Pas de raison de s'alarmer
Tu vas bien. Enfin… tu vas bien, mais pas tout à fait.
À travers des conversations avec des personnes comme toi et moi, on explore nos doutes, nos inquiétudes, nos angoisses – et comment vivre avec.
Pas de raison de s’alarmer, un podcast pour apprivoiser nos fragilités et apprendre, peut-être, à s’alarmer un peu moins.
Pas de raison de s'alarmer
Yves - Acrobate du trauma
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Yves, infirmier clinicien spécialisé dans le trauma psychologique, a troqué son costume de sauveur pour une posture d'accompagnateur. Il nous entraîne dans l'effervescence de ses missions et cette « danse » thérapeutique où il écoute le trauma avec son corps plutôt qu'avec ses oreilles. Il s'alarme d'un monde « quasi psychotique » dont l'accélération nous déconnecte de nos capacités fondamentales. Entre dénonciation d'une bureaucratie étouffante et refus de toute prise de pouvoir sur le patient, Yves redéfinit le soin par le prisme de la sécurité et de la lenteur. Un récit brut et nécessaire qui prouve que pour soigner l'autre, il faut d'abord apprendre à s'écouter soi-même.
Bienvenue dans Pas de raison de s'alarmer, le podcast où des gens comme toi et moi ouvrent la porte de leur quotidien pour nous raconter ce qu'on entend rarement. Ce qui les anime, ce qui les alarme, des récits bruts, des moments qui marquent. Et cette question simple, qu'est-ce que ça fait de vivre leur vie, d'être à leur place
UNKNOWN?
SPEAKER_00Je m'appelle Emmanuelle, je suis chercheuse, enthousiaste, curieuse de comprendre comment les trajectoires des autres éclairent ce qui compte pour eux, et parfois pour nous aussi. Installez-vous confortablement, on vous raconte. Aujourd'hui, c'est Yves qui nous ouvre sa porte. Si tu devais te décrire en trois mots, lesquels
SPEAKER_01seraient-ils
UNKNOWN? Curieux? Tenace?
SPEAKER_00Deux mots lui suffisent avant qu'il ne nous entraîne dans son
SPEAKER_01parcours. Mon rôle professionnel d'infirmier clinicien spécialiste dans le domaine du trauma psychologique, c'est que j'accède aux moments les plus dramatiques, les plus bouleversants de l'existence des gens. Donc en fait, tout est complètement marquant si on veut. Après le gymnase, en fait, beaucoup sur, je dirais, injonctions. Je me suis inscrit en médecine alors que mon désir le plus net était de devenir infirmier. mais euh... On va quand même pas aller laver des culs à l'hôpital, quoi. C'est pas assez prestigieux. Et puis après, longue réflexion, je suis revenu à mon choix initial. Et là, je me suis senti vraiment comme un poisson dans
SPEAKER_00l'eau. On creuse dans l'origine de ces pressions qui lui avaient fait douter de ses
SPEAKER_01choix. C'est très bêtement classique. C'est une histoire interne, attirée par le prestige. Puis l'autre, c'est bêtement des pressions mais familiales, où je suis issu sur une famine. de personnes, d'hommes en tout cas, qui ont excellé dans leur métier respectif à très très haut niveau, et puis il fallait en prendre le pas. Puis dans les représentations sociales, et donc aussi familiales, l'infirmière, c'est pas une profession dans laquelle on peut exceller à ce niveau-là, puis avec cette
SPEAKER_00aura-là. Et puis, Yves est le premier à le dire, ces problématiques sont intrinsèquement liées à des questions de genre.
SPEAKER_01Je me souviens quand j'étais à l'école d'art, j'ai rendu un travail et puis moi j'ai toujours féminisé tous mes textes en fait. En général, le masculin imprime sur le féminin. Si au moins dans les soins infirmiers où il y a environ 90 à 95% de femmes, on peut garder le terme infirmière et puis je m'inclue dedans, je trouve que ça va aussi. Création de la prof, elle m'a diminué ma note d'un point. en me disant qu'en utilisant le mot féminin, je ne m'identifiais pas à mon futur rôle professionnel.
