Hors Urgence

Ton système nerveux ne fait pas la différence entre un 911 et un email, premier diagnostic (solopisode) - S1E1

Joey Joyful Season 1 Episode 1

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Cortisol. Vigilance. Survie.

Ton système nerveux déclenche la même réponse pour un appel d'urgence que pour une notification. Il ne distingue pas les niveaux de menace, il réagit, c'est tout.

Le problème : tu n'es pas en train de survivre. Tu es en train de vivre. Ou du moins, tu devrais.

Dans ce premier solopisode, je pose le diagnostic de base : à quoi ressemble concrètement le mode urgence chronique, comment le reconnaître dans ton quotidien, et pourquoi la régulation du système nerveux commence par nommer ce qui se passe.

Pas de théorie abstraite. Un miroir.

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Éveil du mouton noir, retraite en nature : joeyjoyful.com/eveil-du-mouton-noir

Retour à soi, l'application : retourasoi.app

Hors Urgence est produit par Joey Joyful, dispatcher au 911 St-Eustache, guide de conscience, auteur de Retour à soi.

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Tu gères. Tu gères ta job. Tu gères tes relations. Tu gères tes finances. Tu gères ta santé. Tu gères ta famille. Tu gères tes projets. Tu gères tellement bien que les gens autour de toi te disent « T'es fort. T'es fiable. T'es productif. Tu sais comment faire face. C'est vrai. Mais laisse-moi te poser une question que personne ne t'a peut-être posée avant. Est-ce que tu gères ta vie ou est-ce que tu la survis? Parce qu'il y a une différence. Et cette différence, je l'ai apprise de la façon la plus concrète qui soit. Tu le sais peut-être, je travaille comme répartiteur au 911 à Saint-Eustache. Mon rôle, c'est recevoir les gens dans les pires moments de leur vie. De trier, prioriser et envoyer de l'aide. En une minute ou moins. Sans erreur. Sans émotions visibles. Ce que je n'avais pas réalisé, c'est que j'avais ramené ce mode de fonctionnement dans le reste de ma vie. Tout devenait urgent. Tout demandait une réponse immédiate. Tout était une crise que je devais gérer. Je n'étais plus en train de vivre. J'étais en train de dispatcher ma propre existence. Et quand j'ai finalement ralenti, j'ai vu quelque chose qui m'aurait été net. La majorité des gens que je connais font exactement la même chose. Et pas parce qu'ils travaillent au 911, mais parce que le monde moderne a transformé la vie ordinaire en salle de dispatch permanente. Voilà ce que ça ressemble, le mode urgence. Pas le mode urgence dramatique, avec des ambulances, des larmes, des alarmes, des sirènes. Le mode urgence quotidien. Celui qui est devenu tellement normal qu'on ne le voit même plus. Le matin, tu te réveilles, tu vérifies ton téléphone avant même de sortir du lit. Ce n'est pas de faire à semblant, je sais que tu le fais. Tu ne le fais pas parce que tu veux le faire, mais parce que ton système nerveux a déjà commencé à scanner les menaces. Tu fais des listes, des bonnes listes, des to-do listes. Mais quand tu les regardes, ce que tu ressens, c'est de la pression, pas de la clarté. Cette fameuse charge mentale. Tu es souvent fatigué, mais tu ne dors pas vraiment. Ton corps s'endort. Mais ton cerveau continue de tourner, lui. Souvent, il reste réveillé toute la nuit. Les vacances ne te reposent pas vraiment. Il faut souvent quelques jours juste pour décrocher. Et à peine tu commences à respirer que c'est déjà l'heure de retourner travailler. Tu réagis plus souvent qu'autrement que tu ne choisis. Un email stressant et ta journée change de ton. Un commentaire déplacé et tu y penses encore trois heures plus tard. Tu sais que tu devrais prendre soin de toi, des self-care days. Mais cette idée elle-même te stresse parce que ça ressemble à une autre tâche sur ta liste.

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Merci.

