Des Maux Simples

Éloge de l’insomnie : et si vos réveils nocturnes avaient un sens ?

Dr ATTALIN Season 1 Episode 4

Use Left/Right to seek, Home/End to jump to start or end. Hold shift to jump forward or backward.

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Dans cet épisode, le Dr Attalin propose une vision totalement différente de l’insomnie.

Plutôt que de considérer les réveils nocturnes uniquement comme un problème à combattre, il invite à les voir parfois comme un signal du corps et du cerveau.

La journée moderne est remplie de sollicitations permanentes : travail, écrans, responsabilités, téléphone, bruit, obligations. Le cerveau ne dispose presque jamais d’espace de calme.

La nuit devient alors le seul moment où certaines pensées, émotions ou préoccupations peuvent enfin émerger.

C’est pourquoi beaucoup de personnes décrivent ce « petit vélo dans la tête » au moment du coucher : le cerveau profite du silence et du vide pour traiter ce qui n’a pas été traité dans la journée.

Le Dr Attalin explique que ce phénomène n’est pas forcément pathologique. Il rappelle que de nombreux créateurs, comme Salvador Dali ou Thomas Edison, utilisaient volontairement les états entre veille et sommeil pour favoriser la créativité et résoudre des problèmes.

Des études récentes montrent d’ailleurs que les micro-siestes et les états intermédiaires entre sommeil et éveil peuvent améliorer l’intuition et certaines capacités cognitives.

L’idée centrale de cet épisode est donc simple : 👉 au lieu de lutter immédiatement contre l’insomnie, il peut être utile de se demander ce que le cerveau cherche à exprimer.

Le Dr Attalin insiste aussi sur l’importance du vide dans la journée. Selon lui, beaucoup de personnes n’ont jamais de vrais moments de repos mental. Elles passent d’une tâche à l’autre sans pause. Le cerveau reste constamment « à pleine vitesse ».

Il utilise une métaphore très parlante : essayer de s’endormir avec un cerveau en hyperactivité revient à vouloir dormir en plein effort, comme quelqu’un qui serait à vélo en pleine montée, le cœur qui bat vite et le corps tendu.

Pour trouver le sommeil, il faut d’abord ralentir. Freiner. Créer des moments de calme.

La méditation, les pauses sans écran, l’écoute de soi ou certaines activités apaisantes peuvent aider à réduire cette agitation mentale.

Enfin, cet épisode invite à changer profondément notre regard sur certaines nuits difficiles.

L’objectif n’est pas de glorifier la souffrance ni de banaliser les insomnies sévères. Mais parfois, arrêter de lutter contre le sommeil permet paradoxalement de retrouver davantage de calme.

👉 L’insomnie n’est pas toujours un ennemi. Parfois, c’est un message. Parfois, c’est un espace. Parfois, c’est une invitation à ralentir.

SPEAKER_00

Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast des mots simples. On va parler aujourd'hui de l'insomnie mais au lieu de le voir comme quelque chose de négatif, on va essayer de le voir aujourd'hui comme quelque chose de positif. Ça paraît bizarre mais je vais appeler cet épisode l'éloge de l'insomnie. Pourquoi en fait on se rend compte que beaucoup de personnes luttent contre l'insomnie alors que ça serait peut-être un élément de message de notre corps qui veut nous dire des choses. Je vais essayer d'être clair au maximum pour vous expliquer ce que j'ai compris de ces dernières années de consultation sur l'insomnie. Il faut savoir, comme je l'ai dit dans les précédents épisodes, qu'on ne peut s'endormir que, un, si on a sommeil, et deux, si on se sent en sécurité. Souvent, cette insécurité, elle est liée à notre corps et à notre cerveau qui pense beaucoup. Et je vous l'ai déjà dit, souvent, ils pensent beaucoup parce qu'on a vécu des choses un petit peu difficiles au cours de la vie, etc., Pourquoi c'est la nuit que notre corps commence à penser

