Samedi de lire
Chaque semaine, Amélie Boivin Handfield reçoit un auteur.
Entrevue, coup de coeur, chronique littéraire et beaucoup de plaisir.
Samedi de lire
Samedi de lire avec Estelle Bachelard alias Bach - 2026
Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.
Chronique littéraire avec Diane Côté
Ici Sophie Lorrain, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield. Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bienvenue à l'émission Samedi de lire et aujourd'hui, j'ai le grand bonheur de recevoir Estelle Bachelard, alias BAC. Comment tu vas? Bien, ça va très bien. Merci beaucoup pour l'invitation. Ça me fait grand plaisir et j'ai envie de te présenter aux auditeurs. Alors, tu es graphiste, illustratrice et autrice de bande dessinée. Tu as étudié le graphisme au cégep de Sainte-Foy. Tu as travaillé pendant quelques années dans le jeu vidéo et en parallèle, tu as effectué des commandes d'illustration. Et après avoir perdu ton emploi pour des motif économique, tu t'es lancée de façon indépendante. Et en 2012, tu as ouvert ta page Facebook où tu diffusais des dessins qui, en 2014, se sont publiés dans un album humoristique à saveur autobiographique qui s'appelle « C'est pas facile d'être une fille » que j'avais adoré. Moi, je te suis depuis tes débuts. Et depuis, tu as publié plusieurs bandes dessinées, tu as illustré plusieurs livres pour enfants. Et là, aujourd'hui, tu viens me voir parce que tu viens de lancer « Je vais bien, je pense ». Et pour commencer aujourd'hui, comment tu vas, Estelle
UNKNOWN?
SPEAKER_05Eh bien, ça va très bien aujourd'hui. C'était un résumé incroyable de ma carrière, de mon parcours. Oui, oui, ça va bien. C'est sûr que comme tout humain dans cette société, ça dépend des jours. Mais aujourd'hui, ça va bien dans le festival de la BD, entre autres, puis la sortie de mon livre. C'est
SPEAKER_03super. Mais pourquoi avoir choisi ce titre-là « Je vais bien, je pense
SPEAKER_05»? C'est une bonne question. En fait, j'avais comme envie de mettre en lumière cette question-là, la question de la vie. des questions qu'on demande à tout le monde, un peu par défaut, un peu par réflexe. Comment ça va? Souvent, on ne prend pas le temps vraiment de répondre sincèrement comment on va. Donc, souvent, on va répondre, ça va, ça va bien, puis c'est correct. Mais tu sais, dans les faits, souvent, ça arrive qu'on dit ça, mais qu'au fond, est-ce qu'on le pense vraiment? Donc, c'est un peu d'aller rechercher cette idée-là.
SPEAKER_03Fait que c'est le « je pense » qui est important dans la formulation
SPEAKER_05du titre. Oui, bien, je pense que ça fait vraiment un petit clin d'œil. La plupart des gens ont trouvé ça bien drôle, justement, puis se reconnaissent dans cette idée-là de souvent, en général, ça va bien, mais en ce moment, est-ce que vraiment ça va si bien que ça? Est-ce qu'on se pose vraiment, est-ce qu'on prend vraiment le temps de se poser réellement la question ou du moins est-ce qu'on prend le temps de répondre sincèrement aux gens quand ils nous posent ces
SPEAKER_03questions-là? Et quand les gens referment le livre, qu'aimerais-tu qu'ils ressentent après la lecture de
SPEAKER_05ce livre-là? Je pense que je souhaite que les gens se sentent peut-être moins seuls. Jusqu'à maintenant, les gens qui l'ont lu, c'est un peu ça qui me dit justement, c'est un livre qui amène beaucoup de douceur à travers souvent l'anxiété puis du quotidien. Donc, des fois, on a un peu l'impression d'être seule avec ce type d'émotion-là puis de contradictions qu'on a dans notre tête. Donc, oui, je pense que c'est ça que je veux vraiment que les gens ressentent.
SPEAKER_03Et c'est quoi le plus beau témoignage que tu as reçu sur la lecture de
SPEAKER_05ce livre-là? Bien, en fait, ça revient beaucoup à cette idée-là que les gens se sentent moins seuls, les gens ont été touchés, que ça leur a apporté de la douceur dans leur journée. Je pense que c'est vraiment le plus beau commentaire que j'ai jusqu'à maintenant.
SPEAKER_03Et tu as raconté que ce projet-là devait d'abord rester privé. À quel moment as-tu compris que ça pouvait devenir un
SPEAKER_05livre? En fait, je l'ai fait lire à ma meilleure amie. Je n'avais pas l'intention de le montrer à personne. C'était comme un journal intime un peu. Puis je lui ai montré juste pour... Parce qu'au fond, j'étais allée dans un chalet pour aller créer puis me reposer. Puis en bout de ligne, c'est ça qui est né de cette semaine-là où j'étais dans un chalet toute seule. T'étais là pour travailler, pour être productive. Effectivement, j'étais partie là à zéro pour faire ça. C'était absolument pas ça le plan. J'étais partie là pour faire d'autres projets. Puis finalement, en fait, c'est que je suis tombée, j'ai fait comme un burn-out. J'ai pas de... Exactement c'était quoi, mais bon, dans ce type-là, j'étais vraiment, vraiment épuisée. Donc, je suis partie dans ce chalet-là, finalement, dans l'optique de me reposer complètement. Puis finalement, j'ai fait une bande dessinée, tout simplement. Mais c'était vraiment que pour moi, c'était comme un peu un journal intime. C'était une façon d'extérioriser un peu ce que je ressentais. Quand je l'ai faite lire à ma meilleure amie, parce qu'elle était curieuse de voir ce que j'avais fait, au fond, elle s'est reconnue. Elle a dit que c'était drôle parce que je me rappelle que je pensais comme ça avant. J'avais fait une dépression. Finalement, en bout de ligne, j'ai travaillé ma façon de voir les choses. Je ne pense plus comme ça. Ça m'a fait réaliser que je ne suis pas toute seule comme ça. Aussi, je peux travailler ça. Je peux travailler ma façon de voir les choses, travailler un peu mon discours mental. Donc, juste avec cette conversation-là, je me suis dit « Ah, bien, donc, si toutes les deux, on a vécu ça, donc, on ne doit pas être toute seule, tu sais, en bout de ligne. » Puis, à force d'en parler un peu avec des gens autour de moi, bien, effectivement, de me rendre compte qu'on n'était pas tout seul, puis que ça pouvait peut-être aller rejoindre certaines personnes.
SPEAKER_03– Et dirais-tu que cette expérience-là, ça a changé ton rapport à la création?
SPEAKER_05– Oui, bien, en fait, ça faisait vraiment longtemps que je voulais faire un projet à la main. Moi, je travaille à l'ordinateur depuis que, justement, on disait que j'avais fait mon cours de graphie au cégep donc mine de rien ça fait une quinzaine d'années déjà donc j'étais à l'ordinateur mine de rien ça travaillait plus vite puis j'ai jamais repris le temps de revenir à la main tant que ça puis de revenir à mon coup de crayon un peu plus spontané qui s'éloigne justement de cette idée là que je me fais du dessin parfait et puis en bout de ligne ça faisait vraiment longtemps mais je prenais pas le temps de le faire parce que la vie va vite bon faut faire des contrats puis bon donc de prendre le temps de revenir à la ce projet-là que je voulais faire depuis si longtemps, même si je ne savais pas que ce serait ça. Oui, puis je pense que c'est une introduction aussi que je voulais montrer à mes lecteurs pour mes prochains projets aussi, qu'il y ait une transition sur comment j'ai envie de raconter mes histoires maintenant, puis que un peu mon parcours personnel aussi à travers
SPEAKER_03ça. Et dirais-tu que ce livre-là t'a aidé à comprendre ce que tu traversais?