SPEAKER_00Des réactions qui questionnent, des construits sociaux qui ont teinté son désir de soigner, de devenir infirmière, comme il le dit si bien, à sa racine même.
SPEAKER_01Je crois que j'ai intériorisé très très vite et très très jeune le fait que je me sentais appelé par m'occuper des autres. Ça remonte à l'enfance avec certitude. Et puis très vite, je me suis placé dans des circonstances où j'étais dans cette fonction de m'occuper d'autres. Par exemple, ma petite soeur, puis mon petit frère. Très vite, je suis devenu sapeur-pompier volontaire, samaritain. Donc déjà à mon adolescence, il y avait quelque chose comme ça d'assez naturel, mais de très suspect. C'est d'ailleurs ce que j'enseigne souvent dans mes cours maintenant, si vous voulez vous occuper des autres, c'est franchement suspect et il faut vraiment vous poser des questions. Probablement que si vous vous intéressez à la psychotrauma, c'est quasi un aveu de culpabilité en fait. Parce que c'est quand même extrêmement bizarre de se créer une posture sociale ou professionnelle qui va nous amener systématiquement tous les jours au cœur des plus gros drames de l'existence des autres. Donc c'est vraiment une question très très très très riche. Je pense que tout soignant qui se pose la question, il découvrira sans doute des choses extrêmement riche qu'il a le
SPEAKER_00droit à soigner.
SPEAKER_01Et toi, qu'est-ce que tu as découvert quand tu t'es posé la question
UNKNOWN?
SPEAKER_01C'est assez simple et basique. Je voulais sauver toute ma famille. J'ai lamentablement pas réussi, ce qui est évident par définition. Puis partant de là, je me suis dit, alors si j'ai pas réussi là, je vais sauver le reste du monde. J'ai pas réussi non
SPEAKER_00plus. Mais tu continues
SPEAKER_01d'essayer
UNKNOWN?
SPEAKER_01Non, je pense que que cette question de pourquoi aller rejoindre l'autre dans ses drames, ses difficultés, ses douleurs, elle se clarifie un peu quand même au fil des ans, au fil des réflexions. Toute femme qui exprimait une tristesse, une difficulté, un problème plus ou moins grave était une forme d'appel. Il fallait que je fasse quelque chose pour elle.
SPEAKER_00Un jour, sa compagne lui dit une phrase tirée d'un roman policier, qu'il met 15 ans à comprendre mais qui finit par lui changer la vie.
SPEAKER_01Tout ce qui sort de la bouche d'une femme n'est pas un problème à résoudre. Moi, ça a été l'une des plus grandes révélations de mon existence. Ah, j'ai pas besoin de te dire comment faire quand tu me parles de ce problème. Mais non, c'est pas ça que je te
SPEAKER_00demande. Juste écoute. Si Yves arrive à se sortir de sa position de sauveur, c'est en partie grâce à des enfants des rues, en
SPEAKER_01Inde. Tout au début de mon parcours de tout jeune adulte, j'ai fait le choix d'aller faire un voyage en Inde. Et c'était un voyage appelé de tourisme humanitaire. Donc forcément que moi, jeune homme blanc occidental qui vient avec un groupe de 40, plein de richesses, parce qu'on est venus avec des jeux, des crayons, du shampoing, du savon... Puis je me suis réellement dit que j'allais aider ces enfants des rues, en fait. Puis j'ai réalisé, en fait, que ces gamins des rues ont fait des efforts considérables pour m'accueillir, puis pour s'occuper de moi. J'ai appris que ces gamins, ils ne m'avaient pas attendu pour survivre, et puis pour se prendre en charge. Et puis, surtout, que mon passage éclair d'un mois n'allait pas changer radicalement leur vie, que je n'allais pas les sauver, qu'ils allaient continuer à se démerder sans moi. Puis en fait, là, j'ai compris que c'est la même chose avec tous les patients. Alors oui, à certains moment de son existence, on a besoin d'être accompagné un bout. C'est impossible de faire ça tout seul. Mais moi, professionnellement, en tant que thérapeute, je pense que je fais des tout petites choses. Tout boulot, c'est le patient qui le fait.
