Samedi de lire
Chaque semaine, Amélie Boivin Handfield reçoit un auteur.
Entrevue, coup de coeur, chronique littéraire et beaucoup de plaisir.
Samedi de lire
Samedi de lire avec Marianne Brisebois - 2026
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Chronique littéraire de Marie-Noëlle Paquette
Merci à tous.
SPEAKER_00Pour la prochaine heure, vous écoutez « Samedi de lire » avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_04Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bienvenue dans l'émission « Samedi de lire » et aujourd'hui, j'ai le grand bonheur de recevoir Marianne Brisebois. Bonjour, comment tu vas? Bonjour, ça va bien, toi? Bien oui, très contente de te recevoir à mon micro. Alors, je te présente à mes auditeurs, à l'artillerie autrice, à la plume jeune, assumée et maîtrisée. Tu es diplômée en psychologie et en communication. Quand tu n'écris pas, tu adores débattre, discuter et refaire le monde. Les mots ont toujours fait partie de ta vie. Depuis l'apparition de « Sauf que Sam est mort en 2021 », t'a fait paraître Quelques solitudes en 2022, Tant que sera l'été, et même l'automne est arrivé en 2023, Balcon en 2024, Fragments de Luvier en 2025, et depuis l'apparition de ton premier roman, ton lectorat n'a cessé de grandir. Quel regard portes-tu aujourd'hui sur l'évolution de ton écriture? Oui, en fait, c'est drôle parce que cette description-là, ça vient de mon tout premier roman, ce que mon éditrice avait écrit pour le premier, puis dans ce sens, ça n'a pas tellement changé, c'est encore vrai, mais oui, mon Dieu, je trouve qu'il y a quelque chose de super intéressant d'écrire, de publier, en fait, un livre à chaque année, parce qu'autant je constate que moi, je vieillis, que mon lectorat grandit, vieillit, qu'il y a des nouvelles personnes qui s'ajoutent à chaque fois, puis il y a comme un... quelque chose de naturel qui se passe, de pas me dire comme, ah, moi, je suis la fille qui écrit des romans de tel genre, on dirait que je me laisse surprendre par le fait que ma plume, c'est vraiment affiné avec les années, tu sais, c'est un muscle, la création l'imagination, mais aussi que moi, les thèmes qui m'habitent vont avec le fait que moi-même, je vieillis. Donc, c'est quelque chose en même temps intéressant au niveau de l'introspection, puis de voir aussi que le lectorat suit là-dedans. Et tu dis que chacun de tes romans explore une nouvelle voix narrative. Comment tu choisis justement le personnage ou la voix qui va porter l'histoire? Oui, c'est souvent, tu sais, on demande, on commence, est-ce qu'on commence par avoir une idée ou on commence par avoir plus le personnage dans notre tête? Pour moi, je ne suis pas prête à écrire tant que la voix de mon personnage n'est pas clair dans ma tête. Puis, ce n'est pas tout le temps un choix conscient. Tu sais, je sais que... Je sais, par exemple, tout le temps la situation initiale de mon personnage. Pourquoi on va s'intéresser à ce personnage-là? Puis, là, après, je me mets à y penser tout le temps. Puis, on dirait que c'est là que la voix narrative s'installe dans ma tête. Est-ce que ça va être un ton qui est plus poétique, une voix qui est un peu plus crue comme dans Balcon? Est-ce que c'est plus contemplatif ou plus léger? Puis... Une fois que ça, c'est clair dans ma tête, on dirait que là, l'écriture devient tellement naturelle. C'est la chose à mettre vraiment le plus clair dans ma tête avant d'écrire. Et malgré, justement, comme tu viens de le dire, tes intrigues différentes, plusieurs lecteurs reconnaissent immédiatement ta signature. En tant qu'auteur, comment la définirais-tu, cette signature-là? Je pense que c'est une plume que, peu importe la voie narrative, on est vraiment beaucoup dans la réflexion. Peu importe la réflexion, ça articule comment. Je pense que c'est ça, ma marque de commerce. C'est des personnage qui pense beaucoup et qui a comme tout le temps une façon de décortiquer la pensée. Tu sais, comme on dit des fois dans la vie qu'on overthink. Moi, je pense qu'on ne pense jamais trop parce que, justement, ce côté-là de décortiquer la pensée nous entre beaucoup plus dans la psyché du personnage, qu'on adhère ou pas. Mais ça fait aussi que je pense que c'est marquant parce qu'on ne fait pas juste rester en surface de sa pensée. On va plus loin et des fois, on on est choqué ou on adhère. Oui. Dirais-tu que tes études en psychothèque, justement, dans la création de la psychologie de tes personnages? Bien, c'est comme si... Ça m'aide dans un sens où moi, tu sais, justement, j'ai tout le temps été fascinée par l'humain, sa manière de penser, sa manière d'être en relation, surtout. Fait que, tu sais, déjà, j'avais ça qui m'a fait... qui a fait que j'ai eu envie d'aller en psychologie. Fait que ça, ça faisait déjà partie de moi. Puis après ça, mes études en psychologie, on dirait que des fois, on va penser que quand on étudie dans quelque chose, on va donc... Par exemple, dans Sauf que ça ne marche, je parlais de deuil. On m'a dit, est-ce que c'est en psychologie que tu as appris comment quelqu'un vit un deuil? C'est comme ça que tu l'as articulé dans ton livre. Mais c'est un peu le contraire parce que quand on étudie en psychologie, on réalise qu'il n'y a jamais de cas type, que chaque manière, chaque façon de vivre un deuil va aller avec la personne qu'on est à ce moment-là de notre vie, notre background et tout ça. Ça fait en sorte que je me permets énormément de nuances. Je pense que c'est ça aussi l'héritage de ces études-là, c'est que Ce qui est fascinant dans la recherche en psychologie, c'est de réaliser que tout le monde vit les choses différemment et que c'est les facteurs qui viennent d'ailleurs qui rendent ça vraiment unique. Comme dans « Quelques solitudes », j'ai parlé de troubles alimentaires. C'est d'une façon aussi qui sort un peu de la norme dans laquelle on le voit d'habitude. Moi, c'est ça qui me fascine. C'est vraiment d'entrer dans des nuances. Dans les dernières années, tu as publié plusieurs romans. Qu'est-ce que tu as appris sur toi-même comme écrivaine à travers ce rythme de création qui est assez soutenu un par année? En fait, j'ai appris que... Des fois, je ne veux pas qu'on ait cette image-là que dans le fond, j'écris avec une pression de performance ou parce qu'on me le demande. Des fois, on me dit, toi, dans le fond, ta maison d'édition s'attend à avoir un manuscrit chaque année. Moi, je me suis laissée surprendre par le fait que quand je commence à écrire, c'est très effréné, c'est très prenant, mais ce n'est pas une pression que je me mets. Je ne me dis pas, dans deux mois, il y aura 400 pages d'écrites. Je ne suis vraiment pas quelqu'un comme ça parce que je ne suis pas vraiment organisée non plus. Vraiment pas, en fait. Dès que j'ai des deadlines, des nombres de pages, je vais complètement décroché et ça ne va pas me tenter. Je me suis plus laissée surprendre par le fait que je travaille comme ça. Je pense que c'est resté. À chaque fois que je finissais un livre, je me disais, pour vrai, entrer dans une bulle comme ça et écrire aussi vite, je pense que c'était la dernière fois que ça pouvait m'arriver. Dans le fond, ça revient à chaque fois. J'ai appris à « trust the process » parce que c'est comme ça que mon cerveau créatif fonctionne. Tu viens de publier ton plus récent ouvrage « Inconnu », ta première autofiction dans laquelle on découvre Laurent professeure de français écrivaine. Depuis sa séparation avec Simon, elle n'aspire qu'à une chose, profiter de son indépendance. Elle multiplie les histoires avec des hommes venus d'ailleurs, trouvant dans la différence culturelle et linguistique une franchise assumée. Pourtant, alors qu'elle se sent enfin vive, Laurence ne parvient