SPEAKER_05Oui, c'est une bonne question. Oui, bien En fait, j'ai toujours raconté ma vie en dessin. J'ai toujours fait ça depuis que je suis toute petite. Donc, autant que des journaux intimes, souvent, c'est écrit avec du texte. Moi, ça a toujours été beaucoup en dessin et en bande dessinée. Donc, ça a comme été un peu mon réflexe de faire ça. Puis oui, je pense qu'en extériorisant, souvent, c'est là qu'on va plus comprendre comment on sent, par quoi on est en train de penser, au fond. Donc oui, oui, je pense qu'effectivement,
SPEAKER_03oui. Pourquoi c'est important pour toi de parler de cet état
UNKNOWN?
SPEAKER_03jamais nommé explicitement
SPEAKER_05le burn-out
UNKNOWN?
SPEAKER_05Étant donné qu'il n'y a pas eu un diagnostic précis, je ne sais pas exactement ce que j'ai eu. C'était quoi précisément, je ne le sais pas. C'était un épuisement quelconque, de toutes sortes de choses. Donc, je pense que j'avais quand même envie que les gens se sentent, qu'ils se reconnaissent dans le récit, même si ce n'était pas nécessairement un burn-out. Parce que je ne pense pas nécessairement que tu as besoin de faire un burn-out pour comprendre ce qui se passe dans ce livre-là. Non. Donc, je pense que j'avais envie que ça reste un peu ouvert pour que plus de gens puissent se reconnaître.
SPEAKER_03Et une des choses très fortes dans le livre, c'est cette dualité constante entre j'aime ce que je fais, mais c'est jamais assez. Est-ce que ce dialogue intérieur est toujours présent aujourd'hui dans ton cas?
SPEAKER_05Oui. Oui. Par contre, vraiment moins souvent. Donc, j'ai beaucoup, beaucoup travaillé. En fait, moi, la culpabilité puis l'anxiété de performance, c'est quelque chose qui me travaille beaucoup. C'est quelque chose qui fait vraiment partie de moi. Puis justement, ça fait partie de moi. Donc, je pense que j'ai beaucoup travaillé là-dessus. Je l'ai vraiment moins, c'est vraiment moins présent et anxiogène, mettons, dans mon corps. Mais j'ai aussi une vision plus douce aussi de comment je suis. Donc, tu sais, justement, bon, écoute, ça fait partie de moi. Je suis quelqu'un qui est perfectionniste. Je suis quelqu'un qui a une certaine anxiété. La culpabilité, c'est quelque chose qui fait beaucoup partie de moi. Je peux en enlever, mais en bout de ligne, tu sais, ça fait partie de moi. Donc, je ne peux pas me changer complètement. Donc, ça vient par phase. Ça vient par phase, mais c'est ça. Je pense que c'est plus la vision de d'être doux envers soi-même aussi, parce que c'est une société aussi de performance, donc c'est dur de s'en détacher complètement.
SPEAKER_03Complètement, puis tu dis aussi, tu parles d'anxiété de performance, mais les artistes, j'ai l'impression que vous en ressentez encore plus que monsieur, madame, tout le monde, parce que vous avez une certaine pression de produire, de publier, de performer sans arrêt. J'ai l'impression peut-être même encore plus en bande dessinée ou en jeux vidéo. Ah, c'est intéressant,
SPEAKER_05je le sais. Faudrait demander aux autres corps de métier. J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de gens qui se reconnaissent là-dedans, même s'ils sont pas nécessairement artistes. Mais c'est sûr que les artistes, on est souvent des gens qui veulent aller plus loin, pousser comment on pourrait mieux raconter l'histoire. Mais c'est vrai qu'entre collègues, on parle beaucoup de ça, de cette idée-là de c'est jamais assez, on pourrait toujours faire mieux. En fait, quand on fait une oeuvre, c'est que c'est jamais complètement terminé. Elle est terminée quand tu décides que c'est ça, tu la laisses aller vivre seule de son côté.
SPEAKER_03Ou tu dois respecter ton deadline.
SPEAKER_05Exactement, il y a ça aussi. Il y a le contexte aussi des commandes aussi. aussi,
SPEAKER_03entre autres. Parfait. Mais moi, j'ai envie de te demander, parce que tu as écrit une BD, là, il y a quelque temps, justement, sur les réseaux sociaux, puis à quel point les réseaux sociaux nourrissent cette pression-là d'être hyper performante puis de vivre de l'anxiété
SPEAKER_05liée à ça. Ben oui, c'est drôle parce que, justement, en parlant de « off, white, do, envers soi-même », tout ça, ben, tu sais, c'était un peu la conclusion de ce livre-là aussi, tant pis pour les likes ou en bout de ligne, tu sais, j'avais comme essayé d'arrêter complètement les réseaux sociaux, mais que, justement, encore une fois, c'était un oui-mais, tu sais, parce que... tu t'es fait connaître avec les réseaux sociaux. Exactement. Donc, tu sais, il y a un côté où j'en dois beaucoup aux réseaux sociaux parce que c'est comme ça que je me suis fait connaître. C'est pour ça que maintenant, j'ai un lectorat qui est bien, qui me connaît bien puis que je peux avoir des contrats d'illustration maintenant, les gens me connaissent. Mais qu'en bout de ligne, ça fait partie, mais en même temps, c'est ça justement que ça peut amener beaucoup d'anxiété de toutes sortes de niveaux, dont la performance. Donc, c'est ça, il y a comme un côté positif et un côté négatif puis qu'en bout de ligne, bien, on doit vivre avec quand même tout dépendant ce qu'on fait comme carrière, mais ça fait partie de la réalité, donc il faut apprendre à vivre avec, mais peut-être d'une façon plus saine. Ça reste encore un peu dans le même sujet.
SPEAKER_03Et dirais-tu que j'avais bien, je pense, une suite naturelle, justement, à cette réflexion-là par rapport aux réseaux
SPEAKER_05sociaux? Oui, effectivement. Je pense que même les gens qui me connaissent depuis les tout débuts, je pense qu'ils voient aussi une évolution à travers le type de récits que je fais, parce que tant pis pour les likes, ça se voulait un peu... C'était de l'autobiographie, mais ça se voulait un peu comme aussi... un peu un documentaire aussi, avec des réflexions, puis d'aller pousser plus loin.
SPEAKER_03On se retrouvait tous là-dedans.