SPEAKER_00Pour parler de sa clinique, Yves a une métaphore qu'il affectionne tout particulièrement, celle de
SPEAKER_01l'acrobate. J'ai cette image, quand j'étais petit, au cirque CNI, il tendait un filet sur la piste et puis des acrobates faisaient des passes entre deux trapèzes. Je trouve que la clinique du trauma, mais la clinique en général probablement, elle ressemble beaucoup à ça, c'est-à-dire que en tant que clinicien, on prend des risques du fait qu'il est très difficile de mettre à distance et que identification avec l'histoire de l'autre est très souvent possible et donc il est crucial en fait pour qu'il se passe quoi que ce soit de bon pour le patient de créer un environnement relationnel mais aussi matériel physique autour de soi dans la pièce de consultation qui soit sécurisant et en fait quand on réussit à constituer cet environnement de sécurité il est possible d'aller à la rencontre de ces patients qui vivent ces drames là et puis d'espérer pouvoir leur offrir un espace où ils peuvent s'approcher de ce qui les bouleverse. Dans cette clinique du trauma, ce qu'on peut transformer, c'est des petits bouts par petites doses avec un rythme lent. Puis le trauma, c'est tout l'inverse. Il y a plein de manières de le définir. Une manière un peu triviale que j'aime bien, c'est le trop. Trop vite, trop fort, trop
SPEAKER_00intense. On aborde la question de la proximité avec la détresse et la souffrance de l'autre, auxquelles s'apprêtent de cycle confronte au quotidien
UNKNOWN?
SPEAKER_01Si je prends beaucoup de distance, je pense qu'au début, j'étais très mis en mouvement par ces rencontres-là. Et à juste titre, qui ne serait pas touché en entendant des témoignages de drames de l'existence
UNKNOWN?
SPEAKER_01Petit à petit, je pense, peut-être c'est un effet de l'âge, d'être plus apaisé. Mais c'est peut-être que ma base de sécurité s'est développée, élargie, approfondie. J'ai plus de l'aptitude à accueillir ces bouleversements sans être moi-même excessivement touché, tout en étant connecté à ce qui se passe dans mon corps, l'effet que ça fait d'entendre ce que
SPEAKER_00j'entends. Du coup, au début, tu voulais sauver. Maintenant, qu'est-ce que tu
SPEAKER_01cherches
UNKNOWN?
SPEAKER_01L'accompagner. C'est très important d'où on se place quand on accompagne. Je pourrais être devant, sur le sentier, avec le patient qui est derrière moi, mais ce n'est pas l'image qui m'habite. J'ai plutôt l'impression d'être un tout petit peu en retrait, c'est-à-dire C'est-à-dire que ce n'est pas moi qui monte le chemin, en fait. Je ne sais pas où le patient va, où il souhaite aller, où il pense aller. C'est pour ça que je le laisse ou je la laisse faire les premiers pas. Et puis moi, je marche derrière. Mon job, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de garantir la sécurité. C'est-à-dire, oui, là, on peut aller, mais c'est un peu plus dangereux. Donc, il faut qu'on s'équipe un peu mieux, par exemple. À l'inverse, la position de vouloir sauver l'autre, elle est ultra dangereuse. D'abord, c'est une position de surplomb. Une prise de pouvoir, puis de savoir mieux pour les autres, c'est ultra risqué pour tout le
SPEAKER_00monde. Accompagner, redonner aux personnes choix, sécurité et capacité d'action, c'est ça la posture qu'Yves choisit dans sa pratique. Mais comment faire tout cela sans se laisser toucher, submerger, engouffrer même par les drames des autres
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il y a un truc très particulier avec la psychotraumatologie. C'est qu'à mon grand âge, à demi-siècle bientôt, je n'ai pas beaucoup de de certitude, mais il y a quand même 2-3 points qui deviennent de plus en plus évidents. Je n'arrive pas à croire qu'un jour je ferai une décompensation psychotique. Je suis beaucoup trop névrosé pour ça. Donc il est très facile de dire je ne suis pas celui-là. Son problème ne me concerne pas. Non seulement ne me concerne pas, mais ne me concernera jamais. Par contre, avec le trauma, c'est complètement impossible. C'est-à-dire que celle ou celui qui vient parler de son accident de voiture, je ne peux que me dire j'ai été celui-là. Par rapport à un soignant, une soignante qui fait des gestes, il y a certains actes de soins qui sont traumatisants, intrinsèquement traumatisants, je veux dire. J'ai été ce soignant-là. J'ai aussi dû faire des actes de soins envers et contre tout, et en premier envers mon corps qui me disait« fais pas ça, casse-toi de là». Avec le trauma, comme la situation traumatique, l'accident, l'agression, la catastrophe naturelle, c'est une expérience humaine universelle On ne peut jamais avoir le mouvement de se dire« je ne suis pas celui-là». Et ça, ça génère une proximité qu'il s'agit de penser, en fait.