plus à trouver l'espace mental nécessaire pour écrire. Elle saisit alors l'occasion de s'envoler pour l'Angleterre afin de se recentrer sur elle-même et tenter de renouer avec l'écriture. Loin des distractions de son quotidien, mais où qu'elle se trouve sur Terre, la pression et les attentes sociales persistent et la force à réaffirmer ses choix de vie. Et pendant longtemps, Marianne, tu as affirmé que tes romans n'étaient pas inspirés directement de ta vie. Pourquoi était-ce le bon moment pour toi d'écrire une autofiction cette fois-ci? Oui, c'est vrai. Je ne pensais jamais faire ça. Moi, je pensais que justement, mon processus créatif, c'était vraiment d'être dans une bulle où je suis tellement un peu comme quelqu'un qui lit. Je suis tellement dans la fiction que c'est ça qui m'anime le plus. Mais finalement, comme tu viens de le résumer, j'ai été dans une période de ma vie où je n'arrivais plus à écrire. Ça ne paraît pas parce que j'ai sorti un livre par année, mais c'est parce que moi, je prenais de l'avance, dans le fond. Quand je terminais d'écrire un manuscrit, même s'il venait juste de sortir, il y en avait des fois un autre qui était déjà prêt. Dans le fond, j'ai vraiment passé une période de ma vie qui était très trouble, assez bouleversante en termes de perte de repère. J'avais quitté quelqu'un avec qui j'avais été pendant 12 ans. À ce moment-là, j'avais seulement 28 ans. Ça représente énormément d'années, 12 ans de temps. Puis, Puis c'est là où, en fait, je te viens juste de dire, justement, je « trust the process » que mon cerveau va retomber dans une bulle, mais j'ai quand même appris que si je suis déstabilisée, que ma tête est très occupée à d'autres choses, j'étais comme un petit peu en mode survie-adaptation, bien là, je n'ai pas l'énergie nécessaire, je n'ai pas l'espace mental pour écrire. J'ai besoin d'avoir une certaine sécurité pour que ça, ça arrive. Puis dans le fond, c'est ça, je n'arrivais pas à écrire. Puis finalement, Finalement, quand les choses ont commencé à se placer un peu, j'avais vécu tellement de choses pendant ces années-là que je me disais « Hey, ça va être inspirant ». Puis c'est là où, quand j'essayais de ficeler une fiction à partir de ce que j'avais vécu pendant ces années-là, ça ne marchait pas. C'était comme un peu faux. Puis l'élan ne se produisait pas. Donc, je me suis dit « Hey, je devrais vraiment juste l'assumer puis écrire une autofiction qui est très, très, très plus dans l'auto que dans le fiction ». Il n'y a pas beaucoup de choses qui ne se sont pas vraiment passées dans ce livre-là. C'est là que, mon Dieu, je me suis tellement sentie bien. J'ai réalisé que j'avais fini de vivre cette histoire-là et que maintenant, j'étais prête à l'écrire. J'avais vécu des choses qui étaient tellement, comme je viens de te dire, ma passion pour les personnages qui entrent en relation de manière nuancée, un peu étrange. Ça m'était tellement arrivé à moi-même. On dirait que j'avais invité des choses dans ma vie qui étaient des choses que moi, je créais avant dans mes romans. Est-ce que l'écriture d'Inconnu t'a permis de comprendre certaines expériences différemment avec le recul Je pense que j'ai réalisé que si j'avais autant envie d'écrire des relations amicales qui étaient un peu sur la limite entre l'amour et l'amitié, le platonisme et le désir, c'est parce que moi-même, j'étais une personne qui était très ouverte à vivre des choses comme ça. Mais il y a des choses qui m'ont plus surprise par rapport à moi-même dans le sens où je suis quelqu'un qui qui est très, très attachée à ma langue, à ma culture. Je participe au paysage littéraire québécois. Mais j'ai tellement appris à, dans le fond, découvrir une culture qui se passait dans une langue qui n'était pas la mienne. Puis ça, ça a révélé des facettes de ma personnalité. Des choses que quand je m'observais de haut, je me disais, mais c'est fascinant ce qui est en train de m'arriver. Parce que des fois, on assume beaucoup de choses comme faisant partie de nous. Puis on dit, non, moi, pour connecter avec des gens, il faut vraiment que j'aie accès aux nuances de ma langue. Puis dans le fond... j'entrais dans des relations qui étaient intimes, qui étaient incroyables, qui se passaient dans une autre langue et dans une autre culture. Puis, j'ai trouvé ça tellement fascinant que je voulais écrire sur ça. Et tu as mentionné dans des entrevues avoir parfois dû interrompre l'écriture parce que certains souvenirs t'ébranlaient. Comment écris-t-on sur une période aussi personnelle sans se laisser submerger par l'émotion? En même temps, la fiction, quand j'écrivais, tu sais, je n'écrivais pas un journal intime, j'écrivais une fiction. Donc, je pense que la partie de la création, de me remettre dans mon terrain de jeu préféré, qui est le roman, me permettait quand même de me laisser aller. Aussi, le fait que le personnage principal n'a pas mon nom, qu'il y a des choses qui ont été quand même ficelées, c'est pas une autobiographie. Donc, ça me permettait quand même d'aller là. Mais ce que j'ai trouvé plus difficile, c'est vraiment de décrire les très beaux souvenirs que moi, j'avais un peu décidé de laisser de côté parce que je voulais aller de l'avant. Quand on s'accroche trop à ce qui a tellement été beau, on a de la misère à se reconstruire un nouveau présent. Je ne suis pas une personne tellement nostalgique. Puis là, en écrivant, je le devenais. OK, je comprends. Puis des fois, justement, je pense à des chapitres en particulier où je me reculais un peu dans ma chaise puis j'avais un petit peu les larmes aux yeux. Mais en même temps, j'étais reconnaissante. Je me disais, mais j'ai quand même vécu ça puis c'était vraiment beau. Puis tu vois, je t'en parle puis je redeviens émotive. Parce que tout comme le personnage de Laurence, tu es allée en Angleterre. Oui, je suis allée en Angleterre. J'ai passé la moitié d'une année là-bas avec des amis. aller-retour. En fait, en tout, c'était un an où j'ai fait des allers-retours entre Montréal et l'Angleterre, parfois des plus longs séjours, des plus courts. J'ai été en relation amoureuse avec quelqu'un là-bas. J'ai développé des amitiés qui étaient justement dignes de mes romans. Je pense que quand j'ai vraiment décidé que non, ma place était à Montréal, on peut lire le livre pour comprendre tout le cheminement, mais j'ai quand même, je pense que j'ai un petit peu intellectualisé beaucoup de choses au lieu de vraiment laisser aller mes émotions. J'ai repensé à cette relation-là avec cette personne-là, puis toutes les belles choses qui me sont arrivées, que je me suis donné le droit de vivre, surtout. Et Tom, est-ce qu'il existe pour vrai? Tom existe vraiment. En fait, ouais, Tom, c'est le meilleur ami. Tu sais, des fois, je dis, je me couche dans le gazon avec Tom, comme le font mes personnages dans chacun de mes romans, parce que c'est vrai que quand j'étais avec Tom, je me disais, mon Dieu, on dirait l'ami très intense, très coloré, unique, où il y a une relation qui est au-delà de l'amitié, mais qui n'est pas non plus romantique. Puis, ouais, Tom m'avait demandé d'être dans un roman. D'habitude, quand le monde me dit ça, je suis comme « Ouais, ouais. » Mais là, je me dis « Ah oui, tellement. Tom va être là, c'est sûr à 100 %. » Est-ce qu'il l'a lu? Tom fait beaucoup d'efforts pour apprendre le français, mais je pense qu'il n'est peut-être pas encore rendu là. Je pense qu'il ne pourrait pas le saisir complètement non plus, même si son niveau de français est honnêtement exceptionnel pour quelqu'un qui l'a appris dans les deux dernières années. Mais j'espère qu'un jour, il pourrait le lire. Si tu me permets, Marianne, on s'arrête et au retour, on continue de parler de inconnus.