SPEAKER_05Exactement, je pense que tout le monde, puis il y a beaucoup de gens qui ont choisi de ne pas le lire parce que c'est confrontant aussi. C'est très confrontant. Puis moi-même, dernièrement, je l'ai lu puis je me disais comme, ah, c'est même confrontant pour moi qu'il l'a écrit, parce que de revenir en faisant, ah, j'ai encore revenu dans ces patterns-là, c'est pas possible. Donc, oui, je pense qu'effectivement, avec Je vais bien, c'est une suite parce que tant pis pour les likes, ça a quand même été écrit, au fond, j'avais commencé ça pendant la pandémie, tu sais, c'était vraiment le contexte de la COVID. Puis mine de rien, je pense que tout le monde à un certain niveau, la santé mentale, c'était difficile. Donc, j'avais bien, je pense que c'est une suite aussi de comment ma santé mentale a été aussi dans les années qui ont suivi, puis avec tout ce qui a continué et tout ce qui nous a un peu marqué à travers tout ça. Fait que oui, je pense que dans mes prochaines bandes dessinées, on va on va le sentir aussi qu'il y a une suite à travers tout
SPEAKER_03ça. Intéressant. Si tu me permets, Estelle, on s'arrête ou on continue de parler de Je vais bien, je pense. Ici Sophie Lorrain, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield. Je suis toujours en compagnie de mon autrice invitée de la semaine, Estelle Bachelard, alliance BAC, pour parler de son plus récent ouvrage Je vais bien, je pense. Et le livre change visuellement au fil des pages, les couleurs disparaissent puis reviennent. Est-ce que t'avais cette structure en tête dès le départ pour ce
SPEAKER_05livre-là? Comme je disais plus tôt, au fond, quand j'ai commencé à écrire ça, c'était pas dans l'optique d'en faire un livre, nécessairement avec une suite narrative non plus. Au fond, ce qui a été fait initialement, c'était vraiment la première partie du livre où c'est juste une séquence, une suite d'alternance. Oui, mais. Donc, j'aime ça, mais en bout de ligne, il y a toujours quelque chose de négatif par rapport à ça. Donc, initialement, c'était que ça. Puis même, quand j'ai commencé à travailler plus le projet en tant que tel avec mon éditeur, c'est que, tu sais, ça restait un peu dans cette idée-là. Puis c'est là qu'on a développé l'idée de, peut-être, d'en faire une histoire un peu plus, qu'il y avait une suite, là, au fond, dans l'histoire. Une trame narrative. Une trame narrative, exactement. Donc, Donc, au début, ce n'était pas ça. Avec l'évolution, ça a fait ça. Puis justement, de raconter un peu mon parcours qui est un peu burn-out, dépression, épuisement, tout dépendant de ce que c'était. Mais de le voir aussi à travers le récit, avec aussi le style de dessin qui
SPEAKER_03change. Et tu me disais tantôt, tu es revenue au dessin à la main après des années à travailler à l'ordinateur. Qu'est-ce que ça a changé émotivement, justement, émotionnellement, de faire ce livre-là à la main, de te reconnecter peut-être à ton art
UNKNOWN?
SPEAKER_05Oui, bien, me reconnecter à moi-même aussi, puis, tu sais, d'un peu dans le lâcher-prise, tu sais. Parce que, tu sais, quand j'ai dessiné, quand j'ai fait ce livre-là, en fait, c'est qu'habituellement, j'ai tendance à refaire mes dessins trois, quatre fois, là. Tu sais, mes livres, là, sont longs à faire parce que c'est jamais assez bien, puis je recommence, puis bon. T'es très perfectionniste, là. C'est difficile, c'est jamais assez bien. Mais celui-là, ce qui est, ironiquement, ça a été comme le plus facile à faire parce que je m'obligeais, je faisais les dessins, je les trouvais pas parfaits, mais je me disais, non, c'est ça, c'est parfait, c'est parfait comme ça. C'est ça le but. Il faut que j'apprenne à les laisser aller comme ça. C'était ça un peu l'idée derrière aussi.
SPEAKER_03Est-ce qu'on dessine différemment quand on est plus dans une
SPEAKER_05vulnérabilité? En fait, la différence, je pense que ça s'arrête au premier niveau. Normalement, j'aurais peut-être fait d'autres versions. J'aurais peaufiné. J'aurais peut-être pris d'autres types de crayons pour aller plus loin. Alors que là, je suis restée à ma première étape ou presque. Donc oui, c'était pas tout à fait la même
SPEAKER_03chose. Ah, c'est intéressant. Est-ce que ça te surprend encore de voir à quel point des expériences très personnelles, comme tu nous racontes là-dedans, deviennent universelles et qu'il y a autant de gens qui se retrouvent par
SPEAKER_05rapport à cette histoire-là? Je suis tout le temps un peu... En fait, parce que finalement, c'est un peu thérapeutique pour moi-même. Parce que je me dis, finalement, moi-même, je ne suis pas toute seule. Ça me touche beaucoup. Puis oui, ça me surprend tout le temps de voir que finalement, en bout de ligne, on est tous différents, mais on vit souvent un peu les mêmes choses. Il y a des sujets qui sont universelles. Je pense qu'en bout de ligne, c'est ça, ça fait qu'on se sent plus en communauté.
SPEAKER_03Est-ce que tu as eu peur, justement, de te dévoiler autant, de t'exposer autant en faisant ce livre-là? Parce que tu le disais au départ, tu le fais pour toi, pour aller mieux.
SPEAKER_05Oui, je pense que c'était confrontant, oui, parce que je pense que je me montre vraiment vulnérable autant dans le sujet que dans le dessin. Je montre un dessin qui est plus spontané, qui est plus à vivre, mais c'était pour le besoin de l'œuvre, je pense que c'était pertinent de le laisser comme ça. ça. Donc, je l'ai faite pour le récit. Mais oui, je pense que c'était confrontant de me montrer comme ça. Mais j'avais déjà fait un peu ça avec Tant pis pour les lettres aussi. C'était très confrontant d'écrire là-dessus parce que je me mets en scène dans certaines planches où je me montre vraiment comme un parent qui est imparfait. Puis c'était très difficile d'avouer ça, de dire, OK, je vais vraiment mettre des scènes où je me montre dans des moments où je trouve pas que je suis la meilleure mère du monde. Mais je le sais qu'il y en a d'autres qui se sentent comme ça. Puis je vais le faire un peu pour eux pour qu'ils se sentent moins seuls aussi, puis qu'en bout de ligne, ça soit ça un peu pour tout le monde. Donc, j'avais déjà commencé un peu à le faire dans l'autre livre.
SPEAKER_03– Tes enfants vieillissent, est-ce qu'ils commencent à comprendre que des fois, ils se retrouvent dans tes livres, puis que leur mère fait des livres, puis
SPEAKER_05des... – Oui, bien oui, puis c'est drôle, parce que quand j'ai commencé à écrire « Je vais bien, je pense », ma fille, elle ne savait pas lire encore. Puis, parce que c'est long de faire une BD, on s'entend. Elle ne savait pas lire, puis quand je l'ai publiée, là, elle l'a lue, puis je n'avais pas rendue là, moi, dans ma tête de comme... Elle va lire puis elle va avoir une opinion là-dessus. Puis effectivement, dans une des planches, je raconte que dans les faits, j'aime pas beaucoup ça aller jouer au parc avec les enfants. Je les adore, mais je trouve ça vraiment plate vite. Puis là, elle lit la planche puis elle dit « Mais là, maman, je pensais que t'aimes pas ça aller jouer avec nous. » Puis là, ça l'inquiétait. Je me suis dit « Ah non, ça y est, je suis en train de leur créer de l'anxiété à travers les planches de BD. » Donc, peut-être que les prochaines fois, je vais peut-être me garder une petite gêne. Mais en même temps, je trouve que ça amène des belles discussions avec eux aussi de montrer que ce n'est pas parce que j'écris ça que c'est ce que je pense tout le temps. Et de leur montrer aussi certains exemples au quotidien. On
SPEAKER_03fait des choses qu'on n'aime pas des fois, mais pour faire
SPEAKER_05plaisir. C'est ça, mais on le fait parce que ça fait plaisir et qu'on aime ça être avec eux. Et aussi d'expliquer que quand on fait un récit, ce n'est pas tout vrai non plus. De leur dire, j'ai écrit ça comme ça, mais dans les faits, ce n'est pas toujours ça. C'est parce que pour le bien du récit, je vais l'écrire comme ça, mais ce n'est pas toujours ça non plus. Donc, ça amène des belles discussions
SPEAKER_03aussi. Ah, c'est intéressant. Et ton livre parle beaucoup de culpabilité, culpabilité d'être heureuse, de vouloir du camp, d'être fatiguée. Pourquoi cette émotion-là est-elle si présente encore, selon toi?