SPEAKER_00Pour vivre, sentir cette proximité, Yves fait tout un travail de conscientisation de son enveloppe corporelle, de sa
SPEAKER_01peau. Je pense que cette capacité de sentir son corps, de se sentir contenu, ça crée aussi un espace relationnel particulier. C'est-à-dire que c'est plus facile de danser, je pense. Moi, je ne conçois pas une consultation autrement qu'une danse, mais avec tous les accroc, ce n'est pas toujours beau en l'occurrence. Dans cette danse, on sent des choses. Pendant une consultation, je porte mon attention évidemment sur ce qui est dit, sur ce que je vois, sur ce que je perçois chez l'autre, aussi au niveau corporel évidemment, auquel j'accorde au moins autant d'importance qu'aux paroles, mais j'ai aussi une conscience aiguë de mon corps. Toujours à la recherche de cette fine délimitation entre ce que je ressens là, c'est dû à ma physiologie, mon état interne propre. C'est un effet de la rencontre. Très régulièrement, je verbalise ça. Je dis, c'est étrange, je sens une sensation un peu désagréable dans mes mollets. Et vous
UNKNOWN?
SPEAKER_019 fois sur 10, ça tombe sur quelque chose de significatif pour le
SPEAKER_00patient. Pour Yves, la découverte de l'écoute par le corps change tout.
UNKNOWNIl nous explique.
SPEAKER_01Il y a une expérience très très intéressante à faire que j'invite toute personne à faire en fait. Quand on dit écoute cette musique, écoute ça, on pense à quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_01Tout de suite à nos oreilles. On va écouter les sons, etc. Je dirais que c'est un premier niveau. Il y a quelques années, j'ai découvert l'écoute par le corps en fait. Faites juste l'expérience par vous-même en fait. Quand vous êtes en situation d'écouter une personne, d'écouter un morceau de musique, d'écouter un film, n'importe quoi de sonore en fait, le son de la nature. Plutôt que de porter votre attention intérieure sur le son, portez votre attention sur les sensations corporelles qui s'y présentent. Et surtout, ne recherchez absolument pas de sens ou de lien. Donc c'est juste d'être dans le constat. Je suis en train d'écouter ça, et puis je sens des fourmillements dans ma cuisse. Écouter avec le corps, c'est
SPEAKER_00ça. L'effet d'écouter est sans doute la chose principale qui éclate Yves dans son travail en ce moment.