SPEAKER_01Ici Audrey Willenmy, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_04J'étais déjà en compagnie de mon autre invité de la semaine, Marianne Brisebois, pour parler de son plus récent roman, Inconnu. Et dans le roman, Laurence refuse de suivre le scénario habituel de la reconstruction après une rupture. Pourquoi c'est important pour toi de montrer justement une autre façon de traverser cette période-là difficile? Mon Dieu, c'est tellement important. Je pense qu'on a un narratif qui est quand même assez coulé dans le béton, dans ce qu'on voit dans la fiction. Aussi, je pense qu'il y a quelque chose aussi qui qui est un peu plus ancrée dans les normes, mais aussi dans les besoins des gens, qui est que... – On valorise davantage la stabilité. – Oui, c'est ça. Puis je comprends aussi le besoin de stabilité. Par exemple, tu sais, Laurence, quand elle devient célibataire pour la première fois, elle a 28 ans, puis elle est à un âge où d'habitude, mettons, le schéma plus normal, c'est que pendant ta vingtaine, tu as eu quand même beaucoup d'expériences, des relations qui ont un peu moins fonctionné à cause de notre maturité à ce moment-là. On apprend à se découvrir. Puis après ça, plus au début de la trentaine, on a inspire plus à la stabilité. Moi, ça a été le contraire qui s'est passé. Justement, en plus, j'avais quitté une relation où je n'étais pas non plus en peine d'amour. Je pense qu'il existe deux schémas. C'est soit la personne qui est en peine d'amour et qui s'étourdit dans les relations pour oublier l'autre personne ou pour essayer de se reconvaincre que cette personne-là ne connaissait pas ma valeur et que je vais la chercher chez d'autres personnes. Moi, ce n'était pas ça. J'étais dans une relation qui était saine où on me faisait sentir valorisé. Donc, je rencontrais pas des gars pour essayer d'oublier mon ex, ni pour essayer de me trouver une valeur à travers eux. Elle cherchait pas à guérir, elle cherchait juste à vivre, tout simplement. Exactement. Puis, pour moi, c'est important parce que j'ai quand même eu l'impression dans les entrevues qui ont découlé de ce livre-là, puis même de certains avis que j'ai vus, que ça choque encore beaucoup de gens, une femme qui fait beaucoup de rencontres en n'ayant pas l'intention que que ça devienne un amoureux, un partenaire de vie. Puis ça, honnêtement, ça m'a vraiment surprise. Je pense que j'étais un peu dans une bulle où j'avais comme tenu pour acquis que là, maintenant, on était rendu ailleurs. Que quand même, autant les hommes que les femmes avaient droit de faire des rencontres, d'explorer leur vie sexuelle, d'aimer les histoires sans lendemain. Mais non, j'ai réalisé que ça choque encore. Puis j'ai même eu l'impression que pour certaines personnes, ça a éclipsé complètement le reste du livre. – Ah oui, à ce point-là. que ce qui est ressorti, puis des fois, c'est des critiques qui étaient bonnes, mais ça m'a quand même, bien, qui étaient bonnes dans le sens de l'appréciation. Tu sais, je l'ai aimé, mais que la manière dont le livre a été résumé, c'était presque juste sur l'aspect de libération sexuelle. Puis là, c'est là où je me suis dit « Ah, ouais, comme je pense qu'il faut encore qu'on défasse un peu ce narratif-là. » Puis même d'avoir des commentaires comme « C'est rafraîchissant parce que d'habitude, c'est les gars. » Puis je me suis dit « Mais voyons donc, là, il me semble que ça fait longtemps que les filles aussi, on a le droit de vivre ça. » comme ça. Ou quand elles le font, c'est comme je te l'ai dit, pour oublier quelqu'un. Ou pour ça aussi, ça me choque un peu, pour réaliser que toutes ces histoires-là t'ont plus fait te sentir seule et pas bien, jusqu'à ce que là tu rencontres quelqu'un, puis là tu réalises que c'était insignifiant ce que t'as vécu avant. Mais moi, je l'ai tellement vécu de manière significative. Ces rencontres-là ont été belles, ont eu un sens, m'ont fait apprendre sur moi, sur les autres. Fait que je suis un petit peu tannée d'entendre l'histoire dans leurs mains, sexualité veut dire insignifiant quand c'est pas dans un objectif amoureux. Ça peut durer quelques jours puis ça peut avoir été aussi marquant qu'une relation qu'on a eue pendant des années. Tellement, tellement. Puis moi, vu que je l'ai vécu comme ça, je voulais qu'on voit ça dans la fiction quand même. Mais je pense que j'ai quand même réalisé qu'il y a du travail à faire. Et Laurence est attirée par des voyageurs de passage. Est-ce parce qu'ils représentent une forme de liberté ou parce qu'ils permettent une version différente de soi-même?
UNKNOWNAh!