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Il y a plein de gens qui nous disent mais... Docteur, moi dans la journée, je n'ai pas de problème. Mais dès que la nuit arrive, je commence à partir dans des délires, des peurs, des choses qui reviennent. Je commence à penser au futur, au passé. Il y a des choses qui remontent. Je stresse de ne pas dormir le lendemain. Je stresse de ne pas être en forme, d'être irritable, de ne pas être performant. Et ça, c'est des choses qu'on voit au quotidien qui sont très difficiles à vivre pour nos patients. Ce qui se passe, c'est pourquoi ça arrive la nuit. Ça arrive la nuit parce que souvent, on n'a pas eu dans la journée suffisamment de temps de vide et de temps de calme et des temps de repos. Pourquoi c'est le soir que notre petit vélo se met dans la tête

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que dans la journée, comme on l'a déjà dit dans les épisodes précédents, on est toujours en train de faire des choses, d'amener les enfants à l'école, de s'occuper du repas, d'aller travailler, de revenir, de regarder des séries, de préparer à manger. Il n'y a jamais aucun moment on est seul avec soi-même. Et c'est un véritable fléau dans les périodes que nous sommes en train de vivre.

UNKNOWN

Et le soir ?

SPEAKER_00

Il se trouve que quand on est au lit, personne ne nous embête, personne ne nous parle, personne ne nous oblige à faire quoi que ce soit et on se retrouve seul avec soi-même et toutes nos pensées. Alors bien sûr, il y a plein de gens qui pensent à des choses positives et souvent ça ne les gêne pas pour le sommeil, mais la plupart des personnes qui viennent pour insomnie se retrouvent avec des difficultés, avec des choses qui remontent le soir et souvent ce sont des choses qui sont négatives. On pense à des choses qui se sont passées dans l'enfance, dans le passé, des choses qui se sont passées juste avant et donc ça devient difficile parce qu'on est toujours dans le passé ou au contraire on va penser à ce qui va se passer le lendemain ou dans une semaine et ça devient compliqué parce que justement on n'arrive pas à revenir au moment présent. Donc ce qui est important c'est d'essayer de comprendre que c'est simplement au moment présent qu'on peut s'endormir. Je vous donnerai dans une méditation un point facile pour essayer de trouver la porte du sommeil ou la fenêtre du sommeil. Souvent la nuit, on se retrouve avec toutes ces choses qui remontent et c'est difficile et on va planifier des choses. Le but va être de revenir au moment présent et pourquoi pas se focaliser sur la respiration. Mais la nuit, il y a beaucoup d'artistes, beaucoup d'ingénieurs, beaucoup d'inventeurs qui vont avoir des idées merveilleuses. Et il faut savoir pourquoi est-ce que ces personnes arrivent à comprendre des choses, à avoir des intuitions, à avoir des belles choses. C'est qu'elles se trouvent dans des états cérébraux et des états d'ondes du cerveau qui ne sont pas des ondes de la journée. Beaucoup d'inventeurs, j'en parlais juste avant, mais par exemple Thomas Edison, utilisaient, même les grands artistes comme Dali, utilisaient des moments de sieste et des moments de sommeil courts pour trouver l'inspiration et pour trouver des réponses à des questions. Ça a été prouvé il y a quelques années dans des études on arrivait à essayer de comprendre comment fonctionnait le cerveau Sous-titrage ST' 501 et surtout de l'impact de la micro-sieste. Et donc, dans ces études, il se trouve qu'ils ont comparé des personnes qui faisaient des micro-siestes, c'est-à-dire des siestes de moins d'une minute. Alors comment ils faisaient

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ils étaient assis en général, ils tenaient dans les mains des choses qui faisaient du bruit, par exemple des clés ou une boule qui tombait, et dès qu'ils sentaient qu'ils s'endormaient, ils se réveillaient grâce ou à cause du bruit. Donc ça faisait des micro-siestes. au sommeil de quelques secondes. Et ils ont été comparer cette population avec un groupe qui dormait soit pas du tout, soit des groupes qui dormaient beaucoup plus, avec des siestes beaucoup plus longues. Et à ces deux groupes, on leur a donné des énigmes à répondre. Et il se trouve que statistiquement, les personnes qui faisaient des micro-siestes arrivaient à résoudre beaucoup plus ces énigmes que les autres. Ce qui veut dire que lorsqu'on est dans un demi-sommeil ou dans un sommeil très court, on accède à des zones du cerveau qu'on ne maîtrise peut-être pas aujourd'hui. Et c'est ça qui est intéressant la nuit, c'est que beaucoup de personnes, moi j'en fais partie, ont des idées tout au long de la nuit, et il y a des choses qui arrivent, qui arrivent, qui arrivent, parce qu'on n'a pas pris le temps en journée de les laisser arriver. Probablement qu'elles arriveraient en journée, mais qu'on n'est pas dans cette situation-là. Et pourquoi j'appelle cet épisode l'éloge de l'insomnie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce que justement, Au lieu de le prendre négativement, d'avoir des réveils de nuit, on pourrait se dire « Tiens, qu'est-ce que mon corps a à me dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Qu'est-ce que mon esprit a à me dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que je n'ai pas des idées nouvelles qui arrivent pour améliorer ma vie, pour continuer mes passions, pour résoudre certains problèmes