SPEAKER_05Ah, c'est vraiment une bonne question. Je me la pose encore beaucoup. On s'en pose tous, je pense. Moi, j'ai toujours dit que je pense que la culpabilité, c'est quelque chose que j'ai depuis probablement toujours ou presque. Mais je pense que je l'ai particulièrement depuis que j'ai eu des enfants. Je dis toujours que dans ma famille, on dit beaucoup ça. Tu sais, souvent qu'on va accoucher de la culpabilité aussi. Dès qu'on est enceinte, on dirait que déjà, on a une certaine pression, on a déjà un besoin de faire ça comme il faut, puis on a toujours une inquiétude. Si je fais ça, est-ce que ça y est, je vais le traumatiser, puis là, c'est sûr qu'il va y avoir un rendez-vous chez le psy à cause de ça. Ça y est, alors que dans les faits, généralement, on fait une excellente job. C'est juste que souvent, on va s'arrêter à des petits détails. Ça y est, alors que souvent, nous-mêmes, en tant qu'adultes, il y a bien des choses que nos parents ont faites qu'on ne s'en souvient pas, là. Puis peut-être qu'eux-mêmes, ils se sont dit « Ça y est, je suis en train d'y briser. » Mais tu sais, dans les faits, c'est ça, c'est pas... Donc, je pense que c'est particulièrement présent depuis que je suis mère. Je pense que
SPEAKER_03oui. Puis j'ai l'impression que les réseaux sociaux aussi accentuent notre culpabilité de voir comment ça se passe bien ailleurs.
SPEAKER_05Bien, ça, c'est vrai. Puis effectivement, tu sais, donc, au-delà de la maternité, je pense que, tu sais, tout le monde, tu sais, on voit chez les gens « Bien, ça a l'air tellement propre chez cette personne-là. » Puis « Wow, mais comment ça? Sa décoration est tellement impeccable. » Mais tu sais, dans les faits, souvent, c'est pas la réalité, tu sais. On va montrer notre meilleur côté sur les réseaux sociaux. Donc, des fois, on va se permettre de montrer un peu plus de vulnérabilité, mais dans les faits, on présente un produit dans les faits. C'est facile de regarder ça et d'oublier que, justement, ce n'est pas la réalité, au
SPEAKER_03fond. Et tu montres aussi bien dans la BD le chaos du quotidien avec beaucoup de douceur. Est-ce qu'on oublie parfois que le bonheur peut aussi coexister avec l'anxiété?
SPEAKER_05Ah oui, bien ça, de se rappeler que les émotions peuvent coexister même si elles sont complètement contre Je pense que les humains, on est des êtres contradictoires. Je le dis souvent parce que, oui, je suis illustratrice et vidéiste, mais aussi, j'ai une autre carrière à côté où je fais de l'accompagnement à la naissance. J'accompagne des parents à avoir leur famille, leur petit bébé. C'est un sujet que j'ai beaucoup avec eux parce que souvent, en devenant parent, c'est qu'on est heureux d'avoir notre bébé, mais dans les faits, on est vraiment fatigué. Il arrive toutes sortes de choses où, finalement, il y a une émotion de bonheur, mais qui qui coexistent avec une émotion qui est super négative, mais, tu sais, les deux peuvent complètement aller à... Tu sais, c'est rare qu'on ait une émotion qui est toute seule, tu sais. Souvent, c'est très complexe, là, mais on n'a pas tendance à nécessairement s'arrêter à ça, tu sais. On va s'arrêter à l'émotion qui est moins confortable, puis se concentrer là-dessus, mais, tu sais, c'est ça, c'est complexe.
SPEAKER_03– Et est-ce qu'il y aura une suite à « Je vais bien, je pense
SPEAKER_05»? – Bien, là, je travaille sur ma prochaine BD, qui est... Est-ce que c'est une suite pas nécessairement directement, mais je pense que c'est...
SPEAKER_03– Un peu dans la même veine?
SPEAKER_05– Bien, oui, bien là, je c'est sûr que j'ai envie de continuer de le faire un peu sous cette esthétique-là, un peu, d'aller plus dans le raw, le direct, le plus spontané. Je pense que je tenais vraiment à publier ce livre-là avant mon prochain, parce que je veux vraiment que mon lectorat voit une évolution, autant dans mon œuvre, autant dans mes récits, qu'autant dans mon suivi personnel, au fond. Parce que, tu sais, oui, il y a des nouveaux lecteurs qui ne me connaissent pas depuis le début, ce qui est formidable mais il y en a beaucoup, beaucoup qui me suivent depuis le début, qui m'ont suivie sur les réseaux sociaux, donc ils connaissent ma vie aussi, ils connaissent un peu, c'est ça, ils me connaissent, il y a des gens qui me connaissent très bien, donc je trouve ça important qu'ils voient aussi l'évolution de l'écrivaine, d'ailleurs.
SPEAKER_03Et j'ai envie de te demander, quand tu regardes la jeune Estelle qui voulait faire de la BD, qu'est-ce qui t'étonnerait le plus de ton parcours
SPEAKER_05actuel? Wow, bien, je pense que quand j'étais petite, je rêvais de faire de la bande dessinée, moi, j'ai vraiment appris à lire avec la bande dessinée, j'ai appris à dessiner avec la bande dessinée, mais quand j'étais petite, dans le début des années 90, être BDiste, c'était pas un plan de carrière. C'était pas... C'était très niché, puis c'était beaucoup en Europe, puis il y avait peu de femmes aussi. Donc, de réussir aujourd'hui à publier des bandes dessinées, pour moi, c'est sûr que Petite Estelle serait assez impressionnée et fière.
UNKNOWNOui, oui, c'est sûr.
SPEAKER_03C'est sûr. Et après plus d'une dizaine d'années de BD et plusieurs livres jeunesse, qu'est-ce qui continue de te stimuler artistiquement?
SPEAKER_05Ah, bien, je pense que de continuer à lire de la bande dessinée, puis de nourrir de toutes sortes de cultures aussi. Donc, ne pas que rester à la bande dessinée, d'aller au musée, d'aller lire de la poésie, d'aller au cinéma, d'écouter de la nouvelle musique. Je pense qu'il y a ça aussi. Des fois, on a tendance à rester dans un même style d'art. Souvent, on va arrêter d'écouter de la nouvelle musique. On va arrêter de rester curieux, peut-être. Je pense que c'est ça. Restez allumés, restez curieux. Se remettre en question à travers tout ça, puis d'évoluer à travers tout ça, je pense que
SPEAKER_03c'est ça. – Et je pense que tu travailles sur un livre jeunesse autour de la neurodivergence chez les petites filles. Pourquoi ce sujet te touche-t-il particulièrement?
SPEAKER_05– Oui, bien, en fait, c'est ça, c'est un projet que ça fait vraiment, vraiment longtemps que je veux faire. – Ah oui? – Oui, oui, oui. Donc, en fait...