SPEAKER_04En fait, moi, j'aimais beaucoup, moi et Laurence, j'aimais beaucoup rencontrer des gens en voyage parce qu'à ce moment-là, ils avaient une énergie de vivre. Donc, comme tu viens de le dire, une liberté. Il n'y avait pas le côté de commencer lentement non plus dans notre manière d'entrer en relation parce qu'on ne se reverra pas. Fait qu'on n'est pas là pour mettre la table. Ils n'ont pas beaucoup de temps non plus. Ils n'ont pas beaucoup de temps. Puis, ils sont tellement contents d'accueillir des gens dans leur voyage, de rencontrer des gens. qui sont dans la ville qu'eux ont décidé de visiter. Puis moi, de connecter avec des gens qui me sortaient de ma zone de confort, de ma stabilité, parce que j'étais avec quelqu'un pendant 12 ans. Moi, refréquenter quelqu'un, ce n'était pas intéressant pour moi que ça ressemble à ce que j'avais déjà connu, mais je ne voulais pas non plus être en couple, mais en même temps, je voulais des choses qui étaient comme des histoires. J'ai tellement aimé ça. Je trouve que c'est des gens qui étaient, après ça, je ne sais pas, peut-être que dans le reste de leur vie, il n'y aurait pas été du tout des gens qui m'auraient intéressé, mais dans ces 3-4 jours-là, des fois, c'est un peu plus des gens qui étaient là un mois, le fait d'être dans un accéléré, dans une énergie de vivre. Ça m'a tellement appris. J'étais vraiment bien. Fait que tu sais, je veux pas des fois non plus qu'on pense qu'il y a des gens qui viennent d'ailleurs parce que j'érotisais leurs origines culturelles et tout. Vraiment pas. C'était le contexte du voyage. À 100%, quelqu'un qui était là de passage. Un moment donné, c'était un peu une blague avec mes amis quand je disais « Ah, j'ai rencontré un gars, c'était tout le temps, il part quand? » Puis ça, ça a été vraiment le fun. Puis j'ai jamais rencontré quelqu'un qui a vécu son célibat ou son dating comme ça. Fait que j'ai trouvé ça aussi intéressant d'amener ça dans un livre. Je trouvais que ça sort C'était de l'ordinaire. Complètement. Puis en même temps, j'espère qu'on comprend pourquoi elle fait ça. Qu'est-ce qui l'intéresse là-dedans? Parce que moi, c'est fou comment ça a été marquant dans ma vie. Révélateur dans ton cas. Complètement. Et plusieurs personnages du roman demandent justement des inconnus. Qu'est-ce que ça révèle? Que révèle parfois un inconnu que nos proches ne voient pas? Oui, c'est ça qui est le fun aussi. C'est que je pense que parce que j'étais dans une relation depuis vraiment longtemps, J'étais beaucoup entourée de gens qui étaient dans ma vie depuis que j'étais adolescente. Qui t'ont vu évoluer dans cette relation-là? Oui, qui m'ont vu et qui m'ont associée à cette relation-là, qui ont associé des choses par rapport à moi qui venaient de cette relation-là. Puis, les années qui ont précédé ma rupture, moi, je me sentais beaucoup changée. En fait, plus évoluée. Vouloir autre chose, avoir des envies qui étaient différentes, une façon de trouver mon bonheur qui était différente. Puis, on dirait que les gens autour de moi avaient de la misère à l'accepter, à penser que c'est passager et que c'est une petite bulle weird qui est en train de vivre. Mais dans le fond, moi, je savais que c'était moi-même. Quand j'étais avec mes proches, je sentais que le regard qu'on avait sur moi n'était pas le bon. Quand j'ai été avec ces gens-là, justement, eux, ils ne connaissent rien de moi. Ils n'apprennent même pas à me connaître dans les règles de l'art, avec les petits sujets en premier, après les plus gros. On était tout de suite dans le très cru, très décomplexé. Des fois, eux me disaient des choses par rapport à moi, puis ça me soulageait d'avoir ce regard-là qui était neuf, qui était propre à celle que j'étais exactement à ce moment-là de ma vie sans avoir connu tout le reste qui me collait après puis qui ne m'allait plus. Et l'un des aspects les plus fascinants du roman, c'est cette idée qu'il est plus facile de parler de ses émotions en anglais. Tellement. J'ai encore besoin de faire ça des fois. Ah oui? Oui. Je pense que quand on parle une deuxième langue, on n'a pas la pression de choisir les mots mots exacts. Et moi, je suis une fille de mots, donc j'ai quand même un cerveau qui essaye de préciser ma pensée le plus possible. Mais quand on parle une deuxième langue, il y a juste un certain soulagement d'arriver à dire ce qu'on veut dire. Puis c'est comme si c'est nous, mais c'est pas nous. Il y a comme un... Tu sais, il y a des gens qui disent qu'ils trouvent ça vulnérabilisant de parler une deuxième langue. Moi, je trouve que c'est le contraire. Il y a comme un genre de façade, mais en même temps, un laisser-aller. Donc, pour moi, c'est pas être fake, être être fausse de parler une autre langue. Au contraire, je pense que ça révèle quelque chose où il y a moins de filtres que dans ma propre langue parce que c'est très droit au but dans la manière de s'exprimer. Puis, il y a moins de gêne de laisser sortir certains mots parce que ce n'est pas mes vrais mots. Ce n'est pas mes mots à moi. Ils ont été traduits puis ils viennent d'une langue que j'ai apprise. Donc, ça a été plus facile encore d'entrer dans des relations qui étaient très intimes. C'est fascinant. Oui. Puis, est-ce que tu le comprends quand je l'explique. Oui, oui, je le comprends parfaitement. Parce que c'est ça, des fois, je me dis, on a beaucoup appris que c'est gênant de parler une autre langue, mais je pense que laissez-vous aller à l'essayer. Moi, ça change mon regard complètement. Quand j'étais avec mon copain avec qui ça avait duré 12 ans, j'enseignais vraiment le français langue seconde, comme dans le livre. Puis, ça faisait donc que l'anglais faisait plus partie de ma vie. Et j'avais commencé à réaliser ça avec mes apprenants, que j'avais comme une manière de de dire des choses que je gardais pour moi d'habitude, que je n'osais pas dire à voix haute. Et c'est là où je me suis dit, je pense que je m'autorise à dire des choses comme si ça ne comptait pas parce que c'était dans une autre langue, mais c'est tout aussi vrai. Le roman montre que l'ouverture au monde peut parfois éloigner de ses racines. Comment as-tu vécu ce paradoxe-là? Moi, en fait, j'étais tellement ouverte, comme je disais, à être hors de ma zone de confort que je ne demandais que ça à être ouvert. loin de mes racines, de ce que je connaissais, autant en étant avec des gens à Montréal, mais qui venaient d'ailleurs. Puis après ça, quand j'ai été celle qui voyage, quand je me suis rendue en Angleterre, bien là, c'est vrai que tout ce que je voulais, moi, c'est être dans une nouvelle culture, dans une nouvelle langue, d'être juste à l'affût de nouveautés. C'est quand, en fait, j'ai arrêté d'être une voyageuse, puis que j'étais vraiment plus quelqu'un qui habite là, qu'il y a quelque chose de vraiment confrontant, puis j'ose même pas imaginer c'est quoi pour des gens qui qui doivent changer de pays dans une culture qui est tellement différente. Parce que moi, on s'entend que l'anglais, c'était déjà une langue que je maîtrisais. Puis la culture britannique est différente de la culture québécoise, mais elle n'est pas si différente. C'est quand même assez proche. C'est comparé à d'autres classes de culture que des gens doivent faire quand ils changent de pays. Et même là, je me suis sentie devenir très petite, d'avoir vraiment moins de place pour m'exprimer, pour parler de ce que moi, je connais. On a des conversations avec des gens, puis on a des référents culturels qui sont similaires. on peut tellement connecter sans avoir à tout expliquer, à quoi on fait référence. Il y a quelque chose avec la culture britannique où ils ont un peu l'impression que leur culture, la terre entière, la connaît déjà. Donc, j'étais souvent confrontée à devoir tout le temps dire que je ne savais pas. Puis, ça me faisait sentir un peu dans ma tête parler beaucoup moins que je le fais d'habitude. Il y avait moins cette envie-là de juste être la voyageuse. Je voulais être moi dans mes relations, puis je réalisais qu'il y avait quelque chose qui fonctionnait moins. Puis le fait aussi que je ne parlais jamais ma langue, ça m'isolait par rapport à mon travail et tout ça. Puis en même temps, je ne pourrais pas dire que tout ça, c'était devenu complètement négatif, mais c'est quelque chose que j'ai appris qui arrive quand on devient quelqu'un qui habite et non qui voyage, puis c'est assez confrontant. Et ton séjour en Angleterre t'a finalement permis de redécouvrir ton attachement à Montréal. Pourquoi faut-il parfois partir pour comprendre d'où l'on appartient. Ah, mais tellement. Quand on est... Tu sais, quand on est dans une période de notre vie où on est comme, je ne sais pas, mais on dirait que je suis bien nulle part, que je ne me sens pas ancrée, que j'ai juste envie de partir. Tu sais, qu'on se met en question par rapport à nos jobs, nos amis. Puis là, pour vrai, c'est super important de partir si on en a les moyens, bien sûr, puis qu'on a la possibilité dans notre vie de partir. Parce que, je pense que, un, ça peut te confirmer le contraire, que tu n'étais peut-être pas au bon endroit. Mais pour moi, ça a été vraiment apaisant de constater que je n'habitais pas juste à Montréal parce que ça allait de soi parce que je suis née proche de là et qu'après ça, j'ai fait mes études là. J'ai vraiment réalisé pourquoi c'est ici que je veux vivre. Même si ça a été déchirant de partir de l'Angleterre, ça m'a tellement confirmé ça que maintenant, il n'y a pas ce genre d'angoisse-là à me demander si je suis au bon endroit ou pas. Si tu me permets, Marianne, on s'arrête et au retour, je veux qu'on parle de tes coups de cœur littéraires.