SPEAKER_01Mais ce n'est pas la seule. Moi j'aime bien papillonner, j'aime bien l'éclectisme, j'aime bien... pouvoir faire plusieurs choses en même temps ou à la fois. Je suis dans des positions professionnelles qui me permettent de changer très vite d'une activité à l'autre, que ce soit des activités plus théoriques, conceptuelles, du clic-clic-clic rapide pour faire avancer un processus. Cette effervescence-là et ce changement-là, ça me botte à
SPEAKER_00fond. Au contraire, est-ce qu'il y a des choses qui, à ton avis, sont surfaites ou que peut-être toi, tu avais imaginé et qui ont été différentes, qui t'ont un peu déçu
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je pense qu'on a glissé très vite dans un monde fou, au sens psychiatrique du terme, avec un fonctionnement quasi psychotique qui s'accélère de plus en plus, au point où on se décolle de ce qu'est capable d'absorber un être humain. Je pense qu'être dans une espèce de submersion chronique de surstimulation chronique, ce n'est pas bon, ça ne nous rend pas plus efficaces. Puis la deuxième chose qui est très pénible pour moi dans ce monde-là, c'est le degré de complications, je dirais, bureaucratiques ou administratives, où je n'en peux plus de remplir des formulaires. Je n'en peux plus.
SPEAKER_00Est-ce qu'il y a des moments où tu as douté de toi, de ta place dans le métier, de tes compétences
UNKNOWN?
SPEAKER_01À chaque seconde. Moi, je suis un soignant insuffisant tout le temps. Mais ça ne me tourmente pas, disons. C'est plus relié à une posture réflexive, de retour sur soi, de questionnement de soi, de vigilance, d'attention à ce qui est en train de se passer pour l'autre. Parce qu'il faut bien se rendre compte que dans le trauma, moi, je rencontre des gens d'une extrême vulnérabilité. Donc, il faut être délicat. Le doute clinique, comme le doute épistémologique, est quelque chose de très sain. Ça laisse de la place à l'autre. Je dirais que c'est quasiment une méthode, en fait. C'est très rare que j'ai été saisi d'un doute qui m'ait figé ou bouleversé au point où je n'étais plus
SPEAKER_00là. Il t'arrive d'avoir
SPEAKER_01peur
UNKNOWN?
SPEAKER_01Il m'arrive d'être inquiet à certains moments pour certains patients, mais c'est plutôt rare. Je dirais que c'est très lié à deux problématiques cliniques courantes dans le trauma, c'est Évidemment, tout ce qui touche aux pensées ou à la crise suicidaire. Puis l'autre chose, notamment le trauma des abus sexuels, quand il est précoce, certaines formes de traumatisation amènent les personnes à sans cesse se remettre dans des situations qui ressemblent et qui sont dangereuses. Tant que la conscience critique sur le mécanisme de la répétition traumatique n'est pas accessible, n'est pas très claire pour le ou la patiente, ça génère des prises de risques. C'est un exemple parfait pour la modestie clinique. Je veux dire, on peut travailler dur pour essayer de faire prendre conscience de l'aspect répétitif de la chose, de la mise en danger, est-ce que ça pourrait être autrement, etc. En même temps, si on a envie de protéger la personne, la conséquence ultime qu'on fait, c'est qu'on l'hospitalise contre sa volonté, puis on l'enferme. Je ne suis pas sûr que ça soit un bon soin du trauma.
UNKNOWN...
SPEAKER_00Et si je te disais, tu m'as convaincue, je vais travailler en
SPEAKER_01traumatologie, tu me dirais
SPEAKER_00quoi
UNKNOWN? Bienvenue. Merci.
SPEAKER_01Il me restait 1% de batterie sur une île déserte et puis j'avais un seul conseil à te donner, c'est réfléchir pourquoi tu veux te mettre dans une posture qui t'amène au cœur des drames les plus extrêmes des autres. C'est une question très très riche. Les réponses sont très très riches. Et puis avec certitude, ça fera de toi une soignante plus habile, plus subtile. Tu veux
SPEAKER_00ajouter quelque chose
UNKNOWN?
SPEAKER_01Je me sens assez, en fait, apaisé. C'était
SPEAKER_00Yves, une personne qui a appris à accompagner, écouter tout son corps, accueillir le doute et se laisser porter par un rythme lent, humain, par les choix de l'autre. et qui nous montre que soigner, c'est aussi offrir un filet de sécurité, un espace bienveillant, une écoute. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode. D'ici là, n'oublie pas, pas de raison de t'alarmer.
UNKNOWNCiao!