SPEAKER_03– Mais tu avais collaboré, je crois, avec Guylaine Guy à l'époque sur la neurodivergence. –
SPEAKER_05Oui, oui, oui. Donc, en fait, on avait... En fait, Guylaine a fait un livre sur la neurodivergence avec ma collègue Orbi, qui était avec Love Ah non, c'était sur le corps, je pense. Là, on en parle de plus en plus, mais la neurodivergence, chez les filles en particulier, c'est extrêmement récent qu'on en parle, puis c'est beaucoup plus clair. Puis au fond... Le
SPEAKER_03diagnostic vient beaucoup sur le temps chez les filles. C'est
SPEAKER_05très tard. Je donne toujours l'exemple qu'au fond, moi, j'ai un frère et une soeur qui sont sur le spectre. Puis mon frère a eu un diagnostic relativement tôt, même aujourd'hui, probablement qu'il l'aurait plus tôt encore, mais il y avait autour de 10 ans. Puis ma soeur, son diagnostic, elle l'a eu, était rendue presque une adulte. Donc, on le dit statistiquement, il y a beaucoup de femmes, c'est ça justement, on est rendu des femmes, puis là, on se fait diagnostiquer rendu dans la trentaine, dans la quarantaine, plus tard
SPEAKER_03même. Et souvent, c'est quand les enfants, moi, j'ai beaucoup d'amis qui se sont fait diagnostiquer parce qu'elles ont consulté pour leur fille. Et là, les médecins leur ont dit, mais vous aussi, je pense que vous êtes autiste.
SPEAKER_05C'est ça, effectivement. Donc, en remplissant les formulaires, souvent, c'est là que ça fait, oh, bien, je me reconnais là-dedans. Puis avec les réseaux sociaux, on peut en parler négatif ou positif au niveau public. de la psychologie, des fois, c'est apprendre à laisser, mais reste que de voir des fois des témoignages sur les réseaux sociaux par rapport à ça, ça va faire que les gens vont se reconnaître beaucoup. Donc, qui va aider à avoir plus de diagnostics, entre autres. Mais en fait, c'est ça, ce livre-là, c'est qu'en fait, même initialement, ça devait être une bande dessinée. Je voulais vraiment écrire une bande dessinée sur ma soeur, en fait, puis un peu la dynamique qu'il y avait eu dans la famille quand elle est arrivée. Ce qui est arrivé plus tard, ma soeur est arrivée sur le temps, 10 ans après moi.
SPEAKER_03– Mais comment tu trouves ça, ta soeur, que c'est elle ton inspiration pour un prochain livre? – Oui,
SPEAKER_05bien là, je n'ai même pas montré Elle le sait. Je voulais vraiment faire un livre avec beaucoup de bienveillance. Je voulais faire un livre qui allait amener beaucoup de douceur et beaucoup de... En fait, je pense que le mot, c'est vraiment « bienveillance », parce que c'est un livre pour enfants, mais c'est beaucoup pour les parents aussi. Donc, c'est autant pour accompagner ces parents-là et ces enfants-là qui vivent avec une certaine intensité, dépendant à différents niveaux, mais aussi d'aider à comprendre qu'est-ce qui se passe un peu dans leur corps, puis dans leur tête, puis au fond, d'amener les gens à être encore une fois doux envers eux-mêmes, parce que c'est pas nécessairement facile d'être parent d'un enfant neurodivergent, d'être parent tout court même, mais reste que des fois, il y a certains défis de supplémentaire. Donc, donner de la douceur au temps pour les parents, puis de ramener ça à ton enfant. Tu peux l'aimer tel qu'il est. Et ça devrait sortir quand, ce livre-là, jeunesse? Ça devrait sortir au printemps prochain, donc 2027.
SPEAKER_03OK, on attend ça avec impatience. Si tu me permets, Estelle, on s'arrête et au retour, je veux qu'on parle de tes coups de cœur littéraires.
SPEAKER_02Ici Mélissa Perron, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03On est maintenant rendu au segment des coups de cœur littéraires de mon autrice invitée de la semaine, Estelle Bachelard, alias BAC. Et quels sont les coups de cœur que tu as envie de présenter aux auditeurs? On commence avec
SPEAKER_05quoi? Oui, bien en fait, pour commencer, je vais rester dans la bande dessinée parce que j'en lis beaucoup et c'est mon médium préféré. Donc, ce n'est pas nécessairement une nouveauté, mais moi, j'ai vraiment adoré Le petit astronaute de mon collègue Jean-Paul Lide. C'était vraiment un véritable coup de cœur. Je l'ai lu plusieurs fois. Je le conseille à tout le monde avec un certain avertissement parce que c'est sûr que si tu ne veux pas trop vivre d'émotions,
SPEAKER_03bon... – Impossible de ne pas pleurer en lisant ce livre-là. Moi, c'est ce que je dis aux gens à qui je le recommande. Mais moi, ça fait partie des 10 meilleurs livres que j'ai lus de ma vie.
SPEAKER_05– Ah oui, carrément. Ça fait partie de mes... Moi aussi, clairement, ça devrait rester un classique. Moi, je pense que c'est vraiment un indispensable de la bande dessinée. Parce que même si... Parce que ça parle d'un sujet quand même... d'un handicap, qu'est-ce que ça peut faire aussi dans la famille, les gens autour, tout ça. Donc, tu sais, même si on n'a pas vécu ça, je pense que n'importe qui peut se sentir touché, puis je pense que les gens peuvent peut-être se reconnaître dans certains personnages, même tout dépendant de ce qui se passe dans la vie, mais je pense que c'est le genre de sujet un peu universel, très humain, puis très, très touchant.
SPEAKER_03Puis je pense que c'est un bon livre aussi pour montrer justement aux gens qui travaillent auprès des gens handicapés de comment agir, puis faire attention à ce qu'on dit, à ce qu'on fait.
SPEAKER_05Oui, c'est ça. C'est vraiment un beau récit, vraiment écrit dans la douceur et la bienveillance. C'est vraiment touchant. J'ai vraiment adoré
SPEAKER_03ça. Bien d'accord avec toi.
SPEAKER_05En es-tu un deuxième? Oui, au niveau de la bande dessinée. Dernièrement, j'ai lu la bande dessinée de ma collègue Anne Villeneuve, « Deuil et curiosité ». J'ai vraiment beaucoup aimé cette bande dessinée-là. Au fond, ça après le décès de quelqu'un. Puis au fond, elle a mis ça sur une forme d'abécédaire. J'ai trouvé ça super intéressant. C'est quelqu'un qui s'intéresse beaucoup au vocabulaire en général, aux citations, tout ça. Puis c'est quelque chose que j'aime beaucoup moi-même. Je note souvent des citations. J'ai un cahier où je note des citations ou des mots que j'aime. Donc, c'est sûr que ça m'a parlé particulièrement. Puis de ce que j'ai aimé là-dedans, c'est que oui, ça parle du deuil, mais ça parle surtout de l'évolution du deuil. Parce qu'on dirait que quand on parle de ça, c'est tout le temps comme, bien là, en fait, Oui, parce que souvent, c'est ça, je pense qu'on est tous humains, on essaye de, on est
SPEAKER_03souvent pas à l'aise, on est souvent pas à l'aise.