SPEAKER_00Vous écoutez « Samedi de lire » avec l'auteur invité d'Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_04On est maintenant rendu au segment d'écoute-cœur littéraire de mon autre invité de la semaine, Marianne Brisebois. Qu'est-ce que tu as envie de présenter aux auditeurs? Bien, moi, c'est sûr que j'aime tout le temps parler des livres de mes amis parce que je trouve que c'est intéressant d'avoir eu accès à leur processus d'écriture, pourquoi ils ont écrit ça précisément, puis d'avoir moi-même la possibilité d'en parler. Je trouve que c'est le fun. Puis quand j'ai commencé à écrire « Inconnu », mon ami Samuel Larochelle m'avait invité à une retraite d'écriture aux Îles-de-la-Madeleine. Donc, on écrivait nos livres parallèlement. Puis moi, c'est la première fois que j'écrivais quelque chose d'intime. Et lui devait écrire le livre qui s'intitule « Je ne serai jamais Roy Dupuis », qui est un livre chez Québec Amérique où l'auteur doit présenter trois souvenirs très personnels. Et donc, on se prêtait à cet exercice-là côte à côte. Puis oui, je l'ai lu à sa sortie. Puis je trouve ça tellement touchant. Puis je Je trouve qu'il est game aussi. Il va quand même loin dans ses souvenirs. Il n'a pas peur de froisser, de blesser. Puis je pense que c'est ces livres-là aussi qui nous marquent quand on n'essaie pas d'être en surface. Des fois, quand on parle des choses qui nous sont vraiment arrivées, on veut tellement faire attention que personne ne se reconnaisse. Mais en même temps, je pense que quand on a ça à écrire, il faut aller là. Puis c'est tellement bien écrit. J'admire son style d'écriture. Si vous n'avez pas lu non plus « J'ai échappé mon cœur dans ta bouche », moi, c'est mon grand coup de cœur de l'œuvre de Samuel Larochelle. Mais j'ai envie de te demander, Marianne, tu rouves une porte quand tu écris Inconnu. Avais-tu peur de la réaction de ton entourage parce que c'est quand même de l'autofiction? Oui. C'est sûr que tous les personnages là-dedans, où j'avais un petit peu plus loin dans leur faille, c'est des personnes qui ne parlent pas français, donc ça aide. Par contre, je savais que ça allait peut-être ébranler ma famille parce que ça parle d'une période de ma vie où je n'allais pas bien et où eux ne s'en sont peut-être pas rendu compte, puis ma mère a vraiment été ébranlée à la première lecture. Je pense que justement, comme je te disais, qu'on n'est pas tant que ça habitué de voir une femme qui s'épanouit dans la sexualité, on a tendance à penser qu'elle se met en danger, que c'est pas vraiment ça qu'elle veut, tu sais. Puis dans le fond, bien moi, j'ai vécu ça de manière tellement saine, mais je pense que pour une maman, c'est normal de trouver ça un peu confrontant, de voir ça, puis de se dire aussi qu'avant ma rupture et dans les mois qui ont suivi, j'allais vraiment pas bien, puis ça a peut-être été moins adressé.
SPEAKER_03– Hum-hum.
SPEAKER_04Mais sinon, moi, je pense que quand, justement, on a ça écrit, soit on l'écrit ou on ne l'écrit pas. Exact, c'est ça. Fait que je ne me suis pas... Tu sais, des fois, il y avait même des bouts où je me disais, ah là là, si cette personne, justement, qui ne parle pas français... Mettons qu'un jour, c'est traduit. Ouf! Tu sais, comme je parle de mon ex-copain avec qui j'ai été en Angleterre, qui était parent d'un enfant. Puis, tu sais, il y a des choses là-dedans où je trouvais ça tellement important d'en parler d'une certaine culpabilité quand on est un parent et tout ça, mais je sais que c'est quelque chose qui pourrait être confrontant si lui le lisait. Mais en même temps, je pense que c'est bien fait et c'est pas fait pour rien non plus. Non, c'est ça. Puis je pense qu'il y a beaucoup de gens qui vont se retrouver dans ton ressenti, en fait, dans le ressenti de Laurence. Oui, oui. Tu sais, de parler du fait d'être en relation avec quelqu'un qui a un enfant, mais de ne pas arriver à aimer l'enfant, à non plus ne pas assumer que notre partenaire n'est pas complètement dédié à nous parce qu'il est dédié à un enfant et c'est ça qu'il faut aussi. Mais oui, c'est quelque chose que j'ai vécu difficilement et je voulais en parler parce que ce n'est pas quelque chose que je m'attendais à vivre de cette façon-là. Je trouve ça intéressant d'en parler dans la fiction pour que d'autres personnes se reconnaissent et se sentent moins coupables aussi. Les femmes, on dirait qu'on a tout le
SPEAKER_00temps cette pression-là
SPEAKER_04d'être tout le temps dans le don de soi, de tout le temps s'adapter, de toujours être compréhensive.
