc, oui, il y a plein de choses. Puis je fais de la direction littéraire aussi pour certaines collections. Donc, il y a plein de projets quand même en branle, en même temps, en parallèle. J'ai beaucoup de chapeaux.
SPEAKER_03Et tu es active sur les réseaux sociaux, je crois aussi. Alors, s'il y a des gens qui veulent te faire des commentaires sur les lectures de tes livres, c'est très facile? Oui, oui. Il faut juste trouver Sophie Lisa.
SPEAKER_02Donc, Facebook, Instagram, TikTok, je suis un peu partout. tout facile à
SPEAKER_03trouver. Bien, merci beaucoup, Sophie, d'être dans l'émission et j'invite les gens à se procurer ton plus récent roman, Nos souvenirs clignotants. Merci pour ton accueil. Ça me fait plaisir. Merci à vous à la maison. Passez une excellente semaine. Je vous retrouve la semaine prochaine pour une autre émission. Et entre-temps, vous pouvez nous suivre via Facebook, Instagram et sur toutes les plateformes de podcast. Bonne semaine. À la semaine prochaine.