SPEAKER_05pas très à l'aise avec le silence. On n'est pas très bien avec les émotions qui sont moins confortables, comme la tristesse, tout ça. Donc, souvent, on va dire des choses juste comme pour remplir le vide. Mais souvent, ça peut plus faire de mal que juste rester en silence et d'être juste présent pour la personne. Puis de juste bien vivre avec l'inconfort que ça peut amener. Mais j'ai trouvé ça vraiment, vraiment touchant. Puis de voir l'évolution, justement, du deuil du personnage à travers tout ça, j'ai vraiment trouvé ça
SPEAKER_03très, très beau. Bien d'accord avec toi. J'ai beaucoup aimé aimé cet ouvrage-là, avec
SPEAKER_05« Deuil et
SPEAKER_03curiosité », c'est ça? –
SPEAKER_05Oui, exactement. – De Anne Villeneuve. Le prochain? – Oui, bien là, j'ai lu, c'est un livre qu'on m'avait conseillé, une amie qui m'avait conseillé. Je voulais lire quelque chose à propos des relations mère-fille. J'étais un peu là-dedans à ce moment-là. Puis, on m'a conseillé ce livre-là qui s'appelle « Le don » de Christina Gauthier-Landry. Ce n'est pas une bande dessinée, c'est un roman qui est un peu sous forme de poésie. Donc, à la base, je ne suis pas une grande lectrice premièrement de romans et encore moins de poésie, mais ça, ça m'a vraiment beaucoup coup marqué ce livre-là. J'ai mis plein de post-it dedans, j'aime les citations, donc il y a plein d'extraits là-dedans que j'ai adoré. Ce que j'ai particulièrement aimé là-dedans, c'est qu'au fond, elle parle de sa relation avec sa mère, mais c'est vraiment une lettre d'amour à sa mère, même si tu vois les imperfections de sa relation avec sa mère, il y a vraiment un regard doux envers cette relation-là. Puis au fond, moi, ma famille vient de la région de Charlevoix, donc le fleuve, c'est vraiment important pour nous, ça fait vraiment partie de notre identité. C'est super important. Au fond, dans ce livre-là, il y a beaucoup de références à ça aussi. Le fleuve, plein de comparaisons, justement de poésie à travers tout ça. Ça m'a vraiment, vraiment beaucoup touchée. J'ai vraiment beaucoup
SPEAKER_03aimé. – Est-ce que tu en lis beaucoup, du roman?
SPEAKER_05– Non, pas du tout. Pas du tout. Je suis vraiment beaucoup plus dans la bande dessinée. Je lis beaucoup de décès, même de livres de développement personnel, de psychologie. Peu de romans, mais ça, ça m'a vraiment vraiment parlé.
SPEAKER_03– D'accord. Je pense qu'il y a artiste que tu aimes bien, c'est Alison Bechdel.
SPEAKER_05Oui, donc Alison Bechdel, justement, donc on sort un peu de la littérature québécoise, mais donc on va de plus dans l'américain, mais Alison Bechdel, une inspiration, une grande bédéiste américaine qui est derrière le fameux test de Bechdel qu'on va prendre, mettons, pour voir si les films sont égalitaires, féministes, dans les films ou n'importe quelle oeuvre, en fait. Donc souvent, les gens ont entendu parler d'elle à cause de ça, mais dans les faits, c'est une bédéiste, puis au fond, c'est Je les ai relues dernièrement parce que je trouve que c'est excellent. Il y a « Fun Home », avec quoi elle s'est faite beaucoup connaître, où elle parle de sa relation avec son père. Vous voyez, à mon sujet de parler de famille, c'est un truc qui revient beaucoup. Mais au fond, c'est un livre où elle décortique un peu la vie de son père et elle essaie de voir des parallèles avec sa propre vie.
SPEAKER_03Je pense qu'il était très particulier. C'était
SPEAKER_05assez particulier, mais c'est ça, c'est super intéressant parce que c'est ça, son quotidien de famille, c'est vraiment fascinant parce que c'est souvent un milieu qu'on ne connaît pas. Puis aussi, le livre où elle parle de sa mère aussi, qui s'appelle « C'est toi, ma maman », qui m'inspire beaucoup, en fait, pour écrire de l'autobiographie. Alison Bechdel va aller vraiment parler de sa vie, parler de ses relations, mais c'est quelqu'un qui vraiment réfléchit beaucoup, beaucoup, puis qui est clairement une personne très intelligente aussi. Donc, les bandes dessinées vont pas juste s'arrêter nécessairement à l'expérience personnelle. Tu sais, souvent, ça va aller rechercher des... Bien, particulièrement dans celui-là, sur sa mère, où elle va vraiment aller lire et donner des extrait de Winnicott, qui était un grand psychologue par rapport à l'enfance, entre autres. Donc, qui m'ont amenée à aller lire, justement, des livres plus sur la psychologie. Mais c'est ça, moi, je trouve. C'est sûr que c'est pas nécessairement de la lecture légère, c'est de l'autobiographie assez poussée, mais tu le lis en plusieurs fois, puis ça se fait bien.
SPEAKER_03– Et j'ai envie de te demander, est-ce que tes expériences personnelles influencent toujours dans ta façon d'écrire?
SPEAKER_05– Ah, bien, je pense que oui. Je pense que... Je pense que les BDS, en général, notre quotidien, on est toujours en train un peu d'écrire dans notre tête. Peut-être particulièrement ceux qui font de l'autobiographie, parce qu'on essaie de voir dans chaque moment, est-ce qu'on pourrait le mettre en bande dessinée? Souvent, dans ma tête, ça se traduit déjà en case de bande dessinée. Donc, oui, oui, c'est au quotidien tout le
SPEAKER_03temps. Et j'ai envie de te demander, est-ce que la lecture occupe une grande place dans ta vie?
SPEAKER_05J'aimerais que plus, parce qu'encore une fois, mon téléphone prend trop de place, pour être honnête. Mais, oui, oui, avec mes enfants, on est toujours rendus à la bibliothèque, puis mon mur de... Au fond, nous, on a enlevé la télévision du salon. Dans le salon, maintenant, ça n'est qu'un mur de bibliothèque. On est chanceux, on est privilégiés de pouvoir avoir autant de livres à la maison, mais pour moi, c'est quelque chose qui est vraiment important, puis je trouve que pour les enfants, c'est super important aussi, puis je trouve que c'est inspirant, c'est le fun d'aller pouvoir relire puis aller pouvoir se réinspirer dans tout
SPEAKER_03ça. – Fait que t'as réussi à leur transmettre
SPEAKER_05ta passion des livres? – Oui, oui, oui. Ils lisent depuis... En fait, on leur lit des histoires, puis il y avait... deux semaines. Ils ne comprennent rien, mais c'était vraiment important que la lecture fasse partie de leur vie.
SPEAKER_03Merci beaucoup pour les belles suggestions. Estelle, on s'arrête pour la chronique littéraire et on se retrouve pour la conclusion de l'émission.