UNKNOWNOn a aussi des choses qui peuvent ne pas nous convenir et c'est ce qui se passe dans le livre
SPEAKER_04On revient à tes coups de cœur. Je pense que tu en avais un deuxième que tu avais envie de présenter. Oui, pour faire quand même écho au roman, parce que dans Inconnu, il y a une liste de lectures à la fin, parce que les chapitres, souvent, vont faire référence à un roman, à une lecture que le personnage va vraiment appuyer une réflexion par une lecture. Donc, si vous voulez consulter cette liste-là à la fin du livre, c'est sûr que pour moi, c'est des lectures qui ont été marquantes, mais un livre dont j'aimerais qu'on entende plus parler, c'est Voyage vers une fusée de Céline Asselin. C'est une grande réflexion, un roman et en même temps un essai sur les femmes aventurières à travers les époques. Et il y a une grande réflexion sur le voyage et sur la liberté des femmes qui voyagent. Puis moi, j'ai tellement... Ce livre-là est tombé dans mes mains au bon moment. On essayait beaucoup de réduire mon envie de voyager à être tombée en amour avec un gars là-bas. Mais tout ça avait commencé bien avant. Puis je pense que si j'étais tombée en amour avec un gars, c'est justement parce que j'avais une liberté, j'avais une envie de ce voyage-là. Le fait de tomber en amour découle de ça et non l'inverse. Je crois que c'est Samuel Larochem qui t'a incité à partir en Angleterre. Oui et non. Dans le livre, à la fin, je le remercie parce qu'il m'a dit « va donc péter la gueule » quand je voulais partir en Angleterre. C'est un rêve que tu caressais depuis longtemps, je pense, de vouloir aller là-bas. Quand Samuel m'a dit « va donc péter la gueule », On va le remettre en contexte. Moi, j'étais déjà partie en Angleterre à ce moment-là. Le bout où je m'en vais vivre dans le Derbyshire, que j'habite avec une famille là-bas, tout ça, c'était quelque chose qui était prévu depuis longtemps que j'avais fait. C'est pendant ce voyage-là que j'ai rencontré des amis, une personne qui est devenue même un amoureux. Mais quand je suis revenue à Montréal, c'était déjà prévu, j'avais mon billet de retour. J'avais cette histoire-là dans ma tête et je me disais « Mon Dieu, je suis tombée amoureuse de quelqu'un. J'ai découvert des amis. Pourquoi je suis ici? Qu'est-ce que je fais ici? » du tout, c'était même pire, je me sentais pas bien du tout, puis j'en parlais à mes proches, puis tout ça, puis là, tu sais, Samuel me faisait beaucoup réfléchir, puis sur ce que je voulais, ce que je voulais pas, puis on dirait que même les pires scénarios de ce qui aurait pu arriver en retournant en Angleterre me dérangeaient pas, puis là, Samuel, il m'a dit, bon, bien, vas-y, tu sais, puis c'était d'une manière tellement comme, il y en a pas de problème, puis j'ai tellement aimé cette façon-là de juste me dire, bien, let's go, t'as le goût d'aller vivre ça, même si ça vire mal, on dirait que t'es prête à le vivre, puis vis-le, alors Alors que souvent, nos proches, ils veulent tellement nous protéger qu'ils ne vont pas nous dire « Vas-y, si tu as le goût de te péter la gueule, je te connais et tu es capable de le faire. » Samuel m'a dit ça et c'est une phrase qui est restée beaucoup dans ma tête. J'ai aussi mis ce que mon ami Taylor m'avait dit, Taylor dans le livre, « Le pire qui peut t'arriver, c'est de rentrer à la maison. » Ça aussi, c'est ce qui m'a donné le plus gros coup de pouce pour partir. Merci à ces deux-là qui sont cités dans le livre. Je t'entendais en entrevue dire que l'ennui, c'est essentiel à ta créativité. Dans une époque où tout va très vite, comment préserves-tu justement cet espace nécessaire à ton imaginaire? Oui, c'est difficile parce que justement, je n'ai pas peur de la solitude, j'ai peur de l'ennui vraiment beaucoup. Puis je pense que... j'ai dû trouver un équilibre parce que pendant ces années-là, je ne me laissais pas m'ennuyer, vraiment pas, jusqu'à un point où ça devenait, est-ce que c'est encore sain d'être toujours sortie, d'être toujours à la rencontre de des gens, de vivre des choses parce que là, ça faisait que je n'avais plus de monde interne, de bulles à moi, dans ma tête, dans mes choses. Puis là, en écrivant Inconnu, j'ai reconnecté avec cet espace-là Je pense que je ne suis pas revenue comme avant. J'ai trouvé un amalgame des deux. J'ai beaucoup d'énergie pour vivre des choses encore. Ça aussi, c'est une affaire dans le narratif que je n'aime pas quand on fait comme si c'était juste une phase pour mieux retourner dans la stabilité après. Non, je ne veux plus cette stabilité-là que j'ai déjà connue, mais maintenant, c'est un peu plus sain, c'est plus balancé. J'ai retrouvé l'espace pour écrire, mais j'ai dû apprendre que ça avait changé quand même. Et après avoir raconté une histoire aussi proche de ton vécu, as-tu l'impression d'avoir retrouvé une nouvelle liberté créatrice? J'ai trouvé libérateur de constater que j'avais vieilli. Ah, c'est intéressant. En écrivant, oui. Je réalisais, ça me surprenait en écrivant que je suis quand même rendue loin de celle qui a écrit « Quelques solitudes », sauf qu'elle s'en mémoire, que les thèmes qui m'habitent, ma manière d'habiter, un regard sur le monde, a vieilli, puis en même temps, on parle beaucoup du fait que vieillir, ça fait peur, vieillir, c'est quelque chose qu'on veut pas, puis moi, au contraire, ça m'a fait aimer ça, aimer constater que j'avais vieilli, puis de pas vouloir revenir à la fille de 25 ans, tu sais, qui écrivait son premier roman, même si je le trouve super bon, puis je ne voudrais rien changer à ces histoires-là, mais ça m'a fait, ouais, me réconcilier aussi avec l'idée de vieillir quand on nous impose beaucoup le fait que ça devrait pas être quelque chose qu'on a accueil avec bienveillance. Est-ce que tu avais un dernier coup de cœur que tu voulais présenter? Moi, c'est sûr que j'ai lu aussi le livre Bonne fille de Isabelle Roy qui, celui-là, si vous voulez, un livre qui choque par rapport à quelqu'un qui essaye beaucoup de rencontres, qui se libère dans la sexualité. Je trouve que ce livre-là, il va en ligne. Quand dans Inconnu, on a trouvé que, oh mon Dieu, c'est une fille qui fait beaucoup... Allez lire celui-là pour encore plus brasser la cage Je trouve que là, j'ai réalisé qu'on a du chemin à faire. Je trouve que ce livre-là le montre bien. Là, on est vraiment plus dans une histoire de dating qui est intentionnelle, de multiplier les rencontres pour vraiment se libérer sexuellement à la rencontre de plein de gens. On est beaucoup plus cru aussi dans la description de la sexualité et tout ça. Isabelle Roy, c'est son premier roman pour adultes. C'est super. Vraiment, il a un beau succès en ce moment. Ça me donne vraiment envie de le lire. Si on a vraiment envie d'aller là-dedans, là, Oui, 100 %. Puis moi, mon coup de cœur pour l'été, un livre qui m'a fait du bien, c'était tout ce que j'aimais vraiment. C'est tout ce que j'aime dans ce livre-là. C'est « Tout me revient maintenant » de Jean-Michel Fortier. C'est tellement bon. C'est comme un coming of age. Il y a de l'amour, il y a des référents culturels qui font sourire. Il y a Céline Dion qui est très intéressante. J'ai tout aimé de ce livre-là. C'est mon petit coup de cœur forever. Merci beaucoup, Marianne, pour les belles suggestions. On s'arrête pour la chronique littéraire et on se retrouve pour la conclusion de l'émission.
SPEAKER_02Ici Mélissa Perron, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield.