UNKNOWN

? »

SPEAKER_00

que la nuit porte conseil. Mais c'est pas la nuit en dormant qui porte conseil. C'est la nuit dans ces états un peu entre les deux justement on s'endort, on se réveille, on s'endort, on se réveille parce que le cerveau il mouline un peu en tâche de fond alors que nous on est en train de penser à d'autres choses. Et le fait d'avoir accès à ces zones du cerveau nous permet souvent de résoudre des conflits alors qu'on ne se rendait pas compte qu'on serait capable de le faire. Et moi je dis souvent à des personnes Dites à votre cerveau, tiens, essayez de résoudre ce problème-là et on se donne rendez-vous demain matin. Alors ça ne marche pas à tous les coups, mais dans certains cas ça fonctionne parce que le cerveau, comme je l'ai dit, va travailler en tâche de fond. Et pourquoi c'est important de prendre l'insomnie d'une autre façon

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est qu'au lieu de se dire « Ah, j'arrive pas à dormir, oh là, demain je vais être fatigué, oh là, est-ce que je me lève pour prendre un somnifère

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Il y a plein de gens comme ça. « Est-ce que je me lève

UNKNOWN

? Est-ce que je me lève pas ? »

SPEAKER_00

Peut-être un peu de calme, peut-être un peu de recul sur soi en se disant « Qu'est-ce que mon corps, qu'est-ce que mon cerveau a à me dire maintenant

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce qu'il n'a pas besoin de m'envoyer des signaux

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être que je ne m'écoute pas assez

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être que je me mets trop de pression

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être que je n'ai pas suffisamment écouté mon enfant intérieur ces derniers temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être que je suis énervé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être que je ressens de la colère

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Peut-être que je ressens de la tristesse