SPEAKER_00Vous écoutez Samedi de lire avec l'auteur invité d'Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03C'est maintenant temps de la chronique littéraire en compagnie de Diane Côté. Bonjour, tu vas bien? Oui, je vais bien. Amélie, et toi? Très, très bien. Et on commence ce mois-ci avec Le murmure des bombes, Adrien, de Marthe Laverdière, publiée aux éditions de L'Homme. Alors,
SPEAKER_04Marthe Laverdière, évidemment, au Québec, c'est très, très connu. Elle est connue, c'est d'abord fait connaître comme horticultrice, comme conférencière, comme humoriste, mais c'est aussi une autrice de romans historiques qui connaissent beaucoup de succès. Son nouveau roman, Adrien, fait partie de la nouvelle série Le murmure des bombes. C'est une série qui se passe avant la Deuxième Guerre dans la région de Bellechasse, la région où habite Marthe Laverdière. Le héros du roman, Adrien, c'est un jeune homme de Lévis, un fils de notaire qui a une vie facile. Il prend son temps pour décider de son avenir, s'amuse avec ses amis, profite de son charme auprès des filles. Il vit chez ses parents qui ne lui refusent absolument rien. Sa mère, Jeannine, c'est une bourgeoise snob qui mène la grande vie en s'offrant des vêtements luxueux, en organisant des réceptions pour la haute société dont elle fait partie avec plaisir en tant que femme du notaire. Le meilleur ami d'Adrien, Jérôme, c'est un fils de cultivateur qui travaille fort sur la ferme pour aider ses parents à joindre les deux bouts. Mais comme il n'est pas l'aîné de la famille, il sait qu'il ne pourra pas reprendre la terre et qu'il doit se trouver un nouveau travail. Alors, il décide de s'enrôler dans l'armée, juste au moment où la guerre menace en Europe. C'est un bon moyen pour lui de faire des études et se trouver le médic dont il rêve de devenir pilote d'avion. Il est amoureux de Marie, une bonne, qui a travaillé chez les Auber, chez Adrien finalement, et qui a dû subir les extravagances d'Adrien et le mépris de sa patronne. Mais le Canada va finir par annoncer la conscription des jeunes hommes du pays et le sort d'Adrien et de Jérôme va vraiment des répandre des répercussions de la guerre sur l'économie et la vie politique. C'est un roman captivant qui nous permet de connaître la vie des hommes et des femmes du Québec au début du 20e siècle. Marthe Laverdière est fière de sa campagne et elle utilise plusieurs expressions du langage du terroir qu'elle nous explique en notes de bas de page. Elle nous renseigne aussi sur l'histoire en nous précisant, par exemple, quand a été installée l'électricité dans les villages, dans les campagnes. C'est une lecture très agréable qui, en plus, aura une suite bientôt.
SPEAKER_03On rappelle le titre Le murmure des bombes d'Adrien de Marthe Laverdière, publié aux éditions de l'Homme. Et là, on poursuit avec Le banc de Géraldine Smith, publié chez Albain Michel.
SPEAKER_04Alors, Le banc, c'est
SPEAKER_03lui
SPEAKER_04le personnage central de cette histoire qui tourne autour de trois octogénaires qui aiment se retrouver tous les après-midi sur un banc installé au pied de la résidence pour personnes âgées qu'ils habitent. Georges a 95 ans. C'est le doyen du groupe. Il a toute sa tête, mais... Il a beaucoup de tristesse depuis qu'il a perdu sa femme. Il a deux enfants dont il est proche, surtout de sa fille Isabelle. Dès le début du roman, on apprend que George a été retrouvé mort dans son lit dans des circonstances suspectes. C'est une enquête qui est menée par le commandant Malbeau pour trouver qui a pu assassiner George. On découvre la vie de Georges, mais aussi celle des autres personnages, les amis qui vont le retrouver sur le banc, Jean-Marc, Marcel, l'aide à domicile aimable et bienveillante, une lectrice engagée par Georges qui va profiter de lui, une jeune punk déprimée qui se prend d'affection pour le groupe de vieux. Les chapitres du roman alternent entre l'enquête de Malbault et des chapitres intitulés « Par les mois de la dernière année de Georges » qui nous racontent ce que fut sa vie avec ses secrets entourant son Je ne sais pas. Une souris
UNKNOWN?
SPEAKER_04Alors, tout le monde rit, puis nous aussi. C'est un roman tendre qui présente l'amitié comme le pilier de la vie quotidienne. Un roman émouvant qui fait réfléchir avec pudeur et réalisme sur le troisième âge juste avant la fin et sur le bonheur de goûter chaque instant. À lire pour passer un excellent moment avec ses personnages amusants et aussi vraiment touchants.
SPEAKER_03Il y a un bandeau sur la page couverture écrit par Mélissa Dacosta. Ça dit drôle, tendre et bouleversant. Alors, je pense que c'est ce que tu décris. Oui, tout à fait, tout à fait. On rappelle Le titre, c'est Le banc de Géraldine Smith, publié chez Albain Michel. On y va maintenant avec livreur de colis à Pékin de Yu Anyan, publié chez XYZ.
SPEAKER_04Yu Anyan, c'est devenu un auteur célèbre en Chine en publiant ce livre, qui est la suite d'un blog qu'il a mis en ligne en 2020, où il raconte ses expériences de travail toutes différentes les unes des autres, mais toutes marquées par la précarité. En fait, il a occupé 19 emplois différents. Oh! mais tous des emplois au bas de l'échelle qu'il occupe pendant un certain temps, mais qu'il n'hésite pas à laisser tomber quand ça devient trop épuisant ou quand son milieu de travail est insupportable. Il a été livreur de colis dans différents quartiers de la ville de Pékin, téléphoniste dans un centre d'appel, caissier, boulanger, vendeur de vélos, imprimeur, cuisinier. Il a tenté même de partir une entreprise de traiteur, mais pour chacun de ses emplois, il a dû abandonner pour différentes raisons. Ces emplois ne nous sont racontées dans le détail et on comprend facilement l'épuisement qui découle des nombreuses heures passées à livrer des colis. C'est incroyable le nombre d'heures qu'ils travaillent, ces gens-là, en étant très mal payés, constamment rabroués par les patrons ou engueulés par des clients exigeants qui n'ont aucun égard pour les petits travailleurs. Wu Wanyan est un bon observateur de la vie quotidienne des travailleurs et il nous présente l'atmosphère de ces vies de misère avec beaucoup d'humanité et d'humour. Le récit nous offre un voyage à Pékin aussi, au cœur de la Chine d'aujourd'hui, et une belle réflexion sur la place du travail dans nos vies. On comprend que l'écriture de ce travail a été un exutoire pour l'auteur et que ça lui a donné une raison d'avancer et d'espérer. C'est un beau témoignage sur le monde abrutissant des emplois précaires en Chine, mais aussi un peu partout dans le monde. Je te dis, Amélie, quand on a fini ce livre-là, on ne regarde plus du tout de la même façon les livreurs Amazon.