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Est-ce que je parle de toi? Si oui, je ne te dis pas que tu vas mal. Je te dis que ton système nerveux fait exactement ce qu'il a appris à faire dans un monde qui lui envoie des signaux de danger en continu. Voici ce qui se passe dans ton corps et je veux que tu comprennes parce que ce n'est pas une métaphore. C'est de la biologie. C'est de la neurologie. Ton système nerveux autonome a deux modes principaux. Le mode Sympathique, combo fuite, le fight or flight. Il est accélérateur, il répond au stress, adrénaline, cortisol. Il est le mode parasympathique, rest and digest. Lui, il freine, il récupère, il digère. C'est la créativité et la connexion. Pendant des millénaires, l'être humain vivait en mode sympathique parce qu'il s'activait pour des menaces réelles. Un prédateur, une famine, un danger physique. Tu fuyais ou tu combattais. Puis la menace passée, ton système revenait au repos rapidement. On voit ça avec des animaux quand ils se brassent après avoir... après de s'être enfui d'un prédateur. Aujourd'hui, les menaces, les menaces ne passent plus aussi rapidement. Les menaces s'accumulent. Une notification, un conflit au bureau, une facture inattendue, un titre de nouvelle, un regard de travers. Ton cerveau traite chacun de ces signaux comme une urgence potentielle. Potentielle, mais réelle. Parce que ce que tu imagines dans ton cerveau est exactement pareil comme la réalité. Aucune différence. Et rappelle-toi qu'on vit avec un système négatif Le résultat, c'est que ton système nerveux sympathique reste activé en permanence. Ton corps produit du cortisol en continu. Et avec le temps, ça a des conséquences concrètes. Des conséquences sur ton sommeil, des conséquences sur ton système immunitaire, des conséquences sur ta capacité à prendre des décisions, des conséquences sur ta façon de rentrer en relation avec les autres et avec toi-même. Les chercheurs Lau Cannon et son équipe ont documenté les effets physiologiques de ce stress chronique sur le système cardiovasculaire. D'autres recherches montrent l'impact sur la neuroplasticité, sur la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions. Mais voici ce qui est le plus intéressant pour nous aujourd'hui. est-ce qu'on est en ce moment, ce n'est pas une fatalité. Le système nerveux est plastique. Il apprend, il s'adapte, il peut changer. Et s'il a appris à rester en mode urgence, il peut apprendre à en sortir. Et c'est exactement ce sur quoi je travaille en parallèle entre deux corps au centre de dispatch. Et c'est ce que ce podcast va explorer avec toi aujourd'hui. Hors urgence ne veut pas dire sans engagement. Hors urgence ne veut pas dire sans passion. Hors urgence ne veut même pas dire sans ambition. Ça veut dire que tu n'as plus besoin d'une crise pour te sentir vivant, que tu n'as plus besoin de pression externe pour avancer, que tu peux choisir ta réponse plutôt que de la subir. Ça veut dire que tu redeviens le répartiteur de ta propre vie, mais cette fois-ci avec accès à toutes tes ressources, pas juste à l'adrénaline. J'ai travaillé avec des gens qui avaient l'air d'avoir tout. Succès professionnel, famille stable, vie organisée. Et qui en privé me disait qu'il ne savait plus pourquoi il faisait tout ça. Qu'il fonctionnait, mais qu'il ne ressentait réellement plus rien. Comme dissocié. Et j'ai travaillé avec des gens qui partaient de zéro après un effondrement, après un burn-out, après une perte, après un deuil, un diagnostic. Et qui ont découvert dans ce vide forcé quelque chose qu'ils n'avaient jamais eu le temps de rencontrer à avant. Eux-mêmes. Le chemin commence par un seul geste. Reconnaître tu es.

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I am here.

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Comme un GPS. Tu ne peux pas mettre une adresse à moins que tu actives données de localisation. Il faut que tu dises « Je suis ici ». Tu ne le dis pas avec honte. Tu ne le dis pas avec panique. Et tu ne le dis pas pour y rester non plus. Tu fais juste être honnête avec ta situation actuelle. Et oui, tu vis peut-être en mode urgence. Et oui, tu peux aussi en sortir si tu le décides. Dans l'épisode qui sort en même temps que celui-ci, je t'amène dans une une méditation d'une 15 à 20 minutes conçue pour commencer à désactiver ton état d'alarme et d'alerte. Pas de visualisation, pas de pensée positive, une pratique concrète, ancrée dans ce que ton système nerveux comprend. La respiration, le relâchement. et la présence physique à toi. Si tu n'as jamais médité de ta vie, c'est parfait. Cet épisode est fait pour toi. Si tu médites déjà, tu vas reconnaître les mécanismes, mais probablement ressentir quelque chose de nouveau dans la façon dont c'est guidé. On va être somatique. Commence par ici. Commence par maintenant. Je m'appelle Joey Joyful. Je gère les urgences des hôtes au 911 et j'accompagne des gens à sortir de leur propre état d'urgence permanent. Ce pas de Sous-titrage Société Radio-Canada Abonne-toi pour ne pas manquer la suite. Et si cet épisode a résonné quelque chose en toi, envoie-le à quelqu'un qui gère trop en ce moment et qui pourrait bénéficier de ce que j'ai partagé dans cet épisode. Je suis le matricule J144 et je suis 1019 de l'appel.