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et peut-être que tout ça, mis bout à bout, va permettre de trouver des solutions, en tout cas de mettre le doigt sur des problèmes liés au sommeil. Et vous allez voir qu'en testant ça, ça va vous permettre de changer complètement de paradigme concernant l'insomnie. Au lieu de vous dire « Oh là, je ne m'endors pas », peut-être se dire « Tiens, c'est un moment pour moi, c'est un moment personne ne m'embête, c'est un moment je n'ai pas de distraction, je n'ai pas de distraction visuelle ou sonore ou kinesthésique ou des discussions avec des gens, je suis peinard ». Peut-être que c'est à ce moment-là qu'on peut discuter et reprendre la discussion avec notre corps. Il y a plein d'enfants qu'on voit être dans leur songe tout au long de la journée. Vous allez voir d'ailleurs dans ce podcast, je prends souvent l'exemple des enfants. On ne rêve pas assez dans la journée, on n'imagine pas assez, on ne se laisse pas assez de temps pour laisser notre cerveau aller. Je vous garantis que si vous passez quelques minutes dans la journée à faire rien, c'est-à-dire dans l'état méditatif le plus complet, sans penser à votre respiration, sans compter les respirations ou compter les battements cardiaques ou faire de la cohérence cardiaque, coup de l'hypnose vous ne faites rien vous poser dans un canapé et vous ne faites rien et vous laisser aller votre cerveau vous laisser aller il veut il peut penser ou passer il peut penser au futur et peut penser au présent même peut-être que vous allez ressentir des choses je vous garantis que plus vous allez passer de temps dans la journée à faire rien à vous écouter plus la nuit, votre cerveau sera tranquille. J'aime bien donner cet exemple du petit vélo dans la tête. Imaginez, vous êtes à vélo. Ce vélo, on va monter dessus. On est en pleine montée. On est transpirant. Ça fait déjà un moment qu'on pédale, qu'on pédale. On est à fond. La température corporelle est très élevée. Le rythme cardiaque est très élevé. On est plein d'hormones de stress. La tension artérielle est élevée. et on doit dire mais tiens je m'endors vous êtes à vélo vous êtes en pleine côte vous êtes transpirant et vous voulez dormir c'est absolument impossible c'est la même chose pour votre cerveau Vous demandez à votre cerveau de s'endormir alors qu'il est à pleine balle avec des ondes cérébrales extrêmement élevées et extrêmement rapides. C'est absolument impossible. Demandez-vous comment faire. Si vous étiez à vélo. et que vous vouliez vous endormir alors que vous êtes à vélo, vous allez déjà freiner, vous allez vous arrêter, vous allez trouver un endroit confortable, un endroit vous vous sentez en sécurité, on en a parlé à l'épisode d'avant, vous allez attendre que le sommeil arrive, vous allez attendre d'avoir au moins 8 ou 9 sur 10 d'envie de dormir, vous allez devoir effectivement vous allonger, et vous pourrez trouver le sommeil. Imaginez, vous êtes à vélo, vous ne pouvez pas vous endormir comme ça, vous n'êtes pas narcoleptique. Le plus important est d'essayer d'adapter cela à la nuit. Si vous vous rendez compte que vous avez le cerveau à 3000 à l'heure, levez-vous, freinez votre cerveau. Peut-être qu'il a besoin de partir, peut-être que vous pouvez le laisser partir dans tous les sens et à un moment, les choses seront résolues. Mais peut-être que vous avez besoin aussi de calmer ce cerveau, de freiner sur ces ondes cérébrales. Là, vous pouvez aussi pratiquer de la méditation, faire quelque chose qui vous plaît, écouter de la musique, lire un petit peu. C'est-à-dire que ça va commencer à vous calmer. Ça va commencer à vous mettre dans une prédisposition à vous endormir. Et là, si vous avez très sommeil, que votre cerveau est calme et que vous sentez que vous commencez à bailler, c'est la meilleure indication que c'est le moment d'aller dormir. Dès que vous baillez, il semblerait que votre corps assommeille et à ce moment-là, vous pourrez vous recoucher. Et c'est important de voir ces insomnies plutôt de cette façon-là. Parce qu'il y a des personnes, quand on a discuté pendant quelques consultations avec elles, qui se rendent compte que finalement, elles n'ont pas de problème d'insomnie. Finalement, elles aiment bien être dans leur lit. J'ai beaucoup de personnes, et notamment des personnes âgées, qui ont beaucoup moins besoin de sommeil qu'avant, quand elles étaient à l'âge adulte. Et notamment après la retraite, quand on a moins d'activité et en activité sportive, mais c'est des personnes qui ont moins sommeil mais qui veulent autant rester au lit qu'avant. Mais ça ne marche pas, ça crée des insomnies. Donc on discute ensemble et elles se rendent compte à ce moment-là que finalement elles aiment bien être sous la couette, qu'elles aiment bien ne pas dormir mais être confortables dans leur lit, confortables à faire autre chose, à lire, à avoir des pensées, à écouter des choses, à se renseigner sur... l'histoire, sur l'art, à écouter de la musique. Et ça c'est important parce que mais on voit les choses complètement différemment. Et au lieu de se dire, oh là, il faut que je dorme, il faut que je dorme, j'ai plus que 6 heures de sommeil, oh là, il faut que je dorme, j'ai plus que 5 heures de sommeil, il faut que je dorme, j'ai plus que 3 heures de sommeil. En fait, on a passé la soirée et la nuit à ne pas dormir, à se dire, il faut que je dorme, il faut que je dorme. Donc, laissons un peu de place au vide. Laissons un peu de place à cette insomnie pour justement recréer de la confiance. Peut-être que votre corps a besoin de parler. Peut-être que votre esprit a besoin de processer des choses qui se sont passées dans votre vie et vous trouverez probablement les solutions avec tout ça. Merci pour avoir pris le temps d'écouter cet épisode et on se retrouve très prochainement dans un autre épisode des mots simples.

UNKNOWN

A très vite.