SPEAKER_04C'est maintenant le temps de la chronique littéraire en compagnie de Marie-Noël Paquette. Bonjour, tu vas bien? Ça va très bien, merci Amélie. Et on commence ce mois-ci avec la mèche courte de Marie-Élise Hamelin, publiée chez Québec Amérique. Oui, on retrouve dans ce roman trois amis qui se rassemblent autour de leur marginalité. Il y a Niels, jeune fille fougueuse un peu drama. Il y a Astrid, femme trans d'origine haïtienne et fan de films d'horreur. Et Francis, jeune homme homosexuel et poète maudit. Et comme toute école secondaire, nos amis croiseront le chemin des personnages incontournables de cette époque. Carl Fréchette, le capitaine populaire et toxique du club de soccer et Gabou Provencher, la nerd et reject de l'école. De plus, il y a une nouvelle élève qui apparaîtra dans leur vie de manière inattendue. Ils terminent leur secondaire enfin cette année. Et devant le saut dans le vide qui les attend, cette bande d'amis se questionnent, rêvent, angoissent face au futur. Ils nous entraînent dans leur quotidien, leur drame, leur réussite, leur expérience qui caractérise bien cette période de la vie, la fin de l'adolescence. L'autrice aborde plusieurs thèmes dont l'amitié, la réalité trans, la sexualité, l'amour, l'acceptation de soi et bien d'autres. Et les thèmes étant tellement nombreux, j'ai parfois senti qu'on voulait tout aborder et cela un peu pour résultat de ne pas aller en profondeur, de laisser plusieurs fils en suspens. Cela dit, j'ai apprécié les réflexions des personnages qui sont confrontés aux attentes, les leurs et celles qu'ils pensent que les autres ont envers eux, qui veulent être dans le groupe tout en se démarquant. L'ambivalence adolescente y est très crédible. Le roman s'adresse à un public de 14 ans et plus, mais mais de mon point de vue, je le mettrais plus dans les mains de jeunes de 16 ans et plus ou de jeunes adultes. C'est une lecture qui pourrait leur parler s'ils appréciaient les histoires à la fois crues et introspectives. On rappelle le titre La mèche courte de Marie-Élise Hamelin, publié chez Québec-Amérique. On y va maintenant avec Éclat de chair de Frédéric Dubé, publié chez Hamac. Ce livre, qui est une fiction, qui n'est pas une autofiction, aborde une agression, un viol, mais pas que. Le livre présente les différents morceaux d'une femme qui a implosé. Avant, pendant et après le drame. Ses stades servent à parler de l'indicible, de se rappeler que son corps lui appartient. Elle parle donc de ses kicks, de ses amants, de moments de grâce, d'amour, de pain intérieur. Elle y liste même des chansons propices à écouter avant, pendant ou après le sexe. C'est une réappropriation d'elle-même pour passer au travers de ce viol. D'ailleurs, l'ouvrage présente quelques citations tirées du livre « La fabrique du viol » de Suzanne Zaccour. On y sent le pamphlet, mais ce discours demeure nécessaire. Soyez avertis du contenu, tout en gardant en tête que ce livre, comme l'indique le quatrième de couverture, encourage la revendication haut et fort du droit de jouir. On rappelle le titre Éclat de char de Frédéric Dubé, publié chez Hamac. On y va maintenant avec En pupillier de Marie-Ève Nadeau, publié chez Main-Libre. Nous accompagnons Camille, une jeune femme photographe qui a la particularité de s'être brûlée la rétine gauche étant enfant. Elle a fait une expérience et ça a mal tourné. Elle voit toujours, mais à avec un filtre lumineux et flouté de son
SPEAKER_01oeil.
SPEAKER_04Et cet handicap deviendra une force et un élément distinctif de ses propositions lors de ses expositions photos. De plus, sa carrière derrière le Kodak l'amènera à parcourir plusieurs pays où elle y fera des rencontres marquantes. L'esprit de sa mère, décédée alors qu'elle avait 10 mois, plane toujours auprès de Camille, comme celui de son ami June, décédée. L'histoire raconte beaucoup la transmission entre les générations, la découverte de son identité, les drames qui se jouent et l'imagination qui habite la fantasque jeune femme. Le livre est parsemé d'images de gravure sur bois de l'artiste Anthony Burnham. Cette petite pause visuelle ajoute vraiment un moment de réflexion à la lecture. Et l'écriture de l'autrice apporte aussi un côté poétique très agréable. J'avoue avoir eu du mal à m'y plonger, mais j'ai persévéré et j'en suis contente. J'ai eu un bon moment de lecture. On rappelle le titre « On peut piller » de Marie-Ève Nadeau, publié chez Maille Libre. On y va maintenant avec « Le souffle de l'armatan » de Sylvain Trudel, publié chez VLB Éditeur. Ce titre ne vous est peut-être pas inconnu et c'est normal, il s'agit d'une réédition par VLB Éditeur pour souligner les 40 ans de ce livre. Périne Leblanc y signe d'ailleurs une préface et nous avons droit au texte définitif dans cet ouvrage. Périne qui est la conjointe de Sylvain Trudel. Voilà un couple bien assorti, deux grands auteurs. Tous deux adoptés dans des circonstances très différentes, Hugues et Abéqué deviennent des amis inséparables. Ils sont habités par une quête d'identité qui les transporte. L'art adulte les rebute, sa fausseté, ses mensonges. Ils préfèrent créer leur propre monde, vivre selon leurs codes. Et c'est là toute la magie de ce roman. La vie, le futur vu à travers les yeux de ces enfants. Leur fantasme naïf et universel font sourire et presque rêver. Leur lecture du monde imparfait, solennel et parfois dur, nous fait voir les choses vraiment différemment. Et l'intensité des croyances des enfants est vraiment surprenante. Et nos deux amis ont fois inébranlable en l'avenir qu'ils souhaitent se construire. Cela les amène à vivre des situations touchantes, amusantes et aussi dramatiques. Et cette fois, leur brouille tranquillement l'esprit et puis tout bascule. Le contact avec la réalité se perd et ça devient dangereux. C'est une quête initiatique de grande envergure que nous a livré l'auteur en 1986 et qui résonne encore aujourd'hui. Je me suis laissée porter par cette histoire et l'espoir qui en transparaît tout du long. On rappelle le titre Le souffle de l'armatan de Sylvain Trudel, publié chez VLB Éditeur. On y va maintenant avec celle qui ne savent pas mourir de Marie-Hélène Sarazin, publiée chez Telle Première. J'ai beaucoup aimé ce livre, « Camper dans un village où tradition et quiétude rencontrent la modernité et le développement immobilier ». Saint-Didas, c'est un village que l'on pourrait qualifier de pittoresque avec ses habitants qui ont toujours vécu, ses établissements patrimoniaux et sa rue principale d'antan, ainsi que ses grands champs d'agriculture. Son charme envoûte les gens de la ville qui prennent d'assaut la région la fin de semaine venue et lors des vacances. Voulant profiter de cette manne, le maire encourage le développement immobilier qui empiète de plus en plus sur la nature. Les citoyens commencent à fomenter une résistance. Mais soudain, Rose, figure connue de ce mouvement, disparaît de son jardin sans laisser de traces. Cet événement lance les hostilités contre le maire avare et son projet de chalet dans la montagne. Même la végétation se joint au conflit pour rappeler sa place. Le livre présente des personnages féminins pour la plupart, toute craquelée, mais encore debout devant l'adversité. C'est un roman qui parle de patrimoine, d'héritage culturel, du passage à la modernité, des impératifs du développement économique et du retour à la terre. Surtout, ce livre parle de résilience. Tout cela teinté par un réalisme magique qui engelive la lecture. J'y ai vu un peu de Fred Pellerin avec une touche de féministe bien sentie sans être