SPEAKER_03Intéressant, puis je vois à l'arrière, on dit qu'il a été déjà traduit dans une quinzaine de langues. Ah oui, ça connaît un très gros succès. Intriguant. Alors, ça me donne envie de le lire. Ça s'intitule « Livreur de colis à Pékin » de Yu Anian, publié chez XYZ. Et là, on y va avec « 104 néboussoles » de Mérédith Hall, publié chez Philippe
SPEAKER_04Ré. C'est le deuxième roman de Mérédith Hall qui est en fait un récit tout à fait autobiographique, profondément bouleversant, qui raconte son douloureux parcours imposé après qu'elle soit tombée enceinte à l'âge de 16 ans. En 1965, elle est une étudiante ordinaire dans une école de Hampton au New Hampshire lorsqu'elle tombe enceinte d'un jeune homme qui ne veut rien savoir d'elle. On se souvient qu'en 1965, les filles-mères étaient très mal vues par la société qui les obligeait à se cacher et à donner leur enfant en adoption. C'est ce qui arrive à Meredith. Sa mère la rejette et elle devra poursuivre sa grossesse chez son père qui l'accueille très froidement, surtout que sa nouvelle épouse ne se gêne pas pour exprimer son désaccord et son peu d'estime pour Mary Dee. Cet abandon par sa famille qu'elle aimait et surtout l'abandon de son propre enfant vont vraiment marquer sa vie. On ressent sa souffrance, sa solitude et une très grande culpabilité vis-à-vis du bébé abandonné, mais aussi envers ses parents qu'elle aimait beaucoup. Elle va réussir quand même à refaire sa vie. Elle aura deux autres enfants qu'elle va élever toute seule, mais surtout, elle retrouve le fils abandonné et c'est avec ses trois enfants qu'elle va parvenir à trouver un peu de sérénité. 40 ans après son accouchement pénible, elle va retourner auprès de sa mère malade et elle va s'occuper d'elle avec dévouement et tendresse. Elle insistera pour rencontrer son père et elle va même lui pardonner du fait qu'il n'a jamais réussi à lui dire qu'il l'aimait. C'est un récit touchant, rempli de chagrin, de douleur, de difficultés incroyables, de rejet, de trahison et d'abandon, mais c'est aussi le récit du parcours d'une femme courageuse, bien bienveillante, motivée par le besoin de retrouver une place dans le monde. C'est un récit puissant et émouvant, mais ça ne laissera personne indifférent.
SPEAKER_03On rappelle le titre « Sans carte ni boussole » de Meredith Hall, publié chez Philippe Ré. Et là, on va terminer avec « Avant lui, j'étais libre » de Sarah, publié aux éditions La Presse.
SPEAKER_04L'histoire de Sarah, c'est aussi une histoire vraie, effrayante, troublante. C'est sa propre histoire que raconte Sarah, une femme qui écrit sous pseudonyme pour éviter d'être retrouvée par son agresseur qui, dit-elle, lui aura enlevé jusqu'à son nom. « Avant lui, j'étais libre », raconte l'avis de cette femme devenue victime d'un homme qui disait l'aimer, mais qui a fini par planifier sa mort. Cette histoire, elle tient à la raconter pour toutes ces femmes et leurs enfants qui doivent fuir la violence et pour qui le système de justice ne réussit pas vraiment, malgré plusieurs avancées, à leur inspirer confiance. Le livre de Sarah raconte les nombreuses procédures judiciaires qui se sont souvent terminées par une condamnation de son adversaire, mais même une fois une peine de 14 mois de prison, mais même après ça, il lâche pas, il lâche jamais prise, il utilise toutes les possibilités offertes par les tribunaux pour retourner la justice contre elle en se déclarant victime et en utilisant des procédures coûteuses, des plaintes à la Direction de la protection de la jeunesse pour lui retirer la garde des enfants. C'est ce qu'on appelle un plaideur quérulant. Il exerce ce qu'on appelle une violence judiciaire. Même si elle a été bien traitée par les personnes qui se sont occupées d'elle, les policiers, les responsables de la DPJ ou les procureurs, Sarah dénonce cette violence judiciaire et espère que le système de justice va réussir à mieux protéger les victimes et à gagner leur confiance. Après des mois de procédures épouvantables, Sarah a fini par être acquittée des fausses accusations déposées par son agresseur. Et celui-ci doit maintenant porter un bon un bracelet anti-rapprochement. Mais elle a encore peur pour elle et ses enfants et elle a dû déménager dans un endroit qui ne lui plaît pas vraiment. Elle a réussi à quitter un homme violent, mais la violence lui a volé une grande partie de sa
SPEAKER_03vie. Ça me donne vraiment envie de le lire. Je pense que ça va faire réfléchir beaucoup de gens,
SPEAKER_04cet ouvrage-là. Oui, on en parle beaucoup dans les journaux de ces temps-ci aussi, des gens qui ont des bracelets de rapprochement et qui s'en servent pour retrouver leurs victimes. C'est incroyable. C'est incroyable. On
SPEAKER_03rappelle le titre avant lui, J'étais libre, de Sarah, publié aux éditions de La Presse. Merci beaucoup, Diane, pour les belles suggestions.
SPEAKER_04Ça m'a fait plaisir. À bientôt, Amélie.
SPEAKER_01Ici Audrey Willenmy, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_03On est déjà rendu à la conclusion de l'émission, accompagnée de mon autrice invitée de la semaine, Estelle Bachelard-Alliance-Bach. Et on en a parlé tantôt, il y aura une prochaine BD qui s'en vient. Est-ce que celle-ci sera plus lumineuse, plus crue ou complètement différente de celle qu'on vient de lire? Je vais bien, je pense.
SPEAKER_05C'est une bonne question parce que je ne sais pas encore exactement comment je vais l'écrire. J'ai comme toutes les informations, mais il me reste simplement l'assembler puis trouver vraiment le bon ton. Mais je pense que oui, ça va plus se rapprocher de Je vais bien, je pense que de mes autres livres. Du moins, je pense que les gens vont vraiment sentir comme une suite logique.
SPEAKER_03Et tantôt, tu disais que cette BD-là, Je vais bien, je pense, est une porte d'entrée pour autre chose. Qu'est-ce qui te reste encore à explorer?
SPEAKER_05Bien, je pense qu'on finit jamais d'évoluer puis d'explorer explorer et de réfléchir sur soi-même. Je pense qu'on a envie d'évoluer dans la vie. Donc, je pense qu'il y a plein de sujets même que je ne sais même pas que je vais écrire. Mais là, pour mon prochain livre, j'aimerais ça beaucoup plus explorer mon enfance, mon adolescence, plus ma vie de famille. Donc, c'est ça, de revenir dans le passé.
SPEAKER_03Intéressant. Et qu'est-ce que tu aimerais dire aux gens qui lisent ton livre et qui, eux aussi, pensent aller bien en ce moment?
SPEAKER_05Je pense que ça vaut la peine de prendre le temps de se poser réellement la question, puis d'être honnête envers soi-même, puis d'être authentique au fond, puis de le nommer si ça ne va pas non plus. Bon, c'est sûr que ce n'est pas tout le monde qui est prêt à recevoir et d'accueillir notre situation quand ça ne va pas bien, mais je pense que c'est vraiment bien de prendre le temps de bien choisir les gens autour de nous, puis prendre soin de soi, puis... Oui, d'être entourée de gens qui nous donnent de l'amour et qui nous aident à aller mieux.
SPEAKER_03Et qu'est-ce qui s'en vient pour toi dans les prochains mois?
SPEAKER_05Oui, bien là, justement, j'écris ma prochaine bande dessinée. Je suis pas mal là-dessus. Sinon, justement, comme on disait, le livre pour enfants à la bagnole par rapport à la neurodivergence. Puis là, il y a certainement d'autres festivals en Europe où je devrais aller. Justement, avec ma bande dessinée qui vient de sortir. Donc, ça continue comme ça. On tue sur les réseaux sociaux, en fait. Voilà. Donc, je continue à publier mes informations sur Instagram en particulier. Donc, c'est là que vous pouvez avoir mes nouvelles. Bien, merci
SPEAKER_03beaucoup, Estelle, d'être à l'émission.
SPEAKER_05Bien, merci
SPEAKER_03beaucoup. Merci à vous à la maison. Passez une excellente semaine. Je vous retrouve la semaine prochaine pour une autre émission. Et entre-temps, vous pouvez nous suivre via Facebook, Instagram et sur toutes les plateformes de podcast. Bonne semaine. À la semaine prochaine.