pesante. Une lecture qui nous connecte à nos villages d'antan. On rappelle le titre «Celles qui ne savent pas mourir» de Marie-Hélène Sartre Hazin, publié chez Tête première. Et là, on termine avec 50 dates désastreuses présentées par Thomas Levesque et Stéphanie Vendlac, publiées chez Québec Amérique. Juste à temps pour la période estivale, si ça vous tente, Thomas Levesque et Stéphanie Vendlac animent ensemble Couple ouvert, un balado humoristique où l'un des segments de l'émission donne la parole aux gens pour raconter leurs dates désastreuses. Inutile de dire que c'est très populaire, nous en avons la preuve avec ce recueil où 50 histoires parmi toutes celles racontées ont été mises en livre. Et à la lumière de ma lecture, Amélie, je retiens les points suivants. Les gens sont prêts à faire beaucoup de route pour coucher avec des inconnus. Se protéger pour éviter les ITSS est très important. Si la personne présente plusieurs drapeaux rouges en début de soirée, cela n'ira pas en s'améliorant. Les gens sont très ouverts à expérimenter les expériences à 3, 4 ou plus. La curiosité est un très vilain défaut. Beaucoup de gens sont restés pour voir ce qui se passerait, d'où la date désastreuse. Alors, à qui s'adresse ce livre? Honnêtement, je n'ai pas de réponse pour vous. Mais je peux cependant vous dire, lisez-le à petite dose pour ne pas perdre foi en vos pères. Un livre à laisser traîner à la maison, si vous osez. Mais est-ce que tu as eu du plaisir à le lire? Du plaisir? Je dois à que des fois, on se dit... Découragée, peut-être? Pas découragée, mais on se dit, t'es un peu courue après. Il y a vraiment une variété. Il y a des histoires aussi qui sont venues me toucher. C'était triste. D'être désastreuse, c'est pas nécessairement toujours comique. Des fois, c'est aussi poignant. Mais c'est assez varié. Je pense que ça témoigne aussi de l'autre histoire de ce balado qui est couple ouvert. Et peut-être du climat actuel, parce que je pense qu'en ce moment, d'être célibataire et de trouver l'amour, c'est pas évident. Il y a des histoires qui remontent quand même à assez loin. Il y en a que 2001 et tout ça. Beaucoup d'histoires de pandémie, on s'en doute. Mais ce n'est pas tout le monde qui est capable d'aimer et ce n'est pas tout le monde qui a eu des bons modèles. Je pense que c'est ça qu'on retient aussi de ce livre. Si on est célibataire, ce n'est peut-être pas le livre à lire parce qu'on va être découragé. Si ça vous tente de rire jaune, je vous dirais un bon livre de salle de bain, en fait. OK. On rappelle les titres 50 d'Inde désastreuse présentés par Thomas Levesque et Stéphanie Vendlac, publiés chez Québec Amérique. Merci beaucoup, Marie-Noël, pour les belles suggestions. Ça me Ça fait plaisir. Ici Sophie Lorrain, vous écoutez Samedi de lire avec Amélie Boivin-Enfield. On est déjà rendu à la conclusion de l'unisson en compagnie de mon autre invité de la semaine, Marianne Brisebois. Et Marianne, si tu pouvais parler à la Marianne qui traversait cette période difficile de sa vie, qu'est-ce que tu lui dirais aujourd'hui? Oh mon Dieu! Je lui dirais, pour vrai, vis ça exactement comme ça. Je ne changerais rien de ce qui s'est passé. Je pense que je voudrais lui dire d'arrêter de s'en faire avec... La... peur que les choses ne se remettent jamais en place. Parce que dans le fond, c'est vraiment correct que les choses ne se remettent jamais en
SPEAKER_03place.
SPEAKER_04Je dirais juste que t'es vraiment hot de te laisser vivre ça. D'être un peu dans une situation où j'étais tellement en perte de repère, mais tellement game de vivre. Je dirais que je suis très fière. Et après avoir écrit ton oeuvre la plus personnelle à ce jour, as-tu envie de revenir complètement à la fiction? Ou cette expérience a-t-elle changé ton rapport à l'écriture? Je pense que Là, naturellement, je me retournerais vers la fiction, mais en sachant que c'est très possible d'aller piger dans le personnel, même si ça ne devient pas complètement autofictif comme Inconnu l'a été, mais que c'est super intéressant de faire ça. Je pensais que ça ne m'animerait pas d'aller dans le vécu, mais là, maintenant, je le sais que oui. Et parmi tous les personnages croisés pendant ta période de vie qui a été un peu plus difficile, quelle est la plus grande leçon
SPEAKER_05que les
SPEAKER_04Inconnus t'ont laissée? Ah, mon Dieu. Hé, mais c'est tellement... de n'avoir rien à faire de la longévité. On n'est pas obligé de faire des choix juste parce qu'on sait que ça va durer dans le temps. Choisir un emploi en ayant en tête qu'il faut qu'on soit là X nombre d'années, un partenaire, un endroit où on vit, un appartement, on s'en fout. Tout peut être tellement le fun, tellement significatif au bon moment, même s'il y a une date d'échéance, une date de fin à ces choses-là. Et maintenant, je n'ai plus peur du tout de ça, de ce qui va finir. Je n'ai aucunement peur de ça. Et tantôt, tu as dit que tu as eu justement une panne de créativité romanesque pendant cette période-là. Est-ce qu'il y a un prochain roman qui est en cours d'écriture? Il y a un prochain roman dans ma tête. Je sais que moi, c'est vraiment l'été que je me donne dans l'écriture parce que j'en parlais avec toi quand je suis arrivée au studio, mais j'ai quand même un emploi, j'ai beaucoup de choses dans mon assiette. Puis c'est vraiment l'été que je m'accorde un long congé pour écrire. Et je sais, il y a quelque chose dans ma tête qui bouillonne et qui va être écrit cet été. Fait que tu présumes qu'il y aura un prochain roman peut-être au printemps prochain. Je présume, oui. Est-ce qu'il y a d'autres choses qui s'en viennent de ton côté à toi dans les prochains mois? Oui, bien, en fait, Sauf que Sam est mort a été réédité en format de poche. Donc, si vous avez envie, si vous ne l'avez pas encore découvert, c'est mon tout premier roman. Il est dans un beau petit format pour l'été. Il y a aussi un projet qui s'en vient qui va sortir pour le 12 août. J'achète un livre québécois, mais j'en dis peu plus. Vous allez avoir l'annonce bientôt par rapport à ça avec les éditions Urtubise. Et aussi, je me suis lancée pour la première fois dans la scénarisation d'un court-métrage qui a été tourné en avril. C'est un livre Donc, c'est un court-métrage indépendant, mais j'espère que ça va pouvoir être possible de le regarder à l'automne qui s'en vient. Est-ce que tu es active sur les réseaux sociaux pour les gens qui voudraient te faire des commentaires? Oui, tout à fait. Sur Instagram, c'est vraiment ma plateforme préférée. Sinon, je ne suis pas vraiment sur les autres, mais moi, je réponds beaucoup à mes messages. J'aime vraiment ça avoir des retours. C'est tellement le fun d'avoir cette possibilité-là maintenant avec les réseaux sociaux, de ne pas seulement avoir un article dans un média traditionnel et c'est tout, avoir l'écho des gens de ce que ça a éveillé chez eux. Incroyable. Inconnus aussi, ça me touche particulièrement d'avoir des retours par rapport à ça, étant donné que ça fait écho à mon propre vécu. Ça ouvre la porte aussi à des lectrices plus âgées qui viennent se confier sur des périodes de leur vie. Je trouve ça vraiment incroyable. On invite les gens à se procurer Inconnus. Merci beaucoup, Marianne, d'être venue à l'émission. Merci de m'avoir invitée, Amélie. Merci beaucoup. Ça fait plaisir. Merci à vous à la maison. Passez une excellente semaine. Je vous retrouve la semaine prochaine pour une autre émission. Et entre-temps, vous pouvez nous suivre via Facebook, Instagram et sur toutes les plateformes de podcast. Bonne semaine. À la semaine prochaine.